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Molécules, roman. En librairie le 18/08

Que dire de ce roman? Rien de plus que ce qu’il contient.
Contentons-nous de signaler quelques dates de promo.  Je recommande notamment la soirée à la librairie La manoeuvre. Parce que c’est ma librairie de quartier, et parce que c’est tout près de chez Manuel Valls -qui a promis de passer.

***

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***

couv molécules Bégaudeau

18 aout, Arte, le 28 minutes

23 aout 18h, Radio libertaire. Avec Alexandrine, et peut-être Alexandrane.

1 septembre, Boomerang, France Inter, 9H

3 septembre, Forum Fnac, Carré du temple, 17h30

5 septembre, soirée de rentrée Verticales au Point éphémère (avec Elitza Gueorguieva, qui sort un très bon premier roman chez Verticales, Les cosmonautes ne font que passer)

10 septembre, Nancy, Le livre sur la place

13 septembre Fnac Montparnasse, 19h

14 septembre, librairie La Manoeuvre, rencontre. Pour fêter aussi la sortie, le même jour, de Wonder et de Victoria

20 septembre, Paris 5ème, librairie Compagnie (avec Elitza Gueorguieva, qui sort un très bon premier roman chez Verticales, Les cosmonautes ne font que passer)

22 septembre, Correspondances de Manosque

26 septembre, Théâtre du Rond Point, rencontre Télérama

28 septembre : Fuocoammare en salle

 

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653 Commentaires

  1. chouette une émission où un écrivain est invité par quelqu’un qui a lu son livre,
    vers la minute 51′

    http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-social-club/europe-1-social-club-220816-2827357

    (« les théories avinées ont parfois énormément de pertinence » je serais ravie de la replacer à l’occasion, en commençant par « comme disait si bien bégaudeau… »)

    • moi je trouve que l’introduction du je n’est pas la question de la fiction et du réel mais plutôt un mouvement démocratique qui va à l’encontre de ce que l’auteur de la corée du nord constatait précédemment sur les écrivains qui sont des tyrans avec leurs personnages.

      • moi je trouve aussi
        ma réponse à Taddéi se situe à l’intérieur d ela problématique fausse qu’il soulève, en quoi elle est en bordure du sujet aussi

  2. Juste en passant, petit plaisir de discours indirect libre- je suis pas sûre du terme mais je suis sûre d’aimer ça: page 126: L’infirmier Fred doute que ça intéresse nos deux visiteurs. Je me demande toujours si ça chatouille tout le monde pareil ce genre de procédé. Plaisant gazouillis de vitesse.

    • @fleur parmi les fleurs: Il aura fallu un docteur Benitez pour que je tilte sur Rocancourt, pourtant plus médiatisé. Mais sur le premier j’étais au taquet, c’est pour ça.

      • le style indirect libre est sans doute le fait stylistique de ce livre, comme il l’était de La politesse

        pour les patronymes, chacun reconnaitra ce qu’il reconnaitra
        on en parle un peu ce soir avec Taddei dans le social club (je sors de l’enregistrement, je passe vers la fin, itw purement sur le livre, les gens d’Arte amis de la culture et des arts peuvent aller se coucher -devant l’Allemand)

  3. il m’étonne ce point central, page 113-114 :

    Comme souvent elle manque de pinces. Elle se jure de les rassembler dans une boîte pour ne plus les perdre.

    on peut croire à une erreur, ou bien à ce qui marque l’arrêt de la pensée bouffée par l’action de se pencher pour attraper le linge mouillé dans la corbeille en plastic bleu.

    • c’est à peu près ça
      mais plus précisément c’est l’impureté, encore
      l’idée que quoi qui nous arrive, on est rarement absorbé par ce qui arrive
      qu’à ce moment là dans le cerveau de Lucie des neurones travaillent à hair Gilles, d’autres à regretter l’absence de pinces, d’autres à trouver le fond de l’air frais, etc.

      • d’avoir remarqué ces deux phrases voulues incongrues témoigne d’un cerveau lui même multifonctionnel
        contrairement à celui de la moule

        • @François Bégaudeau: ah je ne sais pas. Etudions le système nerveux de la moule pour voir :

          La moule est dotée d’une bouche, mais sans organes sensoriels regroupés, ni cerveau. Cette absence de tête et une cérébralisation réduite sont un caractère secondaire permis par la vie fixée.
          Les moules possèdent quand même des chémorécepteurs répartis sur l’épiderme. Elle se ferme d’ailleurs rapidement et hermétiquement en présence de nombreux toxiques, ce qui a permis de l’utiliser dans des systèmes d’alerte pour la qualité de l’eau (dans un bac où l’on fait passer de l’eau de mer, elle déclenche une alarme en connectant 2 contacts lorsqu’elle se ferme en présence de certains polluants).
          La moule ne possède pas d’yeux, contrairement à la coquille Saint-Jacques, ce qui n’exclut pas qu’elle soit sensible à la lumière.
          La bouche de la moule est entourée par des palpes qui vont permettre d’amener les aliments vers la bouche.
          La moule est sensible aux rythmes circadiens et des marées. En laboratoire, son rythme biologique et différents paramètres physiologiques sont facilement troublés par un éclairage nocturne ou par des heures anormales de nourrissage (à minuit au lieu de midi par exemple). Comme beaucoup d’autres espèces aquatiques, les moules vivant près de ponts éclairés ou infrastructures portuaires ou littoraux éclairés pourraient donc peut-être être perturbées par la pollution lumineuse.

          • comme quoi on peut être dépourvu de cerveau et être néanmoins multifonctionnel , néanmoins sensible à la brutalité du monde.

          • j’aurais été déçu que tu ne me reprennes pas sur la moule

          • @anne-laure: tout ça pour qu’on la bouffe.

          • @Jérémy: quoi ? tu veux me bouffer la moule Jérémy maintenant.
            kessessécéconneries je suis outrée.
            Quelle vulgarité, quelle indécence.

          • @anne-laure: j’aurais été déçu que tu fasses pas la blague

          • perso classiquement plus partante pour la toxoplasmose que l’anisakidose et le bon vieux léchage de chatte

      • @François Bégaudeau: travailler à haïr gilles ? Je n’irai pas jusque là.
        Je me disais qu’elle était de nouveau agacée par ces facéties absurdes qui lui font perdre du temps, alors que pendant ce temps perdu qui c’est qui va lui laver ses chaussettes à cet abruti. Qui pue des pieds.

        • je n’ai pas dit que Lucie travaillai à hair Gilles, j’ai dit qu’en elle, à ce moment, il y a des neurones qui s’occupent de transmettre la haine que Gilles pour partie mérite à ce moment
          mais ils ne se font pas bien entendre
          la pince à linge prend le dessus

          • @François Bégaudeau: comme l’envie d’uriner qui vient se superposer au baiser tant attendu qui va conclure le premier rendez-vous au resto?

          • @François Bégaudeau: oui je comprends, tu es bien finaud comme un spino.
            Et d’ailleurs Lucie s’adapte très bien à cette situation sans sexe, grâce aux pinces à linge.

  4. total incontinente je sors du témoignage de Lucie Guérini, chap.12, p.106

    • ça a commencé avec … / Apparemment les deux hommes présents dans la pièce ont décidé de nous faire rire. / … p.103
      et puis ça s’est pu arrêté

      • pu du tout

        • @François Bégaudeau: Molécules, le titre: ce fut lui de suite? total évident? (ou « le mystère du palier jaune » t’a démangé aussi?)

          • surement pas le mystère du palier jaune
            mais je crois que molécules est arrivé assez vite, oui

          • social club (jusqqu’à grenoble) où on aime t’entendre re/parler de cette histoire de circulation par ailleurs
            circulation moléculaire, circulation dans les/des textes, circulation dans les/des genres, dans/de la musique,

            François Bégaudeau, un piéton quoi

        • @François Bégaudeau:
          … / Je n’ai pas eu mon content. Je veux me repaître encore de son obstination mortifère, qui en miroir m’érige en parangon de raison. / … en 222, alors que Ton poing reste calme mais il n’en pense pas moins.
          – Tu postules comme administrateur de la comédie française dis moi?

          • pas compris

          • reçu ses lignes comme langage plutôt noble, style soutenu chopé envie de blaguer

            le f’rai pu

  5. moi je dis que c’est pas du tout anodin d’écrire que le parallélépipède du crématorium n’a pas d’âme ( page 54 ).
    Parce que si les parallélépipèdes avaient des âmes ça se saurait.
    parce que cela ne correspond pas au style de l’auteur, ça détonne, ça fait tâche.
    ça me fait me demander s’il y a des âmes dans les crématoriums.
    Ooooh bah si je m’arrête toutes les dix minutes pour me poser des questions j’ai pas fini hein.

    • ce mot à ce moment n’est évidemment pas anodin
      rafraichir des formules fossilisées est ma spécialité -ou ma spéciale, comme on dit aux JO

      • @François Bégaudeau: oui c’est toi le plus fort des cinq continents.

      • @François Bégaudeau: dois je préciser que c’est je crois à cause du mot parallélépipède qui est un mot très chiant à lire et à écrire de mathématicien à la con que le cerveau accroche sur l’expression sans âme et la voit.
        On dit plus communément un bâtiment sans âme , ou bien qu’on cherche à acheter une veille maison plutôt qu’une neuve parce qu’elle a une âme , la vieille maison.
        C’est à dire qu’on serait un p’tit peu bourgeois que ça nous étonnerait pas.

  6. … / Calot s’enquiert des raisons pour lesquelles ces personnes se retrouvent ici. Il n’ose pas dire ces fous. Archibald l’y invite. Lui aussi au début tournait autour du mot comme d’un pot. / … et 10 lignes à peine plus loin: Bing … / Lupin met les pieds dans le plat que contournait Calot: est-ce que certains sont psychopathes? / … p.48,
    cet auteur m’éclate, j’en fais peu durer la lecture, se confirme mon érotolivromanie

    • j’en fais un peu durer,

      • * dans la série « enrichis doucement ton vocabulaire avec ton idole » bien cru croiser un itération que là de suite je rechope pas mais ça y est, de le dire, j’en suis sure

      • et puis p.160, ça te réveille, t’extirpe de ton ronronnement qui toussote, comment qu’est-ce à dire? et de relire, recopier tranquille: … / Belinski ne jurerait pas sur la tête de son fils avocat d’affaires que la présente diatribe antimasculine, panachant d’insolence le foncier affriolant de madame Delattre, ne lui a pas procuré un frisson érotique prolongé en un fort désir d’agréer la jeune femme qu’il doit surmonter pour tourner une objection: / …

        • on aime aussi les images mentales et autres incises de Belinski face à Maître Delattre

        • oui je fais aussi des phrases de quatre lignes

          • pour la promo à La Grande Librairie

          • merci madame

    • et puis quand même, l’est pas super ce duo de flics begaudesque?

      ce Jean Etienne qui par autopronostic rétablit parfois son comportement en ravalant sa vicks pour éviter un paternaliste « enfin voyons » joueur du capitaine au brigadier

      et cette capitaine brune qui durant une partie de charge-décharge comme en enquête effective ne débraye jamais son humour qui implose:
      « Cet homme nous échappera pour la raison qu’il n’est pas un homme mais le diable.
      En personne.
      – Oui c’est une des pistes que nous explorons», p.83

      moment à la hauteur de son: « Auriez-vous quelqu’un à recommander au procureur pour me remplacer? » adressé au témoin volontaire – nom Supin prénom Albert, haut savoyard depuis treize générations –
      et de l’échange sur la perversion qui ne se divise pas, p.32

      entre autres,

      • partie de charge-décharge

        p.66, on y aime notamment le come back d’un des 13 hélicoptères affrétés par le capitaine Brun 6 pages avant pour traquer les gauchers qui intéressent Calot au vu de l’orientation et de l’épaisseur des entailles sur le visage de Jeanne D.

        Le capitaine rappelle alors que le jeu c’est sérieux, qu’on ne le pourrit pas en ramenant aux vieilles blagues et on pourrait l’approuver

  7. j’avais oublié que tu écris comme un dieu,

    comme un fou comme un soldat comme une star de cinéma

    ( je ne précise pas à qui je m’adresse ici car les dieux savent toujours identifier ceux qu’ils entendent )

    • et que les roses sont roses et que les bleuets sont bleus
      et tant de belles choses
      où avait-on les yeux?

  8. Elle s’affiche juste après la présentation du livre. Expérience à tenter : ouvrir une autre fenêtre, mettre une interview de Christine Boutin, ouvrir cette page.

  9. Molécules, roman. En librairie le 18/08

    oh mais putain, c’est aujourd’hui

    et de déguster chou rouge/carottes/avocat avec filets de citron/sauce soja sucrée l’air de rien,
    14h, je fais la grue devant la grande librairie, non mais.

    • « Bonjour
      – bonjour et dans la même foulée prudente, jadis échaudée, si j’ai bien compris, le Molécules de Bégaudeau sort aujourd’hui chez Verticales, enfin Gallimard,
      – ça m’dit rien dit-elle peu empathique à côté des deux piles de pages reliées qu’elle étiquette à la wonder.
      Clic souris, temps d’ouverture d’onglets/fenêtres d’écran, épelage du patronyme de l’auteur, max de secondes qui cliquettent dans ma tête pendant qu’efforts vains d’imperturbabilité faciale
      – ah si j’en ai un
      – woaw
      clap clap clap
      – et c’est bien dans la collection verticales oui
      re-clap clap clap de nu-pieds qui suivent ses mocassins plus discrets jusqu’au linéaire rase-moquette où, unique, précieux, bite à cul avec le réparer les vivants de Kerangal, il m’attend.
      – au moins c’est une belle journée pour vous.
      Putain de sourire, t’as pu 5 ans, calme shash, calme
      – C’est pour un cadeau?
      – C’est pour moi, remarquez j’pourrais m’le faire emballer, me le cacher
      Sourire, tandis qu’elle me le couche dans un sac en papier plutôt élégant assorti à la ville, l’accouple avec un marque ta page craig johnson et me le tend tout en m’en précisant le coût marchand.
      Carte bleue, tic tac tic, code plus si automatique, arrachage de ticket, souhaits de bonne lecture, salutations distinguées, porte, grand air, claquage latéral gauche de plante de pieds, la vie est belle.

      mémo: tâcher d’être à la hauteur

      • percer un bouton de fièvre?
        putain Capitaine même du 4e au rdc faîtes jamais ça malheureuse

      • Dans le vestibule du chapitre 8 de Molécules, après sa vingt et unième ligne, sens bien que le perso de Léna est familier et on aime que l’auteur prenne l’air de rien le temps de disséquer matérialiste ce que pourrait couvrir le flc « faire son deuil », comment on se débrouille des conventions sociales devant une dépouille au crématorium, durant le geste-souvenir, à l’enterrement en fonction des places et surtout, tout ce que ça peut filer de pensées quand un proche meurt quand on est dépourvu de ce qu’on brandit comme « la foi », la sorte de bouclier parfois empêcheur à penser que peut aussi être la religion.

        … / Si le concevable est plus vaste que le possible, la pensée est plus vaste que la matière. / … – p.71 tout en haut –
        voyons voir,

        • à l’enterrement

          sauf qu’ici c pas l’option bon, j’y retourne,

        • tout ce que ça peut filer de pensées quand un proche meurt

          réactiver de pensées plutôt car même, chacun y pense il me semble et très tôt

          • – Dans la forme, un petit voyage-douceur express vers l’invention du jeu (1ère version): … / Parfois deux vivants qui s’aiment se font du mal et quand l’un disparaît le survivant s’en griffe les joues. / … 73,

          • pourrait-on dire que les persos de Molécules sont comme doucement intenses, on est à leur côté, vit la/les situations, on dépiaute, ça raconte quoi.

            en suivant Léna, si familière donc – sans pour autant la rendre moins émouvante – j’aime que ce perso soit presque sans âge, sans âge tout comme son père dans la séquence de l’urne, sans âge dans le sens ia pas d’expérience ou autre qui tienne – séquence du répondeur et de son bien être quand (enfin? ça rassure?) ça s’énerve, sans âge quand ils épousent la configuration habituelle pour déjeuner au salon avec ce petit bijou de rebond en 3 lignes sur le jusqu’à nouvel ordre … / Il n’y aura pas de nouvel ordre. / … p.70

          • sauf que … / Il n’y aura pas de nouvel ordre. / … p.70 se rapporte au matelas où dort Charles dans le salon,
            pressens d’ores et déjà le plaisir que procurera aussi la/les relectures de Molécules,

        • quand on est dépourvu de ce qu’on brandit comme  » la foi »

          pas bien futé d’exclure les croyants de cette démarche en pensées, sectaire même, un peu honte ouais,
          lire et se taire plutôt,

          • chapeau bas Shash pour cette auto-nuance
            effectivement les croyants les vrais ne sont pas moins désemparés devant la mort que les autres
            (c’est même souvent pour ça qu’ils croient)

        • @shash: oui, « comment on se débrouille », c’est l’expression. Et cette très belle séquence ajuste le style à ce qu’il exprime, en particulier lorsque les personnages se succèdent pour rendre hommage à la morte : la confusion est introduite par un entremêlement des discours rapportés, comme si l’écriture mettait en scène, non pas la maladresse des protagonistes, mais une maladresse induite par cette situation, où la configuration d’une prise de parole met chacun en état de bricoler avec ce qu’il ressent.

          Ce qui est formidable, c’est que c’est écrit à hauteur d’homme, comme Pialat filmait à hauteur d’homme. On pourrait envisager un traitement cinématographique de cette scène où les mots des personnages toucheraient avec la même intensité -par exemple- que ceux de Mémère dans « L’enfance nue », disant l’attachement de François pour Mémé. Ca participe du même traitement de l’émotion, de la même façon d’appréhender les personnages.

          Il faudra qu’on reparle de l’apparition du « je » narratif dans le récit. Ca aussi, c’est quelque chose.

          • @shash: ça ne tient pas qu’à des mots conçus dans une pure abstraction, ça tient à leur matérialité qui profile des corps. Les postures de chacun figurent en creux dans la syntaxe des phrases. Quand Charles prend la parole, l’agencement de l’énoncé matérialise son attitude corporelle, sans qu’il soit nécessaire de la préciser par des notations narratives : « Il ânonne qu’il sait qu’elle ne l’entend pas et cependant il lui parle. Il s’excuse pour cette absurdité mais cette morte est absurde ».

          • … / Incidemment, il apparaît que la victime était autoritaire mais souple, solitaire mais sociable, cérébrale mais sensible, allergique au pollen, sujette à l’angoisse du dimanche soir, militante antinucléaire, fan d’Abba. / … BING … / Calot estime à 20% le gain en capital sympathie provoqué par un décès. Un raisonnement dont il perd lui-même le fil conduit le brigadier Ferrara à penser que la défunte n’était donc qu’à 80% fan d’Abba. / … bing … p.43-44,

            et puis au travers de toutes ces lignes, ce qu’il reste d’un être, les particules-témoins porteuses d’un jugement, d’un sentiment, d’une préférence que quelqu’un a pu entendre, partager, moquer plus ou moins gentiment

            @Jeanne D : Christophe se remet doucement de son accident de moto à Bali

          • @shash: cette mort est absurde

          • ca ne me déplairait pas que certains de mes personnages soient aussi émouvants que mémère et mémère la vieille

          • @Jérémy: Oui on trouve ici la référence au groupe Abba, mais la phrase que tu cites est surtout immensément drôle, 20%-80%. Je n’ai pas encore fini, souvent je souris mais là j’ai franchement ri. Sympathie immédiate pour le personnage qui émet ce raisonnement, sympathie accrue par le « dont il perd lui- même le fil ».

          • est-ce à dire qu’à la lecture de son Molécules certains pourraient trouver François Bégaudeau drôle?
            mouais, ça se saurait si on riait en lisant ce mec

          • Il faudra qu’on reparle de l’apparition du « je » narratif dans le récit. Ca aussi, c’est quelque chose.

            et pas de l’apparition du « tu » dis moi?
            crois bien que c’est là:
            … / ça arrive à tout le monde, c’est le surmenage, ça viendra quand ça viendra, l’important c’est qu’on s’aime, et autres formules usuelles qui ont comme tu sais le don de redoubler la contrariété du mâle. / …
            suivi du dingo … / De fait, Gilles ne partage pas ce diagnostic fluvial. / … fluvial le diagnostic quoi, t’y aurais pensé toi?
            un fluvial qui fait écho au concubinage serein un peu plus avant, celui de … / L’amour version fleuve et non torrent. / …
            puis, juste après, mes huit lignes préférées je crois, celles dédiées à la crispation de Gilles sur l’affaire, c’est p.111,

          • ça lit serré, j’aime

          • et mon mari t’en remercie

          • @shash: très juste. Est-ce qu’on ne peut pas dire que c’est l’équivalent narratif d’un regard caméra, par sa soudaineté ? C’est l’effet que ça me fait.

            Moins tiré par les cheveux, peut-être : une sorte de rupture qui, aussi, déjoue le fameux décrochage d’avec la narration classique et l’insertion du présent à valeur de vérité générale, sans interlocution particulière. Dans ce cas, le narrateur est souverain dans son jugement et dans son positionnement par rapport au récit. Omniscient quoi. On doit boire la sainte parole de celui qui juge les faits du haut de sa morale. L’exclusion du lecteur valide une sorte d’autocratie narrative.

            Si on part du principe que ce « tu » qui fait irruption n’a pas, par exemple, la valeur du « tu » d’interlocution dans « Deux singes », solidaire d’une écriture aux accents autobiographiques, plutôt récurrent, on peut parler d’un pronom moins attendu (le « tu » dans le récit proprement autobiographique -même si « Deux singes » est plus complexe- est un procédé usuel, assez caractéristique de l’écriture contemporaine du « moi », qu’on pense à Cavanna dans « Les ritals », par exemple).

            Merci d’avoir pointé ce fait d’écriture : ça permet de renforcer l’analogie avec le caractère irruptif du « je » narratif, un peu plus loin, qui lui, marque une bifurcation du récit vers séquence plus autofictionnelle.

            Si je dis pas de conneries.

          • tu dis pas de conneries

          • @Jérémy: Craig Johnson marque la p.173 de mon Molécules, à cette minute, pas encore rencontré le « je » ni de tampon

            – une invention/empêchement à explorer son corps l’applicateur un peu non?

            Merci d’avoir pointé ce fait d’écriture :

            certains rapportent que derrière les grands zhommes..
            ce à quoi Butler dirait sans doute plus simplement qu’à 2 c’est mieux

          • @shash: est-ce qu’on est tampon ou serviette comme on est fromage ou dessert ?

          • @Jérémy: slip ou caleçon, oreiller ou traversin, fromage râpé ou ketchup, ça dépend ça dépasse

            – les images mentales et autres incises de Belinski face à Maître Delattre m’ont ramenée au motif/aparté du Le moindre mal de notre hôte,
            quand il y note à plusieurs reprises je crois qu’un observateur extérieur à l’action du boulot verrait un homme et une femme dans le face/face de pouvoir médecin/infirmière

            Ici suivre les jeux des gens de justice est assez plaisant aussi notamment quand tout le monde se lève non pas pour danette mais à l’entrée de la présidente du tribunal

          • @shash: Vous répondez sur « Le moindre mal ». Vous lisez une invitation à rejoindre la rubrique idoine. Vous apprenez la mort de Michel Butor.

          • complètement oublié, le Butor

          • @Jérémy: je ne m’y rendrai que si chaque joueur me donne 150€, je pourris le jeu si je veux

          • La présidente du tribunal

            celle qui … / D’un geste paradoxal (elle) relève ses lunettes pour déchiffrer le dossier d’instruction, autorisant un observateur naïf à croire qu’elle lit avec le front. / …

            idoine

            -> au moins 2 fois dans le texte dont une qui ramène au top30 d’origine :- )

          • @shash:

            « D’un geste paradoxal (elle) relève ses lunettes pour déchiffrer le dossier d’instruction, autorisant un observateur naïf à croire qu’elle lit avec le front. »

            Phrase géniale.

          • @François Bégaudeau: En ce qui me concerne, Butor, quelques extraits à la fac. Et plus rien.

          • avais lu ses deux romans avec passion
            c’était ma période nouveau roman -dont je ne suis jamais vraiment revenu

          • @shash: j’ai pas fait gaffe, je me suis laissé porter par le texte à Jeanne. C’est quoi ?

          • @shash: 150 euros ? je les touche dans trois jours, juste un peu de patience.

          • le texte à Jeanne

            l’aime bien aussi, doux, visuel, à l’affût amoureux du quotidien; retombée à nouveau étonnée dessus il y a quelques semaines, sais pu trop par quel mot clé et/ou recherche honteuse associés aux nom et prénom François Bégaudeau (la re/lecture des lignes de son second texte pourrait si désir t’aider à trouver sinon ça peut se négocier – de pas monter à Lille début septembre m’ouvre à d’autres stratégies tu comprends)

          • je l’avais oublié aussi

          • et puis ce J’abandonne.
            Hors dynamique de dialogue formel il emmène de suite ailleurs, autrement dans la fiction.

          • De phrases géniales Molécules en est plutôt farci.
            Ce peut être par la facture qui fait rupture dans un ensemble de phrases construites à l’identique ou participant d’une forme choisie à un moment pour la narration (dialogues – majoritaires dans Molécules? faudra que je regarde mieux – ou description détaillée d’une situation, du verdict par exemple) ou parce qu’elle dit sans en avoir l’air en quelque sorte
            … / L’église Saint-Furlin sonne quatre coups que Maurice Bourrel trouve trop aigus. / … p.176 par exemple, la facture en est assez propre, académique, c’est court surtout et bien qu’on la trouve dans la masse des hypothèses et pensées de chacun qui attend le verdict (on est dans le juste après les derniers mots que Bourrel fils têtu a voulu lire céderai-je à préciser) ou isolée comme je l’oblige, elle emmène, inconforte, pèse des tonnes sans en faire.

            ps: celle du lire par le front rejoignant ses nombreuses absurdement justes et drôles en particulier dans un contexte où l’argument, le démontré, la démonstration logique est prétendue (la justice)

          • Effectivement la phrase ne paye pas de mine. J’aime bien les phrases qui ne payent pas de mine, mais n’en pensent pas moins.

          • @Jérémy: Oui géniale la phrase elle lit avec le front. On pourrait en relever plein, plaisir sans fin. Moi j’aime aussi beaucoup page 57: »la salle de recueillement est mal chauffée. Personne ne dit que c’est un comble. » J’ai ri en la croisant. J’aime le point entre les deux propositions. Une virgule aurait été atténuative. J’avais relevé une élision de virgule significative vers la fin du livre, il faut que je retrouve le passage, je reviens.

          • @François Bégaudeau: il a cessé d’écrire des romans il y a longtemps. Juste quatre récits. Affaire à creuser. Pourquoi avoir abandonné ?

          • il me semble l’avoir été entendu dire qu’à un moment c’était clair, il en avait fini avec la fiction

          • @François Bégaudeau: ok, je me fais Butor cet automne. « La modification ». Mais je lirai « Crue » avant.

          • @fleurparmilesfleurs: oui, bien vu.

          • @Jérémy: Je lirai Crue aussi, après. Hier j’ai fait une échappée avec ZaÏ ZaÏ ZaÏ ZaÏ, BD de Fabcaro conseillée par Juliette ; je dirais que Zaï se niche aisément dans Molécules. Si j’osais.

          • @Acratie: bon ok, « Crue » et la BD. Sur la playlist. Avec Blondie extended Disco 12′. La faute à « Molécules ».

          • « Heart of glass », extended disco 12″

          • Et le … / L’identification d’Alexandra Kazan est moins immédiate. / … de la p.144 (lors du diaporama-preuves du geste que Bourrel voulait accomplir pour se libérer du souvenir envoûtant de Jeanne) suivi d’un développement sur un jeu inversé et d’une partie de ce star quizz entre une femme et son neveu rentrant chez eux après le procès qu’on nous dit alors même que ce dernier n’est pas terminé?
            Plus que jouer avec la concordance des temps ou que sais-je ici, ça joue avec l’espace temps.

          • @Jérémy:

            « Heart of glass », extended disco 12″

            gaffe au tapage de mains à l’unisson de la foule sur earth wind and fire qui tout comme l’amour peut poindre

        • Un peu de répit ce matin. Vais l’écouter d’abord chez Taddeï puis chez sa chouchoute. Ou l’inverse sais pas encore. Revenir d’abord au chapitre 8, celui où on lit cette phrase padiresque posée ci-dessus déjà le 21/08:
          … / Si le concevable est plus vaste que le possible, la pensée est plus vaste que la matière. / … (p.71 tout en haut) et qui pourrait, s’il y en a une, être la phrase clef de voûte du dernier roman de François Bégaudeau pensez pas?
          Clef de voûte d’où partent régulièrement des phrases comme en réseau, des sortes d’artères philosophiques sur la vie, la mort etc,
          Parmi elles, on aime aussi les lignes qu’un pont édifié provoquent, la réflexion sur son efficience, sa réalité concrète alors que, le voyant, on se dit que sa réalisation, son existence même est juste dingue; reste que … / Certaines scènes à vivre ne sont pas vivables. / … p.71,

          • @shash: c’est particulièrement hybridé, il y a plein de fils par lesquels on peut entrer dans ce récit.

          • soyez réalistes demandez l’impossible qui disaient aussi

          • @shash: plutôt « soyez réaliste, soyez anarchiste ».

          • @shash: réalistes, anarchistes

      • @shash: nous avons par exemple ceci, page 176 :

        Alors que le jury s’est retiré pour délibérer sur son honneur et sa conscience et sous la tutelle neutre de de la présidente, le chroniqueur du progrès recueille les impressions de Lucie à la sortie des toilettes où elle a changé de tampon. Elle est heureuse d’être arrivée au bout.

        Hoooouuuu la subtile sale blague, j’adore.
        On imagine alors très bien le visage, l’attitude de Lucie , soulagée décontractée d’avoir dégagé cette partie gonflée ensanglantée gênante de son corps, pour en avoir introduit avec application une autre plus fraiche moins gênante.
        Avec applicateur.

  10. la sortie, le même jour, de Wonder et de Victoria

    Victoria? c’est quoi?

  11. En attendant la lecture de Molécules je note la sortie de « Fuocoammare » de Gianfranco Rosi, réalisateur de « Below sea level », grand grand film documentaire.

  12. au bout d’à peine 24h, dans une maison en forêt où ça chope le wifi, jeanne deligny, fan d’abba, aurait pu être tailladée par
    – jeremy
    – anne laure
    – yeux bleus

    • @shash: Je revendique le meurtre. Et je revendique aussi celui d’un fan qui m’a avoué que la dernière de Radiohead était vachement bien.

      • @Jérémy: notre hôte a pas fini de jouer avec le code des policiers :- D

        • jouer avec le code des policiers

          dont le jeu charge/décharge qu’a paumé son à ouvre la ronde pour dire, relever tout en prenant distance – une sorte de conscience de l’automatisme, de je fais tout en sachant que joueur – ainsi que durant les dépositions, les diverses audiences, la rédaction des accroches du préposé aux fait divers de la République de Savoie.
          * par exemple dans la série prêt-en-bouche multi-lexiques
          – pour le procès d’assises: l’atmosphère lourde p.136

          • On a aussi le n’oppose aucune résistance.
            et là on le stoppe plus le gars:
            … / Interpellé au 4 chemin du Grand Meunier 74210 Faverges alors qu’il part au travail, Gilles Bourrel n’oppose aucune résistance. L’expresion écrite noir sur blanc dans le rapport du brigadier Ferrera retient le capitaine Brun. Des flics et des chroniqueurs judiciaires, qui a commencé à singer le verbe de l’autre? Alors qu’un petit surcroît de précision suffirait à casser les automatismes. Écrire par exemple que l’interpellé n’a insulté personne. Ne s’est pas enchaîné à un radiateur. Ne s’est pas tiré une balle dans le crâne. A servi un café. / … p.87,

            ces petites envolées nerveuses détendent, font rire, on aime bien

          • Collée aux uns et autres, l’inaugural «accusé levez-vous » claque les oreilles en 177 et vu l’heure, on a ri d’y ajouter un mouvement collectif de la salle entière qui passerait à la verticale tant chacun a tu ce qui le tue, consommer pléthore de danette ou de branlette.

          • @shash: une illustration par l’exemple de la réflexion de Chauvier.

            Et ce qu’on aime aussi dans cet énoncé, c’est qu’il révèle la vie sous l’épaisseur figée des expressions toutes faites.

  13. Je sens que dans quelques jours il y aura un sondage : qui coupe la chanson d’Abba avant de poster ? Donc, avant de parler du récit, je pose la question. On a le temps d’y répondre. En ce qui me concerne, le réflexe m’est venu assez rapidement.

  14. Chargé, le mois de septembre !

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