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49 513 Commentaires

  1. J’ai bien bossé hier, j’ai vu A Beautiful day (alors que le titre original You were never really here est si beau).
    La mise en scène circonscrit parfaitement le jeu de ce petit cabotin de Joaquin Phœnix. Barbe qui couvre son visage, cicatrices qui couvrent son corps. Démarche lourde et grognements d’ours. Un animal, un corps, une mécanique. Même son sourire, son seul sourire du film, est mécanique, est déjà un effet de montage. Après un sauna, Joaquin se fait beau devant un miroir de salle de bain, il chantonne et finit par un sourire à son reflet. La séquence suivante est un massacre.

    J’aime aussi les effets de répétition lancinants, obsédants : la chanson qui revient plusieurs fois, les comptes et décomptes avec les voix qui se superposent, la respiration au sac en plastique, les plans de sable… Les souvenirs de Joaquin reviennent, se répètent, se répondent, comme des mouvements musicaux. C’est très beau.
    Par contre, lorsque la signification de ces réminiscences apparaît trop clairement, ça m’ennuie, ce sont des clichés (passé traumatique, le père, la mère, et aussi trauma d’ancien combattant) qui m’empêchent d’adhérer totalement au film. Et par dessus, il y a aussi ces flashs de corps entassés dans un cachot. Là ça commence à faire beaucoup ces réminiscences, à faire trop et ça m’intéresse ce « trop », parce que je ne sais plus la part de vécu et de paranoïa du personnage, parce qu’au final, les causes s’additionnent et s’annulent. Lynne ne veut jamais expliquer son personnage, son passé. Elle veut juste le regarder dans son présent, où il n’est jamais vraiment, comme dans le titre.

    Visuellement, le contenu des plans m’intéresse tout le temps. Lynne ne se perd pas dans des scènes explicatives, elle reste sur un film impressionniste. Les orteils de Joaquin qui plonge dans le sable. On comprend pas tout de suite ce que c’est. Je me suis dit, dans ma grande naïveté, en voyant ce 1er flash insituable : tiens c’est peut-être des souvenirs de vacances à la mer… Puis je revois plusieurs fois l’image du sable dans le film, je comprends qu’il est pas à Arcachon. J’aime bien comment le film se construit et se déconstruit dans ma tête grâce au montage, d’une grande virtuosité je reconnais.

    Il y a beaucoup de scènes incroyables qui me suffisent pour elles-mêmes : les gros plans de bonbons fluos éclatés entre les doigts de Joaquin, les grimaces d’agonie qui sont des sourires de jeunes filles. La scène que je préfère, c’est celle d’un mec sur lequel Joaquin a tiré. Le mec est, à terre, mourant. Joaquin, debout à côté de lui, pourrait le finir. L’homme à terre veut échapper à Joaquin, il rampe longuement dans le salon, sans pouvoir lever la tête, sans pouvoir se diriger, il rampe jusqu’à ce que sa tête cogne lamentablement la porte du placard de la cuisine. Un élan vital débile et émouvant. D’ailleurs ça émeut Joaquin. Il lui file un médoc, il reste à ses côtés. Il a pitié de lui, pas parce qu’il est mourant, parce qu’il est en vie.

    Du coup, moi aussi je vous le conseille grave ce film.

    • @Billy: ah oui ça donne envie, faut que je m’organise.
      J’ai déjà un vu un film de cette nana, we need to talk about kevin, conseillé par ma sœur Sophie.
      Sur la psychologie déjà elle n’élucidait rien, ça doit être son truc, son dada.

      • Merci Billy, on va suivre votre conseil alors.
        J’avais aussi trouvé que son film tiré du livre de Lionel Shriver était bien foutu, alors qu’il ne paraissait pas évident à adapter ce Kevin.
        Une de mes collègues qui va beaucoup au cinoche n’a pas supporté A beautiful Day et est sorti avant la fin, ce qui ne lui arrive jamais… On verra.

        • A Beautiful day me paraît hyper supportable, mais tu me diras. Je me suis même pas poser la question du supportable pendant le film, c’est pas Antichrist quoi. Les quelques moments gores sont hors-champ. J’ai crié juste une fois quand Joaquin se fait éclabousser, je me suis caché le visage avec les mains et je regardais entre les doigts. La fille de base.

          • Moi qui suis un mec de base, j’ai tout bien regardé en face. Mais c’est aussi que souvent je ne voyais pas venir l’horreur. Sinon j’aurais fait ma fille de base

        • @Juliette B: et on n’oublie pas le conseil braguino sur le replay arte de Cédric depuis hier et pour un mois,
          et je persiste à te conseiller le film de vincent le blaireau parce que je le trouve intéressant et j’aimerais avoir ton avis ( et en plus il est rigolo ),
          t’as qu’à le pirater si tu veux pas courir dans paris pour le trouver

          • @anne-laure: Oh mais je sais pas bien pirater moi, les fois où j’ai tenté ça m’a ramené des merdes sur mon ordi dont j’ai eu du mal à me débarrasser après. Pour l’instant mes horaires collent pas avec ceux de Vincent, mais le week-end qui vient j’essaye.

            Merci de me rappeler Braguino :-), je l’ai vu hier en replay mais comme son parti-pris esthétique (longs plans répétés sur les beaux enfants blonds, ode à la vie sauvage etc.) ne m’a pas séduit, et que tout repose sur lui, je me suis assez vite ennuyé. C’est un peu comme l’autre docu dans les bois dont on avait parlé : la fascination du réalisateur pour ses personnages fait écran entre eux et moi.

          • c’est pas très sympa de faire miroiter à Juliette du rigolo dans Pour le réconfort
            pas sympa et pas tactique

          • @juju: ah d’accord, moi j’ai pas encore pris le temps de le voir, nous verrons donc si je peux être fascinée par de beaux enfants blonds,
            mais je me soupçonne déjà d’avoir cette appétence, surtout s’ils ont les yeux bleus,

            alors que les enfants noirs

          • @juju: félix il sait vachement bien pirater je sais pas comment il fait, je crois qu’il faut passer par les sites de streaming allemands un truc comme ça, parce que surpersurveillés ils savent parfaitement frauder,
            c’est ainsi par ailleurs qu’il a vu logan lucky que je lui avait conseillé,
            bilan : pas emballé, quelques plans originaux qui lui ont plus, notamment la façon de cadrer des gens de très très loin je crois j’ai pas tout enregistré ,
            pas emballé par le scénario, surtout la fin qu’il a trouvé absurde le partage de fric il a pas compris

          • @anne-laure: tu lui as répondu quelque chose sur le partage du fric ?

          • @juju: ben non je sais pas j’ai pas vu le film,
            et au fait me suis plantée pour les sites allemands : ça c’est pour voler des jeux vidéos,
            c’est pas pareil,
            ahlala ces pirates,
            allez zou vais mater la guerre des blonds

          • @François: …tandis que toi qui nous envoies voir des coups de marteau et le sang qui gicle.
            Le diable je vous dis.
            Un vrai Charles Manson.

          • C’est à dire que moi j’aime pas du tout le rire. C’est comme ça depuis tout petit. Attouchements de mon oncle.
            Paix à l’âme de Charles -1m57 et douze esclaves sexuels, moi je dis chapeau.

          • @juju: mouais c’est pas trop mal braguino, bien aimé surtout la première partie jusqu’à l’agglomération d’enfants blonds sur l’île, ensuite j’ai décroché,
            la dernière partie m’a faite penser au bouquin de sylvain tesson, lorsque des riches citadins viennent foutre la zone sur le lac avec leur 4X4 de merde et leur musique trop forte je sais pas si tu vois.

            J’ai aimé surtout la chasse au canard ( on traduit canard mais je crois pas que ce sont des canards, plutôt des genres de grosses perdrix mais bon je vais pas refaire les traductions ), très efficace, grâce au montage , c’est marrant parce que t’imagines bien que le vieux il tire pas comme ça toutes les secondes sur les oiseaux.
            Le déplumage par le gamin j’aime bien,
            et bien entendu l’élément essentiel du film : le démantèlement de nounours.
            Ah bah alors là j’en revenais pas, du travail bien effectué, propre impec.
            Avec des soi-disant chichis mystiques qu’ils feraient à la fin pour rendre hommage à l’âme de l’animal mais c’est pour faire plaisir aux touristes à mon avis, ils s’en battent les couilles.
            J’adore la chute de la tête d’ours.
            Je me disais tiens c’est marrant les papates on pourrait en faire des chaussons et paf plus loin tu trouves une princesse avec les chaussons. C’est magique.

            C’est magique aussi la séquence de deux secondes de l’homme qui tartine le chien blanc de sang et tu comprends pas ce que c’est.
            Après tu comprends.
            C’était pour l’ours.

          • @et plutôt pour billy: au niveau de la bande son, que j’appréciais bien au début parce que les sons sont étranges et envoûtants , je crois une sorte de son dévié de bruits de pales d’hélicoptères,
            beaucoup d’aboiements ensuite,
            ça allait bien, c’était pas trop mal,
            mais sur la fin le son fait un effet d’exagération de la gravité de la situation alors que c’était pas la peine d’en rajouter je trouve mais bon

          • @françois: bé ? c’est pas parce que toi tu étais tout crispé tout fâché que juliette ne va pas apprécier l’humour du film, non mais.
            C’est pas la peine de tenter de dégoûter les autres par avance des choses qu’on exècre, je vois pas l’intérêt.

        • @Juliette B: des fois que tu te prendrais un vélib et paf la juliette

    • Voilà : il y a des scènes. C’est vraiment l’exécution que je trouve exceptionnelle dans ce film. Tout est redoutablement bien négocié formellement.
      (mes deux prefs : les deux séquences de virée punitive -la première pour l’usage de la videosurveillance, mixé avec un morceau de soul-yéyé ; la seconde pour les gestes ellipsés, ellipse qui pourrait se gloser métaphysiquement si j’avais que ça à foutre)
      Evidemment la backstory traumatique aurait tout pour m’emmerder, mais elle n’est justement jamais traités comme une backstory qu’on éluciderait peu à peu comme une clé, mais plutot comme une série de flashs au présent, qui ne seront jamais moins confus que lors de leur première injection. Ca fait vraiment passer le truc (j’aime assez aussi qu’il y ait deux traumas, façon de sortir du rosebud univoque, et de compliquer le schéma explicatif, qui finit par ne rien expliquer)
      Je ne sais pas bien ce que cette fille a dans le crâne, mais je sais qu’elle a du cinéma entre les mains.

  2. François,
    Je me permets de relancer ici une discussion avortée samedi à la fin de notre rencontre au Festival Interférences pour bien saisir le point de cristallisation du débat qui a eu lieu en salle autour de l’accès à « des vérités » VS à « la réalité » ou « des effractions de réalités » au cinéma.
    Les uns défendant l’idée que le cinéma nous donne accès à des formes de vérités, même si celles-ci sont toujours le résultat d’une élaboration, historique, scientifique, etc…alors que toi tu préférais parler « d’authenticité » ou « d’effet de réel ». Est-ce que tu pourrais éventuellement nous resituer rapidement ce premier courant de pensée, qui, si j’ai bien compris tourne autour « de l’accès possible à des vérités dévoilées par l’art et le sensible » puis nous dire en quoi il semble si contradictoire avec ton approche et ton vocabulaire autour du « réel » ?
    Et tout le monde peut participer, c’est pour ça que j’écris ici et pas par mail.

    • L’authenticité n’est pas un mot que j’emploierais. Je demandais aux étudiants des exemples de ces « vérités » produites selon eux par le cinéma, et ils me parlaient en fait de « sincérité » -notamment à propos du film bulgare. C’est là que le mot « authenticité » m’a semblé opportun pour rendre compte de leur pensée, pas de la mienne.
      Eux et leur prof disaient d’ailleurs bien « vérités » et non pas « effets de vérités » -ça c’est plutot mn lexique à moi. Et j’entendais dans ce lexique un dualisme bien connu dans certaine pensée classique (et scolaire) de l’art : le réel n’est pas la vérité. Dans l’art il n’y a pas de réel, il y a des vérités. Et l’art fait advenir la vérité en retranchant le réel. C’est du platonisme pur jus : le réel masque la vérité -masque les idées-, il faut donc le retirer pour qu’on voie à nouveau la vérité. Dans ce processus, la fiction est l’outil privilégié, qui justement évacue le réel (et non pas le docu, qui lui redonne la main)
      Ce dualisme là, qui se résumeen trois phrases et se récite aisément (l’étudiant récitait, et ça m’a fait mal pour lui), ne correspond en rien à ce qui se passe entre un spectateur et un film. Un spectateur, de fiction ou de docu, a toujours affaire à du réel, à des effets de réel en tout cas, à des phénomènes perceptibles qu’il assimile à du réel. C’est pourquoi j’ai pris comme exemple la voix de la vieille dans le docu qui la saisit en plan fixe pendant vingt minutes. Cette voix, l’effet qu’elle me fait, je peux en dire quoi? Surement pas une vérité. Cette voix n’est pas vraie au sens platonicien, elle est… ce qu’elle est. Elle impose sa force singulière, et cette force singulière là s’appelle le réel. Du moins cette voix acquerra sa puissance de réel si je la perçois comme singulière et qu’elle m’affecte. Le réel au cinéma n’est pas un donné mais un processus : il advient par frottement entre l’objet (cette voix) et celui qui la perçoit. Il est une zone de frottement entre récepteur et émetteur.
      Le champ académique a une tendance structurelle au dualisme. Puisque son fond d’activité et de commerce ce sont les idées, alors il attend de l’art des idées. Et c’est bien dommage, parce que l’art c’est justement ce qui résiste aux idées, du moins ce qui les éprouve, les complique, les altère et fait tout ça en enchevêtrant les idées et le réel. Le réel est alors, pour le champ académique, un empêcheur d’idé-aliser l’art, d’où sa très mauvaise presse dans ce champ (voir Deux singes 98 là-dessus)
      Le prof a cité Kant : normal. Il n’allait pas citer Rancière.
      Et voilà ses étudiants embarqués dans ce dualisme qui ne les aidera pas du tout à rendre compte de ce qu’ils voient et entendent et ressentent quand ils sont devant un film.

      • @François Bégaudeau:
        Merci, c’est plus clair. Bien sûr, le réel comme ce qui excède la pensée. Je reprends Deux singes, je me reconnecte.
        « Raconter que le réel est une fable exonère de le prendre en compte, et dégage une voie royale pour la pensée pure. C’est le père de tous les arrangements. » Deux singes, p.243
        Plaisir de relire cette année 98 après ces trois derniers jours passés ensemble, à l’aune des 7 films en compétition et des discussions qu’ils ont suscités.

        • 7 films dont 5 que je n’oublierai pas de sitôt
          Les deux autres étant tout sauf nuls.
          Précisons que sur ces deux figurait Vers la tendresse, d’Alice Diop, que certains sitistes ont vu je crois.

  3. Tiresome, t’étais à la séance d’hier 13h40 de mise à mort au mk2 Parnasse? Si oui, on était à la même.

    • @Charles: gran zespri gran zomm

      • et si c’était un top 16

        , on remixerait le bazar comme suit:

        120BPM
        Jackie
        La colère d’un homme patient
        The Young Lady
        Baby Driver
        Seven Sisters
        Wind River
        The Square
        La mise à mort du cerf sacré
        Happy End
        Mary
        Dans la forêt
        Valley of stars
        Atomic Blonde
        Le prix du succès
        L’amant Double

        • @:

          – en 2 Jackie, parcqu’il parait que la bête est romantique
          puis
          – La colère d’un homme patient, pour sa forme froide, calme, déterminée, sans empathie aucune, putain ça fait du bien, pour un film loin d’être sans action et qui maintient tension et attention alors que l’issue est d’emblée annoncée
          – The Young Lady parcque ça botte le cul à Miss Bovary un peu enfin, ça se laisse mettre sur la voix pour bien s’en émanciper de l’école d’Emma, de son romantisme encore si propret et rosissant, la Jeune dame aime le cul, vit son corps et se sert, désactive les embûches qui la freinent, zigouille de l’intérieur et en local le systéme patriarcal à mesure qu’il l’entrave
          – Baby Driver, parcque Spacey avant qu’on sache, parcque drôle, dingue et trop comme on adore avec des experts à la Logan Lucky un peu, l’illégalité comme jeu sérieux et pour sa gueule
          – Seven Sisters, pour son aspect formel joueur, le mélange réussi des codes graphiques Marvel et son allure retour vers le futur un peu (dans les décors, les persos à figure et psychologie de marionnette, la mise en scène ave l’actrice à multi-rôles ) et sa trame politique d’hyper proximité avec les badges d’accès, les contrôles et stockages d’infos persos pas si maîtrisés, l’obsession de la régulation des flux et déplacements des citoyens, de la densité de la population, un film contemporain et sf en même temps dans l’usage qui est fait de la technologie (extermination organisée et institutionnelle des résistants) avec un Dafoe sereinement monumental en grand père féministe de fait et au quotidien

          • ma liste n’a rien d’original par rapport à certaines livrées ici, donc ça attendra bien Transfuge de janvier
            la seule petite exception tient au fait que je suis le seul ici à avoir vu A beautiful day
            je recommande aussi chaudement M
            non j’déconne

          • @:

            et bien voilà, m’aurait étonné que ça tienne: je sors du Gorgeart qui déboule dans le

            top 5

            et prend la place des Seven Sisters en 1 coup avec son Diane a les épaules
            ouais chu comme ça moi

          • @François: ta liste, donc, logiquement ça devrait être ça (en désordre):

            Happy end
            Mise à mort du cerf sacré
            120 bpm
            Neruda
            Jackie
            Une vie violente
            A beautiful day
            L’usine de rien
            Logan Lucky
            The square

          • oui mais pas de Neruda
            et pas dans cet ordre

          • il manque Barbara

          • @<a href="#comment-68591"François: Merci.
            Et aussi d’avoir recommandé ici Le septième continent. Sacrée claque.

        • @:

          Diane a les épaules

          , premier long de son réal. si je comprends bien,
          Hesme est presque jusqu’à la toute fin archi à la hauteur, filerait presque au film le(s) défaut(s) attribués à Dosch pour le Jeune Femme de Serraille qui a quelque peu vampirisé le truc pour certains et pourtant ça fonctionne: c’est ajusté, drôle, documenté et surtout, surtout centré sur la femme, sa découverte de ce qu’est dérouler une grossesse, ce que les autres y investissent, y foutent de plus ou moins intrusif et grossier, la place qu’on lui laisse à elle, femme enceinte et femme qui ici, dépanne un couple de 2 copains, 

          on l’avait repéré la b.a. de ce film et avait de suite dit ici combien ça nous ramenait direct au je sais pu combientième récit de l’Au début: synopsis -> une meuf porte l’enfant d’un couple homo
          on a aimé, bien aimé, 

    • @Charles:

      hier mise à mort

      – pressens-tu que cela t’incite à revoir ton classement top10 2017?

      . si j’osais, je proposerais le mien comme suit:
      120BPM
      Jackie
      La colère d’un homme patient
      The Young Lady
      Seven Sisters
      Le vénérable W
      Wind River
      The Square
      La mise à mort du cerf sacré
      Happy End

      • putain c’est trop chiant de devoir les classer, on pourrait y passer des heures
        je prends le parti de classer par ordre de ceux qui m’ont le plus étonné ou procuré un plaisir immédiatement fort

        Une vie violente
        The Square
        Jeannette
        Gabriel et la montagne
        La mise à mort du cerf sacré
        L’usine de rien
        Jackie
        Les fantômes d’Ismael
        Paterson
        Neruda

        et si c’était un top 15:
        Get out
        Corps et âme
        Va Toto
        La colère d’un homme patient
        Grave

        • @Juliette B: en outre de cette histoire de classement je te valide pour le réconfort de vincent,
          pas mal du tout, des plans étonnants, des répliques qui claquent, des personnages intéressants,
          quelques défauts deci delà mais c’est pas grave, le fond est un bon sujet

        • @Juliette B: et avec tout ça t’as le droit à un très bon générique final, de la musique post punk comme on aime par chez nous,
          et avec ça ce sera tout madame la charcutière, la femme du charcutier

          • @anne-laure: non mais tu te rends pas compte de la violence du truc, t’es à peine arrivée sur le site Sens critique de notre Carlito chéri qu’on te demande de t’identifier – vos papiers -, puis de classer les films, de les noter, et de cliquer les critiques qui te plaisent – positives ou négatives – qui du coup remonteront devant les autres ou partiront dans un grand puits profond d’où elles crieront « Help, Help, Hé Ho, You You, Y a quelqu’un ?  »

            ça me fait penser à Maurice et son Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus.

          • @juju: ouais mais t’es pas obligée de t’identifier non ? de participer aux concours,
            tu peux juste mater comme une voyeuse il me semble

          • @anne-laure: oui mais moi comme une idiote je m’inscrivais sur le site juste comme on le fait sans penser entrer dans un concours de mes deux.

          • @anne-laure: je veux dire ça va pas du tout de soi que l’amour du cinéma se passe sur ce mode là – concurrentiel – quoi.

        • @Juliette B: sinon t’as une idée de combien de temps dure la pièce des chiens ? chuis sur une organisation de journée hypersévère là, faut que je compte toutes les minutes

          • @anne-laure: 1H30. tu reprends le train après et tu vas courir ?

          • @juju: non non j’aurai le temps de trainer mais je sais pas où encore, j’ai des calculs savants à faire,
            merci pour l’info ( nan mais parce que c’était pas noté sur les billets ni sur le site quel manque de rigueur )

            vais peut-être courir nue dans le 11ème avant de partir ouais

          • @juju: nue sur une bourrique

          • @anne-laure: je ris. si tu traines dans le coin du théâtre tu vas te trouver plein d’amoureux (je ris encore comme une grosse bête). si tu as besoin, tu me sonnes, ou me siffles.

          • @juju: ah ouais c’est plein d’arabes non ? la goutte d’or, parait qu’faut pas y trainer genre touriste faut bien faire comme si tu y vivais depuis toujours, des ragots qu’on m’a raconté encore,
            même pas peur j’ai peur de rien

          • @juju: j’ai déjà trainé à la gare du nord avec les toxicos moi madame j’ai peur de rien

          • @juju: et puis je sais pas siffler, je sais que siffloter des petits airs sympathiques pour moi-même

          • @anne-laure: y a aucune raison d’avoir peur. c’était rigolo le soir où j’y ai retrouvé les cinq autres parce que la copine de Zaï qui a 22 ans et est belle comme un coeur avec ses shorts et ses yeux qui brillent nous a dit en souriant – sans s’en plaindre – qu’on l’avait accostée cinq fois entre la station de métro et la brasserie d’en face du théatre (50 m) où elle nous a rejoint, ma copine M-H qui habite dans le quartier lui a dit Ah oui c’est comme ça ici même avec moi qui suis une vieille ils tentent le coup, de la même façon qu’elle aurait dit la boulangerie est au coin de la rue, et moi je me suis rendu compte que j’avais rien vu de cette division sexuelle en descendant du métro et en entrant dans ce même café où seuls des garçons se trouvaient vu que j’étais préoccupée par un truc que je lisais à ce moment là.

          • @anne-laure: quand je disais tu me sonnes c’était pas rapport au danger c’était rapport au sommeil nécessaire, mais j’habite à l’autre bout de la ville.

          • @anne-laure: tu sifflotes comme ça je parie (avec tes pieds) ? https://www.youtube.com/watch?v=U5GKrmtCAgo

          • @juju: Oh bah oui je connais bien, sûrement le premier morceau sur lequel je me suis entrainée, le b-a-ba du sifflotage , maintenant je peux tout te faire, de la symphonie de beetove à nofx,

            j’avais pas compris oui pour le signal d’alerte, je peux te sonner avec une petite clochette peut-être dring-heu-ling-heu-ling ,
            si je loupe le train
            ou une grosse cloche à vache,

            sinon j’irais coucher avec les arabes c’est pas grave

          • @juju: mais en y repensant ce qui me ferait vraiment kiffer comme signal à travers la ville ce serait un coup de projecteur comme celui de batman, faut que je trouve un logo

          • @juju: comme j’y repense je me demande si le film de vincent ne serait pas le film du looser dans toute sa puissance ,
            non mais parce qu’il nous a fait de ces plans pas possibles quand même,

            j’espère que tu vas le voir pour me dire

          • moi en le voyant je pensais plutot : un film de blaireau (surtout politiquement)

          • @anne-laure: tu le recommandes ? (Il ne passe plus dans beaucoup de salles ici)

          • @anne-laure: pardon je te demande un truc auquel tu as déjà répondu, vais essayer de le choper si j’y arrive.

          • @juju: mais oui je le recommande, malgré quelques moments difficiles à passer,
            Oh bah paris, quand même, juliette

          • @françois: ah ? moi j’aurais pas dit ça, j’aurais dit un film qui montre bien le trouble des affects politiques,
            mais qui traversent des corps de blaireaux peut-être oui si tu veux

          • Macaigne dit dans les interviews qu’il a voulu parler de la France. D’un certain état de la France. A la lumière du film, on peut supposer que selon lui la France est traversée par bien des colères, et notamment des colères sociales. Bon, pourquoi pas -on pourrait tout aussi bien dire qu’en ce moment la France est surtout très passive face à la grande offensive antisociale en cours.
            Comment se manifeste la colère dans le film? Elle est essentiellement portée par l’ami d’enfance des grands bourgeois et par sa campagne. Colère prolétarienne? Sur ces deux mots, deux sont faux. Il ne s’agit pas de colère mais de ressentiment, ou de jalousie -ce qui tout de suite met un peu en doute le sentiment premier que ce film pourrait etre de gauche (d’ailleurs, sur le plateau de Qotidien, Macaigne a dit qu’il n’aimait pas beaucoup la notion de lutte des classes). Et surtout il ne s’agit pas de prolétariat du tout. L’ami d’enfance en question a l’air de diriger un village résidentiel destiné au troisième âge, et compte racheter les terres du domaine grand-bourgeois pour l’étendre. Singulier prolétariat. Le mec était peut -etre pauvre à l’origine (c’est très flou, le film es très flou sur les appartenances sociales), mais là il ne l’est plus du tout. La ligne de front sociale n’est donc pas du tout tracée entre bourgeois et prolos, mais, dans l’élan de Tchekhov qui inspire ce film autant qu’il en déglingue totalement la pertinence contemporaine, entre deux bourgeoisies : l’une d’origine aristo, terrienne et rentière et en déclin, l’autre commerçante et ascensionnelle. D’une part c’est là une vision très erronée de la bourgeoisie dominante actuelle (qui est à la fois rentière et prédatrice, terrienne et nomade, etc), d’autre part il apparait quand même assez clairement que la sympathie de Macaigne va à la veille bourgeoisie châtelaine, en butte à ces parvenus qui veulent défoncer les vieux arbres. Motif bien connu et très récurrent dans la littérature nationale droitière : la mélancolie par rapport à un monde qui disparait.
            Tout cela n’est sans doute pas si clair dans le cerveau de Macaigne, qui m’a l’air bien embrouillé, mais très clair dans son film.

          • @françois: et il est pas génial ce Laurent ? Quel bon personnage

          • @François: Belle clarification. En voyant le film, je me dis que Macaigne est quand même limité dans l’écriture. Il faut à chaque fois que ça gueule, ça s’insulte, dans un mélange de cruauté et de sentimentalisme. C’est réussi sur quelques scènes, parce que les acteurs sont au niveau, quand même, et fatiguant à la longue. Ca marchait beaucoup mieux au théâtre, quand il adaptait les Idiots, où la colère des personnages me paraissait plus à propos, moins confuse.
            Ceci dit, cette confusion que tu soulèves est très fréquente au théâtre, surtout dans le théâtre contemporain où les effets de sens, comme tu dirais, les allusions politiques (et tout le problème tient dans cet aspect allusif et donc impensé) sont légions.

          • Oui hélas ce flou est très répandu.
            Quant à a pente hystérique des scènes de Macaigne, elle est ici très clairement un aveu de faiblesse.

          • (désolé, je suis crevé je sors de garde à vue, je ne suis moi-même pas très clair)

          • @Charles et françois: putain mais keske t’as fait comme connerie encore charles,
            ben moi je sors de chez le véto où nous avons dit adieu au corps du chien-cochon qui s’est fait écrasé hier par un vélo,

            moi j’aime pas quand les comédiens qui gueulent trop, se foutent en colère pour bien faire comédiens ( ce que je n’aimais pas dans apnée par exemple, et dans mes cours de théâtre ),
            donc ça oui c’est la part pénible du film, surtout que si c’est de l’impro de colère on tourne toujours autour des mêmes insultes ( connard et de merde ), mais remarque ça fait spontané, ça fait vraiment teubé comme il se doit lorsqu’on est en colère,
            quoique je connaisse des colères qui au contraire sont très structurantes pour le langage,
            mais bon, sinon je trouve ça bien justement que ce film ne soit pas très clair sur les idées, je crois pas que vincent cherchait à construire son film sur des idées, enfin en tous les cas je ne l’ai pas perçu comme tel,
            je voyais plutôt sur des personnalités, des rapports entre des personnalités et selon leurs origines sociales,
            je ne crois pas qu’il ait cherché à prendre parti pour quelqu’un ,
            françois tu dis pour le châtelain mais je ne crois pas ,
            et je suis d’accord pour celui qui est censé représenté le prolo qui n’en est pas un, puisque plutôt commerçant, puisque plutôt entrepreneur , puisque plutôt macroniste, plutôt petite bourgeoisie, arriviste, depuis longtemps qui a quitté le monde des pauvres,
            mais qui se sent toujours comme plus proche des pauvres que des riches, et c’est ce que met en valeur le film que je trouve intéressant.

          • @françois: et c’est pas tout à fait juste ce que tu dis là françois :

            il apparait quand même assez clairement que la sympathie de Macaigne va à la veille bourgeoisie châtelaine, en butte à ces parvenus qui veulent défoncer les vieux arbres.

            puisqu’à la fin le châtelain pascal se barre à mexico, en a rien à foutre de son héritage, tant qu’il perçoit de la thune de la vente aux enchères , ce que fait remarquer le rageux entrepreneur d’une façon très rigolote,
            nous on a bien ri

          • Je ne parle pas du scénario, qui de toute façon n’a aucun sens. Je parle de ce qui se passe dans les plans.
            1 le « prolo » est sans cesse détestable, aigre, fielleux ; les deux bourgeois, eux, sont assez silencieux et calmes, sauf une fois
            (d’ailleurs c’est avec eux qu’on commence le film)
            2 Le seul vrai moment de jeu pur offert aux comédiens l’est à la fille bourgeoise (le monologue très mélancolique qui arrive presque eu début du film)

            Je le rappelle : ce n’est pas moi qui parle de la France, c’est Macaigne. Si ca c’est pas une idée, je ne m’y connais pas en idée.
            Ce n’est pas moi qui parle de film social, c’est à peu près l’ensemble de la corporaton critique parisienne, qui, homogène sociologiquement à Macaigne, est aussi ignorante que lui en matière de caractérisation de classes et d’analyse économique.

            Si Macaigne avait une envie de précision sociale, il aurait commencé par ne pas faire jouer les deux rôles masculins par deux jumeaux sociologiques (des comédiens de théatre), générationnels (40 ans), physiques (barbe, dix-onzième arrondissement) (le troisième, censé être pour le coup le prolo du prolo -et d’ailleurs très débile- étant joué par un double de Macaigne)
            Le directeur d’une résidence pour vieux de province n’aurait pas cette gueule et probablement pas cet âge, ne parlerait pas comme ça, ne manoeuvrerait pas comme ça, etc
            On est nulle part.

          • @françois: et puis il y a un petit détail bien cynique vers la fin , lorsque l’entrepreneur social lève son verre de cidre à son père son grand-père, dans un montage de séquences tout pourri,
            j’ai bien capté la résonnance

          • @françois: mais oui tu as raison , un directeur de maison de retraite ne ressemblerait pas à ça ,
            je ne sais pas où il est allé chercher tout ça ce vincent, je crois qu’il y est allé plus avec son imagination qu’avec le réel

          • @François: Le « prolo » est aussi drôle par moments et n’est pas dénué de puissance, bien qu’elle soit essentiellement ressentimentale.

          • parce que c’est Laure Calamy qui sauverait même un Ozon

          • @françois: cela dit , même si tout cela ne ressemble pas au réel de la France, comme le disait plus ou moins macaigne je sais pas, je ne regarde pas la télé je ne lis pas les journaux et je m’en bats la race des critiques parisiens,
            cela me parle bien au niveau du rapport entre les riches et les pauvres, comme c’est bizarre,

            et puis cette histoire ne se passe pas à paris

          • ça dit beaucoup de choses sur les rapport entre les riches et les pauvres alors qu’on n’est qu’entre riches
            c’est fort en effet
            (on voit où sont les curseurs de Macaigne ; les mêmes en gros que ceux de Lindon dans la scène de Pater où il s’érige en gueux de son immeuble du septième arrondissement)

          • @françois:

            2 Le seul vrai moment de jeu pur offert aux comédiens l’est à la fille bourgeoise (le monologue très mélancolique qui arrive presque eu début du film)

            et ça oui d’accord, mais vers la fin tu as un monologue face à face très pénible avec cette même personne qui nous emmerde avec ses névroses , parce que moi perso j’ai pas trop compris pourquoi elle s’en prenait à son frère comme ça c’était ridicule,

            ça nous fait une balance qui s’équilibre

          • il n’en reste pas moins que : le seul vrai moment de jeu pur offert aux comédiens l’est à la fille bourgeoise (le monologue très mélancolique qui arrive presque eu début du film)

            ça n’équilibre rien du tout puisque les « prolos » n’ont pas du tout le droit à un tel moment de jeu non-conflictuel

          • @françois: t’as quand même le droit à un vrai déchet de la société un punk à chien,
            et puis je ne suis pas d’accord sur laure calamy ( ce que tu dis à Charles ) qui est plutôt discrète, qui n’apporte pas grand chose au film , hormis une rage anti-bourgeoise qu’elle transmet à son mec, par la grâce de l’amour

          • @anne-laure: mais comment c’est possible qu’il se soit fait écraser par un vélo ? il a déboulé comme un foufou et l’autre roulait comme un fou ?
            vous devez être bien tristes.

          • @juliette: ça ressemble un peu à comme tu dis, on va dire qu’elle trouvait que c’était trop rigolo de jouer à attraper un vélo de sportif du dimanche,
            et oui nous étions bien tristes de perdre une telle boule de vie boule d’amour , qui mange du caca.

            mais ça va déjà mieux on récupère vite dans la famille.

      • @tiresome: Non je ne pense pas, j’aime bien le film mais ça reste pour moi un exercice de style, j’expliciterai demain pourquoi.

        • @Charles: te lirai avec plaisir, ça m’intrigue bien.
          Ce qui m’a gêné dans ce Lanthimos, c’est l’absence de monde autres que les persos utiles au scènar, dans l’hôpital, le long du canal et partout dans les plans y compris au restau snack par exemple.
          Tout est au format cauchemar avec le dernier plan cotonneux ralenti qui peut même poser une rêverie vengeresse de l’orphelin.

          • @tiresome: Retour sur Mise à mort du cerf sacré, donc. J’ai pris un plaisir indéniable à la vision du film, j’ai ri et frissonné, souvent en même temps, ce qui est une gageure. Mais plusieurs choses me dérangeaient, pendant la séance et après. De petits détails formels, tout d’abord, sur lesquels je passe vite car ils sont mineurs. La musique m’a un peu agacé, surtout quand on convoque des requiems emphatiques, tout à fait superfétatoires. C’est le côté un peu enclume du film. De même que certains travellings (arrières) un peu trop explicitement kubrickiens – j’ai eu peur lors des 5 premières minutes, je me suis dit que ç’allait être une catastrophe pour cette raison. J’ai rapidement balayé ces scories devant les qualités évidentes du film, bien identifiées par François et Fred Mercier. Oui, Lanthimos sert faire des plans, certaines scènes sont passionnantes – comme celle dite des spaghettis magnifiée par son interprète. J’aime beaucoup certaines ruptures de ton, comme par exemple quand Farrell pour faire avouer son fils lui raconte une histoire incestueuse : dans la bouche du personnage, on ne sait pas si la confession est normale ou abusive, anodine ou traumatisante, c’est incroyablement gênant et presque émouvant de sa part, tant il paraît désespéré.
            J’en viens donc au problème, que j’ai un peu ressassé et que je résume donc ainsi : ce n’est qu’un exercice de style. Durant la projection, je ne peux m’empêcher de trouver le film trop programmatique : à partir de la scène de déjeuner à l’hôpital où le gamin démoniaque explique les règles du jeu à Colin Farrell. Toute la suite est contenue dans cette énonciation, les enfants vont tomber gravement malade, en trois étapes, jusqu’à ce qu’ils meurent si leur père ne fait pas le choix d’en sacrifier un. Et l’heure est demie restante de Mise à mort suivra exactement ce programme. Je précise tout de suite que ce qui me dérange n’est pas l’inéluctabilité du fatum, sinon ce ne serait plus un fatum, mais la façon dont il va se réaliser. On est dans une tragédie, tout le monde l’a bien noté, donc ce qui doit arriver arrive. Mais les grandes tragédies ne sont pas que le déroulement parfait d’un mauvais augure, non elles sont beaucoup plus vicieuses et cruelles car en général plus le héros maudit tente d’échapper à son destin, plus il le précipite, c’est le cas d’Oedipe-roi, c’est le cas de Macbeth. Ou alors la malédiction ne vise pas celle qu’on croyait, ainsi que dans Iphigénie, citée par le film. Pour le dire plus trivialement, le film n’est pas surprenant (ou alors surprenant dans son jusqu’au-boutisme) et avare en rebondissements. A titre d’exemple, je ne comprends pourquoi l’hypothèse de la simulation par les enfants n’est pas maintenue plus longtemps ni pourquoi la relation sentimentalo-sexuelle entre le Malin génie et la fille n’est pas davantage exploitée. A la place, le film enchaîne quelques passages obligés : examens médicaux avec tous les spécialistes de la région, union puis désunion puis réunion entre le mari et la femme, séquestration du gamin…D’où une impression d’une narration un peu laborieuse faute de développements et de raffinements autour de cette malédiction.
            On sent en définitive, dans cette absolue linéarité, une trop grande application à vouloir faire du tragique, à vouloir aller au bout coûte que coûte, ce que je ne peux m’empêcher de trouver un peu vain. C’est là que Mise à mort m’apparaît comme un exercice de style. Car ce qui intéresse Lanthimos c’est moins de raconter une histoire, soit des choses qui arrivent à des personnages, que de faire une tragédie. Le style est privilégié sur la substance. Le fait est que je me fous de ce qui arrive aux personnages, qu’ils ne m’intéressent pas. Je peux trouver effrayante l’avant-dernière scène où l’on vise un enfant mais c’est de point de vue théorique : c’est le fait de viser un enfant qui me trouble, pas cet enfant-là. Lanthimos a pris le parti de prendre des personnages non réalistes, mais un peu bizarres, proches de l’absurde – ainsi le personnage de Colin Farrell qui parle très vite et très sèchement, presque comme une machine, sans montrer beaucoup d’émotions. Ca produit un effet de distanciation et d’absurde, drôle et surprenant, qui limite beaucoup en retour la densité de ces personnages. Pour autant, soyons clairs, je n’exige pas une approche plus empathique des personnages : j’aime bien la froideur et la distance chez Haneke et Franco. Mais chez eux, je suis fasciné par les humains devant la caméra en tant qu’humains. Les protagonistes y sont magnifiquement singuliers et leur singularité y est renforcée par leur indéniable appartenance au genre humain. Ici, je vois plutôt des machines, voire des pions. Ils me semblent trop dévitalisés pour vraiment m’intéresser.
            Pour résumer, si la mise en scène et l’écriture des scènes sont souvent brillantes, Mise à mort du cerf sacré ne raconte en revanche pas grand-chose. Je ne demande pas du sens mais de la matière, de la vie, et ici j’en trouve peu.

          • @Charles: ouais, ça valait le coup de patienter, vont te liker à mort sur Sens Critique 🙂

            Sur les persos et leur manque d’épaisseur, Lanthimos joue quand même pas mal avec la relation, le rapport entre Martin et la fille je trouve, la fille qui est un perso assez conséquent, sans doute de par sa place plus intime auprès du garçon et la façon dont il l’attire, la téléguide, comme par tel pour qu’elle marche jusqu’à la fenêtre de l’hôpital.
            Et après coup, je me dis que si la façon dont est joué/rendu l´isolement de cette famille, la sorte de huit clos entretenu par le chantage auprès du chir m’ont semblé si pesants, c’est que j’ai bien marché avec l’histoire que raconte Lanthimos, la sale affaire qui arrive à ce chirurgien et ses proches,
            Ce que tu notes sur le rire que peuvent provoquer certaines scènes, je l’ai encore en tête aussi (avec le choix de Martin de changer son bracelet de montre en parfaite opposition au choix de Steven, à ce qu’il en dit dans le couloir après l’opèration ou la transplantation, ou encore devant la façon des parents de dire en plein gala à quelqu’un qui prend des nouvelles des enfants que leur fille a eu ses premières règles, la scène où les garçons parlent de leur pilosité aussi, se la compare ce qui induit la vérif en salle de tests d’efforts avec le chir)
            Et que dire de la lourdeur pathétique des pas tournants du père sur lui même lors de la séance de tir/abattage à l’aveugle? Désespérément grinçant d’absurde folie presque risible,
            Bien dérangeant quand même ce Lanthimos

          • Dans ton développement, Charles,il y a tous les éléments qui font que ce film n’est pas mon préféré de l’année, que je lui préfère Alps, et que dans la bande hanekienne Lanthimos est celui qui me semble un peu à la traine.
            Mais il y a deux choses qui réincarnent Mise à mort :
            1 la trivialité (qui joue tellement contre l’emphase du décorum kubrickien, et aussi contre le contexte tragique général) ; trivialité des gestes mais aussi de certains plans (le fameux insert sur l’assiette dans la scène finale). Dans la trivialité j’inclus le comique. A te lire, une scène comme celle de lit entre époux n’existe pas. Mais elle existe. Et elle trouble singulièrement le jeu global
            2 cet acteur génial. Sa présence. Sa gueule folle. Et les dialogues très incertains qu’il prend en charge.

          • @François: Oui, d’accord avec toi. Quand tu dis « scène du lit », tu fais référence à leur façon très singulière de baiser?

          • @:

             » un peu plus de lumière
            – anesthésie générale? »
            du jamais vu (ou peu) au cinéma oui
            – et ça pourrait aussi rejoindre cette impression d’enfermement du couple d’ailleurs tiens (même leurs fantasmes sont médicaux) leur univers froid, aseptisé, ordonné en apparence et dans l’intimité où l’homme (re)place bien le corps de sa femme qui a tenu à s’allonger un peu hors du matelas comme posée ou tombée là, comme ça, ce qui l’oblige à la traîner, c’est leur protocole en quelque sorte,

          • @Charles:

            …/ M.A.M. raconte peu de choses, demande pas du sens mais de la matière, de la vie / …
            Dans le Lanthimos, mais qu’est-ce qu’il y a comme corps, du corps raide d’apparence, empêché, abîmé, contraint, morcellé mais ien a du corps, elle est là la matière je crois,

          • Vous lisant sur La mise à mort du cerf sacré, je repensais aussi au gimmick comique et absurde des fleurs à arroser, dont la mère semble se préoccuper davantage que tout le reste alors même que le chaos règne.

          • @Charles: La musique m’a pesée aussi. Je crois que c’était le but d’ailleurs, que la musique pèse sur le spectateur.
            Pour le reste, je comprends ce que tu dis et je ressens pas ça devant le film.
            J’aime bien la découpe du film, on passe d’une première partie mystérieuse (au début, on comprend pas les relations entre les persos. Qui est Martin ? Un fils d’un premier mariage ?) à une seconde partie programmatique. Et le programme c’est Martin qui le concocte. Le film ne sortira jamais de cette tragédie programmatique tout en nous surprenant tout le temps formellement et dans les réactions des persos. « Papa plus tard je veux être chirurgien comme toi. » C’est super drôle et super horrible.

            Tu parles de la scène de séquestration que tu trouves attendue. La façon dont elle se déroule, là encore, m’a semblé très inattendue. Les gamins rampent jusqu’à leur bourreau : pour le tuer ? Pour le supplier ? Martin, le gamin séquestré, pourrait être faible, à la merci de Steven. Mais Martin, même attaché et en sang, reste tout puissant. Pourquoi Nicole Kidman le détache ? Peut-être qu’elle a pitié de Martin, mais je me dis un truc plus scandaleux : la mère espère ainsi être épargnée, au dépens de ses propres enfants.

            Tu parles de « l’avant-dernière scène où l’on vise un enfant », or Steven invente le stratagème le plus con, le plus désespéré, pour justement ne pas avoir à viser un enfant. Là encore on savait que Steven aurait à tuer. Mais formellement, je m’attendais pas à cette scène-là que je trouve géniale.

            Quand aux membres de la famille dévitalisés, je me suis dit que c’était peut-être pour ça que la tragédie leur tombait dessus. Pour les revitaliser, pour leur offrir un shoot de vie, leur balancer un cœur palpitant plein de sang comme dans la scène d’ouverture.

          • @charles:

            Ca produit un effet de distanciation et d’absurde, drôle et surprenant, qui limite beaucoup en retour la densité de ces personnages

            Pas trop d’accord avec la dernière partie de ta phrase : pour moi l’effet dont tu parles ne limite pas la densité des personnages, ça souligne plutôt leur mystère et leur solitude fondamentale. S’agissant du père et de la mère au moins, je les trouve assez fascinants dans leur opacité obstinée et le film me tient en haleine tout du long quant à la façon dont ils vont se sortir de ce merdier.

          • @:

            du corps raide d’apparence, empêché, abîmé, contraint, morcelé mais ien a du corps, elle est là la matière je crois,

            du corps, de la matière, de la vie, encastrée, enfermée cousue dans un espace bien circonscrit comme l’organe qu’on voit battre proprement dans le plan de début

            bon, on est pas dans le Crash de David non plus

          • @:

            Entre temps, fini par voir Le sens de la fête, et Bacri avec son laïus à la gloire des petits chefs d’entreprises trop taxés, des charges salariales bien trop lourdes, qu’on fait rien que les embêter d’abord, qu’on s’en fout bien de leurs problèmes vu qu’ils sont que des méchants patrons (z’ont pas pris Lindon Eric et O, ça l’aurait fait aussi dans le genre paternaliste pataud et sensible, entravé dans ses savoirs être)

            mais revu surtout aussi et avec bonheur ce grand mec longiligne de Lavernhe que sa silhouette et sa bonhomie rendent léger malgré son perso et rôle outré d’attention aux obligations sociales de paraître qu’il alimente à son grand amour de lui-même
            Macaigne aussi, dans un rôle de mec spécial pas déguisé en autre chose pour une fois, comme pour rattraper on ne sait quoi et puis quelques autres,
            sans parler de Lellouche en chanteur rital qui fait (me fait) craquer total

            bon, ça m’en déclasse ni mon 6 ni mon 11 ni mon 16 de Top mais dans une liste genrée feel good movie de bande, on se tâte quand même un peu sur la place qu’on lui filerait,

          • pourquoi pas le feelgood, mais quand le feelgood semble absolument paniqué à l’idée de diviser son public et incapable de risquer un pouce hors des balises du consensus, alors je reve d’un feelbad movie, voir d’un supercrade movie

          • @:

            oui je sais bien, encore à perdre mon temps

          • le problème de Toledano et Nakache, c’est qu’ils jouent tellement la sécurité qu’ils sont incapables de faire un film vraiment nul et détestable

          • @: Du coup cette nuit j’ai (re)-maté

            le 1/3 de Tv Transfuge dedié au cerf sacré

            , Aubel y évoque vite fait la donne en forme d’enfermement de la famille, Mercier l’inconfort relatif qu’il ressent ne sachant jamais vraiment s’il va en rire ou en pleurer, Sakho, le fait que Lanthimos l’a perdu en cours de visionnage quand un perso nomme/s’inquiéte de la simulation possible du fils; Quant à l’hôte de ces lieux, il parle notamment des corps, des scènes où Lanthimos s’intéresse à ce que c’est par exemple qu’un corps rampant, ce que ça documente en quelque sorte,
            – même chose avec le gniakage de bras on trouve (cf.film Grave avec le combat des sœurs en public) puis juste aprés dans la même séquence, l’auto-morsure qui inverse les rôles bourreau/victime ou met de suite le level des tortures à envisager pour affaiblir Martin un cran au dessus

            Oui, cet aspect file indéniablement matière à expérience, matière à penser et le côté possiblement dévitalisé en apparence des persos de mise à mort passe alors plutôt côté spectateur si celui-ci n’est que peu ou pas capté par l’histoire jouée dans cette dérangeante fiction et contée par Lanthimos

        • et tandis que je tente l’organisation pour voir le Neruda de Larrain, tombée sur une master class avec Haneke  https://vimeo.com/57677599

    • @:

      si j’osais je proposerais le mien comme suit:

      -> pour aussitôt en ôter Le vénérable (mi-docu/mi-fiction donc ira dans une liste plus dédiée à)
      et laisser passer Baby Driver entre The Young Lady et Seven Sisters, ce qui nous donne:

      120BPM
      Jackie
      La colère d’un homme patient
      The Young Lady
      Baby Driver
      Seven Sisters
      Wind River
      The Square
      La mise à mort du cerf sacré
      Happy End

  4. http://next.liberation.fr/cinema/2017/11/17/on-reste-dans-l-ombre-de-peur-d-etre-immolee-a-la-place-de-l-agresseur_1610887 Adjani et Forestier y déroulent tranquille et assez précis le truc on trouve, dans le ciné en France, l’ambiguïté du désir à connaître plus/vraiment l’actrice pour bien la filmer, dun désir comme à éprouver pour le transmettre aux spectateurs et elles redisent surtout bien la loi du marché de l’actorat, de la production ciné quand le pouvoir de faire bosser est entre peu de mains

    • @: Sinon au fait Léa, Isa, c’est bon, on peut refermer la fenêtre là

    • @:

      …/ Force est de constater qu’à part Léa Seydoux, peu d’actrices ont dénoncé publiquement le sexisme qui y règne. Est-ce une bonne nouvelle? Le signe que tout va bien? Ou que dans un pays où la politique des auteurs demeure – Et c’est tant mieux- l’omerta est plus lourde ici qu’ailleurs, et les révélations plus difficiles à assumer? /… – article d´Anne Diatkine du 17/11/2017 paru dans Libé

      – Quelqu’un pour en dire un peu plus sur la politique des auteurs peut-être? Est-ce que c’est pas ce truc qui par exemple pourrait participer à l’usage flc-ique d’univers d’un réal, d’un cinéaste? Du coup, lorsqu’on en admire l’univers’ on pourrait faire beaucoup pour y entrer? entendre/accepter qu’il y ait à faire beaucoup pour avoir l’honneur de?

      • @Jeremy:
        Aux cœurs blessés, l’ombre et le silence
        A ma mère
        1
        Le pays et l’homme
        En 1829, par une jolie matinée de printemps, un homme âgé d’environ 50 ans suivait à cheval un chemin montagneux qui mène à un gros bourg situé vers la Grande Chartreuse p.7 … / A tout moment, le pays variait d’aspect et le ciel de lumière; les montagnes changeaient de couleur, les versants de nuances,les vallons de formes: images multipliées que des oppositions inattendues, soit un rayon de soleil à travers les troncs d’arbres, soit une clairière naturelle ou quelques éboulis, rendaient délicieuses à voir au milieu du silence, dans la saison où tout est jeune, où le soleil enflamme un ciel pur. Enfin c’était un beau pays, c’était la France! / … p.8, Scènes de la vie de campagne – le médecin de campagne – La bibliothèque précieuse, Librairie Gründ, 60, rue Mazarine, Paris.

        oui, dès l’au début, tendance à choper de l’humeur lyrique dans les lignes d’Honoré quand lectrice de son Le médecin de campagne

        • @tiresome: connais pas, celui-là.

        • @tiresome: prototype du début de récit réaliste, la première phrase.

          • Ca me fait penser à l' »effet de réel » de Barthes. J’ai trouvé l’extrait d’un texte de Rancière qui remet en cause le propos de Barthes sur la littérature réaliste. Intéressant, je trouve.

            On cherchera ici à montrer que l’inflation de la description au détriment de l’action qui fait la singularité du roman réaliste n’est pas l’étalage des richesses d’un monde bourgeois soucieux d’affirmer sa pérennité. Elle n’est pas davantage ce triomphe de la logique représentative que l’on décrit volontiers. Elle marque au contraire la rupture de l’ordre représentatif et de ce qui en était le cœur, la hiérarchie de l’action. Et cette rupture est liée à ce qui est au centre des intrigues romanesques du XIXe siècle : la découverte d’une capacité inédite des hommes et des femmes du peuple à accéder à des formes d’expérience qui leur étaient jusque-là refusées. Barthes et les représentants de la tradition artistique ont ignoré ce bouleversement parce que leurs présupposés modernistes et structuralistes étaient encore ancrés dans la tradition représentative qu’ils prétendaient dénoncer

          • Ailleurs Rancière parle et reparle des particules de poussière dans certaine page de Madame Bovary. Oui le roman du dix-neuvième produit l’effraction de ce réel anodin, non hiérarchisé, dans la littérature. Que dire de ces particules? Justement rien. Elle flottent entre les figures signifiantes et balisées que l’art idé-aliste dispose. Elles sont le supplément de réel, ce surnuméraire dont on un discours de vérité ne saurait quoi faire.

          • @François: oui, réel anodin, non hiérarchisé, qui témoigne d’un « effet d’égalité », pour Rancière, et non d’un « effet de réel ».

          • @Jérémy: …/ 1ère phrase, proto du récit réaliste / … certes,
            Sinon, nécro d’Isou dans le monde http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2007/08/01/isidore-isou_940990_3382.html
            traité de bave et d’éternité, bon, ok, le film est déjà commencé?
            http://imago.blog.lemonde.fr/2015/04/06/isidore-isou-le-lettrisme-pour-leternite/

  5. Vous vous souvenez de Maxime ? Il nous avait parlé de Spinoza déjà il y a quelques mois.
    Là il a retrouvé sa bande et nous emmène à Amsterdam, c’est juste vachement bien. Deux émissions à écouter à la suite si vous voulez comme moi apprécier ce que l’invité déplie face à, ou plutôt avec, ses deux interlocuteurs. La seconde est plus facile pour qui veut commencer comme ça.

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/le-clan-spinoza

    https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser-avec-frederic-worms/la-bande-a-spino

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