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76 789 Commentaires

  1. ‌‌.. Que valent les desseins qu’on forme à maturité? Ils ont le poids, la portée d’un instant alors que ceux qu’on arrête d’emblée ont été mûris, éprouvés dans la grande durée. Examiner toutes les choses ou seulement le plus grand nombre qu’il nous soit permis d’embrasser pour découvrir celle qui nous convient n’est pas nécessaire. D’abord, il se pourrait qu’elle ne se présente jamais. Et puis on ne va pas rester dans l’expectative, s’abstenir jusque là. C’est dès qu’on respire qu’on est sommé d’agir, exposé à pâtir. Aussi un accès infaillible, fulgurant nous est-il ménagé sur l’endroit précis où les heures d’or, les nôtres attendant notre venue pour commencer leur ronde. J’ai su où était ma place quand je n’avais pas le premier mot pour l’expliquer. C’aurait été sans importance si j’avais pu m’y établir. Je le cherche parce que ce qui est arrivé n’est pas ce qui aurait dû et qu’on peut toujours, à defaut, s’efforcer de comprendre, d’accepter. / …

    • .. * attendENT notre venue pour commencer leur ronde.

    • ‌C’est sans doute bête mais pourquoi je m’attendais à une lecture plus aisée en mettant enfin le nez dans des lignes de Pierre Bergounioux?
      En effet, si une phrase comme .. C’est l’époque vers laquelle je me suis mis à pratiquer l’absentéisme opiniâtre qui m’a valu le fastidieux reproche d’être dans la lune alors qu’il n’y avait pas à chercher si loin. / … me comble tant cela semble de bonne augure (- p.10, Le premier mot, gallimard 2001 -) la première de l’extrait posté ce matin m’assombrit.

      L’écriture de Pierre Bergounioux n’est, pour l’instant dans ce livre, qu’aller-retour on dirait, on y lit tout et son contraire, ses phrases plutôt longues où la ponctuation est plutôt erratique (et à lui on dit rien, évidemment) ses phrases poursuivent chacune un raisonnement que l’auteur aime aussitôt contre-argumenter seul, penser et comme inverser le coeur même de son idée de depart.

      Attentive à le lire pourtant, c’est souvent que, comme par inadvertance, un moucheron, un ingrédient manquant pour le prochain repas, le sourire d’un gars vu sur le pont tout à l’heure, me font sortir du bouquin.
      Au tiers de son Le premier mot, j’éructe, je peine à trouver le rythme, les deux singes ou ma, me tendent de plus si bien les bras.

      ​Un conseil pour mieux apprécier Bergounioux?

      • S’ils l’ont à ta bibliothèque, peut-être commencer par Catherine, son premier roman, plus facile à lire et qui devrait te plaire je crois.

      • Ce texte, chère begodo sitiste, m’a paru tellement confus que j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une erreur de transcription « tapuscrite » de ta part. Sincèrement, je préfère passer pour ce que je suis, c’est à dire un lecteur inintelligent que de faire un tel succès à l’inintelligible. Le plus important pour moi quand je lis un texte n’est pas ce que dit son auteur mais ce que dit son langage. Il y a peut-être aussi la ponctuation erratique qui t’a gênée et qui fait qu’on a du mal à suivre le rythme respiratoire de sa prose. Bref, si on considère la littérature comme un divertissement, ce qui est mon cas, ça donne pas envie d’aller plus loin avec Bergounioux. « Le style c’est l’homme »: dans la plupart des cas, hélas oui.

        • et bien non, Tristan, mis à part la petite erreur [an/en] tout le reste est bien de PB.

          Et je te raconte pas le nombre de fois où je les ai relues ces lignes, me disant, tout comme toi, que c’était moi qui déconnait.
          Il faut dire que la fréquentation du dismoi de Francois m’a très souvent amenée à comprendre que, justement, j’étais impossible à comprendre.
          Heureusement, j’ai, de nature (?) plutôt confiance en moi.
          Et tant pis pour les gens fatigués.

        • Je considère aussi la littérature comme un divertissement – si le mot est entendu dans son sens courant et non pascalien.
          Le clivage n’est pas là, mais bien entre divers modalités du plaisir. Tu ne prends pas de plaisir à la prose dense de Bergounioux, moi si.

      • Begodo sitiste,
        De lui, je n’ai lu que « Miette » que j’avais cité ici et son « Bréviaire de littérature à l’usage des vivants ». Je n’ai donc aucun conseil à donner. Le passage que tu cites pose des problèmes de lecture que je n’ai pas rencontrés( jamais à ce degré).
        En revanche, il est possible que tu souffres d’une forme de possession littéraire qui te rend momentanément inapte à goûter tout autre style. Et notre hôte serait surtout ton hôte.
        Je vais prier pour toi mais tu dois absolument espacer les relectures.

        • Faire une pause de Begaudeau?
          Est-ce une prescription, Docteur?

        • La fréquentation du dismoi de Francois m’a, voire même, très souvent amenée à comprendre que je zonais dans la débilité chronique.
          Mais comme j’ai plutôt (cf. la confiance)

      • Éructer est un peu fort, en vrai, Pierre me fait plutôt pester.
        Pas mal pester, oui.

        • Et bien moi je sauve Pierre ! J’ai adoré découvrir ces lignes ce matin au petit-déj. Je comptais justement te demander les références. Je vais donc rajouter Le premier mot sur ma liste des livres à lire de toute urgence. Merci !

          • Tu vas te régaler (et je veux bien, en revanche, quand tu te liras, que tu me dises pour cette première phrase, Ok? Sinon, tu sais que si on est obsessionnel de la ponctuation, faut être en forme pour bien le lire, quoi 😉

          • Et t’as vu comment j’ai placé le ‘érratique’ de notre François ? Pas peu fiére, sur ce coup-là,

          • Pour être précise:
            – c’est de ´ que valent les desseins à .. dans la grande durée. ´ que je patauge quelque peu.
            Merci d’avance,

          • Begodo sitiste,
            Je tente une explication (pour moi-même, je ne t’explique pas) : le problème vient du sens que l’on doit conférer à « grande durée ». Il n’a pas contradiction mais énoncé paradoxal. Les dessins formés à maturité, n’ont pas l’épaisseur de ceux qui émanent de notre spontanéité. Cette spontanéité est celle d’un corps qui porte en lui la marque de la grande durée (histoire de l’espèce, de la société de la famille, de mon moi). Le choix plus rationnel qui intervient après expérimentation et évaluation relèvent d’un temps court et tardif dans lesquels les choix peuvent n’avoir que peu de rapport avec cette durée profonde et ces déterminations premières.
            Je propose un exemple : un homme qui a toujours voulu être un paysan comme l’était son grand-père, va choisir le fonctionnariat parce qu’il n’a pas pu affronter toutes les obstacles qui s’opposaient à ce désir (désir familial, crainte personnelle des difficultés liées au modèle économique). Le choix de devenir enseignant se fait à maturité, mais n’a pas été mûri comme ce goût pour la terre qu’il a depuis l’enfance.
            En ce qui concerne la ponctuation, j’aurais mis une virgule après « fulgurant » et une autre après « les nôtres ». Mais il est possible que quelque chose m’échappe.

          • *Il n’y a pas contradiction…

          • @ Julien Barthe
            Je l’aurais moins bien exprimé que toi mais c’est comme cela aussi que j’ai compris cette première phrase.
            Et plus que de contraire, tu as raison de parler de paradoxe, et c’est le mot « contrarié » qui me vient aussi ce matin.

          • ‌.. ‌‌.. Que valent les desseins qu’on forme à maturité? Ils ont le poids, la portée d’un instant alors que ceux qu’on arrête d’emblée ont été mûris, éprouvés dans la grande durée /…

            Bonjour Julien,
            C’est bien ça, et chez moi, c’est du côté de la réception du mot ´ maturité ´ je crois qu’il y a hiatus: maturité pour l’âge? les desseins qui nous viennent une fois en âge mûr?
            ou plutôt ´maturité´ des projets, de nos desseins, élaborés, matures dans leur avancée?

            Du coup leur poids, leur portée d’un instant sonnent comme avec légéreté – malgrè le fait qu’ils aient maturés? – et là-dessus, on enchaîne avec un autre paradoxe, oui, ceux arrêtés d’emblée ET mûris/éprouvés/grande durée.

            Pour l’exemple, tu y es bien, oui, paysan/fonctionnaire; et dans ce Le premier mot, il faut voir les lignes amusantes qui précédent, sur son dessein, à seize ans, d’être instituteur.
            Je ne résiste pas:

            .. Je me suis vu en blouse grise d’instituteur, sans béret (il se perdait), dans quelque bâtisse coiffée de tuiles rondes avec un platane à la fenêtre. Les maîtres avaient une façon à eux de traverser la cour ensemble, mains dans le dos, en devisant pendant la récréation. Je me souviens d’avoir esquissé deux ou trois pas en copiant l’air absent, sévère qu’ils avaient, comme j’aurais, pensais-je, à le faire à peu de temps de là. / …

            Relativement à l’aise, en moyenne, avec l’écriture de P.Bergounioux, j’ai aussi eu envie de partager un passage où je butais d’emblée. Il y en a eu plusieurs, comme quelques plus grosses pierres, sur le chemin.

            Sinon, le questionnement, la réflexion menée dans ce livre par l’auteur ne fait que renforcer mon desir de relire les Deux singes ou ma vie politique de notre hôte, Julien.
            Car les deux, si on y réfléchit bien, ne sont pas si loin d’être en lien.

          • Ce que j’ai retenu de ces lignes de Bergonioux, après une première lecture rapide, c’est une invitation à l’action. Sans doute parce que cela faisait écho à mes propres pensées matinales. L’action immédiate, instinctive qui s’opposerait à la réflexion-retenue.
            Et j’ai repensé à cette phrase de Dustan, découverte aussi sur le site :
            « La vertu est ennuyeuse car fille de la peur de vivre, faire le mal vise non pas à faire le mal mais à (se) faire : se réaliser – poétique de l’action. »

      • Le conseil ce serait peut être d’accepter de ne pas tout comprendre, de ce dire que ce n’est pas grave de ne pas tout saisir .
        Dans l’extrait que tu proposes on peut avoir la sensation en effet de comprendre quelque chose et de se dire immédiatement après que c’était l’inverse qu’il fallait comprendre, et puis encore après l’inverse de l’inverse qui n’était pas tout à fait la proposition de départ.
        Et peut être qu’on éprouve aussi cela parce qu’il joue avec des contraires/ des contradictions, notamment dans la première phrase.
        Mais moi j’aime bien, et bien que tortueux, mystérieux, ça me dit des choses.

        • voilà, d’où le fait que je dise que Pierre me fait pester, courir après mon rythme: un sacré parcours santé.

  2. Salut à tous,

    L’entretien d’Isabelle Attard dans Ballast m’a réjoui, du fait de la trajectoire idéologique peu commune de cette femme : d’abord députée EELV,elle s’est progressivement rendue à la RAISON et a fini par acquérir la conviction qu’ il n’est d’autre issue politique et écologique que dans la radicalité anarchiste et la révolution. Et tout ça avec le plus grand calme en ayant personnellement expérimenté la vanité du réformisme.
    https://www.revue-ballast.fr/isabelle-attard-lecologie-doit-sinscrire-au-sein-du-mouvement-revolutionnaire/

    Tant que vous êtes sur le site, le court article de Jourdain sur l’opposition entre souveraineté et autonomie pourrait vous intéresser: ils sont légions les hommes politiques qui face à la mondialisation ou aux institutions européennes veulent rendre au peuple sa souveraineté. Or il n’est pas d’émancipation et de citoyenneté véritable sans autonomie (qui se prend et s’apprend).
    https://www.revue-ballast.fr/la-souverainete-contre-lautonomie/

    • Salut Julien,
      elle est effectivement réjouissante, cette madame.
      https://www.youtube.com/watch?v=8u6RoU92Bq4&feature=emb_logo
      C’est rare, un parcours de vie politique avec une évolution comme ça.

      A propos de vie politique, je viens de finir les deux singes et j’en profite pour tout simplement m’exclamer : quelle prouesse !

      • ´jour
        avais compris que tu étais sur En guerre, et j’en attendais ton retour.
        Je l’imagine, donc:
        ´ quelle voltige! ´ aurais-tu dit.

        (je reprends bientôt les 2 S ou ma vie.)

        • J’en ai eu trois d’un coup, BS : Deux singes, La Blessure et En Guerre.
          J’ai dû faire un choix (ou est-ce mon déterminisme ?), et c’est parfois douloureux, injuste, arbitraire.
          Après le macaque, ce sera LBLV, et la Guerre ensuite.
          Mais entre-temps, j’ai L’Avortement de Brautigan qui m’a été offert (pas par Lena 2020 mais merci à elle de m’avoir donné envie de lire la suite et fin).
          Je ne me sens pas de faire un retour pour l’instant de 2 singes, besoin d’abord de le(s) digérer, mais les 50 pages de 98, je n’ai pas résister à l’envie de les relire une fois le livre terminé.
          Mais quelle densité !
          Une grosse réserve, néanmoins : ça s’arrête inexplicablement en 2012.

          • Mon déterminisme m’a fait écrire « je n’ai pas résister » : bravo champion !

          • Tu as raison c’est la grande faiblesse du livre : pas un mot sur le Corona virus.

          • « Tu fais ce que tu veux, Pascale, ce que tu veux très exactement. L’initiation politique n’est pas une voie plus bête qu’une autre. Tu en tireras des satisfactions, des vérités. Pour autant, n’attends pas que je t’y pousse. Les pertes risquent d’être supérieures aux gains. Ta vie n’a pas besoin de cet assaisonnement. Elle s’en passe très bien, regarde-toi, regarde la belle chose que tu as faite de toi, regarde les gens, nos semblables, nos égaux, nos frères de quotidien, regarde comme ils vivent sans la politique, regarde-les, gentils pour la plupart c’est trop peu dit, regarde-les cheminer gentiment dans la vie, pas à pas, clopin-clopant, débrouillards, solitaires, chats, veaux, piétons, paysans, pensifs, bouleversants. »

            Ça m’a mis au bord du bord des larmes.
            C’est ma phrase préféré du livre.

          • Meme hors du livre, là tout seule, elle est émouvante, elle ouvre un espace à penser. L’amour de la vie, des vivants, de la faiblesse des vivants, et le rythme de la phrase clopin-clopant qui me fait entendre leur cheminement doux et bancal.
            2 singes c’est un de mes bouquins préférés (malgré le problème de 2012 que tu soulèves, et plus largement, toute la chronologie du bouquin qui est à chier.)

          • Oui, à un moment, il y a une erreur de chronologie puisqu’après 2008, il y a 1977, puis de nouveau 2012.
            Suis-je le seul à avoir remarqué cette coquille ?

          • Normalement ca a été rectifié dans l’édition Poche

      • Tu me l’ôtes de la bouche, RV : quelle prouesse! Mais aussi : c’est rare un parcours comme ça. Rare et beau. Et Julien a raison de souligner l’essentiel : elle le fait en se rendant à la RAISON -ce qui, sous-entend à juste titre Julien, sonnerait comme un paradoxe aux yeux de millions de gens si ignorants de l’anarchisme.

        • Je me demandais encore hier si le parcours inverse existait ? S’il se pouvait qu’une anarchiste devienne socio-démocrate ? Ou si l’anarchie était l’horizon indépassable de toute pensée politique ? Eh bien malheureusement je crois qu’en vieillissant, tout « anarchiste » peut bien devenir n’importe quoi. Mais là il y a peut-être une distinction à faire entre les anar convaincus et les autres ? Comme ma mère a été vaguement « communiste » dans sa jeunesse et s’obstine à voter PS depuis ? Est-ce qu’on nait tous avec un tempérament politique inné qu’on passe ensuite notre vie à trouver ? L’horreur…

          • Hihi, c’est une question qui revient souvent chez toi, non ?

            Je crois que la dernière fois c’était ton père qui devenait de droite à grand renfort de télévision (ou raciste je sais plus) depuis qu’il était à la retraite.

            Ma mère est un peu pareille (vaguement coco)que la tienne mais vote toujours communiste. Ce qui me fait flipper par contre, c’est certains appels à la nature au niveau santé et médecine. Pour elle ce qui est naturel et individuel est toujours mieux, ce qui l’amène assez facilement vers des discours un peu dangereux prônés par des sortes de gourous du net.

            Peut être que, quand on vieillit on devient n’importe quoi, mais quand on grandit sans cesse on reste anar (ça veut pas dire grand chose comme ça, mais j’y trouve du sens et c’est joli je trouve).

          • Je crois qu’hélas le parcours vers la modération – vers la déraison du raisonnable majoritaire- est bien plus fréquent que le parcours inverse. Il y a beaucoup de raisons à cela, elles sont à la fois sociales (accès au confort, entre autrs) et organiques (fatigue, entre autres), les deux lignes de raisons se croisant et s’infléchissant mutuellement.
            Quant au concept du tempérament politique inné, il est intéressant mais un brin excessif. Le tempérament politique existe, il se cristallise tôt, mais peut être pas (pas seulement) dans l’utérus. Il est une cristallisation sociale, et d’abord familiale.
            Il faudrait voir, en examinant la vie complète d’Isabelle T, ce qui y crédite l’hypothèse que son anarchisme tardif relève d’un retour au port, de l’actualisation tardive d’un tempérament égaré par des biais sociaux (incitation à la « modération », par exemple). Faits à l’appui, il faudrait voir, dans quelle mesure, glissant vers l’anarchisme, elle devient ce qu’elle est.

          • d’Isabelle A.

          • Je vais peut-être dire une connerie, mais la théorie du tempérament politique inné supposerait forcément l’existence d’un quota maximum au-delà duquel il serait impossible de convaincre du bien fondé d’une politique, d’un projet de société, non ? En effet, admettre que x% de personnes naissent avec le tempérament « gauche radicale » implique forcément d’admettre que y% naissent avec un tempérament différent, voire opposé, et que ces y% de personnes passeront également leur vie à tenter de retrouver… Ce qui, rajouté au raisons sociales et organiques cité par FB, brosserait un tableau assez sombre, dérangeant, et vraiment déprimant !

          • …. mais expliquerait l’immense inertie des sociétés.

          • @Louise, oui, je suis préoccupé par les trajectoires de mes aïeux 1. parce qu’ils vont garder le droit de vote jusqu’à leur mort ! 2. plus sérieusement parce que je les aime.
            Les gourous du net, je vois très bien. C’est assez fou ce qu’internet fait aux retraités. C’est comme découvrir un continent entier de l’existence juste à la fin de sa vie. Donc évidemment comme pour toutes les premières fois, il y a excès, fragilité, manques de repères… et théories complotistes ahah. Je comprends ton histoire de grandir/vieillir, c’est un peu la distinction que j’essaie de voir entre une étiquette politique qui peut être de circonstance, basée sur des amitiés, des valeurs pas forcément politiques, et une réflexion de soi à soi qui semble peut-être moins ébranlable ?

            @François je parlais de tempérament politique plutôt comme un tempérament esthétique. De la façon donc chaque corps réagit différemment à des types de discours ? Mais effectivement, tout ça a forcément à voir avec le contexte familial etc. Vais lire l’article.

          • Je n’entends pas tempérament politique autrement que toi.
            Si l’esthétique recouvre le domaine de la sensibilité, alors tout est esthétique. Ma sensibilité politique est d’abord esthétique puisqu’elle est d’abord… une sensibilité.

          • Dans son thinkerview je crois me rappeler qu’Isabelle A avait parlé d’un de ses fils qui lui avait fait son éducation en la matière, encourageant sa transition. Ca m’avait frappée.

          • Peut-être que le fils avait été au bout de la logique initiée par la mère et qu’elle avait elle-même oublié au fil des ans et des jeux d’appareils.

    • Bonjour,
      Effectivement, son heureux revirement est intéressant et pourrait donner à réfléchir à certains réformistes de gauche qui, bien qu’étant sincères dans leurs démarches comme Attard a pu l’être, se refusent à porter une analyse sur les limites des réformes sociales.
      Cet article m’a donné envie de me replonger dans Réforme sociale et révolution de Luxemburg.

      • aaah, enfin une fan de Michel Berger.

        • Je n’ai pas la référence.
          Mais il me semble important de préciser que je suis plus bâton que Michel. Voilà, voilà !

          • pas très gourmet

    • Et sinon, j’ai lu le texte autonomie VS souveraineté parce que c’est ma marotte du moment. J’ai beaucoup aimé l’approche historique des premiers paragraphe, sur ce que veut dire « souverain », sur la loi qui pré-existe et le souverain qui l’incarne… La citation de Proudhon est balèze: « Nous avons été vaincus, parce que, à la suite de Rousseau et des plus détestables rhéteurs de 93, nous n’avons pas voulu reconnaître que la monarchie était le produit, direct et presque infaillible, de la spontanéité populaire ; parce que, après avoir aboli le gouvernement par la grâce de Dieu, nous avons prétendu, à l’aide d’une autre fiction, constituer le gouvernement par la grâce du peuple […]. À peine délivrés d’une idole, nous n’aspirons qu’à nous en fabriquer une autre. »
      La deuxième partie de l’article m’a un peu perdu mais je vais relire tranquillement. L’autolimitation ? L’éducation des citoyens ? l’hubris de la souveraineté ? Quézaco ?

  3. Si j’ai bien compris François t’as un film qui va bientôt sortir, un essai qui va paraître et un roman qu’on va pouvoir lire ? Mais qu’est-ce qu’ils branlent les éditeurs ? C’est fini le confinement, y sont au courant ? :p

    • euh
      benh justement
      c’est pour ça que, enfin
      j’ai peut-être pas mal compris

    • Non, pas d’essai dans l’immédiat

      • Bonjour,
        Comment s’appelle la production d’écrits en collectif sur Valenciennes, stp? un livre?

        • oh putain: c quoi c’t’agression?

          => bonjour, François,
          le livre collectif, si j’ai bien compris, sur Valenciennes: c’est pas un essai?
          Je repense à votre Une année en France, du coup: est-ce que ´ ouvrage collectif ´ fait office de genre littéraire?

          • Essai n’est vraiment pas le mot. Le plus juste serait : journalisme littéraire. Ou, moins pédant : reportage à plusieurs.
            ET ça ne sort qu’en novembre.

          • – en novembre, ok: voilà qui, on l’espère, devrait apaiser, o.

          • je connaissais pas cet ouvrage collectif (encore une sortie !) en parlant d’essai je pensais à quelque chose lié à la Common decency, un livre d’entretiens ? J’ai dû m’emmêler les pinceaux quelque part. Quant à Piscine(s).

          • Oui le livre d’entretien Jesus les bourgeois et nous sort en octobre, et revient un peu sur la common decency. Mais donc ce n’est pas un essai. Juste un long entretien qu’on a étiré en livre. L’essai ce sera dans un an.

  4. Critique sur une mini série Netflix :

    The Eddy, ethos du jazzman

    Comme souvent, quand on aime beaucoup une chose, on ne s’en aperçoit pas tout de suite. Faut dire que The Eddy cache bien son jeu. Alors que ses consœurs séries de Netflix mettent le paquet sur les premiers épisodes, en empilant les intrigues, en balayant le plus vite possible tous les personnages, la proposition de Jack Thorne et Damien Chazelle termine son épisode pilote sur l’impression de n’avoir rien vu, rien compris, rien saisi.

    C’est que The Eddy prend son temps. Grâce aux huit heures que lui offre Netflix, le réalisateur peut se permettre de repousser assez loin les enjeux dramatiques —en gros dans les quatre derniers épisodes— pour enfin se concentrer sur ce qui l’intéresse vraiment qu’il n’était parvenu à faire ni dans Whiplash ni La La Land : filmer le jazz.

    Le jazz ne se limite pas à une prestation, d’un groupe de musiciens, dans une salle de concert. Il vit avant tout dans des clubs —ce qui donne déjà une autre ambiance— mais pas seulement. Il s’immisce dans chaque interstice de la vie, comme quand Farid et Elliot s’engueulent à propos de la compta, qu’Elliot plaque trois accords au piano, Farid arrange mode et tempo (« essaie en majeur », « plus rapide ») et saisit sa trompette. Ou quand Maja et Elliot jouent au vieux couple, qu’Elliot s’assoit au clavier, Maja arrête de faire semblant d’arranger la table de chevet, le rejoint et ils tâtonnent ensemble les paroles de ce qui sera le thème musical de la série, « The Eddy ». Ou encore, quand Jude tape cette salière sur la table de ce bar cubain, fredonne quelques notes et que les musiciens assis à côté montent sur scène pour l’accompagner.

    La musique est dans la continuité de la vie. Elle surgit et disparaît comme une dispute avec sa fille rebelle ou comme se faire trancher la gorge en sortant les poubelles. Les choses sont disposées les unes à la suite des autres de façon linéaire, en presque temps réel. Il n’y a pas de pic narratif mais des moments plus intenses et rendus intenses uniquement par la sédimentation de tous ces passages de rien —disons de pas grand chose— qui les ont précédés. Il fallait donc bien huit heures de série pour espérer filmer quelques moments de jazz.

    En abandonnant les enjeux scénaristiques dans sa première moitié, la série nous donne à voir autre chose, qu’on avait plutôt l’habitude de trouver au cinéma : de la mise en scène. Au lieu de passer mille ans à fignoler une histoire pour ensuite l’illustrer avec des corps qui bougent comme font habituellement les séries, Damien Chazelle semble avoir disposé les éléments d’un spectacle dont il n’avait plus qu’à capter le son et l’image. Pour le dire vite, il a pris l’argent de la série pour en faire un club de jazz.

    Il ne filme donc plus une intrigue mais des corps en tant que corps, des lieux en tant que lieux. Les corps de deux adolescents qui badinent sur la pelouse des Buttes Chaumont, se balancent des bribes de phrases en franglais, parlent en même temps, tout en essayant de se donner une contenance. On ne l’avait jamais aussi bien vu et pourtant, du souvenir qu’on en a, c’est bien exactement comme ça que ça se passe.

    Par l’attention minutieuse portée aux lieux, la mise en scène arrive à nous donner la sensation de l’espace. Un long plan séquence de cinq minutes ouvre la série et nous fait comprendre toute l’organisation intérieure du fameux club de jazz. On peut d’ailleurs s’arrêter deux secondes pour relever la virtuosité de ce plan qui dynamise l’image en glissant d’un cadre à un autre, et propose une variété impressionnante de valeurs de plans (serré sur la pelle à glaçons de Sim, large sur les musiciens, d’ensemble sur le reste de la salle).

    Puis en dédiant chaque épisode à un personnage différent, on entre dans l’intimité des appartements de chacun. De l’immeuble fin XIXème pour Elliot à la maison de ville d’Amira, des Grands Ensembles où vivent Sim et Paplar (avec papier peint d’origine), aux appartements de Maja et Katerina, la série dresse une cartographie passionnante des intérieurs parisiens.

    Dans sa deuxième partie The Eddy perd son originalité. On retrouve des enjeux dramatiques complètement débiles autour de la mort de Farid, liée à un gang ukrainien, dirigé par un promoteur mafieux : du grand n’importe quoi. Les longs plans-séquences musicaux sont remplacés par un découpage beaucoup plus classique ; on a même droit à du montage alterné entre la musique jouée sur scène et la vie des personnages en dehors du club, c’est à dire un éclatement du continuum espace-temps qui faisait toute la force des premiers épisodes.

    Damien Chazelle, qui avait eu pourtant la bonne idée de filmer des musiciens, s’évitant ainsi les tristes performances d’acteurs, se retrouve avec une Leila Behkti qui en fait des caisses. Dans le rôle ultra-classique de la « mère courage » elle trouve l’excuse parfaite pour jouer à faire l’actrice. Le scénario reprend définitivement le dessus quand Elliot se retrouve à gérer au même endroit au même moment la démission de ses musiciens, la crise d’ado de sa fille et la faillite du club. L’artificiel a repris le pas sur le réel.

    Ce qui n’est pas artificiel en revanche, c’est la fidélité touchante de Damien Chazelle pour le jazz, un genre complètement déclassé, minoritaire, qui se pratique en sous-sol, survit dans une économie précaire. Dès le deuxième dialogue de la série, Benjamin Biolay en producteur annonce la couleur : « J’ai un tout petit label moi, je gagne même pas d’argent ». Puis quand Farid revient de son rendez-vous avec le banquier : « Ils disent que le club c’est trop risqué, et pas assez français ». Il faut attendre la publicité d’un fait divers sordide pour que la salle se remplisse le temps d’une soirée.

    Ce désir de mettre en lumière ce monde souterrain est beau. Il l’est d’autant plus que ce dévoilement n’est pas une vulgarisation. Quelques passages difficiles ne nous sont pas épargnés : l’hommage musical dans le jardin d’Amira se termine dans une transe de free jazz assez éprouvante. L’épisode sept nous offre une minute complète d’enregistrement d’une piste de batterie mise à nue.

    Mais au-delà de la musique elle-même, c’est à l’esprit du jazz que Damien Chazelle est fidèle. Il nous donne à voir ce qu’on pourrait appeler l’ethos du jazzman, c’est-à-dire la façon qu’ont ces gens d’être au monde, leur tempérament, que nous allons essayer de cerner dans les quelques paragraphes qui suivent.

    D’abord ils sont marginaux. Ils n’habitent pas les logements élégants du centre de Paris mais plutôt sa périphérie. Les retrouvailles entre Jude et son ex ne se déroulent pas au Jardin des Tuileries mais au-dessus des rails de chemin de fer Porte de la Chapelle. Le même Jude on retrouvera, stone, au fond des chiottes crasseuses du club de jazz. S’il leur arrive de fréquenter le faste d’un mariage bourgeois, c’est pour mieux baiser derrière un paravent minable dans les loges avant le concert.

    Il y a quelque chose de l’adolescence chez ces personnes-là, dans leur rupture avec la famille bien sûr (Elliot a quitté sa fille, Maja ne veut plus voir sa mère, Amira et Farid ont rompu les liens également) ; mais aussi parce qu’ils semblent chercher leur place et c’est comme si toutes les bifurcations étaient encore possibles. Maja peut bien partir en tournée avec un mauvais chanteur, après tout pourquoi pas ? Qu’est-ce qui la retient ? dira-t-elle. Ils vivent au jour le jour. Ils ne se projettent pas, ils ne capitalisent pas sur l’avenir. La seule chose qui les intéresse c’est de jouer du jazz, comme un adolescent à des jeux vidéos.

    Enfin ils vivent à la marge parce qu’ils sont étrangers. Peut-être d’ailleurs ont-ils émigré précisément pour fuir leur famille et leurs responsabilités, peut-être pour expérimenter le spleen du pays, peut-être pour vivre caché. Ils avancent en sous-citoyens, dans un pays qui les maltraite à la préfecture, leur refuse une carte d’invalidité et ne reconnaîtra jamais leur talent.

    Car voilà le second caractère de l’ethos du jazzman : c’est que ces gens marginaux forment pourtant une élite, de clochards célestes, de princes déchus, d’aristocrates déclassés. Ils sont intelligents, fins, sophistiqués : Elliot n’a pas de preuve d’amour pour Maja mais il lui écrit des chansons. Il ne lui promet pas l’entente cordiale mais un partenariat. Il dit que ça ira mieux entre eux ; elle sait qu’il n’en sera rien. Ce sont des personnalités, des individus fiers et égoïstes comme on en croise rarement sur les écrans.

    On n’a plus l’habitude de voir des gens si sérieux, si appliqués dans ce qu’ils font. Il y dans la vie ceux qui pensent que rien n’est grave, que oh, ça va, faut se détendre un peu. Et d’autres qui répètent des heures durant le même morceau de musique, qui sont pas là pour rigoler.
    Leur application monomaniaque pour la musique a quelque chose de mystique, de spirituel et me rappelle les skateurs de 90’s, le film de Jonah Hill. Dans les deux cas, les univers décrits me sont a priori plutôt antipathiques. Ils sont habités par un esprit viril, une verticalité qui ne me ressemblent pas. Mais la dévotion totale des personnages pour leur art me les rend touchants et proches.

    Cette passion c’est ce qui les anime, ce qui les garde en vie. Tout le reste est accessoire. Même la famille passe au deuxième plan. S’il faut mentir à la police, blanchir de l’argent ils le font, tout ça n’a aucune importance tant que le club reste ouvert. Elliot n’a jamais mis le nez dans la comptabilité parce qu’il était trop occupé à faire de la musique.

    Pourtant lorsqu’il doit faire les comptes il s’y met, parler à la police il le fait, chercher sa fille disparue dans la nuit. Le jazzman est monomaniaque mais il se soigne. Quand la vie le contraint, il ne rechigne pas, ne se révolte pas (pas le temps pour la révolte) il accepte sa condition minoritaire. Il faut jouer du Mika pour un mariage ? Ainsi soit-il. Si le club est fermé, jouons dans la rue !

    Elliot refuse de se produire en public mais la vie l’oblige. S’il veut préserver l’unité du groupe il devra s’y soumettre. Et à la fin il joue, la vie l’emporte, happy ending à l’américaine, c’est Netflix qui gagne. Il n’est plus question d’ethos mais d’éthique : il faut savoir composer entre un désir d’absolu et la dimension matérielle et irréductible de la vie. Merci les gars, le temps de quelques épisodes on se sera pris à rêver d’une série de pure mise en scène, constituée uniquement de corps, de lieux et de musique. Merci d’avoir rendu ce rêve possible, d’avoir entrouvert cette porte.

    • Pour cette seule mini série, je serais tentée à m’abonner à Netflix : )
      Merci, O

      • Faut pas exagérer non plus ;p

        • n’y vois pas de flatterie, O
          mais le jazz me parle, « mini » est le format qui me convient, court, et ton post est intéressant
          donc oui je regrette de ne pas avoir netflix pour une fois
          (mais tu as en partie raison : ca ne suffira quand même pas à ce que je m’abonne in fine)
          mon commentaire visait donc juste à te remercier pour le temps que tu as pris à rédiger ces lignes Sourire

    • Merci O
      Hélas j’ai vu les trois premiers épisodes et suis reparti en courant.
      J’essaierai d’y revenir.

      • ah oui ? ba je veux bien que t’y reviennes alors 🙂

      • Pour la prochaine Gêne occasionnée, tu as décidé d’un film ? (Jeunesse sauvage de F Carpantier semble être passé sous les radars alors qu’il est réalisé par quelqu’un qui connait bien son sujet)

    • O,
      J’ai plus droit aux séries, un peu comme Obélix avec la potion magique, mais tu m’as donné envie de revoir l’ouverture de Treme et de réécouter I feel like funk it up.

      https://www.youtube.com/watch?v=0j9IJvXmB3w
      https://www.youtube.com/watch?v=kYkZk7nCdTA
      Bonne nuit.

    • Coucou O,

      Tu as piqué ma curiosité (bien que pas fan de jazz).

      Et ça y est, j’ai « juger » de Geoffroy de Lasganerie !

      Je le commence dimanche.

    • Le Chazelle de Whiplash? M’avait tellement éclaboussé ce film.
      Cool.

  5. Salut François, le suiveur assidu que je suis de ton travail critique depuis plusieurs années se posait les questions suivantes : Quels ont été les textes/livres qui t’ont inspiré, formé, structuré sur le plan de la critique littéraire et cinématographique et que tu conseillerais ? Et quels sont les critiques de ces deux arts que tu trouves les plus pertinents ajd en activité, quand cette profession semble quand même touchée par un net recul d’influence ? C’est que l’exercice me passionne : J’y vois, lorsque c’est bien fait, une production qui peut se hisser au niveau de l’oeuvre d’art à part entière , et voilà j’aurais aimé savoir ce qui toi t’avais nourri.

    Merci d’avance !

    • Salut Alexandre
      Pour la critique de cinéma, je suis très dans l’orthodoxie Cahiers. Mes années 90 ont consacré pas mal de temps à lire les Cahiers de toutes époques, et les auteurs importants de cette constellation : Bazin, Daney, Narboni, Bonitzer, et quelques autres. Mais je dois préciser que ma « formation critique » s’est quand même beaucoup faite simplement en regardant des films. Je veux dire : à raison de ce que ce que j’ai vu, j’ai vraiment peu lu.
      Aujourd’hui je lis très peu et trop peu de critique. Toujours un peu les Cahiers, et quelques sites comme Critikat.
      La critique littéraire je l’ai d’abord pratiqué par son versant méta-critique : les textes de Barthes, Blanchot, et autres, que j’avais découverts à la fac. C’est à partir du moment où j’ai publié que j’ai lu la critique littéraire qui se pratique dans les journaux. Là il faut bien le dire j’ai été et je suis encore assez navré du niveau général. Du reste il y a de moins en moins de place faite à la critique, et le mouvement est irréversible. C’est sans doute du coté des travaux universitaires qu’on trouverait des choses intéressantes, mais où les trouver?

      J’écoutais ça récemment. Les premières vingt minutes sont parfaites sur la littérature.
      https://www.youtube.com/watch?v=dQUIwoik8vY&feature=youtu.be

      • Niveau critique ciné en ligne, il y a la revue Débordement, qui a aussi sorti un numéro papier l’an dernier sur Faucon et David Simon.
        Pour donner une idée : http://www.debordements.fr/La-Carte-et-le-territoire
        Ça pourrait t’intéresser François.

        • Oui je connais cette revue, pour avoir rencontré un de ses membres, qui s’est montré particulièrement brillant et SÉRIEUX.
          (c’est lui qui me questionne à Angers après la projection d’Autonomes, pour ceux que ça intéresse)

          • Super entretien pour Autonomes au festival Premiers plans d’Angers.

            https://www.youtube.com/watch?v=p67eKdYrL54

          • Raphaël avait au préalable écrit un texte superbe sur le film
            Il a ecrit depuis un texte plus générique sur la présence du cinéma dans mes textes. Je le reporterai bientot ici (il n’est pas encore publié)
            En somme Raphaêl a pour première qualité à mes yeux de s’intéresser à moi. Mais je crois qu’il en a d’autres.

          • Je me demandais qui était ce Raphaël, sorte de mystérieuse créature qui n’aurait qu’un prénom. Et puis en ouvrant le lien de la vidéo de l’entretien Premiers plans d’Angers, j’ai compris pourquoi toute tentative d’orthographier son nom était vouée à l’échec, exercice périlleux qui désobligerait n’importe quel parkinsonien au volant d’un clavier.

      • Je te remercie pour cette réponse bien développée ! Ayant 20 ans, je ne peux guère jouer les nostalgiques en pleurant sur la fin des vrais critiques des années 70/80/90, mais il apparaît en effet, hélas, que la période est moins faste en réflexions et en qualités stylistiques qu’elle n’a pu l’être à une autre époque pour l’exercice de la critique. Il existe encore quelques bons passeurs je trouve comme J.B Thoret et ses conférences par ex ou le blog de Juan Ascensio pour la littérature ( que je te conseille si tu ne connais pas François, le style est pamphlétaire, le ton volontiers décliniste sur l’état de la littérature française mais l’érudition de l’homme le rend passionnant et stimulant ) mais le reste de la production actuelle est assez frustrante oui. Je vais essayer de me procurer les auteurs que tu as cités en tout cas, merci bien !

        • Pour la littérature je peux te conseiller Le Matricule des anges, pas tant pour sa partie critique que pour les dossiers que le magazine consacre à des auteurs, avec des entretiens souvent bien développés.
          Par exemple, récemment, sur Nathalie Quintane ou Eric Vuillard.

          Sur la critique de cinéma, sont ressortis -mais à un prix très élevé- l’ensemble des textes critiques d’André Bazin, et ceux de Daney ont également été édités.

          Et moi je trouverai que les Editions Verticales seraient bien inspirées de proposer à François de réunir ses critiques, en l’enrichissant d’un long entretien.
          Je l’ai déjà dit …Oui. Je l’ai déjà dit !

          • Le seul qui m’ait proposé de faire un truc de ce genre est Vincent Jaury. On avait commencé à y réfléchir. Le projet est suspendu pour une période approximative de 145 ans.
            J’aime bien le Matricule les jours où je me déteste, parce que c’est une revue où on est absolument sûr de ne rien trouver sur moi.

          • Et cette édition de critiques, tu crois que c’est pas envisageable avec d’autres ? Pour des questions de droits ?
            Sur le Matricule des Anges, je ne le lis pas assez régulièrement et depuis assez longtemps pour savoir de qui ils parlent ou non.
            Mais comme ça me tracassait un peu, j’ai fait une recherche sur leur site. Certes Le Matricule des anges semble ne plus trop parler de toi, mais il y a eu quelques textes sur quelques livres.
            https://lmda.net/auteur_francois-begaudeau

          • Je ne vais pas épiloguer sur ce dossier.

          • J’avais oublié la première question
            L’édition de critiques est moins une question de droits qu’une question de désir. Il semblerait que parmi les gens susceptibles de lancer un projet pareil, le désir n’y soit pas. Le désir ou plus simplement l’idée de.

          • vivement dans 146 ans

      • ‌On y aime le ton monocorde de Roland, disons neutre plutôt, qui est étonnamment aidant pour l’écoute.
        Barthes décortique la langue, s’y émerveille de la place de la littérature et la raconte comme un diamantaire un mineral.
        N’empêche que hier soir, comme bercée, lovée dans le plaisir de la découverte, on a si peu pigé qu’on l’a mis en réserve pour le ré-écouter ce matin.
        Allez,

        • lit la langue
          la la langue ?
          hihi

        • La partie sur la sémiologie est plus obscure, et peut-être aussi plus datée
          Mais le début est clair non?

          • La question n’appelait pas de réponse et begodo sitiste s’est tue.

    • J’ajoute une autre revue si tu t’intéresses au documentaire:
      Images documentaires
      https://www.imagesdocumentaires.fr/
      dont plein de numéros sont accessibles en PDF sur le site.

  6. ‌Je sors du britannique et féministe Satrapi: Radioactive.
    Après suppression de l’inutile et psychédélique moment flashback-nocturne post enterrement de Pierre, avec Marie seule dans son lit, on a un film où je me suis fort bien sentie, un autre film, retour au ciné, bien à mon goût.
    Je recommande.

    • ‌Bien aimé toute la séquence rencontre-approche-drague-demande en mariage de Pierre et Marie comme en forme d’attrape-moi si tu peux, un peu, avec ses dialogues modernes, au rythme enlevé, ses répliques en mode punchlines scientifiques et drôles.
      Et puis, c’est pas si souvent qu’un premier baiser de cinéma, sur fond de lumière de forge les gars, si si, ne me semble pas cul-cul.
      On se balade dans les milieux savants bourgeois, comme aiment aussi les filmer les anglais, et Satrapi fait le boulot sur le plan du fil narratif et biographique de Marie Curie.

      Par ailleurs, avec Radioactive, il se confirme que dire à propos de la douleur qu’on ressent à la mort d’un être cher est infilmable.
      Cela n’empêche pas de recevoir les scènes où ça s’y essaie, scénes qui disent d’ailleurs toujours beaucoup à propos de cette impossibilité à représenter cette douleur, ce qui, en soit, n’est pas rien.

  7. Flûte, petit lien posté un peu vite. Mais peut-être que ça peut intéresser des gens par ici. Bonne soirée.

  8. Tout Richard Bohringer
    « Il aime tout le monde. Il a les yeux brisés. Si doux. Il travaille avec ses mains. Un ouvrier quoi ! Comme quoi ! J’aime bien ses mains ! Un discret de l’usure! Un souriant qui te file le poids quand il te regarde! (…) Je le suivrai au bout du monde. Tiens c’est comme si c’était l’ensemble de mes potes. Un bout de chacun. Avec tous les coeurs à la fois. (…) C’est l’endroit où je suis. Ce que je suis. Peut-être éperdu mais pas perdu. Je peux les toucher eux. Ils sont beaux et pauvres. (…) nous ne sommes responsables que de poésie. Paulo, je le finirai un jour ce roman maudit dont tout m’échappe. Pour toi, Paulo!
    T’inquiète pas. Un jour je saurai où je vais. (…) C’est parce que je voudrais bien qu’on nous donne du MONSIEUR de temps en temps. » (1988, C’est beau une ville la nuit)

  9. Un papier, de 2014, qui dit bien la cash machine (25% de comm en gros) qu’est blablacar
    https://blogs.mediapart.fr/evenstrood/blog/200614/blablacar-le-covoiturage-tue-par-la-finance-et-l-appat-du-gain
    et rappelle l’ancêtre covoiturage.fr

    On oublie pas le roulezmalin des bretons et son mariage avec mobicoop
    https://www.mobicoop.fr/

    À 110 sur l’autoroute, quand quelques portions fraichement finies m’y obligent, et en attendant que les pissenlits y repoussent, hâte de mon prochain voyage, durant lequel on parlera ciné, j’espère

  10. Un Dis moi sur la critique de film
    Qu’en penses-tu, François ? Sa remarque me semble intéressante mais pas suffisamment étayée pour saisir ce // avec la musique. Le rejoins tu dans son constat ?

    « – Télérama : À quelle(s) critique(s) vous fiez-vous ?
    – H K : Aucune. Les critiques parlent trop des sujets et pas assez de cinéma. Sept huitièmes des articles sont consacrés au scénario. Il faudrait parler des films comme on parle de la musique, de manière plus abstraite. »
    Télérama, 21/06, Harry Kumel
    (https://www.telerama.fr/cinema/harry-kumel-cineaste-il-faudrait-parler-des-films-comme-on-parle-de-la-musique-de-maniere-plus-6617441.php)

    • Je suis assez d’accord, même si ce « Aucune » sent un peu son connard
      En tout cas ces propos désignent un absolu qui, bien qu’étant un absolu, me parait fixer un bon horizon à la critique, en tout cas un cap : tacher de parler d’un film le plus matériellement possible.

      • Oui, sa remarque est brutale d’autant qu’il parle à un critique j’imagine.
        Par contre, désolée, mais je ne comprends pas trop « le plus matériellement possible » qui me semble contraire à cet absolu que j’entendais comme l’analyse du sensible, de l’écart, de la gêne / un travail introspectif plus libre, plus personnel du critique, non? (d’ailleurs – sauf erreur – tes critiques commencent souvent par cette approche ; ta culture littéraire y invitant peut être aussi)

    • une seule chose me vient à l’esprit : « oh, un vieux con ! » mais j’ai pas la patience d’argumenter ahaha

  11. Alors la vie reprend, les cinémas rouvrent. Vous êtes allés voir quoi les sitistes ? C’est bizarre nan cette sensation de redécouvrir une salle, de revivre cette expérience de téléportation le temps d’un film ? Pour ma part jsuis allé voir Kongo. Dépaysement garanti !

    • Guten Abend,
      Der Benni von Nora Fingscheidt: wunderbach.

      • ‌‌Benni se regarde intranquille, pas de crescendo, de montée de mélo sur-construite, être avec Benni c’est d’emblée être prêt à toutes les éventualités.
        Si toutefois elle ne t’a pas encore éreintée, comme trouvent encore la force de s’envoyer les travailleurs sociaux préoccupés de lui chercher un foyer qui l’accepte.

        Nora Fingscheidt donne à son film la forme des passions et pulsations de sa Benni, et les quelques éléments de généalogie de son état sont partagés tout au long du film, au moment où ils s’insèrent dans le quotidien de Benni (une visite dans la famille d’accueil que Benni regrette, l’arrivée de son nouvel assistant de vie scolaire, sa fugue pour embrasser sa mère qui a differé sa visite à Benni dans le foyer)
        C’est avec Benni qu’on enrage des situations, avec Benni qu’on se prend dans la face les désarrois et moments d’épuisement des adultes et c’est avec Benni qu’on vole les dingueries de son quotidien, quand le corps est en place, qu’il jouit de l’instant et rend heureux d’être en vie.

        Quelle forme donc pour ce film? disparate, pas synchrone, on pense à la courte séquence – et c’est heureux – où ça filme en courant derrière et comme Benni.
        Pensé aux films des réalisateurs anglais que j’aime bien quand ils débarquent dans un quartier, dans la vie d’une famille et d’un univers pros, à Moi, Daniel Blake par exmple, un peu, aussi.
        Et puis quitter la salle avec Nina sur le genérique: divin.

        • M’a fait de l’œil Benni, j’irais le voir.

          Hier j’ai découvert Les lèvres rouges d’Harry Kümel avec Delphine Seyrig au cinéma. C’était drôle d’être à nouveau dans une salle avec d’autres gens oui. Des metaleux tatoués ou un peu babos, et des retraitées. Film de genre des années 70 oblige, je suppose.

          Plan de train, plan de bus, plan de voiture, que la caméra suit toujours pareil, fixe on les voit arriver puis après elle les suit très vite et les regarde partir, mais je sais pas comment on dit dans le jargon. J’ai aimé les fondus au rouge, la musique, et puis que tout le monde s’en prennent plein la gueule. On sent que tout le monde est prisonnier, contraint. Film de vampire mais pas de plans de lune, le soleil couchant à la place, fond rouge toujours. Le rouge partout forcément, vêtements, ongles, bouche, sang. L’explosion de voiture m’a fait rire. Seyrig est drôle aussi, je trouve que le rôle lui va bien.
          À la fin un homme au rang devant a dit je crois que je suis tombé amoureux. Il a parlé de ses belles robes.

          Je me souviens d’un autre film de vampire libanais, que j’avais trouvé très doux, il y a quelques années, A girl walks home alone at night.

        • Ca a l’air intéressant
          Merci de cette suggestion, BS
          PS Tu en as une autre pour ceux qui ont renoncé à vivre sur Paris ? Sourire

          • Bsr,
            De quoi parles-tu en fait?
            Et qui est BS, en vrai?

            Merci de préciser de quelle suggestion tu parles stp, ainsi que la nature de ton appel à voir hors Paris.

          • Bonjour So-what, je ne vis pas sur Paris non plus mais dans l’autre ville, des Lumières, donc ça aide aussi je suppose ! Sourire.

            Je ne saurais où les trouver, ailleurs que par le téléchargement…

        • Pour quiconque voudrait voir le Fingscheidt

          – de la part d’allo ciné (les salles de metropole car outre mer, comme dhab, on s’en fout): http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=260647.html

          • Bonjour BS
            Oui, erreur de destinataire. En effet
            Le post était adressé à Brrr
            Bonne journée

          • de même

        • Merci pour la découverte. Magnifique Benni, d’une intensité folle. Premier film vu en salle depuis des mois, des images et des émotions qui vont rester dans ma tête et dans mon coeur pendant longtemps.

          • ‌you’re welcome
            lui avait bien dit, à Nora, que son film te plairait.

          • * avais, oui

    • c’est bien?

      • Le sujet est passionnant, la manière de filmer très bien, ya pas une faute de goût, c’est comme ça qu’il fallait le faire MAIS ça manque un peu de cœur, et je sais d’où ça vient : les réalisateurs préfèrent trop souvent l’option poétique au lieu de rester un peu plus dans les situations, dans ce qui se joue. Les scènes de tribunal sont super, mais on n’aura pas droit à la confrontation avec les Chinois par exemple. Les incantations au cimetière c’est très bien mais il manque la scène avant et la scène après, c’est un peu trop décousu pour qu’on rentre vraiment dedans. Ceci étant dit, le film nous montre que d’autres mondes existent encore, et rien que pour ça, ça mérite d’être vu.

    • Comme tu as raison, aucune faute de goût, ça va même jusqu’à son unique projection rue Monsieur le Prince.

      Ça va être moyen facile de changer de quartier cette semaine mais, c’est collé sur le frigo quand même, au cas où (merci)

  12. Dis moi François
    Que penses tu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat (https://propositions.conventioncitoyennepourleclimat.fr)
    Pour rappel, c’est la première fois qu' »un panel décrivant la diversité des citoyens et citoyennes françaises [est] directement impliqués dans la préparation de la loi. » Panel constitué par tirage au sort pour s’informer, débattre et préparer des projets
    de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique.
    Je n’ai pas encore pris le temps de lire l’ensemble des propositions. Certains les jugent radicales. Si tel est le cas, cela démontrerait alors que – ce dispositif empêche de penser en rond ou cyniquement les enjeux majeurs, – mais aussi que cette alternative protège de cette dérive toute actuelle à l’autoritarisme en période de crise.
    Espérant que cette expérience sera analysée avec tout le sérieux qu’elle mérite prochainement,

    • Quant à moi j’espère devenir président du Japon.

      • Oui, après lecture des propositions, c’est un peu décevant. Ceci dit, l’expérience reste une première et peut nous renseigner sur son potentiel.
        Pour les sorties en salle, je voulais un film, je retiens à documentaire. Identités trans : au delà de l’image de Sam Feder me semble intéressant. Le reste, nettement moins sauf erreur

    • Toujours cocasse de constater que la légitimité de nos institutions et la démocratie représentative sont à ce point discréditées qu’on considère que 150 gonzes et gonzesses « diversement » tirées au sort dans la rue vont suffire à produire des propositions qui ressemblent vraiment à ce que veulent les gens. On les laisse cogiter dans un milieu clos, on ignore tout de leurs visions politiques, on n’a pas voté pour eux, alors au nom de quoi les décisions qu’on nous présente aujourd’hui comme étant le résultat de leurs spéculations devraient s’imposer à nous ?
      On peut toujours déclamer qu’il est interdit d’attenter à l’environnement mais a-t-on besoin de réviser la Constitution et d’organiser un référendum à choix multiples pour légiférer entre autres sur l’isolation des logements ?
      Je pose la question.

      • Concernant cette Convention, je crois Tristan que mes réserves sont à front renversé des tiennes. Que ses membres aient été tirés au sort me va tout à fait. Je ne sais pas si les propositions « ressemblent vraiment à ce que veulent les gens » mais
        1 les gens eux-mêmes savent-ils ce que veulent les gens?
        2 Une telle assemblée, qui s’est en sus donnée le temps d’étudier de près les dossiers, sera toujours mille fois plus légitime à mes yeux qu’une assemblée nationale formée au prix d’une farce quinquennale. Pour mesurer le caractère subversif d’une telle convention,il n’y avait qu’à voir, hier soir sur un plateau organique, le chien de garde Vedrine grimacer contre ce protocole, au motif qu’il était (je résume sa pensée) la porte ouverte à toutes les fenêtres (c’est à dire en gros une insupportable effraction populaire dans le vase clos bourgeois de la décision)
        On a pu voir parallèlement les éditocrates monter au créneau depuis trois jours pour expliquer que tout ca était bien sympathique mais déraisonnable (on sait que pour ces gens le raisonnable consiste à détruire raisonnablement le vivant) Mon inquiétude quant à cette Convention n’est donc pas le pouvoir indu qu’elle aurait, mais la façon dont son pouvoir bien fragile va lui être fissa retiré au prix d’un enfumage présidentiel.

        • Oui, l’échantillon est bien plus représentatif que l’Assemblée (https://laviedesidees.fr/Decider-ensemble.html) mais restons sous le règne de Macron. Il n’en fera donc que du macron.
          Ceci dit, je reste impatiente de lire les analyses qui suivront celle adressée ici ; les éditorialistes ne rappelant que la ligne éditoriale de leurs investisseurs.

        • D’accord, je souscris entièrement à la dernière phrase. D’ailleurs, je n’ai pas encore écouté l’émission -c’est prévu- mais merci d’avance à A pour le lien « concordance des temps » sur le tirage au sort. Connaissant déjà un peu cette émission et son producteur, je crains qu’on y parle d’époques (pas si)lointaines où les gens avaient le sens du bien commun et de l’intérêt général pour acquérir la dignité de représenter leurs semblables, peut-être même acquise par héritage d’une charge, pourquoi pas? De nos jours le tirage au sort c’est ce qui peut décider de l’avenir d’un étudiant dans l’attribution de sa formation et du lieu de ses études, sans tenir compte de son mérite, de ses désirs, de l’intérêt ou de la volonté qu’il a de les suivre. Plus légèrement, le tirage au sort c’est François Bégaudeau « Président du Japon », et les Japonais auraient des sushis à se faire..uhuhu, et plus gravement c’est un banquier de chez Rotschild « choisi » par ses copains des media pour être Président de la République.
          À un moment donné, il faut bien parler de compétences acquises par le mérite et le travail, des gros mots quoi !?

          • Tu pourrais nous situer l’époque (pas si lointaine) « où les gens avaient le sens du bien commun et de l’intérêt général? »
            1913? 1942? 1969?
            Je suppose que tu plaisantes sur tes exemples de tirage au sort. Mais si tu ne plaisantes qu’à moitié il est tout à fait urgent que tu te documentes sur la longue histoire de cette idée et de ses actualisations ponctuelles.
            Quant au mérite et aux compétences, je pense que tu n’es toi-même pas dupe de ses chimères.

            Les Japonais n’auraient pas de sushis à se faire avec moi car comme président je suis nippon ni mauvais.

          • Pour parler de mérite et compétences comment ne pas se référer à Olivier Delamarche.

            Dans la dernière interview de thinkerview (à partir de 40 :28, https://www.youtube.com/watch?v=yOcEiXiYIDA) il explique que, lui, il est dans la vie réelle, il monte des boîtes qui marchent et qui rapportent, ce qui démontre qu’il est compétent. Pour preuve, il est prêt à comparer son à compte en banque avec ceux qui le critiquent, « Je pense qu’on va bien rigoler » nous dit-il.

          • Salut diego, j’avais commencé à regarder ce thinkerview, me disant que cet olivier avait certainement des choses à m’apprendre en tant que mec venant d’un univers parallèle,
            je crois que c’est la première fois que je n’arrive pas à suivre un thinkerview en entier tant que je le trouvais de plus en plus insupportable,
            et je me demande si ce n’était pas précisément au moment que tu nous pointes,
            comme de par hasard.
            C’était la petite goutte de trop.

            ( et en contrepartie il ne m’apprenait rien, ce qui motive aussi le largage )

          • « tant je le trouvais » , voulais-je écrire,
            je sais pas pourquoi j’ai mis « que ».

          • ps : oui, parce que j’aime bien quand la vie m’apprend quelque chose, un peu comme si j’étais daniel balavoine.

          • sur la question du mérite les gens sont d’une ambivalence qui me trouble, j’écoutais justement ce matin une collègue aide-soignante d’une cinquantaine d’années me raconter son parcours professionnel,
            CAP couture, rêve de costume de théâtre mais ne dessinait pas suffisamment bien et ses parents n’avaient pas les moyens de lui payer l’école,
            a bossé à l’usine , deux entreprises dont l’une avec un boulot varié assez intéressant mais la pression de la petite-cheffe qui contrôle le temps et la production, dont l’autre avec toujours la même tâche pendant plusieurs années, à compter sur la production de l’ouvrière précédente pour avancer, à produire le plus vite possible pour la suivante, travail qui rend fou, qui rend maltraitant,
            ensuite boulot d’ASH à l’hp, puis aide-soignante à 40 ans et contente de s’arrêter là plutôt que de passer à l’étape suivante, mais tout de même le regret de ne pas avoir passé son baccalauréat, histoire de dire qu’elle en était capable, qu’elle n’était pas une grosse merde comme on le dit beaucoup dans son milieu social de gens qui n’ont pas eu le bac : si t’as pas le bac t’es rien.
            On croit que l’histoire s’arrête ici mais non : l’un de ses fils dyslexique qui n’a jamais aimé lire, a été bien maltraité par quelques profs ( dont un prof d’allemand proche de la retraite ), n’a pas son bac non plus , galère de boulot en boulot inintéressants ( du commerce ), part bientôt faire le tour de l’asie pendant 6 mois, il en a plus rien à foutre.
            Elle me parlait aussi d’une famille avec trois enfants, deux filles bien dans les normes scolaires et un gars qui fait un bac pro de menuiserie, que ses parents, qui n’ont pas leur bac, qui n’ont pas fait d’études, dénigrent.
            ça la rend dingue, ça la fout en colère.

            J’en ai d’autres sous le coude, d’histoires de rêves méritocratiques, mais je m’arrête là.

          • parents qui n’ont pas fait d’études supérieures, faudrait-il préciser.
            Car on peut dire que l’entrée en petite section de maternelle quand t’es encore un gros bébé à sa maman, est la première année d’étude.

          • j’ajoute le petit élément de confidence de cette collègue de 50 ans : c’est seulement depuis très peu de temps qu’elle commence à ne plus subir les combats nocturnes contre sa culpabilité lorsqu’elle est envahie par l’idée d’avoir mal fait son travail.

          • spéciale dédicace à la méritocratie https://youtu.be/RS2KdHNdFz4

          • et j’ajoute un petit quelque chose intéressant que j’ai trouvé dans le livre de pierre bourdieu, lorsqu’il fait son psychologue et qu’il me raconte, mais je ne me souviens plus des détails de son raisonnement, que l’illusion déchue du rêve méritocratique produit des réactionnaires.

          • sur comment on fabrique du réactionnaire, j’y reviens sans fouiller dans le livre de pierre parce que j’ai la flemme, mais il me revient qu’emmanuel todd mettait aussi en évidence ce phénomène dans la lutte des classes au XXIème siècle, pour expliquer ce qui s’était introduit dans la giletjaunite, en outre des plus précaires, ceux des frigos vides et souvent les femmes qui bossent et qui galèrent , on trouve ceux qui ont des petites entreprises, des artisans, des petits patrons, des petits commerçants, pour qui le gouvernement n’était plus suffisant pour les satisfaire,
            parce que voilà ce qu’il faut comprendre, m’enfin ce que j’en ai compris : l’illusion méritocratique à certaines époques socio-économiques correspondait à la réalité,
            par exemple l’après-guerre, période où certains issus de milieux modestes pouvaient par la force de leur travail obtenir des gains très confortables et s’approcher de l’idéal bourgeois, ce qui donne l’illusion d’être une personne d’une essence supérieure, qui a ce qu’elle mérite.
            Sauf qu’au bout d’un certain temps les aristocrates de la finance reprennent le contrôle , du moins le contrôle se fait sentir, et les petits patrons commencent à peiner pour augmenter leur capital économique et le sentiment de déclin produit l’idée que c’était mieux le temps d’avant , la résistance jean moulin, le temps de la france glorieuse, victor hugo jeanne d’arc le temps béni des colonies.

          • j’adore l’expression : le temps béni des colonies, je ne sais pas qui l’a inventée,
            elle donne l’impression que les richesses tombent du ciel.

            En fait, j’me disais, la relation des réactionnaires à la nation ressemble pas mal au déclin de la relation amoureuse, lorsqu’on a cru être un être d’exception et qu’on ne veut pas réaliser qu’on est aussi banal que n’importe qui, et tout devient de la faute de l’autre qui nous avait tant survalorisé.
            Une lutte contre la dépression en somme.

  13. « C’est la même idée que j’ai avec la vérité, j’ai précisé dans d’autre post que je me détachais de Spinoza quand il en faisait une valeur. Pour moi le mensonge n’est ni mieux ni moins bien que la vérité, et inversement. »(DiegoMaradona/19 juin).

    Je n’ai rien lu de Spinoza (et je sens bien que nul n’entre ici -ou n’est le bienvenu dans ce forum- s’il n’est spinoziste) mais je présume qu’il énonce que la vérité est une valeur(je dirais plus volontiers vertu) dans « l’Éthique »… et l’éthique ça consiste pour chacun à choisir entre le bien et le mal, non? Je manque peut-être de discernement mais il me semble que la franchise se situe du côté du bien et le mensonge du côté du mal; Certes la franchise n’est pas une valeur/vertu majeure comme le courage, la générosité, la magnanimité, etc…mais c’est quand même une vertu, mineure certes, mais une vertu, et qui plus est, s’accompagne de décision.
    Je ne veux pas être condescendant, mais faire ce constat de l’inanité des actions humaines telles que la vérité ou le mensonge comme le fait l’ami Diego souligne la nécessité de son perfectionnement individuel.

    • Tristan,

      1°) Dans un univers déterministe, comme le nôtre, la notion même de « choix » ou de « décision » n’a aucun sens. Si tout est régi par la causalité physique, il ne peut y avoir que des processus computationnels, et donc rien qui pourrait ressembler à une quelconque possibilité alternative réelle (ce qui serait la conséquence physique impliquée par la notion de « choix »). Si tout est déterminé, la notion de « choix » n’a donc strictement aucun sens (il en va tout autant dans un univers indéterministe ou présentant une quelconque combinaison de déterminisme et d’indéterminisme).

      2°) Rien en soi n’est bien ou mal dans l’Univers, toute attribution axiologique de ce genre n’est que la manifestation de préférences subjectives totalement arbitraires.

      Donc « faire ce constat de l’inanité des actions humaines » comme tu dis n’est, en fait, que voir les choses de manière réaliste et objective. Et ne pas faire ce constat est alors se situer dans le domaine de la croyance en étant déconnecté de la réalité.

      • et donc, cela n’est ni bien ni mal de se situer dans le domaine de la croyance en étant déconnecté de la réalité.
        Je t’aide à conclure diego.
        C’est pour ton bien, pour t’éviter des soucis.

      • on dira que c’est un petit peu comme si j’étais ton ange-gardien-de-but.

        • merci anne-laure, la conclusion me semblait logiquement se déduire de mon propos, mais tu as raison, les malentendus sont fréquents sur ce blog.

          • je t’en prie diego, je n’ai aucun mérite, c’est juste que j’ai de la bonne expérience des gens qui prennent mal qu’on les prenne pour des fous, je sais qu’il faut être délicat avec cette affaire.

          • Quand vous aurez fini de vous tripoter, oubliez pas de laisser les clés dans le boite en partant. Méthode airbnb.

          • ça sent le vécu.
            C’est très projectif.
            A mon humble avis françois, tu devrais te retenir.

          • autrement nous allons tout savoir de tes petites organisations sexuelles, ce qui n’est peut-être pas mauvais en soi, cela pourrait-être excitant, mais est-ce que cela nous regarde ?
            J’en doute.

          • cela pourrait être,
            pardon j’ai mis un tiret qui n’a rien à faire là , mais en même temps je parle à ma sœur alors je fais vite.

      • Des petites nouvelles de la planète Terre, Diego
        Sur la planète Terre l’expression « déconnecté de la réalité » est, dans 100% des cas, péjorative.
        Son usage le plus courant vise les gens de pouvoir -« déconnectée de la réalité »-, les élites -« déconnectées de la réalité »- mais aussi les bobos bien-pesants quand c’est Pascal Praud qui en fait l’usage, ou bien moi-même jeudi dernier en finissant la quiche au thon avec ma mère -toi de toute façon tu es déconnecté de la réalité, me disait-elle, et je crois que ce n’était pas un compliment.
        Bons baisers d’ici-bas.

        • c’est bon la quiche au thon, mais au moins est-ce qu’elle tartine de la moutarde sur la pâte avant d’appliquer le mélange thon-œuf-et-compagnie, ta mère ?
          J’espère que oui.
          Sinon c’est fade.

        • et pascal praud, je le rappelle, est mon oncle.
          On touche pas à la famille c’est sacré, disait vito corleone.

          • il apparait que certains visiteurs se livrent à une compétition d’indécence, mais qui l’a lancé? on ne sait

          • qui l’a lancÉE

            la compétition

            d’indécence

          • ‌J’aime bien ton usage du terme indécence, François.
            Parce qu’on ne l’entend pas si souvent, pardon, parce que je ne l’entends pas si souvent, et parce qu’il percute:
            ni insultant, ni péjoratif, je le reçois comme adressé, dans une situation précise, en train d’avoir lieu et donc, à toutes les créatures en train d’y prendre part.
            J’aime ce terme simple et pourtant limite ampoulé, de par son usage pas si courant donc, qui, dans la vie courante, en face à face, doit pouvoir doucement faire disjoncter un flux d’exagération, une situation qui exaspére tant qu’on se calme pour ne pas y prendre trop de sa vie, trop d’énergie.

            Un peu comme l’usage de l’impératif des verbes avoir, être, savoir, dire et faire, vu hier avec les enfants et, par ailleurs, objet d’un pari pour les employer le soir même hors de l’école (on a promis de se raconter les effets obtenus dès jeudi)
            Il faut que je pense à utiliser ´ indécence ´ dès qu’une situation m’irrite au point de fantasmer crever l’abcés en fanfare.
            Je nous vois déjà tous en chien d’arrêt.

          • L’indécence serait une forme radicale de l’impolitesse.
            On peut s’amuser à une petite liste de ce qu’on trouve indécent. Mais on n’a pas le droit de mentionner l’indécence qui a cours ici tous les jours. Trop facile. Ce serait comme, à Pyramide, faire deviner « monument » en disant Tour Eiffel.

          • pour ne pas y * perdre

          • je re-relis et préfere
            ne pas y * prendre, finalement

          • monument tour eiffel Érection!

            ton mot c’est érection.

          • Qui est de fait mon mot préféré.

          • .. s’amuser à une petite liste de ce qu’on trouve indécent / …

            Quotidienne, la mienne serait longue, je crois.
            Je parle de noter déjà les indécences dont je suis à l’origine.
            Je le déplore, elle serait longue la liste.

          • @François

            idem (pour le mot préféré)

        • Salut François,

          Je reformule alors et je remplace « en étant déconnecté de la réalité » par : « sans qu’il y ait le moindre élément empirique ou factuel pouvant valider cette croyance, et dont une analyse rigoureuse montre les incohérences logiques et les impossibilités physiques qu’elle engendre. »

          Y vois-tu encore de la péjoration ? Si tel était le cas, n’hésites pas à me proposer une reformulation, n’étant pas un professionnel de la langue, je la maitrise beaucoup moins bien que toi.

          • La petite question du jour pour Diego : quels posts d’ici, depuis que ton vaisseau s’y est posé, t’ont donné matière à penser?
            question subsidiaire : pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? pourquoi ce lieu de la Terre?

          • « Y vois-tu encore de la péjoration ? Si tel était le cas, n’hésites pas à me proposer une reformulation, n’étant pas un professionnel de la langue, je la maitrise beaucoup moins bien que toi. »
            Si tu ne fréquentais pas cet hotel depuis quatre mois j’aurais été persuadé que ce « professionnel de la langue » était une blague, voire une petite pique. Mais te connaissant je me dis que non. Dans ton monde de science et d’experts, dans ton monde où seule parle la vérité objective, droite comme un I, il est assez probable qu’il faille être un « professionnel » pour parler de quelque chose.
            Qu’et ce qui qui me donne le statut de « professionnel de la langue »?
            L’agrégation? Donc les agrégés de lettres auraient sur la pensée de la langue une préemption?
            A moins que ce ne soient les écrivains. Mais qu’appelle-t-on ainsi? Ceux qui publient? Denis Tilinac? Agnès Martin-Lugand? Diego tu t’en remettrais donc à Denis et Agnès pour te guider dans la langue?
            Sache en tout cas qu’ici-bas, il n’y pas de professionnels de la langue, ni d’experts, ni de maitres qui pourraient te transmettre leur « maitrise ». Je ne suis au courant du caractère systématiquemet péjoratif de « déconnecté de la réalité » que parce que j’ai des yeux et des oreilles et que je m’en sers, comme je m’en suis servi pour voir que Dix pour cent était un série-référece. C’est à dire que je regarde et écoute mes semblables. Par exemple jeudi dernier je regardais et écoutais ma mère. Et ma mère disait : tu es déconnecté de la réalité. Et je souriais.
            Mais certes tout cela t’est inaccessible car 1 tu ne regardes pas tes semblables (tes semblables qui s’égarent dans des trucs pas très scientifiques comme jouer aux cartes ou peindre) 2 ce ne sont pas tes semblables, puisque tu es d’ailleurs, et moi je suis tombé en esclavage de ce sourire de ce visage
            C’est pourquoi diego je ne te transmets pas une expertise, ni une maitrise, mais bien, j’y insiste : des nouvelles de la Terre.

          • ‌´ça dérange pas si je mets leur L’avenir dure longtemps du coup?
            – tu dis du coup pourquoi?
            – laisse tomber, quelqu’un reprend du café? ´

            https://m.youtube.com/watch?v=HeNjyCKvl4g

          • Merci beaucoup François de m’avoir collé du Pierre Bachelet dans la tête pour le reste de la journée.
            Comme toi – je réplique en t’envoyant du Goldman – j’ai toujours aimé regarder les gens.
            C’est ce que je me tuais à expliquer à mes parents quand ils me surprenaient en train de mater des films pornos.

          • Je peux te mettre un truc bien plus pourri dans la tête. Pour la raison simple que je suis libertine je suis une catin

          • Merci RV,
            Comme j’avais lu vite, je n’avais pas entendu Bachelet. C’est désormais chose faite. Je contre attaque en envoyant les premiers vers du Pierrot lunaire de Schönberg, en espérant sincèrement que cela n’exclue pas trop de membres du forum:
            Den Wein, den man mit Augen trinkt,
            Giesst Nachts der Mond in Wogen nieder,
            Und eine Springflut überschwemmt
            Den stillen Horizont.

          • Les blaireaux qui ont fait Espagnol LV2 pour finalement n’en retenir que les mots cerveza et Butragueno veulent bien une traduction
            J’échange contre ça
            https://www.youtube.com/watch?v=SJQmkXkPfR4

          • Merci Julien, ça me rappelle que j’ai écrit jadis une pièce tarantinesque sur une réunion de vieux copains qui ne s’étaient pas vus depuis leurs années d’études en musicologie.
            Je t’en offre un extrait :

            « Léopoldine – Vous étiez étudiants en musique classique, c’est ça ?
            Émilie – (rire méprisant) Musique classique, ça veut rien dire, Léopauline. Ça serait comme dire que Rimbaud est romancier ou que Rodin est peintre. Ce sont des raccourcis pour les profanes. On étudiait la musique sérielle, c’est un genre à part entière.
            Karl – C’est un mouvement musical assez récent, et fondamental… mais pas très connu.
            Émilie – Tu déconnes ! Tout le monde connaît Schoenberg ou Malher.
            Karl – Euh, Mimi, je te rappelle que la musique de Malher est antérieure d’environ un quart de siècle au mouvement sérialiste initié par Berg, Schoenberg et Webern !
            Émilie – Ah bon ?
            Fab – Et moi, Karl, je te rappelle que si Malher n’a pas fondé la seconde école de Vienne, il en est le précurseur et qu’Émilie a tout à fait raison de l’assimiler au concept de l’atonalité.
            Karl – Certes… »

            Inutile de te dire que je les fais tous mourir à la fin.

          • Merci François, que de beaux souvenirs musicaux, Mylène Farmer.
            Je me suis immédiatement revu le clip de Libertine (dans sa version longue).

          • Salut François,

            « quels posts d’ici, depuis que ton vaisseau s’y est posé, t’ont donné matière à penser? »

            Je dirais que c’est le cas de la plupart des posts auxquels je réponds, ils me forcent à prendre en compte leurs objections et points de vue et à les confronter aux miens. Ensuite, nombre d’autres posts me font découvrir des idées, des façon de voir, des sensibilités qui m’interpellent et me font réfléchir. Je découvre aussi des noms d’écrivains, d’intellectuels, d’artistes que je ne connaissais pas.

            « pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? »

            Je ne parle pas le turc. Ni d’ailleurs le portugais, le russe, le chinois, le malais, le syrien, le grec, ni bien d’autres langues.

            « pourquoi ce lieu de la Terre? »

            Comme je l’ai écrit plus haut, la fréquentation de ce blog permet de me faire découvrir beaucoup de choses.

            « il est assez probable qu’il faille être un « professionnel » pour parler de quelque chose.Qu’est ce qui qui me donne le statut de « professionnel de la langue »?

            J’entends juste par « professionnel de la langue » le fait de pouvoir vivre de son écriture, ce qui me semble être ton cas. Je ne dis pas qu’on ne peut pas parler de quelque chose sans être professionnel, juste qu’il y a une plus grande probabilité qu’un professionnel dispose d’une plus grande maîtrise du sujet qu’un amateur.

            « Mais certes tout cela t’est inaccessible car 1 tu ne regardes pas tes semblables »

            Le fait que je ne cesse de m’expliquer et d’adapter mon comportement en fonction des remarques qui me sont adressées me semble démontrer le contraire.

            « tes semblables qui s’égarent dans des trucs pas très scientifiques comme jouer aux cartes ou peindre »

            Je ne dénigre aucunement ce qui n’est pas scientifique, j’aime beaucoup moi-même jouer aux cartes par exemple. Et je ne dénigre aucunement l’art ou la littérature. Je dis juste que pour parler du réel, la démarche scientifique est la meilleure façon d’arriver à des connaissances vraisemblables. L’art, au contraire, ne me semble permettre que des visions subjectives qui n’offrent aucune garantie de vraisemblance, mais ça n’empêche aucunement c’est propositions subjectives d’avoir beaucoup d’autres intérêts.

          • « Je dirais que c’est le cas de la plupart des posts auxquels je réponds, ils me forcent à prendre en compte leurs objections et points de vue et à les confronter aux miens. Ensuite, nombre d’autres posts me font découvrir des idées, des façon de voir, des sensibilités qui m’interpellent et me font réfléchir. Je découvre aussi des noms d’écrivains, d’intellectuels, d’artistes que je ne connaissais pas. »
            Merci pour cette réponse concrète. Qui entérine mon intuition.

            Si « les propositions subjectives ont beaucoup d’autres intérêts », alors l’art, qui est une proposition subjective, a de l’intéret.
            Or tu dis n’avoir pas d’interet pour l’art
            Tu ne vois donc pas l’intéret d’une chose dont tu dis qu’elle a de l’intéret.
            On voit que ta rationalité galactique présente beaucoup plus de « garanties » qu’un tableau de Cézanne.

            Par ailleurs j’avais une question : pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? Pourquoi ce lieu de la Terre?

          • François,
            Il va sans dire que je n’aurais pas tenté cette blague si j’étais fin germaniste et grand amateur de musique atonale. Tu veux seulement surenchérir ou ceci vaut-il vraiment la peine d’être vu?

          • Tous les films de Straub valent la peine d’etre vus
            Bon c’est vrai que là le sous-titrage anglais complique l’affaire. Mais ça vaut le coup quand même.
            (et je suis vraiment preneur de la traduction des mots de Schoenberg)

          • Ivresse de lune
            Le vin que l’on boit par les yeux
            A flots verts de la Lune coule,
            Et submerge comme une houle
            Les horizons silencieux.
            De doux conseils pernicieux
            Dans le philtre nagent en foule
            Le vin que l’on boit par les yeux
            A flots verts de la Lune coule.
            Le Poète religieux
            De l’étrange absinthe se soûle
            Aspirant, jusqu’a ce qu’il roule
            Le geste fou, la tête aux cieux,
            Le vin que l’on boit par les yeux !
            Pierrot lunaire opus 21

            http://brahms.ircam.fr/documents/document/4237/

          • Salut François,

            « Or tu dis n’avoir pas d’interet pour l’art »

            Où ai-je écrit que je n’avais pas d’intérêt pour l’art ? Décidément, tu as l’art de me faire dire des choses que je ne dis pas.

            J’ai juste dit que je ne voyais pas comment l’art pouvait mener à des propositions objectives sur la réalité et qu’il ne faisait qu’exprimer des visions subjectives. Ce qui me semble n’avoir que peu d’intérêt d’un point de vue véridictionnel (pour reprendre ce terme de Lordon). Mais j’y trouve assurément d’autres intérêts relevant d’autres ordres : le plaisir des sens, de la découverte, de la confrontation à d’autres subjectivités, pour n’en citer que quelques-uns.

            « Tu ne vois donc pas l’intéret d’une chose dont tu dis qu’elle a de l’intéret. »

            La conclusion de ton raisonnement se base donc sur une proposition incorrecte.

            Mais surement vas-tu encore m’avancer une interprétation implicite majoritairement d’une de mes formulations pour justifier ton raisonnement ?

          • Tu as dit toi même ne pas trouver d’intéret à l’art.
            Et par exemple pas d’intéret à la Gene occasionnée, puisqu’il y était question d’art (puisque c’était l’expression d’une subjectivité, disais-tu ; or l’art est le lieu de la subjectivité, le refus de la subjectivité vaut donc refus de l’art)
            Pour que l’art t’intéresse il faudrait qu’il fût objectif, ce qu’il n’est pas.
            C’est donc très cohérent, sauf si tu reviens sur ce que tu as toi-même acté.
            Si tu reviens sur ce que tu as toi-même acté, nous serons ravis de te voir enfin, ici, faire mention d’une oeuvre -à tel ou tel titre.

            Par ailleurs j’avais une question : pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? Pourquoi ce lieu de la Terre?

          • « Je parle rarement d’art ou littérature car personnellement je trouve toujours ça un peu vain. D’abord sur le côté technique je n’y connais quasi rien. Ensuite, les jugements esthétiques ou axiologiques étant toujours relatifs et subjectifs, on ne peut rien en dire de vrai à ce niveau. On ne peut faire qu’émettre son jugement affectif subjectif. Par exemple j’ai écouté quelques unes de tes critiques dans le gène occasionnée. Mais je trouve que ça en dit plus sur toi que sur le film, sur ta façon de voir le cinéma, ce qui t’y plait et ce que tu préfères y voir, que sur ce qu’est réellement le film. Certes la critique est construite, argumentée et cohérente mais il me semble qu’elle ne fait que parler de l’effet que ce film t’as fait et pourquoi. Sans doute est-ce le principe même de la critique, mais il me semble que seul l’auteur de l’œuvre peut dire concrètement ce que cette œuvre signifie et pourquoi elle est construite comme ça, puisque c’est lui qui sait pourquoi il la produite et ce qu’il voulait dire. Partant de là on pourrait débattre des idées qu’il avance, mais le reste ne peut être, de mon point de vue, que des interprétations toutes aussi relatives les unes que les autres, ou en tout cas sans moyen d’atteindre à une quelconque vérité (mais ce n’est sans doute pas le but ? et ce critère n’est sans doute pas celui censé guider la critique ?). Et c’est ce relativisme qui me laisse assez perplexe sur la question de l’art. Que penses-tu de mon point de vue ? Est-il condamné à ne pas dépasser cette perplexité ou y a-t-il des éléments plus concrets que je manque sur lesquels s’appuyer pour appréhender l’art ? »
            Ces lignes témoignent :
            -d’une incompréhension totale de l’art (notamment sur l’auteur qui serait le plus à même de…)
            -d’un manque de gout pour l’art
            -d’une pratique inexistante ou quasi inexistante de l’art
            L’art ne t’intéresse pas (ce qui est cohérent avec ton scientisme cyborg). Une des preuves tangibles en est que tu n’y fais jamais référence ici, n’y ne réagis à quoi que ce soit qui pourrait se dire ici concernant une oeuvre (il est vrai que tu ne réagis qu’aux posts qui réagissent aux tiens)
            Tu vas évidemment dire : mais si, l’art m’intéresse.
            Aussi vrai que quand on te dit que tu es dans le jugement moral, tu réponds : mais non, je ne suis pas dans le jugement moral.
            Et si je te disais : ton nom ici est Diego, tu dirais : mais non, mon nom ici n’est pas Diego.
            Et si je te disais que tu fais chier tout le monde, tu répondrais : mais non, je ne fais pas chier tout le monde.
            Et écrivant tout cela me vient soudain une question : pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? Pourquoi ce lieu de la Terre?

          • François,

            « Tu as dit toi même ne pas trouver d’intéret à l’art.
            Et par exemple pas d’intéret à la Gene occasionnée, puisqu’il y était question d’art (puisque c’était l’expression d’une subjectivité, disais-tu ; or l’art est le lieu de la subjectivité, le refus de la subjectivité vaut donc refus de l’art) »

            Je n’ai jamais dit ne pas trouver d’intérêt à l’art ou à la Gene occasionnée, et mon dernier post répondait à ce propos faux que tu tiens et continues de tenir en dépit de ce que je dis. Je n’ai pas plus refusé la subjectivité ou prétendu qu’elle ne présentait aucun intérêt. Je répète : « j’y trouve assurément d’autres intérêts relevant d’autres ordres » que celui de la véridiction.

            Donc continuer à me faire dire ce que je ne dis pas tiens à la tromperie de ta part. Mais si tu y trouves du plaisir tant mieux pour toi. Et je précise tout de suite afin de prévenir tout débat stérile sur ce point avec toi (puisque tu ne tiens pas compte de mes rectifications) que je ne te juges aucunement, je me contente simplement de constater le fait et de rétablir la vérité.

            « Par ailleurs j’avais une question : pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? Pourquoi ce lieu de la Terre? »

            Justement parce que je trouve de l’intérêt à lire et découvrir ce que certaines subjectivités présentent sur ce blog peuvent penser ou ressentir de certaines idées ou de certaines productions artistiques. Il me semblait déjà avoir répondu à ces question, mais vu comme tu t’obstines apparemment à ne pas prendre en compte mes réponses, je comprends que tu les réitères. Et par ailleurs, la répétition de mes réponses à ces questions ne fait que confirmer et démontrer ce que j’ai écrit aux deux paragraphes précédents.

          • Tu es parfait.
            Et je ne prends pas tromperie pour péjoratif. Tromperie n’est pas pejoratif. C’est comme cheval, mais sans crinière.

            Sinon j’avais une question : pourquoi t’être posé ici plutot qu’en Turquie? Pourquoi ce lieu de la Terre?

          • François,

            Tu continues à détourner ce que je dis et à faire semblant de ne pas comprendre.

            « -d’une incompréhension totale de l’art (notamment sur l’auteur qui serait le plus à même de…) »

            Ma référence à l’auteur ne porte pas sur une remise en cause de l’art mais sur sa capacité à dire le vrai, et surtout sur celle des critiques à dire le vrai. Comme tu le dis toi-même : «l’art est le lieu de la subjectivité », et c’est aussi toujours ce que j’ai dit. Toute production artistique ou tout commentaire sur l’art n’est qu’expression subjective. Et contrairement à ce que tu me fais dire, je n’ai jamais refusé ces subjectivités. Mais à quoi bon m’expliquer sur ça et le reste de toute manière puisque tu t’obstines inlassablement à ne pas tenir compte de ce que je dis et à me faire dire des choses que je ne dis pas.

            « L’art ne t’intéresse pas (ce qui est cohérent avec ton scientisme cyborg). Une des preuves tangibles en est que tu n’y fais jamais référence ici »

            Il y a beaucoup de sujets dont je ne parle pas sur ce blog, comme par exemple, pour n’en citer que quelques-uns, le sport, le sexe ou le cinéma. Si cela constitue pour toi une preuve que ces sujets ne m’intéressent pas, je doute fortement de tes talents de détective. Fort heureusement pour toi tu ne l’es pas et n’a sans doute jamais désiré l’être.

            Donc comme je le disais tes raisonnements à mon sujet se basent sur des propositions erronées découlant de déductions bancales.

            « Tu vas évidemment dire : mais si, l’art m’intéresse.
            Aussi vrai que quand on te dit que tu es dans le jugement moral, tu réponds : mais non, je ne suis pas dans le jugement moral.
            Et si je te disais : ton nom ici est Diego, tu dirais : mais non, mon nom ici n’est pas Diego.
            Et si je te disais que tu fais chier tout le monde, tu répondrais : mais non, je ne fais pas chier tout le monde »

            Je ne dis pas que l’art m’intéresse et que je ne suis pas dans le jugement moral pour le plaisir de te contredire ou par réflexe de contradiction, mais uniquement pour le plaisir de rétablir la vérité des faits. Ainsi, mon nom ici est bien Diego. Et si tout le monde pense que je fais chier, soit, j’en prends acte. Même si je doute que ton sentiment personnel vaille unanimité, peut-être trouverait-on quand même un ou deux membres de ce blog moins irrités par mes interventions.

            « Tu es parfait. »

            Chacun est comme il est. Il n’y a pas de façon de faire ou de se comporter qui serait en soi meilleure ou moins bien qu’une autre. La mienne comme la tienne. J’explique juste comment je fonctionne. Vouloir situer ce fonctionnement sur une échelle de valeur n’a aucun sens pour moi, tout comme ce langage empli de moralité que tu as et qui s’exprime dans ce « Tu es parfait ». Mais je comprends qu’il le fasse sens pour toi ainsi que tu me l’as expliqué. Pourquoi ne peux-tu comprendre ou accepter qu’il en aille autrement pour moi malgré toutes mes explications ? Pourquoi t’obstines-tu à me faire dire ce que je ne dis pas ? A déformer mes propos ? Cette obstination est–elle à mettre en lien avec ce comique de répétition (Sinon j’avais une question : pourquoi t’être posé ici plutôt qu’en Turquie? Pourquoi ce lieu de la Terre?), serait-ce une sorte de mépris ou d’indifférence à l’autre continuellement réactualisée ? Avec quelle fonction, dans quel but ?

          • Je n’en démordrai pas : tu es parfait
            Et à ce propos je me demandais ce qui nous valait l’honneur de ta présence ici, plutot, par exemple, qu’à Istanbul?

          • « Je n’en démordrai pas »

            C’est un fait. Certaines déterminations sont tenaces.

          • « Comme je l’ai écrit plus haut, la fréquentation de ce blog permet de me faire découvrir beaucoup de choses. »

            Lesquelles Diego précisément ?
            Quelles « choses » as-tu « découvertes » ici, sur le site de François Bégaudeau ?
            Une seule chose si tu veux parmi ces « beaucoup » découvertes par toi ici…

            Et sinon, par curiosité aussi, c’est quoi ton roman préféré de notre hôte, l’écrivain qui a créé ce site tu sais ?

          • @ Juliette B

            « Une seule chose si tu veux parmi ces « beaucoup » découvertes par toi ici… »

            Si je ne devais citer qu’une chose je dirais toi Juliette B. Toi et la sensibilité dont tu témoignes par cette intervention habilement tintée de mépris et de fausse curiosité. Toi et ce léger dédain digne d’un procureur général avec lequel tu t’adresses à moi. Toi et cette suffisance que tu laisses délicatement transparaitre dans la manière subtilement dédaigneuse de m’interroger.

          • Putain Diego, aucun ici n’est plus curieux que Juliette, ni plus attentionné et délicat. Tes échanges avec François faussent ton jugement. Pourquoi ne pas répondre simplement, moi aussi tes réponses m’intéresseraient.

          • ‌Bonsoir DiegoMaradona,
            Avec un tel pseudo, envie de savoir si tu as eu le désir de voir le film/documentaire/biopic éponyme d’Asif Kapadia?
            (si oui, dirais-tu ce que tu en as pensé? ou si tu arrives à te positionner sur le terme le plus approchant pour dire ce film? film-documentaire-biopic? et si non, pourquoi ne pas y être allé.e alors? )

            Beaucoup aimé ce docu-fiction perso, et adoré m’intéresser aussi sous cet angle à ce joueur, ce personnage historique, tout autant que ceux qu’on voit dans les musées souvent ou dont on parle à l’école, entre autres.

          • Merci Annah,
            J’apprends donc que le « pierrot lunaire » est belge.
            Pour les Espagnol LV2, je propose une autre lune: celle de Federico Garcia Lorca chantéé et légèrement modifiée par Paco Ibanez. Je traduis pour « les blaireaux ».

            Canción del jinete

            En la luna negra de los bandoleros,
            cantan las espuelas.
            En la luna negra de los bandoleros,
            cantan las espuelas.
            Ay, caballito negro,
            ¿Dónde llevas tu jinete muerto?
            ¿Dónde llevas tu jinete muerto?

            Las duras espuelas del bandido inmóvil
            que perdió las riendas.
            Las duras espuelas del bandido inmóvil
            que perdió las riendas.
            Ay, caballito frío,
            ¡Qué perfume de flor de cuchillo!
            ¡Qué perfume de flor de cuchillo!

            En la luna negra sangraba el costado
            de Sierra Morena.
            En la luna negra sangraba el costado
            de Sierra Morena.
            Ay, caballito negro,
            ¿Dónde llevas tu jinete muerto?
            ¿Dónde llevas tu jinete muerto?

            En la luna negra ¡un grito!, y el cuerno
            largo de la hoguera.
            En la luna negra ¡un grito!, y el cuerno
            largo de la hoguera.
            Ay, caballito frío,
            ¡Qué perfume de flor de cuchillo!
            ¡Qué perfume de flor de cuchillo!

            La chanson du cavalier

            Sous la lune noire des brigands,
            les éperons chantent
            Sous la lune noire des brigands,
            Les éperons chantent
            Petit cheval noir,
            Où mènes-tu ton cavalier mort ?
            Où mènes-tu ton cavalier mort ?

            Les durs éperons du bandit inerte
            qui perdit les rênes.
            Les durs éperons du bandit inerte
            qui perdit les rênes.
            Oh !Petit cheval froid,
            Quel parfum de fleur de couteau !
            Quel parfum de fleur de couteau !

            Sous la lune noire saignait le flanc
            de la Sierra Morena.
            Sous la lune noire saignait le flanc
            de la Sierra Morena.
            Oh ! Petit cheval noir,
            Où mènes-tu ton cavalier mort ?
            Où mènes-tu ton cavalier mort ?

            Sous la lune, un cri ! et la haute
            corne du brasier.
            Sous la lune, un cri ! et la haute
            corne du brasier
            Petit cheval froid,
            Quel parfum de fleur de couteau !
            Quel parfum de fleur de couteau !

            https://www.youtube.com/watch?v=e_KiE6blqJY&list=RDe_KiE6blqJY&index=1

          • Salut begodo sitiste,

            J’ai vu et apprécié ce documentaire. Je connaissais vaguement le joueur, étant surtout trop jeune pour l’avoir vu jouer, et j’ai découvert l’être humain qu’il était, ses forces et ses fragilités, la façon dont il a été transformé par l’argent, la gloire et surtout la cocaïne, et comment Maradona a petit à petit pris le pas sur Diego. Sur la forme, j’ai surtout souvenir des nombreux gros plans de Diego et commentaires de Diego sur Diego, qui permettaient d’être au plus près de ce que ressentait Diego et de ce que Diego pensait à ces différents moments de vie. As-tu vu également les 2 autres documentaires de Kapadia sur Ayrton Senna et Amy Winehouse ?

          • @DiegoMaradona

            ‌Mister Maradona qui prend le dessus sur Docteur Diego, oui: biopic de bad guy.
            Puissant, la tentation de gagner encore en est bien dite.
            Et c’est un documentaire, au vu des nombreuses archives qui font donc fil rouge tout du long, il n’y a pas à chercher à se compliquer la vie, ok.
            J’ai vu cette dinguerie qu’est son Amy, oh que oui, pas le Senna.
            Et si je ne me trompe pas, c’est en le visionnant que je suis tombée accro au Valérie d’Amy https://m.youtube.com/watch?v=namFjcOgHSE
            à ce talent qui s’accroche à cette incroyable créature qu’est Amy W.
            Quand je l’avais proposé à François, au tout début de l’existence de ce site, pour son top30 panthéonesque, soivenir d’un refus catégorique, aussi tendre que cruelle, pour la participation active d’Amy à nous priver évidemment beaucoup trop tôt d’elle.

            Le documentaire que lui a dédié Kapadia est presque trop grand pour moi.
            Je me programme de lui reconsacrer un peu de vie pour le revoir (merci) car c’est quelque chose.
            Côté rallye, vu que Le Mans 66, à sa sortie en salle, vibrée avec grande joie devant et pour Senna, dans ma tête, pour l’instant, ça:
            https://m.youtube.com/watch?v=zFKzgtkUhPU

            ps: tu les as vus toi les autres Kapadia?

      • Merci infiniment pour ta réponse cher Diego. Même si je la trouve un peu contournée, elle me donne matière à réfléchir.
        Bien à toi.

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