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Dans la diagonale

Roman, 2005, éditions Verticales

couverture dans la diagonalePrésentation par l’auteur

Je ne demandais pas grand-chose. Je ne demandais qu’à marcher dans la ville. Mais des revenants m’alpaguaient, arguant du passé. Jacques entre tous. Jacques est revenu me chercher. Il m’a attrapé par le col, et mes pieds ont pédalé dans le vide. Il m’a aimanté vers sa maison, où il y avait des gens, et à manger, et à boire, et sa femme, et sa sœur. J’étais dans de beaux draps propres. J’étais dans une sale situation. Je serais mort si n’était apparu un nouvel ami. Il m’a rebaptisé, je renaissais. Il m’a indiqué le chemin, je l’ai suivi. On a pédalé pour de vrai. On a marché dans la ville. On ne demandait que ça.

Présentation de l’éditeur

Dans la diagonale nous immerge dans la conscience troublée d’un trentenaire. Sa hantise ? Croiser dans la rue d’anciennes connaissances et se mettre en devoir d’échanger avec elle (ou lui) les sempiternelles « répliques de circonstance ». Il passe son temps à bifurquer, s’écarter, fuir les fantômes de sa vie passée. Jusqu’au jour où, tombant sur Jacques, un ami de lycée, il se fait inviter en week-end, à la campagne.
Nulle échappatoire, cette fois. L’asocial maladif est comme pris au piège.
Après un périple à rebondissements en auto-stop, il rejoint la maison de son ex-camarade de classe et cherche ses marques en terrain inconnu. Déjà, la soirée bat son plein. Une quinzaine de convives, couples et célibataires, échangent des banalités middle-class, s’attablent et trinquent, se défient puérilement au ping-pong, commentent tautologiquement les images TV de l’armée américaine entrant dans Bagdad, se resservent à boire, commencent à se reluquer salement, à se peloter en douce, à s’éclipser dans les toilettes… Simple ersatz de débauche ? Régression pseudo-festive ? Au terme de ce coma collectif, tout dérape jusqu’au viol, consommé ou non, de la femme de Jacques, Annabelle, par le narrateur.
Bouc émissaire de cette fin de beuverie, lui n’a plus qu’à fuir en rase campagne, bientôt rejoint par un certain Joe, autre trouble-fête de la soirée. Dès lors, leur cavale endiablée va esquisser une autre aventure possible, maintenant que tous les ponts sont coupés.

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16 Commentaires

  1. tiens c’est marrant. je découvre que ce livre est le préféré des internautes sur le site senscritique : https://www.senscritique.com/search?casting%5B0%5D=Fran%C3%A7ois%20B%C3%A9gaudeau&p=1&q=b%C3%A9gaudeau&sort=sc_rating_desc c’est marrant quand même.

  2. Alors d’abord, mea maxima cupla, ce n’est pas à la branche biographique qu’appartient Piscine(s) mais à la branche (s’il en fallait une) Diagonale. C’est troublant de lire ce groupe d’ami qui s’agite et qui piaille, peu de temps après avoir vu la pièce. On y retrouve beaucoup de choses, la bande, cool, les dialogues qui fusent, l’apéro.
    En commençant je me suis dis olala quelle horreur, que de chemin parcouru par François depuis son deuxième livre, tant le style est rebutant, lourd, en un mot pénible. Ces descriptions en mode prise de notes, ces phrases non-verbales, ces répétitions, et ça dure, ça dure… Les fameux incipits « mathématiques » qui maintenant (En guerre, Molécules) tiennent en deux pages s’étend ici sur un tiers du bouquin (j’ai pas compté mais c’est l’impression que j’ai eue). Puis on retrouve les amis et ça devient autre chose.
    J’ai beaucoup aimé l’idée du plan séquence, qui s’exprime au début et à la fin par des phrases interminables, sans ponctuation, mais qui est le principe de tout le livre, comme une grande phrase unique dans laquelle l’action jamais ne s’interrompt. J’imagine le travail de couture pour arriver à lier tout ça et que ça soit effectivement fluide. Ça c’est très réussi.
    Il y a pas mal d’éléments (des idées) qui m’ont marqués, Hélène en cite quelques uns, (faudrait reprendre le livre pour être plus précis).
    Mais enfin ce qui m’a vraiment marqué c’est la noirceur générale qui se dégage à la lecture. Très dark, pas une pointe d’humour (pas d’accord avec Hélène), assez désespérant en fait sans que je sache exactement ce qui produit cette impression.
    Je repense aussi à ce Joe, sacré Joe, un diable ce Joe, peut-être même qu’il n’a jamais existé ?

    • Finalement ça fait un livre assez irritant et attachant à la fois, aimable parce que pénible, imparfait, rebutant, agaçant. Peut-être bien un grand livre en fait.

      • je l’ai lu, emprunté à une bibliothèque
        merde pourquoi je l’ai pas ?

      • Grand livre surement pas. J’ai souvent dit que c’était bien le seul de moi dont je peux dire qu’il me déplait.
        Ce n’est pas tant qu’à l’époque mon style n’était pas fait (Jouer juste, publié avant, témoigne que si), c’est qu’ici la phrase est verrouillée par des options formelles assez bêtes et surtout très coercitives.
        En revanche j’ai souvenir que le livre est assez drole, au moins en deuxième partie (le personnage de la grosse, par exemple)

        • on n’a pas le même humour

          • voilà un verdict bien sec
            en tout cas s’il est juste tu dois bien te faire chier en me lisant

          • ba justement d’habitude je ris mais là pas. et a priori ça ne vient pas de mes dispositions personnelles, détendu des zygomatiques, en vacances, très disponible, et pourtant non. je maintiens que j’ai trouvé ça assez désespéré, même dans sa dernière partie, même pendant la fuite, qui commence quand même avec le discours du vieux dans son fauteuil, sorti du gouffre béant de sa bouche, avant le lever du jour, dans un village endormi, et un plancher qui grince, peut-on faire plus gothique ?
            Et le personnage même de la grosse m’a semblé plus désespéré que drôle. Pas désespéré parce qu’en manque de sexe mais très consciente de tout, d’elle-même, de son corps et du regard des autres. très à plat. très cynique. Je crois que c’est ce sentiment de froid que j’essaie d’exprimer, et qui me faisait parler d’un grand livre, dans le sens où à aucun moment on est consolé, rassuré, réchauffé (pour moi même-pas à la fin alors que je crois comprendre que ça pouvait être le projet de départ, comme un contrepoint, comme la troisième partie dans la Politesse, l’alternative).

          • la troisième partie se veut libératrice, mais comme tout le livre c’est une libération théorique
            une libération sur le papier, si j’ose dire

          • voilà, je crois qu’on s’est compris

  3. http://www.youtube.com/watch?v=uaY5903SK7o

    ce clip va drôlement bien avec le livre, je trouve

    • décidément on m’accouple avec n’importe qui
      mais tant mieux, ainsi se trouve brisé la fatalité de l’attraction des semblables

      • @François Bégaudeau: je suis contente que tu le prennes comme ça. j’ai pas du tout réfléchi à une compatibilité (si on me confiait un plan de table, ça finirait en boxon, c’est ça ?) ni à t’accoupler artistiquement

  4. a priori c’est un livre qui n’a pas eu beaucoup d’échos, chez moi il a de l’écho.
    après les huis clos des pièces de théâtre « le problème » et « le foie » qui sont les derniers livres que j’ai lus, je trouve « dans la diagonale » très vivifiant, qui se passe en plein air, dans la rue, sur la route (après je ne sais pas pas encore lu).
    j’ai bien aimé les techniques décrites pour échapper aux connaissances dans la rue – comique, et aussi le souvenir des déambulations dans la rue avec différentes filles, les rythmes de marche non accordés, la déambulation avec l’ami d’enfance Jacques qu’il n’a pas pu/voulu éviter, toujours avec ce souci de marcher juste – comique, l’auto-stop en séquences, autant de rencontres avec des conducteurs-individus tous singuliers. parmi ces portraits j’ai trouvé très intéressant et réussi celui de l’homme qui raconte qu’il a rompu délibérément avec sa vie parfaite et heureuse,trop heureuse, et poétique le moment de son départ, avec le chêne auquel font face tour à tour l’homme et la femme.
    j’apprécie aussi que ce livre soit ancré dans le présent et avance « naturellement », par la marche, par l’auto-stop, par les paysages (bien aimé la description stéréotypée des villages), par ce que disent les gens rencontrés. très reposant mentalement

    • Ce livre a plutot tendance à me fatiguer, mais je ne peux pas etre réellement juge et partie

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