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Petite frappe

En exclu mondiale : 4 planches et le Soundtrack !

Pour accompagner cette promotion gratuite de Petite frappe, on eut pu songer à quelques précisions sur les modalités de la collaboration avec Grégory Mardon, sur notre rapport à la BD, sur les différences de cet art avec celui du roman, sur les différences entre s’aider des jambes pour courir et s’aider des doigts pour jouer de la trompette. Mais à n’en pas douter les questions de la presse nous fourniront maintes occasions d’éclairer le monde sur ces points cruciaux.

Parlons plutôt du titre.

On l’aime bien ce titre.

On l’aime beaucoup.

On l’aime infiniment plus que Mâle occidental contemporain.

Mais pendant une grande partie de sa fabrication, scénario puis dessins, cette histoire s’est appelée « Brat ». Voire « Beat on the brat ». Les éditeurs ont peut-être eu raison de penser que, dans un pays initié à la musique par France Inter et les Inrocks, ça ne dirait rien à personne. Et de nous inviter à songer à un titre français, qui, si possible, connoterait le faux sujet footballistique.

Permettons-nous donc, en livrant quatre planches successives au kibboutz begaudeau.info en exclusivité mondiale, de redonner priorité à l’angle indiqué par ce premier titre évacué et désormais culte.

Occasion aussi de donner la bande-son du récit, qui n’est pas une clameur de stade, mais, par ordre d’apparition dans l’album :

https://www.youtube.com/watch?v=WPIDtWqS8qc

https://www.youtube.com/watch?v=maS68s9jpYo

https://www.youtube.com/watch?v=I7HahVwYpwo

https://www.youtube.com/watch?v=ZzvL4O3uomg

https://www.youtube.com/watch?v=opWBRRCTDXg

Chacun est désormais outillé pour acheter et revendre au prix double cette BD disponible le 7 mai, veille du 8 et on saura bientôt pourquoi.

 

première de couv, Petite frappe

Petite frappe, éditions Delcourt, collection Mirages. Sortie : 7 mai 2014

102 Commentaires

  1. merci Hélène et François.

    • tu es trop bonne.
      si tu ne me dis pas comment tu vas, je vais commencer à penser que tu as un problème.

  2. autre chose
    concernant ton idée qu’il est inutile de vouloir faire disparaître par des raisonnements humanistes les pulsions « négatives »(jalousie, racisme, culpabilité…) et qu’elles ne peuvent disparaitre qu’éclipsées par une autre pulsion, de façon fortuite.
    tu as écrit que tu en « parles » dans l’abécédaire, et ailleurs.
    c’est cet ailleurs qui m’intéresse. je crois que tu as aussi placé ton idée dans « petite frappe ». je pense en particulier à ces moments où Jon éclate soudain de rire, comme dans le vestiaire où il est de corvée de nettoyage après avoir défendu un copain de foot initialement chargé de la corvée : son rire efface sa rage.
    par contre, je n’ai pas trop compris le moment où Jon éclate de rire dans la cabine de la boutique de fringues.

    • non, je ne dirais pas que son rire efface sa rage
      je dirais qu’il la contient, qu’il la transforme, qu’il la fait entrer dans un fleuve affectif plus vaste
      c’est un rire nerveux, tragique, un peu fou je pense
      c’est le rire de dieu quand il se rend compte qu’il a un peu raté mais que la ratage est drole, et piteux, et triste, et drole, et piteux, etc
      c’est le rire augural et final de La blessure la vraie
      le rire dans la cabine d’essayage est pareil (mais très dur à rendre en BD, voire impossible)

      • merci pour l’explicitation de ce rire
        en lien avec le rire final de « la blessure la vraie »
        ce qui fait une double explicitation
        bien bien

      • le monde est « un peu raté »
        comme pas assez : libertaire ?
        et c’est tragi-comique
        le monde est fait de rapports d’autorité et d’arbitraire (c’est tragique) et un homme peut exiger d’un autre qu’il passe la serpillière (il y a un côté comique : l’acte d’autorité a quelque chose de bête, de dérisoire, de ridicule). le monde est fait de relations dominant-dominé tragi-comiques.
        le monde est fait de rapports affectifs insatisfaisants ? notamment, pas assez : libertaires ?
        et c’est tragi-comique
        dans la bd, j’ai du mal à décrypter ce qui est raté, le tragi-comique, dans la relation de Jon avec la batteuse. elle est trop envahissante ? trop sensuelle ? trop fille ? trop elle ?
        dans « la blessure la vraie », c’est plus simple : c’est le roman de la relation ratée du garçon à la fille, la gageure de trouver la fille qui convient à 15 ans. comme le narrateur est un ado, ses déboires sont plus comiques que tragiques.
        dans « jouer juste », c’est moins simple : c’est le roman de la relation amoureuse ratée (ou pas) de l’homme à la femme : la recherche d’une relation affective libertaire, imposée par l’homme (cherchez l’erreur).
        pour le moment je vois les choses comme ça

        • @Helene: Est-ce qu’on ne pourrait pas dire que « le monde est un peu raté » parce que la vie n’est pas la fiction ? Et le rire en serait la prise de conscience subite (et provisoire)?

          • salut patricia
            la fiction serait donc meilleure que la vie ?
            pas convaincue
            me vient une autre explication : la vie est « un peu ratée » du simple fait que 100% des gens vont crever
            lol

          • voilà je pense qu’il faut plutot aller vers du fondamental
            je ne pointais pas des ratages ponctuels et amendables
            la vie est structurellement ratée : parce qu’on meurt et parce qu’a priori on n’a pas grand chose à faire là

          • @patricia: @ Hélène : pas meilleure, mais pouvant s’inscrire dans des schemas,auxquels on est tenté de s’accrocher,de se raccrocher? Le tragique serait en partie l’écart entre les deux?
            (salut Hélène. je ferais bien ma mère juive avec toi : comment vas-tu?)

          • tu peux m’expliquer un peu plus ton idée ?
            côté corps je vais bien . mentalement je suis assez absorbée par une affaire immobilière de ouf, dont j’espère me désengager rapidement.
            je me demande si tu vas bien toi

          • « la vie est structurellement ratée : parce qu’on meurt et parce qu’a priori on n’a pas grand chose à faire là »
            « parce qu’a priori on n’a pas grand chose à faire là »
            ça mériterait un petit développement peut-être
            je n’ai plus le temps d’interroger cette affirmation ce matin
            à suivre

          • ça me semble un peu la base pourtant
            on arrive là sans avoir rien demandé, c’est déjà un peu étrange
            pas longtemps après on comprend aussi qu’il faudra repartir sans vraiment l’avoir demandé non plus -sauf Dalida

          • je réalise qu’effectivement on n’a pas demandé à venir, enfin pas que je sache.
            pour le départ, au contraire on a le choix, on peut demander à partir (en Suisse), mieux : on peut décider de partir sans demander, comme certains agriculteurs (en France).
            je me demande si tu veux dire :
            « on n’a pas grand chose à faire là », parce qu' »on n’a rien demandé » ?
            sans rien avoir demandé, on pourrait quand même avoir quelque chose à faire là.
            peut-on dissocier les deux choses ?
            c’était une boutade ? ça pourrait être une boutade avec un potentiel embryon de réflexion en germe ?
            je ne sais faire que poser des questions et me tromper. j’en suis fière.

          • oui précisons
            « on n’a pas grand chose à faire là » devrait se reformuler en : le fait que nous soyons là n’est pas du tout la conséquence d’une décision que nous avons à y faire quelque chose
            une boulangerie je m’y trouve parce que j’y ai quelque chose à faire, acheter un brownie
            si je n’avais pas eu envie d’un brownie puis établi que c’est dans une boulangerie que j’en trouverai un, je ne serai pas dans cette boulangerie
            bref mon etre-dans-la-boulangerie se soutient entièrement du truc que j’ai à y faire
            à ce titre l’existence n’est pas une boulangerie
            le fait que j’y sois n’est pas du tout lié à l’utilité que j’aurais à y etre pour y réaliser un objectif ou un désir (en tout cas pas les miens, ceux de mes parents éventuellement mais laissons de coté cette sinistre captation d’existence)
            cela bien sur n’est plus vrai pour ceux qui se croient « sur terre pour quelque chose » -par exemple Bayrou pour y etre président de la république
            donc me voici parachuté sur terre sans mode d’emploi, sans raison. c’est à moi de tout inventer. devant ma présence ici je suis comme la poule devant le couteau : j’en cherche l’usage -à cette différence près que le couteau a bien un usage (couper, trancher, peler une pomme, égorger Rama Yade), et ma présence aucun.
            c’est la bancalitude de base, dont on ne se remettra jamais
            dont la sagesse des fous prend bien soin de ne jamais se remettre
            certes chacun, moi, cherche ensuite à gommer le bancal en donnant du sens à sa présence – c’est ainsi qu’on « trouve un équilibre », mais certains le font tellement bien, s’équilibrent tellement bien, oublient tellement bien que sens ne pourra jamais vouloir dire davantage que direction, qu’ils en arrivent à penser que ce sens ils ne l’ont pas produit mais accompli (qu’il leur préexistait, qu’il préside à leur existence -vocation, mission, élection, bayrou) ; à penser que la vie, leur vie, a objectivement un sens
            ceux-là oublient le bancal, ceux-là ne sont jamais pris d’un rire nerveux, étrange, tragique, comme celui de Jon
            (pourquoi le rire est si précieux? pas parce que c’est bon de rire parfois, mais parce qu’en lui git la vérité de notre condition)

          • oh
            on avait dit un « embryon de pensée »
            merci pour ton développement
            c’est chaud pour moi
            je me retrouve parfaitement dans la peau d’une poule face à un couteau (jolie expression, que j’ai découverte la semaine dernière dans le film « le papillon »), à ne pas savoir quoi penser de ce couteau, ma vie, la vie humaine, dont je ne connais pas l’utilité, dont je n’ai pas le sens, pas la direction.
            et cela produit bien le sentiment de quelque chose de bancal, de raté. c’est bien possible qu’on vive pour rien, qu’on soit un simple assemblage de matière sans aucune finalité, que l’évolution ait donné à un grand singe un peu plus de conscience, et la faculté de regarder, et ne voyant rien, il se demande si cela signifie qu’il n’y a rien à voir, qu’il n’y a rien, ou signifie peut-être qu’il ne voit pas suffisamment bien pour voir ce qu’il y a à voir, qu’il y a quelque chose.
            si j’ai compris, le rire grandiloquent dans tes livres exprimerait ce sentiment du caractère bancal de l’existence humaine, cette incertitude humaine permanente sur un sens ou non à notre vie.
            moi j’en suis arrivée à me demander si ce rire, qui revient dans deux de tes livres, n’était pas aussi, de façon plus simple, la façon de représenter ces moments récurrents, plus ou moins fréquents, où on a conscience de notre mort, soit une sacrée blague, un mauvais tour et un rire jaune. ça reste dans la famille des rires « philosophiques ».

          • « moi j’en suis arrivée à me demander si ce rire, qui revient dans deux de tes livres, n’était pas aussi, de façon plus simple, la façon de représenter ces moments récurrents, plus ou moins fréquents, où on a conscience de notre mort, soit une sacrée blague, un mauvais tour et un rire jaune »
            Mais pour moi il s’agit bien de ça. Ce que tu décris là appartient à la même famille de sentiments que ce que je décrivais.

            suis pas sur que tu maitrises bien le sens de grandiloquent. ce rire serait bien plutot l’objection à toute grandiloquence
            c’est sans doute « ample » que tu voulais dire

          • alors je suis allée voir dans le dico : « qui a un caractère affecté, déclamatoire, pompeux, emphatique, ou de quelqu’un qui s’exprime de cette manière. »
            bien fait de rectifier, c’était « rire grand » ou « grand rire »

          • dieu fasse qu’en tous lieux du monde les malentendus se dissipent si vite

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