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78 944 Commentaires

  1. A Imbecile régulier : je te recommande vivement la lecture de la synthèse que Sophya a donnée récemment : http://www.education-authentique.org/uploads/PDF-DOC/LCS_Capitalisme_Lordon.pdf

  2. Dis-moi François…
    Ne penses-tu pas que la multiplication des associations « victimaires » (anti-racistes, féministes, LGBT… – et ce, nonobstant la réalité des oppressions dénoncées) participent efficacement à la dilution du social dans le « sociétal » ?
    L’oligarchie capitaliste n’a-t-elle pas intérêt à encourager ces forêts communautaires qui cachent l’arbre de la lutte des classes ?

    • Question qui se pose depuis 50 ans, et plus urgemment depuis 10 ans. Et sur laquelle j’ai souvent appelé chacun à rester calme. C’est à dire :
      1 oui pour une part le capitalisme, et pour des raisons à la fois marketing et stratégiques, a intéret à promouvoir les minorités et à développer le business minoritaire
      2 ce n’est pas parce que le capitalisme promeut les minorités que nous devons quant à nous abandonner les revendications minoritaires, et nous interdite la question 3, qui est centrale.
      3 y a-t-il des minorités opprimées en tant que minorité? La réponse est factuellement : oui. Les forces de l’émancipation doivent donc etre aux cotés de ces luttes minoritaires. Et par exemple ne pas les appeler « victimaires ». Victimaires est un mot du parti de l’ordre pour disqualifier toute revendication de dominés, qu’ils soient prolos, noirs, femmes, homos, etc. Tout comme « communautaires » pour remplacer « minoritaires ». Gare à ne pas se retrouver le complice du parti de l’ordre, qui lui sera toujours indifféremment opposé à toute lutte de dominés, qu’ils soient noirs ou prolos.
      Se montrer solidaire des luttes légitimes de minorités n’empêche pas du tout qu’on maintienne la prévalence du paradigme de classe. Ne nous trompons pas d’ennemi
      En revanche, au sein des forces de l’émancipation, ne laissons pas, inversement, les luttes de minorités s’embarquer dans des fausses pistes, des faux ennemis, des fausses découpes du réel. Billy le disait de celle qui me pose une question après la conf du rond-point : la double culture est une chance pour un riche et un stigmate pour un pauvre, preuve que ce qui prévaut est la situation sociale.
      Au passage, je réponds à d’autres : si je n’ai pas répondu longuement à cette jeune femme c’est parce que ce n’était pas l’heure (ce moment de question était globalement de trop). Mais certes idéalement j’aurais du lui dire : si je te cpomprends bien tu reproches aux gens de gauche de te ramener à tes origines. Or je suis un gens de gauche, tu me poses une question, et cette question t’identifie immédiatement comme arabe, c’est en tant qu’arabe que tu la poses. Si tu m’avais posé une question sur le consumérisme, ou quelque autre point de la conf, alors le mot arabe n’aurait pas été prononcé, et le mec de gauche en face de toi n’aurait tenu aucun compte de ta couleur de peau dans sa réponse. C’est donc toi qui t’es auto-assignée, auto-emprisonnée dans ce que tu considères comme un stigmate. Bon exemple de la réversibilité mortifère de la revendication minoritaire : prétendant vous émanciper de la minorité, elle vous y enfonce.
      Voilà les discussions qu’on doit avoir à gauche. Je veux dire : entre gens qui postulent que de toute façon la politique n’a de sens que du point de vue des dominés, et que les revendications minoritaires sont commentaires des revendications strictement sociales.
      Si les mots victimaires et communautaires sont prononcés, il s’agit d’une autre discussion, qui ne part pas sur de bonnes bases.

      • J’avais mis entre guillemets ce mot victimaire pour la raison que tu as dite ; cependant, il me semble qu’on ne peut l’abolir du vocabulaire dans le cas d’un groupe oppresseur usurpant son statut de victime. Typiquement, les Français d’une certaine mouvance identitaire dénonçant « le racisme anti-blanc » pour justifier leur propre racisme ou encore les Juifs sionistes essentialisant et absolutisant la souffrance d’autres Juifs (ceux des camps) pour justifier l’actuelle politique d’extermination des Palestiniens. Sans parler de la sortie culottée de Balkany (là c’est dans la catégorie humoriste !).
        Le plus drôle est que l’ancienne acception désignait celui qui frappait la victime lors d’un sacrifice…
        De la nécessité de toujours se mettre d’accord sur le sens des mots avant une discussion sérieuse !

        Quant au mot communautaire, je ne comprends pas tes préventions étant donné que ce sont les minorités elles-mêmes qui l’emploient (communauté gay, communauté noire, voire communauté fesse-bouc…) et, à mon sens, légitimement si on en reste au sens large de « ce que nous avons en commun ». C’est même un mot que j’affectionne qui renvoie à commune, communisme, communion…

        Mais revenons au fond :
        Je t’ai posé la question parce que mon expérience de gilet jaune m’a appris le danger d’une expression minoritaire au sein d’un mouvement social hétérogène. Au début, nous évitions tous de trop préciser nos lignes politiques particulières sachant qu’il y avait vraiment de tout (du FN au NPA en passant par les anars, la FI, les macronistes déçus – si, si !). Dans un deuxième temps, après le moment de fraternité a priori, on a discuté – formidables débats informels entre gens qui auraient dû se détester. Le xénophobe avait l’occasion d’aborder un maghrébin non pas en tant que maghrébin mais en tant que « frère d’armes » (bon, je romantise là mais tu vois l’idée). Et puis sont arrivés les slogans et les drapeaux « refugees welcome », « stop homophobie », « à bas le patriarcat », etc. Non pas que ces revendications fussent en soi illégitimes (ça se discute) mais elles ont cassé la dynamique commune et beaucoup ont préféré se retirer. Question stratégie c’était trop tôt voire tout à fait incongru. Il eut été préférable, à mon avis, d’en rester à des échanges particuliers plutôt que des proclamations.

        • Merci pour ce récit très édifiant.
          Au fond on pourrait en conclure que : y a un temps pour tout. Et qu’en l’occurrence c’était une erreur de faire revenir la fragmentation communautaire (ok pour le mot tel que tu l’entends). Piètre intelligence de la situation.

  3. je sors du Lartigau,
    merci d’en avoir parlé, François
    g bien marché avec ce film, assez retournée, même,
    grand plaisir à,
    ouais, merci

  4. sinon François, bonjour, par ta faute, ton entière et unique grande faute, j’enquête, méthode en direct du réel, assez laborieusement jusqu’à cette seconde, sur la varicelle

    avec ta partie l’effet et la cause, voire la cause des causes, tu proposes d’illuster avec 2 images differentes, dans mon souvenir, 2 au moins, dont: la varicelle et ses boutons

    la varicelle est la cause des boutons qui eux, en sont l’effet (la conséquence un peu, on peut dire aussi?)
    mais que fais-tu de cette croyance concrête du bouton, ou plutôt de sa croûte, le jus qui va avec la petite cloque/alvéole, mis sur un pansement qu’on colle aux jeunes proches pour que, je cite:
    ´ il y ait, une bonne fois pour toute, la varicelle à la maison’ .
    Cause des causes plutôt, ici, alors, si je comprends pas trop mal, non?

    si tu pouvez m’éclairer, Doc,

    • Moi il me choque un peu ce passage. Il me choque parce qu’à l’origine du consumérisme y’a Bernays, le neveu de Freud, qui détourner l’affaire de tonton pour la mettre au service du grand capital. Ce type a posé les bases du marketing moderne et le faire remarquer avec un petit topo sur les ressorts psychologiques du marketing ça aurait pu être sympa. En plus de là tu peux remonter jusqu’à Manu vendu comme un pack de lessive qui lave plus blanc que blanc pour aborder la question propagande politique (puisque Bernays est aussi à la base de la communication politique moderne) puis faire un détour par Lacan pour proposer une solution à l’arnaque publicitaire. Lacan qui te permet de repasser la question du symptome en prenant la maladie mentale plutôt que la varicelle et de la lier au capitalisme puisque pour Lacan c’est de ça dont le fou souffre, c’est du capitalisme. Et pour boucler la boucle, pour rendre à césar ce qui revient césar tu finis en faisant remarquer que Lacan tenait Marx pour l’inventeur du symptôme.

      Je te couche ça sur le coin de la nappe à l’arrache pour te donner une idée de ce que j’attends quand on me parle consumérisme et symptôme, c’est balancé à l’arrache et faudrait un peu polir le bordel, ceci dit ça donne une idée de ce que j’attends quand je le vois s’élancer sur le consumérisme et le symptôme et si on le regarde en face on peut comprendre je pense que je reste sur ma faim. Ca fait un barbapapa son affaire, beaucoup de volume mais à l’arrivée tu reste sur ta fin, c’est que de l’air, de l’air bien brassé mais franchement 400 balles pour mimer une éolienne montée à l’envers je trouve ça un poil scandaleux.

      Après je dis ça mais ça me déplait pas totalement non plus. J’aime bien voir François sur la secouer sur mon dos, me poser en victime et refuser l’idée que j’ai une part de responsabilité dans mon malheur, ça dit bien la bêtise du type. Non parce que y’a pas de honte à pointer notre part de responsabilité, au contraire, c’est nous rendre service. Se reconnaitre une part de responsabilité c’était s’offrir la possibilité d’une prise sur sa condition et donc le pouvoir de la transformer et c’est pas rien, c’est comme ça qu’on survit malgré tout. Reste que comme je disais ça me déplait pas totalement non plus. Le coup des 400 balles pour brasser de l’air ça illustre bien à quel point je peux dire vrai quand je prétend qu’il tire profit de sa bêtise pendant que j’en fais les frais.

      « est ce que c’est trop demander à ta crasse impolitesse que de ne pas me parler?
      rester ici en connasse, ok, mais ne pas me parler
      c’est quand même simple »

      Tu m’as sucré Demi_Habile pour avoir dit à une autre que je trouvais aussi con que mon prof de SES de première par conséquent ce serait bien que tu supprimes ton compte pour te punir et que tu nous reviennes dans six mois. Question de cohérence. Puis l’air de rien, c’est la seconde fois que je te rappelle à tes règles donc agit en conséquence s’il te plait. Ou arrête de te foutre de la gueule du monde et revoit ta charte, écrit clairement que tu fais ce que tu veux et que ceux qui ne sont pas content devront faire avec.

      • Je me permets juste de signaler que non,400 balles c est pas beaucoup.Ilfaudrait peut être comprendre une bonne fois pour toutes que ce genre de travail demande en « amont »un travail énorme.C est pas du 400 balles de l’heure vois tu.Non mais parce que ça,c est vraiment-il se trouve-un sujet qui me tient à coeur.

        • Le symptome et la varicelle ça frise l’emploi fictif.

        • – précision: ’ l’image symptôme-boutonsdevaricelle´ dure 15 secondes, en ouverture d´un développement argumenté, partie qui tape dans le dur et qui répond à la partie de l’huma qui pense que, qui semblerait penser que, en tout cas, elle se le raconte souvent:
          – les pauvres? à part consommer de la merde, ils aspirent à quoi? ils demandent quoi?
          ia qu’à regarder où ils passent leurs samedis après m’

          . avec cette image (sur laquelle je m’amuse à demander des comptes) ça s’amuse aussi un peu, quoi
          s’y essaye, quoi
          pour faire face – car il s’agit aussi un peu de se preserver de ces dires-là, en les attaquant par leurs arguments (dès là, leurs arguments, rions un peu, oui) avec quelques autres arguments, en revanche, qu’on densifie à minima:
          la ´ consommation-effet de la cause production en masse/désir d’accumulation des propriétaires des moyens de production ´, entre autre.

          Et cette partie dure 33 mns (de la minute 27, par là, jusqu´à la fin de la conf)
          ça fait quoi, 15 secondes? à raison de 400€ pour 1h (rions Pascale, allez):
          200€ pour 30 mns, 6€ pour 1, 0,10 cts la seconde? en gros, à la louche, à la cuillère a soupe de Nutella sur les frites, quoi.

          François est payé 1€50 pour son image boutons2varicelle: 1 café au bar ou en salle, selon le quartier où il le boira, woaw, franchement,
          moi, ça m’a fait au moins 48h cette image,
          ça va,

          • A 31:50 il explique que le profit viendrait en plus l’économiste de droite, sauf que le profit pour toute entreprise c’est un objectif, c’est un minimum pour assurer sa pérénité, ce n’est pas quelque chose qui se discute.

            Avant t’as l’exemple de l’iphone et de Steeve Jobs, il pouvait pas plus mal choisir, Steeve Jobs était convaincu que les gens ne savaient pas ce qu’ils voulaient donc le prendre comme exemple c’est con. D’autant plus con que si Wozniak se foutait du profit Steeve Jobs lui a tout de suite compris que y’avait une montagne de pognon à se faire avec l’informatique grand public naissante.

            Après y’a l’entrepreneur, et l’entrepreneur son principal objectif c’est pas le pognon, c’est un fait, y’a d’abord un projet, ensuite la question qui se pose c’est de savoir si ce projet est viable économiquement, mais y’a d’abord une envie, un désir. C’est incontestable. Après tu peux invoquer des figures de proue du capitalisme financier néolibéral pour me démentir si ça te chante mais bon ces gens là représentent une infime partie des entrepreneurs. Le type qui monte une boite de BTP ou un cabinet d’architecte, y’a d’abord le désir de construire des baraques, le pognon vient après ça ne se discute pas. Et contrairement à ce qu’il raconte se lancer dans le tournage d’un film avec une classe de collégien c’est entreprendre. Il a fait du pognon avec son film François? Je pense que oui. C’est venu après, et c’est toujours mieux quand t’entreprends un projet si tu peux ramasser un ou deux billets, faut quand même payer les factures.

            Et bon là je suis qu’à 32:35 hein et t’as pas un truc qui tient debout, pas un. Comment tu peux nier que ça permet de donner du sens à sa vie d’entreprendre? A quel moment c’est une bonne idée de reduire ce concept d’entreprise à la simple sphère économique et plus encore de l’associer à ce que le capitalisme néolibéral peut produire de pire? Comment tu peux nier que des gens puissent s’épanouir en cultivant un projet? A quel moment ça se juge? C’est complètement con.

            « Think Different »

            J’y ai cru hein, l’espace d’une seconde je me suis imaginé pouvoir passer à table putain. Sauf que y’a rien à bouffer. C’est superficiel. Le capitalisme, l’accumulation, génial, mais ça vient d’ou? Ou est ce qu’il est inscrit ce désir d’accumulation? Qu’est ce qui le fonde? C’est par là qu’il faut en passer pour changer le monde et comprendre ce qui détermine ce désir. Lacan a une vraie réflexion sur la question, François n’a rien à dire donc il passe sur les réseaux sociaux. Ce qui est con comme appellation quand on y pense. Mais je relance, peut être qu’il va le dire, croisons les doigts.

            Et bah non. J’ai faim putain. Tu peux pas savoir à quel point. Ceci dit c’est pas grave y’a l’individualisme, y’a tellement à dire sur cette notion, sauf que comme il est parti sur le livreur à vélo je crois qu’il va encore manquer l’essentiel. Bingo. C’est affligeant.

            Après y’a une bonne nouvelle, c’est que François aime bien l’autocritique donc il va supprimer son compte disparaitre, ou alors il aime bien l’autocritique quand c’est l’autre, c’est pas impossible, c’est très commun. Surtout chez la vraie gauche, la radicale, celle qui se contente de dénoncer une idéologie qui la dépasse de façon absolue. Et évidemment je parle du libéralisme économique. Je parle pas du capitalisme, le capitalisme c’est trop subtile. Suffit d’entendre François sur la question, François de toute évidence il ne comprend pas que l’âge d’or du capitalisme c’est pour demain. Faudrait développer, évidemment, mais bon ce serait une perte de temps. C’est pas de mauvaise foi hein, c’est juste que je sais comment je pensais y’a dix ans. Comme le temps passe vite. Parce que y’a dix ans j’aurais pu me marrer, j’aurais pu trouver ça chouette. Y’a dix ans quoi. Quand je me posais pas la question de savoir par quoi on remplace tout ce bordel, quand je n’avais que la dénonciation vaine et l’impuissance comme projet politique. Parce que c’est ça qu’est fabuleux avec cette gauche, c’est qu’elle n’a rien à proposer, elle est juste bonne à dénoncer. Est ce que c’est pire que Manu qui prétend dominer le monde et sa marche en se contentant de suivre le sens de vent? Bof, je crois que la bêtise de l’un et l’autre font système.

          • .. A 31:50 il explique que le profit viendrait en plus l’économiste de droite, sauf que le profit pour toute entreprise c’est un objectif, c’est un minimum pour assurer sa pérénité, ce n’est pas quelque chose qui se discute./ …
            quand g lu ça, il y a peu, je me suis demandée ce qui m’accrochait douloureux, aussi douloureux que ma serviette qui s’est prise ce matin dans la créole de mon oreille gauche au sortir de la douche.

            je crois que c’est ´ assurer sa pérénité ´
            ou, plus, ´ ce n’est pas quelque chose qui se discute ´ ( qui me fait un peu le même effet que le ´ on voit pas le rapport ´ qu’on entend parfois)

            profit, rentabilité, marge, ces termes existent pour fixer un court moment un bilan comptable et, juste après, c en fonction de ce qui est fait du profit tiré d’une activité que l’on est fixé sur les intentions des gens qui le réalise.

            Avec ce profit, va-t-il être de suite choisi
            d´acheter comme matière première des produits moins chers, même s’ils sont stockés prés d´un site d’usine de traitement de produits chimiques? pour viser d’augmenter ce profit sur le prochain bilan-comptable,
            d’investir dans l’insonorisation du hangar où sont installées les machines les plus bruyantes? pour diminuer la pénibilité du travail dans ce hangar
            de le partager avec tous ceux qui ont participé à le réaliser? à part égale,

            Pourquoi ces petites lignes aujourd’hui? peut-être parce que cet après midi, lisant un mail qui me proposait de booster ma carrière, j’ai réalisé que le terme ´ carrière ´ m’évoquait aujourd’hui les endroits où on extrait un matériau, des granulats, des pierres ornementales et de construction, rien d’autre.
            Et booster, j’en parle même pas.

            J’avais déjà bien remarqué la torture que représentait la rédaction d’un cv, d’un dossier de motivation mes couilles depuis quelques années mais là, vraiment, ce mail: une erreur de destînataire? du charabia? une insulte?
            même pas, un truc qui ne me concerne pas.

            De là à saisir la notion de pérénité, moi qui passe ma vie au point ephemere,

          • .. J’y ai cru hein, l’espace d’une seconde je me suis imaginé pouvoir passer à table putain. Sauf que y’a rien à bouffer. C’est superficiel. Le capitalisme, l’accumulation, génial, mais ça vient d’ou? Ou est ce qu’il est inscrit ce désir d’accumulation? Qu’est ce qui le fonde? C’est par là qu’il faut en passer pour changer le monde et comprendre ce qui détermine ce désir. Lacan a une vraie réflexion sur la question, François n’a rien à dire donc il passe sur les réseaux sociaux. Ce qui est con comme appellation quand on y pense. Mais je relance, peut être qu’il va le dire, croisons les doigts. / …

            oh benh du coup, je relis ce fil, un peu
            ça me remet en tête des moments dans l’intervention d’une heure de François:

            .. désir d’accumulation/ …
            crois bien qu’il y revient, dans sa conclu, par le désir mimétique de ne plus acheter de merde (le superflu et la bouffe pas saine): ´ tout le monde voudra nous imiter et non plus acquérir quelque chose juste parce que quelqu’un d’autre l’a acquis ´ (on retrouve ici le désir d’accumulation, j’ai l’impression)

            quant au réseaux sociaux, comme dit quelque part ici sur la page, je renvoie bien volontiers à sa pièce contagion,

        • c un peu sa marge à lui, quoi

          marge, benef-connerie (si jamais notre diagnostic commun révélait que c’en est bien 1) dont on l’aidera, progressivement à se déshabituer,
          bobo parisien qu’il est

          • Ma conclusion en vous (nous )lisant.François,en tout cas,le bobo parisien ne laisse pas indifférent.
            Ce que je préfère dans tout ce que raconte IR,c est le coup de l’architecte qui a un rêve:construire des maisons.On se croirait dans « la maison de France 5 ».Les architectes,c est comme les décorateurs,ils ont des rêves,ils vivent de belles aventures et de belles rencontres.Dieu que c’est beau ces gens qui « ne pensent à l’argent qu’après ».

          • Pascale : Mon frère rêvait d’être architecte quand il était gamin, il rêvait pas d’être milliardaire et je ne vois pas en quoi son rêve serait plus risible que celui d’un gamin qui rêve de faire enseignant.

            J’aurais pris l’exemple de l’audit, je dis pas, j’aurais compris que vous trouviez ça risible mais putain l’architecture faut arrêter de se moquer du monde.

            Après si vous n’avez retenu que ça, c’est sans doute pas un hasard.

          • Intéressant ça les rêves des enfants (je dirais plutôt supposés rêves).Pour qu’un enfant rêve d être architecte il faut déjà qu’il sache ce que c est.Tous les rêves que font les enfants au sujet de leur avenir sont faussés.Effectivement je rêvais parfois d être instit (quelle cruche).mes parents étaient profs.Bah ça alors!

          • Et si je n’ai répondu que sur ce point,en effet ce n’est pas un hasard.J’ai la flemme de répondre à tout.

          • Personne n’est architecte chez nous et il savait ce que c’était y’a pas de soucis.

        • 1) lui trouver un moulin à café en vide-grenier
          mais en état de moudre les grains

          2) d’abord du carte noire, en grains, à moudre, donc

          3) trouver un café où il pourra, tout d’abord, venir boire le carte noire qu’il aura moulu chez lui, de ses petites mains qui auront appuyé sur le petit bouton, en terrasse

          4) passer au moulin manuel, avec la manivelle à tourner, oui, tu as bien lu

          putain de bobo.

        • ´ – putain de bobo, qu’i’m’dit. ´

          comme ça dit encore souvent de tous ceuss qui habitent Paris, non?

        • ouais, François s’amuse avec cette conf, il l’a préparé donc il peut s’amuser, se marrer en y étant, en la donnant, et ça c vraiment François, ça se sent, ça se voit que c,

          marrant cette histoire aussi, Mathieu, g (re-)pensé aussi, avec le truc de la voix, à PEB mais plus au blond de Gad, en vrai.
          Billy, parle de truc de soirée et en fait, j’en viens a me dire que c plus juste un truc quand on cherche les trucs pour jouer, interpréter un perso, quand on se cherche encore un peu dans le jeu,

          Car, même prêt (faut bien se dire à un moment qu’on l’est, surtout là, ia du monde assis au rond point, quoi) on peut encore chercher, pour s’amuser déjà, au moins:

          je repense notamment au rictus qu’il joue 3 fois, enfin 2, car à la première, au premiere ´ouaais+rictus’ qu’il fait, ça lui echappe presque (c comme ça qu’il s’est dit qu’il le jouerait, quoi)
          et puis, il y revient, il s’amuse, il s’en amuse et le rejoue 2 autres fois, l’adresse, la 3e fois, comme encore plus destiné.
          Du coup, on voit bien qu’il peut prolonger, écourter les causes/effets lui aussi, selon qu’ils viennent/prennent ou pas, ou plus ou moins (filière messie, filière s, débouchés)
          surtout lorsqu’il sait qu’il y revient à cette cause, un peu plus loin, par un autre angle
          et que là, plus après donc, il compte plus sur l’effet qu’elle produira

          * ia 2-3 trucs où je m’interroge, je m’interroge sur l’effet qu’ça m’fait – (enfin, m’interroge, effet de langage un peu) –

          ´ 2-3 trucs qui t’interrogent, ah ouais? un exemple?
          – volontiers.´

          Messie/Messi? (benh ouais, ia toujours des cons pour relier Begaudeau au foot, aussi)
          voire aux jeux de mots aussi, que François dit parfois pas exclure mais pas s’en goinfrer non plus.

          Du coup, je me demande si:

          1) adnominem/adfeminem
          ou plutôt adn-hominem/adn-feminem
          (françois?)
          2) épisode ‘ se reconstruire ‘ (et là, c plus les rires grands du public, l’effet produit au 2e ´ je me suis reconstruite ´ qui me fait cet effet/question:
          -> ia-t-il plus à attraper que la blague elle-même de la reproduction à vivre l’amour avec qqn dont on dit/trouve qu’il est un connard, et que ça met en dépression et que?
          ou faut-il entendre un truc du genre (re/con/truite) genre la meuf est une truite du coup elle chope du con?
          nan, là c d’la merde, j’avoue.

          allez, comme la remplaçante bosse pas aujourd’hui, apparemment, et qu’elle va pas trop chercher à bosser à tout prix aujourd’hui non plus (vu en plus ce que ça donne quand elle cherche, on voit bien, là) du coup elle va se rendre, de ce pas, au cinéma.

      • Je comprends pas. Y aurait un capitalisme sans consumérisme ?

        • (À la varicelle, j’ajoute ceci : « Sans le suicide, les dépressifs seraient sauvés. »)

          • sans corde et sans tabouret, resterait pu au pendu qu’à bander

          • resterait pu au pendu qu’à bander
            et a se balancer avec le tabouret et la corde qu’il aura
            benh oui, tu vois le coup?

            ia une conhérence dans tout ça

        • « Le capitalisme désigne un système politique et économique reposant sur la propriété privée, notamment des moyens de production, le libre échange sur des marchés et la libre concurrence. »
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme

          Je ne vois pas en quoi ça implique le consumérisme donc oui on peut tout à fait envisager le capitalisme sans le consumérisme, c’est pas un soucis.

      • Bonjour mon imbécile,
        je t’offre une rose : https://www.monde-diplomatique.fr/2020/02/RAMIREZ/61341
        c’est pour la saint valentin et ouais je sais je suis en avance, mais j’ai pas de temps à perdre avec l’obstacle que m’impose un calendrier.

      • @imbecile_regulier salut, je trouve toujours tes références intéressantes, et ça m’inspire souvent des questions… comment se parler ailleurs qu’ici où je n’ai pas vraiment le goût d’agacer l’hôte qui, me semble-t’il, s’agacerait de mes questions ? mon mail c’est lenaparis2018 @ gmail.com

        • @lena2020 Je pense pas qu’il te le reprocherait mais si tu préfères éviter tu peux écrire là bdelapelle@gmail.com ou à jean.bono1900@gmail.com. La seconde marche aussi avec 1901, 1902, 1903, 1904 et sans doute 1905, faudrait que je vérifie.

          • oh mince j’avais pas vu ça! je t’écris, merci !

      • mais sinon, mon imbécile, je reviens pour te dire que je suis sur la fin d’un livre de psychologie qui pourrait fort t’intéresser , qui s’intitule  » la psychologie de la motivation  » , de paul diel,
        le titre fait penser à un manuel de management mais ce n’est pas le cas tu peux me faire confiance parce que j’ai un faisceau de lumière au-dessus de la tête et cela signifie que je suis en contact avec l’au-delà, avec le mystère de la vie.

        Bisoubisou.

        • Je l’ai vécu en 2006 ça, lors de ma journée d’appel, c’était une expérience fascinante qui était restée sans conséquences. J’en ai plus le souvenir mais j’ai retrouvé la trace de l’histoire sur mon blog d’ado en le relisant après le délire. Moi je me souviens surtout de m’être pris la tête avec les gendarmes qui m’empêchaient de dormir. Ils étaient parti des émeutes en banlieue pour finir sur Kate Moss qui tapait de la coke en studio et j’avais fini par me relever pour leur demander d’arrêter leurs conneries. J’avais repris leur collier de clichés et j’avais tout pointé les « i » pour évacuer la frustration puis je m’étais recouché après les avoir entendu proposer de passer à la suite. J’aime beaucoup les gendarmes depuis, ils auraient pu me faire payer mais ils avaient préféré reconnaitre qu’ils s’étaient sans doute un peu égaré et quand l’autorité reconnait ses limites moi je plie toujours. Après ça y’a eu le déjeuner et au déjeuner quand elles m’ont vous chercher une place elles m’ont fait des grands signes. Elles ont du être sacrément déçues, surtout celle qui était en couple, parce que je les ai peine calculées, une fois mon plateau pour enfant fini je suis sorti et là c’est la racaille qui m’a fait de grands signes pour me payer un joint, j’ai décliné j’étais pas en état de fumer, j’avais pas dormi de la nuit je tenais plus debout et l’après midi sos secourisme fut un véritable calvaire. J’avais pas compris tout ce que ces gens me voulaient à l’époque, j’étais trop à côté de mes pompes à mon propre sujet pour me rendre compte que j’étais la racaille pour la racaille et que la nana en couple aurait bien échangé son mec contre son nombril. Ceci dit je le comprendrais plus tard, après le délire. Après la journée n’est pas finie, à l’époque je vivais chez ma grand mère et ma grand mère viendra me chercher à la fin de la journée d’appel. J’aurais pu faire le trajet seul, c’est vrai, mais bon c’était pas accessible le truc, fallait prendre le train pour Paris et depuis Paris reprendre le train pour la Picardie, un sacré bordel. Reste que c’est important comme moment le trajet retour avec ma grand mère, c’est là que je découvre Ruffin. La radio était sur Inter et dans Mermet y’avait un sujet de Ruffin, les James Bond de la grande distribution, ça m’avait beaucoup frappé comme reportage, tellement frappé qu’après ça je te détourne un cortège du CPE sur Carrefour. J’allais plus vraiment en cours à l’époque mais j’étais de toutes les manifs, j’étais même identifié comme un des leadeurs par les autres lycéens et la police. Police qui avait une vraie dent contre moi. Quand la police dit « TOUT LE MONDE DEGAGE » avec son mégaphone tout le monde quitte les rails, tout le monde obéit, sauf moi, moi je cours après le mégaphone pour crier « ON EST PLEIN ILS SONT PAS BEAUCOUP TOUT LE MONDE RESTE SUR LES RAILS ON FAIT COMME ON AVAIT DIT » et tout le monde reste sur les rails. Il était pas question d’empêcher le train de partir, qui sait ce que vont faire les gens à Paris? Pas moi. Donc on lui colle 10 minutes de retard au train, pour le principe, puis on le laisse prendre sa route vers Paris comme ça tout le monde est content à la fin. Carrefour c’est pareil, il est pas question d’être con, le plan c’est de bloquer les entrées avec leurs caddys pour provoquer la discussion avec les clients qui veulent entrer et sortir, qu’on leur dire à quel point on est pas content puis après dix minutes ont range les caddys puis on reprend notre route. Et si jamais y’a des gens qui refusent de jouer le jeu on fait pas chier, on leur ouvre le passage. C’est pas bien grave. Sauf que les flics ont pas laissé faire, ils ont transformé le parking en véritable zone de guerre. C’était hallucinant, et bien rigolo. Evidemment ils ont essayé de nous attraper, on était un petit groupe a être de toutes les conneries et a un moment ils réussissent à nous bloquer et je sais pas pourquoi quand la police a dit « BOUGEZ PLUS » avec mon pote on s’est regardé, on s’est mis à rire et on est parti au courant, c’était plein de petites rues impraticables en bagnole le quartier donc on les a semé. C’était très bon enfant, en plus la vérité c’est qu’ils savaient très bien ou on allait, après chaque manif’ on finissait par un apéro au vieux chateau. Et bon à l’époque je me reconnaissais pas dans cette figure du leader, c’est un truc dont j’ai pris conscience après le délire.

          Le délire c’est en 2013, y’a le truc de la lumière de l’autre monde, sauf que c’est pas pareil, y’a une idée associée à cette intense lumière qui plane au dessus de ma gueule et comme je suis très curieux comme garçon j’ai pris le risque de me laisser porter. Et c’est là que le délire commence. Après il a du mal à s’installer le délire, il a du s’y reprend à 3 fois avant de se lancer, ceci dit à la fin il m’a collé une belle fessée. Faut le reconnaitre, sinon c’est impossible d’en revenir. Faut le reconnaitre parce qu’objectivement c’est la vie qui tente de reprendre ses droits et même si la vie n’a rien contre le neuroleptiques c’est quand même mieux de pas te cacher derrière la chimie, de prendre le risque d’entendre ce qu’elle peut avoir à te dire.

          Je te raconte tout ça parce que si c’est plus qu’une blague, si t’as vraiment ce type d’expérience, soit prudente. Pas inquiète, ça sert à rien, juste prudente. Parfois c’est comme en 2006, ça passe, ça vient dire que y’a une vie devant toi. Parfois par contre ça s’impose et là faut avoir le courage de reconnaitre qu’on a perdu la raison puisque ça écrase tout et puis prendre sa camisole chimique pour calmer le tout. Ensuite ce qu’il faut faire c’est prendre le temps de revenir en arrière, mettre la main sur l’idée qui a tout fait dérailler, moi c’était que j’étais intelligent, pas plus ou moins qu’un autre juste comme tout le monde, et je peux te promettre une chose c’est que regarder en face une idée aussi simple ça m’a demandé beaucoup de courage, je me voilais pas la face sans raison.

          Ma maman elle est malheureuse, très malheureuse, elle a détruit mon papa mais elle s’en est même pas aperçue, un jour je l’ai mise face à ce fait, j’ai pris des gants et je lui ai raconté leur histoire telle que je la voyais et quand elle a réalisé qu’elle détruit l’homme qu’elle aimait sans même se rendre compte que lui aussi l’aimait très très fort elle a beaucoup pleuré. C’est très commun comme histoire, on est tous fous, y’a aucune exception à cette règle, et y’a une très bonne raison à ça, c’est que la logique aristotélicienne ne permet pas d’appréhender convenablement la complexité du réel.

          Aristote c’est le tiers exclus et le tiers exclus c’est un principe de non contradiction et un principe d’identité. Ce principe d’idendité je le qualifie d’absolu parce que le principe de non contradiction il te pousse à diviser l’humain en deux groupes bien distincts, t’as les menteurs d’un côté et les non menteurs de l’autre et le menteur est un absolu menteur tout comme le non menteur ne ment absolument pas. C’est pour ça qu’on est comme des cons face à l’histoire du Crétois, c’est parce que on divise le monde en deux catégories avec les menteurs d’un côté et les non menteurs de l’autre et face à la question de savoir s’il dit vrai ou faux on est tout perdu. Parce que soit c’est un menteur et il dit vrai, soit c’est pas un menteur et il ment. Et là dessus tu peux boucler à l’infini, et parce que tu peux boucler à l’infini tu peux relier ce problème à un problème posé par Turing qui est celui de l’arrêt. C’est pas rien comme problème, c’est un grand problème et le régler c’est s’offrir les moyens de construire le Graal de la vallée siliconnée à savoir une IA forte. IA forte qui n’a rien à voir avec un genre de Dieu logiciel, il est pas question de créer une IA toute puissante qui serait capable de dominer le monde, il est simplement question de construire une IA qui serait capable de passer pour être humain lors d’un échance avec humains. Bref d’une IA qui donne à penser que y’a une conscience en face et ça ça se fait en dotant l’IA de biais de cognition. Et c’est pas par hasard que je fais ce détour c’est parce que le paradoxe du Crétois il met en jeu un biais de cognition. Suffit de prendre le problème de Crétois avec un brin de logique pour s’en convaincre.

          Est ce que le fait de dire la vérité empêche d’être un menteur? Sur l’instant oui, sur l’instant soit on dit la vérité soit on ment, c’est pas un soucis. Ceci dit dans l’absolu on peut être menteur et non menteur en même temps. Ca suffit d’avoir menti une fois pour avoir le droit à son pin’s de génie, par conséquent on est tous des menteurs. On s’en vante pas de ce pin’s, en général on préfère le prêter au voisin. On préfère le pin’s qui dit non menteur. On est comme ça, on aime bien se prendre pour le bon côté du doigt et mettre le voisin de l’autre côté du doigt. C’est plus fort que nous, c’est l’inconscient. On s’est construit dans un monde qui fonctionne de cette façon, on se pose même pas la question de savoir si ça pourrait autrement tant ça nous semble évident, ceci dit c’est fou, c’est fou parce que si on était honnête avec soi même on conviendrait que l’autre est comme nous, que lui aussi il dit la vérité le plus souvent même si ça lui arrive de mentir et au lieu de diviser le monde en deux catégories avec le menteur d’un côté et le non menteur de l’autre on partirait du principe que c’est l’humain qui est divisé en deux tendances conflictuelles qu’on peut résumer naivement par l’amour et la haine, le bien et le mal, la vie et la mort. La dualité quoi. Et donc face au Crétois qui prétend que tous les Crétois seraient des menteurs on ne serait pas choqué. Il dit la vérité, on est tous des menteurs par conséquent y’a pas de raison que les Crétois fassent exception à la règle et y’a pas de paradoxe non plus. A partir du moment ou tu reconnais l’autre comme ton égal, a partir du moment tu portes un pin’s menteur et un pin’s non menteur et que lui aussi à la droit aux deux y’a plus de paradoxe puisqu’inconsciemment on traite plus le problème de la même façon, on ne voit plus rien de contradictoire au fait d’être menteur et non menteur en même temps. C’est pas rien hein, ce qui conduit au délire c’est ça en fait, c’est un gros problème dans les identifications. Prend mon cas, j’ai fait mon dernier trimestre de premier, mon premier de terminal, je me pointe au bac les mains dans les poches et je frôle la mention. Est ce que je me réjouis à l’arrivée? Non, j’arrive à la fac convaincu d’être un imposteur, d’être beaucoup trop con pour poursuivre des études supérieurs et je me noie. Puis un jour je me rend rend compte que finalement moi aussi je suis intelligent, comme tout le monde, et là j’explose en plein vol. Y’a des histoires derrière tout ça, je le nie pas, mais bon le truc étonnant c’est que remettre de l’ordre dans les identifications déconnantes ça te conduit automatiquement à retrouver le fil de ton histoire et par la même occasion à réintégrer la partie de ton histoire que tu refoulais faute de pouvoir l’intégrer. Et ça on en est tous victimes, y’a aucune exception, ça se joue à des degrés plus ou moins important, tout le monde ne devient pas fou, ceci dit comme ce problème découle avant tout de la logique artistotélicienne qui nous contraint à faire un choix entre l’un et l’autre on est tous logés à la même enseigne. C’est ce que démontre le paradoxe du menteur. Et le truc de diviser l’humanité en deux groupes c’est plein d’effets secondaires, le premier étant de t’amener à refouler le négatif sur le voisin afin de te charger du positif. On peut tout à fait rejeter le positif sur le voisin et se charger du négatif, ça marche très bien aussi. Reste que dans tous les cas ça te conduit à développer une conception délirante du monde. A partir du moment c’est l’humain qui est divisé à l’échelle subjective et pas l’humanité qui se divise avec les bons et les méchants d’un côté tu peux pas espérer avoir un rapport raisonnable au réel si tu fonctionnes avec Aristote. Par contre avec Lupasco tu peux, lui c’est un tiers inclus et ce tiers inclus il conduit à remplacer le principe de non contradiction par un principe de complémentarité et le principe d’identité devient relativiste. Relativiste au sens ou t’as des pins lumineux. Tu dis la vérité le pin’s « non menteur » s’allume, tu dis un mensonge le pin’s « menteur » s’allume. Tu portes les deux mais l’un ou l’autre s’illumine en fonction de la situation. T’es les deux en même temps donc mais t’es potentiellement les deux à la fois, jamais tu l’es effectivement, y’a qu’un seul pin’s qui s’allusme, si les deux s’allument en même temps faut me faire signe parce que mentir et dire la vérité en même temps j’ai pas encore trouvé la feinte, et c’est pour illustrer cette dynamique que tu trouves chez Lupasco la notion d’actualisation/pontentialisation. Actualiser c’est le pin’s s’allume et potentialiser c’est le pin’s qui s’éteint. Donc tu portes les deux pin’s mais la dynamique qui fonde les clignotants reste articulée par les principes de la logique classique, c’est l’un ou l’autre pas les deux en même temps. C’est pour ça que c’est important de distinguer deux plans, le plan de l’absolu qui est celui du réel et celui de la réalité. Et bon fonctionner avec ce tiers inclus ça revient à récupérer les pin’s qu’on prête à l’autre, les bons comme les mauvais. Ca revient à se reconnaitre dans la figure du menteur en repensant à toutes les fois ou on a mentour soulager l’autre imaginaire du poids de ses propres tares. Ca fait pas tellement envie au premier abord mais nous on est les rien et en tant que dominés ce qu’on prête à notre imaginaire c’est surtout des qualités. Genre moi je lui prêtais le pin’s de l’intelligence. Je lui ai prêté jusqu’ou je me suis aperçu que j’étais si con comme garçon que je faisais preuve d’une vraie intelligence dans ma connerie. Et bref quand tu joues le jeu, comme ton autre imaginaire porte les deux pin’s au même titre que toi tu ne buggues plus face au Crétois qui soutient que tous les Crétois sont des menteurs, y’a plus la réaction de l’égo qui vient refouler le mal sur l’autre et comme tu te reconnais dans ton double imaginaire tu vois plus le problème à conclure que le Crétois est un menteur. Par conséquent pour faire une IA forte faut simuler ce genre de biais de cognitions. Faut donner les moyens à l’IA de refouler une partie de l’information et de l’associer à l’autre imaginaire. Je le sais tout ça mais quand une nana me crache que je suis un gamin impuissant frustré mon premier réflexe c’est de la traiter de pute. C’est humain. Humain au sens ou elle me fait bobo à l’égo et en réaction je lui fais bobo à l’égo. Ceci dit après coup on peut se remettre en question, comprendre qu’elle te traite de gamin impuissant frustré parce qu’elle te prenait pour un homme et partant de la retourner le pute comme un gant pour en faire un connard. Tu peux envisager que tu l’as froissée sans t’en rendre compte et qu’elle n’en est pas arrivée là par hasard, repérer ce que t’as manqué, l’intégré et présenter des excuses. Et ça ça conduit à conclure qu’une pute c’est toujours un homme qui comprend pas les femmes. Et qu’un connard c’est toujours une femme qui comprend pas les hommes. Et bon le jour ou le monde aura intégré ce principe logique, on devrait pouvoir envisager le 0 féminicide. Parce que si les hommes et les femmes intègrent la réflexivité ils doivent devenir capables de communiquer et les gosses doivent pouvoir se construire solidement, assez solidement pour courrir après leurs rêves. D’ailleurs moi je rêve de faire président de la république quand j’étais gamin et en 2015 quand je déconstruis le coup de foudre je le fais en postulant qu’une fois que le boulot sera fait je retrouverais le tracé du chemin que j’aurais suivi sans mes problèmes. A l’époque je pensais pas à président, à l’époque je pensais à l’informatique et plus précisément aux jeux vidéos, parce que grâce à la logique de Lupasco et à la psychanalyse scientifique on peut tout à fait envisager de construire un moteur psychique, de donner un ersatz de conscience aux PNJ (les personnages du jeu) et partant de là donner naissance à un univers chaotique, un univers dans lequel tes choix ont de vraies conséquences et influencent notablement le déroulement du jeu. Donc je pensais plus au rêve de l’adolescence à la base qu’au rêve de gosse, mais bon au final j’ai les deux en ligne de mire et je vais pas m’en plaindre. Parce que Manu il est bien gentil mais tout ce que je raconte sur le menteur et le non menteur ça fonctionne avec la gauche et la droite. Ceci dit pour intégrer la variante de gauche et de droite faut comprendre comment la folie de l’un et de l’autre se couple, faut repérer ce que cette folie implique de mauvaise foi puis comprendre que derrière l’idéal communiste ou l’idéal capitaliste se cache le même réel. Parce que le capitalisme c’est le libre marché et si t’acceptes de prendre les règles du jeu du libéralisme économique au sérieux tu dois convenir que pour que le principe du consentement mutuel soit respecté il faut nécessairement un tiers pour défendre la limite de la liberté. Un tiers qui dit que sanctionner le travailleur qui dit non aux patrons c’est pas possible puisque sanctionner le travailleur qui dit non aux patrons c’est le forcer à dire oui. Donc en face ils sont pas libéraux, ils n’ont pas compris les règles du jeu, et si la gauche se croit antilibéral c’est parce que le travailleur est le mauvais côté du doigt. Et le truc de l’émancipation c’est le dominé qui se donne le droit de récupérer le pin’s du dominant. Y’a une transformation qui se produit à cette occasion, tu te reconnais divisé en consentant à accepter que le monde ne se divise pas en groupes mais que l’humain est divisé, et la reconnaissance de cette division psychanalytiquement parlant c’est la fameuse opération de castration et chez Lacan ça revient à reconnaitre le manque. Chez Jung c’est reconnaitre son ombre, chez Adler ça revient à traiter le complexe d’infériorité et chez Gramsci c’est faire face à son impuissance. La aussi c’est toujours le même réel, toujours la même opération, mais elle se décrit en des termes différents, c’est pas les mêmes coordonnées idéologiques mais c’est le même réel. Et toutes ces opérations sur le plan mathématiques elles ont un équivalent. C’est pas dans n’importe quel secteur, c’est du côté des plans, c’est les histoires de vecteurs propre, et c’est pas utile de comprendre de quoi il est question pour apprécier la beauté de l’affaire, suffit juste de comprendre que du côté des neurosciences y’a la conviction que l’activitée de penser est mathématiques, que y’a toute une sous couche logicielle (pour donner une image) qui fonctionne sur des notions d’espace. Et c’est à ça que c’est vecteur propre servent, c’est à passer d’un espace à un autre, à traduire les coordonnées d’un vecteur d’un autre espace dont on connait les dimensions propres dans son propre espace à soi, dont on a définir les dimensions propres. Et autant ça se fait sans soucis pour le genre humain ce genre de traductions quand il est question de mathématiques, autant si il est question de sciences humaines on est tout perdu, tout perdu à cause de l’égo, à cause du tiers exclus d’aristote qui n’est qu’une sous partie d’un complexe logique mis à jour par Lupasco et c’est ça qui idéologiquement nous divise. C’est qu’on a un réel, celui du marché, un dominant qui se croit libéral alors que la liberté il déteste ça dès que ça profite au travailleur et Marx qui repère bien la mauvaise foi du capitaliste et qui la met au travail. Ceci dit tant que t’as pas accès au complexe logique complet tu peux pas te répérer dans le bordel du réel, tu peux pas comprendre que la solution c’est de se mettre à jouer le libéralisme avec eux et de crier « antilibéralisme » à chaque fois qu’ils franchissent la ligne rouge. Reste que ça donne raison à Manu, le libéralisme est une valeur de gauche. C’est une valeur de gauche parce que faire triompher Marx, et avec lui le salariat, c’est objectivement achever le projet libéral.

          Ouais parce que je suis toujours là dessus, j’ai pas le temps de lire des livres, la seule chose qui m’importe dans la vie c’est de coller sa cartouche à Manu. Et franchement ça me désespère de voir tout le monde chouiner et me pisser à la raie en même temps. Ceci dit je vais voir vendredi si je peux pas tricher un peu. Essayer d’aller à la manif des soignants et repérer les jeunes. C’est la saint valentin et j’ai remarqué un truc, c’est que quand je fais le con avec mes histoires face à des nanas elles me font le coup de la folie amoureuse. Et bon le truc de saint valentin ça peut aider. Des jeunes, si elles sont célibataires, qu’elles voient un grand branleur de mon genre et que je fais pas trop le con, y’a peut être moyenne qu’elles m’aient suffisament à la bonne pour m’entendre quand je dis qu’ils perdent leurs temps avec Manu. Peut être moyen qu’elles acceptent de m’aider à faire entendre aux vieux que ça sert à rien de chouiner, que la solution c’est de se soumettre. De reconnaitre que le pays est trop négatif et de positiver un peu, d’arrêter de lui demander du pognon et de se relever les manches pour le pays. Parce que tous ces idiots, s’ils passaient un appel au bénévolat pour sauver l’hopital au lieu de démissionner ça pourrait faire un drôle de bruit. Tu prends pas tout le monde, tu prends que des gens qui ont des compétences, si y’a pas assez tu demandes au retraité de prendre du service et à pole emploi d’organiser une session de recrutement pour trouver des chomeurs désireux de se reconvertir dans le soin et ces chômeurs tu leur apprends le boulot sur le tas en leur faisant faire les tâches ingrates. Là dessus tu joues la même avec les retraités de la médecines et tu réquisitionnes les étudiants des universités de médecin, on paye avec nos impots c’est ça ou 0 aux partiels puis tu transformes l’hopital en ZAD. Qu’est ce qu’il fera Manu? J’en sais rien, je sais juste qu’une ZAD de ce genre même à droite ils seraient fou furieux si elle était délogée à coups de CRS.

          C’est bien de vouloir reprendre le pouvoir mais c’est mieux de le faire. Et par les temps qui courrent, ca ferait du bien à tout le monde. Enfin à tous ceux qui comptent. Et par « qui comptent » j’entend ceux qui comptent à la fin du mois, les 70% qui s’identifient aux Gilets Jaunes.

          C’est ça ou retourner applaudir François lors de sa prochaine conférence.

          Après je peux lire un article, donc je le lirais, même s’il risque de me déprimer, toute l’hypocrisie du néolibéralisme synthétise dans une rose, y’a de quoi se tirer une balle après avoir creusé soi même son trou. Ceci dit moi à la base je repassais surtout pour continuer sur le truc de l’autre fois, parce que si j’ai bonne mémoire le manifestant t’as dit que t’étais trop une chamane, et le chamane c’est un psychanalyste en version animiste, donc on est deux à reconnaitre que t’as du potentiel dans ce secteur. Et moi je veux bien entendre ton histoire de télépathie, y’a pas que les mots qui jouent dans la communication, y’a la tonalité de la voix mais aussi les expressions du visage, la gestuelle du corps, puis tous un tas de détails qu’on soupçonne pas et qui relèvent de la microexpression. C’est loin d’être rien, c’est de l’information au sens propre, et quand elle est traitée par le cerveau elle produit des idées, donc que deux individus qui s’entendent particulièrement bien puissent en arriver à psychother sur la télépathie ça me semble logique et cohérent, parfois y’a pas besoin de dire les choses pour que l’autre les comprennent. Et finalement c’est de ça dont on a besoin en tant que fou, c’est d’un autre qui prend le temps de nous comprendre, de se plonger dans notre monde pour nous aider à en sortir. C’est le contraire de ce qu’on vous demande et c’est pour ça qu’on vit la psychiatre avec autant de difficultés. On devrait nous traiter comme des êtres humains, on devrait faire face à des semblables, mais on fait face à une autorité foireuse en blouse blanche qui nous traite comme des déchets. Et si j’en reviens à Ruffin, il trouve l’infirmière miraculeuse parce que elle elle voit des êtres humains dans ses fous là ou Ruffin voit des déchets. Y’en a des biens, c’est ça le pire et si Ruffin avait été foutu de porter ses couilles alors au lieu de la flatter dans son bouquin à la con il l’aurait trainée par le col jusqu’à la chambre à oculus et lui aurait demandé ce qu’elle en pensait, en vrai, elle n’aurait peut être rien dit mais je suis sûr qu’en lui parlant de la honte qu’elle éprouve quand elle se croise le matin dans le miroir elle serait passée à table. Une infirmière qui tape dans sa paye pour leur acheter des conneries, elle ne peut pas ne pas y penser quand elle est seule à pousser sa merde sur le trone, elle ne peut pas ne pas y penser quand elle est avec son amoureux. Donc c’est dans son intérêt de dire merde à l’autorité, de tout foutre sur la table et transformer Pinel en ZAD. Ca ne peut que lui faire du bien et l’aider à se voir aussi belle que son amoureux la voit. Par contre Ruffin qui la flatte et qui se prend une branlée à l’assemblée par la marcheuse qui lui raconte qu’elle ne peut pas le laisser dire qu’ils enferment les patients pour se faciliter la vie ça doit lui en toucher une sans faire bouger l’autre. Se prendre une fessée par le pouvoir, elle aussi elle sait faire. Non elle elle a besoin d’un autre qui soit foutu de l’aider à croire en la légitimité de son combat et lui faire péter la honte qu’elle ressent en privé devant la chambre à oculus y’a pas de soucis, après ça elle se sent légitime. Fini de se laisser faire.

          Ca me fait penser à Pénicaud. Pénicaud qui fout 900 personnes à la porte puis qui empoche ses stocks options. Y’a aucune raison pour Danone de licencier mais c’est pas grave, un plan de licenciement ça fait toujours du bien au cours. Reste que Pénicaud n’est pas conne, elle sait bien dans le fond que ça va faire de l’alcoolique, du dépressif, du suicidé, que dans la masse certains s’en remettront pas et emporteront toute leur petite famille avec eux. Elle le sait mais elle ne peut pas le regarder en face, elle est obligée de faire dans le déni. Et ce déni il a des conséquences, c’est ce déni qui est à l’oeuvre quand elle voit pas le problème avec les congés pour les parents qui perdent leurs gosses. Y’en a une de gosse qui est morte à l’hopital récemment, imagine un peu ce qu’ils prennent dans la gueule quand ils la voient faire son numéro à l’assemblée. C’est inhumain et c’est normal, tous ces gens ont renoncé à leur humanité en échange d’un gros chèque donc ça sert à rien de vouloir discuter, la seule solution c’est de prendre acte de la faillite du pouvoir et de faire le nécessaire pour remettre de l’ordre. Faut arrêter de vivre comme des gosses, devenir adultes puis tendre la main aux flics. Parce que les flics, c’est pire que chez FT ce qu’ils vivent et le jour ou on ouvrira les yeux là dessus peut être qu’au lieu de gueuler « TOUT LE MONDE DESTE LA POLICE » la gauche pourrait se donner la peine de faire une manif pour eux, invités les familles des flics qui se sont foutus en l’air avec leurs armes de service sur leur temps libre et leur offrir la tête d’un cortège. Je suis sûr que t’aurais du monde, que les gens viendraient, même la banlieue et à la fin quand on leur fera la marseillaise pour leur dire qu’on les aime quand même malgré tout tout le monde se chiera dessus là haut. Quoi de pire que des citoyens de mèche avec la police pour eux? Y’a plus rien après ça pour les sauver. Même pas l’armée. Parce que faut inviter les femmes de militaires sur une telle manif, le truc de prêter sa voix à celui qui peut pas manifester je leur ai piqué, j’en ai eu l’idée en les voyant prêter leur voix à la grande muette. Donc t’as plus rien, si t’as les femmes de militaires avec toi et les flics c’est gagné. En plus après une telle manif, ils peuvent plus tirer dans le tas, trop dangereux, y’a peut être la femme d’un collègue dans le cortège. Et s’ils peuvent plus tirer dans le tas toutes les familles de France sont les bienvenues et ça ça fait du monde.

          Après le problème c’est le même qu’à l’époque du CPE, t’as ceux qui sont là pour poser devant la mairie et faire l’interview au journal et ceux qui sont là pour gagner. Ceci dit en vrai le problème c’est que ceux qui sont là pour gagner laisser les idiots poser à la mairie au lieu de leur coller une branlée. C’est pour ça qu’à l’arrivée ils ont le pouvoir pendant qu’on se fait baiser. Parce que le CPE c’est pas les branleurs qui jouaient à faire campagne avec des candidats lors de la dernière présidentielle qui l’ont gagnée, c’est les branleurs qui se foutaient des morts d’ordre et qui multipliaient les manifs sauvages. Et moi à l’époque, quand je réfléchis à faire politique avec la psychanalyse je mise tout sur cette génération CPE. Je me dis qu’elle sera d’accord avec moi pour dire que si on en voulait pas y’a 10 ans (parce qu’en 2015 ça fait 9 ans) on en veut pas plus aujourd’hui. Du coup ce serait bien de relancer l’affaire, d’organiser un CPE 2. Après y’a Manu qui fait surface en prétendant être de gauche et de droite et mon CPE 2 devient une révolution. Et ça fait mal hein de voir que ce branleur réussi à convaincre tout le monde alors que rien ne tient debout dans ses conneries alors que moi y’a rien à faire, moi je suis pas sérieux, je sais pas ce que je dis, je suis rien. Je suis rien mais j’imagine que je dois pouvoir signer une pétition pour que Manu mette la réforme des retraites au référundum. YOUPI.

          Bref.

          • Aaaah Lupasco, je crois que c’était déjà de cet homme là dont tu m’avais parlé il y a longtemps et je n’avais pas pris le temps de lire parce que j’étais trop fatiguée,
            j’y repensais hier c’est marrant mais me souvenais pas de son nom.
            Ben ce que tu racontes de lui ressemble pas mal à ce que je lis de paul diel , qui a bossé sur la question de la vanité , vanité vanité tout est vanité ( vanité face au désir essentiel , du sens de la vie humaine ) , en gros. C’est beaucoup plus complexe.
            Ensuite il s’agit de se faire des calculs psychologiques pour se remettre dans le désir essentiel , mais j’ai pas fini le bouquin et il y a des parties critiquables évidemment, mais ça vaut toujours le coup de se plonger dans ce genre de travail intellectuel , et qui déglingue le freudisme au passage, ce qui me fait toujours plaisir.
            Dans le rapport interhumain je suis tout à fait d’accord avec ce que tu expliques, ce putain de problème d’ego, on n’en sort pas.
            Bon je ne vais plus t’orienter vers des bouquins puisque tu ne les liras pas ( mais ça peut intéresser d’autres qui viennent sur ce site publique ) , mais ce matin, au lieu d’aller acheter des piquets à leroy merlin, j’écoutais un mec parler de la psychologie de l’accumulation ( puisque tu en parlais ), et franchement il est pénible à suivre car il a un rythme de tortue, mais comme cela se passe dans la librairie tropiques dont j’aime l’ambiance de rigolade ça passe ( de rigolade et de montages vidéos à la con ) : https://youtu.be/jV8NAMGTwsI
            vers la fin ça y va dans la citation d’intellectuels qui font références ( influences ), et j’ai entendu un nom que je n’avais jamais entendu : https://comptoir.org/2015/02/21/clouscard-et-la-volonte-de-refonder-le-communisme/

            Merci. Il est 12h46, il est temps que je sorte du canapé, pendant que le gros chat roux n’aura aucun remord à y rester. Le mec complètement pris par son désir essentiel quoi.

          • je reviens , du coup le gros roux s’en va,
            pour ce qui est de cette histoire de faisceau de lumière connecté à l’au-delà, ce qui est à la racine de ton écrit, je faisais une sorte de blague sur ce que me transmettent oralement les gens mystiques que je rencontre et je ne sais pas ce que ça veut dire , mais comme je suis très rationnelle alors qu’on dirait pas comme ça , je crois plutôt à un rapport psychologique entre eux et moi, ce que mon corps leur racontent, ce qu’ils ont envie de voir, sur quoi ils ont envie de me flatter qui les flatterait encore davantage etc
            Mes collègues branchées ésotérismes sont folles de mon corps, par ailleurs. C’est un indice supplémentaire.
            Je crois qu’elles sont bernées par ma façade calme.

          • et ma façade calme d’où vient-elle ? allez on se fait un petit temps d’analyse : peut-être de l’habitude corporelle prise au travail face à des grands fous menaçants.
            Mes amies retraitées de la psychiatrie, et qui ont bossés dans l’un des services les plus difficiles au niveau des belles décompensations psychotiques, sont toutes des femmes très calmes.

          • bon, si tu veux pas parler hors d’ici, comme résolument ce que tu dis m’intéresse, je me contente de t’adresser quelques liens pour continuer à phosphoriser :

            oui le libéralisme est de gauche
            https://www.multitudes.net/la-gauche-doit-reconquerir-le/
            oui la rationnalité est foutue
            https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=osBPsr8W1G4
            oui l’IA doit apprendre à refouler et à mentir…à moins que… ce ne soit déjà fait !! 🙂
            http://www.bbc.com/earth/story/20160901-we-might-live-in-a-computer-program-but-it-may-not-matter

            …au plaisir de te lire. Excellente idée la manif avec les flics en 1ère ligne, les femmes de bidas, l’hôpital ZAD…et bravo pour la remarquable chorégraphie psychique que manifestement tu as su danser. Keep preaching bro 😉

          • Salut lena, mouais il est pas mal ton article sur le libéralisme de gauche , c’est troublant,
            mais en même temps l’histoire du mot libéral vu par les américains je connaissais déjà , c’est un schizophrène qui lit le monde diplomatique qui me l’a racontée, je ne suis pas certaine que cela soit très pertinent de se réapproprier ce mot.
            Je suppose que tu ne seras pas opposée à ce que je t’invite aussi dans ma librairie, allez viens viennns ( voix de sorcière ), on y rigole bien : https://youtu.be/5gLRUZwDpck

          • on y rigole bien, sauf quand le mec du bénin intervient.
            Ah bah là : on rigole plus.

          • mais heureusement arrive le fameux : et mon cul sur la commode.

    • * si tu pouvais

  5. J’ai trouvé la conf brillante, drôle, complexe en ayant l’air simple, structurée en paraissant hasardeuse. Parfaite quoi. François quoi. La conf a un sujet général, imprécis, que François moque, mais qu’il est quand même obligé de traiter, de préciser (préciser le sujet, décortiquer le capitalisme) mais aussi, en 1h, de survoler. La grande qualité de la conf, c’est sa vitesse, elle lance 180idées/minute, mais c’est peut-être sa limite. François lance des hypothèses puissantes, sans forcément pouvoir les creuser : « Est-ce que les riches sont capables d’amour ? » C’est une vraie question mais ça mériterait un temps long pour se le demander vraiment, calmement. Un temps long qui serait celui d’un film, genre la Vie d’Adèle.
    Cette conf lance des milliers d’idées, là où l’écrit reste. Mais avant de rester, l’écrit creuse, tape, réveille d’un bon coup de poing, brise la mer gelée, comme on sait. Pour avoir vu les deux spectacles le même soir, la langue d’Histoire de ta bêtise m’a demandé une meilleure concentration que la conf (alors que j’avais lu HDTB). C’est pas le même texte. Physiquement, le texte d’HDTB me reste plus, et infuse. Là où la conf a eu un effet d’immédiateté.

    François tient très bien sa place de conférencier, c’est-à-dire qu’il la déplace. OK il délivre sa pensée à un public silencieux, mais en destabilisant ce role, en restant en déséquilibre entre :
    – se moquer de sa propre autorité de conférencier. On sent le plaisir à jouer le prof relou qui épelle les nouveaux mots, à expliquer les infinitifs.
    – rire de son sujet. Moquer la grandiloquence du titre et donc sa fausseté « Réparer le monde ». J’ai beaucoup ri, par exemple à son pote Philippe qui l’appelle pour lui parler du voile « Il venait de regarder une chaîne d’info en continu. Ça lui avait mis mille sujets en tête », à l’imitation de la voix de la mauvaise foi (pour le yoga et l’entrepreneur), à l’hommage à Steve Jobs d’inspiration Burger quiz-hommage Darmon, « Ça c’était Steve ». C’est une conf nourrie de Marx et de Burger quiz.

    – parler avec naïveté. J’ai parfois repensé à Flup. Par exemple l’idée de Bernard Arnault, l’attacher à un arbre, danser autour, le chatouiller sous les bras. Même l’estimation à un milliard de personnes, j’ai pas trouvé que c’était une grosse blague, j’ai trouvé ça flupesque. Naïveté devant un sujet trop gros à penser. Un milliard, ça pourrait sembler une connerie, mais l’humanité, c’est inconcevable. Reconnaitre cette inconcevabilité, c’est une intelligence. Parfois la naïveté c’est l’intelligence. Alors oui l’humanité c’est beaucoup de gens. T’as raison. Et puis Flup, ça lui irait bien, les yeux de lumière de l’enfant, et la douce fin-balançoire.

    J’ai trouvé très franc, très marxiste de donner son salaire pour la soirée, les 400€.
    J’ai commencé par dire, avec mon snobisme habituel, la conf c’est un sous-genre de la pensée, c’est pas le texte gravé dans la pierre nianiania, mais il y avait des phrases dans cette conf. Il y avait « Nous aurons des vies strictement vitales » il y avait « est-ce qu’un peuple qui regarde des séries en boucle a encore en lui assez d’innocence, de bonté, d’humilité, de folie, de superstition, d’enfance, pour prier ? »

    • Rien à voir. Dans les questions finales, il y a une arabe qui, en parlant confusément de couscous, veut surement dire « la gauche est raciste et clientéliste/opportuniste ». Pourquoi tu ne réponds pas mieux ? parce que c’est pas le sujet ou qu’il faudrait trop de temps pour en parler ? que la question est une planche savonnée ? ( La fille est abstraite, elle utilise une image-couscous qui n’existe pas. Aucun raciste se retrouve à demander du couscous aux arabes. Pour ça, il y a les restos et Pierre Martinet. L’Etat a souvent plus besoin d’immigrés pour bosser dans le bâtiment, pour faire le ménage à 5h du mat, que pour le couscous.)

      Dans des assemblées de gauchistes qui donnent la parole à tous, j’ai souvent vu ce genre d’interventions : les gens qui viennent parler du racisme qu’ils subissent en accusant leur auditoire, les militants de gauche, les seuls qui les écoutent et veulent discuter.
      La gauche pense lutte des classes, là où les français d’origine exotique pensent identité. Comme ils subissent le racisme, je comprends qu’ils pensent identité. Mais ils se trompent. Leur double culture serait une richesse s’ils étaient fils d’ambassadeur.
      Déjà, dans la conf, tu as parlé du voile comme cause réelle – mais pas principale – du changement climatique. Du grand remplacement qui est l’inverse de ce qui s’est passé aux USA. Ça remet les choses en place.

      • J’ai pensé comme toi que François pouvait répondre en renvoyant à ce qu’il avait dit sur le grand remplacement. Mais peut-être a-t-il un humble réticence à l’auto-citation ou ne voulait-il pas d’une échange tendu sur le sujet qui aurait annulé l’heureuse communion produite par la conf ?
        Malgré les questions étranges, les réponses étaient dans le ton de la conf, humour et douceur, sans jamais mettre l’interlocuteur en difficulté, la qualité du mec quoi.

      • yep, gros kif t lignes
        ( et le coup du rappel au tel, ce qui fout le bordel c’est le voile, oui: Philippe, qui vient de regarder une chaîne d’infos et ça lui a mis le sujet en tête, forcément )
        là, les gens rit assez vite en revanche aussi

    • Moi aussi, Billy, la phrase où François donne les ingrédients de la prière – innocence, bonté, humilité, folie, superstition, enfance – a particulièrement retenu mon attention.
      (Sachant que j’étais de toute façon très attentive, hein, rien n’a: pas retenu mon attention).
      Et c’est marrant, tu vois, parce que quand tu dis que cette conf est « structurée tout en paraissant hasardeuse », je dirais juste le contraire: « hasardeuse tout en paraissant structurée ».

      Le personnage qui parle nous la joue structuré. Bla bla j’ai bien réfléchi à la question. Bli bli il y a neuf moyens de sauver le monde, voire treize mais on va simplifier. Je m’appuie sur des données concrètes + des études scientifiques + la puissance de mon intellect.
      Sauf que non, en fait. En fait il va au gré de raisonnements fantasques, absurdes, enfantins, à base de frisbee et tout troués d’affects. Au gré d’une espèce de hasard et qui aurait à voir avec un rythme intérieur. Au gré euh, d’une grâce. Quelque chose comme ça.

      Mais d’une certaine manière tu dis cela aussi dans ton post, quand tu parles de Flup, et de « se moquer de sa propre autorité de conférencier ».
      On doit être d’accord, toi et moi, avoir ressenti un peu la même chose, et je n’écris ce post que pour le plaisir de l’argutie.

      Le plaisir, aussi, d’essayer d’approcher ce qui m’apparaît comme une sorte de genre littéraire. Je pourrais mettre plusieurs textes de François (ou tous) et plusieurs textes d’autres auteurs dans cette catégorie du discours faussement structuré et joyeusement baltringue en vérité. Joyeusement tout foutu de travers. Avançant de travers. Traversé par une ivresse.

      • oui, silence religieux durant cette phrase
        -> anges qui passent, dont un: ´ c qui ce nouveau qui attire toute l’attention? sacré concurrent le type, sans les ailes en plus, étrange. Et organisé dis donc, en étude des moyens de, il creuse. Faut qu’on enquête, les gars. ´

        Et François, sauveur, qui tend la main au public, après la phrase/question netflix en passant à celle de la pratique du yoga: ascenseur émotionnel, tension émotionnelle dont on connait la cause qui se transforme en rire-effet ´ ouf, avec le yoga, il passe à plus léger ´
        – tu parles 🙂 crois-le, i va rien lacher, et tu le sais, tu l’as compris dès son bonsoir, en vrai.

      • et la bouille qu’il a François, son sourire, ses yeux (sérieux, remate le passage et regarde les) quand il avance dans sa phrase sur Christ (il est un peu tire au flanc/ il se fait un peu prier) on pourrait le voir venir, on peut le voir y aller, et pas.
        Très fort.

      • La conf avance par association d’idées petit chat-chapeau de paille, Roland Garros Marie Myriam Jésus Batman et on revient à l’enfant aux yeux de lumières, mais je vois la structure quand même : analyser le sujet « Réparer le monde », donc le renommer. Sauver le monde par la foi, l’art, l’abolition du capitalisme. Pour arriver à une fin patate, pas austère, une fin simple et douce. On aura du temps. Ce qu’aujourd’hui on appelle du temps libre, par opposition au temps normal, le temps pris dans le capitalisme. Quand on en sera à l’Age de la balançoire, on appellera ça juste du temps.

        • Sur Flup. Je n’ai pas pensé à Flup pendant la conf’ mais je trouve très judicieux de le convoquer ici. Pendant le conf’ j’ai eu un sentiment de délivrance, je crois que c’est un mot qui convient à Flup aussi, dans le sens d’abandon. Parce qu’aucune allusion à la peur ou à la menace durant cette heure, aucun sujet abordé sous l’angle de cet étau mental, même en creux, même pour s’en moquer. Bien au contraire l’humour, le jeu et la justesse (on a déjà évoqué ce qui est dit sur la consommation) desserrent l’étau et libèrent la pensée.
          Vous me direz que ce n’est pas étonnant, connaissant l’oiseau, évidemment, mais c’est rare, non ? Ou bien c’est parce que j’ai visionné péniblement un bout de la conf’ Damasio-Servigne que me revient cette idée qu’aucune transformation ne peut se fonder sur la peur, la menace, le flip.

          • flup pas flip, pussy

            chahutée par la tempête de ouf le long du bassin de la V, je sais pu trop où j’en suis et sais pu trop du coup non plus d’où sort flup déjà?
            de vers la douceur? (besoin d’appeler un ami-sitiste pour gagner des millions)

            ce qui est certain, oiseau ou pas, c que les ruptures de ton, d’intonation, de rythme, il sait les négocier, François Begaudeau.
            Certaine que s’il conduisait, il négocierait tout ça avec adresse et tendresse.
            Mais bon, là où la conduite y perd, partout ailleurs on y gagne.

          • Flup apparait dans Vers la douceur, avec Jeanne, oui.

          • ok, merci, pas tout oublié, ouf.
            je les reprendrai du coup, Jeanne et Flup, quand j’en aurai fini avec Tendre est la nuit (j´y traîne, peine, relis et m’endors, mince)
            – à propos, encore un peu, de la conf des 9 moyens de François, sur le fait qu’il n’y a point de moquerie, il y a tout de même sa vigilance, toujours, aux intrusions génératrices d’interactivité spontanée (le bruit d’un truc qui tombe au tout début) ou de décalage qui, peut-être, lui semble trop gros par rapport à son fil conducteur, son intention première (les rires, quand il cite une de ses sources: Gala – et dit bien que c pas pire qu’autre chose) ou la passe qu’il saisit, au moment où il cherche toujours un sauveur: il vient de régler son compte à Bouddha et préconise la poésie, demande, de ce fait si, à part le poéte déjà cité Sardou, on pourrait solliciter qqn d’autre: une personne dans le public (re-)cite Baudelaire, mais personne de poéte et contemporain, ou moins programme scolaire, moins grandes zoeuvres/grandszommes.
            Sa façon de dire alors que Charles est plutôt en fin de carrière est drôle, presque moqueuse, du moins, elle est à hauteur de la distraction mécanique et autonolate un peu de citer ce poète-là, Baudelaire, je trouve.
            Ouais, si pas moqueur, toujours vigilant.

          • * automate

        • Du temps, oui.
          En attendant la fin du capitalisme, il faut quand même essayer d’avoir du temps.
          Je réfléchis souvent à ça.
          Je passe beaucoup de temps à réfléchir à ça.
          (C’est vertigineux, ce post).

      • voilà, Billy est la Batman du dismoi de François.

      • Billy et toi avaient raison : c’est structuré -et je sais où je veux aller-, mais certains raccods sont faussement logiques, sont des parodies de raccords logiques.

        Je serais bien d’accord pour recenser les tenants de ce genre -le discours faussement rationnel, le pastiche léger de conférence organisé.
        Je pense qu’il y a de ça chez Chevillard.
        Et chez Ambrose Bierce aussi dans mon souvenir.
        Plus récemment, Stéphane Legrand avait fait un dictionnaire de philosophie qui allait dans ce sens
        Y a de ça parfois chez Pierre Senges -mais longtemps que je ne l’ai pas lu.

        • Chevillard oui c’est bien possible. Les autres je ne les ai pas lus.

          Il y a « Critique de l’anxiété pure » de Fred Vargas. Dans cette pseudo resucée de Kant, la narratrice adopte un langage savant, posé, mais sans cesse dynamité de l’intérieur par des accès d’anxiété.
          « La Conférence de Cintegabelle » de Lydie Salvayre se présente comme un discours universitaire sur l’art de la conversation. Mais le narrateur y est envahi par des souvenirs – personnels, émus, gluants – de sa femme récemment disparue.
          Dans « Que faire des cons? » (tout récent), Maxime Rovère prend très au sérieux ce concept de con pourtant assez difficile à établir. Ce faisant il s’installe d’emblée, là aussi, dans un déséquilibre entre des considérations analytiques et des humeurs, aléatoires (par définition).
          C’est tout ce qui me vient à l’esprit là tout de suite.
          Mais il faudrait aussi élargir au court métrage « Les oiseaux sont des cons » (Chaval, 1965). Ou au Professeur Rollin de l’émission Palace. Ou au « Centre de visionnage de l’émission Nulle Part Ailleurs sur Canal plus dans le but de contribuer à son amélioration etcetera… » d’Edouard Baer.

          A partir des années 2000, par exemple avec « Jouer juste » en 2003, cette veine littéraire (ou artistique) prend me semble-t-il un sens particulier. En effet elle entre alors en résonance avec le « règne des experts ». Sur les plateaux télé, des merdeux en cravate professent des vérités scientifiques sur l’économie, ou sur l’âme humaine, ou sur d’autres choses, sur tout et sur n’importe quoi.

          (A ce sujet, voir la distinction qu’établit Alain Deneault entre l’expert – ou le vulgarisateur, c’est égal – et l’essayiste. L’expert condescend à apporter sur son sujet, et au tout venant, un éclairage technique. L’essayiste se met à hauteur de tout le monde, ou en tout cas de qui veut, et, là, propose une pensée.)

          Dans ce contexte, les oeuvres dont nous parlons semblent récupérer la figure de l’expert. Pour se foutre de sa gueule, peut-être. Plus sûrement pour lui réinjecter une dose de drôlerie, d’enfance, de folie, et de plein de trucs susceptibles de le rendre à son humanité.
          (La littérature fait parfois ça, non?, rendre les gens à leur humanité).

          • Oui Lydie Salvaire c’est pas mal comme piste. Pasticher de l’intérieur des grandes développements rhétoriques, elle sait faire. Même si c’est pas la fete du rire.
            Sur la concomitance avec le règne des experts: piste intéressante (même si l’ironisation des discours « savants » est vieille comme la littérature – Rabelais déjà, et Cervantès, et Molière etc)
            Sur le potentiel comique de Vargas, j’ai des doutes.

          • Si, je défendrais le Vargas (mais je l’ai lu il y a longtemps alors est-ce que depuis, mon goût s’est affiné ?). Je me suis ennuyée aux autres livres que j’ai lus d’elle mais celui-là m’avait conquise.

  6. Quelqu’un, ici, qui a vu Scandale?

  7. on en profite pour remercier Le Media qui,
    souscripteurs, techniciens, journalistes

    on les embrasse?
    allez, on les embrasse

  8. @ Pascale

    je te parlais hier d’une conf, à La Villette, un jour ferié (quand tu disais forme, mise en espace de celle du rond point, en gros)

    je n’ai pas de lien vers à partager, en revanche, pour toi:

    une conf (plus ancienne encore, je crois) partagée par François, sur son/ce site, si jamais tu ne la connais pas
    ou désirais y revenir :- )

    http://begaudeau.info/2011/09/12/patrick/

    à mercredi du coup :- D

    • Oh merci, BS,je ne connaissais pas l’existence de cette conférence-là, je regarderai ce soir

    • Mille mercis.pas de temps aujourd’hui.Mais je regarderai.Bien sur.

      • revenant du boulot, je repense à la mise en scène/espace choisie par François pour te faire plaisir, Pascale, cette image d’enfant sage qui te fait sourire, te plaît ou que, du moins, tu aimes noter
        – c une spéciale dédicace-toi, quoi,
        tout comme la lecture/mise en espace d’HDTB qui se termine avec ´ tout le monde il est beau, tout le monde il est ´ qui est une spéciale dédic. à ?
        à BS, Pascale: et ouais

        Ayant pas que toujours survolé cet essai, je me souviens bien – et c un des passages choisis par François d’ailleurs, pour son nouveau découpage du texte au rond point – me souviens bien qu’un des multiples points typiques du bourgeois qu’analyse aussi François dans son HDTB est bien, justement, les vêtements, ou plutôt, le look, ce qui est à la mode et ce qui ne l’est pas/pu, qui est ringard
        et surtout, ce que le bourgeois cool – à la mode – peut même aller jusqu’à porter de pas à la mode qui, de ce fait, va être remis à la mode (ex.du sous-pull) du moins, c comme ça que le bourgeois le vit (il est tellement beau, tout lui va, et il rend tout beau/cool/stylé/à la mode)
        et, en effet, le look enfant-sage est bien redevenu cool

        Ceci-étant, pense pas que c specialement François qui l’a remis à la mode, hein, mais sans rien vraiment changer à son look d’hiver, qu’on peut trouver ici et là, depuis ses premières apparitions filmées (si si je t’assure, tu peux chercher) François est juste, comme qui dirait, à la mode.

        et sinon, pour mon hypothése à moi? – tu as réussi, tu vas l’avoir ;- ) – c’est que, au vu du contenu, de l’analyse qu’il livre là, il n’est guère utile d’en mettre, en plus, plein la vue.
        Même s’il n’est pas toujours insensible au contraste, on peut donc aussi y voir que, pour sa démo radicale, une posture séche (?) est parfaite (le truc du fond = la forme, oui, si tu veux)

      • Un peu plus sérieusement, François est bien conscient de ce qu’il représente, de ce à quoi on le rattache, le plus souvent, même parfois exclusivement, y compris parfois/souvent ´malgré lui ´ (la palme d’or, l’école, les jeunes, ok) et de jouer avec tout ce qu’il se trimballe, y compris, peut-être – [faut lui demander] ce look, comment tu écrivais aussi? ´ serré’ (?) ´ sérieux ´ (?) je retrouve pu.
        Conscient de tout cela, il n’oublie rien de tout ce qu’il trimballe au rond point.

        En particulier, bien sûr et c heureux, ce qui lui importe: les moyens radicaux d’en finir avec le capitalisme dans cette vie.

        • A BS.tu me.fais rire.surtout quand tu soumets l’hypothèse que François serait à la mode (on dit tendance depuis un bail Miss).je n’en doute pas non plus.Je pense qu’il est ce qu’on appelle un « influencer »(aucune idée de l’orthographe de ce mot)sur Instagram.Eh.mais sérieusement,c estune présentation de lui ,surtout avec une toute petite table(comme dans l autre vidéo que tu m’as envoyée),que j’aime beaucoup.Une douce austérité presque comme un curé.j’adore.

          • et oui, et c bien pour ça (en particulier, rappelle-toi) que je te l’ai envoyé la vidéo :- D

            j’aime te faire rire.
            En revanche, pas ri du tout avec ton histoire de notation positive, Pascale (ce s’rait pas que tu pratiquerais ça avec moi, dis moi? dis donc, de la correspondance-forum positive? ah benh bravo)

            Nan, sérieux: bullshit que tout cela, truc de bourge, de cool, c du tiède, du mou, on veut pu de notes du tout.
            Ou alors que des 20.

            bon, on m’attend au ciné, j’y vais,
            à mercredi :- )

          • ps: .. comme un curé/… cf. +++ passage prière, mains jointes, la voix, tout,
            [suis pour que les curés se marient, ça tombe bien]

          • il est arrivé exactement la même chose à mon mec, il y a quelques années de ça en arrière
            avec les chemises de bûcheron, soit disant

            et je te parle pas de toutes les fringues techniques quechua, wed’ze et cie
            tout ce qui fait, qu’aujourd’hui, mon mec est le plus beau de tout Paris.
            et oui :- )

          • A BS.quand on pratique la notation positive,ils ont tous des bonnes notes.Je te dis pas que c est l’idéal mais c est déjà un peu moins con que les livrets d évaluations par « compétences « actuels,et tu sais faire tout ce qu’on veut dans le métier de prof est devenu compliqué malgré tout.Donc ce système est selon moi loin d être le pire.Et ça fonctionne bien.

  9. Pascale? (si si on est mardi)
    à un moment, tu (te/nous/à l’huma) demandais si critique il pouvait y avoir – à propos des 9 moyens de changer le/la, de François au rond point – c bien ça?
    oh benh, quelques posts déjà, ici, laissent trace de critiques oui, élogieuses et en amour, c le moins qu’on puisse dire, (celles de toi, moi, entre autres, suffit de lire ici, on les voit, non? comment ça, on les voit pas? )

    mais mais mais mais mais, en ré-écoute, et sans intention première de l’effet de cette ré-écoute ( j’le jure) ma re-écoute est la cause de mon écoute plus attentive, y compris, forcement – du coup? – de quelques imprécisions, quelques trucs un peu bancals, bien évidemment ;- )
    -bien sûr, normal, des trucs que j’avais bien sûr entendus déjà, hier, lors de ma découverte de cet exercice, lors de mon gros kif devant la conf gesticulée pas si gesticulée de François, au rond point, sans gilet jaune, bien que pourtant,

    Mais ces trucs, oui, ok, je veux bien préciser, mais en préciser un seul, alors, un seulement ^^
    :- D
    pour commencer,
    un:
    Fan incontournable de MDK, sans en arborer fièrement le badge (je l’ai troqué avec un parisien contre une bouteille de cidre – comment ça c pas à Paris que, arrête de suite, stp)
    me démange, tu t’en doutes, de dire (sans pour autant le verifier dans le livre car je m’en souviens bien, moi) que c un jeune gars qui a besoin d’être greffé, un surfeur, qui, lui, est en van/camionnette, et a un accident en allant surfer
    L’est pas si clair là-dessus, notre François,
    mais comme il dit ´dans mon souvenir’ et que, dans son raisonnement/démo, le propos est ailleurs (on s’attelle au mot ´ réparer’ , au champ lexical médical, Tchekhov, médecin, un peu de pièces de théâtre peut-être par ailleurs ^^ ) donc on va juste prendre l’hommage à son auteure aimée (de François et moi) avec la vive joie que François y met, en parlant de/citant ce roman de Maylis De Kerangal.
    Et on est en amour et joie (mais putain, on m’avait aussi promis des patates, elles sont où?)

    Car au vu de la prouesse durant, combien? – 1h? (si j’enlève les questions) ce serait pas un peu de la merde que de relever les détails que chacun, plus ou moins en amour à ce moment-là, pourrait relever? facilement, de plus,

    car, bien sûr, il y en a.
    Sans les chercher, on le sait.
    Comment pourrait-il en être autrement?

    Et c bien une des questions-problèmes de l’école d’ailleurs: lorsqu’elle note (lorsque ses agents notent, oui) lorsque les profs notent, donc:
    – vont-ils noter les manques/imprecisions? – cf. les saloperies de perles du, oui, saloperies de rigoleurs de ça, je vous hais –
    relever les ´ erreurs ´ (en insistant sur le fameux bien cool ´ mais c normal de faire des erreurs, c comme ça qu’on apprend ´ – comme je fais là, oui, je sais) ou plutôt:
    – vont-ils surtout noter ça? voire que ça? ( auquel cas, c vite fait d’avoir 0)
    ou vont-ils plutôt s’arrêter vraiment sur ce que dit le noté? (genre s’il dit 20 trucs en lien avec mon sujet de départ, je lui mets 20)

    De là, découle un profil d’enseignant d’ailleurs (je fais vite, oui, mais j’ai choisi ce sujet pour un de mes travaux de recherche en sciences de l’education – mon unité d’enseignement en sociologie de l’education – et c’était bien super ce boulot)

    Serai-je donc une sitiste qui (ne) relévera (que) les rayures que, si peu souvent, fait François à son tympan son coeur, son âme, ses yeux, lorsqu’elle l’écoute au rond point?

    je serai sitiste qui prend tout, Pascale,
    mais qui prendra tout, precisément, resterai à la tache, sitiste qui regardera/écoutera/ressentira tout ce qui lui arrive, precisément, en second visionnage, comme au premier,

    ni plus ni moins

    • A BS.il y a la pédagogie de la notation positive.tu connais?

      • je me contente de subir tous nos espaces du quotidien que l’on a fini par noter
        (bien que la guerre des notes à l’école, qui m’intéresse donc, ait beaucoup, toute l’huma? avec elle)

      • tu sais quoi, Pascale? (bonsoir) il a raison François pour le ´réparer les vivants ´ de De Kerangal (vérifié quand même, une fois le moyen de reprendre le livre en main) cte honte:
        le jeune homme surfeur, accidenté, c bien le donneur,
        – (bien fait de pas m’épingler un badge super fan de, donc)
        Manquerait pu qu’il est aussi raison pour la varicelle et ses boutons

        Fort comme il est, tu vas voir que

        • J’attends ça avec impatience.Mais qu’il est fort,je n’en doute pas.

          • bon benh oui, Pascale, on y est: avec ses 2 images littéraire et élégante, l’elégance du concrêt, du réel, de ce qu’on se tape aussi au quotidien comme saloperie ordinaire, dans notre grande histoire du réel, de la vie au quotidien (une bonne gastro, une bonne varicelle, c´qui nous faudrait c une bonne guerre, qu’i m’dit) François aborde les risques de catastrophe théorique et intellectuelle majeure, hein – comme le formule aussi souvent FL – et du coup il dit bien la confusion parfois, entre cause et effet:
            ’prétendre guérir d’une varicelle en se mettant à percer tous les boutons ‘ (comme le jus sur un pansement pour qu’il y ait la varicelle une bonne fois pour toute a la maison, quoi ‘ si, c bien ça)
            ce qui entretient le fléau, la maladie, un peu comme celui qui entretiendrait sa gastro en mettant le nez dans la cuvette qu’il entreprendrait de nettoyer avec sa gastro in progress, en circuit fermé quoi, en quelque sorte (?)
            Rassure-toi, au cas où je continuerai – mal – à chercher des erreurs, manques, imprécisions, tout en comprenant tout à l’envers, ou plutôt
            – en voulant tellement y en trouver que j’en invente ou me méprends complet –
            je ne vais pas passer à mon scanner, apparemment défectueux, parce que passionné, et vice et versa, mais pas que, pas m’atteler, disais-je à l’étude de l’image des wc de celui qui chope une gastro.

            Fort François est, et ia pas de loupés.
            C précis, affûté, pesé, pensé, gagnant à chaque coup.
            On s’en doutait? on le savait?
            oui.

        • * qu’il ait

    • J’ai noté aussi que François gesticule peu.Je pense que est la chemise bien mise ,le pull sage et la table qui font ça.Il était sage comme une image.

      • je ne faisais que tu citer en quelque sorte ;- )
        puisque hier, j’ai vite évincé la question de la mise en espace, comme dit, comme tu sais et comme redit

        en revanche, tu verras, l’acteur qui dit HDTB, aux côtés de V.Grail qui est un peu comme à la technique
        fait une conf gesticulée

        j’ aime, aussi, François, quand il gesticule peu

      • * te citer,

        et non, tu ne me feras pas parler de ses vêtements en revanche, nan

        même si je l’aurais aimé nu,
        ayant ôté le rouge à ses joues, iui, et venant nu vers, oui

  10. Les planeurs et le cochonnet : https://youtu.be/OeBOwwZmMUk

  11. .. comment on peut sauver la vie si on regarde netflix ?

    devant ma totale imprécision et mon raportage de certains dires, en mode si brouillardeux, de la conf de François au rond point, je m’attelle à ma punition:
    revisionner la conf.
    Alors, d’abord: revisionner, plus loin: la, plus loin: conf.

    Drôlemment méthodique, çe me ramène direct à, au moins, une intervention de Quintane (à Pompidou je crois, le centre, moins à son déj avec Georges)

    Expliciter, embrasser, s’atteler à, considérer, bien voir, penser les mots, les termes, d’une phrase de départ, d’un titre de conf, pour déplier: la base,
    la base, la forme basique pour introduire un travail classique de fond qu’on va livrer, confronter à un public, un jury, des clients.

    Je bafouillais, hier (ce qui me valut punition, pour info et/ou rappel) qu’à un moment, François se/nous/à l’humanité/ça fait beaucoup de monde
    François posait donc la question de:
    -> comment on peut sauver la vie si on regarde netflix? (en gros, je cite en bafouillage encore, c vrai, mais, lors de ma punition, vais bien retomber sur ce moment, passer dessus, et redirais, mieux)
    Je vous sens soulagés,
    quand on peut faire plaisir.

    – Et bien le silence, après cette question netflix (appelons-la comme ça, voulez-vous? hin hin, take it now or, i m’dit, bref)
    le silence, dans le public, donc, il est net, plein, notable, très notable
    plus silencieux même, que lorsque François annonce qu’il est venu parler du grand remplacement, ou là, oui, fusent quelques rires joyeux,

    je trouve que c pas rien ça, et voulais le noter, merci d’en faire de même si cela vous plaît.

    • Oui on l’a bien palpé ce silence. On était graves et joyeux à ce moment là je crois. Exactement comme à la fin des livres de Francois, quand notre cœur s’envole.
      Merci pour les liens BS. C’est chouette de pouvoir y revenir.

    • en ré-écoute de, je vois que je vois/écoute François en 43600e, à minima

      ça double en 40h
      bon impact, une partie de l’humanité est pas si mauvaise, enfin, a pas que mauvais goût,
      c cool,

    • sur le ´ silence netflix ´ c surtout qu’on a comme l’impression que là, chacun accepte de se poser la question proposée par François,
      plus de monde/ dans le public se sent concerné, quoi (moins avec le concept de grand remplacement ou sur le vote macron )
      [hypothèse]

  12. Salut François,

    L’écoute de la Gêne sur 1917 m’a fait revenir une vieille question que je voulais te poser depuis longtemps. Je précise qu’elle n’a rien à voir avec le film ni même vraiment avec le podcast désolé, ou alors très lointainement. C’est une question littérature, et c’est ton allusion à la littérature médieval fantasy qui m’y a fait penser.

    Et donc je me demandais quelle idée tu avais de cette littérature? En as-tu le goût? Et surtout, comme j’ai parfois mes petites rêveries personnelles, je me demandais que donnerait un récit de fantasy par un auteur aussi ancré dans le réel que toi? Serais tu intéressé par l’idée d’un livre où tu créerais un monde totalement imaginaire genre Terre du Milieu, Monde de Sorcier? Pense tu que ton style ironique et comique serait soluble avec le sérieux et la solennité de ce genre? Une façon de le pervertir. Imaginons qu’un éditeur te passe un commande pour un livre de ce genre, comment négocierais-tu l’affaire? Et je pourrais te poser la même question sur la science-fiction. Est-ce que ça t’intéresse en tant que genre littéraire, est-ce que ça peut t’intéresser politiquement en tant que la science-fiction, sous couvert d’imaginaire, parle souvent du monde réel et actuel en en accentuant les tendances. Là encore, pourrais-tu écrire un jour un livre de science-fiction et comment négocierais-tu cela?

    En fait je crois que ce qui m’intéresse dans cette rêverie c’est que la littérature de science-fiction ou de fantasy serait une sorte de littérature sur-imaginaire, imaginaire au carré, alors que toi, en forçant un peu le trait parce qu’évidemment tu inventes des personnages et des situations, on dirait que tu es quand même plutôt un écrivain réel, documentaire. Donc je me demandais ce que pourrait donner la rencontre entre un genre et un auteur a priori pas fait l’un pour l’autre.

    Merci de ta réponse, et merci pour la Gêne d’aujourd’hui!

    • j’aime beaucoup ce que dit François de la gêne occasionnée par l’hyper activité permanente des soldats dans le 1917 de Mendes – au regard des témoignages, courriers des soldats, qu’on trouve et peut lire au dos de leurs cartes même, preuves historiques bien réelles, et où ils disent l’attente, l’angoissante oisiveté forcée et bien inquiète, qu’ils ont vécu lors de cette guerre (François en parle très bien, de très longues heures d’attente subies, où s’organisait tant bien que mal un quotidien difficile et irrigué d´heures d’immobilité éprouvantes, angoissantes, pour un assaut de 24 secondes à peine souvent, juste avant la mort encore plus souvent)

      Seul le régiment qui attend vainement la relève, celui qui est posté juste avant le no-man’s land et qui fait première étape pour Blake et Will, apparaît comme en mode dilettante, en rupture avec le rythme majoritaire du film; je parle de ceux qui font des pari-devinettes sur le jour de la semaine,
      et encore, même eux, Mendes les montre/regarde/filme/trahit car on dirait plus des vilains à-part, pu dans le rythme (à en faire oublier leur fatigue presque) tant il les filme limite comme des dépravés-j’m’enfoutistes qu’auraient lâché l’affaire, par rapport aux autres (tous les autres) qui ne s’arrêtent jamais, même entravés dans les tranchées, éreintés de marcher, zombifiés, ils marchent,

      Seul ce groupe là, donc, aurait pu saluer la réalité des soldats dans les tranchées durant la grande guerre. Ça aurait pu,

      Il y a aussi la scène du chant, oui, mais là, c pareil: l’idée de Mendes, c que le spectateur mate Will, et seulement Will, si proche du but, déjà si héros (et les autres, tous les autres, ne sont que des ombres, des silhouettes, ils n’existent pas, ne comptent pas) plutôt moche, ouais

  13. A Sophya.ahlala je suis pas d accord !!!pastas à la place de patates aurait tout foutu parterre!!à la limite ,nouilles,mais encore,patates est mieux parce que brut.

  14. J’aurais une demande pour François assez inopportune après la lumineuse gêne occasionnée consacrée à 1917.

    D’abord, un le saviez-vous, Jerzy Skolimowski dit que s’il recourait beaucoup aux plans-scènes (comme on l’appellera maintenant) dans ses premiers films c’était par manque de maîtrise du montage et du découpage. Même si pour filmer l’entre-deux dans lequel errent ses personnages de l’époque, ce procédé s’avère pertinent.

    Je me souviens que lors de la fin d’une émission du Cercle consacrée à une rétrospective Kubrick (la fin de l’émission et pas l’émission en elle-même) où chacun devait parler de sa séquence ou de son film préféré (un ou deux avouèrent avoir du mal avec Kubrick sauf Barry Lyndon), François avait qualifié d’obscène le moment dans la tranchée des Sentiers de la gloire montrée par Philippe Rouyer qui avait dû répondre quelque chose comme « on va pas refaire le travelling comme affaire de morale ». Je n’avais pas bien compris à l’époque et m’étais ensuite renseigné sur l’origine de cette expression, alors que maintenant oui. Je retrouve dans les reproches faits à 1917 la précaution avec laquelle tu souhaites aborder des faits divers dans tes romans dans la mesure où cela concerne des personnes réelles.

    Sans plus de détour, pourrais-tu nous faire un rapide retour si tu le trouves important sur High flying bird, Triple frontier et the laundromat puisque tu as suggéré t’être mis à jour lors de la gêne de début janvier ?
    Beaucoup aimé HFB (sa malice, son irrévérence) malgré la présence parfois un peu lourde du scénariste issu du théâtre avec l’histoire du trauma du héro avec son cousin.
    Dans le Chandor, la caractérisation des personnages est fine et les situations fortes ; le film se distingue aisément du tout venant du film d’action. Sa fin est surprenamment non pessimisme. Mais j’ai peut-être manqué le génie de ce film qui t’as poussé à le classer dans ton top annuel.
    Le dernier Soderbergh n’est pas totalement manqué comme l’avait je crois écrit Charles. Mon segment préféré est celui avec le père qui essaie d’acheter le silence de sa fille. J’ai aimé aussi la façon sèche de filmer la vague à l’origine du drame d’ouverture. Néanmoins, je suis aussi un peu embarrassé par la fin du film.

    La mise à jour a-t-elle pu inclure le Buster Scruggs des Coen ?
    Eux aussi font partie des cinéastes américains qui accordent une grande importance à l’argent. Mais l’argent fait peut-être office seulement de Macguffin. L’avidité est le moteur de l’intrigue mais sans plus alors que PTA (je me suis étonné de le voir cité dans l’avant-dernière gêne et ensuite j’ai réfléchi)c’est dans l’exploration de ses univers qu’il n’oublie pas de mentionner cet élément à des fins d’authenticité et de trouble. Par exemple, le mariage pour lequel Reynolds Woodcock coud une robe pour quelqu’un de riche mais « qui ne la mérite pas » dira Alma ; inherent vice la présence est évidente ; le master Philip Seymour Hoffman est financé par Laura Dern et de toute une coterie bourgeoise, et fera l’objet d’une garde à vue pour une raison non élucidée.

    Sinon des infos sur ton prochain roman inspiré d’un fait divers dans la bourgeoisie provinciale ? Xavier Tresvaux ne doit pas en sortir un prochainement ?

    • ll me semble que dans l’émission du Cercle à laquelle tu fais référence, François répondait justement à Rouyer qu’il ne faisait pas référence à la réfutation morale de la virtuosité au cinéma pour les sujets graves mais plutôt qu’il voyait chez Kubrick un refus (ou une incapacité) de filmer la laideur et donc une façon de rendre même l’horreur cinégénique, ce qui serait moins un problème moral stricto sensu qu’une limitation esthétique. Et donc quand il filme les tranchées ben c’est beau en fait, bien peigné pourrait-on dire, ce qui enlève la singularité, les aspérités de ce fait.
      Même sentiment que toi pour le Chandor qui m’apparaît efficace mais sans génie.

    • Moi je voulais juste revenir sur cette notion de plan séquence, parce qu’effectivement c’est intéressant de faire la différence entre plan séquence en mouvement et fixe. C’est vrai que le plan séquence est souvent vu comme quelque chose de virtuose car mouvementé, des plans à la Breaking News pour donner un exemple tiré du cinéma Hong-Kongais, cinéma adepte d’un montage à la soviétique et d’une culture de la haute voltige.

      Chez Welles et dans Citizen Kane le plan séquence n’est pas fait pour en mettre plein la vue, c’est un film d’expérimentations (grand angle, profondeur de champ, plan séquence, caméra-personnage etc.) et de modernité notamment pour la question de la remise en question de l’image cinématographique et de sa véracité, certes, mais il y a aussi de l’intelligence, de l’économie et de la simplicité dans la réalisation de Welles.

      Il y a deux plans séquence très intéressants à analyser dans CK le premier est un plan fixe, c’est la tentative de suicide théorisée par Bazin et le second est en mouvement : c’est la rencontre entre Susan et Kane. A chaque fois, l’unicité du plan qui compose à la séquence a du sens et elle est créatrice de narration (unité narrative pour la séquence, ça peut mêler plusieurs lieux mais c’est vrai que c’est une notion malléable). Ce n’est pas seulement l’unicité du plan qui construit tout ça, c’est le plan unique + telle utilisation du son + telle utilisation du décor etc. Dans le premier l’importance de la profondeur de champs caractéristique de CK est connue.

      Au cas où ça intéresse des gens je vais jusqu’au bout. Dans le premier plan séquence fixe de la tentative de suicide, Susan est en amorce, son râle, sa respiration difficile est perceptible quand on tend l’oreille, on voit le mouvement lent du corps et les médicaments en amorce également sur la table. Au loin c’est la porte, on la regarde parce qu’on finit par entendre les coups donnés par Welles qui cherche à rentrer, les coups s’affolent, Kane défonce la porte s’approche de la caméra, se jette sur Susan et constate qu’elle est presque morte. Là Welles travaille sur la fixité du plan qui montre un état des choses qui ne changera pas, impuissance de Kane. Leur relation est morte. L’effet de stagnation du plan fixe accompagne cette idée d’issue non négociable, le travail sur le son fait un rapide portrait de la situation et montre l’éloignement entre les époux. La profondeur de champs renforce cet éloignement et l’aspect pathétique de l’intervention tardive de Kane. Cet éloignement progressif et morbide entre les époux Welles le travaille dans d’autres magnifiques séquences de son film. Ce plan séquence qui marque la fin de l’histoire entre Susan et Kane est alimenté de sons tels que le râle, le silence, les coups, l’affolement de ces coups contre la porte, le constat de Welles, et la fixité accompagne cette mort annoncée de leur histoire. Dans l’autre séquence c’est tout le contraire.

      La séquence de la rencontre commence sur un travelling avant sur Susan qui sort d’une pharmacie, elle est sur un trottoir, une calèche venant de la droite passe entre Susan et la caméra qui elle, continue son travelling vers Susan, la cam ralentit parce que Susan se marre en regardant sur sa gauche, panoramique à droite qui nous montre ce qui la fait rire en hors-champ : Kane éclaboussé par la calèche, plus loin sur le même trottoir. Susan se rapproche de Kane et accompagne le panoramique, les deux personnages sont réunis dans un plan qui devient fixe – dialogue – , puis reprise du mouvement lorsque Kane accepte de la suivre dans ses appartements pour se nettoyer. ça participe à mettre en scène la rencontre amoureuse et le plan unique met en valeur l’aspect hasardeux du surgissement de différents éléments qui favorisent la rencontre, le dialogue, le lien (le panoramique met en lien les éléments). C’est très simple, c’est fluide, c’est l’évidence de la rencontre, c’est la magie du hasard avec l’aspect toujours étrange de cette caméra-témoin-personnage dans CK.

      Et pour répondre à la question posée par Atom, comme Skolimowski, Kitano a fait beaucoup de plans longs dans son premier film réalisé en un mois parce qu’il n’y connaissait rien en cinéma et c’était pour lui une facilité, une manière d’éviter la technique du montage. Le premier plan de Sibyl est un plan séquence que j’aime beaucoup parce que le montage de tout le film est complexe, élaboré. Et ce plan se dégage joliment du reste justement par son économie, sa simplicité, ce qui n’enlève en rien toute son intelligence. C’est d’ailleurs un plan séquence qui travaille sur le mouvement et la fixité.

      • merci pour ces 2 décryptages !

        Sur le plan séquence fixe, celui-ci est aussi connoté péjorativement dès lors qu’il s’agit de filmer deux personnes qui parlent ; accusation de théâtre filmé. C’est d’ailleurs amusant de constater que lors de leur passage au septième art, certains metteurs en scène de théâtre essaient d’en mettre plein la vue (Kenneth Brannagh, Sam Mendes ? Oui Sam Mendes a une forte expérience théâtrale, voir son Wikipedia).

  15. bjr François,
    pour tes 9 moyens de sauver la vie,
    quand tu arrives, c sur quel titre stp ?

    • ce qui passe avant que j’arrive est le film du festival, n’y suis pour rien

      • je veux parler de la musique, c pas clair, je sais
        c quoi le titre (et le groupe du coup, pendant qu’on y est)
        merci,

      • ah moins que ça veuille dire que la musique aussi c celle du film du festival (?)
        bah, te dérange pas du coup (kiss)

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