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42 910 Commentaires

  1. Sur le second tour qui semble passionner tout le monde, y a aussi l’émission d’arrêt sur image avec Todd et Tonneau. Je vous mets pas le lien, vous êtes grands.

    • @lieutenant nig:
      En espérant que cette fois les scénaristes ne kidnappent pas George Clooney. Ave Lieutenant Nig !

      (J’ai failli écrire que charlatan sa réponse sur la poésie, et n’est pas le seul. Heureusement que je me suis abstenu).

      • @Atom: euh ave carambar atomic pourquoi elle dit ça on sait pas fais pas trop gaffe à elle

        en même temps libérer Clooney pour le voir boire du café sais pas trop

        – mis quelques secondes seulement car suis grave réactive du bulbe mais quelques secondes quand même à rapporter ton charlatan au post du collègue sitiste sur la poésie, post dont la rédaction chargée d’ironie il semble un peu le plaçait à la fois dans les suceurs et à la fois dans les charrieurs bref, ton intervention médiatrice accompagne vers une réponse pas trop dégeu de l’hôte de ces lieux, merci pour ça et au passage pour le charlatan aussi alors – au cas où il en attendait une de réponse à un post dont la lecture seule témoigne déjà du plaisir à le rédiger –

        sinon d’où viens-tu toi? fais-tu partie de ceuss qui érrent régulièrement vers Répu depuis les résultats du premier tour en rageant leurs haut le cœur quant au ratage de peu de Jean Luc?
        que les scénaristes du Fiscal kombat soit au chômage technique forcé me fait trop mal aux boobs, depuis dimanche je meure mal et sans aucun panache,

          • avec sa chronique sur france interne

          • très intéressante affaire
            on voit quel est le point d’intolérable de ces employeurs là

          • @lieutenant nig: oui c’était plutôt bien résumé.
            Merci de m’avoir écouté.

          • @lieutenant nig: Il a bien fait de se tirer. J’ai écouté sa chronique, elle est pas mal. Et pas si incisive que ça en plus.

            Je viens de lire ça.

            http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170427.OBS8674/lyceens-et-lyceennes-ne-vous-trompez-pas-de-combat-par-philippe-torreton.html

            Bouffon de service. On va tous se les fader pendant dix jours, les Jaoui, Torreton et compagnie, avec toutes les leçons de morale possibles.

          • avec toutes les leçons de morale possibles.

            plein de papas et de mamans en ce moment oui
            alors que, comme dise certain, avoir un père c’est déjà un métier

            lycéens lycéennes tête dans le guidon on bachote surtout rien d’autre.

          • ouais bon maman, ça va, avoir une mère c’est pas que divertissant non plus hein

          • « Tout le reste est indigne et ne mérite que mépris. »
            Pour ces cons, la démocratie consiste à être d’accord avec eux. Sinon c’est ferme ta gueule.
            Putain, il faut qu’ils se calment.

          • Notre Juliette est au bord d’un assassinat politique, je crois
            on la laisse faire ou pas?
            moi oui

          • @Juliette B: c’est ce que dit Barré, à un moment donné, dans sa chronique.

          • @Juliette B: oui, parce que tu comprends, dans ces circonstances aussi graves, l’étalon de la dignité, c’est la pensée de Torreton.

          • les Jaoui, Torreton et compagnie

            en revanche pour moi ces gens sont si peu, font pas partie de mon réel lui-même cependant pas en manque de relous du même genre

            – les artistes présents sur la scène à Répu juste avant que JLM ne prenne la parole m’avaient déjà suffisamment râpé sérieux le cul, depuis, me suis blindée la culotte

          • @Juliette K: tu intègres tous ceux qui votent Macron, mais ne font pas la leçon, genre Ruffin ?

          • @Juliette B: pardon, le B s’est transformé en K

          • @lieutenant nig: y’avait qui comme artistes ?

          • @jérémy: quouuuuuuua ?! Ruffin vote macron ? j’y crois pas.

          • @jérémy: juliette K lui va bien aussi.

          • @Anne-Laure: bah oui, c’est ce que j’ai compris à « Envoyé Spécial ». Ou alors j’ai mal écouté. Voilà, voilà, quoi.

          • @jérémy: pas réussi à lire en entier ton article de l’obs à l’attention des lycéens lycéennes, à cause de la pub parasite sephora carrefour etc,
            mais bon la fin est bien gerbante oui.
            Un grand malade ce torreton.
            putain de névrose de merde.

          • @jérémy: Héééééé ben, ah bah bravo.
            J’ose espérer une petite stratégie politique, que macron sera plus facilement combattable que marine,
            mais j’ai un doute.

        • @lieutenant nig:
          Je vis dans une ville de 13 000 habitants dans les Landes (ce pays de vieux où on donne des prix aux livres de préférence qui parlent des Landes mais c’est pas obligé obligé). Mais mon insertion professionnelle me conduit à bientôt déménager dans le Sud-Est dans une petite ville là-aussi. Donc peu de chances qu’on me voit à Répu pour demander un spin off à Fiscal kombat.

          PS : On aime aussi Jean Echenoz à propos de Mimizan où « règne une ambiance de film d’avant-garde mais vu après sa date de péremption ».

          • c’est une vraie citation d’Echenoz ça?

          • @Atom:
            Pour ma défense je n’ai pas lu Un an mais sa « suite » je m’en vais. Si je crois ce que je lis ici dans google book, il semblerait. (J’ai une tante originaire de Mimizan qui déplore la politique urbaine de la ville actuelle, alors…)

          • @Atom:
            Mais pourquoi cette interrogation ? Echenoz n’aurait pas le goût pour ce genre de piques ?

          • aucune suspicion dans ma question, juste pour etre sûr
            et peut-etre aussi parce que je pense que cette comparaison, potentiellement géniale, aurait pu etre mieux tournée
            oui parfaitement je suis en train de dire à Echenoz : peut mieux faire
            pourquoi me le permets-je?
            parce que j’ai une haute idée de moi-même

          • @Atom:

            Mimizan où règne une ambiance de film d’avant-garde mais vu après sa date de péremption

            le genre de phrase qui met bien les neurones en bordel, on aime, alzheim a pu qu’à bien se tenir
            ps: on aime beaucoup seignosse

      • @les filles du forum: il est dans votre wishlist nicolas ?

      • Voici. «Si elle réagit comme ça, c’est qu’au fond elle est très fragile»,

        * 25/04/2017: Voici a retrouvé la dernière personne fragile de la planète

        Avec le licenciement du film Bonhomme de Sara Forestier , nous voilà enfin débarrassés de la très gênante fragilité humaine, nous voilà enfin – et on le mérite- entre gens forts, raisonnables, sains de corps et d’esprit, putain on est bien.

        c pas du gorafi mais bon,

  2. François, tu as pratiqué un certain nombre de formes et de genres littéraires, tu n’as jamais été attiré par la poésie? N’est-ce pas là la forme la plus « pure » du point de vue du style?

    • @Charles:
      Hypothèse : Peut être que François préfère obéir à des contraintes qu’il s’impose lui-même, autre que celle du genre qu’il s’est choisi. Et puis, les passages entourant Didier dans Molécules sont poétiques, donnent accès à un autre monde en altérant la langue, sans être des poèmes.

      • Oui effectivement je pourrais répondre ça : pourquoi baliser un espace dit poétique, plutot que de distiller de la poésie dans la prose, via Didier ou via d’autres personnages, d’autres situations, d’autres angles.
        Reste que la poésie reste une forme en soi, une certaine occupation de la page, et surtout, surtout, un autre rapport au temps. Dans sa réception mais surtout dans sa pratique. C’est cela le seul vrai contraste entre poésie et roman : le temps de production. Le roman, temps long, demande une certaine énergie. J’ai tendance à me dire qua tant que j’ai à peu près cette énergie, je donne dans le roman, dans les formes longues. Comme il faut faire le Mont Blanc tant qu’on en a encore les jambes. Quand mes jambes seront affaiblies, je batifolerai sans doute dans les formes courtes.

        • @François Bégaudeau: oui encore que la poésie narrative à la Hugo, genre « La légende des siècles », c’est aussi du temps long. Comme « Les chants de Maldoror », pour la version prose. Enfin, tout dépend des formes que la poésie incarne, je crois. Et certains te diront que produire des vers à la Guillevic, c’est du temps long. Mais à mon avis, ceux-là, ce sont des escrocs.

          • M’enfin tu auras remarqué que ca ne se fait plus beaucoup, les poèmes au long cours comme La légende des siècles.
            Ou alors la question deviendrait : est-ce qu’un jour j’écrirai un roman en vers?
            Et là on est tout de suite moins indécis.

          • @François: j’ai effectivement remarqué que c’était pas l’orientation contemporaine de la poésie. Ca reste une forme d’écriture possible. Mais je pense qu’on prendrait le risque d’être grotesque, si on s’avisait d’évoquer par exemple le vingtième siècle sur le mode de la poésie épique.

          • La poésie format « long » au 20e siècle est plutôt un truc d’américain (Pound, Olson, Zukofski, William Carlos Williams, Doolitlle etc…).

          • is celle-ci n’est pas épique, grand bien nous fasse

    • @Charles: l’expression « forme pure » me chiffonne, surtout quand on l’applique à la poésie, parce que ça suppose clairement une préséance. Et puis, ça signifie quoi, finalement, « forme pure » ? Ca supposerait qu’il y aurait une « pureté », parce que la grande affaire de la poésie serait le langage ?

      • @Jérémy: Je suis d’accord avec toi, cette expression est foireuse. Ce que je voulais dire par là, c’est qu’en matière de poésie, au sens courant du terme – ce que tu as bien identifié dans tes exemples – le style est princeps, c’est une forme strictement littéraire. Le roman, lui, peut se passer du style, du travail de la langue, et se reposer sur du récit, des personnages. C’est un peu ce que faisait remarquer François, il me semble, avec le Royaume de Carrère : malgré tous ses défauts, ses faiblesses littéraires, on est emportés et on dévore le livre.

        • oui le roman peut s’en passer, mais comme je le suggérais brièvement dans ce même article, il manquera bien toujours un truc à Carrère
          un truc qui fait qu’il ne sera jamais Dostoievski ou Faulkner
          sachant qu’il a sciemment renoncé à l’etre, et sait bien que ce qui le fait roi dans l’époque le condamne aux caves du Panthéon
          (oui c’est une image de merde -tribute to d’Ormesson)

        • @Charles:
          Si ma mémoire ne me fait pas défaut, je crois que lors d’une émission du Cercle François a répliqué à Philippe Rouyer que pour celui-ci la mise en scène « est ce vieux truc qui se voit » et je ne me souviens plus de la suite. Alors s’il est probable que François tu aies dit ça, qu’entendais tu exactement ?
          Peut-on dresser un parallèle entre le style dans la littérature et la mise en scène au cinéma ? Car j’ai l’impression que dans beaucoup d’articles (par souci de concision ou défaillance de la mémoire), les notions de style et de mise en scène servent surtout d’arguments péremptoires (il y a quelques jours vous avez pointé du doigt une carence similaire chez Lordon je crois).
          On dit aussi que la littérature anglo-saxonne est plus portée sur l’intrigue, l’action que le style et que les personnages se caractérisent dans l’action plutôt que dans des passages introspectifs contrairement à la littérature continentale. Si bien sûr on aura tous des contre-exemple en tête des deux côtés, peut-on dire que les séries télé seraient l’équivalent de cette littérature, somme toute populaire (de Carrère et d’autres) reposant davantage sur le récit et les personnages plutôt que le déploiement d’une esthétique exploitant les possibilités du langage cinématographique ?

          • oui je crois qu’on peit tenter ces comparaisons, elle n’épuisent pas le sujet mais sont des bonnes balises

            note : oui a priori la littérature anglo-saxonne a l’air moins formaliste que la notre, mais je crois que c’est beaucoup un effet de perspective lié à ce qui nous en parvient, c’est dire ce qui est traduit
            aussi vrai que les auteurs français traduits doivent, à l’étranger, donner l’impression qu’on a renoncé à la forme

            ce que je voulais dire à Rouyer -et c’est un peu un autre sujet- : certains pensent que le mise en scène c’est quand elle se voit, quand la caméra fait des trucs tangibles, de même que certains pensent que le style c’est ce truc ouvragé et voyant à base d’images et de tournures chatoyantes.
            Philippe commente beaucoup les extraits sur ce mode scolaire : en postulant que commenter la mise en scène c’est commenter les valeurs de plans et les mouvements d’appareil. alors que c’est beaucoup plus subtil et discret que ça, la mise en scène. comme le style. le style n’a pas grand chose à voir avec les figures de. Le style est discret. pour l’entendre il faut tendre ce que j’appelle, dans Tranfuge bientot, l’oreille du chat

          • .

            Le style est discret. pour l’entendre il faut tendre ce que j’appelle, dans Transfuge bientôt, l’oreille du chat

            celle qui chope aussi hauteur de vue et humour dans une phrase comme «Sur aucune mer du monde, même aussi près d’une côte, un homme n’aime se retrouver dans l’eau tout habillé.»

            pour les pas chat, dans Transfuge bientôt, on reprend le problème à la base

          • c’est bien ça

          • J’ai souvent pensé que le succès des séries reposait, en partie, sur le fait que Hollywood a pris pour cible les ados, avec l’autocensure qui va avec, alors que pas mal de séries ont osé des thématiques plus « adultes » et des scénarios plus soignés (là où Hollywood a souvent privilégié les acteurs sur le scénario).
            Y a plein d’autres raisons bien sur (accessibilité, addictivité etc…) mais le fait est que les gens sont plus souvent attirés par des sujets ou des histoires que par une esthétique, et c’est ce que leur donne les séries.

            Sinon la littérature US est sans doute plus varié formellement que la française, même si le mainstream a souvent un style formaté (type New Yorker/minimalisme/atelier d’écriture pour les trucs un peu intellos ; ou juste sans gout pour les trucs mainstream), mais y a plein de truc stylé, même en traduction..

        • @Charles: oui, c’est vrai. Spontanément, je pensais à Stephen King, qui se lit très bien.

          • @Charles: j’arrête d’écrire « oui, c’est vrai », ça devient un tic.

  3. dans le numéro d’été un texte sur cinéphilie et féminisme

    vu Young Lady, sacrée ogresse

    • ‌alors justement, fait longtemps que j’ai pas vu un film qui prend autant son temps que le the young lady de William Oldroy
      son perso principal y tergiverse pas des plombes, le scenar lui fait prendre des décisions rapides et radicales dans des scènes qui permettent de suivre, de mater précis et tranquille, un film dense et sobre, une bien jolie bizarrerie

      • vais essayer d’y aller

        • et puis régulièrement en plus du frontal, des drôles de plans ou situations marrantes même
          on espère en reparler mieux alors, kiss

          • @lieutenant nig: bien aimé cette bizarrerie moi aussi

          • @juliette: j’imagine que tu l’as déjà lu celui-ci non ?
            sur les tergiversations des corps de gauche à propos de Mélenchon, il le raconte bien.

          • @juliette: j’adore son message subliminal de fin de texte,
            aaaaaah il me fait rire, il me met en joie.

          • @juliette: déjà que j’étais en joie par avance, je te raconte la tête de con que je dois avoir.

          • @juliette: je te raconte pas, pardon faut que je surveille les frites

          • @anne-laure: je te souris. oui je l’ai lu, et pas partagé comme je fais d’habitude, de crainte que cela ne soit pris – un 19 avril – comme une incitation à aller voter pour l’autre, alors que ce n’était pas ça qui me donnait envie de le partager (moi j’ai pas voté) mais bien plutôt par exemple ce passage là qui résume bien les choses comme sait si bien le faire Fredo :

            Le système et son antisystème préféré ont alors fini par s’installer dans un rapport de symbiose objective où chacun trouve à prospérer aux frais de l’autre, le second en cultivant la singularité que lui reconnaît généreusement le premier (même si c’est négativement), et le premier en trouvant dans le second le parfait repoussoir qui sert désormais d’ultime argument à son maintien indéfini. Cette harmonie fonctionnelle dans laquelle l’ordre s’est fort bien accommodé d’un « autre » monstrueux, lui accordant le monopole de l’alternative pour se garantir à lui-même celui de la raison (celle dont Alain Minc aura tant dessiné le cercle), cette harmonie ne devait surtout pas être perturbée par l’irruption d’une tierce proposition, qui remanierait complètement le paysage des différences.

          • @juliette: ah c’est marrant j’y vois pas du tout une incitation à voter mélenchon.
            Je retiens surtout la fin.

            je l’ai filé à ma sœur qui a voté mélenche qui y croyais , déception colère etc

          • @juliette: qui y croyait , ahlala pardon , une vraie souillon ,
            mais j’ai faim

          • @anne-laure: mais puisque je te tiens je repensais à ton histoire de deux euros ces derniers jours,
            je me disais: donc ces gens ne disposent pas de leur propre argent – ne serait-ce que 2 euros pour s’acheter un Fanta au distributeur,
            Si ils veulent se le payer, ils doivent vous le demander (je ne parle pas de ceux qui empruntent mais de ceux qui ont les sous comme mimi ou patoche je sais plus lequel mais tu le précisais)

            Je me disais: il doit y avoir des raisons pour qu’on ne leur laisse pas disposer de leurs sous et je pensais au risque de vols entre résidents (?)

            et alors je me disais comment pourrait-on faire pour qu’ils puissent quand même ne pas avoir à vous demander systématiquement, ce qui doit être un peu chiant pour eux et pour vous, tout en évitant que l’argent devienne une source d’embrouilles entre eux.

            eh ben j’ai pas trouvé la réponse figure-toi

          • @anne-laure: si, je crois que ça disait que ça valait le coup de tenter le coup,
            et qu’après on ferait comme en 36 en les tenant aux couilles,
            c’est ça que raconte la conclusion non ? on fait en sorte que la porte s’entrouvre, et après on force.

          • @anne-laure: on peut aussi se demander : mais pourquoi mettre un distributeur de boissons s’il faut quémander pour l’utiliser.

          • @juliette: heeeeuuuuuuu :
            -ben déjà c’est pas un distributeur mécanique-électronique , ce sont des distributeurs humains qui distribuent les fantas ( mais y a pas de fantas d’ailleurs , plutôt des Schweppes ).
            -ben ensuite j’en ai déjà parlé à patoche de ça, de si il voulait garder ses sousous avec lui ou quoi, il n’ a qu’à les mettre dans ses poches ce gros balourd,
            mais non il ne veut pas il a peur de les perdre,
            mon idée est que c’est une façon d’entretenir la dépendance , autrement dit l’amour.
            Il a besoin de sentir qu’on est là patoche.
            Il a peut-être peur qu’on disparaisse à tout jamais dans la nuit infinie.

            sinon je comprends pas comme toi sur la porte qui s’ouvre, je sentais plutôt beaucoup trop de doutes,
            l’idée qu’on laisse faire on verra bien,
            et viendra tout seul le moment de foncer.
            je relirai demain si j’ai le temps

          • @anne-laure: putain merde j’ai encore rien compris,
            Y a des bars payants à l’HP

          • @juliette: ah bah c’est normal que tu comprennes pas, faudrait venir que je te fasse visiter, que je te présente patoche,
            à propos de sa dépendance aux soignants il y a un truc qu’il fait que j’adore :
            c’est lorsqu’il a une sortie sur l’extérieur ( à la maison de retraite de maman, au bord de la mer avec les collègues des ateliers, à un rendez-vous médical ), il se précipite vers nous pour nous dire qu’il est là ( j’suis là j’suis là ),
            comme si on n’avait pensé qu’à lui pendant son absence,
            comme si nous aussi on avait eu peur qu’il disparaisse pour toujours,
            alors on se retrouve on se regarde on se marre on est heureux tu peux pas savoir,

            bon ma sœur aussi a pas tout compris du texte de fredo

          • @juliette: mais sinon, pour infos :
            – j’ai reçu un sachet de bonbon à 50 centimes de la part du petit nono, en échange du Schweppes de l’autre jour je pense,
            j’ai partagé avec dani qui a laissé une flaque parfaite de bave de fraise tagada sur la table du bureau d’accueil et j’avais envie de la lécher tellement je l’aime,
            – le grand jojo a tenté d’accroître sa dette de 4 euros et j’ai dit non.
            J’attends la suite.

          • @anne-laure: voilà comment je l’ai compris le texte de fredo, et ça rejoint assez je crois ta formule sur « les tergiversations des corps de gauche à propos de Mélenchon ».

            On est avant le 1er tour et il s’adresse plus particulièrement aux gens qui ayant voté à gauche en 1981 (ou en 2012) n’ont pu que constater la large somme de reniements et le triste résultat,
            des gens qui ont de bons motifs de se méfier de ce que Méluche ferait effectivement de leur vote une fois élu (d’autant qu’il continue à citer Mitterrand en exemple).

            plus généralement des gens qui voient le jeu électoral comme une « pantomine ajustée à la reproduction du système », et n’ont donc pas (ou plus) envie d’aller voter

            il dit ok, je vous comprends, on a de très bonnes raisons de penser comme cela

            mais cette fois-ci le contexte est différent d’il y a 36 ans (parce que la peur que suscite Méluche chez les puissants est le signe de sa force, parce que le néoliberalisme est l’objet d’une contestation internationale et que « la colère » contre lui « se répand »)
            et par ailleurs ajoute-t-il, une fois élu, on peut « aider » Méluche à ne pas mollir, on peut lui mettre la pression comme en 36.

            donc ça pourrait valoir le coup d’y aller puisque ce candidat propose de « tirer le loquet », mais sans oublier après « de donner de l’épaule comme il faut, pour qu’enfin on respire ».

            voilà, il dit pas « il faut » voter méluche comme GDL, mais il dit ça pourrait valoir le coup

            Bon la question est réglée quoiqu’il en soit aujourd’hui,
            Reste cette affirmation de fredo : « le lieu réel du rapport de force avec le capital, européen comme national, est dans la rue ».
            On en est là.

            (tu remercieras bien patoche de m’avoir réchauffé sur le chemin un peu frais du travail)

          • @juliette: ah oui t’as raison , j’ai lu plus posément la fin, pendant que mimi me disait qu’il votera marine ( et le petit nono a voté mélenche , pour info )
            et j’avais pas voulu comprendre le coup de la porte un peu poussée, je sais plus quoi,
            j’étais en mode renfrognée contre les élections de toutes façons à la base,
            j’étais plutôt prête à entendre le coup de 68 et 95, ce qui est arrivé sous des gouvernements de droite,
            gardant bien en tête que des gouvernements soi-disant de gauche ça continuait à nous mettre dedans ( mitterand et compagnie ) , du mal à croire que des syriza des podemos des mélenchons ( phi le symbole de la philosophie ), puissent avoir un certain pouvoir sur l’économie européenne,
            et effectivement , fredo vachement plus subtil que Geoffroy n’oblige à rien ,
            et si on m’oblige pas je fais ce que je veux et ce que je veux dieu le veut.
            Du coup j’ai une pensée pour Daniel Balavoine,
            tu m’expliqueras le rapport.
            fallait pas qu’elle s’en aille woh-oh-oh ?

          • @anne-laure: je suis dans un rade de ta ville de banlieue préférée, entourée d’hommes plutôt vieux qui parlent arabe,
            et devine on attend quoi avec Zad (le presque jumeau d’Alice a un an près) ?
            On attend d’aller voir La Devise de François Bégaudeau. Trop d’la balle non ?

          • @juliette: j’ai mis au moins quatre secondes à me remettre en tête ce qu’était la devise, faut croire que j’ai un peu décroché, mais j’ai toujours été un peu décrochée de la devise de toutes façons,
            tu me dis quartier préféré plein de vieux arabes roucoulant, je te dis Aubervilliers évidemment.
            J’espère surtout que tu n’as pas oublié de t’inscrire sur un spectacle des chiens de Navarre.
            J’y tiens.

          • @juliette: ah tiens ? me rend compte en nous relisant que je t’ai mal raconté patoche,
            il se précipite vers nous à son retour,
            je crois que t’avais saisi le concept malgré tout.

          • @juliette: sinon, suite de l’affaire grand jojo, il a tenté ce jour de me vendre le fond de son pot de tabac qu’il avait payé la veille pour 25 euros ,
            voulait me le vendre 5 euros,
            pour se payer une cigarette électronique à 10 euros parce qu’il veut arrêter de fumer,
            c’était pas logique j’ai dit non,
            et j’en voulais pas de son fond de boite tout pourri,
            voulait que je lui avance dix euros,
            m’ a juré sur la tête de sa mère de son père ( qui est mort d’un cancer de la gorge ) qu’il me les rendra,
            je lui ai rappelé qu’il avait une dette de deux, que j’avais des enfants à nourrir,
            j’ai dit non,
            il était désespéré puis m’ a lâché la grappe.

            C’est vraiment un très mauvais commerçant.

          • @juju: mais je veux bien que tu me racontes la devise quand même, et ce qu’en pense zad,
            et je te raconte la suite de l’affaire du garagiste

          • il est bien ce zad, il est précis sur ses sensations, c’est la base

            je dois témoigner que, pour ce que j’en ai vu, cette pièce écrite pour des lycéens aura surtout fait marrer les adultes

          • et voilà ! j’ai encore renversé le pot de peinture

          • libre à chacun de décider s’il veut le lire avant de le voir joué
            pas d’avis personnel sur la question

          • @juju: oh bah si t’es fatiguée t’oblige pas,
            je sais pas pourquoi on se précipite comme ça on a tout notre temps,

            (les arabes roucoulant ou leurs enfants n’étaient pas là malheureusement, la ville est coupée en deux mondes apparemment)

            oui j’avais repéré ce phénomène.

            hé bien soit, je lirai.
            mais je suis déjà sur deux bouquins en même temps et je n’arrive à rien.

            L’histoire du garagiste je te la fais brève,
            avait commencé par un andalou hyper sexy bien huileux et s’est finie par un dialogue avec un vieux monsieur qui me racontait les larmes aux yeux qu’il avait acheté une baraque à 70 0000 euros pour être près de son fils et que celui-ci a déménagé peu après,
            alors il avait bien du mal à prendre la route le soir après le boulot pour se retrouver isolé dans sa maison de campagne ( la campagne c’est moins cher tu comprends ),
            mais heureusement il a plein de fleurs avec des insectes dedans,
            dont les grosses roses jaunes qui commençaient à fâner sur le bureau,
            faut pas écouter les gens qui disent qu’il n’y a plus d’abeilles, c’est que des conneries.

          • @anne-laure: ah bah tiens, on m’a vivement recommandé cette émission un jour; je l’avais oubliée mais voyons voir puisque tu en parles: https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/les-abeilles-pensent-elles-et-quoi-nous-font-elles-penser

          • cette pièce écrite pour des lycéens

            aura surtout fait marrer les adultes

            tout comme l’invention du jeu, écrite pour euh certaine jeunesse,

            libre à chacun de décider s’il veut le lire

            le texte de La devise &
            celui de Contagion

            avant de le voir joué

            ah pour ça ia pas d’fainéant, j’ai décidé, j’attends de les voir joué

          • de les voir jouéS donc même

          • @juliette: ah merde je viens de voir que je me suis trompée : 70 000 euros la baraque dans la campagne, près d’une ferme de vaches laitières qui pue pas trop fort alors ça va.
            J’avais mis un zéro de trop.
            un zéro ça change tout.

          • @juliette K: invention arabe je le rappelle, ils en sont fiers.

          • @anne laure: si je peux me permettre cette petite digression, les chiffres arabes ne sont pas arabes
            eh oui ils sont indiens, indiens de l’inde
            les arabes les ont empruntés aux indiens, les européens les ont empruntés aux arabes
            Denis Guedj l’avait bien expliqué dans son théorème du perroquet
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Th%C3%A9or%C3%A8me_du_Perroquet

          • @yeux bleus: trrrrrès bien , je te remercie pour cette éclairante digression, si j’avais su j’aurais fermé le clapet à ce gros crâneur d’Ahmed en 1991.
            Faut que je le retrouve ce sale bougnoule.

    • @ :
      Après avoir bien discuté de The Knick, je propose de recueillir vos avis sur autre un sujet dont je suis sûr que là aussi ils ne manqueront pas : Woody Allen. Il est l’un de mes cinéastes préférés et vous voyez donc à quels problèmes je me heurte. Aussi, avant de recueillir vos opinions, j’aimerais soulever la question suivante (de manière un peu provocante peut-être) : Woody Allen fait-il un cinéma tragique malgré lui ?

      Premier constat : Allen semble être plutôt nihiliste. Les journalistes aiment à lui faire répéter à chaque interview que Dieu n’existe pas* et la difficulté qu’il y a à vivre dans ce monde-ci. Dans ses films l’art est souvent présenté comme ayant une fonction consolatrice (de tête : le magicien d’Ombres et brouillard, la pièce à la fin d’Annie Hall, le film de Groucho Marx dans Hannah et ses sœurs, la rose pourpre du Caire…) et non comme le moyen de nous faire accepter la vérité tragique de notre condition.
      Or, la roublardise du procédé semble venir que les films de Woody Allen, son humour, n’ont justement rien de consolateurs et lorgnent plutôt du côté de la joie tragique. Dans Annie Hall, le couple se sépare, Crimes et délits Mia Farrow part avec le producteur fanfaron et risible, Mia Farrow finit seule dans un réel décevant dans la rose pourpre… Les fins sont régulièrement tristes (d’un point de vue hollywoodien). Et pourtant on rit et on aime revoir ses films (en tout cas moi). Ses aphorismes servent souvent à illustrer la définition de l’humour comme bras d’honneur de l’infime à l’infini (déf de Raphaël Enthoven qui peut-être la tient d’ailleurs).

      Que pensez-vous de cette dualité apparente (aboutir à un résultat opposé à ce qu’il semble promouvoir) ? Est-elle voulue et maîtrisée (il ne faut pas identifier Woody Allen à ses personnages trop rapidement) ou est-ce que ça lui échappe ?

      Tant que j’y suis, j’ai encore deux questions à vous soumettre.

      Quand s’arrête selon vous la meilleure partie de sa filmographie (à supposer qu’elle existe) ? Je dirais Meurtre mystérieux à Manhattan en 1993 ou Ombre et brouillard en 1992, à moins qu’on inclut Harry dans tous ses états, après il ne semble plus avoir de recherche ou d’intérêt formel.**
      Philip Roth, on le sait, n’aime pas le travail de Allen. Il lui reproche de méconnaître le milieu intellectuel new-yorkais, de n’être qu’un consommateur culturel et non un intellectuel (il n’a pas fait d’études universitaires et la culture lui a servi pour draguer et comme levier d’une ascension sociale), sa position sur Israël et de n’avoir rien inventé. Le dernier reproche serait faux dans la mesure où il a considérablement influencé la comédie intello new-yorkaise, mais d’un autre côté c’est vrai que c’est un grand pasticheur : Une autre femme=les fraises sauvages de Bergman, Radio days=Amarcord, Stadust Memories= 8 et demi, Alice=Juliette des esprits, Blue Jasmine=un tramway nommé désir, match point= + ou – une place au soleil. Ça commence à faire beaucoup…

      Autre question un peu plus retorse. L’idée qui plaît tant à François selon laquelle les bourgeois sont incapables d’aimer apparaît peut-être plus clairement dans ses films (dans Manhattan les personnages avouent être trop autocentrés ou cérébraux pour la réussite de leurs relations amoureuses) que dans La vie d’Adèle où on peut penser que ce sont les artistes qui en sont incapables (l’accusation d’égocentrisme pour les artistes n’est pas neuve et tous les personnages autour de Léa Seydoux évoluent dans le milieu artistique contrairement au personnage qui suit Adèle à la fin du film).

      *Il y a un côté athée qui ne s’en remet pas chez lui. Reprocher à Dieu son inexistence est une manière de le maintenir (on ne peut rien reprocher à quelqu’un qui n’existe pas).
      **On rappelle souvent dans ses portraits qui paraissent qu’il voulait pas que Manhattan sorte, en échange de quoi il a promis au producteur de faire un film gratuitement, ou qu’il a retourné September avec un autre casting, et qu’il voulait encore le faire une troisième fois, alors que maintenant en interview il répète à quel point il n’est pas perfectionniste et que l’important pour lui est de finir pas trop tard sa journée de tournage pour aller jouer de la clarinette ou qu’il n’aime pas faire beaucoup de prises et qu’il est très renfermé sur les plateaux.

      PS : Ava Cahen dans son livre rapproche plus Woody Allen du cynisme et montre à quel point la figure de celui qui fait preuve de mauvais esprit est récurrente dans son cinéma.

      • @Atom: Belles questions. Difficile d’être aussi précis que toi tant les films de Woody Allen, surtout les 10 derniers (quand même hein), m’endorment ou m’ennuient. Je me souviens avec peine de certains de ses films, surtout de leur fin. Pour moi, c’est avant tout un ricaneur pourvoyeur de bons mots, qui préfèrent les traits d’esprits à la pensée. Ton entreprise me semble en outre compliquée en raison de la variété des films d’Allen. Non pas qu’il ait appréhendé beaucoup de formes, mais il n’est pas évident de dégager une cohérence intellectuelle entre des films aussi différents dans le propos ou l’humeur qu’Annie Hall/Manhattan ou Match point (son meilleur des années 2000) ou Whatever works ou l’homme irrationnel (assez moralisateur en définitive).
        Je vois Allen comme une espèce de version juive-new yorkaise de Voltaire, ce qui ne nous emmènerait pas bien loin. C’est toujours léger, assez ironique, rarement profond et souvent un peu désabusé. Je l’aurais bien vu emperruqué à lâcher quelques épigrammes dans un salon au XVIIIème siècle.
        Bien d’accord avec Roth, sauf sur la mention assez stupide concernant ses diplômes, je ne connaissais pas son point de vue. Je suis d’accord pour relativiser l’influence d’Allen. Déjà, la comédie intello new-yorkaise, c’est quand même pas grand chose. Ensuite, je trouve ses prétendus descendants (Baumbach ou Ross perry)bien meilleurs que lui.
        A suivre.

        • Je n’ai pas trop d’avis sur Woody Allen, puisque j’ai laché le dossier depuis bien quinze ans. Mais, que j’aiE laché le dossier depuis quinze ans est sans doute révélateur d’un avis. Il y a un moment où je le suivais (les années 88-96, avec des rewinds vers les fims précédents) A fouiller, je crois que j’ai arrêté parce que je ne voyais plus d’enjeux. D’abord parce que ce que ça raconte est quand même souvent de la petite philosophie (je me souviens avoir écrit un truc, en 90, sur la morale dans Crimes et délits, j’avais de quoi faire une belle démonstration en trois parties), ou de l’existentialisme grand pubilic (la vie, la mort, notre condition, Dieu, l’amour, le couple le temps qui passe). Ensuite, et surtout, parce que, oui, Woody Allen n’a aucune pensée du cinéma. Il fait partie de ces gens pour qui la forme cinéma ne porte pas en soi un monde. Ils ont pris le cinéma et auraient tout aussi bien pu épouser une carrière littéraire. Filmer comme ci ou comme ça n’est pas du tout un problème pour lui. Pour ça il me fait penser à Gainsbourg en chanson : c’est jamais nul, parfois bien (parfois super dans le cas de Gainsbourg), mais il n’y aucun style propre, on enchaine des trucs « à la manière de  » (voir les reproductions bergmaniennes des années 80). Le réflexion formelle est réduite au minimum vital de quelqu’un qui veut se maintenir : surtout pas aller dans l’expérimental, surtout pas de formes trop inusitées, surtout ne perdre personne. De la mélodie pour Serge, du récit pour Woody. Des personnages. Du familier -chaque année arrive le Woody Allen comme le Beaujolais (c’est ça qui d’abord m’a fait partir : en art, la répétition m’angoisse) Je sens chez ces deux là la même fuite en avant fébrile : toujours produire, toujours occuper le terrain, toujours qu’on me regarde -et peu importe le contenu des oeuvres, et encore moins leurs formes. Donc peu importe l’art. Et donc moi j’ai dit : peu importe Woody Allen. Tu t’intéresses pas à moi (à moi spectateur)? Je m’intéresse pas à toi.
          PS : La pensée que les bourgeois ne sont pas capables d’amour est une hypothèse. Une hypothèse radicale. Une hypothèse de travail, politique et ontologique -puisqu’il s’agit de pointer une vacuité ontologique du corps bourgeois (et pas seulement le fait qu’il serait dans des calculs d’interet). On travaille dessus -j’y reviens dans le livre sur le christianisme, puisqu’au fond c’est une idée du christianisme radical, portée par exemple par des Bloy, des Guillemin, et des Jesus soi-même). Mais jamais je ne le prendrai comme une certitude.
          Je ne pense pas en tout cas que cette pensée soit présente chez Allen. Il est possible, plus banalement, que Woody Allen ne croie pas l’amour possible tout court -beaucoup de ses personnages en arrivent à cette conviction nihiliste, et ce sont des bourgeois, mais ils n’en arrivent pas là PARCE QUE ce sont des bourgeois

          • @François Bégaudeau:
            Merci à Charles et François pour vos commentaires.
            Je trouve quand même dure la comparaison avec Voltaire. Quitte à lui faire porter une perruque, je préférerais que ça soit celle de la Rochefoucauld, un moraliste plutôt qu’un moralisateur.
            J’attendrai le prochain livre pour mieux comprendre l’hypothèse radicale des bourgeois et l’amour.
            Moi aussi je suis avec intérêt et plaisirs les carrières d’Alex Ross Perry et Noah Baumbach (pourvu que Golden exits ne finisse pas sur Netflix). Tous deux revendiquent également l’influence d’Eric Rohmer (que j’aime beaucoup aussi). Alors lui aussi à la fin de sa carrière s’est éloignée de l’esthétique qui l’a rendu connu avec deux films d’époque. En quoi peut-on dire que le filmage distancié de Rohmer avec peu d’effets diffère de celui d’Allen selon vous ? (Je me rappelle que Rohmer compose aussi des plans minutieux, par exemple dans Conte d’été où la blonde pose tout en parlant contre des rochers recouverts d’algues et de coquillages.)

          • Rohmer a des axes esthétiques clairs, radicaux, auquel il s’est toujours tenu. Rohmer a un style, reconnaissable entre tous. Rohmer a des balises ontologiques intransigeantes (baziniennes)
            Rohmer est un visuel autant qu’un verbeux. Rohmer part des lieux, de leur génie, et c’est ça d’abord qu’il capte. Lui si littéraire aussi ne pouvait chercher cela qu’au cinéma : l’épiphanie permanente de l’impression de la lumière sur la rétine argentique -ou numérique
            Je me méfie des rohmeriens américains cote Est, qui n’en retiennent que le charme français désuet et les badinages élégants (comme certains français, du reste)
            Le dernier film authentiquement rohmerien que j’ai vu n’est pas américain, c’est l’Acédémie des Muses
            Et le seul cinéaste profondément rohmerien en activité, c’est Hong Sang-soo

          • @François Bégaudeau: Je suis complètement d’accord. En si Woody Allen est si bien reçu en France, particulièrement, c’est parce qu’il pratique un cinéma qu’on juge littéraire, mais qui n’a rien inventé au niveau de la forme cinématographique. Y compris « Manhattan », devant lequel on s’est extasié, pour des raisons contingentes qui n’ont pas grand chose à voir avec une manière d’innovation cinématographique. D’ailleurs, les thuriféraires de Woody se pâment assez souvent sur les one-liners du réalisateur, les Français en particulier, qui sont si sensibles aux gens qui ont de l’esprit et de la répartie. Au pays du bon mot, c’est plutôt attendu. Et il suffit de lire les critiques de Télérama, par exemple, pour s’en convaincre. Je me rappelle qu’à la sortie de « Meurtre mystérieux à Manhattan », un papier du magazine avait admiré la blague sur Wagner. Euh, c’est quoi le rapport avec le cinéma ?

          • Oui c’est intéressant cet amour réciproque entre Woody et « la France », l’un offrant à l’autre un relookage cool -new yorkais- de son esprit de salon, l’autre offrant à l’autre un refuge de l’esprit de finesse qui manque tant, dit-il, à son pays. Ils se donnent mutuellement un supplément de distinction.
            Schéma qu’on retrouverait dans la collusion entre certains groupes cote Est (le Velvet ayant inventé le paradigme) et les dandys européens. Qui évidemment vont peu priser le punk-rock californien ou le métal texan.
            En cinéma, quoi qu’ils disent, Ford leur parle moins qu’Allen. Au fond ils détestent les Etats-Unis.

          • @François Bégaudeau: Rohmer est un visuel autant qu’un verbeux. Merci de le rappeler, parce que ce n’est pas ce qu’on entend souvent. Un visuel, un sonore, qui sait capter des ambiances et des solitudes : dans « Le rayon vert », Marie Rivière qui déambule seule dans des paysages différents (montagne, campagne…), dans « Conte d’été », Melvil Poupaud, silencieux, qui déambule seul à Dinard, etc. Même quand ça ne parle pas, on sait que c’est du Rohmer.

          • @Atom: oui et ce plan renvoie aussi à celui où Margot soulève légèrement sa jupe pour se poser sur les rochers. C’est ça, il compose des plans minutieux et ses enchaînements de plans sont également inventifs : j’adore le moment où Solène et Gaspard se promènent dans Saint-Malo intra muros. La succession des séquences est vraiment géniale, avec une espèce de décrochage documentaire lorsque les deux écoutent un joueur de harpe.

          • @François Bégaudeau: pour Gainsbourg, ça se vérifie selon les périodes : si on va vite, rive gauche tendance Vian au début, puis yéyé, albums concepts dans les années 70, reggae, funk dans les années 80, lorgnant vers le rap. Est-ce que Gainsbourg a inventé une forme musicale ? Non. Est-ce que Gainsbourg a suivi les modes ? Oui. Avec beaucoup de talent parfois, en effet.

          • La blague sur Wagner n’est pas de lui d’ailleurs (on la trouve chez Pynchon, et peut-être même avant).
            Au final j’ai l’impression même les fans d’Allen se rappelle de lui pour ses dialogues plus que pour ses scènes.

        • @Charles: on en déduit que Voltaire est léger, ironique, rarement profond et souvent un peu désabusé.

          • @Jérémy: remarque d’un point de vue philosophique, j’ai jamais trouvé Voltaire super puissant. Rousseau l’enfonce aisément et il le savait. Le Voltaire des récits, c’est le meilleur, je trouve. Le bon rythme, le bon ton.

          • @Jérémy: souvent désabusé, c’est l’ajout juif new-yorkais d’Allen.

          • @Charles: oui, c’est vrai

  4. je sors du Corporate, à voir.

    • pour
      – l’écriture des persos: inspectrice du travail décidée et peu douteuse du bordel que son enquête va mettre, salariés du service DRH tendus à mort vers des objectifs fixés à partir de questionnaires et études comportementales chopées sur chacun en séminaire ( toujours se méfier des karaokés et autres courses en sac oui, y compris si c’est en chien de traîneau )

      Silhol a écrit son film du point de vue de la responsable RH qui a en portefeuille le salarié qui se tue, elle est le cadre-cible de l’enquête sur laquelle on est briefé d’emblée, les dernières heures de celui qui doit partir du service sont à l’écran et ce sont les effets de son suicide sur chacun qu’on va suivre.

      Le rôle de l’inspectrice est stable, doit être confortable à jouer tant la loi est son rempart même en démo sur la terrasse d’un immeuble en construction, celui joué par Sallette est un peu plus complexe et dans ce format long métrage, Silhol parvient à éviter pas mal de raccourcis, la rédemption un peu rapide de ce perso qui veut pas trop morfler ou du moins pas être la seule à morfler dit bien l’étau dans lequel chacun se trouve embarqué lorsqu’il bosse dans ce genre de service où le moindre refus d’avancer vers l’objectif régulièrement réactualisé – on vire un à un les salariés identifiés empêcheurs de (une année passe vite quand elle est bardée de réunions, bilans, ajustements, entretiens individuels, demandes de formation, candidature pour changement de poste) – te place en liste pour être poussé à partir, programme connu de tous d’autant plus cruel oui mais connu oui mais cruel

    • et donc oui, le perso joué par Sallette aurait pu en être des motifs persos repentis de la BN de Begaudeau et Lambert, le responsable technique formation joué par de groodt aussi, collègue conciliant et partageur d’infos, de dossiers, de clé USB avec enregistrement d’un séminaire – 2017 les gars, Silhol est dans son siècle – la fermée secrétaire du directeur RH aussi, proche du scandale la langue de chacun s’active sous le risque de l’implosion.
      Ses persos descendent du train en marche, plus ou moins salement mais ils en descendent en fonction – et c’est dit, pas simplifié – de leur situation perso aussi (conjoint au courant qui tient le coup, situation pro parlée et pas vécue que comme venant de soi)

      Avec son Corporate, on aime que Silhol travaille le paradoxe, l’ambiguïté des boulots qui se targuent de travailler sur l’humain, sur les outils d’un mieux (se) connaître qui, selon l’usage qui en est fait oui, peuvent détruire un à un ou par charrette ce qu’un humain a quelque peu conduit jusque là,
      connu mais cruel mais connu, on a compris

      – une scène encore, un des multiples face à face bien écrits du perso de Sallette et de son assistante (ça se dit pu secrétaire c’est vrai) face à face où il est question de trouver les mots à faire inscrire sur le ruban de la couronne mortuaire: contrairement à ce qui nous offert comme riche séquence dans Molécules, ici ça file, la chef n’a aucun doute, c’est au service comm de s’en préoccuper tout comme ils suivent avec le juridique les contacts avec la presse, la famille,
      L’assistante elle – jouée molécules total dispatchées par Alice de Lencquesaing qui ferait une bonne Lena je crois tiens – elle reste comme à hauteur de vie, au rez-de-chaussée de sa boîte, se sent pas détentrice de pièce ou info stratégique pour l’affaire, vomit toute la nuit le suicide du collègue avant d’accepter d’allumer intranet pour le grand final, le dernier boulot que lui proposera de faire sa chef.

  5. @Atom et Billy : Je vais justement partir de Leftovers, et plus particulièrement du premier épisode de la saison 3, pour expliquer ce qui me gêne dans les séries.
    Il s’agit donc de l’épisode 1 de la troisième et dernière saison. Première chose que je note et qui m’agace, la surutilisation de la musique. On en est à 10 minutes à peine qu’on nous a déjà servi 3 musiques différentes. La musique est soit utilisée pour accompagner une succession de micro-scènes en leur donnant une unité (comme pour le prologue historique bidon), soit pour nous indiquer la tonalité de la scène, l’humeur des personnages et c’est la fameuse musique de Max Richter qui s’en charge, afin qu’on comprenne bien que la série parle de la-mélancolie-contemporaine-propre-à-notre-période-de-crise. Dans les deux cas, il s’agit d’une béquille pour la mise en scène. Le réalisateur n’est évidemment pas à blâmer, de toute façon il est interchangeable et suit un cahier des charges. Pourquoi en doit-on passer par là? Parce que cet épisode contient très peu de scènes, parce que le scénario ne lui en donne pas l’occasion.
    En effet, cet épisode est en cela archétypique. Il est constitué d’une succession de scènes, tout d’abord censées nous refamiliariser avec l’univers de la série : on retrouve ainsi le maximum de personnages de la saison précédente (le révérend, l’ex-femme, le flic, son fils…) desquels on prend des nouvelles, tout en relançant la machine scénaristique pour une nouvelle saison. On pose ainsi les bases d’une nouvelle intrigue, ici l’apocalypse annoncée pour dans deux semaines et le devenir christique du héros. Ca donne quoi, sur un épisode de 60 minutes? Beaucoup de petites scènes dont le but est purement informatif, scénaristique : on sème les cailloux de l’intrigue, on fait avancer les personnages juste après nous les avoir représentés. Les scènes sont donc très courtes, menées au pas de charge. C’est l’essentiel des épisodes d’une série et leur faiblesse intime, leur défaut majeur : sur une saison, on doit aller d’un point A à un point B, avec des détours certes, mais on doit tout raccorder. Donc 60% des scènes sont en réalité des transitions, c’est à dire qu’elles sont dépourvues d’enjeux situationnels, elles ne posent pas un problème, un cadre au sein duquel les personnages évoluent, mais transmettent juste de l’information. 2 exemples dans cet épisode. 1er exemple : l’entrevue avec l’ancien « pote » du flic-héros joué par Theroux, avec qui il faisait trucs assez chelous, comme buter des chiens, son partenaire de schizophrénie en somme. La scène doit durer 3 minutes maximum, le flic est surpris de le voir au commissariat, son pote délire autour l’invasion de chiens prenant forme humaine pour dominer les hommes. Il ne se passe rien à l’écran et dans la scène en elle-même. Elle n’est là que pour indiquer au spectateur que le flic va sans doute encore avoir des problèmes, que ses hallucinations vont revenir. Purement informative, la scène est filmée de manière neutre et fonctionnelle (pas un vrai plan). Second exemple : on voit le flic se réveiller le matin pour aller bosser, il suit sa petite routine (accompagnée par la musique, cf plus haut) et d’un coup la musique s’arrête et il commence à se mettre un sac en plastique sur la tête, qu’il se scotche afin de s’étouffer. On le voit respirer avec difficulté, en gros plan, et d’un coup, cut, on le voit sortir de la maison. Ainsi, cette scène, qui a duré 2min30, ne nous a pas montré un mec en train de s’étouffer jusqu’à l’évanouissement (option 1), mais nous a juste indiqué que le flic était toujours pourchassé par ses démons intérieurs (option 2). Comment fait-on la différence entre les deux options? C’est simple, la simulation d’étouffement n’a pas vraiment été filmée, on n’a pas vu le corps se débattre, s’évanouir puis se ranimer pour ensuite reprendre le cours normal de sa matinée. C’est réglé en quelques plans, très courts parce qu’il s’agit moins de montrer un mec en train de rechercher le frisson de l’étouffement que d’informer le spectateur qu’il continue à avoir des tendances suicidaires. La différence aussi se joue sur la durée, on est dans une série, on n’a pas le temps de s’attarder sur une scène qui n’est pas clé pour l’intrigue.
    Autrement dit, on ne filme que très rarement le déroulement d’une action au sein d’une même scène, mais beaucoup des transitions, des informations. Ou alors, quand c’est le cas, c’est sans génie : dans cet épisode, une scène d’affrontements entre les chrétiens évangélistes et les manifestants résolue par l’intervention de notre héros qui se jette littéralement à l’eau et se fait baptiser. Comment est-ce filmé? A coups de ralentis faciles accompagnés de choeurs religieux. Pas très inspiré. Ce qui n’est pas anormal puisqu’il s’agit de raccorder avec le ton général de la série, empreint de (faux) questionnements métaphysiques et d’envolées mystiques (on est aux US). Et puis il faut bien signifier au spectateur qu’on est tout triste et pour ça les ralentis et les choeurs religieux, c’est parfait.
    L’épisode se finit naturellement sur un petit rebondissement assez mystérieux, histoire de donner un petit stimulus au spectateur pour qu’il continue à regarder la saison. Le cahier des charges a ainsi parfaitement été respecté : on a retrouvé les personnages des saisons précédentes, on a posé les bases de la nouvelle intrigue et excité notre curiosité.
    Et ça va continuer comme ça, sur toute la saison, avec quelques climax qui seront filmés avec la même fadeur.
    Mais ce n’est pas grave, puisqu’on va nous expliquer que cette série, véritable nid à métaphores, de la perte de la foi, de la quête de sens toujours vouée à l’échec, de nos frustrations et angoisses existentielles. Une série pour réveiller la mélancolie qui sommeille dans chaque spectateur. On nous dira aussi que la série est lynchienne alors que pas du tout. The lefotvers n’a jamais la bizarrerie de Lynch, son inquiétude quant au sexe voire sa peur panique de ses conséquences ou de sa puissance.
    La seule chose qui m’intéresse un peu là-dedans, c’est la façon dont est érotisé Justin Theroux qui joue le flic. Mélange de virilité (il est flic, sait se défendre), de fragilité (ce n’est pas une brute, il a des problèmes psys), de charme presque féminin et d’entêtement beauf. Une sorte petit cobaye à qui on fait subir le maximum de trucs extrêmes et qui s’en sort toujours mais à chaque fois in extremis, plus vulnérable que jamais, et souvent en sueur ou torse nu.

    • @Charles et Atom: Charles, autant ta critique est vachement bien et précise, autant en accueil de nouveau, t’es pas bon… (J’ai pas vu cette série, je peux pas en discuter, frustration ! )

      Bienvenue Atom et merci pour le conseil de séries, ça fait très envie, surtout The Knick, comment ai-je pu passer à côté ?
      Comme tu l’induis un peu dans ton post, il y a probablement une hygiène à tenir sur le nombre max de saisons que doit avoir une série, genre 3 (Homeland, une aurait suffi. Pour calculer le nombre de saison idéale pour chaque série, ça doit être une formule mathématique assez complexe).

      • @Billy Atom: Oui j’aovue, c’est un peu rude comme accueil. Ne t’inquiète pas Atom,ce site n’est pas rempli de connards prétentieux comme moi!

        • @Charles:
          Pas de problème Charles !
          Pour ton article sur les séries tu pourras aussi prolonger en parlant de l’influence de l’écriture sérielle sur les blockbusters américains. « Donc 60% des scènes sont en réalité des transitions, c’est à dire qu’elles sont dépourvues d’enjeux situationnels, elles ne posent pas un problème, un cadre au sein duquel les personnages évoluent, mais transmettent juste de l’information » s’applique aussi parfaitement à quasiment tous les Marvel (je les ai pas tous vu) dont le visionnage se justifie seulement pour faire le point sur les avancées numériques en cours (il y a souvent une ou deux scènes d’action à sauver pour leur imagination dans ce type de films). Je sais que François défend l’approche purement formelle des blockbusters d’aujourd’hui, je crois qu’il parle d’âge d’or des films d’action.

          • @Atom: Parfaitement, mais influence récente, les deux premiers Spider-man ne sont pas concernés. Sans doute pour ça qu’ils sont à mon sens les meilleurs films de superhéros, avec eux de Burton, car davantage guidés par un principe de fantaisie et d’exploration d’un univers que par une stricte conduite scénaristique.

            D’ailleurs je ne suis pas du tout d’accord avec François sur l’âge d’or des films d’action. Pour moi c’est plutôt les années 90, voire début des années 2000 l’âge d’or.

          • @Atom: Parfaitement, mais influence récente, les deux premiers Spider-man ne sont pas concernés. Sans doute pour ça qu’ils sont à mon sens les meilleurs films de superhéros, avec eux de Burton, car davantage guidés par un principe de fantaisie et d’exploration d’un univers que par une stricte conduite scénaristique.

            D’ailleurs je ne suis pas du tout d’accord avec François sur l’âge d’or des films d’action. Pour moi c’est plutôt les années 90, voire début des années 2000 l’âge d’or.

          • je l’ai dit vers 2010 et c’est bien ces années là que je désignais

          • @Atom: en attendant moi je trouve que tu te débrouilles plutôt bien au xylophone.

          • @Atom:
            Sous la rubrique loisirs de mon CV, j’ai mis xylophone à côté de kayak. Car ça à l’envers ça se lit pareil.

            Kayak et pas xylophone.

            Xylophone ça fait enohpolyx

          • Kayak de mer ou kayak d’eau vive ?

          • @billy: et pourquoi pas kayak de lac ?
            ou d’étang.
            t’en voulais t’en auras, tontion les tites noreilles.

          • Il m’a semblé qu’Atom parlait de ça https://m.youtube.com/watch?v=MQjvpPpAjgo
            Mais j’y connais rien en kayak Anne-Laure, à part le film de Podalydes et mon neveu qui a insisté pour qu’on en fasse cet été. On était dans le même kayak, il a jamais pagayé mais on faisait les commentaires sportifs à deux. Donc lac, mer, eau vive, on va où tu veux mais c’est moi qui fais l’accent du Sud.

          • @François:

            je l’ai dit vers 2010 et c’est bien ces années là que je désignais

            Fair enough. Mais j’aime tout particulièrement le ciné d’action des années 90 un peu old school de Mctiernan ou celui de Jan De Bont quand il fait le premier Speed, ce dernier étant le film d’action le plus pur qu’il soit.

          • suis bien d’accord sur Speed

          • @Charles: qui* soit

          • @billy: ah d’accord,
            mais je connais pas tous les brefs par cœur c’est pour ça,
            j’en connais pas un seul par cœur à vrai dire.
            tu me gâches la blague d’atom que je trouvais rigolote à la base,
            alors que c’est juste qu’il a copié.
            je suis déçue déçue déçue.
            Moi aussi j’ai un neveu qui fait du kayak , médaille d’or de l’année 2016 de la sèvre nantaise.

        • on est juste deux comme ça ici

      • @Billy:
        D’autant plus qu’une série a le statut spécial d’être constamment menacé d’inachèvement à cause des annulations pour faute d’audience. Ajoutons à ça la jurisprudence Lost ou How I met your mother où les réponses à certaines interrogations parfois mettent plusieurs années à venir et on comprend pourquoi les mini séries feuilletonnantes ou les anthologies se multiplient (True Detective, Fargo, the night of…).

      • j’aime évidemment beaucoup The Knick, mais je l’aime grace à Soderbergh et malgré le schéma série
        sachant que comme d’hab, la force documentaire et géographique de la série finit par être absorbée par l’hystérie narrative, et c’est parti sur tout un tas de trucs sans rapport direct avec l’hopital (la toxicomanie du héros, son histoire avec l’infirmière, et la bourgeoise enceinte du négro, et le directeur et sa pute etc)
        ça tient à un très haut niveau pendant 4 épisodes (c’est passionnant sur l’invention de la médecine moderne, et c’est archi-marxiste) et après ça se banalise
        pas vu la saison 2, du coup, mais j’y viendrai, par loyauté à Steven

        • @François: je te trouve bien indulgent. Compte tenu de la richesse du sujet on peut appeler ça un ratage (pour beaucoup lié à la charge du scénario je suis d’accord, mais c’était donc visible avant le tournage).
          Soderbergh n’en a pas pris la mesure puisqu’il était prêt à embrayer sur une 3e saison, alors même que nous l’avions lâché avant même la fin de la 1ère.

          • @françois: « archi-marxiste » tu expliques ? que je sois sûre de bien te comprendre

          • on insiste beaucoup sur le fait que c’est un hopital de pauvres (e que le conseil d’administration reverait de le transhumer, pour aller ers une clientèle plus dispendieuse)
            on insiste beaucoup et très précisément sur le fric, sur qui paye quoi, sur comment en trouver, etc (voir la mention très précise de la crise des Philippines)
            aussi sur l’actionnaire principal de l’hopital (grande bourgeoisie supposée humaniste mais qui a surtout compris que le caritatif était un bon produit marketing)
            etc

          • @François; Atom: Ok. The Knick saison 1 c’est la dernière série que j’ai vue et qui m’a décidé de façon volontariste à faire une pause (qui dure depuis), précisément parce qu’elle illustrait bien les limites du genre et la frustration qu’on pouvait ressentir face à un super sujet, traité par un super réalisateur, mais gâché par la peur du vide et un scénario tournant dès lors trop souvent au grotesque.
            Ton « hystérie narrative » résume assez les choses.

            je lis à l’instant ton post Atom, qui illustre bien les choses: tu trouvés pas que ça fait un peu beaucoup tout ça (racisme, féminisme, etc) alors que le sujet central – la façon dont la médecine se construit – était déjà à lui seul plein de richesses ?

          • @Juliette B:
            C’est vrai que je regrette que beaucoup de fictions historiques se sentent obligés d’intégrer un cours d’histoire sur les thèmes du racisme et de la place des femmes. Pour nuancer un peu sur The Knick, j’ai trouvé malin que le personnage de Clive Owen ne soit pas immédiatement gentil envers le médecin noir ALgernon pour susciter la compassion du spectateur. Il fait de la discrimination pragmatique, il sait que les patients redouteront d’être approchés par un noir donc il s’oppose à lui dans un premier temps, avant de le soutenir parce qu’il est très compétent dans son domaine (donc il a un intérêt à le faire). Ensuite, si je me souviens bien, le problème d’Algernon c’est qu’il n’est ni accepté par l’ensemble du personnel hospitalier ni par les noirs qu’il doit fréquenter dans le ghetto. Il se bat même avec quelqu’un ce qui lui entraîne des problèmes de vue. Il y a donc un élément de classe qui est intégré (on le rejette car appartient à la classe dominante).

            Si on écoute Vince Gilligan, le showrunner de Breaking Bad, il parle de processus organique pour écrire ce qui advient aux personnages, que ce sont eux qui guident quasiment le scénario. Est-ce à ça qu’on peut voir qu’il n’y a pas de vision d’auteurs dans une série ? Je parle pas des contraintes venant de la chaîne, ni des attentes des spectateurs à satisfaire, mais nul doute que ça pèse dans la balance, mais comme au cinéma.

            Ensuite, c’est vrai qu’à la télé ce sont les scénaristes qui dominent et pas les réalisateurs. D’ailleurs ce sont des réalisateurs de série que les studios dépêchent pour leurs blockbusters : Alan Taylor, réalisateur connu de HBO qui a travaillé sur les Soprano et Game of thrones, parti sur Thor et Terminator, les frères Russo, JJ Abrams, Lord et Miller… sûrement car malléables et sans esthétique singulière.

            Du coup je peux demander à François une petite mise à jour sur l’état du cinéma d’action actuel ? Je me souviens qu’il a plébiscité le monde d’Oz de Sam Raimi (qui n’a rien fait depuis) au Cercle et Sherlock Holmes version Guy Ritchie, alors plus de très bons films dans les blockbusters des 5 dernières années ?
            (Pour tendre le bâton pour me faire battre, sur ce type de production il me vient là tout de suite à l’esprit parmi les réussites les plus récentes Pacific Rim et Kingsman (au moins pour le premier on peut pas dire qu’il n’ y pas de jubilation dans les scènes de destruction ni d’inventivité)).

          • J’aimais beaucoup d’un personnage purement pragmatique, le pragmatisme l’amenant d’abord à refuser un médecin noir puis à l’accepter
            Hélas, la série, parce qu’elle doit durer, parce qu’elle doit en permanence réinjecter du nouveau carburant, lui fait prendre peu à peu des poses classiquement humanistes. Très vite il ne défend plus ce noir par pragmatisme mais par conviction.
            Beaucoup aimé Pacific rim, pour les mêmes raisons que toi (même si mon idéal de film d’action se passe dans des décors contemporains, et avec des créatures exclusivement humaines). Mais alors sur le tableau général du film d’action, suis très négatif, et le coupable en est simple : les franchises super-héros, et notamment les franchises marvel, qui occupent à elles seules l’espace du cinéma populaire à visée mondiale. Il y a quelque chose de contradictoire entre le super héros et le classicisme du film d’action, qui est un art à hauteur d’homme (et dont la tension repose sur la capacité humaine dans des situations données, quitte à faire monter les dosages de capacité, comme dans la série des Bourne, ce sommet)

        • @François Bégaudeau:
          Sans rien « divulgâcher » de la saison 2, la relation de l’infirmière avec Clive Owen qui apparaissait presque comme une figure imposée du genre médical, constitue le premier temps de son émancipation du régime patriarcal, et elle va tenter de s’émanciper grâce à la sexualité (et s’opposer à son père abominable). La bourgeoise aussi va essayer de trouver une certaine forme d’indépendance et la nonne de la saison 1 va être obligée de s’éloigner de la religion (pour les raisons que ceux qui ont vu la saison 1 comprendront). On a une jeune journaliste comme autre personnage féminin fort.
          Et du côté de l’hôpital, hormis d’autres histoires de quête d’indépendance, le rival aryen d’ALgernon va adhérer aux courants racistes eugénistes de l’époque et faire des trucs horribles.
          Enfin, l’ultime scène de Clive Owen, inspirée d’un cas réel, vaut à elle seule le détour (en fait j’en sais rien, j’essaie juste de me donner de l’importance en tentant de vous influencer).

          PS: La série maintenant annulée aurait dû être constituée d’ensemble de deux saisons qui auraient à chaque fois suivi de nouveaux personnages au cours du XXème siècle.

          • @Atom François: J’admets que the Knick est de la belle ouvrage mais j’ai très vite lâché l’affaire après les premiers épisodes. Le personnage de Clive Owen n’est pas très intéressant en soi, le médecin-brillant-mais-drogué-méchant-mais-en-fait-gentil, on a déjà vu ça ailleurs. De même, les gros sabots avec lesquels est amenée la question raciale, avec évidemment un personnage noir qui est sympa parce qu’il est victime et qui va progressivement gagner l’estime de ses confrères malgré leur racisme, m’excite pas vraiment.
            J’attends surtout le retour du patron avec la nouvelle saison de Twin Peaks.

          • évidemment d’accord sur le traitement du racisme, vraiment à chier, et vraiment pas soderberghien
            (mais comment un réal pourrait tenir sa série sur la durée? impossibilité -une série finit toujours par etre de personne, écrite par personne, écrite par elle-même, par ses impératifs structurels)

          • CQFD

            (mais oui, pour Lynch on rompra son jeûne)

          • @François:

            une série finit toujours par etre de personne, écrite par personne, écrite par elle-même, par ses impératifs structurels

            T’as tout dit.

          • je te renverrai l’ascenseur en te citant : « Le réalisateur n’est évidemment pas à blâmer, de toute façon il est interchangeable et suit un cahier des charges ».
            c’est quand même dingue que les noms des réalisateurs de séries soient complètement méconnus ou anecdotiques
            ainsi il serait admis que ce genre qui parfois prétend avoir supplanté le cinéma (et qui l’a supplanté dans les pratiques de beaucoup) se passe de réalisateur. ca mériterait au moins d’être noté et discuté.
            quels noms sont connus? ceux des scénaristes. CQFD
            les séries donnent la victoire finale à ce que la grande critique française avait voulu mettre à mal, y réussissant presque : le scénario
            c’est aussi pour ça qu’on l’a mauvaise

          • @François: Exactement, culte du scénario. Des réalisateurs sont parfois appelés en renfort pour signer quelques épisodes (Tarantino, Scorsese, Van Sant) mais ça relève plus d’un coup marketing, d’un effet de signature, que d’une vraie prise en charge de la mise en scène. D’ailleurs ce sont souvent des réalisateurs à bout de souffle.
            Je me souviens d’un reportage où on expliquait que la pour la plupart des séries américaines, on tournait un épisode par jour (ou presque) et que le réalisateur n’avait pas d’autre choix que de suivre scrupuleusement le scénario. C’est ce qui s’appelle de l’illustration. Moi c’est ça qui me déprime avec la consécration des séries comme forme artistique supplantant le cinéma : la mort d’une certaine idée de la mise en scène.

          • Je suis d’accord avec vous sur les séries, écrites pas personne, autogénérées. Mais je reste intriguée par l’exception de certaines séries comiques. Il y a peut-être un truc qui se joue là. Les belles séries comiques ont des scénaristes-réal.
            Louis ck et Lena Dunham écrivent et réalisent leur série. Louis en est aussi le monteur.
            Ricky Gervais écrit mais ne réalise pas the office. Comme je défendrai Ricky jusqu’à la mort, dussé-je y laisser ma bonne foi, j’avancerai qu’il y a une spécificité de l’acteur comique : il peut réaliser le plan de l’intérieur quand il joue.
            Puis pour qu’une scène soit drôle, t’es obligé de la faire, de la jouer, de lui laisser du temps. Tu peux pas te contenter de scènes informatives/avortées/de transition.

          • très intéressante cette hypothèse
            très convaincante
            oui le comique impose son rythme qui court-circuite le rythme obligé des séries
            en terme charlo-bégaudiens, cela revient à dire qu’avec le comique on est obligé de laisser se développer des situations

          • ça faisait longtemps que j’avais pas repeint le site en bleu. Pas le meilleur jour pour le faire désolée.

          • @Juliette B: Se saborder en tant que créateur, tu y vas fort, Juliette. Je crois me souvenir qu’au moment où il se lance dans the knick, Soderbergh vient de claironner la fin de sa carrière de réalisateur. Il a dit à qui il voulait l’entendre qu’il en avait assez de se lever à 6h du matin pour tourner des scènes par -2 degrés. Donc j’imagine qu’il a dû voir the Knick comme une sorte de récréation, une pause. La série n’a pas été créée par lui, il sait bien qu’en n’étant pas le showrunner, le fardeau ne sera pas aussi lourd. Peut-être même qu’il ne l’a pas vu comme une oeuvre personnelle mais plutôt comme une collaboration à un projet qui ne lui appartenait pas.

          • @Juliette:
            « Un réalisateur en bout de course » : Soderbergh s’était mis en retraite provisoire de metteur en scène, fatigué de devoir se battre pour imposer ses idées, il avait même promis à sa femme une année sabbatique quand il a reçu le script pilote de The Knick.

            « Que trouve-t-il personnellement… » : Soderbergh est assez énigmatique et paraît assez humble. Il a quand même été réalisateur seconde équipe sur Hunger Games 1 par amitié pour Gary Ross et directeur photo sur Magic Mike 2 réalisé par son proche collaborateur Greg Jacobs. Il a accepté des films de commande. J’ai cherché une blague à faire sur son envie de travailler et Emmanuel Macron mais j’ai pas réussi. L’humour ne sera pas non plus mon truc ici.

            PS de la dernière chance : il a produit la version série de the grirlfriend experience, dont l’ensemble des épisodes, sur un monstre de contrôle et de dissimulation, a été écrit et réalisé par deux personnes seulement et dont le format de 20 minutes/épisose ne permet pas l’existence d’intrigues secondaires, là encore la saison 2 portera sur de nouveaux personnages.

          • je vais revoir bientot Girlfried experience pour une intervention dessus, je tacherai de choper la série en même temps

          • @Atom:
            on devrait permettre de supprimer un commentaire quand on s’aperçoit après coup qu’on a été trop lent à l’écrire et qu’on y a déjà répondu. Je me sens ridicule là.

          • @Atom ; Charles: ne regrette rien Atom ta non blague m’a fait marrer

            Je ne voulais pas dire se saborder définitivement :-), mais sacrifier quelque chose de son libre arbitre et de son contrôle sur l’oeuvre le temps d’une série où, on l’a dit, le scénario est le maître.
            Ca fait bizarre quand on compare au travail tellement ciselé que représente juste avant Ma vie avec Liberace.

            J’ai trouvé effectivement après vous avoir lu ses déclarations de 2013 sur sa lassitude à tourner pour le cinéma et en particulier à se fader les studios, une envie de peindre aussi.
            Mais on annonce la sortie en août prochain d’une nouvelle comédie… Il y revient donc.

          • à vrai dire on a connu peu de génies qui, ayant annoncé qu’ils arrêteraient, ont effectivement arrêté

            à part Jospin

          • – alors ça: vu Marley et moi il y a 2-3 jours, ça m’a permis de découvrir ce qui pourrait être le système-genèse de l’énonciation ultra rapide des actions dans

            la série shortcom Bref.

            de Khojandi et Muschio (voir la séquence où le perso joué par Owen Wilson vient de trouver un taf de chroniqueur dans un journal et où il livre sur ce mode on enchaîne/on enchaîne les actions de Marley qui impulse chacun de ses papier)
            système-genèse potentiel bien revisité dans tous les cas si c’est ça,

          • oui on aime Owen Wilson

          • et les labradors retriever

          • entre autres

    • @Charles:
      Cette excellente critique me donne du fer à retordre. Je comprends mieux l’agacement que la mise au pinacle des séries peut susciter. J’ajouterais seulement deux ou trois choses.

      Moi aussi la musique omniprésente au cinéma ou à la télévision m’agace. Cependant, elle n’est pas une caractéristique propre à l’ensemble des séries en général, elle est très discrètes dans les dernières saisons de Breaking Bad par exemple.

      Ensuite, il est vrai qu’avec Leftovers on n’est pas vraiment dans la joie tragique (contrairement à Louie on la retrouve presque à l’état pur) malgré quelques touches d’humour par ci par là (l’égorgement de chèvres ou le type sur son pylône). Néanmoins l’utilisation de la musique dans les scènes précitées sont intéressantes et fonctionnent car en décalage avec ce qui se passe à l’écran (on rejoindrai presque l’analyse de Mosart par Rosset). Pour la scène du début de la saison 3, je trouve la chanson un peu narquoise, elle semble enjouée et de plus elle est aussi en décalage par ses paroles qui se placent d’un point vu postérieur au grand ravissement. Idem pour la scène de l’accouchement dans la forêt au début de la saison 2 accompagnée par une musique d’église éthérée qui contraste avec la violence du montage et la difficulté des conditions (mais pas avec le caractère sacré, mystérieux que le concept de naissance relève). Oui le thème principal de Max Richter est devenu à force de répétitions synonyme à lui seul de solitude et de désarroi existentiels, mais ça me gène pas (les désaccords viennent souvent d’un constat partagé auquel on associe pas les mêmes valeurs).

      Pour finir et essayer de contrattaquer sur la scène de l’étouffement, qui est c’est vrai coupée de manière très abrupte, j’utiliserais un des grands moments de la série, quand dans la saison 1, Justin Theroux est face au faux prophète mourant, qui devient touchant car il se met à douter de ses dons (le spectateur lui le voit comme un manipulateur vil depuis le début) et on devine le souhait qu’il fait à la demande de ce dernier, et on est ému à la fin quand on voit comment se souhait se réalise. C’est vrai que dans une série les scènes servent surtout à donner une information en vue d’une utilisation future (souvent de caractérisation de personnages), comme c’est le cas avec l’étouffement (ce qui justifie un peu le raccord abrupte, plus tard on s’attend à d’autres scènes plus choquantes).

    • on aime aussi la pub pour la saison 2 du 10% qui dit bien le bon dosage d’un peu de tout avec ce format série tiens: 10% de bonheur + 10% de méchanceté + 10% de pétate de plomb + 10% de

  6. Pendant les french spring holidays, les effectifs réels quotidiens des centres loisirs à 9h30 occasionnent de nombreux transferts du personnel dispo – personnel entretenu en vivier, vacataires dalleux payés 2 mois minimum après service rendu, de l’intermittent du spectacle bon marché oui – transferts d’ouvriers parfois un peu spécialisés dans l’hyper polyvalence exigée, de centres sur-dotés en anim vers d’autres moins pourvus.
    Au centre de ces manip logistiques – il est beau mon réel il est beau, savait pas qu’on f’sait un concours de raconte du réel – on a fait connaissance avec un p’tit d’homme qu’à foutu le feu à l’âme – âme qu’on a réussi à localiser du coup, elle zone entre les deux omoplate, dans le tiers haut du poumon gauche on dira –

    Alors qu’on avait bien saisi les coups de coude rigolards d’un trio bizuteur futur potaches en goguette et en bande pour toute sa life qui réclamait une attention pas que bienveillante (´eh lieutnant nig regarde, C est dans les toilettes des filles et c’est un garçon’) et qu´instinctivement ou que sais-je on avait décidé de pas calculer, on lévitât quelque peu en fin de journée quand C vint nous dire qu’en fait il était bien une fille et que le ´mon grand’ , qui échappât en fin d’une courte phrase formée pour le remercier quand on quitta la salle assez péniblement rangée et nettoyée en petit comité alors qu’on fût une douzaine au moins à la saloper, l´avait rendue joyeux (sic)
    Sa sœur enchaîna sur le fait que C kiffe être un garçon manqué en fait et on s’est quitté ce mardi là en se promettant de penser à ce que serait un garçon réussi.
    On aime vivre à Paris.

  7. ** Patients,  Fadette Drouard , Mehdi Idir, Fabien Marsaud, mars 2017: on repense à la scène où Steeve, back-casquette, yeux délavés, déprimé assumé fan de vodka, soumet à la communauté son questionnement sur le public accueilli dans leur centre de ré-éduc, il note y chercher vainement des bourges, on se confirme qu’ien a pas, se demande du coup si c’est parcqu’ils sont moins barges ou si c’est plutôt qu’ils ont leurs centre privés pour être réparés, cette scène dure 5 minutes, fait partie d’un ensemble de rapides et joyeux brainstorming-fumette dans un coin assez large pour y garer leurs carrosses quand ils ont pas d’escarres au cul, ensemble de rapides et joyeux brainstorming-fumette dispatchés au montage en motif philo-collectif-requinquant, leur training corporel quoi

    • on écrivit il y a peu y aimer aussi les scènes limite poids lourds avec les persos du personnel soignant écrits et joués avec ses signes particuliers-défauts pas oubliés (l’aide soignant qui parle au patient en lui demandant indirect ´ alors il a bien dormi? il lui dit si son oreiller est mal mis hein ´ ou l’aide soignante mastoc qui plante le nouvel arrivant de longues minutes avant de venir l’installer comme promis, celle aussi qui met un certain temps ^^ à scratcher la fourchette sur le dos de la main d’un nouveau pensionnaire qui découvre la cantine,

      car tout en partageant l’irritation collective et enfin presque consensuelle devant les diverses maltraitances statutaires et budgétaires des personnels des métiers du soin et de la santé, on note qu’ils ne font que subir ce que n’importe qui subit depuis au minimum une vingtaine d’années,
      ´Tu veux dire dans le privé?
      – si tu veux ´

  8. Crass – I Aint thick it’s just a trick https://www.youtube.com/watch?v=okU56nT8tRg

  9. vais pas répondre là et genre après t’as même plus besoin d’acheter le livre en janvier et je perds 2 euros

    2 euros pour
    dorer la couille de mon idole
    12 capotes

    on hésite

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