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UN DEUX UNE DEUX, ON Y RETOURNE

Un an tout rond après les soixante représentations triomphales au théâtre de Belleville, l’équipe de Un deux un deux reprend du service pour un week-end à La Ferme du Buisson, scène renommée. Ceux qui par mégarde ou appendicite auraient failli la dernière fois auront l’occasion de se rattraper. Il se peut certes que la pièce soit rejouée après ces deux dates. Mais peut-être loin. Peut-être à Fréjus. Peut-être à Mayotte.
Quoi qu’il en soit, cette reprise permet de faire un petit point avec Mélanie Mary, metteure en scène et interprète de la pièce. Cela s’est passé sur Concept TV, la TV du concept, dont Mélanie était, le 22 octobre dernier, l’invitée de l’émission-phare, Danse avec les Brecht.
Voici, pour les non-abonnés à Concept TV, la transcription de cet entretien.


flyer un deux un deux ferme du buisson


 

Mélanie Mary, bonjour
Bonjour Gilles.

C’est pas un peu pénible de reprendre une pièce juste pour deux dates ?
Pénible, non. Ça donne l’impression de faire un bonus spécial Noël. Ou d’être un guest prestigieux dans How I Met Your Théâtre Français. C’est la longue série des 60 dates à Belleville qui était exceptionnelle. Un vrai marathon, où le muscle du jeu gonflait, laissait envisager que c’estçalaviemaintenant, jouer un super texte tous les soirs. C’est pas ça la vie ; un spectacle se joue en moyenne 7 fois. On a donc plutôt eu de la chance. On a même gagné le marathon : 60 fois = zéro ennui.
Depuis, chacun a fait son petit bonhomme de mutation corporelle Ayant gagné en détente et en masse musculaire donc, nous relevons le défi de ce qui ressemble maintenant à deux matchs de tennis. Ça peut libérer la place pour quelques beaux gestes, des jets rageurs d’accessoires, des chèques à cinq zéros.

Est-ce que des choses ont changé dans la mise en scène ? dans le texte ?
Des choses changent. Pour nous redonner du peps. Parce que je renégocie mes décisions. Parce que si c’est les Der des Der, pourquoi ne pas étrangler des précautions ? Vivre chaque représentation comme si c’était la dernière, je ne dis pas ça parce que je ne me remets pas de la mort de Robin Williams, ayant trop vu Le Cercle des Poètes Disparus : là on y est vraiment. Ce sera peut être de détails pour vous, mais pour nous ça dira beaucoup.

Est-ce que vous-même et François Nambot, votre binôme, appréhendez le texte différemment, avec un an de recul ?
Bien sûr. C’est dû à la justesse du texte : chaque étape de l’histoire d’amour est assez précise pour que nous y glissions notre compréhension de nouvelles expériences. Je lis ce texte publiquement depuis 4 ans et le joue depuis 1 an : il m’a accompagnée larguée, dragueuse, en lune de miel, en désamour, en couple… Le va-et-vient entre l’art et la vie.

Est-ce que l’auteur est toujours aussi généreux, drôle et chauve ?
Et bien justement, il nous a offert le stage « Les journées du gag » à Biarritz cet été. La journée d’immersion dans un groupe de surfers magnifiques à la longue chevelure blonde et salée a failli tourner mal. Mais sur nos encouragements, il a réussi à relancer la machine du rire par le fameux requin qui s’étouffe. Vous connaissez ? Mais si : le requin qui recrache le blond trop chevelu, le blond ressort avec des dread-locks, du coup il se noie parce qu’il est trop lourd et le requin… bref, c’est bien mieux quand Bégaudeau le raconte. Vous lui demanderez.

Le plateau de La Ferme est plus grand que celui de Belleville, il en découle quoi pour vous ?
Avec le créateur lumière, Kevin Briard, nous avons recomposé l’espace de UN DEUX UN DEUX en l’agrandissant de 1,53m de part et d’autre. Nous retrouvons les sensations du CentQuatre, où la pièce a été fabriquée : l’intimité du couple dans de larges distances. Il en découle des rythmes de déplacements différents, de nouveaux départs, des envies de mouvements. Nous restons proches des spectateurs. Le Studio (c’est le nom de la salle où nous jouons à la Ferme du Buisson) a cette qualité.

On ne vous a jamais entendu dire que votre plus belle histoire d’amour c’est le public. Du coup on a l’impression que vous n’êtes pas vraiment comédienne…
Jeune comédienne, j’ai essayé de prendre au pied de la lettre cette expression pour un jour pouvoir la dire légitimement. Mais tomber amoureuse des 217 spectateurs/trices devant lesquels j’avais joué jusque là, c’est très vite devenu une question de planning. Mon romantisme n’y a pas survécu.
J’espère que le public de la Ferme du Buisson me le pardonnera : ma plus belle histoire d’amour, ça reste mon chat Chopinette dont il a fallu que je me sépare à 7 ans, soudainement allergique à ses poils. Tant d’injustice m’a permis de l’élire « la plus belle histoire ». Et de passer fissa sous le régime des « belles histoires ».
Mais voyons mon rapport au public. Je suis aussi metteur en scène. Il se trouve que j’ai souvent créé des événements, comme La nuit de la drague à Cavaillon, qui mélangent des publics différents : à la fois des habitués des scènes nationales et des gens qui n’avaient jamais mis les pieds dans un théâtre. La qualité et la fraîcheur de l’échange entre la salle et la scène, jusqu’au dance-floor final, m’a réjouie. Je leur ai dit au micro qu’ils étaient formidables. Mais ce n’est pas toujours le cas : le public n’est pas toujours formidable. Aussi parce qu’il n’est pas toujours en contact avec ce qu’il ne connaît pas : les mêmes salles, la même tranche d’âge, etc… Des fois il est fatigué, absent, ronchon, le siège qui va pas, monsieur qui fait la gueule parce que madame a encore trop parlé en bien de son collègue Bernard alors que merde ce soir il fait un effort il va au théâtre avec elle…
« Ma plus belle histoire d’amour c’est vous », c’est un peu du flan pour fans. Ou alors du marketing extrêmement bien maîtrisé. J’ai remarqué ça chez Beyoncé et Jay-Z : un merchandising large, où chaque fan peut se reconnaître, de ma cousine Jannelle qui à Béziers ne porte que du rose, à mon meilleur ami Simon arty indus all-is-black. Leurs annonces de mariage, grossesse, rupture en public aussi… c’est très malin, de dire au public qu’ils sont tout, qu’ils font les artistes, bien plus que la presse ou les talk-show. Il y a nous et les autres. Ici c’est chez nous, c’est chez toi, ici on ne te ment pas. Mais je me demande : ça marche devant 80 000 personnes. Est-ce que ça marche devant 18 ? On connaît le sentimentalisme qui augmente avec le nombre. Les petites jauges forcent-elles à ne pas trop se la raconter ?
C’est comme l’amour. Se voir une fois, c’est déjà ça. L’histoire démarre à 2, 3, 4 fois.

Depuis un an, les directeurs de théâtre se sont peu précipités pour accueillir la pièce. Comment expliquer ça ? Auraient-ils des goûts de merde ?
C’est la minute économie. On passera à la minute « goûts de merde », ne vous inquiétez pas.
Il y a deux familles au théâtre : le théâtre public qui est subventionné en grande partie par les deniers de l’Etat donc nos deniers, le théâtre privé qui fonctionne à la recette. Les deux familles se fréquentent peu. Le Théâtre de Belleville où nous avons joué 60 fois est un théâtre privé. Le CentQuatre où le projet a été travaillé en résidence, par exemple, est un théâtre public. Ils ne se sont pas fréquentés, même grâce à UN DEUX UN DEUX, et le CentQuatre n’a jamais vu le spectacle qu’ils avaient pourtant choisi de soutenir. Dans un contexte économique difficile, l’exclusion et le repli familial sont des réflexes connus.
En terme de goûts de merde, maintenant. La délicatesse de UN DEUX UN DEUX, à la fois le texte, la mise en scène, le jeu, mettent le spectacle du côté des esthétiques mineures. Par opposition au drame, aux sujets de société, aux plateaux couverts de boue et de faux sang, au fantasme persistant que le théâtre saura un jour sauver le monde de son injustice. Je n’ai jamais réussi à me mettre de ce côté là. J’ai pourtant un vrai côté bulldozer maladroit dans la vie. Un jour peut-être…
Et là, attention, c’est la minute Hippie Folk. Quand Vincent Eches, le directeur de la Ferme du Buisson, parle de sa saison, je me sens chez moi. Il la consacre à l’amour. Dans le chaos ambiant, qui à tout prendre n’est pas pire qu’un autre mais qui nous désenchante considérablement, « l’élan vital, le désir joyeux et vorace de beauté » s’incarnent dans l’expérience amoureuse. C’est la seule chose que nous pourrons traverser, artistes ou pas, ruinés ou pas, du nord ou pas, etcetera. J’aime proposer un spectacle sur la puissance et la justesse du désir, cette association minimale du couple et nos efforts pour y maintenir de la bonté. Nous y resterons libres.

Y a-t-il une chance que la pièce soit encore jouée par la suite ?
Toujours, même si je n’ai rien de précis à vous dire. La fatalité de mon optimisme sans doute.

La  pièce a reçu le Prix du vieux public 2013. Ce prix était-il doté ? Combien d’euros ?
Effectivement, nous avons reçu un accueil très chaleureux de l’Association du Vieux Public. Ils sont de plus en plus connus du Grand Public, surtout depuis leur manifestation « Touche pas à mes petits-enfants », en réaction aux nouveaux rythmes scolaires épuisants qui flinguent les dimanches en famille. Je ne sais pas bien qui nous trouverons dans les salles de théâtre après eux. Ils constituent une grande majorité des spectateurs, c’est un fait sociologique. Ils nous ont offert des livres (j’ai eu Yeats), de la drogue, l’intégrale des films de David Fincher, des enregistrements pirates de Lou Reed et Nick Dale, du gruyère suisse, des bouteilles de Volnay et leur manifeste « Fuck you I’m almost dead » dédicacé. Bref, c’était adorable : tout ce qu’ils pensaient pouvoir nous faire plaisir et rester joyeux pour les 40 prochaines années.
Merci Mélanie. Rendez-vous les 15 et 16 novembre.

Voir aussi :

http://begaudeau.info/2013/08/23/un-deux-un-deux/

40 Commentaires

    • merci Anglophone
      jusqu’à présent c’est ce que j’ai vu de mieux (quand on n’a pas vu la pièce)
      ça va vite (je me demande comment tu fais. je te sous-estime c’est clair. tout le monde n’avance pas comme moi au jus d’escargot). oh comme ça va vite !
      sur ce petit bout j’ai été assez impressionnée par Mélanie Mary (quelle bonne actrice !), par François (quel bon acteur !). le ton est juste, dans la vitesse.
      c’est un jeu sympathique, le jeu des répliques, le jeu du tango des cerveaux. c’est tellement rapide qu’on dirait une impro (une excellente impro). mais c’est écrit, ce qui n’enlève rien. on se demande si ça a été écrit à la même allure, ce serait marrant.
      « inrépondable », je ne connaissais pas. d’ailleurs ça ne doit pas exister, c’est souligné en rouge. c’est le « joker » on dirait mais un joker c’est une fois seulement normalement. alors ça devient un mot ponctuation, pour rythmer autrement l’échange, en laissant la main à l’autre, à la fille.
      François, tu as déjà participé à des tournois d’impro ?

      • j’ai fini troisième à la ligue d’impro du sud-vendée, en 1988

        • merde, ma question était téléphonée
          vivre c’est improviser
          tsé

          • @Helene: A ce propos, il est temps de citer cette phrase impérissable d’un film qui ne l’est pas moins : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ».

          • c’est une phrase dans « conte d’été » ou « forrest gump »

          • @Helene: Sourire.

      • @Helene: Le théâtre d’impro, c’est vachement bien. Pour y avoir goûté en tant que participant et pour avoir assisté à certains spectacles, je dirais qu’à chaque fois j’ai pris mon pied.

        • j’ai assisté à un spectacle d’impro l’année dernière, une troupe dans laquelle jouait un collègue à mon mari et sa copine.
          effectivement, c’est sympa, créatif. mais comme ça va vite, ça marche beaucoup sur des automatismes et des clichés. sinon on parle aussi de « matchs » d’impro avec l’idée de compétition et de gagne et je ne suis pas vraiment en phase avec ça.
          pour la pièce de François seule la vitesse des répliques m’a fait parler d’impro, pour le reste rien à voir, le contenu des répliques est soigné, très soigné.
          je me rappelle qu’on était sur un ercueil de nouvelles qu’il faut oublier. je viens te parler d’un autre recueil de nouvelles d’un écrivain allemand contemporain, Peter Stamm : « verglas ».
          tu peux lire ci-joint la 1ère nouvelle « lac » (et le début de la 2ème, « objets dérivants ») : http://www.babelio.com/livres/Stamm-Verglas/228707/extraits
          pour le moment je suis assez enthousiasmée par son écriture. ça se lit sans peine, c’est sobre et passablement étrange alors que les faits n’ont rien d’extraordianire. tu peux y jeter un oeil et me dire ce que tu en penses.
          autrement, un de mes textes est paru sur « raconter la vie ». comme tu avais manifesté ton intérêt, je te mets le lien si tu veux en prendre connaissance : http://raconterlavie.fr/spip.php?page=reader&id_recit=747
          c’est un site que j’apprécie de plus en plus. il y a de très beaux textes à lire, environ deux nouveaux textes par jour. c’est un endroit plutôt agréable, que je recommande, pour ceux qui ont un peu de temps.

          • @Helene: Merci pour le lien vers Peter Stamm. J’aime beaucoup « Le lac », l’effet de distanciation qu’introduit l’écriture, le traitement qui est réservé à cet accident. Vraiment intéressant. Ca donne envie de lire les autres récits.

          • @Helene: Je vais retourner sur raconterlavie. De mon côté, j’ai commencé le bouquin de Guiraudie, « Ici commence la nuit ».

          • contente que ça te plaise
            les autres nouvelles (j’en suis à la 3ème) m’ont l’air écrites sur le même modèle.
            je ne partage pas du tout la présentation de l’éditeur qui parle de personnages sans attaches qui cherchent à communiquer ou à survivre, de vie qui s’échappe sournoisement etc.
            l’auteur écrit en langue allemande mais il est suisse certainement.
            j’ai noté ce que tu lis en ce moment, je le garde comme idée de lecture

          • @Helene: Est-ce que je comprends justement: celui-ci est son texte: http://raconterlavie.fr/spip.php?page=reader&id_recit=747?

          • @Helene: Pardon, est-ce que c’est ton texte?

          • oui
            si tu n’aimes pas trop les histoires d’enterrements, j’ai un autre texte qui vient d’être publié sur ce site, qui parle de bêtes :
            http://raconterlavie.fr/spip.php?page=reader&id_recit=779
            (il y a une phrase qui a été tronquée à la fin, il faut rajouter « pont »)

          • je suis passée un peu vite sur le livre que tu lis en ce moment Jérémy
            j’en ai un petit aperçu au travers de différentes critiques : http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-2130-9

          • @Helene: C’est super! Je ne savais pas que tu écris. Depuis quand? Est-ce que c’est pourquoi tu m’as demandé si Jonathan Dee a suivi un cours en écriture? Je vais lire tes textes dés que possible. Malheureusement, j’ai pas le temps maintenant. Bonne soirée.

          • salut anglophone,
            merci pour ta gentillesse
            j’ai écrit quelques textes pour le site « raconter la vie ». ça m’a occupé pendant mon arrêt maladie.
            les textes ne sont pas pour moi des objets précieux, plutôt des ballons qu’on lâche.
            ce que j’aime sur ce site-là, c’est qu’on peut être publié, lu et commenté, et aussi qu’on peut y lire d’autres textes, et certains sont extras.
            je te joins des textes parus sur le site dont j’ai apprécié l’écriture, à prendre ou à laisser selon ton temps libre :
            une mendiante à Paris : http://raconterlavie.fr/spip.php?page=reader&id_recit=785
            une randonnée en haute montagne : http://raconterlavie.fr/recits/en-altitude/#.VFskWxbvbbw
            un grand-père avec une jambe de bois : http://raconterlavie.fr/spip.php?page=reader&id_recit=772

          • @Helene: J’ai lu tes trois textes et je les aime bien. Si tu veux d’en parler ou continuer à parler du livre de Dee, écris-moi à lawyer101418@gmail.com. Je l’aimerais bien. Pareil pour les autres sitistes.

          • bien sûr que j’aimerais continuer à échanger avec toi sur des textes, sur Dee.
            je peux le faire en utilisant ton mail. j’aimerais autant continuer à le faire ici, pour des raisons pratiques d’abord, histoire de ne pas multiplier les supports. ensuite parce que je trouve que c’est dommage que tu t’absentes définitivement de ce site. tu amènes la pluralité, autre chose, de la vie (et on adore la vie sur ce site, comme tu le sais). et ce n’est pas parce que tu t’es fâché un jour avec François que tu n’es plus la bienvenue. moi aussi je me suis énervée de nombreuses fois avec lui et je suis encore là : si on dépasse certaines frictions et rigidités, ce site est un endroit riche, intéressant et accueillant, malgré les apparences parfois. ce serait bien que tu reconsidères ton point de vue.
            d’ailleurs, tu n’as pas trop le choix, François Hollande exige que tu restes sur ce site, pour la grandeur de la France. et (si je comprends bien, tu es juge ?)on recherche justement pour ce site des juges, de préférence américains (trop de profs français). bref, tu restes.

          • Moi je pense qu’effectivement ça pourrait très bien continuer ailleurs. Si je peux me permettre.

          • c’est noté
            on discutera bouquins ailleurs donc
            et pardon du dérangement d’avoir déjà échangé à ce sujet ici, je n’en étais pas consciente, je flotte dans ma bulle bisounours

          • @Helene: Merci, Hélène. C’est très gentille de toi de me dire cela. J’apprécie beaucoup ton post.

          • @Helene: Je viens de relire ton texte et te remercie. Je l’ai reçu d’une façon d’autant plus particulière que j’ai assisté à un enterrement hier. Il faudrait que je trouve les mots pour le dire. Les tiens font écho à une série d’impressions que j’ai ressenties.

          • toutes mes condoléances Jérémy
            si tu écris quelque chose à ce sujet, j’aimerais bien le lire
            bonne journée à toi

          • @Helene: merci à toi.

  1. Je lis ce texte publiquement depuis 4 ans et le joue depuis 1 an : il m’a accompagnée larguée, dragueuse, en lune de miel, en désamour, en couple… Le va-et-vient entre l’art et la vie.

    Excellent

  2. Je voudrais savoir comment on s’abonne à Concept TV. Et je voudrais aussi avoir la grille des programmes.

    • @Jérémy: Concept TV et l’entretien sont des blagues, non?

      • @Anglophone: Bon, ma blague est tombée à l’eau.

        • @Jérémy: Ah non, cher Jérémy; c’est juste que ton humour est beaucoup trop subtil pour moi encore une fois. On dirait que t’es britannique.

          • @Anglophone: Moui, et d’ailleurs tu ne savais pas que Jérémy et moi sommes des clowns britanniques. On nous appelle les monty serpents.

          • @Anglophone: Non, c’est juste que Concept TV est né au Salon du Livre 2014. Peut-être as-tu regardé la vidéo de François, depuis ?

          • @Jérémy: Oui, merci.

  3. Et de la part de françoise qui avait 20 ans dans les années 70 :

    Extrait de la révolution sexuelle de wilhelm reich.

    Dans la société primitive, organisation collectiviste et d’un communisme primitif, l’unité est le clan, qui comprend tous les représentants d’une même mère. A l’intérieur de ce clan , qui est aussi l’unité économique , il n’y a en guise de mariage que les liens lâches d’une relation sexuelle. Dans la mesure où, sous l’effet de changements économiques , le clan devient assujetti à la famille du chef, potentiellement patriarcale, le clan se désintègre.

    La famille et le clan entre en relation d’antagonisme. A la place du clan ,c’ est la famille qui devient de plus en plus l’unité économique et par conséquent le germe du patriarcat. Le chef de l’organisation matriarcale du clan , primitivement en harmonie avec la société clanique , devient progressivement le patriarche de la famille , et acquiert donc une prépondérance économique puis se transforme en patriarche de la tribu tout entière. La première différence de classe est donc celle qui s’instaure entre la famille du chef et les clans inférieurs de la tribu.

    Dans l’ évolution qui conduit du matriarcat au patriarcat la famille acquiert , outre sa fonction économique , la fonction bien plus significative de transformation de la structure humaine , de celle de membre libre du clan en celle de membre opprimé de la famille. La famille indienne d’aujourd’hui illustre très clairement cette fonction. En se différenciant du clan, la famille devient non seulement la source de la distinction de classe , mais encore de la répression sociale , à l’intérieur comme à l’extérieur d’elle-même.  » L’homme familial  » qui se développe alors participe par sa structure à la reproduction de l’organisation patriarcale de classe. Le mécanisme de base de cette reproduction est le passage de l’affirmation de la sexualité à sa répression ; son fondement est la domination économique du chef.

    Résumons les points essentiels de ce changement psychologique : la relation entre les membres du clan , libre et volontaire , uniquement basée sur une communauté d’intérêts vitaux , est remplacée par un conflit entre les intérêts économiques et sexuels .L’accomplissement volontaire du travail est remplacé par le travail obligatoire et sa révolte contre lui ; la socialité sexuelle naturelle est remplacée par les exigences de la moralité: la relation amoureuse volontaire heureuse , est remplacée par le devoir « conjugal »; la solidarité du clan est remplacée par les liens familiaux et la révolte contre eux; la vie réglée selon l’économie sexuelles est remplacée par la répressions génitales , les troubles névrotiques et les préversions sexuelles; l’organisme biologique naturellement fort , confiant en lui-même , devient faible , désarmé , dépendant , craignant Dieu : l’expérience orgastique de la nature est remplacée par l’extase mystique , » l’expérience religieuse « , et l’attente végétative insatisfaite; l’ ego affaibli de l’individu cherche sa force dans l’identification avec la tribu , puis la « nation », et avec le chef de la tribu, puis le patriarche de la tribu et le roi de la nation. Avec ceci , la naissance de la structure vassale a eu lieu : l’ancrage structural de la servitude des hommes est assuré.

    • @anne-laure: c’est qui Françoise ? Françoise Bégauda ?

      • @belette: Merci de poser la question. Françoise est la sœur d’Etienne, l’ami de mon amie.
        Elle était étudiante en psycho , j’ai « hérité » d’une partie de sa bibliothèque dont des livres de Krisnamurti sur lesquels elle s’était mise à délirer.
        Elle vit à l’hp maintenant.
        Je l’y ai rencontré une fois par hasard, je ne savais pas que c’ était elle. Il me semble bien qu’elle me disait de me méfier de tous ces connards de psychiatres.
        Les livres de Krisnamurti ont bien intéressé ma sœur qui est au Bangladesh en ce moment.

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