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41 792 Commentaires

  1. et puis n’oublions pas certaine comique Murielle Joudet, auteure dans Le Monde du cosmique ´à la sauce mayennaise´ qu’on propose de traduire Kentucky County Salad Sauce pour nos amis sitistes dans l’brexit

  2. @Juliette
    la baguette magique m’a dit pour le ‘N’importe qui’ :
    pages 177/178 – 182 – 195 à 198 – 205 à 211

  3. Sans autre récompense qu’une estime aussi anonyme que sexuelle, sauras-tu trouver le point commun entre Doria Tillier et mon chouchou Adib Truc des Like moi?

    • @François Begaudeau: dis Dieu, je peux être modératrice sur ton site?

      Montre voir la fiche de poste steup, je sens que j’ai l’profil

    • @François Begaudeau: et on attend la photo de ta dédicace de Nabilla

      • elle m’a snobé cette pute

        • @François Bégaudeau: moi j’aime bien Nabilla

        • @François Bégaudeau: moi j’aime bien Nabilla

          • je suis désolé, je suis en mode Albert de Monaco, aujourd’hui

          • All our loving to Nabilla of course

          • @Nig: yep

          • @Jérémy: veux bien ce texte de Foucault a/s Oedipe Roi (te réponds ici parce qu’ailleurs ça marche pas)

          • d’un coup on s’dit qu’c’est l’espace et l’moment d’placer l’hommage aux p’tits seins de Korine Côté
            pour les seins batailles d’hippopotame https://www.youtube.com/watch?v=GwU_uBxEFsw

            Le décor de c’gala filera un avc à tous les psytrucs de c’monde
            tchin à eux

          • l’hommage aux p’tits seins de Korine Côté VS les seins batailles d’hippopotame on voulait dire

          • @Belette: tiens, http://1libertaire.free.fr/MFoucault194.html. Il faut sélectionner le passage sur Oedipe. Désolé, c’est touffu. Lecture géniale qui associe pouvoir et savoir, qui tourne le dos à la lecture freudienne du mythe. Et la dissociation entre la vérité sous la forme de la prescription et la vérité sous la forme de l’actualisation (par les témoignages), dans la recherche du meurtrier, c’est vraiment ça. Ce discours que ne veut pas entendre Oedipe, qu’il émane d’Apollon ou d’un berger et dont il assure la jonction, malgré lui, en enquêtant lui-même sur les faits, parce qu’il est obsédé par sa capacité à « savoir » et qu’il est obsédé par sa volonté de garder le « pouvoir ». J’aime justement l’idée que cet Oedipe-là ne soit pas ignorant, alors que la majorité des lectures de la pièce le présentent ainsi. Et justement, la tragédie d’Oedipe, Foucault l’articule très bien à un orgueil démesuré de celui qui, fort du pouvoir qu’il a acquis par le savoir -et qu’il ne cesse de rappeler dans la pièce, en effet-, va justement périr par ce qu’il croit être un don, qui le place au-dessus des autres.

          • @Belette: tiens, http://1libertaire.free.fr/MFoucault194.html. Il faut sélectionner le passage sur Oedipe. Désolé, c’est touffu. Lecture géniale qui associe pouvoir et savoir, qui tourne le dos à la lecture freudienne du mythe. Et la dissociation entre la vérité sous la forme de la prescription et la vérité sous la forme de l’actualisation (par les témoignages), dans la recherche du meurtrier, c’est vraiment ça. Ce discours que ne veut pas entendre Oedipe, qu’il émane d’Apollon ou d’un berger et dont il assure la jonction, malgré lui, en enquêtant lui-même sur les faits, parce qu’il est obsédé par sa capacité à « savoir » et qu’il est obsédé par sa volonté de garder le « pouvoir ». J’aime l’idée que cet Oedipe-là ne soit pas ignorant, alors que la majorité des lectures de la pièce le présentent ainsi. Et justement, la tragédie d’Oedipe, Foucault l’articule très bien à un orgueil démesuré de celui qui, fort du pouvoir qu’il a acquis par le savoir -et qu’il ne cesse de rappeler dans la pièce, en effet-, va justement périr par ce qu’il croit être un don, qui le place au-dessus des autres.

          • @Belette: désolé, encore un doublon. Demain, j’arrête.

          • @Jérémy: 1ère fois que je rencontre la notion d’orthopédie sociale ; me fait beaucoup de bien Foucault ; peut-être que la perception du monde sans la connaissance s’appelle la présence, un truc dans le genre ; texte qui va m’occuper un moment ; mille fois merci

          • @Jérémy: ses textes, ses conférences sont pour moi émancipateurs ; ils me décalent, me placent ailleurs ; ça marche à tous les coups

        • @François Bégaudeau: la pute, m’avait promis-juré de s’occuper d’toi comme j’allais pas sur Livre Paris
          Pas même un La Politesse mon Q ou un ti bécot sur la tige alors qu’elle est élue pin-up du site depuis 2 ans et 22 jours?
          Sacrée Nabilla

          • elle lit moins qu’avant

          • quand Nabilla saura qu’on peut trouver quelques molécules de sa technique du couteau adaptée au cutter dans ton dernier, la douce flatterie pourrait la ramener au canapé

    • Vous connaissez cette discussion entre comiques sur le comique ?
      https://youtu.be/XiZwlltsJ8c
      ça brasse plein de questions : Comment t’écris un spectacle ? Comment tu coupes tes vannes ? Les différentes façons de jouer la même vanne, le rythme, la colère, les rappels. Ça parle boulot. On voit que Seinfeld n’est plus dans le game, que Louis CK est bel et bien là.

      Nig, toi qui cherches des stand-uppers, tu connais peut-être déjà mon idole, Louis CK ?
      https://www.youtube.com/watch?v=jyyIzMv2gBE
      Comme par hasard, il a réalisé la meilleure série du monde « Louie » (qui a pourtant une structure bien basique à la « Seinfeld » : une séquence vie / une séquence stand-up.)

      Comme ça fait snob de ne citer que des comiques américains, j’aime beaucoup Blanche Gardin :
      https://www.youtube.com/watch?v=LYOKz6rtqQw
      Elle joue parfois trop le côté Droopy mais elle reste très très forte.

      • @Billy: Pas en France qu’on aurait ce genre de discussion (entre Jamel et Elmaleh par exemple).

        Dire qu’on aime les standuppers ricains est effectivement très snob -j’ai d’ailleurs essayé de convaincre les sitistes en postant moult sketchs de Louis CK, sans succès – mais faut quand même avouer qu’ils sont souvent bien plus drôles et grinçants.

        Ceci dit, y a une nouvelle génération de standuppers français intéressante, parmi lesquels figurent Haroun et Fary que j’aime bien.

        • @Charles:

          j’ai d’ailleurs essayé de convaincre les sitistes en postant moult sketchs de Louis CK, sans succès>

          on te mérite pas

          (ça date de quand au fait ces vaines tentatives ?)

          • @Juliette B: 2 ans, facile.

          • @Charles: ouf

        • grande puissance de contagion de la calimérite dans la région

          Les anciens s’en souviennent très bien de ce partage et le score d’attention et de participation était pas si dég

        • Mais voilà Charles, on est snobs. Excusez-nous d’avoir du goût hein.
          Tu leur as aussi parlé de Lena Dunham et d’Apatow à ces rustres ?
          J’adore Fary aussi, brillant. Haroun a un personnage et un flow atypiques bien marrants, mais ses textes sont pas toujours fous. Je suis pas encore tout à fait convaincue mais il m’intéresse.

          Pour la question de Nig sur les bonnes femmes qui gueulent, j’ai l’impression que le stand-up est une démonstration de puissance. Homme ou femme, il faut être sacrément doué, sacrément sûr de sa puissance pour habiter seul la scène sans gueuler. J’en conclus une règle un peu abruptement : les stand-uppers qui gueulent sont des quiches.

          Foresti ne gueule pas spécialement non, ça dépend de l’énervement de son personnage « Les mamans calmes elles crient jamais elle courent jamais. Putain moi c’est mes deux grands piliers de l’éducation Crier Courir ». Valérie Lemercier, Chantal Lauby, Marina Foïs (Arrêtez de regarder mes fesses), ou Blanche Gardin ne gueule pas.

          Les quiches qui gueulent : Vigneaux, Anne Roumanoff. (Dérogation pour Robin qui gueulait mais à l’époque où elle est arrivée, je crois que c’était le seul moyen de se faire entendre.) Pareil côté mec : Guillon et Bigard gueulent. Pas Gad Elmaleh.

          Nig, t’as raison, Blanche Gardin et Marina Fois sont cousines de gaucherie. Blanche en rajoute dans son rôle de célibataire engoncée dans sa robe de lady. Elle met aussi des colliers « comme ça, quitte à pas baiser, au moins, je fais femme de lettres ».

          Je te confirme qu’aimer l’humour québécois c’est pas snob, c’est assez courageux même.

          • @Billy: Non, je peux pas encadrer Dunham. Un que j’aime beaucoup, c’est Carlin, malheureusement décédé il y a quelques temps.

            Très populaire aux US bien que très virulent : https://www.youtube.com/watch?v=qxsQ7jJJcEA

            Aucun équivalent en France, où les humoristes politiques sont toujours timorés et collés à l’actualité.

          • bientôt la saison des colliers de nouilles youpi

          • Une courageuse standupeuse qu’à trouvé l’astuce de faire gueuler tout le monde avec elle: Nabila Ben Youssef https://m.youtube.com/watch?v=2Woc_2XRPLM

      • C’est le complexe du corn Flakes dès le matin ça me vexe oui et je ne dirais pas qu’aimer l’humour quebecquois n’est pas snob car crois bien qu’on s’en fout

        en post troc un extrait grave – toujours pas encore vu mais j’y pense ne serait-ce que pour y profiter de Rabah – du Trouble Every Day de Claire Denis https://m.youtube.com/watch?v=QLonTQUtb6U

      • à propos de techniques en humour, remarqué par exemple être rarement d’emblée dérangée par l’agitation, l’abondance redondante, les cris http://likemoi.telequebec.tv/episodes/18-episode-18/sketchs/1-le-chum-5-les-textos
        et quand on y pense, à part peut-être la bourgeoise patronne Sylvie Joly, la comique femme é gueule mais qu’est-ce qué gueule en général, Krief é gueule, Foresti é gueule, Vigneaux é gueule, les sœurs Lamy é gueulent, Robin é gueule,
        quant à la redondance, l’absence d’ellipse, peu choisissent un rythme d’écriture et de jeu qui dit pas tout
        ou alors elle l’accompagne d’une gestuelle-coaching type index qui tourne selon la mécanique de refléchissement du cerveau et le temps pris pour comprendre – dont on rit ensemble – est utilisé, mis en scène, integré dans le corps du sketch

      • marrant comme Blanche Gardin me ramène direct à Foïs dis donc
        avec la sorte de même allure gauche si bien jouée

        + mille milliards de remerciements pour le sketch de la cour de récré, je crois que Louis CK sévit dans la cour où il arrive aussi qu’on s’en branle sévère au soleil

      • r’gardez par ici les Like moi qui éprouvent le stand up http://likemoi.telequebec.tv/episodes/22-episode-22/sketchs/3-stand-up

        Fan aussi de leur traitement des relations de couple par le focus psychothérapeutes de
        – par exemple, on peut faire connaissance de Noémie et Yannick qui sont en train de réapprovisionner leur intimité dans un lieu où il est possible d’exprimer sa pensée ou ia pas d’jug’ment

        http://likemoi.telequebec.tv/episodes/13-episode-13/sketchs/2-spiderman

        http://likemoi.telequebec.tv/episodes/22-episode-22/sketchs/2-therapeute-porn

  4. RIP à princesse Leia ainsi qu’à tous ceux qui vont nous quitter en https://m.youtube.com/watch?v=CBI9Q_9_CAk

    • Enfin qqn qu’a vu le biopic sur Dalida https://m.youtube.com/watch?v=PxgeP1mDh0s

      • c’est mieux non?

        • Leur écriture bien technique a rien à envier à certains sketchs des Like moi en effet https://m.youtube.com/watch?v=sv4CX1vxIQI

          TVDB et MM youtubisent le duo burlesque, merci à eux pour ça,
          cohabitant avec ma gueule depuis 1/2 siècle maintenant, je constate factuellement aimer aussi l’humour de bandes, chacun y a comme une place figée tout autant cependant le multiple fait plus tourbillonner le truc, installe la tempête en moi comme un ouragan qui emporte mieux encore l’intensité de mon désir
          – as-tu souvenir d’une vignette où le nigaud de leur duo garderait la main plus longtemps encore qu’une minute 12? (j’aime l’intérêt non feint que montre le meneur-présentateur du duo à chaque début de court ici jusqu’au moment où la machine à voter retourne à sa fonction grille pain)

        • Trouvé une non deux pastilles où le nigaud du duo garde comme la main plus longtemps tiens: dans celle intitulée ´félicitent Valls d’avoir évité une 2e ´ https://m.youtube.com/watch?v=MNxqJReLc7U
          et dans celle du déguisement https://m.youtube.com/watch?v=Ouc5pjjV9Ao
          ça m’a pas déplu cette rare petite gloire même si on ne peut s’empêcher d’imaginer le pire une fois la cam en off et que l’espèce d’agacement comme fataliste du perso de Madénian s’impatiente de reprendre la parole à chaque intervention de son binôme
          – pas sans ramener aux placements d’Eric & Ramzy et leur paper board -> plaisir

  5. et pendant ce temps-là qu’est-ce qu’il fait Geoffroy ? https://www.facebook.com/Geoffroy-de-Lagasnerie-419468554743866/

    • Il cartonne ! Passionnant ce qu’il dit sur la détention d’Antonin. J’y retrouve un peu de « juger » évidemment, et aussi de « l’art de la révolte » avec l’envie de foutre au feu la conception sacrificielle de l’engagement politique.

    • @Juliette B: Tu sais où se déroule cette réunion, l’intitulé de cette intervention ? je suppose que le public n’est pas composé des soutiens d’Antonin que je suppose être Bernanos ? Ce serait difficile à entendre pour eux sauf s’ils ont auparavant lu et compris le point de vu de GdL.

      • @Cat: oui, c’était le 2 mars à l’Université de Nanterre lors d’une journée de soutien à Antonin Bernanos qui est étudiant en sociologie là-bas. Sa lettre de détention y a été lue en préambule (je n’y étais pas mais c’est ce que je l’ai lu par ailleurs).
        Le public était donc très acquis à la cause d’Antonin, mais pas nécessairement sur des bases aussi radicales que celles de GDL. Tu as vu comme il est nerveux ? Courageux.

        GDL met ça en introduction de sa video sur sa page facebbok :

        Antonin est étudiant en sociologie à Nanterre. Il est en détention provisoire depuis le 2 juin 2016. Il est accusé d’avoir participé, avec 3 autres personnes dont son frère Angel, à la dégradation d’une voiture de police, quai de Valmy, lors d’une manifestation contre les violences policières au moment du mouvement social contre la loi travail au printemps 2016. Pour ces faits, qu’il nie, il est mis en examen pour des charges extravagantes.
        Dans l’intervention filmée ici, j’essaie de montrer en quoi ce qui arrive à Antonin et le scandale que cela représente doivent nous amener à affronter radicalement la logique de l’Etat pénal.
        Il manque le tout début de mon intervention. Je commençais en expliquant que, selon moi, il ne faut pas comprendre ce qui arrive à Antonin comme quelque chose d’exceptionnel, qui manifesterait une tactique de répression politique destinée à briser le mouvement social, etc. Ce qui arrive à Antonin c’est le déroulement normal de l’Etat pénal dans son fonctionnement quotidien.
        L’impression selon laquelle la repression qui s’est déroulée au moment des manifestations contre la Loi travail a été « exceptionnelle » est à bien des égards seulement une conséquence du fait que, à ce moment là, l’Etat pénal s’est abattu sur des populations qui n’étaient pas habituées à lui – des populations blanches, bourgeoises, parisiennes… – et qui par conséquent ne connaissaient pas la réalité ordinaire de l’ordre pénal.
        La vidéo commence à ce moment là, et je parle ensuite, à partir du cas d’Antonin, de la violence de système du jugement, de la sociologie, de l’Affaire Traoré, de la logique de la repression…
        La fin de mon intervention porte sur les modes de l’action politique.

        Une conférence de presse aura lieu lundi 27 Mars à 11h au siège de la Ligue des Droits de l’Homme pour dénoncer la longueur de sa détention provisoire. Une décision sur sa détention provisoire doit intervenir mardi. On peut se reporter à la page facebook Libérons Antonin pour suivre les informations.

        • @Juliette B: Nerveux c’est peu dire, c’est presque insoutenable de le regarder s’agiter sur sa chaise. Il lui manque un truc démocratique à GdL, qui le relierait direct aux gens sans qu’il ait besoin de courage comme tu dis.
          Qu’il essaie de montrer en quoi ce qui arrive à Antonin et le scandale que cela représente doivent nous amener à affronter radicalement la logique de l’Etat pénal. ne devrait pas occulter selon moi la criminalisation des mouvements sociaux qui est particulièrement à l’oeuvre par l’usage de violences policières dans les manifs quand elles ne sont pas appelées par des institutions (syndicats, partis). Mais le 19 mars, que Gdl se rassure, la marche contre les violences policières rassemblait aussi bien les blessés des manifs que les blessés des cités et les familles des victimes. Sauf je crois les indigènes de la république qui font bande à part.

          • @Cat: certes mais le public auquel il s’adresse là a tendance précisément à ne retenir que ce que tu demandes à juste titre de ne pas occulter;
            c’est un public qui ne s’indigne pas de la violence ordinaire et quotidienne des prétoires, mais qui « se mobilise » quand cette même violence s’abat scandaleusement sur ses étudiants ou ses enfants (je viens de voir ça de près avec une collègue dont le fils a été interpellé lors des récentes manifs lycéennes et qui découvre à cette occasion la lune).

            S’agissant de la nervosité de GDL, je l’interprète (sauvagement) comme liée au lieu – l’université – et au fait que venant en ces lieux il décide contre toute attente pour ses invitants de ne pas faire copain copain sur un sujet consensuel mais d’appuyer là ou ça fait mal: pourquoi dénoncer sur le mode de l’exception scandaleuse cette détention ?

            Par ailleurs ce stress lui tombe dessus sans prévenir et il le dit avec simplicité tout en décidant d’aller au bout de son propos, ce que je trouve assez émouvant.

            (Le 19 mars la famille Traoré n’y était pas, je me suis demandé pourquoi et j’imagine que la réponse est dans ta dernière phrase.)

        • @Juliette B: mais le public auquel il s’adresse là a tendance précisément à ne retenir que ce que tu demandes à juste titre de ne pas occulter ah bon ? je ne crois pas que ce soit aussi tranché. Je crois que GdL a son cadre de référence comme on dit parfois ici, un cadre large qui est l’Etat pénal, qu’il questionne, et que son public n’ignore pas. A l’intérieur de ce cadre, il y a un autre cadre de référence qui est celui de son public, le cadre des luttes sociales et des violences policières, un cadre plus étroit et plus sensible et que GdL ne connait pas d’aussi près que son public. Comme le cadre de référence de GdL est plus large, plus global, il doit penser qu’il faut d’abord questionner le sien et le cadre plus étroit s’effondrera de lui-même.
          Il faudrait que chacun se balade avec un libre cadre de référence et que des interlocuteurs puissent poser les cadres autour d’un même questionnement pour gagner du temps et de l’intelligibilité. Quand deux cadres sont posés à des endroits différents ça rend nerveux.

          • @Cat: oui c’est moins tranché. mais sur ce que tu ajoutes, il me semble qu’avant que GDL prenne la parole les autres ont longuement exposé le cas précis d’Antonin, lu sa lettre, fait le point sur sa situation judiciaire et pu, autant qu’ils le souhaitaient élargir le débat en évoquant la criminalisation dont tu parles.

            GDL arrive derrière avec l’intention explicite de faire péter ce cadre, pas de dialoguer c’est un fait ;
            a-t-il tort ? est-ce que tu dis qu’il a tort de faire comme ça, de créer ce malaise au risque de passer pour un donneur de leçons avec sa position de surplomb ?

            je ne sais, mais je t’avoue que je suis lasse de lire jour après jour le détail de ces affaires, ces histoires individuelles tragiques dont je n’ai plus le besoin, ni l’envie ça me fait pleurer, de connaître le détail parce que je suis déjà convaincue qu’un grand théâtre de faux-semblants se joue sur la scène policière et judiciaire pour faire régner l’ordre.

            plutôt que ces colloques de soutien, ces marches, ses pétitions dont je désespère de voir qu’elles n’ébranlent rien, sa parole à lui me fait penser ce théâtre de façon plus frontale, elle fait tomber le rideau et clarifie mon envie de voir brûler ses planches. je me dis que c’est peut-être pareil pour d’autres et c’est pas rien.

          • @Maintenance Nuisance: à propos de cadres, on dirait bien que ça rebubugue sur l’action n’envoyer’ / retour à la page précédente,
            Le risque? Qu’on se prenne tous pour Albert de Monac
            A vous d’voir

          • @Maintenance Nuisance: ça a l’air de remarcher à la normale
            quoique

        • @Juliette B: Même lassitude que toi doublée d’une allergie à la victimisation et, pour reprendre Billy, à la conception sacrificielle de l’engagement politique. Mais mes amis sont là.

          Je te raconte rapidement.
          En 2007 le fils d’amis proches, militants libertaires bien connus sur la place nantaise, se fait éborgner par un tir de flashball, il a seize ans. Après des années de procédure et de documentation et d’acharnement du groupe de travail réunit autour de l’affaire (cinq personnes en parallèle d’un comité de soutien plus classique qui organise les pétitions, marches de soutien), un procès a lieu en 2012 et c’est déjà une victoire que l’affaire ne soit pas classée. La relaxe du policier est prononcée, l’appel en 2013 ne change pas le jugement bien que la légitime défense ne soit pas retenue : le policier a obéit aux ordres, le policier est jugé coupable mais aucune sanction n’est requise.
          A ce moment-là, le fils de nos amis a 22 ans, il vit cela comme une profonde injustice même si la culpabilité du tireur est retenue. Je dirais que c’est là que ça se joue, le moment est crucial. On est peu nombreux à oser dire très explicitement qu’on arrête les frais, à prédire que l’acharnement sera un piège et se retournera contre nous et surtout contre lui, pas seulement directement dans ses rapports avec la police mais aussi à plus long terme, on pose la question de ce statut de victime. Je défends quant à moi la politique du doigt d’honneur face à un verdict jugé provocateur, je raisonne binaire, mort/vie. Pas assez convaincante. On reste amis mais sur ce sujet nos routes se séparent, on lui remet les clés du blog créé par le groupe de travail il y a maintenant dix ans.
          http://27novembre2007.blogspot.fr

          Je ne sais pas si GdL a tort de vouloir exploser le cadre. Il connait ces situations, il mesure les affects qui sont en jeu, et son public a aussi réfléchi au discours qu’il porte. On peut créer du conflit, de la tension, sans pour autant provoquer une hostilité durable à condition de faire émerger une base commune, et si tel est le but, je ne vois pas ce qui peut remplacer le dialogue. Le seul fait que GdL participe à cette réunion suffit-il à prouver qu’il y est ouvert ?

          • @Juliette: orthographe de merde, c’est trop, je vous dois des excuses

          • @Cat: oui on est juste dans ce moment-là s’agissant de GDL, dans l’interrogation que tu poses et que je partage.
            c’est rude, la vie est rude.
            merci pour ton récit, je crois que je t’aurais suivie dans ce moment crucial mais qui sait ?

          • @Juliette: Je retiens le passage où il cite Thierry Lévy, son humour très pertinent. A mi-parcours.

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