Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

Pas encore membre ? Enregistrez-vous et simplifiez-vous les commentaires !

L’écrivain est-il beau et riche ?

En octobre 2008 mourait Soeur Emmanuelle et paraissait LAntimanuel de littérature. On se souvient de l’ébullition qui sensuivit, scindant le champ universitaire en deux camps irréconciliables. Dun coté, Fabien Galthié. De lautre, Valérie Larbo. Entretemps les éditions Bréal ont eu quelques déboires, ce qui a raréfié le livre en librairie et donné lidée à Veronique Ovaldé, qui entre deux bons romans est éditrice, de le republier chez Points. Jen ai profité pour faire quelques retouches stylistiques. Très peu. Trop peu. Continuons le boulot ici, sur un tronçon prélevé presque au hasard.

*

LE TRONÇON :

L’écrivain est-il beau et riche ?

Comme souvent dans cet antimanuel, la question est mal posée, puisqu’on trouve bien sûr. de tout au BHV des Lettres. D’après une étude américaine publiée dans Le Mensuel de leugénisme (mai 2006, p. 37-38), la communauté mondiale des écrivains compte 14 % de beaux, 43 % de pas super beaux mais il a son charme, 12 % de franchement moches, 31 % de ne se prononcent pas.

Donc plutôt se demander si l’écrivain a intérêt à être beau en tant qu’écrivain, comme le basketteur a intérêt à être grand.

Pour l’écrivaine, c’est la quadrature du cercle littéraire. Une beauté supérieure lui promet à la fois la cour d’un éditeur et un procès en pouffitude une fois qu’il laura publiée. À l’inverse, un physique improbable lui accorde un crédit litté– raire mais la fait suspecter d’écrire à faut d’une sexualité épanouie. Je schématise ? Je schématise.

Alors que la beauté est un élément neutre de l’ensemble des Écrivains Mâles. Il peut bien y avoir des Flaubert grassouillets et des Maupassant bellâtres, des Sartre borgnes et des Gary tombeurs, de toute façon son statut confère à lEM un magnétisme érotique particulier. Mais comme la plupart des EM se sont adonnés à cette activité dans l’espoir de sublimer un déficit sentimental et sexuel lié à une grande timidité, à une acné durable ou à la précocité d’une éjaculation sur deux, ils enragent de se trouver, même dans ce refuge de la disgrâce, à nouveau supplantés par quelques belles gueules dont les traits de mannequin dynamisent les ventes. Comme à un millionnaire achetant ses meubles chez Emmaüs, ils crieront : laissez la place à ceux qui en ont vraiment besoin ! Pourquoi vous emmerder à écrire alors que vous chopez tout ce que vous voulez ? Puis la rage instruira un procès en illégi- timité. Ils diront qu’un minet comme ça n’a pas souffert assez. Car il faut souffrir pour écrire, et la laideur est, cause ou conséquence, l’empreinte physique de la souffrance. Michel Houellebecq est depuis dix ans l’incarnation de l’écrivain, comme Marianne celle de la République.

L’écrivain beau (EB) essaiera donc de se buriner le visage. Cuirassée, la beauté devient littéraire. Puis il s’imposera des insomnies pour creuser ses cernes, fera dépasser de son pantalon sa chemise cintrée Zara, ne se rasera qu’une fois par semaine. Peut-être poussera-t-il la mutation jusqu’à adopter un train de vie de pauvre, et là il faut dire que, sauf exception, l’activité littéraire y aide bien.

En effet s’il arrive quun écrivain soit riche, c’est le fait d’un héritage, d’une rente, d’un Tacotac chanceux, beaucoup plus que de la vente de ses livres. Sur les milliers de romanciers et poètes en circulation, une centaine vit de plume et d’eau fraîche. Le reste se démène dans une économie structurellement déficitaire. Les romans s’écoulant en moyenne à 300 exemplaires et requérant un an de travail, on laisse calculer à chacun la rémunération/heure de l’écrivain de base. Sachant que tous ou presque restent coincés à la base et ne décollent jamais.

Les deniers publics alloués à la culture permettent les bourses, les résidences*, mais aussi l’organisation de foires aux livres, festivals littéraires, lectures en librairies, rencontres en bibliothèque, pour lesquels des écrivains touchent de petites sommes qui, mises bout à bout, permettent d’acheter une clé USB. Le problème étant que, si ces écrivains n’ont pas de lecteurs, on s’expose à des salles vides quand ils s’y produisent. L’auteur fait donc péter un gros mailing pour prévenir ses potes de passer, lesquels, écrivains aussi pour la plupart ou ruminant de le devenir, accourent en escomptant que l’invité du jour vienne faire du nombre quand ce sera leur tour. Les libraires le savent et comptent bien, pour que leur soirée ressemble à quelque chose, sur cette sorte d’économie solidaire, ou de communauté autarcique semblable à celle du théâtre pauvre, où les uns assistent aux représentations des autres et c’est peut-être cela qu’on appelle résistance en ces sphères.

En conséquence, l’écrivain a un métier «à côté de l’écriture» (dit-il, alors que c’est l’inverse). Souvent prof, exerçant parfois dans le champ culturel, parfois dans complètement autre chose. À côté de l’écriture, Dominique de Villepin a été Premier ministre. Il en a tiré une certaine notoriété qui lui permet aujourd’hui de se consacrer à sa Muse* et à emmerder Nicolas Sarkozy. Sera-t-il meilleur poète, maintenant qu’il a l’esprit libre ? C’est la question. Jusqu’à quel point le mode de vie influe-t-il sur le rendement littéraire ? De ce que Bukowski ait écrit de la poésie tant qu’il travaillait comme facteur puis des récits longs après sa démission, doit-on déduire que Francis Ponge aurait écrit des romans s’il n’avait été employé de bureau ? Oui mais, assujettis au même travail, Kafka et Pessoa ont écrit des kilomètres de prose. Encore une question mal posée, ça commence à faire beaucoup pour un seul manuel, fût-il anti.

Reformulons : est-il souhaitable d’écrire et rien à côté? La mystique littéraire dominante répond trois fois oui. Or si rien ne vous tient quelques heures par jour à l’écart de l’ordi, vous risquez la scribomanie, et d’accoucher de textes qui ne s’alimentent que d’eux-mêmes. Vous risquez aussi de devenir un sale type.

*

LE BOULOT :

L’écrivain est-il beau et riche ?

Comme souvent dans cet antimanuel, la question est mal posée, puisqu’on trouve bien sûr (pas indispensable) de tout au BHV des Lettres. D’après une étude américaine publiée dans Le Mensuel de leugénisme (mai 2006, p. 37-38), la communauté mondiale des écrivains compte 14 % de beaux, 43 % de pas super beaux mais il a son charme, 12 % de franchement moches, 31 % de ne se prononcent pas.

Donc plutôt se demander (Demandons-nous plutôt) si l’écrivain a intérêt à être beau en tant qu’écrivain, comme le basketteur a intérêt à être grand.

Pour l’écrivaine, c’est la quadrature du cercle littéraire. Une beauté supérieure lui promet à la fois la cour d’un éditeur et un procès en pouffitude une fois qu’il laura publiée. À l’inverse, un physique improbable lui accorde un crédit litté– raire mais la fait suspecter d’écrire à faut d’une sexualité épanouie. Je schématise ? Je schématise. (faute avouée pour se faire pardonner ; ne pas en abuser)

Alors que la beauté est un élément neutre de l’ensemble des Écrivains Mâles. Il peut bien y avoir des Flaubert grassouillets et des Maupassant bellâtres, des Sartre borgnes et des Gary tombeurs, de toute façon son statut confère à lEM un magnétisme érotique particulier. Mais comme la plupart des EM se sont adonnés à cette activité dans l’espoir de sublimer un déficit sentimental et sexuel lié à une grande timidité, à une acné durable ou à la précocité d’une éjaculation sur deux, ils enragent de se trouver, même dans ce refuge de la disgrâce, à nouveau supplantés par quelques belles gueules dont les traits de mannequin (bof ; mieux à trouver que ce « traits », ou supprimer « de mannequin », nul et inapproprié) dynamisent les ventes. Comme à un millionnaire achetant ses meubles chez Emmaüs, ils crieront : laissez la place à ceux qui en ont vraiment besoin ! Pourquoi vous emmerder à écrire alors que vous chopez tout ce que vous voulez ? Puis la rage instruira un procès en illégitimité. Ils diront qu’un minet comme ça n’a pas souffert assez. Car il faut souffrir pour écrire, et la laideur est, cause ou conséquence, l’empreinte physique de la souffrance. Michel Houellebecq est depuis dix ans l’incarnation de l’écrivain, comme Marianne celle de la République. (toujours d’actualité)

L’écrivain beau (EB) essaiera donc de se buriner le visage. Cuirassée, la beauté devient littéraire. Puis il s’imposera des insomnies pour creuser ses cernes, fera dépasser de son pantalon (nul ; « un pan de ») sa chemise cintrée Zara, ne se rasera qu’une fois par semaine. Peut-être poussera-t-il (Poussera peut-être) la mutation jusqu’à adopter un train de vie de pauvre, et là il faut dire que, sauf exception, l’activité littéraire y aide bien. (mieux frappé, plus elliptique : et ma foi l’activité littéraire y aide bien)

En effet (inutile, comme souvent ce genre de connecteurs) sil arrive quun écrivain soit riche, c’est le fait d’un héritage, d’une rente, d’un Tacotac chanceux (mal choisi, déjà daté en 2007, et « chanceux » est faible), beaucoup plus que de la vente de ses livres. Sur les milliers de romanciers et poètes en circulation, une centaine vit de plume et d’eau fraîche. Le reste se démène dans une économie structurellement déficitaire. Les romans s’écoulant en moyenne à 300 exemplaires et requérant un an de travail, on laisse calculer à chacun (carrément faute : on laisse chacun calculer) la rémunération/heure de l’écrivain de base. Sachant que tous ou presque restent coincés à la base et ne décollent jamais. (inutile, redondant)

Les deniers publics alloués à la culture permettent les bourses, les résidences*, mais aussi l’organisation de foires aux livres, festivals littéraires, lectures en librairies, rencontres en bibliothèque (il y avait ici la place pour un petit insert comique; occasion ratée), pour lesquels des écrivains touchent de petites sommes qui, mises bout à bout, permettent d’acheter une clé USB. Le problème étant que (j’abuse de cette collure), si ces écrivains n’ont pas de lecteurs, on s’expose à des salles vides quand ils s’y produisent. L’auteur fait donc péter un gros mailing pour prévenir ses potes de passer, lesquels, écrivains aussi pour la plupart ou ruminant de le devenir, accourent en escomptant que l’invité du jour vienne faire du nombre quand ce sera leur tour. Les libraires le savent et comptent bien, pour que leur soirée ressemble à quelque chose (pas assez précis), sur cette sorte d’économie solidaire, ou de communauté autarcique semblable à celle du théâtre pauvre, où les uns assistent aux représentations des autres et c’est peut-être cela qu’on appelle résistance en ces sphères. (sans hésiter : qu’en ces sphères on appelle résistance -évidemment qu’il fallait rejeter en chute le mot décisif. Faute technique)

En conséquence, l’écrivain a un métier «à côté de l’écriture» (dit-il, alors que c’est l’inverse). Souvent prof, exerçant parfois dans le champ culturel, parfois dans complètement autre chose. À côté de l’écriture, Dominique de Villepin a été Premier ministre. Il en a tiré une certaine notoriété qui lui permet aujourd’hui de se consacrer à sa Muse et à emmerder Nicolas Sarkozy. Sera-t-il meilleur poète, maintenant qu’il a l’esprit libre ? C’est la question. Jusqu’à quel point le mode de vie influe-t-il sur le rendement littéraire ? De ce que Bukowski ait écrit de la poésie tant qu’il travaillait comme facteur puis des récits longs après sa démission, doit-on déduire que Francis Ponge aurait écrit des romans s’il n’avait été employé de bureau ? (plutôt bien négociée, cette phrase) Oui mais, assujettis au même travail, Kafka et Pessoa ont écrit des kilomètres de prose. Encore une question mal posée, ça commence à faire beaucoup pour un seul manuel, fût-il anti.

Reformulons : est-il souhaitable d’écrire et rien à côté? La mystique littéraire dominante (ce n’est pas le mot ; « en vigueur » serait mieux)pond trois fois oui. Or si rien ne vous tient quelques heures par jour à l’écart de l’ordi, vous risquez la scribomanie, et d’accoucher de textes qui ne s’alimentent que d’eux-mêmes. Vous risquez aussi de devenir un sale type.

86 Commentaires

  1. Ce soir, dans le chapitre « La littérature n’a pas de style », je relève cette très pertinente analyse de l’énoncé : « Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur ». Je suis tout à fait d’accord avec la mise en évidence du décalage qu’il peut y avoir entre l’emphase propre à cet énoncé et -par exemple- le célèbre début du récit et sa fameuse écriture blanche où pas un mot n’est de trop. Pourquoi Camus cède-t-il ici à la lourdeur métaphorique -« porte du malheur »- ? Pourquoi leste-t-il la charge dramatique de la situation ? Qu’est-ce qui se passe précisément dans la tête de cet auteur quand il écrit cette phrase ? Tu dis, François, que pour Sartre, « Camus n’a pas tenu jusqu’au bout le cap de ce qu’on a pu appeler l’écriture blanche ». Est-ce que, selon toi, une explication sociologique -Camus, issu d’un milieu pauvre, se sentant obligé de se légitimer par le biais de la littérature, convaincu de devoir exhiber des signes d’appartenance- pourrait constituer une hypothèse ? Est-ce qu’il n’assume pas jusqu’au bout cette écriture parce qu’il s’agit aussi de son premier roman et qu’il se sent obligé de prouver qu’il est un écrivain ?

    • @Jérémy: je précise : s’il est entendu que pour lui la littérature fonctionne comme moyen de légitimation sociale.

    • à tes deux questions je répondrais : probablement oui
      c’est sans doute pour ça que, comme disait Bourdieu, les plus grands révolutionneurs de formes viennent sociologiquement du coeur de la bête -parce que précisément ils n’ont pas à s’épuiser à faire leurs preuves, et peuvent directement passer aux choses sérieuses

  2. Je trouve que cet exercice est une sacrée preuve d humilite. Ce qui nous prouve, s’il le fallait, que FB n’est pas un écrivain comme les autres. Fut il « riche et beau »…

  3. *france culture, question au menu de la grande table: la littérature est-elle une zad?
    François Bégaudeau n’y est pas assis non plus ce jour là :- (

    http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/la-litterature-est-elle-une-zone-defendre

    ça questionne entre autres la transmission d’un amour pour la littérature en rapport avec la profession qu’on exerce
    ici, surtout celle d’enseignant

    • @shash: Je vis mal ces alertes. Ah le grec, ah le latin (et des enseignants associés, comptant les élèves, faisant des courbes,lançant des mobilisations),ah l’allemand(tous dans la rue),ah la littérature, ah la lecture, ah les livres (tiens ça ferait une émission,ou tiens un THEME pour la semaine)…
      Ronchon and co. vive l’imagination des gens, là où ils sont.et la vie qui bouge.
      Hein shash ? On chante?
      « Elle a perdu sa jambe de bois, tant pis pour elle, il a perdu son parapluie, tant pis pour lui »

      • @patricia: imagine que tous ces soupirs élégiaques soient exhalés par les mêmes individus, rassemblés dans une même classe pour un stage sur site et que ça cause là-dessus pendant une matinée.

    • ça défend surtout son steak de soja

      // et si benjamin embrasse son cousin pourvu qu’il s’appelle gildas car aujourd’hui ché ch’fête, hier chéto chelle des thomas //

      • @shash: extra ! Sur le net on a les paroles, mais je n’arrive pas à avoir la musique : tu peux, toi shash?

        • À la grande table, à partir de la lecture à haute voix, des critiques à propos d’un ouvrage ou encore des analyses des textes quand on est lecteur, chercheur, enseignant , on y cause pas mal d’identification aux persos aussi (la subjectivation?) de partage d’affects, de la balance interne à tarer quand on charge un discours sur un texte de trop d’affects ou de trop de théorisation, une sorte de juste place.

          J’aime bien y réentendre aussi l’idée assez courante de lectures du monde multiple qu’on retrouve au travers de chaque lecture d’un texte, la subjectivité dans l’appropriation d’une œuvre qui pourrait être espérée mineure dans une critique d’œuvre enfin, je crois y avoir entendu cela – dormi un peu depuis – pas si nulle cette émission, juste un petit air de pompadour à replacer sans doute dans le fait que ça se joue un dans les derniers jours de janvier, derniers jours de tirage de rois et reines,

          @patricia:

          la musique : tu peux, toi shash?

          😛 non ma fille j’irai pas te la chercher

          // si me griller définitivement aux yeux de tous tu envisageais, nul part ailleurs tu ne m’emmènerais //

          • Dans ce la grande table 2e partie, quelques concepts/flc aussi, employés vite fait: la langue qui manipule, la cruauté potentielle d’une lecture ou sa présence dans la réception de celle-ci (ex. de l’auteure avec sa propre réception/perception d’un la chèvre de monsieur seguin où elle ne peut s’imaginer être le loup ou encore son fils touché/révolté par les lignes à propos d’un vitrier rudoyé chez baudelaire) la lecture thérapie un peu aussi

            Recueil à entrées multiples préféré à proximité et toujours prêt, je remets ainsi le nez dans le thérapie de notre hôte:
            … / Pourquoi préférer l’écriture à une psychanalyse ? Elle est moins coûteuse, même si peu lucrative. C’est le choix qu’a fait Pavese, pour qui le métier d’écrire a reporté pendant trente ans le moment de se mettre en retraite de celui de vivre. De même, la rédaction des Faux-monnayeurs a soulagé Gide de son asthme, celle des Diaboliques guéri Barbey d’Aurevilly de son pied-bot.
            En revanche les années passées à écrire Voyage au bout de la nuit n’auront pas débarrassé Céline du fragment d’obus qui bourdonnait dans son crâne depuis les tranchées. Il semble même que l’élaboration de son œuvre romanesque ait aggravé le mal, l’emballement de la langue provoquant un emballement de la folie et l’emballement de la folie un emballement de l’antisémitisme qui a compromis la célébration nationale du cinquantième anniversaire de sa mort. Voilà ce qui arrive quand on refuse obstinément de se soigner.
            A moins qu’il s’agisse là d’un calcul de génie: puisque la souffrance est le nerf du grand écrivain, la suppression de celle-ci signifierait la relégation de celui-là dans le troupeau anonyme des petits faiseurs. Proposez un Efferalgan à un faux écrivain migraineux : il l’accepte. Il pense à se soulager avant de penser à la qualité de son œuvre. Moi j’appelle ça u égoïste. / …
            – p.35-36, tu seras écrivain mon fils, ed.Bréal 2011 –

    • j’ai écouté il y a peu cette émission, qui est nulle

      • @François Bégaudeau: benh oui, t’y étais pas pour faire partir le truc en diagonale,
        – ont-ils pensé à toi d’ailleurs? eu l’idée ne serait-ce qu’une seconde de t’y inviter? après tout, tu as une actualité en rapport (ré-édition de l’anti-manuel)
        aurais-tu décliné?

        • non, je venais de décliner pour politique-cinéma, ils n’allaient sans doute pas penser à moi
          on était assez amis avec Mangeot à une époque, là je le trouve mou et discrètement pédant

    • @shash: Le saviez-vous ? Un militant anti aéroport plein de bonnes intentions et ex directeur régional de l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) a déposé à l’INPI l’acronyme ZAD afin que France culture ne le galvaude pas ainsi.

      Ce qui faire dire à un zadiste du cru : Vouloir la révolution en déposant son nom à l’INPI est une acrobatie pire que celles nécessaires pour monter une cabane dans les branches. »


      http://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/notre-dame-des-landes/zad-le-militant-anti-aeroport-depose-la-marque-zad-2963213

      • @Acratie: quand je pense au nombre de trucs que j’aurais pu déposer à l’inpi
        mais veut pas trop consacrer de temps à ces conneries, paprasses entre autres – au grand dam de ma reum –

        Sinon, merci de traîner dans ces parages l’Ac de begaudeau.info car parler de zad sans que le pseudo acratie intervienne c’est un peu comme passer un noël sans françois begaudeau, beaucoup plus dur à se farcir,

        • @shash: La dinde, Noël, se farcir la dinde avec François Bégaudeau ( Catherine et Liliane 29-01-2016).
          Pas mal de mouvements dans ce coin de ruralité ces temps-ci.
          Un petit bouquin sort bientôt, avec entre autres des récits du quotidien zadiste.
          Ce qui s’écrit sur le site, particulièrement les textes retouchés comme « L’écrivain est-il beau et riche ? », mais aussi les blogs phrases (ça s’appelait bien blog-phrase ? c’est si loin) m’ont bien aidée à relire ce livre à venir, création collective dont on reparlera j’espère.

          • @Acratie: L’A nos amis du comité invisible, l’as-tu eu entre les mains?

          • @Acratie: Oui.

          • @Acratie: alors que j’imagine que NDDL a peu de secrets pour toi, je te le poste au cas où tu ne serais pas encore passée par la rue89
            http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/31/champ-bataille-dame-landes-est-aussi-numerique-262989

          • @shash: merci, mais connexion dégu’ là où je suis (et c’est pas Saint Nazaire) je ne peux pas ouvrir les liens.
            Je connais un peu NDDL mais forcément moins bien que ses habitants. De belles photos de quelques-uns d’entre eux à voir sur le site du Monde il y a 2 ou 3 jours, des paysans qui ont été déclarés expulsables en mars prochains.

      • Vouloir la révolution en déposant son nom à l’INPI est une acrobatie pire que celles nécessaires pour monter une cabane dans les branches.

        spécialité de l’hareng-outang
        comme vu hier avec mon petit club des 5

  4. La relecture que tu effectues sur ce passage suscite plusieurs questions. Puisqu’il s’agit non pas ici d’un récit, mais d’un texte de réflexion. Peux-tu nous en dire plus sur la fabrique de tes textes critiques (cinéma, littérature, par exemple) ? Comment ça se passe ? Quelles sont les étapes d’écriture ? Comment s’agencent les notes ? Comment naît le corps du texte définitif ? Y a-t-il des invariants au niveau de ta méthode (pour utiliser un bien grand mot) ?

    • désolé, la question a peut-être déjà été posée

    • Difficile de répondre car le champ est vaste.
      Pour une critique littéraire, c’est simple : je lis, j’annote, et déjà je peux noter en marge quelques idées. Un axe se dégage, donc ensuite je repasse les annotations en notant celles qui nourrissent cet axe. Mises dans l’ordre, elles donnent une sorte de charpente au texte, qu’il ne reste plus qu’à écrire vraiment.
      La critique ciné c’est autre chose : on n’a pas l’oeuvre sous la main, on se fie donc à la mémoire, et des premières notes se prennent comme ça, que des réflexions de métro avaient déjà plus ou moins orientées -parfois je sors d’un film en ayant en tete l’entame du texte à venir, ou son plan général, parfois pas.
      C’est assez compliqué à restituer ce processus.
      Qui n’est pas du tout le même pour des textes théoriques qui ne participent pas de la critique. Ceux là sont beaucoup plus faciles à écrire. Il suffit d’avoir les idées claires, et ca c’est un travail péritextuel, un travail sans balises temporelles, un travail de tous les jours dont les textes ramassent le butin. Mes chroniques sport, par exemple, s’écrivent assez vite. J’ai l’idée, je déplie, et après je fignole.

      • @François Bégaudeau: merci, c’est déjà très net. Effectivement, je me demandais comment tu arrivais à des textes aussi précis en ce qui concerne tes critiques ciné, alors que tu n’as pas le support sous les yeux au moment où tu l’écris.

    • le poser est-ce toujours y répondre?

  5. Est ce que « Machin »(oublié son nom,celui qui geint, là,qui a écrit le scenario de Wellcome? aidez moi) vend plus depuis qu’il a perdu 20 kg?

  6. J’aime bien ce travail de correction ,on voit comme tu travailles.

    On peut s’amuser à proposer ?

    Est ce qu’un « tacotac gagnant » ne conviendrait pas? Le mot tacotac ne me gène pas, au contraire, il est bien représentatif, hors actualité,et le son vaut le coup.
     » à nouveau supplantés par quelque camarade de plume dont la belle gueule dynamise les ventes » (je trouve que le singulier rend plus vive l’humiliation)
    « et comptent bien, pour réveiller leur soirée,sur… »

    à suivre

  7. Effectivement, « la beauté est un élément neutre chez l’écrivain ». Son corps médiatique tout entier, d’ailleurs : bien mis (façon Jardin ou D’Ormesson) ou simili-clochard (Bukowski), toutes les postures lui sont permises. Ce que je veux dire par là, c’est qu’on autorise à peu près toutes les excentricités au corps de l’écrivain (de Verlaine complètement cuit devant son verre d’absinthe, en passant par Queneau grimaçant dans un photomaton, Bukowski bourré chez Pivot, Céline mal peigné et mal habillé avec Dumayet, Dustan et Beigbeder nus dans une émission…), alors que la présence médiatique de la femme écrivain s’accommode rarement d’une posture jugée inconvenante : on n’a jamais vu Duras, Ernaux ou la supposée trash Despentes complètement avachies, ivres ou grimaçantes dans une émission de télé ou même en photos (à moins que je me trompe). La femme-écrivain médiatique reste globalement présentable, même quand sa littérature sent le souffre.

  8. Dis-nous François, de tous les romans que tu as écrits lequel, à l’exception d’Entre les murs, s’est le mieux vendu ? lequel le moins bien ?

    Lequel préfères-tu toi (s’il y en a un que tu préfères) ? y en a-t-il un que tu regrettes d’avoir écrit (ou écrit comme ça) ? lequel t’a demandé le plus de travail ?

    quand tu réfléchis à un nouveau roman – y réfléchis-tu frontalement d’ailleurs ou cela te vient-il de côté ? – est-ce que la dimension commerciale intervient dans ta réflexion ?

    • Les deux qui arrivent après sont l’Antimanuel et La blessure la vraie (quelque chose comme 12 à 15000)
      Mon préféré est Au début, celui que j’aime moins Dans la diagonale, celui qui m’a demandé le plus de travail Deux singes.
      Un roman ca se rumine longtemps, et c’est bien que ça rumine longtemps (j’ai eu l’idée du prochain en 2005, il a bien travaillé depuis) et puis après on s’y met. Mais j’aime bien l’expression « ça vient de coté », c’est très juste. C’est-à-dire qu’une idée de roman ne vient pas en se posant à un bureau pour réfléchir à une idée de roman.
      La dimension commerciale intervient un peu, de moins en moins. Disons que j’essaie de ne pas faire des livres trop expérimentaux, dont je sais que personne ne veut -alors que je pourrais avoir cette pente. J’y pense pas mal en ce moment, où je rêvasse un livre sur NOFX. Clairement c’est un suicide économique, puisque les gens intéressés par le punk ne lisent pas, et que les gens qui lisent ne s’intéressent pas au punk. Donc je me dis : est-ce qu’on se dit que le prochain sera un trou, ou est-ce qu’on en fait encore un à peu près vendable avant celui-là? Je m’en remets au vote des sitistes.

      • Le trou

      • @François Bégaudeau: dis-toi que tu seras pas tout seul dans ton suicide, on te soutiendra.

        • @belette:@François.
          je ne partage pas cet avis ,belette .
          Ce matin, à Augustin Trappenard qui demandait à Antonin Baudry, président du festival d’Angoulême, quel conseil il donnerait à qqn qui voudrait faire des BD ,celui-ci a répondu : etre le plus authentique et le plus radical possible.
          Cela m’a semblé une bonne réponse,mais pour un débutant, pour sortir du nombre, pour se faire remarquer.
          Ensuite, je trouve que c’est différent : il s’agit de pouvoir continuer à créer,et peut on éviter un minimum de stratégie commerciale? Pour ton dernier roman à paraître, Verticales t’a demandé d’attendre un peu,alors que tu aurais pu le sortir plus vite. Sagesse commerciale,me semble-t-il : sortir tout ce qu’on veut, autant qu’on veut, au rythme qu’on veut, effectivement c’est un peu suicidaire, vu la situation actuelle du livre. Comme de toute façon tu ne vas pas produire du commercial,mais du François Begaudeau,il me semble que « un livre sur NOFX. Clairement c’est un suicide économique »,ce n’est pas à rayer, mais peut être à associer à la sortie d’un autre travail qui serait lisible par un plus grand nombre de lecteurs : tu pourrais être interrogé plus facilement sur celui-ci, et parler en même temps de celui-là (configuration optimiste bien sûr).
          C’est peut être ce qui va se passer à l’automne, quand ton nouveau roman sortira en même temps approximativement que la BD avec Elodie.
          Aller directement vers le trou, c’est une option radicale,et intéressante à ce titre, mais qui risque de te cantonner dans les écrivains qui sont peu lus,avec risque suivant de moins pouvoir travailler.
          Je dirais que (malheureusement?)il vaut peut être mieux ,sans tomber dans la facilité (mais aucun risque avec François),accepter de rentrer dans une certaine stratégie commerciale, surtout quand on a des éditeurs de qualité.
          Ouille, sagesse qui sent les années.

          • Elle est bien ta technique, patricia, mais s’il faut sortir tout le temps deux livres à a fois, pour que la visibilité de l’un éclaire l’autre, on va pas s’en sortir.
            Au passage :
            « Pour ton dernier roman à paraître, Verticales t’a demandé d’attendre un peu,alors que tu aurais pu le sortir plus vite »
            Ce n’est pas vraiment ça. Je n’avais aucune envie de le sortir avant septembre, la chose s’est donc faite naturellement. Entre la Politesse et celui-ci se seront écoulés 17 mois, ca reste peu. Parfois j’ai l’impression que le rythme auquel je fonctionne vous fait oublier qu’il est très atypique, et qu’en général les écrivains sortent un livre tous les deux ans, voire trois, voire quatre, voire plus.

          • dans le lien du monde posté le 27/01 … / La bande dessinée est un mode d’expression populaire auxquels ont toujours eu accès des gens d’extraction modeste, comme Gir ou Mézières. Ce ne sera plus possible demain. Il faudra avoir ses parents derrière soi. Le milieu va s’embourgeoiser, et les thématiques traitées ne seront plus les mêmes. » / …

            benh ouais sont partout ces bourgeois, i breakdance, i rap, i font du ciné, de la bd, disent des gros mots, baisent n’importe où,
            bien chaud de s’trouver une niche tranquille

      • @François Bégaudeau: voilà mon plan:
        écoute ton envie la plus forte,

        si c’est le NOFX, il te faudra être fort en renonçant au thon dans ta salade maïs/carottes râpées quotidienne,

        ou alors assurer tes arrières en convainquant Patricia d’être le nègre d’un bouquin de cul publié sous ton nom qui rapportera plein de pépètes

        ça pourrait se passer à l’hôpital

        E. L. James n’a qu’à bien se tenir

        (ps: merci pour tes réponses)

        • @Juliette B: ah être le nègre de François et mourir

          • en histoire de q, doit pas être si mauvais notre hôte,

          • @shash: wé mais le but là c’est de lui dégager du temps et des sous pour qu’il puisse se consacrer à son aise à Fat Mike et ses copains sans nous refaire une tachy;

            genre trouver des petites mains comme faisait Paul-Loup https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Loup_Sulitzer

          • @patricia: publie la don sous ton nom ton histoire de fesses

            et si comme cet été, il te faut un coach/miroir/red bull pour l’impulsion, tu sais où me trouver 😛

        • @Juliette B: dis moi, t’expliquerais cette histoire de

          tachy?

          c’est foresti qu’est venue aux fauvettes en robe lamée dior ou quoi?

          • @shash: une tachy vous prend toujours par surprise je crois. Moi j’ai pas vu de robe lamée ce soir là, mais ça a pu m’échapper.

      • @François Bégaudeau: je vote pour un livre complètement expérimental.

        • @Jérémy: dire que chez biotrial et servier ça a commencé comme ça

          • @shash:

            Tiens, sur l’axe paradigmatique du docteur Jacques :

            « Un écrivain qui réussit dans son art a toutes les chances de réussir partout dans le monde. L’art, c’est notre mission, c’est le travail essentiel de l’industrie du livre, c’est dans ce travail qu’il faut réussir. »

        • @Jérémy: Merci, me restais en tête un jacques directeur de clinique d’implants capillaires,

          … / Écrire procédant de la vocation, l’écrivain est un missionnaire. Ses travaux sont un moyen plus qu’une fin. Un livre rédigé pour le seul plaisir de son auteur, éventuellement de ses lecteurs, manque à sa tâche de grande importance.
          L’écrivain doit être utile, sinon à quoi il sert ? / … de celui qui depuis quelques jours ne me quitte plus: tu seras écrivain mon fils, mission, p.37

          je regarde l’émission dédiée à l’uberisation, top.

          • @shash: Cologne, maintenant. Cologne et ailleurs. Fond sonore.

        • @Jérémy: et d’un coup je me dis que mika f’rait un sacré chouette mercury dans le biopic de freddie

          • @shash: on lui a peut-être déjà proposé

  9. Peu de chances que la situation financière des auteurs s’améliore, vu par exemple la facilité de piratage des ebooks.
    Aux US, plein d’auteurs gagnent leur vie comme prof de creative writing en université, c’est assez confortable; ou alors il faut gagner une bourse (type Guggenheim Genius, 500 000$ sur 5 ans), ou des prix bien dotés (le seul intérêt des prix c’est le cash qu’ils peuvent rapporter disaient déjà Thomas Bernhard), ou placer des nouvelles dans le New Yorker, ou trouver des mécènes mais est-ce que ça existe encore, pour les écrivains en tout cas?
    En y repensant on se dit que ça aurait été dommage pour certains génies du passé d’avoir eu besoin d’avoir un métier ‘en plus’, Flaubert, Joyce etc… mais qui sait? l’argent ne fait pas les bons livres (il ne les défait pas non plus).

  10. Merci François. En ce qui concerne le segment « rencontres en bibliothèque (il y avait ici la place pour un petit insert comique; occasion ratée) », « La politesse » a largement comblé l’ellipse.

    • oui c’est sûr

    • supplantés par quelques belles gueules dont les lignes dynamisent les ventes

    • …rencontres en bibliothèque ou derrière (si affinités ?)…
      Jérémy tu disais un truc du genre « le fantasme du lecteur est de finir dans le livre de l’écrivain » pour la lectrice de finir dans son lit

      • @belette: Par le passé, le fantasme de 2% des lecteurs a été de finir dans le lit de François Verny.

      • Dans la dot du grandécrivain il y a un grandlit, vaste champ des possibles qui d’emblée le tient quelques heures par jour à l’écart de l’ordi, lui évite la scribomanie et d’accoucher de textes qui ne s’alimentent que d’eux-mêmes: moindre risque de devenir un sale type.

    • est-il envisageable qu’un écrivain se passe d’éditeurs, vende ses écrits directement à ses lecteurs ? Il vendrait autant en gagnant plus

      • @belette: ça se fait déjà, non ? A travers l’auto-édition.

          • @Juliette B: le dossier est synthétique, résume plutôt bien la situation. En même temps, qu’il y ait plein de gens qui écrivent et plein de gens qui lisent, je trouve ça très bien. Reste à savoir si l’intention d’écrire est indissociable de la recherche du succès ou si les enjeux sont véritablement esthétiques. Ma distinction est schématique parce que l’un n’empêche pas l’autre, mais c’est le parfum qu’exhale cet article : « comment se faire connaître », pas « comment écrire un bon livre ». Sans doute qu’un certain nombre d’auteurs vont aussi chercher ce qui peut intéresser et accorder une préséance aux thèmes plutôt qu’à leur traitement stylistique. Sachant également qu’un certain nombre d’éditeurs jetteront leur dévolu sur des sujets porteurs plutôt que sur des formes originales.

          • @Jérémy: là il me semble qu’il s’adresse à des gens qui ont déjà écrit leur livre et cherchent des lecteurs, donc un lieu où être visible pour eux (en dehors même de ce que cela peut rapporter).

            moi aussi je trouve ça très bien dans son principe qu’il y ait plein de gens qui écrivent et plein de gens qui lisent comme tu dis, mais en fait il n’y a pas plein de gens qui lisent.

          • et avec le raconter la vie alors, à quelles conditions la publication en ligne permet-elle d’être édité papier?
            A côté de la collection-sélection d’auteurs d’autres écrivants-raconteurs ont-ils profité de l’édition de recueils de textes plus courts par exemple?

          • @Juliette B: c’est-à-dire qu’il faut redéfinir l’acte même de lecture, étant donné que les supports et les possibilités se sont multipliés, les lecteurs aussi : livres papiers, livres numériques, blogs, tweets… Pour moi, ce n’est pas de la fragmentation, c’est une démultiplication des manières de lire. Et c’est beaucoup plus de gens avec les progrès technologiques. Qu’ils lisent bien ou mal, ce n’est pas le problème. Ils le font.

            Si tu considères le succès d’une application comme wattpad, tu t’aperçois qu’un public dit « jeune » -contre lequel certains tempêtent- lit et écrit à la fois, que cette possibilité de réagir immédiatement et de s’adresser à l’auteur d’un texte témoigne d’une vitalité des deux processus : lecture/écriture. Nous-mêmes on vit cette stimulation, notamment ici. On lit, on écrit. On aime les deux.

          • @Juliette B: Je trouve d’ailleurs intéressant que le côté « work in progress » qui caractérise des plateformes numériques comme Wattpad favorise une participation des lecteurs. Je n’irais pas jusqu’à parler de co-écriture, mais des remarques peuvent infléchir la construction d’un récit, son orientation. Je me réjouis que dans un certain nombre de situations le statut du lecteur mute vers une forme de co-gestion du texte. Je me réjouis également que des auteurs offrent cette possibilité. Après, je ne veux pas non plus déposséder le propriétaire de son texte dans tous les cas. Pouvoir commenter un livre achevé, c’est tout aussi intéressant.

          • @Jérémy: c’était un constat: je ne m’en lamentais pas.

            mais à dire vrai, pour ce que j’en ai lu, je ne me réjouis pas non plus de l’existence d’une application comme wattpad

            j’ai peut-être tort

            as-tu lu un livre ou texte qui en est issu ?

          • @Juliette B: je t’avouerais que j’ai lu des bouts de textes, mais je ne suis pas allé au bout, parce que ça ne passionnait pas. Cela dit, je trouve le principe intéressant.

          • @Juliette B: ne me

          • @Jeremy: l’idée du lecteur qui dit raconte-moi l’histoire que j’ai envie que tu me racontes ne me séduit pas spontanément.

          • @Juliette B: Dans mon souvenir, c’était pas cette configuration. Mais il faudrait que je remette mon nez dedans.

        • @Jérémy: et on pourrait pas sauter cette étape de l’édition carrément ?
          ex : François(e) m’envoie un texte par mail – je lui achète ; libre à moi de l’imprimer, de le faire imprimer, de le garder sous format numérique.

          • @belette: à partir du moment où le texte seul intéresse, où l’éditeur se ramasse plus de fric sur un livre que l’auteur, je souscris.

          • @Jérémy: ouais moi aussi

Laisser un commentaire