Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

Pas encore membre ? Enregistrez-vous et simplifiez-vous les commentaires !

COMMENT JEAN-PAUL DEVINT BELMONDO

De la sans filtre au cigare

Qui a oublié les leçons de cinéma proposées au Gaumont Parnasse entre 2010 et 2013 ? Beaucoup de monde.
Elles reprennent le 8 d
écembre à 20h aux Fauvettes, le Gaumont dévolu aux reprises ouvert près des Gobelins début novembre.
Comme le cin
éma propose un cycle de dix films avec Belmondo, elle portera sur ledit. Qui ne sera pas là, puisque le principe de ces nouvelles leçons est de se faire sans invité, avec juste pour matériau un bouquet dextraits, commentés au fur et à mesure.
On verra ce soir l
à des extraits de :

A bout de souffleBELMONDO VU PAR BEGAUDEAU

Un singe en hiver

Le doulos

Lhomme de Rio.

Cent mille dollars au soleil.

La sirène du Mississipi

Le Magnifique

Las des as.

On pourrait appeler ça : La fabrique dun acteur.
 Ou comment Jean-Paul devint Belmondo.
Puis comment Belmondo devint B
ébel.
Vingt ann
ées embrassées en 1H45.

Infos pratiques

Cinéma Les Fauvettes
58, avenue des Gobelins
75013 Paris

Pour réserver cliquez ici (Tarif unique 5€)

308 Commentaires

  1. Si ça intéresse l’année 2016 voici les 10 films emblématiques, sélectionnés par Jean-Paul himself :
    À bout de souffle
    Un singe en hiver
    L’Homme de Rio
    Cent mille dollars au soleil
    Pierrot le fou
    Le Magnifique
    Peur sur la ville
    Le Professionnel
    L’As des as
    Itinéraire d’un enfant gâté

    Documentaire « Belmondo par Belmondo » demain dimanche à 13h30.
    http://www.lepoint.fr/cinema/lelouch-jean-paul-belmondo-a-invente-godard-02-01-2016-2006614_35.php

    • il a plutot bon gout, l’ami Jean-Paul
      manque peut-etre Leon Morin prêtre

      • @François Bégaudeau:

        Léon Morin Prêtre est cité dans le doc, avec un extrait et un mot de Melville épaté par Jean-Paul Belmondo, prêtre sitôt enfilé la soutane.

        Mais toi-même tu n’a pas mis d’extraits de ce film dans ta liste ?

        C’est plutôt qu’il ne cite aucun film avec Delon, ni la Sirène du Mississipi que je trouve remarquable.

        Un rôle de J-P que j’adore c’est dans Classe tous risques de Sautet, 1960. Il joue le sauveur désintéressé de Ventura, héros solitaire, abandonné et trahi par ses anciens complices qui retrouve l’amitié et le goût de vivre grâce à ce jeune gars franc du collier. J-P est le personnage, Ventura semble s’effacer.

        • @Acratie:
          Soutane enfilée et tu n’as pas mis.
          Je m’énerve à force de négligence.

        • Leon Morin était pas dans les films programmés par les Fauvettes, that’s why
          Serais moins enthousiaste que toi sur la Sirène. Mais on connait ma mauvaise foi obtuse sur Truffaut.

          • @François Bégaudeau: J’aime surtout le personnage de Marion dans ce film, son imposture, on ne peut jamais lui faire confiance, jusqu’au bout elle trahit et pourtant jusqu’au bout je crois qu’elle va réussir à aimer Louis, et jusqu’au bout j’en doute. Il y a toujours cet aller-retour entre le pur et l’impur, même à la fin du film malgré la neige et les amoureux enlacés, rien n’est décisif je trouve.

          • oui c’est vrai la fin est ouverte, et le personnage féminin assez passionnant
            mais on peut dire que le film ne commence que dans la dernière demi-heure, avant c’est assez bidon

  2. d’accord, je vais essayer de développer, shash. Tout à l’heure,promis, parce que maintenant boulot .

    • @patricia: donc de la patience et regarder autour de soi. allez j’essaie.je vais partir de moi comme d’habitude,j’ai du mal à faire autrement. Je dirais qu’être démocrate c’est avoir un certain rapport à l’autre.
      je commencerais avec l’entourage immédiat :patience : l’autonomie que tu laisses aux enfants : leur laisser faire des choses eux mêmes alors que ça prend plus de temps et ce sera moins bien fait que si tu le faisais ; le risque que tu leur laisses prendre / attention c’est dangereux /passe ton bas d’abord. Regarder autour de soi pour observer comment d’autres s’y prennent,les effets produits par des comportements différents. Regarder au lieu de hausser les épaules ou de critiquer.
      Idem avec les personnes âgées qui deviennent dépendantes ,particulièrement visées par liberté/sécurité.
      Si on élargit le cercle, le comportement avec les pairs qui sont des autres,au travail, dans les circonstances de la vie courante : laisser de la place, laisser du mou, entendre,accepter de tenter des choses,sortir de son couloir mental.Le droit à l’erreur,l’erreur profitable. Même si ça prend du temps,même si c’est inquiétant,même si c’est dommage (ex laisser parler alors qu’on croit qu’on aurait des choses plus intéressantes à dire). Se satisfaire, se réjouir de l’imagination des autres,du génie des autres (ex Michel et Thierry).
      Au niveau politique ,des évidences – cf la « démocratie participative »,sorte de pléonasme – le contraire de ce qui se passe actuellement en France en politique ,l’ego, le pouvoir, le cumul,la centralisation…
      Mais ça prend du temps : laisser les gens proposer un projet, l’élaborer,le discuter collectivement,suivre sa réalisation,proposer des modifications, des aménagements…Souvent les politiques locaux le font une fois, au début d’un mandat,puis ils pressent le mouvement, ils décident,ils contrôlent les délégations,et ils finissent par inaugurer à leur plus grande gloire.
      J’enfonce des portes ouvertes,mais le sujet m’importe beaucoup,c’est un travail de toute une vie,j’ai besoin d’une vigilance constante contre des penchants,de l’angoisse,des habitudes,et je dirais que le plus souvent je n’y arrive pas, ou mal. Manque de patience,manque d’ouverture.

      • @patricia: quelle sotte, je te répondais à toi shash.

        • à la petite chaleur qui m’a picoté les reins, j’ai eu la faiblesse de me reconnaître un peu comme ton destinataire, merci :- )
          / pas encore tout à fait une mémoire de poisson rouge mais patience, ça vient en bottes de sept lieux 😛 /

          je prends le temps tout à l’heure de me rouler dans tes lignes
          qui d’emblée, en lecture rapide m’apparaissent déjà comme tellement toi,
          entre autres,

          ça me met bien pour aller bosser
          bécots ti zot

      • @patricia: comme promis, un peu plus dispo, je te relis et
        c’est clair, cette année, c’est toi qui a chopé l’esprit de noël :- )

        à +

      • @patricia: ah si un truc:
        c qui Michel et Thierry?
        j’en connais pas mal de chaque mais pas certaine que ce soit d’eux dont tu parles ici en exemple : (

        • @patricia ; shash: plaisir à vous lire; putain quel programme

          • surtout tâcher de jouer juste

            on y va quand même maquillées comme des voitures volées
            sait jamais 😛

        • @shash: C’est Thierry Voetzel et Michel Foucault cf le livre « 20 ans et après » dont notre hôte avait parlé ici (à propos de l’hôpital notamment).

          • @Juliette B: voetzel voeltzel

    • @patricia:
      @patricia: les narrateurs de François Bégaudeau – y compris celui/ceux de son La politesse – aimèrent la bagarre, la rhétorique couillue, en groupe (drague aec entre autres) un truc comme ça ou presque (cf mes 2s ou ma également) puis s’en éloignèrent, écoutèrent leurs corps, ou ceux-ci les menaient plus volontiers et se laissèrent faire (s’écoutèrent mieux ou autrement?)s’autorisèrent à s’écouter plus, eux-mêmes?

      Queen dragon attack https://www.youtube.com/watch?v=MhfzXZZSot0

      (ce post eut l’air d’être baqué dans les choux, validé en même temps qu’un autre et ça m’emmerde oui, alors re-postage, s’cuses en paquet de 1000)

  3. @anne-laure : oui c’est fait pour bousculer. Le principe de l’ironie c’est dire le contraire de ce qu’on pense, de telle façon que le destinataire comprenne le contraire de ce que tu dis(donc comprenne ce que tu penses vraiment). » De telle façon », c’est par des petits signaux qui accompagnent le propos : le ton, la situation, ce que tu connais de la personne … Et ça bouscule parce que le destinataire en question commence par entendre ou lire qqchose de bizarre, et il doit faire une petite opération mentale pour identifier ce qui se passe : pendant les quelques secondes que ça dure,c’est un point d’interrogation dans sa tête.Donc l’effet produit par le propos est plus fort que si tu avais dit tout de suite ce que tu pensais.

      • @patricia: encore fausse manoeuvre…@anne-laure : raconte ton télématin !

        • @patricia: le truc qui m’est arrivée hier c’ était au boulot ( comme toujours mais je te le redis je n’irai pas plus loin mais je te préviens j’irai pas à paris etc etc.)
          C’était en regardant télématin que j’y repensais.
          Pardon c’ était pas cohérent et c’ était presque volontaire figure-toi.

          Je dirais pas le contraire de ce que l’on pense, je pense que c’ est plus large que ça sur le panel de possibilités d’idées.
          C’est une forme qu’on propose et l’autre dispose.
          Une forme dont on sait qu’elle bousculera les neurones si habitués à leur petite tranquillité.
          Je me demande si l’ironie n’est pas l’arme de ceux qui aiment emmerder le monde.

          • l’arme de ceux qui aiment emmerder le monde mais n’aiment pas la langue de qui emmerde le monde, genre moi

        • @patricia: exactement.

          • @patricia: heuuu mon post au dessus aurait dû être sous le tiens qui parlait de rougir

      • @patricia: @patricia: mais non @shash !
        passe ton BAC d’abord (pas ta chaussette)

        • @patricia: j’ai d’jà un petit A4 cartonné attestant que je l’aurais validé,

          après, je veux bien le repasser, certaine que je ne le validerais plus

          – on leur fait vraiment pas de kdos à ces jeunes
          ça + 3 ans de conduite avec le A au cul

          de notre temps c’était vachement moins exigeant

    • @patricia: ce qui m’amuse c’est quand je comprends longtemps, longtemps après qu’une remarque que j’avais spontanément accueillie comme du premier degré, était en fait ironique.

      enfin, je dis que ça m’amuse mais parfois pas; parfois je suis honteuse et un peu vexée de ma bêtise et je me dis: « quelle conne j’ai été ! »; et puis le temps passe et ça me fait sourire.

      • @Juliette B: et tu aurais un exemple ?
        ça m’intrigue.

        • @anne-laure:
          je suis avec un petit groupe de garçons drôles et goguenards que je ne connais pas très bien; je raconte une anecdote qui me semble drôle dans la foulée d’une de leurs blagues;
          à la fin l’un d’eux me dit en souriant:
          – tu gagnes à être connue toi.

          • @Juliette B: Ooooh c’ est mignon, tu as dû te sentir gonflée de flatterie avant de retomber comme un vieux soufflé.
            Au fromage.
            Je raconte mon exemple plus tard parce que j’ai pas le temps en fait, je glandouille mais j’ai pas le temps.

          • @Juliette B: très parlante, ton histoire. L’amusant, c’est qu’on peut en rougir des années après.

          • @Juliette B: et donc ma situation , j’ai dix minutes pour te raconter.
            C’est juju et moi qui discutons à propos des patients qui nous font des déclarations d’amour, juju = voix virile et gestes qui rassurent parce qu’ils assurent étant abonné plutôt aux névrosés et déficientes intellectuelles, moi= grand sourire et humour de merde étant abonné aux grands fous dangereux.
            La gamine attentive est un peu secouée par ce que je raconte et me pose la question , je ne sais plus très bien, en gros : mais ça doit pas être facile de savoir comment réagir dans cette situation ?
            ???
            Je prends un air on ne peut plus sérieux pour lui dire que c’ est sûre que du coup, devant la flamme déclarée ,je me demande ce que ça ferait d’être en couple avec tel ou tel fou tout ça.
            Juju la voyant se décomposer sur place avec avec le geste qui rassure, toujours, lui a dit que j’étais tout en ironie alors fallait pas croire à mes conneries.
            « Tout en » , il exagère.

        • @anne-laure: j’aime beaucoup ton image, mais en fait il a dû se passer 15 ans avant que je comprenne;
          j’avais donc besoin de mûrir, comme un bon fromage

          • @Juliette B: Ah ouais 15 ans.
            Quand même.
            T’es rigolote.
            Je suis sûre que j’ai fait aussi ce genre de longueur d’erreur de compréhension si je cherche bien.
            Pendant longtemps j’ai dû me tromper.
            Et là je suis certainement dans l’erreur sur pleins de trucs.

        • @anne-laure: allez je finis mon histoire ;

          donc un des mecs me dit « tu gagnes à être connue toi » et moi idiote et comme eux un peu pompette je prends ça au premier degré ;

          donc je réponds au premier degré ;

          je dis qu’il faut se méfier des compliments parce que ça commence comme ça et puis après les gens vous aiment et attendent de vous que vous soyez aussi super qu’ils le disent et quand vous ne l’êtes pas, ou plus, ils vous reprochent de ne pas être celle qu’ils aimaient, d’avoir changé, etc, etc.

          bref

          les garçons me regardent, perplexes, puis rigolent et on recommence à boire des coups.

          en fait, je l’ai compris vingt ans plus tard, c’est qu’ils croient que que je suis en train d’ironiser à mon tour, prennent mon premier degré pour du second et me trouvent très drôle;

          cool, hein

          • @Juliette B: ouais cool.
            C’est un truc fascinant de l’ironie ça, que ça joue sur l’incompréhension et puis hop ça se cale bien comme il faut des fois et c’ est même pas fait exprès.
            Serait-ce de la magie ?

            15 ans ou 20 ans ?
            Faudrait savoir. Tu as compté sur tes doigts pour savoir ? Sur tes vingt-quatre doigts ?
            Je suis épatée par ta mémoire.
            Surement que cet épisode t’as fait comprendre quelque chose.
            ça expérimente des trucs, ça comprend pas, ça mémorise , ça le met de côté , ça le travaille, ça comprend , ça intègre.
            A moins qu’il y ait vingt ans l’un de ces petit clown en herbe était en fait : un amoureux.
            ça on mémorise bien en général.

        • @anne-laure: A moins qu’il y ait vingt ans l’un de ces petit clown en herbe était en fait : un amoureux.
          ça on mémorise bien en général.

          t’es finaude quand même
          oui il y avait bien un garçon dont j’étais un peu entichée dans le groupe.

          mais pas d’erreur sur les dates: 15 ans pour comprendre que son copain ironisait à mon encontre, 20 pour saisir qu’il avait pris ma réponse pour de l’ironie en retour.

          suis sortie un soir avec celui dont les beaux yeux noirs m’avaient laissé imaginer d’autres attraits,
          un autre soir avec le dessinateur qui jouait les mauvais garçons,
          et un dernier avec le gentil bon nounours,

          eu envie de poursuivre avec aucun

          le charme de ces garçons opérait en groupe,
          je le comprends 25 ans plus tard,

        • @anne-laure: au fait je me suis demandé : ton juju de l’histoire c’est le même que ton voisin de jardin ?

          • @Juliette B: Oh bah non, juju voisin n’est pas juju collègue.
            C’est qu’y en a tellement des juju tu sais.
            Houuuuulala on s’y perd.

        • @anne-laure: poufff, à qui le dis-tu…

    • @patricia:

      parce que le destinataire en question commence par entendre ou lire qqchose de bizarre, et il doit faire une petite opération mentale pour identifier ce qui se passe : pendant les quelques secondes que ça dure,c’est un point d’interrogation dans sa tête.

      oui c’ est ça, tout à fait ça.
      C’est ce que j’ai produit chez une jeune étudiante aide-soignante hier du haut de mon trône de soignante qui s’y connais en psy alors qu’elle me posait une question qui me gonflait par sa grande naïveté.
      Une gamine.
      La pauvre.
      Qu’est-ce que je peux être méchante alors.

      • qui s’y connait plutôt non ?
        bref.

        • @anne-laure: et nous on a pas du tout envie de savoir ce qu’elle t’avait demandé et ce que lui as répondu.

          • @anne-laure: je te donne 5 mn.

          • @Juliette B: non parce que j’adore susciter le désir , c’ est ma raison d’être, il faut me comprendre et m’obéir.

      • @anne-laure: Qu’est-ce que je peux être méchante alors.

        repensé à ça.
        je crois pas que ce soit méchant l’ironie, même si ça fait un peu mal parfois,
        je crois pas parce que ça parie sur l’intelligence de l’autre, et ça c’est vachement gentil

        • @Juliette B: c’ est pas con ce que tu dis, mais il reste cette ambivalence sur le sujet de : je te secoue les méninges c’ est pour ton bien.
          Rien à voir avec les bébés secoués hein , quoique.
          Je te fais du mal c’ est pour ton bien.
          Etrange non ?

          Si l’ironie est là pour générer des petits conflits intérieurs c’ est bien parce que c’est quelque chose de l’ordre du combat non ? du conflit de la bagarre.
          Pas paisible donc.
          Je me suis souvent demandée si l’ironie n’était pas un peu trop virile à mon goût.

          • @anne-laure: oui c’est un peu à double-tranchant;
            parfois on tombe dans le sarcasme ou c’est reçu comme tel,
            mais quand on en rit avec l’autre, c’est un plaisir supérieur quand même, chacun en sort comme grandi.

          • oui c’est ma question aussi
            l’ironie est combattive c’est sur
            mais quant à etre viril, je me raconte parfois, me voyant l’utiliser beaucoup, et encore dans une nouvelle prochaine, que l’ironie est la version féminine du pamphlet couillu

          • @françois:

            et encore dans une nouvelle prochaine

            ce qui ne tombe pas dans les yeux d’une aveugle, espèce d’aguicheuse va.

          • @anne-laure: si on repense à ton aide-soignante, en utilisant l’ironie tu lui as finalement délivré plus d’informations sur toi et sur le boulot que si tu t’étais contentée de lui répondre une banalité du type: « oui effectivement, il faut avoir les épaules solides »;

            d’abord avec ta plaisanterie tu lui signifies que ce n’est pas ton genre de t’épancher sur tes éventuelles difficultés personnelles (info utile pour la suite de vos relations), mais surtout tu dédramatises la situation en lui signifiant qu’on peut s’autoriser aussi à rire des moments un peu space qu’on vit avec les fous et même tu l’invites à en rigoler avec toi.
            du coup c’est pas vraiment la bagarre là

          • @juju: C’est bien tenté mais c’est marrant comme ça ne correspond pas du tout aux détails de mon mécanisme.
            Si je n’étais pas plus fatiguée que ce matin, jusque là tout est logique, je te raconterais volontiers que le discours banal à dire à cette jeune fille serait plutôt : hé bien je m’en remets à mon équipe parce qu’on ne reste pas seul avec ce genre de situation, on prend du recul en analysant les choses ensemble et gnagnagna ( on met de la distance diraient les flipettes )
            Mais c’ était pas rigolo pour moi et m’auto-saoulait d’avance.
            J’ai lâché une semi-vérité.
            Devant l’idée du fou qui se verrait bien en couple avec sa soignante préférée on peut faire le test ce que devient cette idée si on se la met dans notre tête normale.
            On imagine la vie quotidienne du couple et c’ est n’importe quoi alors c’ est non.
            Et puis c’ est tout.
            Sont comiques quand même, y en a qui ont de ces idées.
            En vérité on peut se mettre à la place du type marginalisé par sa folie qui fantasme sur un semblant de vie normale, avec une femme normale.
            C’est assez compréhensible.
            C’est assez touchant au fond.

            Je ne l’invitais pas à rigoler je l’invitais à se poser la question pour elle-même et à me lâcher la grappe.

          • @juju: de là j’aurais pu rajouter un petit détail personnel mais qui lui aurait pas servi à grand chose à mon avis hormis de lui servir à me regarder comme une curieuse bête, que de toutes façons moi je suis dans l’impossibilité de la vie quotidienne de couple, avec fou ou non fou.
            Je suis immunisée depuis longtemps.
            Je crains plus rien.

          • @anne-laure:
            donc, bien tenté juju B mais tu t’es complétement plantée ;
            ça t’apprendra à vouloir à tout prix positiver,

            nous appellerons cela l’ironie de l’histoire

            merci de t’être donné la peine de m’expliquer anne-laure

            la question que je me pose du coup c’est : ton collègue juju – nous l’appellerons juju C, ton voisin étant juju A -, il a pallié ton coup de mou en expliquant à la stagiaire cette histoire de debrief collectif, ou il s’est contenté d’évoquer ton ironie congénitale ?

          • @juju: ben nooooon il a rien expliqué , je sais plus ce qu’il bidouillait, prenait des notes parfaites dans les dossiers je crois.
            M’a laissée expliquer à l’élève qu’après le cap de la déclaration d’amour il fallait passer par le cap de la déclaration de guerre.
            Comme dans la vie normale quoi.
            Bon ça lui faisait peur ça aussi à la gamine.
            Alors que lorsqu’on y pense un peu ,dans la vie normale le cap de la guerre peut être effrayant aussi, y a des gens normaux qui se comportent comme des fous pendant cette période.
            Qui sont fous en somme.

            Mais nous nous éloignons de l’ironie j’ai l’impression.

          • @juliette b : et tu peux me parler vite fait du cueilleur de mot , voir si ça m’excite ou quoi ?
            Parce que je vais m’acheter des livres.

          • @anne-laure: je peux me tromper mais Le cueilleur de mots je pense que c’est le livre que François Bégaudeau t’avait un jour recommandé sans te donner le titre exact mais en parlant des chasseurs de mots chez Raoul Vaneigem.

            Texte et dessins sont beaux; un extrait:

            – Nous avons tous besoin d’amis, dit Cléo.
            – Les mots en ont encore plus besoin, reprit « ouf ».
            – Et pourquoi ?
            – Parce que les mots que l’on maltraite deviennent méchants. Ils mordent n’importe qui à n’importe quel moment. Quand Cerbère est venu nous rejoindre, il a léché « Laid », que tout le monde a l’habitude de salir et de houspiller. Eh bien, le bougre s’est senti si heureux qu’il n’arrête pas de faire rire tout le monde. Tenez, hier, en jouant à saute-mots avec « Beau », ils ont fabriqué « bolet », vous savez, le champignon. Eh depuis, il y en a partout dans le bois Vert- Vert.

          • @juju b : oui, c’ est donc une sorte de livre pour enfants ?
            Mais je ne suis pas un bébé juliette.

          • @anne-laure: tu as mis « 20 ans et après » dans ta liste ?

            (je connais au moins deux pas bébés en plus de moi qui ont aimé l’autre, donc c’est pas un obstacle)

          • @juju: Ouais j’ai 20 ans et après sur ma liste qui ne fera que deux lignes.
            Sur la deuxième ligne faut pas que je me plante.
            La vie est réduite à peu de choses.
            On est sous-tension là , houlala.

        • @Juliette B: oui c’ est ça que je voulais dire aussi à la base j’me souviens mais j’ai la tête dans l’cul, pas les neurones opérationnels, que c’ est une question de dosage, c’ est un travail délicat.
          Je me demande pourquoi on s’impose un tel exercice usant pour les nerfs et je me demande comment à commencer cette histoire d’ironie dans l’histoire du langage humain.
          Si tu veux bien faire des recherches préhistoriques pour moi merci.
          Bisou.

          • à commencer
            ohlala ça va pas du tout moi.

          • @anne-laure: d’ac. vais commencer par relire Le cueilleur de mots ; mais d’abord zou au parc

          • @Juju B: Ok, bon allez hop au zoo.

      • @anne-laure: c’est très subtil et très puissant, l’ironie. ça peut être un instrument de pouvoir ,tu peux marquer qqn à vie par une phrase ironique. Puisque c’est toi qui mets en place la situation, tu en as la maîtrise,et tu peux en jouer. ça peut être du bon combat ,ou de la cruauté, ou de la valorisation personnelle par complicité intellectuelle. Pour faire de l’ironie sans pouvoir, il faut faire du François Begaudeau.

        • @patricia: quand on fait du françois bégaudeau on rêve d’un monde où l’ironie n’est plus nécessaire.
          Voir livre qui s’intitule la politesse.

          • @anne-laure: non pas d’accord : et la révolution permanente? la Politesse c’est pas lisse.

          • @anne-laure: « l’arme de ceux qui aiment emmerder le monde mais n’aiment pas la langue de qui emmerde le monde, genre moi »
            en mettant dans « langue » ce qui avait été dit précédemment sur les mots,est ce que ce n’est pas une grande partie du travail de François?

          • @pat: Ooooh si tu savais ce que j’en pense de la « langue » de françois, j’aime mieux rien dire.

          • @anne-laure: si tu avais écrit « fait » au lieu de « pense » ça aurait été encore plus drôle

          • @juju: Ah ouais merde j’ai déconné mon humour, chuis désolée juliette.
            Mais comme je fais ce que je pense et inversement sur ce sujet ça revient au même tu m’diras.

          • @juju: remarque que sur ce sujet je n’aurais pas grand chose à faire en l’occurrence.
            qu’est-ce que je peux être paresseuse c’ est fou.
            bon allez je décolle.

        • @patricia: on en rêve et on le concrétise parce qu’on fait bien ce que l’on veut.

        • @patricia: quand on fait du françois bégaudeau on n’aime pas tant que ça la bagarre.
          A mon avis du 17 décembre 2015 au matin.

          • @anne-laure: disons qu’on n’aime pas l’aimer

          • @patricia: les narrateurs de François Bégaudeau – y compris celui/ceux de son La politesse – aimèrent la bagarre, la rhétorique couillue, en groupe (drague aec entre autres) un truc comme ça ou presque (cf mes 2s ou ma également) puis s’en éloignèrent, écoutèrent leurs corps, ou ceux-ci les menaient plus volontiers et se laissèrent faire (s’écoutèrent mieux ou autrement?)s’autorisèrent à s’écouter plus, eux-mêmes?

            Queen dragon attack – https://www.youtube.com/watch?v=MhfzXZZSot0

        • @patricia: bwoah? Est-ce que j’ai dit que la politesse était lisse ?
          N’importe quoi pat.
          J’aurais dit plutôt qu’elle se débarrasse de ce qui l’encombre justement, tout ce qui est rêche et rugueux, pour revenir à l’essentiel qui n’est que prise en compte de la création de chacun et joie d’en profiter.
          Mouais, lisse alors si tu veux.
          J’aurais dit douce à la place.

          • @anne-laure: peut être que le point de différence entre nos propos c’est que tu te places dans l’abouti,c’est fait, on y est, alors que je crois que c’est une bagarre constante contre soi-même d’abord, et une participation soutenue à la vigilance interactive consentie

          • @pat: ouais c’ est ça , je me situais vers la fin.
            Vers la fin que tu peux placer dès le début si tu veux.
            Tu fais ce que tu veux.
            Selon ce que tu aimes. Où tu préfères être.

            C’est abstrait ? c’ est volontaire.

          • @anne-laure et patricia: « La politesse » est, dans ses deux premières parties, le récit de ce qui peut contrarier la joie : une absence d’écoute, une impolitesse qui consiste à recevoir quelqu’un dont on n’a pas lu le livre ou dont on survolé le texte, une façon de réduire l’écrivain à un pur objet iconographique (cf. la séance photo), à travers un tas de gens qui se foutent des livres (journalistes, libraires…). C’est le récit de quelqu’un qui croyait le contraire, qui, j’imagine, en découvrant ce milieu, pensait le contraire.
            La troisième partie se débarrasse de tout ce qui peut gêner, mais il s’agit bien de quitter le réel pour pouvoir l’envisager.

            Quant à l’ironie, dans ces circonstances, elle m’apparaît moins comme une réponse agressive que comme une mise à distance un peu narquoise. Je ne sens pas d’aigreur ou de colère rentrée, comme je n’en sens pas dans la manière dont François interviewe par exemple la bourgeoise qui fait des brunchs littéraires ou je ne sais quoi. Après, ma propre réception interfère certainement avec les intentions : je vois dans cette bourgeoise un beau cas d’étude qui s’ignore et il y a certainement une forme de condescendance à réagir de cette manière. Mais c’est elle qui a commencé. Elle induit quand même qu’on se foute un peu de sa gueule.

          • @jérémy:

            Quant à l’ironie, dans ces circonstances, elle m’apparaît moins comme une réponse agressive que comme une mise à distance un peu narquoise.

            Alors qu’ à moi il apparaissait que les règlements de comptes de la partie 2 font la démonstration de quoi l’ironie de la partie 1 est faite.
            Elle est faite de colère oui monsieur.
            Colère rentrée pour ne pas faire du mal aux autres.
            L’ironie serait une forme affinée de la colère, un truc comme ça.

          • par exemple la bourgeoise qui fait des brunchs littéraires ou je ne sais quoi. Après, ma propre réception interfère certainement avec les intentions : je vois dans cette bourgeoise un beau cas d’étude qui s’ignore et il y a certainement une forme de condescendance à réagir de cette manière. Mais c’est elle qui a commencé. Elle induit quand même qu’on se foute un peu de sa gueule.

            ou les concerts privés à domicile, les grands chefs et tout le toutim

            un beau piège à bourgeois neuneus oui,

            Ces lignes citées en tête de post me rappelle que je n’ai pas vu le dernier film de Catherine Frot, en fantasme de castafiore

            L’ironie doit y être traitée de façon pas inintéressante,
            un peu comme dans le film ridcule peut-être,

            – Et quand même, dans cet espace, ia de la sacré expertise dans le domaine

            très très fort les gars.

          • @anne-laure: je pense surtout que ces situations sont exploitables d’un point de vue littéraire, qu’il peut y avoir un plaisir d’écriture à envisager -notamment- la deuxième et la troisième partie comme des sortes de palimpsestes. Et qu’il faut peut être considérer le moment de l’écriture, où la joie de le raconter, d’en faire une matière littéraire, l’emporte sur tout le reste. Je ne trouve pas que la colère traverse ce récit.

          • @shash: Les concerts privés à domicile ? Je ne connaissais pas. Ca se fait depuis longtemps ?

          • @anne-laure: Après, c’est sûr que sur le moment, certaines situations doivent être gonflantes. Quand j’ai lu le passage où Pivot et consorts font assaut de bons mots, en dignes représentants d’une certaine tradition gauloise, je me suis dit que c’était vraiment la misère. C’est aussi la misère pour ceux qui sont autour de la table, qui ne parlent pas, qui subissent. Mais justement : l’écriture, ce n’est plus « sur le moment ».

          • l’assaut de bons mots est quand même un peu fictionné, hein
            d’ailleurs ce moment n’était pas si désagréable ; avec Bernard nous n’avions juste rien à nous dire, et surtout pas dans le domaine qui nous est soi-disant commun

          • @anne-laure: Au désir de l’auteur d’acheminer ces situations subies vers une forme littéraire, pour voir si de cette rencontre naît un texte qui lui convient. Pour transmuer un agacement éventuel en jubilation d’écriture.

          • concerts privés à domicile- depuis longtemps

            au moins depuis le 18e 😛

            et de nos jours, à Paris, pas que dans le 18e

            ouais, bof, j’ai presque honte,

            bonne nuit,

          • @Jérémy: j’ai beau te lire et te relire jérémy et je ne comprends pas très bien ce que tu expliques.
            Parce que tu parles d’autre chose que du livre ,tu parles de ce qui s’ est passé en vrai et ça m’embrouille.
            Le ton ironique est bien dans la matière littéraire, pas dans la vraie vie, même si je ne doute pas qu’en toutes circonstances françois le bégaudeau sache user d’ironie.

            L’homme jaune est d’accord avec moi.

          • @François Bégaudeau: fictionné oui d’accord, mais tu mets ces mots dans la bouche de quelqu’un qui se paie de bons mots -sur Twitter- auxquels il donne une saveur culinaire (comme son ami Perret), qui a passé des années à sacraliser la langue à travers des concours d’orthographe, etc. Donc on pourrait très bien imaginer que ce goût du mot d’esprit convienne à ce genre de personnage. La situation est fictionnellement ajustée à ce qu’est Pivot dans la réalité.

          • voilà, tu as tout dit, je pousse un eu vers la farce une propension réelle du bonhomme, et aussi la tonalité générale de ce repas, où bien sur ses voisins le faisaient parler d’Apostrophes et des dictées
            le coup du rugby est authentique, il était vraiment joyeux comme un enfant de voir que Castres avait gagné
            ce que je ne raconte pas, c’est qu’avec Baptiste Liger, on lui demandait son avis sur tel ou tel écrivain contemporain, et il n’en avait lu aucun

          • @anne-laure: tu comprends pas quoi ? Je parle du livre, pourtant.

          • @shash: Spontanément, ça me rappelle la scène de « Buffet froid » où l’orchestre joue à proximité du lit où Blier se trouve (j’ai toujours pensé que c’était un clin d’oeil à la fin d' »Orange mécanique »).

          • @anne-laure: Je parle simplement de ce qu’un auteur vit dans la réalité et de ce qu’il peut en faire dans la fiction. Je vais aller plus loin, sous la forme d’une interrogation : comment s’est opérée la sélection des séquences relatées dans « La politesse » (quelle est la part de ce qui se décide au moment où la situation est vécue -tiens, ça pourrait faire récit- et qu’est-ce qui se décide a posteriori) ? Comment s’opère la réminiscence de ces situations par l’écriture, sachant que la part de fictionnalisation me paraît plus grande que dans « Entre les murs » (et évidemment je mets de côté la troisième partie) ? Ne serait-ce que parce que dans la phase préparatoire, si je me souviens bien -cf. une interview, je crois, dans Télérama-, François racontait qu’il s’était astreint à prendre des notes jour par jour sur ce qu’il avait observé, vécu dans son établissement ? Or, je peux parier que le mode opératoire n’a pas été le même pour l’écriture de « La politesse » (ces séquences -interviews, dédicaces, etc- ne relèvent pas strictement du quotidien, contrairement au métier de prof). J’aimerais en savoir plus. Il me semble pas que je l’aie lu quelque part ou alors j’ai mal lu, ou oublié.

            Savoir aussi si certaines situations vécues ont « matché » à la façon de la conférence d’Aubenas où on a un auteur qui se dit : ok, c’est lumineux, je vais l’écrire (cf. « Deux singes »). Cette cuisine interne m’intéresse.

          • Il faudrait prendre au cas par cas.
            Sur cette journée à Talloires, qui a duré, j’ai retenu ce qui me parait saillant, parlant, drole, paradoxal : ce havre fortuné squatté par la bourgeoisie anglaise et allemande, la bande d’auteurs réunis dans une maison et qui grattent un Morpion (ou un Cash, je sais plus), Mazarine Pingeot qui répète en boucle « truc de ouf », la sexologue qui me raconte ses entretiens avec des écrivains et autres anecdotes, le type qui tient absolument à me dire qu’il n’a pas du tout envie de lire mon livre, la lecture pblique d’un passage (en vrai c’était Deux singes, je le transforme en Au début pour des raisons de logique générale (cette première tournée de promo de la partie I concerne ce livre) mais aussi pour des raisons de brouillage identitaire du je), la Balade autour du lac -mais la rencontre avec Martin Page est fictive, elle est une de ces injections de fiction qui prépare le glissement vers la partie 3 (en revanche, il est bien vrai que Martin m’avait dit, lors d’une rencontre à Merlieux, qu’il méditait de quitter ce pays trop nerveux ; je le place là parce que la couleur thématique générale de ce fragment est la France (bonne chère avec la sexologue, bonne table avec Pivot, etc). D’où ce final par le repas qui incarne théatralement l’intrication gauloise entre belles lettres et bonne table.

          • @François Bégaudeau: merci pour ces précisions, c’est très éclairant.

          • @Jérémy:

            Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta son pays natal et le lac de son pays et alla dans les montagnes. Là, il se délecta de son esprit et de sa solitude et ne s’en fatigua pas durant dix ans durant. Mais enfin son cœur se transforma et un matin il se leva aux premières lueurs du soleil, se présenta devant lui et lui parla ainsi :

            « Grand astre, que serait ton bonheur si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ?

            Dix ans durant, tu es monté à hauteur de ma caverne : tu en aurais eu assez, un jour, de ta lumière et de ton trajet, sans moi, mon aigle et mon serpent.

            Mais, chaque matin nous t’attendions, te déchargions du superflu et t’en rendions grâces.

            Vois ! Je suis las de ma sagesse, comme l’abeille qui a butiné trop de miel, j’ai besoin des mains qui se tendent.

            J’aimerais prodiguer et distribuer, jusqu’à ce que les sages parmi les hommes, à nouveau se réjouissent de leur folie et que les pauvres soient heureux de leur richesse.

            Pour cela je dois descendre dans les profondeurs : comme tu fais le soir, quand tu t’en vas par-derrière la mer et que tu apportes ta lumière au monde d’en bas, oh ! toi astre riche à profusion.

            Tout comme toi je dois décliner, comme disent les hommes, ceux vers qui je veux descendre.

            Bénis-moi donc, ô œil calme, toi qui peux voir un bonheur par trop grand sans être jaloux.

            Bénis le calice prêt à déborder, que l’eau s’en écoule dorée et qu’elle porte partout le reflet de ton allégresse.

            Vois, ce calice aspire à se vider et Zarathoustra veut redevenir homme. »

            Ainsi commença le déclin de Zarathoustra.

            signé F le ricaneur, F comme Fantômas.

          • « Bénis-moi donc, ô œil calme, toi qui peux voir un bonheur par trop grand sans être jaloux. »
            Une ligne de vie nécessaire et suffisante.

          • @françois: oui.
            Et ce n’est que le début.

          • @anne-laure: tu sais que je suis en train de le lire ? Heureux hasard.

          • « Des compagnons, voilà ce que cherche le créateur et non des cadavres, des troupeaux ou des croyants » : j’en suis là. On se souviendra que quelques décennies plus tard, un autre homme dit : « Je cherche des amis ».

          • @Jérémy: Ah ? Je connais pas l’homme quelques décennies plus tard qui cherche des amis mais je connais l’homme qui quelques siècles plus tôt cherchait un homme avec sa lanterne.
            Qu’est-ce qu’il a pu en faire chier du monde avec sa lanterne, qu’est-ce qu’on a rigolé.
            Je suis contente que tu le lises , j’espère que tu ne seras pas déçu.
            D’après ce que j’ai compris en en parlant autour de moi c’ est un livre qui se lit au lycée, fait partie des livres obligatoires non ? Ou bien j’ai encore rien compris.
            En tous les cas jamais il n’était passé sous mon nez à cette époque.
            Ou bien c’ est que je regardais ailleurs.
            Moi juste je relisais le début hier et me suis arrêtée quand justement il se retrouve avec un cadavre pour compagnon, le cadavre du type qui tombe de la corde à cause du mec diabolique qui lui saute par dessus.
            La chute du funambule est drôlement tournée, traduite en français.
            Elle est pas croyable.
            J’aimerais tellement être allemande.
            Bref.
            Me suis arrêtée où Z se dit que voilà son nouveau compagnon, c’ est un cadavre, et il l’aime et il le porte sur son dos.
            Si je me souviens bien il le largue peu de temps après parce qu’il est lourd quand même.
            Aaaah je l’adore, il est tellement rigolo.

          • @anne-laure: Il le largue après la rencontre avec le vieux qui n’accorde pas plus d’importance que cela à la mort de ce compagnon (j’aime beaucoup ce passage, c’est drôle). Et c’est après avoir mis le cadavre à l’abri que Z. s’aperçoit qu’il a besoin d’amis. On pourra dire que ce cadavre porté puis déposé (soigneusement dépose) a une fonction symbolique. Pour le moins.

          • @anne-laure: je ne sais pas si on le lit au lycée. Je connais pas le programme de philo. Mais c’est de la poésie, donc ça peut aussi s’étudier en littérature. En le lisant, je me dis : c’est quand même une putain d’écriture. Vachement hybridée, comme j’aime. Poésie, récit, philosophie.

          • @anne-laure: L’homme qui cherche des amis, qui a utilisé cette formule, se dénomme Pirlo.

          • @Jérémy: et tiens Jérémy je vais te confier l’une de mes pensées les plus intimes qui contrairement à ce que racontent les rumeurs n’est pas sexuelle, mais puisque tu sembles t’intéresser aux mêmes genre de mecs que moi, je dois te dire qu’en lisant le livre sur les cyniques que françois pas mon françois mais mon françois quand même, m’ avait prêté pour que je tente d’apprécier michel onfray, livre que par ailleurs je lui ai rendu sans l’avoir fini parce qu’il m’ a gavé sur la fin, j’en pouvais plus, livre qui commence par une citation de Nietzsche , je ne sais plus très bien, encore un truc de gros malin : je suis le plus grand des cyniques, truc du genre, qui vient d’ecce homo je crois.
            Bon alors j’étais là à observer les histoires de Diogène et me suis quand même étonnée de l’existence d’une telle personnalité.
            Quand tu regardes bien, non répertoriée par freud.
            Il serait passé à côté notre grand psychologue ?
            Quoiqu’il en avait un parmi ses disciples si j’émets l’hypothèse que Wilhelm Reich en était un.
            Sauf que les freudiens ont préféré dire qu’il était psychotique en fait, qu’il était fou.
            Ce qui est bien pratique quand tu ne veux pas entendre ce qu’on te dit, tu dis que c’ est de la folie et c’est bon.
            Et voilà donc ce qui m’intrigue vachement, cette personnalité qui doit exister depuis l’origine de l’humanité, qui traverse le temps, pour des siècles des siècles, dont presque personne ne parle, dont on ne sait d’où elle provient et quelle fonction elle a.
            J’aurais dit comme ça une fonction de régulation mais c’ est en travaux.
            T’as qu’ à voir comment Alexandre était fasciné par Diogène.

          • @Jérémy:

            En le lisant, je me dis : c’est quand même une putain d’écriture.

            oui
            alors t’imagine si on était allemand ?
            J’ai vu deux traductions très différentes, ça change beaucoup je trouve.
            Ce livre est clair et pas clair à la fois, énigmatique et limpide, comme tu dis hybride oui.
            Y a des passages où je comprends que dalle mais je sais que Z se comprend et que j’y verrai mieux plus tard, peut-être , ou peut-être pas.
            On est complice parce qu’on est des sacrés cinglés tous les deux.

          • et vous pouvez longtemps rever avant qu’on en ouvre une seule page dans une classe de lycée

          • @Jérémy:

            L’homme qui cherche des amis, qui a utilisé cette formule, se dénomme Pirlo.

            ah d’accord.
            Pirlo le vrai ou le faux ?
            Pauv’ti bonhomme.

          • @françois: Oh bah moi ça me fait pas rêver de penser que ce livre puisse être lu par la force d’un professeur.

          • alors tout est bien

          • Ce livre on y vient ou on y vient pas, ça se passe comme ça, on sait pas trop pourquoi.
            Moi je crois que j’ai toujours su que Zarathoustra-Nietzsche serait mon ami et je ne pouvais pas faire autrement que d’y aller.
            A mon avis je l’ai su depuis que l’embryogénèse de mon cerveau a constitué ce qui fabrique les convictions et si ça se trouve c’ est de la foi.

          • @anne-laure: Comment tu définirais cette fonction de régulation ?

          • @anne-laure: Que Freud ait ignoré une pensée de la volonté, ça ne m’étonnerait pas, puisque la psychanalyse s’appuie quand même sur la force de ce qui échappe à la conscience. Je n’ai pas lu Reich et ne connaît de Diogène que les anecdotes qui ont traversé le temps. Tu peux préciser : « cette personnalité qui doit exister depuis l’origine de l’humanité, qui traverse le temps, pour des siècles des siècles, dont presque personne ne parle, dont on ne sait d’où elle provient et quelle fonction elle a » ?

          • Mais la volonté chez Nietzsche est tout aussi « inconsciente », elle est une force en soi qui nous agit, en quoi sans doute elle porte mal son nom. Il y aurait donc bien des points de collusion entre Nietzsche et Freud. Leurs chemins se séparant quand Freud décide de circonscrire ces forces à ce qu’il appelle la sexualité, qui n’est pas exactement le sexe, et qui elle-même se laisse embrigader dans le petit périmètre oedipien. De Freud Nietzsche aurait alors pu dire ce qu’en dira en gros Deleuze : quel dommage de vouloir absolument reprendre le controle sur ces forces joyeusement incontrolables.

          • @anne-laure: disons que l’école n’est pas à proprement parler nietzschéenne.

          • Jérémy est le roi de l’euphémisme.

          • @anne-laure: Tiens, un autre cinglé que j’aime beaucoup. Et cet extrait-là en particulier : http://www.poetes.com/ducasse/c2_s13.htm

          • @François Bégaudeau: oui, merci de préciser. Et -si on va très vite-, on peut dire que le divan freudien sert à recueillir les confessions sexuelles pour mieux les contrôler, les réguler, si je me trompe pas. C’est ce que j’avais signalé en évoquant Foucault l’autre jour, puisqu’il critique la psychanalyse (« Mais il (Freud) a exploité en revanche la structure qui enveloppe le personnage médical ; il a amplifié ses vertus de thaumaturge » (Histoire de la folie).

          • @anne-laure: Pirlo le vrai-faux.

          • @Jérémy:

            Comment tu définirais cette fonction de régulation ?

            Ah comment dire.
            Si je prenais l’exemple d’Alexandre ( le grand tu connais l’histoire d’ôte toi de mon soleil ) face à Diogène c’est qu’il me semblait y voir une représentation des extrêmes contraires, qui s’opposent et se régulent.
            Diogène représentant des forces vitales suffisantes, Alexandre représentant que tout ce qui en déborde en ambition conquérante et construction culturelle.
            Alexandre était très intrigué par le mode de vie de Diogène d’après ce qu’on raconte (la légende ?), peut-être qu’il y cherchait une forme de vérité, une force qu’il avait du mal à saisir.
            Bon cela ne l’a pas empêché de continuer son envahissement du monde et de s’autodétruire.
            Diogène n’ a pas régulé grand chose dans la tête d’Alexandre finalement.
            Mais juste dans le principe des existences, qu’il existe des Diogène et des Alexandre, cela me semble être équilibrant.

          • @jérémy: et je t’aurais répondu pareil que françois sur la question de l’inconscient mais pas exactement pareil.
            La notion de volonté de puissance impose qu’on se questionne justement sur ce que l’on contrôle, ce que l’on ne contrôle pas.
            De réaliser que le contrôle sur soi est une illusion, que la conscience humaine est bien minuscule vis à vis de la puissance des forces vitales.
            Non ?

            Je lirai ton poète quand je serais mieux réveillée parce que là hoouuuuu je vais reprendre un café tiens.

          • @jérémy: Après un litre de café j’ai envie de te dire qu’elle me plait bien ton histoire de grosse femelle requin.
            J’adore ce petit détail comique entre parenthèses :

            Malheureusement, la nuit de cette tempête, j’étais dans un de ces accès, ma raison s’était envolée (car, ordinairement, j’étais aussi cruel, mais, plus prudent)

          • @Jérémy: et cette histoire de crème rouge dont on a envie de se délecter mmmmh miam.

          • @anne-laure: content que ça te plaise. C’est un bouquin qui fait partie de mon top 10.

    • grand sujet, l’ironie
      en tout cas très pratique à ceux qui ont l’ame critique sans aimer la langue de la critique, genre moi

      • @François Bégaudeau: l’âme ou l’arme ? Non mais parce que faut pas déconner avec ça tu sais bien.

      • @François Bégaudeau: @shash @anne-laure : ouille je me prends les pieds dans les « répondre » : ma réponse précédente était aussi pour toi shash,et je poste cette correction à destination sous François parce que c’est le seul « répondre » de libre dans le coin.

        • @patricia: tu me fais rire Patricia avec tes contorsions du matin entre les posts (dessus, dessous, à la place de, etc.); on dirait moi.
          quand tu fais ça tu peux même carrément effacer le nom du destinataire initial, même quand c’est FB comme là, et mettre à la place celui à qui tu veux t’adresser. bien que ça doit pas être très réglementaire non plus.

          • @Juliette B:tu crois que finalement je suis au dessous de tout ?oui hein.
            tiens puisque je te tiens je venais justement te dire qu’avec ton anecdote d’ado on était en plein dans La Blessure la vraie. Même quand on s’éloigne on se rapproche quoi.

        • @patricia: quand j’ai lu les 2 singes la bande de Chouchou qui se moque des autres dans les soirées en maniant l’ironie à hautes doses m’a fait penser à celle de ma jeunesse.

          relire La blessure la vraie fait partie de mes projets.

  4. @Juliette : il faut reconnaître qu’au conseil municipal elle était carrément harcelée.

    • @patricia: oui ça se voit dans le film d’Othon, reste qu’elle n’est pas la première: les conseils municipaux sont très chauds dans nombre de villes;
      mais surtout qu’elle ait fait mine de découvrir sur le tard la vilenie de personnages comme Barto, après avoir elle-même négocié avec le PS – contre l’avis de son parti – pour obtenir un siège sénatorial en seine-saint-denis, c’est quand même gênant.
      (bon, au moins pour Barto, elle doit bicher aujourd’hui)

      • @Juliette B: grenouillage and co. A quand le tirage au sort et le mandat unique non renouvelable.ce serait un autre bazar,mais carrément moins vomitif que le système actuel. comment dit Acratie? volatil,imaginatif,du sain désordre.

      • Sur ce poste de sénateur qu’elle ne lachait pas alors qu’elle venait d’etre élue maire, Voynet ne vous avait pas du tout du tout convaincu. Soudain sa parole si claire patinait. Elle annonnait deux trois trucs pour dire que c’était important qu’elle puisse délibérer sur le Grand Paris au Sénat, parce que ça regardait sa ville. Une fois je lui avait dit : je préférerais que tu me dises que c’est pour la thune. Je reste persuadé que c’était pour ça ; ce que je trouve la motivation la plus saine. Je préfère ca aux pseudo-explications citoyennes qu’elle livrait.

          • @Acratie: ils ont invité des sdf l’an dernier . un beau moment d’ouverture et de partage.

          • @pat:

            ils ont invité des sdf l’an dernier . un beau moment d’ouverture et de partage.

            Oh ? de l’ironie.

            tiens ce matin justement je me demandais si l’ironie n’était pas une sorte de méthode de langage pour bousculer les idées un peu figées de ses congénères.
            C’est pour leur bien.
            Rapport à un truc qui m’est arrivé hier.
            En regardant télématin.

        • @François Bégaudeau: oui les sous,mais le pouvoir aussi, donné par le réseau au niveau national : c’est ce qu’ils disent tous : je travaille mieux pour le local si je suis placé au niveau national

          • @patricia: fausse manoeuvre .
            En fait, si le national c’est le sénat, personne n’abandonne ce poste-là pour le local : c’est fromage et dessert, le sénat,et quasiment pour toujours si on y a mis le pied.

  5. @Patricia, Acratie, FB, Charles : Ayant à nouveau accès à un ordi, je peux mettre en lien ici pour qui cela intéresse l’article de Pierre Bourdieu sur L’illusion biographique auquel je pensais en faisant part ici de ma méfiance face à une expression comme mal parti/mal arrivé pour évoquer la trajectoire de DV; (il est tiré de la revue Actes de la recherche en sciences sociales et le même lien comporte les deux articles qui suivaient).

    Je pensais en particulier à cette phrase: Essayer de comprendre une vie comme une série unique et à soi suffisante d’événements successifs sans autre lien que l’association à un « sujet » dont la constance n’est sans doute que celle d’un nom propre, est à peu près aussi absurde que d’essayer de rendre raison d’un trajet dans le métro sans prendre en compte la structure du réseau, c’est-à-dire la matrice des relations objectives entre les différentes structures.

    http://www.prepabl.fr/IMG/pdf/Biographie.pdf

    • entre les différentes structures entre les différentes stations

    • là je pourrais me facher
      je connais ce texte, y adhère, ai même l’impression que je la comprends mieux que toi
      et les quelques pauvres lignes que j’ai pu écrire sur Voynet n’en sont pas indignes

    • @Juliette B: Ce passage de Bourdieu semble épingler l’idée du sujet dans l’optique d’une compréhension d’une vie, c’est à dire d’un individu libre et rationnel qui aurait décidé et choisi ce qu’il serait devenu. Cette hypothèse n’a pas été exploitée ici me semble-t-il. Dans l’expression « mal parti/mal arrivé », qui n’est qu’une formule avec toutes ses limites inhérentes, je crois qu’on essayait de briser l’image du politique qui dérive en niant ses idéaux premiers : en réalité, le virage n’est qu’une actualisation d’une disposition principielle. Ce qui ne veut pas dire que la personne serait l’auteure exclusive de sa propre vie.

      • @Charles: oui, ta remarque est tout à fait juste.

        le spectre que je crains et exprimais sans doute à propos d’un exercice comme mal parti/mal arrivé, c’est celui d’un rêve qu’on réajuste spontanément au réveil en histoire un tant soit peu logique pour le raconter à quelqu’un, ajoutant des liens de causes à effets à des séquences prégnantes qui se sont juste suivies ou juxtaposées.

        reste que la disposition dont tu parles, celle que François explicite dans son texte, est finalement très communément partagée par le personnel politique à ce niveau.

        cet « éternel désespoir paternaliste sur le manque de rigueur des autres » n’est-il pas le même que celui d’un Juppé du temps de sa splendeur déplorant « droit dans ses bottes » l’inconséquence des manifestants obstinés de l’hiver 1995, celui d’un Mélenchon engueulant sur un plateau de télé au lendemain d’une élection, le peuple qui avait mal voté puisque contre ses intérêts, etc. ? Qui, au fond, en tant qu’individu, est « épidermiquement démocrate » dans ce personnel politique très spécifique, et j’ajouterai volontiers assez azimuté, doté très tôt d’une ambition présidentielle ?

        alors peut-être, plus que cette disposition principielle actualisée, ce qui m’intéresse s’agissant de Voynet c’est de comprendre pourquoi et comment, précisément, après s’être prêtée au jeu de la discipline d’un parti, après l’avoir même défendue bec et ongles comme son bien le plus précieux pour faire de la politique autrement, elle a semblé considérer qu’elle pouvait s’en passer et n’avait plus besoin des autres – d’un appareil politique notamment – pour changer le monde. Elle ne l’a pas pensé d’un coup et partout de la même façon (chez les Verts, comme ministre, au sénat, au PE ou à Montreuil) et il faudrait bien sûr explorer chaque interstice de ces mille vies, mais partout au final lui sont revenues dans la gueule les conséquences de sa solitude superbe.

        • On pourrait se demander à l’inverse pourquoi, alors qu’elle était si démocrate, Voynet n’a pas rallié les mouvements alters, qui germaient dans les années 80, et où elle eut trouvé de quoi épancher ce penchant. J’ai mon idée : c’est qu’elle n’était pas démocrate.
          Fondamentalement, Voynet, est, avant que démocrate, une rationaliste. J’insiste encore ici sur son tropisme allemand (tiens, une structure), issu de la proximité avec le pays, mais aussi de ses liens avec les Grunen (Verts, en prussien) qui avaient cultivé une stratégie de compromis, de coalitions, très à l’allemande. Or Voynet, en bonne héritière des Lumières, pense que le prince livré à lui-même ne décide pas rationnellement. Pense que le fait du prince est plus ou moins arbitraire. Elle lui oppose donc, comme Montesquieu, le Parlement, c’est)-dire la délibération à plusieurs pour faire advenir une décision. Mais une délibération entre gens raisonnables, rationnels, qui ne parlent pas au nom de leurs interets mais au nom de « l’interet général » (d’où ma mention de Rousseau). Voilà le processus idéal de Dominique -qui n’en fait certes pas une anarchiste, plutot une ultra-parlementaire. Or dans la pratique , Dominique découvrira que dans les assemblées de délibération, les gens ne parlent pas forcément rationnellement, pas forcément en se projetant dans « l’interet général » (je mets des guillements puisque je ne crois pas du tout à cette notion). Elle découvre que les gens sont des gens. Ont des affects. Parlent au nom d’affects et d’interets -Dominique est plutot du genre à penser qu’on peut les refouler, ce qu’elle fait, s’exposant à ce qu’ils rentrent par le fenetre, d’où ses humeurs etc. C’est-à-dire qu’elle découvre que la démocratie n’est pas la délibération en raison. Découvre qu’elle n’est pas démocrate. Ne l’a jamais été. Que la raison, sa déesse, ne s’accommode pas de la démocratie. Que précisément il n’y a démocratie que dans la mesure où la raison ne gouverne pas.

          • @François Bégaudeau: effectivement sa lettre d’annonce de non représentation à son fauteuil de maire (qu’elle n’avait guère de chances d’obtenir) et ses déclarations de l’époque signalent clairement cette déception : les habitants et la classe politique de Montreuil n’ont pas été à la (ma) hauteur.

      • « en réalité, le virage n’est qu’une actualisation d’une disposition principielle. Ce qui ne veut pas dire que la personne serait l’auteure exclusive de sa propre vie. »
        ah ben j’aurais pas mieux dit,
        la constitution du sujet est toujours-déjà liée à des structures, ca va sans dire. Enfin il me semblait que ça allait se dire sur ce site où les trois auteurs les plus mentionnés sont Marx, Lordon, et Spinoza, pas exactement des apôtres de l' »individu libre et rationnel »

Laisser un commentaire