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Forum provisoire

Amis sitistes,

Le dis-moi était agonisant depuis près d’un an. Nous songions à l‘euthanasier, la providence technique a accompli cette basse besogne à notre place.

Il nous reste à finir le travail : supprimer toutes les pages existantes du dis-moi. Cette suppression est définitive. Les milliers de posts accumulés dans cet espace auront donc formé une œuvre d’art absolument moderne : collective, anarchique, éphémère, et sans postérité. 

Cet auto-autodafé libère de la place pour un forum provisoire, qui sera opératoire le temps de concevoir un nouveau site plus adapté à notre époque formidable : plus simple, plus fluide, plus macronien.

Ce forum provisoire nous l’appelons : forum provisoire.

3 672 Commentaires

  1. Salut à Tous,
    Comme on a pas mal parlé d’écriture et de rap ces derniers temps, je me suis dit que je ne lisais pas assez de poésie; et m’y remettant un peu, je suis tombé sur ce poème de Henri Michaux extrait de La vie dans les plis (1949) :

    Qu’il repose en révolte

    Dans le noir, dans le soir sera sa mémoire
    dans ce qui souffre, dans ce qui suinte
    dans ce qui cherche et ne trouve pas
    dans le chaland de débarquement qui crève sur la grève
    dans le départ sifflant de la balle traceuse
    dans l’île de soufre sera sa mémoire.

    Dans celui qui a sa fièvre en soi, à qui n’importent les murs
    dans celui qui s’élance et n’a de tête que contre les murs
    dans le larron non repentant
    dans le faible à jamais récalcitrant
    dans le porche éventré sera sa mémoire

    Dans la route qui obsède
    dans le cœur qui cherche sa plage

    dans l’amant que son corps fuit
    dans le voyageur que l’espace ronge.

    Dans le tunnel
    dans le tourment tournant sur lui-même
    dans l’impavide qui ose froisser le cimetière.

    Dans l’orbite enflammé des astres qui se heurtent en éclatant
    dans le vaisseau fantôme, dans la fiancée flétrie
    dans la chanson crépusculaire sera sa mémoire.

    Dans la présence de la mer
    dans la distance du juge
    dans la cécité
    dans la tasse à poison.

    Dans le capitaine des sept mers
    dans l’âme de celui qui lave la dague
    dans l’orgue en roseau qui pleure pour tout un peuple
    dans le jour du crachat sur l’offrande.

    Dans le fruit de l’hiver
    dans le poumon des batailles qui reprennent
    dans le fou de la chaloupe.

    Dans les bras tordus des désirs à jamais inassouvis
    sera sa mémoire.

  2. Commentaire * Voici le sujet donné : « Pourquoi faisons-nous des bêtises ? »
    J’ai choisi ce sujet car moi-même, c’est une question que je me suis déjà posée.
    Il existe deux catégories de bêtises : la bêtise volontaire où nous sommes conscients de ce que nous faisons et la bêtise involontaire qui, comme son nom l’indique, n’est pas réfléchie.
    Je vais commencer par celles que nous préférons, nous, les enfants : les bêtises volontaires. Je pense que si nous décidons de faire des bêtises, cela peut être pour se faire remarquer, parce que nous nous sentons délaissés. Cela peut être aussi pour tester nos limites, braver les interdits, voir ce que nous avons le droit ou pas de faire. Nous pouvons aussi commettre des bêtises pour nous venger de quelqu’un.
    Les bêtises involontaires, sans mauvaises intentions, arrivent quand nous sommes déconcentrés, rêveurs. Nous ne pensons pas toujours à la conséquence de nos paroles ou nos actes. Ce qui, pour nous, n’était qu’une farce, peut devenir pour la personne concernée une insulte ou une offense.
    Il existe beaucoup de sortes de bêtises, mais heureusement qu’elles sont là, sinon, la vie serait plus monotone, et ces bêtises, elles nous font bien rire, quelques années plus tard quand nous y repensons.
    Marion
    Voici des extraits d’autres textes :
    « …Nous pouvons aussi commettre des bêtises pour taquiner. Par exemple, mon cousin, un jour, a versé du gel douche dans le verre à dents de son frère pour l’embêter. Des bulles se sont mises à lui sortir du nez… C’était drôle !
    Ensuite, il y a les bêtises involontaires, celles qu’on commet quand on est fatigué : nos gestes sont moins précis et on peut tomber ou renverser des objets ; le stress aussi peut nous rendre maladroits. De même, lorsqu’on fait plusieurs choses à la fois ou trop vite, quand on est amoureux… ou encore par imprudence. (…)
    Bref, souvent, les bêtises involontaires ne nous font pas rire mais font rire les autres et c’est plutôt l’inverse lorsqu’on commet des bêtises involontairement.
    Emma

    a pas envie de faire quelque chose, par exemple, f mettre la table,
    – lorsqu
    on n
    ler une assiette pour ne pas tise est utile car on peut apprendre des choses en en commettant,


    ê
    – pour ressentir une sensation inhabituelle, certains aiment enfreindre des règles.
    Je pense aussi qu par exemple, lorsqu

    une b
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    s quelqu Tanguy
    ’ é
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    il faut
    on emb
    nervant et on arr
    un et qu
    apr
    te. Mais attention ! cela ne veut pas dire qu

    un nous emb
    te, on remarque
    que c
    en faire !
    è ê

    est vraiment

  3. Commentaire * Voici le sujet donné : « Pourquoi faisons-nous des bêtises ? »
    J’ai choisi ce sujet car moi-même, c’est une question que je me suis déjà posée.
    Il existe deux catégories de bêtises : la bêtise volontaire où nous sommes conscients de ce que nous faisons et la bêtise involontaire qui, comme son nom l’indique, n’est pas réfléchie.
    Je vais commencer par celles que nous préférons, nous, les enfants : les bêtises volontaires. Je pense que si nous décidons de faire des bêtises, cela peut être pour se faire remarquer, parce que nous nous sentons délaissés. Cela peut être aussi pour tester nos limites, braver les interdits, voir ce que nous avons le droit ou pas de faire. Nous pouvons aussi commettre des bêtises pour nous venger de quelqu’un.
    Les bêtises involontaires, sans mauvaises intentions, arrivent quand nous sommes déconcentrés, rêveurs. Nous ne pensons pas toujours à la conséquence de nos paroles ou nos actes. Ce qui, pour nous, n’était qu’une farce, peut devenir pour la personne concernée une insulte ou une offense.
    Il existe beaucoup de sortes de bêtises, mais heureusement qu’elles sont là, sinon, la vie serait plus monotone, et ces bêtises, elles nous font bien rire, quelques années plus tard quand nous y repensons.
    Marion
    Voici des extraits d’autres textes :
    « …Nous pouvons aussi commettre des bêtises pour taquiner. Par exemple, mon cousin, un jour, a versé du gel douche dans le verre à dents de son frère pour l’embêter. Des bulles se sont mises à lui sortir du nez… C’était drôle !
    Ensuite, il y a les bêtises involontaires, celles qu’on commet quand on est fatigué : nos gestes sont moins précis et on peut tomber ou renverser des objets ; le stress aussi peut nous rendre maladroits. De même, lorsqu’on fait plusieurs choses à la fois ou trop vite, quand on est amoureux… ou encore par imprudence. (…)
    Bref, souvent, les bêtises involontaires ne nous font pas rire mais font rire les autres et c’est plutôt l’inverse lorsqu’on commet des bêtises involontairement.
    Emma

    a pas envie de faire quelque chose, par exemple, f mettre la table,
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    Je pense aussi qu par exemple, lorsqu

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    Voici le sujet donné : « Pourquoi faisons-nous des bêtises ? »
    J’ai choisi ce sujet car moi-même, c’est une question que je me suis déjà posée.
    Il existe deux catégories de bêtises : la bêtise volontaire où nous sommes conscients de ce que nous faisons et la bêtise involontaire qui, comme son nom l’indique, n’est pas réfléchie.
    Je vais commencer par celles que nous préférons, nous, les enfants : les bêtises volontaires. Je pense que si nous décidons de faire des bêtises, cela peut être pour se faire remarquer, parce que nous nous sentons délaissés. Cela peut être aussi pour tester nos limites, braver les interdits, voir ce que nous avons le droit ou pas de faire. Nous pouvons aussi commettre des bêtises pour nous venger de quelqu’un.
    Les bêtises involontaires, sans mauvaises intentions, arrivent quand nous sommes déconcentrés, rêveurs. Nous ne pensons pas toujours à la conséquence de nos paroles ou nos actes. Ce qui, pour nous, n’était qu’une farce, peut devenir pour la personne concernée une insulte ou une offense.
    Il existe beaucoup de sortes de bêtises, mais heureusement qu’elles sont là, sinon, la vie serait plus monotone, et ces bêtises, elles nous font bien rire, quelques années plus tard quand nous y repensons.
    Marion
    Voici des extraits d’autres textes :
    « …Nous pouvons aussi commettre des bêtises pour taquiner. Par exemple, mon cousin, un jour, a versé du gel douche dans le verre à dents de son frère pour l’embêter. Des bulles se sont mises à lui sortir du nez… C’était drôle !
    Ensuite, il y a les bêtises involontaires, celles qu’on commet quand on est fatigué : nos gestes sont moins précis et on peut tomber ou renverser des objets ; le stress aussi peut nous rendre maladroits. De même, lorsqu’on fait plusieurs choses à la fois ou trop vite, quand on est amoureux… ou encore par imprudence. (…)
    Bref, souvent, les bêtises involontaires ne nous font pas rire mais font rire les autres et c’est plutôt l’inverse lorsqu’on commet des bêtises involontairement.
    Emma

    a pas envie de faire quelque chose, par exemple, f mettre la table,
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  4. Pas mal No sudden move (merci à Schnoups pour son lien qui m’a permis de le voir) qui m’a davantage plu que Kimi même si la multiplication des rebondissements dans le dernier quart d’heure finit par lasser. Le capitalisme est une mafia que la police protège, c’est en somme le propos explicite du film.
    Pour moi, c’est le cinéma le plus compliqué à analyser. Je n’ai pas grand-chose à reprocher, je vois bien là où il veut en venir et c’est impeccable à bien des égards mais en même temps je ne vois rien de renversant, de vraiment remarquable. Aucune scène n’est mémorable, les personnages n’ont pas davantage beaucoup de densité. C’est incontestablement bien fait, sans aucune fioritures. Je ne sais pas trop à qui on pourrait le comparer. C’est nettement moins bavard et métaphysique et drôle que Coen ; moins tape-à-l’oeil et prétentieux que Fincher ; moins tordu et dense que PTA ; moins référentiel et « littéraire » (copyright François) que Tarantino ; moins pompeux et scolaire que Gray. C’est à la fois de la série B très bien exécuté et très identifiable comme film de Soderbergh donc comme film d’un auteur.

    • Tout le monde semble zapper Let Them Talk (La Grande Traversée) qui s’intercale entre No Sudden Move et Kimi ou vient avant les deux : c’est difficile de suivre. L’un de mes préférés de cette période. Avec la réplique de dénouement qui définit un peu le cœur des derniers films : « Oh. It’s about money. »

      • Pas vu.

      • Tu peux nous en dire un peu plus sur ton intérêt pour Let them all talk ?

        • Oui. J’ai été fasciné par la présence de ces trois femmes âgées, le fait que les attentes d’un drame psychologique soient déjouées pour retourner au cœur des préoccupations du monsieur : l’engrenage économique. La majeure partie du film se déroule pendant une croisière et on trouve le plaisir qu’a Soderbergh de la filmer — il prouve d’ailleurs encore une fois que 85% des films tournés en digital ne sont pas fades à cause du digital en lui-même, s’il fallait encore prouver une telle chose. Et ça m’a beaucoup fait rire.

          • En cherchant des extraits du film sur YouTube (il n’y en a pas), je tombe sur la bande-annonce du troisième Magic Mike réalisé par Soderbergh qui a été postée aujourd’hui :

            https://www.youtube.com/watch?v=bftqEgFbYsA

          • On ira le voir parce que c’est Stevie mais cette bande-annonce est atroce.

          • Je pense aussi qu’on a affaire à un nouveau petit bijou de Soderbergh avec Let them all talk par contre je ne comprends pas de quel monsieur tu parles ni de quel engrenage. J’imagine qu’il s’agit de l’écrivain de thriller ? Je l’ai vu en anglais sous titré anglais et des choses m’ont échappées comme le discours de l’écrivaine durant sa conférence, le lien avec son neveu à la fin. Je vois mieux ce qui se passe entre la copine et l’auteur de thrillers, elle lui vend ses services comme source concernant l’utilisation d’un poison, quelque chose comme ça. Elle lui vend une idée importante pour son roman.

          • J’ai revu les passages en question, c’est plus clair.

          • @ Charles : oui, c’est particulièrement rude à regarder, même en essayant de glaner des images dans la machine promotionnelle : ensuite, je pense qu’il n’a pas décidé de réaliser cette suite pour rien.

            @Schnoups : le « monsieur » désignait Soderbergh : le fait que le dénouement du film révèle que l’inimité entre les deux anciennes amies ne révèle pas de l’ordre de la trahison ou quoi que ce soit, mais d’une question d’argent.

    • « Pour moi, c’est le cinéma le plus compliqué à analyser. Je n’ai pas grand-chose à reprocher, je vois bien là où il veut en venir et c’est impeccable à bien des égards mais en même temps je ne vois rien de renversant, de vraiment remarquable. Aucune scène n’est mémorable, les personnages n’ont pas davantage beaucoup de densité. »

      Suis plutôt d’accord. Même si, même si – si on se concentre sur les personnages seulement on se dit que c’est une multitude de charismes qui se rencontrent et le rythme du montage des scènes fait que ça ressemble à un scénario des frères Coen routinier, bien huilé. Malgré la situation de départ qui est loin d’être habituelle dans une vie, elle l’est au cinéma et peut être nous dit on dans ce monde là. David Harbour est remarquable (je sais pas d’où il sort ce garçon), la scène chez le patron est plutôt saillante dans le film. Le discours du perso de Matt Demon aussi. La rencontre entre le black et Del Toro. Bon, mais c’est à peu près égal et ça va te paraitre facile mais il me parait évident que c’est fait exprès.

      Est-ce que l’image ne t’as pas paru un peu bizarre ?

      • Oui l’image est parfois anamorphosé sur les bords, je me suis demandé si c’était la version d’origine ou si c’était un bug de la version streamée.

        • Pareil mais comme ce site n’a que de la qualité et que c’est Soderbergh je me suis plutôt dit que c’était Soderbergh.
          C’est l’addition d’un choix de focale avec une caméra numérique hyper précise apparemment. ça déforme les perspectives ou les visages selon les plans et les lieux. On a plus vraiment de repères sur la perspective quand les plans sont larges et tout paraît plus grossier, trop visible dans certains intérieurs.
          On y est plus ou moins sensible et puis on s’y habitue et puis d’un coup on distingue une nouvelle déformation et on se dit à nouveau, putain c’est quoi cette image.

  5. Quand les LPDB reprennent Lapointe :

    https://youtu.be/NKw9CMHvekI

  6. Ayant encore une fois perdu mon emploi, je m’engage dans la préparation du concours pour être instit’. Ras-le-bol de l’entreprise. Je pensais que je trouverai dans l’enseignement l’équilibre idéal : les vacances scolaires. Donc du temps pour moi. Je commence à réaliser que d’une part je vais gagner nettement moins. D’autre part la préparation des séquences de cours + autres préparations d’activités + corrections + sorties + kermesse vont me pomper tout mon temps libre. Mais le pire ce n’est pas ça. Avez-vous mis le nez dans les bouquins qui apprennent à préparer une séance de cours ? Ils ont fait des tableaux où il est écrit noir sur blanc quelle attitude est attendue des élèves pour telle activité. Pour le chant par exemple je devrais écrire dans la case dédiée que pendant 10 minutes l’élève aura les yeux fermés et écoutera l’ambiance. Puis pendant 10 minutes il marchera aléatoirement. Puis pendant 10 minutes il fera des sons en tapant dans ses mains. Puis pendant 10 minutes il chantera le premier couplet de la chanson choisie parmi la liste du programme, etc. Donc mon boulot ça va être de faire des bouts de 10 minutes durant lesquelles j’attendrai des gamin.e.s qu’iels fassent comme c’est écrit dans les attentes des programmes. Dans le bouquin ils inscrivent les termes savoir-faire et savoir-être. Ceux-là même qui étaient sur mes fiches d’évaluation en entreprise et dont la lecture me provoque des pulsions de violence. Créer des to do lists pour mômes c’est au-dessus de mes forces. Je sais que je ne pourrai pas faire ça. Ou alors je ferai des cours à ma sauce et me ferai encore limogée.
    Ils ajoutent, mot pour mot : en art l’objectif des apprentissages n’est pas de faire d’eux des artistes. Il s’agit de faire d’eux des élèves. Tout est dit.
    Faire d’eux des personnes qui savent répondre à un ordre (une consigne dans le vocabulaire enseignant).

    Lire tout ça me met dans une telle colère que je vais tout arrêter. Pourtant j’étais au courant que l’école était une entreprise à formater corps et esprits des enfants. Je pensais que j’allais pouvoir gérer ma classe à peu près selon mes méthodes donc m’extraire ainsi un peu du système. Mais tout est sous contrôle. Je ne peux pas ayant cette connaissance de ce que signifient les termes appliqués aux programmes scolaires jouer ce jeu-là comme si de rien. En plus il faudra aller à la piscine, le pompon.
    Je me retrouve donc à ne pas savoir quoi faire comme boulot.
    Est-ce que vous avez des idées ? Je cherche un job avec des plages de temps libre de plus de 5 semaines par an et une licorne. Vos recommandations sont les bienvenues.

    P.S : j’ai aussi des doléances filmiques. Je n’ai pas trouvé Family again de Ostlund. Et mon espoir de voir Le Quattro Volte s’est envolé dès que la bibliothèque qui porte le nom du réalisateur aux effets de style d’une finesse sans pareil m’a annoncé qu’il fallait que je débourse 61e pour m’y inscrire si je voulais l’emprunter. Ça fait cher le DVD.
    Si vous les avez : ayez pitié de moi !

    • Tu as une adresse mail où je peux t’écrire Ostros pour les films ?

    • Salut Ostros, tu faisais quoi avant en entreprise?

      Pour être avec les enfants sans pression et avoir un peu de temps, je te conseillerais plutôt tout ce qui est animation périscolaire en école primaire, avec centre aéré le mercredi, ou assistant d’éducation en collège-lycée (pion, quoi). La paie est pas folichonne non plus, mais y’a beaucoup moins de contrainte par rapport aux instits ou aux profs, et tu peux y mener à peu près toutes les activités que tu veux, sportives, artistiques ou que sais-je encore sur le temps des TAP, sans obligation de résultats décidés par la hiérarchie. Moi j’ai fait ça plusieurs années je me suis régalé, même si c’était aussi pas mal de flicage et de discipline, mais dans un cadre beaucoup plus cool.

      • Je faisais assistante dans différents services. Tout ce qui est administratif ne m’intéresse plus du tout j’ai besoin de faire quelque chose de plus créatif. Merci pour le conseil, je suis justement en train de faire des recherches sur les autres métiers de l’éducation. J’ai vu que tu pouvais aussi être éducateur/ice en milieu scolaire (A moins que ce soit la même chose que pion là aussi) ou enseignant.e spécialisé.e (faire le lien entre différents intervenants pour organiser la scolarité d’élèves en situation de handicap). Je vais creuser ces pistes.

    • Coucou Ostros, je te comprends tellement. Moi j’adorais l’histoire et j’ai aussi voulu être prof, j’ai fui direct quand j’ai vu en stage quel serait mon futur rôle, on ne se souvient plus je crois après y être passé enfant à quel point c’est morbide…Je peux te donner le métier que je préfère c’est le mien : bibliothécaire, j’ai l’impression de faire tout ce que j’aime et être payée pour ça, on est peu payé mais c’est franchement le paradis. Si tu aimes le cinéma en plus comme j’en ai bien l’impression vu la qualité de tes notes (je fais des copier-coller à chaque fois pour ma collègue responsable ciné, j’espère que ça ne te dérange pas d’ailleurs) et bien tu peux t’amuser aussi dans une grande bib qui fait des projections et qui a un fonds ciné à s’occuper et alimenter.

      • Oui morbide c’est le mot. Comprendre comment est fait le système scolaire me permet aussi de donner des explications aux malaises que je ressentais.

        Bibliothécaire, ça c’est une bonne idée ! Ca me correspond assez en effet. Je peux te demander combien d’heures tu travailles par mois, Si c’est possible le salaire ou la fourchette dans laquelle il se situe, Et comment on accède à ce poste ?

        Merci pour mes retours cinéma, ça fait plaisir ! Tu peux partager pas de problème c’est un forum solidaire.

        • Merci à toi, je vais donc continuer mon pillage! En bib tu peux facilement en général aménager tes horaires, avant je travaillais 37,5h et maintenant seulement 31h à ma demande et en demandant à ne travailler que 4j/sem, je suis cat c donc le plus bas de l’échelle car je n’ai pas voulu passer de concours c’est trop rebutant car administratif et je gagne environ 1450 à 31h dont un 13e mois. Si tu as déjà une licence de quelque chose tu peux juste faire une formation d’un an avec stages pour commencer à rentrer dans une bib. Tu peux ensuite mettre en avant tes autres expériences et connaissances pour faire valoriser ton salaire au moment de l’embauche.

          • T’es cher payé déjà. Etre au chaud et ne rien faire, ça « vaut »pas plus. En tout cas les femmes de ménages qui nettoient votre merde, ça va de soi, ne l’ont pas.
            Donc, tu repasseras pour le bureau des plaintes.

          • Au chaud c’est vite dit il fait 14°C dans les locaux…Mais oui je suis d’accord, moi ça me va car c’est un métier que j’adore, je parle juste en toute objectivité car mon ressenti ne compte en rien si on veut parler de la moyenne des salaires en France surtout en entreprise privée c’est un salaire qui est considéré comme peu élevé car il restera de plus bloqué, pas d’avancement possible hors concours, donc je veux pas non plus vendre trop de rêve. Mais oui la femme de ménage qui fait un travail bien plus dur et qu’elle n’aime pas devrait être encore mieux payée, c’est ce que je pense toujours aussi. Après vivre avec moins c’est difficile, peut-être que tu as des réserves pour considérer que ce salaire est encore bien trop généreux mais moi non et au quotidien il m’est bien utile pour simplement payer tous les frais obligatoires qui me pompent les 3/4. On est pas en crédit on est pas non plus en surplus.

    • Un agriculteur sur deux va partir en retraite dans les 5-10 ans. La moitié du territoire va se libérer comme disent les zadisto-lundimatin. Si on veut pas que tout parte aux cumulards pour faire de la méthanisation (si on veut faire de l’écologie quoi), il va falloir s’y mettre.
      L’agriculture, c’est d’ailleurs encore le meilleur moyen de tisser des liens de sujet à sujet avec les non-humains, comme diraient les géniaux descola et pignocchi (merci RV pour les liens).
      Ta voie est toute tracée ostros. Les campagnes n’attendent que toi (tes bras et ton dos). Cet échec dans cette éducation nationale décrépie est peut-être une opportunité. Donne un sens à ta vie.
      Non non, ne me remercie pas.

      • Leo, c’est vrai, parfois ça fait bien réfléchir, parfois ça me tenterait aussi, c’est la peur qui me retient comme pas mal d’autres j’imagine, je n’ai aucun courage face à l’inconnu. Mais si j’en venais un jour à ne plus trouver goût à aucune de mes journées dans le travail que je fais ni dans la ville je pense que j’y viendrai direct.

        • Même si je pense que faire de l’agriculture est un vrai enjeu politique et existentiel, j’ai fait le kéké et je m’en veux un peu : je m’en voudrais d’avoir participé à embarquer qui que ce soit dans un truc qu’on peut regretter pour au moins deux raisons :
          – comme l’éducation, nul n’ignore que l’agriculture est énormément contrainte par l’économie capitaliste, même les initiatives alternatives. On fait pas tout qu’est-ce qu’on veut.
          – les mouvements écolos peuvent charrier pas mal d’imaginaire un peu bisounours sur ces questions auquel il faut opposer une bonne dose de lucidité sur soi-même : est-ce qu’on aime vraiment faire des trucs physiques et répétitifs par 35° ou -5° ? Est-ce qu’on est vraiment capables de bosser dans un collectif d’égaux (ce que je recommande) ?

        • Ostros, concernant les pollutions aux pesticides j’avoue ne pas y connaître grand chose. Il y a bien le scandale du chlordécone aux antilles, mais un peu spécifique. J’ai plus entendu parler de pollutions aux métaux lourds notamment dans les jardins ouvriers des villes implantés sur d’anciens sites indus. à nantes ils ont du en fermer plusieurs.
          Je t’avoue que mon courant agronomique, l’agriculture de conservation, s’est plus focalisé sur la question du travail du sol et donc des outils. C’est avant tout la destructuration mécanique des sols, et le fait de les laisser à nus qui engendre la perte de fertilité par la perte de l’humus. C’est pour ça qu’après un orage les rivières se remplissent de boue par exemple. On perd de la terre qui à mis des centaines voire milliers d’années à se former et c’est à mon sens plus dramatique que la question des produits chimiques, bien que peut-être moins spectaculaire. Dans le réseau MSV il a été mis en place des itinéraires efficaces pour remonter les taux de matière organiques d’un sol matraqué et le remettre en vie. C’est plus simple en maraîchage car on travaille de petites surfaces qui rapportent beaucoup d’argent au mètre carré. C’est beaucoup plus compliqué et long en grande culture. Le plus simple et rapide étant de semer une prairie et d’attendre quelques années. Je sais pas si je réponds vraiment à ta question tu me dis si tu veux que je développe ou renvoie vers d’autres sources.

          • Si et c’est passionnant je te remercie. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur l’utilité des prairies en ce qui concerne le regain de l’humus stp : concrètement comment une prairie donc un sol laissé sauvage va en fabriquer ? Est-ce que c’est dû à la matière de la diversités de fleurs qui lorsqu’elles sont mortes créent un terreau fertile ? Et / ou leur enracinement qui va appeler plus en profondeur des insectes et micro-organismes particuliers ?
            Je m’intéresse à ça car j’ai appris que beaucoup de prairies avaient été détruites pour faire de la culture intensive sur ces sols et je suis en train d’écrire sur le sujet. Est-ce que tu aurais des liens oui vers des sites qui renseignent concrètement, scientifiquement, sur ce qui se passe dans un sol lorsqu’il est exploité intensivement et destructuré stp ?

            Pour ce qui est des conséquences des pesticides sur les personnes qui récupèrent un terrain, les algorithmes de Google m’ont suggéré un article juste après avoir posté ici. Le journaliste expliquait que chez les agriculteurs le risque de développer une maladie cardio vasculaire était accru du fait du contact permanent avec ses substances toujours présentes dans les sols.

          • Une prairie, à condition de ne pas être surpaturée ou surfauchée, donc à condition de ne pas trop exporter sa biomasse, est productrice d’humus. C’est un sol toujours couvert, jamais travaillé. Les plantes qui y poussent, une base de graminée-légumineuse, sont très denses et la majorité de leur production de biomasse se fait sous terre. Bref elles poussent de façon plus dense et plus forte que la plupart des plantes cultivées pour notre consommation, le tout sans jamais déstructurer le sol, qui peut donc accueillir les vers de terre et les champignons. Une partie de cette production très intense de carbone va donc pouvoir se transformer tranquillement en humus.
            Il faut voir que dès qu’il pleut 600mm/an sur la terre, une forêt finit par s’installer. C’est la végétation climax. Si on laisse un sol en libre-évolution, au bout de 100 à 1000 ans on a une forêt, après une succession assez précise de plantes, qui vont chacune le restructurer et notamment augmenter son taux de matière organique, en mourant (le fameux humus).
            Bon disons que la prairie est un système en expansion, une étape vers la forêt, que l’on ramène à son stade de prairie à chaque fois qu’on fauche, puisqu’on empêche les ligneux de s’installer, mais qui n’accomplit pas moins son taf de restructuration et de recharge en matière organique.
            Sur tout ces sujets je conseille fortement les conférences de Claude Bourguignons et Marc-André Sélosse. Des vulgarisateurs hors-pair.

      • @Léo, cette voie me parle de plus en plus. J’ai plusieurs amis qui sont devenus agriculteurs. Ils ont zéro temps libre et semblent avoir trouvé le mode de vie qui leur correspond. Surtout un pour qui la vie en ville, seul, avec les pressions économiques et salariales qu’on connaît avait été destructrice. Il vit maintenant en communauté et travaille de ses mains, c’était tout le bonheur qu’on pouvait lui souhaiter.
        Moi je suis encore trop attachée à mes petits avantages urbains. Notamment le ciné accessible quand je veux. Je pressens qu’à un moment à force de ne pas supporter la subordination au travail et la précarité je vais faire mon sac et rejoindre un de mes potes. Ça va venir tout seul.
        Dis-moi, je me pose des questions quant aux conséquences de travailler une terre qui aurait qui a été empoisonnée durant des décennies par des pesticides et autres (un nouvel agriculteur en prend possession et travaille à la re-rendre bio par exemple) : y a pas des cas de cancers et autres maladies graves liées au travail de sols contaminés en amont ? On parle de ceux qui surviennent chez celles et ceux qui bossent avec ces produits au quotidien mais la toxicité ne part pas dès que le propriétaire change. Qu’en est-il de ces contaminations différées ?

        • Une synthèse est envisageable : avec tous ces jeunes gens qui s’installent à la campagne, en agriculture ou non, il y a possibilité de maintenir en vie, ou de mettre en vie des salles de cinéma vouées à la diffusion de films minoritaires et faits avec trois sous. I
          Il se peut que bientot ce soit plutot en ville qu’on ne puisse pas voir de films autres que Black Panther

          • Avoir un réseau de cinémas indépendants solidaires de petites productions dans les campagnes, c’est une belle perspective ça ! Ca donne envie de déjà y être..

          • François, je t’ai écouté hier soir à l’Arlequin et voulais partager plusieurs remarques. Irons et Moore n’étaient pas les premiers choix de Chandor, Ben Kingsley et Carla Gugino avaient été choisis en premier. Le film est, selon le New Yorker, très inspiré par le travail de James Foleyet de son scénariste David Mamet dans leur « Glengarry Glenn Ross », (1992) et qui dépeint les deux jours de quatre agents immobiliers qui doivent effectuer des ventes rapidement. Chandor est le fils d’un trader qui a travaillé à Merryll Lynch pendant 40 ans. Chandor dit lui même « Don’t get me wrong. I’m a capitalist. Some wanted this film to be more of an indictment of these people, and that’s not where I come from, obviously. A misuse of tremendous potential is what I wanted the film to be about, in a sort of sad way. »(Ne vous méprenez pas. Je suis un capitaliste. Certains voulaient que ce film soit plus une mise en accusation de ces gens, et ce n’est pas de là que je viens, évidemment. Une mauvaise utilisation d’un énorme potentiel, c’est ce que je voulais que le film parle, d’une manière un peu triste.) La scène de l’escalator se veut une métaphore pour ces deux personnes qui grimpent dans la structure de la boîte. Les autres vont descendre. Enfin, la scène finale retient l’attention car le bruit de pelle se poursuit pendant le générique. A, ton avis, pourquoi Chandor a-t-il fait durer ce son ? Merci.

          • Je ne savais pas pour le casting – mais un deuxième choix reste un choix, et parfois une aubaine. Et ici un point métacritique s’impose : que Chandor ait voulu cette « couleur british » ou non, elle est dans le film – la preuve je l’ai remarquée. Elle produit un effet, et il se trouve que cet effet est cohérent avec le reste.
            L’escalator appelle un point semblable : Chandor a pensé à une métaphore en tournant ce plan? Très bien. Mais moi qui pense peu par métaphore, je le prend matériellement, ce plan, c’est à dire dans sa réalité physique, là encore très congruente avec le rythme général.
            Je sais que Chandor est fils de banquier, et je l’ai lu ici ou là dire qu’il n’est pas anticapitaliste – ou que l’Etat devait réguler tout ça, ce qui n’est pas une position radicale. Mais le film reste profondément une machine à saboter de l’intérieur le récit libéral – qu’il l’ait voulu ou non. En tout cas ce qu’il fait c’est déshéroiser ce récit, ce qui est éminemment subversif.
            Les coups de pelle sur générique je crois que ça participe plus d’une convention de mixage. Mais on pourrait évidemment leur faire dire plein de choses.

          • Merci pour ta réponse. Je pensais à ses trois premiers films comme une trilogie mais pas dans le bon ordre : Margin Call (la finance, aujourd’hui), A most violent year (la pratique au début des années 80, hier) et All is lost (l’homme nu qui regarde passer les porte-containers sans capitaine, demain). Et j’en profite pour recommander les films de James Foley.

          • Cette déshéorisation tu peux nous la lier à A most violent Year peut-être ?
            Parce que ce personnage se plie volontiers à certaines humiliations lorsque c’est nécessaire.

          • c’est héroique ça?

          • Ben non, c’est pour ça que je t’en parles… J’essaie de te faire parler du film mais c’est pas facile.

          • Je te demandais un truc en fait.
            Il y a le point d’interrogation et tout.

        • je repense à ça en petit complément à ma première réponse plus haut mais tu sais peut-être que pour être certifié bio il y a 3 années de « conversion ». Je pense que c’est une convention qui n’est pas basée sur des études scientifiques qui auraient analysé les résidus des molécules sur plusieurs années. à vérifier…

          • D’accord, je l’ignorais. Oui ça se creuse… on sait que des labels écolo, rouge, vert sont attribués selon que le producteur fait ou non partie d’un conseil influent, connaît quelqu’un dans une commission, etc.

          • L’arnaque du moment c’est le HVE. Une sorte de suite du raisonné.
            M’est avis que plus un vin ne sera mis en bouteille qui ne sera HVE d’ici un an ou 2.
            Le label bio est lui critiquable sur certains aspects, mais sur d’autres le cahier des charges est une vraie garantie que les choses soient bien-mieux faites. Par ailleurs je n’ai pas connaissance de cas de copinage ou de corruption.

          • tu peux détailler un peu cette histoire de HVE? – que je découvre en te lisant

      • Leo je ne sais pas si tu as vu Léna Balaud et Antoine Chopot chez Lundi Matin mais ça pourrait aussi t’interesser :

        https://www.youtube.com/watch?v=CDC9Zm67Sm4&t=3292s

      • En complément, un autre entretien de Descola et Pignocchi :
        https://www.youtube.com/watch?v=QQWTxwtC6N0&t=1919s

      • sur ces offres il est fait mention qu’il s’agit de recrutement de déjà-fonctionnaires mais il arrive que ça se transforme en recrutement de contractuels

        • Regardez-moi ce bel entre-soi. A nouveau, vous brillez de votre intelligence de pseudo gauche.
          Avant que je foute le bordel ici, j’ai été en demande et personne ne m’a tendu la main.
          Précision : Je m’en tamponne royal, mais ça me fait juste plaisir de vous mettre un peu plus le nez dans votre grosse merde.
          Et ça donne encore plus envie de venir par moment vous faire chier.
          J’avoue y prendre du plaisir, même si cela est vain :
          Vous ne changez plus de corps. C’est foutu.
          Bonne soirée à tous, et ne changez rien, ça me donne de la matière.

        • Exact, j’ai été prise sur un poste de B en contractuelle d’abord (c’est mieux car les missions sont plus intéressantes) puis comme j’ai demandé la titularisation ou m’a rétrogadé en C (seul grade où c’est accepté sans concours) mais avec le même salaire et mêmes missions tant que je reste dans la même bib. Par contre pour rentrer sur un poste en général ils te demandent quand même un diplôme dans les « métiers du livre » c’est le DUT en 1 an dont je parlais. Cette année de DUT te permet de suivre une formation générale et te spécialiser en choisissant option « Patrimoine », « jeunesse », « cinéma », « musique » et en gros en plus de stages pour te former concrètement tu as des cours très sympas sur ta spécialisation. Je connais des amies qui ont commencé en DUT avec moi et ont fini dans des maisons d’éditions car c’est pas cloisonné. En plus le métier si tu aimes échanger tu n’as que le bon côté de la chose : quand des classes arrivent ils sont super contents, si tu n’es pas au service « Patrimoine » comme moi j’ai été 10 ans tu invites des éditeurs ou écrivains que tu aimes ou autres artistes, c’est aussi super agréable de commander et chercher des livres et des films que tu juges bons, de les découvrir direct pour en parler, les formations pro c’est aller écouter des éditeurs et libraires qui te parlent de livres …tes tâches sont rarement répétitives en résumé et tu as beaucoup de liberté pour proposer des moyens de valorisation selon tes goûts et compétences, même dans les pas trop petites bib tu as de quoi faire.

      • Merci pour ce lien Zyrma. Et merci SoR pour les infos pratiques. Donc soit le DUT soit entrée en tant que contractuelle. Ça peut m’intéresser si je peux être aussi à mi-temps. Même si 31h en 4 jours c’est hard..

  7. Pour ceux que ça intéresse, avant de commencer la lecture de La claire fontaine de David Bosc sur les dernières années de Gustave Courbet j’ai regardé cette série de vidéos intitulées « Gustave Courbet peintre politique »: https://www.youtube.com/watch?v=7gpNwKwARCA&t=34s
    La dame est très intéressante, sa restitution du contexte historique, ses analyses des œuvres, les rapports entre Proudhon et Courbet… C’est une très bonne introduction au livre en tout cas.

    • Ca m’intéresse fort cette affaire
      ET La claire fontaine est un super livre.
      C’était quoi ta question?

      • J’aimerais beaucoup lire des critiques sur Soderbergh, je ne sais pas si tu en as écrites d’ailleurs, et je me demandais quand est-ce que Frédéric Mercier allait sortir son livre sur Soderbergh. Est ce que tu sais où il en est sur ce chantier ?

        • je crois que la rédaction est bientot finie
          c’est un gros livre écrit à deux

          • Ok. C’est sûr que s’ils se sont partagés la filmo de Soderbergh ça fait 300 pages chacun.

            Et toi, tu écris des essais politiques mais l’écriture d’un essai sur le cinéma ça ne te tente pas ? Il faudrait qu’un éditeur vienne te chercher pour que tu le fasses ?

          • (ça fait 10 ans que je suggère l’idée, j’espère qu’il va te dire non sinon je vais très mal le prendre)

          • En 10 ans on évolue, on passe des chaussettes trouées aux chaussettes en laine, de l’eau du robinet à l’hépar, de la bière à la tisane. Il est temps pour lui de passer une nouvelle frontière.

          • Je trouve que je passe déjà bien assez de temps comme ça sur le cinéma, à proportion d’autres centres d’intéret
            Donc un essai sur le cinéma, pas demain la veille – à la croisé de cinéma et littérature je songe plutot à un autre genre de livre.
            Un truc que je pourrais faire un jour, c’est une édition commentée de textes critiques. En tout cas on ne me l’a jamais proposé.
            En attendant, je publierai des anciens textes critiques sur le nouveau site, qui est en cours de configuration.

          • Bonne nouvelle concernant les textes critiques sur le site. J’imagine que ton projet cinéma-littérature n’est pas vraiment une novélisation comme a pu le faire Tarantino sur Once upon a time.

          • ah ben non

          • Bon, t’as pas aimé le livre de Quentin alors. Je vais avouer que j’ai beaucoup aimé le lire.
            Pour racheter ma réputation je vais enchaîner sur L’étranger, lu récemment, et je me suis dit tout le long que ce devait être l’idéal à atteindre pour un écrivain. C’est magnifique. C’est fou parce que jadis je l’avais commencé et je l’avais trouvé très compliqué à lire. J’ai même brûlé l’exemplaire pour lancer un feu (parfois je suis à court de journaux).

          • pas lu
            c’est juste que noveliser un film qu’on a fait soi même me tente moyen

          • Oui moi aussi je m’étais régalé avec le livre de Quentin,non seulement on retrouve son art du dialogue et des situations mais aussi un éclairage intéressant sur la direction d’acteurs(les scènes entre rick dalton et la gamine sur le tournage de la série sont géniales),la mise en scène,des analyses intéressantes sur Polanski,Kurosawa et le cinéma européen,moi j’attends avec impatience son livre de critiques sur le cinéma crasseux des années 70.

          • Peut-être qu’il a aimé Tony. Juste il ne veut pas faire de novélisation. Ce qui se comprend. Surtout qu’à la base c’est une histoire d’achats de licence.

            Sinon, Tony, j’ai vu Barbarian, et une fois le film arrêté, j’ai eu très très peur d’aller fumer ma dernière clope. J’ai raconté tout le film à une pote qui a flippé pendant 20 minutes. Il y a de bonnes choses même si c’est toujours pareil un peu ces films là. La première partie m’a lassée vers la fin parce que trop efficace en fait, trop vu, trop fait. J’aime bien le personnage du connard et la meilleure scène c’est quand même quand il l’attrape par les cheveux pour la jeter dans le vide. Ils se sont fait plaisir.

            En tout cas j’aurais dû regarder Very Bad Dad 2 après Barbarian et pas l’inverse.

          • C’est sûr la scène où il la balance dans le vide c’est pas mal,d’ailleurs au sujet de la fin j’ai vu sur le net que Bret Easton Ellis aurait préféré que le connard soit le seul à s’en sortir,ça lui paraît malhonnête et trop moral que ce soit la fille,il a peut-être raison,la fin aurait été plus forte encore.
            Sinon oui on est dans le film de genre qui reprend des motifs vus ailleurs mais y a une sacrée bonne mise en scène,ça a été tourné avec 3 bouts de ficelle dans un décor unique et ça nous tient en haleine du début à la fin avec ce drôle de changement de point de vue en milieu de film.
            Il te reste encore un devoir à rendre.

          • Belle nouvelle si tu comptes poster une partie de tes anciennes critiques.
            Une idée de quand le nouveau blog sera opérationnel ?

          • Le fameux X

            Je trouve ça bête moi ce que dit Ellis. Encore une fois avec ce genre de remarque sur les films ce sont ceux qui parlent de moral qui moralisent et qui prennent un film pareil beaucoup trop au sérieux. C’est d’autant plus con qu’elle va mourir cette pauvre fille, ça fait 20 minutes qu’elle a une balle dans le foie.

          • Tony, j’ai vu X.
            C’est très différent de Barbarian. J’ai largement préféré même si Barbarian va rester, surtout que c’est rare aujourd’hui que je regarde des films comme ça et de temps en temps c’est sympa.

            X, ça va paraitre bizarre puisqu’on pourrait dire que c’est un film vintage, façon 70’s, mais c’est beaucoup plus frais que Barbarian qui joue sur les ficelles du genre, en faisant genre, je sais que tu sais alors je fais ça et je fais de l’humour avec les codes, sauf que c’est surfait et facile. X c’est premier degré. Ce qui est pas mal quand on fait du vintage, sympa de ne pas glisser dans la parodie ou l’auto-dérision qui est monnaie courante dans le genre, à en vomir à force, et de faire du premier degré. Naissance du porno, naissance du genre. La fin est un peu bidon mais le couple de pépé mémé est pas mal, voire carrément pas mal (la baise des ancêtres). J’aurais préféré qu’ils n’abîment pas à ce point ces personnes âgées pour qu’on ait moins de distance facile à prendre, c’est marrant comme ce maquillage qui doit les enlaidir pour les rendre plus moches et effrayant semble en fait cacher le véritable sujet qui est la vieillesse. ça les rapproche vachement de « la mère » et le « père » de Barbarian.

          • Ce qui est intéressant dans X c’est ce dispositif qui va hybrider les 2 genres,porno et slasher,et on se dit que les affects  que l’on mobilise en les voyant sont pratiquement les mêmes,d’ailleurs ils sont tout deux interdits aux moins de 18 ans et historiquement l’essor de la vidéo fin des années 70 vient aussi de là avec du porno et des films d’horreur accessibles à domicile.Donc oui j’ai trouvé que situer le film à cette époque avait du sens,c’est pas uniquement vintage et artificiel.Le personnage de macho mi maquereau mi producteur est assez marrant,j’ai bien aimé la scène où il sort en slip et pieds nus de la baraque( parce que lui il a des couilles et une grosse paire!) et se fait aplatir en marchant sur ce putain de clou dans la grange!
            Ce qui est étrange aussi dans la scène de baise entre les 2 vieux c’est qu’on trouve ça à la fois beau et dégueulasse voire même un peu effrayant,c’est très bizarre.
            D’ailleurs je ne sais pas si tu l’as vu tout de suite mais moi j’ai mis du temps,vers la fin peut-être,avant de repérer que les 2 vieux étaient joués par les mêmes acteurs plus jeunes,c’est vraiment bien foutu ce maquillage.
            Entre Barbarian et celui-là je ne sais pas lequel est le plus fort mais comme toi j’ai apprécié ce côté premier degré dans les 2 films.

          • Disons qu’on est soulagé qu’il fasse enfin l’amour à sa douce.
            J’ai pas fait gaffe pour les acteurs mais je ne vois pas l’intérêt. Je suis sûre que plein d’acteurs de 85 ans seraient heureux comme tout de tuer du jeune acteur porno pour arrondir sa retraite. Après c’est sur que c’est un choix esthétique, ça crée une certaine étrangeté-monstruosité-poétique. C’est ce que voulait le réalisateur.

          • Tiens j’ai trouvé une petite interview bien sympa du réal
            https://www.technikart.com/ti-west-le-futur-de-lhorreur/

    • je vais regarder, merci, j’ai beaucoup aimé ce livre

  8. Je me demande ce qu’on pense ici de Pacôme Thiellement, particulièrement ses critiques de films. C’est pas le même style que notre hôte. Quasi hagiographique.

    • En effet ça n’a rien à voir,Thiellement est davantage dans l’interprétation et l’analyse du scénario plutôt que la description et l’analyse formelle,les deux m’intéressent,bon je n’ai vu que la vidéo sur Lynch et celle sur Citizen Kane,on va bientôt pouvoir comparer puisque sa prochaine vidéo est sur Shining,là ça va être intéressant.

      • Tu peux filer le lien?

        Sinon, c’est moi qui ai du dire du bien de Piégée, comme de tous les films de l’immense décennie de Soderbergh : 2005-2015
        Contrairement à Charles j’en aime fort l’actrice (qui n’est pas actrice), les scènes de combat, et la fuite sur le toit. Par ailleurs Steven arrive encore au passage à monter en subtilité dans la description d’un milieu essoré par le cinéma (espionnage, contre-espionnage, etc)

        • Oui je faisais référence à toi et peut-être à Billy je sais plus.

        • En fait tu prends tes fans pour tes pigeons.
          T’es manchot?! Comme disait ma chère mère.
          T’es sérieux?i Comme dirait ma mie.

      • Il est pas inintéressant mais dans ces deux vidéos que tu cites de Blast il passe 15 minutes quasiment à nous faire tout le scénario du film. Il raconte bien ceci dit, c’est plutôt bien foutu. Ensuite on a beaucoup de contexte historique et de psychologie. L’analyse finale sur CK est intéressante, par contre je crois que ce truc de nous dire que c’est LE film qui change la posture du spectateur, un spectateur qui recherche du sens, qui veut donc pour ça voir et revoir le film nous dit bien à qui on a affaire. Ça annonce son épisode sur Shining.
        Ce qu’il dit là ne nous dit rien sur CK et beaucoup sur lui.

  9. Quid des Amandiers pour la prochaine GO? Qu’on se marre un peu.

  10. Mon retour sur la filmo de RAZ.
    J’espère avoir réussi à restituer les grands points de son travail. Ses films sont très denses et je n’ai pas pu tout creuser. Encore une fois mes excuses si vous trouvez encore des fautes, après le passage au correcteur automatique.

    Né en Algérie en 1968, sa famille est propriétaire de forêts domaniales et issue d’une ancienne tribu, les Beni Toufout. Ils immigrent en France et vivent à la cité des Bosquets à Montfermeil (93). Son père parvient à monter un business de vente de camion, permettant à la famille de vivre aisément. Il dit qu’il a vécu très paresseusement et a pu suivre plusieurs cursus scolaire en psychologie puis sociologie, sans avoir à s’inquiéter de ses revenus. Il développe dès l’enfance un grand intérêt pour le cinéma (en particulier le western). Puis pour les sciences humaines, donc. Il pratique la peinture. Il se marie jeune, est père de nombreux enfants. Sa famille est centrale dans sa vie. A la fin de son cursus, alors qu’il travaille à faire une étude sociologique de sa cité avec un ami, ils décident de transformer cette étude en film de cinéma. Rabah n’a pas d’argent donc il vend les parts qu’il détient dans la société de son père à ses frères pour le financer et créer Sarrazink prod. Sans jamais avoir réalisé auparavant, il s’engage dans le tournage d’un long métrage dans sa cité, avec les habitants du coin mais aussi sa propre famille. Il apprend à réaliser sur le tas. Le fait de ne pas avoir de production à qui rendre des comptes lui a permis de prendre son temps en tournage puis en post-production pour réfléchir à comment il voulait faire son film. Un luxe.

    Ces éléments biographiques forgent les prémices de son style.

    La courte analyse qui suit vise à en restituer les grandes lignes.

    MATERIALISME

    Tout d’abord, on peut poser des éléments de style propres à RAZ :

    Ce qui caractérise la base de ses productions est une économie précaire. Il a monté sa boîte de prod et emploie souvent les mêmes techniciens de film en film. A cause du manque de moyens il travaille souvent avec les membres de sa famille et ses amis (rôles principaux, secondaires ou figuration). Des membres de son équipe technique et de la production peuvent avoir plusieurs casquettes sur le plateau et en post-prod (figurants, assistants).
    Les décors sont réels ou s’il y a reconstitution historique ils sont épurés. Il joue sur la symbolique, utilisant la synecdoque : deux colonnes romaines dans un patio pour évoquer le palais qu’on ne verra pas de l’extérieur. Quelques salles en intérieur. Et un gros travail sur la matière sonore pour donner l’illusion d’une opération à vif ou d’une violence qui s’abat sur une femme.
    Les mouvements de camera type travellings se font grâce à la mécanique (caméra embarquée dans une voiture). Ce procédé permet de rester discret, se fondre dans le lieu de tournage et d’en saisir la matière.
    Ses films attirent difficilement les productions qui sont réticentes à les co-produire. Les sorties ciné sont également discrètes.

    C’est un grand observateur et un amoureux du réel. Il filme des zones brutes. Il ne dramatise pas les plans avec des éclairages. Il ne cherche pas à émouvoir. Il prend ce que la situation lui donne à voir. Une situation violente, un moment de joie sont traités de la même manière. Il aime la trivialité du quotidien. Il ne sublime rien (contrairement à Malick par exemple). Ne hiérarchise pas ce qui est beau et laid. Il ne recherche pas la beauté mais la vérité.
    Il ne s’appesantit jamais. Les paysages contiennent toujours des êtres vivants. Un plan vide sur un paysage sera une entrée de champ pour Judas, le plan ne sera jamais de la pure contemplation.

    Il n’a pas une esthétique propre qu’il appliquerait à tous ses films. L’histoire qui est racontée impose une esthétique, ex : plus chiadée dans Histoire de Judas / retour à une image plus brute avec Terminal Sud

    Il y a sans doute eu plus de budget sur Histoire de Judas, son esthétique reste néanmoins pragmatique. On sent les repérages minutieux. A mesure qu’on avance dans sa filmographie, on remarque qu’il gagne en assurance dans ses cadres. Il connaît les lieux et sait où il va placer sa caméra. Il n’y a aucun élément superflu. Son style n’est jamais boursouflé. Il se met à hauteur d’homme quelque soit le récit. Il recherche la justesse sociologique des personnages.

    Au scénario, jamais Rabah ne s’installe pas dans une formule de fiction qu’il appliquerait à tous ses films. Quand il n’adapte pas l’histoire d’un personnage célèbre, il traite de personnages nord africains, africains, issus des immigration ou en amont de leur immigration. Ses scénarios se construisent actions par actions. Les actions et leurs conséquences font la narration. On est dans le quotidien, la chronique.

    Parce qu’il filme au plus près de la matière (individus issus des minorités, animaux, zones sociales délimitées, etc.), le scénario et les cadres sont tout le temps dépassé par le réel. La fiction ne se fixe pas dans un récit qui poserait des limites rigides, des lieux, des textes et des gestes sous contrôle, comme tant le font en imposant l’histoire qu’ils ont inventée. Films historiques mis à part, les personnages parlent comme ils parlent dans la vie. Se tiennent comme ils se tiennent dans la vie. Il conserve les prises que d’autres jetteraient parce que les personnages rient. Comme chez Pialat, il priorise la vérité des êtres filmés à une direction millimétrée fade, artificielle.

    Il observe les corps sociaux et comment ils s’organisent.

    Alors qu’il débute avec des acteurs non professionnels, son choix de travailler plus en avant la matière-récit le conduit à des adaptations. Son style évolue narratif depuis le premier film jusqu’au dernier. On peut voir un travail sur l’ellipse et la présence d’acteurs professionnels. C’est un réalisateur qui interroge l’hybridation réel/fiction. Ses cadres sont plus pensés, plus minutieux, toujours économes. Les acteurs passent de films en films, endossent leurs propres costumes avant de passer ceux de personnages historiques.

    Il travaille à créer des espaces particuliers. Au son, Rabah s’attache à détourner par le mixage différentes ambiances afin de trouver celle qui restituera au mieux l’ambiance du lieu filmé.

    Il adopte un point de vue ethnographique. Il aime montrer  »comment on fait mes choses » : la machine à faire le papier et l’impression d’époque dans Les chants de Mandrin, l’intérieur d’une mosquée et une séance de prières dans Dernier maquis, la mise à mort taureau, son dépeçage et sa découpe dans Bled number one. Les plans larges et longs lui permettent de montrer ces comportements sociaux.

    RAZ est avant tout un amoureux du réel. Il a très vite saisit sa puissance politique et esthétique.

    EXTERIEURS

    RAZ est le réalisateur des extérieurs. Ce sont ces lieux que sa caméra investit le plus (sauf dans Terminal Sud, j’y reviendrai). Les espaces extérieurs (privés ou publics) sont des lieux politiques par excellence. Ces lieux sont le plus investis par la caméra car ils sont le plus investis par les groupes et individus objets de ses films : les jeunes de cité, Kamel en cavale, les femmes et les hommes au bled, les ouvriers, les contrebandiers, le fou, le prophète et ses disciples. Des espaces extérieurs dans lesquels s’opèrent des organisations ou des réorganisations sociales. Des espaces qui une fois investis permettent à un groupe de regagner un statut et/ou un degré de liberté. Le territoire défendu par les dealers en bas des immeubles (Wesh wesh), le territoire qu’on protège d’une invasion (Bled number one) et qui délimite le rapport homme/femme, celui qui est repris, celui la révolte (le garage dans Dernier maquis), habité par un clan de rebelles, mais menacé (les chants de Mandrin), assiégé (Judas), perdu (Terminal Sud).
    Ces groupes sociaux investissent les espaces extérieurs majoritairement par contraintes (illégalité de la contrebande → vivre dans les maquis ; promiscuité dans les appartements de cité → les garçons dehors ; les garçons s’ennuient → ils traînent ; danger donc défendre les limites de son territoire → bled, cité ; exclure une catégorie sociale → les femmes au bled ; travailleurs immigré ouvriers → hangar ; les salariés français→ le garage, etc.) ; par droit (relation de pouvoir) ; pour se balader, s’isoler du groupe ou se protéger.

    Les espaces extérieurs sont des enjeux politiques en soi. On peut y lire nettement les conséquences des systèmes politiques sur des groupes sociaux. Mais aussi les rapports de pouvoir qui organisent les relations au sein même de ces groupes sociaux. Rabah s’attache à restituer avec précision ces rapports de forces sur plusieurs niveaux, imbriqués et c’est le seul à faire ça. Il est le seul à investir les extérieurs et à les traiter comme de hauts lieux politiques – ce qu’ils sont. Il est capable par une gestion claire des espaces filmés et en des plans simples de rendre compte du degré d’émancipation d’un groupe d’individus au sein d’un espace donné. Par l’observation de leur liberté de déplacement, de leur capacité à se rassembler et à s’organiser ou non, à se révolter ou pas. Et ce avec peu de moyens. Car ces informations se passent de grands moyens de production. Il s’agit de rester à hauteur d’hommes.
    Regardant ses films, nous avons une conscience très nette de qui détient le pouvoir dans un lieu (habitation, quartier, village, ville, périphéries), comme la scène où la cousine de Kamel fume dehors et qu’il n’y a que des hommes. On est ainsi en mesure de déceler en quelques plans dans quel type de société la caméra s’est établie. C’est le signe d’une grande acuité politique chez ce réalisateur. Et d’une grande précision dans la restitution.
    Autres exemples : dans la cité des Bosquets, la présence de la police en bas des immeubles, qui tourne, investit l’espace des habitants de ce quartier et exerce une pression par leur présence. Au bled les hommes ont fait un barrage pour protéger l’entrée du village. Les employés limogés de Dernier maquis barricadent l’entrée du garage.

    En protégeant un espace on protège sa liberté de le gérer, le système qu’on y met en place.

    Dans Bled number one le seul lieu où la cousine de Kamel peut chanter est l’hôpital psychiatrique. Un lieu isolé du village et où se gère une petite société de femmes battues, paumées, folles qui là son à l’abri. Mais elles n’existent plus pour les autres, pour l’extérieur.
    Dans les intérieurs se jouent aussi des rapports de pouvoir. Ce sont également des lieux où s’exercent oppressions et invisibilisation : le foyer, lieu d’oppression des femmes en Algérie. Ou en cité le mec qui a amené trois ou quatre femmes du bled et chacune dispose de sa chambre.

    Terminal sud est la reconstitution d’une ville qui se trouverait au Proche Orient. Comme pour Dernier maquis, Rabah a tenu à créer un espace en propre afin que ce lieu puisse être appréhendé. Là où cibler un lieu précis dans une ville précise fermerait sa portée, ces reconstitutions lui permettent d’étendre son propos.

    Dans Terminal sud les extérieurs sont peu investis car ils sont pris par des groupes armés. Les personnages ont peur, sont menacés, donc ils restent dans les intérieurs (là aussi c’est une contrainte). On passe d’un appartement, à la voiture, à l’hôpital où le docteur exerce, à son appartement et ainsi de suite. Les sorties sont rares. Lors d’une course il rencontre un ami, c’est l’occasion d’un moment de rire sur les téléphones algériens qui sont énormes. Enlevé, il est obligé de soigner la victime en intérieur tandis que la caméra reste dehors (économie du plan ‘opération’ et travail sonore plus dramatique que si on avait vu la scène). Puis il est encore enlevé et cette fois torturé en espace clos. Les espaces extérieurs et intérieurs sont contaminés par une violence extrême qui s’abat soudainement. La ville entière, voire la région est hostile.
    De plus nous avons là aussi conscience que le lieu est aux mains de ces groupes armés grâce à la mise en exergue des organisations sociales : en plus du fait de voir que les déplacements en extérieurs sont restreints et qu’une violence meurtrière s’exerce aussi bien dans les extérieurs que dans les intérieurs, nous constatons que les individus sont isolés. Ils ne se rassemblent pas. Ils s’enfuient ou sont enlevés. Le seul groupe en place est celui des journalistes, paralysés dans leur exercice par le contexte et qui vont se faire enlever un par un. La résistance n’est pas possible car la violence exercée est telle que la peur a dissout les liens, chacun pense à sa survie au quotidien, il ne peut plus y avoir union. Peut-être que des unions ont eu lieu qui ont été démantelées. Il ne reste plus que des individus isolés. Donc le territoire est perdu. Ce traitement est un miroir tendu qui nous permet de nous rendre compte de notre champ de possibilité dans la lutte. Observons bien notre capacité à nous unir. A faire bloc contre.

    Nous pouvons faire un parallèle avec une des conséquences du système capitaliste : l’égocentrisme (ou individualisme libéral ?). Nous pouvons constater ses ravages dans le domaine du travail mais aussi dans les relations interpersonnelles plus intimes. Nous sommes isolés (smartphones et virtualités, dépendants, assistés de services qui nous ôtent des actions, travailleurs non solidaires les uns avec les autres, etc.). Nous pouvons constater que nous sommes dans la merde.

    Un autre exemple : c’est quand il est isolé que le frère est coincé et torturé par le groupe extrémiste alors qu’il ramène une cagette de bières.

    Ce choix de traiter les extérieurs où sont organisés des groupes d’individus, impose une esthétique particulière qui est celle du cadre large, fixe, long. La seule esthétique de cadre qui permet d’observer à la fois les déplacements des corps, les tensions entre groupes sociaux, les rapports de domination et les possibilités de liberté des individus.
    Rabah ne multiplie pas les points de vue. Il délimite une zone dans laquelle il découpe des espaces à filmer et y pose sa caméra. Il filme un ou deux plans par séquence donc par lieu, rarement plus. Un style à la fois économique et pensé en terme sociologique / double contrainte. Terminal Sud comme Histoire de Judas ou Les chants de Mandrin sont des tours de force au regard de ses choix de mise en scène réduits par leur économie à des éléments simples et pertinents.

    Il est intéressant de constater que les espaces extérieurs de ses films sont traités comme des huis clos. On en ressent les fermetures. Il est impossible de quitter la cité car pas de papier = pas de travail. Les perspectives pour Kamel sont le deal, la prison, la mort (police) ou le retour au bled. Au bled, pas de possibilité d’émancipation pour les minorités (femmes), il n’y rien à y faire, une société codifiée et un territoire menacé par le radicalisme religieux. Kamel doit partir sinon il deviendra fou. Si on ne sait pas quel film est le premier ou le second entre Wesh wesh et Bled number one c’est qu’il s’agit d’une boucle sans issue. Boucle dans laquelle sont pris les immigrés en France. C’est la double peine : nés en Afrique sans y avoir vécu, ils sont ensuite parqués dans des cités en France. Ils sont considérés comme des étrangers ici et là-bas. Leur liberté de mouvement est de tourner-en-rond dans les mêmes espaces sociaux. (On pense à Eric Chauvier et ses Nouvelles métropoles du désir). On imagine alors à quel futur s’expose le médecin qui quitte le Proche-Orient pour la France. Le bateau qu’il prend ne va pas le conduire vers un Eldorado.
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    Rabah monte beaucoup de plans de coupe qui montrent ce qu’il y a autour du lieu principal. Ils sont pleins de vie (enfants sur les toits autour de l’hôpital psychiatrique, oiseaux dans les arbres qui longent la berge, etc.) qui dynamisent le montage. Mais ces plans de coup n’offrent jamais aucune ligne de fuite et rendent compte d’un enfermement. Il se raréfient à mesure que l’on progresse dans sa filmographie.

    Comme Osltund, Rabah a le goût des situations. Celles que provoquent les systèmes sur les individus. Il déplie ces différentes couches superposées qui donnent à voir des situations issues du réel, les affects d’un individu de telle classe sociale. Ce musulman sans père qui boit, fume, bat sa sœur au nom de l’honneur familial, défend son village. Ou les immigré africains qui ne prennent pas part à la révolte des garagistes car le patron leur a offert une mosquée et pour eux la religion est plus importante que l’argent. Il présente des situations mettant en scène différents niveaux de subordinations : dans Bled number one où on a un groupe d’hommes extrémistes qui violentent un groupe d’hommes moins religieux et le groupe d’hommes violente les femmes et les animaux.
    On retrouve dans ses films le refus d’aborder les conflits sociaux par un prisme moral. Il n’y a aucun manichéisme. Ce ne sont pas des personnages-types de fiction avec arche dramatique évolutive comme on apprend à les tracer en cours de dramaturgie. Le médecin de Terminal sud n’a même pas de nom ce qui ne joue en rien sur sa densité. Ce sont des gens issus du quotidien avec leurs problématiques propres nouées de faits politiques, religieux, culturels, etc. Son intérêt est sociologique et même ethnographique.

    Il cultive un grand intérêt à la documentation des lieux, des mœurs, les façons de vivre les plus basiques comme manger aux plus élaborées comme les rituels. Prenant tout le temps nécessaire pour filmer ces moments il offre un témoignage d’une époque, même lorsqu’il fait de la reconstitution historique.

    Comme chez Ostlund, il n’y a pas un personnage qui serait le principal si ce n’est dans Terminal Sud où le docteur est plus investi. Son intérêt est pour les individus qu’il observe, leurs relations, qu’est ce qui fait qu’ils vont s’unir ou se séparer. Dans Terminal Sud, les autres personnages filmés sont attaqués les uns après les autres, enlevés ou craquent et fuient leur pays, ce qui isole le médecin qui veut rester pour soigner ses patients. S’il est plus investi c’est malgré lui. Sa position de  »principal » est le résultat de conséquences politiques dans l’espace dans lequel il vit pas un choix de hiérarchisation propre à l’écriture du scénario.

    A l’exact opposé d’un Kubrick, Rabah est un réalisateur qui s’efface au profit de la multitude de faits sociaux qu’il filme. Même lorsqu’il joue dans ses films il n’est qu’un personnage parmi les autres et souvent au service d’un maître (Mandrin ou Jésus). Se faisant il peut donner toute leur dimension aux espaces qu’il restitue, les conséquences de leurs organisations sur les individus. Et les tensions qui opèrent au sein de chaque groupe social. Il donne à voir des films d’une grande densité politique.

    Dans ses films Rabah prend le parti des minorités, des plus faibles exclus de groupes où les individus se défendent les uns les autres. Les femmes ne sont pas unies pour lutter contre la violence systémique des hommes qui s’abat sur elles. Elles sont isolées, donc vulnérables.

    Irrigue chacun de ses films, la figure de la lutte. Dans ces extérieurs déjà conquis, réduits, attaqués, d’où la fuite est compromise, où les individus d’Afrique sont les bienvenus nulle part en France et plus largement en occident, pris dans une boucle continuelle d’oppressions, il reste à quitter ces zones pour vivre en marge, caché, en clan organisé. Faire sécession pour ne plus subir les systèmes oppressifs. Créer un marché parallèle (Mandrin) ou créer un nouveau rapport au vivant (Jésus).

    FAIRE SECESSION

    Pris au piège lui aussi dans des systèmes, c’est d’abord par les arts que RAZ fait sécession.
    Les arts sont des lieux sans limite il y prend place. Un acte qui peut déranger les élitistes qui affirment que l’art et l’histoire sont des lieux proscrits aux classes inférieures.

    Après Dernier maquis et une révolution salariale dont on imagine le tournant (perdue d’avance car elle a lieu sur un territoire déjà balisé par le pouvoir en place, le patronat), c’est donc par l’adaptation successive de deux figures historiques qui ont fait sécession que Rabah poursuit son travail esthétique. Le contrebandier Mandrin et le prophète Jésus.
    En passant par ces figures historiques, son cinéma s’ouvre vers de nouveaux récits, de nouvelles idées, de nouveaux possibles.

    La première chose à voir est que nous abordons ces figures de biais. Mandrin est mort depuis peu et c’est par Judas que nous sont racontés les derniers instants de Jésus. Nous les abordons de biais car ce n’est pas leur incarnation qui importe, mais bien leur mode de vie et comment il est perçu, appliqué. Quelles sont ses conséquences sur le lieu dans lequel ils se situent et sur les gens qui y vivent.

    Jésus comme Mandrin sont simples dans leurs besoins. Ils mènent une révolte non frontale (contrairement aux salariés lésés de Dernier maquis), mais radicale par leur parole et leur façon de vivre. Ils proposent une autre manière de s’organiser, incitent chacun à se défaire de l’emprise du pouvoir. Jésus ajoute un axe plus radical encore qui est de ne pas soi-même opprimer ou asservir plus faible que soi. Donc même les animaux. De plus, Jésus est au-delà de la notion de territoire et de propriété. Comme le fou, il reste dehors où on les consulte. L’émancipation qu’il prêche est celle des individus dans leurs rapports les uns aux autres. Et c’est par la transformation des relations, par la destruction des rapports de pouvoir que les hommes et les femmes peuvent vivre égaux et que la propriété n’existe plus. Il montre l’exemple lorsqu’il masse les pieds de ses disciples.

    Rabah ne fait pas qu’adapter ces récits, il prend la liberté de les réinterpréter. Alors qu’ils sont considérés comme intouchables, immuables. Il les réécrit. Il s’approprie ces récits comme on se saisit d’un terrain qui est aux mains d’industriels, de plus puissants que soi. Il prend ce terrain aux mains des historiens et des hommes de lettres. De la classe dominante. A travers ce geste, il démontre comment s’émanciper par les arts. Comment enrayer le système de domination de la classe à qui appartient l’histoire : les bourgeois via les médias imposent majoritairement une seule lecture aux gens, en évincent des pans entiers (comme la commune) ; l’Eglise sur les croyants ; les historiens sur les lecteurs ; les professeurs sur les élèves ; les politiciens ; etc. Et l’histoire elle-même est alors sclérosée. C’est à la fois un geste de révolte et un rire car se faisant il s’amuse, il prend son pied. Il affirme sa singularité, son individualité.

    C’est un zadiste de l’histoire. Une zad occupe pour éviter à des industriels de construire. Il s’agit d’occuper pour éviter la mainmise d’un groupe de dominants sur une œuvre / un territoire, pour leurs intérêts propres et contre l’intérêt de tous.

    En incarnant des hommes devenus des personnages de l’histoire, caricaturés, figés, il remet le réel sur ses pieds il fait de la politique.

    En réécrivant une chronique de la vie de Judas et de Jésus, Rabah ré-insufle de la vitalité à ces corps devenues des figures poussiéreuses. Il réactualise leurs désirs ce qui permet de re-vivifier la pensée, offrir de nouveaux axes de réflexions, remettre ces idées passées dans le débat actuel. Repenser l’état du monde dans lequel nous vivons à partir de ces actions politiques qui étaient éteintes. Mandrin n’est jamais enseigné. De Jésus il est peu mentionné son anarchisme brûlant. Les bourgeois n’en parlent jamais. Préférant mettre en avant leur charité qu’ils imaginent salutaire. On oublie que Judas fut aussi sécessionniste que Jésus. Comme tant d’autres. Et que sans ces soutiens et protecteurs la parole de Jésus ne se serait pas répandue. C’est parce qu’il y a eu leur adhésion et leur désir de voir advenir cette nouvelle existence d’égalité totale entre les êtres que la parole de Jésus s’est diffusée.

    Tout comme pour Mandrin. C’est grâce à ces camarades contrebandiers qu’il a pu mettre en place son marché parallèle et vivre en marge. Encore une fois par cette prise de biais Rabah met en avant l’union, la force du groupe ou du soutien d’un tiers dans la réalisation des grandes idées politiques d’un individu. Seul, un individu – même l’élu – est en danger. Dans Histoire de Judas, c’est parce Judas est blessé et qu’il ne protège plus Jésus que ce dernier est capturé.
    Il transpose ce schéma du danger qu’est l’isolement des individus vu dans le chapitre précédent à l’histoire de Jésus, pour encore une fois nous faire prendre conscience de l’importance de l’union dans un combat politique. Et ce par la remise au jour de l’importance de Judas dans la prophétisation de Jésus, que sa caricature de traitre a totalement évincée.

    D’ailleurs c’est le scribe qui plante littéralement un poignard dans le dos de Judas. C’est celui qui rédige l’histoire de Jésus, qui la fige dès qu’il appose sa plume sur le papier qui assassine le message que cette amitié donnait à voir. Le traitre du point de vue politique ce n’est pas Judas, c’est d’abord l’historien.

    En présentant Jésus refusant que quelqu’un écrive ses actes et paroles, Rabah rend cohérent sa position d’anarchiste. D’abord il ne veut pas être considéré comme un roi. Refuse les offrande donc tout acte de soumission comme peut l’être celui de recopier fébrilement tout ce qu’il fait et dit. Ensuite car une parole figée par un tiers extérieur aux enjeux politiques en cours est malhonnête. D’une part il ne saura pas bien retranscrire ce qui se joue. D’autre part si cette parole est figée sur le papier alors on ne peut plus la faire nôtre. Elle devient la parole de Jésus au lieu d’être celle de tous. Une parole morte. Et un rapport de soumission creuse au prophète qui a parlé. Une pensée ne passe plus dans les corps s’intellectualise, s’interprète. Les gens la lisent, passivement. Mais n’agissent plus. Voilà pourquoi Rabah nous indique subtilement qu’il ne faut pas s’en tenir aux écrits sur Jésus mais s’inspirer de ses actes.

    Histoire de Jésus vient après Mandrin qui a écrit lui-même ses chants et dont le clan cherche à les faire imprimer puis les diffuse largement pour éviter qu’un autre texte fallacieux – des confidences qu’il aurait faites – prennent la place de sa pensée révolutionnaire. Ici publier est nécessaire pour ne pas que l’histoire de Mandrin en tant que sécessionniste soit muselée, détournée au profit de récits qui le diffameront. Pour ne pas que soit évincée de l’histoire son action politique.

    On pourrait le lire ainsi : le scribe est celui qui inscrit une histoire dans la pierre et par ce geste se l’approprie. C’est encore un jeu de pouvoir. L’histoire il faut aller la chercher, la réécrire, la défendre.

    Rabah effectue donc ce travail d’adaptation pour éviter l’accaparement des histoires de personnages sécessionistes par des historiens ou des écrivains qui les travestissent.

    Mais pas que. Rabah lutte aussi pour restituer le réel de sujets non traités, manipulés ou caricaturés par les politiciens, les médias : la cité, l’islam au travail, la conversion des jeunes à l’islam, la vie au bled, l’extrémisme en Afrique et le terrorisme au proche orient. Ainsi il prend place dans ce territoire du récit social comme dans celui du récit historique et contrebalance les points de vue majoritaires.

    L’histoire comme les espaces extérieurs est un enjeu politique.

    Rabah s’est octroyé d’autres libertés comme appeler Jésus par son nom arabe : Isa. Faire jouer des juifs par des arabes et de mêler les langages (français, arabe). Malicieux, il inscrit son nom sur la quatrième de couverture des chants de Mandrin. Et joue un proche compagnon de Mandrin.

    Jésus et Mandrin sont les hommes qui mènent à l’émancipation. RAZ, lui, a fait le choix d’incarner le rôle du compagnon de lutte. Dans ses films il est celui qui apprend et qui aide à la transmission de ces idées politiques. Il se met au service de maîtres. On y voit le reflet de sa posture en tant que réalisateur : il se met au service d’idées libertaires.

    Rabah n’est ni manichéen ni juge. Il se montre bon avec Ponce Pilate dont la mosaïque dans son dos lui place une auréole au-dessus de la tête. Il le met en scène pleurant de devoir tuer le Christ. Il le présente comme pris lui aussi dans les rouages d’un système plus fort que lui. Il l’observe calmement comme les autres. Il a de l’amour pour les individus. Il ne les considère pas responsables de leurs actions. De la même manière il ne diabolise pas le patron qu’il incarne dans Dernier maquis, sensible au sort d’un ragondin pris au piège et pas de ses salariés.

    Son économie précaire le rapproche de Jésus qui prônait la vie pauvre, la parole de Dieu. Là où tant d’autres réalisateurs de films et particulièrement de films historiques utilisent pléthore d’effets spéciaux, chargent les décors lourds de lumières artificielles, joue avec la belle lumière du soleil et le flare dans les cheveux, s’attachent à filmer d’énormes églises, leurs vitraux ciselés, le faste de leurs statues peintes à la feuille d’or.

    Comme Jésus il porte un regard aimant sur tous les êtres. Il prend le parti des plus vulnérables. A travers la forme même de ses films il s’active à chercher comment ils peuvent s’émanciper.

    Il dédie des séquences entières à l’expression d’un chant (la cousine de Kamel), d’un air de guitare électrique (Rodolphe Burger au bled), à une mise en scène de théâtre caricature des romains (le fou), à une danse de joie (Mandrin), une composition musicale (Mandrin). La musique de ses films d’abord off trouve toujours son origine dans un plan, est intradiégétique. Elle lie les plans précédents et les amène jusqu’à elle.

    La guitare électrique de Rodolphe Burger assis avec son ampli et son enceinte en pleine colline dans le paysage lourd de ce village d’Algérie, il ouvre une brèche. Il crée par le son un espace neuf. C’est un son qui avive les sens, qui donne à voir autrement ce lieu, à rêver.

    Dans Bled number one les femmes n’ont pas le droit de chanter comme elles n’ont pas le droit d’être dans la rue qui appartient aux hommes. Elles n’ont donc pas le droit d’exister en tant qu’individu, de s’exprimer, de faire de l’art. La cousine de Kamel veut chanter. Ce désir de chanter la fait agir, quitter son mari, résister. Cela a pour conséquence de lui faire perdre son fils. Elle veut mettre fin à ses jours. Son désir de chanter est ce qui maintient en elle une force vitale qui l’empêche de se conformer aux dictas.

    La liberté de créer est capitale car c’est l’affirmation de l’individualité, de son plaisir, de la pulsion de vie qui nous irrigue. C’est le moment du jeu, de l’amusement, de la joie.
    La joie d’être libre : celle de la vie que mènent les contrebandiers et celle prônée par Jésus.

    Pour les minorités qui vivent en marge loin des grandes villes, qui sont invisibilisés par leur situation géographique, coincés parce qu’ils ne peuvent pas quitter ce territoire isolé, qui ne peuvent pas prendre place plus largement au sein de la société, à qui les gouvernements disent  »vous avez le droit de venir mais pas celui de travailler, surtout pas celui acquérir du pouvoir », Rabat indique qu’ils doivent tracer leurs propres territoires. Par l’exemple, il donne des pistes pour regagner notre autonomie. L’art permet d’injecter dans les films de Rabah des zones de liberté au cœur des systèmes oppressifs. Cette direction indiquée initialement aux minorités de ses films – fil rouge de sa filmographie – sont à destination de chacun d’entre nous. Il dit : le désir de s’exprimer par les arts peut permettre aux groupes et individus opprimés de s’émanciper de leur condition le temps de la pratique de cet art.

    Dans ces plans larges qui donnent à voir des espaces extérieurs qui s’avèrent être des huis clos mangés par les relations de pouvoir, Rabah inocule des souches de joie.

    Car la production d’un objet, un chant ou la création de musiques, de sons rend joyeux. Une joie primaire. Les films de Rabah sont jonchés de youyous, de cris, de retrouvailles, d’embrassades, d’amour, de rites chantés, d’enfants. Ponce Pilate tient un discours catégorique sur la joie à vivre par tous les moyens tant qu’on est vivant, la seule chose qui compte ici-bas. Rabah incarne des personnages qui rient en parlant. Il conserve au montage les moments de rire entre comédiens.

    On pense à l’esclavage et aux chants des Noirs pour se soutenir, dire sa condition, maintenir son individualité et une dignité dans un contexte de reniement de leurs chairs. Aux gamins à l’école qui tapent sur les tables, leurs joues, sifflent. Emettent toutes sortes de sons alors qu’ils sont contraints par une discipline qui les annihile.

    La joie perce, parfois ténue, les moments de drames. Après avoir été molestée et risqué d’être lynchée par les hommes, la femme adultère retrouve sa mère qui se laisse aller au souvenir heureux de la conception de sa fille.

    La joie c’est le petit feu qu’il nous reste quand les libertés individuelles sont condamnées. La preuve que nous ne sommes pas vaincus. Dans un lieu désolé, faites se rencontrer deux personnes il est sûr qu’elles riront ou qu’elles feront de la musique. C’est le docteur qui croise une connaissance dans la rue avec qui il se paye une tranche de rire pendant que la ville est aux mains d’une armée. C’est là que réside l’optimisme des films de Rabah. Dans ces échanges ténus là. Au moins deux personnes, la créativité, la pulsion de vie, le rire ressurgissent instantanément.

    Les moments de joie des films de RAZ sont des moments de groupe. Ils se mêlent à l’entraide, au partage d’un repas, au troc, à des célébrations, à l’amitié.

    Il y a chez Rabah cette joie toute bête de faire des films. De travailler la matière : il va repeindre toutes les palettes de l’entrepôt en rouge, il va trafiquer les sons (gros travail de mixage et de bruitage), dès qu’il tourne dans les montagnes il va utiliser le grand angle faire comme dans les western. Ou faire des effets de flou qui donne à voir un assemblage de roche abstrait. C’est joli, c’est gratuit et bref. Avec deux éléments de décor il recrée un palais romain, comme le font les enfants avec le fou dans le rôle de l’empereur. Il ne cherche pas à avoir la science de tout. Le docteur n’a aucun vocabulaire spécifique, le compagnon de Mandrin désigne de la main des plantes sont il se sert pour sa médecine sans les nommer. Il ne s’agit pas d’être expert, il s’agit de jouer. De donner l’illusion de. On retrouve cette joie gamine de regarder la matière se coller, se transformer : l’imprimerie et sa pâte à papier. L’amusement que procure l’incongruité d’avoir des animaux sur le plateau : le ragondin qui suscite curiosité et blagues, la libération des animaux en cage.

    Il prend du plaisir à faire ses films et ce plaisir est communicatif. Il participe d’un cinéma qui ne sombre pas dans le terne ou le désespoir malgré les sujets lourds qui sont traités.

    Rabah est un cinéaste vitaliste. Il a foi en la vitalité dont l’art et le rire sont l’expression instantanée. Persistante coûte que coûte. Il cherche à vivre en homme libre, il acquiert cette liberté par son économie et son esthétique.

    • avec un bilan pareil on n’a plus besoin d’un microciné
      Petit point de désaccord sur les plans extérieurs qui seraient toujours fermés. IL y a a quand même souvent chez lui l’option qu’un plan soit une échappée, notamment les plans contemplatifs, et que la sécession cherchée se fasse justement dans le plan.

      • Ça c’est un super compliment ! Merci !

        Je regrette de ne pas avoir bien su saisir le travail sur les plans extérieurs qui ne sont pas toujours fermés. En plus à la base j’avais mis les plans contemplatifs et plans de coupe dans la partie sécession, art, joie. Puis j’ai sans doute trop intellectualisé en me disant par exemple oui mais dès qu’on a le plan sur le paysage dans Mandrin, le déserteur y apparaît donc la ligne de fuite est hostile car s’y trouvent ceux qui le poursuivent. Autour de lui une menace rôde. Alors que la possibilité de l’échappée est là elle aussi. Ou pour les plans de coupe, par exemple quand la cousine de Kamel est internée ça cut avec des plans vifs sur les toits avec des femmes ou des enfants et d’autres lieux extérieurs. Ca me paraissait à la fois le témoignage de la vie qui persiste partout et dans le même temps le fait qu’on soit toujours dans ce village d’Algérie avec ses inégalités qui ne finissent pas, etc. Alors qu’il faut les prendre en tant que tel, des assemblages formels qui s’échappent au déroulé formel plus conventionnel du récit. Comme chez un écrivain qui ferait de la démocratie au sein de son vocabulaire où un verbe d’état s’assemble à un adjectif. Créant chez la lectrice, le lecteur, des affects imprévus donc des pensées nouvelles.
        Sur ce point d’analyse j’ai été pessimiste..

        • Le cinéma de RAZ est scénaristiquement noir et filmiquement solaire – un peu moins dans le tout dernier

    • J’ai cru un moment que c’était un de mes fameux copié-collé.

      Un seul qualificatif pour ça : Dispensable, voire inutile.
      En bref : vide, creux.

  11. Film étonnant et fascinant que ce Pacifiction, dont je sors tout juste et qui a produit depuis une heure chez moi un effet de sidération assez unique. Le film se déroule comme un songe flottant et capiteux si bien que retrouver le monde normal après devient une expérience presque paranormale. 2 choses à chaud qui m’ont frappées :

    – La performance de Magimel évidemment. Je pense que il est ici impossible de détacher son jeu des indications et des méthodes de tournage du réalisateur. Le triomphe de Magimel dans le film, c’est celui de Serra pour moi clairement. Je ne l’ai jamais vu comme ça, de son phrasé suranné et mielleux à sa démarche, tout porte le sceau d’un travail en amont ( et sur le tournage ) assez prodigieux.

    – Le génie du film de rester opaque tout son long. Même quand il plonge dans la nuit dans sa deuxième partie et que les choses semblent enfin un peu s’illuminer, en vérité non, jamais il ne voudra livrer ses clés. Le trouble, l’impur, le contradictoire, l’herméneutique formelle et thématique totale, tout cela règnera jusqu’au bout. J’apprécie le film pour ce refus catégorique d’éclairer non pas ses zones d’ombres mais SA zone d’ombre, c’est à dire ce qu’il est. A ce titre, la fin, surprenante, ( car le film s’achève au moment ou il commence finalement) m’a profondément satisfaite, et a d’ailleurs laissé ma salle dans un état d’hébétude profond.

    En attendant la gène pour y voir plus clair

    • J’ajoute juste pour le premier point : « Tout porte le sceau d’un travail en amont assez prodigieux » ET d’un acteur totalement dévolu à son metteur en scène et qui a eu l’humilité de se laisser totalement en dehors pour rentrer dans De Roller. C’est rare, et précieux.

      • Oui, hommage soit rendu à tout acteur-trice qui se met ainsi au service d’un film – Exarchopoulos dans Rien à foutre
        C’est si rare.

      • Dans cette discussion qui s’apparente à un monologue tant Albert est une pipelette, Serra explique comment il s’y est pris, de l’écriture du scénario à la post-synchronisation en passant par les (seulement !) 24 jours de tournage et la phase cruciale du montage.
        C’est passionnant, drôle, bizarrement germanophobe et l’on saura tout sur le monologue dans la voiture et surtout l’incroyable séquence des jumelles.

        https://www.youtube.com/watch?v=j7YOdzIXfVo

        • Volubile et non pipelette, que j’adosse davantage à ton ami CHARLOT.
          Bon dimanche

        • J’ai regardé ça avant de me coucher. Totalement fasciné par sa méthode de travail — surtout l’idée de créer un dispositif de captation qui prive l’acteur de tout espoir de « représentation », plus la perte de contrôle du corps avec l’oreillette. Je serais parti le voir au réveil si la SNCF n’avait pas arrêté les trains tout le week-end — d’ailleurs, si Serra veut faire un film autour des mystérieux travaux des lignes Transilien toutes les semaines depuis plus de dix ans, j’irais voir ça.

    • Bien d’accord
      Mais je ne pense pas, justement, qu’il y ait eu travail en amont. L’idée est vraiment de lancer l’acteur dans la prise en aveugle.

      • En effet, tu as raison et cela rend la chose encore plus impressionnante. Et contrairement à certains, je n’ai pas eu cette impression d’improvisation dans les scènes : au contraire, je trouve les dialogues formidables, tout en sous entendus permanent, avec une subtilité extraordinaire. Rien n’est jamais surligné. Chaque scène donne l’impression trompeuse que rien ou pas grand chose ne s’y passe alors que elles sont d’une richesse inépuisable.

  12. Sur Pacifiction :
    ▸ On était 7 dans la salle où je l’ai vu, dont 5 qui bavardaient, 3 qui surfaient sur leur téléphone, 2 qui sont partis au milieu – ici la prise d’otage a loupé ;
    ▸ J’ai trouvé plaisant de voir Benoît Magimel avoir plaisir à jouer pendant 2h45.

    • Et toi qui les observait.

      C’est super le cinéma en fait.

    • Mélanie,
      Je t’ai envoyé une liste de trucs, rapport à ce que tu sais. Possible que ce soit dans tes spams.

      • Julien,
        J’ai bien reçu la liste, rapport à ce que tu sais. Ma réponse est en cours de préparation.

  13. bonjour,
    je poste avant d’avoir pris le temps de lire l’article dans son intégralité mais le thème de la psychothérapie institutionnelle intéresse plusieurs personnes ici.
    https://blogs.mediapart.fr/ameliabrechet/blog/071122/la-reprise-de-la-chesnaie-au-peril-des-promesses-du-passe

  14. J’ai vu que Pacifiction était au programme de la prochaine GO. Curieux d’entendre François sur la « performance » de Magimel qui est tous les plans pendant 2h45. Beau film étrange sinon, improbable mélange entre OSS 117 et Apocalypse Now. Mais à mon sens parler de chef-d’œuvre comme je l’ai lu ici ou là n’a pas beaucoup de sens pour un tel film tâtonnant et joueur et risquerait d’entrainer de grosses déceptions pour ceux qui ne l’ont pas vu.

    • Ça tombe bien ce que tu dis car tout le battage fait autour du film m’a coupé l’envie de le voir et regarder Magimel 2h45 c’est au dessus de mes forces,je l’attends en vod au moins je pourrais l’arrêter et ne pas être pris en otage.

      • Désolé mais je n’arrive pas à ne pas considérer ce film un chef d’oeuvre. Le mot m’est venu pendant, il me reste deux jours après.
        Il m’est venu aussi : film parfait.

        Presque autant que le James Gray

      • Rires. C’est sûr qu’il ne faut pas être allergique à Magimel. Il improvise à peu près tous les dialogues, ce qui se voit. C’est intéressant, par moments laborieux, d’autres fois fascinant et drôle. En tout cas c’est bel et bien une performance. Pour ça que j’ai envie d’écouter François à ce sujet, lui si rétif aux performances d’acteur.
        Les dithyrambes autour du film ont quelque chose de forcé. C’est un cinéma infiniment précieux, à n’en pas douter, et Serra un cinéaste pirate admirable mais à ensevelir le film sous des tombereaux de qualificatifs louangeurs alors que c’est un cinéma très fragile on risque de le rendre irregardable.

        • Quant à toi, on se demande vraiment où tu vas chercher « tes qualificatifs » J’ai lu un truc assez psy la dessus, et je crois comprendre.
          Allez, courage, t’as raison Serra, c’est bof. Très bof.
          Et Magimel, est tellement comme Lindon.
          C’est pratique tout est au même « niveau » avec toi.

        • Charles, je ne comprends pas trop pourquoi tu insistes sur le terme « performance ».
          Une performance en est vraiment une lorsqu’elle est le centre de toutes les scènes. Ici, De Roller est seulement un paramètre de chaque séquence. Certes, c’est un paramètre constamment présent, mais un paramètre parmi tant d’autres, et qui tend à rendre les scènes d’autant plus sidérantes.
          Prenons la scène des vagues : la nonchalance et le calme de Magimel donnent un aspect lunaire et surréaliste. Il continue sa ribambelle de lieux communs alors que le décor appellerait plutôt à un émerveillement.
          De Roller permet de faire exister un contraste dans chaque plan.

          François, si ton commentaire sur le Gray n’est pas ironique, pourrais-tu développer en deux-trois lignes puisque, a priori, tu ne traiteras pas le film dans une Gêne ?
          Personnellement, je souscris à la critique ci-dessous à 100%. Le film est passionnant mais reste très sage formellement.
          À l’exception de quelques envolées lyriques (la fermeture de la porte par la mère, le premier émoi esthétique de Paul, le lancement de la fusée en plan d’ensemble), on reste dans un cinéma convenu et académique.
          Si l’on prend la scène où le père bat l’enfant, un champ contre-champ avec un raccord étrange euphémise la violence. Un Haneke et un Franco nous auraient filmer ça en plan large. On sent que Gray souhaite ménager le spectateur en s’assurant de ne pas trop froisser nos sentiments à l’égard du père.

          https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/armageddon-time-2/#:~:text=Cela%20ne%20manquera%20pas%20d,retrouver%20une%20forme%20de%20grandeur.)

          • son commentaire sur le Gray est au bas mot ironique
            ce film est nul – ou un film pour enfants moyen
            même au sommet de sa gloire j’ai toujours senti que Gray était un cinéaste limité, et un peu bête
            je crois que désormais ce sera clair pour tout le monde
            (je fais semblant de croire, car aveugle un jour, aveugle toujours)

          • mon commentaire

          • @tonierdmann : très d’accord avec la critique de critikat. Le film s’organise tout de même autour de Magimel dans la plupart des scènes, par exemple au moment de la danse rituelle et du combat de coqs, on se focalise sur ses réactions à lui. De même quand il fait des discours (pour l’écrivaine, dans la voiture) c’est lui qui est central.

          • Pour le Gray ce qu’il faudrait comprendre c’est pourquoi il fait à ce point l’unanimité. Pas une critique négative pour l’instant.

        • je ne vois aucune performance là-dedans
          plutot justement une anti-performance, ou plus précisément, une a-performance

          • Charlot Serra Gray, de cesser ses simagrées.
            Car, dans le genre j’ai la langue chargée, je t’offre volontiers l’oscar de la cécité absolue. Absolue comme l’oreille.

        • Louizzzz, on s’en fout toujours autant de ce que tu racontes tu peux retourner faire la sieste.

          • Après le repas Charlot. Après m’être délecté de mon fameux repas au soleil.
            Je t’aurais bien envoyé une photo le nain.
            Hélas.

      • C’est sûr. Je serai toi, j’irai revoir non pas revoir ta Normandie, mais « Don t look up ». Arrête de te faire du mal avec du Cinéma, du vrai, du rare.

        Pour info, Magimel est un des grands acteurs du moment.

      •  » tout le battage fait autour du film  » : Sur quelle planète?
        Je vais t’aider et reconstruire ta phrase : « Pour une fois qu’on le voit sur un plateau tv ». Pour une fois qu’on entend parler de lui, après qu’il a fait des tonnes de films inoubliables : Le chant des oiseaux, le roi soleil entre autres.
        Je crois que l’un comme l’autre, vous ne pouvez pas accéder à cet art. Vous n’avez pas les moyens affectifs de le faire.

        • Merci Louizz,j’avoue que tu me fais bien rire et j’avoue aussi ne rien avoir vu de Serra,ce qui explique peut-être le peu d’envie que j’ai devant ce film dont tout le monde parle,ce que j’entends c’est Magimel,rien que Magimel,j’ai rien contre cet acteur mais j’ai pas envie de ça en ce moment,je le verrai plus tard à tête reposée.

          • Ce « j’avoue que tu me fais rire » est, je pense, un Little empreint de mépris. Et ce n’est pas grave, car je m’en fiche.
            Je redis que tu dos n’importe quoi. Tu as l’esprit chargé , comme les mecs engagés.

            Je redis que vous n’avez pas les moyens affectifs.
            C’est ça qui est, pour moi, central.

  15. Grand moment de TV entre Hanouna et Boyard, à voir absolument pour se rendre compte du caractère mafieux de l’équipe à Bollore,on verrait ça au cinéma on y croirait pas,
    https://twitter.com/LeDevBreton/status/1590817814059044864?t=WB7Y8GcwflTQgU8yJAzJWg&s=19

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