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50 411 Commentaires

  1. En bon provincial j’ai dû me « contenter » du texte paru il y a deux mois chez les Solitaires Intempestifs. C’est donc ma petite tête qui a accueilli la représentation. Travaillant sur cette thématique depuis le début de l’année (comme je l’avais déjà un peu évoqué ici) cette initiative de François m’a bien botté ! J’en ai même suggéré la lecture aux professionnels de l’éducation venus assistés à la table ronde que j’animais ce jour-là (sobrement intitulé « Face au besoin de vérité, faut-il éduquer à l’incertitude ? »).

    • J’adore le titre de ta table ronde. Sur l’échelle de richter de la sobriété, on se situe à un bon niveau Kanye West.

      (je tique sur « éduquer », mais j’avoue « éduquer à l’incertitude » ça claque)

      • @Billy: l’expression est quand même contradictoire. Comme : « éduquer à l’esprit critique » (deux derniers mots encore lus ce midi dans un bref compte-rendu que Télérama fait sur « La devise », ils sont irrécupérables ces journalistes-là).

    • ca c’est du titre de table ronde

  2. Je vais voir cette semaine Contagion -la pièce écrite par François, pas le film de Soderbergh. Je vous dirai ce que j’en ai pensé (commet ça vous vous en battez les couilles?).

    • @Charles: ben non s’en fout pas les couilles. Je l’ai vue je t’attendais.

      • Non on s’en balek pas une seconde, t’y vas quand ? Moi je vise mercredi, mais ça dépendra de mon taf.

        • Arf j’étais bloquée au boulot hier soir. Du coup, on s’est retrouvés directement à la maison avec Matt mais j’ai raté la pièce. Charles, Juliette, alors ?

    • alors que le film est tellement mieux

    • @Charles: hé ben moi carrément je vais au ciné avec françois ce soir , kesske tu dis de ça mon pote ?
      peut-être même qu’il va me flinguer avec son silencieux du KGB chtoung, même pas peur.

      mais déjà faut que je trouve la bonne route pour le ciné et ça c’est pas gagner, pourtant je m’y connais vachement en Intermarché je comprends pas.

      • tu verras c’est vraiment pas joyeux comme cadre

        • @François Bégaudeau: j’imagine, ça me rappellera le théâtre onyx au milieu de l’iiiiiimmmmennnse centre commercial atlantis.
          Ils étaient amers les chiens de Navarre.

          Mais bon , déjà faut que je trouve, comme je le disais précédemment.

        • @François Bégaudeau: enfin je ne sais pas s’ils étaient tous amer mais au moins le gros jésus ensanglanté sur la croix.

        • @François Bégaudeau: mais sinon faut que je te dise que j’ai bien aimé le grand cinéma tout neuf planqué derrière the Intermarché,
          comme c’est bizarre,
          me suis calée dans un coin en attendant le monde parce que j’étais en avance comme toujours et je m’y sentais bien parce que je me sentais minuscule,
          je me demande pourquoi il font maintenant des cinémas aussi hauts qui ressemblent à des hangars aménagés, m’était déjà posée la question l’autre jour au cinéville près de chez moi,
          et d’après ce que je comprends c’est que les fauteuils désormais dans les salles sont vachement décalés en dégradés pour que personne ne gène personne, pas une tête qui dépasse, pour le confort de tous.
          Bon donc t’as intérêt à avoir une salle bien haute pour y mettre le plus de monde possible par dessus le marché.
          Là aussi je me disais que j’aimais bien le libéralisme, si ça me permet qu’on soit pas trop les uns sur les autres, que personne n’emmerde personne.
          Après je me demande comment vont évoluer ces bâtiments, parce que je ne suis pas certaine que les matériaux choisis à la va vite pour être les moins chers possibles soient très solides, j’imagine fabriqués dans les pays pauvres et pleins de produits toxiques, mais j’en sais rien, faudrait demander à un architecte ce qu’il en pense, j’imagine que c’est assez éphémère tout ça.

        • @François Bégaudeau: je me demande comment vont évoluer ces bâtiments mais je crois pas que je serais encore vivante pour faire des constats pertinents parce que je vais mourir à 50 ans d’avoir usé mon corps à trop travailler pour faire plaisir à l’organisation sociale.
          Plus que 7 ans, ça fait court quand même.
          merde.

      • @anne-laure: c’est quoi le film que tu vas voir ce soir ?

        (au fait j’ai visionné celui sur le danseur et les vieilles dames que tu avais mis en lien, je veux bien que tu me dises ce que tu en a pensé quand tu l’auras regardé toi aussi)

        • @Juliette B: ma sœur vient de me le conseiller c’est marrant, alors moi j’ai dit oui d’accord c’était prévu mais j’ai autre chose à faire d’abord, de la plus haute importance,
          c’est l’académie des muses que je vais voir chère madame , si je trouve ce putain de centre commercial.

          • Trop beau ! En plus, drague et érudition, c’est un très bon choix de film pour un date avec une sapiosexuelle.
            Par contre, s’il y a des féministes dans la salle, elles vont te flinguer l’ambiance les putes.

          • @billy: à vrai dire il ne m’étonnerait guère que je sois la seule féministe de la salle.

          • @billy: sans compter françois bien sûr , qui ne compte pas pour du beurre.

          • @billy: ah bah non : erreur,
            françois comptait pour du beurre, il nous a révélé qu’il était féministe juste pour pouvoir dominer les femmes.

          • Technique du cheval de Troie, c’est un malin François.
            Ceci dit, qu’un mec soit féministe pour se taper des meufs, pour son propre plaisir, me parait une excellente motivation.
            Il s’est dit quoi sur L’Académie des muses ?

          • @billy: attends j’suis sur un autre dossier là, mais il y a des choses sur le montage des films qui t’auraient vachement intéressée oui, j’ai pensé à toi , aux gens qui font des films.
            Je reviendrai te dire quand j’aurais l’esprit un peu moins embrouillé.
            L’odeur des lardons, la fatigue, le marxisme , tout ça.

          • @anne-laure: Ah, ah, ah, notre hôte tombé de son piedestal ? Féministe « pour pécho » des nanas, par intérêt perso charnel (jouissance que son corps réclame) ? No way, impossible, impensable…Tu nous diras ce que tu as pensé de ce film, donc, sujet original !

          • @billy and steph: ben en fait je faisais une transposition sur françois de ce qu’il disait à propos du mec principal du film, c’était une petite plaisanterie, car il faut bien rigoler.

            L’homme du film, donc, fait croire aux femmes de ses cours de littérature qu’elles peuvent prendre le pouvoir en tant que muses ( alors que les muses sont des potiches mythologiques en vérité, la mythologie est une science exacte ), c’est à dire qu’elles peuvent transformer la vie en œuvre d’art.
            Et en civilisation du coup parait-il. Elles seraient la source de la civilisation.
            En gros c’est ça, ce qui lui donne le pouvoir d’être aimé par elles puisqu’il répond à leur demande, de pouvoir donc.
            Je vais vous la faire en plusieurs fois parce qu’elle est compliquée cette histoire.
            Et je dois dire que c’est la partie du film qui m’intéressa le moins, le rapport de domination de l’homme sur la femme, parce que ma petite obsession du moment on l’aura compris c’est plutôt le rapport de la domination de la pensée sur l’homme, est-ce la peine d’insister, de la pensée qui sort d’un homme à partir du réel pour retomber sur les hommes.
            Bon bref,
            ce que françois nous a expliqué du film c’est qu’il est beaucoup moins intellectuel qu’il n’y parait , que sous cette belle mascarade de paroles il y a surtout une bête à l’affut de ses proies féminines, ce qui rend plutôt ridicule le mec qui prêche la bonne parole de se sortir de la bestialité par l’art, c’est à dire que ça se renverse au fond, quand tu reprends tout le film depuis le début,
            françois trouve que le prof est pervers dans le sens qui biaise la réalité des relations,
            moi je serais plus modérée, parce que je n’ai pas vu ce type comme un monstre, mais où avais-je donc la tête ?
            Bon déjà à la moitié du film je me suis souvenue à qui me faisait penser l’acteur physiquement, à un fou que je connais, particulièrement rigolo dans ses réactions radicales. Du début à la fin je l’ai trouvé sympathique ce vieux grognon.
            Et il me semble que ce genre de relation complexe se trouve partout autour de nous tout le temps, partout à travers nous, on n’y échappe pas, aux relations dominants-dominés.
            Nous ne sommes pas des grands malades pour autant, quoique.

            Je pense plutôt comme toi billy que s’il y trouve son petit plaisir y a pas de mal, il ne fait pas réellement de mal aux femmes par ailleurs, puisqu’il les baisent.
            On ne sait pas s’il le fait bien ceci dit.
            Certes il se joue un peu de leurs sentiments mais c’est réciproque il me semble, elles sont consentantes dans cette affaire.
            Manipulées et manipulantes à mon avis, séduction réciproque.
            Et pour en revenir à cette histoire de pouvoir de la muse, de féminisme, si on regarde la chose de plus près, n’est pas féministe celui qui donne le pouvoir aux femmes au détriment du sien, moi j’aurais plutôt appelé cela du masochisme.
            C’est à dire qu’il était un peu gros le panneau.

          • @billy et steph: et puis alors je me disais comme ça, les relations affectives sont tout de même bien compliquées, sont toujours très retorses, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, le rapport dominant-dominé toujours en mouvement en renversement c’est fatiguant,
            et alors je me demandais dans quel type de relation on pouvait être toujours égalitaires, d’une façon simple,
            mais dans la relation à la boulangère bien sûr, par le biais de 68 centimes paf t’as une baguette. Et le sourire de la boulangère, et rien d’autres.
            Pas de complications affectives.
            Le rapport marchand c’est impeccable. Je me demande si c’était pas ça la grande idée d’Adam Smith à la base, sauf que j’ai jamais fini son bouquin.
            C’est là où je me disais que j’étais libérale en fait.

          • @anne-laure: Je comprends pas bien ta critique du marxisme dans tes posts précédents. Je crois que je suis pas d’accord avec toi, mais comme je maitrise pas, je dis rien. En revanche, le rapport marchand, je maitrise grave.
            Tu dis : « je me demandais quel type de relation on pouvait être toujours égalitaires d’une façon simple, mais dans la relation à la boulangère bien sûr »
            Sauf que 10€ pour un pauvre, c’est une somme conséquente, c’est concret. C’est 1h et demi de travail me disait ma mère. Du coup quand j’étais coincée face au facteur et que chargée d’acheter le foutu calendrier de la poste, je devais filer 5 €. pas 10.
            Pour quelqu’un des classes moyennes, 10 € c’est pas grand chose. Et pour le riche c’est rien du tout, ça n’a pas de consistance, c’est le petit personnel qui fait les courses.
            Alors ton « rapport marchand, c’est impeccable ». Non parce que 10€ n’a pas la même valeur pour un riche, pour moi ou pour ta boulangère. 10€ n’a pas de valeur objective.

            Quant au rapport dominant-dominé dans les relations affectives, je vois pas trop. J’arrive pas à le relier à ce que je vis. J’ai l’impression justement que mes proches, c’est ceux avec qui j’ai dépassé cette question de domination. Peut-être que je comprends pas ce que tu veux dire. T’aurais un exemple ?

            Alors t’es libérale ? Tu nous fais le coup de la libérale-libertaire. T’inquiète, je te laisse pas tomber, tu vas pas virer Cohn-Bendit si facilement.

          • @billy: tu devrais quand même tenter de me donner ton point de vue sur le marxisme parce que moi non plus je maitrise rien, on rigolerait bien à partir sur du n’importe quoi comme des clowns,
            je comprends bien ton histoire de valeur subjective, parce que oui je suis d’accord, la valeur de quelque chose est toujours subjective,
            je crois qu’on se comprend pas parce que je parlais de la domination affective, et toi de la domination monétaire, on va appeler ça comme ça.

            Mais oui j’en ai un paquet d’exemples de rapports dominants/dominés dans les relations affectives , quand je dis affectives c’est au sens large hein, ce qui t’affecte dans le rapport à l’autre humain que tu as en face de toi,
            je ne parle pas que des gens qu’on aime, et même avec les gens qu’on aime, appelons les : les proches, comme tu dis, on peut être dans des micromouvements de rapports de forces, pour s’imposer à l’autre ou lâcher l’affaire, tu vois mieux ce que je veux dire ? Ou tu veux vraiment des exemples ?
            Les petits conflits démocratiques quoi.

          • @Billy: je peux te dire par exemple que lorsqu’Alice a décidé de faire la cuisine parce qu’elle a faim et que moi je glandouille , le rapport de force il se pose là : blam,
            au milieu de la table en moins de 30 minutes t’as un plat de bolo avec du thym et du basilic, même si t’as rien demandé.

          • @billy: et boum je retombe sur mon obsession je suis pénible,
            ça ne serait pas l’analyse affective des rapports de domination qui manquerait au marxisme par hasard ?
            toi qui t’y connais vachement bien. Qui a lu le capital.

          • Non Marx n’a pas spécifiquement traité la psychologie des rapports de domination.
            D’abord parce que, vu le continent analytique qu’il avait à explorer, il avait vraiment pas que ça à foutre. Ensuite parce que c’eut été trahir son postulat : il n’y a d’homme que social, que produit par la société, l’histoire. Donc toute analyse psychologique qui ne serait pas en situation, qui ne s’articulerait pas à une situation sociale donnée, lui semble relever de l’humanisme bourgeois, contre quoi il écrit ses premiers textes. Ou relever d’un essentialisme ontologique qui caractérise la philosophie en général, y compris celle de Nietzsche -qui est assez inopérant politiquement, et assez inapte à comprendre ce qu’il appelle les socialistes, parce qu’il ne juge jamais en situation (dans une situation historique donnée, c’est à dire pour Marx dans un certain état de la lutte des classes.) Je crois d’ailleurs que Nietzsche n’a pas lu une seule ligne de Marx.

          • @billy: bon on va pas avancer sur le sujet du film des muses si je me remets à divaguer sur le marxisme, mais ne sais-tu donc pas qu’on me surnomme dans le milieu la grosse folle feignasse de la philosophie,
            et je me pose plusieurs questions sur marx,
            pour commencer avait-il interroger, sur un plan affectif , psychologique on peut dire sinon , si tu préfères, les raisons du besoin de possession, d’accumulation des richesses, de domination par l’accumulation des richesses ?
            Avait-il posé la question du désir, du plaisir de domination ?
            Et n’avait-il pas repéré qu’il est possible de prendre un grand plaisir à dominer un riche autrement qu’en lui prenant son argent, en lui cramant sa Porsche par exemple, à renverser le rapport de force par autre chose que l’argent, les gens sont tordus tu sais.

          • @billy: interro, pardon mais j’étais pas très concentrée à cause plusieurs éléments extérieurs qui m’ont percutée en plein vol

          • @anne-laure: Merci pour l’analyse du film, et ton ressenti. Attention, la réponse va être crue, mais tu ne t’en offusqueras pas, n’est ce pas, c’est juste ma contribution au débat…Le prof pervers je l’aurais senti à dix kilomètres à la ronde. Les pauvres « oies blanches » séduites, comme tu dis, ne risquent pas grand chose, c’est sûr : faire l’amour avec lui ? Qui manipule qui ? Qui séduit qui ? qui est dépendant de qui ? En fait, dans les relations sexuelles, affectives, je crois, finalement, qu’on ne peut éviter (quelque peu) les rapports de force, le jeu dominant/dominé : (« je » et « tu » littéraires car je me projette dans la scène, c’est plaisant, on est là pour s’amuser même si le sujet est « grave » 🙂 ) « Dans le sexe pratiqué avec confiance, je suis, me laisse être ton objet que tu déshabilles (ou je le fais toute seule car le temps presse contre toi) que tu caresses, lèches, pénètres (avec lenteur et/ou violence selon le scénario qu’on a choisi de développer dans l’instant) et que tu fais jouir ; puis je redeviens sujet, et on vaque à nos occupations quotidiennes en toute confiance ; puis on inverse, à d’autres moments du sexe et de la journée, je prends la main (le sexe plutôt 🙂 ) et tu te laisses faire dans un joyeux abandon ». Du moment qu’on est consentant, çà me va. La relation se fait dans l’altérité, le respect, la confiance, la parole amoureuse. C’est pas souvent le cas, vas-tu me dire, et même si çà l’était au début, çà peut virer pervers très facilement, sans qu’on voit la chose s’installer…Dans le cinéma, je te citerai « Sur la Route de Madison » Elle s’émancipe un peu en s’autorisant à vivre ces quelques jours d’amour avec Clint (ah, ah, chanceuse Meryl Streep…) puis elle choisit de ne pas le suivre… »Sexe, mensonges et vidéo » Elle s’aperçoit un jour, en nettoyant de façon obsessionnelle ses robinets de salle de bain, que quelque chose cloche avec son mari…elle n’était plus à sa place, la mascarade conjugale et sexuelle avec son mari peut s’arrêter car elle l’a décidé et qu’elle y est aidée par le vidéaste, dans un joli rapport de séduction et tendresse et de confiance…Un film qui m’avait interpellée, c’est « Shame » ce (si) beau trentenaire solitaire perturbé sexuellement, personnage caricatural, Michael Fassbender, regardant du porno, capable de bander et jouir qu’avec des putes parce que c’est sans « engagement » (le vilain mot qui fait peur), ce qu’il croit devoir redouter (scènes de sexe difficiles à regarder, on a envie de pleurer avec lui) la scène avec sa belle collègue brune est très dure aussi, car elle le voit sombrer, ne pas y arriver (à bander), douter de lui-même, comme toujours, éternel petit garçon. Sa réaction à elle, froide : elle se rhabille simplement plutôt que d’attendre que çà vienne, le caresser, le rassurer, c’est une prédatrice pressée, quel gâchis ! Et puis, comme il ne va pas bien, ne voit et ne vit que son propre problème, il ne voit pas sa propre sœur sombrer…Je ne me souviens plus très bien de la fin, je crois que c’est une boucle pas très optimiste par rapport au début du film : il est à nouveau dans le métro, zieutant les nanas…malgré tout ce qui lui est arrivé pendant le film, on est pas sûr qu’il ait progressé d’un pouce. Alors oui, des rapports de force, des personnages complexes et perturbés, des scènes de sexe violent consenti car source de plaisir, et de viol, subies, sans plaisir il y en a pléthore ; comme celle dans les escaliers de « History of violence » celles difficilement supportables de « Boys don’t cry »…Je n’ai pas vu le Gaspard Noé « Irréversible » ni le « Elle » de P. Verhoeven, pas politiquement correct de penser qu’elle y prend du plaisir, et pourtant… « La Pianiste » était aussi un rôle très fort pour I. Huppert, qui sommes-nous pour juger et dire où doit se placer le désir, le plaisir, la jouissance d’un personnage, le problème c’est quand l’un assujettit et humilie l’autre de façon durable et perverse…Et « Les Valseuses » de B.Blier ? Et le début de « Mon Homme » où Anouk Grinberg justifie avec fierté et douceur le bien qu’elle procure à « ses » hommes. Après, le film évolue bizarrement, dans mon souvenir flou) et « Closer, entre adultes consentants », ce chassé-croisé trop pervers et stéréotypé à mon goût, « Two lovers » de J.Gray aussi) y’en aurait des choses à dire…Je me suis un peu égarée, alors oui, pour conclure, je pense qu’on ne peut éluder ces rapports de force, abus de pouvoir (de faiblesse) dans les relations amoureuses et sexuelles qui sont si complexes (et même, dans les relations amicales, dans une moindre mesure). La complexité fait qu’on ne s’y ennuie pas (sinon, c’est mauvais signe…) mais il faut juste que çà reste dans un cadre acceptable, consenti, respectueux des besoins, désirs de l’autre ; de ses propres besoins et désirs à soi, aussi, qu’on manifeste à l’autre par la parole, les gestes, qu’il (elle) nous manifeste par la parole, les gestes…Sur le sujet, je vous renvois aux saisons de « Girls » de Léna Dunham (j’ai visionné il y a quelques années les 2 premières saisons seulement, quand elles étaient sorties) et l’implacable « King Kong Théorie » de V.Depentes.

          • @françois: ça me donne quelques pistes ce que tu me racontes, même si je ne sais toujours pas ce que veux dire ontologique,

            et oui j’avais remarqué que Nietzsche était pas très doué en politique, tu verrais comment qu’il est maladroit envers les socialistes, les anarchistes, houuuu le gros pataud, il critique les libéraux aussi, il n’est d’accord avec personne, il est politiquement nulle part je crois, je le comprends pas bien,
            bon de toutes façons lui il n’y a rien que la vie qui l’intéresse dans la vie.
            Il est nul.

          • @Stéphanie: je suis pas sûre d’avoir tout compris ce que tu voulais dire mais j’ai l’impression qu’on est d’accord, dans l’ensemble,
            on va se la faire à l’instinct hein.
            Et que de films cités dis donc.
            Tu peux citer charlotte dans nymphomaniac aussi dans le genre qui passe sa vie à se frotter la chatte, et alors je ne sais plus pourquoi, parce que papa était trop méchant , je ne sais plus ce qu’il faisait avec un arbre.
            Dans le genre focalisée sur son plaisir sexuel, dominée par son désir d’orgasme, c’est assez misérable.

          • @billy: je reprends le fil de ce que je voulais te raconter sur la forme du film des muses, de ce que françois nous avait expliqué en répondant à la question d’un monsieur qui ressemblait à léo ferré mais en plus vivant et qui ne va au cinéma que trois fois par an et qui était enchanté par la forme de ce film,
            moi aussi je trouve que c’était ce qui valait le coup d’être noté,
            je te le dis grossièrement parce qu’il faut que je parte faire des petites choses et si je commence à déballer j’ai pas fini,
            c’est à dire que Luis machin ne se foule pas comme d’autres à faire des scènes transitionnelles, il passe d’un plan à un autre et tu comprends le sens,
            je te donne l’exemple de l’aéroport parce qu’en plus ça me fait rigoler,
            tu passes de l’université de Barcelone à la campagne de la Sardaigne vlan ( tu te souviens ? ).
            Tu n’as pas de plan d’avion avec des gens qui montent et qui descendent, air Sardaigne écrit sur le coffrage de l’appareil etc, pas de petite musique qui accompagne pour combler le vide sans paroles, le truc bien gonflant qui te donne l’impression de perdre ton temps au cinoche alors que ton temps est compté,
            tu vois ce que françois et des ajouts de moi veulent dire ?
            Tu peux bien faire ta grosse feignasse pour faire un film et il sera très bien.
            ça te coutera moins cher en plus c’est cool.
            Je dois dire que tout cela tient bien dans ce film parce qu’il y a beaucoup de dialogues, je crois que françois le disait aussi je sais plus,
            enfin pour ma part je pense que c’est plus la forme du film qui m’a tenue que le fond, qui comme je le disais me lassait un peu.

          • Ouais je me souviens du film : des coupes franches, des plans noirs de 2 secondes au milieu de scènes. Un truc pas policé, j’aime bien.

            Mais je me souviens surtout d’un film super marrant.
            Le prof de l’académie des muses use de sa place de sachant, de dominant, parle avec emphase, mais il est pas super brillant. Les étudiantes qui interviennent disent des trucs plus fins, essaient d’analyser. Du coup, sa séduction qui marche à fond sur les étudiantes, marche pas du tout sur les spectateurs. J’ai bien aimé cette distance là, qu’on les regarde de loin se chauffer, se débattre. On voit toutes ces belles idées qu’il manipule alors qu’il a juste envie de coucher (il y a une scène dans une bagnole avec une étudiante, il a sa main sur l’accoudoir de la meuf et dit en gros « non mais le désir c’est pas forcément du sexe » alors qu’il est penché sur elle, à deux doigts de lui sauter dessus.) Je me souviens aussi qu’il y a des reflets partout. Toujours la distance entre les persos et les spectateurs.

            C’est surprenant parce qu’au début du film, je m’attendais à un docu sur un prof hyper brillant (faussement annoncé par un carton pompeux « expérience pédagogique du professeur machin »). Je venais de voir « At Berkeley » de Fred Wiseman qui a le don de rendre leur intelligence à ceux qu’il filme. Et « At Berkeley », c’est génial, stimulant intellectuellement, tu assistes à plein de cours de fac, aux réunions sur le fonctionnement de l’université… j’étais sortie de ce film avec un niveau bac +36. Donc je vois le carton de l’académie des muses. Et je m’attends un peu à At Berkeley. Premier cours du mec, je trouve son cours bof, le ton péremptoire, le mec cavalier. Ça correspond pas du tout à ce que j’imaginais. V’la l’expérience pédagogique quoi, ce qui commence comme un docu sur un prof de littérature, sur de la pensée, devient une fiction sur le désir.

            Sinon, il me semble que ce perso est un gros misogyne qui s’ignore. Il veut faire des filles des muses, mais des muses actives. La blague. Sa femme le lui dit bien.

            J’avais noté une de ses phrases qui m’avait tellement fait marrer à l’époque. Il dit à une étudiante archi-jolie : « on se parle pour confirmer ce qu’on s’est dit en silence. » De la drague au pied-de-biche. C’est étonnant que les meufs se marrent pas quand même.

          • j’avais aussi vu la main sur le dossier, parfaitement hitchcockienne

          • @billy: tu me fais rire avec ton bac+36,
            c’est marrant parce que moi je captais pas du tout la part sexuelle de l’affaire, ou bien c’est que voyais ça plutôt totalement intégré dans le processus du dialogue, une possibilité un dérapage, mais pas dérapage non plus parce que finalement pas très important, je pensais que c’était ça le concept de base,
            pas très étonnée qu’à la fin on découvre des liaisons sexuelles mais étonnée par les réactions de jalousie qui en découlent oui,
            j’ai trouvé que la pire scène niveau torture des sentiments est celle du dialogue entre la vieille et petit nez pointu. Te souviens-tu ?
            Etonnée qu’elles y tiennent tant à ce vieux bonhomme pas très malin, et pas très beau, oui.
            Bon mais avec tout ça j’ai toujours pas bougé de mon canap ?
            On dirait que je suis en vacances tiens.

          • @billy: et j’aimerais bien prendre le temps de parler des trois filles du film ( je sais pas si on va compter la vieille elle m’intéresse pas trop ), pour voir ce qu’elles m’ont fait, comment je les ai appréciées,
            mais d’après les mammifères de jardiland, il est tout à fait normal de ne dépenser absolument aucune énergie lorsqu’il fait très chaud ,
            quand je dis absolument c’est :
            quand t’es un lapin nain tu te cales la bouche tout contre le biberon d’eau le corps tout étalé en carpette, tu bouges plus
            quand t’es souris tu dors dans ta roue d’exercice, pas un geste de plus,
            quand t’es hamster panda tu te fous en boule tout contre les autres comme ça t’as encore plus chaud tellement t’es con,
            quand t’es rat tu dors en boucle avec ton corps magnifique, d’une élégance imparable,
            quand t’es gerbille tu creuses indéfiniment le fond du vivarium pour faire un tunnel dans le sable parce que tu crois que t’es dans le désert,
            allez hop petite chanson cristalline pour toi billy , c’est rafraichissant

          • @billy: booooonnnn alooooors , on va commencer par quiii ? pouf pouf pouf : petit nez pointu la blonde au cheveux longs ,
            je crois que c’est avec elle que j’ai eu la relation la plus paisible,
            d’emblée c’est celle qui te plombe direct avec son mot patriarcat et tu te demandes d’où ça lui sort, tu te croirais en mai 68, aurait-elle une mère hippie ?
            je trouve qu’elle a un petit air russe aussi mais je préfère rien dire,
            doit-on comprendre que ce mot elle le connaît du prof ? mystère mystère.
            En tous les cas elle est bien fière d’avoir saisi le mot, le concept on sait pas trop, ça va chercher très très loin l’influence du patriarcat, faut vachement se creuser les méninges,
            sur le sujet des mots, de sa relation épistolaires je la comprends très bien, je comprends bien ce qui la travaille, de ces mots qui prennent tant d’importance et c’en est très troublant, je suis bien placée pour le savoir, sans être étudiante en littérature pour autant, ce qui la décale un peu du contexte au fond, de l’enseignement universitaire , et ça me plait bien,
            bon après t’as le prof qui tente de la convaincre de ses effets de muse sur le texte de l’autre mais j’ai pas trop suivi parce que son discours m’intéressait pas trop,
            ce que j’ai retenu c’est l’étonnement de la fille , de l’histoire mystérieuse de la puissance des mots, qui ne sont pas des corps humains, bé non, tu croyais hein ?
            et pourtant qui portent une telle charge matérielle je sais pas comment dire ça , je crois que cela à quelque chose à voir avec la puissance symbolique que tu ne trouves nulle part ailleurs d’autre que dans le langage,
            Les mots sont des concentrés de matières phénoménaux.
            Bon après je l’ai trouvée bien tranquille cette fille, un peu jalouse certes, elle est jeune et naïve, mais bien droite face à la vieille , qui ne se laisse pas dévorer par elle, ni par ses sentiments, garde son sang-froid.
            Quoiqu’on ne sait pas la tronche qu’elle fait au final lorsque la vieille yoyote sur le sonnet que monsieur tant désiré lui écrira, une petite compète de sonnets j’ai rien compris.

          • @billy: ennnnnnsuite : l’italienne la brune,
            alors elle direct j’avais envie de lui foutre une baffe parce qu’elle est plus belle que moi, y avait de la concurrence, et puis bon me suis rapidement raisonnée, j’ai été très efficace :
            – mais t’es en compète avec qui ma pauv’fille ? avec personne,
            – ah oui c’est vrai.
            alors elle c’est la nana à l’aise dans son corps, toute extasiée lorsqu’elle parle , la passionnée, bien vivante, bien expressive, un tantinet qui déborde d’expression et tu te dis : aaaaahhhh ? théâtre ? hystérie ?
            et puis tu te corriges parce tu te remets en tête que freud est un patriarche et qu’il faut bien se méfier de lui, c’était encore la compète qui te prenait.
            Je trouvais qu’elle s’exprimait tellement facilement que je la visualisais bien en prof de littérature elle aussi, dans une classe , devant des gamins,
            et par ailleurs on voit dans la bagnole qu’elle est celle qui se trouve le plus à l’égal del hombre, je ne sais plus comment elle le dit, qu’ils pensent pareil, je crois que leurs idées sont un peu fusionnées , qu’ils ne savent plus qui pensent quoi à l’origine , comme de bon vieux amis,
            du côté de l’homme on ne sait pas ce qu’il en dit, qu’il se croit toujours à l’origine de la pensée on suppose.
            C’est une femme d’âge mûr comme on dit, pas loin de la quarantaine voit-on à ses petites rides aux coins de yeux. Une certaine ascendance par la durée de vie sur les plus jeunes étudiantes.
            Ce qui peut expliquer son habilité à s’exprimer, de plus.
            Bref, là où elle m’a déçue, mais alors gravement , à m’en dégouter, c’est lorsqu’elle se barre en Sardaigne pour faire ses recherches à la con sur les chants des bergers.
            Où là j’étais bien contente parce que c’était exactement de quoi j’avais envie, d’être berger.
            J’ai adoré observer le plus vieux des bergers, parce que le chant des jeunes c’était un peu nase, entre nous, lorsqu’il raconte le chant qu’il a inventé, qu’il le chante , je sais plus si c’était un chant ou un poème, paroles qui ne sont pas traduites, ou j’ai rêvé, en tous les cas je comprenais rien à ce qu’il disait et juste entendre et voir du langage sortir de son corps d’homme c’était pas croyable.
            Alors que c’est quelque chose qu’on peut observer quotidiennement alors je vois pas pourquoi ça m’épate.
            Elle m’a bien gonflée la brune avec son harmonie harmonie elle m’a tout gâché, elle en fait des tonnes, elle est au dessus de ce qui se passe je trouve, décalée , ridicule, et en plus elle entraine dans son manège de bourgeoise en extase le pauvre barbu berger ( qui n’est pas innocent, qui y participe cet abruti ).
            J’avais vraiment l’impression d’assister au spectacle de la bourgeoisie qui vient se ressourcer auprès des pauvres pour y trouver quelque chose d’authentique, de pastoral, et c’est ça la vraie vie , sans se soucier de ce que c’est que la vraie vie quotidienne des pauvres, si par hasard ça serait pas un peu chiant de passer son temps à scruter les boiteries des brebis pour leur rapper les sabots à cause de cette maladie de pourriture de champignons, des trucs comme ça, bref , elle m’a énervée.

          • Il me semble que tu sous-traites la scène avec les bergers, empreinte d’enjeux plus complexes. Evidemment que c’est une bourgeoise qui parle à des rustauds, mais pas seulement
            Il me semble que tu as aussi sous-estimé l’article de Lordon mis en ligne par Juliette, que je découvre aujourd’hui. Sa première moitié est d’une grande acuité sociologique (la partie nuisible de la classe éduquée comme nouveau rassemblement des demi habiles, et aussi ce qu’il dit sur la tarification du lien social comme oxymore). Tout cela aide à l’intelligibilité du macronisme. Je le remets, tiens.
            https://lundi.am/Situation

          • @billy: et râper, pas rapper d’ailleurs parce que je vois pas bien comment on peut faire de la musique avec des sabots de brebis,
            ahlala qu’est-ce que ça peut m’énerver le langage aussi.

          • @françois et billy: oui c’est vrai , je me suis montrée bien légère,
            pour fredo c’est que je trouve qu’il ne nous explique rien de neuf, ou alors j’ai lu trop en surface, ça commence à sentir la redondance, ça commence à pédaler dans la semoule,
            pour les bergers oui c’est un morceau central du film qu’il serait bon de développer, encore faut-il avoir le temps, et d’autres spectateurs, on compte sur ceux qui veulent voir le film et prendre le relai de l’analyse,
            mais pour l’heure je vais finaliser mon projet et je file car j’ai une réunion de management de l’océan,
            je voulais donc finir par la fille aux cheveux courts, et ne pas m’étaler sur la vieille , laissons la à sa triste situation de femme en quête d’amour absolu, de reconnaissance perpétuelle, de mauvais calcul à la base de ne compter que sur l’amour d’un seul homme,
            La fille aux cheveux courts dès le début ne me plaisait pas du tout, je la trouvais éteinte, embrouillée en elle-même, je comprenais pas ce qu’elle voulait faire avec son histoire de néologisme , de rapport à la nature, le machin de l’intérieur qui va vers l’extérieur , je la trouvais bien obscure,
            bon déjà on dirait qu’elle se force au néologisme et je pense que ça ne s’oblige pas un néologisme ça vient comme ça vient,
            lorsqu’elle commence à parler de son amour d’été associé à la nature, je ne sais plus très bien, j’ai pensé qu’elle était lesbienne mais parce qu’elle a les cheveux courts , c’est con ,
            c’est un cliché,
            mais vérifiable c’est étonnant, je comprends pas le truc d’avoir les cheveux courts quand on est lesbienne, pour éviter d’attirer les hommes ?
            Bref, elle parlait d’une relation amoureuse alors je voulais l’imaginer avec quelqu’un et je ne savais pas si c’était un homme ou une femme ou un dauphin,
            Elle est plutôt discrète dans le film cette fille, fait son petit bazar dans son coin, on la voit bien appliquée à suivre la consigne, une bonne élève,
            la muse qui a partir de la nature produit de l’art ( si j’ai bien compris l’histoire des roseaux de la flûte de pan tout ça ),
            tellement appliquée à suivre la consigne , à ne se préoccuper que de son travail littéraire, qu’elle n’attend rien de particulier du prof, elle n’est pas amoureuse je pense, elle n’entre pas dans le cadre méthodologique du prof qui pense que la relation amoureuse fait partie de sa pédagogie,
            c’est ce qui fait qu’au final elle puisse s’en détacher aussi facilement, du point de vue de ce type borné, puisqu’elle se trouve dans un processus de création et qui n’a pas à être canalisé par un point de vue extérieur,
            je crois que la réaction du prof ne la blesse pas forcément , mais la laisse perplexe,
            parce qu’elle ne comprend plus pendant un petit moment la règle du jeu.
            Elle comprend plus tard c’est ce que l’on voit dans la discute avec la brune, où elle parle du point de vue esthétique du prof comme d’un système idéologique ( alors moi évidemment ça me fait fondre bête comme je suis ),
            tout ça pour dire que la fille aux cheveux courts était ma bonne petite surprise.

          • je n’ai pas du tout cette vision, mais pour l’exposer il faudrait que j’aie l’occasion d’intervenir en salle après le film

          • @vous:

            puisqu’elle se trouve dans un processus de création et qui n’a pas à être canalisé par un point de vue extérieur,

            et moi je m’auto-perplexifie parce que je pense que c’est pas très vrai ce que je dis,
            que la création n’est possible que canalisée, pour qu’elle forme de la matière,
            mais canalisée par quoi,
            on sait pas.

            Allez zou

          • @anne-laure: le film est dispo en dvd ?

        • @Juliette B: je viens donc de regarder ce documentaire maison de retraite de bon matin à cause des gens qui font rissoler des lardons à 7 heures du mat,
          et j’en reviens pas, j’ai ri j’ai pleuré j’ai ri j’ai pleuré, et pleurer et rire etc
          mais genre pleurer avec des vraies larmes qui coulent des yeux !
          bondieu c’est pas vrai que voilà que j’extériorise mes affects, il aurait fallu que je recueille les gouttes d’eaux salées dans un petit flacon que je t’aurais envoyé par la poste, pour preuve.
          Tu en aurais analysé les quelques cellules épithéliales des joues avec ta machine à identification par ADN et tu aurais bien vu que c’était de moi.
          ( grâce à ton accès pirate au grand fichier de surveillance de la police où je me trouve pour actes de violence sur animaux et dissidence politique )

          Ceci dit les 20 dernière minutes étaient de trop je trouve.
          Les dernières larmes lorsque blanche se fait porter par le chinois étaient de trop.

          • @juliette: son café au lait par le nez,
            et ensuite il exige qu’on le mouche bien sûr ( neeeeez neeeez ) , c’est logique

          • @juliette: ah merde je suis mal placée

        • @Juliette B: cette histoire de portage me fait penser à mon vieux fou de 70 ans, le plus bel homme du monde qui sait faire ressortir tout son café au lait pas le nez,
          lorsque je veux le sortir du lit, parce qu’il faut bien qu’il se bouge cette grosse feignasse, il ne bouge pas d’un poil et me tend les bras comme un gros bébé ( un bébé qui aurait des grandes mains de nosferatu tu vois ),
          alors parfois je le taquine : tu veux que je te porte ?
          et il répond un grand oui plein d’impatience,
          Il est sincère en plus, il croit vraiment que je vais porter ses 90 kilos avec mes petits bras,
          aaaah il me fait tellement rire avec sa bêtise

          L’italienne est vraiment formidable , ce qu’elle dit à son bébé lorsqu’elle lui embrasse les yeux, je ne sais plus très bien, que la souffrance sort par les yeux et qu’elle rend aveugle.
          Elle m’a scotchée.

          • @anne-laure: moi aussi j’ai pleuré anne-laure, mais j’ai un problème avec ce doc

            pas pu m’empêcher d’avoir en le visionnant le sentiment d’assister en certaines séquences à un abus de faiblesse

            Madame Lee (?) a-t-elle envie qu’on la filme quand elle lance son pleur déchirant de désespoir parce que les gestes de Thierry ont réveillé quelque chose qui la fait sortir de son hébétude ?

            Thierry n’est-il pas le pire des salopards, ou juste un mec très con, quand plusieurs jours de suite il étreint Blanche dans ses bras en dansant, la porte avec tendresse, la berce, la regarde longuement avec son sourire sur fond de chansons d’amour, puis découvre étonné qu’elle est tombée amoureuse de lui, qu’elle voudrait qu’il l’emmène (« chez toi ») loin de cet endroit où elle « s’emmerde » et où il n’y a que des vieux gagas qui chantent des rengaines débiles;

            tout ça n’était-il pas terriblement prévisible ? le désarroi de Blanche ne vient pas de nulle part

            sinon évidemment c’est beau de voir les corps tordus, endormis, prostrés, se réveiller grâce à l’invitation à la danse de Thierry

            c’est super de voir la dame à lunettes nous sortir avec aplomb son analyse de la situation – à l’évolution dramatique c’est un fait – mais face à laquelle elle parvient quand même à se bidonner.

            de voir l’Italienne qui accuse les autres d’avoir tué son bébé, coucher sa poupée en tissu en la cajolant (tu avais raconté une histoire similaire ici je crois une fois) et tenter de réconforter Mme Lee.

            mais gaffe quoi

          • @juliette: oui je t’avais raconté le même genre d’histoire je me souviens.

            Ah je n’ai pas pensé une seule seconde que le danseur pouvait leur faire plus de mal que de bien, on voit bien que ses actes raniment la vie presque éteinte de ces petits vieux.
            Quoique si, lorsqu’il est avec le vieux grabataire tout prostré sur le côté on ne sait pas trop ce qu’il veut le vieux avec son petit poing serré, peut-être qu’il a envie de lui foutre son poing dans la gueule à ce niakoué.
            Le danseuse reste délicat malgré tout, n’insiste pas trop.
            Quand on sait pas on prend des risques d’emmerder les gens ouais.
            Est-ce un mal ou bien ? je sais pas.
            Tant il est vrai qu’ils sont pas loin de mourir et est-ce encore utile de leur titiller les émotions.
            Je nous pose la question.

          • @juliette: oh merde j’écris avec des fautes je suis tout endormie maintenant, je pars déployer mon corps tiens

          • @anne-laure: Thierry raconte dans une intervention autour du film que quand un jour elle lui a dit « je t’aime », il a été « paniqué » et lui et la réalisatrice en ont parlé avec l’équipe médicale parce qu’ils se demandaient si ce n’était pas trop dur ce qu’ils lui faisaient vivre là.
            Il dit aussi qu’il continue à lui rendre visite régulièrement, à danser et se promener avec elle.

            Tous les articles de presse sur le doc s’attardent sur le drôle de « coup de foudre » de Blanche, son histoire d’amour inattendue, et ça me fait drôle de voir ses sentiments déçus ainsi jetés en pâture comme ça,
            comme elle a Alzheimer ou un truc similaire et pas de famille, elle ne peut pas s’y opposer mais est-ce que tu aimerais que ta mère ou quelqu’un à qui tu tiens soit l’objet d’une telle exposition ?
            Moi je crois que non

          • @juliette: pour répondre à notre question ( je reviens me ratatiner ici, pour le coup ),
            je me demandais si la première image que l’on voit de blanche, tu sais quand elle est toute amorphe sur sa chaise dans la salle à manger, n’était pas une scène qui arrive en fait à la fin des séances de danse, lorsque le danseuse disparaît et qu’elle se laisse aller,
            un mic mac de montage qui plaisait à valéria et yann, de nous la faire à l’envers,
            mon esprit tordu,
            mais sinon il y a un moment de dialogue entre le danseur et blanche qui est assez clair sur la situation, où je trouve qu’ils se parlent avec une grande sincérité et c’est ce que je trouve dingue d’ailleurs toute cette sincérité, alors que la femme qui semble la plus lucide , dont tu parlais précédemment, la vieille à lunette qui était aide-soignante, me semble la moins sincère,
            mais bon bref,
            le danseur demande à blanche si elle a des moments de joie malgré la sinistrerie de la maison de retraite, je ne sais plus comment elle dit ça, la vie autour je crois, et elle dit que oui lorsqu’il est là ( en gros je sais plus très bien ), lorsqu’ils dansent,
            et puis elle sait aussi que ces joies disparaissent et que c’est comme ça la vie,
            c’est ce qui me fait chier aussi dans la vie d’ailleurs, je me disais, mais on n’y peut rien.

          • @juliette: oui je vois ce que tu veux dire, qu’on pratique une sorte de pub sentimentaliste pour attirer le chaland, l’amour ça marche à tous les coups pour se faire de la thune,
            mais je trouve que l’histoire sentimentale de blanche ne prend pas trop de place en réalité , qu’il a de la place pour pleins d’autres petites aventures,
            – les vieux qui se croisent dans le couloir,
            – la petite ronde, la petite gourmande avec son gâteau,
            etc

            Après je crois que blanche n’est pas si bête, elle a son petit caractère, elle aurait sû dire si d’être aussi visible la dérangeait.
            J’imagine qu’elle en a rien à battre.
            A cette age là je crois que tu t’en fous bien du monde.

          • @juliette: c’est bien simple, elle le dit à un moment au danseur, qu’elle se retrouve en lui, c’est très étrange cette incorporation,
            comme si en investissant psychologiquement le corps de ce garçon plus jeune elle retrouvait de la force vitale. Une sorte de parasitisme.
            Et je crois que c’est tout ce qui l’intéresse.

          • @anne-laure: Blanche n’est pas bête mais elle a une maladie type Alzheimer,
            je ne sais même pas si elle comprend qu’un film se tourne (elle ne regarde jamais la caméra contrairement à d’autres résidents: son regard n’est aimanté que par Thierry)

            ça arrange tout le monde de croire qu’elle n’en a rien à battre mais la vérité c’est qu’on n’en sait rien

          • @anne-laure:

            Et je crois que c’est tout ce qui l’intéresse.

            tu oublies le moment où elle quitte la salle commune où ils étaient avec les autres et l’entraine vers le couloir,
            il lui demande: « on va où Blanche ? »
            elle lui répond « chez toi »
            il lui redemande et elle répète la même chose,

            il est gêné,

            parce qu’à ce moment là il ne fait aucun doute qu’elle a envie de se tirer chez lui avec lui,
            sauf que c’est pas possible

          • @juliette: ah ? moi je pense qu’il faut tenir compte de ce qui semble être sa lucidité, même à l’intérieur de sa démence ( je ne pense pas qu’elle ait la maladie d’Alzheimer non, ça faisait parti du plan publicitaire, l’amour et Alzheimer ça rapporte de la thune , mais ça m’a l’air d’être une simple démence vasculaire ), je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire,
            sinon cela signifie que tu n’écoutes jamais la parole des gens déficients, que tu les place hors du monde, non ?

          • @juliette:

            parce qu’à ce moment là il ne fait aucun doute qu’elle a envie de se tirer chez lui avec lui,

            ben oui , et elle a bien raison,
            kiséki aurait envie de rester dans ce lieu morbide avec des grognasses d’aides-soignantes qui ne font que des niaiseries ?

          • @juliette: attend je viens d’avoir une illumination pragmatique, car je suis macroniste j’ai remarqué depuis hier ,
            Blanche n’a pas de famille mais est certainement sous tutelle, c’est la loi pour les personnes majeures trop gagas pour gérer leur vies comme des adultes,
            tu connais sûrement,
            et donc c’est la tutelle à mon avis qui a donné son accord pour la diffusion du film

          • @anne-laure: je connais la démence vasculaire, plus elle avance plus elle peut ressembler dans certaines de ses manifestations, et à certains moments, à Alzheimer,
            à d’autres une grande lucidité semble revenir,
            c’est très délicat,
            Thierry raconte que certains jours quand il arrivait, Blanche ne savait plus qui il était et ce qu’il faisait là, il devait lui réexpliquer

            je pense que c’est quand elle est la plus lucide que Blanche demande à se tirer

          • @anne-laure: oui je pense comme toi pour la tutelle

          • @juju:

            je pense que c’est quand elle est la plus lucide que Blanche demande à se tirer

            ben oui tu vois, c’est cela qu’il faut écouter.
            A mon avis.

            Ouais j’avoue je m’y connais un peu en désirs de fous.
            Bon allez hop hop hop faut que je bouge.

          • @juju: je ne prends pas le temps de l’écouter parce que j’ai envie de faire autre chose, du genre ranger du linge,
            mais a priori j’aurais dit que thierry était plus expérimenté en art qu’en humain, et il se trouva fort dépourvu quand l’amour fut venu

          • @anne-laure: voilà, tu résumes très bien sa psychologie,
            je n’en attendais pas moins de toi.

  3. François, j’ai lu ton article sur le féminisme, dense et passionnant, évidemment décisif. J’aimerais bien débattre un peu dessus mais comme je suis entièrement d’accord avec toi…Le seul problème c’est que les féministes qu’on entendu sur cette question sont rarement des cinéphiles ou tout simplement des personnes intéressées par l’art qu’elles commentent. Elles ne l’appréhendent pas sous un angle esthétique mais sous un angle politique et militant, tu le dis très bien, et je ne pense pas que les raisons de stratégie que tu évoques pour les faire changer de braquet soient suffisantes – alors qu’elles sont pourtant très justes. Commenter une oeuvre sur un mode esthétique est moins évident et relève moins du pilotage automatique que de faire le calcul du nombre de femmes réalisatrices ou de détecter les traces du patriarcat dans une oeuvre.
    Tu parlais d’une éventuelle table ronde avec un cinéphile et une féministe, ça pourrait se faire avec Garnier et une des deux journalistes de Libé que tu cites?

    • @Charles: Laurent ?

    • @Charles: Phil Garnier habite à Los Angeles, pas pratique.
      Sinon il est vrai que la critique ciné-féministe ne fait pas toujours rêver:
      http://www.genre-ecran.net/?Les-Fantomes-d-Ismael
      http://www.genre-ecran.net/?Elle

      • J’ai d’abord un peu résisté à son contenu moi, à « La rêverie du cinéphile féministe » écrit par notre hôte dans Transfuge. Je l’ai lu trois fois en deux jours pour à chaque fois constater qu’un passage avait en fait été consacré à ma dernière objection, l’avait envisagée, pensée, puis y avait répondu pour poursuivre et aller au delà.

        Beaucoup aimé cette façon chez l’auteur de prendre le temps de considérer le point de vue de sa/son lectrice/lecteur au lieu de balayer d’un revers de main fatigué ses éventuels conte-arguments. On s’y arrête, on s’écoute, on converse.

        Au terme de ce voyage critique, contente, j’ai repensé à la dernière fois où m’avait frappé la singularité et la richesse esthétique d’une réalisation cinématographique féminine – c’était avec Grave de Julia Ducournau déjà salué ici -, et à la façon heureuse dont j’avais poursuivi le film quelques jours plus tard.

        Un copain avait entendu Julia D. citer en bien dans une interview un film de Catherine Breillat « A ma soeur » et l’avait trouvé à la bib.
        Me l’a prêté et je l’ai découvert avec bonheur ce drôle de film qui raconte l’histoire de deux soeurs, l’ainée très jolie découvrant l’amour et ses rudesses, la cadette petite grosse très à l’aise dans son corps et observant ce manège avec avidité, comme un entomologiste, mais envie aussi. Sacré personnage cette Anaïs, sacré duo que ces deux soeurs complices et ennemies à la fois. Et une fin très inattendue, aussi politiquement incorrecte que belle.

        En résumé deux films puissants, faits par des femmes, et du féminisme en action des deux côtés de l’écran.

        (en plus on est dans le thème: il y a une scène de sodomie dans le Breillat)

        • on peut poursuivre avec ça si on veut, ça colle bien je trouve

          https://www.youtube.com/watch?v=zoLQDZzjFiU

          • @Juliette B: ah oui elle est très intéressante cette blanche, merci juliette, mais je vois pas le rapport avec le féminisme.
            Où bien c’est que quelque chose de trop évident m’échappe.

          • @Juliette B: très sympa Blanche Gardin
            son ketch aux molières était excellent
            http://www.madmoizelle.com/blanche-gardin-roman-polanski-780423

          • J’aime bien qu’elle démonte cette phrase à la con « il faut séparer l’homme de l’artiste ».
            Puis dans le cas de Polanski, je défendrais plus facilement le pédophile que le cinéaste.

          • « Puis dans le cas de Polanski, je défendrais plus facilement le pédophile que le cinéaste. »
            Pardon d’etre flatteur, mais je fais entrer cette phrase dans le top 10 des phrases écrites sur ce site ever.
            Et en plus je suis d’accord.

          • Elle défend très bien le boulanger en effet

          • @Billy: Moi je trouve pas ça si con comme phrase. Polanski ne mérite aucun traitement de faveur sur le plan judiciaire, c’est évident, mais je ne vois pas pourquoi on devrait s’empêcher de donner des récompenses à ses films, qui sont supposées mettre en valeur un film et non le comportement d’un cinéaste. Alors rendre hommage ou faire de Polanski le Président de Cannes, je ne sais pas, mais si on suit ceux qui s’en sont émus, on a l’impression qu’il devrait être blacklisté de toute cérémonie et même du cinéma. Je m’en branle un peu en vrai, parce que ça fait des années que je ne suis plus sa film qui ne m’a jamais vraiment passionné. Mais encore une fois, je remarque un paradoxe entre le brandissement de principes de gauche et la volonté de réprimer à tous prix.
            Sinon la vidéo est quand même très drôle.

          • Si une position politique est purement morale, elle n’a d’horizon que répressif.

          • Je ne confonds pas l’œuvre et l’homme. L’œuvre peut être géniale et l’homme un salaud. L’œuvre géniale, le mec aussi… bref tous les cas de figures.
            En revanche la phrase rebattue « il faut séparer l’homme de l’artiste » en quoi l’artiste aurait un statut privilégié, différent du boulanger ? Surtout dans le cadre de ces cérémonies. Ces cérémonies, c’est pas le cinéaste au travail, sur un tournage ou en écriture. Les cérémonies, c’est une caste qui s’auto-congratule, d’auto-célèbre, qui prend parfois la parole pour donner des leçons de vie… je comprends que ça coince. Les cérémonies c’est un problème. Ex æquo avec la pedophilie.

          • @François: c’est ce que Kropotkine évoque dans « La morale anarchiste » que je suis en train de lire. La question à partir de laquelle il réfléchit est : « Pourquoi serai-je moral ? ». J’en reparlerai.

          • la seule question qui vaille (mais je ne connais pas ce texte)

          • seraiS-je moral.

          • Et il va de soi que Kropotkine critique l’impératif catégorique de Kant, la recherche du plaisir lui semblant un trait universel de la nature humaine, le « mobile » de toute action. Je cite juste un extrait pour l’instant : « Rechercher le plaisir, éviter la peine, c’est le fait général (d’autres diraient la loi) du monde organique -Kropo cite plein d’exemples-. C’est l’essence même de la vie […] L’acte le plus répugnant, comme l’acte indifférent ou le plus attrayant, sont tous également dictés par un besoin de l’individu. »

          • Merci François pour ma phrase dans le top ten. J’adore la flatterie et les top ten alors t’excuse pas. Et concrètement il y aura une stèle à mon nom ou bien ? une médaille du mérite ?

            Jérémy, j’connais pas Kropo, mais j’accroche bien à ton teasing « pourquoi serais-je moral? » Tu raconteras alors.

          • je l’ai rapportée à Fred Mercier, qui a ri
            quel plus grand honneur envisager?

          • @Jéméry: aaaaaah voilà , on se sent mieux avec les anarchistes.
            non mais parce que les communistes à moi ils foutent les jetons, ils me foutent la pression.

          • @Jérémy: Oh j’ai écrit jéméry , pardon , quelle grosse débile, mais c’est rigolo

          • @Jérémy: je soupçonne les communistes, ah j’y vais fort, comme au cluedo contre le colonel moutarde, d’avoir fixé quelque chose qui ne va pas avec la vie.
            Avec la faucille,
            dans la baraque à communes je sais pas comment ça s’appelle.

          • @Jérémy: une blashka sûrement, sont tellement originaux.

          • @Billy: En parlant de l’inutilité des cérémonies de remises de prix, tu connais ce discours de remerciements très drôle de Jerry Seinfeld?

            https://www.youtube.com/watch?v=4F3pJfmqnUM

          • des années que je me dis : mais comment ca se fait qu’il ne s’en trouve jamais un pour dire tout ça?
            merci Jerry

          • @Charles: Non je connaissais pas, trop merci ! Jerry est parfait. Je le trouve parfois trop propret, trop poli (c’est pour ça que je préfère souvent Louis), mais pour ce genre d’occasion, ça le sert justement. Il balance un discours honnête et critique, en étant très poli, en s’inscrivant parfaitement dans l’apparat de la cérémonie. Big up à toi Jerry. Coeur avec les mains.

          • @Billy: yep

          • @Anne-Laure: les communistes libertaires sont bien, mieux que les marxistes-léninistes. Je garde un faible pour les anarchistes individualistes.

          • @Anne-Laure: tu as échappé de peu à un jeu de mots nullissime. Je me suis auto-censuré. Et pas la peine de demander.

          • @Jérémy: Ooooh si vas-y raconte.
            Ben les marxistes-léninistes c’est quand même les bolcheviks , aïe ouille, ceux qui me foutent bien les boules, ceux qui ont bien massacré les anarchistes saloperie de bolcheviks de mes couilles, ce sont bien foutu de la gueule de ton pote Kropotkine tiens, entre parenthèses,
            Après y a plein de courants marxistes je n’y connais pas grand chose mais tout de même je reviens au truc qui me travaille lorsque j’écoute les intellectuels de hors série.
            Comment cela se faisse que la majorité des intellectuels de gauche partent de la philosophie de marx ? c’est toujours ce qu’on trouve à la racine.
            Comment cela se faisse qu’un siècle plus tard nous y sommes encore ?
            ça fait pile un siècle depuis 1917 tiens.
            Bref ça me donne l’impression que personne n’interroge le bien fondé du marxisme et ça m’inquiète oui, ça m’inquiète pour le sort de l’humanité.

          • « la majorité des intellectuels de gauche partent de la philosophie de marx »
            1 c’est factuellement faux. A gauche les énergies des années 80 et 90 (et même 70, au fond) se sont essentiellement consacré à sortir de Marx (on peut même dater des années 50 la vraie domination du marxisme à gauche, après ça déborde de partout, Foucault et Debord en tête)
            nuance du 1 : il y a, depuis dix ans, un clair retour à Marx à gauche, avec Fredo en chef de camp (pourquoi ça? parce que sans doute l’hystérie libérale et financière a remis l’économie au centre des débats)
            2 Marx est tellement fort, c’est tellement lui qui invente la gauche moderne, qu’il est quand même difficile, pour quelqu’un qui entendrait se situer là, de ne pas partir de lui (quitte à en sortir, voir 1)

          • @Jérémy: alors que je ne devrais pas , je ne devrais penser qu’à moi.
            Le communisme libertaire est l’aboutissement du communisme tel qu’il avait été conceptualisé à la base, ai-je compris.
            Ouais j’avais envie de sortir le mot conceptualisé.

          • @Jérémy: allons-nous être obligés de lire marx pour comprendre pourquoi il est autant implacable ?
            Ooooh bah non tout de même,
            y a de l’abus

          • @anne-laure: tiens au fait, je sais pas si t’avais vu ce lien sur les cours de David Harvey sur Marx que Razmig Keucheyan avait recommandé dans son entretien à HS (on cliquant sur paramètres on peut sélectionner une traduction simultanée en français)

            https://www.youtube.com/channel/UC9qzXVDKmBdbTlID3HLHe9Q

          • @Juliette B: ah tu m’enthousiasmais et puis pouf comme un vieux soufflé, c’est pas traduit en français, mais en bulgare et slovaque oui pourquoi pas.
            Ben tant pis.
            J’aimerais bien oui qu’on me raconte le marxisme, et mieux encore le marxisme versus le capitalisme, pour voir comment ça se travaille mutuellement tout ça.
            Si fredo pouvait le faire ça serait trop mon rêve.

          • @anne-laure: pour Marx en français
            – tu cliques sur le petit écrou (paramètres)
            – tu cliques sur sous-titres, tu vas tout en bas de la liste et tu choisis: « traduire automatiquement »
            – là tu choisis le français

            bon la merde c’est que les sous-titres apparaissent en blanc, donc c’est pas très lisible

            mais pour te consoler je t’ai trouvé un petit fredo de derrière les fagots (pas encore lu)
            https://lundi.am/Situation

          • @Juliette B: ah ? traduit automatiquement ça va dire que ça va produire de la merde non ?
            J’avais un doute.

          • @Juliette B: c’est pas un petit peu du vent ce qu’il nous raconte là le fredo ?
            Rien de nouveau à l’ouest.

            Il ferait bien mieux de me raconter l’histoire du marxisme.

          • @françois: aaaah merci françois, je vois que j’ai fini par te faire pitié tellement je m’y prends mal avec le marxisme,
            mais je suis gênée parce que faut pas que tu te fatigues, tu travailles un peu trop en ce moment je trouve.
            Je vais attendre que fredo me raconte la suite, il doit pas avoir grand chose d’autre à foutre. Chercheur au CNRS ça en fout pas large à mon avis, c’est payé à roder dans les couloir d’un institut avec une vieille sacoche de cuir pleine de carnets de notes jaunes, en sifflotant, aaaaah ça pour siffloter ça y va,
            tiens regarde je me pose sur ce tabouret là, bien sage le dos bien droit les mains sur les cuisses, et je dis plus rien.
            J’attends.

          • Par-delà les analyses marxistes dont je répète qu’il fat avant tout voir si elles sont justes ou pas, la question du marxisme, cela autour de laquelle tu tournes, est simple :
            1 l’ennemi est fort 2 on ne vaincra l’ennemi qu’en se dotant de moyens forts -et par exemple en prenant l’Etat 3 on ne prend pas l’Etat impunément, en l’investissant on hérite de sa brutalité. La question : est-on prêt à payer la victoire au prix de cette brutalité?
            L’anarchiste pense que non. Et l’anarchiste perd tout le temps.
            Que chacun se démerde au milieu de cette double aporie.

          • @françois: oh bah si l’anarchiste pense qu’on ne peut pas faire autrement que de sacrifier des vies humaines, au moins une centaine ( Bakounine ), il a compté sur ses cents doigts.
            Mais on a dit que tu te reposais françois, prends donc une petite infusion vanille-punk pour commencer ta journée.

          • @françois: moi aussi faut que je me repose d’ailleurs, le mélange Razmig/Friedrich ne me convient pas du tout je crois.
            juste une dernière chose :

            Et l’anarchiste perd tout le temps.

            mais le communiste aussi, si j’ai bien compris l’histoire du monde,
            c’est donc qu’il y a un sérieux problème stratégique.
            Pour ça je comprends pas pourquoi on insiste.

          • en matière de stratégie les communistes ont un peu fait leur preuve
            ils ont juste conquis la moitié de la planète

          • moitié de planète qu’ils ont aussi parfaitement réussi à opprimer

        • @Juliette B:

          (en plus on est dans le thème: il y a une scène de sodomie dans le Breillat)

          ah ! tu m’rassures
          vivement le débat tv transfuge

        • @Juliette B: tiens juju quand on aura le temps on pourra regarder ça,
          comme toi et moi nous sommes branchées petits vieux, maison de retraite, maladie d’Alzheimer.

          • @anne-laure: d’accord je le regarderai. je dois t’avouer que j’avais renoncé à le faire après avoir vu un extrait sur Arte : ça me plaisait pas trop la façon dont le danseur trop beau draguait cette vieille dame puis faisait mine de s’étonner qu’elle soit tombée amoureuse de lui – pour de vrai.

            j’avais trouvé ça inconséquent de sa part et le résultat plutôt cruel pour elle.

            mais je le regarderai en tien. on verra

          • en entier, pas en tien bien sûr

            allez, je retourne à mon film haletant
            The Strangers ça s’appelle
            de Na Hong-jin
            ça fait un peu peur, la nature est belle
            et c’est très haletant oh la la

            A l’occasion j’aimerais bien savoir ce que notre ami François pense de ce réal coréen d’ailleurs, et les autres d’ailleurs si ils le connaissent aussi.

          • souvenir d’avoir vu le film, commencé comme Memories of murder, peu à peu partir en couille

          • @Juliette:
            Je me souviens être ressorti avec une très bonne impression de The Strangers. La fin est merveilleusement glaçante et on retrouve l’art du décalage entre deux scènes à suspens propre au cinéma coréen. Certains trouveront ça un peu forcé(l’humour) et trash mais sans émotion, sans avoir quelque chose à dire.
            J’ai bien aimé les deux films précédents de Na Hong Jin. Je me souviens avoir ri lors de la scène d’interrogatoire de The Chaser où le meutrier s’apprête à expliquer les raisons de ses crimes et finit par les taire devant l’insistance de l’enquêteur à les relier à des motifs freudiens.

          • @atom: merci atom, juste trouvé une fois arrivée à son terme que le film aurait pu s’épargner sans problèmes une bonne demi-heure sur ses deux heures trente de durée totale. Mais bien envie de voir aussi ce The Chaser dont tu parles.

            Et aussi le Memories of murder dont parle François.
            Mais avant je vais regarder Snowpiercer, le Transperceneige du même Bong-Joon Ho trouvé à 3 euros hier dans une solderie. trop cool.

          • Pardon mais tu vas d’un coup passer à un autre niveau, surtout avec Memories, peut-etre le meilleur film des années 2000
            Avec Girlfriend expérience?
            Ok, avec Girlfriend expérience

          • @François: je te crois d’autant plus volontiers que j’ai déjà vu Mother sur tes conseils.
            Ça va être vachement bien.

      • @Bouboubou: Quelle critique indigente. Entre l’insinuation de sexisme, l’aigreur rance contre le cinéma d’auteur (c’est tout juste si on ne parle de film bobo) et les cinéphiles et l’accusation éculée du narcissisme des cinéastes français, on se dit que l’auteure penche plutôt de Causeur que de Causette. Moi ça me donne envie de partir en Syrie.

        • @Charles: (je parlais de la critique du Desplechin, je viens de lire celle du Verhoeven…que dire? Ca produit un tel énervement en moi, un tel agacement, qu’alors que je suis féministe, je serais capable de devenir masculiniste rien que pour faire chier. C’est vraiment l’illustration parfaite de ce que dit François dans son article : un tel mésusage de la lutte féministe produit une crispation qui ne peut que détourner la majorité de celle-ci.
          Autre chose que révèle bien cet article : dans un certain type de féminisme, tendance Badinter-Fourest, on perçoit une crispation morale, un rétrécissement de la pensée sous prétexte du combat contre le patriarcat. Exemple dans ce texte : « Elle » ne défend absolument pas le viol, ne le banalise pas non plus, mais émet l’hypothèse qu’une femme, pas n’importe laquelle, peut avoir une position ambiguë à l’encontre du viol qu’elle a subi et que oui, peut-être, elle pourra prendre du plaisir par la suite à le rejouer ou y repenser. On devrait trouver cette idée passionnante mais non, l’auteure de cette critique ne l’accepte pas, pour des raisons bêtement militantes et politiques. Car si on s’autorisait 30 secondes à le penser, on risquerait de banaliser le viol, de participer à la culture du viol, voire à traumatiser certaines victimes. Donc, non. Au lieu d’admettre que Verhoeven est un artiste et que c’est son boulot d’explorer des situations limites, on le renvoie à son genre et à son ses prétendus fantasmes. Chose d’autant plus stupide quand il s’agit du réalisateur de Showgirls et de Black book. Ultime malhonnêteté de l’article, il ne dit pas que de nombreuses femmes ont apprécié le film (au Masque et la Plume, au Cercle et dans la presse écrite).

      • @Bouboubou:

        2e film de Justine Triet, avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud

        Cette comédie sur la vie déprimée et déprimante d’une avocate divorcée mère de deux filles dont elle a la charge tient tout entière sur les épaules de Virginie Efira, actrice belge qui a trouvé une place en tête d’affiche dans le cinéma français, en particulier depuis la comédie romantique 20 ans d’écart (David Moreau, 2013).

        Son jeu est caractérisé par un constant understatement, ce qui nous change agréablement de la tendance du cinéma français à faire jouer les actrices sur le mode de l’hystérie. Le clou du film est sa plaidoirie alors qu’elle est sous l’effet conjugué des somnifères (elle a fait une tentative de suicide dans la nuit) et des amphétamines : son efficacité semble inversement proportionnelle au nombre de mots qu’elle prononce…

        Le film est une nouvelle variation sur les difficultés que rencontrent les femmes qui tentent de mener de front carrière et maternité, alors que leurs relations amoureuses vont d’échec en échec. « Sujet de société » particulièrement brûlant en France où les femmes qualifiées semblent autorisées à « concilier » carrière et enfant(s), grâce à une prise en charge relativement précoce et large des enfants par des institutions publiques (crèche, assistante maternelle, école maternelle), contrairement à ce qui se passe en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Sauf que la France reste le pays où le partage des tâches est le plus inégal entre les hommes et les femmes, si bien que le plafond de verre est de plus en plus efficace au fur et à mesure qu’on avance en carrière et en rémunération…

        On peut donc analyser les films qui traitent cette question en focalisant le regard sur la vision qu’ils donnent de ces inégalités.

        Certes le film de Justine Triet s’ouvre frontalement sur les difficultés de son héroïne à faire face : son baby-sitter la laisse tomber sans préavis (notons que tous les baby-sitters dans ce film sont des hommes, ce qui est très loin de correspondre à la réalité statistique…) ; le père de ses enfants brille par son absence et a acquis une récente célébrité en écrivant un roman à clefs où il livre des informations confidentielles sur les clients de son ex-femme, ce qui la met en danger ; et elle en est réduite faute de temps, à utiliser des sites de rencontres sexuelles, ce qui se révèle calamiteux : on assiste à un rendez-vous où elle parle de ses soucis professionnels à un homme qui veut uniquement baiser… échec assuré ! (on peut d’ailleurs pointer ici le stéréotype de la femme incapable de prendre du plaisir à des relations uniquement sexuelles).

        Professionnellement, elle transgresse la déontologie (sans doute parce qu’elle est une femme) en acceptant de défendre son meilleur ami contre son ex qui l’accuse de l’avoir poignardée… Comme l’ex en question est aussi son amie et vient la solliciter, elle sera suspendue du barreau pour six mois, par le Conseil de l’ordre incarné par un de ses collègues masculins qui lui fait la leçon : il ne faut pas s’impliquer affectivement avec les clients !

        Attribuant ses difficultés à elle-même et non aux inégalités genrées qu’elle subit, elle paye en plus les services d’un psychanalyste et d’une voyante !

        Le film décrit donc sur le ton de la comédie mais avec justesse les effets objectifs et subjectifs de la domination masculine et des inégalités de genre sur la vie d’une femme des classes moyennes supérieures en France aujourd’hui.

        Là où le bât blesse, c’est que ces difficultés qui accablent l’héroïne jusqu’à la priver de son gagne-pain pendant six mois, n’ont aucune conséquence visible sur son niveau de vie : elle habite un appartement moderne et spacieux dans un immeuble en hauteur, ses deux filles n’ont pas l’air perturbées par la situation (leur place dans la vie de leur mère est d’ailleurs réduite au minimum) ; son bureau est vandalisé par un ancien client furieux de la divulgation d’informations confidentielles, mais sans qu’on en voie les conséquences professionnelles ou financières…

        Enfin, s’agissant des personnages masculins, qu’il s’agisse de Vincent (Melvil Poupaud) l’ami envahissant et névrosé qui la force à le défendre, ou de Sam (Vincent Lacoste) l’ancien client qu’elle a défendu avec succès dans une affaire de drogue et qui devient son baby-sitter puis son amant, ils sont tous les deux construits comme des « hommes doux » qui n’ont aucune part dans les mécanismes de la domination genrée. Même l’ex-mari (Laurent Poitrenaux) qui a abusé de ses confidences pour acquérir une célébrité d’écrivain et lui laisse la charge de leurs deux filles, est décrit sur un mode léger qui aboutit à minimiser ses responsabilités. Vincent Lacoste en particulier est présenté comme l’homme idéal (attentif, respectueux, discret, efficace) que notre héroïne met longtemps à reconnaître comme tel. Elle devra à la fin se faire pardonner son aveuglement !

        Sa réaction au chaos grandissant de sa vie est une dépression de plus en plus profonde jusqu’à la tentative de suicide dont la tirera le gentil Sam. Comme dans le film précédent de Justine Triet, La bataille de Solférino, l’héroïne est curieusement dépourvue d’amies. Si l’avocate (Laure Calamy) qui défend l’héroïne dans le procès qu’elle fait à son mari se révèle finalement efficace, leurs relations restent strictement professionnelles, et elle s’attire d’une autre femme de son entourage cette réplique : « Je préfère t’avoir en alliée qu’en amie ! »

        L’euphémisation de la domination masculine et des inégalités genrées était déjà sensible dans le premier film de la réalisatrice, mais ce deuxième film dont le ton est plus délibérément celui de la comédie, confirme le refus de traiter ce sujet brûlant (l’épuisement physique et moral d’une femme qui travaille tout en élevant seule deux jeunes enfants) en pointant les causes sociales de cette situation : les injonctions contradictoires faites aux femmes « modernes » d’être à la fois des bonnes mères, des amoureuses disponibles et des professionnelles accomplies.

        Comme dirait Henri de Lesquen, « c’est nul ».

        • @Charles: il me semble que tu as ici tout à fait le cas d’une vue biaisée par la volonté d’avoir raison à n’importe quel prix,
          d’avoir raison en tant que pensée se croyant féministe, en tant que corps obnubilé par sa différence sexuelle contre le sexe opposé.
          C’est l’oeuvre d’une sous-femme.
          Sur ce je retourne dans le jardin me faire bronzer les fesses.

      • @Bouboubou: Ces critiques « féministes » sont consternantes, à s’écraser la tête sur le comptoir, à avoir durablement la marque du sous-bock sur le front.
        Le féminisme comme outil pour bien rater une œuvre, pour pas voir un film, pour ne pas prendre le film dans sa pleine puissance. Ça me rappelle un chapitre d’âne à zèbre, la puissance de la course du cheval borgne versus le type qui recense les incohérences pseudo-rigolotes dans les films. Vous voyez ? Il faudra que je retrouve le passage. Et que je chope transfuge.

        • C’est dans le chapitre Éric
          « Depuis toujours Éric ne laissait rien passer. Sauf la force. Si devant lui galopait un cheval borgne, il négligeait le galop pour s’arrêter à l’œil mort. Ainsi le cheval lui échappait, comme lui échappait la puissance libérée par les clichés du cinéma, la vitesse narrative permise par les stations-service sans queue ou les scientifiques à lunettes. »

        • Ce qui frappe surtout dans cette littérature pseudoféministe, c’est la fossilisation de la langue. Chose qu’on retrouve aussi chez les épigones de Bourdieu, hélas. Un lexique revient invariablement, comme récité. La première fois que j’avais entendu « injonction » dans la bouche d’une féministe, il y a dix ans, j’avais apprécié (j’aime bien ce mot et il est assez juste : le pouvoir social est injonctif). Mais depuis j’ai pu mesurer à quel point c’était un des piliers du corpus lexical que se refilent ces gens pour le déverser à défaut de penser.

          • @François Bégaudeau: tu me fais penser qu’hier après avoir sagement écouté manu dockès sur le hors-série ( qui m’ a intéressé moyen surtout sur le sujet de l’éducation et puis j’aimais pas ses petites manières d’autosatisfaction et puis il fait bien de porter ses lunettes parce qu’il a une sacrée correction de la vue à faire dis donc ), j’ai écouté stella machin-belkacem sur le sujet du féminisme de la totalité, selon le titre du livre de recueil d’articles commenté par Judith,
            où elle m’a épatée parce qu’elle s’y connaît vachement bien en histoire de la révolution bolchevik,
            mais sinon pas très expressive j’ai trouvé sur le sujet du féminisme, enfin c’était pas très clair et faut dire que la Judith parle beaucoup, elle prend beaucoup de place,
            et bon bref,
            sur le sujet du lexique, Stella reprend Judith vers la fin sur le mot racisé et j’étais bien contente parce que moi aussi je trouvais ce mot étrange, pas très judicieux,
            elle lui dit un truc du genre qu’elle estime qu’elle n’est pas moins racisée qu’elle bam bam.
            Toute étourdie la Judith.
            Et puis à la toute fin elles discutent sur le sens du mot victime , c’est intéressant,
            où Judith y voit un mot péjoratif de personne toujours en train de se plaindre et qui fait bien chier son monde,
            où Stella explique qu’il faut se reconnaître victime pour devenir militant, pour avoir la rage en espagnol, et faire la revolution donc.
            ça me semble logique , ça se tient.

          • Oui Dockès montre clairement ses imites dans cet entretien. Va quand même pas bien loin, son truc.
            Quant à Stella, je l’ai trouvée souvent très faible, et si Judith parle beaucoup, c’est parce que Stella n’a en général rien à dire sur les problèmes que Juju se démène à lui soumettre. On sent qu’elle a 4 idées sur quoi elle va tourner 100 ans, hors de ça y a plus personne.
            Je vous le dis : la vraie star c’est Razmig, à qui il ne manque qu’un surnom (le poilu?)

          • je parlais évidemment de Juju Bernard, pas de THE Juju

          • @François Bégaudeau: et j’me disais comme ça en repensant à Stella qui doit signifier étoile,
            que le marxisme était une belle opportunité pour éliminer des inégalités sociales qui trainaient depuis des siècles et des siècles,
            en dehors de la lutte des classes je veux dire,
            le marxisme contre le capitalisme.
            On peut voir le capitalisme comme une belle opportunité.

          • je ne comprends pas ton raisonnement

          • @François Bégaudeau: le touffu ?
            M’étonne pas que tu me comprennes pas j’étais pas très éclaircies, j’en étais à la période historique pré-marxiste où régnaient des inégalités sociales sans que le capitalisme ne vienne y mettre son nez,
            mais je n’y connais pas grand chose en histoire du capitalisme,
            j’étais juste en train de m’autosuggérer qu’il fallait peut-être revoir l’histoire avant le marxisme pour tout reprendre depuis le début , puisque le marxisme , je suis désolée mais c’est comme ça, ne marche pas.

          • le marxisme est à 90% une analyse de la société capitaliste
            il n’y a donc pas de ca marche ou ca marche pas, il y a que c’est juste ou pas

          • @François Bégaudeau: la pensée de marx est trop puissante trop écrasante pour qu’on ne puisse pas s’en méfier,
            c’est ça en fait le petit truc qui me travaille depuis un moment,
            en observant les marxistes de hors-série

          • @François Bégaudeau: mais sinon oui pour résumer, je voulais dire que les féministes marxistes étaient des opportunistes

          • @François Bégaudeau: ahlala ça me travaille ça me travaille ça me ronge les boyaux,
            je repense à razmig qui explique à la fin de son truc sur le rapport gauche/droite, que tout se joue sur la notion de propriété privée,
            une idéologie contre une autre,
            et je me disais tout innocemment comme ça que le marxisme avait peut-être renforcé le capitalisme en fait. L’avait rendu plus fort.
            C’était vraiment pas malin si c’est le cas.

          • en tout cas Marx a su saluer la puissance du capitalisme

          • @François Bégaudeau: et pour faire dans la métaphore animalière cette histoire me fait penser à lorsque l’un de tes chats, du genre le gros roux, débarque dans le salon en roulant des mécaniques avec un petit oiseau déglingué dans la gueule, et que s’il sent que tu as l’intention de lui ôter il se sauve dans le jardin pour s’acharner sur ce qu’il reste de vie.
            Bon, tu me diras que même sans que tu fasses quoique ce soit il s’acharne tout de même, mais plus lentement.

          • @François Bégaudeau: ou bien, attention j’ai pas fini, si le gros roux ne sent pas du tout qu’on peut lui prendre son oiseau pas trop déglingué, il sera tout détendu et le relâchera pour jouer avec et restera comme un gros nigaud quand l’oiseau aura filé grâce à ses petites ailes.
            bon allez j’arrête.

          • je ne serai jamais convaincu par l’observation des comportements dits « naturels » pour juger des mécanismes du champ social, par définition dénaturé

          • @François Bégaudeau: j’ai appris ce jour une notion de jeux vidéos qui me fait penser à ramzig et à son intérêt pour la pensée militaire, il est malin celui-là oui c’est vrai,
            on appelle le pattern ( mot anglais ) le mouvement répétitif que fait un boss ( méchant du jeu à détruire ) pendant le combat,
            mouvement à bien enregistrer dans sa petite tête de geek pour anticiper l’attaque et gagner.
            Pour éviter le you are dead.
            Of course.
            La répétition c’est le point faible.

          • @François Bégaudeau: non non c’est pas naturel , c’est de la part d’un type qui bouffe des friskies.

          • à l’avenir, fabrique quand même plutot des exemples avec des humains, je serai plus réceptif

    • @Charles: Bah, oui, moi aussi, je suis d’accord avec les rêveries et l’analyse de notre cinéphile féministe. Il m’aura fait prendre conscience d’une certaine posture que j’avais, oui, je l’avoue…et de l’impasse dans laquelle je me trouvais. Ceci après la lecture de l’article de Transfuge et après un échange épistolaire un peu houleux, où je l’avais titillé sur le sujet, et où la « bête », bien vive, m’avait fait une très belle réponse…Alors, oui, première chose qui coince, comme dit notre hôte : je suis d’accord sur cette façon idiote de réduire « le combat » a un comptage de chiffres (Un conservateur du Louvre ne peut s’escrimer en vain à féminiser une offre picturale, là où les œuvres féminines sont inexistantes) ; au fait de dire « mademoiselle » ou pas ; au fait de féminiser des noms de professions ou pas ; au fait de faire des interventions seins-nus médiatisées « Une cause ne peut se soutenir d’actes qui la discréditent »…L’essentiel n’est pas là…François rappelle que l’essentiel serait de chercher à améliorer la vie des femmes en repensant la structure patriarcale de la famille et de la société, en repensant la vision de la femme au travail, qui, à compétences égales, est payée moins cher qu’un homme, qui doit concilier vie de famille et vie professionnelle ; et même, je dirai, il faudrait repenser LE CORPS de la femme, faire en sorte que dans son émancipation, il lui appartienne, lui revienne (de droit), corps de putain, corps de mère, corps qui avorte (ou pas) corps qui accouche sans péridurale ni épisiotomie si c’est son souhait, corps qui accouche à la maison dans une position naturelle confortable, corps qui décide d’allaiter ou pas sans être culpabiliser dans son choix, corps qui décide d’enfanter ou pas…Corps qui décide de porter une jupe sans que ce soit stigmatisé. Ensuite seconde chose qui coince, selon notre hôte cinéphile, et c’est sur ce point que j’ai personnellement progressé : repenser le féminisme dans le champ esthétique et non pas militant. L’appréciation que je faisais de « Mustang » était pétrie de morale, d’indignation, alors que cette oeuvre doit être jugée à l’aune de son texte, sa narration, ses actrices, ses plans, sa musique, sa lumière…Là où la morale se brouille, redistribue les cartes de la vertu et du vice, sans manichéisme, des personnages merveilleux de complexité apparaissent : les « Girls » de Lena Dunham ; la mère jouée pas Meryl Streep dans « Sur la route de Madison » prouvant qu’il n’y a pas de « sensibilité typiquement féminine »…Clint Eastwood m’avait bluffée et conquise avec ce film (j’avais bien aimé aussi son « frisson dans la nuit »)…Je ne résiste pas à l’envie de retranscrire ici la belle réponse de notre hôte faite lors notre « petite brouille » au sujet de l’appréciation de « Mustang » lorsque je lui rétorquais que si le cinéma ne servait pas, de temps en temps, à dénoncer des injustices je ne voyais pas à quoi il pouvait servir…Réponse magistrale « J’attends d’un film ce que j’attends de l’art : intensité, rêverie, jubilation, pensée, sensations, surprise, complexité, déstabilisation. Je veux qu’il m’augmente et non qu’il me conforte dans mes idées. »

      • Tout dépend de notre affect maitre quand on appréhende une oeuvre. Si l’affect maitre est moral, la disponibilité à l’oeuvre est porche du nul. A fortiori devant des oeuvres amorales (mais quelle oeuvre digne de ce nom ne l’est pas? Il n’y a pas d’art sans suspens au moins provisoire de la morale) comme Elle.

        • porche du nul, parfaitement

          • @François Bégaudeau: J’aime « porche du nul » langage imagé, très à-propos…ce qui mène vers le nul, un tunnel, un porche sombre…Et finalement, le rien, le néant

          • @François Bégaudeau: Le néant, c’est à dire aucune disponibilité, aucune distanciation pour apprécier l’oeuvre amorale…Déposer ses affects (comme on déposerait les armes) à l’entrée du cinéma pour se rendre disponible me semble parfois difficile…

          • Il ne s’agit surtout pas de déposer ses affects à l’entrée, d’ailleurs c’est bien impossible, cela reviendrait à laisser son corps à l’extérieur, cerveau compris. Il s’agit de mettre en sourdine ces affects très particuliers, et très minoritaires à la base, qui ordonnent les jugements moraux. Mais c’est évidemment très difficile pour les gens en qui ces affects là règnent en maitre.

    • @Charles: Article brillant qui augmente chez le lecteur le désir d’évoquer tous ces sujets. Le propos exprime aussi le souhait d’un cinéma qui ne serait pas assujetti à des enjeux sociétaux. La dernière partie parvient à envisager une articulation des questions de formes artistiques et d’une vision de la société chez ces artistes. Je pense que c’est de cette manière qu’on peut parvenir à une (ré) conciliation, afin que le cinéphile et le féministe ne soient plus disjoints.

      • @Charles: on comprend à quel point la réception positive d’une oeuvre, sur la seule foi de ce qu’elle prodigue en terme de moralité perçue comme « acceptable », conduit immanquablement à désinvestir des questions de formes qui sont essentielles et la définissent en tant qu’oeuvre artistique. Du côté de la production, le principal écueil est de suivre une pente bassement illustrative, où l’art n’est là que pour accompagner un propos qui lui préexiste.

  4. votre juriste de la misarchie qui a été invité sur France culture pour parler du code du travail,
    si ça vous intéresse,
    avec un mec qui s’appelle david spector, ah bah voilà enfin une identité qui en jette,
    ça nous change des razmig arménian et des jean-michel boulet

    • et avec ça un petit complément textuel, une photo où l’on fait le beau sans ses lunettes

    • @anne-laure: tu as dû voir qu’il était aussi depuis hier en entretien sur Hors-Série, le Manu Dockès. Pas encore écouté.

      En tout cas, mine de rien, il assure bien dans la seconde partie de l’émission sur France cul sur le code du travail que tu as postée hier: connaissance fine du dossier contrairement à ce balourd de David Spector,
      Il aurait mieux fait d’écouter son oncle Philou et tenter la filière rock’n roll çuila,

      • @Juliette B: ah d’accord, j’avais pas vu non, je regarderai le hors-série, j’espère qu’il a pas mis ses lunettes.
        Pour tout te dire moi j’ai pas réussi à entendre le débat sur la loi travail, c’est d’une abstraction sans nom pour moi tout ça ,j’comprends rien.
        Déjà tu verrais comment je comprends que dalle à ma fiche de paye.

      • @Juliette B: de paie d’ailleurs on écrit, et ça c’est important,
        tout comme le bureau de la paie n’est pas le bureau de la paix.
        ça me fait toujours rigoler je suis trop bête.

  5. Merci pour vos conversations de haut vol sur les racistes, les non-racistes, protéger les forts contre les faibles, prendre conscience de l’utopie du libéralisme. Je me garde bien d’y participer, mais j’apprécie. La seule chose que je me sens capable d’évoquer parce que cela m’intéresse au plus haut point (même si je le fais avec maladresse…) c’est le sexe, le désir, les pulsions, les relations amicales ou amoureuses, l’amour et ses codes parfois étriqués…Suis en train de lire « Le Sexe, l’Homme et l’Evolution » de Pascal Picq, éminent anthropologue. Suite à différentes conversations ce week end avec ma cousine homosexuelle je vous livre mes impressions et un extrait du bouquin de Pascal Picq. (Petite précision : Cousine, 44 ans, a été en couple deux fois, une fois cinq ans avec un homme, une fois trois ans avec une femme, célibataire depuis 2 ans / Myself, 47 ans, a été en couple quatorze ans, quatre enfants sont nés, célibataire depuis huit ans…) Cousine se dit asexuelle (ou asexuée ?) cela ne l’a jamais réellement intéressée, selon ses dires ; lorsque je lui raconte mes rencontres, mes amours passagères, toujours enrichissantes, elle me dit que je suis faite pour le polyamour (je découvre ce terme) : il est vrai que lorsque j’étais en couple, je ne comprenais pas la jalousie de mon partenaire (certaines amies disaient « s’il est jaloux, c’est qu’il tient à toi »), la notion de fidélité, d’exclusivité me paraissaient être de plus en plus lourdes à porter : Qu’est ce que l’engagement marital ? Qui suis-je pour exiger qu’il n’aille pas voir ailleurs ? Qu’une autre personne ne puisse l’intéresser, le déstabiliser, le faire rire, le surprendre…Qui est-il pour exiger ma fidélité ? Lorsque je disais à mon ex (qui me posait la question) que je lui pardonnerais s’il allait voir ailleurs après des années de routine conjugale, il se sentait vexé, nié, pas aimé…Depuis le divorce, j’apprends enfin à connaître et laisser s’épanouir mes pulsions, mes désirs sans culpabilité. Respect de mes désirs, respect des désirs de l’autre.
    Extrait « Le Sexe, l’Homme et l’Evolution » Pascal Picq et Philippe Brenot, Ed Odile Jacob, 2009.
    « Le monde animal est en très grande partie caractérisé par la séquence annuelle ou pluriannuelle de la rencontre amoureuse, en général au printemps, de copulations multiples (avec un ou plusieurs partenaires) pour augmenter les possibilités de fécondation, et des naissances quelques mois plus tard, en été, pour permettre l’élevage des petits avant la période hivernale. C’est ainsi que le temps d’incubation ou de gestation s’est adapté aux impératifs saisonniers : il est de 11 jours chez les petits passereaux, de plus de 80 jours chez l’albatros, de 1 mois chez l’écureuil, de 3 à 4 mois chez le castor. Chez les mammifères de grande taille, cette séquence s’est allongée en raison de l’accroissement progressif de la gestation dû à la complexité du processus embryonnaire et du développement du foetus, elle est également en lien avec le poids corporel. Le temps de gestation, qui est de 21 mois chez l’éléphant, la plus longue gestation des êtres vivants, 4 mois chez le lion et le tigre, 10 mois chez la jument, s’est stabilisé autour de 9 mois chez les grands singes hominoïdes. La génitalité et la grossesse des femelles des grands singes sont extraordinairement proches de celle de la femelle humaine : un cycle de 35 jours et une grossesse de 7 mois et demi chez le chimpanzé, de 26 à 30 jours et une grossesse de 8 mois et demi chez le gorille…
    Chez les grands singes cette longue gestation de 9 mois implique une période d’œstrus permettant la naissance d’un petit dans de bonnes conditions. C’est ainsi que, bien qu’elles puissent s’accoupler tout au long de l’année, les femelles de chimpanzé ne sont excitables et disponibles que pendant quelques mois. Les mâles ont alors une disponibilité sexuelle conditionnée par les signaux d’excitation de leur partenaire.
    Que s’est-il passé à l’aube de l’humanité ? Il n’est que de constater la permanence de la capacité masculine d’accouplement, en raison de la réceptivité sexuelle permanente de leurs partenaires. En effet, chez les autres singes, tout mâle de l’espèce humaine pourrait s’accoupler tous les jours de toute sa vie, il en a la capacité, il peut en avoir le désir. Il a surtout un « réflexe érectile » très puissant, capable d’en imposer pour du désir ! La réalité est ensuite qu’il adapte son rythme d’accouplement à la disponibilité des femelles, au rythme de la vie, au respect de sa partenaire. C’est ainsi que la majorité des jeunes adultes occidentaux de 30 à 40 ans déclarent en moyenne seulement un à deux rapports sexuels par semaine. On peut y voir la possibilité d’une réponse conventionnelle, mais aussi un équilibre entre la pulsion permanente d’accouplement masculin et le désir féminin, plus relatif, souvent lié au contexte.
    Il faut encore ici distinguer les notions de pulsion, de désir et de besoin, trop souvent confondues. Il n’existe pas vraiment de « besoin » sexuel, les humains qui ne font jamais l’amour n’en conçoivent aucune maladie sinon de la frustration s’ils s’étaient habitués à un rythme coïtal ou masturbatoire régulier. Les autres n’y voient aucun inconvénient. La pulsion n’est en réalité qu’un terme présupposé, car il s’agit plus d’un modelage psychosocial que d’une pulsion biologique innéductable. Le désir enfin est un vrai déterminant humain de l’amour, mieux compris et perçu par les femmes que par les hommes dans la mesure où le désir féminin résulte d’une connaissance et d’un apprentissage des réactions sexuelles avec soi-même, tandis que le désir masculin est dominé par le « réflexe érectile » qui amène les hommes à bander avant de désirer et donc souvent à confondre les trois termes de pulsion, besoin et désir. La vraie dimension humaine de la sexualité est dans la connaissance et l’épanouissement de son propre désir.
    Les tabous sont nombreux en matière de sexualité, ils accompagnent toute civilisation, originaire, traditionnelle ou même moderne. « Il est quasi impossible de les recenser intégralement, nous précise Chris Paulis, d’autant que si certains sont universels, une majorité d’entre eux diffère d’une culture à l’autre. » On entend par tabous « différents systèmes d’interdiction, sacrés ou profanes, dont la transgression déclenche la punition des dieux ou des hommes ».
    La libération progressive des individus, des consciences, des mœurs a levé une part des interdits, mais restent les prescriptions fondamentales et souvent universelles, comme le tabou de l’inceste, de la pédophilie ou de l’homosexualité, qui est un interdit bien plus répandu – c’est encore aujourd’hui un délit dans 77 pays, puni de mort dans 7 d’entre eux. Bien que l’homosexualité ait parfois été acceptée de façon assez libre dans certaines périodes de l’Antiquité et jusqu’au Moyen Age, elle fut soudainement condamnée en Occident à partir du XIVè siècle. Les raisons avancées furent nombreuses. Comme dans beaucoup de cultures, on reprocha à l’homosexualité d’être un comportement dangereux pouvant « contaminer » les autres membres du groupe, amener le désordre, le crime, la transgression, et surtout d’être un acte « contre nature ». L’inutilité reproductrice de l’homosexualité fut très certainement l’élément moteur du large tabou qui l’a caractérisée.
    Suivant les époques, de nombreux comportements ont encore été interdits : la masturbation dans l’Europe des XVIIIè-XXè siècles, la fellation et le cunnilingus comme actes pervers et non reproductifs et, bien sûr, la sodomie qui concentrait toutes ces fautes aux yeux de la société et de la religion. Nous sommes en face d’une restriction morale des comportements intimes, ce que nulle société animale ne prescrit, car ne possédant pas de langage. En cela les tabous et interdits sexuels sont spécifiques de l’humain, ce qui ne signifie pas qu’il n’existe pas de règles ni de restrictions sexuelles chez d’autres espèces.
    Dans sa recension des tabous sexuels, Chris Paulis en souligne beaucoup d’autres, ce qui démontre combien l’intimité sexuée est peu libre de son expression : « Il est des tabous plus étonnants dans les sociétés nord-occidentales qui revendiquent leurs choix de vie et leur liberté sexuelle : ceux qui ne permettent pas à une femme d’énoncer en public qu’elle ne veut pas avoir d’enfants, qu’elle est heureuse sans jamais avoir été enceinte, qu’elle refuse d’élever le bébé qu’elle a expulsé, que l’allaitement la dégoûte, qu’être enceinte l’écœure et, pire, qu’elle n’aime pas et ne pourra jamais aimer l’enfant qu’elle a porté. » Ces professions de foi semblent insupportables à tous ceux -très nombreux- qui considèrent la sexualité comme une évidence biologique et une nécessité sociale. La liberté de penser se heurte alors à des valeurs morales qui semblent toujours fondamentales à certains.
    (…)
    Il faut cependant réaffirmer des tabous universels comme le viol, l’inceste, la pédophilie ; et des particularités psychocomportementales individuelles, comme le voyeurisme, le fétichisme, l’exhibitionnisme relevant d’une psychopathologie individuelle ; enfin réhabiliter des comportements considérés comme normaux que seule une morale spécifique peut interdire : échangisme, sadomasochisme…

    • @stephanieDLC: beeeennn, il ne nous apprend rien du tout ton pascal éminent anthropologue,
      chuis décue.

    • @stephanieDLC: çççue

      • @anne-laure:

        Le désir enfin est un vrai déterminant humain de l’amour, mieux compris et perçu par les femmes que par les hommes dans la mesure où le désir féminin résulte d’une connaissance et d’un apprentissage des réactions sexuelles avec soi-même, tandis que le désir masculin est dominé par le « réflexe érectile » qui amène les hommes à bander avant de désirer et donc souvent à confondre les trois termes de pulsion, besoin et désir.

        C’est pour ça que les atomes (qui sont bien sûr masculin) sont moins bien que les molécules (féminines)…

        • @Atom: Ah, ah, ah, j’aime bien cette idée que les atomes sont masculins, et les molécules (agencements complexes d’atomes dans un ordre déterminé) féminines…Et à propos de la jouissance, dissymétrie aussi :
          La vôtre, masculine serait rapide, intense, plus ou moins localisée, reproductible après une période de latence…La nôtre, féminine, multiple dans la géographie du corps (clitoridienne, vaginale, utérine puis tremblement de tout le corps… »La petite mort » comme disait Dolto, je crois, dans un abandon – presque ? – total) pouvant faire peur et rendre jaloux certains hommes (la putain battue, la sorcière brûlée qui laisse s’exprimer ses pulsions « animales » forcément sataniques) reproductibles également, avec une période de latence beaucoup plus courte…

          • @stephanieDLC: alors qu’il n’y a pas de quoi être jaloux, certains se font bien des illusions sur le sujet.
            Peut-être le truc de l’herbe qui est toujours plus verte chez le voisin.

  6. En vue de l’article de François dans Transfuge : http://www.slate.fr/story/142475/entretien-aurelien-bellanger

  7. un article de challenge(s) qui me rappelle la bonne nouvelle.

    • et y avait un piège, personne n’est tombé dedans à ce que je vois, bravo.

      • @anne-laure: un piège ? raconte

        • @Juliette B: ben tu connais un peu le fond idéologique du magazine challenge(s)? tu vois un peu l’étrange piège ?

          • @anne-laure: ben un magazine de droite, qui n’en est
            pas à une contradiction près comme le remarque d’ailleurs le 1er commentaire sous l’article:

            « Anglicismes à tout va », nous prévient ce magazine nommé… »Challenges ». mdr

            mais ton piège ? vas-y raconte

          • @anne-laure: ça va de soit mais je précise la contradiction: dénoncer via un entretien les effets mécaniques d’une politique qu’on promeut par ailleurs à longueur de pages.

          • @juliette: j’ai la tête dans cul à cause que je me suis réveillée à 5 heures du mat en réalisant que j’avais oublié de mettre le billet de train retour dans la sacoche de patoche,
            challenge(s) est un magazine libéral oui et je me disais comme ça que de faire l’autocritique de certaines de ses pratiques laissait sous-entendre que oui mais y en a des biens.
            C’est ce que tu trouves dans l’article par ailleurs, que certains entrepreneurs seraient outrés par ses mauvais traitements totalitaires.

            C’était mon raisonnement paranoïaque.

          • @juliette: par Ces mauvais,
            non mais parce que y a pas beaucoup de gens qui assument d’être des tyrans j’ai remarqué

          • @anne-laure: ah bon ? je n’ai pas ressenti ça dans l’article (le côté ils sont pas tous comme ça ces employeurs de start up) ou alors vraiment très mollement.

            j’ai plutôt entendu le message: c’est comme ça partout maintenant, dans l’Allemagne de Merkel, dans la France de Macron, aux States, etc., bref dans l’économie globalisée qui est la notre. on peut le déplorer mais c’est comme ça, va falloir que vous l’acceptiez, que vos enfants l’acceptent, parce qu’on y peut rien c’est dur mais c’est comme ça que ça marche.

            les plus chanceux pourront s’extraire du merdier pour le raconter en BD comme machine,
            en espérant la vendre

            mais pour les autres voilà le tableau

          • @anne-laure: le coup des 600 euros de machine, ça me fait penser à une copine qui me racontait hier qu’à l’entretien d’embauche dont elle revenait, le recruteur n’avait pas été en mesure de lui dire là tout de suite quel serait le salaire du job.

            et il attendait bien écidemment qu’elle lui dise à la fin si elle était intéressée

            mdr comme dirait l’autre

          • je crois que la contradiction dont tu parles, Juliette, se résume assez bien dans Lordon citant Bossuet, pour moquer ceux qui « déplorent les effets dont ils chérissent les causes » (en gros)
            toujours la Règle du jeu : je ne veux pas de renard mais pas de pièges à renard, démerdez-vous
            sachant que les libéraux sont assez enclins à souligner la violence du système qu’ils chérissent, parce qu’ils ont cette idée totalement neuneu que le système pourrait s’humaniser, se moraliser, qu’en gros les mêmes causes pourraient, par magie, produire d’un coup d’autres effets
            on ne dit pas assez l’essentiel sur les libéraux, à savoir qu’ils sont bêtes
            pas foncièrement méchants mais bêtes

          • écidemment évidemment

          • @juliette: ah ouais c’est pas con ce que tu dis,
            l’argument : on n’a pas le choix.
            Une bien belle propagande,
            j’étais en train de me dire qu’il faudrait dépasser le stade de l’effroi du constat des effets néfastes du capitalisme pour penser correctement,
            cet affect est un piège puisqu’il est utilisé par l’ennemi.

          • @françois: ah bon, tu crois qu’ils ne le font même pas exprès de nous faire croire qu’ils sont pavés malgré tout de bonnes intentions pour nous envoûter.
            D’un journal libéral adressé aux libéraux remarque ça se tient.
            Moi je croyais que c’était consciemment une petite subtilité psychologique à fin prosélyte, pour éviter de perdre des brebis, voyant que ça chauffait un peu pour le matricule du libéralisme en ce moment.
            Pour éviter de se perdre soi-même alors, continuer à s’autopersuader que le libéralisme est le seul système de survie possible.
            Parce que qu’ils ne se voient pas faire autre chose que de travailler pour leur survie certainement.
            Leurs vies perdraient de leurs cohérences.

          • Le libéral s’est tellement auto-intoxiqué qu’il croit de bonne foi que ce système est vertueux.
            La Bonne nouvelle rappelait que le libéralisme est une utopie. Les utopistes, c’est eux.

          • @françois: ah oui c’est vrai c’est dans la bonne nouvelle.

        • @Juliette B: tiens comme j’étais à l’agonie de fatigue j’ai pas été cap de faire autre chose que d’écouter ce vieux type qui te raconte des tas de choses très intéressantes sur l’organisation du pouvoir dans les communautés catholiques du moyen-âge,
          ça me rappelle ce que disait razmig sur les marxistes qui ont fouiné de ce côté pour leur piquer des idées

          • Evidemment le marxiste tendance Jesus que je suis a bien tendu l’oreille à ce moment de l’entretien. Mais je crois que l’ami razmig, d’une part devra vite changer de prénom, d’autre part ne dit pas l’essentiel sur ce point.
            L’essentiel sur ce point sera dit dans un livre à sortir en janvier : la fraternité anti-libérale des marxistes et des chrétiens. L’union contre les tièdes, les mous, les tolérants, les dévitalisés, les macroniens.

        • @Juliette B: mais j’ai quand même débarrassé le lave-vaisselle alors ça va hein,
          ça suffit les reproches,
          allez zou

  8. Quand il ne lit pas, cela lui manque. Il aurait, selon Brigitte Macron, rêvé d’être écrivain avant d’être attiré par l’action politique. Pour l’anecdote, j’avais rencontré un président de jury de l’ENA qui avait corrigé sa copie la première fois qu’il se présentait au concours. Il avait obtenu la meilleur note à l’épreuve de culture générale, 18, note rarissime sinon unique dans l’histoire de ce concours. En revanche notre futur ministre de l’Economie eut 3 en économie, note éliminatoire !

    Magique.

    • Il parle de Sarko, Mitterand, Hollande, Pompidou… pas un mot sur René Coty.
      Pour rétablir une vérité qui dérange : Passionné de littérature et de philosophie, René Coty fonde en 1905 le Cercle Vallonges, un cercle littéraire, avec quelques amis, également intéressés par les livres.

      alors un peu de respect pour ce grand homme merde.

    • On dirait du Séguéla

  9. Tiens, Billy, j’ai repris un passage de « L’ère du vide » : Lipovetsky considère qu’une des manifestations de l’individualisme contemporain consiste à multiplier les formes données à ce qu’il appelle « un engouement relationnel particulier » : il évoque la prolifération des associations, groupes d’assistance et d’entraide, aux « intérêts miniaturisés » (on a bien lu). Et de soutenir son propos par une énumération (le livre en est plein) dans laquelle on trouve notamment « parents d’enfants homosexuels », « mère lesbiennes ». Là, on rembobine et on fait émerger le sous-texte : les parents d’enfants homosexuels manifestent des « intérêts miniaturisés ». Le noyau de la pensée réac à la Gauchet, auquel Lipovetsky adresse de sincères remerciements au début du bouquin, est là : reléguer dans la sphère des caprices privés des revendications qui dessinent avant tout des projets sociétaux et réduire ceux qu’on déteste à l’unique activité de se satisfaire d’un « entre soi, avec des êtres partageant les mêmes préoccupations immédiates et circonscrites ». Dans les années 80, les homosexuels et d’autres auront trouvé sur leur route des intellectuels de cet acabit qui, ne pouvant dire ouvertement qu’ils ne les aimaient pas, ont disqualifié leurs pratiques.

    • Oui les gens d’act up se sont sans doute terriblement miniaturisé en luttant pour leurs amis malades, mourants, morts. Comme c’était étriqué tout ça.

      • @François Bégaudeau: à qui ces propos de Marcel Gauchet sont sans doute destinés :

        « L’individu contemporain veut qu’on entende sa plainte singulière. Cela veut dire par exemple que cet individu privé, pour se faire entendre, s’identifiera très volontiers à la position de victime. C’est une manière de dire : « Attention, je ne suis pas comme vous parce que moi j’ai souffert de discriminations, d’humiliations, d’épreuves qui me mettent dans une position particulière qui demande à être reconnue dans mes relations avec les autres ». Il a d’autant plus besoin des autres qu’il a cette demande mais ses relations ne sont pas vécues sur le même mode que cet individu abstrait qui s’abstrayait de lui-même pour avoir des relations avec les autres et s’inscrire en société comme citoyen. Inutile de dire que cet individu d’un type nouveau n’est pas extraordinairement civique. »

        • Ah ben, tu sais me parler toi. on voit bien les intérêts miniaturisés par opposition à l’intérêt de taille considérable, l’intérêt général. Celui de l’homme blanc hétéro. Merci Gilou.

          Et Marcello est parfait lui aussi. Tu revendiques disons au hasard l’égalité homme-femme. On te donne du ma chérie, arrête de te considérer comme une victime. Et puis les gays, les immigrés, les prolos… ça va bien. Des fois, ils forment des assos de citoyens, mais pas de bons citoyens. C’est brillant, ça permet de débattre avec à peu près personne.

          • @Billy: voilà, faites pas chier les discriminés, soyez de bons citoyens.

        • Oui c’était vraiment pas civique d’aller balancer du sang sur les murs du ministère de la santé qui tardait à bouger sur le sida
          Et pas très civique non plus de prendre la Bastille, si on va par là.

          • @François Bégaudeau: Gauchet aurait été un bon Girondin tendance Condorcet, en ce temps-là.

      • @François Bégaudeau: on attend le Campillo avec une certaine impatience

        • une certaine impatience, heureuse litote
          (je le vois cette semaine)

          • @François Bégaudeau: on attend ton avis

          • @François Bégaudeau: Je peux venir?

          • @Charles: non Charles, t’as « Les planches courbes » à lire

          • Méfiez-vous messieurs, ce film donne envie de faire partie d’un groupe de citoyens pas très civiques. Miniaturisés ou victimisés, ils restent puissants ces petites gens.

          • tant qu’il ne donne pas envie d’etre homosexuel, j’y vais sans peur

          • Alors ? Un peu bi quand même ?

          • campisexuel, en tout cas

          • Et ouais. J’avais bien galéré à convaincre les copains d’aller voir Eastern boys à l’époque. Les trois qui y étaient allés pour me faire plaisir (et c’est vrai que ça m’avait fait plaisir) étaient passés à côté. Déception.
            Là ça va être easy, ils vont devenir des gros campisexuels.

  10. @François Bégaudeau. Suis en train de lire « Molécules » et cette phrase très belle « Léna attend une rafale plus franche, pour que les cendres libérées s’envolent et s’égaillent comme une bande d’insectes ivres de vie » m’a inspiré une petite variation que je livre ici, fruit de mes souvenirs, réalité vécue, recomposée par mes soins, autofiction ou pas, peu importe, ne vous posez pas la question, ne me blâmez pas, lisez-moi avec bienveillance…La question serait : comment traiter dignement nos morts ? Respecter leurs ultimes souhaits…

    « A la mort de Papa, l’urne mortuaire avait été remisée par ma mère dans un placard à Rouen, chez elle. Après dix-huit mois, je demandais à ma génitrice l’autorisation de répandre ces cendres au dessus de la mer, comme il avait dit l’avoir désiré, un soir, de son vivant, trois, quatre ans avant sa mort, à la terrasse d’un resto où nous dînions en famille. Je me souviens, qu’alors, dans le brouhaha des conversations, personne, à part moi en face de lui, avait réellement écouté et relevé cette phrase « A ma mort, les enfants, je voudrais que mes cendres soient épandues au dessus de la mer » Papa était pilote après avoir été de longues années radio-navigateur dans l’armée française (le troisième homme dans le cock_pit, celui qui gérait la radio). « Ils » avaient répondu « Arrête, Papa, avec çà, tu n’es pas mort, tu vas pas mourir bientôt… » Personne, apparemment se souvenait des paroles de papa, ni du fait qu’ils s’étaient moqué de lui. « Tu es sûre qu’il a dit cà, Steph, vraiment, je ne m’en souviens pas ? En plus, tu comprends, il va falloir que j’ouvre l’urne, pour te donner « ta part des cendres » soit un quart, tu as le droit d’en faire ce que tu veux, c’est sûr » fut la réponse de ma génitrice. Quelques semaines plus tard, elle me dit qu’elle n’arrive pas à ouvrir l’urne, que c’est scellé…Je lui réponds que je vais venir l’aider, que si on y arrive pas, on ira chez le cordonnier, le boucher, le dentiste, qui sais-je, encore, pour l’ouvrir…Finalement, quelques jours plus tard, elle m’appelle pour me dire de passer chez elle chercher les cendres « Cà fait pas beaucoup dans l’enveloppe » me dit-elle…Ben, oui, un quart. Je passe donc chez elle chercher l’enveloppe (je n’ose lui demander de m’accompagner, j’ai réservé une chambre d’hôtel à Honfleur, je ne veux pas essuyer un refus avec excuse bidon, et elle m’aurait gâché mon « plaisir » je pense, finalement) En me tendant l’enveloppe blanche, elle me dit « Fais ce que tu as à faire, et tourne la page »…Phrase assassine s’il en est…La chambre d’hôtel est spacieuse, luxueuse, j’ouvre délicatement l’enveloppe, des effluves de l’odeur de papa ? Non, matière minérale uniquement, toute la matière organique, charnelle a disparu, qu’espérais-tu ? Je descends sur la plage, lumière douce et chaude d’un coucher de soleil, petits oiseaux sautillant sur le sable, je rentre dans l’eau, fais tournoyer des pincées de poudre grise autour de moi, en chantant le « Hallejuah » de Jeff Buckley, ma version préférée. Là, oui, j’aurais pu écrire que les cendres dansent et s’égaillent comme une bande d’insectes ivres de vie…Je rentre apaisée et sereine à l’hôtel avec le sentiment du devoir accompli. Je visionne « Usual Suspects » que j’avais amené, pas encore vu. »

    • ma phrase préférée de ce texte, la plus littéraire, est évidemment la dernière

      • @François Bégaudeau:
        Notre hôte nous cherche, devons nous répondre ?

        Je me lance. La dernière phrase dénote par l’irruption d’une référence culturelle qui ancre le récit dans une époque (la fin des années 90) au même titre que le Hallelujah de Jeff Buckley, par l’élision de « que je n’avais pas encore vu » le « pas encore vu » fonctionne comme un adjectif, et par sa dimension triviale. Alors illustre-t-elle la vie qui continue pour les vivants, la fin du deuil (car la tonalité du film fait que ce n’est pas lui que l’on pensera voir en premier après un décès), d’autant plus que l’on sait que c’est un film qui à partir du moment où on en connaît l’existence presse d’être vu de peur de se voir spoiler la fin avant.
        Cependant, c’est un film qui porte sur la manipulation, la duperie. Alors que penser de ce personnage qui accepte de répandre seulement un quart des cendres de son père ? Elle se joue la comédie du deuil. C’est moins pour respecter les dernières volontés de son père que pour elle-même, se donner le beau rôle (le plaisir mis en guillemet indique aussi cette idée). Il y a même une sorte de folie à chanter Jeff Bucley en faisant ça. Le « j’aurais pu écrire » soulignant l’emphase de la suite de la phrase achève de nous montrer que l’on a affaire à un personnage qui se complaît dans sa situation et feint la tristesse.

        N’ayant pas mon exemplaire de Molécules sous la main je ne peux pas jouer au jeu des comparaisons. Qu’en pensez-vous les autres ?
        Sur ce, serein avec le sentiment du devoir accompli je vous laisse, j’ai des replays de TPMP (touche pas à mon poste pour qui ceux qui suivent pas) à rattraper.

        PS : Ma chanson préférée du moment

        • @Atom: parfait.
          J’aurais nuancé la part psychologique de l’affaire, la complaisance dans le sentimentalisme , qui n’arrive pas à la conscience je pense sinon la petite mise en scène n’existerait pas.

        • @Atom: Un quart des cendres seulement, car la mère, le frère, la soeur…soit quatre « personnages » ont hérité de cette urne. Chacun avait dit ce qu’il ferait de sa « part » : Big Mother voulait garder le défunt près d’elle (dans son placard, donc, depuis 2004, reste 3/4 depuis 2009. Le frère avait dit vouloir une stèle dans un cimetière-pas fait-, la soeur avait dit vouloir planter sa part des cendres au pied d’un arbre-pas fait-) En fait de dix-huit mois, souvenirs flageolants, cela avait pris cinq ans en réalité pour décider Mother à ouvrir l’urne, je les ai épandues en 2009…Aucune tristesse feinte, pourquoi tristesse aurais-je ressenti puisque c’était son choix ? Par ailleurs, mon geste était était certainement moins « cinématographique » que jeté d’un avion, ce qu’il aurait souhaité…Quant au choix du film, je ne peux le justifier et je ne chercherai pas à le faire (et rappelle-toi qu’en fait, c’était cinq ans après le décès…)

        • ça c’est de la critique littéraire
          je retiens notamment « par l’élision de « que je n’avais pas encore vu » le « pas encore vu » fonctionne comme un adjectif, et par sa dimension triviale. Alors illustre-t-elle la vie qui continue pour les vivants, la fin du deuil (car la tonalité du film fait que ce n’est pas lui que l’on pensera voir en premier après un décès) »

          • @François Bégaudeau:
            « Quant au choix du film, je ne peux le justifier ». Je crois que c’est un bon choix. Après c’est l’éternel débat dans quelle mesure une interprétation doit intégrer des éléments qui ne semblent pas « conscientisés » par l’auteur et comment déterminer ce qui est volontaire de sa part.
            Merci François pour le compliment. Mais j’ai de bons modèles. Notamment un certain FB. Un mec qui après être passé à la télé écrit aujourd’hui dans une obscure revue culturelle.

          • la déchéance du mec

        • @Atom: Merci de ton analyse très intéressante, je n’y voyais pas tout çà, manque de recul, éléments pas forcément arrivés à ma conscience. Pour le choix de Jeff Buckley, j’avoue que c’est sa personne qui m’intrigue et m’attire (car la chanson ne parle pas d’un deuil père-enfant mais d’une relation très déséquilibrée homme/femme, elle a besoin de preuves d’amour, elle l’attache à une chaise, quand même, et lui arrache sa couronne symbolique…): j’ai beaucoup écouté son album, sa voix, ses cris. Le mystère qui entoure sa mort m’a toujours interpellée : tombé tout seul de la balustrade du bateau ? Parce que trop ivre ? Puis son pull, gilet en laine trop lourd l’entraine au fond ? A 27 ans il ne savait pas nager ? Ou l’alcool l’a empêché de se débattre, poids déjà presque mort ? Et les copains restés sur le pont, le bateau aurait fait demi-tour, dans la nuit ils ne l’ont pas aperçu…Ensuite, tu parles de notre hôte, son (ses) « Molécules ». Je me garderai, évidemment de toute comparaison ! Charles et sa fille Léna n’y arrivent pas, à répandre (ou épandre ???) les cendres de jeanne. C’est Didier qui le fera, avec panache, avec maladresse, scène pleine d’humour, d’autodérision, ce qu’on aime chez FB, ce qui manque cruellement au mien !

      • @François Bégaudeau: Ah, ah, ah, cher hôte, ne te moque pas de moi, c’est juste de l’oralité couchée sur le papier, pas un texte littéraire…

    • @stephanieDLC: oui sauf que de la matière minérale on ne fait pas de la vie,
      si c’est par là où tu voulais en venir,
      à moins de te refaire l’histoire de la vie depuis son origine si t’as un petit peu de temps devant toi,
      mais on peut faire comme si,
      on peut faire semblant,
      certes

      • @anne-laure: De la matière minérale captée par les racines des végétaux (mycorhizes ou pas) au sein du complexe « argilo-humique » dans le sol, si, si ! Il naît à nouveau de la vie, surtout des glucides (associations, enchainements très précis d’atomes de carbone, hydrogène, oxygène) qui circulent dans la plante, comme un carburant pour à nouveau former tiges, feuilles, bourgeons…

        • @stephanieDLC: ouais j’y ai pensé mais ça marche pas ton truc,
          c’est toujours d’un individu bel et bien vivant qu’il y a transformation possible,
          passage du minéral à l’organique,
          c’est toujours la vie en première instance.

        • @stephanieDLC: tontion on m’la fait pas à moi, je connais le cycle de krebs par cœur, il est en poster au dessus de mon lit.

  11. Anne-Laure, ma belle, je vais faire les courses, je te prends combien de concombres ? Attention, comme j’avais oublié de te le préciser, tu ne les mets pas au frigo, mais sur le rebord de ta fenêtre, en plein soleil. Le but étant, évidemment, ils atteignent une température correcte, vingt, trente degrés, pour se rapprocher au maximum de celle de l’appendice délicieux dont sont pourvus les hommes : 37°C, pas facile à atteindre, la tendresse, la finesse du toucher non plus…Mais bon…

  12. @Jérémy Je te réponds sur La cache de Boltanski. Oui, c’est une bonne surprise quand on est réticent à ouvrir un récit familial, famille juive de surcroit.
    Le titre et la présentation du livre sont trompeurs. La fameuse cache, située dans un espace entre-deux de l’appartement et qui va servir de planque au grand-père en 43, n’est qu’un élément parmi d’autres. Le livre est construit comme un plateau de Cluedo où toutes les pièces de l’appartement, qui forment autant de chapitres, sont d’égale importance, et le personnage central de cette histoire n’est pas le grand-père juif mais la grand-mère qui ne l’est pas.
    Même si la judéité n’est pas un détail chez les Boltanski, le livre vaut par d’autres aspects : par cette construction qui emmêle les identités avec les évènements de la grande et de la petite histoire dans l’espace clos de l’appartement, par les indices semés au fil du récit où Boltanski semble s’amuser à perdre son lecteur et par les rebondissements inattendus qui rendent la lecture captivante.
    Et puis il y a les personnages, les noms connus, Luc, le seul à vouloir s’échapper de la tribu, Christian qui y restera 37 ans, Christophe, et les autres, jamais séparés, collés-serrés jusque dans la Fiat 500 et dans la chambre-dortoir des grand-parents, tous les enfants sortis bien vite de l’école car la grand-mère « haïssait ceux qu’elle surnommait les « tortionnaires diplômés », avait en horreur programmes, règlements, emplois du temps. Elle se méfiait de l’Etat et de ses représentants. Elle était surtout rétive à une institution qui soustrayait ses fils à sa propre autorité et, plus grave encore, qui les éloignait d’elle. »
    Famille original, livre original, il m’a bien plu.

  13. Son meilleur spectacle, régale-toi (en vostfr) : https://www.youtube.com/watch?v=2cF_Wg-AlDg

  14. Ô joie. Hâte de lire et de voir ça.

  15. François, c’est toi l’auteur de l’article sur Bellanger dans le Transfuge de juin?
    Je me régale d’avance sur celui sur les féministes.

    • Oui je squatte un peu le numéro d’été : gros articles sur Bellanger, Del Amo, et donc Cinéphilie, féminisme et sodomie. (qui sera doublé par une table ronde, souhaite Vincent jaury. Avec un cinéphile, une féministe, et moi)

      • @François Bégaudeau: et toi : en tant que spécialiste de la sodomie donc.
        Logique.

        • @anne-laure: ça s’appelle flinguer une blague ça non?

          • @fleur parmi les fleurs: ah ouais ? merde t’as raison,
            je me disais qu’à 98 % c’était une blague involontaire, une petite étourderie rigolote,
            j’y ai cru moi à la discute sur la sodomie dans transgufe , why not
            de toutes façons chuis complètent décalée niveau humour en ce moment je sais pas ce que j’ai
            je ne vous reçois plus cinq sur cinq mayday mayday

          • @fleur parmi les fleurs: et sur les 2% restants j’aurais mieux fait de la fermer ma grande bouche oui

          • @anne-laure: moi aussi j’y ai cru. On est des grosses nouilles j’adore ça.

          • @juliette: pareil, j’adore.
            Et qu’on parle enfin de choses sérieuses comme la douleur anale oui, j’aurais aimé.

          • @juliette: ah tiens je viens de remarquer que j’ai écrit trangufe , héééé oui madame, transgufe c’est très bien,
            on fait ce que l’on veut ,
            on change tout si on veut

          • @juliette: transgufe, merde,
            on change tout mais on reste concentré

          • @juju: regarde donc kissékeu je viens de voir apparaître sur mon mur facebook ?
            c’est le ti chouchou basque à sa môman ça madame
            j’écouterai ultérieurement
            j’écouterai

          • @juliette: bon j’ai tout écouté ( plus ou moins ) parce que je suis bien gentille,
            surtout à cause du petit froncement de sourcils inaugural de manuel qui m’a tenue,
            c’était pas inintéressant,
            je trouve intéressant surtout de parler des penseurs de droite, qu’ils ont l’avantage eux de s’expérimenter dans le réel, puisque le monde est de droite,
            la pensée appuyée sur la matière , la reptation est plus efficace que l’agitation des idées sur presque rien,
            me disais-je,
            après je connais pas les pensées de tous ces intellectuels cités et y en a un paquet,

            bon et puis alors que les marxismes reviennent toujours sur le fond des idées des penseurs de gauche me laisse perplexe,
            c’est comme si marx avait eu le génie de révéler le problème fondamental des conditions humaines, les propriétés privées donc nous dit-on à la fin,
            que c’était cela la vérité et pas autre chose, ce qui empêche de penser autre chose,
            comprends pas bien,
            bon.

          • @juliette: cette histoire de déterminer qui est son ennemi aussi c’est intéressant,
            je te dis ça même si t’as pas écouté la discute comme ça tu te sentiras obligée de le faire.

          • Tu parles de quoi? j’ai pas suivi

          • @françois: ben de la vidéo gratos d’hors série pardi,
            à propos des intellectuels de gauche et de droite, car ceux de droite existent , oui monsieur,
            si t’as le courage,
            si t’es motivé,

            tu tombes bien j’étais justement en train de me dire que si ça se trouve mon pire ennemi c’est marx, et tous les marxistes.
            Si ça se trouve je te déteste.

          • mais moi je suis un marxiste sympa
            si j’étais gardien de goulag, je monterais un atelier d’écriture

            pas encore vu cette video, pas très motivé, un peu marre de ces idéologues qui parlent d’idées

          • @françois: oui ben voilà , j’ai bien raison de me méfier.
            Moi aussi je suis lasse de ces intellectuels je dois dire, je sais pas pourquoi.
            Je commence même à me lasser de Nietzsche c’est pour dire.
            Et après lui ?
            plus rien,
            le néant
            hoooou l’angoisse

          • je ne dis pas las des intellectuels, mais las des intellectuels qui ne font que dessiner la carte des idées (cela dit c’est précisément ce qu’il m’arrive d’appeler des intellectuels)
            dans le même genre; voir l’entretien de Maja avec un jeune chercheur noir -oublié son nom, appelons-le Noir, comme Blanche Gardin -très fort pour cartographier les idées, mais aucune idée à lui, et pour le réel tu peux te brosser
            je connais bien cette manie taxinomique, mentionnée dans le livre qu’on sait
            grand talent pour recenser les idées (les forces), mais pour nommer le réel y a plus personne

          • @anne-laure: hier dans le train du retour j’ai hésité entre ton Razmig et Rois et Reines, que j’avais emmené en DVD pour le revoir, et opté pour le second finalement. Pas regretté mon choix. Pensé à toi dans les scènes qui se passent à l’HP, drôles souvent, comme quand Ismaël en se débattant donne involontairement un pain à un grand infirmier psy qui la ramenait pas mal jusque là et dont la déconvenue soudaine fait bien rigoler.

            Et puis Hyppolite Girardot, avocat toxicomane, qui vient rendre visite à Ismaël sur place et lui demande avant de partir si y a pas moyen de voler quelques substances illicites dans les placards…Ce qu’ils font aussitôt.
            Et puis Ismaël qui danse un rap devant les autres patients et séduit une jolie infirmière – joli plan dans la chambre le matin sur sa nudité endormie.
            Elles sont bien toutes ces scènes d’HP j’ai trouvé; tu me diras si tu as vu le film (si pas il a plein d’autres qualités que j’ai redécouvertes, tu verras).
            A un moment Hyppo l’avocat dit à Ismaël: voilà, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. La mauvaise c’est que votre appartement va être saisi.
            – Ah bon. Et la bonne alors?

            – Heuuuu (regard perplexe), j’sais plus (grand sourire comme si c’était pas bien grave)

            Bref hier j’ai remisé Razmig au placard, mais ce matin pas vache je l’ai emmené courir avec moi sous le soleil – ce qui fait qu’on a dû l’écouter au même moment toi et moi putain t’as vu comme on est raccord – et j’ai lu ton commentaire en revenant, juste avant la douche. Parfait timing. Grosses nouilles mais trop fortes quand même quand il s’agit d’harmoniser nos agendas de ministres.

            Attends bouge pas j’vais faire pipi et je reviens.

          • @juliette: ah ouais t’as raison on est vachement synchro , c’est comme avec Mathilde l’autre soir qui a bu une bouteille de vin avec son pote s’est couchée comme une merde pour se réveiller à 2 heures du mat comme une débile,
            on a fait tout-pareil-aux-mêmes-moments comme des connexions surnaturelles,

            je sais pas si j’ai déjà vu roi et reine , m’en souviens pas du tout en tous les cas et ce que tu m’en racontes me dit que je devrais m’y plonger,
            hier j’ai commencé à regarder un film trop nase sur le site d’arte, un film de Wim Wenders avec charlotte gainsbourg, avec un enfant mort qu’on ne voit même pas mourir ! c’est honteux.
            et comme je m’ennuyais ahlala , j’ai bifurqué sur l’entretien de hors-série.

            Ben là moi je m’en va me remettre dans par-delà bien et mal sur ma terrasse, même si je n’aime plus Friedrich.
            J’ai pas le choix.

          • @anne-laure: sur l’émission avec Keucheyan, je crains d’avoir pas grand chose à dire: je connais son bouquin, dont un copain m’avait déja parlé, mais comme je n’ai pas lu les auteurs qu’il cite, la première partie qui les situe les uns par rapport aux autres m’a un peu ennuyé.
            Comme toi, trouvé par inintéressant le passage sur les intellectuels de droite pas beaucoup lus par les intellectuels de gauche. Ca m’a fait penser à Geoffroy, qui lui le fait volontiers.
            Intéressée aussi par les espaces de réflexion autonomes valorisés par Razmig. C’est la seule évolution réjouissante entrevue récemment dans mon secteur professionnel, lors d’un mouvement comme Nuit debout par exemple dont les acteurs ont mis sur pied leurs propres outils d’information en se passant volontairement des grands journaux ou chaines nationales. C’était chouette comme nouvelle ça.

            Bon mais sinon je rejoins assez la réflexion de François sur le sujet de la cartographie des idées, que ces deux garçons font avec brio oui mais avec on fait quoi. J’ai comme lui écouté l’entretien avec Kevin Boucaud-Victoire (le Noir) et c’est vrai que ça fait écho à celui-ci( http://www.hors-serie.net/Aux-Sources/2017-04-15/La-Guerre-des-Gauches–id229 )

            Le dernier mec que j’ai écouté sur Hors-Série en me disant que ça me remettait bien certaines idées en place à un moment où c’était très nécessaire, tout cabossés qu’on est par ces élections de merde, c’était avec ce mec là, qui s’appelle Pierre Tevanian http://www.hors-serie.net/Aux-Sources/2017-05-13/La-mecanique-raciste-id234

            mais c’est payant alors va falloir que tu tapes encore Alice de 3 euros si tu veux l’écouter

            (si je te lis bien on n’était pas raccord du tout sur le moment de l’écoute de l’entretien Ah Ah Ah c’est encore plus drôle)

          • D’accord sur Tevanian, que je connais un peu.
            Même si au bout du compte ce racismocentrisme me laisse de plus en plus perplexe.
            J’essaierai de creuser un de ces jours.

          • @François:

            si j’étais gardien de goulag, je monterais un atelier d’écriture

            Ah ben tiens puisque tu en parles, je voulais justement te poser des question à ce sujet. Tu leur as proposé de faire quoi aux participant(e)s de l’atelier de Clermont à partir des extraits de films que tu avais ramenés (si j’ai bien vu sur la photo) ?

            C’était ton premier atelier d’écriture ? Tu en retires quoi toi de cette activité et tu l’exerces avec l’idée que ça peut leur apporter quoi à eux ?

          • Non, pas mon premier, depuis le temps j’en ai fait quelques-uns
            Là ca portait sur l’écriture critique. Principe simple : écrire sur une séquence. On s’est entrainé sur quelques séquences -entrainé à voir ce qu’on voit – et on s’est lancé sur un extrait du Petit lieutenant.

          • @juliette: si si on était raccord, tu vas dérire hu hu hu,
            j’avais fait moite-moite,
            moite hier
            moite ce matin.
            y a pas beaucoup de choses qui me donnent de l’endurance en ce moment.

          • @juliette: ah bah je l’ai gratos ton entretien sur le racisme,
            je dois être abonnée à hors-série tiens, certainement grâce au saint esprit,
            encore avec Manuel tiens,
            comme il fronce les sourcils avant la deuxième minute je pense que je suis obligée de regarder oui.

          • Tu verras que ton ami Manuel de la Corrida est très peu actif dans l’entretien. Du coup il laisse Tevanian en roue libre, alors qu’il aurait fallu un peu le sortir de son autoroute.

          • @juju: ah-ah ! j’ai trouvé la trace du saint esprit :

            Vous disposez d’un abonnement en tacite reconduction qui se renouvèle automatiquement le 10 du mois.

            ah la saloperie, accord tacite de mon cul, on reconnaît bien son procédé habituel

          • @juju: et intéressant le cas du juriste du troisième Reich n’est-il pas ?
            je sais plus son nom

          • @anne-laure: oui (Carl Schmidt)

          • @anne-laure: pour ton abonnement à Hors-Série il y a pire,
            par exemple tu pourrais comme moi t’être un jour volontairement abonnée à Transfuge et lire le dernier édito de Jaury.

          • pas encore vu l’édito (je reçois le mag en retard)
            tu résumes?

          • @juliette: Oh bah tiens au lieu d’écouter l’entretien je suis repartie vers le jardin et j’en étais à ce passage,

            Tout cela revient à dire : nous sommes fondamentalement, depuis des temps immémoriaux, habitués à mentir. Ou bien, pour exprimer la chose sous une forme plus vertueuse et plus hypocrite, bref plus agréable : on est bien plus artiste qu’on ne le sait.

            tout en tentant d’écouter la converse de mes deux voisins mâles dominants, celui de l’angle celui de derrière, à propos des travaux de jardinage, désherbage , couleuvre soupçonnée vipère à qui on éclate la gueule etc
            et on sonne et je me dis que c’est Léa et Alice vient me voir peu de temps après bien gênée parce qu’il y a un gars à la porte qui vend des boites de gâteaux et je vois le genre et ça coûte 19 euros et elle ne sait pas dire non,
            je dis t’inquiète, décidée à dire non,
            déjà que j’avais dit oui une fois sur le même schéma on ne m’aura pas deux fois nom de dieu ,
            et puis bon face au jeune homme je lui dis que merde je sais ce qu’il fait parce que j’ai fait comme lui à l’âge de vingt ans, qu’il gagne rien sur ses ventes de boites de gâteaux ou bien faut qu’il en vende des tonnes et je trouve que c’est triste de se faire avoir comme ça mais je vais lui prendre quand même et lui souhaite de trouver un boulot qui lui donne un vrai salaire,
            il me dit qu’il a bientôt un rendez-vous d’embauche pour être serveur.
            paf alice m’avance vingt euros que j’ai pas sur place,
            et je choisis une boite qu’il a en double, avec un dessin d’une mémé bretonne qui parle à un squelette, une bonne blague apparemment, en disant que je prends celle avec le cadavre et ça le fait rigoler , alors je suis satisfaite.
            Il était noir.
            Le précèdent était blanc.
            Bon après y a juju qui passait avec son gros chien croisé pitbull, ce gros benêt de Diesel, et il a pas osé l’aborder.
            Faut dire qu’il a pas l’air fin juju de loin. Faut qu’il ait l’air méchant parce qu’il est tout petit tu vois.

          • @juliette: c’est marrant comme les gens à distance des corps les uns des autres peuvent être combatifs,
            je pense aux gens qui te démarchent au téléphone avec qui tu finis par devenir agressifs ,
            des collègues de l’hôpital que je n’identifie pas, que je ne peux pas identifier et qui sont très désagréables ,
            je pense aux gens dans leurs bagnoles ( cf Louis CK ),
            aux gens sur les discussions internet,
            etc
            certainement qu’en face à face tu fais tout de même gaffe de pas t’en prendre une.
            Ou bien tu vois bien que tu as affaire à un frère humain et tu craques.
            Ou les deux.

          • @juliette: des collègues de l’hôpital, par téléphone aussi, je voulais dire,
            lorsqu’il s’agit de nous entraider les uns les autres, d’accueillir les patients dans les meilleurs conditions quand on n’a plus de places dispos , qu’on doit les faire héberger par d’autres services,
            un vrai bordel,
            un beau développement possible de la mauvaise foi c’est misérable.

          • @françois:

            Manuel de la Corrida

            ah tu me fais rire,
            l’humour de répétition c’est bien quand on le fait pas trop souvent, et avec des variations oui,
            faudrait laisser un laps de temps systématique de six mois par exemple,
            ouais c’est la nouvelle loi.

          • je t’en prépare un chouette pour Noel, donc

          • @françois: Le titre réjoui est : « Macron, un homme de culture ».
            Pompidou y est cité en exemple de quelque chose d’heureux autrefois en la matière avec lequel nous allons pouvoir enfin renouer avec notre nouveau président si tout se passe bien.

            (c’est la version en ligne, très chiante à lire donc j’attends celle en papier pour tes propres papiers)

          • ohlala le cauchemar

          • @juliette: ah ? mais c’est ironique peut-être non ?
            ah je ne sais plus où j’ai vu des archives de Pompidou, grand récupérateur de mai 68.

          • @anne-laure, François: je suis d’accord pour Tevenian et l’autoroute, ça manque un peu de répondant.

            Pour Jaury, non pas la moindre ironie je pense, juste le délire macronôlatre du moment.

          • je viens de lire
            sans commentaire
            (aucune ironie effectivement)

          • @juliette: ah oui c’est très étrange. Les libéraux sont partout, les libéraux sont parmi nous.
            pauvre pauvre françois.

          • @juliette: avec leur consensus

          • Je viens de lire l’édito. Lamentable. On va être courtois, on n’en dira pas plus.

          • Oui restons courtois.
            Contentons-nous de lui donner ses médicaments.

          • @Anne-Laure: les gens sur les discussions Internet, tu peux développer stp ?

          • @Juliette B: si on reprend sa préface à l’Anthologie de la poésie française, on s’aperçoit que le lettré Pompidou, en dehors du fait qu’il distribue les bons et les mauvais points comme à l’école, colporte une vision très Lagarde et Michard des auteurs, la plus ringarde, la plus réac. Ce que le lettré Pompidou a apporté à la littérature : rien. A l’époque où tu avais Barthes et Genette, Jojo avait deux siècles de retard.

            Vaut mieux lire Blanchot qui, lui, n’a pas oublié Lautréamont.

            Pour le reste, l’attachement des Gaulois à leurs présidents lettrés, on peut s’acharner sur ce clown :

            http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/14/m-macron-soyez-un-president-litteraire_5127419_3232.html

          • @jérémy: j’ai la flemme.
            non j’rigole.
            Je pensais aux commentaires que tu peux lire sur YouTube par exemple,
            je pensais aux commentaires sur Facebook, en particuliers là où écrit l’un de mes collègues , qui participe à des micros débats et où ça dérive rapidement en insultes, d’où le micro débat peut-être, ensuite y a plus rien à dire,
            chacun boude dans son coin pourrait-on croire.

          • @anne-laure: oui je crois que je vois bien la tête qu’il devait avoir ton vendeur de gâteaux,
            la même que celle du faux éboueur qui a un jour sonné pour me demander une pièce en échange d’une grossière petite carte « Les éboueurs de Paris vous souhaitent une bonne année ».
            et à qui j’ai bêtement fait remarquer que les vrais éboueurs étaient déjà passés pour leurs étrennes,
            puis, rouge de honte en regardant son visage défait, j’ai filé sa pièce.

          • @juliette: bon hé j’ai bien du mal à l’entendre ce pierre tevanian avec son élocution qui m’est soporifique,
            heureusement que la voix de manuel me réveille de temps en temps parce qu’il y a quelques points intéressants certes.

          • @juliette: j’ai lâché les dernières minutes hein j’en pouvais plus,
            dommage j’ai mal suivi le passage sur les corps furieux corps invisibles corps infirmes , le raisonnement avait l’air pertinent.
            Je trouve ça bien que pierre me rappelle que le racisme n’émerge pas qu’en période de crise économique, qu’il est préexistant et viscéral si je puis dire.
            Je trouve bien aussi qu’il nous rappelle que le racisme ne vient pas que du « peuple » ( à chaque fois que j’entend ce mot je pense à Nathalie maintenant ) qu’il est entretenu voire exacerbé par les dominants, ce qui augmente leur capital d’humanisme, ce qui leur donne le beau rôle au regard des naïfs,
            Et puis la question de l’égalité lorsque tu dois te conformer aux dominants bé oui bien sûr , Soyez égaux à moi,
            bon mais sinon j’ai dormi entre,
            tiens ça me fait penser à cette vidéo toutes ces petites histoires, de la part de ma sœur Sophie.

          • Oui Tevanian n’est pas un grand parleur, contrairement à Razmig, qui m’a bien convaincu à ce niveau, presque aussi fort que Fredo locutoirement (et souvent très fin sur le fond, même si beaucoup trop cartographe encore, on aimerait qu’il se mouille un peu, qu’il produise ses propres concepts, on va suivre ça)
            Pour revenir à Tevanian : l’idée que le racisme est très largement insufflé par les dominants est de Rancière. Quant à son constat que le racisme n’est pas forcément un phénomène lié à une crise sociale, il est évidemment vrai, mais comme il n’est suivi d’aucune analyse psychologique de la chose (quels seraient dont les ressorts de cet affect? Tevanian se contente de décrire le racisme sans le disséquer), je n’entends là qu’une façon de plus de solder le marxisme et la pensée sociale en général.

          • @françois: c’est suivi d’une petite analyse psychologique si, qui n’est pas de lui , qui s’inspire de Levinas.
            Le mec qui parle de l’autre des visages tout ça.

            Ce qui me rappelle le cheval de spinoza mais je sais pas pourquoi.
            Y a des liens avec mon stock mémoire qui m’échappent.

          • Levinas= visage= autre est un automatisme très couru dans les séminaires de management, les anabacs, les conférences de croisière de Marcel Gauchet, l’argumentaire de Copé pour justifier l’interdiction de la burqa (véridique)
            on attendrait un peu mieux
            (sachant que cette connerie, même prise au sérieux, ne ferait encore que décrire un symptome, sans fouiner dans la machine)

          • @françois: tiens je repensais à ce que tu disais hier sur la lassitude des intellectuels, qui ne font que cartographier des idées, ne les bousculent pas forcement , ne pensent pas, ne pensent plus, si c’est ce que tu voulais dire,
            et puis je me disais que le problème c’est peut-être qu’ils ont ingurgité trop de livres, que leurs idées se retrouvent coincées dans des petites cases qui correspondent à des cases préexistantes d’autres idéologues,
            c’est pas très clair ce que je dis j’essayerai de le dire autrement.

            Bon et hier soir je me demandais pourquoi je me lassais de Nietzsche, et je crois que c’est parce que je le trouve trop nietzschéen et je rigolais toute seule de ma bonne blague comme une grosse folle.

          • Je pense aussi que ça vient d’un réflexe de combat politique, où l’argumentaire consiste souvent à identifier la case depuis laquelle parle l’autre. Ainsi en politique on se contente de dire : « ca rappelle le nazisme », ou « c’est une mesure ultralibérale », sans s’emmerder à expliquer (ni à s’expliquer à soi, ce qui est bien le pire) pourquoi le nazisme et l’ultralibéralisme seraient condamnables, pourquoi la seule profération de ces mots vaut jugement
            Appelons ça la pathologie taxinomique de la politique, où l’étiquetage tient lieu de pensée.

          • @< Pour qui préfère lire Tévanian plutôt que l'écouter, il écrit régulièrement dans le site Les Mots Sont Importants, je crois même qu'il en est un des fondateurs. Je pense bien que quelques sitistes suivent déjà lmsi mais sinon, voilà

            http://lmsi.net

          • @François:

            Je pense aussi que ça vient d’un réflexe de combat politique, où l’argumentaire consiste souvent à identifier la case depuis laquelle parle l’autre. Ainsi en politique on se contente de dire : « ca rappelle le nazisme », ou « c’est une mesure ultralibérale », sans s’emmerder à expliquer (ni à s’expliquer à soi, ce qui est bien le pire) pourquoi le nazisme et l’ultralibéralisme seraient condamnables, pourquoi la seule profération de ces mots vaut jugement
            Appelons ça la pathologie taxinomique de la politique, où l’étiquetage tient lieu de pensée.

            Ca m’amuse parce que c’est ce que la droite a souvent reproché aux intellectuels de gauche et aux médias de faire à leur encontre : à balancer des anathèmes, à les disqualifier par le simple mot de « réactionnaire ».
            Quand Daniel Lindenberg sort « le rappel à l’ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires » au début des années 2000, c’est exactement ce qu’il fait, il actualise la carte de la Réaction avec de nouveaux noms en faisant à chaque fois un bref résumé de leur pensée. On y retrouvait Manent, Gauchet, Finkie, Muray etc…
            Ils étaient outrés de se voir ainsi caricaturés et mis au ban (symboliquement) du discours médiatico-intellectuel. Le nouvel obs a pris le relais pendant un temps, en pondant un article sur les nouveaux réacs tous les ans.
            Je pense vraiment que cette attitude a contribué à l’émergence des figures, qui se sont positionnés comme des victimes du politiquement correct avec le succès qu’on connaît.

          • Oui ce livre a sans doute eu cet effet pervers là.
            Mais je le trouve plus intéressant qu’un pur et simple relevé taxinomique. Dans la mesure où Linderbergh propose justement un nouvel étiquetage -et le justifie à peu près. La preuve : ce livre a été important pour moi, il m’a donné à voir quelque chose que je ne percevais qu’intuitivement.
            Par ailleurs l’étiquetage-jugement est universel, il fonctionne de gauche à droit autant que de droite à gauche. Récemment je discutais avec un libéral, qui, à mes arguments, ne savait que répondre : vous parlez comme mes anciens camarades étudiants marxistes. Et moi : tout à fait, je ne le nie pas, mais pourquoi postulez-vous que ca invalide mon discours? En une heure de discussion houleuse, je n’ai jamais pu obtenir une réponse à ma question. Sans cesse il revenait à : ça sonne très marxiste ce que vous dites là. Et moi : tout à fait, je ne le nie pas, mais pourquoi postulez-vous que ca invalide mon discours? etc.

          • @François: En effet, ça fonctionne dans les deux sens. La référence au marxisme-URSS-Staline-dictature-extrême gauche/extrême droite-même-combat valant argument définitif.

          • @françois: mouais donc c’est bien ce que je disais : le problème c’est marx,
            à cause de lui on stagne,
            il faut l’éliminer.

          • @fleur parmi les fleurs:
            Sur le racisme, j’arrive après la bataille et j’ai même pas pu voir la vidéo sur le sujet (maudite connexion internet de là où je viens de tomber), ou plutôt un sentiment d’agacement à tendance raciste, j’ai eu une idée que je vous propose car je n’ai qu’ici pour la proposer (j’ai aucune idée de où ça va atterrir dans l’arborescence de la page)

            Tout part du constat que l’on aime pas les victimes de manière générale. On dit bien « qu’il n’existe pas de victime innocente » (phrase atroce) et on aura tous un exemple d’ici la fin de la semaine où quelqu’un dira à propos d’une mésaventure survenue à un autre « oui mais aussi qu’est-ce qu’il/elle est allé(e) faire à… ». L’exemple le plus évident est le slut shaming où on reproche à une victime de viol sa tenue vestimentaire.
            Je pourrais avancer une hypothèse évolutionniste selon laquelle ce mécanisme de destruction d’empathie est apparue de manière à équilibrer avec l’empathie (qui sert à souder les groupes, à créer une culture si on pense aux neurones miroirs), à nous protéger des faibles qui appelant à l’aide risquaient de nous affaiblir individuellement et collectivement (les porteurs de maladie, les dépressifs pas assez vigoureux pour chasser la mammouth et qui augmentent le nombre de bouches à nourrir…), mais ce serait pas ce qu’il y a de plus convaincant dans ma théorie.
            Ainsi, et c’est là que je veux en venir, c’est qu’une haine raciste ne naît pas au moment où on observe le couplage physique/physiologique (ethnique, genre, orientation sexuelle…) avec un élément cliché non corrélable et non corrélé (propension à la délinquance, gestuelle efféminée… le racisme est aussi un déterminisme biaisé) mais dès la détection du premier critère car alors avant de voir un noir, un arabe, un homosexuel, un asiatique… on voit une victime du racisme. Le mécanisme de destruction d’empathie amène à penser que « quand même il/elle aurait pu s’habiller autrement, s’intégrer, faire attention etc. et ainsi que c’est un peu mérité ce qui lui arrive et qu’on ne compte pas sur moi pour le/la plaindre ».
            En conclusion, est-ce que j’ai fait avancer le schmilblick ? Non. Je fais juste une comparaison capillotractée avec la détestation des victimes et n’explique pas le racisme théorisé comme Rancière. Mais ça m’a fait du bien. Parfois en extériorisant une idée elle nous appartient plus et on y adhère un peu moins. Merci de me faire grandir même si ça vous inspire rien.

          • Tu me fais bien rire, Atom, et surtout tu m’ouvres un champ de pensouilleries, parce que cette affaire de détestation de la victime m’avait un peu échappé. Si j’ai bien compris, tu la rapportes à une plus générale détestation du faible, et celle-là m’intéresse bien aussi. Le faible on lui en veut toujours un peu -comme du reste on s’en veut de l’être, faible-, parce qu’éffectivement il est un empêcheur de joie. Le faible fait chier : mauvais marcheur, il nous retarde dans la randonnée de la vie.
            Cette haine du faible me parait un trait fatal de la vitalité. Et c’est bien en cela que Nietzsche disait qu’on ne défend jamais assez les forts contre les faibles.
            Cette pensée ne peut évidemment pas nourrir une politique -ou bien alors il faut se résoudre à basculer dans le libéral-fascisme dans lequel on baigne déjà plus ou moins. Mais il est bon de l’avoir en tête.

          • @fleur parmi les fleurs:

            tu la rapportes à une plus générale détestation du faible,

            C’est ça exactement. Pour enfoncer le clou, on dit souvent que racisme = haine de l’autre, du différent alors que c’est toujours cette vieille haine du faible.
            Au lycée un prof nous avait raconté que lors d’un voyage en Chine il s’était retrouvé dans une région rurale où les gens venaient se prendre en photo avec lui car c’était la première fois qu’il voyait un occidental. Alors que si un bidonville avec que des occidentaux s’étaient installés à côté de leur village, ils auraient peut-être pris moins de photos.
            Le faible contre qui le fort doit être protégé selon Nietzsche c’est aussi le grégaire, l’homme moyen de la masse. Du coup haine du faible = haine pour le faible / et provenant du faible ? Finalement ça donne mal à la tête.

          • @Atom:

            Le faible contre qui le fort doit être protégé selon Nietzsche c’est aussi le grégaire, l’homme moyen de la masse

            tout à fait, c’est le faible de Nietzsche celui-ci, celui qui adhère aux valeurs déterminées par la masse sociale sans les remettre en question ( et ceci depuis des temps immémoriaux comme il dit ) ,sans se demander si par hasard cela ne serait pas un petit peu encombrant tout ça. Un peu de trop, un peu trop lourd, pour un seul homme.
            Ah mince on se re-renverse,
            l’homme qui ne peut tout porter serait donc un faible ?
            Mais non si on dit que les valeurs sont des soutiens pour les hommes faibles, les hommes forts n’en n’ont pas besoin,
            ou bien, mieux, on va dire que les valeurs sont les lests d’une montgolfière qui la maintient vers le sol, pour les hommes trop flipettes qui craignent l’altitude.
            Les faibles donc.
            Avec des métaphores je peux dire n’importe quoi.
            Hé ouais !

            Sur le sujet du racisme on va dire que si c’est un phénomène qui provient de l’instinct grégaire, naturel donc,
            moi je me demandais du coup ce qui faisait qu’on pouvait devenir non-raciste.
            Je me posais la question en observant ma fille.
            Je te pose la question.

          • Je crois qu’on na pas dit grand chose quand, on parle d’instinct grégaire ou de naturel.
            Le racisme est un affect plus sophistiqué que l’instinct naturel -qui pour les humains n’existe pas.
            La preuve, ta fille.

          • @Atom: pour en revenir à ta théorie, à l’empathie :

            Je pourrais avancer une hypothèse évolutionniste selon laquelle ce mécanisme de destruction d’empathie est apparue de manière à équilibrer avec l’empathie (qui sert à souder les groupes, à créer une culture si on pense aux neurones miroirs), à nous protéger des faibles qui appelant à l’aide risquaient de nous affaiblir individuellement et collectivement (les porteurs de maladie, les dépressifs pas assez vigoureux pour chasser la mammouth et qui augmentent le nombre de bouches à nourrir…), mais ce serait pas ce qu’il y a de plus convaincant dans ma théorie.

            je me disais que les malades les dépressifs on pouvait aussi s’en servir comme appât pour nourrir grassement le tigre à dents de sabre, qu’il nous foute la paix pendant qu’on chasse le mammouth.
            Non mais parce que y en a marre de se faire griffer les cuisses quand on court comme ça avec nos bâtons aiguisés,
            ça fait des trous dans la peau, ça fait nul.

            Mais sinon je me disais que le truc de ne pas s’occuper des plus faibles, de les exclure des groupes, pour que le groupe soit plus fort,
            était plutôt un truc de cour d’école non ?
            Un truc d’être humain encore pas bien évolué, encore primitif, pas bien expérimenté de la vie.
            On va dire moins de 8 ans d’âge mental.
            L’âge ou tu commences à être cap de traverser une route sans te faire shooter par une bagnole.

          • Et à la fois nous constatons que les enfants de 8 ans sont boursouflés de morale et d’altruisme, ne l’oublions pas.

          • @Atom: et puis bon si t’as le temps faudrait revenir sur cette notion de victime parce que c’est un sujet bien complexe,
            Le sujet portant le statut de victime pouvant aussi profiter de cette situation pour en tirer des bénéfices , plier le groupe à son bon vouloir,
            bref devenir le dominant de l’affaire,
            oui c’est vrai que les victimes nous emmerdent.

          • @anne-laure:
            Voilà que tu me compliques tout !
            Pour :

            de les exclure des groupes, pour que le groupe soit plus fort, était plutôt un truc de cour d’école non ?

            Je suis pas d’accord. Si on regarde la question des migrants on a bien la phrase de Rocard « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».
            Comment on devient non-raciste ? Je sais pas. Il est facile de se convaincre qu’étant donné que nous sommes tous des homo sapiens aucun groupe ethnique ne peut être supposé supérieur ou inférieur. Sinon on a aussi la compassion. Quelqu’un issu d’une minorité me vole mon portable, au lieu de dire « tous pareils », je comprends que c’est dû au maintien dans la pauvreté de groupe issu de l’immigration. Mais comme dit Nieztsche, l’homme raisonne par analogie, catégorise, fait des généralités. D’où un sentiment de peur qui accompagne parfois ceux chez qui la haine du faible est la plus prégnante, mais il semblerait qu’on ne puisse pas y échapper. D’une part à cause de ce que dit François sur la vitalité et d’autre part pensons aux anti-racistes qui se montrent eux aussi intolérants parfois plus que les racistes (c’est e qu’avance Clément Rosset sur les philosophes des Lumières qui étaient plus durs envers l’Eglise qu’elle envers ses ennemis). Sur les victimes qui cherchent à profiter de la situation, on voit qu’à chaque fois il est question pour un groupe d’étendre sa vision du monde à d’autres.
            J’ai l’impression d’avoir aligner que des généralités dans ce post. Donc je t’abandonne aux prises de ces raisonnements inextricables.

          • conaissais pas cette pensée de Rosset, évidemment très juste

          • @moi même:
            Il est évident que j’ai écris mon post pendant que François répondait et si je l’avais vu je me serais abstenu.

          • @Atom: ben c’est bien ce que je dis, Rocard : 6 ans d’âge mental,
            il a dû mourir à 10 ans, par là.

          • @françois: La preuve, ma fille.
            Peut-être parce que comme elle me disait un jour sur un ton de reproche : de toutes façons tu m’as même pas éduquée.
            Ce qu’elle ne capte pas c’est qu’il n’est pas innocent que je l’ai collée dans un collège de nègres.
            Par exemple.

          • @Atom:

            pensons aux anti-racistes qui se montrent eux aussi intolérants parfois plus que les racistes

            et puis attend parce que t’as encore plus fort que l’antiraciste, t’as le type qui ne supporte ni les racistes ni les antiracistes, je ne sais pas comment on appelle ça,
            on peut l’appeler mon fils.

          • @François:

            Cette haine du faible me parait un trait fatal de la vitalité. Et c’est bien en cela que Nietzsche disait qu’on ne défend jamais assez les forts contre les faibles.

            juste une question pour comprendre ce que tu veux dire, le mot fatal tu l’emploies là au sens d’inévitable ou au sens de nuisible (y compris pour eux) ?

            et si c’est au sens de nuisible, en quoi ?

          • au sens d’inévitable
            un trait attitré de la vitalité, aurais-je du dire
            on ne survit pas sans une certaine haine du faible, sans l’envie en tout cas que le faible le reste -parce que du coup je ne serai pas le prochain à mourir sur le radeau

          • @Atom:

            Mais comme dit Nieztsche, l’homme raisonne par analogie, catégorise, fait des généralités.

            ah je crois que c’est de ça dont parle le cheval de spinoza, faudrait que je retrouve.

          • @anne-laure: je ne sais pas si c’est à celui-là que tu fais référence avec ton cheval de Spinoza mais il y a un passage, repris d’ailleurs par Frédo dans son dernier livre, où il est question des traces du passage d’un cheval dans la terre qui évoquera à l’agriculteur le beau travail de labour de son cheval de trait et au soldat revenu de la guerre le mauvais souvenir de sa dernière campagne militaire où il était à cheval,

            un truc pour illustrer qu’un même objet -la trace- prend une réalité différente dans la tête de chacun en fonction de ce à quoi il l’associe. Fredo reprend cet exemple pour expliquer comment se construisent les ingenia chez les individus (par strates, plis)

          • du coup la notion de monde objectif prend un coup dans l’aile
            tout réel est AFFECTÉ
            à cet égard il n’y a pas de nature, la nature est un champ de forces, comme dit à peu Razmig, décidément très fort, dans l’entretien que tu as signalé hier -autrement plus intéressant que l’autre

          • @Atom: tiens je me disais, pour illustrer le truc des forts et des faibles, on peut piocher dans le bégaudivinisme, dans le moléculisme, on peut voir qui de léna ou de didier est le fort, la faible.

          • @juliette: ah oui le cheval dont tu parles se trouve à la scolie de la proposition XVIII de la deuxième partie ( de la nature et de l’origine de l’esprit ), sur le sujet de la mémoire,
            après t’as l’histoire du cheval ailé sur le sujet de l’imagination, je ne sais pas trop où,
            mais moi j’étais plutôt sur le cheval de la scolie I de la proposition XL de la même partie,
            je sais pas ce qu’il a comme problème avec les chevaux ce spino.

          • @juliette: je te file la copie-colle du wikisource :

            C’est par des causes semblables que se sont formées les notions qu’on nomme universelles ; par exemple, l’homme, le cheval, le chien, etc. Ainsi, il se produit à la fois dans le corps humain tant d’images d’hommes, que notre force imaginative, sans être épuisée entièrement, est pourtant affaiblie à ce point que l’âme humaine ne peut plus imaginer le nombre précis de ces images, ni les petites différences, de couleur, de grandeur, etc., qui distinguent chacune d’elles. Cela seul est distinctement imaginé qui est commun à toutes les images, en tant que le corps humain est affecté par elles ; et il en est ainsi, parce que ce dont le corps humain a été le plus affecté, c’est précisément ce qui est commun à toutes les images ; et c’est cela qu’on exprime par le mot homme, et qu’on affirme de tous les individus humains en nombre infini, le nombre déterminé des images échappant à l’imagination, comme nous l’avons déjà expliqué.— Maintenant, il faut remarquer que ces notions ne sont pas formées de la même façon par tout le monde ; elles varient pour chacun, suivant ce qui dans les images a le plus souvent affecté son corps, et suivant ce que l’âme imagine ou rappelle avec plus de facilité. Par exemple, ceux qui ont souvent contemplé avec admiration la stature de l’homme entendent sous le nom d’homme un animal à stature droite ; ceux qui ont été frappés d’un autre caractère se forment de l’homme en général une autre image ; c’est un animal capable de rire, un animal bipède sans plumes, un animal raisonnable, et chacun se forme ainsi, suivant la disposition de son corps, des images générales des choses. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que tant de controverses se soient élevées entre les philosophes qui ont voulu expliquer les choses naturelles par les seules images que nous nous en formons.

            qui ne parle pas spécialement des chevaux comme on peut le constater.

          • @juliette: c’est à dire que du coup le racisme je me demande si ce n’est pas surtout toujours ne jamais admettre que l’autre est un humain.
            Y rentre pas dans la case.
            Alors que le noir si.

          • @juliette: ( il a un problème avec les chiens aussi j’ai remarqué )

          • @françois:

            tout réel est AFFECTÉ

            mais ? vas-tu te calmer avec tes majuscules ?

          • PARDON

          • @François: d’accord, merci pour ta réponse, c’est j’imagine la raison pour laquelle Gerry 1/Matt Damon tue Gerry 2/Affleck dans le film de Van Sant alors qu’il pourrait se contenter de le laisser mourir et poursuivre en solitaire sa marche

            mais je ne comprends pas la suite: « Et c’est bien en cela que Nietzsche disait qu’on ne défend jamais assez les forts contre les faibles. »

            pourquoi et de quoi les défendre ? du danger de cette haine pour les faibles qui les conduit à l’occasion faire des conneries ?
            comme Gerry 1/Matt qui tuant son ami faible va aussi toute sa vie en porter la croix ?

          • Je n’aurais pas du mêler la phrase de Nietzsche à cette affaire, parce qu’en fait elle procède d’un autre angle de vue.
            Elle regarde plutot vers le ressentiment, qui est la jalousie développée par les faibles contre les forts, dont la vitalité est insupportable et sera bientôt lynchée. Ainsi la race des seigneurs est en danger, il faut la protéger.
            En somme on parle là d’un faible qui ne se contente pas de l’être mais demande des comptes

          • @anne-laure: merci pour l’extrait; il y est peu question du cheval mais je crois bien que dans sa seconde partie c’est la même idée du réel toujours affecté comme dit François,
            Spino l’illustre dans ton passage avec la stature de l’homme et ailleurs dans l’Ethique avec l’exemple du cheval.
            (tu as juste fait un déplacement métonymique on pourrait dire chez tes collègues, non ?)

          • @François: Ok merci.

          • Trop fort, la théorie de la détestation de la victime. Je te la pique Atom (j’ai vu vite fait que Terrence Malick faisait la couv de Sofilm, si ça t’intéresse). En passant, je découvre Razmig, je prends du cheval de Spinoza, et du fort à protéger du faible de Nietzsche. Il y a de quoi picorer par ici, merci à vous.

          • @françois:
            Pour revenir sur ce que disait Clément Rosset (je n’ai pas réussi malheureusement à retrouver le passages ni les livres – il l’a écrit par deux fois au début de sa carrière), si ma mémoire ni ma compréhension me font défaut ça allait assez loin.
            Il avançait que dans le futur des historiens (il prend ses précautions) en effectuant la généalogie des atrocités du XXème siècle remonteraient aux Lumières car ils ont étendu par humanisme le champ de l’intolérable. Pour l’Eglise, il ne dépendait pas de nous d’avoir la grâce ou non. Alors c’est vrai on brûlait les hérétiques, mais c’était plus pour des raisons politiques ou de pouvoir, après ceux-ci avaient affaire au Très Haut ; alors que pour les Lumières le choix de croire était rationnel donc on pouvait demander des comptes ici et maintenant et non renvoyer dans l’au-delà un jugement. Ce qui expliquerait la plus grande virulence présente à l’époque dans les textes des Lumières par rapport à ceux de l’Eglise. Rosset attaque aussi la notion de tolérance qui est une notion qui se définit que par son contraire l’intolérance dont il est difficile de fixer des limites (arbitrairement ? par l’opinion de la majorité).
            Voilà en gros ce qui me reste d’une lecture qui date de quelques années maintenant. J’espère ne pas l’avoir trop trahie.

          • Foucault dit des choses approchantes dans la Volonté de savoir. Le monarque a pouvoir de vie ou de mort, mais il n’administre pas la vie. Soit tu te plies à moi et je te laisse en vie, soit non et je te tue (et pour ton salut, vois avec Dieu). Mais je m’en fous de façonner ta vie. Le pouvoir post-monarchiste, dit démocratique et que je préfère appeler oligarchie élective, prétend régenter la vie. Biopouvoir.

          • à propos des AFFECTS, je vous donne le morceau de friedrich qui un peu plus me faisait pleurer :

            Toutes ces morales qui s’adressent aux individus pour faire leur « bonheur », comme on a l’habitude de dire, — que sont-elles d’autre, sinon des conseils de conduite, par rapport au degré de péril où l’individu vit avec lui-même ; des remèdes contre les passions de l’individu, contre ses bons et ses mauvais penchants, en tant que ces mauvais penchants possèdent la volonté de puissance et voudraient jouer au maître ; de petites et de grosses ruses ou des artifices qui gardent le relent des remèdes de bonne femme ; remèdes baroques et déraisonnables dans la forme, puisqu’ils s’adressent à tous, puisqu’ils généralisent là où il n’est pas permis de généraliser ; tous parlant d’une façon absolue, se prenant au sens absolu ; tous assaisonnés non seulement d’un grain de sel, mais rendus supportables seulement et quelquefois même séduisants lorsqu’ils sont trop épicés et qu’ils prennent une odeur dangereuse, une odeur de l’« autre monde » surtout. Tout cela, au point de vue intellectuel, ne vaut pas grand’-chose ; et c’est bien loin d’être de la « science », encore moins de la « sagesse ». Mais, pour le répéter encore et le répéter toujours, c’est de la sagacité, de la sagacité et encore de la sagacité, mêlée de bêtise, de bêtise et encore de bêtise, — qu’il s’agisse de cette indifférence, de cette froideur de marbre opposées à l’impétuosité folle des penchants que les stoïciens conseillaient et inoculaient comme remède ; ou bien de cet état sans rire ni larmes de Spinoza, de la destruction des passions par l’analyse et la vivisection que celui-ci préconisait si naïvement ; ou aussi de l’abaissement des passions à un niveau inoffensif où elles pourront être satisfaites, de l’aristotélisme dans la morale ; ou bien encore de la morale comme jouissance des passions volontairement spiritualisées et atténuées par le symbolisme de l’art, sous forme de musique par exemple, ou d’amour de Dieu et d’amour des hommes pour l’amour de Dieu, — car dans la religion les passions ont de nouveau droit de cité, à condition que… Enfin, qu’il s’agisse même de cet abandon volontaire aux passions, comme l’ont enseigné Hafiz et Gœthe, qui courageusement voulurent que l’on laissât aller la bride ; de cette licentia morum, spirituelle et corporelle, recommandée dans les cas exceptionnels de ces vieux originaux pleins de sagesse et d’ivresse, chez qui « les dangers ne sont plus guère à craindre ». Ce sera encore pour servir au chapitre de « la morale comme une forme de la timidité ».

          • @françois:
            Michel Foucault, j’ai pas encore eu le courage de m’y atteler, il quand même pas la réputation d’être le plus limpide des philosophes de la French Theory (même si j’ai lu le livre de Lagasnerie sur Foucault et le libéralisme).
            Avec tout ça on sauverait presque Ardisson qui se dit royaliste et libertaire (mais presque hein).

          • Honnêtement il me semble que Foucault est plus accessible que Deleuze, par exemple
            Et puis son style n’est jamais plus alambiqué que ce que requiert la complexité de l’analyse
            Lance-toi sans peur

      • @François Bégaudeau: on a constaté que Caroline Fourest n’y écrivait plus.

        • @Jérémy: Oui apparemment elle serait la prochaine éditorialiste de Valeurs actuelles-Causeur-le Figaro-la Montagne ça vous gagne (ils ont fusionné).

          • @Charles: la fusion me fait bien rire. J’ai vu la tronche d’Onfray dans Valeurs Actuelles, j’ai lu son interview en diagonale chez le buraliste du coin. Lui tente une synthèse entre Orwell, Proudhon et les Girondins. Lui aussi pourrait écrire avec Fourest.

          • @Charles: Je ne sais pas si tu as vu ce sommet de télé qu’est le commentaire des élections présidentielles par Onfray et Finkie en duo sur France 2. 50 nuances de réac, magnifique.

          • oui j’ai vu
            aucun désaccord

          • @Charles: j’ai lu des morceaux choisis façon punchline dans « Valeurs actuelles » (toujours chez le buraliste). Sinon, ça devait être émouvant. Ils se sont accouplés à la fin ?

          • @Charles: Onfray a défendu la common decency du bar de son village, je sais plus où. Récemment. En commentant les élections dans 140 médias+le sien.

          • @Jérémy: J’ai tenu 5 minutes.

          • @Charles: c’est déjà bien.

          • pas besoin de tout ça, elle est déjà à Marianne

          • Les amis, si on partait tous ensemble en vacances ?
            https://pbs.twimg.com/media/DBA7mO6XYAADPNB.jpg:large
            Laissons tomber nos vies misérables et partons au large !

          • Où est passé Onfray?

          • @Billy: pas tous en une fois. Lecture de Lipovestsky conseillée avant de partir.

          • @Billy: Lipovetsky

          • @Jérémy: Lipovetsky ? Ah je connaissais pas. Que dire… T’as vu ? Il est chevalier de la légion d’honneur. Voilà.

          • @Billy: Lipovetsky a dénoncé dans « L’ère du vide » l’individualisme post-moderne qui est la cause de tous nos maux. C’est la liquidation de la séquence 68-80. Deux ans après Lipo, Ferry et Renaut parachevaient le massacre. Entre autres intellectuels. Milner avec l’école sifflait la fin de la récré, etc. Années 80 de merde.

            Il a eu la légion d’honneur ? Bah oui, normal, toute son écriture la réclamait.

          • Merci pour l’historique. J’avais wikipédé le mec et vite compris le principe.
            Sois quand même pas trop sévère avec les 80´s. Il y a eu when the rain beguins to fall et girls just want to have fun. Tu peux pas tout balayer d’un revers de main, Alain Renaut et you make me feel mighty real.
            Bon, si je lis entre tes lignes, t’es super chaud pour la croisière ! On va passer des supers vacances, jsuis trop contente !

            Après vérification « you make me feel  » c’est 78. Disons flashdance alors.

          • il y eut surtout cet événement, que l’humanité mit trente ans à assimiler tant il était d’avant-garde
            https://www.youtube.com/watch?v=AfeAhCWaMD0

          • @Billy: avant de se désoler rétrospectivement sur ce que la séquence 80’s solda, il est bon de se souvenir qu’on a d’abord été des oreilles. Ouais, donc retenir Pia et Germaine, Cindy Lauper je peux pas. Et je préfère G. Kranz à Flashdance. Falco, aussi. Pas le père Di.

          • @François: je suis bluffé. Le ringard, c’est mon domaine, pourtant.

          • @François: la comparaison « comme un accord yougoslave auquel on aurait cruellement interdit l’entrée de la Belle Ferronnière », c’est immense.

          • Mais oui ! On a beau connaître, chaque fois qu’on se retrouve face à la bamba triste c’est un choc esthétique. Jérémy, c’est pas ringard, c’est au-delà du beau.

          • @Billy: disons qu’il s’agit d’un cas qui interroge. Bon, pote à Sardou et Hallyday. N’oublions pas.

          • Pote à Sardou et Johnny? Ah ok. Puis dans le clip, on voit qu’il fait de la gonflette, ce qui rajoute plusieurs points de beaufité. Mais bon. Le génie n’a pas besoin du bon goût.
            (Quand t’as pas d’argument, balance une belle grosse généralité avec panache. En plus c’est vrai que je crois pas au bon goût.)

          • je vais plus loin que vous, madame Billy : le génie se fabrique contre le bon gout

          • Ça va loin, effectivement monsieur François, j’en suis ébahie ! Ébahie mais pas d’accord. Se définir contre le bon goût, c’est encore se définir par rapport au bon goût. Le génie est plus libre que ça. (Toi aussi parle d’art sans citer aucune œuvre. Enfin à part la bamba triste.)

          • « contre » n’est effectivement pas juste
            en marge de, à coté, seraient meilleurs

          • Yep, ça je signe (même si je préférais ma formulation initiale).
            Pierre Billon nous aura emmenés assez loin conceptuellement quand même.

      • Ah, ah, ah, je découvre peu à peu ce site très foisonnant. Cinéphilie, féminisme et sodomie, à priori je ne vois pas ce que la sodomie vient faire là dedans (pardon…) Qu’est à dire ? Une féministe, rétive ne se « laisse pas faire ni prendre par derrière », par ce qu’elle pense que c’est soumission, aliénation ? Ou alors, elle s’y adonne en toute liberté et sensualité à l’inverse d’une bourgeoise « coincée » qui n’accepte le « chevauchement » qu’une fois par mois, à la missionnaire et dans le noir ? Je m’interroge, vu qu’il y a autant de sexualités que d’individus…

      • Ah, ah, ah, je découvre peu à peu ce site très foisonnant. Cinéphilie, féminisme et sodomie, à priori je ne vois pas ce que la sodomie vient faire là dedans (pardon…) Qu’est à dire ? Une féministe, rétive ne se « laisse pas faire ni prendre par derrière », par ce qu’elle pense que c’est soumission, aliénation ? Ou alors, elle s’y adonne en toute liberté et sensualité à l’inverse d’une bourgeoise « coincée » qui n’accepte le « chevauchement » qu’une fois par mois, à la missionnaire et dans le noir ? Je m’interroge, vu qu’il y a autant de sexualités que d’individus…Mais c’était peut-être de l’humour de la part de notre hôte, petite nouvelle, je n’y suis pas encore habituée…

        • @stephanieDLC: Oh bah je ne saurais répondre à tes questionnements sur la sodomie vu que je ne pratique le sexe qu’avec mon cerveau.
          Pour tout te dire je ne sais même pas où situer mon anus.
          Sous le bras gauche ?
          ah bah non
          ah bah je sais pas.

          Laissons faire les spécialistes.

          • @anne-laure, si tels sont ta pratique et ton plaisir, un brainsex, why not 🙂 je n’estime pas qu’il y aurait des spécialistes du sexe en la matière (bien qu’en fait, j’avais lu des trucs sur des couples allant consulté un sexologue car « ils ne savaient pas faire… »

        • @stephanieDLC: ah tiens ?
          heeuuuu
          ah bah non ça c’est mon nombril

        • @stephanieDLC: ah ! j’ai trouvé ! on peut mettre des choses dedans regarde !

          ah merde c’est ma chatte en fait.
          bon.

          • @anne-laure: on voit ceux qui séchaient les cours d’anatomie en école d’inf’

          • @anne-laure: méfie-toi, t’as mis Transfuge.

          • @anne-laure : ah, ah, ah 😉

          • @anne-laure: Bon, je ne sais pas @anne-laure et @jérémy, comment faire apparaître vos prénoms « en turquoise » je suis meilleure en conseils sex, sex, sex qu’en nouvelles technologies (je rappelle que je suis prof de bio) : alors Anne-Laure, puisque ta chatte tu as trouvé, concombre+badigeonée d’huile d’olive pressée à froid, pleine d’acides gras oméga 6 et oméga 3 tu y mettras pour ton plus grand plaisir. Evite le dernier numéro de Transfuge, y’a p’être des articles qui t’ont bien plu et que tu voudras relire dans quelques mois, et par respect pour notre hôte. Surtout que, même si roulé serré, détail que jérémy avait oublié de mentionner, ta muqueuse vaginale n’aurait pas apprécié le papier (rêche, quand même)…concombre bio évidemment, bonne nuit 😉

          • ce site va enfin devenir utile

          • @stephanieDLC: Ooooh bah tu sais, depuis qu’on m’a fait le coup par surprise en pleine nuit du concombre glacé qui sortait du frigo je m’en méfie bien,
            du concombre.
            Chatte glacée craint le concombre,
            comme on dit.

        • Pour accueillir les nouveaux sitistes je tends quelques pièges -comme un Comanche
          Le texte parle assez peu de sodomie. Titre en partie apocryphe -aux deux tiers.

          • @François Bégaudeau: Merci de m’acueillir les amis 😉 je sens qu’on va bien s’amuser ! Par contre je risque de tomber très souvent dans les pièges rendus, on me dit (et je sais être) crédule, candide, trop enthousiaste, spontanée et enflammée…

          • on va te faire une souffre-douleur, ca manquait à l’équilibre de la communauté

          • on va faire de toi une souffre-douleur, voulais-je écrire

          • @stephanieDLC: attention, communauté foucaldienne : ici, aucun pouvoir ne doit s’exercer sur la quelconque foi d’une identification consentie.

          • C’est à dire ? Le bondage, on peut ou pas ?
            Le rôle de bouc-émissaire de Stéphanie me semble nécessaire pour le groupe. Pense à René Girard. Il est à fond pour le bondage, René Girard.

          • @François Bégaudeau: Mon cher Jérémy, je crois que c’est trop tard 😉 vous ferez de moi ce que vous voulez…

          • @jérémy:

            communauté foucaldienne : ici, aucun pouvoir ne doit s’exercer sur la quelconque foi d’une identification consentie.

            tu peux traduire ?
            comprends rien.

          • @stephanie DLC: Grâce à toi, en ouvrant ton lien bondage, j’ai découvert cette sympathique Chatrounette née à Berlin. Connaissais pas ce truc, continue comme ça.
            http://www.konbini.com/fr/tendances-2/berlin-grande-chaine-amitie-nue/

          • @Anne-Laure: pas envie, la flemme

          • @jérémy: ah bah bravo

      • @François Bégaudeau: Bellanger le plus réactionnaire des écrivains de sa génération , rien que ça, impatiente de lire.

        • du coup je découvre ce titre que je n’avais pas vu
          et qui trahit bien sur la teneur de mon texte

          • Hâte de lire ça. J’aurais parié 3 tickets-restos que c’était pas ton titre, que tu ne pouvais pas écrire une formule foireuse comme « le plus …. de sa génération » sauf de façon ironique et encore.

          • le titre du texte est « Un shot de Réaction »
            ce qui me semble un poil plus intéressant

          • @François Bégaudeau: on se doutait bien que le titre n’était pas de toi.

          • @François Bégaudeau: on se doutait bien que le titre n’était pas de toi.

          • @François Bégaudeau: Titre qui vise plus le texte ou Alexandre Belgrand, que l’auteur, contrairement au titre de la couv. Je guette la sortie de ce numéro, je ne pense plus à rien d’autre.

    • par ailleurs je rencontre Bellanger à Toulouse
      il est censé intervenir sur mon docu, dont à mon avis il va se contrefoutre

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