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Histoire de ta bêtise, préface

TA BÊTISE INTACTE

D’abord comme il se doit j’ai pensé à ma gueule. Quand en novembre les Gilets jaunes sont apparus pile au moment  où Histoire de ta bêtise venait de partir à l’imprimerie, j’ai d’abord craint pour le livre. J’ai croisé deux fois les doigts : une première fois pour que ce mouvement capote vite et ne change rien à la carte politique que le livre parcourt ; une second fois pour que, tant qu’à durer, il n’aille pas jusqu’à dégager Macron et sa garde macronienne. Pas avant le 23 janvier 2019, date de publication. Après, oui, avec plaisir, avec joie. Vers fin février. Mi-mars, allez. Le temps que le livre ait sa petite vie.
Le 15 mars l’insurrection, et d’ici là 50000 livres vendus + le prix Romain Bardet du meilleur essai.
La superstition paye. Le pouvoir a tenu bon. Macron et la bourgeoisie qu’il incarne et sert sont toujours d’actualité. Tu occupes le terrain, mieux que jamais. Tu as sauvé ce livre qui ne t’aime pas.
Mieux :  tu l’as justifié. Ton attitude devant ce mouvement lui a offert une illustration inestimable et gratuite.
Rarement, ces dernières années, t’aura-t-on vu si transparent, si lisible dans tes intentions, tes intérêts, tes affects. Les gilets t’ont révélé. Tu t’es montré tel que tu es ; tel que je te peins.
Tu as montré ta peur constitutive.
Ta passion première de conserver a depuis toujours pour corollaire ta peur. Ta peur d’être dépossédé. Et puisque tu ne consentiras jamais à te dépouiller comme Saint François ou Pauline Lamotte, tu auras peur toute ta vie.
On a vu ta peur en gros plan, on a vu ce qu’elle te fait faire. Les réflexes policiers qu’elle communique à ton petit corps fier de sa minceur en chemise. Les blindés sur les Champs-Elysées. Les yeux perdus. Les mains arrachées.
Et ta bêtise.
Ce livre qui l’affiche en titre tache d’établir la généalogie de ta bêtise, son parcours neuronal, sa chimie. Comment ça marche? Comment un cerveau bien fait comme le tien en vient très régulièrement, et plus souvent encore en période de panique, à se rétrécir ?
Au cas où elle ne me serait pas apparue antérieurement, au cas où je n’en aurais pas encore compris les tenants, tu m’as offert, ces deux derniers mois, cent occasions de compléter ma compréhension du phénomène.
Je reviens sur l’une des plus exemplaires.
Courant décembre, un thème s’invite dans le mouvement, celui du Référendum d’Initiative Citoyenne. Beau thème non? Complexe, vaste, infini comme la quête démocratique. Toi qui depuis ton ordi trouvait les Gilets Jaunes bas-de-plafond, tu devrais te réjouir qu’ils relèvent le niveau du débat public que tes fondés de pouvoir ont tant avili. Et te fournissent l’opportunité de réfléchir toi-même à la démocratie réelle, toi qui ne l’as jamais fait, toi qui t’accommodes des institutions existantes – elles ont été conçues par et pour toi.
Certes, à ce stade, je ne me fais pas d’illusion : pour la raison que justement les institutions existantes ont pour objectif ta conservation, ton hypothétique réflexion, on le sait déjà, n’ira pas loin. Tu trouveras de bonnes raisons de légitimer le statu quo, de réaffirmer que le régime actuel est le moins pire (le moins pire est ton mantra) et qu’à cet égard mieux vaut ne pas risquer de le déstabiliser. Mais du moins auras-tu eu à te creuser les méninges pour réfuter ceux qui promeuvent le RIC, à l’argumentaire bien  charpenté. Ca aura fait à ton cerveau une petite sortie conceptuelle hors de l’étroit périmètre conservateur où tu l’incarcères.
Or non.
Même pas
Même pas une ou deux heures de pensée.
Tout de suite, et comme tu le fais pour tant d’autres sujets, tu as trouvé le moyen de ne pas penser. Le moyen t’est tombé dessus, comme une providence, comme une entorse au genou la veille d’un cross de collège. Il tenait en sept lettres :  C,H,O,U,A,R,D.
Ce nom t’est venu par l’intercession de Ruffin. Avant cet épisode, tu n’avais jamais entendu parler d’Etienne Chouard, pas même en 2005 où tu te contentas de l’information dispensée par tes organes officiels, mais tu connais Ruffin, car Ruffin a une visibilité médiatique – de la gauche radicale tu ne connais que ce qui en apparait dans tes médias, c’est-à-dire à peu près rien. Dans un discours de mi-décembre, Ruffin, soutien des Gilets jaunes de la première heure, Gilet jaune avant l’heure, remercie Chouard d’avoir contribué à installer le RIC au centre des revendications, et c’est ainsi que tu découvres ce nom.
A ce stade, le scénario vertueux a encore sa chance : il t’est encore loisible de profiter de la circonstance pour rattraper ton retard, pour découvrir les ateliers constituants que Chouard organise depuis dix ans, et de te reporter à ses nombreux écrits et conférences  sur le tirage au sort, sur la démocratie représentative comme oxymore, sur la constitution qui ne doit pas être rédigée par ceux qu’elle est censée contrôler, sur le gouffre entre élire et voter, etc. Du grain à moudre. Plein d’os à ronger.
Or : non plus.
Dès l’entrée du vaste domaine embrassé par la réflexion de Chouard, une rumeur soigneusement colportée par tes pairs te dispense de t’aventurer davantage. Il paraitrait que Chouard a une ou deux fois dit qu’il ne s’interdisait pas de discuter avec Soral. Pour toi c’est une raison suffisante de ne pas l’écouter. Tu ne savais rien de Chouard, tu n’en sauras rien de plus. Rien de plus que sa notation dans ton barème moral. Quelque chose comme 2 sur 20. On ne discute pas avec Soral, point. Et toi tu ne discutes pas avec celui qui ne refuse pas catégoriquement de discuter avec Soral. Tu as des principes. Tu as du capital et des principes. Tu as les principes de ton capital.
On a reconnu les deux étapes de la fabrication de ta bêtise :
1 déport de l’attention du message vers le messager – a fortiori quand tu pressens la dangerosité pour ton ordre du message.
2 disqualification morale, et non théorique, du messager, par son association avec d’autres précédemment disqualifiés. Soral est d’extrême droite, donc Chouard qui un jour ne l’a pas condamné fermement l’est aussi un peu, donc Ruffin qui vient de saluer Chouard l’est aussi un peu, donc l’idée du RIC sent mauvais à son tour, et par extension l’instauration de consultations référendaires mènerait mécaniquement aux régressions morales que réclame le peuple reptilien et homophobe et antisémite et pour la peine de mort (ici, retwitter Victor Hugo, « souvent la foule trahit le peuple »)
Et moi qui ici mentionne Chouard et Ruffin ne serais-je pas aussi, par translation, un complice objectif de Soral? Ne serais-je pas un peu pour la peine de mort?
Non décidément tu as de bonnes raisons de ne pas t’attarder dans la réflexion sur le référendum, ou devant le site de Chouard, ou dans les pages de Fakir, ou sur la présente page. Tu vas vite retourner chez toi regarder une série en mangeant des sushis livrés.
Ne te méprends pas. Je ne suis pas ici en train de promouvoir le RIC (que par ailleurs je promeus), ni de purifier Chouard (qu’il pense puissamment me suffit), ce n’est pas de RIC ou de Chouard que je parle en l’occurrence mais de toi. De la bêtise qui est le précipité de ton tenace refus de penser. De l’impossibilité de penser à laquelle te condamne ta condition -bourgeoise.
Admettons, tiens, que Chouard ce libertaire radical soit un peu  fasciste, que Ruffin ce gauchiste radical soit un peu fasciste, que moi-même qui ne revoterai que lorsque Didier Super se présentera je sois un peu fasciste. Admettons que ton radar moral ait eu raison de capter des particules soraliennes dans les corps d’Etienne, François et François. Rions un peu et admettons. Il resterait ceci, qui seul m’intéresse en l’espèce et qui seul devrait t’alarmer : tu as encore perdu une occasion de penser. A nouveau tu t’es roulé dans la morale comme d’autres dans la farine (tu te ridiculises, tu n’as pas d’estime pour toi), et ton cerveau à nouveau a chômé.
Chimie de ta bêtise : tu possèdes, donc tu veux conserver, pour conserver tu fliques ce qui te menace, et tant que tu fliques tu ne penses pas.
On voit que ta bêtise t’est consubstantielle. Elle durera autant que tu dureras, c’est à dire longtemps, car durer est ton métier. Beaucoup d’années encore s’écouleront avant, que, disparaissant, tu frappes de péremption ce livre.

couv histoire de ta betise


634 Commentaires

  1. Etienne Chouard ou le choix délicat des personnes avec qui discuter … (du sens du mot et du contexte ?)

    Une petite question que je me pose et si je peux me permettre au sujet d’un des propos tenus lors de du passage aux Incorrrectibles de l’hôte des lieux et notamment au sujet d’E. Chouard.

    Rien à critiquer du propos concernant l’attitude de la bourgeoisie journalistique, sujet central du livre en question j‘en ai bien conscience : la bêtise de ce groupe social qui fonctionne sur un raisonnement connotativo-moral.

    Pour aller au-delà, les personnes bien informées ne sont pas sans savoir qu’E. Chouard a certains (bon nombre, quasiment tous ?) antifas à dos pour ces mêmes échanges qu’il a eu avec Soral : certes il a expliqué clairement récemment qu’il n’avait aucun lien idéologique avec l’énergumène (pour ne pas dire monstre politique) en question, bon !

    https://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/gilets-jaunes-reponse-d-etienne-80678

    Mais ma question pour F.Begaudeau concerne l’analyse qu’il fait de ce même comportement connotativo-moral vu chez les « antifas ». Pourrait-on penser que les antifas qui fustigent E.Chouard et le groupe des journalistes bourgeois partagent la même bêtise dans cette façon de raisonner politiquement ?

    Par ailleurs et pour en finir, pour ce qui est de la mise à jour de notre grille d’analyse au sujet d’ E. Chouard il faudra certainement prendre en compte et conclure sur :

    – l’annonce par lui-même de son intention de voter pour la liste UPR aux prochaines européennes …

    – Le fait qu’il dise une grosse connerie en déniant la réalité de l’existence des « rouges-bruns » ; l’histoire montre de manière évidente qu’ils ont existé et existeront toujours ces porteurs de la synergie « gauche du travail et droite des valeurs ».

    – Le fait qu’il dise d’autres grosses conneries en refusant d’associer ceux qu’ils qualifient clairement d’ « autoritaires » à un projet fasciste … ou en disant que le fascisme n’est pas le racisme ou l’antisémitisme …

    Alors Chouard est il un gros naïf politique ou un fin stratège d’alliance « by any means » visant le renversement de l’oligarchie bourgeoise ? La question se pose-t-elle-même, une fois que certaines limites ont été franchies, ne restant plus que la condamnation ?

    Parler avec un royaliste ? Ben pourquoi pas parler avec un gars comme R. Enthoven ou un député de LREM alors (ou carrément E. Macron dans ce cas) ?! Ah oui c’est ce que fait E. Chouard …

    • Chouard a vraiment un point d’excellence, c’est sa réflexion sur la démocratie et les institutions. C’est là qu’il m’a donné à manger.
      Pour le reste, je partage tes réserves. Anecdotiquement : son acception du fascisme est très faible. Plus profondément, Chouard néglige la découpe de classe, à laquelle il préfère une découpe riches / peuple qui me semble discutable (et susceptible de séduire pas mal d’imbéciles). Par ailleurs c’est une sorte de doux idéaliste : sous-estimant les rapports de classes, il croit possible de rallier la bourgeoisie à son bon sens. Possible que plus généralement l’évidence de ce qu’il préconise rallie le plus grand nombre.
       » un gros naïf politique ou un fin stratège d’alliance » : pour l’avoir croisé la semaine dernière, je suis désormais absolument sûr qu’il est un gros naif et pas du tout un fin stratège
      il y a du moine chez lui ; du moine qui, exempt de toute perversité, est incapable de renifler celle des autres
      me fait souvent l’impression d’un agneau débarqué dans la cage aux fauves la fleur entre les dents (c’est bien ce qui s’est passé dans sa vie, en 2005)

      • Françoooooooooooooooooois vous esquivez la question sur la bêtise ou non de certains antifas !!! Fidélité loyauté quand tu nous tiens ?
        Bon … d’un autre côté je comprends c’est une question qui me picote moi-même et à propos de laquelle je suspends mon jugement … pour le moment

        • @Alban:
          Pour avoir parcouru quelques sites d’antifas et entendu l’histoire de Chouard, j’ai peu de doute sur le fait que ces individus sont de dangereux zozos. Et bêtes, oui.
          (Pardon je n’ai pas le temps d’argumenter plus longtemps là tout de suite, mais je vous conseille d’aller les lire, vous verrez le niveau).

          • @Jeanne:

            Merci Jeanne pour votre commentaire; je concède ne pas connaître personnellement d’antifas, à ce que je sache du moins …
            Mais d’ou le point que je soulevais auprès de notre ami François, et selon ce que je déduis de ce que vous me dîtes, le trait connotativo-moral de la bêtise de la bourgeoisie serait loin d’être un spécificité et se verrait chez les antifas et dans d’autres groupes socio-politiques ?

          • Circonscrire la betise propre de la bourgeoisie ne signifie pas qu’elle ait le monopole de la betise -sinon quel bonheur.
            Donc oui les antifas en tiennent aussi une couche, si tu y tiens. Mais tu auras remarqué qu’ils sont moins nombreux, et que leur betise n’a aucun pouvoir, contrairement à l’autre.

          • @Alban:
            Peut-être qu’il y a des antifas bourgeois, je ne sais pas. En tout cas le « trait connotativo-moral de la bêtise » des antifas me semblé avéré.

            En même temps quand l’on se donne pour boulot de repérer les vilains et pour essayer de les embêter, l’on n’est pas spécialement en train de donner à son intelligence les moyens de se déployer.

          • @Jeanne:

            Peut-être que ce boulot ne réclame pas effectivement un grand effort d’intelligence mais a peut-être une utilité quand même dans la lutte contre la circulation/propagation des représentations racistes.
            C’est une chose de placer la barre haute des exigences de réflexion politique. C’en est une autre d’être à la hauteur de la guerre idéologique (ou des guerres) qui se joue.

            Et c’est là que commence la complexité sans doute et le travail périlleux voire dangereux. Qui est l’ennemi ? Il y a certainement plusieurs camps. Quels sont-ils ? et quelles finalités ont-ils ?

            Ceci dit sous les dehors d’une rhétorique savante et étoffée et d’une argumentation soignée, d’un tout petit peu plus près, le sectarisme et la pratique tout azimut de l’amalgame par certains groupes (une minorité ?) anar ou antifas font effectivement peur à voir et entraîne une forme de désolation au moins pour ce qui me concerne. On lit dans les discours que des tas d’associations qui ne tiennent pas et raisonnements légers sont utilisés pour salir une cible que l’on aura sans doute identifiée par avance comme ennemi du simple fait qu’elle ne tient pas exactement le même discours maximaliste que soi.

          • @François Bégaudeau:

            François Bégaudeau à écrit:

            Donc oui les antifas en tiennent aussi une couche, si tu y tiens. Mais tu auras remarqué qu’ils sont moins nombreux, et que leur betise n’a aucun pouvoir, contrairement à l’autre.

            je me permets une petite correction: certes la bêtise des antifas (rien que le mot fait sourire) n’a pas un très grand pouvoir, mais ce pouvoir n’est pas nul. par exemple cette bêtise peut conduire à tabasser des innocents ou à pourrir une manif légitime.

            au passage, il semble que les antifas fassent partie de la bourgeoisie. il semble que beaucoup sont fils de bourgeois.

            cordialement

  2. @Noelle Louise:
    Si le fait de comparer votre mise au ban à celle de Todd vous a contrarié, j’en suis désolée. Aussi laissons Todd à ses liaisons dangereuses. Et je vous espère parfaitement irréprochable sur le plan relationnel, pour ne pas laisser prise à la critique.
    Pour rester dans l’esprit du site, voulu par vous, à savoir résister à la pente conflictuelle du Net, comment faire alors pour émettre des commentaires qui peuvent déplaire ? sans doute s’abstenir ?

    • Je n’ai pas du tout perçu que vous compariez nos mises au ban. Si c’est ce que vous voulez dire, ça ne me contrarie pas du tout. Ca ne me deplait pas les mises au ban. Quant à ses « liaisons dangereuses », je ne vois pas de quoi vous parlez. Taddei? J’ai fait. Chouard? J’ai soutenu aussi. Non je ne vois pas.

      Ce n’et surement pas la pente conflictuelle du Net qui me gene. Le conflit c’est la vie et bien des effets de vérité s’y nichent. Ce qui n’a pas sa place ici, ou plutot risque ici de parler dans le vide, c’est la toxicité merdeuse (je ne parle pas de vous, hein)

  3. #LesIncorrectibles

    Retour vers le futur
    https://www.youtube.com/watch?v=YcWsaNtRHXk

    • @yeux bleus: pas réussi à carter les incorruptibles mais j’ai trouvé ça (il me fait trop triper Michel) : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/michel-foucault-a-propos-de-les-mots-et-les-choses-1ere-diffusion-01011973

      • @GaelleS: cest diffusé seulement à partir du 24
        ils nous font languir

      • @GaelleS: avec son histoire d’archéologie du savoir je vois qu’il a les mêmes obsessions que moi, michel, on est graves,
        ça peut nous faire une vie. Du moins jusqu’à ce qu’on se fasse un avc ou une démence sénile.
        Ce qu’ils disent au début avec l’homme qui prend de l’importance dans l’histoire des idées me rappelle miguel benasayag, ce vieux séducteur.Il m’avait raconté ça aussi.
        tu connais miguel ?

        • @anne-laure:

          J’accroche bien aux analyses de Miguel Benasayag; son séminaire, accessible en ligne, est très intéressant (même si des fois il radote un peu beaucoup). Il y question de perte de lien, transhumanisme, de Spinoza

          https://www.youtube.com/playlist?list=PLKcFX5a_HaAYcxN42e50xtkisgFmGkaHB

          • @zaziee: aaaaah tu m’fais bien plaisir, moi j’avais suivi son travail sur la complexité du vivant qui durait des heures et des heures, qui parlait de leibniz surtout, et la pachamama tout ça , et des p’tits schémas fantastiques, avec son pote sinistre stressé par la pensée,
            m’étonne pas qu’il radote , il est vieux, mais c’est surtout un style pour bien se faire comprendre je crois, à la façon d’un prof,
            je vais regarder ce que tu nous proposes donc.
            Miguel : me revoilà.

          • @zaziee: ah ça me fait rire : il a toujours la même musique de film porno en guise d’introduction.

          • @anne-laure :
            « la omplexité du vivant qui durait des heures et des heures, qui parlait de leibniz surtout, et la pachamama tout ça , et des p’tits schémas’
            c’est le même que celui que t’as suivi du coup!
            haha, oui la musique du début est horrible..
            par contre, le journaliste Bastien est sympa, t’es un peu dure avec lui 🙂

          • @zaziee: nan nan c’est pas le même , mais il doit se reprendre sur la même ligne j’imagine, faut pas trop qu’il se perde non plus pépère, il en était resté au début de sa réflexion sur le transhumanisme , il était sur le point d’expliquer la suite selon son travail de recherche.
            Je me souviens qu’il déplorait que les oreilles du séminaire n’étaient pas très participatives, que ça lui faisait penser à une façon bien française d’absorber le savoir : un maître qui parle, des élèves qui écoutent.

          • @zaziee: mais tu sais que le pire , c’est que c’est peut-être lui qui joue le saxo du début ? ( c’est l’instrument qu’il pratique )

          • @anne-laure :
            aïe, pour le saxo, j’avais oublié ce détail..
            non, ça fait plutôt musique d’ambiance libre de droit

      • @GaelleS: je crois qu’il a un peu fait flipper le mec qui l’interrogeait à la fin, avec son idée de dissolution de l’homme. Il avait la voix toute affaiblie.

        • @anne-laure et zaziee: non je connais pas Miguel je vais écouter quand je peux suis à la bourre. on arrête de regarder le site 4 jours et ya 100 messages à rattraper.

          Michel il fait flipper mais on y revient toujours.

      • @GaelleS: ah bah moi je viens de trouver une femme philosophe, ça nous change un peu.

        • @elo: heu j’avais pas été hyperattentive mais je crois que l’ultra c’est celui qui se débarrasse des états , le néo c’est celui qui utilise les états , pour vampiriser les gens dans le bon sens du cap pour la vie comme il l’avait décidé.
          L’ultra n’existe pas en somme , c’est l’idéal du néo ( qui se raconte des belles histoires ), ou bien la partie totalement mondialisée de l’affaire sinon, pourrait-on dire.
          Le monde des riches qui flottent au-dessus des nuages de capitale en capitale en îlots du pacifique.

        • @elo: ben ici en l’occurrence elle ne présente pas son travail à un directeur de recherche , mais à une pauv’fille qui fait de la radio.

        • @elo: bé ouais, pov’public de pov’filles, on se comprend,

          c’est un peu comme d’écouter françois bégaudeau invité pour l’un de ses livres à la radio sans lire le livre en question,
          c’est très superficiel.

          Cela dit, cela peut nous donner des idées de lectures.
          On peut dire qu’elle sert à ça au moins, la nana de la radio.

        • @elo: une fois par exemple j’ai choisi le lire un roman parce que j’en avais entendu un extrait sur franceculture qui me plaisait bien ,
          keskilété chiant putain ce roman, en vrai.

        • @elo: j’ai choisi de lire, j’ai encore dérapé

        • @elo: ah ? il a un p’tit côté instituteur de campagne qui m’agace un peu françois ruffin.
          Je sais pas si je lirai son livre sur la france que macron connait pas. Je sais qu’il écrit pas très bien en plus.

        • @elo: je l’aime bien en tant qu’enquêteur, mais de temps à autres , il m’agace. Il prend trop de place.
          J’ai, par exemple, peu apprécié qu’il se serve de la critique positive de son livre écrite par françois bégaudeau , pour faire la pub de son livre sur facebook, sans se préoccuper par ailleurs de mettre en valeur le travail de françois ( bégaudeau ).
          Ce qui me paraissait être la moindre des politesses.
          Et je m’y connais en politesse.

          Mais bon, il y a peut-être ici un phénomène psychologique qui me dépasse. Je veux bien lui pardonner par avance.

        • @elo: tu devrais aussi renifler ton libraire, du coup.
          ça serait rigolo.

          avec ensuite la tête que font les chats quand ça chlingue , tu vois ?

        • @elo: ah, je savais pas pour le lien qui va vers l’histoire de ta bêtise,
          n’empêche c’est peu de chose rapport au reste du boulot de françois b , depuis des années ,
          bref,

          et bon, si on se met à avoir peur d’une certaine immoralité parce qu’on aurait un fonctionnement mercantile ( passage de plats ), on n’est pas sorti de l’auberge ,
          coincés par la morale ça marche jamais de toutes façons.

        • @françois: ah d’accord, bon j’ai rien dit il se rattrape un peu , même s’il ne lit pas très bien parce que je ne vois pas où il est écrit dans le début de molécules que nous sommes chez les enfants.
          Mais pour accéder au moment où il parle littérature il fallait subir beaucoup de moi-blabla-moi-blabla-moi-blabla.
          Bon il est déprimé, ça fait un peu séance chez le psy son histoire.

        • @elo: oui je reconnais que je suis un peu vache, et comme une vache je ne suis pas très sentimentale.

          Mais ruminant depuis hier à propos de françois ruffin je me faisais la réflexion qu’il était toujours un petit peu à côté de la plaque non ?
          – au moment où une grande partie des pauvres ne croient plus aux représentants politiques, il s’engage en tant que député. Cherchez l’erreur.
          – au lieu d’attendre sagement la résistance anti-macron qui portera des gilets jaunes, il perd de l’énergie à organiser une manif ( la fête à macron ) qui aura peu d’impact. Qui n’intéressera personne. Ou pas grand monde.
          tu vois ce que je veux dire ?
          Il s’agite un peu dans le vide. Il se fatigue pour rien parfois je trouve.
          Si vraiment son truc, comme il le dit, c’est de faire des enquêtes des films et des livres il aurait pu effectivement continuer à nous délivrer tout ça sur internet, à nous raconter les gens.
          Bon cela dit j’aime bien lorsqu’il raconte ce qui se passe dans les coulisses de l’assemblée nationale. Il fallait qu’il soit élu pour le vivre. Peut-être que je lirai son bouquin pour cette raison.

        • je le crois je le crois

        • @elo: ah bah si t’as rigolé en balançant des poireaux des harengs et des carottes ça me fait plaisir.
          Mais oui, y’avait pas foule hein ?
          tu savais que le pot-au-feu qui était un plat de pauvre à l’origine était devenu un plat bourgeois ?
          Les bourgeois y mettent de bons morceaux de viande alors que les pauvres y mettaient de la vieille carne dégueulasse qu’il fallait faire bouillir pendant des heures pour la bouffer, d’où l’invention de la cocotte minute de machin papin, rien à voir avec les sœurs, ni avec le footballeur.
          La magie de la vapeur pour attendrir les os.

          Je revenais te dire, comme j’y ruminais encore un peu, que je crois que françois ruffin n’est pas toujours un bon clinicien, qu’il ne fait pas toujours le bon diagnostic et ne trouve alors pas le bon remède.
          Ceci peut-être parce qu’il se laisse trop embarquer par ses sentiments , justement.
          Des sentiments que j’arrive encore pas bien à identifier, je le comprends pas.
          Peut-être que dans son bouquin il en dit davantage sur la nature de ses élans sentimentaux.

  4. Le trublion Todd avait subi le bannissement après son « Qui est Charlie ». Il a réitéré avec sa verve cabotine, lors d’une conférence à Sciences Po en octobre 2018, en déclarant à propos de Micron :«  un « puceau de la pensée » élu dans « une hallucination collective. Puis c’est chez Taddeï, relégué sur Russia Today, qu’il a livré son analyse du mouvement des gilets jaunes, en compagnie d’un autre blacklisté, Daniel Schneidermann de « Arrêt sur images ».
    La pensée de Todd est brillante, davantage dans ses livres que sur les plateaux télévisée ou radiophoniques. Même blacklisté, il fait encore référence. En effet, dans un mouvement de panique, après la première manifestation à Paris des Gilets Jaunes, n’a-t-on pas assisté à un incroyable moment de télévision : le dimanche 2 décembre au soir, Léa Salamé et Thomas Sotto animaient une émission spéciale (déprogrammation du sacro-saint film du dimanche soir, quand-même!), dans laquelle se sont succédé Mélenchon, Ruffin et Todd.
    Prenez-vous le même chemin ?
    Êtes-vous tenté par une notoriété auprès des briscards de la gauche radicale, qui vous ont longtemps fustigé après « entre les murs »…

    • Je ne suis pas sûr que les briscards de la gauche radicale m’aient fustigé au moment d’Entre les murs. En tout cas je n’ai pas eu vent de ça -ou alors sur le mode il est médiatique donc on zappe. Plus surement m’ont-ils ignoré, ce qui ne fut pas réciproque.

      Je ne sais pas exactement de quel « chemin » vous parlez. Le chemin du maquis? Oui ça c’est probable. Même si je dois faire part de la nouvelle du jour, qui permettra d’affiner la synthèse sur ma situation : les medias mainstream ne me censurent, mais ils ne veulent pas avoir affaire à moi, ce qui n’est pas la même chose (cela m’est dit tous les jours par l’attachée de presse, et m’a été confirmé par l’animateur des « incorrectibles » dont je sors: « j’ai plein de collègues qui ont peur de se faire rembarrer ».)
      Du coup, magnifique parade du mainstream public : invitation à L’émission politique, créneau très en vue et vendeur, mais pour y faire quoi? Pour débattre avec Marine, qui sera l’invitée. Là c’est du savoureux ++ : j’écris un livre contre la bourgeoisie (qui ne cesse de reléguer hors champ la question Marine), et cette bourgeoisie a le coup de génie de réaiguiller l’énergie contestataire portée contre elle vers son ennemie à elle. C’est fort. C’est très fort. Dommage que je n’y aille pas.

      • @François Bégaudeau: c’est parce qu’ils croient que tu vas te présenter ?

      • @François Bégaudeau:
        Mon but n’était pas de comparer vos écrits à ceux d’Emmanuel Todd, mais, depuis mon point de vue de lectrice de vos ouvrages respectifs,de faire un parallèle. Si lui est issu du milieu bourgeois, son travail et ses réflexions l’ont aussi amené à constater la bêtise de ses pairs lors des dernières élections présidentielles. Intégré à ce milieu depuis vos succès littéraires, vous avez, semble-t-il, bu la coupe jusqu’à la lie, en avouant votre péché d’orgueil : l’abstention (j’ai vécu la même opprobre, avec des gens plus sûrement à gauche sur l’échiquier politique que vos bourgeois parisiens).
        Aussi à la lecture de votre essai, me suis-je demandé ce qui vous poussait à cette critique. Et même si la riposte feutrée de cette caste est redoutable et vous en donnez la preuve, comment vivre dans ce milieu après ? Prendre le maquis est une manière de botter en touche. La résistance a parfois un air revanchard, mais il n’est certainement pas facile de conserver l’aplomb nécessaire au combat des idées.

        • -ce qui préside à l’écriture un livre, c’est le sentiment de tenir un bon livre, de par son contenu et sa forme et le subtil entrelacs des deux. Je n’ai accédé à la commande de l’éditrice qu’à partir du moment où j’avais la conviction de tenir un bon livre (ce que chacun validera ou non)
          -concernant ma vie, je redis ce que je dis dans la livre : j’ai un patrimoine bourgeois mais je n’en ai pas l’habitus. Je croise la bourgeoisie culturelle mais je ne la fréquente pas, de sorte qu’en aucun cas on puisse dire qu’il s’agit là de mon milieu (alors que Todd lui déjeune au Select depuis 35 ans avec ses potes de quartier et de promo). Beaucoup me disent : avec ce livre tu vas perdre des amis. Eh bien non. Je ne vais pas perdre ce que je n’ai pas. D’amis bourgeois, je n’ai pas, à deux ou trois exceptions dont j’ai parlé par ailleurs, et qui ne risquent pas de me lacher suite à la lecture d’un livre dont ils partagent tous les constats et analyses, en partie élaborés avec eux.
          Je ne peux que me citer : « Tu m’es témoin qu’avec toi je n’ai pas donné suite ».

          • @François Bégaudeau:
            Mais alors le « tu » n’est même pas un ami ? Et si Todd a les attributs de « convivialité » de sa classe, cela enlève-t-il tout crédit à ses théories historiques et anthropologiques ? Autrefois, ses détracteurs reprochaient à Léo Ferré de chanter la révolution en Rolls-Royce.
            Cela dit, je comprends votre distance face à vos pairs (patrimonialement parlant), confrontée également à une situation identique, immergée dans un environnement de classes moyennes et/ou supérieures qui reproduisent les schémas bourgeois et bêlent leur volonté de consensus, celui qui interdit toute velléité de contradiction. Les ressources économiques ne sont peut-être pas les mêmes, il en faut des moyens pour vivre en famille dans Paris intra-muros. Mais nous sommes ici sur des terres macroniennes. Les régions Bretagne et Pays de Loire qu’Emmanuel Todd (toujours lui!) qualifie de territoires du catholicisme zombie sont un avatar provincial de la capitale. Aux législatives, le vote dégagiste a été majoritaire, au profit de candidats En Marche. Mais la deuxième place est souvent revenue aux candidats France Insoumise. Va comprendre !

          • Ai-je dit que le fait que Todd ait les attributs de « convivialité » de sa classe enlevait tout crédit à ses théories historiques et anthropologiques ?
            En tout cas cette pensée je la suis, l’écoute, la comprend depuis longtemps.

            Reste que la critique adressée par Todd aux « élites », est une critique de pair à pair : mais vous etes tous cons ou quoi?
            Critique dont le soubassement conservateur est très clair, et du reste souvent avoué par l’intéressé : avec vos conneries vous allez foutre en l’air le pays, et nous foutre en l’air par la meme occasion. Sous les dehors séditieux de Todd, c’est une critique du point de vue de l’ordre.
            Et Bernard Guetta, ami de lycée, européiste libéral fanatique, reste un de ses meilleurs amis.
            C’est marrant comme ceux qui pensent que Todd est un punk zappent totalement tous les moments où lui même se dit un défenseur de la démocratie libérale.

  5. Suite a la lecture de «L’Histoire de ta betise » je capte une idée que j’ai lu sur l’ensemble de vos messages. Cette idée me sied à ravir (quoi ? je ne sais pas) mais je prends le maquis, c’est décidé…

    Rien a fourrer de la Bourgeoisie, en fait je lui renvoie son mépris.

    Je prends le maquis…Donc

    Je pars avec ma bibliothèque et Corto Maltese, quoique peu enclin au romanesque si ce n’est par le cinéma, d’autres ouvrages de Bégaudeau mais sans tomber dans l’adulation hein parce qu’il y a d’autres hauteurs sur les toits hein ?
    Sinon principalement le reste : Histoire, Sociologie, Philosophie..
    Au plaisir de vous lire…

    Le Maquis ?
    Le machis Corse oeuf Corse
    Toute bourgeosie est continentale…

    • @elo: … alors que tout le monde sait bien ici que celui qui nous fait vraiment chavirer c’est Raymond Calbuth.

    • @elo:
      Pour les uns et les autres je ne sais pas.
      Quant à moi je pécho rien du tout…A 53 ans et 2 gosses non merci…Je reste dans mon confort bourgeois ET sentimental.
      J’ai découvert Corto dans les années 70, dans Pif Gadget, le journal des Jeunes Communistes de ces années là.
      Mais il y aussi Pratt..
      Cela s’arrête aux faits bruts…

  6. Cette Histoire de MA bêtise va me permettre de découvrir Jacques Rancière et ainsi de compléter mon capital culturel

  7. Sentiment étonnant après avoir lu Histoire de ta bêtise ; de la même manière je ne m’étais jamais autant senti de la campagne du sud-ouest que lorsque j’en suis partie, je n’ai jamais autant senti la vitalité nietzschéenne de par son absence ou sa négation. Les dernières pages du livre n’en sont que plus fortes.
    François, comme beaucoup ici, j’ai apprécié ta précision, ta drôlerie, ta radicalité, ton honnêteté ; j’ai aimé aussi que ce tu de l’interpellation n’enferme pas le bourgeois, ne le juge pas et l’invite à penser. Avec quand même peu d’espoir d’y parvenir, la forme directe et la mise en exergue du primat de la matière étant si peu en adéquation avec le consensus, la négation de la vie et le recours à la morale propres à ce tu générique. Quand je parle de forme directe il faut quand même nuancer (en mode bourgeois ?), car même si tu t’adresses toujours au bourgeois cool, il y a des moments où on a l’impression que tu lui laisses des moments de respiration en te penchant sur ton propre cas, mais que ces respirations permettent de mieux revenir au cœur du sujet.
    Et même si on ne se reconnait pas vraiment dans ce tu, on peut se reconnaitre dans la faiblesse de sa propre pensée, en prise avec des considérations morales et une crainte de la confrontation, tant les affects néolibéraux sont dominants et nous ont imprégnés. Pour ce qui est de la confrontation, comme d’autres ici si mes souvenirs sont bons, tes développements m’ont vraiment rappelé La politesse.
    Je ne sais plus qui disait (Lordon je crois ou toi peut-être), que la faiblesse de la pensée dominante vient justement du fait qu’elle est dominante ; dominante, elle ne se bat plus que pour sa conservation. Tu le dis aussi en rappelant qu’il y a eu des penseurs néolibéraux mais que cette pensée ne se nourrit plus. En ça je me demande si la négation du vivant est propre au bourgeois cool ou plus généralement au dominant ? Le bourgeois ayant opté pour le consensus comme mode de conservation spécifique, consensus qui tue encore plus le vivant.
    Autre question où je m’envole un peu : au fil des pages je me suis demandée comment il était possible qu’on puisse être nietzschéen de droite, plus précisément, est-ce possible d’être nietzschéen néolibéral ? Un nietzschéen de droite n’est-il pas nécessairement catholique ou en tous cas religieux ?
    Et j’en profite pour à mon tour remercier Charles pour sa propre description.

  8. Bonjour
    avant toute chose mais avec un peu de retard félicitations pour la palme d’or et le succès qui en a suivi engendrant une couverture médiatique qui m’a permis de découvrir que le chroniqueur que j’écoutais dans la matinale de canal + était également écrivain.
    Depuis les livres se suivent et se ressemblent. Plagiat génial mais plagiat quand même. Certes, vous et moi sommes seuls à le savoir et moi plus que vous sans doute. Il n’en demeure pas moins que les quelques livres que j’ai lu de vous puisent très largement dans tout ceux que je n’ai pas écrits. Ce en quoi vous êtes génial certes mais néanmoins plagiaire.
    Bien sûr le dernier opus ne déroge en rien à la règle. Il reprend point par point toutes mes colères depuis la dernière présidentielle. J’ai donc été bien heureux de faire de petites captures d’écran à partir de l’édition numérique d’histoire de ta bêtise et de les poster à quelques amis que j’injuriais jusque là dans une réthorique peu convaincante. Bien sûr je leur conseillais de lire le livre que j’avais oublié d’écrire.
    Surtout n’oubliez pas de plagier le prochain livre que je n’écrirai pas. Je ne sais plus de quoi il parle mais vous fais confiance pour me le rappeler.

    • @momo: Merci pour le rire momo. Même sentiment de reconnaissance à l’égard de l’auteur, qui a su mettre les mots sur les choses, là où ils nous avaient manqué ou n’avaient pas été par nous aussi justement choisis.

      • @momo: oui merci pour le rire Momo. ton post m’a fait d’autant plus rire qu’il me rappelle L’explosion de la tortue de Chevillard que je viens juste de terminer, où se joue aussi une histoire de plagiat qui trouble sur le vrai/faux, la mauvaise foi, les causes et les conséquences, l’aléa, et où on rit beaucoup.

    • Vous ne savez pas encore de quoi il parle, moi si, et je ne vais pas abandonner un procédé plagiaire aussi lucratif.
      Merci quand même de m’inspirer à ce point. Le Dieu de la pensée vous reconnaitra.

  9. Bonjour M. Begaudeau.

    Je viens de découvrir cette préface, et, à cette occasion de vous découvrir (je vais y revenir).

    Très bon texte qui décrit un profil bourgeois très juste, que l’on visualise parfaitement. Ce texte m’amène néanmoins à formuler une interrogation: ces gens-là existent-ils vraiment? Je ne peux juger que de mon point de vue, de mon environnement social, et de mon vécu de neo-rural, neo-paysan et gilet jaune (j’ai quitté Paris il y a 11 ans). Mais, je ne connais pas ces gens là. Chez tous les gens avec qui je discute, nous ne sommes pas dans cette caricature. Même ceux qui s’en approchent (je continue à travailler dans le milieu universitaire) sont toutefois nettement plus nuancés. Donc je pose cette question réellement en toute innocence: à part Apathie et Meyer Habib, est-ce que ça existe vraiment?…

    Bref, j’en reviens à mon introduction. Je viens de vous découvrir via le site E&R, du diabolique Alain Soral. Vous ne m’en tiendrez pas rigueur: si vous n’en voulez pas à Chouard d’avoir une fois ou deux discuté avec le diable incarné, vous ne m’en voudrez pas, dans mes errances internetophiles, de fréquenter parfois ce site nauséabond, et d’y trouver des bribes d’intelligence et l’incarnation d’une dimension sociale palpable représentative de ce qui monte de plus en plus dans notre France actuelle (je n’ai pas le vécu pour savoir ce qu’il en est ailleurs). Je crois partager avec vous le respect pour ceux, trop rares, qui continuent, ou essaient, de penser. Je ne me reconnais dans aucune chapelle, je ne suis jamais entièrement d’accord avec tout le monde (vous non plus, je vais expliciter), j’ai simplement le respect et l’attirance pour l’intelligence et la pensée. Dans ces errances internetophiles, souvent nocturnes, il m’arrive aussi bien d’écouter une intervention de Onfray que de regarder une vidéo de Soral. Un podcast de France Culture. Une interview de Michéa. Un sketch de Dieudonné. Une vidéo de Ruffin. Une émission de Jacques Sapir, de Tadéi. Une conférence d’Etienne Chouard. Une interminable note de lecture de Michel Drac. Un entretien de Asselineau. Un reportage sur la pêche à la mouche. Un édito D’apathie (c’est plus douloureux, l’intelligence y est plus rare, mais c’est pédagogique). Et enfin, une interview de vous sur France Culture (à laquelle m’a renvoyé le site d’E&R…).

    Dans cette interview sur France Q, j’ai retrouvé l’intelligence que j’avais découvert 10 minutes plus tôt dans la préface ci-dessus. Mais comme toujours, il y a des détails que je trouve contradictoires, des réflexes idéologiques que je reconnais. Je vais vous donner deux exemples.

    Lorsque vous faites l’analyse de la stratégie de l’utilisation du Front National comme éternel sparring partner de la bourgeoisie qui, du coup, justifie sa légitimité par la négative, je partage le diagnostic mais je trouve que vous n’en tirez pas toutes les conséquences. En effet vous reconnaissez et considérez vous-mêmes le FN comme le pire mais dans le même temps vous déniez une quelconque légitimité à une stratégie électoraliste du « moins pire ». Or il me semble que si on peut faire cette critique aujourd’hui, si on peut considérer que la stratégie du moins pire est une « arnaque », c’est bien que peut-être, en dernière instance (ce n’est pas un gimmick soralien), le moins pire n’est peut-être pas réellement le moins pire. Sur une échelle de valeurs morales, c’est bien que la question se pose et devient légitime: est-ce qu’une politique identitaire, un peu plus stricte sur le contrôle des frontières, un peu plus autoritaire, idéologiquement « francisée » pour reprendre vos mots, est finalement pire que le génocide prolétarien. Il me semble que la particularité de notre époque est que cette question est devenue intelligible. Dire que le Front National, c’est bien le pire, mais que ceux qui votent moins pire sont des égoïstes privilégiant leur intérêt de classe me semble contradictoire… Ceci m’amène au deuxième point, votre biais idéologique.

    En effet, juste derrière, interrogé sur ce que je viens de formuler juste avant, à savoir est-ce que dans ce contexte, le Front National, c’est si terrible que ça, vous vous réfugiez très vite, avec une petite pointe de panique (toute relative, on ne vous ébranle pas avec si peu) derrière la caution de l’antifascisme. Et vous définissez ainsi la fascisme: le fascisme c’est une vision ou une politique identitaire.

    C’est là, qu’à mon sens, vous vous réfugiez de manière un peu trop confortable derrière votre idéologisme. Non, les identitaires ne sont pas nécessairement des fascistes ou, si vous préférez, le fascisme n’est pas réductible à la question identitaire, tout comme le socialisme n’est pas réductible à Staline. Le fascisme, c’est l’exercice d’un pouvoir autoritaire, totalitaire, animé par une idéologie nationaliste. Je ne suis pas identitaire, loin de là (et ce n’est pas une défense animée par la crainte de l’attaque ad nominem, comme vous avec votre antifascisme) mais je peux vous assurer, pour en connaître, qu’il existe des identitaires anti-autoritaristes et anti-racistes. Il est en effet possible de considérer que la préservation des identités, quelles qu’elles soient et où qu’elles existent, qui passe nécessairement par la lutte contre la domination et la prédation capitalistique des identités « autres », et qui s’oppose radicalement à l’uniformisation mondiale par le marché, transformant tout et tous en agents dociles et serviteurs zélés du capital, consommateurs zombies de Paris à Shangaï, bref,qu’une telle lutte politique n’est pas « fasciste ». Et je rejoindrai bien plus volontiers Chouard dans sa définition du fasciste: le fasciste, ce n’est pas celui qui est pour la peine de mort ou vaguement contre les « zarabes », sans trop savoir pourquoi d’ailleurs si ce n’est parce que Eric Zemmour lui a soufflé cette idée à l’oreille, mais le détenteur du capital qui exerce sa prédation sur le reste de l’humanité.

    Bref, mon message est déjà trop long. Je finirai par où j’ai commencé: vive la pensée et l’intelligence critique, vive François Begaudeau.

    Bien à vous.

    • @Stalker: bienvenue Stalker.
      Si je reprends Histoire de ta bêtise François définit le fascisme comme conception substantielle et essentialiste du peuple. Ca pose un cadre très clair.
      Pour ce qui est de la caricature, il suffit de se regarder pour voir à quel point on peut correspondre à cette dernière. Je dis ça en mode inclusif. Et à qui sert la nuance ?

    • bienvenu Stalker
      Je viens de te répondre en trente lignes, qui ont plongé dans le Dark web. Je refais quand j’ai le temps.

    • @Stalker: Bonjour Stalker, je me permets de vous répondre sur la partie prétendument caricaturale, en attendant que François exhume ses 30 lignes disparues dans le dark web.
      Les gens décrits dans l’ouvrage de François, c’est moi, en partie, ce sont mes amis, en partie.
      Je me présente. J’ai 30 ans, je suis avocat pénaliste. J’ai grandi dans le trou du cul du centre de la France, dans une ville que j’ai maudite durant toute mon adolescence : ville de vieux, rien à faire, rien à voir. Je l’ai fuie à mes 18 ans, après le bac, pour conquérir Paris, dans la pure tradition balzacienne. J’ai pu le faire parce que je suis issu de la bourgeoisie. Qui dit bourgeois, dit bien informé sur les règles du jeu scolaire et suffisamment nanti pour avoir un logement dans le centre de Paris. Je savais donc que pour « réussir » en droit, il fallait aller à Paris, à la Sorbonne ou Assas, ce que j’ai fait. A la fin de mes études de droit, je fais une école de commerce qui coûte une blinde (merci papa, merci maman) car à l’époque je veux spécialiser dans le droit des affaires. Pourquoi cette matière? Parce que c’est celle qui offre le plus débouchés et qui est la plus rémunératrice. A l’époque je suis de droite, ou de centre droit, je vote Sarkozy même-si-je-ne-suis-pas-d’-accord-avec-tout-ce-qu’il-dit.
      Je fais mes premiers stages dans des cabinets anglo-saxons et me rends compte vite de l’horreur du bordel. La carrière qu’on me propose – bosser de 9h30 jusqu’à Dieu sait quelle heure, y compris le we, y compris en vacances sans jamais savoir quand ça s’arrête – est merdique. Moi qui ai toujours été incapable de bosser après 22h à la fac, même à la veille des partiels, je sens très clairement dans ma chair que cette voie est la dépression assurée. En plus rédiger des contrats, des procès-verbaux d’assemblées générales c’est intellectuellement indigent et tout le monde s’en contrefout. Le métier d’avocat d’affaires est un métier de pute, d’esclave. Je me dis que je vais changer et que je vais faire du contentieux des affaires : en gros je vais défendre devant les tribunaux des entreprises et leurs dirigeants dans des litiges commerciaux. C’est déjà mieux et c’est ce que je fais. Je touche à quelques dossiers de pénal de façon incidente et je me rends compte que ça m’excite beaucoup plus. C’est concomitant à un basculement à gauche : je me mets à voter PS aux municipales. Je vire pénaliste en même temps que socialiste et finis par voter Hamon tandis que je découvre les prisons. Je suis officiellement devenu un bourgeois de gauche.
      J’ai voté Macron au deuxième tour car quand j’ai vu Le Pen au débat de l’entre-deux tours, je me suis dit que ce n’était pas possible, qu’elle était une indécrottable fasciste. Sa façon, brutale, de s’en prendre Macron m’a dégoûté, l’impression d’une brute qui s’en prend au premier de la classe (ce que je n’ai jamais vécu enfant, doucement sur la psychanalyse). Donc je vote Macron, pour le principe, en tout cas c’est ce que je me dis, alors qu’il s’agit sans doute d’une répulsion d’origine bourgeoise.
      Dans mes pratiques culturelles, je ne regarde plus (beaucoup) de séries depuis longtemps (car je reste un cinéphile un peu vénère) et lis davantage de roman et de poésie que d’essais. Mais ce n’est pas le cas de mes amis. Amis qui m’enjoignent à regarder Narcos (« ok t’aimes pas les séries, mais regarde au moins celle-là », je passe pour un snob en plus). Amis avocats qui ouvrent des bars à vins, qui font la tournée des restos validés par le fooding (et le je les y accompagne, naturellement), qui veulent toujours la meilleure expérience qui soit. On boit du vin comme si c’était le sang du christ, on l’analyse comme si on lisait une page de Rimbaud – sauf que moi je suis nul en vin, j’arrive à n’en rien dire d’autre que « c’est bon j’aime bien ». Ils sont bourgeois eux aussi, de gauche Hamon ou macroniens. Ils vomissent Marine le Pen, sauf un, d’extrême droite, qui apporte un peu de piment à nos discussions politiques. Les GJ les saoulent, à des degrés divers. Ca va de « on ne peut laisser ces gens-là décider, ce sont des blaireaux, c’est pour ça qu’on a des élus » à « ok, il faut peut-être un peu de RIC mais ils exagèrent quand même, ils vont trop loin ».
      Je fatigue un peu, je continuerai peut-être plus tard.

      • @Charles: Evidemment on est tous blancs, évidemment on est tous plus ou moins barbus, évidemment on porte des chemises en jean et des baskets, évidemment on a beaucoup écouté et on ecoute toujours de l’electro mais aussi de la chanson française, évidemment on a pris de la MDMA à Berlin dans des boites branchées remplies de parisiens, et de la coke à Paris.

        • Merci pour cette description, c’est passionnant. Je continue l’enquête :
          Est-ce que tes parents sont cathos de droite ? Et toi athée ? (Je pense au passage sur la déchristianisation de la bourgeoisie qui a participé à l’avènement du cool)
          Tu dis « basculement à gauche : je me mets à voter PS ». Tu l’as vraiment vécu comme un basculement ? Parce que bon.
          Tu t’es mis à fréquenter des gens vraiment de gauche ? T’as fait un tour à Nuit debout ? Les discussions sur le site ont participé à ce « basculement » ?

          • @Billy: il faut évidemment entendre de l’ironie dans basculement, je pensais d’ailleurs l’avoir mis entre guillemets. Je préciserai un peu plus tard.
            Oui mes parents sont cathos de droite, moi je suis agnostique mais fasciné par cette religion, qui m’intéresse d’autant plus je ne la pratique plus.

          • Ce post auto-descriptif entre direct dans les annales sélectives du site. Merci Charles. Aux gens de ton type, pour autant que tu en relèves encore, on ne demande guère plus que cette sèche lucidité.

          • Pardon pour basculement. L’émotion à la lecture du post a probablement perturbé mon infaillible radar à ironie.

      • @elo: Bonjour, ces personnes ne se réduisent fort heureusement pas à ces aspects et je ne fais nullement semblant, faire semblant de quoi d’ailleurs?

        • Tu es en bon chemin vers la lumière Elo. La lumière qui éclaire d’abord des gens, des existants, des existantes
          C’est auprès d’eux qu’il faut se tenir
          Par exemple je pioche et je tombe sur la carte https://next.liberation.fr/livres/2019/01/30/emma-goldman-rouge-passion_1706446

        • @elo: Je ne me sens pas stigmatisé, t’inquiète. Je comprends ce que tu dis/ressens mais je n’ai pas ce problème, et pour cause je suis en couple depuis deux ans Avec une filloniste droit dans ses bottes. J’ai toujours eu des amis/meufs qui ne pensaient pas tout à fait comme moi mais moins souvent des amis qui venaient d’un milieu social très différent.
          Ca me rappelle une soirée chez un pote mélenchoniste pédé qui vient aussi d’un milieu bourgeois (encore plus que moi). Y avait tous ses potes également mélenchonistes, dont pas mal d’homos non-binaire friendly. Crois-moi que j’ai passé une très mauvaise soirée à parler politique et Benalla alors même que j’étais assez proche d’eux idéologiquement. Pas à cause de mon ami, qui assume son côté bourgeois et prends les gens comme ils sont. Non, à cause de ses potes qui te prennent un peu de haut ou te font ressentir très fort ton appartenance à la bourgeoisie alors qu’ils viennent de te parler du Burning man et de son équivalent européen dont j’ai oublié le nom dont ils reviennent. Burning man où on ne trouve que des prolos et pas du tout des banquiers d’affaires naturellement. Et les bourgeois qui miment la subversion, qui veulent à tout prix cacher leurs origines et habitus bourgeoises en mettant en avant leur côté open, c’est vraiment ce qu’il y a de pire. Je préfère encore passer la soirée avec mon pote catho tradi de droite qui prend de la coke et du tramadol (il le fait moins maintenant) en te faisant écouter des chants nazis.
          Néanmoins j’ai aussi mes limites. J’avais un très bon ami lepéniste, raciste qui considère que Mandela était un terroriste, bon ben là j’ai dû couper court.

        • tiens tiens, « centre gauche »
          ne cherche pas plus loin
          depuis le début de cette affaire, c’est bien le centre gauche qui se montre le plus agressif – et c’est bien normal

        • @Charles: merci pour l’ambiance coke tramadol chants nazis , je ris.
          ( l’ambiance précédente était carrément moins rigolote mon pauv’bichon t’as vraiment pas d’chance )

        • Qui te finance, à priori?

        • Pas reçu
          Mais je crois que tu peux en parler ici.

    • @Stalker:

      Bonjour M. Begaudeau.

      Je suppose que votre réponse est définitivement perdue. Dommage, elle m’intéressait sincèrement mais passons.

      Pour approfondir ce que je disais dans mon premier message, et vous l’aurez compris, est-ce que cette réaction de défense, celle de se réfugier derrière la caution « antifasciste », n’est pas, aujourd’hui, un réflexe « petit bourgeois » dont la finalité est bien la préservation, consciente ou non, de son privilège de classe. Celui, en l’occurrence, de continuer à fréquenter plateaux télés, émissions de radio, et autres mondanités dont en réalité, ceux qui ne sont pas bourgeois n’ont plus rien à faire…

      Il n’y a aucun sens aujourd’hui, à se déclarer fasciste. Personne ne le fait, personne ne le fera (pas mêmes les honnis Soral and co). En revanche, se déclarer antifasciste a bien, par la négative un sens. Dans ce contexte en effet, faire une telle profession de foi ne consiste-t’il pas, intrinsèquement, à continuer de se déclarer bourgeois et à « donner des gages »?…

      C’est une question ouverte, je n’affirme absolument rien vous concernant, mais j’ai été surpris, au milieu de propos pertinents et intelligents, à trouver cette forme de soumission: « non, non, non, je vous rassure, je ne suis pas fasciste, ni homophobe, ni raciste, ni antisémite, etc… ».

      bien à vous.

      • Ces allégations tombent un peu mal, à l’heure où, de toute évidnece, je suis boycotté par au moins le service public. Il semblerait donc que les médias bourgeois n’aient pas trouvés convaincants mes protestations d’allégeance antifascistes.
        Sur la présence à la télé, j’ai déjà dit dix fois que c’était là un passage obligé pour qui veut faire connaitre les livres qu’il écrit et en vivre. C’est à dire qu’à la différence de Soral, moi je n’ai pas envie de gagner ma vie en faisant des videos sur Internet et de pontifie dans des confs : moi j’écris des romans, ce sont des objets autrement plus fragiles économiquement, et qui demandent à être défendus y compris dans le mainstream.
        Sur le moment de 7 secondes à la Grande table, plusieurs choses :
        1 si tu t’intéresses à ma pensée, j’aimerais que ce soit sur la foi de mes livres et non de mes passages radio. Tu me demandes de prendre le maquis, à ton tour prends le : laisse les médias et lis de livres, et de préférence les miens.
        2 une interview n’est pas un livre. Elle doit etre prise comme une situation. Une situation d’interlocution. Au moment où j’arrive à la Grande table, j’ai déjà fait quatre ou cinq interviews où les journalistes me tannent sur ma supposée préférence pour Marine par rapport à Macron. J’ai donc décidé de couper court à ces parasitages, et de leur clouer le bec en disant qu’en matière d’antifascisme je les attends tous. C’est une stratégie de combat, et surement pas une marque d’allégeance.
        3 Maintenant, plutot que de nous embourber tous les deux dans le commentaire du commentaire, revenons au point, revenons au réel. Toute stratégie et analyse de communicant mises à part. Revenons à deux réels, le mien, et le réel du réel.
        Le mien : je SUIS antifasciste. En RÉALITÉ je tiens le fascisme pour un ramassis de petits voyous ressentimentaux.
        Le réel du réel : la réalité c’est que partout dans le monde des pédés se font emmerder, tabasser, humilier enfermer. D’où que je tienne l’homophobie pour une des plus tristes des passions tristes. La réalité c’est que partout dans le monde les femmes subissent le joug patriarcal, des coercitions, des violences, et les limitations insidieuses du libéralisme et de paternalisme. D’où que je sois un indéfectible féministe, et un spectateur attristé du virilisme pathétique d’un Soral. La réalité c’est que partout de misérables blaireaux tiennent le juif pour le responsable de tous les maux du monde, ce qui me semble une pathologie abetissante. D’où que je ne sois pas antisémite, n »ayant pas pour objectif mon abetissement.
        Partout où je le pourrai, et par stricte allégeance à la justesse, je répéterai donc que je suis féministe, ami de la cause homosexuelle et de la cause des juifs.
        Et toi? Vas-tu me dire que le féminisme est une idée bourgeoise? Et que le geste anti-bourgeois ultime est de frapper un pédé en meute?

  10. Bonjour François,

    J’ai vu une de vos intervention sur un plateau TV et j’ai eu l’envie très sincère de vous rencontrer, j’ai comme vous 46 ans, je suis issue du milieu pauvre de l’immigration et ma vie est un vrai jeux de hasard auquel je donne progressivement un sens… j’ai été policier un an, puis fonctionnaire à la mairie et fonctionnaire à l’hopital sous l’influence des parents mais je n’ai jamais pu rester fonctionnaire… heureusement qu’une erreur judiciaire m’a condamné à perpétuité par contumax avant de se raviser pour me condamné à 7 ans… du coup mon casier judiciaire a calmé les ardeurs de ceux qui voulaient me savoir à l’abri dans le fonctionnariat… bref aujourd’hui je suis auteur humoriste et comédien et j’ai écrit des scénarios issues du point de vue des non bourgeois pour ne pas citer les pauvres et… j’aimerai beaucoup partager une conversation avec vous pour essayer de trouver l’ADN commun de la conversation entre tous ses mondes et pourquoi pas construire une religion ensemble (lol)…
    j’espère que mes fautes d’orthographes ne vous décourageront pas et que votre instinct vous fera prendre la bonne décision concernant mon souhait de vous rencontrer… cela dit réfléchissez bien car la « justice » m’a tout de même mis une fausse perpéte pour m’intimider avant de me mettre 7 ans pour avoir gardé le silence…

    Du coup je vais m’intéresser à vos oeuvres vous m’avait l’air convainquant… bon courage pour la suite. HD

    PS: si vous voulez vous rassurer physiquement sur moi, tapez Hammy dimaria sur le net… et pour mon passé judiciaire mon nom de scène si dessus est l’anagramme de mon vrai nom. J’espère que mon, PS, n’a provoqué chez vous aucune convulsion en souvenir du passé.
    Bien à vous !

  11. Salut François,

    Autant le dite de suite, j’ai adoré ton livre. Nouveau bobo, extirpé de la classe ouvrière, pur produit de « l’ascenseur social », je me doutais que ce livre était pour moi. Je l’ai découvert au travers d’un de mes podcasts France culture auquel je suis abonné (nouveau bobo, je te dis). Tu étais l’invité de « la grande Table » dans le cadre de ton tour des médias- ça je l’ai vu après en allant sur YouTube.
    J’ai tout de suite aimé ton discours. Certes, tu avais toujours ton côté « tête à claque », ce côté philosophe qui se la pète un peu en s’écoutant parler  » qu’elles sont belles les phrases que j’aligne ». Je me souvenais vaguement de toi au travers de quelques une de tes critiques du Cercle à l’époque ou j’étais encore abonné de Canal, mais ça c’était avant l’arrivée de Netflix… Y avait surtout « Entre les Murs » qui même si ca datait un peu, me laissait un excellent souvenir : un gars qui aime transmettre le savoir aux gamins et qui en plus chantait du punk rock ne pouvait pas être un mauvais bougre.
    Du coup, fallait que je lise ton livre. Lundi dernier au boulot un petit tour sur Fnac.com; malheureusement le livre est épuisé. Là je me suis dit que l’effet Gilet Jaune marchait à plein pot et que ce c… avait eu le nez creux en sortant son bouquin à ce moment précis.
    Samedi matin, direction Orly. Comme toujours quand je prends l’avion pour le boulot, je pars super tôt. Application G7 pour le taxi, personne sur la route. Parfait, j’aurais le temps de flanner un peu au Relais H. Là je me souviens que je voyage en classe affaire : pas la peine de se ruiner en journaux et hebdomadaires. Coté librairie. Je vois que le S. King a encore sorti un bouquin. Ce n’est plus un nègre qu’il a ce bon Stephen, c’est tout le continent africain qui bosse pour lui…Je regarde sans trop y croire s’ils ont Histoire de ta Bêtise. Fallait pas rêver non plus ! Pas grave je me dis que je me consolerai en regardant quelques films dans l’avion. La dernière fois, j’avais par hasard regarder « En guerre » avec Vincent Lindon (tiens, le même titre que ton dernier bouquin ?!) J’avais aussi voté Macron la dernière fois, mais je sentais bien que quelque chose clochait…
    Ca m’a rattrappé dans le salon Air France. Là tranquille avec mon cappucino et mes viennoiseries, je fais un nouveau tour sur le site de la fnac. Ton bouquin est de nouveau en vente: quand même, les editeurs connaissent leur boulot. Je suis bien avancé : je vais passer deux semaines en Amérique du sud, je vais avoir du mal à trouver ton brûlot. Ebook alors ? Zut, j’ai pas ramener ma tablette, encore jamais lu un bouquin sur mon téléphone. Je pianote discrètement la numéro de CB: au boulot, on nous a dit que c’était dans les salons d’aéroport et dans les avions qu’on se faisait le plus espionner. En quelques instants, ton livre est dans mon téléphone. Application Kobo obligatoire pour lire le livre. Je télécharge l’appli. Tiens j’ai déjà deux bouquin chez eux: discours sur l’origine de l’univers d’Étienne Klein et Affliction de Russel Banks. Et en anglais s’il vous plait. Tout cadre qui se respecte doit maîtriser la langue de Shakespeare…
    J’ai donc lu ton bouquin au dessus de l’Atlantique; y’en a bien qui accouche dans le métro 🙂

    Bon je vois que j’ai été super long, compliqué d’écrire sur un téléphone de m… Plus le temps pour développer… Si quand même juste quelques lignes parmis d’autres qui m’ont marqué:

    « Tu ne m’as jamais fait mentir. »

    Chiche ?

    Daniel

    • Je ne comprends pas bien les proportions et dosages de ce post.
      Mais je mets un 456ème petit baton dans la colonne tête à claques.

    • @dan: merci daniel , tu es fantastique.
      Et connais-tu l’application koober ? tu gagneras du temps ( cling : clin d’oeil )

      • tout à coup ça me rappelle un souvenir de ma première rencontre avec internet. Il y a une vingtaine d’années.
        C’était par le biais d’une petite machine grise foncée qui se connectait sur la ligne téléphonique et qui faisait tuuuuuuu-scrrrrrrgggllltuuuuuuu. On l’appelait le modem.
        Je l’ai laissé tomber par la fenêtre du 4ème étage de l’immeuble où je vivais. Dans le quartier de rivière salée de nouméa, quartier construit pour les travailleurs de la société le nickel, la SLN.
        Et chbing il était tout cassé.

  12. Bonjour François

    Je t’ai découvert sur France inter et sur France 5. Tes interviews m’ont interpellées. Ton ton posé, sans invective, m’a permis d’écouter vraiment ce que tu racontais. Et j’ai eu envie de te lire.

    Au début, je ne comprenais pas le titre du livre. j’ai vite compris!

    J’ai lu ton livre, crayon à la main. c’est rare! Tu m’interpellais, alors je te répondais en marge. Mais là, j’ai envie de t’écrire directement. Je te fais mentir: je valide ton livre!

    Ce matin, j’ai terminé ton livre. La claque! et pourtant, tu t’en doutes, je suis non-violente et je n’aime pas le conflit! C’est typique. Mais là, j’ai reçu une sacrée claque.

    Je ne pense pas en terme de structure, de système. Je me méfie de la radicalité. Je fuis le conflit.Tu me reconnais? Pourtant je me « pensais » « de gauche ». Pourquoi tous ces  » « ? Parce qu’après la lecture de ton livre, je m’aperçois que, finalement, je ne « pense » pas, je ne problématise pas.

    J’ai un bac+4 en éco, pas en philo… Et j’occupe un poste de cadre dans la fonction publique. Je mets en œuvre la politique de l’emploi sur un territoire. et je m’aperçois, à 46 ans, que je ne pense pas! Cruel…

    Tu me fais constater que malgré tout ce que j’imagine, je suis imprégnée de l’idéologie bourgeoise alors que je ne suis pas libérale, je ne crois ni au marché, ni à la croissance et encore moins au mérite. Troublant !

    Troublée, je l’ai aussi été par la page 210 de ton livre. J’ai, il y a quelques années, développé mon activité de praticienne en massage bien-être et somatothérapeute (les thérapeutes qui travaillent à partir des somatisations). Je souhaite accompagner les personnes vers le bien-être, la réparation sans remettre en cause l’origine du mal-être…

    Avant la lecture de ton livre, je n’avais pas conscience de ce que je jouais. Maintenant, c’est pus compliqué. « penser contre soi est une gageure », je te le confirme.

    • belle honnêteté
      si ce livre a un intérêt, c’est dans le fait qu’il élargit le spectre de la bourgeoisie, dans la fait qu’il embrasse large
      il y a donc les bourgeois, mais aussi les corps embourgeoisés, et là nous sommes très nombreux à être concernés
      nous le sommes tous, prolos compris, moi compris, moi aussi je suis en partie « libéralisé », c’est écrit dans le livre
      quelque pertinence ou réconfort qu’on y trouve, le tsunami thérapeutique est le premier vecteur (avec le tsunami techno) de la libéralisation des corps (autant que de leur « libération ») et des esprits
      si suite il devait y avoir à ce livre, elle porterait spécifiquement là-dessus

      • @François Bégaudeau:

        En quoi accompagner une personne au niveau thérapeutique contribuerait à la libéralisation des corps? Penses tu que prendre soin d’un individu, c’est l’empêcher de se révolter?

        J’ai vraiment du mal avec l’analyse systémique…

        Tu parles aussi du tsunami techno. Est ce que tu vises par là le transhumanisme?

        • La question n’est pas de savoir ici si l’accompagnement thérapeutique d’une personne est bon ou mauvais. Certaines y trouvent leur compte, d’autres non. Mais de savoir quel monde est dessiné par cette industrie des services thérapeutiques, extrememement puissante, qui a un grand pouvoir de colonisation des esprits. Dernier exemple en date : j’ai interrogé toute la semaine des femmes sur leurs pratiques culturelles. J’ai entendu beaucoup de lexique thérapeutique, très peu de lexique esthétique. Le thérapeutique a très largement colonisé l’art.
          Cette colonisation a, entre autres effets, celui de reléguer en marge la captation sociale, économique, psychologique, et structurelle, des situations de vie. Pendant cette semaine le grand absent aura été le lexique social. Pas une n’a articulé ses pratiques culturelles avec des questions d’habitus.
          A ce titre, et sous couvert de libérer les individus, le paradigme thérapeutique participe très largement de leur docilité et de leur embrigadement.
          Il faut le dire : des centaines de millions d’individus se pensent désormais à travers ce prisme psy-thérapeutique. C’est la religion de l’époque.

          Le tsunami techno ce n’est pas cet hypothétique transhumanisme, qui fait miroiter du grand pire effrayant pour ne pas voir le présent, moins spectaculaire, plus retors : notre quotidien technologisé, en douceur..

          • @François Bégaudeau:
            merci pour ta réponse.

            Je considère qu’en thérapie, j’accompagne les personnes pour qu’elles puissent reprendre leur propre pouvoir, pouvoir d’agir, pouvoir d’être au delà des injonctions de la famille voire de la société.

            Tu vois, de mon côté, ma conscience politique se met à bouger en même temps que je reprends mon pouvoir de bouger dans mon corps, dans ma vie. Ton livre participe à mes prises de conscience et, au minimum, à mon questionnement.

            La thérapie contribue à me réveiller plutôt qu’à m’endormir docilement dans mes certitudes.

          • « La thérapie contribue à me réveiller plutôt qu’à m’endormir docilement dans mes certitudes. »
            Alors je souhaite qu’il en soit de même pour tous les soignés.
            En tout cas pour l’instant, après 40 ans de règne du thérapeutique, on ne voit pas le début d’une esquisse de trace d’arrachement des corps à la docilité.

        • @bea:
          j’aurais besoin d’une précision. Quelle différence fais tu entre libéralisation des corps et marchandisation des corps?

          • Bonne question. Une question qui invite à préciser les termes est toujours une bonne question.
            A première vue je vois l’un comme la conséquence de l’autre. C’est bien la marchandisation qui est le plus grand vecteur d’uniformisation des moeurs, des gouts, des attitudes. La marchandisation de l’informatique aura façonné des corps liquides, des corps libéraux.
            Je vais vite, on creusera.
            Je développe un peu ces points dans une pièce jouée l’an dernier et qui vient de paraitre : « Nous sommes plus grands que notre temps »

  13. Cher Francois,
    Malgré le niveau un peu intimidant des commentaires précédents j’ose tout de même rajouter quelques lignes.

    Je dois être dans une phase nihiliste car je me suis lancé dans cette histoire de ma bêtise avec la certitude que j’allais rire un peu jaune. La présence de quelques albums de Morrissey sur mon étagère me désignait clairement comme cible mais au final il y a pire que moi.

    Le passage sur l’âme fonctionnaire est tous simplement brillant. Grâce à vous je sais maintenant qui je suis et d’où je viens. Je reverserai à l’œuvre de votre choix (fondation Begaudeau pour le bien être de Francois Begaudeau) 10% de ce que j’aurais claqué si je n’avais pas lu ça…

    Et le cool… J’aimerais avoir 20% du talent critique des commentateurs précédents pour exprimer ca par des mots mais n’en étant pas pourvu, je ne peux que vous dire que j’ai ricané méchamment non stop à la lecture de ce passage. Cette purée cool avait été très bien décrite aussi, par Marin de Viry dans le « Matin des abrutis ». J’imagine que dans son cas c’était plutôt un plaidoyer inverse au votre pour le bon vieux dandisme bourgeois à l’ancienne mais le diagnostic n’est pas si éloigné du votre.

    En tout cas merci beaucoup.
    Amicalement,
    Vincent

    • @d2dfa2: sur la partie fonctionnaire je suis bien d’accord, elle m’a apporté un éclairage nouveau sur moi, même si je ne m’en suis pas servie à mon épreuve écrite de concours interne ce matin (pas consciemment en tout cas)

      • @Zyrma: Vous avez fait le choix de la sécurité Zyrma, mais dans ce type de concours les examinateurs sont eux-aussi fonctionnaires!
        Je m’imagine dans leur tête face à un candidat qui sans provocation aucune m’expliquerait que la certitude de l’absence de conséquence d’un travail mal fait rend grandiose la perspective de bien le faire!
        Je crois que je serai ému mais il n’est pas impossible non plus qu’une crise bourgeoise me prenne. Bref vous avez sans doute fait le bon choix…

    • @d2dfa2: point 10 % : en tant que fonctionnaire depuis 16 ans je trouve que la partie fonctionnaire est discutable,
      notamment sur le confort psychologique qu’elle laisse paraître, dans le ton d’écriture de françois. A une phrase détail près. Je sais plus laquelle je suis une grosse feignasse je vais pas chercher.
      Tu as raison de dire : âme fonctionnaire.
      Dans ce sens je comprends mieux, un fantôme de ce qui reste de la vie réelle de fonctionnaire. Dans la vie de françois j’entends.
      Toujours la même histoire : les idées mais pas le réel.

      point 20 % : en tant qu’individu ne fréquentant que très très peu des bourgeois cools, je m’en rends compte en lisant ( et me disant que putain comme ces gens ont l’air chiants ) je n’accroche pas trop sur le passage cool-mode-art , j’y vois pas trop mon intérêt.
      C’est à dire que je ne sens pas l’influence sur mon monde.
      Ou si peu.
      C’est pas gênant.

      Je viens de lire le passage : pensée magique , et j’aime beaucoup.
      ( rrraaaah bah enfin que j’me dis )
      J’applaudis comme une guenon chimpanzée.

      Bon j’arrête de lire quand on attaque la partie plus-value parce que je sens que ça va m’être pénible.
      Il me faudra faire des efforts.
      C’est pour quand j’aurai la patate.

      • et alors hier avant de dormir , faut croire que j’avais la patate, j’ai surmonté le mot plus-value et j’ai tout lu jusqu’au bout d’un trait.
        J’en aurais bien pris 200 pages de plus.

    • @d2dfa2: nota bene : je me permets de te répondre parce que comme de par hasard les passages qui t’emballent sont ceux pour lesquels j’ai quelques réticences.

      Faut dire qu’en tant que fonctionnaire de police je me pose là.

      • et en feuilletant un paris-match ce matin pendant que véro se faisait couper les cheveux pour boire un chocolat,
        je repensais au bourgeois de fer au bourgeois de velours ,
        à la main de fer dans un gant de velours j’ai percuté après coup,
        j’aime bien cette idée,
        j’aurais dit : une forme d’autorité qui s’installe par la séduction. Pour faire simple.
        J’aime bien ce fil du mensonge dans le livre.
        D’autre part je pense que la perfidie est une tactique que j’aime assez, j’ai de la tendresse pour cette forme de l’esprit.
        Je la regardais par le miroir, véro avait du chocolat autour de la bouche on aurait dit un clown.

    • Effectivement je ne pense pas que Marin de Viry parle exactement du même point de vue. Même si je le trouve toujours assez intéressant, cet homme -ce qui confirme que le mieux qu’il puisse arriver à la bourgeoisie, intellectuellement parlant, est d’être réactionnaire, ou dandy – l’un étant la version élégante de l’autre.

  14. Pendant que je t’ai sous la main, je voudrais revenir sur les rapports de cet essai avec Deux singes. Est-ce qu’il n’y pas un léger renoncement ou retour en arrière par rapport à ton auto-analyse dans Deux singes? Tu écrivais à l’époque que tu voulais expliquer pourquoi tu n’étais pas devenu un intello de gauche, pas un Julien Coupat. Alors certes, Histoire de la bêtise n’est pas un essai très classique, mais tu y revendiques ou tu t’identifies plutôt comme un intellectuel dans celui-ci. Tu te situes clairement dans le débat d’idées, tu cites beaucoup de philosophes, tu parles de politique aussi bien dans son acception noble que vulgaire. Bref, c’est un livre d’intellectuel, impur certes. Est-ce que le François de 2013 aurait imaginé que le François de 2019 puisse écrire un tel livre où il descend dans l’arène des idées?

    • très bonne question, mais tu auras quand même remarqué
      -que je n’ai pas écrit d’essais depuis Deux singes, tenant le cap littéraire
      -que cet essai est une commande
      -qu’il a une facture très particulière, très subjective, très… littéraire. Que je serais vraiment très emmerdé de parler depuis nulle part comme Coupat -et toujours aussi inapte à ses postures.
      -que ce que je décris comme pervers tient vraiment du littéraire plutot que de l’intellectuel : à savoir privilégier la beauté d’une pensée à son efficace politique.
      La réponse à ton autre question peut avoir sa place ici : j’ai croisé Branco qui m’a dit sa volonté de « faire des trucs ensemble » (sexuels j’imagine), Chouard m’a envoyé texto, message facebook et message tel pour « qu’on se voie », les mecs de Fakir Paris m’invitent à un café. Et ok à tous je dis ma sympathie et et que oui on va pendre un café. Sauf que je vois bien ma réaction organique à ces sollicitations. Ma réaction organique est : un café mais pas plus. Pas le temps. Autre chose à foutre. Et cet autre chose je sais bien ce que c’est.

      • @François Bégaudeau: Merci pour ta réponse, qui me rassure un peu.
        Pour Branco, il est mignon quand même, tu peux envisager un coït rapide après le café (un quickie comme on dit chez les bourgeois cool).

      • @François Bégaudeau: faire de la voile à la baule avec emmanuel todd ?
        j’ai commencé ce matin l’histoire de ta bêtise et j’imaginais en effet, avec joie ( comme l’hymne européen ), les intellectuels qui pouvaient s’y intéresser, dont juan dont toddy dont fredo et je sais plus si j’avais pensé à ruffin mais pourquoi pas etc
        Qui prendraient un grand plaisir en te lisant.
        Et le plaisir c’est déjà ça de gagné.
        T’as bien raison de ne boire que des cafés avec eux. Je suis bien contente de toi.
        Mais des cafés décaféinés hein.

      • sinon j’ai pas compris la phrase sur l’égalitarisme et je sais pas ce que c’est un vélo elliptique, j’ai fait : ( ? ).
        Mais le détail du chardonnay m’a bien amusée parce qu’hier justement à la table du resto du bowling, deux en ont choisi et bu.
        Mais le bowling c’est pas génial comme jeu à la longue, on s’ennuie et on a mal aux bras.
        Chardonnay me fait toujours penser à chardonneret , l’oiseau.

      • @François Bégaudeau: ah bah du coup j’en suis déjà à la page 90, j’ai lâché simone, c’est très très bien c’est presque parfait j’ai eu deux orgasmes.
        Pour le moment j’aime surtout le passage sur :
        – la pensée
        et celui sur :
        – les idéologies

      • @François Bégaudeau: et puisque que tu parlais de ta crasse , hier j’écoutais ça ,
        pour illustrer

      • @François Bégaudeau: sinon, je ne connaissais pas les mots barycentre et salmigondis, j’en suis fort aise,
        salmigondis me fait penser à des saumons qui remontent les rivières pour se reproduire, retour à la source, je suis sûre que je suis bonne en étymologie là-dessus

      • @François Bégaudeau: j’aime aussi beaucoup les pages 100-101, la cent une c’est exactement ce que j’avais envie de dire depuis longtemps nom de d’là.
        Et ça m’arrive comme ça d’un coup par la grâce de dieu.

        J’aimerais bien en savoir plus sur le renversement lexical de la cent ( en bas ), parce que me demande pourquoi depuis quinze ans. Kessissépassé en 2004. J’ai pas tout pigé.

      • @François Bégaudeau: 2003 plutôt. Rapport à l’année d’écriture.

  15. Juste pour le rire : https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/critique-non-fiction/bêtise-de-la-facilité

    Critique écrite par :

    Agathe Cagé est politiste, présidente de l’agence de conseil COMPASS LABEL et ancienne directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Elle vient de publier Faire tomber les murs entre intellectuels et politiques (Fayard, collection Raison d’agir).

    • J’ai pas ri.
      Elle a une lecture très malhonnête. Et pour compléter le CV d’Agathe, j’ajoute que son bouquin est publié dans la collection dirigée par Najat Vallaud-Belkacem, et que le titre original était « Faire tomber les murs entre intellectuels et politiques. Par contre les murs qui nous séparent du peuple, on va les garder »

      • @Billy: C’est cette malhonnêteté à son paroxysme qui confine à une bêtise comique qui justifie entièrement le livre justement. Elle n’a absolument rien à dire sur le fond du livre et dresse des parallèles foireux avec la réaction du gouvernement face aux GJ. C’est en réalité le plus bel éloge qu’on peut faire du livre.

        • D’accord avec toi Charles : texte complètement inoffensif du fait de sa médiocrité.
          C’est marrant parce que je parlais récemment à l’attachée de presse de Fayard du passage de cette Agathe à la Grande table. Et, délicatement car nous partageons donc le même éditeur, je lui disais : c’état d’un scolaire accablant. Je vous recommande ce moment. Qui confirme avec éclat que le centre-gauche (Cagé est comme sa soeur dans l’orbite de Place publique) est peut etre un espace sociologique (celui du bourgeois de gauche) mais pas un espace de pensée.
          Mais la couve des inrocks sur Raphael G va nous relancer tout ça
          (malgré la joyeuse polémique à la clé)

    • @Charles: Belle erreur/ lapsus aussi dans la présentation de son livre dans le Magazine littéraire : la collection n’est pas Raison d’agir mais Raison de plus…Raison d’agir étant la petite (par le format) et précieuse collection initiée par Bourdieu et continuée par d’autres.
      http://www.raisonsdagir-editions.org/

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