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66 123 Commentaires

  1. interview dans JDD :

    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:gsDz_XGMpSkJ:https://www.lejdd.fr/Culture/Livres/francois-begaudeau-le-macronisme-est-lembleme-des-editorialistes-3912776+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=firefox-b-ab

    J’aime bien « Je protège l’art contre ceux qui veulent le mettre sous surveillance morale et politique. » en mode preu chevalier.

    • merci

    • Moi ce que je préfère c est la phrase »la littérature permet de comprendre ce qu’on ne comprend pas »

      • Moi c’est « Il sort d’une année agitée. »
        HDB est donc sorti en juillet 2018.

        • il y a des adultes qui raisonnent toujours en année scolaire, alors qu’ils sont depuis longtemps sortis de l’école,
          me demande pas pourquoi.

        • ( hypothèse : ils sont restés , dans leurs têtes, de gros bébés à leur maîtresse )

          • Ou alors ils ont le sens du drame, ça fait un an qu’il galère avec les polémiques le gars…

    • François,
      Quand tu dis « A condition radicalement absurde, il ne peut y avoir qu’une solution radicale : la croyance en Dieu. » Tu cites Pascal ou c’est ton analyse ?

      • Chouette interview merci o. Moi aussi j’aime beaucoup sa vision chevaleresque de l’esthète. Et le titre « la saisie morale de l’art me met hors de moi » ça pète.

        Le « A condition radicalement absurde, il ne peut y avoir qu’une solution radicale : la croyance en Dieu », je crois que c’est François qui résume Pascal, pas une citation. Si ça t’intéresse, il y a quelques pages dans Une Certaine inquiétude sur la relation entre François et Blaise. C’est assez chaud, comme souvent entre matérialistes.

        • Merci Billy,
          Une Certaine Inquiétude trône depuis quelques semaines à côté de mon lit, on se regarde tous les matins. Je ne peux en commencer la lecture (ça m’a chatouillée et j’ai lu les 10 premières lignes puis stop), car je ne peux pas me laisser perturber pour quelques mois encore par des pensées sur la foi. Je dois me libérer de certaines choses avant. Mais c’est là, bien là.
          Comme je suis en pleine Bégaudeauite, je soigne le bien par le bien avec 4 livres de François à lire, je me soigne à être plus atteinte mais c’est un bien pour un bien.
          J’ai noté aussi le livre de Pascal auquel il fait référence. P***** j’ai hâte. Je vais aller promener mon chien en ballon pour me calmer.

    • à moi ça me rappelle que je n’ai pas réussi à aller très loin dans le livre d’henri michaux que ma sœur la plus pauvre m’a donné, j’ai pas accroché très longtemps ,
      il faudra bien pourtant que je m’y remette, par loyauté.

      • Michaux reste un mauvais souvenir d’école où l’ennui m’envahissait et l’autorité m’agaçait. Je suis passée à côté ou pas, j’aimais bien ses dessins à l’encre de Chine pourtant, ça m’intriguait. Ça fait plusieurs fois que François en parle et ça me donne envie d’y retourner un de ces jours.

    • merci O
      ça donne envie de lire, et d’écrire, et de lire, et d’écrire, et de lire et etc.

  2. Allez voir Midsommar ça déboîte.

    • Bonsoir,
      je viens de regarder la bande annonce du coup, et ça semble très intéressant. Mais « filmactu » met ça en « film d’horreur »: pas mon truc. As-tu trouvé que c’est un film d’horreur? La bande annonce ne l’est pas, en tout cas… 🙂

      • Ce n’est pas un film d’horreur classique mais il est tout de même très perturbant et angoissant.

        • Pas classique mais y-a-t-il de l’hémoglobine, des membres coupés ? Je suis comme Maryvonne, ces films-là m’oppressent énormément. Est-ce angoissant comme Battle Royale ? La BA semble soft en effet, merci Charles.

        • Psychologiquement donc, c’est ça? Pas d’hémoglobine, gros plans sur des blessures physiques ou des macchabées? Plus genre Lynch que Sam Raimi?

          • Il y a tout de même quelques scènes de violence graphique avec des membres sérieusement amochés en gros plan. Disons que pour un film d’horreur on ne voit pas beaucoup de sang mais nettement plus que la moyenne par rapport à un film classique.

    • on peut dire que tu tombes à pic charles , j’étais à l’instant sur mon transat en train de dire à alice : je sais même pas ce que je vais faire sur mes deux jours de repos tiens.

    • Bonsoir Charles,
      je viens de regarder la bande annonce, et ça a l’air très intéressant. Cependant « FilmActu » classe ça en « film d’horreur » ; pas mon truc. As-tu trouvé que c’était un film d’horreur?

    • merci pour ton idée charles ,
      j’ai bien aimé cette fête des fleurs et du soleil.

    • J’attendrai de le voir en streaming, je n’ai pas envie de me sentir mal.

      J’ai vu Rêves de Jeunesse, très moyen, et Une Grande Fille que j’ai beaucoup aimé.
      Quelqu’un a vu Halte ? J’ai très envie de le voir.

    • film impressionnant ! même en détournant le regard parfois
      j’ai envie d’en savoir plus sur la genèse du scénario

      • Le patron lit tout et reviendra bientot sur deux trois trucs. Notamment sur Douleur et gloire, pour le plaisir tout à fait assumé d’humilier Charles.

        • Si je te prends à crier au chef d’oeuvre pour ce film, je pars me retirer à jamais dans un temple bouddhiste avec Mathieu Ricard. Déconne pas.

          • rassure toi c’est au contraire ton indulgence pour ce navet qui sera dument punie

          • dans ce cas-là je suis tout ouïe.

          • Que j’en attrape pas un en train de postillonner qu’Almodovar est un blaireau.

          • Le patron revient de son long stage d’elléboniste : https://www.youtube.com/watch?v=ZLRbmuoWiuY à 0:13 sec, donc l’addition risque d’être salée, il est chaud patate.

          • en f

          • j’étais plutot en train d’apprendre le métier agnèsthésiste

          • j’étais plutot en train d’apprendre le métier d’agnèsthésiste

          • Je repasse la perruque de Karen Chéryl et j’ébouillante Patrick Juvet avec un thé anti-occident.

          • kamoulox

    • Je suis d’accord avec le monsieur. J’ai vu Midsommar je suis déboîté. Je préfère le film quand il s’agit de faire durer et flotter les scènes réalistes que quand il s’agit de mettre en image des cauchemars et des bad trips (ça c’est fait de manière très académique). J’ai remarqué que le film devenait pas terrible à chaque fois qu’il fait nuit, peut-être parce que la nuit est trop balisée par le cinéma de genre ? C’est pas grave il fait jour et réaliste la plupart du temps. J’ai vu que ça parlait de Pascal dans le coin ces derniers jours, le film est totalement dans le thème : misère de l’homme sans dieu félicité de l’homme avec dieu, étrangeté de la coutume des autres, ironie partout.

      • Un film d’horreur pascalien, j’achète.

        • Je suis très sceptique sur la pensée de Pascal, le peu que je viens de lire sur le fait qu’il est préférable de croire en D_ieu car on a tout à y gagner si des lots sont distribués à la sortie de ce monde terrestre (ce qui n’est en rien garanti), que de ne pas y croire et de risquer de tout perdre. Dans Les Provinciales, continue-t-il sur cette pensée ?

          • De ce que je me souviens, l’idée du pari n’est pas développée dans Les Provinciales. Elle est développée dans Les Pensées, grande apologie du christianisme dans laquelle le pari est un outil stratégique. Si tu le trouves marchand de tapis le gars Pascal avec son « vazy crois y a rien à perdre », je crois que c’est normal. En fait, c’est un argument qui reprend la vision du monde de ceux qu’il cherche à convaincre. Ceux dont l’argument principal pour ne pas adhérer à la religion est un calcul de profit « s’il n’y a pas de vie après la mort j’aurais gâché ma vie » ; sa réponse : votre calcul n’est pas bon regardez c’est croire en Dieu qui est le plus profitable. Cela dit le pari est le tube de Pascal mais c’est pas du tout le coeur de sa pensée.

          • Pascal semble être un prosélyte. Il peut lancer l’idée d’un pari, tout dépend où il place D_ieu : voit-il tout, entend-t-il tout, contrôle-t-il tout ? Dans ce cas-là, y croire ne veut pas dire que tu as la foi, donc triche et D_ieu le saura et te punira. Ce ne sera d’aucun profit.
            L’idée de l’absurdité me plaît bien, je vais aller voir cela de plus près.

          • C’est une objection courante au pari pascalien, cette idée de Dieu omniscient qui ne laissera pas passer une foi calculée. Je ne sais pas trop comment Pascal se figure Dieu, ce n’est pas ce qui m’a marqué et ce n’est ce que les gens glosent en général. Une chose quand même : contrairement aux autres penseurs de l’époque, Pascal ne cherche jamais à faire une démonstration rationnelle de l’existence de Dieu, et même il se moque bien des tentatives de Descartes dans ce domaine – la foi de Pascal est venue par révélation, et pour lui on ne peut pas convaincre quelqu’un d’avoir la foi (d’où ses fameuses phrases sur le coeur qui a ses raisons), la foi n’est pas un savoir – alors à quoi ça sert ce très pragmatique pari ? c’est probablement une tentative pour formuler un argument rationnel qui n’implique pas de démontrer Dieu, argument rationnel de bon stoïcien pour faire adhérer les incroyants au christianisme comme à une religion politique – j’ai bien l’impression qu’il leur propose d’adhérer et non de croire comme on dit que les Grecs et les Romains antiques faisaient.

          • Pascal est un épiphanique et un converti.
            J’ai lu sa bio sur Wiki, sa foi a connu des chemins sinueux avant de se poser définitivement vers la fin de sa vie.
            Les Pensées et les Provinciales ont été publiées après sa mort, c’est peut-être du prosélytisme post-mortem. Je ne sais pas si la religion chrétienne autorise le prosélytisme ou non, avec des limites ou non.

            Je le rejoins sur ce qu’il dit de la foi et j’ajouterai qu’il est difficile de décrire par des mots le ressenti de la foi, ce qui un de mes principaux questionnements et toujours aucunes réponses jusqu’à présent. La foi c’est intime.
            Quand tu parles de religion politique, fais-tu référence au fait que l’Église et l’État n’était pas séparée ?

            Son adage du cœur et la/es raison/s me parle d’autant plus ramenée à son contexte originel.

          • *n’étaient
            *parlent
            désolée pour les fautes

          • Je ne savais pas que Les Provinciales avaient été publiées à titre posthume. Est-ce que ce serait pas le recueil de toutes les lettres qui est posthume ? Il me semble que Pascal était bien vivant quand il les a publiées, une par une, que c’était une réaction à l’actualité théologique, que ça a eu son petit effet immédiat dans les querelles entre jésuites et jansénistes. D’ailleurs, en l’occurrence, je ne vois pas de velléité prosélyte, il s’agissait de défendre les copains attaqués. Au passage, Les Pensées est une oeuvre inachevée, des petits tas de notes, et les chercheurs se battent encore pour établir un ordre.
            Par religion politique, je voulais dire « religion pour laquelle le fait de croire ou ne pas croire importe peu tant qu’on fait tout ce qui va dans son sens et que par là l’ordre est maintenu ». Une religion pratique.
            Tu es croyante, LadyStardust ?

          • Wiki est confus sur sa bio mais j’ai trouvé le Wiki des Provinciales, lettres publiées une par une entre 1656 et 1657 et dans sa totalité après sa mort. Autant pour moi.

            Disons que mon statut croyance est compliqué, très souvent mis à mal.
            Je viens d’une famille où mes deux parents sont de religion différente. Aucun ne pratique et s’en moque. Ayant vécu avec ma mère qui a horreur de la religion (mais quand même attirée par les hommes qui ont la même religion que celle de mon père), elle a décidé que je choisirai ma religion. Ça ne m’intéressait pas mais j’étais très attirée par les rites de celle de mon père, et curieuse d’assister à un service religieux de celle de ma mère. J’avais 8 ans je pense, j’y suis allée et je n’ai pas aimé. Je me suis ennuyée comme un rat mort. Je trouvais cela très solennel, un peu sinistre et sans humour.
            En 6ème, des copines m’ont dit de venir à des cours religieux le midi. Elles disaient qu’on s’amusait bien. J’ai cédé. J’ai honte d’avoir fait rougir le religieux en lui posant des questions intimes dignes de mon âge bête. Il était tout jeune, je le provoquais, moi qui aimais rouler des galoches dans la cour de récré depuis le CM2.
            J’y suis allée 2 fois. Cette religion ne me plaisait pas du tout.
            Mais je me posais toujours autant de questions sur celle de mon père. J’ai voyagé et je cherchais les quartiers où des religieux avaient vécu. Ça me plaisait mais je ne savais pas encore quoi.  
            Plusieurs années après, j’ai vécu 4 années à l’étranger et là je me suis immergée dans la grande communauté religieuse des origines paternelles. J’ai plongée tout en gardant ma distance d’athée et d’agnostique.
            On communiquait essentiellement par mails et il y a eu beaucoup de rencontres à des heures indues avec des religieux de communautés très strictes, des hommes et une seule femme. J’étais comblée car je pouvais enfin leur parler, mais je ne comprenais pas ce qu’était leur foi, leur dévotion profonde pour un D_ieu qu’ils craignent. Et surtout leur humour, mais quel humour ! Je n’en revenais pas et j’y participais.
            Il y a eu aussi des insultes mais j’ai compris que, pour certains, le poids de la communauté et de la religion était dur à vivre.

            Il était temps pour moi aussi d’aller explorer le Livre et de voir si j’y trouverai des réponses.
            J’ai acheté Le Livre pour les nuls, et j’ai pu poser des questions au religieux qui l’avait écrit.
            J’ai appris des choses, mieux compris certains rites, mais ça bloquait toujours car j’avais envie de ressentir la foi.
            J’ai posé des questions aux religieux, ils avaient du mal à l’exprimer par des mots. J’ai demandé aussi à des croyants d’autres religions, idem.
            J’en étais à me demander si finalement je n’étais pas croyante malgré moi. Un copain religieux m’a envoyé un livre qui, disait-il, avait aidé un de ses amis à revenir à la religion en répondant à ses questions.
            J’en ai conclu que je faisais une épiphanie. Mais est-ce que je ressentais s’appelait-il foi ?
            J’ai rencontré un religieux pour une conversion mais je n’aimais pas les personnes qui fréquentaient ce lieu, alors que c’était beaucoup moins strict. Je préférais la difficulté du culte (parce qu’aussi mieux accueillie) mais en même temps je n’ai pas envie de vivre une vie ultra stricte. J’ai trop besoin de liberté, de temps libre pour moi, mes projets, d’indépendance.
            De retour en France, ça a été très compliqué et j’ai retenté mais je n’aime pas ce que j’y ai vu. J’ai été choquée par le racisme, la bêtise, l’exclusivité. Les communautés que j’ai connues là-bas n’existent pas ici.
            J’ai pris des cours pour étudier le Livre et ça j’aime énormément. Décortiquer un texte dans sa langue d’origine, discuter une heure voire plus sur une phrase, etc, c’est vraiment passionnant.
            Mais qu’est-ce que j’aime au fond ? Je suis dans une confusion de merde et je ne m’en sors pas pour l’instant.
            Un religieux m’avait dit « on est ce qu’on ressent. » Pascal me sauvera-t-il ?

          • Woh. Ça m’étonnerait beaucoup que Pascal te sauve.

          • Je plaisantais J.
            Pascal va m’interroger tout autant que Spinoza et Chouchou.
            Pascal et l’absurdité, certains ultra-religieux me disaient que la vie était une blague. Ce qui semble antinomique quand tu penses que tout est écrit, que le hasard n’a pas sa place… Est-ce de l’ironie, de la légèreté… ?
            Tu es croyant, J ? Si non, qu’est-ce qui t’a plu chez Pascal ?

          • Ladystardust : je ne sais pas pourquoi tu ne nommes pas les cultures religieuses de tes parents,
            mais pas déduction, par sens du jeu,
            je dirais que ta mère est catholique ,
            et ton père juif.

          • « par » déduction,
            pardon, je suis pas réveillée.

          • Par discrétion et par pudeur…

            Parce qu’ici, on parle de recherche de foi, de ressenti qu’on retrouve dans les 3 religions monothéistes. L’étude de leurs textes m’intéresse tout autant.

          • oui mais alors tu m’as pas dit si j’avais bon,
            tant pis,
            non mais parce que l’autre jour justement on parlait des cérémonies religieuses avec les collègues et à quel point dans les messes catho on a pu s’emmerder, à quel point on les avait trouvées sinistres.

          • Anne-Laure, t’es une sacrée winner. Alléluia !

          • bon, après, en comparaison j’ai jamais assisté à d’autres types de cérémonies religieuses alors j’y connais pas grand chose,
            à part la coutume chez les kanaks,
            et la fête avec des juifs séfarades,
            une autre avec des antillais témoins de Jéhovah,
            mais ça compte pas.

          • aaaah merci,
            mais je dois dire qu’avec tes indices c’était facile.

          • Ça va au-delà des cérémonies religieuses, ça envahit leur foyers, leur quotidien, leur voiture, leur travail…
            Tout compte, « faire la coutume » chez les Kanaks, c’est quoi ? Modestie que tu retrouves dans les 3 religions.

          • faire la coutume chez les kanaks ,
            m’en souviens plus très bien, mais c’était aussi assez ennuyeux, avec des hommes qui prennent la paroles , je crois souvent les chefs les petits-chefs des tribus, qui font des discours , et tout le monde les écoute tête baissée,
            et on se donne du tabac-bâton ( du tabac séché écrasé en forme de bâton ) et des bouts de manou pliés ( de tissus exotiques, avec des dessins de fleurs d’hibiscus évidemment ) ,
            j’ai jamais trop compris le principe ,
            je crois que c’est un mode d’accueil, de mise en paix ,
            et c’est central dans la culture kanak me disaient-ils , les kanaks.

          • https://fr.wikipedia.org/wiki/Kanak#%C2%AB_Faire_la_coutume_%C2%BB
            Il y a du sacré là-dedans.
            Toi qui aimes jouer, tu as deviné dans quel pays j’avais immigré ? Tu as du choix, vas-tu trouver le bon ? Je n’ai laissé paraître aucun indice.

          • ah bah si tu n’as laissé passé aucun indice je peux pas jouer,
            je ne suis pas devin ,
            sinon j’aurais dit Israël.

          • passer, er , ouais j’essaie de m’appliquer en orthographe aujourd’hui.

          • Ouh la non et non merci.

          • Moi aussi c’était une sorte de plaisanterie.
            Merci Anne-Laure d’avoir mis les pieds dans le plat ça m’intriguait aussi cette affaire.
            LadyStardust je ne suis pas croyant, quoique l’idée de Dieu immanent proposée par Spinoza me semble tout à fait aimable. J’ai lu Les Pensées et Les Provinciales en terminale parce que Pascal était au programme, à cette époque je me foutais pas mal des problématiques religieuses (j’avais pas encore digéré le caté) mais j’ai aimé son écriture, sèche, intransigeante, ricanante souvent. À vrai dire dans Les Pensées la partie misère de l’homme sans Dieu m’intéressait plus que la partie félicité de l’homme avec Dieu (l’intérêt pour ça est venu avec le temps). Les Provinciales c’est un texte très technique avec les différentes sous-branches du christianisme qui se chamaillent sur des points de doctrine mais comme Pascal y est hyper habile à faire la bagarre, je me concentrais fort pour bien comprendre les distinctions grâce suffisante / grâce efficace et du coup comprendre comment Pascal déjouait les bêtises de ses adversaires.

          • Tu as d’autres philosophes à me recommander pour entretenir mes interrogations sur la foi ?
            Ce qui me sauve c’est le rock, la littérature, le ciné et la photo et créer.

          • Je réfléchis à qui m’a donné le plus de grain à moudre sur ce sujet.
            Pascal et Spinoza comme on a dit. Je n’ai pas beaucoup lu Spinoza, son gros oeuvre L’Éthique est une lecture difficile – tu as essayé ? Le Traité théologico-politique et cette idée de contextualiser la Bible, de l’envisager comme une oeuvre circonstancielle, pratique, à destination des gens contemporains de l’écriture, ça me fait encore rêver.
            Certains films d’Alain Cavalier m’ont fait sentir aussi que les chrétiens contrairement à ce que j’ai pu croire à une époque c’est mes copains. Thérèse, le crachoir, comment elle accueille la maladie. Jésus de bois parmi les courges pourrissantes.
            Dans la même idée d’un christianisme immanent, j’ai découvert récemment Marguerite de Navarre et dans des textes tels que la Comédie de Mont-de-Marsan elle fait triompher sur les autres archétypes de croyantes une humble bergère qui refuse de discourir et jouit d’exister, à l’ombre, au soleil, elle chante.
            A Serious Man des frères Coen pour la religion au coeur du chaos.
            À part ça j’ai côtoyé quelques girardiens qui m’ont fait lire leur gourou. Il y a beaucoup à redire au sujet de René Girard, sa définition du désir comme exclusivement mimétique, sa manière de bazarder ses adversaires (Nietzsche, Marx, Levi-Strauss par exemple). Mais sa démonstration, du christianisme comme religion qui fait entrer dans l’ère des victimes, est convaincante. Pour le coup, il a réussi à formuler une démonstration rationnelle pour une apologie du christianisme.

          • Je me méfie un peu de René Girard, et de l’idée que tu rapportes. L’ère des victimes, qu’est ce que ça signifie au juste?
            Est-ce que ça recoupe l’idée nietzschéennes de religion des faibles?

          • J’ai téléchargé ces deux Spinoza. Celui qui m’attire le plus est le Traité Théologico-politique.
            J’avais beaucoup aimé le Thérèse d’Alain Cavalier. Je l’ai vu à sa sortie et je ne comprenais pas l’idée de ce sacrifice face à la maladie.
            Je suis passée à côté de ce film des frères Coen. On m’en parle souvent, mais je n’en ai aucun souvenir.
            Je vais aller regarder qui est ce gourou Girard dont tu parles. Je ne connaissais pas.
            Merci.

          • L’idée d’ère des victimes ne concorde pas exactement avec l’idée de religion des faibles. Girard a bien l’air de détester Nietzsche, en quoi on a bien raison de se méfier de lui, les ennemis de mon ami etc. En premier lieu je crois que Girard, chercheur académique qui ne laisse rien dépasser, est très irrité par le bordel de la pensée nietzschéenne. Girard parle d’ère des victimes pour glorifier le christianisme contre le paganisme, Nietzsche de religion des faibles pour faire à peu près l’inverse. Ce que Girard entend par ère des victimes : il part d’une confrontation des textes païens et chrétiens, constate une proximité dans les récits, déduit qu’ils renvoient à des faits historiques et que toute la différence entre les récits se situe dans le point de vue donné sur ces faits – par exemple le texte païen part du principe que l’individu OEdipe est coupable, le texte chrétien qu’il (je ne sais plus comment s’appelle leur OEdipe) est une victime, un coupable choisi, le bouc-émissaire d’une société en crise. C’est sur ces petits exercices de littérature comparée que je le trouve convaincant. Comme le geste chrétien de reraconter les histoires païennes en montrant les coupables en victimes est systématique, Girard affirme que la religion chrétienne est la religion des victimes, qu’avec elle on entre dans une ère de suspicion à l’égard de l’idée de culpabilité et de sympathie pour les victimes. Après avoir fait cette démonstration, en général il ajoute « et en fait tout ça c’est grâce au Saint-Esprit ».

          • merci pour ce point très clair
            le terme « victime » me semble en l’occurrence très mal choisi, mais je ne vais pas commencer à contester une pensée dont je ne sais presque rien

          • J, as-tu lu le livre de François ?
            Je mets de côté les penseurs dont tu m’as parlé, à savoir Spinoza, Pascal et Nietzsche que je lirai en parallèle d’Une Certaine Inquiétude.
            Pour l’instant, je reste dans le réel de ce que j’ai vécu dont j’ai besoin pour ma création.

            Tu peux juste me dire ce qu’on appelle religion des faibles ? Est-ce cela ?
            « Nietzsche, qui définit l’homme comme « fabricateur de dieux » est, avant tout, un critique de l’idolâtrie qui peut prendre bien d’autres formes que celle de la religion. Le christianisme est, selon lui, à l’origine de sa propre « euthanasie » qui résulte d’une contradiction entre sa morale de probité et le dogme. »

          • religion morale (pense Nietzsche, en partie à tort), donc religion des faibles, puisque la morale n’est que la protection inventée par les faibles pour se prémunir des forts
            qu’on songe au lion et à la gazelle : qu’est-ce qui pourrait donc protéger l’une de l’autre?

          • j’aime bien J quand tu parles du bordel de la pensée nietzschéenne , on voit que tu connais bien l’animal,
            c’est vrai qu’il ne sait pas très bien ranger ses affaires, et je comprends qu’il peut agacer certaines petites mauviettes qui aimeraient que tout soit bien à sa place.

          • ps : tu me fais penser que j’ai toujours pas pris le temps de lire humain trop humain, je l’ai juste un peu entamé et j’attends d’être en vacances pour me le faire.

          • Et toi que penses-tu de ce que dit Nietzsche ?
            Peut-on encore parler de morale quand le faible s’émancipe et le fort protège le faible d’un autre plus fort ? À regarder avec ton Boubou avant de le prendre dans tes bras ce soir.
            https://www.youtube.com/watch?v=KRUXU172vGg

          • si je puis donner mon avis sur ta vidéo ladystardust,
            c’est une mauvaise interprétation de dire que le lion numéro deux sauve le machin qui ressemble à un bébé orignal ( et on se demande ce qu’il foutrait en afrique ),
            je m’y connais pas mal en jeux de félins autour des proies.

          • Tu peux tout te permettre Anne-Laure.
            C’est le lion numéro 1 qui sauve le bébé calf.
            Ce qui m’intéresse dans cette vidéo c’est le bébé qui tient tête. Une sorte d’accomplissement. On ne connaît pas la suite, il a peut-être fini par le tuer.
            J’aimais bien l’idée de François de prendre le monde animal en exemple comparatif.

          • ah bon ? ah bah j’avais pas compris l’histoire alors,
            la nana dit à la fin que le lion numéro deux sauve le machin, et ça coupe , et on connait pas la suite.
            Mais pour moi le lion numéro deux est surtout un gros jaloux qui veut sa part du gâteau en forme d’orignal.
            Oui c’est marrant ces petits coups de tête du bébé. Il a bien dû sentir que ce type n’était pas clair avec son odeur de fauve.

          • et pour ce qui est de la fable du lion et de la gazelle de françois,
            moi je dirais que rien ne dit que la gazelle est la plus faible car elle a pour elle la célérité et la grégarité.
            Pour une faible gazelle chopée par un lion , qui est souvent une lionne , tu as tout un troupeau qui arrive à s’échapper.
            Et c’est pas à chaque fois que les lions choppent, ils sont maladroits, ils sont patauds.

          • j’ai été mariée à un Lion un peu pataud et j’ai réussi à lui échapper et je suis même pas une gazelle

          • bé si , ça veut dire que t’es une gazelle,
            une belle gazelle en robe bavaroise.

          • Le lion 2 n’a pas envie de tenir la chandelle. J’ai baissé le son, leurs voix m’agaçaient.

            C’est pour cela que j’aime cet exemple animal car rien ne dit qui est faible qui est fort, tout dépend des situations. J’ai vu d’autres vidéos avec des bébés animaux qui tiennent tête à des fauves. Parfois ça finit mal, parfois ça semble finir bien.
            Quant à la morale animale, eux ne tombe pas dans la moraline.

          • la morale animale est très fine , la plus ajustée, la meilleure,
            et t’as déjà vu la vidéo de l’aigle royal qui prend un bébé humain pour un mouton ?

          • Non, connais pas.

          • voilà : https://youtu.be/rJUQCfRTvr0
            et t’imagines l’impact sur la vie du bébé , genre : quand j’étais petit j’ai failli être emporté par un aigle,
            mais bon t’en as d’autres qui se font attraper par des anacondas, c’est pas exceptionnel non plus.

          • LadyStardust : Oui j’ai lu Une certaine inquiétude. Si tu me demandes si j’ai lu et que c’est un Bégaudeau il y a de grandes chances que ce soit oui.

          • Très bien camarade de lecture.
            Ce livre a-t-il répondu à certaines de tes questions ? A-t-il remis en cause/question certaines choses chez toi ? T’a-t-il emmené vers des chemins que tu n’avais pas encore explorés ? Ou a-t-il glissé sur ton corps tout simplement ?
            Si questions trop indiscrètes, n’y réponds pas.

          • Anne_laure,
            Les animaux sont encore bien trop gentils avec les humains.

          • La question est indiscrète. Bégaudeau a-t-il glissé sur mon corps ? À ce jour non.
            Une certaine inquiétude, en vrac, ce qui me revient sans forcer : lecture plaisante, qui m’a fait comprendre Platon par accident, parce que c’est un dialogue un peu raté où chacun avance dans son chemin propre en écoutant assez peu l’autre – c’est pour ça je me suis dit que dans les Platon ils arrêtent pas de redéfinir les termes communs et vérifier qu’ils sont en train de parler de la même chose (‘Maintenant que nous avons dit ça, tu es toujours d’accord pour dire que ci ? Donc ne pourrions-nous pas dire que mi ?’) ; plaisir un peu bête car Bégaudeau y confie des angoisses (son coeur de rockeur m’intimide quelque peu par moments) et explique que son goût pour les questions religieuses est avant tout littéraire (ow c com mwa) ; petite émotion quand il dit qu’il écrit « Je prie pour vous » à sa copine cancéreuse sans l’intention de prier, que dire d’autre ? ; totalement séduit par l’idée du christianisme comme religion de la pauvreté, pas parce qu’elle console de la pauvreté comme on dit souvent, mais parce qu’elle montre que la pauvreté est souhaitable.

          • J, tu es coquin ! Je parlais du livre, non du corps de François.

            Tout dépend de ce que tu appelles prier lorsque tu dis cela à quelqu’un qui va très mal. Ça devient presqu’un adage à l’heure des réseaux sociaux. PrayFor…
            Prendre un livre de prière ou simplement supplier en levant les yeux au ciel, ou les fermer et penser très fort à la personne qui souffre ? Est-ce une certaine forme de foi ?
            Je connais des religieux qui prient avec dévotion, ferveur sans comprendre ce qu’ils lisent. Ils connaissent l’alphabet hébreux mais ne comprennent pas le sens des mots, sauf de certains, ceux qui nomment D_ieu.
            Quoi dire d’autre ? Je crois que c’est quelque chose qui est personnel. François dit peut-être à cette personne ce qu’elle aimerait entendre. Lui seul sait pourquoi il dit cela à ce moment précis.

            Intimidé par son cœur de rocker ? Tu peux développer, ça m’a fait beaucoup sourire tout en me touchant.

            « Christianisme comme religion de la pauvreté… la pauvreté est souhaitable », je ne pense pas résister très longtemps à la lecture de cet ouvrage. Ça m’a fortement intriguée et mis dans un état d’excitation intense.

          • J’avais pas pensé au PrayForMachinChouette mais, maintenant que j’y pense, c’est mieux que ça ce qu’il raconte. Lis donc on en reparle après.

          • Je me doute bien que notre Chouchou va au-delà du PrayFor…Nothing PrayFor…Everything.
            On ne la fait pas à Chouchou, celle-là !
            Je vais m’y mettre très bientôt, car j’ai déjà pleins de questions mais les réponses sont peut-être dans le livre.
            Je trépigne.

          • Les commentaires en dessous sont pathétiques. Heureusement que Gaccio a de l’humour.
            Moi je prie pour que Twitter s’arrête un jour définitivement.
            Jamais vu torrents de haine sur tout et n’importe quoi.
            Ça m’effraie de voir autant de malveillance au kilomètre.
            Zyrma, sauve-toi.

          • Bin là pour le coup les gens font de l’humour dans les commentaires du twitt et pourtant sa blague est pas des meilleures, c’est un peu de la grosse redite à la grosse truelle, même bourrée t’as honte.

          • vous me faites penser que j’ai vu passer sur facebook cette semaine un top des meilleures blagues ( française ) sur twitter et j’aimais bien le numéro 11 : http://www.topito.com/top-tweet-rire-semaine-295

            oui moi j’utilise plutôt facebook que twitter car je suis de la catégorie gilet jaune de base.

            Mais je suis parfois d’accord avec toi ladystardust, lorsqu’on se plonge dans twitter on peut en ressortir assez écœuré de tant de malveillance,
            lorsqu’on est bien luné, c’est à dire en période de pleine lune, on peut trouver aussi assez rigolo de voir à quel point nous sommes des êtres dingues, pleins de ressources pour inventer n’importe quoi.

          • La 8 de Rachid m’a fait pleurer de rire.

          • oui, elle est bonne aussi,
            ah bah tu vois qu’il serait bien dommage que twitter disparaisse, nous n’aurions plus accès à l’humour de ces inconnus.

          • Je plaisantais sur sa disparition. J’en ai aimé l’idée au début car c’était au moment de la Révolution iranienne et ce fut leur seul moyen de communiquer car le gouvernement avait coupé FB.
            Mais c’est assez vite parti en couilles et j’ai fermé mon compte.
            Je n’ai pas remis les pieds sur FB depuis début novembre, j’ai senti le vent des GJ arriver. Ayant plus de connaissances de droite et/ou pro-gouvernement, j’ai préféré fuir que m’énerver pour rien à les défendre.
            Je n’ai pas de TV depuis bientôt 10 ans et je l’ai eue très peu dans ma vie. J’écoute pas la radio non plus.
            J’ai été élevée avec des livres et de la musique. Mon ami d’enfance, 7 ans de plus que moi me faisait écouter Gainsbourg, les Stones, Bowie… quand j’avais 7, 8 ans. À 11 ans, il a vu un 45T de Jean-Luc Lahaye dans mes mains. Il m’a regardée « Ah ouais, t’as osé ? ». Heureusement dans le lot, y avait Bashung. J’ai rougi, je l’ai écouté un peu, j’aimais chanter faux.
            Ensuite je suis revenue à ce que j’aimais écouter avec lui.
            Un jour, par hasard, je tombe sur un émission d’une radio indé, Hit FM, et là, un type à la voix chaude, passait du rock indé pendant une demi-heure chaque soir de la semaine. C’était Bernard Lenoir. Je l’ai écouté encore quelques années sur France Inter, et j’ai lâché aussi. Il parlait trop et coupait les morceaux. Je bossais, je pouvais m’acheter les disques et les écouter tranquillement chez moi et dans mon walk-man. J’écoutais trop fort, j’ai perdu de l’audition. C’est moche !
            Bref, tout ça pour dire que les réseaux sociaux, c’est un moyen de communication, mais rien ne vaut un verre dans un endroit avec de la bonne musique, et oublier son smartphone quelques heures.

          • ah oui, perdre de l’audition c’est moche ,
            c’est parfois ce que je dis à la vie : perdre la vue oui , perdre l’ouïe non.
            Quoique cela puisse être pratique pour ne pas entendre les choses qui dérangent, je connais pas mal de monde qui fait la sourde oreille pour nous échapper : « ah bah ouais mais je suis un peu sourd hein, zcusez moi  » ( et mon cul c’est du poulet ? )

          • ça me fait penser , tu as remarqué la mode des parents qui mettent des casques étanches à la musique sur les oreilles de leurs gamins lorsqu’ils les emmènent aux concerts pour ne pas les abîmer ?
            à chaque fois j’ouvre des gros yeux tous ronds ça me fait halluciner.

          • tout ronds les yeux d’ailleurs,
            rrrah je l’savais

          • Y a des sons que je n’entends pas dans les voix de certaines personnes. Ça m’est assez pénible de demander de répéter plus de 3 fois.
            J’ai un copain qui mettait tout le temps des boules quies aux concerts, j’ai compris pourquoi maintenant. J’ai fait ma crâneuse, je paye.
            Je ne vais plus au concert, le dernier devait être celui de John Cale + invités qui reprenaient des titres du Velvet Underground à la Philharmonie. On était que des vieux dans la fosse. Concert de bourgeois (eux avaient des places sans doute à 100 boules, assis et trop loin de la scène) et les pas frileux comme moi, on dansait en bas. Donc pas vu mais ils font peut-être bien, non ? Ça claque à côté des grosses baffles.

      • Félicité de l’homme avec dieu, je fais hum hum , parce que je ne sais pas si tu te souviens, J , de l’histoire du petit poison d’if ingurgité pour finir en douceur et sans douleur alors que, je refais hum hum.
        Ironie du sort oui, personne ne saura qu’il y a eu un mauvais calcul de la durée de l’effet du poison.
        ( à moins d’être vigilant aux cris qui émane du brasier au lieu de faire le con avec son corps en transe )

        Félicité qu’on peut lire sur le visage de dani lorsqu’elle danse je suis d’accord,
        et avec son beau sourire final.
        J’avais pas pensé à la félicité de la femme avec dieu, j’avais pensé à la félicité de la femme dans une communauté ( avec une famille comme lui disait l’autre , je ne sais plus son prénom suédois ).
        C’était ma déduction.

        • Mais est-ce que la condition de la communauté en l’occurrence c’est pas toute l’organisation rituelle, toutes les petites règles qui font qu’il y a des trucs sacrés et d’autres non ? Ce qui reviendrait à dieu.
          Je disais « misère de l’homme sans dieu etc » rapport au parcours de l’héroïne, qui apprend à mettre à distance ses crises d’angoisse avec les pleureuses et finalement sourit quand la mort revient. Son deuil du début et son deuil de fin sont totalement opposés.
          Après, tu as raison, il y a plein d’indices que tout ça est un peu bidon exemplairement dans le mauvais timing du poison final, mais la force du film est de maintenir les deux ensemble jusqu’au bout.

          • il y a pas mal de moments qui montrent que les rituels ne sont pas très aux points ,
            ils sont un peu grossiers, c’est ce qui rend le film comique je trouve,
            ( le truc du verre orange alors que tout le monde en a un jaune par exemple , c’était rigolo ),

            ah je me souvenais plus de cette scène de pleureuses et tu me la remets en tête, elle était bien faite dis donc,
            elle était dingue,
            si on reprends la psychologie de dani, qui est le fil principal du film , je dirais que dès le début on voit chez cette fille une volonté de ne pas s’apitoyer sur son sort, en opposition à l’attitude de sa sœur qui pourri la vie de tout le monde avec sa complaisance dans le malheur ( je dis complaisance mais elle ne fait pas exprès hein, on les connait les gens comme ça ),
            mais comme tu dis il faut qu’elle digère la violence de ce qui arrive à sa famille,
            on sent chez elle une belle contradiction qui l’entraîne dans l’angoisse en effet,
            et la communauté vient reconfigurer quelque chose en elle ,
            le rapport à la mort oui tu as raison, j’avais pas trop encore pris le temps d’y réfléchir.
            Au moment du choix de la mort de son ami nounours j’avais plutôt pensé qu’elle avait définitivement choisi son camp,
            d’où sa joie d’en constater le résultat.
            Et faut dire qu’un brasier si grand c’est si beau.

          • remarque : les rituels sont un peu grossiers mais les obsessions des invités le sont aussi,
            je pense à l’obsession de l’anthropologie, l’obsession du savoir et de rendre un bon travail de recherche à son université,
            je pense à l’obsession du sexe du pote qui nous est bien présenté comme un gros lourdaud.

          • alors que l’étudiant en anthropologie le plus passionné nous est présenté comme un imbécile qui se permet d’enfreindre les règles du peuple qui l’accueille pour la gloire de la science ( pour sa propre gloire ).

          • Dans le plan final avec le sourire on voit en arrière-plan les filles de la communauté qui sont en train de singer des crises d’angoisse (ou bien c’est des plans en alternance ? je ne sais plus bien), d’où pour moi une rime entre le début avec la grosse crise de l’héroïne sur le canapé, la scène des pleureuses après la découverte de l’orgie et cette fin.
            Mais ça n’annule pas ton idée de l’héroïne qui choisirait son camp à la fin. Et plus simplement ce doit être un sourire de soulagement, de libération. Faut dire que son chum était vraiment pas un cadeau, ses potes non plus. Tu parles de leurs obsessions viles, ça c’est un truc coutumier de film d’horreur et même dans un film aussi riche c’est les libidineux qui meurent et la pure qui triomphe.
            Comme toi j’ai bien senti la ligne comique du film, bon rire par exemple quand on voit que leur solution pour achever le vieux qui a réchappé à la chute de falaise est un gros marteau.

          • de soulagement oui, c’est ce que je me disais aussi,
            intégrer un nouveau monde et se débarrasser de l’ancien avec toutes ses lourdeurs,
            j’aime bien par ailleurs la fluidité avec laquelle elle s’intègre dans ce monde , se fait absorber dirais-je,
            le moment que je préfère est celui de la danse avec l’instant magique du langage commun.

            moi non plus me souviens plus de la scène finale dans les détails, juste que la petite rousse faisait très mal la fille en transe, enfin je la trouvais ridicule mais c’est surement à cause de sa morphologie de grand corps gauche qui a poussé trop vite,

            je ne suis pas très spécialiste mais j’avais un peu capté oui le truc coutumier des films d’horreurs où les immoraux sont toujours punis,
            peut-être quelque part pour ne pas nous faire regretter de les voir se faire désintégrer, pour ne pas trop nous dégoûter du film, ne pas trop faire de scandale, qu’on ne brûle pas les cinémas etc,
            cela dit dans ce film j’ai trouvé que c’était plus subtil et plus troublant parce que j’avais tout d’abord de la sympathie pour l’étudiant noir, je le trouvais bien gentil bien sérieux, pas chiant , il emmerdait personne dans son petit coin,
            j’appréciais bien sa retenue relationnelle toute scientifique et j’étais pas loin de basculer de son côté lorsqu’il a craqué pour sa curiosité.
            Mon petit penchant pour les intellectuels me faisait tomber vers le mal, hou ça fait peur.

          • C’est juste, les impurs perdent et la pure gagne comme d’habitude, mais c’est plus fin que d’habitude. On se demande en quoi. L’exemple que tu donnes est une bonne première piste : on voit rarement dans les rangs des vicieux de films d’horreur un honnête thésard.

  3. Dis-moi François,
    je te découvre depuis peu, n’ai pas encore lu un de tes livres mais vais sous peu acquérir ton dernier. En tout cas j’apprécie t’écouter, via des vidéos Youtube essentiellement.
    Et je voudrais t’interroger sur ta critique du libéralisme comme source des maux actuels sur les sociétés et l’environnement. Est-il vraiment le problème, et non pas le capitalisme? Je vois le libéralisme comme un fonctionnement, libertaire, théoriquement source de création et d’expression en tout genre. Le problème n’est-il pas l’idéologie en place au sein de ce fonctionnement, et notamment le capitalisme qui est à présent répandu dans le monde entier? Idéologie du profit financier avant tout, qui oriente les actions vers des intérêts non organiques, ne faisant pas partie du vivant?
    Le libéralisme avec des valeurs humanistes serait plutôt positif, non ? Dans des microsystèmes comme les milieux associatifs, des milieux artistiques, le libéralisme n’est-il pas créateur, source de liberté d’être et de choix?
    Nos sociétés sont à mon avis trop immatures pour assumer leurs responsabilités et les conséquences de leurs choix, et alors le libéralisme est néfaste. Mais avec d’autres valeurs, ne serait-il pas créatif?
    Au capitalisme j’ajouterais l’élitisme en général, incluant le racisme, la hiérarchie des classes sociales, etc, qui orientent les décisions pour une sauvegarde des dominants et l’oppression voire l’extinction des dominés. Comme on le voit de plus en plus, notamment face à une raréfaction des ressources obligeant soit à des changements comportementaux (peu populaires pour le moment), soit à une diminution drastiques des populations humaines (phénomène qui semble enclenché). L’élitisme est bel et bien en marche. Et sert en plus le capitalisme en exterminant des populations tout en faisant du profit avec les moyens d’extermination (armes, raréfaction des ressources, destruction des autonomies alimentaires, des savoirs médicaux locaux, monopolisation des produits pharmaceutiques sur-utilisés, malbouffe, ondes, et autres stress physiologiques et psychologiques de diverses sources).
    J’aimerais avoir ton avis là-dessus 🙂
    Amicalement
    Maryvonne

  4. dites moi (oui je change un peu le concept de la rubrique mais c’est que l’adresse est un peu générale)

    je cherchais depuis longtemps une manière pratique de consulter cette rubrique, pour se relire, ou revenir sur des épisodes manqués, débat sur un film,un livre une intervention que sais je, et il se trouve que j’ai trouvé un moyen.
    je passe sur la bidouille mais en gros j’ai réussis à forcer adobe à aspirer votre site Jerome, Francois et me propose donc de le restituer ici sous forme d’archive pdf de la rubrique dis moi; ce qui permet de notoirement faciliter les recherches

    premier échantillon ici, dites moi, donc, si cela marche, et si cela vous intéresse.
    dis moi de la page 1 a 50. ( ce qui fait prés de 1600 pages au total tout de même, sans s’avérer trop lourde 9832 ko a mon compteur) : https://drive.google.com/file/d/1EjSvrqQyFxCLQa_j159RD7GtEXQWcB17/view?usp=sharing

    • Merci beaucoup Pierre ça marche pour moi.

    • si je puis me permettre pierre, si je peux te rendre service,
      il me semble que la méthode dans laquelle tu t’engages va te mettre dans un sacré foutoir qui ne correspond pas tout à fait à ton désir premier de trouver un sujet en particulier.
      Aussi, tu peux tout simplement utiliser la barre de recherche google ( ou autre navigateur j’ai pas essayé ) en posant le mot du sujet cherché associé au nom bégaudeau.
      J’ai tenté par exemple : artichaut-bégaudeau, savonnette-bégaudeau,
      et ça marche, tu tombes sur des pages du dis-moi.

    • mais, attention, pirouette-bégaudeau ne marche pas.
      On essayera ensuite cacahuète-bégaudeau mais on n’a pas que ça à foutre.

      • Oh,je viens d essayer et ça marche impec ton truc,c est simple !merci Anne Laure,et tu m’as faite rire en plus.

        • et t’as essayé bite-bégaudeau ?

          • Je viens d essayer.pas mal le résultat !!!!

          • j’imagine , tu as tapé bite et tu es tombée sur bernard friot.

  5. Quelqu’un a vu « douleur et gloire » d’Almodovar (qui n’a plus de prénom au générique tellement il est devenu mythique…)?

    Puisque vous me demandez, j’ai plutôt aimé le film avec tout de même des réserves qui tiennent pour beaucoup à mon manque d’appétence pour le genre favori d’Almodovar auquel ressortit aussi douleur et gloire, le mélodrame. Le mélodrame repose sur une hyperbole des situations, des sentiments où on sort des phrases définitives les yeux mouillés de larmes. Le pape du genre était Douglas Sirk qui a réalisé une série de films parfaitement outrés, excessifs, à la limite du ridicule pour certains, tant est si bien que toute une partie de la critique s’est mise en tête d’y voir du second degré pour justifier son plaisir coupable.
    Pour en revenir au film d’Almo, l’aspect mélodramatique tient à plusieurs choses.
    Tout d’abord un millefeuilles d’histoires poignantes, trop nombreuses pour un seul film : la réconciliation avec un ex-ami avec qui le héros n’a pas parlé depuis 32 ans (ma copine m’a justement fait remarquer que 32 ans auparavant le gus en question devait avoir dans les 14 ans – peu importe, le mélo ne s’embarrasse pas de vraisemblance), les rapports douloureux avec sa mère (ah la figure de la mère chez les pédés, tout un poème), ses retrouvailles avec un vieil amant, ses problèmes de santé potentiellement mortels, sa nouvelle addiction à l’héroïne, sa dépression, son impuissance à créer…
    Ensuite, le mélo vise les larmes donc on doit voir les personnages pleurer (Almo n’est pas vraiment pialatien, le grande Maurice considérant que ce sont les spectateurs qui doivent pleurer non les acteurs) et ce en contradiction même avec les conseils pourtant très justes du personnage Salvador à son ami comédien : « sois sobre, ne pleure pas, un bon acteur doit savoir retenir ses larmes ». Il faut être honnête, ce ne sont pas les chutes de Niagara, ce sont plutôt des yeux mouillés, ce qui est peut-être pire car on fait semblant de rester digne. Et pour bien voir ses yeux embués, il faut du gros plan et Almo ne lésine pas dessus, il est capable de filmer une scène qu’avec des visages.
    Enfin, dans ce genre-là, les situations sont extrêmes, la pauvreté a donc un côté romanesque, pittoresque : on lave le linge dans l’eau de la rivière en chantant (belle scène ceci dit), on dort dans une gare qui ne ressemble pas une gare, on vit non pas un taudis mais dans une caverne d’un blanc immaculé. Et la pauvresse de mère n’est d’autre que Pénélope Cruz. Salvador enfant est le plus mignon des enfants du monde, avec la plus belle voix. Et le maçon qui va éveiller (ou plutôt l’assommer…) son désir sort tout droit d’un porno gay.
    Voilà, cet excès de sentiments, de passion, ne m’émeut pas mais je dois admette qu’Almo s’en sort pas mal, bien aidé par Banderas, louvoyant, attachant, un peu vicieux, qui me fait penser à un félin ou à une hyène assoupie.

    • J’aime beaucoup ce que tu dis à propos des larmes.Pour plein de choses tu expliques que « trop de ».je n’ai pas vu le film mais je vois ce dont tu parles.Le problème du trop de chez lui.Et cela porte un nom : vulgarité.

    • J’ai pas vu Douleur et gloire. A cause du titre et du cinéaste, ça faisait pas envie.
      Donc dans la collection « j’ai pas vu mais j’ai un avis », le mélodrame c’est le genre de l’expression des sentiments. Et ce que tu dis des gros plans, des larmes, Almodovar vs Pialat, ça m’a fait penser à Expression vs Impression, le fameux concept godardo-bégaudien (c’est dans le texte « l’entre-soi a changé de camp » dans feu Transfuge). Normal que le mélo soit pas trop ma came.

      • Oui mais c’est pas que l’expression des sentiments, après tout chez Pialat on s’engueule beaucoup, on crie, on s’aime et on étrangle des sanglots (souvenir de Guy Marchand dans Loulou qui se rend compte qu’il est en train de perdre Huppert et qui lui hurle deçu avec une voix cassée par des larmes qui ne coulent pas). C’est le côté over-the-top qui est problématique, l’hégémonie du sentimentalisme, avec des scénarios qui enchaînent les invraisemblances et les intrigues dramatiques où chaque scène doit être l’expression d’un drama. C’est vraiment un genre de drama queen, raison pour laquelle le genre est prisé par des homos (Todd Haynes, Almodovar et, d’une certaine façon, Xavier Dolan).
        Après dans cet opus-ci d’Almo c’est assez tenu malgré tout avec de beaux plans, des belles transitions vers des analepses (j’aime bien utiliser des mots savants comme ça). C’est pas Carol quoi. L’unanimisme critique autour du film est toutefois agaçant – Chro me manque pour ça.

        • Pas vu et pas du tout envie. J’en ai mangé quelques uns de ses films et c’est à chaque fois la même chose : tout est trop vite posé, tu dois rire et pleurer de suite dans la scène suivante, sauf que ça ne fonctionne pas. C’est poussif, ça m’ennuie et je regrette d’y avoir été.
          C’est comme ça, il y a des cinéastes dont je n’aime aucuns films : Tarantino, Desplechin, Assayas, Almodovar…
          Vous allez me virer ?
          Même si j’avoue être tentée par le dernier Desplechin.

          • C’est normal de ne pas aimer Assayas, mais Jackie Brown et Comment je me suis disputé…(ma vie sexuelle), ça je comprends moins.

          • Jackie Brown est celui que j’ai le plus aimé sans tomber dans l’idolâtrie pour autant.
            Ce que je n’aime pas dans son cinéma, c’est le côté film à sketches. Des scènettes qui s’enchaînent, qui sont censées être drôles. De plus, je n’aime pas non plus quand un cinéaste me balance toutes ses références et genres de films qu’il aime bien. Je ne me déplace pas dans une salle de ciné pour regarder sa dvdthèque. Quand à sa CDthèque, c’est pareil. Ses BO sont certes de goût mais la place donnée à la musique dans ses films est beaucoup trop importante.
            Kill Bill est l’apogée de tout ce qui m’horripile dans ses films : ok, il aime le manga, le cinéma hongkongais, etc, il va en mettre là et là. 2 films pour ça ?
            Tout est trop, les acteurs surjouent. Tu as vu la BA de son prochain ? On frôle la grimace dans le jeu des acteurs. Je n’en peux plus de ses acteurs qui sont excités comme s’ils étaient sous coke comme Quentin.

            Desplechin : ce qui me déplaît dans ses films, surtout dans La Sentinelle et Comment je me suis disputé…, c’est ce côté « branlette intello » de ces milieux universitaires faits d’entre-soi très bourgeois. Les acteurs ne dégagent aucune émotion, ils sont froids et mous. C’est prétentieux et si ironie il y a, je ne sourie pas, je soupire.
            J’ai vu Les fantômes d’Ismaël, et j’ai eu l’impression de voir Paul Dedalus 20 ans plus tard. J’ai été totalement hermétique à ce film.
            Je serais intéressée que tu me dises ce que tu aimes chez Desplechin.

          • Moi aussi, je suis totalement hermétique à Desplechin. Déjà, je n’aime pas du tout le type, j’ai l’impression que c’est un pervers narcissique (carrément). En tout cas, au minimum, il est d’un snobisme que je trouve à gerber.
            Je n’aime pas non plus ses acteurs : Emmanuel Salinger, Amalric, Cotillard dans « Ismaël »…, je les trouve presque visqueux, malsains. M’étonne pas qu’il ait choisi Léa Seydoux, tiens.
            « Rois et reine » est l’un des films les plus dégueu que j’aie vus : le film suit un personnage que visiblement Desplechin méprise, rien ne nous incite à nous y attacher, et savoir ensuite qu’il s’était inspiré de la vie de Marianne Denicourt, son ex (la mort du père, la mort du petit ami), rend le procédé encore plus écœurant. Ce type doit avoir une vie bien vide, puisqu’il n’a pas d’imagination, et qu’il est obligé de regarder chez ses proches pour trouver des histoires, qu’il transforme en jeu de massacre. C’est sûr qu’on est loin du mélo : Desplechin se tient à distance des sentiments, des émotions, et ses films sont glaçants (et en même temps on n’y crois pas du tout, à mon avis!). Je sens qu’humainement Desplechin est un type minable (j’ai eu l’occasion de le voir à deux reprises, et je dois dire que mon impression a été confirmée, même si c’était très superficiel et que ça ne se fait pas de juger quelqu’un aussi définitivement sur une impression ou une petite phrase…).
            Voilà voilà!

          • Une de mes anecdotes sur Desplechin, tiens je me lance :
            Pendant les grèves de 1995, vous vous en rappelez peut-être car François en parle dans Deux Singes, il a organisé avec des amis à lui un festival joliment intitulé « Cinéma et marxisme », dont le principe était de présenter des films très variés, plutôt des classiques, qui étaient ensuite analysés selon une grille « marxiste » par un intervenant, critique ou cinéaste. Desplechin présentait « Impitoyable » (tiens, revoilà Eastwood).
            Le film est super, c’est sans doute un des meilleurs Eastwood (il y en a quand même beaucoup, des meilleurs Eastwood…), et l’analyse marxiste fonctionne super aussi. De manière un peu inattendue, Eastwood étant souvent présenté comme un gros réac, c’est sans doute le film présenté qui est le plus propice à cet exercice, et Desplechin est bon pour rendre le truc intéressant.
            J’y suis venue avec des amis, des cinéphiles, on dira ça comme ça, dont un qui venait de banlieue et qui avait emmené une jeune fille de sa banlieue, donc, qui elle n’était pas une cinéphile (et qui avait trouvé le moyen de venir je ne sais trop comment, peut-être en stop, vu qu’il n’y avait plus de transports en commun…).
            La fille aime le film et s’intéresse au débat qui suit. C’est la première fois qu’elle assiste à ce type de séance. En terrain inconnu, elle n’ose pas trop s’exprimer, mais finit par prendre sur elle et lève la main. Je me dis : elle a des couilles, moi je n’oserais pas parler devant une salle pleine… Desplechin ou je ne sais qui lui donne la parole, et elle dit un truc du genre : « Oui, c’est très intéressant, mais est-ce qu’on ne peut pas dire aussi de ce film qu’il est humaniste? »
            Et là, Desplechin lui rentre dans le chou… C’est comme si elle avait sorti la pire connerie qu’il n’avait jamais entendue de toute son existence. Ou comme si elle l’avait insulté. Il lui répond avec un mépris pas possible et comme si « humaniste » était un gros mot. Il lui dit en gros qu’elle est conne, et que non, le film n’est pas humaniste, et qu’elle n’a vraiment rien compris… Alors qu’à mon avis elle avait mis le doigt, peut-être maladroitement, mais elle devait avoir à peu près 18 ans et pas l’habitude de ces discussions, sur le point faible de son raisonnement (par ailleurs convaincant, ce n’est pas la question). Plutôt que de prendre en compte sa question et de lui répondre, il a préféré ricaner. J’avais honte, et je me suis dit : quel gros blaireau…

          • C’est drôle car je l’ai rencontré aussi, je bossais pour un de ses films, et je n’ai pas ressenti de snobisme particulier en apparence. Plutôt introverti, qui ne veut pas déranger, timide, et sans doute sous paradis artificiels. Il était accompagné de son acolyte, producteur attitré, Caucheteux, plus avenant. On a dû échanger quelques mots, je ne m’en souviens plus trop. Je les ai seulement trouvés crasseux (je ne me suis pas trop approchée, ayant un odorat très développé, ce n’était pas le moment de ravaler un petit vomi).
            Ses films semblent autobiographiques, avec Amalric qui joue le rôle de Desplechin. J’ai aussi croisé Almaric sur la ligne 4 il y a longtemps, portant un bonnet péruvien marron, du moins tellement crasseux donc peut-être pas la couleur originale du dit-bonnet, que ça lui collait aux cheveux.
            Ça ressemble à ces couples de cinéma réal/acteur comme Truffaut/JP Léaud.
            Mis à part ces présentations d’impression, je trouve que ses films sont prétentieux. Je ne connais pas le milieu universitaire dont il parle. Sont-ils tous comme cela ? Notre Chouchou, non, et j’aime beaucoup son humour qui me fait rire aux larmes parfois.

            « Rois et Reines », j’ai vaguement entendu parler cette polémique qui a dû, encore une fois, tomber dans l’oreille du maringouin.
            Bref, Desplechin est ce qu’il est, ses films ne m’inspirent pas. Par contre, dans la BA de Roubaix, il semble parler des prolos, et ça, ça me tente bien. J’aime bien Roschdy Zem et les actrices.

            Pervers narcissique, Kate, attention, mot des Hipsters, semble appartenir à la famille des pléonasmes.

          • Je comprends ta réaction Kate, mais j’ai du mal à me faire un avis sur une personne si je n’ai pas passé plusieurs heures à parler avec elle.
            Dans ces moments-là, les personnes publiques sont en représentation. On leur demande d’être sympa. Lis La Politesse de François.
            Desplechin n’a pas l’air d’être en forme en général, ceci expliquant peut-être cela, les sautes d’humeur, le manque,…
            Pourquoi n’as-tu pas réagi à ce qu’il était en train de dire à cette jeune fille ? Desplechin a peut-être cru qu’elle se foutait de sa gueule. Je reste dubitative sur ce genre de rencontres, ce n’est évident pour personne et l’exercice peut s’avérer compliqué.

          • Eh bien moi, j’ai vu une fois Amalric dans une boulangerie, il était avec les deux gamins qu’il a eus avec Balibar (j’imagine), et il leur a proposé de choisir de gâteaux, si je me rappelle bien. Et je me suis dit que les gamins avaient l’air bien chiants (mais en même temps la plupart des gamins ne font cet effet, ça doit être pour ça que j’aime le petit garçon d’Un monde parfait, élevé par des témoins de Jéhovah…).
            Quant à lui, il avait juste l’air d’un bobo comme un autre.
            Mais c’est comme Desplechin, je le sens pas ce type, à mon avis il est pas franc du collier… Lui, ce qui était marrant, c’est quand il expliquait pourquoi il avait décidé de jouer dans un film à la con (de Damien Odoul, que personne n’a vu) avec des scènes de sexe non simulées. Amalric, pour les besoins d’un obscur film français branchouille, se tape 13 gonzesses sur un plateau de cinéma… Et, je n’ai pas vu le film, tu penses, mais je ne crois pas qu’il y ait le moindre plan porno… Ça fait pitié…
            Tu as raison, pour le truc du pervers narcissique (en plus, il paraît que c’est un mythe…), mais c’est parlant, je trouve, pour un mec comme Desplechin, dont beaucoup de films reposent sur une trahison…

          • LadyStardust : Je comprends qu’on trouve les personnages de Desplechin tête-à-claques, insupportables mais tu noteras qu’il n’essaie pas de nous les rendre aimables, cool, il s’attache davantage à nous montrer leurs névroses plutôt que leur toute-puissance. Tu dis qu’il filme un entre-soi, c’est indéniable, mais il le fait en connaissance de cause, en nous le présentant comme tel, sans faire semblant.
            J’aime tout d’abord des choses assez simples dans ses films à savoir ses dialogues et Amalric. Desplechin a inventé cet acteur singulier à la diction étrange, au corps presque malingre, aux yeux globuleux mi-rêveurs mi-fous, ce qui n’est pas rien. Je trouve par ailleurs qu’il s’agit du meilleur dialoguiste français, à la fois virtuose (la lettre lue par Amalric face caméra dans Conte de Noël est je trouve géniale), sans complaisance, avec des trouvailles superbes (le discours cocasse d’Amalric face à Deneuve dans Rois et reines sur la différence entre les hommes et les femmes) et brillant. Ils sont exigeants sans être pédants. Je trouve ça souvent drôle – quand Amalric (encore lui) explique à Salinger que sa meuf fait l’amour à genoux, façon « chrétienne de gauche », moi ça me fait marrer. Il y a une incongruité aussi dans les répliques, des manières d’insister sur un mot, des insultes improbable (Deneuve traitée de « petite connasse »). Et j’en viens à un autre aspect de ses films que je goûte beaucoup : leur étrangeté, leur côté déglingué. Étrangeté d’abord dans le récit, dans le mélange d’une forme de naturalisme et de romanesque (exemplairement la Sentinelle qui navigue entre le film d’espionnage inquiétant et le film de chambre parisien). On retrouve cette bizarrerie dans la musique, le montage qui a quelque chose d’heurté, non-linéaire. On ne sait jamais vraiment à quoi on a affaire, les récits semblent guidés par un principe de relative incertitude.

          • Je n’ai rien dit car :
            1. J’étais mortifiée pour cette fille.
            2. J’avais 21 ans, et pas franchement de disposition pour m’exprimer devant tout le monde (la salle était pleine de chez pleine).
            3. J’étais dans une histoire sentimentale un peu délicate : ma « rivale » étant dans la salle, je n’avais pas très envie de me prendre la deuxième branlée publique de la part de Desplechin…
            Pour préciser, je ne crois pas que Desplechin se soit senti agressé par la fille, qui s’est exprimée presque timidement. C’était une fille noire, toute jeune, dans une salle de gens en moyenne un peu plus âgés, et plus ou moins tous blancs, parisiens ou assimilés. Bref, sa réaction était plutôt de l’arrogance. Mon autre « rencontre » avec Desplechin était d’ailleurs du même acabit, mais un peu moins dégueu, donc pas la peine de raconter…
            Cela dit, ça n’est pas une raison de rejeter ses films. C’est juste que je leur trouve un truc malsain, et je ne crois pas à ses histoires ni à ses personnages (et Léa Seydoux en exclue du système, si c’est pas de la perversité…)

          • @Charles
            En t’écrivant, je me disais que je devrais plutôt lire ses scénarios que voir ses films. Il est bavard dans ses dialogues et peut-être que sans m’imposer une vision de ses personnages, j’aimerais ce qu’il raconte.
            Le côté tête-à-claques me dérange, sauf si tu me montres, à un moment, une facette plus aimable du personnage. C’est trop tout noir. Je souhaiterais voir du gris et pas uniquement toutes ses névroses. Je ne vois jamais les gens complètement noir ou blanc.
            Certes il assume de nous les montrer sous cet angle, mais ça ne passe pas.

            C’est vraiment ce côté entre-soi qui me dérange, cet humour de gens bourgeois, bien éduqués, bof bof, et on se moque avec malveillance des autres. Le passage que tu cites ne me fait pas rire.

            Je vais voir si je peux trouver les scénar’ de Conte de Noël et Rois et Reines et me sortir de la tête le personnage d’Amalric.

          • Kate, je crois que tu confonds Léa Seydoux, l’héritière ultra-bougeoise de droite et l’actrice.
            Personnellement, je l’aime bien dans les films que j’ai vus d’elle, sauf le Kechiche. Je ne lui jette pas la pierre mais j’ai senti un véritable malaise chez les comédiennes, dû peut-être aux nombreuses scènes de sexe et à leur longueur. Leur regard caméra implorant le réalisateur de couper ces scènes. Je n’en pouvais plus également.
            Pourquoi ne pourrait-elle pas jouer une fille prolétaire ? J’attends de voir, ainsi que le duo qu’elle forme avec Sara Forestier, une gouailleuse.

          • Ce côté duo de jeunes ‘actrices dans un rôle de composition, ça ne présage rien de bon : ça sent trop la performance d’acteur, c’est grossier.
            Et tous les acteurs ne peuvent pas tout jouer. Léa Seydoux me paraît être une actrice plutôt limitée, on ne l’imagine pas du tout dans une comédie par exemple. Dans l’extrait qu’on voit en ce moment (la visite de la police), elle joue exactement de la même manière que dans le Kéchiche, il n’y a que la coiffure qui change : ce côté faussement viril, la manière de fumer sa cigarette… Alors que les personnages du Kéchiche et du Desplechin sont quand même censés être assez opposés sociologiquement… Bref, elle ne me convainc pas, Léa Seydoux. Je ne vois pas en elle ce que certains y voient: la Deneuve de demain (Deneuve, à ma connaissance, ne s’est pas trop prêtée à ce genre de rôle de composition, consciente de ses limites.)

          • Kate, petit rôle dans la comédie Midnight in Paris. Je ne me souviens plus de sa performance.
            Je ne cours pas non plus au ciné dès qu’un film sort avec elle.
            Je ne juge pas sur un extrait, ni une BA. Tu ne te rends pas compte, je risque d’aimer mon premier Desplechin. Oh joie !

            On la compare à Deneuve ? Rien entendu là-dessus car les comparaisons de la sorte sont un peu idiotes et bien trop précoces.
            Physiquement, dans La Belle Personne, elle m’avait penser à Anna Karina. Puis elle est devenue blonde…
            Déjà qu’on fait de Deneuve une icône, tout ceci reste réellement à voir. Ça me rappelle une de mes boss qui avait vu le Dancer in the Dark à Cannes, et qui jugeait la performance de Deneuve sublimissime parce qu’elle portait un fichu d’ouvrière sur la tête. La grande Deneuve avait osé le tablier et le fichu. C’est aussi elle qui n’arrêtait pas de nous saoûler avec le duo Desplechin/Caucheteux en disant « Ils sont brillants ! ». C’est sûr qu’à côté d’elle, ils l’étaient. Et je pense sincèrement qu’ils le sont, même si ses films ne me plaisent pas.

            Rôle à César ou pas, elle n’a pas besoin de récompenses, pour autant sa carrière est assurée et son compte en banque aussi. Si elle est heureuse d’exercer ce métier, je suis contente pour elle. Je ne suis pas ironique, je le pense vraiment.

          • Charles,
            Aurai-je le droit à un deuxième avertissement si je te dis que je n’aime pas les films tautologiques de Catherine Breillat ?
            Ou est-elle mise dans la case « C’est normal de ne pas aimer Assayas, Breillat » ?

            Même le Police de Pialat, je n’ai pas aimé. Alors que ô combien j’aime ses films. J’avais enchaîné sur la lecture du livre écrit par la tautologique Catherine B.

            J’accepterai une punition culturelle, par exemple, relire 3 fois Deux Singes (je fais du placement produit en passant et de la pub).

          • @LadyStardust : je n’ai vu aucun film de Breillat réalisatrice, j’ai toujours reniflé une forme de supercherie. J’aime bien le Police de Pialat même si ce n’est pas mon préféré – la première partie, la plus brute, la moins scénarisée, m’a laissé un souvenir très fort.

          • Je tenais à dire à Kate que le blaireau est un animal inoffensif qui ne mérite pas d’être associé à Desplechin. Le blaireau sent fort, certes, mais il ne se nourrit que de racines et champignons (en gros), il est solitaire tout en appartenant à un clan il peut même partager son terrier avec des lapins et des renards. Et c’est très beau un blaireau. Il vit la nuit, il boit de la Jenlain ambrée, il fume et il joue à la coinche.

          • Dans mon lointain souvenir de Police, je n’avais pas aimé le jeu de Sophie Marceau, et le décor faisait faux, entre autres.
            Ils étaient 4 scénaristes pour ce film et 3 aux dialogues. Je vais le regarder de nouveau à l’occasion.

            Hier, j’ai vu La Gueule Ouverte, l’as-tu vu ?
            J’ai repensé à ce que tu disais sur les larmes. Dans ce film, un homme pleure (Hubert Deschamps) dans plusieurs scènes. Aucun gros plan sur lui (très peu d’ailleurs dans ce film avec beaucoup de longs plan-séquences en plan moyen), on ne voit donc pas ses larmes, il est rouge et grimace un peu, et des trémolos dans la voix.
            Référence aux larmes du Christ, symbole de la crucifixion avec cette femme alitée ?
            Avec des vrais gens comme je les aime mais dont on ne comprend pas parfois ce qu’ils disent.

            Si tu te laisses aller à regarder 2 ou 3 Breillat, j’aimerais bien entendre ton retour sur ses films.

          • La gueule ouverte est mon Pialat préféré, celui qui m’a le plus marqué car le plus direct et fort, sans gras.

          • Sur La gueule ouverte et pour rebondir sur la critique adressée à Desplechin sur le fait que le mec n’a pas d’imagination parce qu’il utilise sa vie privée…je crois que ça tient pas!
            La gueule ouverte est assez inspiré par la propre vie de Pialat ( tout comme Nous ne vieillirons pas ensemble et d’autres encore) et on s’en fout un peu, et c’est en effet un très beau film.
            Après que certaines vies, milieux , nous intéresse plus que d’autres c’est une autre affaire.
            Par ailleurs je crois qu’on ne peut pas réduire la filmographie de Desplechin à des films sur un petit milieu intello universitaire ( le seul ayant vraiment ce cadre là est Comment je me suis disputé), et La sentinelle, ou Esther Kahn sont de grands films.
            Bref vous l’avez compris moi j’aime les films de Desplechin et je ne crois pas que rejeter ses films sous prétexte qu’il soit pervers narcissique soit très convaincant, car qui aujourd’hui n’est pas pervers narcissique ?!
            Mais je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer, de lui parler, ou d’assister à des rencontres publiques, et mon jugement se base donc uniquement sur les films vus.
            Je garde moi aussi beaucoup de scènes en tête, ou de personnages, Emmanuelle Devos paumée pendant la réunion de famille suite au suicide de l’un des leurs (La vie des morts), Emmanuel Salinger et sa main crispée sur son morceau de mâchoire( La sentinelle) et sa rencontre avec Jean louis Richard dans le train, Emmanuelle Devos après sa rupture avec Amalric dans Comment je me suis disputée, qui perd sa voix, et ses règles ( combien de films évoquent ce sujet ?), et dit une lettre d’amour, Esther Kahn et ses morceaux de verre avalés, la dinguerie d’Amalric dans Rois et Reine , avec sa cape, et la scène avec Deneuve psychiatre, Deneuve parlant à son fils Amalric dans Un conte de Noel, la folie d’Amalric dans son grenier dans Les fantômes d’Ismael.
            Je garde aussi un souvenir assez fort de Léo en jouant dans la compagnie des hommes mais je ne l’ai pas revu.

          • Merci, Schnoups, de ce rappel à l’ordre: tu as raison, le blaireau est un animal très mignon, avec son gros museau.
            Lison, je ne reproche pas à Desplechin de se servir de sa propre vie pour ses scénarios: il ne s’inspire apparemment pas de sa vie, mais plutôt de celle des gens autour de lui, si j’ai bien compris (dans Comment je me suis disputé, le personnage de Frédéric Rabier serait inspiré d’Eric Barbier, grand ami de Desplechin à la Fémis).
            Je n’ai pas vu tous ses films, loin de là, mais je n’aime pas ceux que j’ai vus. Ils ne m’ont procuré aucun plaisir et ne m’ont pas non plus vraiment intéressée. Mais il a un public, et je ne trouve pas que ce soit de la merde (par contre, je trouve à l’homme et à ses films, ceux que j’ai vus, une forme de posture qui me déplaît). Pialat, c’est autre chose (à rapprocher plutôt de Kechiche, par contre, à mon avis).
            De Breillat, j’ai bien aimé Une vieille maîtresse, que j’ai vu à sa sortie. J’avais trouvé remarquable de réussir à faire un bon film à partir d’un tel livre (un chef-d’oeuvre). C’est rarement le cas. (Les deux autres exemple que j’ai en tête, c’est Lady Chaterley par Pascale Ferrand et le Mme Bovary de Chabrol). Et Catherine Breillat m’inspire beaucoup de sympathie.

          • Le blaireau n’est pas un pervers narcissique, lui.

          • @Lison,
            Je ne parle pas forcément de cadre universitaire mais de ton. Et je le retrouve dans le Ismaël des Fantômes. Je ne suis pas touchée par ses films car il ne m’invite pas dans son univers. Il y a des univers que je n’aime pas, certes, mais le cinéaste arrive à m’y inviter. Son entre-soi est trop marqué, trop exclusif.
            Le premier paragraphe de ce que disait Charles est tout à fait ce qui m’exclut de son cinéma. Charles y adhère, toi aussi, moi absolument pas.
            Mais comme je le disais, je suis tentée par le Roubaix.

          • C’est drôle parce que moi c’est précisément parce qu’il parle des prolos que son film Roubaix m’attire moins…Parce que je crains un peu sa plongée dans un milieu qu’il connaît mal, et que je pressens que le polar lui donnera moins l’occasion de faire exister une forme de délire (dans la narration)- qu’il avait bien développée dans Les fantômes d’Ismael.
            En même temps il veut peut être faire son « Police ». Et je suis quand même curieuse de voir son nouveau film.

          • Et bien je suis très curieuse qu’il sorte de sa zone de confort desplechienne, qu’il choisisse le genre polar, la ville de Roubaix, la lumière du Nord, le ton…
            Ça me chatouille, gratouille fort…

          • En fait le blaireau est omnivore. C’est un prédateur pour les mammifères plus petits que lui. C’est notamment un gros mangeur de hérissons. Pour dérouler les hérissons en boule, il pisse dessus puis croque la tête. Pour moi il n’est pas exclu que le blaireau soit un pervers narcissique.

            (Bonjour à tous.)

          • FYI
            – « En langage militaire, un blaireau désignait un bleu (une jeune recrue, à cause de leur uniforme bleu), puis par extension une personne insignifiante, ridicule. C’est donc une insulte, comme un naze, un nul. »
            – « le mot blaireau vient de l’ancien français bler, tacheté, qui vient lui-même du francique blari.
            pour des raisons évidentes, blairer a pris le sens de sentir mauvais dans la langue populaire, d’où l’expression je ne peux pas le blairer, mise pour je ne peux pas le supporter.
            ça blaire est synonyme de ça schlingue, ça fouette, ça corne, ça clipote, ça schmoute etc….
            on dit encore: ça sent le poney, le fenech, la crevette etc…
            dans le Nord, on entend: ça sent le maroille, ça sent le vieux-Lille, ces deux derniers mots désignant des fromages locaux dont l’odeur ramone les voies supérieures.
            en langue populaire, le blaireau désigne aussi une personne que l’on ne tient pas en estime. »
            Éthymologiquement vôtre,

          • Salut J, très belle entrée.
            Je pense que s’il a sa dose de champi le blaireau évite de pisser sur le hérisson. Et puis tout le monde sait bien que pisser sur l’autre c’est surtout de l’amour.

          • Roubaix pour Desplechin ça sera pas vraiment une nouveauté.
            Et sinon j’aime pas du tout l’expression « zone de confort », truc qu’on entend depuis 2 / 3 ans dans le monde du travail et qui schmoute pas mal !
            Par contre « schmoute », j’adore.

        • En effet, Charles, tu a l’air complètement hermétique au mélo, et je te le dis : tu es sans doute passé à côté de Douglas Sirk, qui est un réalisateur magnifique (« Imitation of Life » est un des plus beaux films qui soient). A mon avis, il n’est vraiment pas besoin d’y voir du second degré pour l’aimer. (Après, chacun ses goûts et chacun sa sensibilité, mais résumer son style à de l’outrance me paraît quand même un peu fort!)
          Moi qui aime beaucoup ce genre (un des plus beaux Eastwood est quand même, à mon avis, « Sur la route de Madison », et « Un monde parfait » en est un aussi, comme le sublime film de Cimino « The Sunchaser » – je me rends compte en écrivant que mes films préférés sont, à leur manière, des mélos, parfois teintés d’un autre genre, mais tout de même…).
          Par contre, je n’ai pas vraiment aimé le film d’Almodovar, qui m’a paru mal foutu, et qui s’en tape un peu de ses spectateurs, je trouve… On dirait qu’il a fait un film pour adresser des messages personnels à ceux qui ont compté dans sa vie, ce qui n’est pas d’un grand intérêt pour le public, même si certaines séquences sont belles et que Banderas est vraiment très bon (il n’a pas volé son prix à Cannes). Je te suis pour constater que dans ce cas la critique en a peut-être fait, collectivement, un peu beaucoup…

          • Pourtant je ne déteste pas tous les mélos, j’aime plutôt Tendres passions et Sur la route de Madison (nettement moins Un monde parfait que je trouve mal foutu et sans intérêt – le gamin m’a beaucoup agacé en plus).

          • Comme quoi… Je n’ai pas vu Tendres passions, ça me dit bien.
            Un monde parfait est un mélo, mais aussi un road movie, un film policier, un buddy movie… et, de manière un peu péremptoire, mais pas plus que toi, je dirais que c’est un film absolument génial, un film parfait (sans ce que la perfection peut avoir de chiant, je précise), qui porte bien son titre : c’est un film qui alterne l’humour et le drame comme peu d’autres. Eastwood est très doué pour ça en général, mais là c’est particulièrement réussi. Revois-le si tu en as l’occasion car je ne peux pas croire qu’on puisse trouver « vraiment » ce film mal foutu et sans intérêt. Et moi qui ai souvent du mal avec les enfants au cinéma, là j’ai trouvé le gamin très attachant : il a un visage très expressif, c’est assez mignon, et son jeu, ou son non-jeu, « dialogue » avec celui de Kevin Costner. Le duo Eastwood-Laura Dern est hyper-drôle, et très malin de la part d’Eastwood, qui joue avec un des motifs clés de sa filmo (le flic aguerri à qui on colle un partenaire pas vraiment à son goût).
            Et pas la peine de s’emmerder à trouver le film en VO : la VF est très bonne (j’ai même été déçue d’une réplique dans la séquence finale quand je l’ai vu en VO, c’est dire.)

        • Lison, c’était ironique sur la zone de confort. Je voyais plutôt cela employer dans les magazines psycho-rigides sur le bien-être « Comment sortir de sa zone de confort et rencontrer un pervers narcissique », blabla.
          Ça schmoute, j’adore aussi, ça sonne capriné germanononpratin.

          • Ah dans ce cas, ok.
            Oui ou : comment sortir de sa zone de confort en rencontrant un blaireau qui schmoute, et s’apercevoir que les épreuves nous apprennent toujours qq chose ( là que le blaireau pue vraiment), et que l’important c’est le chemin plus que la destination ! Et que la résilience fera le reste, à moins qu’un long travail de deuil ne soit nécessaire.

        • Charles, j’ai pas suivi la conversation assez assidûment, mais en gros c’est ce que je craignais : je vais devoir regarder Douleur et gloire pour pouvoir en parler. Je te fais signe à ce moment-là. Et je t’en supplie, dis-nous encore analepse.

          Et je rejoins l’équipe qui a hâte de voir Roubaix. Je l’imagine dans la lignée de l’enquête policière sur l’identité de Dédalus dans 3 souvenirs de ma jeunesse. Ça va être dingue.

    • J’ai vu Douleur et gloire et je ne l’ai pas aimé pour les raisons inverses des tiennes. Pour moi le film s’arrête toujours en cours de chemin, rien ne se termine, on ne va jamais au fond des choses. La scène du monologue dans le théâtre, peut-être pas assez de mélo justement ? J’y aurais bien ajouté des violons et des gens qui chialent dans le public. En tout cas ça ne m’a pas touché.
      Les retrouvailles avec l’ancien amant ? Il ne s’y passe rien.
      Je suis resté sur ma faim tout au long du film. On m’avait annoncé une progression d’un mec affaissé à un mec qui revit, ça m’intéresse grave, ba je l’ai pas vue.
      Maintenant, excusez-moi d’insister mais je suis retourné voir Give Me Liberty cette semaine et je réitère : c’est un film magnifique, je le trouve parfait, j’aurais aimé faire ce film. Vous attendez quoi pour aller le voir ? 😉

      • ah et je voulais dire aussi que moi qui croyais aimer Almodovar, je me suis rendu compte avec celui-ci qu’il ne m’avait en fait jamais emballé. Je me souviens d’avoir aimé Parle avec elle et adoré Volver (là ya du mélo à fond, là ça dramaqueene). Mais ses derniers ? Julietta ? La Piel qui habito ? Étreintes brisées ? meh.

      • J’attendais d être en vacances ! Donc j y suis allée ce soir et j’en sors tellement déçue !
        L’impression que ce rythme d’images masque le vide ! Rien ne se dit ! Et ce speed permanent (ou presque) m’a fatigué .
        Et tout le discours des émigrés russes aux États Unis , rassure moi c’est ironique ?
        Beaucoup d’ennui pour ma part .

        • Moi aussi il m’a fatigué, mais d’une bonne fatigue comme on dit. Et puis la fin ménage un vrai temps de récupération avec massage des neurones et paroles digne du développement personnel.
          Je pense qu’il ne faut pas trop s’attacher à ce qui se dit dans ce film (d’ailleurs je suis d’accord avec toi, il ne se dit rien) mais plutôt à ce qu’il se passe (et il s’en passe). C’est quoi le discours des immigrés russes ? Je vois pas de quoi tu parles.
          Pour moi c’est le plus beau film de ce début d’année parce qu’il va vite, parce qu’il filme des personnages qu’on ne voit jamais (des handicapés, des vieux, des russes), j’adore que son personnage principal n’existe pas, qu’il ne soit qu’un corps neutre, une présence parmi tous ces gens qui s’agitent,j’aime sa détermination, j’aime son dévouement. (vous en connaissez beaucoup des films qui prennent pour personnage principal quelqu’un qui s’efface, qui se met au service des autres ?)
          C’est aussi un film qui saute de registre très rapidement mais sans que ça ne semble jamais artificiel. On y voit des choses comme un immeuble rempli de fumée de poulet carbonisé, une manifestation devant un commissariat, un mec qui danse en fauteuil roulant fluorescent sous les stroboscopes, un tétraplégique qui trie des pièces métalliques à l’aide d’une canne fixée à la tête… Enfin des visions pas banales, tout ça m’a passionné.

          • O,
            Il se dit des choses qui ont son importance.
            Le protagoniste, fil rouge, effacé comme tu le dis et je suis d’accord là-dessus, prend en charge des communautés différentes.
            Les russes, blancs, sont racistes. Ce film parle aussi du communautarisme américain : les noirs sont les meurtriers, les voleurs… On ne va surtout pas dans leur quartier. Mais ils vont le traverser ensuite et celui-ci est désert. Or ces communautés américaines ont des lieux où ils se rassemblent à leur insu, comme cette ambulance, l’ephad. Les blancs s’autorisent à envahir la camionnette et cela va créer des scènes drôles et pittoresques et faire se rencontrer une fois de plus ces communautés. Ces russes/ukrainiens…-là ont fui les pogroms, l’antisémitisme et ont immigré, non pas pour faire fortune à coup d’American Dream, mais parce qu’ils voulaient recréer des quartiers-villes du temps où ils vivaient dans leur pays natif.

            Le protagoniste est un premier de cette génération née sur le sol US, qui a fréquenté l’école publique américaine, d’où son anglais parfait. On peut parler aussi d’intégration le concernant. Il s’efface pour laisser place à un regard sur des russes non intégrés et non nés sur le sol américain, fidèles à leurs traditions, et les noirs américains non intégrés du fait du racisme des Yankees.

            La scène devant le commissariat m’a renvoyée à l’affaire Eric Garner et le « I can’t breathe ». Son parti pris d’utiliser le noir et blanc est-il une façon de le montrer comme un fait d’actualité ?

          • Sincèrement LadyStardust je pense que tu as projeté beaucoup de choses qui ne sont pas dans le film. Par exemple il ne dit pas que les noirs sont des voleurs ou des meurtriers.
            Oui il y a des communautés, oui les vieux russes disent du mal du quartier noir et de ses habitants, ils disent aussi qu’ils ne comprennent pas comment on peut vivre là ce qui n’est pas tout à fait la même chose.
            Mais j’ai envie de dire « et alors ? », est-ce que ce n’est pas fidèle à la réalité ? Est-ce que tu préférais le feelgood movie de reconciliation entre les noirs et les russes alors que ça n’existe pas ?
            Tu parles beaucoup de l’identité et de l’histoire familiale des personnages alors que ce n’est jamais abordé autrement que par des blagues (le grand père qui fait ses exercices en récitant la propagande, le discours à l’enterrement qui est interrompu à 2 reprises). Bref, je trouve que le film effleure ce genre de sujets et avec raison, ce sont des approches un peu trop polémiques, et se concentre sur l’important : comment tous ces gens là interagissent, appartiennent à un même territoire, se croisent, dépendent les uns des autres…

          • Sans doute O, mais tu as compris que j’ai beaucoup aimé ce film car il reflète cette réalité américaine que j’aime beaucoup.
            Le communautarisme est beaucoup plus polémique en France qu’aux États-Unis.
            Malgré cela, les communautés se parlent assez facilement et c’est aussi le reflet de cette réalité qui m’a plu dans ce film. Il y a beaucoup de bienveillance sans être un film pleinement feelgood. Il y a des réconciliations entre communautés, contrairement à ce que tu peux croire. Si tu en as l’envie, tu peux lire l’histoire d’un quartier brooklynite : Crown Heights.

          • et oui pour le noir et blanc, pour moi ça fait comme une citation des images d’archives des émeutes urbaines aux Etats-Unis.

          • Hello O, j’ai été gêné par ce discours des émigrés russes sur les États Unis pays des libertés qui les accueillis et qu’il faut remercier ! C’était tellement sans nuance que cela ressemblait à une propagande pro américaine . A plusieurs reprises en plus c’était très caricatural !
            Et puis quand je dis qu’il ne se dit rien , j’entends il n’en sort pas grand chose à penser , tout semble gratuit. La scène du concours de chant par exemple me semble complètement creuse ou anecdotique . Un scénario comme une accumulation de moments condescendants (je force le trait pour m’expliquer).
            Quelques jours après avoir vu le film , ce qui me reste c’est le personnage de la femme noire handicapée , personnage plus trouble , plus difficile à cerner , complexe à comprendre .
            Voilà , on peut aussi dire que je suis complètement passée à côté …
            Pour l’année 2019 , 90’s est le film que j’ai préféré pour l’instant et je le place avant parasite car il m’a particulièrement touché , mais Parasite est un grand film je trouve !
            Merci pour cet échange !

  6. Pour ceux qui n’aurait pas la chance de se faire algorithmer par la FNAC, je leur apprend peut-être qu’une bande dessinée au nom intriguant de « Une vie de moche » signé de notre hôte et Cécile Guillard devrait paraître chez Marabulles le 18/09/2019.
    Au vue de la couverture, François devrait nous parler des difficultés qu’il rencontre à être une femme au physique ingrat dans notre société. L’autobiographie comme catharsis quoi.

    • Merci pour l’info, et pour le rire Atom.

    • Merci ! T’as de la chance avec les algorithmes. Moi ils me conseillent l’archipel du goulag et Michel Onfray. Clairement ils me vannent.

      • J’ai essayé les algorithmes.
        Moi, c’est pas pour faire ma pintade mais ils me conseillent : Le gai savoir, Ainsi parlait Zarathoustra, Par delà le bien et le mal, mais aussi des BD… : Purple Heart (Tome 1), Ira Dei (Tome 3 !) et Gunfighter (Tome 1)
        Ca m’a pas l’air tout à fait au point cette affaire ! Et c’est tant mieux.

    • Pour patienter, quelques pages à visualiser : https://www.instagram.com/p/ByyWYdDiEbK/

      L’algorithme ne me propose que des livres de François que j’ai déjà achetés, c’est ballot, et le même Nietzsche que Lison. Il sait que je casse les petites pattes arrières si François, Chouchou ou Bégaudeau ne m’est pas suggéré.

  7. je viens de tomber sur la fameuse phrase : on t’aime louloute ( https://youtu.be/8EYvzGXeAb4 )

    ( maladie psychiatrique , mon cul )

    • Si tu es saoul tu ne regardes pas cette vidéo.

      • c’est exactement ce que je me suis dit en matant la vidéo ! mais vu que je pensais être la seule à picoler sur ce site j’ai pas précisé.

        • C’est marrant, on voudrait obtenir le même effet qu’on saurait pas comment s’y prendre.

    • Chouette enregistrement, thanks Gaelle.
      François y a aussi de très jolis silences.

    • salut tout le monde.
      encore une fois bien stimulé par cette prise parole de juan et francois.
      D’autant plus que je l’ai écouté a la suite de l’interview de Bernard Stiegler chez Aude lancelin (https://www.youtube.com/watch?v=-k-UZpCV4zc) et que les deux interventions semblent comme se répondre.
      je met a la suite ma petite retranscription un peu perso de l’intervention de Stiegler ; je ne sais écouter attentivement sans écrire, autant que ça profite a du monde.

      Quartier libre stiegler. « il faut une mobilisation générale »

      Nouvelle chaine QG le media libre. Présenté par aide Lancelin

      Gilet jaunes plus grand mouvement depuis 50ans (ah?) et pourtant effondrement des partis progressistes

      Il y aurait beaucoup a dire. Parti basé sur le modèle démocratique issu du 17 18 et 19eme siècle. Toute la gauche a subi une grosse défaite. Les seuls gagnant le rn, avec les écolos sauvegardé du bouillon. Annonce des jours noirs.

      Phénomène pas uniquement français. Effondrement des politique républicains. Au sens ancien, kantien. (qui parlait ainsi du pouvoir du roi de Prusse, on peut être dans une royauté républicaine)
      Effondrement partout en Europe. Nécessite analyse loin de toute posture et de dénégation.

      Christian Paul a récemment appelé à relancer le débat d’idée. Encore faut-il travailler pour avoir des idées. Suppose des concept (pas la même chose que des idées) suppose de prendre en compte toutes les dimensions du problème (vs la segmentation du problèmes en niche électorales, comme ce fut le cas à gauche avec Mitterrand et l’avènement de la social-démocratie)

      Stiegler ancien membre du pc, encarté en 68, du fait de la présence de la nouvelle critique en son sein
      Levis Strauss, Lacan… Etc.. Et en science également avec jean pierre Vernant. Conviction de la nécessité d’un partage du savoir pour éviter barbarie. Partagé par les communiste et le gaullisme.

      Aujourd’hui plus de place pour le savoir. Sauf au rn, Hervé Juvin vrai travail intellectuel.

      Il faut que les républicains se réveille. Crise épistémologique et épistémique a plongé tout le monde dans un sommeil dogmatique. Déni ou malaise face au vertige provoque par ces deux crises.

      Nous empêche de nous défendre face aux assauts contre la souveraineté. Exemple de l’aventure facebookienne du libra qui veut désormais frapper monnaie. Contre donc la souveraineté des banques centrale et en particulier de la banque centrale européenne. De fait cette banque centrale européenne c’était peu à peu mué en agence visant à maintenir la rationalités économiques à l’intérieur de l’Europe. Discutable par ailleurs et en faveur de l’Allemagne. pas la une critique à son endroit mais envers nous autres européens qui n’ont pas su voir se développer cette état de force. Le problème c’est pas les fort c’est les faibles qui ne parviennent pas à se défendre.

      A travers ce projet de monnaie libra( plus projet d’une cours de justice indépendante) projet du président de PayPal visant à une logique de développement libertarienne. Se passer des états pour ne plus prendre comme indicateurs que ceux du marcher. A pour avantage d’être rationnel, mieux encore d’être entièrement rationalisable. Accaparement de la fonction fiduciaire autrefois appartenant à la banque et à l’église. Plus d’église aujourd’hui. Et développement de la croyance en le calcul en foi en la souveraineté efficiente. Appelé souveraineté fonctionnelle dans un article de revue américaine Laws and economics consacre a Amazon. Pouvoir des plateformes permit grâce à l’efficacité des statistiques, anciennement science de l’état comme son noms l’indique. Seulement puissance étatique désormais challengé par la puissance de ses gafa qui visent à instaurer des monopoles naturelles (comme autrefois détenait Sncf) Amazon l’est devenue, par élimination de la concurrence. Facebook cas à part. Risque de s’élimer. Pas Google et pas Amazon.

      Des enjeux de savoirs derrière cela. Savoir en déshérence d’ailleurs dans la vie intellectuel français. Autrefois très riche y compris à droite (Raymond Aron) mais ces grand mouvement ont laissé un grand vide.

      Ainsi du cognitivisme qui interprète le monde comme un ensemble de donne biologique ou statistique et en tout cas algorithmique. Séduit beaucoup de chercheur. Alors que se développe sans aucune pensée critique, c’est à dire sans réflexion quant aux limites de sa démarche. Kant a écrit ainsi contre Leibniz. Plus ce travail de remise en cause analytique aujourd’hui.

      Provoque un ronronnement du savoir. Plus de progrès depuis Deleuze Dérida etc. Folklorisassions de la french théorie qui ne produit plus que du vernis culturel. Ainsi en va-t-il de la vie universitaire. Tétanisation qui empêche de penser les immenses mutations à l’œuvre. En particulier celle-ci donc, le remplacement des états par des souveraineté de plateforme bases sur leur fonctionnalité efficiente.

      Or la cause efficiente ne fonctionne pas toute seule. Si abandon de toute idée de finalité alors engendrement du pire. C’est à dire d’une forme aigu de nihilisme avec abandon de tout principe de responsabilité et mise en place de comportement abrasif, type spéculation. Soit exactement ce qui en train de survenir. En occident en particulier. Russie et chine épargné, du fait d’un souverainisme primitiviste. Provoque en occident nombre de fantasme inquiétant. nous sommes les nihilistes. Absolument fondamentales de relancer des chantiers d’idée à long terme. Non pas un Week end cultuelle dans la Nièvre. Pour prendre en charge les appels de Gutiérrez. Discours consultable en ligne ou pendant une demi-heure il dénonce comme seul le pape francois l’avait fait à cette échelle l’abandon des force publiques.

      Seul manière de reconfigurer une pensée républicaine. Et à la rigueur peu importe qu’elle soit de gauche ou de droite. Ce qui compte avant tout recapacitation.

      Pierre jetée dans la marre de l’extrême gauche, il s’impose de parvenir à des compromis avec les capitalistes. Ils y sont par ailleurs obligés.
      Encore qu’il faudrait dissocier les capitalistes. Nombreux sont ceux qui ont conscience qu’ils aient intérêt à ce que la société tiennent. Opposition ici entre la Silicon Valley et le reste des capitalistes. Ces deniers n’ont pas intérêt à voir Facebook s’ériger en banque centrale (et certains s’en émeuvent publiquement)

      Silicon Valley est en plein passage à l’acte dépressif. Cf. Elon musque qui prépare son exil hors de la terre.

      Reste que les politiques ne semblent avoir pris eux conscience de cette nécessite de politique de compromis, macron en tête. D’où la stratégie de passe par-dessus leur tête. Se désintéresser d’eux. Les faire bannir serait de plus provoqué l’arrive de l’extrême droite inévitablement.

      Politique du compromis contre la mode des pétitions. Maladie de la gauche universitaire française.

      Le grand capital n’est pas homogène du tout. Plein de conflit d’intérêt même avec la transnationalisation.

      Encore faut-il que l’Europe parvienne à demeurer une grande puissance industrielle. Or rien n’est moins sure. Sauf à négocier avec le capitalisme européen. Concrètement cela donne stiegler auditionner par un grouppe de sénateur, y compris de droite, quant à la politique de l’audiovisuel.
      Stiegler par ailleurs débarque de l’Ina sous Jospin car contre le développement de la TNT. Et pour une banque audiovisuelle. Soit un YouTube publique (avant son avènement ).

      Contre l’idéologie qui a mis à bas le développement industrielle de la France. Faire des compromis. A partir d’analyse basé sur le savoir. Et c’est comme cela que l’histoire avance. Or en l’occurrence mouvement inverse. Le computationnel rend tout a chacun irrationnel et nous empêche de développer des modèles critiques selon un mouvement d’inertie que l’on connait bien.

      17 et 18 décembre prochain pris au mot du discours d’Antonio Gutierrez. Vise à développer une sorte d’hyper labo de recherche visant à répondre à la crise. Avec comme modèle le territoire hyper apprenant de pleine commune ou Stigler participe avec entreprise du Cac 40 et département du 93 a une lutte contre l’entropie. Projet qui se multiplie par ailleurs puisque smart cities développe en Équateur. Pas à la coréenne avec des capteurs partout mais où la population est mis en mesure de s’encapacité.

      Politique par l’exemple. Contre le modèle de la Silicon Valley(ou des premières voix discordantes commence à s’entendre) s’entend même dans la voix inquiète d’Elon Musk. Le vrai fou c’est Peter Thiel. Le patron de PayPal.

      Quid du soulèvement populaire? Quid des gilets jaunes?
      Mouvement intéressant mais sans comparaison avec 1848. Grand mouvement de transformation de l’Europe base sur un formidable travail des idées au sein du monde intellectuel mais pas que. Irrigue alors campagne et ouvrier.
      Gillet jaunes ne peuvent se prévaloir d’une telle armature idéologique. Puisque absence de vie critique. Vie politique comme théâtre de posture, au sein des partis comme ailleurs. Ainsi du monde universitaire etc. Organisation de pétition en lieu et place de vie critique. Pétition sans concept. Vs manifeste.

      Appréciation au départ demi en teinte des gilets jaunes. D’abord considère comme téléguide par le rn. Vite changer de point de vue après l’écoute de leur prise de position. Pas 1848 mais plus populaire que mai 68 trusté par les maos de la rue d’ULM (dont on sait bien ce qu’ils sont devenues, cf. Serge July) pas question de mettre 68 à la poubelle juste de douter de son caractère réellement populaire. 1848 l’était lui. Les gens de paris. Soutenus par ailleurs de pensées forte innerve par des penseurs tel George Sand. ( en clivage avec Flaubert qui aura bien sut décrire tout cela dans l’éducation sentimentale mais qui sera resté résolument de droite)
      Ne manque pas la base populaire donc mais les idées. Et donc les résultats. Avec du coup le risque finalement confirmé de la récupération par le rn.

      Comment explique ce retard d’idée? Car crise de la pensée. Seul manière d’y remédier éducation populaire. Comme cela fut longtemps entretenue par le pc. Cf. La vie de robert Benucci, qui lui poursuit la tradition. C’est comme cela que l’on constitue un peuple. On lieu de la laisser dégénère en plèbe. Soit ceux qui n’ont rien selon la civitas des romains. Quand le peuple est une force qui se mobilise, qui s’individue et provoque des mouvements historique, des époques. (possiblement de droite cf. gaullisme)

      Encore faut-il compter sur le pouvoir de la pensée.
      C’est ce que fait par ailleurs la chine en attirant tôt plein de scientifique artistes, universitaires etc. Pour augmenter au sens spinozien du terme leur puissance d’exister. Permet d’entretenir mouvement populaire et d’ainsi concevoir de nouvelle manières de voir et les concrétiser.

      A écouter les gilets jaune s(ils mettent tout en ligne) on se rend compte de l’intérêt de leur témoignage. Plus responsable qu’on le croit. Il y eu par exemple des réunions sir l’urgence climatique. Bien loin de la réception médiatique.

      La presse a l’origine presse d’opinion. Ce qu’elle n’aura jamais dut cesser d’être. Mais aujourd’hui media comme autant de part d’audimat comme autant de marché on l’on peut faire commerce de posture, de geste communicationnelle.

      Est-on des lors condamner a un impérialisme capitalistique ? Encore faut-il distinguer entre les empires.
      Empire chinois a 4000 ans. Moment de creux durant les guère de l’opium ou l’occident a visé à détruire cette civilisation . C’est sur cette base en 1903 qui est réapparut l’empire chinois, repris ensuite par le mouvement Communiste. Xi Jinping poursuit le mouvement civilisationnelle vers un us grand empire. Base non plus au tour du communisme mais de l’évaluation constante. Le social crédit (avec tout son lot d’algorithme etc.)

      Pas épargné en occident. Plus discret simplement. mise en œuvre par Facebook qui se substitue à l’état dans sa maitrise es statistique et donc du tecno pouvoir.
      Donc occident aussi inquiétant que ce qui se passe en chine.

      Il faut construire une alternative a tout cela. Avec les gilets jaunes. Contre le social crédit développe par Zuckerberg invite déjà deux fois à l’Élysée. Nous avons en Europe les meilleurs mathématiciens du monde. De bons ingénieur et de bons entrepreneur. De quoi réorganiser une souveraineté. Non pas étatique blanche chrétienne ou quoi qu’est-ce. Mais une souveraineté de la puissance publique. Passera possiblement par l’internation. Non pas la fédération mais la collaboration.

      Un espoir la crise de 2008 a sortie du sommeil de nombreuses personnes. Développe la volonté d’agir. Et plutôt si possible de manière raisonne en mobilisant des concepts, plutôt que des armes, autour de territoire et de population. Via la création de laboratoire de recherche partagé.

      Pas question ici de politique participative façon royal ou de Économie collaborative façon Uber. A rendu tout le monde assez défiant.

      Alors que démocratie ne peut être que contributives. Si elle n’est que formelle alors pas une démocratie du tout. Système de placement des charge de pouvoirs.

      Malheureusement mouvement contributif peine à trouver sa voie universitaire.

      Le risque serait de tomber qu’on dans le survivalisme. Se traduit aux états unis par une augmentation des ventes d’arme et l’élévation de bunker. Pas du tout sympathique.

      Ni déni ni volontarisme imbécile. Faire de la crise un moment de renouvellement des perspective. Si possible partagé pour ne pas instaure des politiques de bouquemissariat et de clivages.

      Pensée critique comme alternative à la pensée inaboutit sui mène aux boucemisariat. Marx ne voulait pas que l’on casse les machines. Mais que l’on invente un modèle vivable les incluant.

      En l’occurrence le penseur de référence c’est Norbert Wiener . Le Marx de la cybernétique. Contre la mise en place de fourmilière fasciste auxquelles nous mènent la computation et l’établissement de boucle de rétroaction(?) . Nécessite une critique. Wiener pas donc un apôtre de la cybernétique contrairement à ce que pense ceux qui se réclame de lui. Critique en particulier de l’établissement d’algorithme comme instrument de pouvoir permettant de se passer de finalité.

      De ce point de vue un certain marxisme a beaucoup fait de mal à la critique. Marxisme matérialiste qui n’a pas pris au sérieux l’informatique. Débouchera sur la chute de l’URSS. Voilà pour la gauche.

      Quant à la droite critique tout aussi nécessaire de leur idéologie du marché libre et non fausse. Principale pulsateur l’arme et ses Millard de dollars. Quant en chine il s’agit de millier de milliard dollars impulsé par l’état.
      Et peut-être seront ils ceux qui nous rachèterons tous quand viendra une nouvelle crise bancaire.

      • je retranscris tout cela pour en parler mieux a mon aise.

        j’ai cru comprendre que le personnage t’agaçais. Trop sur de son action et de l’importance de la vie intellectuelle, coupable en somme de trop croire en lui et a ses idées. Clairement ce n’est pas avec cette intervention que vous allez vous rabibocher.

        il m’était cependant resté dans l’oreille ce constat que tu faisait a propos de nuit debout, soit d’un mouvement qui n’avais pas su assez croire en lui même au sens, disais tu, spinozien du terme; défaut d’engagement et de confiance en sa propre aptitude a changer les chose. *

        M’avais parut très juste a l’époque. Or je dois dire que je retrouve ces qualités la justement chez Stiegler, et j’ai de fait assez de mal a lui reprochais de croire en ce qu’il fait.

        et pour le coup c’est encore une fois assez roboratif ce qu’il raconte il me semble. je parlais d’échos tout a l’heure mais c’est en particulier a la démarche de Juan qu’il semble s’en prendre dans ses passages sur l’extrême gauche. J’apprécie en particulier dans cette intervention le soin qu’il prend a distinguer les différents capitalismes a l’oeuvre. Me semble plus opératif que la simple désignation d’oligarchie qu’utilise Juan.

      • hé bé ,
        je l’avais écouté peu de temps après sa mise en ligne cet entretien et cela m’avait confirmé que je l’appréciais bien ce bernard décidément,
        même son côté grinçant, j’aime bien,

        mais bon , après il est vrai que j’ai un corps qui craque pour les philosophes , c’est ma faiblesse.

      • à propos des empires capitalistes, on m’a conseillé d’écouter ce thinkerview : https://youtu.be/dejeVuL9-7c
        j’ai pas tout pigé mais on y apprend un tas de choses pas jolies jolies sur les américains.

    • Heureusement que le son est bon et que l’essentiel est passé.
      « La pensée critique, si elle veut bien embrasser l’ensemble du champ, doit se situer sur deux plans […] pour sortir de notre impuissance, parce qu’on a du mal à engager un rapport de force favorable »
      c’est dommage qu’après ces remarques justes, les analyses qui viennent après, au vue de la situation, me semblent à moi moins pertinentes, psychologisantes, là où on s’attend à des actes, gestes, des trucs concrets quoi, même petits, qui puissent affecter réellement les corps.

      Sinon, juste pour la forme, l’entretien chez Là-bas est de loin le plus agréable à regarder : lumière, image, du beau boulot.

  8. Bonjour à tous ! J’aurai préférer vous faire partager mon fou rire avec une photo mais je ne vois pas comment la poster ici ! Bref !
    Voici un humoriste de rue bien inspiré qui a déposé cela près de la porte de la Villette à Paris sur le mur d’un abattoir !
    « CASTANICHE
    À SA MÉMÈRE »

  9. Je me plaignais ici du coup de mou cinéphile de ce début d’été ; c’est maintenant réglé puisque Give Me Liberty sort ce jour. Vous pouvez courir le voir, c’est très bien.

  10. Bon, on va voir quoi comme film au ciné ? C’est un peu la dèche en ce moment non ?

    • C’est drôle,c est exactement ce à quoi je pensais juste avant que tu n’écrives.bon t as qu’à aller voir le Besson.AHAHAHAH.

      • suis allé voir Folle nuit russe, c’était très mauvais. Je viens de voir qu’il y a Théorème sur Arte+7, j’en garde un bon souvenir, ça vaudrait peut-être le coup d’un deuxième visionnage. Sinon ya Hana-Bi, vous recommandez ?
        Ptain heureusement qu’ya le streaming, le cinéma c’est plus ce que c’était ahaha

        • Face à la nuit, polar existentiel malaisien, est pas mal du tout.
          J’ai pas encore vu Toy story 4 mais je suis sûr que c’est aussi bien que les 3 précédents.
          J’hésite sinon à voir Her smell d’Alex Ross Perry, apparemment une évocation déguisée de la vie de Courtney Love, mais je crains une performance tapageuse d’Elisabeth Moss dans le rôle titre.
          Mais tu peux toujours attendre un peu, y a Midsommar, le Tarantino et le Desplechin qui arrivent bientôt.

          • moi j’ai vu Toy Story 4 et j’ai aimé (moins que le 3 mais quand même bien aimé)

          • question film en images de synthèses , on parle beaucoup en ce moment autour de moi du roi lion.
            Le principe de se faire de la thune par-dessus une oeuvre déjà construite d’avance agace mon fils le grognon, mais je dois dire qu’en voyant les extraits ça me fait vachement envie.
            A l’époque de sa sortie version dessin-animé il m’avait pas mal envahi l’esprit ce film.
            Surtout que j’étais étudiante en sciences de la vie. Comme de par hasard.

          • attention Charles, je t’ai déjà mis en garde contre une probable déception avec le Desplechin… Toy Story je pensais y aller pendant la fête du cinéma (4€ la place au Pathé) et puis raté.
            Her smell me fait pas du tout envie pour la bonne raison qu’Elisabeth Moss m’insupporte déjà (en même temps, on ne choisis pas d’être une actrice américaine ahaha)
            Le roi lion ça me disait bien sur le principe mais payer pour voir ça, 11,10 € qui plus est… non.

          • ouais , pour le principe je suis d’accord,
            on attendra de le pécho autrement.

          • ( ah mince , je nous relis et je nous ai emmêlé les principes )

            ( mais bon, t’as compris )

          • A propos de « the house.. ».,chef d oeuvre de LVT,et chef d oeuvre en général.Radical d art,par delà le bien et le mal,ce film illustre précisément l’opposition entre la vie et l’art.LVT filme l’enfer comme une œuvre d art,de la même façon qu’il filmait la fin du monde dans Melancholia.L’art prévaut,le sacrifice prévaut.On peut y voir un autoportrait allégorique du réalisateur,le meurtre de sa famille intérieure,le sacrifice de tout.Sublime.

          • @Charles,
            J’ai vu Her Smell. La première heure est oppressante à souhait sur la dérive de cette pseudo-Courtney Love. Plan-séquences, gros plans et très gros plans sur Elisabeth Moss et les autres protagonistes. C’est trash mais ça reste discret dans la prise de came. Le son est très présent, envahissant, sourd, plus que la musique (très peu de morceaux joués). On entre dans le tournis d’une vraie camée. Seconde partie plus en douceur et tout en nuances.
            J’aime beaucoup cette actrice et ce n’est pas tapageur. D’être trendy peut agacer, je l’ai trouvée juste et très touchante dans son rôle de mère.

        • o : perso en ce moment j’irais plutôt voir un film qui s’appelle : Va donc voir le fond de l’océan atlantique si j’y suis,
          mais comme tu parles de films trouvables sur le net, j’ai vu récemment The house that jack built, que j’ai bien aimé hormis quelques moments lourdauds ,
          il y a une scène dedans que j’ai trouvée particulièrement magnifique , dont je ne te raconte pas le secret.
          C’est dans un film comme ça qu’on se dit que le cinéma vaut la peine d’être vécu.

          • J’étais assez déçu d’avoir (volontairement) raté le Lars Von Trier en salles, je l’ai beaucoup aimé, seul, dans ma chambre — mais certains plans méritaient l’écran…J’ai aucune passion pour Lars Von Trier, je pourrais me lever un jour avec tous ses films qui auraient disparu de l’histoire du cinéma (une sorte de Yesterday cinématographique ?) sans que ça me touche (et sans qu’on me finance pour que je refasse ses films), mais il sait me prendre par moments avec passion. Une sorte de fuckboy.

            Le Toy Story 4 est assez insignifiant, inutile…et sympathique…un direct to DVD qui n’a pas le courage du kitsch d’un direct to DVD.

            Assez curieux de voir Midsommar : je sais pas ce qui avait été dit sur Hereditary dans le coin, c’est un film assez vain, qui essaye de faire croire qu’il raconte quelque chose sur ses personnages alors que, non, mais le réalisateur semble doué dans le délire mystique conspirationnel. Dans l’ambiance, en gros. Donc je suis curieux de voir comment son deuxième film sera géré…(Mais j’étais un peu ronchon quand j’ai vu que ça durait 2h23…)

          • moi non plus j’ai pas de passion pour les films de lars von trier,
            mais comme tu dis , par moments dans le film : paf.
            Et c’est plutôt marquant.

          • J’avais vraiment bien aimé le Lars, beaucoup ri, et cette séquence d’auto-citation où il nous repasse des images de ses propres films : très fort. Je me souviens aussi que le montage, d’une manière générale, était particulièrement brillant, mais je ne saurai être plus précis.
            C’est quoi la tienne de scène que t’as trouvée particulièrement magnifaïque ?
            K. comme : « Une sorte de fuckboy. » j’imagine que Lars ne renierait pas un tel titre de noblesse 🙂

          • A propos de Lars, est-ce que quelqu’un connait les films porno produits avec sa boite Puzzy Power ?

          • ah ! j’attendais avec patience que tu me le demandes :
            la scène des faucheurs ,
            ou plutôt : les scènes , puisque nous la vivons par deux fois avec des configurations différentes.

        • Hana-bi, chef d’oeuvre. Tu peux y aller.

          • la scène des faucheurs, c’est avant ou après la scène des grenouilles ? ah oui, c’est à côté de la scène de chasse à l’enfant qui elle-même se tenait entre la scène de nettoyage à grande eau de pluie et la scène de nettoyage sans fin de la cabane de la victime. Ça en fait des scènes !

    • Face à la nuit m’a déçue car je n’ai pas fait le lien entre les 3 moments de la vie du même personnage. L’intrigue est assez attendue (très cliché la 2ème partie et on comprend vite la relation des deux protagonistes dans la 3ème). J’ai décroché par moments. C’est léché comme du Wong kar wai. J’ai bien aimé retrouver le grain du 35mm. J’ai préféré la 3ème partie.

      Folle nuit russe, à part le côté un peu trop trivial russe, il y a des scènes intéressantes dans le burlesque. Elle suggère des choses sur la Tchétchénie, elle ne se mouille pas trop, dommage. Les états d’âme du soldat manquent de développement. C’est aussi un film sur les femmes russes.

      So long, mu boy, film très touchant sur deux familles ouvrières, l’une qui saisit le coche du capitalisme et a tout pour elle, l’autre qui a tout perdu et végète dans son statut initial. Film qui se déroule sur 30, 40 ans, libéralisme, gentrification, politique de l’enfant unique.

      • Comment ça tu n’as pas fait le lien entre les 3 nuits?

        • J’y suis allée vierge de synopsis et de BA. Je ne savais pas que c’étaient trois moments de sa vie. Il s’agissait pour moi d’histoires de trois protagonistes différents. Je n’ai pas vu d’indices me permettant de faire le lien entre ces 3 nuits, (comme j’ai décroché par moments, j’ai peut-être raté ces indications-là). Je ne suis pas catégoriquement fermée sur ce film. Je le reverrai sans doute.

      • j’ai vu le burlesque dans Folle nuit mais franchement j’ai trouvé ça nul :/ je pense que c’est très dû au jeu des actrices. La scène en bas de l’escalier à soulever l’ivrogne, c’est long, on ne voit rien, les actrices parlent comme si on était dans un club d’impro.
        Le gars qui bouffe son chou et s’en fout de partout tout en baragouinant un truc sur la fermeture de son usine et la démocratie : pas du tout drôle. Dans ces deux exemples j’imagine que les scènes auraient été plus drôles sans dialogue.
        J’ai quand même apprécié qu’il y ait beaucoup de personnages (d’ailleurs j’ai bien aimé la ptite jeune qui part en Allemagne) et que le film soit court. M’enfin ça fait quand même pas grand chose.
        So long : très envie de le voir, puis plus du tout, puis maintenant que tu en fait l’éloge à nouveau…

        Et j’oubliais : j’ai vu La femme de mon frère que j’ai trouvé assez bien. Qui d’autre ?

        • Je suis d’accord avec la scène de l’escalier qui est totalement inutile.
          La scène à table est celle que j’ai préféré mais tout cela reste bien superficiel. Elle tient un truc mais ne le développe pas. Ça manque d’équilibre entre le sujet sur la démocratie/fermeture d’usine et le burlesque de la scène. On est aussi chez les russes et ça virevolte comme ça souvent.

          C’est pas mal La femme de mon frère. J’aurais aimé plus de sous-titres, je comprends pas trop bien l’accent maringouin et ça m’a demandé de me concentrer doublement.

        • @o : oui tu m’as déjà mis en garde pour le Desplechin mais je veux quand même y croire, la bande-annonce me fait très envie en plus.
          J’ai aussi vu la femme de mon frère, j’ai plutôt aimé même si je trouve ça limité et trop long (on sent que Chokri rame après l’acmé de la crise familiale). Le film vaut surtout pour ses dialogues et ses deux comédiens principaux.

          • j’avoue qu’elle rame pas mal, notamment dans la dernière scène hihih

  11. dis moi

    bonjour,
    après avoir lu ton livre avec beaucoup d’intêret, j’aurai plein de questions mais je me limiterai a deux.
    d’abord, ne penses tu pas que la bourgeoisie est bête parce qu’elle a peur?
    Elle a peur parce qu’elle possède un pouvoir (patrimoniale) dont elle a sourdement conscience qu’une grande part d’elle même n’est pas digne.

    enfin, en deux. qu’elle différence fais tu entres les masses (laborieuses) et le peuple? … ou pas
    je me demandes si a force de consommer et de croire que nous possédons, nous n’avons pas perdu, en tans que peuple conscience de nous même, de notre structuration, pour n’être plus qu’une masse (co-notation synonyme d’absence de structure)
    merci

    • Il en parle tout le temps de ça,de la peur,le Begaudeau !!

      • Dis moi François,as tu vu le reportage sur Arte, »les bonnes conditions »?

        • Perte de notion Pascale, tu bois deux bouchons de whisky bas de gamme.

          • A Schnoups.est ce que tu peux préciser?je ne comprends pas le sens de ta réponse.

          • On en a parlé y’a deux semaines à peu près. En résumé : 15 ans de suivi – ressenti 2 mois.

          • Oh la la,merci.j’ai raté cette discussion,je vais la chercher!

          • @ Pascale – Si tu es abonnée à Médiapart, tu pourras compléter avec ce coup de gueule de Faïza Zerouala, journaliste spé éducation à Mediapart
            https://blogs.mediapart.fr/faiza-zerouala/blog/240719/je-suis-un-accident-sociologique-mais-pas-votre-alibi

          • mais dis moi cat , est-ce qu’elle ne commencerait pas un petit peu à nous péter les couilles la ( soi-disant ) mauvaise conscience des prolos qui s’embourgeoisent ?

          • faut pas qu’ils me la racontent , à moi, ces traîtres.

          • A Cat:merci

          • alors du coup j’ai regardé le documentaire sur les jeunes de saint-denis et je dois dire qu’il ne m’apprend rien , comme dirait daniel.

            Enfin si : je viens de comprendre ce que signifie une descente.

          • et pour le détail technique : la maman d’amin en contre-jour n’était pas utile.

          • et si le jeu est de comparer les deux documentaires , pour moi celui sur les jeunes bourgeois ( vu il y a déjà longtemps ) avait été beaucoup plus riche en informations, beaucoup plus instructif.
            Il m’avait fait une drôle d’impression de gamins qui n’étaient pas toujours conscients du tapis de richesse sur lequel ils étaient confortablement posés. Une sorte de posture un peu surréaliste je dirais, pour ne pas dire délirante.
            Me reviens notamment en tête la chanteuse, celle qui s’amourache d’un type qui joue de la musique dans le métro, qui fait un enfant avec, qui prend le risque d’une vie précaire parce qu’elle peut continuer à vivre au dépend de ses parents.
            C’est à dire qu’en fait c’était pas risqué.

          • Je viens de voir le reportage »les bonnes conditions »j ai ressenti,comme Anne Laure,un truc irrel,très bizarre.Ça me fait un truc très bizarre.Irréalité,et tristesse. Y a vraiment un truc très triste,je ne sais pas expliquer quoi.

          • aaaah c’est donc que tu ne l’avais point vu pascale ,
            je suis contente que tu l’ais fait, je ne suis pas pour dénigrer ce documentaire, comme je le suggérais, qui pour moi était bien enrichissant,
            et assez bien fabriqué,
            j’aimais bien qu’on ne voit que très peu le contexte ( les parents, les maisons, la ville… ), et la variété de situations et de personnalités était bien mesurée, je trouvais,
            moi juste des gens qui se racontent ça me suffit et c’est déjà immense.
            Comme tu dis il y a quelque chose de triste dans ces bonnes conditions, je suis d’accord.
            Je me souviens par exemple de la petite qui tombe malade de sa maladie étrange et handicapante, qui déprime , normal quoi.
            Et puis, elle se rend compte qu’elle va toucher des salaires pas croyables grâce à sa situation professionnelle et tout à coup : elle a la banane.
            J’en étais restée un peu perplexe.

          • A Anne-Laure.Ce qui me frappe aussi,c est le mimétisme absolu avec la famille.En fait,ils sont tous pareils et ils n’ont pas une once de créativité ou de liberté.

          • si si , il y a une rebelle : celle qui choisit de faire une école de commerce ( ou communication ? ) alors que dans sa famille on fait traditionnellement du droit.
            Je le dis sans ironie.
            Pour elle c’était de l’émancipation.

          • A Anne Laure.je ne crois que ce soit de la rébellion.Le but de la vie pour les bourgeois est l’accumulation des richesses.Elle ne s’écarte pas de ce chemin .

          • ah ? tu crois que la motivation de la nana dont je te parle est de gagner encore plus d’argent que ses parents avocats ?
            Comprends pas trop l’idée.

            Comme je repensais brièvement à ces deux documentaires sus-cités, je reste surtout sur ce dont je crois nous avions parlé déjà ici, de la question de la dette.
            Nous pouvons remarquer que chez les enfants de prolos on trouve parfois un sentiment de dette envers leurs parents qui se sont sacrifiés pour eux ( pour la réussite scolaire ),
            alors que chez les enfants de bourgeois on dirait qu’ils ne ressentent pas du tout la dette pour la plupart je dirais,
            voire , sont caps de se foutre en colère contre un parent s’il ne subvient pas suffisamment à ses besoins ( cf le jeune con qui déteste son père dans le docu des bonnes conditions ).
            Bref, je me disais que ce serait un point intéressant à travailler, faudrait faire une enquête psychosociologique.

  12. Je suis allée voir 90’s ! Beaucoup aimé le film , les personnages , la musique , la scène de la fête , la relation grand/petit frère , la « technique » pour se faire accepter dans un groupe . Bon dosage il me semble de cruauté , tendresse , nostalgie . Pas vu les bug dont tu parlais Schnoups .
    Je me demande quel sens donnez vous aux scènes de mutilation ? Surtout à celle qui arrive après le vol du fric ? Au début du film j’ai pensé à une auto punition puis avec cet histoire de fric , j’y ai vu une stratégie pour accuser le grand frère , le signe d’un apprentissage à se défendre … Qu’en pensez vous ?
    Et toi François , finalement as tu écrit quelque chose sur ce film que j’aurai loupé ? Et si non , peux tu en dire quelque chose ? Merci

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