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78 406 Commentaires

  1. Bonjour François,

    Pourriez-vous vous exprimer sur les débats sur le racisme qui agitent les médias, réseaux sociaux etc. ?

    Y a t il selon vous une culture de l’antiracisme venant des États Unis qui s’installe en France ? Cela doit il nous préoccuper ? Les antiracistes américains ne combattent ils pas le mal par le mal en opposant minorités et blancs oppresseurs ? Est-ce que j’exerce une oppression sur les minorités par ma blanchité ? Est-ce que de dire que la cérémonie des oscars est « trop blanche », « blanche comme neige » ce n’est pas du racisme ?
    Voilà le type de questions posées par la droite qui à force d’être martelées commencent à être les miennes…
    Sont-elles aussi inconfortables pour vous ou êtes vous fixé à leur propos ?

    Cyril

    • Bonjour Cyril
      Sur ces questions minées, et sur cette façon là de les poser, je crois que le plus sage et le plus sain est de s’abstenir d’intervenir.
      Pour penser tout ça on a besoin du calme et de la netteté de l’écrit. J’en parle dans un essai prochain.
      En tout cas je ne renvoie pas dos à dos les deux camps. IL me semble toujours beaucoup plus urgent et juste de combattre le racisme plutot que l’antiracisme. Et ceux qui pensent le contraire insultent beaucoup moins la morale que le réel.

      • Ces questions étant effectivement minées, j’espère que ton écrit sera sage, factuel et calme. Et évitera donc le pamphlet ou l’humiliation ou toute autre forme de violence. Parce que stérile et risqué (pour l’auteur et ses proches).
        Au cas où
        Belle journée !

    • Je me demande, cher Cyrilzh, si le problème le plus important du moment n’est pas plutôt la scission entre des groupes sociaux définis par des catégories économiques habituelles, i.e. les riches et les pauvres. Avant d’avoir des blancs versus des noirs, on n’aura très bientôt que des riches versus des pauvres. Or en ce moment, tu allumes ta télé et tu constates que dans un pays où la chute du PIB a atteint 20% en quelques mois, tout le monde est là à se chauffer sur la violence masculine, sur le racisme, sur l’islam, bref sur des questions totalement décalées par rapport au contexte économique. Je vois ça comme un effet d’hystérésis sur la réalité, un retard inquiétant de réaction de la société à la virulence de la crise économique, à la baisse du niveau de vie, à cette nouvelle structuration de classe, qui était déjà à l’œuvre bien avant la « crise sanitaire », disons depuis les Gilets Jaunes.

  2. Un peu fatiguée oui.

    Mais tu as bien raison SW, nous sommes une bande de renégats impossibles à évangéliser quand d’autres brebis égarées, ailleurs, n’attendent que ta bonne parole.

    Cours, vole sauver leur âme.
    Sourire.

    • Bon juju je savais que t’avais aimé la soirée mais pas à ce point.

      Moktar et Paco t’envoient ce morceau https://www.youtube.com/watch?v=LwcfiMRSrMs

      et me chargent de te demander de tenir un peu ta Boca

      Soupe à la grimace

    • Contente de te retrouver en forme, Juliette B
      Par contre, ne comprends pas trop ta remarque car je n’ai jamais pratiquer de prosélytisme sur le site et n’ai abordé le point de vue chrétien qu’une fois, sur la page en guerre, et suite à la lecture d’Une certaine inquiétude.
      Quant à mes posts ici, ils sont pleinement féministes, pleinement écologistes, pleinement de gauche, pleinemet quartmondistes, pleinement non violente (culturellement non violente. La différence est là).
      Quant à sauver des âmes, seule la personne en question le peut. Je n’aide que sur des aspects bassement matériels pour ma part.
      Bonne soirée

    • Merci Juliette.
      « J’arrive plus à me souvenir du titre du film de Dominik Moll, c’est bête » : tu donnes toi-même un indice capital sans t’en rendre compte, François.

      • Ce qui laisse supputer que le titre est là niché dans un neurone et qu’il glisse un bout de lui dans mon verbe
        Des machines nous sommes

        • Bon film, d’ailleurs, avec son déroulement à la Tarantino, même si les dix dernières minutes sont de trop

          • Les dix dernières minutes c’est par exemple le coup de la copine de l’Africain qui se trouve être avec le mari blanc? Effectivement ca bouclait betêment la boucle. Le scénariste se tripotait.
            Je me rappelle en revanche avoir aimé que le personnage agriculteur replonge alors qu’il sait (très grande idée ça ; je sais bien mais quand même).

          • Tout à fait, cette dernière scène incongrue, superflue, qui nous désenvoûte brusquement alors qu’on était près à crier au chef-d’oeuvre…

      • Bis repetita

        quelqu’un aurait-il l’amabilité de me dire qui est DiegoMaradona? une personne du site lui a donné mon mail perso. Je ne suis pas plus inquiète – quoi que je pourrais avec mon côté parano et mes 162 cm-

        • Samia,
          Je ne le connais pas, mais les échanges auxquels il a participé indiquent qu’il est placide et respectueux des lois.

          • Julien je respecte ce que tu dis.

            Alors si je suis bien l’affaire du siècle, certains ici font partis d’un comité scientifique très orienté vers la psychologie. On m’a glissé dans l’oreillette que vos échanges en sous-marin avec Dieu tout puissant font remontés que je suis souffrante voire très souffrante.

            Mon attitude sur cet espace laisserait supposée que :
            – Je suis une femme esseulée
            – Frustrée de ne pas avoir jouer à des jeux sexuels après autonomes
            – Ou encore que sais-je, alcoolique peut-être (on sait que tout est bon dans le cochon)

            Alors anarchiste DIGNE et ORDONNÉE, je viendrai plus tard remettre un peu les choses à leur place.

            Je ne suis pas « en guerre », mais j’essaierai de toucher un peu à la vérité.

    • Si j’étais Dieu, après avoir écouté cette super émission – car il n’a jamais raté aucun épisode de La gêne occasionnée je le tiens de source sûre -, je me dirais: Ah bah voilà, faisons en sorte qu’à l’avenir cet écrivain paufine les dialogues des films de ces deux compères réalisateurs,
      Ce qui fera trois compères et le monde sera parfait.

      Vous n’avez pas parlé de l’âne ! J’adore la scène, totalement gratuite, de sa longue morsure du bras calin de Podalydés, qui vient peut-être signifier que l’état de nature non plus n’est pas de tout repos. Et vaut de toute façon pour son comique pur, à la Tati oui.

      • Oui je m’en veux d’avoir laissé l’âne. Même si, ayant bien chopé l’absurdité pure du truc, je n’avais pas eu le flash interprétatif que tu proposes, qui me semble très bon (et très réjouissant si juste)

  3. Salut à tous,
    Un peu marre de voir mon blaze sur la page, mais tant pis; deux choses qui peuvent, à mon sens, intéresser les habitués:
    -Un témoignage remarquable sur ce que fut le syndicalisme chez Lipp et ce qu’en droit il peut-être.
    https://www.revue-ballast.fr/la-lutte-des-lip-rencontre-avec-charles-piaget/

    -Un bref entretien de Graeber qui vient de casser sa pipe. Idée intéressante: ne pas opposer l’Etat et le marché trop rapidement, car le néolibéralisme maximise les principes bureaucratiques en les diffusant. Nous vivrions dans une bureaucratie diffuse.Et j’ai songé qu’elle pouvait s’être emparé des corps à la manière de nano particules pour produire par exemple les subjectivités presqu’entièrement déterminées par le désir de contrôle et de performance(Emmanuel, Brune et un peu moi bien sûr).
    https://www.bastamag.net/Le-neoliberalisme-nous-a-fait-entrer-dans-l-ere-de-la-bureaucratie-totale?fbclid=IwAR1kKuyU8wRK5GoDwqRqb8EcD64NTZeYczfeSoKyHBg1lLerYdFuTCsoZO4

  4. À tous,
    Une mise au point historico-philosophique sur la traite négrière, par Segré. Claire et nette.
    https://lundi.am/Du-consensus-indigne-a-l-antiracisme-politique-Par-Ivan-Segre

    • Je retrouve ici l’admirable calme de Segré. Texte modèle.
      Qui formule explicitement un programme d’écriture et de vie : « les lecteurs curieux, plutôt qu’indignés, s’y reporteront. » (sans les virgules ce serait encore mieux). Et actualise sans l’expliciter (mais un peu en dernière phrase) un programme corollaire : faire de l’histoire. Je le formulerais plutot comme ça : faire de l’histoire, putain.
      (et par exemple se balader dans la série méta-historique de Boucheron : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-015950/quand-l-histoire-fait-dates/)

  5. Ça faisait longtemps.

    « Les Strophades (la Grèce ainsi nomma ces îles)
    Au sortir de la mer nous offrent leurs asiles,
    Et, de loin dominant les flots ioniens,
    Sur leurs tranquilles bords appellent les Troyens.
    Vain espoir ! Céléno, la reine des harpies,
    Infecta ces beaux lieux de ses troupes impies :
    Depuis que Calaïs à leur brutale faim
    Du malheureux Phinée arracha le festin,
    La terre ne vit pas de fléaux plus terribles,
    L’enfer ne vomit pas de monstres plus horribles.
    Sous les traits d’une vierge, un instinct dévorant
    De leur rapace essaim conduit le vol errant ;
    Une éternelle faim creuse leurs traits livides,
    Et, toujours s’emplissant, leurs flancs sont toujours vides.

    Nous abordons : soudain, sur le rivage épars,
    Des troupeaux sans bergers s’offrent à nos regards.
    Sur eux, le fer en main, nous fondons avec joie,
    Et nos dieux sont admis à cette riche proie.
    Une table dressée au bord courbé des mers
    Se couvre de ces mets par le hasard offerts :
    Soudain d’un vol bruyant, autour de notre table,
    Leur troupe secouant son aile redoutable,
    S’empare de nos mets dans sa vorace ardeur,
    Souille tout, remplit tout de son infecte odeur,
    Et mêle un cri sinistre à son toucher immonde.
    Plus loin, et sous l’abri d’une roche profonde,
    De la voûte des bois partout environnés,
    Déjà nous reprenions nos mets abandonnés,
    Déjà le feu brûlait sur l’autel de nos lares :
    Alors l’avide essaim de ces oiseaux barbares,
    Aux mains, aux pieds crochus, de ses réduits secrets
    Sort, s’élance à grand bruit, se nourrit de nos mets,
    Et d’excréments impurs empoisonne le reste.
    « C’en est trop : écartons cette horde funeste,
    M’écriai-je aussitôt. Aux armes, compagnons !
    Courons ! délivrons-nous de ces monstres gloutons ! »
    Il dit, on obéit : nos armes détachées
    Sous des gazons épais avec soin sont cachées.
    Dès qu’il entend de loin fondre l’essaim fatal,
    Du haut d’un roc Misène a donné le signal.
    Un combat tout nouveau de tous côtés s’engage,
    Sur les monstres ailés nous fondons avec rage.
    Mais leur plume défend ces oiseaux de la mer :
    Leur troupe, impénétrable aux atteintes du fer,
    Part, et laisse, en fuyant dans sa retraite obscure,
    Les mets demi-rongés, et son odeur impure.
    Céléno reste seule, et ses cris menaçants
    Font du haut d’un rocher entendre ces accents :
    « Quoi ! vils usurpateurs de notre ancienne terre !
    Quoi ! pour un vil butin vous nous livrez la guerre !
    Apprenez donc de moi, fils de Laomédon,
    Ce qu’apprit Jupiter au divin Apollon,
    Ce qu’Apollon m’apprit, ce que je vous déclare,
    Moi, la terrible sœur des filles du Tartare :

    Oui, du vieux Latium vous atteindrez les ports ;
    Mais vous ne pourrez pas vous fixer sur ses bords,
    Que, pressés par la faim, dans votre rage extrême,
    Vous n’ayez dévoré jusqu’à vos tables même ».
    Elle dit ; et soudain, d’un vol précipité,
    De l’épaisse forêt cherche l’obscurité.
    Alors tout notre sang se glace dans nos veines ;
    Alors nous abjurons nos espérances vaines.
    Pour apaiser ce peuple, aux glaives impuissants,
    Nous faisons succéder les prières, l’encens,
    Soit qu’on adore en lui les déités des ondes,
    Soit qu’il n’offre à nos yeux que des oiseaux immondes.
    Anchise lève aux cieux ses vénérables mains :
    « Dieux ! ô dieux ! écartez ces fléaux inhumains !
    Venez à moi, dit-il, déités que j’encense !
    Secourez le malheur, secourez l’innocence ! »
    Il dit : au même instant de leurs câbles tendus
    Les vaisseaux affranchis à la mer sont rendus.
    Ils partent : l’aquilon gonfle, en sifflant, leurs voiles ;
    Au gré du souffle heureux qui frémit dans leurs toiles
    Ils fendent de la mer les bruyants tourbillons,
    Et la proue en fuyant laisse au loin ses sillons. »

    • merci julien mais c’est pas le moment en fait.

    • @julien Barthe
      J’en profite pour te remercier d’ avoir indiqué les deux entretiens avec Pierre Michon. J’aime beaucoup la manière dont il parle de son écriture, de l’état dans lequel il est quand il est écrit, de l’intensité avec laquelle il parle de ce qu’il fait, et du livre en cours.
      J’ai aimé aussi l’entendre parler des auteurs importants pour lui.
      J’ai lu au moment de sa parution en 1991 Rimbaud le fils, puis j’ai lu Vies minuscules et La Grande Beune, et je l’ai un peu abandonné.
      Ces entretiens me donnent envie de le relire et notamment Vie de Joseph Roulin, et Les Onze.
      Lesquels conseillerais- tu ?

      • Salut à tous,
        Lison,
        Je n’ai pas lu la Vie de Joseph Roulin. Les Onze, bien sûr, dans lequel il pousse à l’extrême le fait de donner à voir par la langue (ce que j’écris est très laid, mais me semble s’approcher de quelque chose).

        • Mais la question concernant cette littérature serait : pourquoi tant d’obscurité?
          Cette obscurité est nécessaire, est ce qu’elle est excessive?
          Lisant les Onze je me disais qu’il y avait mieux à faire. Qu’un grand livre s’écrivait-sabotait à chaque page.
          Mais la littérature c’est peut être ce sabotage.

          • Vous ne me connaissez pas et donc n’êtes pas obligé de me croire. Je ne vais jamais sur les réseaux sociaux et c’est bien la première fois que je m’y comporte de la sorte. Ce n’est pas bien joli, mais dans le jeu de la vie, l’important n’est pas de jouer juste. Il faut utiliser les mêmes armes. Alors chose promise est chose due, je remets un peu d’ordre. Je vous offre ces quelques mots.

            Soleil et chair
            Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
            Verse l’amour brûlant à la terre ravie,
            Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
            Que la terre est nubile et déborde de sang ;
            Que son immense sein, soulevé par une âme,
            Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme,
            Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons,
            Le grand fourmillement de tous les embryons !

            Et tout croît, et tout monte !

            – Ô Vénus, ô Déesse !
            Je regrette les temps de l’antique jeunesse,
            Des satyres lascifs, des faunes animaux,
            Dieux qui mordaient d’amour l’écorce des rameaux
            Et dans les nénufars baisaient la Nymphe blonde !
            Je regrette les temps où la sève du monde,
            L’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
            Dans les veines de Pan mettaient un univers !
            Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ;
            Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
            Modulait sous le ciel le grand hymne d’amour ;
            Où, debout sur la plaine, il entendait autour
            Répondre à son appel la Nature vivante ;
            Où les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante,
            La terre berçant l’homme, et tout l’Océan bleu
            Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !
            Je regrette les temps de la grande Cybèle
            Qu’on disait parcourir, gigantesquement belle,
            Sur un grand char d’airain, les splendides cités ;
            Son double sein versait dans les immensités
            Le pur ruissellement de la vie infinie.
            L’Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
            Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
            – Parce qu’il était fort, l’Homme était chaste et doux.

            Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
            Et va, les yeux fermés et les oreilles closes.
            Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l’Homme est Roi,
            L’Homme est Dieu ! Mais l’Amour, voilà la grande Foi !
            Oh ! si l’homme puisait encore à ta mamelle,
            Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
            S’il n’avait pas laissé l’immortelle Astarté
            Qui jadis, émergeant dans l’immense clarté
            Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
            Montra son nombril rose où vint neiger l’écume,
            Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
            Le rossignol aux bois et l’amour dans les coeurs !

            II

            Je crois en toi ! je crois en toi ! Divine mère,
            Aphrodite marine ! – Oh ! la route est amère
            Depuis que l’autre Dieu nous attelle à sa croix ;
            Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c’est en toi que je crois !
            – Oui, l’Homme est triste et laid, triste sous le ciel vaste.
            Il a des vêtements, parce qu’il n’est plus chaste,
            Parce qu’il a sali son fier buste de dieu,
            Et qu’il a rabougri, comme une idole au feu,
            Son cors Olympien aux servitudes sales !
            Oui, même après la mort, dans les squelettes pâles
            Il veut vivre, insultant la première beauté !
            – Et l’Idole où tu mis tant de virginité,
            Où tu divinisas notre argile, la Femme,
            Afin que l’Homme pût éclairer sa pauvre âme
            Et monter lentement, dans un immense amour,
            De la prison terrestre à la beauté du jour,
            La Femme ne sait plus même être courtisane !
            – C’est une bonne farce ! et le monde ricane
            Au nom doux et sacré de la grande Vénus !

            III

            Si les temps revenaient, les temps qui sont venus !
            – Car l’Homme a fini ! l’Homme a joué tous les rôles !
            Au grand jour, fatigué de briser des idoles,
            Il ressuscitera, libre de tous ses Dieux,
            Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux !
            L’Idéal, la pensée invincible, éternelle,
            Tout ; le dieu qui vit, sous son argile charnelle,
            Montera, montera, brûlera sous son front !
            Et quand tu le verras sonder tout l’horizon,
            Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte,
            Tu viendras lui donner la Rédemption sainte !
            – Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
            Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
            L’Amour infini dans un infini sourire !
            Le Monde vibrera comme une immense lyre
            Dans le frémissement d’un immense baiser !

            – Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser.

            Ô ! L’Homme a relevé sa tête libre et fière !
            Et le rayon soudain de la beauté première
            Fait palpiter le dieu dans l’autel de la chair !
            Heureux du bien présent, pâle du mal souffert,
            L’Homme veut tout sonder, – et savoir ! La Pensée,
            La cavale longtemps, si longtemps oppressée
            S’élance de son front ! Elle saura Pourquoi !…
            Qu’elle bondisse libre, et l’Homme aura la Foi !
            – Pourquoi l’azur muet et l’espace insondable ?
            Pourquoi les astres d’or fourmillant comme un sable ?
            Si l’on montait toujours, que verrait-on là-haut ?
            Un Pasteur mène-t-il cet immense troupeau
            De mondes cheminant dans l’horreur de l’espace ?
            Et tous ces mondes-là, que l’éther vaste embrasse,
            Vibrent-ils aux accents d’une éternelle voix ?
            – Et l’Homme, peut-il voir ? peut-il dire : Je crois ?
            La voix de la pensée est-elle plus qu’un rêve ?
            Si l’homme naît si tôt, si la vie est si brève,
            D’où vient-il ? Sombre-t-il dans l’Océan profond
            Des Germes, des Foetus, des Embryons, au fond
            De l’immense Creuset d’où la Mère-Nature
            Le ressuscitera, vivante créature,
            Pour aimer dans la rose, et croître dans les blés ?…

            Nous ne pouvons savoir ! – Nous sommes accablés
            D’un manteau d’ignorance et d’étroites chimères !
            Singes d’hommes tombés de la vulve des mères,
            Notre pâle raison nous cache l’infini !
            Nous voulons regarder : – le Doute nous punit !
            Le doute, morne oiseau, nous frappe de son aile…
            – Et l’horizon s’enfuit d’une fuite éternelle !…

            Le grand ciel est ouvert ! les mystères sont morts
            Devant l’Homme, debout, qui croise ses bras forts
            Dans l’immense splendeur de la riche nature !
            Il chante… et le bois chante, et le fleuve murmure
            Un chant plein de bonheur qui monte vers le jour !…
            – C’est la Rédemption ! c’est l’amour ! c’est l’amour !…

            IV

            Ô splendeur de la chair ! ô splendeur idéale !
            Ô renouveau d’amour, aurore triomphale
            Où, courbant à leurs pieds les Dieux et les Héros,
            Kallipyge la blanche et le petit Éros
            Effleureront, couverts de la neige des roses,
            Les femmes et les fleurs sous leurs beaux pieds écloses !
            – Ô grande Ariadné, qui jettes tes sanglots
            Sur la rive, en voyant fuir là-bas sur les flots,
            Blanche sous le soleil, la voile de Thésée,
            Ô douce vierge enfant qu’une nuit a brisée,
            Tais-toi ! Sur son char d’or brodé de noirs raisins,
            Lysios, promené dans les champs Phrygiens
            Par les tigres lascifs et les panthères rousses,
            Le long des fleuves bleus rougit les sombres mousses.
            – Zeus, Taureau, sur son cou berce comme une enfant
            Le corps nu d’Europé, qui jette son bras blanc
            Au cou nerveux du Dieu frissonnant dans la vague.
            Il tourne lentement vers elle son oeil vague ;
            Elle, laisse traîner sa pâle joue en fleur,
            Au front de Zeus ; ses yeux sont fermés ; elle meurt
            Dans un divin baiser, et le flot qui murmure
            De son écume d’or fleurit sa chevelure.
            – Entre le laurier-rose et le lotus jaseur
            Glisse amoureusement le grand Cygne rêveur
            Embrassant la Léda des blancheurs de son aile ;
            – Et tandis que Cypris passe, étrangement belle,
            Et, cambrant les rondeurs splendides de ses reins,
            Étale fièrement l’or de ses larges seins
            Et son ventre neigeux brodé de mousse noire,
            – Héraclès, le Dompteur, qui, comme d’une gloire,
            Fort, ceint son vaste corps de la peau du lion,
            S’avance, front terrible et doux, à l’horizon !

            Par la lune d’été vaguement éclairée,
            Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée
            Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus,
            Dans la clairière sombre où la mousse s’étoile,
            La Dryade regarde au ciel silencieux…
            – La blanche Séléné laisse flotter son voile,
            Craintive, sur les pieds du bel Endymion,
            Et lui jette un baiser dans un pâle rayon…
            – La Source pleure au loin dans une longue extase…
            C’est la Nymphe qui rêve, un coude sur son vase,
            Au beau jeune homme blanc que son onde a pressé.
            – Une brise d’amour dans la nuit a passé,
            Et, dans les bois sacrés, dans l’horreur des grands arbres,
            Majestueusement debout, les sombres Marbres,
            Les Dieux, au front desquels le Bouvreuil fait son nid,
            – Les Dieux écoutent l’Homme et le Monde infini !

            29 avril 1870

          • quelqu’un aurait-il l’amabilité de me dire qui est DiegoMaradona? une personne du site lui a donné mon mail perso. Je ne suis pas plus inquiète – quoi que je pourrais avec mon côté parano et mes 162 cm-

          • Pas pu finir Les Onze, je suis pourtant un lecteur relativement assidu de Michon. Finir un brouillon parce que son éditeur est en train de mourir et le réclame en tant que faveur finale n’est peut-être pas une idée géniale — quoique ça a l’air d’avoir été bien reçu. Mon préféré est Vie de Joseph Roulin, tu devrais le lire, Julien.

          • Pas lu non plus Vie de Joseph Roulin.
            Le dernier lu est la Grande Beune qui est celui que j’aime le moins.
            J’avais remercié Julien aussi pour les deux épisodes d’Arte avec Michon, passionnants et qui rendent très curieux du livre à venir, plus long et plus classiquement narratif -dit-il.

          • Bonjour Anne Laure

            Bon la patience n’étant pas ma qualité première, je passe par toi qui discute souvent avec Diego. Peux-tu me dire qui « est » cette personne? Un type sur le site lui filé mon mail sans mon aval. Merci d’avance Anne Laure pour ton retour.

          • À François,
            Je vais y réfléchir.

          • À K. comme mon Code,
            Je vais suivre ton conseil.
            À Lison,
            C’est vrai que la lecture des Onze n’est pas aisée. Il faudrait le lire d’une traite. Surtout, ne se laisser intimider ni par Michon ni par François et K.

          • dans les livres que je compte lire il y a la Vie de Joseph Roulin, bientôt … (merci du rappel)
            sinon il y en a une adaptation au théâtre à Bussang https://www.theatredupeuple.com/programme/saison-2020/automne-hiver/vie-de-joseph-roulin

          • puis Lyon et Paris :
            https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/La-Vie-de-Joseph-Roulin/lesdates/
            (mais je ne connais pas Thierry Jolivet, j’étais tombée sur cette info d’adaptation sur le site de la comédie de Colmar)

    • Merci, Julien Barthe
      En retour, cet extrait des Contemplations
      « Viens voir mon âme dans son antre,
      L’esprit lion, le coeur enfant ;

      Viens voir le désert où j’habite
      Seul sous mon plafond effrayant ;
      Sois l’ange chez le cénobite,
      Sois la clarté chez le voyant.

      Change en perles dans mes décombres
      Toutes mes gouttes de sueur !
      Viens poser sur mes oeuvres sombres
      Ton doigt d’où sort une lueur !

      Du bord des sinistres ravines
      Du rêve et de la vision,
      J’entrevois les choses divines… –
      Complète l’apparition !

      Viens voir le songeur qui s’enflamme
      A mesure qu’il se détruit,
      Et, de jour en jour, dans son âme
      A plus de mort et moins de nuit !

      Viens ! viens dans ma brume hagarde,
      Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
      Où confusément je regarde
      Les formes obscures du sort.

      Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
      Dieu, pour le penseur attristé,
      Ouvre toujours dans les ténèbres
      De brusques gouffres de clarté.

      Avant d’être sur cette terre,
      Je sens que jadis j’ai plané ;
      J’étais l’archange solitaire,
      Et mon malheur, c’est d’être né.

      Sur mon âme, qui fut colombe,
      Viens, toi qui des cieux as le sceau.
      Quelquefois une plume tombe
      Sur le cadavre d’un oiseau.

      Oui, mon malheur irréparable,
      C’est de pendre aux deux éléments,
      C’est d’avoir en moi, misérable,
      De la fange et des firmaments !

      Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
      C’est de songer que j’étais beau,
      D’ignorer comment je me nomme,
      D’être un ciel et d’être un tombeau !

      C’est d’être un forçat qui promène
      Son vil labeur sous le ciel bleu ;
      C’est de porter la hotte humaine
      Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

      C’est de traîner de la matière ;
      C’est d’être plein, moi, fils du jour,
      De la terre du cimetière,
      Même quand je m’écrie : Amour !
       »

      Belle journée,

      • Merci So What,
        « Quelquefois une plume tombe
        Sur le cadavre d’un oiseau. »
        Cette image n’a pas fini de m’intriguer.

        • Oui, j’ai eu le même étonnement, Julien Barthe
          Plutôt attendue chez Baudelaire que Hugo
          Ceci dit, VH est catholique et se sait donc appelé à la sainteté. Or, cette dernière ne s’atteint que par une très grande humilité. Ce que ne cesse de nous rappeler aussi la sociologie et le déterminisme en particulier aujourd’hui. : )

  6. réverbères j’ai du mal à te trouer dans ce monde opaque(noir) où es-tu??? attention le site est dangereux. t’aime le feux d’artifice?

    • Pas évident de slalomer dans ce peu de couleurs vives. J’adore les feux d’artifices et j’ai malheureusement loupé les précédents… Fais moi sursauter!

      • Qu’en penses tu? Il me semble qu’il ne t’ai pas plus inconnu

        oh réverbères, je sais c’est compliqué dans ce « lieu » mais bon tu gères et tu veux écouter quoi commeson?????
        `

      • Réverbères t’as des tof d’Avignon???

        • Pas de paparazzade… mais certaines photos de cette édition sont criantes d’un sentiment de gêne, physiologique ou psychologique… Ca je ne saurais dire

          • après t’as vu que mon tanga a lâché. Je te jure sur la tete de sim que j’ai pas fait exprès. A plus chouch

  7. Salut à tous,
    François,
    Il me semble que tu évoquais d’autres soirées de présentation d’Autonomes dans le Grand Sud. Es-tu en mesure de préciser.

    • pas pour l’instant chouchou, c’est moi qui gère, laisse ton mail au distributeur te dirai

    • en attendant je t’offre ça pour ton assiduité

      https://www.youtube.com/watch?v=4RS5SSW7j5Q

    • Bon y a pas trop de vomi. Promis juré (craché j’hésite) je reviens tout à l’heure nettoyer le bazar. Sans bruit, casque aux oreilles
      A plus tard

    • Valence le 15, Saint-Etienne le 16, Montpellier le 17, Toulouse le 18
      Aix le 22 octobre, Perpignan le 25 oct
      y a même un peu de Corse juste avant

      • Merci François.

      • Reverberes / 6 septembre 2020
        Bonsoir l’arène,
        Je vais vous dire…
        J’ai repoussé ma venue dans la fosse.
        Mais il y a des mouvements mal habiles, relents putrides, qui me font poser un premier pion.
        Je ne parle pas votre langage et avoue migrainer fort à la lecture de votre écri-vain.
        Mais sachez que si votre « seigneur » semble prompt à déverser multitude de signes et se creuser l’âme pour répondre à ses « détracteurs » feu patrons; Il est semble-t-il, beaucoup moins imaginatif et philosophe pour, courtoisement, mettre fin à ce qu’il a bien longtemps alimenté.
        Les insultes et autres bassesses peuvent se régler en privé, ma foi, non sans soutien en coulisses.
        Mais dès lors où sieur se permet de divulguer une identité et de continuer à se fourrer, à moi de me sembler, dans de beaux draps souillés, je rentre sans pressions en scène.
        N’oubliez donc pas, avant de vouloir démasquer, d’être en paix avec le visage qui se cache sous le vôtre.
        Répondre
        Samuel Hall / 6 septembre 2020
        Réverbères… c’est manstream pourri ou équivoque ici même? Si tu as des choses à balancer vas-y je t’en prie Réverbères!
        Répondre
        Reverberes / 6 septembre 2020
        Enorme, ça oui, mais hors tournages…
        Ce n’est pourtant pas mon style de jeter en pâture, mais l’herbe ici me paraît peu grasse aux vues de l’arrosage du berger.
        Samia / 6 septembre 2020
        merci rebervères. Attend je lis t’es mots et j’arrive. Ici faut faire très attention si tu comprend pas on te clasche
        Répondre
        Samia / 6 septembre 2020
        https://www.cnil.fr/sites/default/files/typo/document/SNCD-emailing.pdf
        je peux répondre ça puis on peut jouer aussi
        Samuel Hall / 6 septembre 2020
        * à Réverbères, ok ok mais dans la real life, il est comment ce gars là? car ce qu’on voit de lui à la télé donne envie mais est-il vraiment comme ça dans la real life?
        Reverberes / 6 septembre 2020
        Je ne pourrais pas dire grand choses si ce n’est qu’il n’a pas le cran de sa pré supposée éloquence.
        J’ajoute quand même qu’il a le culot de son melon, mais tout de même pas irl…
        Samia / 6 septembre 2020
        moi j’y sucer c’est faisable, mais jusqu’à la moelle tu prends des risques non???
        Répondre
        Samia / 6 septembre 2020
        oh réverbères tu le connais??? tu l’as déjà vu? genre à Avignon?
        Répondre
        Reverberes / 6 septembre 2020
        Connais pas, observé, analysé, y a de ça. Sans rentrer dans le côté Hitchcockien hein!
        Pour ce qu’il en est ressorti, de mon point de vue, c’est un esprit délavé oscillant entre bien pensance narquoise et bourgeoisie faussement fortuite. . .
        Reverberes / 6 septembre 2020
        Connais pas, observé, analysé, y a de ça. Sans rentrer dans le côté Hitchcockien hein!
        Pour ce qu’il en est ressorti, de mon point de vue, c’est un esprit délavé oscillant entre bien pensance narquoise et bourgeoisie faussement fortuite. . .
        Reverberes / 6 septembre 2020
        Qu’en penses tu? Il me semble qu’il ne t’ai pas plus inconnu
        Samia / 7 septembre 2020
        réverbères
        what the fuck the site de merde mais on s’en tamponne :
        Pas de paparazzade… mais certaines photos de cette édition sont criantes d’un sentiment de gêne, physiologique ou psychologique… ça je ne saurais dire mais j’ai les photos tu le sais, on s’est bien marré quand même
        Répondre
        Samia / 6 septembre 2020
        à toi de jouer réverbères
        Pas évident de slalomer dans ce peu de couleurs vives. J’adore les feux d’artifices et j’ai malheureusement loupé les précédents… Fais moi sursauter!
        pas de feu d’artifice, l’histoire l’est avec énormément de couleurs. Je déteste les series mais là ma sens juste obligée.
        Répondre
        Samia / 7 septembre 2020
        oh chouchou je t’aime et ça tu ne peux en doutais. Je te jure sur la tête de ta mère que je t’envoie la photo demain. Je t’aime
        Répondre

        Je ramasse les quelques miettes de chips. Et je boucle les poubelles.

  8. Est-ce-que Schnoups traine encore par ici de temps en temps ? Pensé à toi et à tes passionnantes histoires d’autonomie en lisant ce papier qui parle de l’Internationale Boulangère Mobile et autres Cantines populaires.
    https://www.lamuledupape.com/2020/09/01/les-cantines-populaires-atout-indispensable-au-sein-des-luttes/

  9. bine ouèj Ju, touchée mais pas coulée.

    Tu joues vraiment très mal. Me suis toujours demandée pourquoi Kiarostami t’avais appelé. Peut-être le titre, who knows.

    • bonjour Samia,
      est-ce une frustration sexuelle quelconque qui te met dans cet état, dis moi?
      Genre, François Begaudeau qui aurait refusé un jeu de cul à la sortie d’Autonomes ou que sais-je?
      parce que là, vraiment, ça fait moyen honneur aux meufs tout ca.

      • Bonjour BS,

        Ah tu me ravies. Tu me plais là. J’aime les questions précises.
        Bon en même temps, comment te dire, Dois-je te répondre aussi précisément? Joker, là j’avoue je deviens tiède. Mais, je pense que tu touches un truc. Tu chauffes grave.
        En revanche quand tu parles de femmes comprends pas ta réflexion genrée. Pas du tout dans ce registre, honneur déshonneur.

        • C’est que ce garçon ne sait plus où donner de la tête, un peu d’empathie nom de nom.

          Est-ce une raison pour venir foutre en l’air toute la baraque ici?

          • Foutre en l’air la baraque, déconnes pas BS, t’abuses.

            Tu as l’air très douce, j’aime. Je t’offre ce petit moment de musique

            https://www.youtube.com/watch?v=Mf_5l1yTKNY

            et par la même occasion je nettoie un peu. Comme d’hab, je sali- je nettoie, c’est la règle pour tous.

          • Montreux: merci.

  10. Cool pour les lignes à propos du Larrain.

    ‌Toi aussi, hier, donc? marrant.
    ​Pas encore vu le Letourneur, il y a des films qui peut-être resteront pu très longtemps à l’affiche que j’essaie de voir avant (comme Citoyens du monde exemplairement)

    Avant de lire les échanges des sitistes-collègues virtuels, je sais qu’hier, en passant le pont, j’avais bien envie de laiiser mon corps tenter le reggae town.
    Je découvre à l’instant qu’à Rouen, il lui dédie un festival dis donc :- )

    Sérieux? à Rouen. Respect.

    • @ Z

      • moi, à propos d’Ema: (après lecture des collëgues-sitistes)

        ‌‌oui, la scène dans la cuisine:
        le couple adoptant ne me paraît pas détruit: croiser Ema va évidemment chahuter, à minima, leur vie (tu parles d’une putain de rencontre, ouais) mais l’avocate qui se fait payer en nature semble voir Ema, chez eux, avec beaucoup de douceur et son mari de pompier en semble surtout doucement étonné.
        Seul le chorégraphe reste paumé dans tout ça.

        La mise à plat des désirs, quelque soit le genre, opérée par Larrain dans ce film, c’est quand même quelque chose,
        et je garde en tête le ´ failli me mettre avec un mec ´ du mari d’Ema lorsqu’elle insiste bien sur le fait que si la blonde baise avec lui, c’est qu’elle lui en a d’abord donné l’autorisation (lorsqu’il se retrouve au café).

        Ema est magnétique, et le regard du petit Polo dans le taxi me paraît bien illustrer celui de chacun, spectateur, lorsqu’elle apparaît en gros plan à l’écran.

        • ‌Concernant le couple Gaston-Ema, le merdier, dans lequel on fait leur connaissance dans le film, après qu’ils aient rendu Polo au centre d’adoption, s’appuie surtout sur la stérilité de Gaston, il me semble.
          C’est ce que reproche Ema, de base, à Gaston.
          En revanche, suis un peu paumée à propos de l’éventuel désaccord du couple sur le fait de rendre l’enfant: il y en a bien un, ou bien?

          Souvenir que Gaston rappelle non stop comment Polo suppliait Ema de ne pas le ramener à l’orphelinat, ce qu’il lui disait, de ne pas lacher sa main par exemple, tandis qu’Ema précise de son côté à sa soeur que ce n’est pas précisément pour l’accident qu’elle a subi qu’ils ont rendus Polo.

          Ema se reproche et reproche à Gaston que cet enfant soit à l’origine d’un accident grave:
          Gaston est incapable de lui faire un enfant et d’en élever un adopté, avec elle, sans dommages.

          Gaston & Ema ont-ils finalement ramené Polo dans un moment de lucidité?

          • ‌Du coup, repensant à la scène où Ema parle de trompe qui déverse en elle une décharge brûlante, quand elle parle de son amant qui, oui, est un bon coup, truc comme ça, je comprends son perso comme vivant par éruptions successives de désirs, ce qu’une des scènes chorégraphiées m’a semblé montrer avant qu’un apaisement, quand Ema est comme engloutie par toutes la troupe de danseurs, termine le tableau.

      • oui hier, c’était samedi sans mes filles donc latitude pour aller jusqu’à lille avec ma carte ugc illimité
        et voir ce qu’est une braderie annulée et masquée, ben c’est pas gai
        vendredi soir c’était concert (enfin … oui des musiciens live donc concert) et là je suis sur le point d’aller voir la Devise à l’Ecole buissonnière (et ça m’étonnerait pas d’y croiser une Amélie en plus)

        • j’ai oublié de dire que la plongée sur le spectacle du début d’Ema m’a fait briller le plateau et me donne envie de retourner pratiquer le théâtre amateur.

          • ‌Ema, de Pablo Larrain: je lis aussi à propos d’un questionnement sur du possible anti-masculinisme,
            .. un brûlot anti-mecs à la fois effrayé du ressentiment anti-mecs:

            – Est-ce que par exemple la scène où la copine danseuse brune, avec frange, couette haute et tempes rasées (c’est tout pour le rôle de Jacques Dessange, oui) – celle qui offre volontiers une place dans son lit à Ema, lorsque celle-ci quitte celui qu’elle partage avec Gaston –
            est-ce que cette scène où ce perso raconte aux copines comment elle détend les mecs, sans aller jusqu’au bout, en est une par exemple?

            [ pour mémo, elle raconte comment elle met du coeur dans la branlette, puis dit qu’elle a ses régles, sans oublier de dire qu’elle fixe les mecs lorsqu’elle les branle, car elle adore voir leur air con à ce moment-là, s’étonne à chaque fois de voir comme leur visage change, comment ça leur file un air de petit garçon ajoute-t-elle ]

          • ‌Dans cette scène, où au final la meuf les laisse tendus comme souvent le string, le perso savoure la puissance, la hauteur, l’ascendant qu’elle voit qu’elle garde ainsi sur les mecs.

          • IL faudrait recommencer par le début, par le plus simple : le récit.
            Qui a fait quoi?
            Qu’est ce qu’Ema reproche au père? De quoi l’accuse-t-elle? Le fait-elle à raison?

        • paraît que même les moules étaient masquées, oui

    • Je ne suis pas sûr qu’Enorme reste si longtemps à l’affiche.
      D’abord il n’est pas si bien distribué. Et ensuite c’est vraiment un faux film mainstream, qui à mon avis n’aura pas un bouche à oreille de dingo. Un film mineur, malaisant, redoutable. Un crime parfait.

      • ah ok, j’y vais t’t’à l’heure, alors, merci
        kiss

      • Allez ça commence à guincher un peu, style ça s’encanaille (je l’ai déjà dit, mais j’adore le répéter)

        C’est très Auch

        https://www.youtube.com/watch?v=qFLhGq0060w

      • la petite bourgeoisie continue, mais c’est chouette ça donne du fil

        https://www.youtube.com/watch?v=def3ob2h-1s

      • Bonsoir François. Je ne suis pas sûr de partager votre point de vue. En quoi ce film n’est pas mainstream?

        • ‌le casting-duo des persos principaux d’Enorme pourrait faire mainstream (J.Cohen a pris un peu de galon au box-office et M.Foïs, on est pas loin d’en avoir assez de sa bouille, non?)
          mais le thème de la femme qui refuse de faire maternité, qui, une fois prise, semble moyen en voie d’activer son instinct maternel (sur ce que j’en perçois dans la B.A. toujours car, finalement, comme j’ai failli mettre le feu à la cuisine, à la suite d’un problème avec le micro-ondes, pas pu aller le voir ce soir) c’est peut-être ça qui en fait un faux mainstream.
          Verrai ça demain, j’espère, sinon j’avoue être impatiente de retrouver Lavernhe et Calamy dans l’Antoinette dans les Cévennes.

        • On y consacre une Gene occasionnée bientot. Elle sera en ligne la semaine prochaine.
          J’essaierai de déplier ce point.

      • Bonsoir l’arène,
        Je vais vous dire…
        J’ai repoussé ma venue dans la fosse.
        Mais il y a des mouvements mal habiles, relents putrides, qui me font poser un premier pion.
        Je ne parle pas votre langage et avoue migrainer fort à la lecture de votre écri-vain.
        Mais sachez que si votre « seigneur » semble prompt à déverser multitude de signes et se creuser l’âme pour répondre à ses « détracteurs » feu patrons; Il est semble-t-il, beaucoup moins imaginatif et philosophe pour, courtoisement, mettre fin à ce qu’il a bien longtemps alimenté.
        Les insultes et autres bassesses peuvent se régler en privé, ma foi, non sans soutien en coulisses.
        Mais dès lors où sieur se permet de divulguer une identité et de continuer à se fourrer, à moi de me sembler, dans de beaux draps souillés, je rentre sans pressions en scène.
        N’oubliez donc pas, avant de vouloir démasquer, d’être en paix avec le visage qui se cache sous le vôtre.

        • Réverbères… c’est manstream pourri ou équivoque ici même? Si tu as des choses à balancer vas-y je t’en prie Réverbères!

          • Enorme, ça oui, mais hors tournages…
            Ce n’est pourtant pas mon style de jeter en pâture, mais l’herbe ici me paraît peu grasse aux vues de l’arrosage du berger.

        • merci rebervères. Attend je lis t’es mots et j’arrive. Ici faut faire très attention si tu comprend pas on te clasche

          • https://www.cnil.fr/sites/default/files/typo/document/SNCD-emailing.pdf

            je peux répondre ça puis on peut jouer aussi

          • * à Réverbères, ok ok mais dans la real life, il est comment ce gars là? car ce qu’on voit de lui à la télé donne envie mais est-il vraiment comme ça dans la real life?

          • Je ne pourrais pas dire grand choses si ce n’est qu’il n’a pas le cran de sa pré supposée éloquence.
            J’ajoute quand même qu’il a le culot de son melon, mais tout de même pas irl…

      • moi j’y sucer c’est faisable, mais jusqu’à la moelle tu prends des risques non???

        • oh réverbères tu le connais??? tu l’as déjà vu? genre à Avignon?

          • Connais pas, observé, analysé, y a de ça. Sans rentrer dans le côté Hitchcockien hein!
            Pour ce qu’il en est ressorti, de mon point de vue, c’est un esprit délavé oscillant entre bien pensance narquoise et bourgeoisie faussement fortuite. . .

          • Connais pas, observé, analysé, y a de ça. Sans rentrer dans le côté Hitchcockien hein!
            Pour ce qu’il en est ressorti, de mon point de vue, c’est un esprit délavé oscillant entre bien pensance narquoise et bourgeoisie faussement fortuite. . .

          • Qu’en penses tu? Il me semble qu’il ne t’ai pas plus inconnu

        • réverbères
          what the fuck the site de merde mais on s’en tamponne :

          Pas de paparazzade… mais certaines photos de cette édition sont criantes d’un sentiment de gêne, physiologique ou psychologique… ça je ne saurais dire mais j’ai les photos tu le sais, on s’est bien marré quand même

      • à toi de jouer réverbères
        Pas évident de slalomer dans ce peu de couleurs vives. J’adore les feux d’artifices et j’ai malheureusement loupé les précédents… Fais moi sursauter!

        pas de feu d’artifice, l’histoire l’est avec énormément de couleurs. Je déteste les series mais là ma sens juste obligée.

        • oh chouchou je t’aime et ça tu ne peux en doutais. Je te jure sur la tête de ta mère que je t’envoie la photo demain. Je t’aime

    • pfff reggaeton,
      grrr cte cruche

  11. Dis-moi François, j’ai revu les premiers Xavier Beauvois (Nord, N’oublie pas que tu vas mourir, Selon Matthieu – Le Petit Lieutenant ne va pas tarder) et je les ai encore plus appréciés qu’à l’époque où je les avais découverts.
    Que penses-tu de ce cinéaste qui a marqué mes 20 ans et dont le style m’évoque tout autant Pialat, Dumont qu’Ostlund ?
    PS : mon conseil livre du jour pour les sitistes intéressés est « Les petits enfants du siècle » de Christiane Rochefort dont j’avais déjà parlé (Les Stances à Sophie).

    • Tiens, à propos de bouquins

      (‌Bonjour RV, )

      Comme j’arrive pas à avancer dans le pavé d’Aymeric Caron, son Utopia XXI, acheté il y a au moins mille ans et repris 2 fois déjà (je deviens une merde comme lectrice, passé les 200 pages) je pense tenter l’Impasse Verlaine de Farah.

      Quelqu’un d’ici qui l’aurait lue, peut-être?

        • Jamais entendu parler de ce livre (bonjour BS) (couilles BS)

          • Merci Hervé pour ton grand esprit. Je t’invite chez Ju ce soir. Je compte sur toi pour les blagues, je suis sûre que tu vas nous bidonner…

          • Samia
            Plutôt que de te faire chier à nous attaquer les uns après les autres, je te conseille un post unique, une espèce de récapitulatif, où tu regroupes tes griefs et où tu nous envoies tous bouler.
            Ce sera fait, tu seras soulagée, et on pourra passer à autre chose.

            Ce soir, je crains que tu sois toute seule à la soirée, tu comprends pourquoi.

          • (me voici aux anges, merci RV)

            ‌À propos de couilles, vu hier soir le dernier Pablo Larrain: on m’avait bien dit qu’il savait faire du cinéma.

            À la suite des visionnages, en avant-première ou autres, des lignes à propos doivent être marquées ici, je vais chercher.

          • – je suis aux anges, merci RV –
            ‌À propos de couilles, vu hier soir le dernier Pablo Larrain: on m’avait bien dit qu’il savait faire du cinéma.

            À la suite des visionnages, en avant-première ou autres, des lignes à propos doivent être marquées ici, je vais chercher.

          • Buté sur ton post, Lison (ça va?)
            d’où le doublon, déso

          • BS
            Oui ça va t’inquiètes, mais j’aime pas qu’on fasse chier mes copains, aussi virtuels soient ils, et là on a tiré le gros lot.
            Et pas vu encore le Larrain, j’essaie cette semaine, et j’espère qu’on en reparle bientôt.
            Il y avait eu des échanges entre Charles, Billy et François à propos du film, mais ça date un peu. Bon courage pour les retrouver.

          • ehehe Lison, j’ai dit t’as un joli prénom c’est tout en fait. Ton conseil me fait chaud au cœur, merci. Fine psychologue toi aussi. Un tantinet curieuse mais bon. Alors ce soir tu viens pas, dommage. T’aimes pas les feux d’artifices, pourtant c’est bon.

          • vu Ema hier, beaucoup aimé et beaucoup aimé relire ce qui s’est dit ici et que j’avais copié/collé en prévision :

            Charles / 6 avril 2020
            Ma chère Billy, chose promise chose due. Voici ma critique d’Ema (je changerai peut-être quelques formulations d’ici là mais t’en as la substance).
            Attention, ceux qui seraient tentés de lire ce qui suit sans avoir vu le film seraient amenés à découvrir des éléments essentiels à l’intrigue que je recommande d’ignorer avant sa vision.
            On avait laissé Pablo Larrain avec deux magnifiques biopics sortis à six mois d’écart : Neruda – une rêverie nabokovienne sur la traque du poète et homme politique chilien par un personnage de flic qu’il inventait au fur et à mesure du récit ; Jackie – le portrait mi-cruel mi-empathique de l’épouse défaite de JFK après l’assassinat de celui-ci.
            Il revient aujourd’hui avec une œuvre de prime abord moins ambitieuse où sont remisées l’Histoire, la littérature et la politique. Le sujet est cette fois plus intime et contemporain mais pas moins tortueux : la destruction d’un couple – lui chorégraphe, elle danseuse (Ema, donc) de sa troupe et âgée de 12 ans de moins – après la « restitution » de l’enfant perturbé qu’ils avaient adopté (il a brûlé le visage de sa tante, ce qui n’aide pas toujours à l’intégration dans la famille d’adoption). Puis les manœuvres pour le moins perverses d’Ema, soit coucher avec les nouveaux parents adoptifs, pour retrouver le fils. Tout ça dans le milieu du reggaeton, au Chili.
            Le film commence donc là où bien d’autres cinéastes auraient terminé, Larrain ne décrivant pas le lent processus de dégradation d’une histoire d’amour perturbée par l’arrivée d’un enfant démoniaque mais comment ce couple va gérer l’après de la restitution, la honte et la culpabilité qui y sont attachées.
            Cette situation n’est pas immédiatement donnée au spectateur qui doit en réalité la reconstituer à partir de scènes énigmatiques, brèves et elliptiques qui nous montrent un couple qui se déchire ou plutôt deux personnes qui s’agonisent d’injures.
            Ce mode d’introduction désoriente et déstabilise totalement le spectateur par la violence et la cruauté de ce couple qu’il vient pourtant de découvrir. L’enfant n’est quant à lui qu’une silhouette muette, principalement hors champ, d’une opacité sur laquelle Larrain a la bonne idée de ne pas capitaliser à peu de frais. Non, ce qui l’intéresse c’est ce couple bancal en déréliction, malsain dans son rapport avec l’enfant (ainsi croit-on apprendre que sa mère lui donnait encore le sein alors qu’il avait 8-10 ans).
            Mais le film va se centrer en réalité sur Ema (puissamment interprétée par Marianne Di Girolamo, actrice de télénovélas chilienne), cette jeune danseuse blond platine au corps d’enfant, frondeuse et arrogante, qui est à la fois très dure dans ses rapports avec les autres et capable d’une vraie tendresse. Il faut sinon du courage du moins une certaine audace pour imposer – elle est de toutes les scènes ou presque – une héroïne aussi peu aimable, sans concessions et parfois tête à claques.
            Même quand le spectateur comprend les raisons véritables pour lesquelles Ema séduit tour à tour les nouveaux parents adoptifs, les relations qu’elle noue avec eux n’en sont pas pour autant dépourvues d’attachement sincère et d’une tendresse non feinte – prête à tout pour retrouver son enfant mais qui ne bascule jamais tout à fait dans l’irréparable, ce qui rend son personnage si ambivalent et donc passionnant à suivre. C’est un faux diable à visage d’ange.
            Mais la danseuse n’écrase pas le reste des personnages qui sont tous magnifiquement incarnés, que ce soient ses amies danseuses, sorte de guerrières amazones qui font corps avec elle ou les nouveaux parents de l’enfant qui vont être tour à tour séduits par ce succube.
            C’est aussi le portrait d’une jeunesse chilienne précarisée mais sûre d’elle et aussi d’un milieu – le reggaeton comme un style de vie auquel le film s’intéresse réellement et pas simplement comme d’un décor, que ce soit dans ses dialogues ou dans les nombreuses scènes de danse. Ce regard intrigué et empathique est dépourvu de tout mépris et de toute condescendance, il est celui d’un homme de la génération précédente (Pablo Larrain a 43 ans) qui cherche à comprendre mais surtout à saisir cette jeunesse dans sa force, à la prendre pour ainsi dire sur le vif.
            Certains films donnent l’impression de suivre un programme et si celui-ci est peu réjouissant ou étriqué son déploiement n’en est que plus laborieux et donc pénible pour le spectateur. Pas ceux de Larrain où toutes les clés ne sont pas immédiatement données au spectateur, où tout peut arriver, où on ne cesse de changer d’avis sur les personnages – ainsi on ne sait quoi penser du mari d’Ema, ce chorégraphe (interprété entre rétention et éclatement par un Gael Bercia Bernal toujours juste) perdu et dépassé par la froide et absolue détermination de son épouse.
            Peut-être que Larrain se montre par endroits trop virtuose avec sa caméra, ses imposants et longs travellings, mais qu’importe car ce film est celui du malaise, du mauvais goût et de la cruauté – il est en cela très différent d’un Marriage story qui s’échine à nous montrer des artistes élégants et bien élevés essayer de se détester dans un style mélancolique et raffiné. Ici ça grince et le film reste comme du sable entre les dents.
            Ema est sans doute trop tapageur et amoureux de sa propre virtuosité pour être considéré comme un très grand film mais peu importe car il est en définitive à l’image de son héroïne, frondeur et déterminé, sûr de sa puissance.
            Répondre
            Billy / 11 avril 2020
            On est d’accord en fait. Je sais pas sur quoi on va se chauffer du coup.
            Je dis quand même 2-3 trucs, que t’ai pas poireauté une semaine pour rien :
            Tu dis que le film commence là où d’autres cinéastes l’auraient terminé. Oui, exactement, l’histoire commence par un biais atypique avec une belle narration, destabilisante, fragmentée.
            La séquence du début avec montage parallèle entre spectacle et scènes avec son mari (à l’hopital, dans la chambre, des excuses étranges car sans explication, lui qui imite l’enfant…). On entre dans ces scènes en cours de route, avec des personnages parfois pas encore identifiés, des morceaux de dialogues en off. Le spectateur reconstruit l’histoire au fur et à mesure, se demande si certaines scènes sont des flash-back, court après Ema. Ces scènes parcellaires sont liées par le son et la musique dissonante. Comme une construction mentale, celle d’Ema.
            Une construction mentale bancale : les plans du film en travelling lent, sont en mouvement constant, ça crée un déséquilibre. Ça va se casser la gueule. La ville étrange, très en pente, appelle le déséquilibre, le vide. Ema y est transportée par bus, téléphérique, dansée par la musique. Déséquilibre et dissonance encore : Ema est assez molle, lente. Une mollesse d’adolescente, sa danse est une transe molle. Entre cette façon de donner des infos dans les ellipses, à contretemps, et le flottement de la caméra, le film épouse ce rythme musical de la transe molle.
            Le film est une rêverie sur Ema, ou celle d’Ema. Danseuse, artiste, elle agit en esthète, ne semble agir que parce que c’est beau : elle brule le feu rouge d’une rue, elle danse au coucher de soleil en hauteur de la ville, se teint les cheveux en blond…
            La blondeur d’Ema, filmée de dos dans des longs travellings, m’a fait penser à Elephant. Même personnage opaque, qui montre peu d’émotion, même visage d’enfant, même jeunesse lumineuse et morbide, même désirs multiples (donc y compris des désirs morbides). Même mollesse adolescente qui donne le rythme d’Elephant et d’Ema.
            Ema est une mère à l’enfant perdu, probablement pyromane. C’est peut-être elle qui a cramé sa sœur, ou appris à son fils comment faire. Le film ménage tellement de pistes (mère pyromane, mère incestueuse…) Plusieurs fois dans le film, elle utilise un lance-flamme (1ere séquence, puis à mi-film elle brule la bagnole, et dernier plan elle achète de l’essence). Armée du lance-flamme, elle est une perdante radicale. Comme le héros d’Elephant, toujours.
            Ema dit à ses copines « je suis l’amour » (elle désire toutes les meufs du groupe qu’elle désigne une à une), elle leur parle de « Bruler pour semer ». Le film commence sur un belle séquence d’Ema avec un lance-flamme brulant un feu rouge. Ema est un pur désir, un pur lance-flamme. Elle crame de son désir tout autour d’elle : son fils, son mari, la troupe de danseuses, le pompier, l’avocate, même la directrice de la nouvelle école. Le film suit le désir d’Ema, un désir au lance-flamme, un désir qui sème. Le désir ne circule pas dans le film, il est envoyé par Ema qui est le centre du film. Un film centrifuge.
            Encore un indice de grand film : le film a un rythme lent mais il s’y passe énormément d’actions surtout (incendie criminel, rejet d’enfant, puis réappropriation de l’enfant, séduction, reconstruction d’un cercle familial dysfonctionnel, une famille de contraintes donc une famille normale se dit-on à la dernière séquence dans la cuisine…) C’est une histoire à haut potentiel dramatique mais le film garde la tonalité calme et mélancolique de son personnage principal.
            Ema c’est un film brillant, j’y ai pas mal repensé. Je n’ai pas adoré être physiquement dans ce film, peut-être à cause de la mélancolie, le désir triste.
            J’avais adoré Neruda et Jackie. J’ai trouvé qu’Ema était en dessous. Un film virtuose, chic, pas vulgaire, sans débordement, sans ironie, les scènes de danse en hauteur de la ville, l’androgynie d’Ema… et par certains aspects, c’est un film attendu (deuxième heure du film plus faible que la première, Ema y exécute son plan, et rien ne lui résiste comme d’hab. La 2ème heure est moins destabilisante que la première, avec une narration plus classique, une scène danse et sexe clipesque chic. La dernière scène en famille « Terrence Malick » au soleil couchant, Ema fait un regard-caméra. Plus attendu).
            Le plan d’éruption solaire (projection pendant le spectacle) dans la longue scène du début m’a fait penser à Melancholia avec l’immense planète qui s’approche de la terre. Même menace sourde dans les deux films. Ema c’est un Larrain que j’aime moins, comme Melancholia un LVT que j’aime moins. Mais c’est un Larrain quand même.
            Répondre
            François Bégaudeau / 12 avril 2020
            En te lisant, un truc évident m’apparait : oui Ema est le désir même. Un personnage finalement aussi « théorique », bien que très incarné, que le pyromane de Burning (qui n’était peut être que le ça du héros, qui était peut-être la pulsion romanesque en lui, la pulsion de romancier, sans limite aussi)
            Bon et le désir c’est beau, sublime, et dégueulasse parce que sans limite. Souvent Ema est odieuse. Ema par exemple n’a jamais un mot tendre pour sa soeur brulée (par sa probable faute). D’elle et de Gaston on ne sait jamais qui est le violent. Il se pourrait que Gaston incarne à lu seul la violence patriarcale, et il se pourrait bien que non. Il se pourrait que le film soit un brulot anti-mecs, mais il se ppourrait bien aussi qu’il s’effraie quelque peu du ressentiment anti-mecs. Tu ne dis pas assez que la grande question du film, c’est : cette femme est-elle l’héroine d’un revenge film féministe ou une dingue en liberté? C’est cet aspect qui fait que, alors que comme toi je suis moins bien physiquement dans le film que dans Jackie, je le mets à la même hauteur (et le rapproche aussi, par sa question nodale). Cette dinguerie contamine peu à peu le film, y a quelque chose de très tordu là-dedans (le film est sous influence PTA, notamment sur la musique) qui finit dans une sorte de comique d’effroi qui pour le coup me fait penser à Lanthimos (la sidération générale des membres de la famille recomposée, le calme délirant avec lequel Ema raconte son plan comme le dirait une recette de gateau). En gros le film c’est Phantom Thread + Mise à mort + Burning. Il a pas choisi les moins bonnes influences. En tout cas rien que sur la foi de ces quinze dernières minutes je me dis que Larrain est un des plus grands en activité.
            Répondre

            Billy / 11 avril 2020
            Et Ema a un truc de certains grands films froids (genre Michel Franco) dans la narration : une histoire high level racontée/filmée froidement.
            (pour le portrait de la jeunesse chilienne, j’ai pas trop vu)
            Répondre
            Charles / 12 avril 2020
            Merci Billy pour ce long et riche retour sur EMA qui me donne en effet peu de prise à un ferraillage.
            Je suis d’accord sur la richesse narrative du film (alors qu’il ne dure qu’1h40), sur la dissonance du début. En revanche, je ne qualifierais pas Ema de molle. Elle peut avoir un air indolent mais elle est absolument déterminée et prête à tout.
            Sur le portrait de la jeunesse chilienne, l’expression peut paraître excessive mais je l’assume quand même parce que je pense que se joue vraiment quelque chose de générationnel dans le film. Ce n’est pas un film générationnel mais c’est celui d’un mec de 43 ans sur des vingtenaires. Ema n’est pas totalement singulière dans le film, ses amies l’aident, la soutiennent et baisent avec elles. Elles forment une troupe, un groupe. Et ces meufs l’expriment d’autant plus dans une scène que j’adore sur le reggaeton où Gael Garcia Bernal (qui représente un peu Larrain ou les mecs de son âge à ce moment-là) se dispute avec Ema et son amie brune à franges sur cette musique et ce style de vie. Lui trouve ça in fine abrutissant alors qu’elles le défendent comme moyen d’émancipation, comme expression de soi (c’est évidemment beaucoup mieux mais j’ai vu le film y a 3 mois et je n’ai plus les mots précis en tête). Sinon je ne trouve pas les scènes de danse chics mais si l’image est à certains moment léchés – l’aspect dissonant de l’ensemble l’empêche d’être chic de toute façon pour moi.
            François, je ne sais pas à qui tu t’adresses exactement mais je te réponds quand même. Oui le film est très ambivalent à l’égard d’Ema, c’est sa force. Moi elle m’a horripilé et fasciné. Au début, j’avais écrit qu’elle était inquiétante, démoniaque même. Puis après je me suis demandé si c’était vraiment justifié. Certes elle est amorale, a minima, mais elle ne tue ne vole ne viole personne après tout. Je me suis posé la question si ce n’était pas un fond patriarcal qui en moi était effrayé ou très irrité par sa puissance, son indépendance. Je vois bien d’ailleurs que dans les scènes avec Bernal je suis plutôt de son côté. Le portrait de la jeune fille en feu, il est ici.
            Moi aussi je suis moins bien physiquement que dans Jackie mais j’aime ce malaise qu’il crée en moi, j’aime cette suspension finale (et maintenant on fait quoi?), cet air désolé que prend le personnage de Bernal dans la cuisine avec l’air presque de s’excuser pour Ema. L’un des plus grands en activité, ça ne fait aucun doute. Je le préfère d’ailleurs à Lanthimos ou Franco que tu évoques Billy car ces deux metteurs en scène, passionnants, regarde leurs personnages un peu comme s’ils étaient derrière une vitre sans tain. Dans Ema, on a un peu plus d’engagement émotionnel, à certains moments on est du côté des « victimes » d’Ema. Je pense notamment à la nouvelle mère adoptive qui est séduite par elle. C’est assez beau la façon dont Ema va la réveiller, revitaliser, l’émanciper par le cul d’une certaine façon.
            Répondre
            François Bégaudeau / 12 avril 2020
            Oui Larrain c’est Bernal. Assez curieux d’essayer de piger cet animal qui lui échappe -et qui est une femme, et qui échappe aussi d’abord à son phallus stérile, auquel elle ne se prive jamais de rappeler qu’il l’est
            Lointainement, parce que les deux films ont rien à voir, ca m’a rappelé le truc fort de la Fille au bracelet : ce père de 40 ans qui vraiment essaie de comprendre sa fille, et qui ne pige pas, et qui commence à se dire : qu’est ce que c’est que ce merdier.
            Et Larrain est très honnête, et par exemple dans le débat sur le reggaeton, où les deux thèses s’entendent et se défendent L’argument de la nana étant qu’avec cette danse elle n’a besoin de personne pour se faire jouir, on y revient (le désarroi que suscitent ces filles c’est leur autonomie : économique, artistique, sexuelle). Ce serait la composante que j’appelais féministe. Mais qui est en permanence altérée par la froideur machiavélique de Ema -et par son passif pathologique. Tu dis qu’elle émancipe l’avocate, faut le dire vite. Parce qu’in fine elle bousille sa vie (grace à sa puissance sexuelle). Ema son arme c’est quand même le napalm.

          • Après je suis allée voir Enorme.
            Après je me suis dit que j’aimais le cinéma.

        • ‌La quinzaine de pages accessibles en aperçu se lit .. comme on mange des meringues en regardant le ciel. /…
          Chacune des phrases d’Impasse Verlaine dit et montre quelque chose, c’est tonique, cru et le possible cynisme qu’on pourrait y lire dans les faits est toujours livré à ras de la cruauté du réel, sans commentaires, les situations livrées, qualifiées, frappées d’observations rapportées depuis la réception d’un perso de petite fille.
          Je vais le lire.

          J’y aime aussi bien la façon dont la mère traite les poules que l’interrogatoire du berger, hâte de poursuivre.

          Quant à son .. Sur le chemin du retour, consolée de toutes ses larmes passées et à venir, la petite Vendredi se possède elle-même, demain est dans sa jupe. / … : simplement vertigineux.

      • Je l’ai lu. C’est très bien.
        Mais le second qui s’annonce est trois fois mieux.

    • J’ai tout de suite aimé les films de Beauvois, qui se situaient sans détour dans la généalogie que tu dis (Pialat Bresson Rosselini, quand il se lance)
      J’ai surtout passionément aimé Le Petit Lieutenant, qu’on avait beaucoup défendu dans les Cahiers.
      Des Hommes et des dieux, c’est plus problématique, mais encore de très belles choses (la vie au monastère, les prières, les repas)
      J’ai été un des rares à défendre son drole de film sur Chaplin
      Et il y a des choses formelles que j’aime beaucoup dans la première heure des Gardiennes -le travail agricole, le travail des femmes, sobrement filmé.
      Je l’aime aussi beaucoup comme acteur
      Drole de mec, un peu pété, très alcoolo, franchement de droite. Mais il a du cinéma, comme on dit d’un gamin qu’il a du football.

      • Beauvois, certains de ses tweets étaient tombés devant mes yeux, j’ai dû vérifier que ce n’était pas une usurpation d’identité ou un compte satirique. Mais j’apprécie de constater que certaines personnes sont capables de faire des trucs — genre…des films…vivre le tournage et en sortir avec un résultat potable… — en dépit de leur état.

      • Le petit lieutenant m’a bouleversé, tout comme les trois premiers et bizarrement, je n’ai toujours pas vu des Hommes et des Dieux.
        La rançon de la gloire, j’ai trouvé ça inégal mais certaines séquences sont très fortes, comme l’exhumation – et puis cette idée géniale de Beauvois de faire opérer à Chaplin un retour aux sources, socialement parlant, par le biais de son macchabée.
        Très étonné qu’il soit « franchement de droite », alors que politiquement, je l’avais rangé dans la catégorie des mous centre-gauche genre Bacri-Binoche, à signer des pétitions, encourager le vote et soutenir des candidats socialos.

        • Beauvois a justement au moins ce charme politique de ne pas être dans ce ventre mou.

    • @ RV – La voix de Christiane herself à propos de « Les enfants d’abord », document d’époque, précision utile. Si quelques Justine&Louis trainent par ici c’est aussi pour eux.
      Dans Médiapart hier, un article intitulé « Faut-il brûler Hocquenghem? » cite longuement Christiane Rochefort et « Les enfants d’abord », ce sera mon conseil lecture du jour (l’article et le livre).

  12. Je fais une enquête sociologique et suis intéressée de connaître les différentes classe sociales des gens qui fréquentes les sites où la pensée est centrale dans les échanges. Si vous voulez y participer et bien je vous en remercie par avance. Je précise que e qui m’intéresse c’est de connaître les génotypes sociologiques sur deux générations au moins. A plus tard

    • J’ai déjà répondu à une enquête de ce genre, et je n’aime pas me répéter.

      • Par ailleurs ton entrée sur ce site ne ressemble pas exactement à une entrée pour un enquête de terrain, telle que je me la représente.
        Agressivité, attaques, jugements divers, puis cette demande qui arrive comme un cheveu sur la soupe…et qui, je pense, n’a rien à voir avec une enquête sociologique, mais une enquête à usage personnelle qui ne servira qu’à alimenter de nouveau agressivité, attaques, jugements divers.
        Non merci.

    • Salut samia,
      je suis infirmière en psychiatrie , fille de banquier de la banque nationale de paris , qui lui-même était fils de commerçante et d’ouvrier horticole ,
      mère femme au foyer, fille de personne.
      Je suis de race blanche, vendéenne-angevine.

      Enchantée.

      • Bonsoir Anne laure, merci de ta participation. « ta mère est la fille de personne » ça veut dire quoi? si tu veux bien me dire

        • Cela veut dire que ma mère a été confiée à une nounou, clotilde de son prénom , dès son plus jeune age par sa mère, une fille d’agriculteurs du pays nantais , qui est partie vivre sa vie à paris, s’est trouvée en couple avec un algérien apparemment , ont tenu un bistrot, on ne sait pas trop. C’est le gros flou de l’histoire familiale.
          On ne sait pas non plus qui est son père. Et est-ce qu’on s’en fout ?
          Oui, on s’en fout.

          • merci pour tes précisions. Je ne m’en fiche pas. Très intéressant, j’aime écouter les histoires des gens et savoir d’où ils viennent c’est la base pour moi.

          • ben voilà, tu vois c’est intéressant.
            Mon grand-père paternel est orphelin aussi.

        • Les meilleurs amis de ma mère quand elle était gamine , c’était une tourterelle blanche et des cochons d’inde,
          ça te forge une femme.

    • vendéenne-angevine , et de la loire-atlantique , du pays nantais,
      putain , je savais plus , comme ma mère est la fille de personne.
      Pays de la Loire quoi.

    • fille de personne mais élevée par une nounou infirmière, fan de matchs de catch et amoureuse du pape.
      Si cela te parle.

      Cordialement.

  13. Sors de ce corps Binoche et écoute ça.

    https://m.youtube.com/watch?v=yNB5FMQqpwQ&noapp=1

  14. Pour qui veut
    Joie et bonne humeur punk avec Les ramoneurs du menhir au Hellfest 2017
    https://www.youtube.com/watch?v=ZiIJVMGvfkE
    (durée 1 heure)

    • Ta gueule.

      • Alors Juju t’as aimé le son? Un peu vieux c’est vrai mais la voix est tellement suave. Je me permets de t’appeler juju, depuis ton petit mot doux d’hier, ça rapproche. Tu m’as un peu étonné tout de même. Bon on sait que tu joues mal mais je ne savais pas que t’as la bouche comme un cabinet. C’est ton petit côté punkette ça, hein, faut bien s’encanailler un peu. Elle est dure la vie hein JuJu. Ou alors c’est la sonorité de ton prénom? Le « ette » pas commode. Tu sais que ça influe sur la personnalité le prénom. Mais ça va, je comprends, t’es encore jeune. T’es fougueuse. t’inquiète tu redescendras ou pas.
        Dis-moi t’as relevé le pH de la piscine? Acide Basique? On sera chez toi vers 20h. Les Rodriguez débarquent avec la smala, on va se fendre la poire. Y a aussi marcel et sa bande, on ramène quoi dis-moi des merguez? De la chipo? Le son t’inquiète on gère; A plus ma juju

        https://www.youtube.com/watch?v=TMI4WuCcAmY

        • je commence ma playlist ju :

          A l’apéro on se la joue comme ça :

          https://www.youtube.com/watch?v=oOwtHCTIhgE

          • Tu vas être déçue Samia, mon adresse excédée, et donc excessive, ne s’adressait pas à toi.

            Eh oui, encore une fête où tu trinqueras toute seule faute de combattants.

      • Un peu stressée en ce moment, Juliette B ?
        T’inquiète, c’est mon dernier post (tu m’as obligée à revenir)

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