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58 648 Commentaires

  1. Dis moi François, selon toi populisme est un mot vidé de son sens, moi j’ai du mal avec « bourgeoisie » peux tu m’en donner une définition, est ce en rapport avec son niveau de vie, son mode de vie, son éducation, est ce héréditaire?
    Peut on avoir été chroniqueur chez Begbeder (est ce un bourgeois?) sur Canal +, chroniqueur au monde, au cahier du cinema, avoir foulé le tapis rouge et accepté une palme et ne pas en être un?
    Bref je suis perdu, merci pour ton aide, tu sembles être un spécialiste, puisque c’est le sujet de ton dernier livre.

    • @lars: la questionne m’est pas posée mais Lars,FB l’explique largement dans son dernier livre et en parle dans denombreuses vidéos..suite à sa « participation »à l’émission c’est à vous il en parle aussi clairement dans une interview…oui,il se considère comme bourgeois.il a ,entre autres qualité s celle de la clarté et de l’honnêteté.donc,oui.il est un bourgeois.Cependant,ses choix de vie concernant la société de consommation le préservent de certaines choses.Pardon à FB s’il a le sentiment que je n’aurais pas dû parler pour lui,mais de cela je suis sûre!!

    • Je m’étonne que tant de curiosité bienveillante à mon endroit ne t’ait pas déjà précipité sur le livre en question.
      Si tes questions sont bien des questions, tu en trouveras donc les réponses exhaustives dans Histoire de ta bêtise, Pauvert, 18 euros. Tu me pardonneras de ne pas copier ici les 224 pages.

      Je m’arrête juste ici sur la comique notion « d’accepter une palme ». Il a du t’échapper que ce film a été réalisé par Laurent Cantet, et qu’à ce titre c’est à lui et à ses producteurs que revenait la palme. Mais tu as raison : j’aurais du refuser quelque chose qui ne m’était pas destiné. Comme j’aurais du refuser de recevoir la Coupe du Monde 2018
      Aux prochaines Miss France, c’est promis, j’y songe.

      • Sacré François pour la palme regarde à nouveau une vidéo du parisien où tu disais « on a reçu la palme » et où tu avais du mal à caché ta joie, de petit bourgeois qui vient de recevoir son sucre. (https://actu.orange.fr/societe/videos/cannes-reaction-de-francois-begaudeau-apres-la-palme-VID00000017AWC.html).
        Plus bourgeois, plus mercantile, plus égocentrique que le festival de Cannes je vois pas.
        En parlant de mercantile sache que moi aussi je milite contre la société de consommation et donc je lirai ton livre, puisqu’il contient toutes les réponses, mais je ne l’achèterai pas, en plus la déforestation … et qui est assez con pour dépenser 18 euros dans un truc que tu peux avoir gratuit, les bourgeois et leurs bibliothèques?

        • @lars: ah bah , si on se met à exhumer les archives maintenant, voici pour vous.

          • @lars: Donc on avance. Si sacré François est un bourgeois, c’est bien que « bourgeois » n’est pas un mot vide. C’est un concept qui existe et qui désigne au moins sacré François.
            Tu verras dans Histoire de ta bêtise, le bourgeois est analysé, observé avec une attention qui confine à l’amour, ce qui le constitue, son mode de vie, son mode de non-pensée. Dans ce bouquin, Saint François analyse aussi d’où il écrit, sa propre condition, son patrimoine. Tu pourras donc juger par toi-même s’il est bourgeois ou pas. Tu noteras au passage qu’un écrivain a forcément un statut social, et c’est pas ça qui valide ou disqualifie ses livres.

        • @lars: et il avait mis un nœud-papillon, c’était gentil quand même , c’était respectueux.

          • @elo: oui, merci. T’sais qu’il n’est pas rare que me reviennent en tête des scènes de film de bruno, c’est bizarre hein ? j’imagine qu’il est raccord avec mon ambiance interne.
            Moi j’avais bien aimé qu’il utilise des acteurs-acteurs dans ma loute, pour ce qu’il en faisait comme tu dis c’était bien, il les avait bien dégradés.
            La réception de ce film pourrait être gâchée si l’on avait de l’admiration pour ces acteurs formidââaable, ils auraient pris, comme d’hab , trop de place.
            Comme ce n’est pas le cas ça nous laisse la chance d’être de bons récepteurs des films de bruno.
            Et oui je suis d’accord qu’il devait tenter autre chose. C’est important que les cinéastes ( les artistes en général ), changent leurs formes habituelles.
            C’est ce qu’a fait yorgos lanthimos par exemple avec la Favorite, qui ne ressemble pas à ses films précédents. C’est appréciable.
            On va dire que c’est la prise de risque de ne plus être aimé.

          • @elo: et allez , évidement comme c’est bien sûr , comme je suis prévisible.

          • @elo: la prise de risque de ne plus être aimé, ou la prise de risque de devenir médiocre.
            Je ne sais pas si c’est la même chose, je crois que c’est sensiblement différent.

          • @elo: j’ai une petite anecdote du lundi matin à propos du p’tit quinquin,
            j’avais un collègue avec qui je m’entendais bien , avec qui on parlait films soins et politique , qui m’avait conseillé kes de ken loach par exemple,
            et je lui avais prêté le dvd du p’tit quiquin ,
            bon ben j’ai jamais su ce qu’il en avait pensé parce qu’il s’est pendu.
            C’est con.

          • @elo: ben non. Non mais t’as vu le manque de loyauté du mec quand même ?
            c’est fou ça

        • J’avais bien senti un peu de bavouille dans ton premier post.
          Ok Lars, tu as gagné : j’ai accepté cette Palme avec fierté et joie et bourgeoisie et gout des paillettes. Je suis un bourgeois épris de prix et de reconnaissance. Ne te fatigue pas à lire le livre, perfide donc, d’un connard comme moi.
          ET merci pour ton passage.

        • @lars: Pauvre Lars, ça vous rend hargneux de ne pas avoir reçu de Palme…
          Et pour vous ce petit film, « On vous parle de Paris, portrait de Maspero par Chris Marker »
          et en particulier de 16’20 à la fin…sur les mots récupération et contradiction.

  2. Bonjour, je suis mayennais et c’est avec grand plaisir que j’ai appris que vous reveniez tourner un film chez nous en avril. Voilà ! Une question quand même (pour le fun) est-ce que comme avec n’importe qui, nous aurons droit à des parties fictions ? J’avais beaucoup apprécié les deux passages avec le cavalier et le ministre ! J’ai eu la chance de croiser et d’échanger avec le jeune qui jouait ce dernier, très brillant au demeurant ! Il vous ressemble un peu d’ailleurs, provoquant (le jour où je l’ai croisé il s’est fait viré d’une conférence pour avoir insulté le patron de la FNSEA locale !!!!) mais bienveillant et sympathique !

    • Bonjour Bastin
      Aujourd’hui se termine une grosse semaine de repérage, en vue du mois de tournage en avril (si la thune tombe du ciel, ou de la région Pays de Loire)
      Je te rassure, y’aura de la fiction, chez moi c’est un TOC. Il se peut meme que tu retrouve dans ce film quelques têtes que tu as l’air de bien aimer.

      Alexis est un garçon exceptionnel. Fils de paysan mayennais suicidé, donc faut pas le trop le faire chier avec l’agriculture intensive. Il est déterminé, courageux, talentueux et drole.

  3. Concernant la discussion sur le sens de la bêtise….j’ai envie de reprendre cette magnifique définition de Zemmour de l’intelligence :arrêter de jouer la comédie et être lucide et c’est ce me semble ce dont parle François B

  4. En tout cas, il ne faudra pas compter sur Le Monde pour nous offrir une critique informée et éclairée sur Histoire de ta bêtise.
    Deux reproches y sont fait à l’auteur du livre : sa haine et son objet, un prétendu « portrait-robot » du bourgeois fait « de bric et de broc »;
    On cherche en vain dans la critique de Florent Georgesco à quel moment précis du récit, à propos de quelle situation évoquée dans Histoire de ta bêtise, l’auteur ne verrait pas juste dans ce qu’il décrit. Où est donc le bric ? De quoi est fait le broc ? On n’en saura rien.

    Pire on nous explique qu’il suffirait « qu’un électeur d’Emmanuel Macron se présente, pour signaler que, comme des millions d’autres, il est amateur d’entrecôte et héritier de rien » pour que dans le livre « tout s’effondre ». L’idiot ânonnant autrefois que Bourdieu racontait n’importe quoi sur la reproduction scolaire puisque le cousin de sa belle-soeur, né fils d’ouvrier, était devenu cadre chez Sanofi, prof de fac ou chirurgien, a trouvé son petit frère.
    « Que quelqu’un, simplement, prenne la parole, et le ­livre est balayé, qui n’est rien d’autre qu’un dispositif d’empêchement du dialogue, où la bêtise du titre représente un vœu pieux », écrit Georgesco, mais de sa bouche on l’attendra en vain cette parole, cette entame de dialogue sur ce qui serait faux dans le bouquin, à quel moment, et sur quoi.

    Dans Histoire de ta bêtise, « l’ennemi doit être bête, et se taire » parce que l’auteur refuse le dialogue et préfère qu’il en soit ainsi, nous dit Le Monde. Force est de constater une chose depuis la sortie du livre : l’ennemi – qu’une lecture attentive de l’ouvrage ne réduirait d’ailleurs pas à ce qualificatif – est effectivement bête, bête comme Serge et ses Bigoudis Bigouden, comme Oriane et ses pauvres mensonges à elle-même sur un Transfuge oecuménique et so cool, comme Vincent et sa petite vanité blessée.
    S’il fait beaucoup de bruit avec la bouche pour dire tout le mal qu’il pense des manières de l’auteur cet ennemi, s’agissant du contenu même du livre, c’est un grand silence que j’entends chez lui. Le grand silence de sa pensée.

    Ces gens sont fatigants et on se dit tant pis pour eux.

    Tant pis pour eux qui ne savent pas lire François tandis que nous on reprendra « Nous sommes plus grands que notre temps » pour pleurer sur Xavier, sur Louise et sur tous les morts des livres. Et ce sera vachement bien.
    « Par les morts des livres m’arrivent des questions d’un autre âge. Des questions sans âge qui ont plus d’avenir que tous vos projets. Par les morts Dieu me visite. Et la pitance des bergers. Et les harponneurs des baleiniers. Et les alchimistes. Et l’amour fou. Notre temps ignore tout de ces visites. Il ne peut pas me soupçonner, il ne peut pas se douter, qu’il y a une trappe sous le tapis de ma chambre, qu’en coulissant la bibliothèque ouvre sur des couloirs sans fond. Il saurait dire la largeur de ma chambre et sa longueur, il saurait prendre les mesures et y accoler un prix à ma petite mesure. Il ignore que chaque page m’évade dans d’autres dimensions ».
    p:67

    • @Juliette B: joli cet extrait à la fin !

    • Je ne suis pas abonnée au monde mais je suis contente pour François qu’un nouvel article valide son essai. Il aura été bien bien validé.
      Pour « Nous sommes plus grands que notre temps », je trouve ce titre très beau, et l’extrait que t’as choisi aussi, solennel mais beau. On va lire ça.
      (Et merci d’avoir raconté l’expérience de ton fils. Si à un moment t’as envie d’en dire plus, tous ces jours qu’il a rien que pour lui, sur la zad ou ailleurs, ça m’intéresse.)

    • Merci Juliette. « Nous sommes plus grands… » est un complément intéressant à la Betise, je crois.
      « Ennemi » n’est effectivement jamais dans le livre. Pas plus que la haine. Il faudrait précisément comprendre pourquoi la bourgeoisie tient absolument à trouver de la haine dans les interpellations critiques qu’on lui adresse. Pourquoi elle tient absolument à être haïe. Pourquoi elle se sent si haïssable. Pourquoi elle fait l’aveu, voyant de la haine partout, de la haine qu’au fond elle se porte. Il se peut que j’aie répondu à la question en la posant.

      • Tu es sûr que la bourgeoisie parle de haine parce qu’elle se hait ?
        Je crois que les bourgeois parlent de haine pour décrédibiliser les arguments d’Histoire de ta Bêtise avant même d’y avoir réfléchi (confirmant ainsi leur bêtise, c’est paradoxal), tout comme ils décrédibilisent la FI en les disant haineux (lezextrêmes, les populismes), tout comme ils parlent de la violence/haine/homophobie/antisémitisme des gilets jaunes pour ne pas avoir à considérer sérieusement leurs revendications sociales.
        La bourgeoisie parle de critiques haineuses parce que ça l’arrange stratégiquement. Cet argument de la haine est cohérent avec leur volonté de conservation, de se présenter comme les seuls modérés, les seuls raisonnables, réalistes, les bons gestionnaires, les politiques qui marchent, au-delà des clivages, au-delà de l’idéologie, au-delà des conflits, au-delà du débat démocratique en fait.
        Donc l’argument psychologique (la bourgeoisie voit de la haine parce qu’elle se hait elle-même) me parait masquer l’argument principal qui est stratégique, sa conservation.

        Mais est-ce qu’incidemment ce serait pas juste quand même, que la bourgeoisie se hait ?
        Et là, je sais pas. vous avez des exemples ? Les bourgeois ont plutôt l’air de se kiffer, transformant ce qui les constitue, ce qui les arrange, en valeur morale et esthétique. Il y a le passage de ta Bêtise où les bourgeoises se voient dans la beauté des longs cheveux de la petite fille. La satisfaction de se réunir entre belles personnes. La bourgeoisie a l’air de s’aimer et de ne pas comprendre qu’on ne l’aime pas. Encore une fois, elle comprend pas.

        • @Billy:
          Je pense comme toi que ces gens jugent malin d’envoyer l’anathème « haineux », dont ils pensent qu’il décrédibilisera le livre. Ce qui – notons-le au passage – n’enlève rien à leur sincérité: ils se sentent certainement sincères quand ils disent cela, quand ils disent que le livre est haineux, puisque chez eux sincérité = morale = pensée = morale = tissu-même de leur esprit. (Comme analysé dans le livre et les analysés n’ont sans doute pas été très édifiés par l’analyse – genre on a lu le livre mais en fait on l’a pas lu).

          Pour ce qui est de la haine de soi, je suis comme toi aussi: je ne sais pas trop. Mais je sais que l’on peut à la fois s’aimer et se désaimer. Peut-être qu’ils s’aiment le lundi et se détestent le vendredi?

          Contrairement à Edouardo, qui aime tous les jours:
          https://www.youtube.com/watch?v=8qk5kj_jq48

          • oui, l’argument de la haine de l’auteur à leur égard leur permet de transformer en rancœur individuelle la critique argumentée d’un système.
            En niant cette critique systémique, en faisant comme si elle n’existait pas dans Histoire de ta bêtise qu’ils tente de réduire à un règlement de comptes de la part d’un mauvais coucheur, ils tentent d’échapper à l’examen froid qui aboutirait en toute logique à la remise en cause de leurs privilèges, que rien ne justifie.

            Par haine de soi on pourrait alors peut-être plutôt entendre mauvaise conscience, car c’est ça qui rend fous certains d’entre eux, qui les empêche de regarder avec un froid mépris, qui serait silencieux lui, les gilets jaunes s’agiter ou notre hôte expliciter avec des exemples précis leur tragique empêchement à penser.
            Là ils s’agitent sur leurs chaises, gesticulent, poussent des grands cris, licencient ou censurent parce qu’ils ont peur de voir leur belle image troublée. Ca gâche leur plaisir ce remue-ménages, le grand plaisir auto-érotique de s’imaginer beaux et enviés plutôt que terriblement médiocres à force de pensée bridée, détestés ou moqués. Vus pour ce qu’ils sont. Pas enviables du tout.

          • Je n’avais pas lu ton post au moment de répondre à Billy.

          • merci pour Edouardo
            je le passe tous les jours à ma femme, qui elle me répond en me passant https://www.youtube.com/watch?v=TI0xm6Mhpqc
            « ce soir j’ai envie de déposer mon tablier » ; voilà comment parle une femme vraiment aimante

          • @Jeanne et françois: ah bah si on est parti pour un trip sur les plus belles chansons d’amour , allez zou : spéciale dédicace à vincent

          • Michèle Torr et son tablier. Magnifique.
            Joe Dassin aussi Anne-Laure, merci beaucoup.
            En terme de musique le niveau monte, sur ce site.

            A part ça Monsieur Webmaster j’ai envoyé plusieurs fois, ces jours derniers, des posts qui ne ne sont jamais affichés sur le site. Je vous ai envoyé un mail à ce sujet…

          • Moi j’aime bien garder mon tablier.
            Je l’ai mis une fois pour faire marrer Charles et depuis, disons qu’on ne renonce pas au romantisme.

          • @Jeanne: attends je te fais encore monter d’un niveau, parce que j’y étais encore, j’en sors pas. Je crois pas q’on pouisse faire mieux.

          • @Jeanne: qu’on , pouisse. J’avais zappé le U.

          • Je te confirme que je n’ai pas réussi à écouter la chanson de Jeane Manson jusqu’au bout. (En même temps je n’ai pas essayé).
            Allez, un peu de Jethro Tull:
            https://www.youtube.com/watch?v=BV-ASc0qkrM
            Je ne pense pas que Jeane Manson réussirait à l’écouter jusqu’au bout.
            Mais toi si, Anne-Laure. (Et moi j’adore).

          • @Jeanne: moi c’est celle de françois que j’ai pas écoutée en entier tant je la trouvais insupportable,
            alors que ma chanson tu verrais comme elle est parfaite , niveau voix niveau orchestre ( le détail des percussions et de la flutille ) , niveau psychologie amoureuse,
            un chef d’oeuvre,

            je ne connaissais pas cet écossais, merci.

        • Ce que tu dis en fin de post, je l’ai dit à Sud radio, quand le mec en face me parlait de haine de soi du bourgeois. Donc nous sommes d’accord. La bourgeoisie s’adore, se kiffe, se love dans sa beauté, et produit les plus belles démonstrations d’auto-érotisme de groupe. Mais tout phénomène viscéral appelle parfois un petit coup de spéléo dans les zones plus obscures : l’étonnante répétitivité de ce mot de haine accolé à mon livre et à tant d’autres discours critiques engage à aller plus loin, ou plus bas, que la seule défense tactique. La haine du soi du bourgeois est enfouie sous dix couches d’auto-satisfaction, mais elle est là. Elle est la version hystérique d’une atavique mauvaise conscience, elle-même corollaire de la conscience, lointaine, obscure à elle-même, d’être assis sur une primitive escroquerie, une extorsion, une expropriation, une usurpation (j’en parle un peu dans le livre, autour du « sentiment d’imposture » que confessent tant d’artistes bourgeois)

          • @François & Juliette: Oui vous avez raison tous les deux. On peut probablement observer les effets du statut de dominant sur le corps bourgeois : la folie selon « les forcenés » un texte moyen de Lordon, selon La Favorite de Lanthimos, ou la haine de soi, la mauvaise conscience, le sentiment d’imposture. Je vous le dis là, mais je ne le dirai pas en terrain droitier (à peu près partout), ce serait contre-productif. Je ne veux pas que l’argument psychologique (voire psychiatrique) masque l’argument principal qui est stratégique. Si la bourgeoisie voit de la haine partout, c’est pour se conserver, se maintenir en dehors de la critique, en dehors du débat démocratique.

      • @François Bégaudeauet @ Juliette : C’est beau cet extrait. En retour, comme tu m’as mise sur la piste de Serge Pey, et que ce poème m’invite à penser à « Histoire de ta bêtise », à sa réception, à ceux qui se croient haïs, et à leurs mensonges, voilà « La tartine et le poème » :

        « Quand je parle de tes poèmes
        à un imbécile
        c’est comme si je pissais
        face au vent
        en voulant que le vent change de direction

        Les imbéciles
        sont vraiment nombreux
        sur terre
        sûrement plus nombreux
        que les poèmes
        que tu écris

        Un imbécile ne porte pas de montre
        mais décide de l’heure
        quand on parle de toi

        Un imbécile peut diviser par zéro
        ton espérance

        Un imbécile peut faire
        pleurer les oignons
        quand il parle de son suicide
        en affirmant qu’on l’assassine

        Un imbécile
        feint d’ignorer la vérité en truquant
        une photo de la poésie

        Pour un imbécile
        mille exemples ne servent à rien
        et un seul mensonge
        prouve tout

        Un imbécile peut dire
        qu’un monstre recrute des milliers d’anges
        dans son armée

        Un imbécile peut déclarer
        que ce texte n’est pas un poème

        Quand la tartine
        d’un poète tombe
        l’imbécile croit que la confiture
        change de côté quelque part
        dans un autre poème
        ou dans le monde

        Quand le monde tombe
        l’imbécile ne le sait pas »

        dans « Venger les mots ».

        (et pardon pour le doublon)

    • @Juliette B: C’est beau cet extrait. En retour, comme tu m’as mise sur la piste de Serge Pey, et que ce poème m’invite à penser à « Histoire de ta bêtise », à sa réception, à ceux qui se croient haïs, et à leurs mensonges, voilà « La tartine et le poème » :

      « Quand je parle de tes poèmes
      à un imbécile
      c’est comme si je pissais
      face au vent
      en voulant que le vent change de direction

      Les imbéciles
      sont vraiment nombreux
      sur terre
      sûrement plus nombreux
      que les poèmes
      que tu écris

      Un imbécile ne porte pas de montre
      mais décide de l’heure
      quand on parle de toi

      Un imbécile peut diviser par zéro
      ton espérance

      Un imbécile peut faire
      pleurer les oignons
      quand il parle de son suicide
      en affirmant qu’on l’assassine

      Un imbécile
      feint d’ignorer la vérité en truquant
      une photo de la poésie

      Pour un imbécile
      mille exemples ne servent à rien
      et un seul mensonge
      prouve tout

      Un imbécile peut dire
      qu’un monstre recrute des milliers d’anges
      dans son armée

      Un imbécile peut déclarer
      que ce texte n’est pas un poème

      Quand la tartine
      d’un poète tombe
      l’imbécile croit que la confiture
      change de côté quelque part
      dans un autre poème
      ou dans le monde

      Quand le monde tombe
      l’imbécile ne le sait pas  »

      dans « Venger les mots ».

    • @Juliette B: je suis d’accord et justement,quand FB écrit »tu gerais mieux de te taire »j’ai éclaté de rire,car vraiment,je me dis si souvent ça..quant au fameux argument de « haine »c’est le truc à la mode…ils feraient mieux de se taire!!!!!

  5. Ca y est ! Le Monde.fr a fait son petit article sur « Histoire de ta bêtise ». N’étant pas abonnée, je n’ai lu que les quelques premières lignes qui ne cassent pas 3 pattes à un canard comme dirait ma grand mère…La thèse défendue : ce bourgeois n’existe pas il est une créature inventée.. par son créateur, un « adversaire fantôme », « un interlocuteur de bric et de broc », « un portrait robot ». Mais un portrait robot, ça tend quand même à ressembler à la personne qu’on souhaite identifier non ? A s’en approcher ? Et si cette personne a une barbe de trois jours, autant que le portrait robot intègre cette donnée.
    Ce qui me questionne c’est la parution tardive de ce genre d’articles ?
    Hypothèse 1/ : On attend que Transfuge règle ses comptes et on y va
    Hypothèse 2/ : On attend de voir si le livre se vend et on y va
    Hypothèse 3/ : Hypothèse 1+ Hypothèse 2 : Transfuge a réglé ses comptes, le livre se vend, donc je fais un article et je vends mon journal.

    • Petites infos pour notre cellule d’enquête collective :
      -Le livre est envoyé à la presse en décembre.
      -Début janvier, Georgesco, auteur de ce texte, dit à l’attachée de presse au téléphone que ce livre est « très crispant mais passionnant ». (ce sont les termes exacts, elle me les a transmis par mail). Il dit vouloir écrire une critique, mais ne promet rien, sachant bien que FB (bibi) n’est pas en odeur de sainteté au Monde
      -Le livre sort, la bourgeoisie sort ses flash-ball.
      -L’attachée de presse relance Georgesco : silence radio.
      -Un mois plus tard : ce texte.
      Que s’est il passé entre janvier et mars? Notre cellule d’enquête a désormais tous les éléments pour le comprendre.

  6. Billet intitulé « A ceux qui n’ont pas compris » dans Transfuge.
    Trop aimable. Comme le gouvernement, ils sont dans la pédagogie.

    https://www.transfuge.fr/billet-litterature-begaudeau-versus-transfuge-a-ceux-qui-n-ont-pas-compris,358.html?fbclid=IwAR3BhKMcrLiyw27eq7Os7-Oxx_hVgEG9aoy_yX9RbeWUhzrE_DVoi-l2hSE

    • @mathieu: je le trouve touchant ce texte, je serais presque attristée par cette rupture.
      A la fin me revient une question qui m’avait déjà traversée : mais comment cela se fait-ce qu’ils n’aient pas senti venir la gifle ?
      mystère mystère et je reprends mon visionnage d’arrêt sur image avec françois ruffin, j’aime bien laélia la linguiste, je l’avais déjà repérée dans une émission précédente.

    • @mathieu: Oriane a quand même effacé « le Vivre-ensemble » qu’elle a dû être tentée d’écrire avant le point final, pour ça elle garde ma sympathie. Sinon c’est sidérant qu’ils se sentent à ce point visés aujourd’hui après l’avoir tant côtoyé.

    • Je vais cesser de lire Transfuge malgré cette nouvelle rubrique prometteuse « la lettre à François », qui documente chaque mois la mauvaise conscience bourgeoise. Le style de Kaganski était bien crade mais j’aime aussi la bêtise douce et policée d’Oriane en 3 points :
      1 Ne pas parler du contenu du livre, si ce n’est de sa prétendue violence
      2 Reprendre l’argument ni droite ni gauche, déjà utilisé par un candidat à la présidentielle. Je sais plus qui. Il unissait la bourgeoisie de droite et celle dite de gauche, il était logique.
      3 mon préféré : Virer quelqu’un pour son essai politique au nom de la pluralité des opinions.

      Et je repense à Pierre-Emmanuel Barré, censuré de France Inter quand il a voulu faire une chronique sur l’abstention au 2nd tour 2017. Ah Pierre-Emmanuel.

      • @Billy: on peut aussi ajouter qu’elle n’a pas l’air de se rendre compte que son magazine est lu à 99,999999999999 % par des bourgeois , dont 97,777777777% de parisiens.
        Comme le monde est petit pour Oriane, c’est pour cela aussi que je la trouve touchante. Elle est minuscule.

        • @anne-laure:
          Cet article me laisse perplexe sur sa logique…
          Tant de gesticulations verbales pour si peu d´argumentation.

          1-Transfuge est un super magazine
          2-Francois est un super critique et romancier.
          3-Je n´aime pas ces essais et me sens visee par son dernier bouquin
          4-Conclusion : je le vire.

          Et finalement quand les faits ne suffisent pas a justifier mon opinion, je vais chercher dans l´hypothetique, le conditionel. Et si il avait ecrit ce livre pour etre vire? (il l´aurait bien cherche…).

          Bref comme disait un ancien president, ca fait pschitt… et donne vraiment envie de lire le livre de Francois.

          • @Alex: ah ? tu fais donc parti des 2,222222223 % qui ne sont pas parisiens,

            oui j’aime bien ton analyse psychologique de femme toute acculée dans son petit coin.

            J’ai dit acculée hein, arrête d’entendre des mots que je n’ai pas prononcés.

          • Et en même temps je n’exclus pas qu’un désir inconscient de rupture irradie ce livre. Ca a le mérite d’etre une hypothèse -même si bien sûr elle relève plus directement d’une vieille stratégie d’employeur que la Catherine Tendron d’En guerre résume avec son impayable douce violence : quand je vire un employé souvent en retard, je ne fais que réaliser le désir de licenciement sous-jacent à ses retards.

          • @Alex: comme tu disais que tu commençais à t’intéresser à juan branco, qui est un peu espagnol,
            tu en auras pour presque trois heures,
            à rouen qui est la ville de l’hôpital psychiatrique du rouvray.

        • @anne-laure:

          Merci pour le lien vers la video, j´en suis a un peu plus de la moitie.
          Globalement en phase avec ce que j´ai entendu :
          – Macron vendu comme une creme anti rides, on force sur le marketing et la pub pour vendre une simple emulsion eau+huile.
          – Illustration du stade ultime du systeme de fonctionnement en reseau, deja bien installe a un moindre niveau dans beaucoup d´ecoles et au sein des grandes boites mais mis en oeuvre avec un peu moins de maestria qu´au sommet du pouvoir…. Quoique…

          Tiens je suis tombee ce matin sur cet article de G Noiriel sur le mepris de classe… Pour info si tu as envie de le lire :
          https://www.huffingtonpost.fr/gerard-noiriel/le-mepris-de-classe-linstrument-des-dominants-quand-leur-pouvoir-est-menace_a_23687871/

          Et pour continuer avec Juan, j´ai vu qu´il avait retweete un article critique du monde sur Histoire de ta betise (avant de voir qu´il y avait eu des echanges ici sur le sujet) assorti de ce commentaire :
          ¨Le Monde a trouvé son nouveau porte-flingues pour démonter tout ce qui s’assimilerait à une pensée critique. Son nom ? Florent Georgesco. Après avoir démonté les Pinçont Charlot, il se paye avec la même médiocrité Begaudeau. Pauvre journal, décidément.¨

          • je signale un très bon article sur le même thème dans le Diplo du mois.

            et merci Juan

          • Pour le rire, j’informe qu’il est écrit aujourd’hui dans le JDD qu’ Hitoire de ta bêtise « célèbre Jean-Marie Bigard et Nabilla »
            mais aussi que Bégaudeau y « refuse de communier avec les victimes du 13 novembre »

      • Pas grand chose à redire, sur l’humeur, au texte d’Oriane. Au moins évite-t-il le paradoxe auto-dévalorisant de traiter de débile quelqu’un qu’on a publié pendant quinze ans.
        Reste sa bêtise de fond : persister à ne rien comprendre à ce que j’entends par bêtise.

  7. Merci Anne-Laure pour ton lien vers le séminaire de Pierre Dardot (sur le libéralisme, source IHEJ). Je vais le regarder assidument.

    Dans mon intention de mettre au goût du jour, et de l’avenir, ce bon vieux principe de « lutte des classes », j’ai retrouvé ce vieille article sur Le Comptoir :

    https://comptoir.org/2017/10/13/blade-runner-2049-le-miroir-de-notre-condition-humaine/

    On y trouve pas trop pêle-mêle des références à Ludwig Feuerbach (ca change de Marx, sur un Dieu pas trop divin, plutôt homme, vraiment robotique (interprétation de l’article)), David Le Breton (« La réification de l’homme entraîne logiquement l’humanisation de l’ordinateur »), Zygmunt Bauman (sur un espace public anonymisant), Georges Bernanos (encore lui, sur l’avenir de la Machinerie), Pierre Dardot et Christian Laval (encore eux, sur le libéralisme et le néolibéralisme), Guy Debord (sur la France immigrée, dépossédée), William Morris (un libertaire sur l’omniprésence des « ersatz », et sa définition du « fake » ou travers du désir permanent de tout posséder), et même un peu mon cher Ridley Scott…

    Suivant l’objet de ce même article, Blade Runner, j’interprète à ma guise cette idée que « les gens » (machines comprises), ne sont plus uniquement de ce prolétariat, ou de la bourgeoise, mais sans doute des deux à la fois. Contre (en lutte contre) les intérêts psychédéliques de celui (il est seul dans le film) qui les conçoit. Le néolibéralisme ?

    La question de Ridley: à quel moment la créature est-elle prête à sacrifier son créateur ?

  8. Merci Anne-Laure pour ton lien vers le séminaire de Pierre Dardot (sur le libéralisme, source IHEJ). Je vais le regarder assidument.

    Dans mon intention de mettre au goût du jour, et de l’avenir, ce bon vieux principe de « lutte des classes », j’ai retrouvé ce vieille article sur Le Comptoir :

    On y trouve pas trop pêle-mêle des références à Ludwig Feuerbach (ca change de Marx, sur un Dieu pas trop divin, plutôt homme, vraiment robotique (interprétation de l’article)), David Le Breton (« La réification de l’homme entraîne logiquement l’humanisation de l’ordinateur »), Zygmunt Bauman (sur un espace public anonymisant), Georges Bernanos (encore lui, sur l’avenir de la Machinerie), Pierre Dardot et Christian Laval (encore eux, sur le libéralisme et le néolibéralisme), Guy Debord (sur la France immigrée, dépossédée), William Morris (un libertaire sur l’omniprésence des « ersatz », et sa définition du « fake » ou travers du désir permanent de tout posséder), et même un peu mon cher Ridley Scott…

    Suivant l’objet de ce même article, Blade Runner, j’interprète à ma guise cette idée que « les gens » (machines comprises), ne sont plus uniquement de ce prolétariat, ou de la bourgeoise, mais sans doute des deux à la fois. Contre (en lutte contre) les intérêts psychédéliques de celui (il est seul dans le film) qui les conçoit. Le néolibéralisme ?

    La question de Ridley: à quel moment la créature est-elle prête à sacrifier son créateur ?

  9. la morale c’est le sens ou j’ai rien compris?

    j’veux dire par rapport à chouard…si je me place d’un point de vue romantique « penser » je kiffe…
    mais essentiellement c’est le ventre qui parle…

  10. la morale c’est le sens ou j’ai rien compris?

    • @Charles: Il me semble que Francois Boulo avait deja mentionne le maitre des lieux dans son interview sur la chaine Thinkerview (concernant sa definition des bourgeois).
      (desolee pour le manque d´accents du a mon clavier)

      https://www.youtube.com/watch?v=tRl9_q2ytI8

      • @Alex: merci, je l’avais sous le coude depuis un moment mais j’avais encore pas pris le temps d’écouter ce thinkerview avec françois boulo.
        Il m’intéresse particulièrement sur le sujet de l’union européenne, parce que s’il y a un truc à jouer c’est bien dans ce milieu mais j’y voyais pas clair. J’y vois un peu mieux.
        Je me faisais déjà la réflexion avec juan branco , et je confirme que c’est excellent d’avoir des juristes gilets jaunes, des jaunes gilets juristes.
        Ils sont prudents, ils ont les pieds assurés, ils sont de fins stratèges.

      • @Alex: du coup ça me rappelle que j’avais cette émission à écouter/regarder à mon programme.
        Sur le sujet de l’europe.

        • @anne-laure: Merci pour le lien, j´irai voir.
          F Boulo a structure un message en ordonnant et documentant les diverses demandes des gilets jaunes qu´il represente. Peut etre peut il donner de l´echo a ce message grace a sa rhetorique, les medias paraissent l´ecouter plus que certains autres gilets jaunes… A suivre.

          Juan Branco… euh j´avoue avoir decouvert son nom en parcourant ce site il y a quelques jours, mais je regarderai quelques unes de ses interventions pour me faire une idee (je vis a l´etranger depuis 10 ans et suis moins en prise avec le quotidien des francais, mais ca m´interesse quand meme :)).

          • @Alex: aaaaah d’accord, c’est donc pour cela que tu n’as pas d’accents.
            moi j’ai un clavier français, bien de chez nous.
            Je peux faire des accents circonflexes.

        • @anne-laure: @Alex: @anne-laure:
          (je ne sais pas si je reponds au bon endroit, il me manque un GPS pour naviguer dans cette file)

          Du coup l´absence d´accents donne l´impression que mon texte est scalpe… On a tous nos soucis.
          Sinon j´ai ri a la lecture de ton message ¨tu n´as pas d´accents¨ car depuis que je cause l´etranger, la phrase recurrente est, au bout de 5 mn de discussion avec le local : ¨mais vous avez un petit accent, non? D´ou etes vous?¨… Seul mon clavier n´a pas d´accents.

          • @Alex: oui, moi aussi je riais, cette fine blague était sortie de moi tout naturellement, faut dire que j’appartiens au club des maîtres de l’humour de la planète terre. Pour le moment on est huit.

            il m’intrigue le pays où tu vis, mais je vais rester discrète.

          • @anne-laure : Rhooo tu fais partie de ces huit?…. Je ne m´attendais a croiser l´un de vous par ici…

            (pour le pays en fait ce sont plusieurs en 10 ans : 7 ans a naviguer en bateau, puis 3 ans a terre au Panama et en ce moment en Espagne).

  11. L’occasion de voir Vice cette semaine ou retardé, par exemple, par la stérilisation d’un rayon fromage?
    Quoi qu’il en soit, je me permets de te relancer sur le sujet. En relisant l’interview de McKay dans Les Cahiers, je suis d’autant plus convaincu que son film parle assez mal du pouvoir en le réduisant à (je cite) « pas tant [à une] question de politique que de trône ».

    • @Vivien: Bonjour Vivien, je m’incruste dans la conversation puisque j’ai vu Vice. D’un point de vue cinématographique, je ne trouve pas qu’il soit d’un grand intérêt, ça m’a fait penser aux docus d’Adam Curtis en moins bien, je me demande vraiment quelle est la plus-value de la fiction dans le traitement du sujet. Mckay répondrait que ça donne une audience plus large au film mais bon, d’une le film a fait un four et de deux je pense qu’il n’a été vu que par les partisans de sa thèse et donc qu’il n’a convaincu personne.
      Sur la question proprement dite du pouvoir, je suis assez partagé. Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’il fait reposer trop de choses sur Dick Cheney mais le film montre aussi que celui-ci ne s’est pas construit tout seul, qu’il a noué des liens (le juge Scalia notamment), constitué un réseau, a permis Fox News. Donc même s’il existe un tendance dans le film à la réduction de toute une politique à un bad guy je trouve que dans le détail c’est un peu plus nuancé que cela. Le véritable angle mort du film, qui est un peu le même que celui des docus d’Adam Curtis, c’est l’adhésion du peuple à cette politique, souvent représentée comme une masse captive toujours prête à se faire manipuler. Mais il faut reconnaître à sa décharge que cette question serait particulièrement difficile à filmer et à expliquer dans un film de 2h.
      Autre problème du film, nous laisser croire que tous ces gens (Cheney and Cie) ne sont pas des idéologues si ce n’est des idéologues du pouvoir. C’est je pense assez faux, raison pour laquelle le film s’est fait pourrir par la presse US qui n’a pas trouvé ça très sérieux. Le néo-conservatisme, ça existe comme courant de pensée, qui d’ailleurs est assez passionnant dans sa génèse. Sur ce sujet, McKay ferait bien de regarder le docu de Curtis sur la question.

      • @Charles:
        Comme tu le dis, il insiste sur le fait qu’il a envie de diffuser ce genre de trucs en masse (raison pour laquelle il tourne avec des grands studios et pas dans le circuit indé). Pas certains que le bide soit total. A vrai dire, j’ai pas inspecté précisément les critiques US ni les chiffres mais entre la visibilité des Oscars (malgré un prix mineur) et les critique de ce coté de l’atlantique, c’est pas dégueu…
        J’connais pas les films de Curtis – cités, par ailleurs, dans son interview. Je ne sais pas s’il s’autorise un décalage aussi ample que McKay? Je reproche la tendance lourde du film mais, dans le détail, il y a certaines scènes absolument réussies à ce niveau (je sais pas ce que le resto d’un genre particulier t’as laissé comme gout – savoureux et amer à la fois de mon coté). Pour le reste, je vais dans ton sens.

    • pas eu le temps, et me voici en Mayenne, allant de grange en grange, donc ça se complique -peu sont équipées en 3D
      mais ce que tu en dis (« le trône ») minimise mes regrets

      • assez d’accord avec la fine analyse de Charles sur Vice – merci à lui -, en particulier sur l’évacuation du combat idéologique au delà d’une lutte d’individus pour le pouvoir.
        Reste que j’ai pas boudé mon plaisir, comme Vivien lors de la scène du restaurant notamment, mais aussi celle, inattendue et drôle, où Dick et son épouse dialoguent au lit en vers de Shakespeare.

  12. Michel Foucault, « miracle bourgeois » ?

    Sur l’Etat et le libéralisme.

    https://www.youtube.com/watch?v=Oyz3D3savbc

    Dans ce cours donné au Collège de France, il est question de libéralisme, dans son passé, son présent, son avenir. De l’anglo-libéralisme au néolibéralisme en passant par « l’économie sociale de marché » allemande. Du marché d’échange au marché de la concurrence, ou comment les marchés parviennent à contrôler l’Etat, pour mieux se réguler? Pour mieux le réguler ? Ou quand les marchés vampirisent l’Etat, et les banquiers « investissent » les ministères et l’Elysée.

    Pour différentes lectures sur ce cours :

    https://www.scienceshumaines.com/la-querelle-du-neoliberalisme_fr_32618.html

    On y recroise Dardot et Laval…

  13. J’ai vu Le Lien au théâtre montparnasse, et c’était super, très juste dans l’analyse de la relation mère-fils.
    Pour ceux qui l’ont pas vu, ça commence par un monologue de la mère à table. La mère parle de rien de spécial, du fromage. Stéphane, son fils, rumine, s’emmerde. On reconnait le déjeuner chez maman, terrain familier. Hiegel joue parfaitement ce flot de paroles adressées à personne, sans début ni fin, elle est drôle mais il arrive un moment où Stéphane et moi, on se demande quand est-ce que ça va s’adresser à nous.
    Quand Stéphane s’énerve contre sa mère, j’ai aimé qu’il n’y ait pas de raison, pas de vieux comptes à régler. Le seul motif de plainte, de colère du fils, c’est le lien maternel lui-même. Pour la mère, ce lien, parce qu’il est indéfectible, va sans dire, n’a pas besoin d’être nourri. Pour le fils, leur discussion doit nourrir leur lien, et l’engueulade est presque une preuve du lien, une forme de ce lien.
    Lien qui est questionné, moqué, argumenté brillamment par Stéphane. J’ai souvent ri à ses répliques, ses nombreux exemples pour prouver que l’amour maternel est une connerie. Quand Marc Dutroux va voir sa mère, Stéphane se demande « et à table, il lui raconte ses viols ? » Là j’ai éclaté de rire. C’est absurde, cet amour maternel définitif, inconditionnel. Surtout quand ton fils c’est Marc Dutroux.
    Quand Christiane imagine, doucement, émue, l’attitude de la mère de Marc « Je suis sure qu’elle l’a accueilli chaque fois qu’il est passé, qu’elle lui a servi à manger. » Je suis émue, je me dis que cet amour inconditionnel, c’est beau.
    Et la pièce avance en même temps les deux aspects de cet amour, l’absurde et le beau, le ridicule et le bouleversant. Ça j’aime beaucoup, c’est très juste et pas confortable. Les gens dans la salle étaient déstabilisés par cette ambivalence, il n’y avait pas de réaction unanime à chaque réplique. Ils ne savaient pas comment réagir, c’était selon l’humeur de chacun. D’où le moment où je ris seule à Marc Dutroux. Bon.
    (Ce soir-là, les rires francs arrivent à la fin, quand la tension tombe, que la mère vanne le fils.)

    Le personnage de la mère est immédiatement aimable. Elle défend son amour obtus, ne se sent intellectuellement pas à la hauteur de son fils. Elle inspire l’empathie tout de suite, pas Stéphane. Il pense très bien la relation mère-fils, mais il est parfois salaud, injuste avec sa mère (« le nombre de truc inutile que tu sais » quand elle donne la capitale de la Suède). Palmade le joue avec une pointe d’agressivité, peut-être pour rester dans la tonalité du pétage de plomb qui lance la pièce. Il joue plus le mec pointilleux relou que la rigueur intellectuelle. Stéphane est ironique dès que la mère parle d’amour. Il vanne, il met de la distance. Pour exprimer ses sentiments à sa mère, il a besoin de passer par un tiers, l’amie de la mère, ou le chat. Quand l’amie débarque, ça le force à rester, ça calme le jeu, ça amène la discussion dont la mère était incapable, le fils aussi d’une certaine manière, ça amène à se toucher aussi. Pour en arriver à la peau, à l’odeur qui a toujours été là, pour en revenir au corps comme au tout début.
    Et après la pièce, on a picolé en racontant nos déjeuners chez maman.

    • C’est absurde, cet amour maternel définitif, inconditionnel.
      /
      Je suis émue, je me dis que cet amour inconditionnel, c’est beau.

      (je n’en demande pas plus au spectateur du Lien que de flotter dans cette ambivalence).

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