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Forum provisoire

Amis sitistes,

Le dis-moi était agonisant depuis près d’un an. Nous songions à l‘euthanasier, la providence technique a accompli cette basse besogne à notre place.

Il nous reste à finir le travail : supprimer toutes les pages existantes du dis-moi. Cette suppression est définitive. Les milliers de posts accumulés dans cet espace auront donc formé une œuvre d’art absolument moderne : collective, anarchique, éphémère, et sans postérité. 

Cet auto-autodafé libère de la place pour un forum provisoire, qui sera opératoire le temps de concevoir un nouveau site plus adapté à notre époque formidable : plus simple, plus fluide, plus macronien.

Ce forum provisoire nous l’appelons : forum provisoire.

2 406 Commentaires

  1. J’ai donc vu Pacifiction et je remercie tout ceux qui en ont parlé ici, en bien et en mal, de m’avoir convaincu de ne pas le rater. Séance du samedi soir, dans une salle assez petite d’un MK2, bourrée à craquer. Ça a pas mal gloussé/ricané pendant les dialogues et la scène des jumelles, mais en sortant les commentaires étaient plus que circonspects. On peut dire sans trop se tromper que globalement, pas mal de gens ne comprennent rien à ce film. Je viens de finir la Gêne entamée ce matin dans les transports (je précise car j’ai peut être raté quelques passages avec le bruit ambiant). Quelques remarques dans le désordre.

    Sur le vrai faux : c’est drôle de remarquer que les uniformes des marins font encore plus faux que les costumes traditionnels de spectacle. D’ailleurs ils finissent ensemble sur scène, avec l’amiral qui danse longuement.

    A propos du jeu un peu faux : pour moi il y a un grand tournant dans le film. La scène dont on entend un extrait dans la Gêne. La scène de ne ne suis pas ton ami. Pendant une heure de film, De Roller est un diplomate avant tout. Il ment un peu à tout le monde. D’où cet enchaînement de scènes assez drôles, avec ces dialogues presque Coenesques qui montrent des personnages pas du tout en phase, qui répondent des phrases toutes faites à la mauvaise réplique. Parce qu’on ne froisse personne. Et on est dans une sorte de gêne permanente épuisante qui m’a beaucoup fait penser à A Serious Man, le grand film des dialogues gênants. Mais dans les moments de conflit, De Roller se montre à chaque fois bien plus franc, clair, net. Avec l’homme d’église, il ne voile pas ses menaces. Pour moi c’est une scène qui annonce au spectateur : attention, ce personnage flottant, presque fuyant, est capable d’être très clair aussi. Puis arrive la vraie scene de conflit. Il reprend son interlocuteur sur le mot « ami ». C’est très frappant : après une bonne heure de faux semblants, d’une représentation aussi floue que possible pour éviter le vrai et la confrontation, De Roller s’entiche de précision, il ne laisse plus passer un mot flou. « Toi et moi on n’est pas si ami que ça ». A partir de cette scene, il parlera beaucoup plus à cœur ouvert. On n’a presque plus de représentation. Il prend l’affaire à cœur. Aussi parce que son propre pouvoir est menacé (il le dira ici et la). En tout cas le film change, et son personnage ou du moins la vision qu’on en a aussi.

    On parle donc beaucoup du jeu un peu faux (qui crée le même type d’humour que les dialogues du petit quinquin, a partir du même procédé), mais il faudrait parler des cadrages souvent un peu faux aussi. Il y a pas mal de cadres parfaitement composés (beaucoup des plans larges du film, comme évidement le premier plan), mais aussi beaucoup qui sonnent faux. Je pense au début à des discussions qui se succèdent avec souvent un personnage qui débarque et parle en restant 10 secondes de dos, je pense aussi à un plan dans les coulisses qui est encombré par un dos nu qui bouche tout le cadre pendant plusieurs secondes. Ces plans là sentent la captation documentaire mais on sent aussi que c’est ces ratés qui ont fait qu’ils étaient sélectionnés au montage. Il y a aussi des plans minutieusement « ratés ». Je pense à un plan dans lequel la voiture vient se garer de nuit (devant la boîte de nuit ?). Eh bien elle ne viendra occuper qu’un micro morceau de cadre en bas à droite alors que le plan est bien la pour raconter l’arrivée de cette voiture. Ces plans sont légion dans le film. De même que, comme le dit François, on n’entend jamais aussi bien ce qu’on entend mal, on ne voit jamais aussi bien que ce qu’on voit mal. Le film doit énormément de son envoûtante ambiance mystérieuse à ces plans qui sonnent faux. Je crois que PTA utilise ce genre de procédé pour la même raison (mais moins radicalement).

    Sur la scène de surf. Il est question dans la Gêne d’avoir peur pour le cameraman (on doit avoir un peu peur que le requin l’attaqué tout ca). Francois parle de petit frisson, plus que dans les films à grand spectacle. J’ai pensé la même chose. Plus précisément, ce que j’ai ressenti c’est un frisson d’aventure, que je cherche souvent au cinéma et qui a disparu de nos écrans ces dernières décennies (pour de multiples raisons). Je crois que la dernière fois que je l’avais ressentie, c’était dans No Country/For Old Men et There will be blood. Dans Pacifiction, forcément, ce sentiment n’est jamais aussi puissant que dans la scène de surf. C’est du à la caméra embarquée, aux conditions de tournage, à la longue focale (c’est ma marotte, mais qu’est ce que c’est bien la longue focale. J’adore la façon dont ça rend présent, tangible, tout ce qui est dans le plan autant que la façon dont ça densifie le dit plan. Ça fait entrer en relation tous les différents niveaux de plan en écrasant le relief). Il y a aussi le fait qu’on sent bien que la star Magimel est balancée dans les éléments. Il continue de dialoguer en costume en scooter (de l’importance du costume au cinéma) alors que le scooter s’écarte. Il passe en plan large, on voit bien que c’est bien Magimel, balance dans le bordel, qui doit continuer de jouer, avec les grosses vagues. Mais ce frisson d’aventure est en sous texte pendant une bonne partie du film, bien que ce dernier lorgne bien plus du côté du thriller. Tous les plans de jungle, de ces bâtiments paumés dans la jungle (plans qui doivent eux aussi énormément à l’utilisation de la longue focale). Il faut comparer le rendu à l’écran de la région avec un film tourné au même endroit : 6 jours 7 nuit, qui était supposé être un film d’aventure et qui n’est jamais traversé par une once de ce frisson d’aventure. Le paysage y ressemble à un studio bien contrôlé. Dans Pacifiction, la nature est toujours puissante, impressionnante.

    Sur le rapprochement avec De Peretti. D’abord l’homme qui n’a pas de prénom devrait regarder l’Espionnage Industriel avec De Peretti, il saurait que non, le film n’est tourné qu’avec une seule caméra. Mais je suis bien d’accord avec la similarité. J’ai même cru que Pacifiction allait finir avec le même plan que celui qui clôt Enquête sur un scandale d’état : le bateau avec l’amiral et les marins, filmé au téléobjectif, qui s’éloigne dans l’obscurité.

    Je finis avec deux points qui n’ont pas été évoqués dans la Gêne. D’abord, le montage est particulièrement fin. J’adore notamment la façon dont sont calés tous les plans d’écoute (en général, ils font rire) mais spécialement ceux qui sont des plans d’écoute de gens qui ne sont pas impliqués dans le dialogue. Souvent le fameux Louis Serrat par exemple. Quand on coupe sur lui, ça fait en général écho a ce qui est dit. Mais toujours de façon différente. Je me souviens d’un insert sur lui qui regarde au loin alors même que quelqu’un parle de distance.

    Dans la Gêne, il n’est pas non plus question des plans qui montrent des choses qui n’arrivent ou n’existent pas. De Roller et ses deux adversaires qui s’observent à travers la vitre. Les derniers plans de la scène du stade. On est alors clairement dans le symbolique. La présence de ces plans jette le doute sur tout le reste du film : s’il y a des plans à ne pas prendre pour argent comptant, est on sûr que les autres plans sont fiables ? Le film semble nous dire que non au moins une fois : pendant la scène des jumelles, on voit le sous marin puis on voit une barque. Quel plan était le vrai ? C’est une question qui contamine alors tout le film, des scènes les plus Lynchéénes/Felliniennes (la dernière scène de cabaret) aux scènes de thriller pas très crédibles (Le haut commissaire de la république va t’il vraiment observer une barque de prostituées en pleine nuit en costume tout blanc plutôt que de demander une vidéo à ses hommes ?). De façon plus terre à terre, je n’arrive pas à savoir si pendant le spectacle où De Roller demande plus de violence, il y a ou non des vrais coqs qui se battent. De même pour le motif de la voiture qui s’arrête dans la nuit (j’ai au moins 2 plans en tête, avec l’impression que j’en oublie un ou deux autres). Parfois juste après avoir démarré. Sans qu’on sache pourquoi ou ce que ça signifie. Ni même, donc, si c’est vraiment vrai.

    • Comme je suis d’accord sur la longue focale. Vraiment la carte magique.

  2. Le Quatar ils ont eu leur billet pour la Coupe du Monde parce qu’ils l’organisent ou bien ils sont passés par des phases de qualif comme tout le monde? Parce que là ils sont turbo nuls

  3. « Que faire de la police ? » Frédéric Lordon et Paul Rocher, rencontre au Cirque Électrique organisée par les éditions La Fabrique :
    https://m.youtube.com/watch?v=RwYRKsBu6to&t=6s&pp=2AEGkAIB

  4. La blessure de Benzema ne me surprend pas. Il avait joué la moitié des matchs avec le Real et n’avait toujours pas rejoint les entraînement collectifs. Je me souviens encore quand Domenech avait dit que Benzema aurait le temps de jouer plusieurs Coupes du Monde quand il ne l’avait pas sélectionné en 2010. Et la défaite absurde contre la Suisse malgré ses deux buts pour revenir au score continue de ressembler à une mauvaise blague. Comme quoi. Ça n’aura jamais eu lieu avec cette équipe.

    Ne vous en faites pas pour ma santé mentale : je n’ai qu’un intérêt limité pour cette Coupe du Monde et ça m’épargne surtout de prétendre m’intéresser aux pénibles matchs de l’équipe de France. Tout va bien.

    • Giroud il peut continuer à remercier Jesus là parce que sa carrière en bleu il l’a doit uniquement à l’absence de Benzema sur la dernière décennie. Grand chanceux, dont on attend toujours un but important dans un gros match.

    • J’en suis là aussi
      Quel joueur regarder désormais? Dans cette équipe j’aime Kanté Pogba et Benzema.
      Il reste qui? Peut-être Dembele, que je connais mal.

      • Tu vois qui gagner la compet ?
        A titre personnel, le Qatar m’a l’air bien parti.

        • En tout cas je les vois aller loin oui.
          Une finale Qatar-Australie?
          Je m’avance peut-être un peu.

  5. Merci, Léo!
    Pour info, Greenpeace et le WWF ont cofinancé une étude comparative sur les labels : https://www.guide-labels-alimentaires.com
    (un bémol : le cabinet retenu s’allége la contrainte au point d’oublier que l’impact de l’élevage bovin est problématique lorsqu’il décerne une palme au comté aop…)
    mais pour le label en question, l’évaluation est suffisante : )

    • Merci. Oui ça confirme bien ce qu’avançait Léo.

      https://www.guide-labels-alimentaires.com/hve-haute-valeur-environnementale

      Ça me rassure aussi sur le label rouge. Hyper mis en avant dans les publicités des marques et dont j’avais bien senti qu’il ne garantissait rien écologiquement.

      • Toi aussi, t’es label rouge.
        C’est dingue comme t’es bête.

        • Pour l’instant tu es la meuf qui lis tous les jours tous les posts de gens qu’elle déteste.

          Niveau bêtise tu es au-delà de la stratosphère, douce colombe.

          • Qui a dit que je te-vous déteste? Je ne te-vous connais pas pour avoir quelque émotion pour ta-votre trogne.
            J’en profite pour te redire que tu es BÊTE, car ça, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.

          • Quand je pense à l’activité à laquelle tu te livres ici je te trouve si ridicule. Tu es la meuf qui s’incruste dans un groupe de discussions. Qui au départ participe, prouve assez rapidement qu’elle est vide. Puis constatant sa propre insipidité devient agressive pour obtenir de leur part leur attention. Reste collée au rejet qu’elle suscite. Accro.
            Ça sent la solitude de base, à plein nez.
            Ça sent l’incapacité à l’amitié.
            L’incapacité à produire autre chose que du ressentiment.
            Des lacunes évidentes qui suscite de la pitié.
            Parfois fait rire tellement c’est gros.
            Tu dis toi-même que tu te ridiculises devant des gens qui te connaissent dans la vie et qui te demandent d’arrêter.
            Tu sais ça n’apporte que des emmerdes de nourrir de la rancoeur. Tu peux le constater tous les jours dans la presse dédiée aux faits divers. On glisse vite de la haine à l’acte. Si j’étais toi je tâcherais de me trouver des amis. Et des activités (la pratique d’un art te permettra de combler ton besoin de reconnaissance). La vie est courte et tu as déjà passé un certain cap.

          • J’ai lu simplement ta première phrase.
            Fais comme moi, n’y pense pas bécasse.

          • Trop curieuse je viens de tout lire.
            Tu souhaites encore faire croire que tu es un individu bon?
            Suite à ton agression sexuelle, tu as voulu berner les gens, et j’ai même failli verser une larme.
            Présentement, avec ces quelques mots emplis de bonté, on espère que l’assemblée, enfin tes collègues te verront un peu plus distinctement.
            Tu es bête, et sûrement moche.
            Bon dimanche bécasse.

          • Oui Louizz, on a vu encore plus distinctement ce qui ne va pas entre Ostros et toi, intelligence avec réelle curiosité d’un côté, pure jalousie stérile de l’autre. Je pense que tout le monde a compris depuis longtemps, il n’y a que toi qui ne le vois toujours pas. Les com d’Ostros forcent à réfléchir, les tiens affligent toujours.

      • T’es tellement mytho que tu as sûrement inventé cette histoire d’agression sexuelle.
        En tout cas, je ne te crois pas.
        Bon dimanche bécasse.

    • J’oubliais Sor de chez pas quoi (en passant, pseudo de naze)
      C’est toi qui est ou qui veut être dans la transmission!?
      Pité, ne fait pas ça, y a assez de bras cassés comme ça. Et en même temps, tu ferai pas tache.
      Mais la bibliothèque c’est bien. Endroit chaud et sec, hélas peu fréquenté, ce qui permet de mettre à l’abri de ta bêtise.
      Bon dimanche

      • Tu te répètes tellement dans tes insultes, innove, mais aussi relis toi, attaquer quelqu’un comme tu le fais pour Ostros à ta dernière réponse devant tout le monde, c’est pas juste pitoyable là, ça devient ignoble, tu devrais vraiment avoir honte.

        • Insultes?
          Même la bibliothèque, ça vient compliqué pour toi.
          En revanche dans les champs, si tu parles pas trop aux patates, ça peut marcher.
          Tchuss et pense à changer de pseudo.

          • Devient *

          • Ma pauvre, je vais pas passer mon dimanche à lire le vide de tes insultes par contre donc je te laisse t’occuper toute seule, je reviendrai si j’ai de nouveau pitié, mais là pas envie de gâcher plus de temps, autant parler à une lunette de wc, bon monologue

          • Mon enfant, ma soeur, songe à la douceur, d’aller là-bas vivre ensemble au pays qui ressemble.
            SOr de ce corps, mocheté.

          • En espérant que cette dernière salve de messages prouve qu’il est important que la nouvelle version du site puisse bannir un membre. C’est plutôt morbide de tolérer la présence de Louizz ou de croire qu’il suffit l’ignorer pour qu’elle ne pollue pas l’espace et les conversations. C’est le lot de tous les forums d’avoir une personne dérangée qui stalke. Tous les forums ont des modérateurs.

            Puisqu’on est dans le cas de quelqu’un qui créera un autre compte, je suppose qu’il existe un moyen de bloquer une adresse ip précise.

            Comme ça Louizz sera obligée de passer à la bibliothèque pour poster et ce sera, on n’en doute pas, le début d’une grande histoire d’amour.

          • Il y a un modérateur sur ce site, il est d’ailleurs mis en examen en tant que tel.
            Je ne suis pas sûr que nous bloquerons davantage sur le nouveau site. On verra.

          • François, « Je ne suis pas sûr que nous bloquerons davantage sur le nouveau site »

            Pourtant, « Bégo le lego » mériterait un bannissement à vie. Au moins.

          • François,
            4 questions
            1- « mis en examen » doit-il s’entendre au sens littéral?
            2- le « on » de « on verra » et le « nous » de « nous bloquerons » dissimulent-ils pudiquement le « je » de « c’est mon site et je fais ce que je veux avec, bordel de merde ! »?
            3- as-tu déjà pensé à te dessaisir du choix du bannissement en le soumettant au consensus d’un jury d’usagers tirés au sort parmi les personnes que Louizz n’a jamais insultées (la dernière condition étant nécessaire bien que difficilement réalisable).
            4-Es-tu responsable juridiquement des post pseudonymés et le rejet du pseudonymat rend-il de fait un usager responsable juridiquement de ses propos?

          • François,
            Au risque d’être lourd.
            Je suppose que tu n’as pas vu mon post et que si mes questions te gonflaient, tu me l’aurais dit. Alors j’insiste.

          • En effet j’ai du rater un truc
            C’était quoi les questions?

          • Celles-ci:
            « François,
            4 questions
            1- « mis en examen » doit-il s’entendre au sens littéral?
            2- le « on » de « on verra » et le « nous » de « nous bloquerons » dissimulent-ils pudiquement le « je » de « c’est mon site et je fais ce que je veux avec, bordel de merde ! »?
            3- as-tu déjà pensé à te dessaisir du choix du bannissement en le soumettant au consensus d’un jury d’usagers tirés au sort parmi les personnes que Louizz n’a jamais insultées (la dernière condition étant nécessaire bien que difficilement réalisable).
            4-Es-tu responsable juridiquement des post pseudonymés et le rejet du pseudonymat rend-il de fait un usager responsable juridiquement de ses propos? »

          • 1 oui, au sens littéral. en tant que modérateur, ou directeur de publication, je ne sais plus quel est le terme
            2 rien de tout ca. Cette question est très secondaire pour moi. Ici des trolls sont parfois passés, passeront encore, le plus souvent pour m’insulter moi, et je m’en fous (sans doute par habitude)
            3 je ne trouve pas que cette question mérite qu’on lance les grands manoeuvres démocratiques
            4 je ne sais pas exactement. Mais le 1 nous indique que le modérateur est responsable juridiquement de ce qui se publie ici.

          • C’est noté.

        • Kde mes deux, c’est pas un melon que t’as c’est une coucourde.
          Beaucoup de graines, et un grand vide.

          • Ouf. Merci de ta grâce.

          • Ah enfin, la lumière de l’idiot(e). Tu manquais à l’appel.

            Ben oui, tu as raison. Viens on fait une pétition, pour ou contre bannir l’intruse ?
            Si t’as des idées de châtiments, je suis preneuse aussi.
            Tes pensées sont tellement lumineuses que je serai triste que tu m’en prives.
            Je compte sur toi.

          • Louizz, ne t’inquiète pas, je suis là. Mais tu n’as besoin de personne pour avoir des idées lumineuses, « Bégo le lego » est une foutue réussite. Ne te dévalorise pas.

          • Ah voilà, tu me rassures. C’est sympa. Un moment, j’ai cru que tu voulais que je m’en aille.

          • Ah Barthes, même dans cette situation, tu es illisible.
            Tu écris très mal. C’est dingue ça.

          • Louizz, je m’en fous que tu sois là ou non. Je vote pour le je-m’en-foutisme.

          • Ben faudrait tout de même que tu te positionnes une fois pour toute petite Idiot(e).
            On bannit à vie ou s’en balek?!
            Tu y arriveras peut-être un jour, je te le souhaite.
            Bye-bye, la bordée de salve est quasi atteinte.

          • L’idiotie n’est pas là où tu le penses. Quand je proposais le bannissement, c’était du second degré pour signifier à quel point « Bégo le lego » était nul. Tu n’as pas réellement cru que tu avais des idées lumineuses ? Tu m’as fait le même coup avec un autre de mes messages où je proposais à François, pour un livre, de donner des pseudos d’animaux à des membres d’un forum. Tu comprends rien et tu la ramènes, c’est gênant.

          • Fin de notre pseudo échange. Tu sers à rien.
            T’es aussi brillante que ta cops et le reste de la petite cours de récré.
            Allez je te laisse, t’es trop fine pour moi.

  6. Je veux pas cafter mais on me dit le plus grand bien du ciné club Margin Call. Si l’un des privilégiés qui y a assisté veut bien en rapporter un ou deux morceaux ici pour les classes populaires délaissées, je vote pour lui à la prochaine présidentielle.

  7. Par un heureux concours de circonstance j’ai pu voir Pacifiction. C’était pas gagné pour moi parce que de Serra je n’ai vu que Liberté et j’avais eu du mal un peu avec ce film. Une fois vu je me suis dit c’est à revoir mais la motivation n’a toujours pas fait que. Restée un peu à côté du film je redoutais les 2h45 avec Serra, non pas avec Magimel. J’ai une certaine affection pour cet acteur découvert dans La pianiste au cinéma, c’était aussi mon premier Haneke au cinéma et j’ai tourné de l’œil pendant le film que j’ai terminé les jambes en haut, heureusement je n’étais pas seule pendant la séance et c’est resté un moment historique dans mon carnet de séances. Par la suite je l’ai aimé chez Chabrol, j’ai même presque apprécié Les petits mouchoirs parce qu’il y est et je pense avoir regardé les deux saisons de Marseille uniquement pour lui (c’était éprouvant cependant). Bon, et là c’est la touche personnelle qui explique aussi beaucoup de choses, il ressemble énormément à mon frère fascho mais en bien plus solaire ce qui me le rend éminemment sympathique (ça donne idée du personne, je parle de mon frère). Il y a quelque chose de brutal chez lui, à cela s’ajoute une douce intelligence, ce qui est parfaitement utilisé par Serra, notamment quand on pense à la scène du discours lorsqu’il parle de littérature avec le très beau moment où il s’égare pour parler de lui, petite pause où il attend grossièrement (les instructions dans l’oreillette donc!) puis il conclue par un « bon, ben c’est déjà pas mal hein », allez hop, c’est dans la boîte, on boit un coup. Et avec la scène des coqs où c’est lui qui prend les choses en main, qui dirige la mise en scène, qui exige plus de violence, qui pointe le manque de sauvagerie ce qui éclaire la phrase de Serra cité par RV sur tous les zoumains qui sont des Vietnamiens colonisés.

    Pour terminer, je te comprends maintenant Alexandre, je comprends qu’il y ait un avant et un après Pacifiction et c’est je pense le plus beau compliment qu’on puisse faire à ce film, Serra serait très heureux de l’entendre. Tony, tu devrais y aller. Je vais au cinéma tous les 4 mois et là je me dis que si c’est ça à chaque fois, franchement ça me va.
    On attend la gêne maintenant.

    • La Gêne nouvelle est arrivée.

      En attendant j’ai vu X grâce à ton lien magique et je me suis bien amusé. Les quelques mises en parallèle me resteront (a l’inverse des meurtres, malheureusement).

      • Sur X on s’est bien marré,que ce soit les scènes de comédie(la petite amie coincée qui décide de participer au tournage,celui qui se prend pour un étalon en jouant avec ses muscles devant la fenêtre,la mort pathétique du macho)ou les idées de cinéma(la scène où elle se baigne en étant poursuivie par un crocodile est vraiment pas mal),on passe un bon moment,alors entre Barbarian et X quelle est ta préférence?

        • Je les mets à peu près au même niveau, avec un Barbarian plus abouti et un X qui avait un plus gros potentiel finalement (je n’aurais pas dit ça a priori). Qui sait ce qu’aurait donné X avec un meilleur réalisateur. Il aurait fait un excellent 10ème (Xème) film pour Tarantino.

        • Et toi ? Je crois que Schnoups a préféré X, mais je ne me souviens pas de ta réponse.

          • Un peu comme toi,en mise en scène pure Barbarian est au dessus.

          • Je viens de tomber sur une critique intéressante de X je te la conseille
            https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/x/

            Et une aussi sur Barbarian
            https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/barbare/

          • Faut regarder Let them all talk maintenant avec mon lien magique Seldoon. Il est temps de passer aux choses sérieuses.

          • Soderbergh, pour moi c’est une fois tous les quelques mois. Ça me demande un peu d’abnégation malgré tout. Souvent j’en sors amusé, parfois agacé, jamais ébloui. Hier soir j’ai vu Pacifiction, qui m’a aussi demandé pas mal d’abnégation sur sa dernière heure mais globalement j’ai été ébloui.
            J’ai la Gêne à finir ce soir.

          • Abnégation, carrément. ça me surprend de ta part, parce qu’il m’a toujours semblée que les faiseurs étaient bien plus aptes à apprécier le cinéma de Soderbergh. Dans mes premières années de fac j’avais un groupe de copains qui faisaient leurs vidéos, montage etc. et ils étaient fan de Soderbergh. En 2003 ça pestait déjà contre l’indifférence de la critique et surtout celle de nos profs envers son cinéma. Par contre je peux te comprendre parce que je n’ai jamais compris leur intérêt pour les Ocean’s qui m’irritent beaucoup, ça me fait l’effet d’un Snatch en plus sobre. Mais mon intérêt pour Soderbergh est vraiment venu avec Contagion et Side Effects (dont je suis très très très fan). Et j’avais bien apprécié The Knick. Si tu n’as pas ça je comprends que tu ne sois pas chaud pour te plonger dans sa filmo.

            Comme Tony je conseille fortement la série Mosaic. C’est pas parfait, disons que ça reste dépendant d’un scénario qui s’enlise considérablement dans le dernier épisode, épisode qui aurait dû être supprimé et on avait quasiment un excellent pur policier de 5h par Soderbergh. Évidemment il attaque le genre par un angle rarement exploré à ce point, l’amour, l’amitié, l’attirance et plus globalement ce qui nous pousse à agir – et la trahison, qu’est-ce qui se loge derrière ce mot ? et donc il y a beaucoup de liens entre Mosaic et Let them all talk, puisque la phrase que tu cite K comme Code c’est « oh, it’s not about love, it’s about money », celle de Mosaïc pourrait être « oh, it’s not about truth, it’s about you » – phrases bien mises en valeur et qui reviennent régulièrement, le flic se justifiant auprès de la presse « it’s not about me », le flic constatant la raison du combat d’une sœur pour son frère emprisonné à tort « oh, so it is about you ». Dans les deux on a bien cette sensation d’un travail sur les comportements humains comme des blocs d’individualités qui se rencontrent, c’est la question de l’attraction au sens le plus scientifique du terme. Le film et la série peuvent paraitre extrêmement cyniques d’ailleurs, quand on les voit on pense à l’intérêt de Soderbergh pour le sujet de la médecine (The Knick), disons que l’acte froid d’un chirurgien est un geste qui lui correspond vachement bien.

          • C’est vraiment étrange,sur Mosaic je n’ai pas du tout la même perception que toi,on y voit une enquête policière complètement à côté de la plaque(2 faux coupables desargentés emprisonnés à la suite)et,dans la dernière heure,une contre enquête marxiste qui nous révèle les vrais coupables sans parler des rapports de classe entre Sharon Stone la cougar millionnaire et ses jeunes amants.

          • Moi je pense qu’on est d’accord, simplement j’essaie de me rapprocher du geste. évidemment que les questions socio économiques conditionnent les motivations des personnages. Je ne dirais pas qu’ils sont complètement à côté de la plaque mais pourquoi ça rate ?Qu’est-ce qui se joue plus précisément entre les personnages ? Qui sont-ils ? Qui gravite autour de ce meurtre, qu’est-ce qui les pousse à agir, quels sont ces mouvements ? Quelle est la stratégie de ce groupe bien particulier ? Que dire des revirements complets de Neil et de sa sœur ? Et l’art dans tout ça ? Le dessin pour Joe, Le pointillisme, l’histoire tombée du ciel ? Continuons l’envolée, si tu as vu le film, que dire de ce titre, High Flying bird ?

            Dans Let them all talk (dans lequel le mot miracle intervient pile poil au milieu du film), une écrivaine embarque deux anciennes amies à elle sur une croisière la menant au Royaume Uni récupérer un prix littéraire. Un vieux dissensus participe à réunir Roberta et Alice (écrivaine) sur cette énorme boule de matière qu’est le Queen Mary. Le film ne cesse de repousser la discussion frontale entre les deux, lorsqu’elles finissent par entamer le sujet devant tout le monde, la troisième copine leur suggère de regarder le ciel, parce qu’après l’envoi des satellites d’Elon Musk, le ciel ne sera plus le même. C’est le moment de regarder les étoiles. Intéressant non ?

          • Je précise, abnégation à la première vision uniquement en général. Car je dois souvent faire le deuil de ce que j’attends du film, Steven va très rarement y chercher de l’intensité. Il fait des films juste à côté de leur pitch. Il ne semble pas s’interesser au centre du film et regarde un truc juste à côté. C’est comme ça que je définirais son cinéma. D’où un rendu dilettante, légèrement baclé. Qui m’agace au premier abord. D’où abnégation. Le summum c’est le 3ème Ocean’s, qui en plus pue le glamour (je pense etre le seul sur terre à trouver que le glamour au cinéma est presque toujours ridicule) et l’entre soi de toutes ces stars. Une fois que je comprends ce qu’il y a à chercher vraiment dans ses films ça va mieux.

            Je comprends ce que tu dis pour les faiseurs. Soderbergh fait souvent des films dans lequels l’artisanat est visible, et ça fait du bien. Parfois on se dit qu’il fait des films pour ses potes réals plutôt que pour un public plus large.

          • Je comprends très mal ton post, notamment parce que tu zigzagues. Donc abnégation au début puis finalement quand tu comprends ce qu’il cherche ça va, mais ça pète pas des briques quoi, c’est ça ?. Désolée, tu auras compris que je suis en plein dans le bordel du coup ça m’intéresse. Est-ce que tu peux donner des exemples précis où il va chercher « le truc à côté » de ce qui devrait être LE sujet du film et en quoi ça te parait « légèrement bâclé » ?

          • Je ne boude pas hein je suis juste un peu trop débordé pour répondre proprement à tes questions, comme tu l’as remarqué dans le post ci-dessus. Tu auras aussi remarqué une certaine ambivalence face à Steven. Donc c’est compliqué, je te réponds au calme d’ici peu.

          • Prends ton temps.
            Merci Seldoon.

      • Très bonne gêne, très bien, très bien. C’est beau de réfléchir pour nous François. Y’a beaucoup de choses qui se sont éclaircies en t’écoutant.
        Grande idée effectivemet d’aller en Polynésie. Et la lumière du film est tout de suite étonnante, c’est pour ça que ce magnifique premier plan est marquant. Il y a une lumière et une image de carte postale bas de gamme un peu, avec un côté Amour Gloire et beauté où on te vends le couché de soleil, l’eau turquoise, les palmiers. Le coup du cargo détonne tout de suite graphiquement, ça a vraiment de la gueule, avec un premier plan comme ça on est confiant d’emblée. En t’écoutant j’ai mieux vu tout le travail sur la représentation dans le film et notamment la séquence combat de coq/ mise à mort, plutôt pour ces hommes qui jouent à.. et tout le ridicule que ça charrie. Moins pour le coq Français même si j’imagine que ça faisait d’une pierre deux coups pour Serrat (avec un t donc). Sur le coup je ne voyais que cet homme blanc représentant d’une domination économique expliquer à cette population des îles comment retrouver une sauvagerie perdue que lui comprend mieux et apprécie d’autant plus puisqu’il est une sorte de médiation d’une sauvagerie financière. Je me disais que t’allais en parler mais bon, il y’a tellement de scènes à retenir.

        Pour finir vous évoquez la séquence avec le « connard » lâché par De Roller après sa discussion avec l’Amiral complètement bourré, et c’est l’une des scènes les plus saisissantes pour moi. Ce moment où l’Amiral est bien plus qu’un pauvre con bourré. Tout ce qu’on a vu et entendu du bonhomme et sa simple attitude dans la discussion se concentrent sur ce visage et c’est comme si on contemplait une histoire commune des ravages de la domination de l’homme blanc sur ce seul visage. C’est un moment très intense, très dense. Je me demandais comment l’avaient vécu ceux qui ont vu le film.

        • J’ai parlé de cette scène, mon acolyte l’a coupée au montage parce qu’on était trop longs.
          j’en parlais plutot sous l’angle de la répétition : De Roller y répète 5 fois la même chose (faut plus de violence!), et j’y vois essentiellement un type qui veut absolument avoir un avis et dit n’importe quoi. Dit ce qui lui vient à l’esprit, sans pouvoir argumenter, juste asséner encore.

        • Ce que tu écris sur l’amiral qui lors de la conversation avec De Roller montre un visage plus manipulateur alors qu’on le voyais jusqu’ici festif, rejoint ce qu’écrit Seldoon un peu plus haut sur De Roller qui lui aussi joue le jeu des mondanités jusqu’à un certain point. Mais au final, même lorsque De Roller est plus direct et l’amiral moins léger on reste à distance de leur véritables postures. M’a frappé pendant les 3h cette sensation de chaleur et d’étouffement. Provoquée par les lumières tantôt très colorées (crépuscules / luminaires) et remplissant le plan tantôt stéréoscopiques (boite de nuit ou soirées privées). S’il y a des plans sur des personnages qui écoutent, qui freinent le déroulé de l’intrigue, ils participent d’un alourdissent. La musique alanguie ajoute aussi une couche de pesanteur. De Roller ne fait que se déplacer à des événements et réunions et parle sans arrêt et cette sur-activité semble tourner en rond, plutôt en spirale descendante. Ce n’est que de l’agitation creuse comme si la paranoïa de De Roller exprimait son insignifiance. Le fait qu’il n’est qu’un pion au service d’un gouvernement et que s’il peut manoeuvrer à sa guise, le jour où ses supérieurs décident des actions militaires il n’aura aucun pouvoir. C’est ce qui le rend de plus en plus vulnérable et pour nous de plus en plus saisissable. On est écrasé par toutes ces forces visuelles et auditives durant 3h et on a envie d’en sortir par l’intrigue. De trouver la vérité dans tout ça qui allégerait les choses. Qui donnerait du sens et donc nous rassurerait. Mais au contraire la notion de réalité s’étiole de plus en plus et chacun continue de jouer son rôle avec honnêteté. Ne peut on pas le voit comme un film qui mettrait en scène le sa forme l’absurdité de nos existences ? Vanité vanité.
          Donc jouons ! Fabriquons des films. Faisons du cinéma.

  8. J’ai commencé à regarder la série documentaire réalisée par Godard en 1976,6×2,que l’on peut regarder sur le site de l’ina Madelen,les 2 premiers épisodes que j’ai vus sont captivants,on y voit Godard,dans le premier,faire passer des entretiens d’embauche à des chômeurs dont un soudeur  et une femme de ménage assez drôle qui lui dit qu’elle préfère travailler chez des bourgeois plutôt qu’à l’usine avec des ouvriers car les bourgeois ont de la conversation et sont polis et qui finira par chanter un couplet de l’internationale(!)
    et dans le deuxième un documentaire passionnant avec un paysan filmé en plan fixe devant son tracteur qui va à partir de son travail décomposer la structure capitaliste dans laquelle il est pris.
    Godard lui fait comparer son travail à celui d’un os sur une chaîne,le paysan explique qu’il n’est pas soumis comme à l’usine à la division du travail et à la parcellisation des tâches mais,très lucide,lui dit:
    Je ne me sens pas sur une chaîne mais sur une chaîne économique et ça c’est très emmerdant.

    A un moment Godard,après lui avoir demandé de décrire les gestes quotidiens de son travail,amène la conversation sur le geste de téléphoner au…crédit agricole et le paysan,de façon assez géniale,lui répond :
    ‘On se fait chef d’entreprise ce qui m’agace profondément parce qu’on a gonflé les paysans en leur disant vous allez être bien mieux que les ouvriers parce que vous êtes chefs d’entreprise(…)or un chef d’entreprise doit avoir une marge de manœuvre et c’est très rare de trouver un chef d’entreprise continuer à produire quand il ne peut pas vendre son produit au dessus de son prix de revient,alors que les paysans,qui sont à la fois leur patron et leur ouvrier,cette marge nous ne l’avons pas,ce qui nous rend dépendant,ce qui m’agace car on doit faire les gestes du chef d’entreprise(…)ne serait-ce qu’en allant au crédit agricole jouer un certain jeu de chef d’entreprise en se montrant bien portant et relativement prospère’

    Très marrant aussi cet éleveur quand il parle de la libido des vaches(‘Des vaches qui demandent les bœufs et d’autres qui ne le demandent pas,y a des vaches qui le montrent très peu de vouloir le taureau’et Godard demande ‘ ça peut s’apprendre aux vaches à vouloir plus le taureau?’
    SPOIL:faut leur donner du phosphore et des vitamines.

    Je ne sais pas comment Godard l’a connu mais ce paysan est vraiment remarquable,il se lance aussi dans un beau réquisitoire contre la propriété des sols,fondement de la violence.

    Au milieu du documentaire un écran noir et quelques mots s’affichent:
    Oh toi
    Spectateur
    Peut-être que
    Tu en as marre
    L’orateur
    Parle trop
    N’oublie pas
    Il dit vrai.

    • Godard, dans ses années 70, très méconnues, c’est ça. La caméra comme moyen d’enquête. Pour la télé – comme Rossellini au même moment, ce qui est quand même notable- ou pour soi.

      • L’émission Hors série sur Godard est intéressante.

        • Tony : oui sans doute intéressante, cette émission sur Godard. Mais qui rate un peu son objet, son objet compliqué et qui exige beaucoup mieux que les tatonnements parfois embrouillés qu’on nous propose là. Les deux interlocuteurs ont l’air pourtant bien résolus à parler de forme – qu’est ce qu’une forme politique? Une forme communiste? Une forme marxiste? Mais ils perdent vite le cap, rattrapés qu’ils sont par ce qui est leur base, la politique, le marxisme. Au bout du compte la politisation du cinéma de Godard n’est pas élucidée. Il y manque par exemple le point essentiel, qui est pourtant le plus simple.
          On attend quand même le volet 2

          • Quel serait ce point essentiel?des situations plutôt qu’une intrigue?Pas de psychologie?

          • Je parlais juste là du processus de politisation
            Cette politisation commence, chez Godard, par un énorme surcroit d’attention au contemporain par rapport à ses pairs de la Nouvelle vague, notamment Truffaut (dont les films flottent dans une intemporalité romanesque en carton). Cette attention se voit très vite : un film qui capte le réel de la guerre d’algérie en 61, une captation très socio de la prostitution dans Vivre sa vie en 61 aussi. Et ca ne va plus cesser, et c’est par là qu’il va peu à peu accéder à des paradigmes politiques pour mieux outiller cette captation (et aussi parce que ces paradigmes montent en puissance dans le contemporain des années 60 que Godard entend REGARDER.)

  9. @ Pour Julien Barthe notamment, un débat en accès libre sur Mediapart « Comment les luttes trans bousculent les mouvements féministes »
    c’est ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/171122/comment-les-luttes-trans-bousculent-les-mouvements-feministes

    • Merci AnnaH,
      Je regarderai.
      Je viens d’ assister à une pièce de Lauren Marx qui est le récit d’une transition. Le texte de cette jeune autrice trans m’a séduit.

  10. Putain ça m’arrache un peu la gueule de le dire mais Fran_ois avait raison, qu’est-ce qu’il est faible ce nouveau James Gray. Trop long, racontant des trucs vus et revus mille fois ( le passage à l’âge adulte et l’apprentissage des conséquences, le rêve américain fourvoyé ) et surtout j’avais l’impression à l’avance de savoir ou chaque scène allait, ce que chaque perso allait dire, quelles allaient être leurs trajectoires narratives. Aucune surprise, aucune audace ( même formellement, c’est d’un classicisme assez fade, réhaussé de deux, trois idées un peu originales ) après ça reste intéressant comme pur objet de comparaison théorique avec le Spielberg qui va sortir là. La confirmation que l’un est un cinéaste définitivement tragique et l’autre idéaliste mais bon ça on le savait déjà quoi. Finalement, je ne retiens que le personnage du père, le plus ambigu et qui récolte la meilleure scène du film ( la ceinture ), presque un moment de terreur brut. Mais c’est peu, bien peu.

    • C’eut pu etre un film intéressant sur les déterminations ethno-sociales, sur les stratégies de sécurisation sociale des familles prolos juives. J’ai entrevu un moment qu’on effleureait aussi la façon dont un enfant ainsi conditionné finit par ravaler sa rebellion parce qu’il ressent le bénéfice et la séduction de l’excellence,, parce qu’au fond il se trouve super en uniforme -d’où une fin possible où le héros aurait totalement oublié et évacué son copain noir. Mais tout ça est beaucoup trop subtil et cruel pour James Gray, cinéaste pour enfants

      • C’est marrant parce que lui se voit vraiment comme un cinéaste pessimiste et tragique, antiromantique. Dans l’interview des Cahiers, il explique ainsi sa différence avec Tarantino et PTA qui ont fait des films plus solaires sur la période où ils étaient enfants.

        • C’est quoi le film solaire de Tarantino enfant ?
          Bruce Willis dans Pulp fiction, le trajet de la montre?

          • Once upon a Time in Hollywood qui se déroule à une période où Tarantino avait l’âge d’un enfant.

        • Cinéaste pour enfants cela ne veut pas dire joyeux ou ravin de la crèche. Il y a des enfants tristes. Gray fait des films pour enfants tristes.
          La cruauté n’a rien à voir avec optimisme/pessimisme – qui sont des catégories qui m’indiffèrent. On peut etre joyeusement cruel – on l’est. Décidément cette notion n’est jamais comprise. Faudra-t-il qu’on en fasse un livre?
          Je concède donc volontiers à Gray son pessimisme. Ce qui n’entraine pas son antiromantisme. Ce qui fait partie de son romantisme. Le romantisme est évidemment « pessimiste » puisqu’il est toujours déçu. Le romantisme VEUT la déception. L’idéalisme VEUT etre démenti. Son but affectif est de pleurer. Le romantisme est chagrin.
          Le vrai point c’est que Gray est un cinéaste triste, et terne – comme la gamme chromatique de son film-, et pour tout dire morbide.

          • Voici ce qui dit Gray précisément :
            « Ma position philosophique est : croire que les choses changent implique une vision romantique du passé. » Il revendique d’avoir fait un film non nostalgique car sombre et non idéalisé.

          • Eh bien il devrait réfléchir à donner un sens précis à ces mots flous s’il tient vraiment à les utiliser. Et mieux encore arrêter d’utiliser ces mots flous – mais qui sont tout à fait conformes à son cinéma essentialo-idéaliste.

          • La raison que tu donnes au succès de Gray me parait bonne
            Il y en d’autres – infantilisation générale, prime au passé (ce qui va un peu de pair), nostalgie d’un certain cinéma
            Et puis disons le : Gray c’est simple, c’est élémentaire. Les esprits simples et élémentaires s’y retrouvent.

          • En fait, je pense que Gray a beaucoup de succès en France parce qu’il mime très bien une forme de gravité, de componction avec la fameuse pudeur que la critique raffinée adore, alors qu’il n’y a rien de si profond ni de si original dans ses films. Aux US, ça passe un peu moins (même ils avaient adoré Ad astra). Sur ce film, il lui a notamment été reproché la pauvreté de son analyse sur le racisme américain et sa façon de se servir de l’écolier noir comme d’un pur véhicule pour de la white guilt filmée avec complaisance.

          • Mon dieu, mon dieu. Le niveau baisse, professeur tournesol.
            Entre ceux qui racontent n’importe quoi sur le bio, ceux qui voient que dalle et ceux atteints d’agueusie.
            Avec en prime valoche, discrète mais inutile, t’as encore du taf pour au moins 20 ans.
            Parler de Gray et de force pour sa pub ça doit être pénible. Mais bon, y a pire.

          • En France on aime souvent le cinéma américain indépendant et formaté. Little Miss Sunshine, les 3-4 premiers Gray, Mud. Ca fait des films « qu’on aime habiter » avant même de les regarder, tout cela est super bourgeoisie cool-compatible.

          • En somme, Charlot est un esprit simple. Sacré compliment.

          • Moi j’aime bien Charles.

          • Moi aussi j’aime bien Charles.
            Est-ce qu’il a vu Ran, Charles ?

          • Non parce que Charles est un mauvais élève. Mais Charles va essayer de se rattraper la semaine prochaine à la Cinémathèque où il est projeté vendredi soir.

          • C’est bien Charles.

      • Absolument absolument. Et puis je sais pas, depuis que j’ai vu le Serra, j’ai compris c’était quoi la subtilité, la subtilité politique, thématique, la subtilité de caractérisation. Passer juste après ça me fait immédiatement voir le Gray comme un film balourd et trop simpliste là.
        Les œuvres qui perfectionnent le regard, c’est beau ça.

        • « C’eut pu etre un film intéressant sur les déterminations ethno-sociales, sur les stratégies de sécurisation sociale des familles prolos juives. »

          Oui, et c’est dommage que Gray se foire dans les grandes largeurs — trop de politesse, trop de timidité, trop de faiblesses cachées derrière l’excuse d’un prétendu académisme. Personnellement, j’appréciais les films Gray pré The Immigrant, je ne sais pas si j’étais dans l’erreur ou s’il s’est considérablement ramolli. En tout cas, je ne m’ennuyais pas autant.

          • J’avais un a priori positif, il était le cinéaste prometteur dont j’attendais qu’il fasse ses preuves, qu’il fasse le bon film qu’il prouvait régulièrement être capable de faire. Un jour j’ai vu the lost city of Z et depuis je n’attends plus grand chose.

            Pour sa défense je lisais une interview de lui l’autre jour dans laquelle il râlait contre les producteurs d’Ad Astra qui l’avaient forcé à beaucoup changer le film: ils ont notamment ajouté la voix off. Je ne sais pas si c’est fréquent dans ses films plus cher mais à ce niveau de conflit avec la prod on ne peut plus le tenir responsable de la catastrophe.

          • Je crois qu’il a aussi été traumatisé par son expérience avec les Weinstein sur The yards.
            On en avait déjà parlé au moment de la sortie Ad astra mais effectivement il n’a pas eu du tout la main sur le final cut, je crois qu’il a aussi été forcé de rajouter la scène finale avec le personnage féminin.

          • tu étais un peu dans l’erreur est il s’est un peu ramolli

          • J’avais un gros livre qui lui été consacré, je ne sais plus où je l’ai mis. Je me rappelle notamment en préambule d’une lumineuse analyse par Michel Ciment du premier plan de The Yards. Sur sa relation avec Weinstein, Gray dit qu’Harvey lui a effectivement forcé à changer la fin, en exigeant que le personnage de Wahlberg dénonce la corruption reignant dans le millieu du métro, et fasse tomber les gros bonnets en brisant la loi du silence. Fin complètement improbable selon Gray mais qui respecte la bonne morale en punissant les méchants.

            J’ai vu Armageddon Time aussi, j’ai été perplexe dès l’apparition du titre avec cette police graffiti random. L’académique et ultra classique Gray qui veut se la jouer contestataire et qui met les Clash dans sa BO, j’y croyais pas, et j’ai eu raison.

            Je garde quand même encore une grande estime pour The Yards personnellement. A tout prendre je préfère le Gray qui se la joue copieur de Coppola dans un film volontairement tendu, tragique, avec des clairs obscurs appuyés, et de la grande musique opératique, que ce qu’il nous fait là, à parler de rien, à rien montrer en faux rebelle avec les Clash en fond pour faire genre. Ça m’a fait penser aux 400 coups de Truffaut ( et c’est pas un compliment) Je me suis dit que j’allais me rattraper à sa mise en scène. D’habitude, il y a toujours des plans qui me marquent chez lui. Beaucoup dans The Yards, le premier plan, le meurtre commis par Phoenix depuis le point de vue de Wahlberg au poste d’aiguillage, la rencontre en clair obscur sous le tunnel entre Wahlberg et l’oncle mafieux, l’intrusion à l’hôpital pour buter un témoin agonisant… Dans We Own The Night, la course poursuite, le début en boite de nuit, l’intrusion dans le dépot de drogue, le finish dans les hautes herbes. Dans Two Lovers, les plans de Vinessa Shaw vu part Phoenix dans sa chambre m’avait aussi marqués, puis les cadres d’une scène au restaurant avec le mari de Paltrow. Dans Z j’avais aussi aimé les premières 20 minutes, où père et fils font une partie de chasse. Là, dans Armageddon Time, en plus de la faiblesse scénaristique, aucun plan ne me reste. Aucune émotion passée par la caméra.

          • Tu me donnes envie de revoir The yards, tiens. Content de lire que je ne suis pas le seul à ne pas apprécier les 400 coups.

          • Mathieu, je ne crois pas qu’il s’agisse du même livre mais on m’en avait offert un qui est excellent : https://www.synecdoche.fr/james-gray

            Beaucoup d’interviews de collaborateurs et de documents de travail. Des mêmes éditions, je conseille infinement le livre sur Darius Khondji. Et maintenant ils en sortent un sur Dean Tavoularis, le chef déco de Coppola, qui me fait de l’oeil.

          • Si c’est celui là!

        • Vous faites bien de l’aimer. C’est beau d’aimer. D’aimer son prochain.
          Je ne pense pas qu’il soit bien méchant. Je le vois même fidèle.

          • Il est né mou.

  11. Je réponds ici sur le HCE, flemme de changer de page.
    J’ai pas vraiment étudié la question mais de ce qui ressort de quelques discussions, notamment avec les gens des réseaux bios (gab etc.), le HVE « haute valeur environnementale » c’est une sorte de nouveau label. Mon interprétation c’est que l’Europe et les gouvernements commencent à avoir du mal à justifier de balancer autant de pognon dans l’agriculture sans aucune contrepartie environnementale, au moins formelle. Donc les gros bourrins de la FNSEA qui ne veulent pas en perdre une miette ont imaginé ce truc là pour justifier de toucher de la thune. Les bios sont bien sûr assez remontés car il est très probable que leurs enveloppes déjà limitées soient diluées dans ce machin.
    Il faut aussi savoir que ce label comporte plusieurs niveaux (jusqu’à 3 il me semble). L’agro-industrie communique à fond en mettant HVE en gros et en vert sans préciser quel niveau est respecté. Un exemple pour se rendre compte de l’arnaque : les arboriculteurs ne peuvent légalement plus pulvériser le glyphosate en plein, mais seulement sous le rang d’arbre ou de vigne. (Vous pouvez vérifier dans votre coin si c’est respecté ou pas : vous devez désormais voir de l’herbe entre deux rands de vigne). Or cesser de pulvériser en plein (l’ensemble du champs) permet de se voir attribuer le label HVE. Un label pour mettre en évidence et en valeur qu’on a respecté la loi.
    Ce sont les gros viticulteurs, ce vieux lobby dégueulasse, qui sautent sur le truc en premier, vous devriez en trouver facilement dans le rayon vin des supermarchés.

    • Cette hypocrisie… on retrouve aussi beaucoup ce label dans l’horticulture maraîchère, bien mis en avant parmi d’autres tout aussi fumeux. Ce qui permet à de gros cultivateurs de continuer à utiliser Glyphosate et hormones de croissance et de vendre leur cam à des client.e.s qui se donnent bonne conscience en croyant consommer vert.
      J’ai noté les vulgarisateurs et te remercie pour toutes ces explications. Je vais continuer de creuser ces histoires de prairies disparues.

    • très clair, merci

    • Ce label ne date pas d’hier. Donc le lobby kifkif, sans compter le prix achat même en circuit court.

    • Merci, Léo!
      Pour info, Greenpeace et le WWF ont cofinancé une étude comparative sur les labels : https://www.guide-labels-alimentaires.com
      (un bémol : le cabinet retenu s’allége la contrainte au point d’oublier que l’impact de l’élevage bovin est problématique lorsqu’il décerne une palme au comté aop…)
      mais pour le label en question, l’évaluation est suffisante : )

  12. Le docu sur Pauline Kael qui sort dans UNE salle en France, évidemment à Paris. Je vois pas l’intérêt de ce genre de sortie en catimini ( à part humilier les provinciaux comme d’hab ), autant vendre le film à une chaine télé ou une plateforme quoi enfin trouver des circuits de distribution alternatifs.

    • Humilier les provinciaux, ne nous emballons pas. Mais c’est vrai que ce mode de distribution interroge, surtout pour un docu aux ambitions formelles à peu près nulles (de ce que j’ai lu). Il aurait donc très bien pu être diffusé sur Arte directement. J’irai le voir et vous dirai ce Je ça vaut.

      • Ouais c’est pas volontaire évidemment mais ça contribue à toute cette vision de la concentration culturelle à Paris et on garde juste les miettes pour les gueux en Province là. Après, je sais qu’on est pas si mal loti en France etc mais comme tu dis une diffusion sur Arte me paraissait bien plus indiquée.

        • Il est donc plus facile de trouver une projection de ce documentaire qu’une critique intéressante de Pauline Kael. C’est noté.

          (Ce message est un pastiche ou un hommage à Pauline Kael. Au choix.)

          • Mais un documentaire sur le New-Yorker de cette époque où une critique était moins critique qu’une célébrité m’intéresserait.

          • Ses critiques de Kubrick sont très bien, par exemple. C’était certes une célébrité avec un sens aigu de la punchline mais elle était aussi très attentive à la forme des films, ce que le documentaire rate complètement en se contentant des extraits les plus drôles et caustiques.

          • Après j’ai l’impression que dans les critiques que on peut adresser à Pauline Kael c’est plus des reproches envers la forme du geste critique tel qu’il se pratique aux Etats Unis en général, avec des spécificités qui peuvent apparaitre assez étonnantes pour des gens biberonnés aux Cahiers ( ou Positif ) comme nous tous ici. C’est pas du tout la même approche sur le film.

          • Elle pratiquait une critique beaucoup plus subjective (avec des références à son expérience personnelle) et moins théorique que ses collègues français et repudiait la politique des auteurs (en théorie, car dans les faits elle la pratiquait un peu malgré tout) mais elle était aussi beaucoup plus lisible qu’eux et pas moins denses avec des critiques pouvant faire 5 pages – alors que le documentaire donne l’impression qu’elle expédiait les films en deux formules bien senties.
            Comme tout critique, elle s’est parfois plantée – elle a raté Shoah ou Friedkin par exemple – mais elle n’a pas manqué Scorsese (contrairement aux Cahiers), Altman, Lynch, Penn, Godard. Il y a un certain type de cinéma européen auquel elle était allergique comme Bergman et Fellini. Mais ce que j’apprécie tout particulièrement dans ses critiques c’est qu’elle n’évitait pas les problèmes et qu’elle était beaucoup plus nuancée que ce qu’on croit. La critique française a tendance à fermer les yeux sur certains aspects bancals d’un film au nom de la réussite du reste, pas elle. Ces critiques étaient très détaillées, assez exhaustives. On peut ne pas partager son analyse mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir vu le film.

          • Étrangement, malgré son statut d’icône outre atlantique je n’ai jamais lu de Kael (je crois que j’ai un mauvais préjugé sur les critiques américains). Les extraits cités ici et la ne m’avaient pas trop excité, jusqu’à ce que je tombe un texte d’elle qui est lu dans I’m Thinking of Ending Things (le Charlie Kaufman sorti sur Netflix) et qui m’a fait forte impression. Elle y attaque une femme sous influence (et Kaufman ne dit pas directement que le texte vient d’elle, il se contente d’évoquer Pauline ailleurs dans le film). J’avais oublié ça, mais Charles me redonne envie d’aller la lire.

  13. François, c’est pas toi qui t’es mis à lire du Handke récemment? J’ai vu qu’il sortait un nouveau « récit ». Tu recommandes ce que tu as pu lire de lui?

    • Oui, je recommande tout
      (je connais mal son théatre, mais ça se tente aussi)

      • « Joue le jeu. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n’aie pas d’intentions. Evite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Implique-toi et méprise la victoire. N’observe pas. N’examine pas, mais reste prêt pour les signes. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans la profondeur, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Echoue tranquillement. Surtout aie le temps et fais des détours. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu en as envie et accorde-toi le soleil. Oublie les tiens, donne des forces aux inconnus, penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne, fiche-toi du drame du destin, ris-toi du conflit. Bouge-toi dans tes couleurs à toi, sois dans ton droit et que le bruit des feuilles devienne doux. Passe par les villages. »

        C’est ce qu’a dit il y a bientôt 40 ans, une femme à un homme au début d’un long poème dramatique intitulé « Par les villages ». (Peter Handke)

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