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50 412 Commentaires

  1. J’ai enfin lu le papier sur Breaking Bad (merci Billy, encore une fois)!
    C’est marrant comme ça parle déjà de corps et de molécules, tu étais en plein dans ton roman François ou quoi?

    Sinon je dois avouer que certaines choses que tu analyses m’ont rappelé d’autres séries: la dilatation-précipitation par exemple, c’est typique dans Game of Thrones, où il ne se passe jamais grand-chose pendant les 8 premiers épisodes de chaque saison et où tout explose toujours dans le 9ème et avant-dernier (Red Wedding, Bataille des Batards..). Avant ça, tout n’est que mise en place: plant avant le pay-off, technique de scénario bien connue, et les séries ne fonctionnent que comme ça dans leur construction.

    A ce titre, la boulimie scénaristique est effectivement un problème. Souvent, tellement de choses sont plantées que les scénaristes ne peuvent même pas les résoudre de manière cohérente. Lost est exemplaire là-dessus, obligée d’inventer des contorsions improbables (voyage dans le temps, réalité parrallèle, ultime saison mystico-religieuse) pour tenter de se dépatouiller de leur ours polaire sur une île tropicale ou de leur numéro maudit sur une trappe.

    Au fond, on retombe toujours sur l’équilibre entre la vraisemblance du réel et les ficelles du scénario. Dans les grosses séries dramatiques feuilletonnantes, le réel sera toujours perdant tant il faut nourrir la bête narrativement.

    Tu tailles un petit costard à True Detective au passage, que je n’ai pas vu, mais peut-être que la solution est à trouver dans ces objets de taille plus modeste que sont les anthologies par saison. Je dis ça car je pense surtout à The Night Of, série judiciaire qui compte seulement 8 épisodes d’une heure et qui se tient bien, même si elle n’évite pas certains revirements ou arc de personnage un peu forcés.

    Sinon, je me rends compte que je supporte beaucoup mieux les séries comiques, sitcoms comprises, pourtant elles aussi très feuilletonnantes et formatées. Mais même How I Met Your Mother, dont la dernière saison a à peu près tous les défauts précités, je lui passe tout, tant elle m’a fait marrer et ému par moments. Friends, pareil.

    D’ailleurs, en y repensant, je me rends compte que j’ai très peu ri ou été ému devant Breaking Bad. Le sort des personnages m’importait assez peu. Je pense que c’est encore à mettre sur le compte du déficit de réel. Rien ne sonne ou ne parait juste. Je reste à l’extérieur. Me reviennent d’ailleurs à l’instant en mémoire les costumes trop amples et le phrasé trop gangsta de Jessie, comme pour mieux jouer la caractérisation différencielle avec Walter. Différencielle mais sans nuance.

    Ah si il y a quand même Hank, plus intéressant car immédiatement contrasté: en même temps gros beauf débile et excellent flic intègre.

    Et, spoiler alert, sa mort est belle.

    • On se l’était déjà dit ici, que les séries comiques passaient mieux, sans doute parce qu’elles ne sont pas tenues de construire une arche, comme on dit. Chaque épisode a son autonomie, ce qui nous épargne le n’importe quoi général des destins. Et puis parce que le comique fait tout pardonner.
      Tu as raison : la série n’émeut pas. Elle a renoncé à ça. Je n’ai jamais entendu ses défenseurs la défendre en ces termes. Ou alors, pour reprendre le fil nutritionnel : elle émeut comme une pizza.
      Tu as aussi raison sur le format saison unique -même si True detective arrivait quand même à partir en couille en six épisodes. De toute façon je n’arrive jamais à aller très au-delà. A bout d’une saison je suis repu
      Mais il faut préciser une chose : je suis très a-addictif. C’est à dire que j’ai un système de défense très efficace contre l’addiction – une sorte de nausée qui se déclenche dès que je reste longtemps sur un truc. Donc je n’ai pas du tout le corps pour les séries.

  2. Je trouve, tardivement, que votre lecture de Pour le réconfort est un peu simpliste, notamment dans l’idée que le clivage n’est pas assez fort entre le riche et le prolo, qu’ils sont, en fait, entre riches, (’11ème arrt etc’).. si on dépasse ce niveau de lecture : quand le riche gueule dans la voiture (qu’il est à ce moment-clé, dans un court moment de vacillement où il doute de son power de riche (il va vite retomber sur ses pattes et dans sa posture juste après) et qu’il dit au prolo qu’en gros ce dernier pourrait devenir riche et immensément riche, il sera ‘toujours pauvre’, qu’il ne pourra jamais être autrement que dans la rivalité/frustration/jalousie et qu’il se vivra, quelque soit et devienne son compte en banque, imaginairement, en gros, et toujours, possédé par le possédant – à l’image de la maison du riche’ incroyable, et les maisons de merde de vieux du prolo, sans âmes, qui pullulent, là on est un film subtil. Et quand à la fin toute fin, le riche dit au prolo qu’il en a rien à foutre de son père (le prolo veut porter un toast à son père) ( le prolo est obsédé par ‘le père’ – la statue – dernier geste, il bénit au champagne la terre comme un père, avec cette porte -image finale- qui se referme progressivement sur sa condition), qu’il lui dit en gros tiens je vous la file la maison, pas de souci, parce que fondamentalement rien ne pourra inverser nos naissances, là on est dans un film subtil.

    par ailleurs, l’attachement de Macaigne au modèle bourgeois, d’où? On est (donc Macaigne est) touché par l’impuissance du prolo. Aussi, ce qui me vient : le prolo du prolo débile est le seul utopiste qui croit qu’il peut y avoir entente (‘tu te souviens tu m’as soigné dans la cuisine’, ‘on est ami sur fb’); et enfin, sur l’hystérie : j’avais lu vos lignes avant d’aller voir le film et je ne trouve pas du tout que les cris soient un aveu de faiblesse de l’écrit ; c’est très (bien) écrit, ça crie mais c’est juste, c’est presque une hystérie juste : Macaigne nous fait saisir l’inssuportabilité (wow) que vit le prolo ; et juste, juste, enfin, concernant l’amitié, quand vous dites ‘ami d’enfance’, non, il n’est pas question d’amitié je trouve. Les riches sont liés momentanément avec les prolos par un contexte, c’est ce seul contexte qui les lie. Le prolo pour une fois pense ‘les dominer’ en leur demandant de rester (aux soirées etc) ce qui semble grave pénible pour les deux riches, mais ils n’ont aucune affinité – le seul élément d’enfance est le rappel du surnom Bouli.

    • Tout ça est sans doute très juste, mais repose, comme le film, sur un fake social et cinématographique : celui qui possède une maison de retraite (et a les moyens de l’étendre pour en faire un village de retraite) n’est pas un prolo. C’est un possédant, un propriétaire, un entrepreneur, un bourgeois. Je ne peux pas saisir « l’insupportabilité que vit le prolo » puisque ce n’est pas un prolo. Puisqu’il est prolo comme je suis patineuse.
      Tu parles « des maisons de merde de vieux du prolo ». Oui elles sont bien moches au regard du château. Mais elles représentent quelque chose comme 10 millions, et surtout ce ne sont pas les siennes. Il habite dans quoi lui? Tiens pourquoi ne voit-on pas sa maison à lui?
      Ils ne sont pas amis d’enfance? Soit. Mais alors quel est ce « contexte » qui lie ces riches et ces supposés prolos? Au nom de quoi passent-ils tant de temps ensemble?
      Quant au « prolo du prolo », gentil et utopiste, il n’existe nulle part que dans la tete d’un bourgeois comme Macaigne. Le mot utopiste n’existe d’ailleurs que dans la langue bourgeoise.
      Un film ne peut pas insulter le réel à ce point -surtout quand il prétend en parler.

      • @François Bégaudeau: chuis d’accord pour dire qu’emmanuel le directeur de maison de retraite n’est pas un prolo, mais propriétaire bourgeois faut pas abuser,
        je crois pas que dans la vraie vie les directeurs soient les propriétaires des maisons de retraite, ça doit marcher par subvention de l’état tout ça , je connais pas trop,
        mais plutôt des gens issus de la classe moyenne, voire prolo ( j’en connais une, fille de pêcheur de noirmout ), des gens formés dans le social pour gérer des structures médico-sociales, gérer des équipes de soignants, faire de la diplomatie avec les familles, les hôpitaux,
        des entrepreneurs oui plutôt

        • c’est lui qui s’occupe d’agrandir la résidence pour vieux, il est aux premières loges pour le faire
          ses mots dans le film sont ceux d’un type qui possède et veut s’agrandir
          si on prend au mot le film, il est un directeur propriétaire (tout ce qu’il dit laisse entendre que c’est lui qui va acheter)
          si Macaigne voulait me faire croire le contraire, fallait pas le faire parler comme ça
          mais de toute façon ce flou est un nouvel élément à mettre sur le compte de l’immense désinvolture du film dans sa façon de définir les classes et leurs rapports

          • @François Bégaudeau: je vois bien qu’il t’agace ce film et surtout parce qu’il prétend être une représentation de la France d’aujourd’hui, de la lutte des classes, et gnagnagnignagna , des trucs que macaigne s’est senti obligé de rabâcher dans les médias ( mais je sais pas j’y étais pas ), et t’étais tout énervé,
            or comme tu le dis à anne plus haut, tu penses qu’il représente mal le réel, je suis d’accord,
            mais ce n’est pas un film documentaire non plus,
            c’est un film de fiction, il représente le réel dans les discours dans les rapports entre les personnages selon moi, dans la façon de bâcler le cinéma bourgeois,
            j’ai trouvé que c’était pas si con.
            Je crois que j’aime bien ce film parce qu’il m’est assez proche sociologiquement.
            Je reconnais quelque chose chez vincent qui fait que nous sommes du même monde, bien que je ne fasse pas de théâtre criard ni ma pute chez Nakache et je sais pas qui. Les deux dont tu parlais qui font des films de merde qui rapportent beaucoup de sou-sous.
            Qui sont juifs à tous les coups

          • C’est surtout très agaçant de continuer à voir que des gens appellent prolos des personnages qui gagnent 50000 boules. Ensuite. Je ne trouve pas simplement ce film totalement nul politiquement, je ne trouve aussi totalement fake dans son jeu, dans son dispositif, dans son scénario
            Partant de là, je n’ai pas attendu que tu dises ta proximité avec Macaigne pour la subodorer. Ceci conformément au théorème implacable : si X aime un film manifestement nul, c’est qu’il se joue entre X et ce film autre chose que du cinéma. A toi maintenant de nous dire de quoi est faite cette proximité (ou à Anne 1, parce que mon flair social implacable sent bien que sa défense du film est du même acabit)
            Une précision qui ne t’intéressera pas : je ne reproche pas à Macaigne de faire sa pute en jouant chez Nakache. Je note juste qu’il joue là-dedans, et qu’à ce titre il ne peut pas nous faire longtemps le coup de la marginalité paupérisée. Surtout avec ses comédiens qui habitent le même quartier que moi.
            Je précise aussi que Nakache et son compère ne font pas de la merde. Et que Le sens de la fête un film beaucoup moins pénible, et plus drole, que Pour le réconfort
            Je signale au passage, aussi, une excellente critique de la nouvelle pièce de Macaigne dans Libé aujourd’hui. Qui me conforte dans l’idée que ce type est politiquement complètement paumé.

          • Au-delà d’appeler ‘prolo’ celui qui gagne 50000 boules, Macaigne pointe le vécu de ce mec ; pointe l’inssuportabilité de celui qui dans son histoire, n’est pas le roi.

          • si on parle de ressentiment, très bien, ça m’intéresse
            n’être pas le roi dans son histoire, très intéressant
            en revanche le « vécu » de ce mec je ne le vois pas (à moins que par vécu tu entendes : la façon dont ce mec se vit)
            et là je doute à nouveau, parce que je crois qu’un mec comme ça se vivrait clairement comme un winner -et qu’il se foutrait pas mal du mépris des aristos ruinés dont il va bientot racheter et couper les arbres)
            mais disons maintenant clairement comment Macaigne fonctionne :
            1 il veut des cris
            2 pour avoir des cris, il faut de la haine
            3 il faut donc des scénarios qui légitiment cette haine
            4 il choisit un scénario de haine de classe -qui donc arrive en bout de chaine, et dont on ne peut plus s’étonner qu’il soit à ce point sans rapport avec la vie

          • Proximité : les enjeux d’appartenances sociales / rivalités qu’on connait, pointés dans un langage quadra, qui parle aux quadras. Il représente le réel, en vrai, je trouve. J’ai aimé la scène du kepon qui pleure. Apparemment le mec n’était pas prévu, il a demandé à être filmé, et paf, belle scène.

          • « les enjeux d’appartenances sociales / rivalités qu’on connait, pointés dans un langage quadra, qui parle aux quadras. Il représente le réel, en vrai, je trouve » Je ne comprends pas cette phrase.
            Tout ce que je peux dire c’est que moi le pur quadra, qui habite à 350 mères de tous ces acteurs, je ne me retrouve en rien dans leur façon de parler, dans leur façon de poser les problèmes, et encore moins dans leurs barbes de bourgeois.

          • @François Bégaudeau: Lu l’article de Libé, effectivement intéressant mais moins sévère que toi avec le personnage me semble-t-il. Tu as raison d’insister sur le milieu de Macaigne car son oeuvre exprime tout à fait la mélancolie du trentenaire parisien (XIème arrondissement) infra politique et très sentimental.

            «Restez ici, je vous aime !» beugle encore le frère au moment de l’entracte.

            Ca fait écho à un autre dialogue de sa pièce Idiot! – qui n’était pas, je crois, dans le texte de Dosto -crié/pleuré par un des comédiens à l’adresse du public : « nous nous sommes tant aimés »

          • Bien sur que Dosto n’écrirait pas ça
            J’aime l’article parce qu’il est effectivement nuancé. Je n’ai pas dit qu’il indiquait que la pièce était nulle, mais qu’il me confortait dans le sentiment que macaigne est politiquement un blaireau (ce qui n’empêche pas de faire des trucs intéressants)

          • Tu crois qu’il ne veut d’abord, avant tout, que des cris? Si c’est ça c’est balèze comédien, réussir à nous contaminer aussi bien dans la haine.

          • il part des cris et se demande ensuite ce qui pourrait un minimum les justifier
            il réussit à contaminer certains et pas d’autres

          • @François:

            Tout ce que je peux dire c’est que moi le pur quadra, qui habite à 350 mères de tous ces acteurs, je ne me retrouve en rien dans leur façon de parler, dans leur façon de poser les problèmes, et encore moins dans leurs barbes de bourgeois.

            M’enfin quelle idée tu as eu aussi d’aller habiter là-bas

          • @juju: ouais juju me disais comme toi,
            ce qui ne va pas chez françois c’est qu’il faut qu’il déménage,
            je propose le boulevard barbès, c’est pratique pour bien manger pas cher le dimanche, ils te balancent tout pour un euro en fin de marché les mecs,
            et t’as des poulets rôtis tout prêt juste en face c’est parfait

          • démarche vaine, puisque Barbès ressemblera dans cinq ans au onzième arrondissement

          • @François Bégaudeau: hééééé ben, t’es pas facile à convaincre dis donc, que ce film n’est pas si nul et vincent pas tant un blaireau politique,
            Là-dessus :

            en revanche le « vécu » de ce mec je ne le vois pas (à moins que par vécu tu entendes : la façon dont ce mec se vit)
            et là je doute à nouveau, parce que je crois qu’un mec comme ça se vivrait clairement comme un winner -et qu’il se foutrait pas mal du mépris des aristos ruinés dont il va bientot racheter et couper les arbres)

            tu as mal entendu ce que dit Emmanuel dans le film, c’est les cris qui t’ont bouché les oreilles peut-être,
            mais Emmanuel dit bien kekchose comme : c’est nous qui avons tout fait, nous les travailleurs, c’est nous qui avons fait la France, c’est nous qui sommes utiles et blablabla
            discours de winner , discours libéral de self made man, de méritocratie,
            alors que vous les aristos , les riches vous aviez tout , aucun effort à faire et gnagnagna, vous ne servez à rien ,
            ressentiments en effet, morale des esclaves.

            Ce qui est troublant dans cette affaire c’est qu’Emmanuel n’est pas qu’un winner de start up, il est un libéral à visée sociale,
            pour le bien du peuple occupons nous des p’tits vieux,
            le mec se vit comme étant de gauche je crois.

          • il ne présente pas du tout son business de retraite comme philanthropique
            il expose une équation démographique qui est une opportunité économique
            pour le reste j’ai bien compris que ce type était dans le ressentiment, mais ce ressentiment est socialement faux : cette race sociale là n’est pas du tout dans le ressentiment dans les années 2010 qui la font triompher
            (je pense que Macaigne n’a pas remis ses compteurs sociaux à jour depuis Tchekhov ; faudrait qu’il sorte un peu du théatre)

          • @François Bégaudeau: ben alors quitte paris,
            patate,
            vient à la maison y a le printemps qui chante

          • je n’ai pas dit que Paris m’était devenu insupportable à cause de ces barbus, que j’arrive très bien à éviter
            le problème c’est que le cinéma et le théatre n’arretent pas de me les remettre sous le nez (même quand ils se proposent de peindre la province)

          • @François Bégaudeau: ben on a les mêmes en province je pense.
            Je ne les trouvais pas tant que ça typiquement parisiens.

          • @François Bégaudeau:

            cette race sociale là n’est pas du tout dans le ressentiment dans les années 2010 qui la font triompher

            ah je sais pas,
            on est peut-être sur le même fond même si c’est pas la même forme,

            mais sinon oui tu dois avoir raison pour le théâtre russe, mais moi j’aime bien en fait.

    • @anne.1: chuis d’accord avec toi sur la question de l’amitié, mais désignée au début du film par la voix off il me semble ( commence à être lointain pour moi ),
      comme quoi pauline et pascal auraient laissé la baraque a des amis d’enfances,
      or on voit bien effectivement qu’ils ne le sont pas.

      J’avais oublié cette scène à propos de l’ami Facebook, c’était chou c’était touchant, pauv’ti bonhomme.

    • @anne.1: Tu as vu les pièces de théâtre de Macaigne? Parce que ça crie à chaque fois et ça finit par devenir saoulant et apparaître comme sa grande limite d’écriture. Je pense que bon nombre de dialogues apparaîtraient bien moins puissants s’ils n’étaient pas éructés.

      • no, but i’m going to look

        • Macaigne a une référence obsessionnelle, et elle n’est ni sociale, ni brechtienne, ni marxiste, ni tout ce qu’on veut, c’est le célèbre monologue de Françoise Lebrun dans La maman et la putain. Un monologue-vomi (les Cahiers avaient écrit : elle vomit tout le film). Il en est resté là : parler, ca doit revenir à gerber.
          Evidemment c’est limité.
          (au théatre ca passe beaucoup mieux parce qu’il y la dimension de présent, de live, de performance)

          • J’ai précisément pensé à ce monologue de la Maman et la putain au début de Pour le réconfort, dans la scène de retour des héritiers sur leur terre : le gros plan de la fille, visage bouffi au soleil couchant qui larmoie sur son sort bourgeois.
            François, tu disais qu’Othon pouvait réaliser Pour le réconfort en 3 jours. J’espère quand même que vous êtes incapables de faire un plan aussi con. Même sur le mode comique, cette scène est insauvable.

          • Qu’on puisse réaliser Pour le réconfort en trois jours ne signifie pas qu’on ait envie de gacher trois jours à faire de la merde
            Et rassure-toi, malgré notre niveau de connerie élevé et constant, un plan aussi con n’est pas dans nos cordes.

  3. François, t’entendant dans une émission parler de Jean Rouch et d’une hyène animée par un instinct de survie, t’entendant commenter cette émotion suscitée par cette existence qui lutte contre son anéantissement, est-ce que tu peux évoquer d’autres expériences artistiques de ce type que tu as vécues et qui procèdent de semblables situations ? Est-ce que tu translaterais la même émotion, en parlant d’un personnage comme Phèdre, qui lutterait contre sa mort programmée par un surcroît de pulsion vitale (c’est une hypothèse) ? Ou d’autres figures de la littérature, de cinéma, etc. ? Ou est-ce que la simple intention, trop démonstrative, qui s’incarnerait dans un personnage, te mettrait tout de suite à distance de cette émotion, puisque tu disais, par rapport à cette séquence, qu’elle n’était pas a priori construite pour être pathétique ? Et parce qu’il s’agit aussi d’un animal et ça me renvoie à une semblable scène dans « Deux singes », à propos d’un chien (si je me souviens bien) où tu parlais, dans des termes assez semblables que dans cette émission, de l’émotion provoquée.

    • la scène dans la hyène est dans deux singes aussi
      et j’en venais à m’interroger à ce qui m’émouvait spécifiquement dans l’agonie animale – et c’est justement cette immanence pure à la douleur, à la fin
      une sorte de coincidence absolue à sa vérité
      je me suis fait la même remarque sur les fous de 12 jours, devant le constat de leur absolue vérité (criante, dans le face à face avec la fakitude des juges et des avocats)

      • @François Bégaudeau: et tu ne retrouves pas globalement cette immanence dans une agonie humaine, fictionnellement reconstruite ? Au cinéma, par exemple. Je pensais à certaines scènes de Cris et chuchotements, spontanément.

        Sinon, il faut que je voie 12 jours.

        • Pour toi, cette coïncidence absolue ne peut advenir que par le documentaire ?

          • C’est très spectaculaire comment les fous documentés par 12 jours acquièrent en une seconde dix fois plus de justesse que tous les acteurs réunis
            (je serais acteur, la vision de ce film me ferait immédiatement changer de métier)
            Bon évidemment il y a des fictions où l’épaisseur de jeu est minimale, parce que le réal tient les acteurs ou parce qu’ils n’ont aucun savoir faire d’acteur à vendre.

          • @François: ok, donc je programme 12 jours au plus vite

          • sors du Depardon, ça calme, la façon dont ces patients internés dans une unité de malades difficiles parlent du dehors, de la liberté, de ce qu’ils ont à faire d’autre de leur vie et de ce qu’ils comprennent de la procédure en cours (leur face à face avec un.e juge des libertés) est monumental, précieux.
            Depardon choisit cette fois comme dispositif (pour ma premiére avec lui c’était un coin repas de caravane)
            1) une caméra comme embarquée en mode lent sur une laveuse de sols pro pour les quelques plans dédiés aux déplacements, dans les couloirs et les espaces à l’air libre de l´hp (de même rythme/lenteur que celle de la plupart des patients qui se déplacent on a trouvé)
            2) une caméra à hauteur de personne assise dans la salle d’audience, interne à l’institution, si j’ai bien écouté les discours de chacun.

            Ri au souffle style/genre  » oh benh nan quand même pas à ce point  » du juge qui entend le patient ´parti politique ´ , comme dit dans un des posts à propos ici, un souffle style/genre  » il est gonflé quand même » lorsque le mec qui a fichu une bonne quinzaine de coups de couteau par là à une femme entend lire/dire qu’il souffre de troubles psychiatriques et ajoute  » oui comme tout l’monde.  »
            Sinon, quasi en permanence total dézinguée devant l’écran,

            @Jérémy: tu diras?

          • @Tiresome: yep, je le vois cette semaine

        • un acteur ou une actrice qui joue une agonie, je démissionne tout de suite
          je ne vois pas comment ça pourrait ne pas tourner à la démonstration
          concernant l’agonie animale, entre aussi en jeu le sentiment, erroné peut-etre, d’une surprise (l’animal confronté à la pure et brute injustice de finir, sans justification, sans discours possible ; un pur mourir)

          • @François Bégaudeau: sur le jeu d’acteur, oui, à moins qu’on prenne aussi, comme le fait Bergman, le soin de ne pas simplement filmer celle qui joue à mourir, mais aussi l’environnement qui renvoie à cette longue attente. L’agonie s’incarne autant dans cette organisation de l’espace, dans sa fixité anxieuse, que dans la moribonde filmée en gros plan.

            Sinon, je suis d’accord avec ce pur mourir.

  4. … / Nadia Daam nous dira quand on sera autorisé à ne pas être d’accord avec elle sans se faire insulter.
    S’agissant des viols, je lui conseille de faire un tour dans les commissariats et les tribunaux. Elle y apprendra que tous les non-lieux et les acquittements dans ces affaires-là ne sont pas tous injustifiés. / …

    faire un tour dans les commissariats et les tribunaux. Elle y apprendra que tous les non-lieux et les acquittements dans ces affaires-là ne sont pas tous injustifiés

    peut-être oui, faudra lui proposer
    même s’il me semble pas en lisant ces lignes que Daam ignore, néglige, taise cela

  5. Ruffin à l’HP, on peut commander là pour qui veut: http://r.news.picardiedebout.fr/25rzl6jkwmsnf.html

    Pas encore lu le livre, mais le dossier de Fakir est déjà très intéressant comme nous le signalait Cat, documenté et émouvant. Y manque juste pour moi le témoignage d’anne-laure ou d’un()e de ses collègues qui témoignerait, au delà de l’abnégation mentionnée par Ruffin, du plaisir qu’on peut aussi trouver à travailler avec et auprès de ce public particulier. C’est pas à sens unique quoi; mais c’est peut-être dans le livre.

    • dans le genre émouvant, 12 jours se pose là aussi

      • @François Bégaudeau: On va y aller oui. Raymond nous a déjà mis en condition avec son feuilleton sonore quotidien sur Les Jours : https://lesjours.fr/obsessions/raymond-depardon/

        Tu sais déjà de quoi sera faite votre prochaine table-ronde ?

        • le Depardon, le Guédiguian, L’usine de rien, Le brio
          y a du contraste

          • @François Bégaudeau: Lu ton très bon article sur le livre de Besson à propos de Macron. Assez impressionné qu’on puisse tirer autant de substance à partir d’un matériau aussi indigent (en apparence), mais étonné que tu te sois penché dessus.

          • Mais dans ce livre j’ai tout de suite vu l’occasion de revenir sur le « président littéraire » glorifié au début de son mandat -et par exemple dans Transfuge
            L’occasion de dire qu’un vrai littéraire ne devient pas président -ce que le nullissime livre de Besson laisse apparaitre de page en page, d’anecdote en anecdote : c’est parce que ce type n’est pas littéraire qu’il a pu vouloir devenir président -et accessoirement le devenir.

          • Super papier en effet.
            Celui sur L’usine de rien aussi.

            Le premier rend inutile la lecture du livre, mais on sait d’autant mieux pourquoi.

            Le second donne envie de revoir le film, et on sait d’autant mieux pourquoi.

          • @François Bégaudeau: Elle a déjà eu lieu? Au fait, tu as vu la pièce « Tous des oiseaux » de Mouawad? On en dit le plus grand bien, je me tâte à aller la voir semaine prochaine.

          • Je peux dire sans trop forcer que je déteste le théâtre de Mouawad

          • @François Bégaudeau: haha, je m’y attendais un peu, tu pourrais dire pourquoi?

      • @François Bégaudeau: @Juliette B: à propos de douze jours je viens de choper ce bref témoignage d’une collègue de lorraine sur Facebook :

        Rien ne me plait dans l’annonce de ce film. Je travaille en psychiatrie. « Douze jours entre justice et folie ». Quel sens? la pub autour de ce film m’insupporte. Nos patients qui passent devant le juge des libertés ont le pot d’avoir un lit et un accueil en psychiatrie. Sur la lorraine, pas une place de disponible depuis dix jours. Son film me fait l’effet de l’anecdotique au détriment de l’essentiel.

        • @anne-laure: C’est sûr qu’ils ont l’air d’avoir du bol les patients du film, sacrés veinards même.
          Tu as vu le film ? ta collègue devrait y aller peut-être, ne pas s’en tenir à la bande annonce pour dégoiser connement. Pardon mais 12 jours est tellement intense, la détresse y est tellement nue et absolue, les gens tellement vulnérables face à la machine judiciaire que ça me rend dingue de lire ce truc.

          • @Cat: vais le voir dimanche avec ma sœur et peut-être avec mon ami jean qui est en train d’écrire un livre sur la folie ( une histoire de fou du village de vendée ) ,
            je comprends ce que tu dis, ce qui te rend dingue, qu’elle devrait voir le film d’abord la gonzesse,
            cela dit je me garderais bien de faire la leçon à une soignante en psychiatrie si j’étais à ta place

          • @Cat: mais peut-être que tu n’as pas saisi le fond de ce qu’elle dit , ma collègue de lorraine,
            elle dit : il n’y a plus d’accueil possible à l’asile.

            et codette dit : les fous sont dans la ville !!!

          • @Cat: J’ai saisi. Mais réduire le débat à la question des moyens c’est refuser de penser et c’est accepter ce qui est. Le film ne dit pas qu’il n’y a plus de place en asile, soit, il dit autre chose, on peut déjà le voir et approcher ce qu’il dit de l’institution, du cloisonnement des différentes interventions de professionnels auprès du patient – soignants, assistants sociaux, juge-, de l’enfermement de chacun dans son protocole, de l’enfermement du patient dans sa logique délirante, de l’impossible écoute, des regards baissés en rideaux sur la paperasse. Des cloisons partout. Peut-être que ce film n’est pas fait pour ta collègue parce qu’elle sait déjà tout puisqu’elle est soignante en psychiatrie. Elle dit qu’elle sait qu’il n’y a pas de place, on est bien avancés, tout le monde sait qu’on marche sur la tête non ?

          • @Cat: c’est étrange ce que tu me racontes sur le cloisonnement parce que ce n’est pas ainsi que je reconnais le fonctionnement de notre hôpital,
            et je ne vois pas trop comment cela peut ressortir d’un film sur les audiences avec les juges des libertés ( pour en avoir observées plusieurs et pour en connaître les coulisses ),

            je suis curieuse de voir comment il a fabriqué son film le raymond

          • d’ores et déjà on sait que tu ne seras pas une bonne spectatrice de ce film
            d’ores et déjà on sait que tu n’y verras pas ce que tu voudrais y voir
            souvent ça se passe comme ça avec les parties prenantes (j’en sais quelque chose, n’est-ce pas)
            alors qu’un peu de tendresse serait possible : on verrait le depardon et par ailleurs on se bougerait pour alerter sur les saloperies en cours dans la psychiatrie ; on se dirait que l’un n’empêche pas l’autre, voire que les deux se complètent

          • @anne-laure@juliette: On en reparle. Faut juste pas s’attendre à un film de Ruffin quoi. Maintenant, si en plus faut pas être fatigué pour le voir, y aura pas beaucoup de soignants au ciné. Et c’est peut-être pas plus mal, le film n’est pas plus fait pour les soignants que Entre les murs ne l’est pour les profs. Mais les uns et les autres peuvent se réjouir que la caméra fasse sortir leur ordinaire du confinement, que des regards aussi justes et bienveillants (pas la peine de m’engueuler je déteste qu’on n’emploie plus les mots confisqués) que ceux de Depardon et Cantet se posent un instant chez eux, sans indulgence mais sans jugement. Allez, mets-toi en condition et bon film.

          • Cat m’a précédé.

          • @Cat:

            Et c’est peut-être pas plus mal, le film n’est pas plus fait pour les soignants que Entre les murs ne l’est pour les profs

            je vois pas pourquoi tu dis ça ,
            moi je vais voir paisiblement les 12 jours parce que j’ai la passion des fous c’est tout,
            j’en demande pas davantage

            ( et je vois pas trop l’idée de comparer entre les murs et douze jours, rien à voir ,
            si le livre de françois est un livre-documentaire en quelque sorte le film ne l’est pas, le film est une mise en scène du livre )

          • Cat ne comparait pas les deux films en soi, mais à raison des réactions qu’ils ont suscitées ou susciteront auprès des spectateurs concernés par les réels abordés (respectivement l’école et la psychiatrie). Le post de la soignante témoigne de la récurrente et fatale tendance des parties prenantes à juger des films en fonction de leur vécu du sujet. Tendance bien compréhensible, mais filmicide (tellement filmicide qu’elle semble vouloir se passer de le voir)

          • @françois:

            d’ores et déjà on sait que tu ne seras pas une bonne spectatrice de ce film
            d’ores et déjà on sait que tu n’y verras pas ce que tu voudrais y voir

            vous êtes bien interprétatif mon françois

          • @anne-laure: Je dis ça suite à ton premier post sur la bande annonce vue par ta collègue. Je dis ça en considérant la réception d’un film. On en reparle.

          • @Cat: bé oui, mais ma collègue n’est pas moi.
            Mais je peux comprendre sa colère, je la trouvais intéressante.

          • @françois@anne-laure: Voilà, François le dit mieux que moi. En voilà un qui me comprend.

            Ton ami Jean il écrit sur quel village vendéen ? une histoire vraie, connue ?

          • @Cat: je ne sais plus de quelle zone de vendée mais ça se passe du côté de la ferme de ses parents ouais, l’histoire du premier fou de sa vie je crois, parce qu’ensuite il en a eu plein d’autres.

        • @anne-laure: comme toi et comme elle je n’ai pas encore vu le film, mais je suis bien persuadée qu’il ne parle pas « au détriment » de la misère évoquée par ta collègue.

          Il lui faudrait sans doute de bons amis en qui elle ait confiance. Et aussi peut-être qu’elle n’ait pas peur qu’on lui vole sa souffrance.

          • Mais elle est sans doute très fatiguée, ce qui souvent fait dire des conneries.
            On a déjà testé.

          • @Juliette B: oui je comprends comme toi la matière de ce post réactionnel, elle est fatiguée la nana, fatiguée stressée en colère, elle craque.
            Mais je trouve que c’est pas une connerie de nous signaler l’urgence, de nous signaler qu’ils sont bien dans la galère du côté de la lorraine.
            Moi j’entends en tous les cas que c’était pas une super idée de réduire le nombre de lits en psychiatrie, de réduire les effectifs soignants, et je me demande comment ça se passe concrètement,
            j’imagine que les plus emmerder sont les proches des malades, j’imagine des familles avec leur schizo tout décompensé obligé de rester à la maison, ça doit être un sacré bordel.

          • @anne-laure: oui. Dans le papier de Ruffin dans Fakir il y a le témoignage assez poignant d’une famille dont la fille autiste, 85 kg et du genre assez brusque (y compris avec sa mère pas très vieille mais qui a déjà 3 AVC au compteur), n’a plus de place dans la structure pour enfants qui lui convenait bien mieux que les autres. En quelques lignes on entrevoit leur calvaire.

            (je file me frotter dans le métro)

        • Comme on le verra dans le film, et incidemment dans la table ronde transfuge déjà en ligne, il n’y a rien à attendre de Depardon quant à l’analyse de l’institution, de la structure, en en l’espèce des problèmes politiques de la psychiatrie. Depardon, documentariste moyen, ne sait pas faire ça. Mais il se trouve que parfois, et presque malgré lui, sa caméra capte des scène immenses.

          • @François Bégaudeau: « Scène immense » m’évoque la scène avec le patient qui veut fonder un parti politique. Ce n’est tout de même pas par hasard que Depardon se place en interlocuteur de la juge à la fin de cette scène ? Elle a changé ma façon d’appréhender les scènes suivantes.

          • A vrai dire sur les 10 internés, je n’en vois pas un qui ne soit pas immense, qui ne soit pas un seigneur

          • @François Bégaudeau: Tout à fait mais je voulais pointer la révélation que nous fait la juge par l’intermédiaire du réalisateur à la fin de l’entretien. C’est la seule fois où l’on apprend quelque chose en dehors de la présence du patient, et ce n’est pas une petite révélation.

          • … / À vrai dire sur les dix internés, je n’en vois pas un qui ne soit pas immense, qui ne soit pas un seigneur / …

            cependant, pour les fêtes de fin d’année, je me contenterais bien cette fois encore de mes seigneurs habituels quand même

            … / la révélation que nous fait la juge à la fin de l’entretien / …

            cette audience est d’une densité tout à fait particulière, relevant d’abord les termes qui qualifient son internement, ses pathologies, sa dangerosité, comme pour les discuter, les nuancer, le patient mélange ensuite assez vite les périodes d’enfermement qu’il a déroulé, en prison, en hp, puis rapporte délires, menaces, soi-disant témoin/soutien à l’extérieur (même pas lolé tant à ce moment on est loin avec lui) sans que la juge retienne cette fois moue dubitative voir sidération moqueuse à peine retenue.
            C’est la plus spontanée la juge blonde à carré bouclé d’ailleurs, sidérante d’écoute frontale, peu paternaliste type la costaude à coupe courte, elle rit même franchment quand on lui dit qu’elle sert en rien en fait (quelle rupture étrange dans le protocole) et on est ému, comme on a le cœur lourd chaque fois qu’un.e interné.e investit l’audience pour demander des explications, plus d´explications, sur ses troubles, sa maladie, ses conditions d’internement, les propos et diagnostics des médecins mis au dossier, tout ce qui est/reste hors propos/sujet à cet instant

          • sidérante d’écoute frontale
            euh.. c’est quand même celle qui baisse à peu près tout le temps les yeux sur son dossier
            donc le frontal ça m’a pas frappé

          • super chahutant aussi l’audience avec la femme de 37 ans à qui la juge blonde à coupe courte finit par proposer de tomber l’anorak: ‘ Et vous avez le droit de m’interdire de me suicider? demande cette patiente internée qui trouve encore jusque là les soins moins apaisants que l’idée de mourir.

          • @François Bégaudeau: j’ai vu la table ronde avant le film, même pas peur,
            m’en doutais un peu que Depardon nous ferait de la merde entre les scènes d’audience mais c’est pas grave, on regardera pas ,
            je valide carrément ce que tu dis , que tout cela n’est qu’une grande mascarade ( je l’avais déjà raconté ici une fois je crois ),
            je valide pas du tout ce que dit Frédéric au début , que les patients ont 30% de chance de faire annuler les soins sans consentement,
            j’ai vu ça qu’une fois en 10 ans, enfin en 6 ans parce que ce dispositif n’existe que depuis 2011 il me semble, une idée de Sarkozy.
            Une autre fois c’était limite limite l’annulation, pour une histoire de vice de procédure que la connasse d’avocate avait relevée ( à cause des soignants qui font pas signer les paperasses à temps parce qu’ils ont autre chose à foutre, parce que le papier arrive la veille pour le lendemain ) ,
            et bon bref, un peu plus on relâchait un doux schizo qui n’en finissait jamais de fuguer en pyjama pour retrouver maman qu’il devait protéger absolument parce qu’il était dieu.
            Elle en pouvait plus la pauv’maman. Il l’empêchait de sortir de chez elle et tout et tout.

            Cela dit moi je les trouve toujours intéressantes ces audiences, notamment lorsque j’y accompagne un patient que je connais bien, cela me permet de le voir autrement, par le biais du regard d’un professionnel qui le considère tout d’abord comme un citoyen avec des droits , qui le questionne sur des normes que je ne me pose plus,
            j’aime les écouter raconter leur histoire à quelqu’un qui pour moi représente la société.
            Moi je me considère plutôt dans l’infrasocieté je dirais, avec les fous.

          • je te crois sur parole, mais Fred le tient d’une confidence de Depardon (qui dit avoir donc filmé des gens qu’on libérait)
            faudrait voir les stats

          • @François Bégaudeau: je sais pas si ça se voit dans le docu mais nous les soignants on n’est pas obligés d’assister aux audiences, on demande au patient s’il désire qu’on reste,
            j’ai toujours été désirée , ça fait plaisir

          • @François Bégaudeau: et chez certains, comme j’y repense, comme en audience je m’efface, un p’tit truc rigolo à observer, que face à des gens qui ne sont pas du milieu psy mes gros fous bien pénibles tout à coup se tiennent correctement , s’expriment clairement, on dirait qu’ils ne sont plus malades,
            je ne sais pas ce que ça veut dire,
            peut-être qu’il y a un contrat tacite entre les fous et les soignants, quelque chose qui fait qu’on entretient ensemble la folie,

            ah bah merde on est lancé sur le sujet , vous zavez pas fini de m’entendre parler

          • baisse les yeux sur son dossier

            j’ai attribué cette gestuelle, cette tendance à s’accrocher aussi à ses dossiers à une sorte de gêne devant les personnes et/ou au vu de la situation, devais être sous le charme, tout moi ça, m’aurait fait dire pour mon cas:
            ‘ archi accord pour qu’on prolonge si on s’y installe toi et moi en coloc´

          • oui elle est genée, et ça me la rend attachante
            mais frontale c’est pas le mot quoi

          • @tiresome: Je l’ai tout de suite prise en grippe à cause de ça, cette façon de ne pas regarder son interlocuteur, de ne pas lui répondre, de rester accrochée à sa paperasse, de ne rien avoir lu du dossier avant l’entretien, elle le dit, elle demande du temps pour en prendre connaissance. J’ai trouvé son attitude dégueulasse, ce manque d’humanité. Par la suite, comme si elle avait vu le premier entretien, elle prend plus en considération les personnes. On dirait que pour elle, le film a été monté dans l’ordre chronologique. Dans les entretiens que Depardon a donnés au site Les Jours – Juliette en a parlé – il explique qu’elle sort de l’école de la magistrature, elle découvre le métier et cette procédure, parfois elle a peur. C’est difficile.

          • Moi je sens la peur chez tous
            Ils savent pas faire.
            C’est pas rien d’avoir comme ça en face de soi des seigneurs.

          • @François Bégaudeau: ben elles me semblent pas fiables ces stats,
            on peut prendre les levées des soins sous contraintes en les regardant en biais , en les voyant s’effectuer juste après le passage chez le juge, soit,
            selon le calendrier juridique il se peut que les patients rencontrent les juges juste avant que les médecins avaient déjà envisagé la levée des soins sous contraintes,
            d’où beaucoup de  » libérations  » juste après les audience,
            c’est vite fait comme action, un p’tit doc signé par le médecin psy à l’adresse de la direction de l’hôpital et hop,
            pour ce qui est des soins sous contraintes à la demande d’un représentant de l’état, si c’est la préfecture notamment c’est un peu plus craignos, c’est un peu plus long

            pour résumer parce que je sais pas si j’ai bien expliqué ,
            ce sont les médecins qui ont le contrôle, c’est super facile de mettre les gens en soins sous contraintes, c’est seulement un peu fastidieux niveau organisation niveau paperasses à remplir , et faut pas se planter d’un détail sinon tout est à refaire,
            c’est aussi super facile de lâcher la contrainte ,
            les juges ne servent à rien en effet

          • et moi j’aimerais bien aussi qu’on regarde et parle un peu des films sans trop d’autour,

            on discute du jeune femme de Serraille, on me dit ´ dans ses interviews Dosch dit ceci dit cela´, on parle d’un film monumental et précieux et faudrait avoir lu ce qu’untel, dont je sais même pas en revanche si elle l’a vu ce 12 jours, a posté comme article ou interview et du coup on me dit que l’une des protagonistes en fait voilà quoi,

            En revanche, avais vraiment pas la tête à prendre qui que ce soit en grippe hier durant la projo,
            et je remets ici ce que trop tôt peut-être j’en ai dit à Jeremy:

            … / sors du Depardon, ça calme, la façon dont ces patients internés dans une unité de malades difficiles parlent du dehors, de la liberté, de ce qu’ils ont à faire d’autre de leur vie et de ce qu’ils comprennent de la procédure en cours (leur face à face avec un.e juge des libertés) est monumental, précieux. / …

            Et comme j’ai un ami qui aime bien parler des films comme ça vient, vais plutôt le retrouver au biiim pas loin de chez nous :- D

          • :- D

            pourquoi couper mon smiley? salope de tablette

          • @François Bégaudeau: >:

            C’est pas rien d’avoir comme ça en face de soi des seigneurs.

            c’est beau ce que tu dis mon françois je t’aime,

            tu me fais penser que j’ai vu il y a pas longtemps un e-mail passer dans la boite électronique de la secrétaire qui nous annonçait le retour de l’umd de l’un de nos seigneurs,
            un erreur de destinataire parce qu’il est pas de notre secteur ( mais quand même bientôt de notre secteur vu qu’on va fusionner) , un acte manqué ? pour nous refiler le bébé avec l’eau du bain,
            la secrétaire était râleuse de cette erreur de destination et moi j’étais contente contente frétillante

      • @François Bégaudeau: @Juliette B: et témoignage d’hier soir, de codette, de nantes :

        houlala ben mon vieux y en a des fous partout

        ( et ça la fait rire )

    • @Juliette B: m’enfin juju t’exagères, j’ai déjà raconté des tas de petites choses sur l’hp,
      ah bah voilà : on leur donne une main ils te demandent le bras,

      j’ai toujours pas trouvé le fakir avec le dossier hp, on me dit : le satyre ?
      non le fakir,
      putain de pays de droite de mes couilles,

      si j’avais un marteau,
      j’y mettrais tout mon cœur

      • @anne-laure: Apparemment il est mis en kiosque aujourd’hui; mais ne doit pas être distribué dans tous les points presse.

        Oui je sais bien que toi tu racontes ça, comme mes soeurs qui même quand elles sont crevées ou vivent des épisodes sordides au boulot, ont presque toujours à côté un récit où un gamin psychotique les a bien fait marrer avec une remarque ou un comportement apparemment tordu, et en même temps très drôle, fantaisiste, étonnant, beau parfois. Alors si on raconte cet univers, il faut aussi parler de ça je trouve. Un peu comme le passage du film de RAZ dont je parlais l’autre jour avec cette femme de l’HP lourde, pataude, attardée mentalement, et qui se met soudain à chanter sur scène un chant qui te cloue sur place et te chavire le coeur.

        • @Juliette B: ah bah merde j’ai regardé le lien du livre que tu nous a donné et je comprends plus rien, je ne sais que choisir entre le livre ou le dossier de 6 pages, le dossier est-il un extrait du livre ?
          Je suis perdue je ne sais plus,
          que faire,
          faut-il que j’égorge un poulet ?

          Toujours pas vu les films du site tenk je trainasses , l’autre jour j’ai monté le pc portable dans ma chambre dans mon lit, bien décidée et puis merde me suis rendue compte qu’il me fallait ma carte bancaire pour payer et j’avais trop la flemme de descendre,
          alors j’ai regardé des trucs gratos en attendant

          Je suis bien curieuse de savoir ce qu’il raconte sur l’hp ce françois en attendant, si tu dis qu’il manque les petites choses sympathiques de plaisir et de poésie c’est qu’il doit en raconter des choses pas jolies jolies ,
          des vertes et des pas mûres,
          sur la vraie vie en psychiatrie.

        • @Juliette B: ah bah du coup j’ai tout payé tout commandé,
          et avec ça une robe bébé dior rose satinée et scintillante pour un nouveau chien-cochon,
          je savais plus

          • @anne-laure: c’est exactement ce que je t’aurais conseillé.

        • @Juliette B: y passe plus qu’à 22 heures le film du barbu qui mange des bonbons fluos,
          ça commence à faire tard pour les mémés

          • @anne-laure: moi oui, mais François je crois pas qu’il va te pardonner.

  6. Il y a peut-être redite car j’ai essayé d’envoyer plusieurs fois ce message mais j’ai l’impression qu’il n’a pas été posté. Vu que c’est un bon plan réjouissant, je réitère. Jacques Rancière sera ce vendredi à 19h30 à la librairie Atout livre dans le 12ème parisien pour parler des textes de Gauny qu’il nous avait fait découvrir dans la Nuit des prolétaires http://lafabrique.fr/category/rencontres/

  7. tiens en parlant de ça, l’un des moments Meurice – me fais un petit rattrapage car on l’avait un peu oublié celui-là – : une sorcière pour parler avec les morts https://m.youtube.com/watch?v=Yu4OMBo0Tbg

    • @tiresome: ça m’a totalement laissé de marbre. Je trouve ça ennuyeux. Festival de blagues convenues.

      • @Jérémy: de granit moi
        moment 1er nov. quoi

        Il y en a une sur le langage start up et une devant un salon du management qui sauve un peu le bonhomme

        https://m.youtube.com/watch?v=7UJ_PBHNOyI
        http://www.dailymotion.com/video/x69chhy

        faut piocher quoi, selon son cycle

        • @tiresome: même pas fait exprès pour le marbre. Merci, je vais regarder.

          • @Jérémy: Et puis on était dans la mise en ligne de posts qui parlait de taf assez inégal
            va savoir pourquoi on a de suite pensé à Guillaume

        • @tiresome: j’ai appris des choses sur « disruptif », un OFLC en vogue, apparemment.

          • pardon, un fait de langue contemporain qui appelle peut-être la convocation de l’OFLC

          • disruptif est un must sur BFM Business depuis 3 ou 4 ans

          • @Jérémy:
            on aime lire ta pensée au travail, le ré-équilibrage à la Comaneci qui passe crème :- ) flc potentiel oui qui peut candidater auprès des officiels assermentés de l’observatoire dédiê
            Sinon, relevé le moment disruptif de GM aussi
            er puis celui au Pré Catelan où il a fini par pouvoir questionner un peu les participants à une sauterie de DRH https://m.youtube.com/watch?v=Sv_28YIfOiQ

          • @Jérémy: dans le moment pré catelan drh, la tendance à mettre en scène x 2 est too much, l’entre-soi filmé avec l’équipe de l’émission laisse bien apparaître et vivre les affects, le revers « t’empêches mon micro-trottoir, je monte ta faute de français et en rigole à plusieurs à l’antenne  » est intéressant, ça colore le côté aigre-propret de France Inter,

            après, j’aime bien la variété des sujets d’où part GM, j’aime bien sa gueule aussi – et ça ça m’échappe un peu – son côté on veut entendre les gens (s’) expliquer y compris si on est pas d’accord à priori, une formule très (trop) raccourcie un peu du désormais célébre  » c’est quoi être de ?  » des othon
            avec cependant chez Maurice et son équipe une assumée tendance foutage de gueule depuis le bon côté/camp assez vite saoûlante

          • @tiresome: DRH de Mac Do, Bouygues, Renault. Ca fait rêver. Je suis ravi de n’avoir jamais croisé ces gens-là dans mon boulot et d’être sûr de ne jamais en rencontrer un.

          • @tiresome: oui bon voilà, à petite dose. Structurellement, le même dispositif et cette même impression d’entre-soi que couronnent des rires entendus. France-Inter, quoi. Bon, au moins, ils se marrent plus que Lévy et Finkie, tant mieux pour eux.

          • un, deux, trois ou quatre. Ces gens, quoi

          • @Jérémy: croisé celui d’un constructeur automobile cet été, une histoire d’air bnb, sorti de son bureau l’était plutôt fréquentable ce DRH, c’est toujours pareil, souvenons-nous celui du N’importe qui

            . en attendant, à Clichy – si Meurice séche en sujet – http://www.liberation.fr/france/2017/11/26/dans-la-sous-traitance-hoteliere-c-est-de-l-esclavage-moderne_1612701

          • @tiresome: oui, c’est vrai. « N’importe qui » tourne toujours ?

          • @Jérémy: J’apprends des mots ici je connaissais pas disruptif. Papier de Libé qui éclaire sur son usage BFM business : http://www.liberation.fr/desintox/2017/10/13/que-signifie-disruptif-et-pourquoi-tout-le-monde-sort-ce-mot_1602934

          • @GaelleS: merci à toi, c’est très intéressant.

          • @GaëlleS: j’imagine bien que, dans ce contexte, celui qui décide de ne plus bosser n’aura pas les honneurs de ce terme.

          • celui ou celle, en écriture inclusive

          • @Jérémy: il me semble qu’en fonction du contexte, de l’environnement, de la situation d’où tu pars, arrêter de bosser peut l’être disruptif si, tu occupes un poste avec un statut relativement sécure, un salaire régulièrement évolutif sauf accident de parcours en fonction d’une grille lisible et officielle, et non en fonction de la façon dont tu chopes des aphtes en suçant untel ou unetelle, un salaire qui te permet un confort relatif (à ton goût) et la possibilité de te faire plaise, t’as pas trop d’heures d’obligation de présence sur ton site pro, du temps pour faire autre chose et tu démissionnes, sans avoir pour meuf une riche Priscilla comme Bobby Riggs: ça peut sembler assez disruptif comme truc, aux collègues dans une situation semblable, à ceux qui ont peut-être pas eu le concours pour acceder à ce statut pro facilement par exemple,
            sans bénéficier d’un salaire universel d’existence conséquent, qui se fout pas de la gueule du peuple, ça peut faire bien disruption il me semble,
            faire bien rupture ouais,

          • @Jérémy: tu disais

            … / dans ce contexte / …

            faisons plutôt comme si j’avais rien stp, merci

          • @Jérémy, tiresome: Dans le vocable bfm business, on leur réservera le terme de fainéant. tiresome je crois que t’es pas assez bfm business pour pervertir disruptif, ton exemple il passera pas chez eux au 20 heures.

          • @GaëlleS: Cool, merci Gaëlles 🙂

            Le lien du Ciné en liberté en retour: http://www.transfuge.fr/tv-transfuge.html

          • @:

            .

            .. / dans le genre disruptif mode chiant / … ?

            – chiant pour bfm business tu veux dire ou bien ? :- I

          • @tiresome: oui en mode pas bfm business quoi

      • @Jérémy: après avoir découvert et commenté la nouvelle photo cocasse de la petite dernière du beau frère nantais, choisi ce matin son Les français et l’Olympia à Meurice https://m.youtube.com/watch?v=HLPCGNet798
        La forme liée de ses coqs à l’âne est souvent réussie et drôle, et j’aime assez sa vigilance politique, son attention à toujours situer sa chronique (Olympia, Bolloré, Universal, Vivendi)
        me dis que j’aimerais bien le voir bosser, à partir d´une trame de questions et du contenu récolté à mesure, il doit aussi se marrer en faisant,
        et puis sur l’entre soi, il a toujours la prudence et le professionnalisme (une certaine forme de politesse peut-être même) de mêler, dans sa mise en scène, des analogies avec les autres chroniqueurs
        parmi lesquel.le.s quelques chouchou.te.s, sa chair à moquer preferée, de bonne guerre quoi le plus souvent

        • Et surtout Clara Dupont-Monnod, beaucoup moins à gauche que la troupe autour (d’ailleurs elle écrit à Marianne)
          Comme on sait, j’ai les même préventions contre l’entre-soi, et notamment celui de France Inter, mais il faut préciser qu’on sort ici de la gauche PS genre Demorand, ou de la gauche républicaine voix mouillée genre Morel, ou de la gauche morale vallsienne genre Sophia Aram.
          Bref on est avec des libertaires et c’est pas si fréquent à Inter

          • J’aime bien « gauche républicaine voix mouillée ».

            Morel, qui réussit à pontifier sur Robert Hirsch, sans jamais évoquer son jeu d’acteur. Parce que le républicain avisé, qui s’extasie sur les grands noms d’artistes, est aussi celui qui parle le moins d’art. Mettre le lyrisme de côté pour aborder l’affaire de manière plus analytique, ça ne fait pas partie de son programme.

          • bon après, je m’en tape un peu de Robert Hirsch, c’est pas ma géographie. Mais Morel n’est même pas capable d’explorer la sienne.

        • @tiresome: oui, je suis d’accord. Celle-là est pas mal. On pourrait parler de vigilance goguenarde. Peut-être deux ou trois blagues à décaper, mais ça fonctionne. Le passage « vieilles canailles » est efficace.

          • @tiresome: je crois que ma résistance est formelle. Je pense que je fais une indigestion à la chronique radiophonique humoristique. Ce qui peut me faire marrer ne passe plus par cette configuration -et les invariants que j’entends-, dont je me suis peut-être trop gavé à un moment donné. Oui, je crois que c’est ça, en fait.

          • @Jérémy: tu dirais un peu de ce qui te fait marrer en ce moment?
            as-tu un peu approfondi le cas Jeremy Ferrari dont nous avions parlé un peu ici par exemple?

          • ou l’hymne de l’hiver? https://m.youtube.com/watch?v=yd5GoPtp20Y

          • @tiresome: j’avais commencé un spectacle de Ferrari et abandonné. Je vais réessayer. Le dernier truc qui m’a fait rire, c’est une nana qui présentait Bergson dans la mythique émission de D8, « Voyage au bout de la nuit ». Un petit délire initial, avant la lecture. Faudrait mettre Modiano au bout des pieds de certaines lectrices. Sur un sofa.

  8. tiens en parlant de ça, vous aviez vu les Dissociés ? c’est inégal mais moi ça me fait bien rigoler,

    https://www.youtube.com/watch?v=5lUBlW72qBQ

  9. – Quelqu’un qui comme moi a vu Carell et Stone dans Battle of the sexes perhaps?

    un peu biopic, un peu eventpic, m’a fait chaud, comme Les figures de l’ombre de Melfi sorti en mars, le Dayton/Faris,
    propre sur lui, bien didactique, un film gentiment progressiste et familial qui laisse chacun tranquille dans son camp
     » Elle marche vraiment comme un homme  » postillonnera l’un des commentateurs TV du mythique show-match tandis que le sugar Daddy phallocrate surdopé et à plat complet dira, format confidence when Billie beat Bobby,  » je t’ai sous-estimée « 

    • @Tiresome: Vu aussi cet aprem aux halles. Sympa, oui. Je m’attendais plus ou moins à ça de la part des réal’ de Little Miss Sunshine. Le charme vient surtout de la reconstitution et des interprètes. Après tout est quand même un peu attendu (venant d’un fait réel c’est normal, tu me diras mais bon…).

      Le truc qui est vraiment dommage pour moi, c’est qu’il y a une promesse d’intrigue qui n’est pas vraiment tenue autour de la création de la WTA, à partir du moment où les filles se font virer du circuit classique. Ça, j’aurais aimé en voir beaucoup plus et je pensais que ça serait le cas vu comment le film démarre. Mais en fait non. C’est abandonné en cours de route.

      • @mathieu: disons plutôt que c’est le fil conducteur, l’histoire qui enveloppe le parcours de la vedette qu’en est Billie Jean King et qu’on a noté, tout comme BJK, que dès le lendemain du show-match pig/flowers, elle a un match de tournoi sérieux et sponsorisé par PM (comme lui rappelle la manageuse du WTA alors que Billie est alitée, fièvreuse et grippée)
        et si Bobby Riggs rencarde les meufs en lobs/libs bras de fer c’est justement parce qu’elles ont créé la WTA (merci de me permettre de compléter et préciser cela)

      • et avec ce match-show, Riggs dit clairement montrer, affirmer, prouver, en battant la numéro 1 des joueuses pro, que les meufs sont nulles et pas intéressantes à regarder jouer un match de tennis: petits déplacements, peu de coups enchaînés tactiques, pas de vitesse de frappe de balle, sans puissance et intêrêt quoi,
        tout ce qui alimente dés le début du film, le refus de primes égales entre les joueurs et joueuses par match gagné.

      • et d’ailleurs, bien plus joueuse sérieuse que ça, elle parle chiffres d’affaires BJK: les matchs entre meufs ont-ils fait moins de ventes de billets? moins de spectateurs payants? et c’est quoi le ratio matchs meufs/ matchs gars? sur cette base, recalculons les primes de façon juste: tels matchs rapportent ça à l’organisation sportive, elle les rémunère à hauteur qu’on soit homme ou femme et n’oublions pas que, une fois créée la WTA, là on va la faire et la peser en mode concurrence la bataille des sexes ici, sur les courts avec des matchs femmes et hommes aux mêmes dates ce qui, maintenant on le sait, n’est pas le plus futé côté markéting mais au vu des enjeux dans le temps de la fiction, est déjà pas si nul

      • @mathieu:

         » j’aurais aimé en voir beaucoup plus … / à partir du moment où les filles se font virer du circuit classique / …  »

        veux-tu par exemple parler de comment, une fois créée, la TWA va par exemple match aprés match, compter les billets vendus et pouvoir en organiser d’autrés? s’appuyer d’abord sur le fric des unes et des autres (primes des matchs gagnés avant la TWA mises en commun et/ou ressources familiales ou perso pour étayer) pour exister jusqu’à ce que Philip Morris les sponsorise?
        On sait, et ça communique dessus, le contrat de départ accepté par les joueuses:1 euro, peu ensuite c’est vrai entre la scène claquage de porte, qu’on claque même pas tant on réalise au moment même le pari qu’on vient de (se) lancer, le moment on va créer notre propre tournoi, scène qui existe, est un peu argumentée (faut vendre des billets) point.

        On se dit que ce fil est peut-être laissé lâche au profit de l’intrigue homosentimentale (choix des réal? négo-contrainte de la production?) même si le film de Dayton/Faris œuvre finalement peu dans la convergence des luttes (l’un des stylistes effleure le fait que la société n’est pas encore prête, qu’il faut y aller petit à petit)
        ça, en revanche, m’a bien foutu le seum, le coup de la révolution en douceur? BJK est juste pas prête elle, à ce moment là, et l’embrassade d’avant son retour triomphante dans l’arêne, le  » un jour on sera libre d’aimer qui on veut  » (sous-entendu au grand jour?) on va dire qu’ils sauvent la scène?

        plutôt qu’avec cette fin, la prod a dit oui pour lâcher le fric.

      • @mathieu:

        … / venant d’un fait réel, normal tu me diras mais bon / …

        – crois-tu que même le  » tu » littéraire donc non adressé, dépersonnalisé, dirait cette connerie? :- )

        alors, ce tu un peu concon, on l’inviterait ferme et fissa à voir le Jackie de Larrain
        par exemple

      • sinon j’aime bien le plan où, de dos, pointes rafraîchies, adidas bleu électrique aux pieds, raquettes sur l’épaule et tête déjà concentrée sur ses pas, BJK laisse, après leur avoir souri, ses deux fils sentimentaux hors accès athlétes, emprunte le hall d’accès au court du show sans que son mari même ne l’y accompagne, j’aime comme elle s’en émancipe en douceur, dit et montre aux 2 qu’à partir de cet instant, de ce moment, elle se charge de ce qui la concerne, que chacun son truc un peu quoi,

        • @: … / laisse ses deux fils sentimentaux / … fil(s) à prononcer fil[e] il s’agit du fil qu’on débobine, fil pour histoire, affaire sentimentale, que BJK déroule en parallèle, z’aviez compris? ouf, un moment j’ai craint que

    • @:

      Battle of the sexes

      on y aime bien aussi le côté show assumé pour un sport pas si réputé que ça pour être foufou (entrée trône de reine antique ou d’impératrice lors du match quel sera le sexe le plus faible? mais également lors des tournois plus tradi, la couleur que décident de porter les filles de la TWA, la retraite sportive, saugrenue, déguisée quoique toujours technique pour Riggs et ce sponsor qui soutient l’asso des femmes avec sa marque de cigarettes et autres produits du tabac, on est à des tonnes de feuillles de la rigueur policée quant à la santé d’aujourd’hui
      pas déplaisant,

      • @:

        … / sans que son mari même ne l’y accompagne / BJK s’en émancipe en douceur / …

        le rôle du mari qui rejoint l’athléte et s’en préocccupe, en prend soin dés qu’il le peut, est incarné avec une considération douce et aimante qui, je dois l’avouer, m’a total cueillie.
        Sur la base de l’admiration qu’il a pour cette femme pratiquante passionnée et pro en tennis, il sait et compose avec la place qu’elle lui laisse à (ses/leurs) côté(s) – d’elle et son métier –
        sait que c’est avant tout ce qui la meut et fait tout pour la polluer le moins possible quand il y a des enjeux, même si un soutien gorge plus funky (ou à bonnets plus profonds?) que ceux qu’elle porte d’habitude traîne un jour dans la salle de bains, même si, un jour, elle prend plaisir à partager son lit avec une autre femme.

  10. Et si ça décolonisait ses imaginaires?
    Amandine Gay chez Médiapart pour son docu Ouvrir la voix sorti en salles et encore et toujours visible au moins à Paris https://m.youtube.com/watch?v=9aXQUWz6IDo rare, précieux,

    … / penser ce qu’est d’avoir le privilége de l’innocence de sa couleur de peau / … y dit par exemple l’une des protagonistes dans un extrait, être dans la norme et se rendre compte quand on bénéficie des privilèges attenants selon les situations, et Amandine Gay, qui raconte toujours aussi précisément les rôles stéréotypés en France, l’erratique représentation de la diversité dans l’individualité des femmes noires, leur droit à la vulnérabilité, le caractére systémique des diverses discriminations subies, les contraintes de financement plus aménageables quand on fait un docu, la rareté factuelle d’une sortie nationale d’un film réalisé par une femme noire en France, les évitements lexicaux à hauteur de l’évitement des questions sociales en France, la convergence des luttes et comment le privé est politique lorsqu’il nourrit les récits qu’on recueille et monte dans un docu, son partage détaillé côté bio et parcours, sa conscience parlée de ses priviléges quoi, le classisme, l’endogamie du ciné français, son boycott de tout ce qui n’appartient pas à la norme, l’étriqué de la vision du monde des institutions de ce secteur, le retard des institutions sur le peuple, entre autres, on l’aime bien cette meuf,

      • … / point forcer à bisouter / …
        en plus, Mémé et Tata elles piquent

        • je rigole parce que tout ça me fait repenser à cette réplique d’une comédienne de la troupe des Chiens de Navarre l’autre soir, au cours d’une scène de pique-nique où ça discute sec :

          « En tant que femme je réclame le droit à parler pour ne rien dire ».

          • J’ai plus rigolé au mec qui dit amicalement « ma porte reste ouverte ».

          • pique niquer avec la porte qui reste ouverte
            lol xxl en effet

          • et de repenser d’un coup à ce perso du dernier Nakache et Tolenado qui redit comme un scoop ce qui a déjà été dit ou ce que tout le monde a déjà bien pigé, bien vu
            drôle comme on en connaît des comme ça,

        • je ne commente pas « une formation aux violences sexuelles »

          • @:

            un peu l’histoire de la formule-raccourci qu’on entend souvent  » journée de mobilisation pour le cancer, pour le sida  » qui bouffe le  » pour la lutte contre  » qui va avec ou, plutôt, le fait pour certain.e.s adultes, institutions que ça arrange, de prendre encore les jeunes pour des cons à qui ça aussi faudrait expliquer, dire c’est quoi les violences sexuelles?

          • @:

            surtout que le département se dit  » à la pointe de « 

        • @tiresome: Nadia Daam nous dira quand on sera autorisé à ne pas être d’accord avec elle sans se faire insulter.
          S’agissant des viols, je lui conseille de faire un tour dans les commissariats et les tribunaux. Elle y apprendra que tous les non-lieux et les acquittements dans ces affaires-là ne sont pas tous injustifiés.

          • @Charles: A quoi fais-tu référence pour les insultes de Daam ?
            J’ai effectivement connu trois garçons de 16 et 17 qui ont passé il y a longtemps une nuit très pénible en garde à vue après avoir été simplement « reconnus » comme ses violeurs par une jeune fille les apercevant un soir marchant dans la rue alors qu’elle se trouvait dans un car des flics pour tenter de retrouver ses « agresseurs »,

            Aussitôt embarqués dans le car, une claque à celui des trois jeunes qui était noir, puis interrogatoires séparés, interminables, privés d’eau et de droit d’aller pisser, où chacun a entendu un policier lui affirmer que ses copains avaient avoué et que ce n’était plus la peine de nier.
            Eux disaient tous n’avoir jamais rencontré cette personne.

            Au petit matin seulement, les alibis solides et faciles à vérifier des trois gars avaient été constatés et la fille ramenée au foyer où sa mythomanie étaient clairement répertoriée.

            Des choses qui arrivent en effet.

  11. J’ai bien bossé hier, j’ai vu A Beautiful day (alors que le titre original You were never really here est si beau).
    La mise en scène circonscrit parfaitement le jeu de ce petit cabotin de Joaquin Phœnix. Barbe qui couvre son visage, cicatrices qui couvrent son corps. Démarche lourde et grognements d’ours. Un animal, un corps, une mécanique. Même son sourire, son seul sourire du film, est mécanique, est déjà un effet de montage. Après un sauna, Joaquin se fait beau devant un miroir de salle de bain, il chantonne et finit par un sourire à son reflet. La séquence suivante est un massacre.

    J’aime aussi les effets de répétition lancinants, obsédants : la chanson qui revient plusieurs fois, les comptes et décomptes avec les voix qui se superposent, la respiration au sac en plastique, les plans de sable… Les souvenirs de Joaquin reviennent, se répètent, se répondent, comme des mouvements musicaux. C’est très beau.
    Par contre, lorsque la signification de ces réminiscences apparaît trop clairement, ça m’ennuie, ce sont des clichés (passé traumatique, le père, la mère, et aussi trauma d’ancien combattant) qui m’empêchent d’adhérer totalement au film. Et par dessus, il y a aussi ces flashs de corps entassés dans un cachot. Là ça commence à faire beaucoup ces réminiscences, à faire trop et ça m’intéresse ce « trop », parce que je ne sais plus la part de vécu et de paranoïa du personnage, parce qu’au final, les causes s’additionnent et s’annulent. Lynne ne veut jamais expliquer son personnage, son passé. Elle veut juste le regarder dans son présent, où il n’est jamais vraiment, comme dans le titre.

    Visuellement, le contenu des plans m’intéresse tout le temps. Lynne ne se perd pas dans des scènes explicatives, elle reste sur un film impressionniste. Les orteils de Joaquin qui plonge dans le sable. On comprend pas tout de suite ce que c’est. Je me suis dit, dans ma grande naïveté, en voyant ce 1er flash insituable : tiens c’est peut-être des souvenirs de vacances à la mer… Puis je revois plusieurs fois l’image du sable dans le film, je comprends qu’il est pas à Arcachon. J’aime bien comment le film se construit et se déconstruit dans ma tête grâce au montage, d’une grande virtuosité je reconnais.

    Il y a beaucoup de scènes incroyables qui me suffisent pour elles-mêmes : les gros plans de bonbons fluos éclatés entre les doigts de Joaquin, les grimaces d’agonie qui sont des sourires de jeunes filles. La scène que je préfère, c’est celle d’un mec sur lequel Joaquin a tiré. Le mec est, à terre, mourant. Joaquin, debout à côté de lui, pourrait le finir. L’homme à terre veut échapper à Joaquin, il rampe longuement dans le salon, sans pouvoir lever la tête, sans pouvoir se diriger, il rampe jusqu’à ce que sa tête cogne lamentablement la porte du placard de la cuisine. Un élan vital débile et émouvant. D’ailleurs ça émeut Joaquin. Il lui file un médoc, il reste à ses côtés. Il a pitié de lui, pas parce qu’il est mourant, parce qu’il est en vie.

    Du coup, moi aussi je vous le conseille grave ce film.

    • @Billy: ah oui ça donne envie, faut que je m’organise.
      J’ai déjà un vu un film de cette nana, we need to talk about kevin, conseillé par ma sœur Sophie.
      Sur la psychologie déjà elle n’élucidait rien, ça doit être son truc, son dada.

      • Merci Billy, on va suivre votre conseil alors.
        J’avais aussi trouvé que son film tiré du livre de Lionel Shriver était bien foutu, alors qu’il ne paraissait pas évident à adapter ce Kevin.
        Une de mes collègues qui va beaucoup au cinoche n’a pas supporté A beautiful Day et est sorti avant la fin, ce qui ne lui arrive jamais… On verra.

        • A Beautiful day me paraît hyper supportable, mais tu me diras. Je me suis même pas poser la question du supportable pendant le film, c’est pas Antichrist quoi. Les quelques moments gores sont hors-champ. J’ai crié juste une fois quand Joaquin se fait éclabousser, je me suis caché le visage avec les mains et je regardais entre les doigts. La fille de base.

          • Moi qui suis un mec de base, j’ai tout bien regardé en face. Mais c’est aussi que souvent je ne voyais pas venir l’horreur. Sinon j’aurais fait ma fille de base

        • @Juliette B: et on n’oublie pas le conseil braguino sur le replay arte de Cédric depuis hier et pour un mois,
          et je persiste à te conseiller le film de vincent le blaireau parce que je le trouve intéressant et j’aimerais avoir ton avis ( et en plus il est rigolo ),
          t’as qu’à le pirater si tu veux pas courir dans paris pour le trouver

          • @anne-laure: Oh mais je sais pas bien pirater moi, les fois où j’ai tenté ça m’a ramené des merdes sur mon ordi dont j’ai eu du mal à me débarrasser après. Pour l’instant mes horaires collent pas avec ceux de Vincent, mais le week-end qui vient j’essaye.

            Merci de me rappeler Braguino :-), je l’ai vu hier en replay mais comme son parti-pris esthétique (longs plans répétés sur les beaux enfants blonds, ode à la vie sauvage etc.) ne m’a pas séduit, et que tout repose sur lui, je me suis assez vite ennuyé. C’est un peu comme l’autre docu dans les bois dont on avait parlé : la fascination du réalisateur pour ses personnages fait écran entre eux et moi.

          • c’est pas très sympa de faire miroiter à Juliette du rigolo dans Pour le réconfort
            pas sympa et pas tactique

          • @juju: ah d’accord, moi j’ai pas encore pris le temps de le voir, nous verrons donc si je peux être fascinée par de beaux enfants blonds,
            mais je me soupçonne déjà d’avoir cette appétence, surtout s’ils ont les yeux bleus,

            alors que les enfants noirs

          • @juju: félix il sait vachement bien pirater je sais pas comment il fait, je crois qu’il faut passer par les sites de streaming allemands un truc comme ça, parce que surpersurveillés ils savent parfaitement frauder,
            c’est ainsi par ailleurs qu’il a vu logan lucky que je lui avait conseillé,
            bilan : pas emballé, quelques plans originaux qui lui ont plus, notamment la façon de cadrer des gens de très très loin je crois j’ai pas tout enregistré ,
            pas emballé par le scénario, surtout la fin qu’il a trouvé absurde le partage de fric il a pas compris

          • @anne-laure: tu lui as répondu quelque chose sur le partage du fric ?

          • @juju: ben non je sais pas j’ai pas vu le film,
            et au fait me suis plantée pour les sites allemands : ça c’est pour voler des jeux vidéos,
            c’est pas pareil,
            ahlala ces pirates,
            allez zou vais mater la guerre des blonds

          • @François: …tandis que toi qui nous envoies voir des coups de marteau et le sang qui gicle.
            Le diable je vous dis.
            Un vrai Charles Manson.

          • C’est à dire que moi j’aime pas du tout le rire. C’est comme ça depuis tout petit. Attouchements de mon oncle.
            Paix à l’âme de Charles -1m57 et douze esclaves sexuels, moi je dis chapeau.

          • @juju: mouais c’est pas trop mal braguino, bien aimé surtout la première partie jusqu’à l’agglomération d’enfants blonds sur l’île, ensuite j’ai décroché,
            la dernière partie m’a faite penser au bouquin de sylvain tesson, lorsque des riches citadins viennent foutre la zone sur le lac avec leur 4X4 de merde et leur musique trop forte je sais pas si tu vois.

            J’ai aimé surtout la chasse au canard ( on traduit canard mais je crois pas que ce sont des canards, plutôt des genres de grosses perdrix mais bon je vais pas refaire les traductions ), très efficace, grâce au montage , c’est marrant parce que t’imagines bien que le vieux il tire pas comme ça toutes les secondes sur les oiseaux.
            Le déplumage par le gamin j’aime bien,
            et bien entendu l’élément essentiel du film : le démantèlement de nounours.
            Ah bah alors là j’en revenais pas, du travail bien effectué, propre impec.
            Avec des soi-disant chichis mystiques qu’ils feraient à la fin pour rendre hommage à l’âme de l’animal mais c’est pour faire plaisir aux touristes à mon avis, ils s’en battent les couilles.
            J’adore la chute de la tête d’ours.
            Je me disais tiens c’est marrant les papates on pourrait en faire des chaussons et paf plus loin tu trouves une princesse avec les chaussons. C’est magique.

            C’est magique aussi la séquence de deux secondes de l’homme qui tartine le chien blanc de sang et tu comprends pas ce que c’est.
            Après tu comprends.
            C’était pour l’ours.

          • @et plutôt pour billy: au niveau de la bande son, que j’appréciais bien au début parce que les sons sont étranges et envoûtants , je crois une sorte de son dévié de bruits de pales d’hélicoptères,
            beaucoup d’aboiements ensuite,
            ça allait bien, c’était pas trop mal,
            mais sur la fin le son fait un effet d’exagération de la gravité de la situation alors que c’était pas la peine d’en rajouter je trouve mais bon

          • @françois: bé ? c’est pas parce que toi tu étais tout crispé tout fâché que juliette ne va pas apprécier l’humour du film, non mais.
            C’est pas la peine de tenter de dégoûter les autres par avance des choses qu’on exècre, je vois pas l’intérêt.

        • @Juliette B: des fois que tu te prendrais un vélib et paf la juliette

          • @anne-laure et sitistes: Dans le dernier numéro Fakir (83) Ruffin met sa caquette de député et s’en va faire un tour à l’Hôpital psychiatrique. Il n’y connait rien, ne sait plus où se mettre, se prend tout dans la gueule, se reprend, casquette de journaliste finalement. Il raconte et c’est vachement bien.

          • @cat: ah oui merci pour l’info, c’est genre un article de beaucoup de pages ? Je crois que c’est ça le truc dont il parlait qu’il écrivait qui allait ressembler à un livre, un député à l’hp.

          • @cat: et de là on m’dira : m’enfin nounouche tu connais déjà tout très bien comment ça se passe à l’hp, quel intérêt de lire ce dossier,

            sauf que non justement j’ai besoin d’avoir un point de vue extérieur de quelqu’un de pas trop mal cérébré qui n’y connaît pas grand chose, ni soignant ni soigné ni de la famille du soigné,
            parce qu’il me semble que nous de l’intérieur on ne se voit plus faire, je nous soupçonne d’êtres sacrément déviants

          • @anne-laure: C’est le dossier donc 6 ou 7 pages, j’ai pas le Fakir sous les yeux là mais je crois que c’est pour toi, justement parce que tu connais bien. Il y a aussi un livre, oui, et deux propositions de loi à venir. Il bosse le Picard. De l’info là-dessus si tu veux
            http://www.courrier-picard.fr/70855/article/2017-11-14/psychiatrie-nos-deputes-mobilises

            Tu savais que Ruffin était dans le même lycée de Jésuite que Juju ? Jupiter je veux dire, celui qui dort jamais.

          • @cat: ah bah il est pas arrivé dans le magasin de journaux près de chez moi, tant pis, j’essaierai de le pécho plus tard, je vais en prendre trois exemplaires et en poser deux au boulot.

            je le savais plus ou moins pour fanfan et juju-jupiter, je ne m’étais jamais vraiment arrêtée sur ce détail qui bien évidemment nous rappelle les deux singes ou ma vie politique de mon françois.
            A moi.

          • @anne-laure: Les abonnés ont la primeur de l’info, c’est dégueulasse, au passage on a 8 ans et on se demande bien pourquoi la primeur sans « e ».
            Deux singes bien sûr, mais n’étaient-ils pas trop distants par leur classes sociale et d’âge, par leurs cheveux aussi ? je ne te parle même pas des centres d’intérêt, ni des objectifs qui se constituaient alors, enfin j’imagine qu’ils s’ignoraient.

          • @cat: deux ans d’écart, ça me semble possible qu’ils se soient jaugés dans la cour d’école.

          • @cat:

            au passage on a 8 ans et on se demande bien pourquoi la primeur sans « e »

            ça c’est du vécu.

          • @juju: tiens ma juju je te laisse ma musique du bon dimanche à siffloter dans le métro en se frottant la moule sur les jambes des gens,
            avec un t-shirt noir à cœurs et à paillettes du drapeau des Etats-Unis d’Amérique

          • @anne-laure: merci je l’ai écouté au reveil c’était très bien.

          • @juju: j’ai fait mieux que la goutte d’or j’ai fait le marché périphérique de fringues de saint ouen et le marché de bouffe du boulevard barbès.
            Mais je peux faire peut-être encore mieux, tu me diras.

          • @juju: ( mais je crois que je préfère quand même les désœuvrés d’Aubervilliers )

          • @anne-laure: oui à Aubervilliers tu sens vraiment davantage la pauvreté massive à certains endroits.

            Alors, tu trouves pas qu’il est beau ce théâtre decrepi des Bouffes ?

          • @juju: ce théâtre en ruine ? mouais, pas mal, je trouve bien l’idée de ne pas le restaurer ce vieux machin pourri,
            mais j’ai surtout aimé la pelouse la fumée,
            et alice les requins, elle a ri mais ri

            j’ai bien pensé à toi en passant par les champs elysées palapalapa, attirées par les lumières fabuleuses de l’avenue montaigne nous avons pu admirer des robes pour bébés dior à 6500 euros,
            plein les mirettes comme dirait tata Sophie

          • @juju: t’as le marché périphérique du marché périphérique de saint ouen qui pue bien la misère aussi,
            et des arabes qui traversent le marché en porsche cayenne noire, on a bien rigolé,

            plein les mirettes on te dit

          • @juju: comme j’y repense y a un truc qui m’intrigue au marché de saint ouen j’aimerais bien que tu fasses une enquête pour moi,
            faut s’arrêter à je ne sais plus quelle station de métro, tu passes dans les travaux tout ça tout ça c’est le bordel, tu longes le marché par le périph de gauche, tu dis bonjour aux arabes qui te demandent si ça va madame , qui te répondent ça va tranquille, et puis tu bifurques un moment vers la droite vers le marché des vieilles croûtes d’antiquaires parigots qui font rien qui boivent du vins et mangent du fromage, mais pas dans les halles hein : en plein air,
            dans la zone des fringues d’occasions,
            et là tu tombes sur un stand qui porte le drapeau des rastas, le drapeau avec un lion couronné, face à un drapeau breton ( un magasin de crêpes on imagine ),
            et bon nous on est passé rapidement devant j’ai pas capté grand chose à part que les trois types qui tenaient le stand n’avaient pas l’air de vendre grand chose à part des bâtons d’encens, qu’ils ont dit bonjour ma sœur à alice, elle était contente elle a dit qu’elle avait confiance en eux.
            Plus j’y pense plus ça m’intrigue, kesk’ils peuvent bien foutre au marché les rastas ?

          • @anne-laure: Ah ça me fait bien plaisir qu’Alice ait été là, rigolant comme une baleine face au requin – seul au milieu de la scène et nous regardant dans les yeux sans rien dire, grand moment.

          • @anne-laure: bien aimé aussi le moment où la grosse vache à cornes après son petit ballet fonce dans le public on a peur et que son museau capitonné vient rencontrer le nôtre en douceur.

          • @juju: ah ! elle a ri presque tout le temps du début à la fin,
            elle a même ri lorsque le grand barbu lors du pique-nique, Maxence je crois son prénom, nous raconte l’histoire des jets de foutre qui traversent le salon pendant que les gamins regardent la téloche,
            j’étais étonnée,
            mais c’est peut-être autre chose qui la faisait rire je sais pas ,tellement ça foisonnait de trucs rigolos,

            et oui le requin qui était posé là dans un coin avec ses gros yeux ronds et qui faisait rien elle l’a adoré elle est tombée en amour.

            Le pape noir qui chante du Johnny aussi la faisait beaucoup rire je sais pas pourquoi, genre t’avais trois personnes qui riaient et alice y était.
            Mais après coup celle qu’elle a préféré c’est la jeannette.

          • @anne-laure: je vois bien le marché aux puces et ses alentours désespérés – Comment peut-on vendre un couvercle de tuperware usagé pour récupérer 10 centimes ? Comme ça – mais pour les rastas gardons-leur leur mystère. Je pense qu’ils échangent des informations politiques, de la musique, du matériel, des adresses et…non pas ça.

          • @anne-laure:

            Le pape noir qui chante du Johnny aussi la faisait beaucoup rire je sais pas pourquoi, genre t’avais trois personnes qui riaient et alice y était.

            Le pape noir, trois personnes qui riaient aux éclats dont Alice donc, et Zad (je sais pas pourquoi non plus).

          • @juju: ah nous on était assez hautes pour pas sentir l’attaque de la vache, j’aimais bien ses petits pas de danse,
            et dis t’as donné tes mains à qui toi au début ?
            moi j’ai donné ma main gauche à un grand type à lunettes aux mains moites c’était marrant on se lâchait plus, on a capté un peu tard qu’on n’était plus dans le coup,
            ( et main droite à alice, normal quoi )

          • @anne-laure: Ah merde on a pas eu droit aux jets de foutre de Maxence nous.
            Il faudrait y être tous les soirs, puisque tous les soirs ça change.
            Penser à faire une formation de pompier de théâtre pour y être tous les soirs.

          • @juju: ah ouais ? ils sont bizarres nos enfants non ?

            tu crois qu’ils vendaient de la beuh les rastas ?
            Des bons prix de voyages pour l’éthiopie ?
            Oui c’est un mystère.
            Il faut le résoudre juliette.

          • @anne-laure: oui j’ai donné ma main au voisin et à la voisine et fermé les yeux et répété la phrase qu’il fallait répéter dont je me souviens plus le texte exact mais ça disait en gros qu’on avait pas peur.

          • @juju: ah merde ça me fait chier pour toi juju, t’as tout loupé,
            mais tu as reçu ce qu’on n’a pas eu,
            en giclées de foutre

          • @juju: me souviens plus de la phrase non plus et j’étais pas très concentrée j’étais pas sérieuse

          • @anne-laure: ce que je trouve génial dans un spectacle comme ça, c’est que tu sors et tu vois le monde comme ça et il faudrait que ça ne s’arrête pas.

          • « Je suis en colère et je ne me laisserai pas faire. »

            Cette intro one-man show est une idée géniale, une façon de casser tout de suite le malaise d’être au théâtre dont on parlait il y a quelques mois. L’acteur s’adresse directement à nous, micro à la main, il fait pas semblant de pas nous voir.
            Cette intro « fermez les yeux, donnez-vous la main » mélange bien la solennité du théâtre, le recueillement de l’ambiance-attentat et « allez, on tend la main vers l’autre, même si évidemment, on pense à la gastro ». Très bon dosage solennité-gastro, je dirais.

          • Ah oui c’est ça, merci Billy.
            Le début est génial en effet: un abandon où on accepte tous son propre ridicule pour commencer.

          • son notre propre ridicule plutôt

          • @juliette: n’empêche on dit on rigole on rigole mais y avait des discours dans la pièce qui m’ont tendue que j’ai pris très au sérieux,
            notamment le cosmonaute qui exprime son ras le cul de ce drapeau de merde et toutes ces conneries symboliques ces mascarades qui ne le concernent pas parce qu’il est juste scientifique lui,
            t’sais celui avec son caca qui vole,
            et la travailleuse sociale bénévole je ne sais quoi qui s’occupe des migrants qui s’effondre dans les bras de l’autre qui goutait les vins au début,
            j’étais limite à chialer, je connais bien ce qu’elle dit, me rappelle les fois où par le biais de l’histoire d’un individu tu captes toute la misère du monde,
            un sentiment chrétien je dirais , un truc qui donne envie de chialer oui, l’impuissance je crois,
            mais bon c’était peut-être aussi que j’étais toute chamboulée émotionnellement par toutes ces montagnes russes de rigolade de poésie ,
            ou parce que j’avais mes règles

          • @anne-laure: Oui, cette gravité sous-jacente on la ressent aussi quand ils demandent l’aide des spectateurs pour tirer le bateau de migrants vers le rivage,

            Tu sais que c’est du jeu, du théâtre, que peut-être ils n’attendent qu’une occasion pour t’envoyer les requins te bouffer les fesses, mais pendant que ça hésite tu te dis: non c’est pas possible que personne n’y aille quand même, et cette interrogation devient un peu vertigineuse. Elle ne porte pas que sur le bon déroulé du spectacle.

            Un truc que j’ai pas dit à Cat la dernière fois quand j’en parlais aussi, c’est que le couple parisien qui accueille les trois migrants pour les héberger un temps n’est pas que ridicule,
            il est touchant aussi,
            on dirait qu’ils découvrent pour la première fois leurs bébés adoptés, ils ont envie de bien faire.

            Le tableau avec le cosmonaute je l’ai beaucoup aimé, le mec fatigué de ce cirque qui préfère finalement s’allonger pour dormir plutôt que s’escrimer à planter le drapeau de son pays. Ca va bien les conneries.

          • @juju: tout à fait , j’y pensais aussi à ce tableau qui nous tiraille de gens sur un canot qui nous demandent de l’aide ,
            c’est du théâtre mais c’est pas du théâtre,
            c’est de l’art mais c’est pas de l’art,
            ce sont nos frères humains qui nous demandent de l’aide et keskon fait , on y va on y pas , on continue à n’être qu’observateurs, que spectateurs,
            on fait la révolution, on y va on y va pas etc
            et tout ça sans points d’interrogations, ouais

            c’est marrant que tu dises que le couple de gens aisés soit parisien, moi je les voyais en province,
            j’aimais bien la finesse du discours de céline la danseuse, elle tient bien son rôle de fille hyper obéissante ( réplique sur la responsabilité ) , au pique nique aussi ( réplique sur les enfants de pédés qui sont bien polis ),
            pas très drôle mais fine, comme son corps,
            et alors ça je sais pas si vous vous l’aviez, mais j’adore quand elle fait son grand écart devant la table basse et que Maxence pousse le vase pour lui mater la chatte,
            j’aime bien le sang qui vient ensuite ,
            ça ensanglante chez les chiens

          • @juju: tout ça me rappelle la jeannette de bruno, lorsqu’elle confie à son amie dont je ne sais plus le prénom qu’elle souffre de se sentir encore tellement insuffisante après avoir donné du pain et des vêtements aux gamins avec qui elle avait dansé sur la guitare espagnole

          • @billy juliette: ah tiens et tout à coup je me demande, billy et juju,
            ils ressemblaient à quoi pour vous les gens qui ont tiré le canot ?
            Pour nous c’était trois types blancs à lunettes la cinquantaine genre bons pères de famille.

          • @anne-laure: oui Céline nous a bien fait son grand écart et c’est aussi la meilleure déglingueuse de table basse que je connaisse.

            chez nous les sauveteurs de migrants étaient cinq, des hommes, la trentaine, plus Zad qui a sauté au dessus du premier rang en rigolant pour plonger dans l’océan, a plaqué deux requins comme au rugby, s’est fait un collier de leurs dents puis a repoussé d’un raffut un garde-côte italien, a donné un coup de marteau à un autre qui s’apprêtait à l’abattre, avant de saisir la corde et de tirer tirer.

            sinon je sors du film de Lynne Ramsay et je valide comme tu dis, tu peux y aller,
            François a pas raconté trop de conneries pour une fois.

          • @juju: ah ouuuuais ? un coup de marteau comme thor ? j’te crois pas,
            oui j’y repense au film avec le mec là l’acteur que françois aime pas je sais plus son nom,
            j’envisageais en cuisinant les légumes d’aller le voir dimanche si marie était pas dispo pour les douze jours,
            et avec félix pourquoi pas,
            vu que monsieur n’a pas daigné aller au théâtre parce que c’était trop loin, c’était trop de voyage

          • @juju: le mec qui nous vient de la nouvelle-calédonie, de l’autre côté de la planète,
            ( n’importe quoi )

          • @juliette: je reste très très méfiante envers françois, je me méfie de lui comme de la peste

          • @anne-laure: he’s got the evil within

          • @juju: ( quoique un collier de dents de requin serait plutôt le genre de rahan, le type qui nous vient du fond des ages tu vois, le blond )

          • @juju: p’tain juliette, combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas me parler en anglais,
            en espagnol oui, Francesco es el diablo, comprendo bien , es el mejor façonne de le dire

          • @juju: ou bien il a le sheitan en lui oui,
            en arabe de chez nous

          • @anne-laure: Ah oui je connais Rahan, celui qu’a inventé le slip avec une épine d’églantier me rappellent de bonnes sources à domicile, ou plutôt l’ourlet, l’ourlet qui fait que le slip qui n’arrêtait pas de tomber ne tombe plus.

            non mais j’ai mes lettres qu’est-ce que tu crois.

          • @juju: ah ouais ? avec des épines d’églantiers ?
            c’est plus pratique pour combattre à mains nues les tigres à dents de sabres,
            keskiléfort ce rahan

      • @anne-laure:
        We need to talk about Kevin avec le sentiment de malaise qu’il arrivait à distiller par un montage jonglant entre les époques et les « rimes » ou « échos » entre deux époques (je me souviens d’un jeu sur la couleur rouge et de scènes tendues sur la responsabilité du petit Kevin quant aux horreurs qui arrivent à sa petite soeur) avait directement rejoint ma liste des films à ne pas regarder lors d’un premier rdv (mais qui va encore au ciné lors d’un premier rdv dans cette population toujours plus inculte mais disait l’autre jour Jean-Baptiste et ).

        Il est plein de surprise notre hôte. Qui aurait cru qu’il serait aller voir un film avec Joaquin Phénix en vedette dans un rôle plein de pathos.

        Vos top10 me donnent des idées pour ma liste de noël (j’ai toujours un retard hallucinant sur l’actualité ciné. Je crois que j’ai toujours pas épuiser vos listes de 2016, il doit me rester au moins le Linklater). Et rien avoir, mais j’ai déjà ajouté les gogols de tresvaux.

        Sinon, j’ai débuté la saison 2 de The Girlfriend Experience qui suit deux intrigues parallèles toujours via le format de 25 minutes (sous entendu qui empêche les scénaristes toute vélléité de multiplier les intrigues et de tirer à la ligne; The Deuce pourrait illustrer une série au concept alléchant gâchée par son écriture sérielle). Pour le moment, je me suis concentré sur celle qui nous présenté une directrice financière du parti républicain lesbienne qui lors des élections de mi-mandat de 2018 noue une relation avec une call-girl. Pour le moment, l’esthétique froide inspirée du film éponyme me plaît, ainsi que l’ambiguïté de ce qui nous est présenté (dans quelle mesure les protagonistes s’entichent-elles l’une de l’autre, jouent à s’enticher et sont dupes des sentiments de l’autre). Je sais pas si mon dernier argument détruira tout l’intérêt que vous pourrez porter au programme, mais tout me porte à croire que l’attente du public, à savoir observer la chute d’une femme puissante due à ses pulsions sexuelles, sera déjouée (ou du moins je veux croire qu’il n’y aura pas ce soupçon de moralisme à la fin).

        Sur ce, je retourne pleurer parce que dans le pays de la liberté d’expression on ne pourra pas voir le film d’un génie qui s’est masturbé devant cinq femmes il y a plus de douze ans.

        • Je compte bien voir We need to talk, étant convaincu que Lynne Ramsay pourrait filmer des chaises que ça me plairait encore
          Donc Joachin Phoenix ou un autre, peu importe quand on filme comme ça
          Et puis j’ai deux précédents amicaux avec lui : les deux derniers PTA

          Je note pour Girlfriend -même si c’est une série, et que je boycotte le genre depuis que j’ai vu The Knicks se liquéfier d’épisode en épisode

          • The Knick

    • Voilà : il y a des scènes. C’est vraiment l’exécution que je trouve exceptionnelle dans ce film. Tout est redoutablement bien négocié formellement.
      (mes deux prefs : les deux séquences de virée punitive -la première pour l’usage de la videosurveillance, mixé avec un morceau de soul-yéyé ; la seconde pour les gestes ellipsés, ellipse qui pourrait se gloser métaphysiquement si j’avais que ça à foutre)
      Evidemment la backstory traumatique aurait tout pour m’emmerder, mais elle n’est justement jamais traités comme une backstory qu’on éluciderait peu à peu comme une clé, mais plutot comme une série de flashs au présent, qui ne seront jamais moins confus que lors de leur première injection. Ca fait vraiment passer le truc (j’aime assez aussi qu’il y ait deux traumas, façon de sortir du rosebud univoque, et de compliquer le schéma explicatif, qui finit par ne rien expliquer)
      Je ne sais pas bien ce que cette fille a dans le crâne, mais je sais qu’elle a du cinéma entre les mains.

      • Et même, 3 traumas je crois : le père, l’ancien combattant et le cachot. Très belle façon d’envoyer bouler le rosebud oui. Je crois que je trouve ça génial, je regrette de pas avoir eu l’idée à la fémis. Au lieu de m’épuiser contre les analyses psychanalytiques de mes scénars, j’aurais dû dire, ah ouais tu veux du trauma ? Allez c’est parti, c’est ma tournée.
        Méthode qui a un certain panache.

        • @Billy François: L’usage de la vidéosurveillance pour filmer une scène d’action est quand même un poncif du cinéma des années 2000.
          Et oui les flashs traumatiques ne sont pas univoques et ne sont pas traités sur un mode purement explicatif. Ok, c’est moins nul qu’ailleurs et alors?

          • « L’usage de la vidéosurveillance pour filmer une scène d’action » : dit génériquement comme ça, oui. Mais à quelle autre séquence ressemble vraiment celle de Beautiful day? (avec ces cadres là, ces gestes là, ce type de lieu là, cette musique là)
            Le film est fort dans le détail ; tes réserves génériques sont sans doute vraies mais inopérantes dans le détail.
            Quant à la rudimentarité du scénario, je m’en réjouis. A l’heure des scénarios ultra-savants imposés par le diktat des séries.

          • @Charles: Le scénario n’est pas que rudimentaire, comme peut l’être celui de Last Days par exemple, il est surtout très con et sans intérêt. Quand on fait avancer l’intrigue via un personnage en train d’agoniser, on est chez Steven Seagal et pas ailleurs.
            Tu me reproches d’être trop générique, ok. Mais explique-moi donc en quoi la scène, ou plutôt le flash, où l’on voit un enfant se faire tirer dessus à bout de portant par un autre enfant qui en profite pour lui voler sa barre chocolatée a un quelconque intérêt? De même pour les scènes avec la vieille mère du héros. La dernière scène, au diner, on en parle? C’est quatre phrases de dialogue (« on va où? » « je sais pas » « mais on va où », « où tu veux », « c’est une belle journée », magnifique), des plans où rien ne se passe – sauf un énième rêve de suicide.
            Je note d’ailleurs que tes deux scènes préférées du film durent entre 2 et 5 minutes – et je suis gentil.
            Ce film, c’est juste une série B enrobée d’une mise en scène arty et prétentieuse.

          • si ce film est juste une série B enrobée d’une mise en scène arty et prétentieuse, comment veux tu que je le défende
            je ne peux que m’incliner
            et oublier mon sentiment que TOUS les plans de ce film sont réussis

          • @Charles:

            Ce film, c’est juste une série B enrobée d’une mise en scène arty et prétentieuse.

            ah bah j’ai plus du tout envie d’aller le voir tout à coup keski m’arrive,
            ma sœur va le voir, j’attends qu’elle me donne son avis aussi

          • Concernant les scénarios ultra-savants, je rappelle une banalité : les films se financent sur leur scénario et leur casting (sachant que le casting dépend aussi du scénario puisqu’un acteur-star va toujours chercher un bon gros scénar avec rôle « actors studio » à oscar). Pour imposer un fil scénaristique aussi ténu que celui d’A Beautiful day, il faut que le réal soit une star et qu’il soit balèze. J’imagine bien Lynne la balèze disant à Joaquin « si si, tu vas voir, tu vas jouer un serial-killer poly-traumatisé, tu vas être bouleversant ».
            Je ne crois pas que les séries aient une responsabilité dans ce système de production. François, les séries ne sont pas responsables de tous les maux. Par exemple, pour tout ce qui est réchauffement climatique, rupture amoureuse et Laurent Wauquiez, les séries n’ont fait qu’accentuer des phénomènes pré-existants.

          • oui enfin je me demande quand même si les séries émettent pas quelques particules fines

          • @François Billy: Et vous savez le plus drôle dans tout ça? C’est que Ramsay dit avoir été très influencée par les séries actuelles.

          • pas dans le filmage en tout cas
            (la différence étant qu’elle, elle filme)

    • @Billy: Moi aussi j’ai fait mon bon élève en allant voir Beautiful day. Et autant te dire qu’il ne va pas chambouler mon top 10. On a donc une intrigue de série B, voire Z (un tueur à gages qui va délivrer une jeune fille de l’emprise d’un réseau de politiciens pédophiles, sérieusement?) sur laquelle Ramsay, déjà responsable du médiocre « We need to talk about machin », délire. Donc, oui, comme tu dis Billy, le film est impressionniste, dans le sens où les plans sont flottants et que par des effets de montage, la narration paraît très abrupte, à la limite du compréhensible – en même temps, il n’y a rien à comprendre hein. Les scènes de violence sont ainsi soit ellipsées, soit escamotées, ce qui leur donne peu d’intérêt. Sauf quand Joaquin Phoenix se fait sauter la tronche (en rêve): petit sursaut de surprise. Mais parfois le montage donne à voir des choses intéressantes, nous immerge bien dans l’espace mental de Phoenix,avec une musique et des effets sonores bien utilisés. Quelques scènes sont tellement incongrues, presque risibles, qu’elles suscitent bien quelque choses – même si je ne saurais dire quoi. Le reste, c’est du je m’en foutisme scénaristique avec un personnage qui ne me passionne à aucun moment – faut quand même être fan du corps de Phoenix pour apprécier beautiful day, Ramsay ne filmant rien d’autre. Je ne comprends pas où veut en venir la cinéaste.
      Je résume : les dialogue sont fonctionnels, le récit est débile (mais vraiment), le personnage de Phoenix n’est pas intéressant une demi-seconde (et il est pourtant de toutes les scènes), mais le montage est singulier et inventif.

      • @Charles:
        Le film ressemble beaucoup à un polar coréen trash, genre dont je suis assez client (OldBoy, The Chaser, et le hasard a voulu que je voie J’ai rencontré le diable la veille d’aller voir A beautiful day).
        Le genre ici est celui du revenge movie, au sein duquel il me semble que la vengeance sert de prétexte aux réalisateurs pour témoigner de leur virtuosité. D’ailleurs, qui a dit que Tarantino se servait de la vengeance comme moteur de ses intrigues pour pallier à son nihilisme lors d’une table transfuge ? (Indice : ce n’est pas Eric Neuhoff).
        Le refrain est ensuite connu (au moins depuis le comte de Montecristo), on va nous montrer la vanité de la vengeance à l’aide de personnages qui ont tout perdu et iront jusqu’à perdre leur humanité ou le peu qui leur restait. Là où je trouve le film malin (attention divulgâchage), c’est dans le traitement de ce passage obligé, de ce code (en terme geek). Notre perso devenu vengeur/justicier s’introduit dans la demeure du bad guy en plein jour (première surprise), dérouille les gardes du corps en hors champ ; normal on se dit que c’est pour assurer un crescendo au moment de la rencontre avec le big boss qu’on imagine furieuse, et là surprise/ déception, on se retrouve avec un sauveur qui ne sauva point, qui ne servit point, qui aurait très bien pu ne pas être là, son monde s’effondre deux fois (1) car il n’a plus rien à faire, 2) on lui enlève la possibilité de se fondre dans le rôle qui s’était donné). Puis scène finale, présageant un avenir meilleur possible (j’ai eu moi aussi un problème avec les répliques).
        Je comprends que mon argumentaire peut être retourné en « voici un film de petit malin » ou qui se croit meilleur que le genre qu’il investit en allant pas au bout de la descente aux enfers de son perso. Je comprends aussi que tu n’aies pas aimé les scènes avec la mère mais j’ai été réceptif à la malice de l’assemblage relation aimante + âge des persos + allusion à Htch.

        • @Atom: Tu auras remarqué que le père Tarantino construit des récits avec beaucoup de soin, écrit des dialogues géniaux, filme des personnages ressemblant à des être humains. Pas ici.
          Dans Old boy, que j’aime modérément, tu as au moins une scène stupéfiante (le massacre à coups de marteau – même ça n’est pas original chez Ramsay) et une ambiance un peu malsaine (scène du poulpe), bizarre, qui ne se fout pas de ses personnages.
          The Chaser est un très bon thriller : récit travaillé, tension permanente, efficacité des scènes d’action, ville bien utilisée et mise en valeur etc…
          Je ne pense même pas que Beautiful Day soit un revenge movie, étant donné que le personnage principal ne sait même pas pourquoi il fait ça, il avance comme un somnambule avec son marteau (soit rigoureusement l’inverse des héros tarantiniens, qui sont conscients et réfléchis).
          Ce n’est pas tant un film de petit malin qu’un film qui se donne volontairement un cadre débile, tout en refusant au spectateur d’offrir les jouissances minimales que pourrait lui apporter ledit cadre (comme par exemple dans Man on fire de Tony Scott).
          Donc j’aimerais bien qu’on me dise où veut vraiment venir le film.

          (Si on veut voir un film un peu sauvage, filmant des marginaux dans un NY halluciné, on peut se pencher sur Good time)

        •  » on se retrouve avec un sauveur qui ne sauva point, qui ne servit point, qui aurait très bien pu ne pas être là, son monde s’effondre deux fois (1) car il n’a plus rien à faire, 2) on lui enlève la possibilité de se fondre dans le rôle qui s’était donné). »
          très d’accord avec ça
          surtout si on ajoute que le montage le prive aussi de la tuerie de gardes du corps

        • Ton parallèle avec Good time marche bien, Charles. De Good time, j’aime beaucoup les pures idées de mise-en-scène (braquage muet, l’explosion de rose dans la bagnole) et le scénario je m’en fous, limite il me gène. Cette histoire de frère attardé, qu’est-ce que c’est lourd. On voit le scénario, les intentions. L’intérêt de Good time, c’est jamais le scénario. Plusieurs scènes de Good time sont supers, beaucoup sont oubliables. Dans A Beautiful day, toutes les scènes me restent dans la tête. T’as pas accroché sur celles dont j’avais parlé plus haut ?
          J’ai aussi aimé les scènes avec la violence ellipsée. L’ellipse c’est l’intérêt de ces scènes. Une façon de raconter en creux. Qu’est-ce qu’il reste d’une scène de violence sans la violence ? la tension et Joaquin qui pleure à côté d’un lit de petite princesse.

          Je précise ne pas être fan du corps de Joaquin, comme tu dis. Mais son corps m’intéresse dans ce film là, en animal traqué-traquant, filmé comme ça. Par contre, si tu veux parler de corps un peu précisément, je suis très Matt Damon (période Gerry ou le 1er Jason Bourne si j’ai le choix).

          • @Billy: J’ai bien aimé la scène avec l’agent mourant qui rampe dans la cuisine, enfin le fait qu’il ne le tue pas, qu’ils chantent ensemble et se tiennent la main. Alors évidemment, ça fait très « regardez bien comme je ne fais pas comme les autres et je détourne vos attentes » mais ça fonctionne. Même si c’est scénaristiquement nul (le mec qui lui donne une info capital dans un râle).

            Je trouve ça un peu étonnant de dire que ce qu’on aime dans une scène c’est ce qu’il n’y est pas, quand tu dis que tu apprécies la dernière scène de violence parce que la violence n’est pas là, ou déjà passée. C’est un peu comme commander au resto une pièce de boeuf et complimenter le chef parce qu’il n’y avait que de la sauce dans l’assiette et pas de boeuf.
            Mais je me dis que c’est peut être la seule façon de sauver le film, par un saut théorique, subtilement suggérée par le titre original, « you were never really here ». Le personnage de Phoenix n’a jamais été présent à la scène, à ce qu’il vit car une action n’est toujours qu’une pure consommation, qui se consume par son déroulement, à telle enseigne qu’elle pourrait n’avoir jamais eu lieu et qu’on ne peut donc jamais la saisir, qu’elle nous échappe toujours. Bref, ce genre de trucs.

          • Aimer les ellipses dans la dernière virée, ce n’est pas aimer ce qui n’y est pas : les ellipses y sont, elles sont très tangibles, je dirais même qu’on ne voit que ça
            Comme la plus grande ellipse du monde dont j’avais parlé sur Deer hunter : celle entre le piano entre potes et l’hélico au Vietnam. On aime la puissance consistante de cette ellipse (d’ailleurs la sensibilité physique au montage, c’est toujours une sensibilité à l’ellipse -sensibilité à la coupe, à ce qui est retranché)
            Je n’entre pas dans les débats sur le scénario, parce que mon adhésion à ce film est une adhésion physique à son montage, à ses coupes.

          • Oh non Charles, pas les métaphores culinaires. On vaut mieux que ça tous les deux.
            Je suis sûre que j’aime le film pour ce qu’il y a dedans. Quand les coups sont ellipsés, je trouve que, tout en gardant la tension de la scène, les ellipses ajoutent de l’étrangeté et déconstruisent le personnage de sauveur comme l’a bien dit Atom. Alors je sais pas à quel plat du jour ça correspond, mais un truc bon.

            Non mais, j’ai une gueule à complimenter un chef dans un resto ? Qui fait ça d’ailleurs, pour de vrai ? Des hommes pas jeunes avec une chemise trop serrée, non ?

          • Bon ben voilà on se rejoint.

  12. François,
    Je me permets de relancer ici une discussion avortée samedi à la fin de notre rencontre au Festival Interférences pour bien saisir le point de cristallisation du débat qui a eu lieu en salle autour de l’accès à « des vérités » VS à « la réalité » ou « des effractions de réalités » au cinéma.
    Les uns défendant l’idée que le cinéma nous donne accès à des formes de vérités, même si celles-ci sont toujours le résultat d’une élaboration, historique, scientifique, etc…alors que toi tu préférais parler « d’authenticité » ou « d’effet de réel ». Est-ce que tu pourrais éventuellement nous resituer rapidement ce premier courant de pensée, qui, si j’ai bien compris tourne autour « de l’accès possible à des vérités dévoilées par l’art et le sensible » puis nous dire en quoi il semble si contradictoire avec ton approche et ton vocabulaire autour du « réel » ?
    Et tout le monde peut participer, c’est pour ça que j’écris ici et pas par mail.

    • L’authenticité n’est pas un mot que j’emploierais. Je demandais aux étudiants des exemples de ces « vérités » produites selon eux par le cinéma, et ils me parlaient en fait de « sincérité » -notamment à propos du film bulgare. C’est là que le mot « authenticité » m’a semblé opportun pour rendre compte de leur pensée, pas de la mienne.
      Eux et leur prof disaient d’ailleurs bien « vérités » et non pas « effets de vérités » -ça c’est plutot mn lexique à moi. Et j’entendais dans ce lexique un dualisme bien connu dans certaine pensée classique (et scolaire) de l’art : le réel n’est pas la vérité. Dans l’art il n’y a pas de réel, il y a des vérités. Et l’art fait advenir la vérité en retranchant le réel. C’est du platonisme pur jus : le réel masque la vérité -masque les idées-, il faut donc le retirer pour qu’on voie à nouveau la vérité. Dans ce processus, la fiction est l’outil privilégié, qui justement évacue le réel (et non pas le docu, qui lui redonne la main)
      Ce dualisme là, qui se résumeen trois phrases et se récite aisément (l’étudiant récitait, et ça m’a fait mal pour lui), ne correspond en rien à ce qui se passe entre un spectateur et un film. Un spectateur, de fiction ou de docu, a toujours affaire à du réel, à des effets de réel en tout cas, à des phénomènes perceptibles qu’il assimile à du réel. C’est pourquoi j’ai pris comme exemple la voix de la vieille dans le docu qui la saisit en plan fixe pendant vingt minutes. Cette voix, l’effet qu’elle me fait, je peux en dire quoi? Surement pas une vérité. Cette voix n’est pas vraie au sens platonicien, elle est… ce qu’elle est. Elle impose sa force singulière, et cette force singulière là s’appelle le réel. Du moins cette voix acquerra sa puissance de réel si je la perçois comme singulière et qu’elle m’affecte. Le réel au cinéma n’est pas un donné mais un processus : il advient par frottement entre l’objet (cette voix) et celui qui la perçoit. Il est une zone de frottement entre récepteur et émetteur.
      Le champ académique a une tendance structurelle au dualisme. Puisque son fond d’activité et de commerce ce sont les idées, alors il attend de l’art des idées. Et c’est bien dommage, parce que l’art c’est justement ce qui résiste aux idées, du moins ce qui les éprouve, les complique, les altère et fait tout ça en enchevêtrant les idées et le réel. Le réel est alors, pour le champ académique, un empêcheur d’idé-aliser l’art, d’où sa très mauvaise presse dans ce champ (voir Deux singes 98 là-dessus)
      Le prof a cité Kant : normal. Il n’allait pas citer Rancière.
      Et voilà ses étudiants embarqués dans ce dualisme qui ne les aidera pas du tout à rendre compte de ce qu’ils voient et entendent et ressentent quand ils sont devant un film.

      • @François Bégaudeau:
        Merci, c’est plus clair. Bien sûr, le réel comme ce qui excède la pensée. Je reprends Deux singes, je me reconnecte.
        « Raconter que le réel est une fable exonère de le prendre en compte, et dégage une voie royale pour la pensée pure. C’est le père de tous les arrangements. » Deux singes, p.243
        Plaisir de relire cette année 98 après ces trois derniers jours passés ensemble, à l’aune des 7 films en compétition et des discussions qu’ils ont suscités.

        • 7 films dont 5 que je n’oublierai pas de sitôt
          Les deux autres étant tout sauf nuls.
          Précisons que sur ces deux figurait Vers la tendresse, d’Alice Diop, que certains sitistes ont vu je crois.

  13. Tiresome, t’étais à la séance d’hier 13h40 de mise à mort au mk2 Parnasse? Si oui, on était à la même.

    • @Charles: gran zespri gran zomm

      • et si c’était un top 16

        , on remixerait le bazar comme suit:

        120BPM
        Jackie
        La colère d’un homme patient
        The Young Lady
        Baby Driver
        Seven Sisters
        Wind River
        The Square
        La mise à mort du cerf sacré
        Happy End
        Mary
        Dans la forêt
        Valley of stars
        Atomic Blonde
        Le prix du succès
        L’amant Double

        • @:

          – en 2 Jackie, parcqu’il parait que la bête est romantique
          puis
          – La colère d’un homme patient, pour sa forme froide, calme, déterminée, sans empathie aucune, putain ça fait du bien, pour un film loin d’être sans action et qui maintient tension et attention alors que l’issue est d’emblée annoncée
          – The Young Lady parcque ça botte le cul à Miss Bovary un peu enfin, ça se laisse mettre sur la voix pour bien s’en émanciper de l’école d’Emma, de son romantisme encore si propret et rosissant, la Jeune dame aime le cul, vit son corps et se sert, désactive les embûches qui la freinent, zigouille de l’intérieur et en local le systéme patriarcal à mesure qu’il l’entrave
          – Baby Driver, parcque Spacey avant qu’on sache, parcque drôle, dingue et trop comme on adore avec des experts à la Logan Lucky un peu, l’illégalité comme jeu sérieux et pour sa gueule
          – Seven Sisters, pour son aspect formel joueur, le mélange réussi des codes graphiques Marvel et son allure retour vers le futur un peu (dans les décors, les persos à figure et psychologie de marionnette, la mise en scène ave l’actrice à multi-rôles ) et sa trame politique d’hyper proximité avec les badges d’accès, les contrôles et stockages d’infos persos pas si maîtrisés, l’obsession de la régulation des flux et déplacements des citoyens, de la densité de la population, un film contemporain et sf en même temps dans l’usage qui est fait de la technologie (extermination organisée et institutionnelle des résistants) avec un Dafoe sereinement monumental en grand père féministe de fait et au quotidien

          • ma liste n’a rien d’original par rapport à certaines livrées ici, donc ça attendra bien Transfuge de janvier
            la seule petite exception tient au fait que je suis le seul ici à avoir vu A beautiful day
            je recommande aussi chaudement M
            non j’déconne

          • @:

            et bien voilà, m’aurait étonné que ça tienne: je sors du Gorgeart qui déboule dans le

            top 5

            et prend la place des Seven Sisters en 1 coup avec son Diane a les épaules
            ouais chu comme ça moi

          • @François: ta liste, donc, logiquement ça devrait être ça (en désordre):

            Happy end
            Mise à mort du cerf sacré
            120 bpm
            Neruda
            Jackie
            Une vie violente
            A beautiful day
            L’usine de rien
            Logan Lucky
            The square

          • oui mais pas de Neruda
            et pas dans cet ordre

          • il manque Barbara

          • @<a href="#comment-68591"François: Merci.
            Et aussi d’avoir recommandé ici Le septième continent. Sacrée claque.

        • @:

          Diane a les épaules

          , premier long de son réal. si je comprends bien,
          Hesme est presque jusqu’à la toute fin archi à la hauteur, filerait presque au film le(s) défaut(s) attribués à Dosch pour le Jeune Femme de Serraille qui a quelque peu vampirisé le truc pour certains et pourtant ça fonctionne: c’est ajusté, drôle, documenté et surtout, surtout centré sur la femme, sa découverte de ce qu’est dérouler une grossesse, ce que les autres y investissent, y foutent de plus ou moins intrusif et grossier, la place qu’on lui laisse à elle, femme enceinte et femme qui ici, dépanne un couple de 2 copains, 

          on l’avait repéré la b.a. de ce film et avait de suite dit ici combien ça nous ramenait direct au je sais pu combientième récit de l’Au début: synopsis -> une meuf porte l’enfant d’un couple homo
          on a aimé, bien aimé, 

    • @Charles:

      hier mise à mort

      – pressens-tu que cela t’incite à revoir ton classement top10 2017?

      . si j’osais, je proposerais le mien comme suit:
      120BPM
      Jackie
      La colère d’un homme patient
      The Young Lady
      Seven Sisters
      Le vénérable W
      Wind River
      The Square
      La mise à mort du cerf sacré
      Happy End

      • putain c’est trop chiant de devoir les classer, on pourrait y passer des heures
        je prends le parti de classer par ordre de ceux qui m’ont le plus étonné ou procuré un plaisir immédiatement fort

        Une vie violente
        The Square
        Jeannette
        Gabriel et la montagne
        La mise à mort du cerf sacré
        L’usine de rien
        Jackie
        Les fantômes d’Ismael
        Paterson
        Neruda

        et si c’était un top 15:
        Get out
        Corps et âme
        Va Toto
        La colère d’un homme patient
        Grave

        • @Juliette B: en outre de cette histoire de classement je te valide pour le réconfort de vincent,
          pas mal du tout, des plans étonnants, des répliques qui claquent, des personnages intéressants,
          quelques défauts deci delà mais c’est pas grave, le fond est un bon sujet

        • @Juliette B: et avec tout ça t’as le droit à un très bon générique final, de la musique post punk comme on aime par chez nous,
          et avec ça ce sera tout madame la charcutière, la femme du charcutier

          • @anne-laure: non mais tu te rends pas compte de la violence du truc, t’es à peine arrivée sur le site Sens critique de notre Carlito chéri qu’on te demande de t’identifier – vos papiers -, puis de classer les films, de les noter, et de cliquer les critiques qui te plaisent – positives ou négatives – qui du coup remonteront devant les autres ou partiront dans un grand puits profond d’où elles crieront « Help, Help, Hé Ho, You You, Y a quelqu’un ?  »

            ça me fait penser à Maurice et son Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus.

          • @juju: ouais mais t’es pas obligée de t’identifier non ? de participer aux concours,
            tu peux juste mater comme une voyeuse il me semble

          • @anne-laure: oui mais moi comme une idiote je m’inscrivais sur le site juste comme on le fait sans penser entrer dans un concours de mes deux.

          • @anne-laure: je veux dire ça va pas du tout de soi que l’amour du cinéma se passe sur ce mode là – concurrentiel – quoi.

        • @Juliette B: sinon t’as une idée de combien de temps dure la pièce des chiens ? chuis sur une organisation de journée hypersévère là, faut que je compte toutes les minutes

          • @anne-laure: 1H30. tu reprends le train après et tu vas courir ?

          • @juju: non non j’aurai le temps de trainer mais je sais pas où encore, j’ai des calculs savants à faire,
            merci pour l’info ( nan mais parce que c’était pas noté sur les billets ni sur le site quel manque de rigueur )

            vais peut-être courir nue dans le 11ème avant de partir ouais

          • @juju: nue sur une bourrique

          • @anne-laure: je ris. si tu traines dans le coin du théâtre tu vas te trouver plein d’amoureux (je ris encore comme une grosse bête). si tu as besoin, tu me sonnes, ou me siffles.

          • @juju: ah ouais c’est plein d’arabes non ? la goutte d’or, parait qu’faut pas y trainer genre touriste faut bien faire comme si tu y vivais depuis toujours, des ragots qu’on m’a raconté encore,
            même pas peur j’ai peur de rien

          • @juju: j’ai déjà trainé à la gare du nord avec les toxicos moi madame j’ai peur de rien

          • @juju: et puis je sais pas siffler, je sais que siffloter des petits airs sympathiques pour moi-même

          • @anne-laure: y a aucune raison d’avoir peur. c’était rigolo le soir où j’y ai retrouvé les cinq autres parce que la copine de Zaï qui a 22 ans et est belle comme un coeur avec ses shorts et ses yeux qui brillent nous a dit en souriant – sans s’en plaindre – qu’on l’avait accostée cinq fois entre la station de métro et la brasserie d’en face du théatre (50 m) où elle nous a rejoint, ma copine M-H qui habite dans le quartier lui a dit Ah oui c’est comme ça ici même avec moi qui suis une vieille ils tentent le coup, de la même façon qu’elle aurait dit la boulangerie est au coin de la rue, et moi je me suis rendu compte que j’avais rien vu de cette division sexuelle en descendant du métro et en entrant dans ce même café où seuls des garçons se trouvaient vu que j’étais préoccupée par un truc que je lisais à ce moment là.

          • @anne-laure: quand je disais tu me sonnes c’était pas rapport au danger c’était rapport au sommeil nécessaire, mais j’habite à l’autre bout de la ville.

          • @anne-laure: tu sifflotes comme ça je parie (avec tes pieds) ? https://www.youtube.com/watch?v=U5GKrmtCAgo

          • @juju: Oh bah oui je connais bien, sûrement le premier morceau sur lequel je me suis entrainée, le b-a-ba du sifflotage , maintenant je peux tout te faire, de la symphonie de beetove à nofx,

            j’avais pas compris oui pour le signal d’alerte, je peux te sonner avec une petite clochette peut-être dring-heu-ling-heu-ling ,
            si je loupe le train
            ou une grosse cloche à vache,

            sinon j’irais coucher avec les arabes c’est pas grave

          • @juju: mais en y repensant ce qui me ferait vraiment kiffer comme signal à travers la ville ce serait un coup de projecteur comme celui de batman, faut que je trouve un logo

          • @juju: comme j’y repense je me demande si le film de vincent ne serait pas le film du looser dans toute sa puissance ,
            non mais parce qu’il nous a fait de ces plans pas possibles quand même,

            j’espère que tu vas le voir pour me dire

          • moi en le voyant je pensais plutot : un film de blaireau (surtout politiquement)

          • @anne-laure: tu le recommandes ? (Il ne passe plus dans beaucoup de salles ici)

          • @anne-laure: pardon je te demande un truc auquel tu as déjà répondu, vais essayer de le choper si j’y arrive.

          • @juju: mais oui je le recommande, malgré quelques moments difficiles à passer,
            Oh bah paris, quand même, juliette

          • @françois: ah ? moi j’aurais pas dit ça, j’aurais dit un film qui montre bien le trouble des affects politiques,
            mais qui traversent des corps de blaireaux peut-être oui si tu veux

          • Macaigne dit dans les interviews qu’il a voulu parler de la France. D’un certain état de la France. A la lumière du film, on peut supposer que selon lui la France est traversée par bien des colères, et notamment des colères sociales. Bon, pourquoi pas -on pourrait tout aussi bien dire qu’en ce moment la France est surtout très passive face à la grande offensive antisociale en cours.
            Comment se manifeste la colère dans le film? Elle est essentiellement portée par l’ami d’enfance des grands bourgeois et par sa campagne. Colère prolétarienne? Sur ces deux mots, deux sont faux. Il ne s’agit pas de colère mais de ressentiment, ou de jalousie -ce qui tout de suite met un peu en doute le sentiment premier que ce film pourrait etre de gauche (d’ailleurs, sur le plateau de Qotidien, Macaigne a dit qu’il n’aimait pas beaucoup la notion de lutte des classes). Et surtout il ne s’agit pas de prolétariat du tout. L’ami d’enfance en question a l’air de diriger un village résidentiel destiné au troisième âge, et compte racheter les terres du domaine grand-bourgeois pour l’étendre. Singulier prolétariat. Le mec était peut -etre pauvre à l’origine (c’est très flou, le film es très flou sur les appartenances sociales), mais là il ne l’est plus du tout. La ligne de front sociale n’est donc pas du tout tracée entre bourgeois et prolos, mais, dans l’élan de Tchekhov qui inspire ce film autant qu’il en déglingue totalement la pertinence contemporaine, entre deux bourgeoisies : l’une d’origine aristo, terrienne et rentière et en déclin, l’autre commerçante et ascensionnelle. D’une part c’est là une vision très erronée de la bourgeoisie dominante actuelle (qui est à la fois rentière et prédatrice, terrienne et nomade, etc), d’autre part il apparait quand même assez clairement que la sympathie de Macaigne va à la veille bourgeoisie châtelaine, en butte à ces parvenus qui veulent défoncer les vieux arbres. Motif bien connu et très récurrent dans la littérature nationale droitière : la mélancolie par rapport à un monde qui disparait.
            Tout cela n’est sans doute pas si clair dans le cerveau de Macaigne, qui m’a l’air bien embrouillé, mais très clair dans son film.

          • @françois: et il est pas génial ce Laurent ? Quel bon personnage

          • @François: Belle clarification. En voyant le film, je me dis que Macaigne est quand même limité dans l’écriture. Il faut à chaque fois que ça gueule, ça s’insulte, dans un mélange de cruauté et de sentimentalisme. C’est réussi sur quelques scènes, parce que les acteurs sont au niveau, quand même, et fatiguant à la longue. Ca marchait beaucoup mieux au théâtre, quand il adaptait les Idiots, où la colère des personnages me paraissait plus à propos, moins confuse.
            Ceci dit, cette confusion que tu soulèves est très fréquente au théâtre, surtout dans le théâtre contemporain où les effets de sens, comme tu dirais, les allusions politiques (et tout le problème tient dans cet aspect allusif et donc impensé) sont légions.

          • Oui hélas ce flou est très répandu.
            Quant à a pente hystérique des scènes de Macaigne, elle est ici très clairement un aveu de faiblesse.

          • (désolé, je suis crevé je sors de garde à vue, je ne suis moi-même pas très clair)

          • @Charles et françois: putain mais keske t’as fait comme connerie encore charles,
            ben moi je sors de chez le véto où nous avons dit adieu au corps du chien-cochon qui s’est fait écrasé hier par un vélo,

            moi j’aime pas quand les comédiens qui gueulent trop, se foutent en colère pour bien faire comédiens ( ce que je n’aimais pas dans apnée par exemple, et dans mes cours de théâtre ),
            donc ça oui c’est la part pénible du film, surtout que si c’est de l’impro de colère on tourne toujours autour des mêmes insultes ( connard et de merde ), mais remarque ça fait spontané, ça fait vraiment teubé comme il se doit lorsqu’on est en colère,
            quoique je connaisse des colères qui au contraire sont très structurantes pour le langage,
            mais bon, sinon je trouve ça bien justement que ce film ne soit pas très clair sur les idées, je crois pas que vincent cherchait à construire son film sur des idées, enfin en tous les cas je ne l’ai pas perçu comme tel,
            je voyais plutôt sur des personnalités, des rapports entre des personnalités et selon leurs origines sociales,
            je ne crois pas qu’il ait cherché à prendre parti pour quelqu’un ,
            françois tu dis pour le châtelain mais je ne crois pas ,
            et je suis d’accord pour celui qui est censé représenté le prolo qui n’en est pas un, puisque plutôt commerçant, puisque plutôt entrepreneur , puisque plutôt macroniste, plutôt petite bourgeoisie, arriviste, depuis longtemps qui a quitté le monde des pauvres,
            mais qui se sent toujours comme plus proche des pauvres que des riches, et c’est ce que met en valeur le film que je trouve intéressant.

          • @françois: et c’est pas tout à fait juste ce que tu dis là françois :

            il apparait quand même assez clairement que la sympathie de Macaigne va à la veille bourgeoisie châtelaine, en butte à ces parvenus qui veulent défoncer les vieux arbres.

            puisqu’à la fin le châtelain pascal se barre à mexico, en a rien à foutre de son héritage, tant qu’il perçoit de la thune de la vente aux enchères , ce que fait remarquer le rageux entrepreneur d’une façon très rigolote,
            nous on a bien ri

          • Je ne parle pas du scénario, qui de toute façon n’a aucun sens. Je parle de ce qui se passe dans les plans.
            1 le « prolo » est sans cesse détestable, aigre, fielleux ; les deux bourgeois, eux, sont assez silencieux et calmes, sauf une fois
            (d’ailleurs c’est avec eux qu’on commence le film)
            2 Le seul vrai moment de jeu pur offert aux comédiens l’est à la fille bourgeoise (le monologue très mélancolique qui arrive presque eu début du film)

            Je le rappelle : ce n’est pas moi qui parle de la France, c’est Macaigne. Si ca c’est pas une idée, je ne m’y connais pas en idée.
            Ce n’est pas moi qui parle de film social, c’est à peu près l’ensemble de la corporaton critique parisienne, qui, homogène sociologiquement à Macaigne, est aussi ignorante que lui en matière de caractérisation de classes et d’analyse économique.

            Si Macaigne avait une envie de précision sociale, il aurait commencé par ne pas faire jouer les deux rôles masculins par deux jumeaux sociologiques (des comédiens de théatre), générationnels (40 ans), physiques (barbe, dix-onzième arrondissement) (le troisième, censé être pour le coup le prolo du prolo -et d’ailleurs très débile- étant joué par un double de Macaigne)
            Le directeur d’une résidence pour vieux de province n’aurait pas cette gueule et probablement pas cet âge, ne parlerait pas comme ça, ne manoeuvrerait pas comme ça, etc
            On est nulle part.

          • @françois: et puis il y a un petit détail bien cynique vers la fin , lorsque l’entrepreneur social lève son verre de cidre à son père son grand-père, dans un montage de séquences tout pourri,
            j’ai bien capté la résonnance

          • @françois: mais oui tu as raison , un directeur de maison de retraite ne ressemblerait pas à ça ,
            je ne sais pas où il est allé chercher tout ça ce vincent, je crois qu’il y est allé plus avec son imagination qu’avec le réel

          • @François: Le « prolo » est aussi drôle par moments et n’est pas dénué de puissance, bien qu’elle soit essentiellement ressentimentale.

          • parce que c’est Laure Calamy qui sauverait même un Ozon

          • @françois: cela dit , même si tout cela ne ressemble pas au réel de la France, comme le disait plus ou moins macaigne je sais pas, je ne regarde pas la télé je ne lis pas les journaux et je m’en bats la race des critiques parisiens,
            cela me parle bien au niveau du rapport entre les riches et les pauvres, comme c’est bizarre,

            et puis cette histoire ne se passe pas à paris

          • ça dit beaucoup de choses sur les rapport entre les riches et les pauvres alors qu’on n’est qu’entre riches
            c’est fort en effet
            (on voit où sont les curseurs de Macaigne ; les mêmes en gros que ceux de Lindon dans la scène de Pater où il s’érige en gueux de son immeuble du septième arrondissement)

          • @françois:

            2 Le seul vrai moment de jeu pur offert aux comédiens l’est à la fille bourgeoise (le monologue très mélancolique qui arrive presque eu début du film)

            et ça oui d’accord, mais vers la fin tu as un monologue face à face très pénible avec cette même personne qui nous emmerde avec ses névroses , parce que moi perso j’ai pas trop compris pourquoi elle s’en prenait à son frère comme ça c’était ridicule,

            ça nous fait une balance qui s’équilibre

          • il n’en reste pas moins que : le seul vrai moment de jeu pur offert aux comédiens l’est à la fille bourgeoise (le monologue très mélancolique qui arrive presque eu début du film)

            ça n’équilibre rien du tout puisque les « prolos » n’ont pas du tout le droit à un tel moment de jeu non-conflictuel

          • @françois: t’as quand même le droit à un vrai déchet de la société un punk à chien,
            et puis je ne suis pas d’accord sur laure calamy ( ce que tu dis à Charles ) qui est plutôt discrète, qui n’apporte pas grand chose au film , hormis une rage anti-bourgeoise qu’elle transmet à son mec, par la grâce de l’amour

          • @anne-laure: mais comment c’est possible qu’il se soit fait écraser par un vélo ? il a déboulé comme un foufou et l’autre roulait comme un fou ?
            vous devez être bien tristes.

          • @juliette: ça ressemble un peu à comme tu dis, on va dire qu’elle trouvait que c’était trop rigolo de jouer à attraper un vélo de sportif du dimanche,
            et oui nous étions bien tristes de perdre une telle boule de vie boule d’amour , qui mange du caca.

            mais ça va déjà mieux on récupère vite dans la famille.

          • @anne-laure et ses amis: Je ne me suis pas ennuyée pendant le Réconfort de Vincent mais j’ai trouvé l’écriture du film globalement assez faible. Par exemple les deux longues tirades de Pauline m’ont paru artificielles, agacé d’emblée plus qu’ému, alors qu’elles portent aux yeux de Macaigne un thème central de son film : qu’est-ce qu’il restera de nous sur cette terre quand on l’aura quittée.

            Pascal ne nous est présenté que dans le regard exaspéré de Manu et Laure. Ok il incarne le nanti oisif à qui tout est toujours tombé tout cuit (l’héritage des parents, les filles au lycée, etc), mais en dehors de ça son personnage n’existe pas, transparent quoi.

            Manu m’intéresse davantage. Parce qu’il est plus compliqué à cerner et qu’il apparait assez clairement que son ressentiment l’épuise en même temps qu’il est son principal carburant. J’aime assez comment Macaigne pousse à fond sa rage au point de le rendre drôle à plusieurs moments du film.
            C’est agréablement déroutant de découvrir dans le même mouvement la tendresse de ses échanges avec les vieilles de la maison de retraite et sa dureté en affaires, en particulier à l’égard de Joséphine dont les plantations seront sacrifiées par son projet et de Laurent qu’il traite comme un toutou. Son couple avec Laure est intéressant aussi – comment ils entretiennent mutuellement leur rancœur tout en se (ré)chauffant physiquement.

            Dans la plaquette sur le film distribuée dans mon cinéma, Macaigne dit: « J’ai voulu aussi montrer la persistance des trois classes sociales selon Marx. Il y a les aristocrates qui héritent et qui n’ont pas besoin de travailler (Pascal et Pauline), les bourgeois qui font tout à la sueur de leur front et veulent détrôner les aristocrates (Emmanuel et Laure), et les prolétaires (Laurent et Joséphine), qui sont les cocus de l’histoire, les braves serviteurs, à jamais ».

            Mouais. Faut avouer que pour ce qui est d’incarner des prolos, les deux derniers cités sont pas franchement crédibles, sauf à considérer que prolo ça veut dire niais (Joséphine), voire carrément bête (Laurent).

            Mais je dois dire que j’ai été cueillie par la scène du soir au bord du fleuve, quand Laurent reproche en gueulant à Pascal d’avoir dragué sa meuf je l’ai trouvé vachement émouvant. Et les plans récurrents sur le fleuve et son courant sont beaux aussi. Comme l’énergie qui se dégage des scènes en boîte ou au concert.
            Le punk à chien m’a entrainé dans ses pleurs. Ca c’était pas écrit par Macaigne, ai-je lu après. Le mec n’est pas acteur, c’est un mec qui a rodé autour de l’équipe pendant le tournage, puis demandé à participer et déroulé ses propres mots.

          • @juju: ( mais ? j’ai pas d’amis )
            merci bel effort d’organisation juju, tu as anticipé sur le week-end,
            c’est intéressant ce que tu me racontes sur la scène du punk à chien parce que je me disais c’est marrant lui aussi est traversé par cette question d’héritage et je trouvais que c’était malin de la part de vincent d’avoir glissé ça ici
            alors que non, ça nous venait juste de la vie,
            ce que j’ai observé moi aussi de mon côté quand j’y pense, de tous ces discours entendus de gens de tous les milieux et surtout des milieux précaires parce que psychiatrie prison cassoces etc
            on remarque que dans l’histoire de ce film les seuls à se dégager de cette question d’héritage de transmission ce sont les héritiers justement, d’où la scène pathétique tragico-comique de papa ? papa ? et personne ne répond,
            t’as vu la gueule de la croix aussi ? avec de la mousse du lichen dessus tellement qu’elle est vieille,
            j’ai trouvé que c’était pas con,
            pas con de pas avoir chipoter avec les décors aussi, la croix donc : absurde,
            et le village de vieux , grand projet déjà investi plein de bagnoles devant les baraques , on voit qu’y a un truc qui cloche non ?
            d’où mon idée que les scènes sont super bâclées, ce que je disais sur la réalisation de looser-rien-à-foutre-on-verra-bien,
            comme la scène du baiser dans la voiture où tout est tout noir tout moche tout à coup, c’est n’importe quoi.

            et je ne trouve pas transparent pascal, j’aime bien la scène dans la bagnole où il ne dit rien lorsque l’autre ( emmanuel ) lui gueule dessus déverse sa colère et où il lui répond : arrête tu va me faire avoir un cancer,
            la grande classe, j’adore,
            je l’aime ce pascal,

            pour les scènes avec pauline je me suis demandée, les mains sur les hanches comme ça : mais est-ce qu’il ne se foutrait pas un p’tit peu de la gueule de Rohmer ce vincent par hasard ?

            et t’as remarqué comment on pleure dans ce film ?

          • @juju: cela dit c’est vrai que je ne voyais pas Joséphine et Laurent comme des prolos moi non plus,
            plutôt issus de prolos classes moyennes et paf classe précaire ,
            Joséphine représentante effectivement de toutes ces niaiseries autour de l’écologie, quelle planète allons nous laisser à nos enfants si nous ne plantons pas des arbres et on leur fait des bisous bisous ,
            Joséphine toujours sensible à l’homme qui possède la terre,

            Laurent oui comme le dit vincent, représentant de la servilité dans toute sa beauté, je ne le trouve pas bête, trop gentil peut-être,
            L’une des répliques les plus drôles du film, vers la fin, avant le départ de pascal et pauline : mais si je vais porter ta valise, non mais oh l’autre elle ne passe pas un coup de balai elle ne fait pas la vaisselle et elle veut porter une valise,
            ( en gros , et sur un tel ton d’innocence )

          • @juju: et sinon moi j’ai pas compris le début du discours du punk à chien , parce que punk à chien toxico pas de soins pas de dents tu comprends rien,
            mais je suis plutôt contente qu’il soit posé dans ce film et qu’il pleure pareil que les autres avec des grosses larmes silencieuses qui coulent comme ça

          • @juju: et je trouve qu’elle est particulièrement cinglante la réplique d’Emmanuel sur la question de l’utilité ( toujours la dispute dans la bagnole avec l’un devant, l’autre derrière )
            voire renversante,
            une bonne baffe ça te retourne

          • @anne-laure: m’enfin nounouche « arrête tu va me faire avoir un cancer » c’est la quintessence de la connerie bourgeoise et petite bourgeoise qui a rien d’autre à foutre que développer un discours du type on se fabrique son cancer.
            c’est pas la grande classe, c’est toute la merde des discours sur les personnes « toxiques » qu’il faudrait éviter pour pas tomber malade et gnagnani et gnagnana alors que dans la vraie vie les conditions de vie – de travail en particulier – sont les premières responsables de la mortalité précoce, y compris par cancer, de certaines populations.
            Pascal sort de ses gonds dans la voiture mais quand il ouvre la portière en menaçant de descendre…et ben il la referme très vite parce que Manu ralentit pas. Il a l’air con Pascal à faire sa drama queen.

            Après, comme il est blessé il essaie de blesser Manu en retour en lui disant qu’il sera toujours pauvre quoiqu’il fasse et il fait mouche parce que l’autre sait bien que c’est vrai, et ça le fait souffrir, et ça le fait pleurer que ça le fasse souffrir parce qu’il sait que c’est débile mais c’est comme ça: son sentiment d’indignité lui colle à la peau et il en veut à la terre entière pour ça.

          • @anne-laure: ah zut je vois plus, c’est quoi la réplique d’emmanuel sur l’utilité ?

          • @juju: bé attend parce que je fais la cuisine en même temps en buvant de la bière,
            mais la réplique c’est sur le sujet de mais qu’est-ce que tu fais toi d’utile , à part posséder un chateau un terrain où l’autre conne fait pousser des arbres ,
            alors que moi, homme moderne , je suis utile , je construis des habitations pour les vieux dont personne ne veut s’occuper parce que les vieux ça sert à rien, mais c’est l’avenir parce que y en a trop,
            ( en gros )
            moi je suis un homme social

            c’est marrant j’ai pas du tout la même perception que toi sur la réplique du cancer, j’y voyais surtout un mec qui se décharge des névroses des autres,
            je crois que ce film m’a troublée face aux différentes classes sociales représentées, je les ai aimées et pas aimées en même temps, je suis trop égalitaire putain je suis nulle

          • @juju: infirmière la croix rouge la suisse

          • @anne-laure: pascal tel qu’il nous est montré se décharge de tout en effet et il n’a pas du tout le souci d’être utile, donc le discours de manu ne l’atteint pas.

            d’ailleurs manu est lui-même bien en peine au fond de faire la part entre son sentiment d’être utile socialement et son goût des affaires.

            ils sont tous minables (comme nous) et c’est la principale qualité du film de n’en sauver aucun, même pas Pauline dont Vincent nous montre bien le petit sourire de joie perverse quand elle voit que son frère emballe Joséphine sans même lever le petit doigt et que ça rend fou Laurent. Elle jouit bien du spectacle de ce petit chaos à ce moment là.

          • @juju: mais c’est vrai ce que tu dis sur les facteurs de cancers, même si je connais des gens qui n’ont jamais bossé à l’usine qui fument pas qui boient pas qui mangent des pommes comme les vaches mais pas comme les vaches sinon tu vas les empommer et qui en ont eu un.

          • @juju:

            ils sont tous minables (comme nous) et c’est la principale qualité du film

            tout à fait,
            et donc tu valides ?

          • @anne-laure: ben oui, même des enfants de riches meurent du cancer, c’est dire. tiens voilà une suite rigolote au scénario de vincent : trois ans après sa fameuse réplique dans la voiture « arrête tu vas me faire avoir un cancer », il a un enfant avec une femme merveilleuse qu’il aime, et trois ans après cet enfant meurt d’une leucémie.

            bravo pour empommer, la prochaine fois c’est moi qui le place
            ou alors c’est françois dans sa prochaine table-ronde sur le cinéma

          • @anne-laure: ben oui bien sûr je valide, c’était intéressant d’aller là-bas.

            et en plus en repartant j’ai croisé deux très vieilles femmes dont une avec un pantalon rose à pois verts qui disait à l’autre: « ben oui, bien sûr que ça résonne fort, mais ça c’est normal c’est la vie, c’est la vie de l’immeuble alors je vais pas râler pour ça ! ».

          • @juju: tu as trop de haine envers les riches juliette,
            tu me réciteras trois pater et trois ave,

            allez hop à table

          • @juju: Aaaah merci, je suis contente que tu valides, avec ton pantalon vert à pois roses

          • @juliette:

            Mais je dois dire que j’ai été cueillie par la scène du soir au bord du fleuve, quand Laurent reproche en gueulant à Pascal d’avoir dragué sa meuf je l’ai trouvé vachement émouvant. Et les plans récurrents sur le fleuve et son courant sont beaux aussi. Comme l’énergie qui se dégage des scènes en boîte ou au concert.

            moi aussi j’aime bien cette scène,
            mais je crois pas que pascal ait dragué josephine, cette dernière se colle à lui pour sauver ces arbres, cela me semble plus probable,
            d’où le discours de laurent que je trouve très juste : il te les faut toutes tu as déjà tout et blablabla,
            toujours la même question de ceux qui sont bien nés, et les autres. Ceux qui possèdent tout, et les autres.
            J’ai trouvé cette scène tribale en fait, primitive.

            Et puis je me disais que c’était une bonne idée de confronter son corps aux éléments naturels lorsqu’on a un p’tit coup de blues, ou pour se dessaouler je sais pas trop ce qu’il cherchait à faire,
            ça m’a fait penser aux islandais qui nagent dans la mer à zéro degré pour lutter contre les dépressions hivernales.

          • @anne-laure: tout à fait d’accord: c’est Joséphine qui tombe dans les bras de Pascal sans qu’il ait rien demandé; moi je me suis pas dit que c’était par intérêt pour ses arbres mais parce qu’il la séduisait vraiment, qu’elle avait envie de changer d’univers en l’embrassant.

            il y a une scène comme ça dans un Doillon vu il y a très longtemps mais qui m’avait beaucoup marqué: Les doigts dans la tête; un apprenti boulanger tombe sous le charme d’une jeune suédoise de passage dans son village, belle, drôle, libre sexuellement, et dont tu comprends bien qu’elle n’est pas une prolo au départ, et la copine de l’apprenti boulanger, vendeuse, les regarde tous les deux et voit bien qu’il se passe quelque chose et qu’elle est pas de taille; elle a les boules et tu la comprends bien.

          • @juju: Oh oui je vois, pauvre pauvre Laurent il me fait beaucoup de peine,
            mais s’il était pas si maladroit aussi, parce que keskilémaladroit alors, trop spontané, une sorte de chien.
            Cela dit j’étais contente qu’il s’éloigne de Joséphine parce que je l’aime pas bien cette fille avec sa bouche de poulpe

          • @anne-laure: j’te raconte les trucs sur ma plaquette à propos du film de Vincent parce que ça éclaire certaines de tes remarques de départ je crois.
            C’est un film qui a été fait sans scénario et sans avance du CNC.
            Au départ le matériau ce sont des scènes tournées par Macaigne il y a quatre ou cinq ans avec des acteurs de théâtre autour de la pièce de Tchekhov La cerisaie, avec des parties écrites par lui et d’autres ou ça improvisait.

            Il part de ces rushs pour faire le film, avec pas beaucoup de sous mais beaucoup de liberté puisque pas de comptes à rendre aux financeurs et des arrangements avec la réalité comme les petites maisons de la future résidence pour vieux où tu t’étonnais de voir des voitures garées ou un calvaire qu’on fait passer pour un tombeau…

          • @juju: moui voilà c’est parfait ce que tu me racontes là.
            J’ai vu oui dans le générique vincent macaigne coproducteur,
            fallait en avoir de la thune tout de même au départ pour le construire et le diffuser ce film, je sais pas trop comment ça marche, mais il a bien fait de se servir de ses pions avancés dans le monde de l’art oui.

          • en le voyant je me suis dit qu’Othon aurait pu tourner ça en 3 jours avec 560 euros
            et je le maintiens

          • @François: pour le coup on peut pas reprocher à Macaigne d’avoir prétendu s’être ruiné la santé et le porte-monnaie pour le réaliser. Mais pour le temps oui, il l’a pris.

            J’ai vu qu’il répétait partout qu’il l’avait avant tout fait pour les acteurs ce film, pour rendre hommage à leur travail, ce qui explique sans doute en partie ses limites.

            Mais pour Othon, j’ai envie de dire Chiche, ce serait chouette. Et en attendant, quand est-ce qu’on pourra enfin voir ici Conte de Cergy ?

          • bientot
            et aussi deux ou trois trucs tournés en un ou deux jours

          • Oui on voit bien le truc : une vague trame (le Cerisaie), des jours à passer à la campagne entre comédiens à la campagne, et hop on y va, sans trop écrire
            Et comme on ne sait pas bien ce qu’on raconte, on en revient toujours au point Colère comme il y a un point Godwin dans les discussions. Faites improviser des gens, très vite c’est l’engueulade qui vient (car l’engueulade, outre qu’elle est très facile à jouer et improviser, semble profiler un contenu quand y en a pas)

          • @:

            et Louisa, Jacques, to be a star, la santé?

          • plus difficile techniquement
            Jacques doit bien être visible quelque part, il était passé sur France 2

          • @françois:

            en le voyant je me suis dit qu’Othon aurait pu tourner ça en 3 jours avec 560 euros
            et je le maintiens

            bé alors je vois pas où est le problème avec le film de macaigne,

            comme je le disais plus haut je suis d’accord pour les impro-colères creuses, je sais pas pourquoi certaines colères peuvent plus se remplir de textes que d’autres d’ailleurs, ça m’interroge.
            Dans jusque dans vos bras ( pour égorger vos fils et vos compagnes ) il y a une réplique à propos des comédiens qui peuvent pas s’empêcher de jouer la colère.
            M’en souviens plus très bien.
            Vas-tu voir ce beau spectacle mon françois, ou l’as-tu déjà vu , mon cul.

            Et donc oui le jeu des comédiens de pour le réconfort est un peu nase, mais le film n’est pas fait que de cela, on peut en extraire de bonnes choses on peut être un peu indulgent quand même merde.

          • je n’aurai aucune indulgence devant ce film indigent et célébré par la critique

          • tu le défends au seul titre qu’il est petit et pauvre
            mais si ce film est petit et pauvre (et distribué dans dix salles parisiennes à sa sortie quand même), Macaigne n’est ni petit ni pauvre, Macaigne est une petite star du théatre et enchaine les cachets au cinéma (et récemment chez Toledano et Nakache, les rois du pétrole)

          • @françois: oui je me disais ça aussi, que macaigne était un peu l’aristocrate de son film, tout est déjà acquis, il a plus beaucoup d’efforts à faire, voire il peut tout bâcler, tout gâcher,

            mais je vais regarder la définition d’indigent et je reviendrai te parler, j’ai plus le temps

      • @tiresome: Non je ne pense pas, j’aime bien le film mais ça reste pour moi un exercice de style, j’expliciterai demain pourquoi.

        • @Charles: te lirai avec plaisir, ça m’intrigue bien.
          Ce qui m’a gêné dans ce Lanthimos, c’est l’absence de monde autres que les persos utiles au scènar, dans l’hôpital, le long du canal et partout dans les plans y compris au restau snack par exemple.
          Tout est au format cauchemar avec le dernier plan cotonneux ralenti qui peut même poser une rêverie vengeresse de l’orphelin.

          • @tiresome: Retour sur Mise à mort du cerf sacré, donc. J’ai pris un plaisir indéniable à la vision du film, j’ai ri et frissonné, souvent en même temps, ce qui est une gageure. Mais plusieurs choses me dérangeaient, pendant la séance et après. De petits détails formels, tout d’abord, sur lesquels je passe vite car ils sont mineurs. La musique m’a un peu agacé, surtout quand on convoque des requiems emphatiques, tout à fait superfétatoires. C’est le côté un peu enclume du film. De même que certains travellings (arrières) un peu trop explicitement kubrickiens – j’ai eu peur lors des 5 premières minutes, je me suis dit que ç’allait être une catastrophe pour cette raison. J’ai rapidement balayé ces scories devant les qualités évidentes du film, bien identifiées par François et Fred Mercier. Oui, Lanthimos sert faire des plans, certaines scènes sont passionnantes – comme celle dite des spaghettis magnifiée par son interprète. J’aime beaucoup certaines ruptures de ton, comme par exemple quand Farrell pour faire avouer son fils lui raconte une histoire incestueuse : dans la bouche du personnage, on ne sait pas si la confession est normale ou abusive, anodine ou traumatisante, c’est incroyablement gênant et presque émouvant de sa part, tant il paraît désespéré.
            J’en viens donc au problème, que j’ai un peu ressassé et que je résume donc ainsi : ce n’est qu’un exercice de style. Durant la projection, je ne peux m’empêcher de trouver le film trop programmatique : à partir de la scène de déjeuner à l’hôpital où le gamin démoniaque explique les règles du jeu à Colin Farrell. Toute la suite est contenue dans cette énonciation, les enfants vont tomber gravement malade, en trois étapes, jusqu’à ce qu’ils meurent si leur père ne fait pas le choix d’en sacrifier un. Et l’heure est demie restante de Mise à mort suivra exactement ce programme. Je précise tout de suite que ce qui me dérange n’est pas l’inéluctabilité du fatum, sinon ce ne serait plus un fatum, mais la façon dont il va se réaliser. On est dans une tragédie, tout le monde l’a bien noté, donc ce qui doit arriver arrive. Mais les grandes tragédies ne sont pas que le déroulement parfait d’un mauvais augure, non elles sont beaucoup plus vicieuses et cruelles car en général plus le héros maudit tente d’échapper à son destin, plus il le précipite, c’est le cas d’Oedipe-roi, c’est le cas de Macbeth. Ou alors la malédiction ne vise pas celle qu’on croyait, ainsi que dans Iphigénie, citée par le film. Pour le dire plus trivialement, le film n’est pas surprenant (ou alors surprenant dans son jusqu’au-boutisme) et avare en rebondissements. A titre d’exemple, je ne comprends pourquoi l’hypothèse de la simulation par les enfants n’est pas maintenue plus longtemps ni pourquoi la relation sentimentalo-sexuelle entre le Malin génie et la fille n’est pas davantage exploitée. A la place, le film enchaîne quelques passages obligés : examens médicaux avec tous les spécialistes de la région, union puis désunion puis réunion entre le mari et la femme, séquestration du gamin…D’où une impression d’une narration un peu laborieuse faute de développements et de raffinements autour de cette malédiction.
            On sent en définitive, dans cette absolue linéarité, une trop grande application à vouloir faire du tragique, à vouloir aller au bout coûte que coûte, ce que je ne peux m’empêcher de trouver un peu vain. C’est là que Mise à mort m’apparaît comme un exercice de style. Car ce qui intéresse Lanthimos c’est moins de raconter une histoire, soit des choses qui arrivent à des personnages, que de faire une tragédie. Le style est privilégié sur la substance. Le fait est que je me fous de ce qui arrive aux personnages, qu’ils ne m’intéressent pas. Je peux trouver effrayante l’avant-dernière scène où l’on vise un enfant mais c’est de point de vue théorique : c’est le fait de viser un enfant qui me trouble, pas cet enfant-là. Lanthimos a pris le parti de prendre des personnages non réalistes, mais un peu bizarres, proches de l’absurde – ainsi le personnage de Colin Farrell qui parle très vite et très sèchement, presque comme une machine, sans montrer beaucoup d’émotions. Ca produit un effet de distanciation et d’absurde, drôle et surprenant, qui limite beaucoup en retour la densité de ces personnages. Pour autant, soyons clairs, je n’exige pas une approche plus empathique des personnages : j’aime bien la froideur et la distance chez Haneke et Franco. Mais chez eux, je suis fasciné par les humains devant la caméra en tant qu’humains. Les protagonistes y sont magnifiquement singuliers et leur singularité y est renforcée par leur indéniable appartenance au genre humain. Ici, je vois plutôt des machines, voire des pions. Ils me semblent trop dévitalisés pour vraiment m’intéresser.
            Pour résumer, si la mise en scène et l’écriture des scènes sont souvent brillantes, Mise à mort du cerf sacré ne raconte en revanche pas grand-chose. Je ne demande pas du sens mais de la matière, de la vie, et ici j’en trouve peu.

          • @Charles: ouais, ça valait le coup de patienter, vont te liker à mort sur Sens Critique 🙂

            Sur les persos et leur manque d’épaisseur, Lanthimos joue quand même pas mal avec la relation, le rapport entre Martin et la fille je trouve, la fille qui est un perso assez conséquent, sans doute de par sa place plus intime auprès du garçon et la façon dont il l’attire, la téléguide, comme par tel pour qu’elle marche jusqu’à la fenêtre de l’hôpital.
            Et après coup, je me dis que si la façon dont est joué/rendu l´isolement de cette famille, la sorte de huit clos entretenu par le chantage auprès du chir m’ont semblé si pesants, c’est que j’ai bien marché avec l’histoire que raconte Lanthimos, la sale affaire qui arrive à ce chirurgien et ses proches,
            Ce que tu notes sur le rire que peuvent provoquer certaines scènes, je l’ai encore en tête aussi (avec le choix de Martin de changer son bracelet de montre en parfaite opposition au choix de Steven, à ce qu’il en dit dans le couloir après l’opèration ou la transplantation, ou encore devant la façon des parents de dire en plein gala à quelqu’un qui prend des nouvelles des enfants que leur fille a eu ses premières règles, la scène où les garçons parlent de leur pilosité aussi, se la compare ce qui induit la vérif en salle de tests d’efforts avec le chir)
            Et que dire de la lourdeur pathétique des pas tournants du père sur lui même lors de la séance de tir/abattage à l’aveugle? Désespérément grinçant d’absurde folie presque risible,
            Bien dérangeant quand même ce Lanthimos

          • Dans ton développement, Charles,il y a tous les éléments qui font que ce film n’est pas mon préféré de l’année, que je lui préfère Alps, et que dans la bande hanekienne Lanthimos est celui qui me semble un peu à la traine.
            Mais il y a deux choses qui réincarnent Mise à mort :
            1 la trivialité (qui joue tellement contre l’emphase du décorum kubrickien, et aussi contre le contexte tragique général) ; trivialité des gestes mais aussi de certains plans (le fameux insert sur l’assiette dans la scène finale). Dans la trivialité j’inclus le comique. A te lire, une scène comme celle de lit entre époux n’existe pas. Mais elle existe. Et elle trouble singulièrement le jeu global
            2 cet acteur génial. Sa présence. Sa gueule folle. Et les dialogues très incertains qu’il prend en charge.

          • @François: Oui, d’accord avec toi. Quand tu dis « scène du lit », tu fais référence à leur façon très singulière de baiser?

          • @:

             » un peu plus de lumière
            – anesthésie générale? »
            du jamais vu (ou peu) au cinéma oui
            – et ça pourrait aussi rejoindre cette impression d’enfermement du couple d’ailleurs tiens (même leurs fantasmes sont médicaux) leur univers froid, aseptisé, ordonné en apparence et dans l’intimité où l’homme (re)place bien le corps de sa femme qui a tenu à s’allonger un peu hors du matelas comme posée ou tombée là, comme ça, ce qui l’oblige à la traîner, c’est leur protocole en quelque sorte,

          • @Charles:

            …/ M.A.M. raconte peu de choses, demande pas du sens mais de la matière, de la vie / …
            Dans le Lanthimos, mais qu’est-ce qu’il y a comme corps, du corps raide d’apparence, empêché, abîmé, contraint, morcellé mais ien a du corps, elle est là la matière je crois,

          • Vous lisant sur La mise à mort du cerf sacré, je repensais aussi au gimmick comique et absurde des fleurs à arroser, dont la mère semble se préoccuper davantage que tout le reste alors même que le chaos règne.

          • @Charles: La musique m’a pesée aussi. Je crois que c’était le but d’ailleurs, que la musique pèse sur le spectateur.
            Pour le reste, je comprends ce que tu dis et je ressens pas ça devant le film.
            J’aime bien la découpe du film, on passe d’une première partie mystérieuse (au début, on comprend pas les relations entre les persos. Qui est Martin ? Un fils d’un premier mariage ?) à une seconde partie programmatique. Et le programme c’est Martin qui le concocte. Le film ne sortira jamais de cette tragédie programmatique tout en nous surprenant tout le temps formellement et dans les réactions des persos. « Papa plus tard je veux être chirurgien comme toi. » C’est super drôle et super horrible.

            Tu parles de la scène de séquestration que tu trouves attendue. La façon dont elle se déroule, là encore, m’a semblé très inattendue. Les gamins rampent jusqu’à leur bourreau : pour le tuer ? Pour le supplier ? Martin, le gamin séquestré, pourrait être faible, à la merci de Steven. Mais Martin, même attaché et en sang, reste tout puissant. Pourquoi Nicole Kidman le détache ? Peut-être qu’elle a pitié de Martin, mais je me dis un truc plus scandaleux : la mère espère ainsi être épargnée, au dépens de ses propres enfants.

            Tu parles de « l’avant-dernière scène où l’on vise un enfant », or Steven invente le stratagème le plus con, le plus désespéré, pour justement ne pas avoir à viser un enfant. Là encore on savait que Steven aurait à tuer. Mais formellement, je m’attendais pas à cette scène-là que je trouve géniale.

            Quand aux membres de la famille dévitalisés, je me suis dit que c’était peut-être pour ça que la tragédie leur tombait dessus. Pour les revitaliser, pour leur offrir un shoot de vie, leur balancer un cœur palpitant plein de sang comme dans la scène d’ouverture.

          • @charles:

            Ca produit un effet de distanciation et d’absurde, drôle et surprenant, qui limite beaucoup en retour la densité de ces personnages

            Pas trop d’accord avec la dernière partie de ta phrase : pour moi l’effet dont tu parles ne limite pas la densité des personnages, ça souligne plutôt leur mystère et leur solitude fondamentale. S’agissant du père et de la mère au moins, je les trouve assez fascinants dans leur opacité obstinée et le film me tient en haleine tout du long quant à la façon dont ils vont se sortir de ce merdier.

          • @:

            du corps raide d’apparence, empêché, abîmé, contraint, morcelé mais ien a du corps, elle est là la matière je crois,

            du corps, de la matière, de la vie, encastrée, enfermée cousue dans un espace bien circonscrit comme l’organe qu’on voit battre proprement dans le plan de début

            bon, on est pas dans le Crash de David non plus

          • @:

            Entre temps, fini par voir Le sens de la fête, et Bacri avec son laïus à la gloire des petits chefs d’entreprises trop taxés, des charges salariales bien trop lourdes, qu’on fait rien que les embêter d’abord, qu’on s’en fout bien de leurs problèmes vu qu’ils sont que des méchants patrons (z’ont pas pris Lindon Eric et O, ça l’aurait fait aussi dans le genre paternaliste pataud et sensible, entravé dans ses savoirs être)

            mais revu surtout aussi et avec bonheur ce grand mec longiligne de Lavernhe que sa silhouette et sa bonhomie rendent léger malgré son perso et rôle outré d’attention aux obligations sociales de paraître qu’il alimente à son grand amour de lui-même
            Macaigne aussi, dans un rôle de mec spécial pas déguisé en autre chose pour une fois, comme pour rattraper on ne sait quoi et puis quelques autres,
            sans parler de Lellouche en chanteur rital qui fait (me fait) craquer total

            bon, ça m’en déclasse ni mon 6 ni mon 11 ni mon 16 de Top mais dans une liste genrée feel good movie de bande, on se tâte quand même un peu sur la place qu’on lui filerait,

          • pourquoi pas le feelgood, mais quand le feelgood semble absolument paniqué à l’idée de diviser son public et incapable de risquer un pouce hors des balises du consensus, alors je reve d’un feelbad movie, voir d’un supercrade movie

          • @:

            oui je sais bien, encore à perdre mon temps

          • le problème de Toledano et Nakache, c’est qu’ils jouent tellement la sécurité qu’ils sont incapables de faire un film vraiment nul et détestable

          • @: Du coup cette nuit j’ai (re)-maté

            le 1/3 de Tv Transfuge dedié au cerf sacré

            , Aubel y évoque vite fait la donne en forme d’enfermement de la famille, Mercier l’inconfort relatif qu’il ressent ne sachant jamais vraiment s’il va en rire ou en pleurer, Sakho, le fait que Lanthimos l’a perdu en cours de visionnage quand un perso nomme/s’inquiéte de la simulation possible du fils; Quant à l’hôte de ces lieux, il parle notamment des corps, des scènes où Lanthimos s’intéresse à ce que c’est par exemple qu’un corps rampant, ce que ça documente en quelque sorte,
            – même chose avec le gniakage de bras on trouve (cf.film Grave avec le combat des sœurs en public) puis juste aprés dans la même séquence, l’auto-morsure qui inverse les rôles bourreau/victime ou met de suite le level des tortures à envisager pour affaiblir Martin un cran au dessus

            Oui, cet aspect file indéniablement matière à expérience, matière à penser et le côté possiblement dévitalisé en apparence des persos de mise à mort passe alors plutôt côté spectateur si celui-ci n’est que peu ou pas capté par l’histoire jouée dans cette dérangeante fiction et contée par Lanthimos

        • et tandis que je tente l’organisation pour voir le Neruda de Larrain, tombée sur une master class avec Haneke  https://vimeo.com/57677599

    • @:

      si j’osais je proposerais le mien comme suit:

      -> pour aussitôt en ôter Le vénérable (mi-docu/mi-fiction donc ira dans une liste plus dédiée à)
      et laisser passer Baby Driver entre The Young Lady et Seven Sisters, ce qui nous donne:

      120BPM
      Jackie
      La colère d’un homme patient
      The Young Lady
      Baby Driver
      Seven Sisters
      Wind River
      The Square
      La mise à mort du cerf sacré
      Happy End

  14. http://next.liberation.fr/cinema/2017/11/17/on-reste-dans-l-ombre-de-peur-d-etre-immolee-a-la-place-de-l-agresseur_1610887 Adjani et Forestier y déroulent tranquille et assez précis le truc on trouve, dans le ciné en France, l’ambiguïté du désir à connaître plus/vraiment l’actrice pour bien la filmer, dun désir comme à éprouver pour le transmettre aux spectateurs et elles redisent surtout bien la loi du marché de l’actorat, de la production ciné quand le pouvoir de faire bosser est entre peu de mains

    • @: Sinon au fait Léa, Isa, c’est bon, on peut refermer la fenêtre là

    • @:

      …/ Force est de constater qu’à part Léa Seydoux, peu d’actrices ont dénoncé publiquement le sexisme qui y règne. Est-ce une bonne nouvelle? Le signe que tout va bien? Ou que dans un pays où la politique des auteurs demeure – Et c’est tant mieux- l’omerta est plus lourde ici qu’ailleurs, et les révélations plus difficiles à assumer? /… – article d´Anne Diatkine du 17/11/2017 paru dans Libé

      – Quelqu’un pour en dire un peu plus sur la politique des auteurs peut-être? Est-ce que c’est pas ce truc qui par exemple pourrait participer à l’usage flc-ique d’univers d’un réal, d’un cinéaste? Du coup, lorsqu’on en admire l’univers’ on pourrait faire beaucoup pour y entrer? entendre/accepter qu’il y ait à faire beaucoup pour avoir l’honneur de?

      • @Jeremy:
        Aux cœurs blessés, l’ombre et le silence
        A ma mère
        1
        Le pays et l’homme
        En 1829, par une jolie matinée de printemps, un homme âgé d’environ 50 ans suivait à cheval un chemin montagneux qui mène à un gros bourg situé vers la Grande Chartreuse p.7 … / A tout moment, le pays variait d’aspect et le ciel de lumière; les montagnes changeaient de couleur, les versants de nuances,les vallons de formes: images multipliées que des oppositions inattendues, soit un rayon de soleil à travers les troncs d’arbres, soit une clairière naturelle ou quelques éboulis, rendaient délicieuses à voir au milieu du silence, dans la saison où tout est jeune, où le soleil enflamme un ciel pur. Enfin c’était un beau pays, c’était la France! / … p.8, Scènes de la vie de campagne – le médecin de campagne – La bibliothèque précieuse, Librairie Gründ, 60, rue Mazarine, Paris.

        oui, dès l’au début, tendance à choper de l’humeur lyrique dans les lignes d’Honoré quand lectrice de son Le médecin de campagne

        • @tiresome: connais pas, celui-là.

        • @tiresome: prototype du début de récit réaliste, la première phrase.

          • Ca me fait penser à l' »effet de réel » de Barthes. J’ai trouvé l’extrait d’un texte de Rancière qui remet en cause le propos de Barthes sur la littérature réaliste. Intéressant, je trouve.

            On cherchera ici à montrer que l’inflation de la description au détriment de l’action qui fait la singularité du roman réaliste n’est pas l’étalage des richesses d’un monde bourgeois soucieux d’affirmer sa pérennité. Elle n’est pas davantage ce triomphe de la logique représentative que l’on décrit volontiers. Elle marque au contraire la rupture de l’ordre représentatif et de ce qui en était le cœur, la hiérarchie de l’action. Et cette rupture est liée à ce qui est au centre des intrigues romanesques du XIXe siècle : la découverte d’une capacité inédite des hommes et des femmes du peuple à accéder à des formes d’expérience qui leur étaient jusque-là refusées. Barthes et les représentants de la tradition artistique ont ignoré ce bouleversement parce que leurs présupposés modernistes et structuralistes étaient encore ancrés dans la tradition représentative qu’ils prétendaient dénoncer

          • Ailleurs Rancière parle et reparle des particules de poussière dans certaine page de Madame Bovary. Oui le roman du dix-neuvième produit l’effraction de ce réel anodin, non hiérarchisé, dans la littérature. Que dire de ces particules? Justement rien. Elle flottent entre les figures signifiantes et balisées que l’art idé-aliste dispose. Elles sont le supplément de réel, ce surnuméraire dont on un discours de vérité ne saurait quoi faire.

          • @François: oui, réel anodin, non hiérarchisé, qui témoigne d’un « effet d’égalité », pour Rancière, et non d’un « effet de réel ».

          • @Jérémy: …/ 1ère phrase, proto du récit réaliste / … certes,
            Sinon, nécro d’Isou dans le monde http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2007/08/01/isidore-isou_940990_3382.html
            traité de bave et d’éternité, bon, ok, le film est déjà commencé?
            http://imago.blog.lemonde.fr/2015/04/06/isidore-isou-le-lettrisme-pour-leternite/

          • @tiresome: ce que je peux aimer chez ces gens-là, les Isou, les surréalistes, les dadaïstes, c’est qu’en première intention, ils réhabilitent un plaisir du geste artistique découplé de sa finalité. Je pense même que leur grand ancêtre Lautréamont, lorsqu’il fait passer toute le barnum des Belles Lettres au peloton de ses métaphores, s’enivre de cette outrance, des mots qu’il peut utiliser. Et il suffit de lire « Les chants de Maldoror » pour s’en rendre compte. Leur puissance s’affirme là-dedans, davantage que dans une simple guerre livrée à la dictature du sens.

          • quand Lautréamont traite G. Sand d' »hermaphrodite circoncis », je pense qu’il serait assez vain de voir au-delà du signifiant.

          • @Jérémy: Cependant, je te parie que le CRIF y trouverais matière à procès.

          • Au fait, il vaut mieux ne pas parler de la réaction actuelle de Judd Apatow aux événements qui secouent Hollywood. Il perdrait trop notre estime.

          • @Cat: certaines féministes, surtout.

  15. Vous vous souvenez de Maxime ? Il nous avait parlé de Spinoza déjà il y a quelques mois.
    Là il a retrouvé sa bande et nous emmène à Amsterdam, c’est juste vachement bien. Deux émissions à écouter à la suite si vous voulez comme moi apprécier ce que l’invité déplie face à, ou plutôt avec, ses deux interlocuteurs. La seconde est plus facile pour qui veut commencer comme ça.

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/le-clan-spinoza

    https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser-avec-frederic-worms/la-bande-a-spino

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