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L’Ancien régime, Incipit, le 23 mars

La commande à laquelle répond ce livre se formulait ainsi : raconter, en 50000 signes (et donc 90 pages dans ce format aéré), une première historique. Le même jour que L’Ancien régime sort la contribution de Gonzague Saint Bris, qui porte sur le premier festival de Cannes – en 1946. Suivront, à un rythme de deux ou trois par trimestre, des livres sur le premier bikini, le premier malade du sida, la première discothèque, etc.

L’Ancien régime se penche donc sur l’entrée de la première femme à l’Académie française, Marguerite Yourcenar, en 1981. Les faits rapportés sont pour la plupart authentiques, la subjectivité de l’auteur intervenant dans leur choix, leur disposition, leur saisie. Ainsi tout est objectif et tout est partial.

L'Ancien régime couv

Un extrait :

En 1760, il vint à D’Alembert la foucade de promouvoir la candidature à l’Académie d’une certaine Julie de Lespinasse, illustre inconnue dont le prénom laissait présager une dommageable incapacité à uriner debout.

S’il avait voulu provoquer son monde, D’Alembert n’eut qu’à rentrer la queue basse au temple maçonnique où son initiative lui avait été soufflée, car il ne provoqua quun unanime mépris. On fit savoir à ce mathématicien que si son calcul était d’obtenir les faveurs de la salonnière, et qu’enfin se consomme leur amour qu’une rumeur disait platonique, il eût plus vite fait de la soumettre en l’épousant ; on observa en outre que sa favorite n’avait jamais publié, pas même un traité sur le bon usage du passé simple ou du nègre de plantation, et que rien ne certifiait que la correspondance supposée brillante qu’elle échangeait avec ses nombreux prétendants ne fût truffée de fautes de conjugaison.
Le vrai ressort du refus n’était pourtant pas que madame de Lespinasse n’ait écrit que sur ses ovaires, ni que sa prévisible sensiblerie la rendît inaccessible à la raison, mais une interrogation aussi simple que l’habit d’Ève : pourquoi une femme occuperait-elle un siège, alors qu’aucune femme n’en avait jamais occupé? Attendu que tout ce qui existe possède un caractère de nécessité, ce qui n’existe pas n’en possède pas. Si le sexe faible n’était pas à lAcadémie, c’est qu’il ny était pas nécessaire, la cuisine y étant déjà correcte et les nappes assez propres. Les fleuves avaient été conçus pour accueillir les rivières, les océans pour accueillir les fleuves, les femmes la semence de l’homme. Leur absence à lAcadémie participait de l’ordre général. Et si elles y avaient été présentes, cela eût aussi participé de lordre général, nen déplaise aux misogynes.

Variante possible :

En 1760, il vint à D’Alembert la lubie de promouvoir la candidature à l’Académie d’une certaine Julie de Lespinasse, illustre inconnue dont le prénom laissait présager une dommageable inaptitude à uriner debout.

S’il avait voulu provoquer son monde, D’Alembert n’eut qu’à repartir la queue basse vers le temple maçonnique où son initiative lui avait été soufflée, car il ne provoqua quun unanime mépris. On fit valoir à ce mathématicien que si sa manoeuvre visait à obtenir les faveurs de la salonnière, et qu’enfin se consomme leur amour qu’une rumeur disait platonique, il eût plus vite fait de la soumettre en l’épousant ; on observa en outre que sa favorite n’avait jamais publié, pas même un précis sur le bon usage du passé simple ou du nègre de plantation, et que rien ne certifiait que la correspondance supposée brillante qu’elle échangeait avec ses nombreux prétendants ne fût truffée de fautes de conjugaison.
Le vrai ressort du refus n’était pourtant pas que madame de Lespinasse n’ait écrit que sur ses ovaires, ni que sa prévisible sensiblerie la rendît inaccessible à la raison, mais une interrogation simple comme l’habit d’Ève : pourquoi une femme occuperait-elle un siège, alors qu’aucune femme n’en avait jamais occupé? Tout ce qui existe possédant un caractère de nécessité, ce qui n’existe pas n’en possède pas. Si le sexe faible n’était pas à lAcadémie, c’est qu’il ny était pas nécessaire, la cuisine y étant déjà correcte et les nappes assez propres. Les fleuves avaient été conçus pour accueillir les rivières, les océans pour accueillir les fleuves, les femmes la semence de l’homme. Leur absence à lAcadémie participait de l’ordre général. Et si elles y avaient été présentes, cela eût aussi participé de lordre général, nen déplaise aux misogynes.

Interview 1ères fois

179 Commentaires

  1. Dis-moi François, j’ai une question sur certains patronymes utilisés dans le récit (lorsqu’il s’agit de patronymes détournés). Je crois avoir repéré certaines personnalités qui n’ont pas laissé une trace lumineuse dans l’histoire du progressisme (souvent affublées de particules ou de grades militaires). Mais je n’en suis pas sûr à chaque fois. Peux-tu confirmer mes hypothèses ?

    Page 17

    – duc de Thiers : donc le boucher de la Commune, notre cher Adolphe.

    – Madame de Sarnèze : Marielle de Sarnez ?

    – D’Aubert : François D’Aubert, je présume. Politiquement proche de Sarnez.

    [les deux ont déjà des particules]

    – prince de Faure (Sébastien Faure ? S’agissait-il de doter un anar’ d’une particule ? Félix Faure ? Christiane Faure ? Dori Faure ?).

    – Miguelita (pas de référence avérée, juste que « l’infante Miguelita », ça me fait rire)

    Page 22

    – comtesse Morizet : NKM.

    Page 33

    – le général Debré : là on a le choix entre Jean-Louis, Michel ou Bernard.
    J’associerais volontiers le militaire au politique. Donc, moins de chances
    pour Bernard.

    Page 40

    – comte de Filhont : François, donc.

    Page 42

    – le Général de Guéno : Henri. Belliqueux. Le champ de bataille lui va bien.
    Avec un lance-roquette.

    Page 64

    – Guy Moraneau : croisement de Guy Montagné et Nadine Morano ?

    Les partisans de l’ordre politique sont plus visés à droite qu’à gauche.

    Il n’empêche que le texte n’oublie pas de railler Mitterrand, le président
    lettré et son prince dévoué, Régis Debray.

    • rien ne t’échappe, et tu es le premier à avoir vu ça, du moins à m’en parler
      le vrai sujet du livre est la continuité droitière du pouvoir français, ou, dit autrement, la persistance de l’Ancien régime
      en donnant à des personnages des noms de leaders de droite actuel, je signifiais cette invariance

      pour Miguelita, tout pareil que toi : c’est juste que ça me fait marrer. je sais même pas si le prénom existe

      quant à Prince de Faure, eh bien je te laisse chercher un peu

        • eh non
          essaye encore

        • @Juliette B: de rien. Visiblement c’est pas ça.

          • @Jérémy: oui, cherchons encore.

            (on me signale au passage un baron de Chaban page 36)

          • allez, un indice
            dessin animé

          • @Juliette B: ah oui, très juste

          • Patricia, Help !

          • putain j’ai trouvé : prince d’Euphor, Goldorak.

          • Actarus, prince d’Euphor. La vache.

          • @ François; Jérémy: le prince d’Euphor dans Goldorak

          • @Jérémy: je rigole: je viens de rallumer pour écrire la réponse qui a fait tilt dans ma tête puis j’actualise mes mails et vois que tu avais déjà donné la réponse.
            Ca va être dur de s’endormir avec le générique de goldorak dans la tête maintenant.

          • je l’ai toujours écrit Prince de Faure -car toujours écrit comme ça dans ma tête quand j’étais en CE1 et déjà un génie de l’orthographe
            d’ailleurs les deux circulent sur Internet, c’est marrant

          • (et le tableau de bord du site repart dans le passé en datant du 23 mars les posts du jour !)

          • @Jérémy: génial Jerem :- D
            mille mercis

            ps: surtout dis moi si t’en trouves un avec albator

          • @Juliette B: C’est rigolo, oui :-). Tu n’as eu besoin que de ta tête, moi j’ai marqué à peu près tous les homophones de Faure sur Google. « Nous ignorions qu’Actarus fût prince » me souffle Jean d’Ormesson.

          • @shash: Michèle Torr, plutôt. Insurpassable : https://www.youtube.com/watch?v=6nVxYHpX6wQ

          • @Jérémy: :- )

            gaffe Jerem, comme Bourrel je saisis qu’une blague sur deux,

            pis pour moi, laisserai donc passer la prochaine

      • @François Bégaudeau: ok, très bien, je vais chercher.

        Il me semble qu’on ne t’a pas beaucoup questionné sur autre chose que Yourcenar et l’Académie, alors que oui, il paraît évident que c’est cette continuité droitière que tu évoques.

        L’invariance procède, aussi, de cette langue académique qui est celle des dominants et que tu manies souvent avec une ironique grandiloquence, à laquelle tu fais subir des torsions, en lui injectant quelques doses de familiarités, d’anachronismes, de fautes de langues assumées (mais pas comprises par un collègue écrivain). Pour assurer au langage sa dose naturelle d’impuretés. Pour transférer la nécessité du désordre sur le terrain de l’expression.

        De la même façon qu’en se fixant comme langue unique, le français a écarté tous les langages qui auraient été susceptibles de le concurrencer, de même la fixation des normes de la belle langue (concordance stricte des temps entre la principale et la subordonnée, sur-représentation distinctive des subjonctifs imparfaits ou plus-que-parfaits, oralité syntaxiquement et lexicalement alignée sur l’écrit) est un processus de coercition qui s’accorde avec cette tradition droitière.

        En fait, le livre ne se contente pas de mettre à jour un diagnostic qui est posé sur le peuple et prend acte d’une analogie entre le manque de mots et le manque d’humanité (condescendance naturelle des sachants dont l’obsession est d’enseigner les bonnes manières aux barbares). Il montre que le contrôle devait souverainement et plus largement s’incarner à travers des experts auto-proclamés du bon goût, qui se désignent dans la tradition de l’élitisme républicain, se reconnaissent entre eux. Mais que le jugement artistique disqualifie, puisque d’eux, de leurs assignations officielles et formelles procède le mot « académisme ».

        • Tout ça est très juste
          J’ajouterais que l’idée était aussi d’attaquer l’adversaire dans sa langue. Ou dans la langue qu’il prétend maitriser, alors que bon. Interviendrait alors une autre dimension, l’expropriation. Celle dont les Straub parlaient en adaptant Corneille en faisant dire le texte en alexandrins à des comédiens étrangers, qui du coup l’écorchaient, et ainsi le revitalisaient, le rendaient à sa rudesse. Pas de raison de laisser ces trésors à la bourgeoisie qui ne s’en sert plus que comme vecteur de distinction. La langue classique n’est pas leur propriété.
          voici le film, je te laisse voir la dinguerie de la chose
          https://www.youtube.com/watch?v=Y_aMm-uD1Lw

          • à 25′, Jean-Marie en personne

        • @François Bégaudeau: ah merci, je vais regarder. Je connais pas le travail des Straub.

  2. Ça m’a fait sourire de retrouver « le saut du tigre dans le passé » à la fin de L’Ancien régime.
    Mais est-ce que quelqu’un peut me dire si « le saut du tigre dans le passé » est déjà dans La Politesse ou si on l’a cité ici ?

    • expression de Benjamin (Walter, par Castaldi) citée souvent par les Straub, mentionnée dans Deux singes, réactivée dans La politesse, replacée dans l’Ancien régime

      • @<a : Je me suis fait un plaisir de chasser le tigre dans ma bibliothèque. Le résultat avec un petit bonus extrait de la revue Vacarme (2010) :

        DEUX SINGES
        ou MA VIE POLITIQUE
        page 184

        Le temps des cerises est un chant révolutionnaire. Des cerises, pas des ordinateurs. Leur temps est-il à venir ou passé ? les deux. Les cerises sont à la fois derrière et devant nous. C'est possible. En cherchant bien bien on trouvera chez un penseur mort une validation de ce rond carré.
        On la trouve.
        On trouve toujours.
        On trouve de tout dans le grand bazar des idées.
        On trouve une formule éminemment arrangeante de Benjamin, à prononcer Benyamine : la révolution c'est le saut du tigre dans le passé.
        Qu'est-ce que ça signifie exactement ? Examen ajourné.

        LA POLITESSE
        pages 141-142

        Il a vu sur wikipédia que j'avais passé des années à Nantes, quels souvenirs j'en garde ?

        – Ceux que j'ai racontés dans mon dernier livre.
        – Il s'appelle comment ?
        Parmi vous j'aurai peu joui.

        En notant il me fait confirmer que c'est un futur antérieur. La révolution est le saut du tigre dans le passé. Il a aussi vu sur twitter que je voulais racheter le FC Nantes, est-ce c'est exact ?

        – Non.
        – Nantes peut-elle devenir un grand pôle d'Europe ?
        – Seulement avec un deuxième aéroport.
        – Certains n'en veulent pas !
        – Ce sont des passéistes. Ce sont des tigres. J'adore les tigres.

        L'ANCIEN REGIME
        pages 89-90

        Ce vieux temps était révolu. Un nouvel ordre advenait. L'ère du patriarcat paritaire.

        Or un contretemps survint. Un saut du tigre dans le passé, ou du crabe dans le futur.
        Une sorte de vent contraire souffla sur l'harmonieuse nation où des femmes toujours plus nombreuses désirent l'Académie, où des hommes toujours plus magnanimes satisfont ce désir. les années 2010 virent se systématiser le rapport inverse. La plupart des écrivains sollicitées pour combler le vide laissé par un nonagénaire firent savoir qu'elles n'étaient pas intéressées, sans le revendiquer ni s'en excuser, sur le ton poli et ferme avec lequel on écourte l'appel d'un télétravailleur marocain sous-payé par Orange.

        4. POUR EN FINIR AVEC CE PROGRÈS, LE PESSIMISME ACTIF, WALTER BENJAMIN
        (Sophie Wahnich)
        Lorsque Walter Benjamin s’insurge à son tour véhémentement contre une histoire qui adhère à cette notion de « progrès indéfectible », il bataille avec les communistes allemands et leur conception du matérialisme historique. Il bataille avec l’optimisme de ses interlocuteurs à un moment où le pire est en train de se réaliser sous leurs yeux, mais où ils persistent à croire que les progrès techniques, y compris soviétiques, vont conduire à l’émancipation. Il bataille avec ceux qui continuent à s’accrocher à cette flèche du futur et refusent de comprendre que la seule issue est alors d’interrompre le temps. « Il se peut que les révolutions soient l’acte par lequel l’humanité qui voyage dans le train tire le frein d’urgence. » Il s’agit alors de restituer une histoire faite de lacis complexes, de détours, de régressions, de bifurcations et d’avancées, contre l’imaginaire d’un ruban qui se déroule sans heurt. La violence révolutionnaire est la violence de l’entrave produite par la résistance à l’évidence partagée. Tel est le frein d’urgence, un frein d’action certes, mais surtout « un souvenir qui vous sauve », un rapport à l’histoire qui s’entrouvre dans le battement du présent désespéré. En effet, « si seul le présent est le temps du politique, tout événement du passé peut y acquérir ou y retrouver un plus haut degré d’actualité que celui qu’il avait au moment où il a eu lieu ». Ce rapport au présent ne fige aucun savoir, car même le passé décrit s’expose dans l’incertitude, l’inquiétude, le pari risqué comme le présent qu’il éclaire pour tenter d’éviter la défaite.
        S’il s’agit alors de reprendre l’histoire à bras le corps, et en particulier celle des vaincus, c’est bien pour « organiser ce pessimisme », pour faire face au « mauvais poème de printemps de la social-démocratie » et aux illusions communistes.

        • @Acratie: ah ça c’est super merci !

          • @Juliette B: Et c’est d’actualité, tu ne trouves pas ?

          • @Juliette B: J’avais oublié le lien vers Vacarme

          • @Acratie: ce que je trouve super c’est que tu as retrouvé les passages où cette référence survient chez FB; pour la suite – la comprendre et y penser – je vais avoir besoin d’un peu plus de temps.
            surtout que là je viens de boire un coup pour l’anniv de mon fils hpis hips

          • @Juliette B: tiens r’garde donc c’est rigolo, j’y étais à cette commission langage.
            Et c’est pas moi qu’ai traité les journalistes de collabos hein , j’te jure.
            Me souviens bien de la tête du mec , on l’retrouve si tu veux.

          • @anne-laure: ah oui elles sont bien les propositions de cette commission langage; j’aimerai bien que les lecteurs de journaux et autres récepteurs d’informations aient plus souvent cette interrogation : qui me parle, de quoi et comment me parle-t-il ?
            ça t’a intéressé ?

          • @Juliette B: ben l’idée de travailler sur ce support ( l’article ouest-france ) ne m’emballait pas des masses, mais l’expérience d’un dialogue politique comme ça avec des inconnus était vachement intéressante, me travaille encore aujourd’hui et me donne envie d’y retourner. Mais peut-être pas à Nantes parce que ça fait de la route, plutôt dans ma ville où ça commence à se développer.
            J’en parlerai plus dans les détails plus tard et ailleurs, ça va prendre trop de place ici je pense.

          • @anne laure: Je t’ai loupée, j’étais chez les n’importe qui.

          • @Acratie: Oh c’était quoi les n’importe qui ? ça a l’air bien.
            Moi j’y étais pas samedi, mais vendredi, c’était plus calme, une pré-soirée de préparation à la grande nuit.
            Mais y avait quand même des clowns musiciens pour punks à chien.
            Avec kaï kaï de chiens qui se font écraser par des pogos de punks.

          • @anne-laure: N’importe qui quoi,
            la démocratie, la vraie.

          • @Acratie: c’est vrai que lorsque j’y pense j’ai bien entendu parler du groupe n’importe qui et ça m’ a interpellée mais j’ai loupé le coche, j’ai été attirée par le beau sérieux jeune homme mal coiffé du langage.
            Ahlala en démocratie, il faut rester attentif et concentré c’est ça qu’est difficile.

          • @anne-laure: plus clairement : j’étais dans le cinq-trois. Je ne pense pas que Marguerite y ait posé le pied d’ailleurs.

          • @Acratie: Ah bon ? Aurais-je donc une hallucination rétrograde ? Bon faut que j’me repose moi.

        • @Acratie: oui super merci

        • résumé clair voire lumineux
          et qui règle vraiment le sort de cette affaire de « conservation » qui en soi en veut rien dire

          • @François Bégaudeau: Tout l’article est éclairant, même si dans la conclusion il faut resituer Benjamin dans son contexte historique.
            Lire cet article simultanément avec les passages de tes livres ouvre de nouvelles perspectives de relectures.

    • @Acratie: dans l’anti manuel de litté déjà on en voit le bout de queue je crois bien,

  3. Salut, Je viens de m’inscrire sur ce blog car je vous ai vu sur le plateau de Laurent Ruquier Samedi soir présenter votre livre et je vous ait trouvé vraiment très fin dans vos réflexions alors que le cadre de cette émission ne s’y prête pas vraiment avec l’égo surdimensionné des deux chroniqueurs; ils ont tous deux tendance à écouter davantage leur questions que les réponses de leurs invités. C’est délicat.
    Mais ce qui m’a frappé surtout, avant même de vous reconnaitre dans l’inoubliable rôle du prof d' »Entre Les murs » c’est votre prise de position en début d’émission, pour montrer votre désaccord avec Léa Salamé, dans son analyse des attentats de Bruxelles, elle pensait comme à son habitude faire consensus avec un discours si politiquement correct que votre intervention est tombé comme un douche froide sur le plateau.
    Or vous avez juste rappellé quelque chose de tellement juste, tellement notre indécrottable ethnocentrisme occidental nous aveugle, à savoir que nous ne somme pas en guerre, que la guerre, la vrai est en Syrie par exemple, que j’y ait vu, comme la piqure du réel sur un enfumage médiatique sournois qui voudrait à tout prix nous faire tomber dans la psychose du Choc des Civilisations. Léa Salamé avait l’air sidérée par vos propos. J’ai eu eu envie de vous féliciter d’avoir trouvé ces mots justes, à ce moment précis. Il faut du courage et du talent pour s’opposer à ce rouleau compresseur.
    Une belle leçon d’anticonformisme.

    • @wayna kapac: bienvenue à toi

    • merci à vous, et bienvenue
      pour vous rassurer, je crois qu’en dehors de la sphère médiatico-politique, on est très nombreux à ne pas marcher une seule seconde dans la rhétorique martiale d’un Valls, ou dans le frisson que se donnent quelques occidentaux fatigués en se proclamant en guerre

      • @François Bégaudeau: J’ai tendance à me méfier de deux idées, l’une consiste à m’imaginer que nos concitoyens ressemblent aux gens qui nous entourent et celle où j’imagine l’écrasante majorité de nos concitoyens abrutis par la télévision.

    • @wayna kapac: Bienvenue. J’ai comme toi et beaucoup de sitistes beaucoup apprécié cette intervention rapide de François car elle était simple, précise et sereine. On sent la précaution, l’absence de provocation et et de volonté de faire le malin contrairement à, par exemple, un Moix. Résultat : Salamé se tait, et ça c’est beau.

  4. … il ne faut pas pleurer pour ce qui n’est plus mais être heureux pour ce qui a été …

    • @shash:

      … / L’orthographe de « philosophie », que d’aucuns avaient follement voulu lester de deux « f », était aussi immuable que la répartition des pouvoirs et des biens. / …

      L’ancien régime, incipit, steinkis-prisma média: François Bégaudeau ne lache pas, il tisse, historicise, approfondit l’affaire d’une institution qui participe de/active la lutte des classes,

      et j’aime y trouver régulièrement des faits d’actualité contemporains à la date de parution du livre, faits qu’il n’hésite pas à insérer deux trois siècles en arrière sur la frise en revanche, je n’en suis qu’à la p.64 mais rien sur la première visite de la reine Christine de Suède qui initia le 11 mars 1658 l’ouverture des marchés du kanelbullar et des bancs en kit à l’académie?

    • @shash: et puis toujours cette langue adolescente imagée ^^ :
      … / Comme deux poufs après que leurs occupants s’en sont relevés, l’Académie et le Trône avaient repris leur forme initiale. / … (en 41 avec Bonaparte fermant la parenthèse révolutionnaire et Louis XVIII finalisant le geste)

  5. ah non, pas médiocre du tout, vu le contexte et le ton de l’émission.Bien à propos du mot guerre au début,tu as dérangé là. Dommage que Yann Moix ait consacré sa critique à de la correction,qui montrait le plus souvent qu’il n’avait pas senti l’esprit du texte,et qu’il te connaît bien mal. J’espère que tu as pu boire de bons coups avec les acteurs du film,les plus sympas de la soirée, apparemment.
    Et ton livre me fait beaucoup rire.

    • Chuis d’accord : pas médiocre du tout.
      Très calme très clair, parfait.
      Et plus beau que le morten harket de 1985 ( parce que celui de 2016 y a pas de mérite ).

      Ce sont les questions de yann moix qui sont peut-être un peu trop obscures , j’ai pas tout compris de son petit jeu et cela nous entraine vers des petits cafouillages que je trouve pas très importants. Perso.
      On aurait pu s’en passer.
      C’était juste pour jouer entre écrivains peut-être ?

      Le petit jeu de léa salamé me semblait étrange car elle à l’air d’emblée totalement à côté du livre mais il est malin : faire la concon pour mettre en évidence le fond du livre d’une façon radicale ( sur le sujet de l’émancipation des femmes par exemple ).
      C’est bien, on va vite à l’essentiel.
      Elle est utile cette fille faut la garder.

      Bon alors que yann moix il sert à rien.
      C’est ma sentence.

      • @françois: bon et puis tu t’es bien retenu de mettre tes doigts dans ton nez c’est bien, nan mais parce qu’on le connait ton nez qui pense et ça fait pas très propre devant la France.

        • @anne-laure: l’Académicien Alain Decaux est mort (ça la fout mal pour un Immortel). je propose Roselyne Bachelot, au nom de la parité.

          • @patricia: je sais pas si t’es au courant que Roselyne est une grosse chaudasse une partouseuse, les faits sont avérés dans ma ville tout le monde le sait.
            Mais bon si on s’en fout de la morale au nom de la parité, allons-y.

            Et j’en ai d’autres à propos d’Edith Cresson et des manouches si ça t’intéresse.

          • @<a href="#comment-4769anne laure ah oui raconte, j'adore ce genre de potins

          • @patricia: ah je ne sais plus très bien , moi j’écoute toujours ça d’une oreille distraite, mais Edith de son domaine de quelques hectares séparé du monde extérieur par des murs, des grilles, ou rien, je ne sais pas trop, ne voulait qu’y entrent les manouches, surtout qu’ils avaient tendance à y chier parait-il.
            Elle leur fit donc la guerre.
            Elle fit son petit scandale.

            Bon après t’as Gérard Depardieu qui fait de la moto mais c’est moins intéressant.

      • @anne-laure: ils étaient manifestement favorables à François. Juste déçus parce qu’il n’était pas rentré dans le chou de Dany,ils avaient programmé une joute entre le 68ard et le libertaire, manque de pot, ça lui tombait les chaussettes à François le discours de Dany, rien à dire, vraiment.
        Yann Moix me semble-t-il se donne un rôle de déstabilisateur, n’attaquant pas où on l’attend : une autre fois, il avait attaqué une actrice qui venait pour un film sur ses envies d’infidélité en tournage, elle n’en revenait pas de la question. Ici, il attaque François sur la langue,et passe les passés simples et les subjonctifs au crible : accent circonflexe? faute de concordance? Mal tombé : il n’y a pas plus rigoureux que François sur la langue,et justement l’ironie dans le livre était souvent fondée sur ces nuances.(Il a plutôt montré ses propres insuffisances). Mais il ne le laissait pas s’expliquer,il faisait sa liste de « fautes »,et personne ne suivait,sauf éberluement devant ces bizarreries. Dommage, on peut penser que Yann Moix, écrivain, pouvait trouver autre chose à dire,mais il joue les méchants,bien content de lui.je me demande comment il se comporte quand ils se retrouvent après l’emission pour boire un coup.

        • après l’émission on se barre aussi vite que possible
          il est minuit et demi, on est entré en plateau à 8h10

  6. les commentaires please

  7. « Foucade » est plus raccord avec l’époque décrite et c’est plus élégamment et plus discrètement ironique que « lubie ».

  8. Je trouve ce début très voltairien. « Attendu que tout ce qui existe possède un caractère de nécessité, ce qui n’existe pas n’en possède pas », ça pourrait être un trait d’ironie apocryphe qui s’applique à un énoncé de Pangloss.

    • @Jérémy: attendu que c’est un énoncé juridique non ?
      attendu que l’accusé joseph froissard a frappé par deux fois son voisin monsieur machin à l’aide d’un marteau etc.
      etc.
      etc.
      6 mois de détention.

      • @anne-laure: oui, ce qui donne à ce sophisme le caractère d’une implacable et immuable loi.

        • @Jérémy: Oui je suis d’accord, cette formule qu’on n’utilise dans les jugements renforcent le caractère axiomatique de la proposition. Et puis le participe présent c’est souvent très lourd je trouve.

      • @anne-laure: et tu noteras que le juge qui condamne Monsieur Machin et son marteau donne lui-même un coup de marteau pour ritualiser sa sentence. Tu as lu le bouquin de La Gasnerie sinon ?

        • @Jérémy: oui j’ai lu le bouquin mais j’étais déjà au courant pour le marteau sentencieux, j’ai dit marteau comme ça vite fait à cause de claude françois ( alors que j’aurais pu dire ampoule ) et parce qu’on m’ a dit la semaine dernière que le coup de marteau était la première forme d’homicide en France.

          • @anne-laure: j’ai un bon d’achat, je vais prendre le bouquin de La Gasnerie et celui de François cet après-midi. Je savais pas pour le marteau. J’aurais plutôt dit le couteau, parce que c’est un outil encore plus accessible. Mais peut-être moins systématiquement létal que le marteau. Les objets contondants sont plus efficaces, non ?

          • @anne-laure: Claude François s’est puni lui-même en tripotant une ampoule.

        • @Jérémy: tu me poses la question comme si j’étais médecin légiste, tu me fais rigoler.
          Ben ouais les couteaux ça fait moins de mal faut croire sauf si tu vises la carotide.
          Le coup de marteau sur la teuté ça pardonne pas apparemment.
          Moi aussi je compte me prendre des livres prochainement.
          Au moins deux.

        • @Jérémy:

          Claude François s’est puni lui-même en tripotant une ampoule.

          Oh bah ça on sait pas , c’était peut-être un coup monté de dick rivers.

    • @pour françois rapport à l’invit de ruquier acceptée: Oh bah non c’est pas possible ça, n’y vas pas françois ils vont encore te faire la misère.
      Et tu vas te faire mal au foie.
      Et au dos.
      Et au cœur.
      Et la tête, et la tête.

    • @Jérémy: Je viens d’imaginer Salamé en train de parler de littérature avec François, j’ai bien ri. En fait, elle a sûrement dû poser des questions du genre « vous François Bégaudeau qui êtes plutôt gauche comment voyez vous la place des femmes auourd’hui? Comment jugez-vous la défaite idéologique de la gauche à l’heure actuelle? Est-ce que votre camp n’a pas une certaine responsabilité dans la montée du FN? »

      • @Charles: Elle aurait pu, mais elle ne l’a pas fait. Je pense qu’elle n’a pas fondamentalement compris que François est un écrivain. Ou qu’elle persiste à le prendre pour un agitateur d’idées. Pour le reste, on se dit : c’est fait. Yann Moix, on oublie. Il remplit juste le cahier des charges imposé par l’émission.

        • @Charles: J’ai trouvé que Léa Salamé restait à distance respectueuse et qu’elle n’a pas creusé le sillon de ses questions habituelles, sans doute prudente par rapport aux mots qu’elle pouvait employer, se souvenant que quelques dizaine de minutes auparavant, elle avait été remise à sa place par rapport à son emploi abusif du terme « guerre » -les mots sans les choses, hein-. Enfin, tout cela est d’une globale inanité. Mettre le mutisme d’un invité sur le compte d’un désenchantement global, c’est présupposer que cet invité qu’on voudrait médiatique puisse l’ouvrir sur n’importe quoi. La réponses de François est claire à ce sujet : sans moi, les mecs. Mais il l’avait déjà écrit dans « Deux singes » (chapitre 2008): je suis de passage. Je pense quelque part que le refus de François de participer à ce grand cirque, les destabilise.

          • @Jérémy: tout à fait d’accord avec ce que tu dis de l’attitude de Léa Salamé, je suis plus sévère vis à vis de Yann Moix : je pense qu’il y a un cahier des charges, certes, genre gratter où ça peut faire mal, mais il est assez sûr de lui pour choisir sa manière,une espèce de pas de côté, où il prend une position supérieure ,et qui l’éloigne du coeur du sujet. Franchement, pour être positive,il devrait changer de méthode : il se dévalorise.

          • j’aime bien le moment où Moix, qui s’est déjà ridiculisé avec « foutit » et se vautre à nouveau avec « nationalisé », reçoit enrobée dans un doux sourire cette remarque perfide de l’auteur : « je vois que j’ai affaire à un grand lecteur, je ne suis pas déçu ».

          • @Patricia: Je rebondis sur ce que dit Juliette B à propos de « foutit ». Puisque la question de la conjugaison l’intéresse, il aurait pu évoquer l’usage du subjonctif imparfait dans ce texte qui opѐre un choix stylistique précis et, si effectivement il avait été un lecteur attentif, il aurait perçu ces jeux ironiques par rapport à l’utilisation des temps classiques du récit, les torsions que l’écriture fait subir à ces conservatismes de style, cette belle langue chѐre aux académiciens. On demeure incrédule sur l’histoire du « foutit », j’ai cru qu’il blaguait. Quant aux propos préliminaires sur François -« trѐs bon écrivain »-, on se reportera à un texte écrit par YM il y a quelques années. Si ma mémoire ne me trahit pas, il y était question d’un auteur sans style. Moix disait qu’il connaissait de bons livres de FB qui n’avait pas été rédigés par FB. J’ai immédiatement pensé à cette critique quand j’ai entendu son propos. Mais il a sans doute changé d’avis entretemps.
            Quant à Léa Salamé, elle aurait pu tirer profit de sa surprise initiale sur l’écriture du texte pour creuser l’affaire. Elle ne l’a pas fait.

          • @Jérémy: « il aurait perçu ces jeux ironiques par rapport à l’utilisation des temps classiques du récit, les torsions que l’écriture fait subir à ces conservatismes de style, cette belle langue chѐre aux académiciens » : tout à fait d’accord avec toi. François joue tout au long du livre au micron sur la ligne entre l’hommage et la distance,l’ironie et la »tendresse » ,c’est splendide et réjouissant. Pauvre Yann Moix.

          • @Jérémy: n’avaient pas

          • – amer cocktail de gêne et de moquerie en bouche quand Salamé partage sa note sur le champ lexical ancien régime avec lequel François Bégaudeau aurait joué: dire que nombre de bouquins sont édités, sur-markétés et pinaclés grands prix en tout genre alors qu’ils ne parlent que comme ça aujourd’hui ne lui vient même pas à l’idée,

          • @Jérémy: mais ce n’est pas seulement « un exercice de style », comme dit Léa Salamé, qui se doit de formuler une réserve : sa distance,c’est de la prise de hauteur : qui c’est qui est le chef sur ce plateau?

          • alors qu’ils ne parlent que comme ça aujourd’hui

            en se prenant au sérieux, persuadés qu’un grand écrivain fait de la Littérature que s’il écrit comme ça je veux dire,

          • Dans le genre encore, pas vu le spectacle de Kyan Khojandi mais le commentaire du binôme sur un passage branlette qui altérerait quelque peu la qualité du show m’a bien gratouillé la glotte: si … / La révolution Woolf consistant à explorer le détail comme s’il était un monde / … je m’incline devant le monde qu’ouvre la branlette bien qu’eux 2 prétendent que c’est plus le spectacle d’Alex Vizorek (mort de rire en apprenant l’origine du nom de Robe-Grillée) qui se joue de l’Art qui leur sied
            bon, on note
            et nous remonte encore aigre l’émission où ils accueillirent les amis benabar et demolon comme des inopportuns à qui pourtant, faute de pouvoir bénéficier de leur ressenti d’expert à l’issue d’une représentation à laquelle ils n’avaient pu assister, benabar – qu’ils se payèrent – leur en avait volontiers confié le texte.

    • @Jérémy: Je viens d’imaginer Salamé en train de parler de littérature avec François, j’ai bien ri. En fait, elle a sûrement dû poser des questions du genre « vous François Bégaudeau qui êtes plutôt gauche comment voyez vous la place des femmes auourd’hui? Comment jugez-vous la défaite idéologique de la gauche à l’heure actuelle? Est-ce que votre camp n’a pas une certaine responsabilité dans la montée du FN?

  9. On devait bien ce chef-d’oeuvre à une certaine Yourcenar prénommée Marguerite.

    si faut s’amuser à corriger des trucs moi j’aurais écrit :

    On devait bien ce chef-d’oeuvre à un certain Yourcenar prénommé Marguerite.

    c’est plus rigolo.

  10. Coucou.

    Pour ce que ça vaut, je préfère un mix des deux.

    ———————————

    En 1760, il vint à D’Alembert la foucade de promouvoir la candidature à l’Académie d’une certaine Julie de Lespinass
    e
    En 1760, il vint à D’Alembert la lubie de promouvoir la candidature à l’Académie d’une certaine Julie de Lespinasse

    Foucade, j’adore ce mot, il a la classe de la sobriété, le panache d’un cyrano. Garde.

    —————————————

    illustre inconnue dont le prénom laissait présager une dommageable incapacité à uriner debout.

    illustre inconnue dont le prénom laissait présager une dommageable inaptitude à uriner debout.

    Incapacité est plus raccord avec le champ lexical de l’urine, c’est médical, ça claque dans la bouche.

    ————————————

    S’il avait voulu provoquer son monde, D’Alembert n’eut qu’à rentrer la queue basse au temple maçonnique où son initiative lui avait été soufflée

    S’il avait voulu provoquer son monde, D’Alembert n’eut qu’à repartir la queue basse vers le temple maçonnique où son initiative lui avait été soufflée

    Tu chipotes, la première phrase est plus fluide en plus. Pour moi encore une fois.

    —————————————————–

    On fit savoir à ce mathématicien que si son calcul était d’obtenir les faveurs de la salonnière, et qu’enfin se consomme leur amour qu’une rumeur disait platonique

    On fit valoir à ce mathématicien que si sa manoeuvre visait à obtenir les faveurs de la salonnière, et qu’enfin se consomme leur amour qu’une rumeur disait platonique

    Un mathématicien sait, donc on le lui fait savoir, c’est cliché mais ça sonne mieux. Par contre, visait à obtenir est mieux que était d’obtenir. Visait ça fait plus calculateur. Je préfère. Un mix des deux, et t’as pas tout mis en gras.

    ——————————————

    on observa en outre que sa favorite n’avait jamais publié, pas même un traité sur le bon usage du passé simple ou du nègre de plantation

    on observa en outre que sa favorite n’avait jamais publié, pas même un précis sur le bon usage du passé simple ou du nègre de plantation

    Définitivement précis. C’est juste punk comme attitude, Traité c’est plat.

    —————————————

    mais une interrogation aussi simple que l’habit d’Ève

    mais une interrogation simple comme l’habit d’Ève

    Question de goût, aussi simple que sonne moi métaphore que simple comme, c’est plus élégant.

    —————————————-
    Attendu que tout ce qui existe possède un caractère de nécessité, ce qui n’existe pas n’en possède pas

    Tout ce qui existe possédant un caractère de nécessité,

    On est bon sur la seconde version, beaucoup moins redondante.

    ——

    Voilou, ce n’est que mon avis. Hâte de te lire, comme d’hab. J’ai la politesse de retard toujours, mais je vais faire le nécessaire.

    PS vu qu’on peut pas édité, je suis pas sûr de la présentation du truc, m’en veux pas si ça foire un peu 🙂

  11. interview incipit: comme on le voit en train de pécho la-d’ssus François Bégaudeau

    • @shash: et comme on l’entend bien en train d’se faire pécho la meuf là d’ssus: trop fort, j’adore,

    • @shash: En même temps, avec françois, pour jouir, suffit de l’écouter ou de le lire. A partir de ce moment là, il est corporellement niqué.

  12. mais sinon incipit ça serait pas un peu le genre de mot qui n’est utilisé que par 103 personnes sur la planète non ?
    Ah ? 102.
    Y en a une qui vient de disparaitre.

  13. Ooooh ben moi aussi la mort est mon métier, c’est marrant ça.
    Sauf que moi j’étais pas aussi précoce, plutôt vers les 17.
    ( après la chèvre de monsieur seguin bien sûr, on connait l’histoire )
    Livre que personne ne connaissait j’avais remarqué en le racontant.
    Livre qui n’intéressait personne, j’ai rapidement cessé de le raconter.

    J’ai voulu en lire un autre de robert merle ensuite, qui s’intitulait le propre de l’homme, une histoire de guenon chez les scientifiques , et puis j’accrochais pas je l’ai prêté à mon voisin en me disant que je le lirai après et je l’ai jamais lu finalement.

    • (…), et pour une certaine Renée cela se joua à une lettre.

      c’est court,
      c’est drôle
      c’est beau

      • @Juliette B: et ce p’tit bout là , il est pas beau ?

        un physicien démontrant qu’une embarcation
        féminine était trop fragile pour
        traverser l’océan.

        Aaaah il est beau, ah il est beau le bégaudeau, en veux-tu en voilà, emballé c’ est pesé l’affaire est dans le sac.
        Bon vais faire la cuisine.

        • @anne-laure: encore la cuisine ?! :c’est pas une vie.
          tu devrais plutôt prendre un thé, comme Marguerite,
          et deux macarons

          • @Juliette B: Oh bah hé oh ? avec tes mille et une recettes au lapin, ta recette au mille et un lapins, tu crois pas que tu n’as pas de leçon à me donner ?
            J’fais la maline mais je l’ai pas finite la nouvelle, trop nase, pas le temps.
            Je reprends demain peut-être.
            mais je sens venir le foutage de gueule sur la ligne du thé et des deux macarons.
            Qu’est-ce qu’il peut être moqueur ce françois.
            Quel ricaneur.

          • @anne-laure<B: non, non tu te trompes FB ne se moque pas de Yourcenar dans le livre. Tu verras.

          • @Juliette B: ah ok. Mais pour le moment : il se moque.

          • @Juliette B: Oh bah c’est malin ça me donne envie de lire alors que je suis complètement nase.
            Et que j’ai pas fini la cuisine.

          • @Juliette B: tiens tu la vois cette moquerie ?

            un journaliste fort en style eut écrit que la tension y était palpable.

            Houuu la moquerie, houuuu le vilain.

          • @anne-laure: j’ai pas dit que l’auteur ne se moquait pas ! j’ai pas qu’il ne se moquait pas de Yourcenar

          • @Juliette B: j’ai pas dit non plus que t’avais dit qu’il se moquait pas, l’auteur.
            Bien saisi que marguerite y échappait.
            Tu t’exprimes assez bien pour que je te comprenne, j’en suis désolée.

            Juste je te partage cette moquerie de quelques mots, ce détail, car je pense qu’elle te plait comme elle me plait.

          • @anne-laure: t’as raison, excuse-moi anne-laure.
            d’ailleurs je rigole parce que quand je l’ai lu dans le bouquin ce palpable, j’ai tenté de me souvenir si je l’avais déjà utilisé…et je me suis satisfaite de ne pas m’en souvenir:-).

          • @Juliette B: on se souvient pas des trucs trop douloureux peut-être ?
            Y a pas de honte à user d’expressions préfabriquées.
            Tout le monde le fait.

          • Y a pas de honte à l’oral, mais à l’écrit y a pas de raison de pas se relire et de pas se sortir un peu les doigts

          • @anne-laure: celle dont j’ai beaucoup abusé c’est « l’enjeu est de taille », parfois juste pour faire rigoler ma collègue qui l’avait repérée.

          • @Juliette B: Oh oui

            l’enjeu est de taille

            c’est excellent ça.
            tu dis au lecteur de bien prendre la mesure de l’enjeu pour bien lui foutre la pression, pour t’auto-pressionner aussi, sauf que tu dis pas de la taille de quoi.
            parce que ça pourrait être de la taille d’une souris par exemple.
            On sait pas.

            ça me fait penser que dans le texte de françois il invente une expression ,je ne sais plus très bien à propos d’un chameau au lieu de celui qui peut passer par le chas d’une aiguille.
            J’aime bien.
            ça m’ a fait penser au film banzaï que j’ai vu mille fois avec ce moment dégeulasse du chameau ( dromadaire plutôt ) qui blatère où coluche dit que c’ est son pote qui déconne.

          • @anne-laure: c’est-à-dire que quand tu t’apprêtes à t’enfermer pour la nuit au medef pour suivre la négo assurance chômage ou assurance maladie, t’as plutôt intérêt à t’auto-persuader que l’enjeu est de taille.

          • @Juliette B: ouaip t’as raison , c’est meilleur pour la santé mentale

          • @françois bégaudeau: t’as raison, mais ça suppose d’avoir le temps de se relire ;
            mais t’as raison (on peut toujours y repenser à froid pour éviter de l’utiliser à chaud la fois d’après);
            ça me gène moins sur une tension palpable (qui pourrait être remplacé par manifeste ou forte que ça ne changerait pas fondamentalement la nature de l’information sur la lourdeur du climat), que sur des expressions comme « la grogne » (des fonctionnaires, des salariés, des cheminots, des opposants à la loi El Khomri, etc) qui font passer pour des mauvais coucheurs des opposants politiques.

          • il y a des réflexes de langue plus ou moins investis d’idéologie, tu as raison
            et effectivement tension palpable n’en fait pas partie
            ce ne serait donc ici donc qu’une affaire de style
            sauf que je suis intimement convaincu qu’on ne peut pas vraiment compter, en matière de résistance aux éléments de langage dominants, sur quelqu’un qui serait aussi peu attentif aux automatismes métaphoriques
            c’est la même vigilance qui alerte contre les uns (mots de la doxa) et les autres (métaphores automatiques)
            c’est en cela, et en nul autre sens, que l’exercice même de la littérature est politique

          • @françois: faut croire que tout le monde n’est pas fait pour se les sortir du cul, il faudra faire avec.
            Ou sans.

            sans jeu de mot sur les odeurs à l’oral
            ( j’me comprends )

          • non mais parce que sinon on peut sectionner des artères mais c’est pas très gentil je trouve.

      • @Juliette B: ton micro va et vient, bizarre

        – pas encore mis le nez dans la marguerite de François Bégaudeau

        L’ancien régime est facile à trouver? ou c galère comme avec le dispositif grazia?

      • @Juliette B.: ton micro va et vient, bizarre
        – pas encore mis le nez dans la marguerite de François Bégaudeau
        L’ancien régime est facile à trouver? ou c galère comme avec le dispositif grazia?

        • @shash: je comprends pas ta première phrase (?)

          moi je l’avais commandé L’ancien régime, donc oui trouvé facilement; faut demander aux autres s’ils l’ont acheté ou volé facile en librairie.

        • @shash: moi aussi commandé car j’aime beaucoup ça.

          • A un moment le récit bascule dans L’ancien régime, je l’aime beaucoup ce moment là qui montre toutes les libertés qu’on peut prendre dans un récit et le pouvoir qu’on a.

            Mais par la suite le temps se gâta. L’air se corrompit. Le ciel s’assombrit, des orages grondèrent, les chevaux hennirent, les hirondelles volèrent bas, les humains s’agitèrent, firent des histoires, prétendirent vouloir, voulurent prétendre, réclamèrent des droits, exigèrent des congés puis qu’on les rémunère, tout foutit le camp.

            p:48

          • @juju: Oh oui moi aussi je l’ai beaucoup aimé celui-là.
            On dirait du Chateaubriand ( enfin l’idée que je m’en fait ).
            René de.

            Je suis pas trop pour qu’on pose de longs extraits ici, pour ceux qu’on pas tout lu encore.
            Je ne voudrais pas les gâcher.

          • @juju: et puis t’as vu ce que ça fait ?
            ça fait un début avec une image de freux qui s’envolent en croassant vers les nuages sombres comme dans un film de tim burton et ça retombe vers une plage d’une mois d’août blindée de beaufs. Sûrement saint jean de mont à mon avis.
            enfin à moi ça fait ça.

          • @anne-laure: c’est une sage position en effet,

            ceux qui ont déjà lu le livre pourraient échanger en faisant juste référence aux pages, sans les citer, pour ne pas spoiler.

            ça me rappelle une histoire russe, au goulag, au fin fond de la Sibérie

            les pauvres détenus qui sont là depuis des lustres essaient de se tenir chaud le soir dans leur baraquement en se racontant des histoires drôles

            mais comme ils se connaissent par coeur, ils les connaissent par coeur

            alors ils ont décidé de numéroter les histoires, plutôt que de les répéter à chaque fois

            ce soir là, le premier dit « la 8 ! » et tout le monde éclate de rire en se remémorant l’histoire drôle numéro 8, un autre dit « la 4 ! » et repoilade, et ainsi la 10, et la 2, etc.

            arrive le tour d’Ivan, qui dit: « la 7 ! »

            silence

            – Pourquoi vous riez pas les gars ? elle est marrante la 7 non ?

            – Oui elle est drôle, mais tu sais pas la raconter

          • pile ce qui me fait rire

          • @juliette: Merci elle est chou ton histoire, tu la racontes bien.
            On lui donne quel numéro ?

          • @anne-laure: oui c’est du cinéma en fait ce passage, comme une ellipse ciminienne qui explose le temps et l’espace

          • @anne-laure: hou, nos posts se croisent je parlais de la page 48 pour la référence au cinéma

            (allez numéro 48 pour l’histoire)

          • @juliette: 48 48, hé bien bravo pour l’effort d’imagination, un cocotier qui pousse dans la main juliette.

          • @anne-laure: quand ils seront bien vieux le soir au coin du feu les sitistes s’enverront des post avec juste le numéro d’une page d’un livre de Bégaudeau et ils se marreront comme des baleines, ou pleureront d’émotion, ou s’engueuleront rien qu’en découvrant les chiffres

          • @juju: mais on peut mettre des p’tits bouts comme ça :

            et René Coty offert trois cadenas.

            tout discrètement.
            page 69.
            Chhhhhh.

          • @Juliette B: rire

          • @anne-laure: cool
            alors j’ajoute ce petit bout là (p:64)

            Sous le dôme, quelques rires finirent en toux

          • @juju: ah oui c’est marrant les vieux corps qui s’étouffent à chaque effort quand même.

            Et là tiens :

            C’était de l’ironie.

            page 77
            nan mais parce que si faut préciser c’est que ça craint à mort à mon avis.

          • @anne-laure: oui je l’aime beaucoup aussi.

            comme cette petite remarque p:45

            il eût plus vite fait de la soumettre en l’épousant

          • @juju: c’était de l’ironie est plus une remarque de l’auteur que de celle dont tu parles, qui serait plus une expo du raisonnement masculin.
            Je sais pas.
            On ne se situe pas dans le même cerveau.

            En tous les cas je viens de finir le texte et qu’est-ce que je peux l’aimer alors ce cerveau qui fixe les vertiges.

            Et d’ailleurs c’ est marrant j’ai rêvé la nuit dernière que j’avais le vertige.
            Et que je repartais vivre en nouvelle-calédonie parce que les coquillages y étaient plus jolis qu’ici.

          • @juju: en revanche je ne suis pas d’accord pour qu’on peigne les chats.
            Des escargots à la rigueur, mais pas des chats enfin, ils sont trop sensibles des poils.
            Aaah ça me rend bougonne.

          • @anne-laure: oui je suis d’accord pour les deux cerveaux.

            Ce qi est plaisant c’est que le livre se déploie au fur et à mesure et on vole avec les mouettes à la fin, rieuses
            oui je sais je suis lyrique comme un samedi

            ah bon nouvelle-calédonie ?
            tu es kanak alors ?
            putain jamais été mais c’est un super beau pays pour ce que j’en ai vu un jour dans un long reportage

          • @juju: ben ouais, je suis kanak évidemment.

            J’ai moins aimé les passages où ça parle beaucoup d’histoire, de références historiques, j’y voyais pas clair parce que je suis nulle en histoire.
            Bon allez hé, faut qu’je bouge de là comme dirait mc solaar.

          • @JUJU: je te laisse des nouvelles récentes de mc solaar avant de partir parce que je veux pas que tu t’inquiètes pour lui.

          • @anne-laure: ah ben je préfère ça pour mc solaar, bonne idée qu’il consacre tout son temps à ses biens et ses enfants.

            bon si j’comprends bien tu es en train de me suggérer de sortir de mon lit et d’aller me laver ? ok ok j’y vais a+

          • @anne-laure: La météo est rarement bonne chez les romantiques, donc oui c’est l’ambiance. Tiens, un extrait des « Mémoires d’Outre-Tombe ».

            J’étais presque mort quand je vins au jour. Le mugissement des vagues, soulevées par une bourrasque annonçant l’équinoxe d’automne, empêchait d’entendre mes cris : on m’a souvent conté ces détails ; leur tristesse ne s’est jamais effacée de ma mémoire. Il n’y a pas de jour où, rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m’infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné qui me donna un nom que j’ai presque toujours trainé dans le malheur. Le ciel sembla réunir ces diverses circonstances pour placer dans mon berceau une image de mes destinées

          • @juliette qui va enfin se bouger un peu le cul de son lit:
            je reviens mieux sur le : c’était de l’ironie.
            parce que si je regarde de plus près lors de la lecture cela me donne l’impression que cela se joue en deux temps :
            l’académicien qui émet le discours (jean d’ormesson le grand séducteur si j’ai bien compris ) qui a plat pourrait être vrai , exprimant les peurs des immortels, est souligné du sens ironique par ses mimiques de vieux singe.
            J’imagine un sourire forcé au coin des yeux surjouant la décontraction, élocution emmiellée d’autosatisfaction.
            C’est dans un second temps que l’auteur , qui pourrait être par exemple un spectateur d’une pièce de théâtre , ou un dieu enfant observant ce qui se passe dans une boule à neige, faisant le constat de ces mimiques discordent avec le discours signifie qu’il ne faut pas prendre le sens de ce qui est dit pour ce qu’il est et conclue alors :
            c’était de l’ironie.

          • @anne-laure: et voilà, tu m’écris au moment pile où je sors de la douche et on va encore dire que je m’exhibe !

            Bon, sur le passage en question, moi je n’imagine pas vraiment de mimiques. Je pense juste que le narrateur/auditeur précise « c’était de l’ironie » parce que ce qui se veut là en être n’est tellement pas drôle que ça pourrait être pris au premier degré.

            (La phrase qui suit – L’ironie est l’élégance des rentiers – me plait bien aussi tiens.)

          • @anne-laure: …alors que le narrateur, lui, on comprend tout de suite qu’il ironise froidement en donnant cette précision.

          • @juliette: ah ? de l’ironie froide ?
            Je voyais un ton plus scientifique.
            Et c’est nous qui formons le rire.
            Bon.
            Mais t’as un peu les seins qui tombent sur les genous dis donc.
            tu fais bien de porter des soutifs.
            Bon.
            Je vais cuisiner.

          • @anne-laure: je ris

          • @juliette: comme le disait ma grand-mère la pute mieux vaut en rire que d’en pleurer.

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