Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

Pas encore membre ? Enregistrez-vous et simplifiez-vous les commentaires !

Othon on tour

Il est désormais inutile de présenter le collectif Othon, que tout le monde connaît. A cette réserve près qu’il est peut-être utile de présenter le collectif Othon, que peu de gens connaissent.
On se reportera donc :
Le Collectif Othon
-au documentaire On est en démocratie disponible sur begaudeau.info
On complétera de soi-même la filmographie avec Le fleuve la tuffe et l’architecte, Conte de Cergy, Réunion, Repérage, Teaser
On apprendra incidemment que le collectif doit son nom à une pièce des Straub adapté d’un film de Corneille.
Puis on choisira deux dates dans l’ensemble des projections généreusement orchestrées par l’Acrîf, toutes assorties de rencontres et autres dialogues avec des invités de choix :

-15 novembre 17h, Montgeron.  Dialogue avec Yann Dedet, monteur de Pialat, Garrel, Kahn, etc, en introduction de Roberto Zucco, meilleur film français des années 90. Le lendemain, dans le même cinéma, est projeté Le fleuve, le tuffe et l’architecte, meilleur film français réalisé dans le Saumurois.

-15 novembre soir, Saint Gratien, projection de Conte de Cergy. En présence d’au moins cinq Othon

-16 novembre 14h, Saint Michel/Orge, Conte de Cergy, suivi d’une discussion sur filmer et écrire le réel, avec Joy Sorman, Gaëlle Bantegnie, Bibi.

-25 novembre Ivry sur Seine :

*18h30 Médiathèque, Conte de Cergy + débat

*21h Cinéma Le luxy, Jeunes militants sarkozystes, suivi d’un débat sur pourquoi la pensée est toujours de gauche.

-4 décembre, Malakoff, Ce vieux rêve qui bouge d’Alain Guiraudie, Conte de Cergy. En présence d’Alain Guiraudie,

-8 décembre, Montreuil, Cinéma le Méliès, Conte de Cergy suivi d’un dialogue Othon / Frédéric Lordon

-13 décembre, Pantin, 20h, La grève des ventres, de Lucie Borleteau, et Réunion, du collectif Othon. En présence de Lucie Borleteau, dont est projeté ensuite le très beau premier long,  Fidelio, qui sort fin décembre.

-janvier, date à définir, Ferme du Buisson, rencontre avec les Chiens de Navarre, projection de Il est des nôtres, de Jean-Christophe Meurisse, et Réunion, d’Othon.

Signalons aussi dès aujourd’hui la date du 28 novembre, où Conte de Cergy sera projeté à Annecy, sous le lac.

Un problème technique empêche la lecture des vidéos suivantes au format Quicktime. Vous pouvez toutefois les visionner, après téléchargement, sur votre player compatible

Il sera temps de regarder la bande-annonce de ces festivités

http://begaudeau.info/videos/bande_annonce_othon.mov

Ainsi que la version courte de Teaser, court-métrage tourné pour l’occasion, dont la version longue (11minutes) sera projetée en salle ici ou là.

http://begaudeau.info/videos/teaser_court.mov

Notons au passage que Feriel Benzouaoui, la candidate de Teaser, est l’auteure d’un superbe moyen-métrage, Alger après, qu’on pourra aussi voir dans le cadre du Mois du film documentaire :

– Mardi 25 novembre à 21h au Cinéma La Lucarne à Créteil

– Vendredi 28 novembre à 20h aux 3 Cinés Robespierre à Vitry-sur-Seine

– Dimanche 30 novembre à 20h au Luxy à Ivry-sur-Seine

Peut-être faudrait-il dire enfin que Conte de Cergy, qui aura la part belle pendant cette rétro, est considéré par les membres d’Othon comme le film le plus abouti du collectif, juste derrière Essentiel Killing.

 

329 Commentaires

  1. @shash : oui

  2. super !
    journée sans ordi
    je reviens demain

  3. petit sondage rapide en direction des sitistes : c’est quoi l’art pour vous ?
    j’ai cru que je tenais enfin quelque chose de définitif sur ce qu’est l’art (le résultat d’une démarche qui traite avec attention les choses futiles et légèreté les choses lourdes)mais non ce n’est toujours pas ça.
    j’ai 43 ans demain et je suis infoutue de penser l’art par moi-même. j’ai honte (je suis incapable de dire à mes enfants ce qu’est l’art, de sortir quelque chose de bien ficelé). je table sur vos propositions personnelles pour avancer.

    • @Helene:
      L’art ce peut être, par exemple, une manière de mettre un peu d’ordre dans le désordre.
      Non?
      (Je n’ai pas dit: une manière d’éliminer le désordre, j’ai même plus ou moins dit le contraire puisque dans cette définition l’art se soutient du désordre).
      Prenons un morceau de musique. Dans un morceau de musique il y a souvent un rythme. Qui organise. Ordonne, donc. Le désordre.

      • et pourtant on aime tant d’oeuvres pour ce qu’elles mettent un peu de désordre dans des représentations par trop ordonnées, un peu de complexité dans des idées par trop simplistes, un peu de tremblements dans des convictions par trop carrés
        les deux sont vrais
        et on tiendrait l’idée que l’art organise une dialectique dynamique entre ordre et désordre

        • D’accord avec ça, bien sûr.
          Et avec l’idée qu’il vaut bien mieux se pencher sur une ou des œuvres en particulier.
          Hélène tu prends une œuvre (ou enfin une petite partie d’une œuvre) que tu aimes et tu regardes comment elle parvient à se faire aimer de toi. Par quels moyens pratiques elle parvient à se faire aimer de toi. Oui? Tu feras ca pour nous? Attention il faut que ce soit court. Une analyse gagne, me semble-il, à être condensée.
          Bonne soirée.

          • @Jeanne: ta proposition me gêne : le rapport entre l’art, une oeuvre, et le fait qu’on l’aime.

          • @Jeanne: ce qui me gênait c’était plusieurs choses (mais j’ai répondu trop vite) :ta proposition à Hélène venait dans l’échange sur « qu’est ce que c’est que l’art?  » et il m’a semblé que répondre par l’observation de son goût devant une oeuvre d’art détournait de la question. Même si en effet, comme la question est immense et donc un peu vaine (quoique,a dit François),il vaut sans doute mieux analyser son propre rapport à une oeuvre que de tenter de la situer dans le grand tout (et n’importe quoi) de l’Art. Et là on rejoint le corps, meilleur juge que la théorie.Comme tu dis :
            « Pour te répondre déjà et quand même, je dirais que lorsqu’on fait de l’analyse littéraire ou filmique (par exemples), le risque est grand de s’égarer dans l’abstraction.
            Un moyen d’éviter cet écueil est de coller à ses ressentis, à ses affects, à ses goûts. »
            Mais il y a quand même là selon moi quelque chose de restrictif :je voudrais ajouter deux choses (banales mais) : sans pousser le sacrifice jusqu’à rester des heures devant un tableau qui ne me dit rien,j’aime bien essayer de comprendre,et par exemple des amis qui m’ont donné quelques éléments de méthode pour regarder un tableau,un peu d’histoire de l’art,m’ont fait évoluer ,ouvrir mon champ par rapport à mes goûts spontanés.Pour rester dans la peinture,des expos qui retracent l’itinéraire d’un peintre etc…En somme, un vilain mot, du bagage culturel.
            Et puis des gens : par exemple j’ai grande confiance dans ce site, François et les sitistes : et depuis que je le fréquente, j’ai découvert des auteurs, des réalisateurs,des musiques qui m’étaient étrangers et vers lesquels je n’allais pas de moi-même. En particulier la musique : il y en a encore pas mal dans les liens proposés qui ne me plaisent pas, mais j’en suis curieuse du fait de la confiance dans les gens qui mettent les liens,et l’intérêt arrive, et le plaisir parfois.
            Evidences, et ça fait scolaire,tant pis pour moi .Ca n’enlève pas la justesse de ta proposition à Hélène. Mais considérant les multiples routes de mon chemin, j’avais envie de le dire.
            Aujourd’hui,gris, pas froid. De ma fenêtre, du vert, du marron, et un gros bouquet d’arbre jaune : un saule peut-être.

        • @François Bégaudeau: on retrouve l’idée de décrochement que tu proposais pour la pensée,non?

          • Plus ca va et plus il m’apparait que la pensée et l’art ont beaucoup à voir.
            Deleuze a dit de très belles choses là-dessus : la pensée, c’est de la création. Et elle fonctionne tout aussi intuitivement, et par alternance de ruminations longues et de fulgurances, comme un processus créatif. Une oeuvre éclaire un phénomène donné sous un jour différent, du moins singulier. La pensée aussi.
            La pensée et l’art ne pétrissent pas la même pate, mais elles ouvrent des processus pour une part très analogues.
            Il n’y a qu’à lire une page de Foucault, par exemple : on y voit une écriture agencer des mots comme un peintre agence des couleurs et des traits.
            Encore faurait-il bien s’entendre sur ce qu’on appelle penser. ET là-dessus je renvoie à la radicale distinction que j’ai déjà pointé entre l’intellectuel et le penseur.

          • Bonjour Patricia,
            Je ne sais pas exactement ce qui te gêne, peux-tu préciser?
            Pour te répondre déjà et quand même, je dirais que lorsqu’on fait de l’analyse littéraire ou filmique (par exemples), le risque est grand de s’égarer dans l’abstraction.
            Un moyen d’éviter cet écueil est de coller à ses ressentis, à ses affects, à ses goûts.
            Je conçois qu’un goût soit arbitraire et une analyse censée ne l’être pas. Je le conçois et continue de penser qu’il faille se situer sur cette lisière.
            Une anecdote pour illustrer ça:
            Je me souviens avoir lu il y a longtemps une critique d’Alien (de Ridley Scott) où l’on nous expliquait que ce film prônait le rejet de l’autre. Ben oui puisque la bête s’appelle Alien – autre – et qu’elle est haïssable. Sauf que non. Moi qui ai vu Alien environ 52 fois et qui:
            l’aime
            (je sais que le dire semble inutile et vain)
            je crois pouvoir témoigner du fait qu’il ne prône rien même pas l’émancipation dont il s’astreint bien consciencieusement (c’est ça que j’aime) à faire le récit.
            A lire cet article, il m’avait semblé que ce qui manquait à son auteur, c’était une affection, de l’affection. Pour le film. Et a contrario il m’avait semblé que mon affection – pour ce film – me dessillait le regard, ouvrait la voie de l’analyse filmique, rendait possible (tout à fait possible) la rédaction de mon DEA de cinéma.
            En te souhaitant une bonne journée

          • avec ton DEA de cinéma, Jeanne, tu pourrais candidater au collectif Othon. si ça t’intéresse, un petit conseil : bosse sur les acronymes
            j’ai trouvé très intéressant que tu parles de ton analyse d’un film qui va à l’encontre de l’analyse défendue dans un article.
            je trouve bien que tu ne te ranges pas forcément à une analyse et que tu défendes tes idées, comment tu as perçu le film.
            je pense que comme tu es (ou étais) dans des études de cinéma, tu satures sous le poids des analyses et ton effort consiste alors à te dégager un peu beaucoup de ce corpus pour interroger ta propre perception, pour dégager si possible quelque chose de personnel.
            moi, je n’ai que mon ressenti et c’est assez peu quand même. alors ça peut m’intéresser de lire un peu la presse culturelle (en salle d’attente, en bibliothèque) ou d’emprunter des livres sur l’art une ou deux fois par an. j’y trouve des choses intéressantes que je n’aurais jamais trouvé par moi-même. mon approche rejoint un peu celle de Patricia

      • @Jeanne: Et ça alors, est-ce que c’est de l’art ? https://www.youtube.com/watch?v=zY7UK-6aaNA

        • @Jérémy: le silence, la toile blanche du peintre,pourquoi pas?
          Il y a quelques décennies, une troupe , le Living Theater,venait sur scène et ne faisait rien. le spectacle était rapidement dans la salle. C’était du théâtre.

          • @patricia: Dans deux cas, Living Theater et Cage, on peut parler d’une interrogation sur la notion même d’auteur, puisque l’organisation suppose une co-participation des spectateurs. En même temps, Cage, par exemple, est l’auteur : c’est lui qui organise les conditions de cette performance. Mais tous ceux qui sont dans la salle sont aussi les auteurs de 4’33. Même une souris qui passerait et gratterait le pupitre du chef d’orchestre.

          • le silence, là où on attend de la musique, ça met du désordre dans l’ordre. c’est de l’art donc.

          • Ca c’est de l’art, aussi : https://www.youtube.com/watch?v=-UzRsvCsC4c.

          • Ce que j’adore dans cette action, outre l’action elle-même, c’est la réaction de Pelé. Il marche, tranquille. Il a raté le but. Pas grave, pas de torsion psychodramatique du corps.

          • @<Jérémy : soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien. C’est peut-être juste du jeu ? Dans le sens : le foot c’est juste un jeu. Pelé, c’était quand déjà ?

          • @Acratie: Le football, c’est juste un jeu, oui. Et Pelé est très joueur. Oui, et en même temps l’attitude de ce footballeur après sa géniale inspiration fait pour moi partie de l’action. Ca forme un tout. Pourquoi ? Parce que pour moi si Pelé s’était pris la tête à deux mains : d’une part, il aurait été comme 95% des joueurs dans ce cas (Platoche y compris dans plein de situations), d’autre part, il aurait accordé plus d’importance que ça au but manqué. Alors que oui, au départ c’est un jeu. Et en regagnant tranquillement le milieu de terrain, Pelé le signifie. Franchement, s’il s’était agenouillé de désespoir, ça aurait cassé 50% de mon plaisir.

            Sinon, c’est la Coupe du Monde 70.

          • Bon, sur une autre vidéo (autre plan), il esquisse quand même un geste. Mais il va pas jusqu’au bout. Me voilà rassuré.

          • Et pour terminer là-dessus, miracle de la technologie et fantasme du publicitaire brésilien : https://www.youtube.com/watch?v=FQx2TAEw0pw.

        • Jérémy je ne sais pas. Qu’en dis-tu toi-même ?

          • @Jeanne: Oui, c’est de l’art.

        • Salut Hélène,
          Je ne dirais pas tout à fait que pendant mes études (finies il y a bien longtemps) je saturais sous le poids des analyses, puisque les analyses (en tous genres) j’adore ça. Je dirais plutôt que pour moi l’analyse, l’acte cérébral consistant à analyser quelque chose, ne fait pas nécessairement de nous des êtres abstraits.
          Parfois j’ai l’impression que dans les milieux cinéphiles, tels que j’ai pu les fréquenter un peu dans des festivals de ciné par exemple, beaucoup de gens sont pris dans une espèce de balancement entre l’amour de l’abstraction et la haine de cette même chose (l’abstraction). Alors à un instant T ils prononcent des paroles absolument désincarnées, possiblement contradictoires avec tout ce qu’ils ressentent (je me suis beaucoup ennuyé pendant ce film, tellement ennuyé que j’y étais pas, mais sur les toits je hurle que c’est génial), et l’instant d’après, pour s’amender en quelque sorte, pour essayer de réduire le paradoxe, ils ne jurent que par le ressenti, le « pas cérébral », le « ca sert à rien de comprendre faut pas chercher à comprendre faut sentir c’est tout ».
          Je ne suis pas d’accord, absolument pas d’accord avec le « faut sentir c’est tout ». Parce que pour moi cela ne veut rien dire, cela n’existe pas.
          Encore une fois il me semble que les fonctions analytiques de notre cerveau n’ont pas vocation à être coupées des fonctions sensorielles (et relatives à la sensibilité d’une manière plus générale). Tout cela soit fonctionne ensemble soit ne fonctionne pas du tout. Vouloir les séparer c’est comme vouloir exploser un atome: poser d’un côté le noyau, de l’autre les électrons. Ca détruit, ça détruit quelque chose de la vie.
          Sentir et comprendre. (Ou essayer). Comprendre et sentir. Voilà qui me va bien.

          • D’ailleurs un jour je rédigerai sur quelque texte de Bégaudeau une analyse (figure-toi) y montrant une imbrication entre la dimension réflexive et la dimension émotionnelle. Quelqu’un parle, avec un vocabulaire vaste et sophistiqué, un ton universitaire et sentencieux, et puis soudain quelque chose vient le bousculer qui le ramène à ce qu’il sent. La tristesse, la joie, ou autre chose. Et on aime parce que cela nous ramène nous-même, lecteur, à la vie, au vivant (tel que je tentais de l’approcher un tout petit peu dans le post précédent).
            Du reste Bégaudeau n’est pas le seul à faire cela. Je pourrais citer Salvayre ou d’autres.

          • je reformule pour ne pas m’égarer
            tu aimes analyser un film
            tu as observé des gens dans des festivals de ciné qui se lançaient à corps perdu dans une analyse très abstraite des films pour ensuite ne jurer que par un rapport exclusivement sensible au film
            je comprends que l’idéal est de réunir les deux approches
            sur le principe, je suis d’accord. sur la mise en application je suis dans le flou.
            Par exemple, quel commentaire ferais-tu de « teaser » (dont il a déjà beaucoup été question ici) ? ça pourrait donner quoi une approche à la fois analytique et sensible de cette petite vidéo ?
            merci d’avance
            (ça m’intéresse beaucoup, j’ai le souci d’essayer de me renouveler dans ma façon d’aborder des vidéos)

          • une analyse d’un texte de François, oui je me figure
            je ne sais pas s’il appréciera que tu lui prêtes des phrases « sentencieuses ».
            mais je vois de quelles phrases tu peux parler. ce sont je pense des phrases par lesquelles il élucide certaines choses, s’efforce de mettre de l’ordre dans le désordre. il a dû souvent le faire avec moi, des mots à repréciser souvent, qui envoyaient sinon sur de fausses vérités.
            ces phrases sentencieuses peuvent par cliché faire croire à une attitude un brin intellectuelle mais c’est un autre débat (le conflit entre l’image et la réalité, à la base je pense de pas mal d’incompréhensions)
            « puis soudain quelque chose vient le bousculer qui le ramène à ce qu’il sent.  »
            je vois un peu ce que tu veux dire pour avoir lu des articles de François dans « transfuge » par exemple : la trame est analytique puis une fois ou deux dans le texte s’ouvre une sorte de brèche, le décalage s’opère toujours par un changement de registre, un virage court vers de l’ordinaire ou du trivial, mais à mon avis absolument orchestré, une marque de fabrique, qui quand on l’a repérée et qu’on s’y est habitué surprend moins, produit moins d’effet.
            mais on ne pense peut-être pas aux mêmes textes car tu parles d’émotions qui surgissent dans un discours bien cadré, et ça ne me dit rien par rapport aux textes de critique littéraire
            ce serait intéressant d’échanger sur des textes précis
            surtout la priorité c’est que François dise ce qu’il pense de ton analyse

    • @Helene: Pour l’instant, ça ne m’inspire qu’une réponse : bon anniversaire !

      • @Helene: c’est ton jour? pour toi alors
        https://www.youtube.com/watch?v=qyqaEKzt8M4

        au départ ça blablate 5 bonne minutes et après ils te musicalisent :- )

      • @Hélène:
        Nous parlons bien de la même chose toi et moi. (Et je reprendrai ce flambeau)
        Pour ce qui est des phrases sentencieuses, je ne les prête pas à François mais aux narrateurs de ses romans.
        « Jouer juste, dit-il, jouer juste doit seul vous importer ».
        Du reste sentencieux n’est pas péjoratif, au contraire ici c’est drôle.

        • Je suis d’accord, il est sentencieux
          Cet entraineur avait cette folie de s’ériger en Christ parlant aux marchands du temps. C’était le programme. Une sorte de baroud d’honneur de la rhétorique -et un plan pour en sortir.

      • Bonsoir Hélène
        Peut-être que je ne ferai pas l’analyse de Teaser car Jérémy l’a faite très bien.
        En tous cas, ce que je voulais dire au sujet de cette discipline – l’analyse filmique – c’est qu’elle consiste à observer ce qu’il y a sur l’écran mais aussi ce qu’il y a en nous (spectateur). Elle suppose d’aller de l’un à l’autre et de l’autre à l’un.
        Et non à dire « voilà un plan magnifique tourné par un grand cinéaste ». Comme dirait par exemple Michel Ciment. Qui aime bien parfois garder à distance le cinéma. A grands renforts d’adjectifs comme « grand ». Et en oubliant que le cinéma n’est pas plus grand que nous nom de dieu (des fois j’ai une petite dent contre Michel Ciment faut pas y voir malice).
        bonne soirée

        • Ce qui se joue entre la matière et soi.
          Qu’est-ce qui dans la matière du film a fait que j’ai ressenti cela.
          Je m’ennuie dans la dernière heure, pourquoi? Qu’est ce qui se passe objectivement dans cette dernière heure qui fait que je m’ennuie, alors que pendant la première non.
          Par exemple.

          • merci Francois c’est ça

    • tu sais ça fait 2000 ans que quiconque essaie de définir l’art se casse la gueule
      on ne peut qu’avancer quelques intuitions. par exemple le chaud et froid (voir un transfuge récent), ou la sensation objectivée
      mais mieux vaut se demander, pour chaque oeuvre, ce qu’elle produit comme affects spécifiques

    • @Helene: Désolé de botter en touche mais je ne suis pas sûr qu’une définition de l’art ne soit ni possible ni utile. Ce mot regroupe des pratiques tellement diverses qu’y chercher un dénominateur commun conduit à proférer des banalités ou des niaiseries qui n’auraient qui appauvriraient considérablement les oeuvres qui s’en réclament (de l’art). Chercher une définition n’a selon moi pas vraiment de sens, si ce n’est pour classifier (ou répondre à une question d’enfant effectivement) des produits. Mais si on y tient, on peut toujours se référer à une définition positive, institutionnelle de l’art donnée par les diverses académies.

      • On est bien d’accord, mais disons que cette quete vaine et sans fin peut occasionner de belles rencontres conceptuelles en chemin.

    • @Helene: oeuvre d’art = résultat d’un processus de maturation d’un individu (un truc dans le genre) Et pour en rajouter j’ai du mal à distinguer artiste / artisan

      • autre question : a quel moment l’artiste arrête son oeuvre

        • @belette: il y a aussi des oeuvres d’art « par accident » On part pour faire un truc et puis autre chose aparait Et puis c’est bien comme ça On peut aussi décliner son oeuvre, faire des variations autour

          • vibration pourrait être pour moi un mot clé en art (création de vibrations par les couleurs, les sons, les mots)

          • quelque chose d’organique Bon bref j’ai la salle de bain à nettoyer ça tombe bien

          • j’en ai fini avec la salle de bain
            Là j’en suis à Art = captation à un moment T de la pensée par la matière

      • @belette: idem,
        bonjour,
        le coup de l’artiste/artisan je l’ai souvent abordé, questionné, racolé ici même moi aussi
        et m’étais risquée sur un artistan pas drôle et relou

        – ce serait côté réception l’infime différence entre ses deux désignations?
        du côté de l’exploitation de ce qui est produit aussi?

        mais des expos et mises en scène de productions du quotidien par exemple / artisan plombier ou de la céramique au hasard :- ) /
        c’est pas si nouveau qu’on les expose

        après, ça fait toujours débat

        / dernier en date dans mon petit périmètre: le cône/sapin/gode dans le cul du chien de magloire place Vendôme /

        alors qu’un méga-truc vert de cette sorte, ça peut être très utile pour nettoyer la salle de bains ^^ entre autres

        – et puis on remettrait on débat l’aspect inutile de l’art?
        allez, on disait qu’on le remettait au débat,

        • @shash: c’est complètement inutile mais on en a besoin

        • @shash: je reviens sur ce que j’ai dit Dans les faits, la pratique de l’art m’est maintenant quotidiennement utile voire indispensable Elle neutralise, canalise mon hyperactivité cérébrale

    • @Helene: and happy birthday Hélène http://youtu.be/_TrrAikxy-M

    • @Helene: Bon anniversaire, belle Hélène !
      Est ce que tu aimes qu’on te fête ton anniversaire? Faire une fête? recevoir des cartes et des cadeaux? Est ce que tu vois tes nouveaux 43 ans avec inquiétude? fatalisme ? optimisme? indifférence?
      En tout cas je trouve qu’ils ont plutôt de la chance ces enfants qui n’ont pas une mère qui leur dise ce que c’est que l’art, penser, la démocratie,la justice,la littérature etc…,parce qu’elle-même ne le sait pas mais cherche.

    • @Helene:
      un peu gros le 43 ans demain glissé l’air de rien
      en fait ta question sur l’art est juste un prétexte pour attirer les sitistes comme les abeilles sur le miel
      on t’a démasquée Hélène
      allez https://www.youtube.com/watch?v=LynSme_TDGU Hélène

      • @yeux bleus: elle fait peut-être partie des nostalgiques de la question choisie parmi les propales des sitistes et déroulée ensuite avec les sitistes dans le dis moi au début de l’existence de ce site?

        • @shash: c’était quoi?

          • @patricia: viens, je t’emmène dans un lieu sacré, tu as confiance en moi?

        • @shash: je ne connaissais pas encore begaudeau.info en ces temps reculés
          la question collective et la blog-phrase font partie de l’histoire mythique de ce site

      • j’aime bien les posts qui me chahutent un peu
        en plus tu as bien senti qu’il y avait quelque chose de pas casher du côté de l’anniversaire. mais pas comme tu le dis : l’info sur l’anniversaire n’est pas le message principal du post, juste une info passée en douce, surtout une info sur laquelle je m’appuie pour essayer d’amener un maximum de sitistes à se mobiliser. « honte » et « enfants » mobilisent sur l’affectif. « art » et « pour vous » veulent faire bouger aussi mais invitent plutôt les gens qui aiment penser.
        mais ça, c’est après que je m’en suis rendu compte. sur le moment, j’ai écrit avec sincérité. mon intention était de relancer une discussion que j’avais un peu plus bas avec François et qui était en voie de devenir assez difficile (tu sais, quand on se dit que l’autre n’a pas du tout compris ce que tu voulais dire et que ça va être trop long et fastidieux de reprendre), alors comme je voulais continuer cette discussion, j’ai reposé simplement le thème et l’ai ouvert aux sitistes. les mots du post dont j’ai parlé avant, c’était juste pour mettre un maximum de chances de mon côté afin d’avoir des retours et des propositions. je tablais sur deux ou trois retours maxi, j’ai été vraiment surprise. il existe bien un noyau dur de sitistes, mobilisable assez rapidement. il existe bien un groupe sur ce site, assez fantôme dans la mesure où la présence et dématérialisée mais qui peut apparaître dans sa totalité à des moments d’appel.
        shash, je ne suis pas nostalgique des questions posées par François dans le dis-moi. toutefois si un sujet était de nouveau lancé, ça pourrait être intéressant, d’autant plus qu’il y a de nouveaux sitistes, ce qui renouvelle potentiellement les façons de penser. ma question sur l’art n’était pas un sujet comme ceux déjà proposés il y a longtemps. je n’ai pas lancé le sujet dans le but de faire s’exprimer et débattre les sitistes sur ce thème mais pour savoir ce que pensent les autres de leur côté et me servir de leurs réponses pour mon usage personnel.

        • @Helene: C’était pour te charrier gentiment, hein, pas pour te chahuter 😉
          Et éviter de répondre à ta question sur laquelle je sèche lamentablement.
          Wikipedia ne m’aide pas beaucoup. Ce serait une création humaine, dommage, je trouve que de magnifiques paysages par exemple mériteraient le nom d’art, produit par la nature.
          Sur l’idée du beau, dans l’excellent documentaire « comment j’ai détesté les maths » un prof de maths et des chercheurs évoquent la « beauté » d’une démonstration; un autre scientifique est ému aux larmes de présenter une sculpture (très moche) qui illustre concrètement une notion mathématique, le réalisateur continuant à filmer juste par politesse. Je suis sûre que pour ces mathématiciens l’idée de l’art n’est pas loin.

          Le nom moins excellent Cédric Villani (médaille fields 2010) évoque le sujet ici
          https://www.youtube.com/watch?v=I1hN3ihK5lw
          ou là
          http://www.franceculture.fr/emission-un-autre-jour-est-possible-les-maths-sont-un-art-comme-les-autres-15-avec-cedric-villani-ol

          bande annonce du film
          http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19538983&cfilm=204518.html

          • @yeux bleus:
            Le nom moins excellent -> Le non moins excellent

          • merci yeux bleus
            la contribution la plus tardive, la plus inattendue, un questionnement neuf (ou moins rebattu)
            les mathématiciens sont-ils des artistes ?
            l’homme aux cheveux longs répond positivement à la question mais je ne connais pas les théorèmes qu’il cite pour dire que les maths n’ont pas toujours vocation à être utiles (comme l’art qui n’a pas vocation à être utile).
            je poserai la question à mon mari. il a toujours une réponse
            en tout cas on dirait que le statut d' »art » est bien attractif pour nos contemporains.
            bonnes fêtes de fin d’année si on n’échange plus d’ici là 🙂

    • @l’art: est-ce qu’il n’y a pas aussi un truc avec le réel? je ne sais plus lors de laquelle de mes nombreuses écoutes ici – une intervention de François Bégaudeau en tout cas – il précisait que la fiction avait toujours un retard sur le réel je crois,

      – et l’art alors? rapport au réel? il est où le gus?
      en avance? en retard?

      je me demande s’il est pas pile au poil dans la dynamique du réel,
      calé dans son flux, sa marche,

      / je me relis, c’est pas précis, ça court le risque de s’entendre accueilli dans un « je comprends rien » postulatoire et rarement léger mais /

      après, quand tu amènes ça à ton enfant, il est plutôt mort de rire
      c’est pas rien,

      • effctivement je ne comprends pas quelle piste tu lances ici

      • @shash: Je crois que le retard par rapport au réel fait partie de la dynamique, du mouvement, tel qu’il est tension entre l’ordre et le désordre.
        Dans un post récent il est question de l’idée que l’art organise une dialectique dynamique entre ordre et désordre. Pour moi l’art se situe là, dans ce mouvement entre l’ordre et désordre. Dialectique dynamique, oui, entre linéarité et rupture, la création et l’attente se répondant. Pour s’en convaincre, on peut aller à Beaubourg faire connaissance avec Marcel Duchamp. Ton post shash me fait penser à lui. Duchamp est mal connu car il a abandonné ce qu’il nommait « l’art rétinien », celui qu’on apprécie avec le regard, il a abandonné la notion du beau/pas beau, le goût. Il a inventé le « readymade » : l’objet du quotidien regardé comme une oeuvre d’art parce qu’elle est exposée, parce qu’elle a un titre, parce qu’un article est publié à son sujet – il a aussi inventé ces critères pour définir son geste. C’est simple, chacun a fait l’expérience de regarder un objet du quotidien pour sa forme et non pour son esthétique ou sa fonction, mais Duchamp sème le désordre en proposant cette expérience au musée, il redéfinit ainsi ce que peut être le regard porté sur une oeuvre. C’était il y a presque 100 ans.

        Mais sa vie et son oeuvre sont si riches qu’il est impossible de les réduire à cette seule proposition artistique. L’influence de la production industrielle, la découverte des images en mouvement, de la vitesse sont présentes techniquement dans son oeuvre, la récupération aussi, que son esprit pratique et ingénieux intègre naturellement dans ses productions. Et aussi ses passions : le jeu d’échecs, l’érotisme qui irrigue toute son oeuvre (Manet et Cranach l’inspirent), et les ruptures : il devient documentaliste pendant plusieurs années, ou il se travestit en femme et signe d’un pseudo féminin. Des pas de côté qui l’éloignent des cadres institués.

        • @Acratie: merci d’avoir lu l’indice ^^
          même si le décoder n’est pas tout à fait indispensable à la réception de mon post

          https://www.youtube.com/watch?v=PtLPKvK4jv8

          bise,

        • @Acratie: merci pour cette présentation ! Récemment j’ai entendu à la radio quelqu’un dire que pour lui Duchamp était plus important que Picasso : cela m’avait étonnée : ce que tu écris confirme son importance.

          • @patricia: mais pourquoi y en a toujours pour comparer l’importance des brocolis à celle des armoires normandes ?

          • @patricia: @Acratie : tu as raison. ça fait bien sans doute dans une interview.
            C’est l’importance donnée à Duchamp qui m’avait étonnée.

    • merci beaucoup les sitistes pour vos messages personnels qui m’ont donné des petits coups de poing dans le ventre
      merci aussi les sitistes et François d’avoir répondu à la question « qu’est-ce que l’art ? »
      je vais certainement ne pas reprendre complètement ou fidèlement vos propositions (je me connais), mais vous êtes cool.
      je retiens que l’art c’est surtout de la création, qui introduit de l’ordre là où il y a de la confusion et du désordre là où les choses sont ordonnées par convention, qui introduit un décalage par rapport au réel, c’est de la matière qui a capté la pensée. c’est aussi une question vaine mais un bon sujet à débat, sur les concepts, et une question qu’on me propose d’approcher de façon individuelle et personnelle.
      merci, c’est beaucoup
      des questionnements, des doutes subsistent :
      l’histoire de la matière : l’art est matière si je comprends. je crois que c’est belette qui pose ça. moi, je verrais bien la littérature et le cinéma comme des domaines d’art mais j’ai un problème avec la matière : où est la matière ? les pages (en papier ou en écran) et la pellicule ou l’écran ciné ? pour le cinéma, on pourrait dire que les images projetées sur un écran font matière mais pour un livre où se trouve cette matière ? dans les mots ? mais les mots ne sont que des signes qui véhiculent des images, lesquelles sont créées par notre cerveau . les images formées par notre cerveau sont-elles de la matière ? si oui, alors tout est matière. et pourquoi alors parler de matière pour définir l’art ? on pourrait s’en passer
      autre chose : le fait d’abandonner la recherche d’une définition générale de l’art oui, pour aller vers une définition personnelle de l’art en se confrontant à des oeuvres : oui mais non.
      d’abord : dans cette démarche, comment on choisit l’oeuvre à laquelle on va se confronter ? pour la choisir on va déjà appliquer des critères définissant l’art. le plus simple étant d’aller vers des oeuvres déjà définies par d’autres comme étant de l’art. par exemple une oeuvre de quelqu’un reconnu comme un artiste ou une oeuvre exposée dans un lieu reconnu comme exposant des oeuvres d’art (salon, expo, galerie) ou encore une oeuvre s’inscrivant dans des domaines prédéterminés comme étant de l’art (peinture, sculpture, musique, danse etc). ça peut interroger sur la dimension personnelle de la démarche.
      ensuite : dans ce cadre, je choisis une oeuvre. mettons qu’un jour je me retrouve à l’occasion d’une journée portes ouvertes à jouer avec mon groupe successivement dans quatre ateliers situés dans une résidence d’artistes. en jouant j’ai l’occasion d’observer les oeuvres créées et exposées. il y a des ateliers que j’aime mieux que d’autres et à l’intérieur de ces ateliers des oeuvres que j’aime mieux que d’autres. l’accueil par l’artiste compte aussi pas mal par rapport au regard, à l’attention que je porte à ses oeuvres. bref, j’aime ou beaucoup, j’aime pas ou pas trop. est-ce que ça (mon affinité personnelle avec une oeuvre) va déterminer que c’est de l’art ? ce que me fait une oeuvre va-t-elle déterminer si c’est de l’art ou non ? si oui, la définition de l’art devient, individualisée, assez subjective et relative et que vaut une appréciation individuelle isolée ?
      juger du caractère artistique d’une oeuvre par ses seuls sens n’est peut-être pas suffisant. il faudrait peut-être quand même pour juger du caractère artistique d’une oeuvre ajouter au ressenti par rapport à une oeuvre une nécessaire réflexion à partir des critères de définition de l’art, comme ceux proposés ici (« création », « pensée », « rapport au réel » – « réel augmenté » : « réel augmenté » : critère de l’art qui m’est resté de que disait de l’art un plasticien qui vit dans le sud de la France mais critère pas trop opérant à lui seul), que les deux approches se soutiennent.
      d’autant plus qu’il me semble qu’il me semble que l’art contemporain (attention je marche sur des oeufs, merci aux initiés, calés en histoire de l’art d’être indulgents sur ce qui suit) ne s’identifie plus forcément avec le beau, peut être beau, mais ce qui donne à l’oeuvre son caractère d’art est ailleurs, dans une pensée développée en amont de l’oeuvre. Ce que dit Aratie à propos de Duchamp me fait penser ça.

      • je reviens sur mon problème du lien de l’art avec la matière
        je crois me souvenir qu’un sitiste (peut-être shash) a parlé de « vibrations ». petit mot, gros effets.
        la matière pourrait se résumer dans sa forme la plus invisible à des vibrations : vibrations des couleurs d’un tableau, des formes d’une sculpture, des ondes musicales, vibrations d’un phrasé chanté ou d’une phrase écrite dans une page de roman ou de toutes les phrases d’un roman. elle est là la matière que je cherchais tout à l’heure dans la littérature.
        ainsi je dirais volontiers que les livres d’Antoine Choplin, écrivain français qui vit du côté de Grenoble et aime faire des randonnées en montagne, sont des oeuvres d’art. je terminerai aujourd’hui son court roman, « le héron de Guernica ». dans ce roman il envoie par son écriture, l’écriture de ses personnages et de son histoire, des vibrations de finesse, de retenue, de dosage, de discrétion, de subtilité. je peux parler du livre demain, dire en quoi il est formidable, comme l’était également « cour nord », le premier livre que j’ai lu de lui.

        • @Helene: non non, les vibrations c’est si peu mon truc,
          shash a juste était un tremplinounet pour le brillant post d’Acratie sur Duchamp ^^

          et ça m’a momentanément évité de tomber dans l’urinoir et d’appuyer sur le bouton chasse

          • oui toi c’est plutôt les vibes 🙂

        • et ces vibrations de la matière déterminent directement notre impression de beau ou d’oeuvre qui nous plait, qui nous fait déclarer, come moi avec les romans de Choplin : « ça, c’est de l’art, c’est sûr »
          mais ces vibrations qui nous impactent nous échappent.
          la notion d’art doit-elle être « sous contrôle » : consciente, pensée, alimentée d’histoire de l’art, conceptualisée ?
          ou bien pourrait-on se contenter de cette qualification empiriste de l’art ?

          • pardon si je vous ai donné la migraine

          • @Helene: tes posts ont chamboulé mes esquisses au sujet de l’art Encore une fois, le mieux est de partir de soi Je parlerais plutôt d’acte de création qui consisterait à rendre extérieur, à rendre concret un truc intérieur, intime ; ça peut être une idée, un désir, un plaisir ; ça peut être dans mon cas une approche de mise en ordre de mon désordre intérieur, de canalisation de mon énergie, un fil conducteur auquel je peux m’accrocher Quand je viens de créer un truc, ça me rassure, me rend d’humeur joyeuse, donne un début et une fin (des limites) à un tourbillon de pensées qui n’en a pas.
            La notion d’art n’intervient pas à ce moment de la création Je m’arrête là (à suivre…)

          • taper sa femme par jalousie revient aussi à « rendre extérieur un truc intérieur, intime »
            D’ou il apparait que taper sa femme est de l’art

          • – de l’art brut.
            blague à part j’en sais rien

          • je vois surtout que taper sa femme par jalousie peut attirer des ennuis

          • at François : j’ai un souci avec ce que tu viens de dire qui fait résonner en moi les mots éthique, morale Et j’ai pas envie d’y mêler les actes de création par lesquels je veux qu’on puisse tout dire, tout faire
            Il me faut alors un autre outil que la matière, peut-être le jeu, le faire-semblant de (et pourtant quand je dessine je ne fais pas semblant)

      • me viennent les mots représentation, reproduction, et puis là j’en suis à création = organisation d’une déconstruction
        Help ! (je m’arrête là pour aujourd’hui)

  4. les échanges au bas de cette page m’ont boomerangué celle-ci
    http://begaudeau.info/2013/06/15/printemps-libertaire-addendum/comment-page-1/#comments
    – dans un ping pong avec François, et à propos d’une conf à massy avec extrait de son jouer juste il me répondait et développait ceci:
    …/ Désolé de t’avoir déçue sur ce coup là. Disons que j’ai du rire pour contrebalancer ce qui, oralisé et extrait de la continuité textuelle, apparaissait comme brutalement dogmatique. Mais je te rassure : ce narrateur je le trouve pertinent, et ces passages programmatiques de Jouer juste sont un peu sérieux. C’est pour rire mais pas. C’est l’écriture hypothétique dont parle bien Thierry : on y croit à moitié, on tente le coup pour voir (ce qui définirait le mode d’énonciation littéraire). Au bout du compte, doit demeurer un grain de drolerie, sans quoi ça ne serait qu’un manifeste. Le mode d’emploi de Stéphanie est de cet acabit : à la fois fantaisiste et sérieux. Et son PS va dans ce sens : sitot la règle posée on a envie de la bazarder. Mais elle est posée. Mais elle n’est pas complètement gommée. Au lecteur de voir ce qu’il peut en garder pour sa gouverne./…

    François Bégaudeau quoi,

    • quelle archiviste hors pair
      où l’on voit qu’au moins j’ai un peu de constance -ou des fixettes, au choix

      • @François Bégaudeau: sauf qu’en plus de toujours pas tant assurer que ça côté basse,
        je n’ai pas (re)trouvé le costa en entier: ce sont d’autres chouettes temps que tu as postés et on peut les trouver sur ton
        http://begaudeau.info/2013/05/09/pour-un-printemps-libertaire/comment-page-1/#comments
        J’ai pu de nouveau m’arrêter avec eux chez costa ici:
        https://www.youtube.com/watch?v=2gWjcERhQLI
        et maintenant, je vais rejoindre les communards et guillemin avec son stylo et sa belle lampe à pied-ananas,

        • un instant
          sur cette page colonne de droite je lis :
          « S’il s’avérait qu’un matin – ou un soir pourquoi pas mais l’après-midi on peut pas, on a belote – vous constatiez « bah mince j’ai tout lu, la moindre ligne de texte présente sur ce site », écrivez-vite à François pour recevoir votre diplôme de meilleur fan de Bégaudeau accompagné, c’est cadeau, d’un disque (du seul ?) de Ginie Line. Ou du disque de Frédéric Lerner si vous préférez. Après tout hein ? »
          shash elle s’en fout du diplôme, par contre elle veut bien un disque mais pas ceux-là

          • @Helene: dans le radioscopie de michel Foucault, au début, chancel l’interroge sur ses diplômes, ce qui devient vite via michel le poids des diplômes puisqu’il dit qu’il en a pas mal
            il y fait le distingo entre ceux obtenus en travaillant, en bachotant en les méritant et ceux raflés malgré soi en apprenant avec plaisir: reste à savoir comment s’obtient celui de fan

            /j’aime ta réception sur la mobilisation des sitistes, captés volontaires, c’est que l’art et sa déf. sur ce site, on a plutôt déjà pas mal crâné autour en faisant crisser les roues sur le gravier tu sais ^^

            – si tu viens prochainement à paris, tu te ferais l’expo Duchamp?

          • un diplôme en carton, ça vaut bonbon.ce diplôme tu pourrais toujours le mettre sur ton frigo. ça te ferait une occasion de sourire de la bonne blague du diplôme pour de faux à chaque fois que tu ouvres pour prendre un yaourt
            j’écris au conditionnel, c’est pas moi qui décide. moi je fais que proposer

          • @Helene: plôme!

            comment t’as d’viné que faut à tout prix que j’me r’mette au yaourt nature?
            https://www.youtube.com/watch?v=BsibwbSD_0k

          • mon fils me demande si c’est moi qui fait tout ce bruit. Dany Boon et moi (la marrade). ça me rappelle (surtout le début du sketch) quand j’ai perdu mes cochons d’Inde. il est très fort Danny (j’aime bien vers la fin : « c’est quel sketch déjà ? »). à vue de nez je dirais qu’on retrouve peut-être du Muriel Robin chez lui comme on retrouve peut-être du Dany Boon chez Florence Foresti ? des airs de famille

  5. et puis il y a le lien que François Bégaudeau a posé pour le nom othon: trop énorme la déambulation réflexive de jean marie straub,
    dans les questions qu’on lui pose, ses réceptions spontanées sont justes, polies car il tient compte des questions quitte à dire que l’émetteur ne l’a pas assez bien formulée ou que cest plutôt à lui de développer car pour le reste, le film est là, il montre, dit, existe

    et l’explication pratique sur le rôle qu’il tient dans le film? et sa précaution au générique pour s’éviter l’irritation de comm/connerie?

    / on dirait que c’est filmé au forum des images (75001 paris) tiens,
    – encore un lieu où il faudrait que je revienne /

    et ce on f’rait mieux d’aller prendre l’air non?

    Jean Marie Straub, tu me fais pleurer,

    merci François Bégaudeau.

    • je ne sais pas si j’ai déjà renvoyé à ce film de Costa dont voici le début :
      https://www.youtube.com/watch?v=VvFsTjOnrhc
      il me semble qu’il est disponible en entier quelque part

      • @François Bégaudeau: oui, oui, un jour où je lisais un autre jmc – not the big not the real ou not the one je sais pu –
        tu avais après 2-3 posts fini par poster l’intégrale je crois même,
        il n’empêche que ça fait toujours plaise,

        et je repense à l’interview de jean christophe meurisse, un moment sur la forme justement, faut que j’écoute mieux,

        – et ces bruits de pellicule, de tiroirs, le tu t’calmes maint’nant, les coups de canne dans les marches de la salle ciné sur le lien othon,

        aaah François Bégaudeau,

    • @shash: de cette video avec Straub j’ai noté :
      « …Par hasard .Dans la vie on choisit rien.
      J’étais avec Danièle à Rome sur cette terrasse où on a tourné les 3 premiers actes de la pièce.Et j’ai pensé à un sujet de film : la disparition, la chute de l’Empire Romain…
      C’est à partir de cet espace et de ces lieux …Othon a fait irruption sur cette terrasse.
      On cherche des acteurs mais en réalité on les trouve…
      (au public) :vous cachez ce que vous voulez dire par des questions,et vos questions n’expliquent pas ce que vous voulez dire.
      C’est ce que vous dites qui apporte quelque chose à ce que je raconte…ce que vous avez trouvé…. »

  6. @Helene: vu que sur la page lucie la nuit dans la mer de Gwenaël, tu as bénéficié d’un begaudeau-parcours coaching/punk individuel: tu sais vraiment trop y faire toi hein,

    – je me suis permise de m’y promener, tranquille, avec mes timberland crottées:
    il en passe du temps François Bégaudeau à t’expliquer des trucs quand même Helene, c’est noël tous les jours pour toi sur ce site, j’espère que tu es bien consciente de la chance que tu as.

    bon temps à toi pour clôturer le plus gaiement possible l’année que l’on a tous démarré joyeusement ici et ensemble :- )

    • @shash: Alors cette soirée au ciné 104, shash,tu racontes?

      • @patricia: encore eût-il fallut que j’en fusse :- /
        malheureusement il n’en fut rien

        somebody else please?

        • Moi, par exemple.
          On a réussi à faire tout ce qu’on avait prévu. Reste à monter.

          • @François Bégaudeau: alors au taf là les gars!

            et d’abord qu’est-ce tu fous sur ce site à nous répondre alors qu’il y a du montage à faire?

            / contente que ça se soit bien passé pour vous tous, les othon,
            on se force à patienter et on a hâte de voir le résultat de ce boulot /

  7. Je prends en cours et je ne comprends pas tout des échanges précédents, excusez si je tombe à côté. Je n’ai pas vu Teaser, il est en ligne ?

    Je raccroche sur « je déteste le collectif » (post d’ Hélène) parce que le collectif m’intéresse. Comment il vit, bouge, se régule, ce qu’il produit, échange, ce qu’il augmente chez l’individu, comment il s’organise et pourquoi, sur quelles bases il tente de fonctionner, quelles sont les forces qui interagissent au sein d’un collectif, quels sont les principes qui résistent. Passionnant, non ?

    Le collectif est toujours un labo. Une classe avec ses élèves et ses profs à la rentrée, par exemple, c’est trente personnes qui vont devoir vivre ensemble sans s’être choisies. Même s’il y a la mémoire des années précédentes, il est possible de redonner à ce groupe une virginité : « qu’est-ce qui peut nous permettre de mieux travailler ensemble ? » Une simple question (ou une autre) qui déclenche de nouvelles façons de vivre le collectif et de s’y exprimer. Le collectif m’intéresse à ce titre, s’il invente le politique dans le familier, s’il soumet le politique à la réalité d’un environnement. Je donne l’exemple de la classe, je pourrais donner l’exemple du mouvement des intermittents en 2003, des LIP dans les années 70, des premières SCOP, des ZAD aujourd’hui qui bricolent à partir de l’écologie de nouvelles façons de vivre le collectif.

    Ce qui ne m’intéresse pas, au contraire, et je pourrais comme Hélène dire « je déteste », c’est quand le politique s’arroge le pouvoir sur le collectif, sous prétexte que le collectif n’est pas naturel, ou qu’il n’est pas capable. Alors le politique analyse, pose des structures, des carcans, des hiérarchies, du non-pensé par le collectif lui-même. Le politique simplifie et ne tient pas compte des évènements, des doutes, de l’imprévu, aucun compte de la vie même du collectif, de son environnement et de sa puissance créatrice, de son intelligence. Et si le collectif résiste, le politique impose, et emploie tous les moyens pour réduire le collectif à plus ou moins long terme. Le collectif est toujours menacé, presque toujours perdant et paradoxalement c’est ce qui fait sa force car il a ses propres enjeux.

    Pour en venir à la relation entre collectif et humiliation post d’Hélène toujours), je crois qu’elle n’existe que par l’aliénation à la parole de l’autre et le ressentiment qu’elle suscite lorsqu’elle est humiliante. Le collectif augmente alors l’humiliation puisqu’elle devient publique, oui, mais le collectif n’est pas malveillant en soi.

    • @Acratie: c’est récent le blème pour visionner teaser ici même,
      en attendant que la technique ne fasse plus des siennes, le voici à partir de you tube:
      https://www.youtube.com/watch?v=EogKfMWk3O4

      régales-toi,

      • @shash: Grand merci shash.
        Je trouve la comédienne, Fériel je crois, tout à fait bluffante de naturel et de justesse. Et les trois odieux Othon parfaits en recruteurs suffisants.
        Je me suis régalée comme tu dis « des paysages qui donnent envie d’y aller », de l’importance donnée à « avant ou après le 11 septembre » et souri quand Fériel se défend à propos de la dette « non non franchement non ».
        Encore une fois, bien joué.

    • Je te trouve bien patiente, Acratie, pour répondre si délicatement à des préventions aussi clicheteuses et confuses contre le collectif.
      Moi je vais plutot rassurer Hélène : le collectif Othon a récemment perdu un membre par cancer, un autre par dépression, un autre à cause du ressentiment de sa compagne ; parmi ceux qui restent, la moitié ont quarante-trois ans et de plus en plus de mal à trouver l’énergie ou la disponibilité de faire des films gratuitement ou presque. Donc avec un peu de chance c’en est bientot fini d’Othon, dont les membres si longtemps opprimés par le collectif pourront enfin vivre.

      • @François Bégaudeau: Quinze ans d’Othon, c’est ça ?. Normal que les fondateurs aient du mal à revitaliser la machine, mais ne nous dis pas qu’il n’y a pas de relève ?

        les membres si longtemps opprimés par le collectif pourront enfin vivre ah! ah! très bon.

        • @Acratie: t’as vu comment qu’ils s’y prennent quand de la relève potentielle se présente aussi? ;- )

          vivement que ça tourne et qu’une autre équipe se charge du recrutement,

          // fuite sur le net: ils interrogeront sur l’acronyme stif http://www.stif.org/ //
          préparez bien votre entretien,

          – oui, les 4 de Teaser sont concentrés et forts dans leur jeu,

      • le collectif en général
        j’avais précisé dans un second post adjacent au premier
        selon moi, les relations de face-à-face sont toujours plus authentiques, saines, mesurées et respectueuses que celles en groupe(ce n’est pas parce que je me méfie du collectif que je suis une misanthrope)
        il n’y a qu’à regarder ce qui se passe ici
        ton post est absolument théâtral
        et ton post 1234 : comment peux-tu parler de moi à la 3ème personne ? je ne suis pas un objet d’étude, une souris de laboratoire sur laquelle tu te pencherais pour tenter de résoudre une sorte d’équation psychologique.
        au nom de la pensée
        si c’est ça tes outils pour penser, ça ne me donne pas envie d’essayer de penser
        me concernant ce procédé est absolument contre-productif:
        grossier, schématique, inefficace : je ne sais pas à quelle vérité ça amène. je veux bien entendre qu’on peut être partiellement aveugle à nos ressorts psychologiques, mais ce que tu proposes ne me parle pas du tout. on peut dire que je suis décidément résistante, on peut dire aussi que ce qui m’est proposé ne convient pas
        comment ça marche ton raisonnement ? soit t’es bête soit t’es névrosé (je ne sais pas ce que je préfère). avec la possibilité d’être ponctuellement bête.
        ça ne m’atteint pas du tout. tu parles !
        on va encore dire que je n’arrive pas à me détacher pour penser. ceux qui accepteraient ça (qui veut passer à la moulinette ?)sont juste un brin maso à mon avis

        quand je dis que je n’aime pas le collectif, je parle de quelque chose d’intime, de foncier, d’ancien, que je n’ai certes pas pris la peine de développer, par pudeur, parce que je n’aime pas étaler des faits de ma vie, de mon passé, sur une page lue par je ne sais combien de personnes, même si je suis protégée en partie par l’anonymat. je pourrais développer comment et peut-être pourquoi je n’aime pas le collectif mais évidemment pas ici, espace collectif pas adéquat (ça n’engage que moi)à un strip-psy.
        Acratie aime le collectif, passionnément. je peux le concevoir, je le respecte en tout cas. moi aussi j’aime observer les dynamiques de groupe, y participer ponctuellement mais je n’élude pas les « dérives » (les lynchages, merveilleux mouvement collectif, merveilleuse dynamique)et tout ce qui, de façon moins tragique, peut blesser dans un groupe. des tropismes différents

        • @Helene: Juste une précision technique. Si je parle de toi en te nommant c’est simplement parce que les commentaires n’étaient plus possibles (en tous cas la connexion ne fonctionnait pas) en réponse à ton message sur le collectif. Donc je t’ai citée pour dire que c’est ton post qui motivait mon envie d’écrire sur le collectif, c’est tout, pas de panique.
          Autre précision. Je n’aime pas le collectif passionnément, il m’intéresse, nuance. C’est peut-être cette nuance qui me permet encore d’en être curieuse et étonnée.

        • @Helene: Décidément il y a malentendu… je m’aperçois que le début de ton post répond à un post de François, je croyais qu’il m’était destiné. Embrouille.

          • désolée, c’est moi, je n’avais pas mis de destinataire
            quand même je ne t’aurais pas parlé comme ça Acratie, on n’a pas de contentieux
            on me prend pour une véritable machine de guerre (toi, belette)
            je renvoie les choses comme elles m’arrivent. à d’autres moments où des choses sur ce site m’irritaient je n’ai rien dit et ce n’était pas la solution non plus
            j’ai fini d’ailleurs, sauf relance
            je suis un peu triste que des travaux ou vidéos ne soient plus mis en ligne, sauf par les sitistes (ce qui est bien, mais pas pareil)
            j’aimerais retourner vers des choses plus positives

          • Une discussion sur « le collectif » est vouée au vaseux. Simplement parce que « le collectif » ne veut rien dire. Il y a des collectifs, des centaines de milliers de collectifs, et d’agrégats de gens. Il y a des groupuscules nazis, il y a des collectifs anti-avortement, il y a des collectifs de peintres sur chocolat, il y a depuis deux semaines un collectif de profs qui s’appelle le Ministère du bonnet d’ane et qui essaye d’obtenir une négociation avec le ministère. En soi le collectif n’est rien et on ne peut en aucun en faire une valeur. Je rappelle en outre pour la millième fois ce que j’ai encore dit à Montreuil lundi -et Lordon n’était pas d’accord, ni la salle de gauche à qui je le disais- : le collectif n’est pas une valeur de gauche, on pourrait même soutenir qu’il n’y a plus grande apologie du collectif que celle du fascisme (un pour tous, tous pour un), et qu’au fond la plupart des revendications de gauche reviennent à soutenir l’indépendance de l’individu face aux oppressions collectives (celle du travail, de la nation, de la famille). En somme la gauche a toujours confondu le moyen (oui à plusieurs on n’est plus forts, et le prolétariat disséminé est forcément faible) avec les fins -faire que les gens se donnent la vie qu’ils souhaitent.
            Donc la réflexion commence à partir du moment où je prends tel collectif, et que je vois précisément comment il vit et dans quel but. A partir de ce moment je peux voir, au cas par cas, si ce collectif semble rendre heureux ceux qui l’animent, ou au contraire les brimer. Dans le cas du collectif Othon, j’ai évidemment ma réponse. Ca me rend heureux d’en etre, et je n’ai jamais songé à le quitter. Je n’en dirais pas autant d’autres agrégats crypto-collectifs où je le suis parfois retrouvé, exemplairement le « collectif Inculte », auquel je n’ai vaguement participé que trois ans, sans jamais penser que cela durerait. Le problème dudit collectif n’étant pas du tout d’etre une sorte d’entité contraignante, mais bien plutot une structure molle et sans consistance réelle. Encore une fois, tu peux dormir en paix, Hélène : en général les collectifs foirent très vite, faute de ciment -et non par surcroit de béton. Et la grande grande majorité des individus vivent hors de collectifs. (en revanche ils sont jour après jour dépendants de structures qui les épuisent)
            Mais de toute façon ce que je dis là est encore hors-de-propos, puisque, au prix d’une nouvelle approximation, tu fais une confusion, Hélène, entre groupe et collectif. Entre bande de collège -ou après- et collectif. Névrotiquement, ce terme collectif t’évoque spontanément des brimades de groupes et de bandes. A moins que tu penses à des expériences malheureuses que tu as pu avoir au sein de COLLECTIFS, de ce qui véritablemet méritait ce nom et se le donnait, et dans cas on serait curieux d’en savoir plus.

          • j’aurais préféré le simplissime : « je serais curieux d’en savoir plus ». tu ne peux pas présumer de la curiosité des autres, ni te grossir en t’entourant d’invisibles sitistes (le collectif « on »). Tu ne peux pas non plus orienter le cours de la discussion et de ma réponse sur ma seule expérience des collectifs (tu me prends pour une imbécile avec les majuscules sur « collectifs ». mais tu fais bien quand même, on ne sait jamais), que vu mon profil tu évalues à « proche de zéro », ce qui devrait me mettre en position délicate et peut-être même me faire taire (pas vrai ?)
            en tout cas : bravo, bien vu,je n’ai jamais été dans un collectif. Un collectif, c’est une sorte d’engagement politique ou social pour une cause (c’est ça ?). pas engagée, pas dans un collectif, pas de chocolat. Pour autant je m’autorise à continuer sur le sujet Il y a toujours les collectifs dont j’ai entendu parler et dont je me souviens, alors que rien ne me prédispose à y être attentif. Si je compte, ça fait quatre : le collectif Othon (je le compte, sinon ça ne fait que trois collectifs connus. collectif qui fait des films pour faire de la politique autrement, proche du terrain et de la réalité, c’est ça ?), un collectif pour le droit au logement (à vérifier), un collectif de défense des sans-papiers (à vérifier), le collectif des chômeurs (ça j’en suis sûre. collectif très utile pour représenter tous ces gens isolés qui ne trouvent pas de travail, auquel je m’intéresserais de près si j’étais un jour au chômage, mon actuel statut de fonctionnaire ne me garantissant pas forcément un emploi à moyen ou long terme).
            Et je m’autorise à parler de mon expérience des groupes, vis-à-vis desquels j’ai dit dans un autre post que j’étais dans un rapport de méfiance, de réticence, de préjugé négatif. chronologiquement, ça commence effectivement par la bande d’ados, être attiré ou pas par ça. Je n’ai jamais été en bande, à mes yeux regroupement sans objet, sans intérêt, d’individus à mes yeux un peu paumés (dans la mesure où leur besoin de se grouper manifeste au fond qu’ils ne peuvent se suffire à eux-mêmes). Aujourd’hui je retrouve chez une bonne part de mes collègues cette attitude, pas réservée aux ados, de se regrouper, de faire croire qu’ils ont une vie enviable, de faire croire qu’ils ont des amis, un bon nombre, de parler de choses pas vraiment intéressantes, de se tirer dans les pattes en face ou par-derrière. Un bon nombre de mes collègues sont sur facebook.
            Les groupes avec un objet sont a priori plus intéressants, plus attirants. Par exemple le groupe de musique où je suis depuis 6 ans. Chaque année je pense que je vais arrêter. Mon mari qui traite les musiciens du groupe de « clochards » (a capté qu’ils avaient une bonne opinion d’eux-mêmes, trop bonne, d’où le qualificatif) me retient de le faire : « qu’est-ce que tu vas faire d’autre ? », ce qui me remet à ma place, la juste, celle de ma petitesse, de l’auto-dérision, qui désamorce tous les énervements. Mais la plupart du temps je suis énervée : du décalage entre la version officielle sur le groupe et comment ça vit vraiment. Officiellement, on est groupe d’amis qui font de la musique ensemble et fonctionne sur un mode démocratique. En réalité on peut s’interroger sur l’amitié dont il est question (j’ai peut-être une vision trop restrictive, exigeante de l’amitié) et sur le fonctionnement démocratique : chacun peut donner son avis mais la voix de chacun n’a pas le même poids en fonction de ce que chacun amène au groupe, jeu d’influences assez complexe, intéressant à étudier, un peu pénible à vivre.
            Accessoirement, on pourrait se demander que penser du groupe de sitistes réguliers créé de façon informelle sur ce site, l’objet de ce groupe, le fonctionnement de ce groupe, quelles dynamiques, quels rapports de force, quelles frustrations, etc.
            Ce que j’avais à dire sur les groupes. Pas de bizutage qui aurait mal tourné, une réflexion sur le log cours à partir d’observations).
            A cette aune, que penser du collectif Othon ? groupe avec un objet, une dynamique, entre amis. Je n’en sais pas plus. Rien à charge contre ce groupe donc. Alors pourquoi j’avance l’argument du caractère imparfait des groupes pour expliquer que je suis mal rentrée dans la vidéo teaser du collectif ? Je ne sais pas. D’ailleurs on pourrait arrêter sur ce sujet, pas crucial,un mouvement d’humeur peut-être tout simplement.
            Tout ça pour ça. mais ça a quand même débouché sur une amorce de sujet intéressant : le collectif. Intéressant François le fait de nous parler de ta propre expérience des collectifs : une mauvaise expérience et une bonne. D’ajouter que le collectif est discuté à gauche, que tu n’arrives pas à faire passer ta façon de voir les choses, la « valeur » individu. Comment expliques-tu que la gauche ne puisse se détacher de l’idée de collectif ?

          • D’abord un peu de sécheresse :
            -te remarque sur le on est… débile. Désolé. Ce « on » là ne recouvre pas le roi François englobant sa cour dans le moindre de ses décrets. Il relève d’un pli stylistique que je pratique beaucoup dans articles et livres, que j’ai repéré et étudié chez Echenoz. Un on de délicatesse.
            Tu vas bien sur penser que dire débile n’est pas délicat, mais cette indélicatesse est sans commune mesure par rapport à celle de produire ce genre d’analyse-réflexe à charge
            -« collectif qui fait des films pour faire de la politique autrement, proche du terrain et de la réalité, c’est ça ? » Les bras m’en tombent. Est ce que Teaser, que tu as bien en tete, correspond à cette définition? Est-ce qu’il est possible, de temps en temps, d’ajuster les mots aux yeux?
            Pour le reste, je prends acte du fait que je t’avais mieux compris que tu ne te comprends toi-même sur cette affaire de collectifs. C’est bien de bandes et de groupes que tu parlais, et pour en dire ce qui en est dit communément, à savoir le caractère oppressant, grégaire, de ce genre de créature plurielle. Ce qui, bien sur, porte une part de vrai. Mais ce qui m’a toujours stupéfié dans ce discours réflexe, c’est le renversement des proportions vitales qu’il opère. Car il est bien évident qu’en grande majorité les individus sont seuls comme des merdes et vivent mal cette solitude : qu’ils sont clairement en déficit de collectif. Qu’un peu de liesse et de phosphore collectifs leur feraient du bien.
            Hier nous tournions donc à Pantin, Gaelle est montée de Poitiers pour ça. Depuis quelques semaines, Gaelle n’a pas une santé du tonnerre. Or je la vois toute vive. Elle me dit : ben quand je suis avec vous tout va bien. Je ne dis pas ça pour faire l’apologie du collectif Othon ou même du collectif tout court ; je dis ça pour parler concrètement du bien que peut faire ce que j’appellerais le peuplement consenti. Je me sens seul, ma solitude me frustre, je m’agrège à des forces exogènes qui me fortifient. Je me peuple. Toute la semaine, un individu subit la structure sociale, cette version oppressante du pluriel. Ca c’est du peuplement subi. Mais il y a le peuplement consenti.
            Reste que La solitude peut etre très peuplée. Tout seul on est mille. Une de mes grandes joies est de pressentir, chez autrui, que sa solitude est peuplée. Qu’a soi seul il est un monde -voir G comme Gueugnon et U comme Uranus (et d’ailleurs ce serait bien l’enjeu : que Gueugnon me suffise ; que Gueugnon soit aussi vaste et abyssal qu’Uranus)
            Pourquoi la gauche a du mal à questionner la notion de collectif? Parce qu’elle adore questionner tout sauf elle-même. Parce que, comme je le disais, elle a fini par prendre les moyens (prolétaires de tous pays unissez-vous pour opposer à la force du Capital une force supérieure) pour des fins (un individu n’a de dignité que s’il n’est pas livré à lui-même, que s’il n’engage pas que lui, que s’il se rehausse en s’agrégeant à un ensemble). Voulant libérer l’individu de l’oppression sociale, elle a réfléchi à une structure sociale moins contraignante, et a fini par trouver que la structure sociale c’était sympa du moment qu’on l’aménage. Et que le « vivre ensemble » et le « faire société » étaient désirables en eux-mêmes. Or nul n’est tenu de vivre ensemble. Nul n’est tenu de faire société. Un libertaire conséquent revendique, pour chacun, la possibilité de faire sa petite vie dans son coin en se foutant royalement du monde. Et la liberté, s’il le souhaite, se de multiplier collectivement.
            En résumé, on aimerait (ON aimerait) que le collectif ne soit ni une valeur, ni un horizon, ni un objectif, mais une possibilité ponctuelle et librement adoptée de multiplication de soi.

          • non, pas de problème
            « débile », je le prends bien : une réaction épidermique à quelque chose de faux. je rectifie un peu quand même : je ne te prends pas pour un roi avec sa cour, plutôt comme un joueur d’échecs, ce qui est une image incorrecte aussi, bon.
            j’entends que le « on » comme tu l’utilises, c’est le « on » de Echenoz. seulement, le « on » d’Echenoz est un « on » dans un roman, un « on » narratif, une manière propre à Echenoz pour raconter. je crois que le fait de transposer ce « on » dans un contexte autre, dans un écrit analytique (articles, ici) pourrait faire qu’il n’a plus rien à voir avec l’original.
            ok, ma définition du collectif Othon ne colle pas à Teaser. mais elle colle aux films des militants sarkozystes, de la ville nouvelle de Montreuil et de la défense du financement public de la culture (pardon de ne pas citer les noms exacts des films mais je pense que tu resitues quand même). je n’ai pas l’impression d’avoir dit une grosse connerie en parlant du collectif Othon en convoquant des mots comme politique, autre et territoire(ou proximité). trop sérieuse comme approche ? je peux rajouter que parfois vous êtes sérieux et parfois pas. je dirais que vous êtes au fond des gens sérieux qui n’assument pas d’être perçus comme sérieux. j’aimerais voir ta réaction si je me mettais à aborder les productions Othon en ne les percevant que sous l’angle « pas sérieux ». je pense que tu renverrais peut-être alors (comme déjà lu) le travail qu’a nécessité la production de la vidéo. je le dis maintenant, je le pense depuis longtemps, ce n’est pas méchant : par rapport à un commentaire, je trouve que tu prends souvent le contre-pied.
            par exemple, ici, je développe le fait que les groupes sont pénibles structurellement, qu’il faut souvent prendre sur soi, supporter un temps apéro et papotage de longueur indéfinie alors qu’on aimerait beaucoup mieux tourner les morceaux en boucle (chiant de devoir s’ajuster aux volontés des autres, surtout dans les groupes étendus). mais je dis aussi que je continue dans ce groupe, malgré ce qui m’irrite, ça dit en creux que j’y trouve quelque chose. tu développes tout le bien qu’apporte un groupe. ok, j’en suis persuadée. comme Gaëlle, revigorée au contact du collectif, je pense à JC, qui a pris la peine de préciser en début de répét que ce jour-là il ne valait rien, pas de force, malade, et qui a remarqué en fin de séance que jouer, la musique lui avaient fait du bien. la musique lui a fait du bien, la musique ne vient pas de nulle part mais des musiciens, du groupe. tu prêches une convaincue. au passage, je crois d’ailleurs qu’il est aussi commun de défendre les groupes que de les décrier. mais ce qui semble évident, su de tous, me semble néanmoins intéressant à exprimer, sous forme d’exemples concrets, personnels, que ce soit pour défendre le groupe ou le critiquer.
            merci d’avoir répondu à ma question (« Comment expliques-tu que la gauche ne puisse se détacher de l’idée de collectif ? », au-delà d’une confusion des moyens et des fins)
            ton développement m’éclaire plutôt bien :
            « elle a fini par prendre les moyens (prolétaires de tous pays unissez-vous pour opposer à la force du Capital une force supérieure) pour des fins (un individu n’a de dignité que s’il n’est pas livré à lui-même, que s’il n’engage pas que lui, que s’il se rehausse en s’agrégeant à un ensemble). Voulant libérer l’individu de l’oppression sociale, elle a réfléchi à une structure sociale moins contraignante, et a fini par trouver que la structure sociale c’était sympa du moment qu’on l’aménage. Et que le « vivre ensemble » et le « faire société » étaient désirables en eux-mêmes. »
            je pile entre autres sur « un individu n’a de dignité que s’il n’est pas livré à lui-même, que s’il n’engage pas que lui, que s’il se rehausse en s’agrégeant à un ensemble ». l’individu qui doit nécessairement se rehausser en prenant en compte une dimension, des intérêts autres que la sienne, les siens (j’interprète)pour devenir digne : on n’est pas loin de considérations morales, non ?
            merci pour ces jalons de réflexion. je me demande ce qu’en diraient Jeanne ou shash par exemple.
            enfin, quelqu’un de gentil et d’attentif m’a soufflé il y a deux jours que c’était peut-être une période difficile pour toi, cette fin d’année qui en rappelle d’autres, et je vois que tu te fais du souci pour ton amie Gaëlle. j’espère qu’elle va se relancer. j’espère que le collectif Othon va se relancer.

          • Tu proposes une définition générale du collectif et de ses productions, je te fais observer qu’une production n’y entre pas. J’oppose comme souvent, le particulier au général.
            Pareil pour sérieux, pas sérieux : catégories qui ne me parlent pas ; catégories que la vie et l’art, que la vie telle que prélevée par l’art ou que l’art telle qu’affecté par la vie, font totalement exploser. L’art c’est faire très sérieusement une chose futile. Ou traiter très futilement des choses sérieuses. Ou se concentrer très rigoureusement pour arriver à mettre au point une fantaisie, comme nous le fimes hier à Pantin.
            « on n’est pas loin de considérations morales, non ? » : mais oui, absolument, et c’est bien le problème, et on ne dira jamais assez le gouffre qu’il y a entre une gauche morale-autoritaire et une gauche matérialiste libertaire. Pas du tout la même famille.
            Je remercie le quelqu’un de gentil et attentif, mais non il ne serait pas vrai de dire que c’est une « période difficile » pour moi. Disons qu’en ce moment la vie est tout aussi accablante et joyeuse que de coutume. Un chose vraie, c’est que tes trucs sur le collectif comme entité oppressante sont sans doute encore plus malvenues et d’autant plus à coté de la plaque à l’heure où le collectif qui m’importe est assez accablé par le destin (alors où il est beaucoup moins oppressant qu’opprimé)

          • à l’heure où (et non pas alors où)

          • @Helene: si tu n’as pas encore pris connaissance des 2 enregistrements dailymotion qu’un internaute a partagé à l’issue de la soirée othon/london, attends peut-être la mise en ligne du collectif et tu verras que ce que vous échangez ici avec François Bégaudeau y trouvera bien sûr relais avec tes jalons,

            – en ce qui me concerne, c’est juste ton quelqu’un de gentil et d’attentionné m’a qui me fait réagir

            – qui essaies-tu de réhabiliter ici par ce biais Helene?
            – qui n’a pas en tête à l’approche de décembre le doux bassiste des zabs?
            – qui de si gentil et attentionné imagine que François Bégaudeau ne pense pas à son ami tous les jours et qu’il continue justement de penser, vivre, être en marche parc’qu’il l’a en tête, y compris en cette période?

            Ce quelqu’un est aussi un peu dans l’inexactitude je pense, et ça l’arrange de filer des causes officiellement sensibles à beaucoup de situations/réactions: c’est une gonze non?

          • Guitariste, Shash
            Le bassiste est bien vivant, et parfois il dessine Lucie dans la mer.

          • @François Begaudeau: m’aurait étonnée que je la fasse celle-là :- /
            à peine posté, je me suis dit qu’à tous les coups, bref

            – et dans les groupes ça tourne aussi des fois non?
            est-ce qu’un bassiste est parfois que bassiste?
            un guitariste ça joue parfois de plein de guitares et aussi de la basse non?

          • C’est fréquent qu’un même type joue de plusieurs instruments, mais en général les roles dans le groupe sont arretés.
            Par exemple notre batteur Olivier était guitariste, et même excellent guitariste comme il ne tarda pas à le montrer au sein des Femmes, entre 2000 et 2007. Mais chez nous c’était batteur et rien d’autre (si ce n’est quelques fameuses compos à la guitare -Contre-Culture, Goldein eighties, Incolore et délavé, Champion du monde, et une bonne dizaine d’autres)

          • J’en profite pour ajouter, essentiellement à l’attention de moi-même, qu’une des forces des Zabs, si forces il y avait, était de pouvoir compter sur trois guitaristes compositeurs : Xavier, Lucas, Olivier.

          • @François Bégaudeau: ok dac,
            pensées et bises aux zabs
            et bonne nuit à oit,

          • Ah oui, j’essayais de trouver un moyen de parler du collectif Othon, une sorte de ligne directrice. Mais, si j’ai bien compris, il ne peut se définir, en tout cas pas comme ça. pour parler de façon juste du collectif Othon, il faudrait n’en parler qu’en décrivant sa forme d’agir : un collectif qui fait sérieusement ce qui est futile et traite futilement des choses sérieuses, sans limitation d’objet.
            Je trouve ça profondément original de définir un collectif (ou autre chose)par la forme, et non le fond, comme on le voit habituellement.
            Surtout tes précisions me font voir ton activité de façon tout à fait différente. Avant, je pensais qu’il y avait la politique où tu étais sérieux et l’art où tu ne l’étais pas (ton goût pour l’absurde par exemple). Une sorte de vision verticale, cloisonnée. Je comprends maintenant que ça ne se passe pas du tout comme ça. En fait, il faut voir les choses de façon transversale : ta façon de faire et d’agir est de prendre le contre-pied, une démarche fondamentalement artistique, appliquée à tout domaine.
            Je comprends aussi que mon expérience particulière du collectif ne peut pas te parler, dans la mesure où ta propre expérience dans ce domaine est différente : tu as trouvé le « bon groupe », avec les « bons » individus, un truc ajusté, comme un couple qui fonctionne et se bonifie avec le temps, pendant que pour d’autres couples c’est plus compliqué (on reste ensemble mais on a des « dossiers », des contentieux non réglés, les meilleurs jours ça marche bien sur l’autodérision commune, les moins bons les différences ressortent et c’est tendu). et je comprends que tu défendes encore plus le groupe en général quand ton groupe en particulier traverse une zone de turbulence.
            par ailleurs, je ne sais pas si je partage ta vision des collectifs « choisis » où l’individu s’épanouit face aux collectifs sociaux « contraignants » où il est oppressé Si je prends comme illustration d’un collectif contraignant la sphère professionnelle, je constate qu’au boulot dans les mêmes lieux les mêmes gens rentrent dans un « collectif » contraignant (on ne choisit pas ses collègues) et créent pour certains d’entre eux des « collectifs » choisis, autour de la convivialité (un collectif « se parler autour d’un café ou d’une bouffe resto », un collectif « se parler autour d’un tricot »). Pour dire qu’il peut y avoir des « collectifs » épanouissants sur les lieux mêmes de « collectifs » contraignants, pas forcément en dehors, et aussi que c’est le collectif contraignant qui fait naître le collectif épanouissant, sous une forme ou une autre, en réaction, même si certains peuvent juger ces groupes de convivialité, qui pourtant reposent sur le souci d’apporter une respiration dans le boulot, de garder le côté humain, de cultiver la connaissance de ses collègues, comme « enfermants ».
            je pense que tu mets aussi dans les collectifs contraignants la famille. j’ai envie de dire que nimporte quel collectif est contraignant. je trouve que je m’en sors pas mal avec l’oppression familiale. factuellement : ma famille ou ma belle-famille loin géographiqement. quand elle est proche, on se trouve dans un rapport d’indifférence bien comprise qui convient à tous. la famille que j’ai construite est choisie (tautologie mais bon). au quotidien, les besoins individuels peuvent sembler impossibles à concilier (l’un : « j’ai besoin de me sentir épaulé », l’autre : « et moi j’ai besoin d’avoir du temps pour moi »)et la liberté de l’autre sembler limiter celle de l’autre.
            aussi peut-être on pourrait voir les choses d’une façon de voir moins schématique(collectifs contraignants oppressants vs collectifs choisis épanouissants), plus transversale, dans la mesure où le boulot ou la famille, a priori collectifs contraignants, peuvent aussi se vivre comme des collectifs épanouissants dans la pratique, à l’usage.

          • Je répondrai plus tard aux collectifs contraignants et autres, parce que là s’impose d’etre un peu rigoureux sur les noms.
            Mais rapidement un truc dans la catégorie « les bras m’en tombent ». J’ai remarqué que dans tous tes longs posts, hélène, y a toujours un truc qui me sidère.
            Là c’est ceci : « Surtout tes précisions me font voir ton activité de façon tout à fait différente. Avant, je pensais qu’il y avait la politique où tu étais sérieux et l’art où tu ne l’étais pas (ton goût pour l’absurde par exemple) »
            Les yeux et les oreilles, Hélène. Les yeux pour lire Deux singes, par exemple, qui remet clairement la politique à sa place (il n’y a pas de manière plus littérale de le dire). Des yeux et des oreilles pour faire des calculs élémentaires : il ne t’a pas échappé que j’écrivais beaucoup, ni qu’il m’arrivait de fabriquer des films, ni que etc. Tu peux donc facilement en déduire que cette activité esthétique occupe la plupart de mon temps. Jusqu’ici c’est des maths élémentaires. Par suite, tu peux te dire que j’attache à cet aspect de ma vie une certaine importance, voire une certaine priorité. Et donc ne plus du tout penser que l’art serait le coté pas sérieux de ma vie -même en s’appuyant sur mon gout de l’absurde, qui occupe quand même une infime partie des pages produites (et sachant par ailleurs qu’il n’y a rien de plus sérieux que l’absurde, puisque l’absurde ne dit rien d’autre que : nous allons mourir, tous).
            Où l’on voit, définitivement, que cette catégorie de sérieux ne veut rien dire. Il n’y a pas le sérieux et le pas sérieux, il y a ce à quoi je consacre du temps parce que j’y trouve du plaisir, de l’intensité. Parce que, dirait Spinoza, ca me convient.
            Coté politique, c’est pareil, et il me semblait l’avoir montré dans certain livre susnommé : on ne fait pas de la politique par mission ou sacerdoce, mais parce que cette geste nous convient. Comme à d’autres l’alpinisme convient. Comme il m’est apparu très vite que ce qui me convenait le mieux était d’écrire, ou autres travaux approchants. Je n’ai pas dit vocation, je n’ai pas dit mission, je n’ai pas dit destin, et surtout je n’ai pas dit que ça induisait que je sois doué pour ça. J’ai dit, très concrètement, que l’exercice de l’art est ce qui convient le mieux à mon corps comme occupation du temps et de l’espace. Et une fois qu’on y est, dans l’art, on le fait en serrant les dents et en s’amusant. « Avec le sérieux des enfants quand ils jouent » (je me répète, désolé pour ceux qui suivent). On avait entre nous une expression pour ça à la fin des années 90: ca rigole mais pas. L’art ca rigole mais pas. La vie ca rigole mais pas.

          • en relisant je me rends compte qu’il manque une phrase à la fin de mon développement sur la famille, est passée à l’as la phrase qui disait en gros que même si les attentes semblent inconciliables, c’est conciliable quand même, en s’aménageant des temps respectifs où chacun prend en compte l’attente de l’autre. histoire de dire que même si la famille est structurellement une entité oppressante, elle eput être contextuellement une entité non oppressante.bref.

          • Elle est sympa cette catégorie « les bras m’en tombent », ça me plait bien, ce serait presque un appel. Ça répond à ma catégorie « je fais les fonds de tiroir », toutes les choses que j’ai gardées sous le coude à propos d’ici et dont j’ai envie de me débarrasser une fois pour toutes. Donc « sérieux/pas sérieux » part directement à la déchetterie pour recyclage en « regarde/écoute ».
            Je n’ai jamais été capable de dire ce qu’est l’art mais je vais peut-être y arriver quand même. Déjà c’est facile de retenir que : l’art c’est traiter légèrement les choses sérieuses et avec gravité les futiles.
            Tu écris beaucoup, tu fais des films. Ce sont des formes (l’écriture, le film), j’ai tendance à regarder ce qui est écrit par exemple et je dois dire que c‘est assez divers et que entre un article sur le sport dans Le Monde, une critique littéraire, un article dans une revue sur un sujet thématique (éducation), un livre de fiction commandé ou non, c’est multiple. j’imagine que, dans la mesure où dans l’article ou le livre tu vas traiter de manière futile des choses graves et de manière grave des choses futiles, c’est de l’art. l’art ne serait pas dans le contenu mais dans le ton. et il y aurait donc des gens qu’on considère comme des artistes qui n’en sont pas en réalité, et vice-versa. petite révolution copernicienne pour ma petite pomme.
            « mon goût de l’absurde, qui occupe quand même une infime partie des pages produites (et sachant par ailleurs qu’il n’y a rien de plus sérieux que l’absurde, puisque l’absurde ne dit rien d’autre que : nous allons mourir, tous).
            Où l’on voit, définitivement, que cette catégorie de sérieux ne veut rien dire. »
            Intéressant. si l’absurde peut être rangé aussi bien dans le « pas sérieux » que dans le « très sérieux », ça voudrait dire quoi ? qu’on s’est trompé de catégorie ? ou qu’il est à la fois des deux registres, présentés pourtant comme exclusifs, mais pas exclusifs du tout en fait, donc des critères illusoires, artificiels pour juger des choses, de l’art, de la vie.
            Ça me renvoie à une réflexion similaire qui avait déjà eu lieu ici sur le vrai et le faux, à partir de passages « d’âne à zèbre » : le vrai dans le faux et vice-versa, le quart de faux dans les 2/3 de vrai, ce genre de cocktail, histoire de faire exploser la catégorie en carton.
            (Quand tu dis que la politique n’est pas une mission ou vocation, tu veux démonter l’idée que la politique serait quelque chose de sérieux exclusivement ? Et avancer qu’une autre approche existe, qu’une démarche esthétique est possible en politique, comme elle l’est en sport , en musique etc ? c’est ça ?)
            « J’ai dit, très concrètement, que l’exercice de l’art est ce qui convient le mieux à mon corps comme occupation du temps et de l’espace. Et une fois qu’on y est, dans l’art, on le fait en serrant les dents et en s’amusant. »
            Belle déclaration.
            Pourquoi : « une fois qu’on y est dans l’art » ? tu veux dire : une fois qu’on a réalisé qu’on avait un corps/une façon de penser d’artiste ?
            et : très imagé le « en serrant les dents » : pour remplacer « être sérieux » ?

          • Ce que je dis sur le futile et le sérieux ne vaut pas définition de l’art. En réalité cela concerne l’ambivalence permanente de la condition humaine : nous allons mourir donc rien n’est sérieux, et pourtant je prends très au sérieux les dix secondes que me fait perdre la vieille devant moi à la la boulangerie, puisque j’en ressens une irritation. Ce qui ne veut pas dire que cette position soit fausse, et qu’une position vraie serait de toujours me connaitre comme mortel et donc dérisoire et donc indifférent et donc sage. Les deux sentiments sont équitablement justes et déplacés. Les deux se tiennent en même temps, toujours à toute seconde. Tout est important, rien n’est important. L’art, comme toujours s’il est fort (et je ne comprends pas ce que tu dis sur des artistes et des pas artistes, je n’ai rien dit de tel) ne fait que rendre plus aigue cette ambivalence, cette crête, ce fil sur lequel on s’avance.
            « Quand tu dis que la politique n’est pas une mission ou vocation, tu veux démonter l’idée que la politique serait quelque chose de sérieux exclusivement ? Et avancer qu’une autre approche existe, qu’une démarche esthétique est possible en politique, comme elle l’est en sport , en musique etc ? c’est ça ? » Là je ne comprends strictement rien. Faut reformuler. Et si possible sans « sérieux », puisque ce mot ne me dit rien. En tout cas je ne crois pas que la politique soit plus sérieuse que n’importe quoi d’autre. Ce n’est pas comme ça que je le dirais. Eventuellement je pourrais dire, plus concrètement, que la politique, par définition, engage plus de gens, qu’elle est une activité plus lourde de conséquences (quoique j’ai assez raconté, je crois, combien ma vie politique à moi n’aura eu à peu près aucune conséquence sur rien, aucune efficace si ce n’est dans ma propre vie)

          • Dans la catégorie « les bras m’en tombent » je vous propose un magnifique : « J’en reste les bras pantois ! » comme s’est exclamé sur France-culture Jean Clair, immeeeeeeense historien de l’art totalement dénué d’humour et dégoûté de la vie – un cas qui donne le droit de se moquer.
            J’ai entendu ça il y a quelques semaines et c’est écrit depuis sur la porte de la cuisine.

        • @Helene: salut Hélène Je souhaitais simplement titiller François et ainsi faire diversion pour qu’on te lache les baskets (mais ça n’a pas marché et je le remercie encore de son indulgence car je serais bien en peine d’argumenter pleinement ce que j’ai dit ce matin) Bises à tod@s

          • @belette: prise en flagrant délit d’attitude faussement dialogique avec l’idiote du site:
            une de plus: formidable de nouveau.

            + tu es bien moins bonne en post-prod précisions qu’Helene

      • @François Bégaudeau: « Un libertaire conséquent revendique, pour chacun, la possibilité de faire sa petite vie dans son coin en se foutant royalement du monde. Et la liberté, s’il le souhaite, se de multiplier collectivement. »
        Qu’est-ce qui se passe lorsque des libertés opposées se rencontrent ? un rapport de force, une lutte de « pouvoir », une défense de territoire ?

  8. Sur les obstacles à la pensée : presque drôle, ton article, Jérémy : ici la lucidité est revendiquée, mais c’est comme si l’information n’était pas digérée : il faudra du temps pour en arriver à la réaction. Ces messieurs tournent autour du pot en parlant d’ennui, de petites histoires de personnes, mais en fait ils ne peuvent pas ,sur le coup,être vraiment au fait de la réalité.L’idéologie est collante.
    J’aime bien le terme de fébrilité que tu emploies,François.Ca me fait penser à l’allergie : une substance,et le corps s’affole.
    Chercher ses points de fébrilité me semble une bonne entrée pour mieux s’observer : parmi les miens (j’en vois plusieurs, mais qui tournent autour d’une base qui reste à examiner), il y a l’affrontement : je l’évite pour moi,je le redoute pour les autres.Je ne le supporte pas.L’effet produit c’est de la peur. C’est dire que je ne suis pas fière de moi : je reconnais intellectuellement la nécessité et l’efficacité des affrontements,pour la pensée, pour les relations individuelles et collectives, mais à vivre, c’est la fébrilité et ses conséquences. Souvent flagrant ici-même.
    Théâtre amateur, j’ai joué une fois un rôle de peste odieuse qui secouait tout le monde sans réserve et sans scrupule :ça a été pour moi une jouissance extraordinaire.

    • @patricia: toujours laisser parler la peste en soi Patricia,

      comme quand tu ne notes pas que je suis très souvent calé dans les échanges, pas hors sujet et pourtant recalée dans la dynamique du groupe: pour toi, comme pour helene – les autres attendent que ce soit compris en ne dialoguant pas – je suis à l’ouest, ça te fait rire, est identifiée l’idiote du site:

      il paraît qu’il en faut toujours une pour le bon fonctionnement d’un groupe – moi aussi j’ai beaucoup travaillé là-dessus t’inquiètes, les modules de formation, j’ai participé à leur élaboration, c’est dire –
      et tout ça, c’est pour que les membres d’un groupe ne s’entredévorent pas trop,
      formidable.

      bises quoiqu’il en soit, sincères et vaines
      et bon appétit à tous,

      • @shash: là shash il faut préciser,développer.Peut-être que tu as raison (si tu le dis) de dire que tu as un rôle dans le site : je ne suis pas capable d’analyser ça, ça doit être la dynamique de groupe ? aucune compétence là dessus. Que ce rôle te disqualifie ? à court terme peut-être, pour qqn qui viendrait une fois dans le site et n’en lirait qu’une page. Pour les autres, non.
        « comme quand tu ne notes pas que je suis très souvent calé dans les échanges, pas hors sujet et pourtant recalée dans la dynamique du groupe: pour toi, comme pour helene – les autres attendent que ce soit compris en ne dialoguant pas – je suis à l’ouest, ça te fait rire, est identifiée l’idiote du site: »
        Calée dans les échanges, décalée dans la forme?
        précise pour Hélène et moi/les autres : je ne comprends pas.
        Sur l’idiote du site,je te renvoie à la petite interview de François : je te place, moi, dans ceux dont François dit qu’ils font faire un pas de côté,et je suis d’accord avec ce qu’il pense d’eux.
        https://www.youtube.com/watch?v=lKd3qcvEW1w
        A suivre,ça m’importe.
        Help : où trouver la table ronde à laquelle François a participé et que cette interview suit? j’en ai essayé plusieurs,sans succès : comme je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment, le bon lien me rendrait service.

        • @patricia: c’est par là :
          https://www.youtube.com/watch?v=iCuA_rbQGnk

          avec une révélation à la fin vers 1h26

          • @yeux bleus: merci yeux bleus !

        • @patricia: c’est bien aujourd’hui qu’on co-écrit le scénar de l’épisode 8 de notre sitcom hein Patricia?
          (cf.page précédente, un post de François Bégaudeau)

          Ma propale c’est pour dès le petit déj.: ça claque non?

          – chaque perso/candidat – quand c’est une télé réalité – ayant un secret, le mien, ce serait d’être une psy qui s’est spécialisée dans la dynamique de groupe la nuit
          / et le jour elle serait stripteaseuse /
          t’en penses quoi?

          et toi, ce serait quoi ton secret dis? (en plus de chanter merveilleusement bien du elsa a capella :- )

          .bon, là tout d’suite je file au confessionnal, la voix m’a convoquée pour 18h50, elle va encore gueuler

          hâte de te lire pour notre épisode 8, à tout à l’heure,

          • @shash: mince, j’avais raté ce post : tu me castes pour la psy ou la stripteaseuse?

        • vraiment, maintenant que cette table ronde a bien tourné de Chine en Pologne, je propose qu’on passe à autre chose

  9. et le moment
    …/ il nous est arrivé nous-mêmes de faire de mauvais films /…?
    ça fait rire? pas rire?

    que ceux qui ont rit se mettent ici
    que ceux qui n’ont pas ri se mettent
    que ceux qui sont sans op se mettent, se mettent, se mettent une chanson

  10. @shash : mais POURQUOI tu veux quitter le site, shash? Quand tu es restée silencieuse il y a quelque temps, on était tous inquiets, impatients que tu reviennes, ravis de te retrouver. Tu apportes au site des contributions qui le font ce qu’il est,les trouvailles de langage,les musiques, les videos,un travail remarquable de documentation,et puis toi, shash,qui fais des km pour aller écouter François et qui racontes,toi qui lis, qui commentes à ta façon unique; toi à la fois très présente et toujours envolée,sautée ailleurs,sans domicile fixe de la curiosité, pétillante sorcière au sac plein de trésors inventés; et puis nos petits secrets, shash, les couleurs de Malo et les tiens bon d’ssus et l’hymne à Jean Bart, à genoux sur la place,avec un parapluie cassé et des os de boucher à la ceinture… T’en vas pas, shash,il y aurait mille watt en moins à la maison,on serait pas fiers de pas avoir réussi à te retenir par les cheveux.T’en vas pas.

    • @patricia: Désolé j’ai pas pu m’en empêcher https://www.youtube.com/watch?v=TeaKAB-IxOE

    • Ce site devient une saison des Anges de la téléréalité. Des gens se cassent puis reviennent. Des gens s’engueulent puis se rabibochent. J’adore. Le site aura enfin trouvé sa vocation : la sitcom.
      A l’épisode 7, Patricia chante a capella une chanson à Shash : https://www.youtube.com/watch?v=TeaKAB-IxOE
      alors qu’Hélène rappelle à Shash la chanson composée à deux au début de leur histoire : https://www.youtube.com/watch?v=jElpErva5WY
      françois, seul dans son coin, se repasse en boucle sa musique de sauvage : https://www.youtube.com/watch?v=IkIuXxXcFXU

    • @patricia: me fais pas l’coup du carnaval de dunkerque s’il te plait, tu sais bien que je résiste pas, t’abuses Patricia

      sérieux, j’comprends rien à vos histoires de perso qu’est pas l’bienvenu sur begaudeau.info
      franch’ment ça m’prend tellement la tête que parfois ça arriverait à vla diluer ce que je ne sais nommer et que me fait François Bégaudeau et son site,

      https://www.youtube.com/watch?v=6Ww-8jvxT5Q

      ps: c qui qui fait elsa? c jerem?

      • @shash: J’aurais eu du mal à me glisser dans la peau d’Elsa qui, à l’époque, me rappelait une camarade de classe dont j’étais un peu amoureux. 5ème D.

        • @Jérémy:
          un peu amoureux, tu expliques?

          – là, tout de suite, je bloque à fond sur henri guillemin: sérieux jerem, t’es-tu fait une ou plusieurs de ses conf.?
          je suis dingue de ce mec (5èmeB de l’école normale sup en 1924)

          • @shash: Expliquer ? Un lointain truc d’ado, il doit me rester deux bribes : une fille que j’ai observée de loin et qui aimait Elsa. Elle avait des beaux cheveux, un physique qui me plaisait bien. Après, elle m’a énervé, je la trouvais méprisante.

          • @shash: J’ai connu une normalienne, une folle. Elle prétendait qu’elle en savait sur la Fiat blanche qui était impliquée dans l’accident de citrouille de la princesse Diana.

          • @shash: quand je pense que le lendemain, mon grand ami le zouave du pont avait tant chialé qu’on était tous perdus devant notre garde robe nous, les parisiens,

            – tu sais ce que j’en pense? il n’y a pas de citrouille sans cucurbitacée

            ps: et son stylo à guillemin? il me passionne tellement ce mec que j’ai même pas pouffé quand il manque se le mettre dans une narine
            en revanche, la lampe de bureau avec son pied en ananas, j’ai un peu craqué,

            – à propos de quel autre écrivain, t’en es-tu laissé conter jerem?

        • @Jérémy: il faut que tu aies ton moment avec henri,
          henri qui parle de l’amour de verlaine pour rimbaud, des points obscurs, des paradoxes dans la vie et l’œuvre d’arthur

          je pense passer la nuit avec lui,

          à +

          • @shash: D’Henri Guillemin, j’ai pour l’instant surtout écouté les conférences littéraires. J’aime beaucoup l’éclairage qu’il propose, qui s’articule autour d’éléments biographiques et d’intentions littéraires. Sur Rimbaud, il réinterroge le mythe à l’aune de ce qu’écrit Etiemble et propose des commentaires que je trouve intéressants : l’ambiguïté de l’écrivain par rapport au christianisme, notamment. J’aime beaucoup son langage foisonnant, qui essaime véritablement, s’appuie aussi sur des précautions oratoires (« Je vais vous dire moi ce que j’en pense »), lorsque les faits ne sont pas avérés ou que leur interprétation est sujette à caution. Je trouve ce propos d’une vraie honnêteté intellectuelle. Et c’est un magnifique conteur qu’on écouterait des heures. Grande fluidité, grande force de conviction.

          • Et un nouveau fan, un.
            On pourrait monter un parti. Le PAG, Parti des amis de Guillemin. Succès aux présidentielles garanti.

          • @shash: Je vais continuer à l’écouter.

          • Je veux bien être secrétaire du parti. Mais je préviens, je pique dans la caisse pour m’acheter un bouquin de Grégory Crewdson, un photographe que j’ai découvert récemment : http://www.galerie-photo.com/gregory-crewdson.html.

          • Je comptais bien sur toi pour corrompre et saloper ce parti de l’intérieur.
            Hors de question de perpétuer cette structure à la con.

          • Pardon, trésorier, pas secrétaire.

          • @François Bégaudeau: En effet.

            1- Le parti est créé.
            2- Destruction du parti.

          • et voilà, j’ai encore raté un event :- /
            j’aime l’éphémère mais là, même pas eu l’temps d’envisager me retourner

            z’êtes trop fort les mecs mais mediapart enquête déjà

  11. Jérémy : (pour répondre à ta question ci-dessous)ce que j’ai trouvé drôle hier dans un post de François c’est l’histoire du traumatisme : la mauvaise réception d’un sketch mettant en scène un jury au premier abord assez odieux en raison d’une névrose développée suite à mise en situation identique.
    j’ai trouvé cette hypothèse amusante parce qu’elle est décalée par rapport à mon vécu et aussi parce que ça ne ressemble pas non plus à François de penser/parler en terme d’intentions (du récepteur), névrose,traumatisme.
    je me permets de développer parce que ça porte sur le rire, l’objet de la page, que j’ai peut-être contribué à faire oublier.

    • Ca me ressemble tout à fait de faire une part au ressort affectif-psychologique des actes, des discours, des jugements. je l’ai par exemple fait systématiquement dans 430 pages (deux singes) + 250 (zèbre), mais je suppose que ta négligence t’a rendu aveugle aussi à cette démarche élémentaire d’un matérialiste a fortiori nietzschéen
      Je maintiens donc, et je clarifie :
      1 un hélicoptère s’avance
      2 Hélène dit : voici un lave-vaisselle
      3 soit Héléne est handicapée mentale, soit elle a un problème avec les hélicoptères
      4 Comme Hélène n’est pas handicapée mentale, nous en déduisons qu’elle a un problème avec les hélicoptères

      1 un film comique d’avance, où les membres d’un jury font chanter Meet me half way et s’appellent Gaelle Hitchcock ou François Lelouch
      2 Hélène prend ce film au premier degré
      3 soit Héléne est bête, soit elle a un problème d’ordre névrotique avec le dispositif jury, ou avec quelque autre aspect du film
      4 Comme Hélène n’est pas bete, nous choisissons de penser que son blocage est d’ordre névrotique

      1 un texte s’avance, qui affirme et démontre que le meilleur du comique français a une lignée étrangère
      2 Hélène s’arrete sur le mot métèque et n’est pas loin de soupçonner que ce texte serait un peu raciste (elle dira même que ca l’étonne venant d’un type qui a fait entre les murs)
      3 soit Héléne est bete, soit ce sujet la fébrilise
      4 Comme Hélène n’est pas bete, comme nous savons que son mari est arabe, nous en déduisons que sa fébrilité affective sur le sujet l’a rendu ponctuellement bête.

    • @Helene: Juste un aspect qui rejoint ce que dit François et pour repréndre ton expression « au premier abord assez odieux ».

      En effet, des signes clignotent dès le début de la vidéo -« Gaëlle Hitchcock » par exemple-, c’est même de l’ordre du signal. Après, la liberté du récepteur est d’y être sensible ou non. Mais on ne peut pas nier que ces signaux existent. Si, en ce qui me concerne, d’abord conduit par mes affects et ma curiosité, je suis amené à identifier -avec des yeux qui plissent un peu, beaucoup même-, le carton de François, »agrégé de lettres modernes » (si je ne me trompe pas), la relecture parodique d’une situation d’évaluation se trouve confortée. Mais comme on sait que Feriel n’est pas une candidate à un concours d’enseignement, que c’est le collectif Othon, que c’est aussi un « Teaser », on est amené à élargir la perspective et à aller au-delà de cette simple réminiscence. Je ne suis pas étonné que les concepteurs de cette vidéo privilégient le comique. C’est un de leurs réflexes, c’est du foncier, on connaît. Je ne suis pas non plus étonné que cette vidéo réponde aussi au cahier des charges d’une bande-annonce : informer. Mon horizon d’attente est satisfait par le déroulement. Je visionne une première fois, je me laisse porter en tant que spectateur, je ris, je réfléchis aussi. Et puis après je me dis : « ok, ça me donne envie d’écrire, ça me stimule. »

      • premier plan, sur la sonnerie : « Othon, Sarl »
        deuxième plan : dans les mains de la candidate, un papier « candidat »
        troisième plan, même si petit (mais grand sur grand écran) = Fançois Lelouch, agrégé de lettres ; Isabelle Skolimovski (nom d’un cinéaste, pour rappel) Maisons-Alfort ; Gaelle Hitchcock, ostéopathe
        Or à ce stade, Hélène est toujours dans l’état d’esprit de regarder La liste de Schindler.

        • fais-toi plaisir François
          sans moi quand même
          je regarde ça d’un peu loin
          c’est assez délirant
          je me dis que c’est une journée où tu te lâches
          sinon il y a quelque chose de légèrement inquiétant

          • J’essaie de penser. Visiblement tu n’y es pas disposée.

          • …/ contrairement à Rimbaud qui avait en lui une place à jamais pensive /…

            cet henri guillemin est vraiment incroyable, j’aime beaucoup sa façon de raconter avec ferveur, entrecoupée souvent par la place que prennent des mots, des expressions plus ordinaires (on l’a foutu en prison/ vas-y appelle donc l’aumônier: arthur hospitalisé à marseille et s’adressant à sa soeur)

            Lorsqu’il cite, il met le ton (lettre du rimbaud plaqué à verlaine qui l’entretient)
            Henri Guillemin vit sa lecture, il incarne ce qu’il raconte et quand il revient à lui, il a une espèce de lueur d’autodérision qui perce le verre des lunettes, une lueur qui te fait complice: quel kif.

          • Ma grande réussite de l’année 2014 aura été
            1 la découverte de Guillemin
            2 d’avoir vu moult copines et copains devenir fan aussi
            ça fait une de plus

        • @François Bégaudeau: est ce que tu n’es pas en train de nous faire une sorte de démonstration, François?
          J’essaie de m’expliquer.
          Tu as dit dans une petite interview à la sortie d’un débat sur l’audace,que tu appréciais les personnes qui,par une sorte de décrochement, déplaçaient ton point de vue. J’ai compris que penser, c’était la vigilance à ces décrochements,le mouvement de l’esprit pour se décoller,se « déganguer » de ce qui en nous fait obstacle au fonctionnement de la pensée.
          Tu as indiqué hier ce qui était le projet politique de ce site : je ne sais pas si ce projet a été un moment clairement présenté. Mais il me semble que ce que les sitistes viennent chercher, et trouvent ici, c’est justement un effort de rigueur de pensée, c’est dans ce souci que tu nous réponds ,pointant à l’occasion(sans te faire ni prof ni père ni maître, en restant au niveau de la pensée) nos défauts,que tu désignes globalement par le manque de concentration.
          Par exemple, parler de sujets que tu as précisément analysés dans Deux Singes ou D’Ane à zèbre, – et nous le savons, puisque nous t’avons lu et relu,annoté, commenté – mais nous avons un peu oublié,et au lieu de prendre le temps de relire avant de nous exprimer, au lieu d’avoir pris le temps de mémoriser l’analyse, pour avoir en ressource efficace l’état de la compréhension de la question que nous avons atteint à la lecture,au lieu de nous donner les moyens de penser,nous repartons en arrière.(le « nous » n’englobe pas tout le monde, c’est une facilité)
          Autre défaut : la domination de l’affectif : quand on est concerné affectivement par un sujet,on est comme collé,on a du mal à se détacher pour penser.
          Cette fois, c’est Hélène,qui s’emballe vite s’il est question de racisme,qui est particulièrement sensible aux situations d’infériorité, d’impuissance, d’humiliation . Spontanément, elle est mal à l’aise en voyant Teaser,et ce malaise la colle, l’empêche d’observer attentivement,d’identifier le ton de la scène.
          Tu pointes l’espèce de jugement moral, elle est trop touchée par ce qu’elle ressent de la situation pour se détacher,devenir objective ,elle insiste,tu persévères.
          A ce stade je crois voir une démonstration : tu analyses son fonctionnement en grossissant le trait(en particulier par le vocabulaire que tu emploies).Mais là, au lieu d’être alertée par ce grossissement,et d’utiliser son savoir sur toi,son passé dans le site,votre relation ,elle réagit encore affectivement,touchée ailleurs, personnellement,peinée, étonnée d’être apparemment bâchée systématiquement, par une espèce de fantaisie qui t’aurait pris.
          Je suppose que tu pousses le bouchon jusqu’à ce qu’elle finisse par repérer le procédé,vraiment trop gros au bout d’un moment,et comprenne ta démonstration.Tu tends une perche : »j’essaie de penser ».
          Cela me ramène au site,à la difficulté de penser juste (si je me permets de citer Hélène, c’est combien je me reconnais),à la facilité qui guette,à l’espèce de contradiction que je vois entre ta rigueur intellectuelle,le caractère essentiel pour toi de la liberté des autres,et le goût, la curiosité de l’imprévu et du désordre (à ce dernier point,je suis plus sensible parce que je suis « en plein Rohmer »,et que vous deux, là dessus…); d’où parfois un sentiment d’insécurité pour certains d’entre nous.
          Je suis peut-être complètement à côté. Mais cette circonstance me fait réfléchir,m’intéresse.

          • Ca me semble un bon résumé des énergies qui traversent et parfois se heurtent sur ce site.
            Il me donne un peu trop le beau role, car il m’arrive aussi de poster un peu vite et de parler sommairement. Cela dit ce n’était pas le cas du post du jour qu’on appellera 1234 -mode de pensée que je crois assez fécond, et que je me permettais de recommander.
            Ce serait intéressant, pour chacun, de déceler en soi les points de fébrilité. J’en ai repéré quelques-uns chez moi. Par exemple quand quelqu’un me dit que « j’intellectualise », ça provoque immédiatement en moi un agacement fort, voire une sourde colère (j’ai peu de colères pas sourdes). A cela il y a une raison que je trouve farouchement légitime : réaction à un contresens, puisque ma pensée consiste presque systématiquement à désintellectuliser les phénomènes, à faire droit à ce qui, dans la vie, résiste justement à toute saisie idéelle (intellectuelle). Il n’empêche : le démarrage au quart de tour est déplacé. D’ailleurs il est à peu près toujours déplacé.
            Sur la lecture, il est tout à fait normal qu’il y ait de la perte, de l’oubli. Lire, c’est oublier à mesure. Je suis juste un peu étonné quand un lecteur ou une lectrice s’étonne de me voir pratiquer un mode d’analyse qui, pour le coup, remplit pas mal de mes pages. Là je me dis qu’on ne se comprend pas du tout. Disons que ca me fait le même effet que si un lecteur ou une lectrice me disait: ah tu t’intéresses aux bêtes, toi? C’est nouveau?

          • c’est pas mal ce que tu écris Patricia
            je veux dire : c’est excellent
            il fallait un tiers. tu assumes super bien ce rôle
            et en plus tu as raison. je n’aime pas les situations d’humiliation. je ne l’avais même pas repéré. pour ça que je réagis à des mots connotés je pense.
            par contre, je pense que ce n’est pas ça qui m’a fait mal entrer dans la vidéo teaser, en tout cas pas ça directement.
            je pense que c’est plutôt par ce que je déteste viscéralement le collectif et que j’entre forcément mal dans une production d’un collectif, sauf si elle est strictement documentaire.
            mais tu as quand même raison : je pense que cette méfiance du collectif est en lien avec ma conviction que dans un groupe il y a toujours menace d’humiliation.

          • donc notre diagnostic était le bon

          • quand j’écris que je déteste le collectif, je parle en général : ce qui est collectif, le groupe
            je ne dis pas que je déteste le collectif Othon
            je ne sais pas si c’était utile de préciser

  12. quand on pense que ces ersatz de scènes de ménage vont même pas se terminer en enroulades pour tous

    ça fout un peu le seum quand même

Laisser un commentaire