Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

L’Observatoire des Faits de Langue Contemporains

Où l’intelligence collective est-elle la plus performante ? Dans la mise en commun d’observations. L’œil de A voit ceci que B n’a pas vu. Si A témoigne auprès de B de ce qu’il a vu que B n’a pas vu, B voit mieux.

Ça marche aussi avec les oreilles.

Aussi pourrions-nous cumuler nos forces, nos oreilles, pour recenser des faits de langue contemporains. Non pas tant pour les dénoncer que pour donner à chacun, et à soi-même, la possibilité de ne pas y céder. Ou pour y céder mais en connaissance de cause. Ou pour y céder avec le plaisir pas si indigne de prendre le train de l’époque. Au fond, toutes considérations morales mises à part, il s’agira avant tout de s’octroyer mutuellement le plaisir d’élargir le champ de perception. A quoi d’autre la pensée pourrait-elle donc servir ? Sur quoi qu’elle porte, horreur nazie ou réseau pédophile la pensée est un gain de joie.

Ces faits de langue peuvent être affiliés à deux grandes familles, qu’on appelle par commodité famille 1 et la famille 2.

Famille 1 (les Dugommier) : Les faits d’oralité.

Mots ou groupes de mots dont la valeur sémantique est secondaire, occultée, recouverte ; mots rythmiques propres à scander l’oralité, à la soutenir, à meubler ses blancs, à maintenir le flux là où le verbe peine. Multipliée, la pratique devient réflexe, automatisme, tic.

Exemple : « on va dire ». Raz-de-marée au début des années 2000. En voie de disparition.

Ça ressemblait à ça : « Alors il m’a touché le cul et j’étais un peu gênée on va dire ».

Modalisateur, ce groupe verbal signale une parole qui, soit euphémise pour rester dans le cadre de la courtoisie (l’exemple), soit à l’inverse s’excuse d’aller si loin, d’aller trop vite, de caricaturer, de schématiser. Héritier et pendant oral des « pour ainsi dire » ou « si j’ose dire ». Pas étonnant qu’il ait fait des ravages en même temps que le toujours pimpant « entre guillemets » : c’est le même usage, la même psychologie au travail.

Exemple 2 : « effectivement ». Raz-de-marée au milieu des années 2000, et toujours assez vigoureux dans certaines situations de parole. Le plus souvent, « effectivement » sert de rampe de lancement à une parole sérieuse, à soutenir l’effort intense que produit un locuteur pour se maintenir à un niveau d’expression qui ne lui est pas familier (il n’est familier à personne). Fréquent dans les interviews sur BFM radio ou France Inter, où le locuteur se sent tenu au bien-parler (ce qu’il s’imagine tel). Fréquent aussi en réunion, où chacun se sent obligé de se mettre en position je parle bien, je parle adulte. Sans doute aussi sous-tendu par une positive attitude nourrie d’injonctions managériales : ne jamais dire non, toujours affirmer.

On peut le lier à une béquille comme « un certain nombre », expression probablement remise aux énarques, et aux élèves d’HEC en bonus à leurs diplômes. Mais la tendance est si ancienne qu’elle ne mérite plus le nom de contemporaine.

Exemple 3 : « voilà ». Raz-de-marée de niveau 19. C’est partout. C’est dans ma bouche, dans la tienne. Dans celle des sportifs aux JO (un par phrase, statistique Ipsos). Déjà répertorié par un mauvais roman sorti chez Verticales en 2009 et écrit en 2007, le « voilà » ne faiblit pas. Voir par exemple Omar Sy aux Césars. C’est pas contre Omar, que j’aime beaucoup, c’est juste une illustration parmi des milliers possibles.

http://www.youtube.com/watch?v=Bd2doar0NGQ

Une attachée de presse hier soir au téléphone : deux par phrase. Supérieur donc au niveau olympique.

Exemple 4 : « juste ». Utilisé comme intensificateur d’adjectifs.

Ce mec est juste génial.

Lors de la leçon de cinéma Michel Gondry a juste été lamentable.

Assurément ici, on tient un anglicisme. Un usage inspiré de l’anglais . This guy is just marvelous. At the Gaumont Parnasse, Michel Gondry was just a ass hole. (on voit qu’on peut l’utiliser avec un substantif)

Usage qui ne faiblit pas, mais là encore ça commence à dater.

Passons aussi sur la sidérante persistance d’un fléau comme « au jour d’aujourd’hui », et venons-en à quelques tendances plus récentes :

-« en mode ». Apparu il y a, quoi, deux ans ? Peut-être en voie de déclin, mais toujours là partout (une basketteuse française dans Libé cette semaine : « dans la vie on est sympas, mais sur le parquet on était en mode tueuses »)

-« clairement » ou « très clairement ». La grande tendance 2012, avec poussée depuis la rentrée. Sans doute un anglicisme aussi (clearly ?). Utilisation à l’écrit de plus en plus courante. Grande transversalité sociologique : on l’entend dans Belle toute nue sur M6 autant que dans le débat d’experts de Philippe Meyer le dimanche à 11h sur France cul. Sans doute un héritier du « c’est clair » qui fit des ravages pendant les années 2000, puis déclina comme un Empire

-« si vous voulez ». Peut-être le tube de l’automne, et sans doute de l’hiver. Repéré depuis longtemps dans la bouche d’une Elisabeth Lévy, il sort désormais de la bouche de pas mal d’intellos ou semi-intellos. « Tant qu’on ne relancera pas la compétitivité des entreprises en abaissant les charges sociales, si vous voulez, on ira dans le mur ».

Marqueur oral pur, et souvent abrégé en une quasi onomatopée, comme jadis le « n’est-ce pas » en « ‘pas » (marqueur de droite –voir Radio Courtoisie), comme le « j’veux dire » issus du I mean avait viré « ‘dire ». Ça donne quelque chose comme « sivlé ». Tendance naturelle de l’oral à la réduction au strict minimum. What’s up devient wassup puis waza. Va niquer ta mère devient nique ta mère puis ta mère. On connaît.

Dans cette famille, on distinguera un sous-ensemble composé d’expressions.

Une des plus vivaces : « il me la fait à l’envers ». Quotidienne dans Secret story 2012.

Appelons ça la famille 1bis.

Famille 2 (les Rizzani) : Les clichés lexicaux

Plus redoutables, moins anodins. Car le cliché lexical, porte du sens, un propos, un discours –et donc un discours convenu, tout en se targuant de ne pas l’être, ce qui est la pire chose qui puisse arriver à une bouche. Confinant au cliché d’opinion, il est plus toxique, plus énervant. Pour le coup sa recension n’est pas exempte de l’objectif d’en débarrasser la planète.

Evidemment le lexique psy est le plus performant en la matière : travail de deuil, se reconstruire, le lâcher-prise, résilience, manipulateur, pervers, pervers narcissique, etc. Et, déjà souvent relevés par Bibi, les appendices littéraires : blessure (intime), fêlure (intime –Jean-Luc Delarue), traumatisme, failles, cicatrices, plaies.

Evoquons aussi le lexique républicain : vivre-ensemble, faire société, valeurs, valeurs communes, respect, etc. Comme on fait le boulot par ailleurs, inutile de s’esquinter la santé à traquer ce paradigme là, c’est juste pour donner une idée.

Une famille 2bis se profile, celle des aphorismes, proverbes, adages, sagesse en formules, qui a à un moment connaissent une vogue inespérée :

-« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort ». Beaucoup entendu dans les années 2000, comme un mauvais roman sorti en 2006 en porte la trace. Beaucoup moins depuis deux ou trois ans. On l’a tellement essoré qu’il n’a plus de jus. Pauvre Nietzsche.

-« Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie »

-« Savoir d’où je viens pour comprendre où je vais » (et variantes à base de racines, d’ailes, d’arbres, de ciel)

Entrent aussi dans cette famille 2 des mots qui connaissent une heure de gloire plus ou moins longue, car une heure de gloire ne fait pas forcément soixante minutes. Suggéré par les raz-de-marée écrits plus haut, on pense par exemple à « tsunami » –depuis 2004 et on sait pourquoi. Ou à « sidération » pendant l’affaire Strauss-Khan –retombé depuis. Ou à « procrastination », qui s’est invité à table au milieu des années 2000.

Le travail du sitiste ?

En priorité : proposer à l’archivage commun un tic, un mot, un groupe de mots, un adage, qui entrent dans ces catégories –préciser laquelle, sachant qu’on peut proposer d’autres catégories qui seront validées par un Comité des Sages composé de deux membres à vie, Shakira et Bibi. Sachant aussi que les deux familles se touchent : certains mots ont assurément une valeur sémantique et cependant sont au bord de tourner à la pure scansion orale.

Si possible : donner un ou plusieurs exemples entendus récemment, et pourquoi pas un lien vidéo qui l’illustre.

Eventuellement : proposer une réflexion de type sociologique (qui dit ça ? dans quel genre de situation ?), psychologique (qu’est-ce qui se passe quand ça se dit ?), linguistique (d’où ça vient, comment ça se décline, etc), socio-psycho-linguistique, pneumatique.

Sont aussi bienvenus les compléments d’analyse. Relayant un frère de site ou une sœur de site, un frère de site ou une sœur de site apporte des nuances aux quelques exemples déjà admis dans la liste.

La proposition convainquant Shakira, Bibi suggèrera immédiatement à son maitre ès web de la mettre dans le pot commun.

 

Si ça bosse bien — mais le sitiste est travailleur, le sitiste est souvent chinois — nous constituerons, oui, un Observatoire des Faits de Langue Contemporains. Ce qui donne un acronyme imprononçable. Ca commence mal, mais ça va aller mieux.

Comment participer ?

Il suffit de poster sa proposition dans les commentaires de la saison OFLC en cours : OFLC saison 2

Si la proposition est retenue, un officier d’état civil l’inscrira en bonne et due forme au livret de sa famille :

Les Dugommier (les faits d’oralité)

Les Rizzani (les clichés lexicaux)

1 012 Commentaires

  1. être op
    – arthur mixe au showroom ce soir, t op ?
    – comment faire sa candidature pour être op sur le serveur
    – notre team a créé un logiciel qui permet de devenir op sur n’importe quel serveur (telle version) nous travaillons encore dessus, je vous mets le lien (ce mod nécessite la version payante de ***).
    – … faire croire qu’il est possible de devenir OP sur un serveur sans les droits…
    http://www.mtxserv.fr/article/50/etre-op-sur-le-serveur
    – pour en revenir à ce que dit l’op de ce fil de discussion

    . à prononcer O.P. sinon ça donne hop et t sacré et repéré tonton jeanmi de la soirée
    Selon la situation – et l’âge des protagonistes ? – cela peut signifier, comme jadis, que t opérationnel, en mode top départ, ready to go now sans souci à ce qui est proposé
    Ça peut aussi signifier que t le premier sur un post, celui qui initie une discut’sur un forum, que t’es l’opérateur d’un truc, le chef-op en quelque sorte, ou encore qu’un serveur, une playlist sur deezer, une personne est accessible, open peer, ouverte au partage un peu, donnant ainsi un coup de jeune au elle est open des quadra-quinqua, un coup de ripolinage dirait ta mamie jeanine,

  2. c’est d’la marde
    ou quand une jusqu’ici tout va bien rencontre une c’est d’la marre?
    la genèse? en 2013, semaine 10, semaine durant laquelle je gadouillais dans l’impatience de recevoir l’invention du jeu que je voulais prélire au public: on réfléchit et joue sur les jours de la semaine et un p’tit gars de 5 ans 1/2 rigole et fait aussitôt rigoler le monde en décidant qu’on est marda.

    puis lisa leblanc rencontre ce p’tit gars et ça donne
    http://www.youtube.com/watch?v=kF7DW_mZatA

    • @shasheer: ah non, pardon, c’était semaine 11 la genèse

  3. urbi et orbi urbi/orbi : expression qui opposerait une localisation urbaine à une loc orbitale?
    genre l’équivalent de ici et un peu plus loin, ici et un peu au delà du bout de son pied?
    de l’intra-muros ou extra-muros?

    – je pense à proposer urbi et orbi ici depuis quelque temps déjà – crois même l’avoir ouï en bouche chez françois begaudeau c’est dire – et l’actualité la ramène un peu en surface –

    . on l’entend tout d’abord beaucoup à propos de la diction de ma copine béné:
    http://www.humanite.fr/monde/urbi-et-orbi-517527
    ou quand béne-oïte le précédent tweetitait:
    http://www.newsring.fr/societe/193-dieu-a-t-il-sa-place-sur-twitter/20691-benoit-xvi-urbi-et-orbi-et-twitter

    mais si ça partit du latin et de son usage plutôt religieux donc un peu,
    on peut aujourd’hui le dire et le lire quand il s’agit de pointer des propos ou une action en local ou au-delà voire à un niveau plus général, au risque de provoquer la panique totale de ton gps interne s’il est encore vaillant

    -> on mange où ? Tu veux déjeuner plutôt en urbi ou en orbi? -> je veux dire qu’il a quand même déjà une petite notoriété, plus qu’un succès d’estime quoi
    – un succés au delà de l’urbi tu veux dire?
    -> avec lui ce que j’aime c’est que c’est qu’il est chaque fois urbi et orbi l’orgasme tu vois
    -> avant de m’accuser, t sur qu’tu les as bien cherché urbi/orbi tes clés?

    . ou encore
    à propos d’un mode de production nouveau, entre le néo libéralisme et l’étatisme, une sorte d’anticapitalisme pratique:
    jean pierre garnier relève que « Roger Sue par exemple le clame urbi et orbi c’est à dire dans libé le monde le nouvel obs et même le monde diplo »
    ou il y a un an à peu près, on a pu lire aussi quand Lepage appela au rassemblement derrière Hollande:
    … en effet la Lepage, bouée solitaire sur l’île de la tentation politique, cherche désespérément un port d’attache où faire partager urbi et orbi sa vision fondamentale …

    • @shasheer: très bien vendu shasheer, comme d’hab

  4. « mobiliser »
    emploi genre couteau suisse, dans de multiples contextes
    proposé dans l’ofl car on ne l’utilisait pas dans les années 60′
    ça fait peut-être 10 ans qu’on l’utilise, c’est peut-être trop vieux pour l’oflc
    faudrait peut-être préciser la fourchette temps de l’oflc
    facultatif

    • @Helene: et à propos de fourchette, pour toi, ce que j’avais sous la mienne samedi:
      http://img705.imageshack.us/img705/2126/photo0261n.jpg

      une preuve que, tout comme les gars peuvent être à l’origine du début d’un désir d’enfant comme c’est même écrit dans un des bouquins de françois begaudeau, une meuf peut parfois se faire plaiz à 3h de l’après m’ avec une bonne potée, pendant que son keum s’envoie une ‘tite salade,

    • sinon cette histoire de mobiliser, c’est un peu le we want u de tonton sam, ça pourrait remonter au 18e/19e par là, et puis l’enrôlement des troupes in the army ça durerait pas un peu depuis la nuit des temps non?

  5. bug de déconne/ bug de délire ou bug2déconne/ bug2délire
    quand charrier trop te rend con
    quand à force de déconne le jeu se durcit
    quand les règles ne sont pas connues de tous
    quand le jeu en vaut pu la chandelle
    «  benh t’es pas avec jules ce soir ?
    – Nan et ça m’emmerde bien d’ailleurs, ia eu un gros bug2déconne hier soir avec pascale, il s’est tiré rapide juste après et j’ai pas de nouvelles depuis »
    .mon plus gros bug2délire? avec youssef et mon ex à son anniv mais franchement, j’préfere pas trop m’en souv’nir
    . et un bug de conne récent? dans mon dernier boulot, une bonne connasse de chez connasse qui, je l’espère, se tape un prurit géant depuis qu’elle m’a couillé

  6. dans ta face
    Je connais deux soeurs, 13 et 16 ans, qui me font bien marrer.
    Aujourd’hui, on parle cheveux alors vite fait je leur raconte que je m’étais complètement rasé la tête il y a quelques années et que ma grand-mère m’avait demandé si j’avais couché avec les boches. L’une rigole et l’autre: « c’est con de penser que t’as pu coucher avec un lave-vaisselle » et celle qui rigolait gentiment me regarde: « dans ta face avec ton histoire pourrie ».
    Dans ta face, c’est plus cool que dans ta gueule.
    La version longue: « dans ta face, pétasse »

  7. en force depuis 2006 peut-être?
    par là
    trop detue le
    usage et application infinis, sans une obligation de connivences à priori
    le + rencontré:
    trop d’infos, tue l’info/
    le + surprenant:
    trop de gentillesse tue la gentillesse/
    le + profond:
    trop de silence tue le silence
    http://lionheart.forumactif.fr/t375-trop-de-silence-tue-le-silence

    trop de, tue le va ensuite endosser un costard qui paraît plus lourd, pour plus travailler le sens, on est pas là que pour rigoler, des blagounettes mais pas que:
    comme plus récemment à propos du Samsung Galaxy S4 dans trop de gadget tue-t-il le fonctionnel?
    pour en savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/samsung-galaxy-s4%C2%A0-trop-gadget-tue-t-fonctionnel%C2%A0-catherine-lejealle-672890.html#6DfrHBiB861HRgLM.99
    ou dans le peut-être bientôt d’actualité pour shasheer:
    Trop de neige tue le ski – Pyrénées : LaDépêche.fr/ http://www.ladepeche.fr › Escapades › Pyrénées

    et trop de rizzani? ça tue les dugommier?

    • @shasheer’s profil: Il me semble que l’expression « trop d’information tue l’information » est assez ancienne. Elle daterait au moins des années 90, puis se serait généralisée dans les années 2000 avec l’apparition d’Internet et de la multitude des sites d’informations. Je crois que depuis l’apparition de Twitter, qui relaie l’information en un temps record, cette expression est moins utilisée, du moins sur un ton moins négatif, peut-être parce que les gens apprécient d’avoir accès aux informations très rapidement. C’est un peu un genre de compétition qui s’installe (qui forwardera l’information du moment le plus vite possible ?). Je crois aussi que les gens apprécient d’avoir des compléments d’information à droite à gauche sur Internet, en temps réel, pour suivre le cheminement d’une situation, dans la mesure où les éléments d’information ne se contredisent pas.

      L’emploi de « trop », qui tuerait le message, donc aurait un caractère péjoratif, me fait penser au livre « Entre les Murs » de François, dans lequel François conseillait à ses élèves d’éviter d’utiliser « trop », qui était un peu un tic de langage parmi ses élèves, parce que l’adjectif qui suivait perdait son caractère positif.

  8. je déteste, pas pour autant que je ne propose pas : « portez-vous bien ». je trouve ça faussement bienveillant, d’autres le verront autrement

    • @Helene:

      Je crois que l’expression « portez-vous bien » peut se comprendre de deux manières :

      – une manière négative, parce que un peu péjorative : deux personnes discutent et ne tombent pas d’accord sur un sujet donné. A la fin de la conversation, l’un des interlocuteurs peut dire à l’autre « portez-vous bien », sur un ton un peu moqueur, voire ironique, puisque, n’étant pas d’accord, il n’y a pas de bienveillance là-dedans.

      – une manière positive, peut-être à rapprocher du « Take care » anglais, que l’on traduirait littéralement par « Prenez soin de vous ». Ce n’est pas non plus bienveillant à 100 %, plutôt indifférent. On a l’impression que cette expression est prononcée un peu mécaniquement, en prenant congé de quelqu’un, un peu comme quand on demande « ça va ? » et que l’on n’attend pas vraiment de réponse.

      • @Delphine: oui c’est ça. lundi midi je me pointe chez ma coiffeuse, qui prend ses clients sans rendez-vous : 50 mn d’attente, 3 couleurs à passer. pas grave, ça peut arriver, je reviendrai. mardi midi, re- : 40 à 50 mn d’attente, 3 couleurs. tiens il y a une couleur plus rapide qu’hier ou plus sûrement la coiffeuse se rappelle que je suis venue hier et qu’elle m’a servi le même plat.elle termine en disant : « portez-vous bien » et voilà que je prends en grippe cette expression, que je n’aimais déjà pas trop. je n’avais pas fait le lien avec l’anglais. samedi je suis allée chez un autre coiffeur, bonne expérience. je remercie la coiffeuse de son souhait que je me porte bien, réellement je me porte mieux depuis que j’ai changé de coiffeur(humeur rancunière)

        • @Helene: bonjour,
          ton témoignage me fait penser à l’extension de cheveux du justin de l’équipe à cauet hier soir
          et c du trois colors aussi :- D

          • et ça empêche pas qu’avec cyndi

      • @Delphine:

        @Helene:
        .
        « Portez-vous bien » c’est aussi le titre d’une expo de la photographe Sophie Calle.
        Un jour, Sophie Calle reçut un mail de rupture qui se terminait par « Portez-vous bien ». Elle l’envoya à une centaine de femmes afin de connaitre leurs réactions puis elle exposa ces réponses dans une installation textes-photo-pliages-vidéo-théâtre et je ne sais plus quoi… où le mail était inlassablement répété et surtout le « Portez-vous bien ».
        J’avais trouvé cette accumulation assez comique, j’aurais bien voulu que l’intention soit la légèreté mais je crois que le poids de l’installation indiquait en même temps un geste féministe teinté d’amertume.
        Sophie Calle, elle aussi, devait hésiter à comprendre ce « Portez-vous bien ».

  9. « c’est une tuerie » pour parler d’un plat très bon
    « c’est bon ! » pour dire son impatience, beaucoup chez les jeunes (ex : un prof demande à Rojine de répondre à une question, « ouvre au moins ton livre », Rojine : « c’est bon ! »)

    • @Helene: Et si le prof insiste de façon véhémente, l’antiphrastique « c’est bon » peut se transmuer en frontal « c’est abuser » que j’aime vraiment (une élève qui me répondait régulièrement du tac-au-tac l’utilisait volontiers). Pour « c’est une tuerie », est-ce qu’il ne s’agit que d’une référence culinaire ? Ca peut fonctionner dans un certain nombre de situations (« Ce film, c’est une tuerie ! », par exemple).

      • @Jérémy @Hélène: Oui, quand je bossais avec des ados, j’aimais beaucoup moi aussi « c’est abuser », mais je crois qu’il se fait plus suppliant que le « c’est bon », du moins il fait appel à la compréhension du prof et d’ailleurs on y adjoint souvent « , c’est abuser madame » voire même « la tête de ma mère là c’est abuser madame« . Je crois bien que la tuerie a déjà été proposée non ?

        • erreur :  » la vie de ma mère là, c’est abuser madame »

        • Suppliant, oui. Un appel à la compassion du prof et en même temps, tellement en-dessous d’une colère, formellement tellement contenu que c’en est en touchant. Ce qui m’attendrit, c’est que ça reste gentil.

        • @Acratie: si « la tuerie » a déjà été proposé, j’espère que ça a été retenu. je propose de retenir les expressions qui ont déjà été proposées, c’est le signe que c’est répandu 1+1+1

      • @Jérémy: oui, je rencontre aussi « c’est abuser » mais ce n’est pas du tout le même ton que « c’est bon ! ». le premier, c’est soft gentil comme tu le dis, histoire de marquer qu’on en demande trop. « c’est bon ! », c’est déplacé, une façon de parler à un adulte qui n’a pas sa place. dans le privé, les profs gueulent quand ils entendent « c’est bon ! ». des micro-chocs éducatifs, 2-3 sur l’échelle de Richter.le Rojine qui a dit « c’est bon » à un de ses profs est délégué de classe (5ème-collège privé).
        ça m’amène à une 2ème anecdote collège sur l’élection des délégués de classe : mon fils ramène sa photo de classe à la maison et on l’épluche tous ensemble comme ça se fait. quand on voit bien qui est qui, il nous dit : Alexandre et Thérèse sont les seuls à parler à tous les garçons et filles de la classe. moi : ça c’est des délégués, ils ont le profil. mon fils : non, les délégués sont Rojine et Marie. bizarrerie. mon fils : ils se sont présentés,ils ont écrit les plus beaux discours. je ne sais pas si nos échanges influenceront son vote l’année prochaine.

        • @Helene: Ce serait intéressant de connaître la teneur des discours.

          • @Jérémy: de la teneur des discours je ne me souviens plus précisément, je m’y intéresserai à la prochaine rentrée scolaire

    • v’là comme tu gères ton statut
      . jusqu’en 2004, gérer un statut est plus ou moins conscient,déjà en rapport avec des codes, des représentations, des comportements qui ont cours dans un groupe donné mais ça reste exercé avec parcimonie (comme le nombre de posts recommandés par françois)
      Un statut peut aussi désigner surtout l’ensemble des mesures, avantages – fiscaux par exemple – ou les aménagements favorables à une personne selon qu’elle soit
      nouvellement arrivée sur un territoire, étudiante, salariée, au foyer, en inactivité professionnelle, en recherche d’un emploi, en apnée, en galère
      cf.une formation agecif

      Puis lentement, à partir de 2004, et plus franchement, depuis 2010, ton statut se décline en plusieurs types et te fait accéder à de la visibilité sur un réseau social, par exemple sur ta page facebook où, en fonction de ton score d’affinités, le poids et l’ancienneté de tes publications, plus ou moins à la une d’un fil d’actualités, tu vas pouvoir gérer ta visibilité, gérer ton statut-réseau.
      On peut alors remarquer que la problématique de gestion de son statut sur un réseau social génère solidarité, partages et conseils variés comme ici
      et qu’on en parle au quotidien:

      « cool ton statut du jour inès!
      + clin d’oeil avec bout de langue dans commissure des lèvres + pouce qui dit j’aime,
      – je t’avais dit que l’anniv de feifei c’était la soirée à pas manquer. Il a assuré nabil alors? »
      + gestes moulinets en miroir des 2 interlocutrices qui se raconteront tout ça après le cours

      ou encore cette nuit où elles sont trois à s’être attablées, proches d’un couple de mecs dont l’un pleure, s’étouffe dans ses larmes qui coulent style-genre rouleaux de l’atlantique; parfois, il hoquette quelques mots :
       » c’est quand j’ai vu ton  nouveau statut – il renifle – ça m’a rendu fou – il re-renifle – et du coup,j’lui ai téléphoné pour être sûr – il se mouche – mais j’vois pas où est l’ problème.
      L’autre gars soupire et répète comme pour mieux saisir:
      – c’est quand t’as vu mon nouveau statut », après quoi il reste sans voix, regarde dans le vide, ne soutient pas son pote quand il se liquéfie sur la table, ne le contredit pas, ne l’oxygène pas quand il suffoque; il ne sait pas quoi faire, préférerait sans doute ne pas être là.
      -Mais qu’est-ce qui le met dans cet état le beau brun? s’enquiert nathalie, c’est quoi cette histoire de statut?
      – ça doit être son statut sur facebook ou sur un site de rencontre, un truc de ce genre, tu sais bien enfin, c’est par ça par exemple que tu dis si t maquée, célibataire ou juste en chasse, et là manifestement le p’tit coco, il a pas su gérer »

      • @shasheer: changer, gérer son statut

        Cela a pu aussi se dire de facebook lui-même quand l’actualité a statué et reconnu l’outil, le moyen d’organisation, de rassemblements, de mouvements révolutionnaires qu’il pouvait être comme notamment pour les printemps de ouf:
        « Facebook change de statut !
        Facebook, une invention révolutionnaire »

        • c’te profil/ v’là pas l’profil:
          Ça glousse, ça éclate de rire, ça se jette les uns-les unes sur les autres, et ça parle beaucoup, beaucoup, beaucoup:
          « bonsoir, je vous sers quelque chose? 
          La commande se passe pas trop rapide, c’est que deux d’entre eux comptent et recomptent les boules qu’ils ont mis en commun pour la soirée et ils feintent, ils calculent pour que chacun ait à peu près un truc à picoler
          Du côté des quatre autres, ça tactile de la tablette:
          -t’as vu le profil de celui-là, ça craint,
          – vl’à pas la tronche, on dirait mon oncle, j’te jure, la même coupe top ringue
          – et cui-là, cui-là, re-gardes c’te profil, t’as lu ou pas?
          – et l’aut’comment i poooose
          – et là le sourire, le sourire, c ouf
          – ces tofs d’ancêtres, ça seuca les yeuk à force
          – oh putain t’as raison ça craint,
          – tous ces profils, on croirait la vitrine d’un vieux magasin de fringues que j’avais vu en alsace, à munster je crois, et benh même on m’aurait dit, choisis c’que tu veux c gratuit, benh i’avait rien à sauver, j’te jure, un vrai carnage la mode là-bas
          – et toi au fait, t’as mis quoi sur ton profil fb? la dernière fois que j’l’ai r’gardé t’étais en partenariat domestique avec ton chat
          – vu les contacts que j’ai, mon profil il est bonnard, t’inquiètes
          – attention, j’amène les verres, le gin-to il est pour qui déjà ?
          – eh madame j’ai une idée, on joue à profil-cocktails, vous nous matez et vous d’vinez c’qu’on a commandé
          Alors la serveuse sourit, se met de profil et dit:
          « m’avez bien r’gardé? »
          puis elle pose les 6 verres hurricane au milieu de la table et repart sur ses rollers vers le comptoir

  10. conscientiser/ conscientisation : je, tu, il, conscientise des ignorants de préférence
    employé pour se défendre d’être engagé dans l’éducation des masses? -> engagé/éduquer= gros mots?
    * il pourrait s’agir de tenir une posture dans le but de convaincre d’un bien fondé d’une action mais, carnaval oblige, les termes employés sont grimés en chadoux qui sent l’orange
    – peut s’employer chez:

    . le rappeur qui veut conscientiser la jeunesse avec sa musique: « suis pas un mobilisateur mais je conscientise à un certain moment. »
    . à l’écrit dans des dossiers-candidatures suite à des appels d’offre, des demandes de subventions diverses
    – cf. un mémoire accessible en ligne et titré « L’humanitaire en quête de sens »: …/Cette position sera celle du retour au militantisme, elle sera celle de l’évolution du monde associatif vers un engagement moral. Elle prônera la conscientisation/…
    . pour expliciter l’utilisation des réseaux sociaux comme outils, moyens après que les mêmes aient parfois œuvré pour les décrier:
    …/Les médias sociaux mis à profit pour conscientiser les jeunes sur la santé reproductive !!!/…
    . dans une discussion-réaction-alerte sur la pose de cam de surveillance dans une ville:
    …/ça ne suffit pas pour « conscientiser » une agglomération de 300 000 habitants/…
    ou encore dans ce titre
    . « Homo numericus », un citoyen digitalisé et numérisé conscientisé »: …/Lire le rapport d’information n° 441 (2008-2009) de M. Yves Détraigne et Mme Anne-Marie Escoffier (Commission des lois-Sénat) du 27 mai 2009, sur « La vie privée à l’heure des mémoires numériques. Pour une confiance renforcée entre citoyens et société de l’information », devrait inciter les citoyens à engager le débat sur le développement des technologies de l’information et de la communication… quand ces dernières sont mises au service des “dominants” (administrations publiques ou entreprises employeurs, gourous de toute sorte, chefs de groupe, etc.). Si l’analyse des rapports de domination/subordination apporte un éclairage pertinent aux quelques observations et recommandations que délivre ce document parlementaire [1], une des interrogations qui forme la trame de ce rapport est la difficulté de se saisir des lignes qui séparent la vie privée de la vie sociale (ou publique)/…

    . au tél pour moins dire qu’aujourd’hui je glande:
    « tu fais quoi aujourd’hui?
    – je conscientise, et toi?
    ou
    . à 5h du mat’ quand t réveillée par tes 2 grands qui pointent des piedisent en vain pour regagner leurs piaules et qui ignoreront pas longtemps que t’aurais surkiffé être un doux rêve de dédicasignature avec un de tes auteurs préférés ai lieu de leur dire:
     » z’avez-vu l’heure les gars? et la voiture? pap c’est l’etna: il a dû prendre le scénic pour aller jusqu’à l’aéroport, j’espère que le moteur va pas lâcher, s’il loupe son avion, ça va conscientiser. »

    . bon, mon objet symbolique à moi, ça reste ce qui permet de me faire un café: m’en va conscientiser de ce pas mon breuvage préféré, bonne journée,

    • @shasheer:
      …/ surkiffé être / dans / un doux rêve de dédicasignature avec un de tes auteurs préférés ai / au / lieu de leur dire/…

      assez conscientisé tes lunettes shasheer,
      et si tu les portais maint’nant?

  11. Est-ce qu’on assiste à la naissance d’un nouveau fait de langue avec: « Nan mais allô quoi » ?
    In extenso : « Allo quoi, nan mais allô quoi, t’es une fille et t’as pas de shampooing ? C’est comme si je te dis : ‘t’es une fille et t’as pas de cheveux ». D’abord dans « les Anges de la téléréalité », puis buzz sur le net, en boucle sur Rire et chansons et hier soir au troquet vers 23h dans la vraie vie.
    « Nan mais allô quoi, y veut même pas m’payer un coup !  »
    Est-ce que ça va tenir ? Ça marche bien avec le geste et l’air outré.

    • evidemment
      un vrai tsunami
      et c’est un dugommier

  12. normal
    un peu sur-employé depuis françois hollande présidant la france
    encore hier
    – à propos du forum de Rennes (29-30 mars) Événements Libé/ Présidence normale, vous avez dit normale ?
    José Marie Bergoglio et sa fumée l’ont réactivé
    François, pape « normal » (marianne)
    un adjectif qualificatif qui pourrait être utilisé pour signifier une pose enviée, un break fantasmé, un patch idéal qui apaiserait d’un too much, d’une situation tant gonflée à l’hélium qu’annoncer un moment normal superlative en soi le fait de penser au bien-être apporté par ce terme et le comportement, la personnalité, un rythme d’utilisation ainsi décrits
    – on a bu un pot au café, il m’a dit que je lui plaisais puis il m’a proposé d’aller au ciné, une soirée normale quoi
    – louer les avions de la paf pour me faire sa déclaration? normal, vu comme elle m’aime
    – ma relation aux mails? comme pour le brossage des dents, 3 fois par jour: je les lis en arrivant, après déjeuner et une heure avant de partir, un rythme normal pour pas trop louper l’essentiel quoi
    c’est aussi le titre d’un roman
    – «Quand j’étais normal», un roman presque empathique de Marc Weitzmann (médiapart)
    mais ça pourrait exprimer aussi qu’on est un peu paumé dans des concepts, des genres, des classifications
    http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080522131845AAcksmY

    normal comme oflc, ça me ferait bien rire,

    • @sha sheer: toi t’es allée chez mimi gindreau et t’as vu ses 2 nouveaux tabliers en plastique,

    • @sha sheer:
      Je crois que ça avait commencé il y a longtemps avec Coluche :
      c’est l’histoire d’un mec, mais un mec normal… Un blanc quoi…

    • très bien vu, ce normal

  13. patcher pour corriger, modifier, améliorer, réparer, l’idée est de revenir à un mieux, mieux fonctionner, mieux être via:
    – une rustine qui peut-être de toute nature
    cf.par ex la rustine en tissu pour raccommoder un truc troué qui peut parfois mener aux délires d’un patchwork-cocooning réac
    – un logiciel, auquel on ajoute une section de code pour modif ou correction un bug par exemple
    ou
    – pour augmenter, soulager le débit de bande passante de sa connexion internet via un pack-service permettant plusieurs correctifs
    ou encore
    – pour dépanner son insistante collègue de travail devant la fontaine à eau

    merci synthol car s’éclaire enfin pour moi le choix de thème de françois begaudeau pour j’ai 20 ans.

    en ce qui me concerne, je me suis fait patcher mes pages préférées des 2 singes

    • Je ne suis pas sur de bien comprendre le sens.

      • ça y est, suis remise du film d’hier soir,

        @François Bégaudeau: c’est quoi qui est flou?

      • @François Bégaudeau: fais pas attention c’est des bêtises

        • @perdry: s’il ne l’a toujours pas fait en 30 ans, peut-on plutôt proposer à chouchou 2013 qu’il s’enquiert du mode opératoire pour rustiner et patcher chambre à air et tutti chianti auprès de Jacky?

    • sha sheer et le site de françois begaudeau, c comme bernard menez et le cinéma français:
      un grand malentendu
      . en attendant j’ai enfin démystifié mon idolâtrie, c’est le prénom: comment j’ai pu oublier que dans marche à l’ombre, le perso de lanvin s’appelle françois?
      gérard c ma madeleine, tout vient de là
      et je vais de ce pas squatter ses espaces en ligne s’il en a,
      http://www.youtube.com/watch?v=QK8mJJJvaes

      kisses,

  14. J’ai retrouvé bicraver dans un texte sur l’imprimante 3D :
    Mohamed bicrave ses statues sociales.
    J’avais oublié que ce mot existait et que j’aime bien sa sonorité, la diction particulière, accentuée sur la fin du mot qu’il oblige à avoir. Je crois que c’est un fait de langue car son sens a évolué. Peut-on partir de l’argot pour aboutir à un fait de langue ?
    – Il a son Audi le bicrave !
    bicrave désigne le dealer.
    – Combien tu la bicraves ton Audi Chris ?
    bicraver signifiait dealer, c’est devenu vendre par extension (des voitures, des crêpes, de la dope).

    • Oui j’avais entendu parler de ça. Qui doit se décliner de plusieurs autres manières, d’ailleurs. Je vais creuser avant de valider.

  15. haro (sur)
    emploi-tendance lourde chez qui est dans le mouvement, d’idées, de pensées, d’actions, en vie quoi,
    avec une intensité plus forte peut-être
    quand on crie, qu’on interjecte -ce peut être à l’oral comme à l’écrit – pour attirer l’attention sur une situation ou sur quelqu’un,
    avec/malgré le risque encouru de lui attribuer, dans un emballement olympique,la responsabilité de quelque chose pour lequel cette responsabilité risque d’emblée d’être salement mise en cause
    parfois/souvent sans qu’on lui laisse suffisamment ou du tout le droit de s’en expliquer voire d’assurer sa défense, sa mise en situation pouvant grandement lui limiter les capacités dont il disposera pour le faire.
    haro
    – pourrait par exemple avoir sa place dans un post où charles, ci-écrit et collègue sitiste, nous précise son énervement en entendant un membre d’osez le féminisme, accusant l’auteur d’un ouvrage sorti récemment sous les feux d’une mitraille mixte, et qui pourrait nous amener tous à nous pencher toujours un peu plus sur
    les notions de vie privée/ vie publique
    -> mireille dumas, si tu lis ici: c’est quand est-ce que t’invites françois begaudeau*? –

    – on peut également assister à un haro affectif familial, qui met surtout en question la mère d’un chouchou, narrateur du 2 singes ou ma vie politique, face au soutien de celui-ci pour un candidat à des présidentielles pour lequel il est, au domicile, le seul à s’engager.
    – ou encore lorsqu’elle l’écoute et l’accompagne dans la construction de sa maturation réflexive envers les autres, différents de lui, et que cette dynamique amène ce proche à lui attribuer furtivement le surnom de réac-chouchou.

    – à propos de l’actualité, pour l’instant ce matin sous mes yeux surtout hexagonale c’est vrai, je l’ai trouvé,
    mis en valeur dans des titres d’articles qui annoncent un développement de leurs auteurs, laissant toujours la possibilité par droit de réponse de pop uper à leur suite comme dans:
    . le num 322 d’alternatives économiques où un 3 colonnes est titré
    Haro sur les déserts médicaux
    . une rubrique transports en ligne
    .sur une une d’e-quotidien: haro sur l’accord de sécurisation de l’emploi
    et aussi
    . pour annoncer le développement d’ une interview de michel sapin au sujet d’un forum à grenoble:
    Haro sur l’égalité professionnelle, chantier prioritaire pour 2013

    @François Bégaudeau:
    *ça pourrait être aussi chez catherine ceylac: si on s’arrête un instant sur cette éventualité françois, ce serait thé ou café?

    • – je crains de confuser grave de l’entre 2 neurones avec cette propale:
      haro sur/ haro contre très utilisé en ce moment j’ai l’impression, à la place de tous sur / tous contre? est-ce un rizzani?
      je trouve à l’instant:
      haro sur le corps parfait dans le titre des 2 colonnes pensées libres de philippe petit à propos du nouveau culte du corps de yannis constantinidès -marianne sem.2 au 8/03/13- qui convoquerait nietzsche, son éloge du corps vivant, de la spontanéité vitale, de la bonne digestion, voire des maladies salutaires face à une tendance lourde moralisatrice à valoriser un régime maigre, une surprotection de l’existence pour un corps précautionneux, soumis à une image lisse à renvoyer aux autres en débordant d’imagination pour couvrir la métamorphose du corps, glorifier l’éternelle jeunesse des corps quitte à en bloquer la machine à enregistrer le réel qu’il est, à en freinant son travail de digestion de la réalité, son incorporation.

      . quelqu’un a-t-il lu ce nouveau culte du corps de constantinidès?

      • c’est une grosse connerie ce haro sur? j’ai fait un contresens dans la compréhension de son utilisation? si oui, ça m’intéresse, je me noies

        ce lien est pour patricia: ça se passe à Hazebrouck biloute!

        parc’que sinon, j’ajoute à mes exemples l’esprit haro sur devaquet et son projet de loi, qui tente de suinter des pages 86 mais qui ne passera pas car la joie d’y être de sujet chouchou l’éclabousse