Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

Pas encore membre ? Enregistrez-vous et simplifiez-vous les commentaires !

Un démocrate en Folio ?

Ne nous réjouissons pas trop.

En  mars 2005 était publié Un démocrate, bio littéraire de Mick Jagger. A l’époque son auteur ne demandait déjà rien à personne, mais, sans aucune contrepartie, les Inrockuptibles gratifièrent le livre d’un article titré Rock’n flop. Suivaient quelques lignes irréfutables sur la médiocrité évidente de l’objet.

couv folio démocrate jaggerLe lectorat ayant globalement des goûts de chiottes, le livre eut quand même sa petite vie économique, et fut l’objet d’une adaptation radiophonique par Cecile Backès. Il devint même très désirable, voire un peu culte, lorsque les éditions Naïve, suspendant la collection dans laquelle il s’inscrivait, le rendirent difficile à acquérir.

En le rééditant en Folio, les éditions Gallimard ne risquent-elles pas de priver l’ouvrage de son seul intérêt, la rareté ? La fascination suscitée à distance ne risque-t-elle pas de retomber une fois qu’il sera lu ? Sans vouloir provoquer cette déflation en l’anticipant, prévenons quand même l’acheteur potentiel de cet ouvrage en librairie depuis le 20 mars, qu’il est centré sur les années 60. Ce qui semblait désuet en 2005 semblera désormais complètement caduque. D’autant que la Stonologie a entretemps fait des découvertes essentielles. Nous savons, depuis l’an dernier, que le vrai prénom de Keith Richard est Jean, et qu’il n’a jamais incarné à l’écran le Commissaire Maigret. Par ailleurs, des prélèvements ADN ont établi, en 2008, que la plus grande chanson du monde n’était pas Gimme Shelter, comme il fut longtemps affirmé, mais Jigsaw Puzzle. Chacun pourra le vérifier en comparant :

https://www.youtube.com/watch?v=sEQL6z1U0wY

https://www.youtube.com/watch?v=2obHLK6iW7g

En résumé, pour ce livre autant que pour les élections de ce printemps, il ne serait pas imprudent de s’abstenir.

56 Commentaires

  1. La situation d’énonciation de ce récit est très intéressante. Un narrateur protéiforme, capable de se glisser « dans une des cordes de Keith », témoin de tous les moment essentiels qui ont jalonné la carrière sixties de Jagger, divin enfant du rock, capricieux en diable – « je fais ce que je veux »-, s’adresse à un lecteur supposé ignorant, rudoyé par de multiples expressions négatives : « Vous n’avez rien remarqué », « Vous n’êtes pas attentifs », « Soit vous vous en branlez, soit vous n’avez pas de méthode ». En vérité, il vous le dit : Jagger est mort en 1969. Depuis son fantôme se promène et plastronne sur scène ou ailleurs. Quand on vous affirme que François Bégaudeau est un auteur de récit fantastique, on ne ment pas.

    Celui qui raconte parle depuis une montagne d’où s’envolent les plus audacieuses périphrases – «  le plus grand groupe de monde », « le plus grand cinéaste du monde »-. Fan divin, esseulé dans ses certitudes, il ne rencontre forcément que le silence de la vallée et le déplore- « je parle dans le vide »-, tandis que les autres, ceux qui croient Jagger vivant, continuent d’admirer leur idole d’après une fiction biographique montée de toute pièce. Les mecs, vous pensez écouter du rock, mais depuis Altamont, c’est juste une affaire qui roule. Il y a eu deux morts ce soir-là. Sauf que le certificat de décès artistique n’a jamais été délivré.

    Impossible de voir Jagger avec les mêmes yeux une fois qu’on a lu ce texte.

    • Les mecs ou les nanas, les gens quoi.
      En même temps, pour préciser cette question de la voix narrative, il me paraît y avoir une double identité : dans la majeure partie du texte, on a ce narrateur omniscient, omnipotent, tout ce qu’on veut, capable de voleter au-dessus du texte de Shelley à Hyde Park, de se promener sur les cordes de Keith Richards, celui qui assène la Vérité sur l’affaire ; en même temps, factuellement plus proche de l’auteur, il y a un autre narrateur, celui qui est advenu après la « mort » de Jagger et évoque par une série d’infimes détails, au détour d’une phrase, d’une expression, son rapport à la musique des Stones (par exemple, 86 comme date fondatrice).

  2. Une pépite cachée tel un trésor.
    Inspirée la personne qui a songé à la réédition. Comment se fait-il qu’on ne parle pas plus de ce petit grand livre ?

    Existe-t-il un texte que vous avez raté ou que vous n’aimez pas avoir produit, François ?

    Je vais commencer par le bémol. Le titre, trompeur.
    Aparté : Je pense avec conviction mais sans prétention que je pourrai reconnaître un texte émanant de vous sans que le nom de l’auteur y soit adossé (pour parler bégaudien). Enfin je crois que c’est le cas de tous les sitistes.

    Mick, c’est les Stones. Les Stones, c’est Mick. Ok pas de problème. Mais en réalité c’est plus la biographie des Stones que de Mick. Je ne suis pas sûre de me faire comprendre.
    D’ailleurs dans la bio de l’auteur, il est écrit : fiction biographique sur les Rolling Stones. Le titre comprend donc une synecdoque. Il est associé à un adjectif artefact, ici.

    Sacré hommage que ce livre !

    Vous avez inventé un concept : le vraifaux.

    Cette œuvre en est la démonstration. Tout est vrai mais tout est faux ou pourrait être faux. Il y a un parti pris. Admirons-le alors sous cet angle.

    Rien que la naissance, on y est, on goûte. On est en terre bégaudienne. Fallait le voir aussi le presque palindrome phonique ! Il y a les gimmicks chers à l’auteur(avec une surprise vers la fin*), encore des théorèmes, je découvre que François Bégaudeau n’avait pas une fibre scientifique que dans de Âne à Zèbre . P34 est écrit : C’est scientifique puis vérifions le théorème. Aussi il décompose le parcours d’un morceau (comme avec la blague dans AàZ). Bon sans ce que j’aime ça. J’aime ces démonstrations scientifiques/étymologiques. Vous auriez fait un bon prof, je crois.
    Extrait : « vous venez de subir l’intervention chirurgicale de Steve Austin. Vous valez trois milliards ».
    Il invective le lecteur. On lit ce livre en souriant. Plus loin une prétérition. J’ai adoré. Il y a plein de phrases ou passage qui percutent comme ça. On crierait presque au génie.
    Extrait : « Il s’est cassé quelque chose ».
    François B. pose plein de questions. A la page 21 : on peut tenter un certain J. White ? Ou alors p.103 ? Peut-être ces questions concernent respectivement les Sixties et les Stones. J’ai tenté.
    Page 82, vers la fin, c’est cruellement drôle. Bien aimé d’ailleurs tout le passage sur Brian. Mon esprit a cru voir passer un gentilhomme- Fred, mais non c’est le côté zombie qui m’a induite en erreur.
    *la dernière phrase de la page 98.

    Je le disais : un parti pris et ce qui est démontré de cette quasi décennie est cohérent avec lui.
    Car tout est contestable. C’est le concept du vraifaux du fauxvrai.

    J’ai du mal à croire qu’il s’agit d’une commande. Bienheureuse la personne commanditaire qui, par ce post, je remercie chaleureusement.
    Sincèrement je ne pensais que ça me plairait autant. Peut-être parce que j’aime les Stones. Comment ne pas les aimer ?

    La réussite de ce livre, s’il fallait encore l’expliquer, réside dans un fait assez simple.
    Je vais maintenant écouter trois albums : Beggars Banquet, Let it Bleed et Gimme Shelter.

    • Oups ! Gimme Shelter est un morceau, une compile ou un film mais pas un album à part entière. Soyons précis.

  3. je n’ai pas trouvé les BD que je cherchais hier à la bibliothèque mais il y avait le « Transfuge » de janvier et ta critique François de la bio du peintre Courbet par David Bosc (« La claire fontaine »)et c’était plutôt une bonne pioche parce que ta bio de Mick Jagger. je lis l’article :
    « C’est un peintre qu’évoque « La claire fontaine ». C’est la dernière décennie de Courbet » (c’est un rocker qu’évoque « un démocrate Mick Jagger 1960-1969 », c’est la dernière décennie, ou plutôt « la » décennie de Mick démocrate)
    « Comment s’y prendra la littérature pour aborder la peinture ?
    D’abord de la plus élémentaire des manières : en montrant le peintre au travail » (en montrant le rocker au travail : en décrivant une répétition, filmée dans « one+one » de Godard, par exemple)
    « En second ressort il y a la voie mimétique, au nom de laquelle le texte s’astreint à la tâche circonstanciée de se faire pinceau »(faudrait aller voir comment le texte dans la bio de Mick « s’astreint à la tâche circonstanciée de se faire » corps de rocker)
    « pour autant,ce n’est pas sur un mode directement pictural que la littérature convole le mieux avec la peinture. Plutôt lorsqu’elle joue sus ses qualités propres, et d’abord sur la reine d’entre elles, la matricielle, la constitutive : la concision.
    Le mathème de la concision ? Beaucoup d’évocations en peu de mots. Opérer en un temps , là où d’autres en prennent deux, trois ou quatre. » (faudrait aller voir comment le texte de la bio de Mick évoque beaucoup en peu de mots, opère en un temps au lieu de quatre)
    ce commentaire de la bio d’un autre amène à voir les réflexions que tu as pu avoir au moment de composer toi-même une bio. encore :
    « le modèle devra échapper aussi un peu à l’écrivain; Sans quoi il le possède, et c’est le voler…la meilleure saisie fait une part à l’insaisissable… c’est ainsi qu’aux longues bios studieuses, qui étouffent leur sujet à trop l’étreindre, on préfère les brèves rêveries biographiques, soigneusement incomplètes, pointilleusement distantes, de romanciers comme Echenoz, Michon, Bosc » (et bibi)

    • @Helene: bonjour,
      toujours archi plaisant de te lire
      surtout sur une page dédiée à comme celle-ci :- )

      . du nez dans de François in transfuge de janvier, voici ce que j’avais posé, dans le kif d’un échange avec Pleutre,
      http://begaudeau.info/dis-moi/comment-page-52/#comments
      mais c’était sans le travail de pensée avec le un démocrate de notre hôte
      … / – Tu parles de dette que tu n’aurais su honorer et me mène à ce soir, où je me suis payé le premier num 2014 de transfuge: François y titre son nez dans le texte  » un donné pour un rendu »; c’est un papier en deux colonnes dédié au La claire fontaine de David Bosc, une déca-bio du peintre Courbet (ses dix dernières années) que François aurait attendu au tournant, façon observation de deux amantes, la littérature et la peinture, jusqu’à ce qu’elles s’entreprennent – un peu comme devant la vie d’adèle oui, un peu –
      François, pour décrire son plaisir à lire Bosc dans l’exécution de cet exercice littéraire, passe par la plume qui se ferait aussi pinceau et décrirait, pointerait, dans une situation, les éléments primordiaux d’un tableau ou du travail du peintre;
      il en profite ensuite pour nous demander, façon invite interactive, comment on décrirait en peu de mots, un type qui se déchausse sans y mettre les mains ou le destin social des petits derniers des familles nombreuses rurales du 19e, avant de partager, de nous livrer les mots de David Bosc dont la concision opère en un temps, via l’outil qu’est son style partageur et joyeux, immédiatement parlant, immédiatement visuel, outil pour honorer Gustave, lui rendre hommage; puis, françois précise pour conclure:
      …C’est ainsi qu’aux longues bios studieuses, qui étouffent leur sujet à trop l’étreindre on préfère les brèves rêveries biographiques, soigneusement incomplètes, pointilleusement distantes, de romanciers comme Echenoz, Michon, et désormais Bosc./…

      C’est le genre de papier qu’écrit François et qui t’accroche de son index-ressort joueur et recourbé, pour que tu t’approches à nouveau et le relise, tu vois? /…

      je suis contente de te lire ici Helene,

      • @shash:salut shash, plaisir partagé
        j’aime bien ton texte qui fait joliment revivre l’article
        est-ce que tu sais de quelle ou quelles bio(s) parle François pour Michon ?

        • @Helene: voici

          bécots bécots

        • @Helene: :- )
          et maintenant que nous avons, non like a virgin mais plutôt comme baleines en eaux douces, bien ri
          / et que j’ai joui de me voir encore maîtriser la technique du lien camouflé alors que je ne l’ai plus appliquée depuis des lustres à led /
          tu parles de Pierre Michon? peut-être à propos du peintre en tableau François Elie Corentin dans son les onze? ou dans sa la grande beune ou il parle des peintures en grottes des habitants de lascaux?
          sinon
          vite wiki?
          ->
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Michon

          ps: un café dans notre pmu dans 1/2 heure?

          • @shash: des lustres à led, évidemment
            à ta santé

        • Je pensais bien sur à ses Vies minuscules, mais surtout à sa bio de Rimbaud, à lire (Rimbaud, le fils)

  4. Salut à tous,
    J’accepte par avance l’accusation d’être hors sujet. Quoique.

    Evidemment, François, j’ai acheté le folio. ô fffffétichisme !

    François BON, « Rolling stones, une biographie », Fayard, 2002.

    Il faut s’y résoudre et en prendre notre parti, quel que soit notre âge, et le chagrin qui y est immédiatement annexé : la génération rock’n’roll, qui est entrée depuis bien loin en mythologie, est dorénavant mûre pour la muséification. Ce mémorial monumental – 650 pages – s’intitule « Rolling Stones, une biographie », ce qui est une habile manière de préciser qu’il pourrait y en avoir d’autres. Les érudits de l’inutile, nombreux à peupler douze salles de concert, n’y trouveront rien, ou si peu, à redire : il n’y manque pas une corde de Stratocaster, pas un bouton de chemise à jabot, pas une chute d’enregistrement unplugged – pas un rail de coke. D’un point de vue académique, c’est impeccable, et les néophytes, les indifférents, les fidèles, et jusqu’aux fanatiques – toi et tes alittérations, dit-elle – liront avec profit cette somme, y apprendront une foultitude de choses, à commencer par le fait que le groupe était en son aurore sans contredit celui de Brian Jones – et que subséquemment Mick Jagger y et en était alors tenu pour le maillon faible. Time is on my side ?

    Inattaquable sous l’angle universitaire, cet ouvrage , mine de diamants mal taillés, parce que, à rebours du grief habituel, trop lentement – dix ans – la durée d’un doctorat – pour écrire sur les Stones, boule d’incandescence et concentré d’énergie(s), il y a quelque chose qui cloche – réjouira peut-être moins l’enfant du rock. Celui – celle – qui a le coeur qui saigne pour les pulsations violentes et heurtées de, on va dire « Jumping Jack flash », ne retrouvera rien ici, si méticulesue soit l’enquête, de ce qui l’aura pour un jour ou pour la vie mis(e) en branle.
    Car il n’est pas question dans le rock d’enquête, et encore moins de méticulosité, mais de vitesse, de violence, de désir, d’énergie.
    Autour des (et non pas sur les) Stones, on – ce « on » dépersonnalisé dont use et abuse François Bon – lira avec plus de fièvre le bref texte capricant et rapide consacré par François Bégaudeau, à croire que ce prénom et ces initiales sont le code pour, sinon aimer, du moins écrire sur les pierres qui roulent, François Baroin va p’têt s’y mettre, à Mick Jagger. Subjectivité, urgence, mythologie, réappropriation : l’équation fatale et magique des riffs et des solos. Pour écouter à pleine puissance, « Gimme shelter », mieux vaut laisser à demeure les boules quiès de l’Alma Mater.

    TS, 2010

  5. « En mars 2005 était publié Un démocrate, bio littéraire de Mick Jagger.
    (j’ai cherché tout le week-end quel était le genre de ce livre, réponse ici : bio littéraire. littéraire : une partie réelle (grâce à ce texte j’approche de façon plus complète la décennie 60, le groupe des Stones, leur musique telle que racontée : le livre est pour moi une jolie poussée dans le dos pour aller voir plus loin du côté de la musique, des films sur le groupe) sur laquelle se construit une partie littéraire, littéraire pour signifier imaginaire, imaginée, fantasmée, mieux : glissement du connu – la bio officielle – vers l’inconnu – la bio begaudisée – néologisme très laid, mais il faudrait juste retenir l’idée : bio remixée par le cerveau ou plutôt – pour essayer de parler synchro – le corps de François. bref le côté littéraire s’est imposé comme une évidence dès (ça aurait pu être avant mais ça n’aurait pas été moi)le moment du récit de la naissance/genèse de Mick Jagger et Keith Richard sur le quai de la gare (page 33-34 dans l’édition Naïve) : « De la naissance de Mick en gare de Dartford on n’a pas dit le plus important. Le plus important est le train qui est passé à ce moment-là. Il y avait la foule sur le quai, des chiens en laisse, des chiens errants, des jupes, des pantalons, des Anglais, des étrangers dont neuf Américains dont trois Noirs, et alors un train est passé qui ne s’arrêterait pas en gare, et le speaker a mis en garde comme il se doit, et personne ne l’a écouté, tous sont restés en bordure du quai, et quand le train est passé ils ont tout pris son énergie, tout pris sa fougue, tout inhalé l’air qu’il fendait et brûlait en le fendant. La foule ainsi s’est échauffée échauffée, a commencé à tourner sur elle-même, à fabriquer de l’électricité statique, et ce trop-plein d’énergie en elle s’est allé synthétiser en tornade puis exploser contre le mur, et il y a eu deux corps en plus, et la dernière lettre de l’un était l’initiale de l’autre. Mick et Keith étaient nés, de l’accouplement d’une foule et d’un train De l’étincelle issue du frottement des gens contre la machine. » genre : fantastique, littérature)
    A l’époque son auteur ne demandait déjà rien à personne (cette phrase me plait énormément, je la ruminais moi-même dans mon coin, rapport à ce site, au dis-moi, à des choses que j’ai pu y dire, trop personnelles et sans intérêt, même pour moi, c’est dire), mais, sans aucune contrepartie (proposition incongrue et donc à réfléchir : les journalistes devraient dédommager les gens qui produisent des oeuvres dont ils disent du mal simplement par mauvaise humeur), les Inrockuptibles gratifièrent le livre d’un article titré Rock’n flop. Suivaient quelques lignes irréfutables sur la médiocrité évidente de l’objet (en posant que le livre est médiocre, les Inrocks auraient ramené le livre au rang d’objet ? mais un objet peut-il être médiocre ? deux façons de désigner un livre qu’on n’aime pas : façon directe : « c’est un livre médiocre », indirecte : « c’est un livre »(réduit à livre-objet))

    Le lectorat ayant globalement des goûts de chiottes (malin, le lectorat c’est tout le monde, et personne : je veux bien avoir des goûts de chiottes, mais juste le temps d’en rire, après je me raccrocherai au « globalement »), le livre eut quand même sa petite vie économique (bonus), et fut l’objet d’une adaptation radiophonique par Cecile Backès (noté). Il devint même très désirable, voire un peu culte(tournure cadeau), lorsque les éditions Naïve, suspendant la collection dans laquelle il s’inscrivait, le rendirent difficile à acquérir (pareil).

    En le rééditant en Folio, les éditions Gallimard ne risquent-elles pas de priver l’ouvrage de son seul intérêt, la rareté ? La fascination suscitée à distance (moi, c’était plutôt une légère appréhension : est-ce que j’allais comprendre un livre écrit sur un chanteur et un groupe que je ne connais pas bien ?)ne risque-t-elle pas de retomber une fois qu’il sera lu ?(pas fascinée puis déçue mais inquiète puis rassurée, après avoir reconnu dans le livre l’auteur : le style passionné et émancipé de « fin de l’histoire » ou « jouer juste », les marqueurs récurrents zèbre-babouin-corps-désir-énergie-électricité…, et une fois rassurée, mise en appétit pour aller écouter, visionner les clips, les films relatifs aux Stones) Sans vouloir provoquer cette déflation en l’anticipant, prévenons quand même l’acheteur potentiel de cet ouvrage en librairie depuis le 20 mars (c’est fait), qu’il est centré sur les années 60. Ce qui semblait désuet en 2005 semblera désormais complètement caduque (les tubes des années 60 se retrouvent sur nostalgie aujourd’hui, pour autant l’époque est-elle perçue comme désuète ? possible, moi c’est l’époque de mes parents, 60-69 c’est leur crescendo personnel : des carcans familiaux à leur rencontre (au début de leur rencontre, Kate-ma mère demande à John-mon père s’il est plutôt Beatles ou plutôt Stones et la réponse de mon père la fait bien rigoler)et à la bascule dans tout un tas de « pourquoi-pas » ?, comme c’est le crescendo du démocrate Mick Jagger dans le livre, j’ai du respect, de la fascination pour cette période, comme face à un ovni). D’autant que la Stonologie a entretemps fait des découvertes essentielles. Nous savons, depuis l’an dernier, que le vrai prénom de Keith Richard est Jean, et qu’il n’a jamais incarné à l’écran le Commissaire Maigret. Par ailleurs, des prélèvements ADN ont établi, en 2008, que la plus grande chanson du monde n’était pas Gimme Shelter, comme il fut longtemps affirmé, mais Jigsaw Puzzle. Chacun pourra le vérifier en comparant.(merci, le livre est pour moi comme un point de départ vers tout ce qu’il brasse et que je ne connais pas)

    En résumé, pour ce livre autant que pour les élections de ce printemps, il ne serait pas imprudent de s’abstenir »(il est donc prudent de s’abstenir : s’abstenir d’acheter le livre, s’abstenir d’aller voter aux municipales, chercher l’erreur dans le parallèle. autre chose : à la lecture de la fin du livre je comprends que Mick Jagger meurt (symboliquement), perd sa dimension de démocrate du moment où il amorce un virage à 180° et devient de fait prudent, alors question : s’il est prudent de s’abstenir, et si être prudent n’aide pas à être démocrate, tout le contraire, est-ce démocrate de s’abstenir ? tu me pardonneras François de jouer facilement (trop ?)avec les mots, pour le simple plaisir de titiller souvent, parfois – pourquoi pas ? – pour aller plus loin et tester le sérieux de la question : est-ce démocrate de s’abstenir ? de s’abstenir de quoi ? de s’abstenir de voter, par exemple (je crois que tu t’es déjà expliqué sur le fait que tu ne votes pas : pas de désir de voter, et voter ne va pas dans le sens d’une émancipation de la vie politique et de la vie quotidienne). et si cette question prend la tête on peut toujours demander l’avis du chimpanzé, lui demander s’il est chimpanzé de s’abstenir ou s’il est démocrate de se chimpanzer)

    • « sur laquelle se construit une partie littéraire, littéraire pour signifier imaginaire, imaginée, fantasmée, »
      non (littéraire ne signifie pas fiction)
      « mieux : glissement du connu – la bio officielle – vers l’inconnu – la bio begaudisée – néologisme très laid, mais il faudrait juste retenir l’idée : bio remixée par le cerveau ou plutôt – pour essayer de parler synchro – le corps de François. »
      yes beaucoup mieux

      • @François Bégaudeau: alright
        autre chose (what else ?):
        « qu’est-ce qu’un chanteur – de rock ? Qu’est-ce qu’un chanteur de rock ? Qu’est-ce qu’un type qui seulement chante, que n’occupent ni guitare, ni basse, ni biniou ? C’est le premier récepteur de la musique émise par son band. Avant même le public il est là qui la reçoit en première ligne, aux avant-postes, et aussitôt la rend, la passe à travers lui et la recrache. L’émet aussitôt que reçue, la reçoit aussitôt qu’émise, karaoké instantané. L’émet puis elle lui revient médiée par la foule. Tout cela sur scène, quand vient le soir. La scène est l’épicentre de la grande interactivité démocratique dont Mick est pendant dix ans le maître de cérémonie.
        Un chanteur de rock sans instrument est l’incarnation instantanée de la musique, et donc c’est un danseur, qu’il le veuille ou non, maladroit ou non, un danseur désigné par la baguette magique du son émis derrière par ses amis. »
        je dirais François que ces lignes je les prends comme un témoignage de ta propre expérience de chanteur/parolier dans le groupe des Zabriskie point. que dans la bio il y a aussi une part d’auto-bio. dans les grandes lignes ça a pu s’articuler chronologiquement comme ça : à partir de 1987 tu découvres, écoutes et aimes beaucoup les Stones, est fasciné par son chanteur Mick Jagger, sa façon d’être en scène et en dehors, de 1991 à 1999 tu es le chanteur/parolier du groupe de punck-rock les Zab, en 2005 parait « un démocrate Mick Jagger 1960-69 ». et donc le livre ne vient pas de nulle part (un lecteur peut avoir ce sentiment)et pourrait si on creuse un peu apparaître comme l’élucidation de ton vécu musical.
        je me disais aussi que ta façon d’interpeler le lecteur dans le livre, sans ambages, un peu rude un peu rieuse, ressemblait à ce que peut faire sur scène un chanteur avec le public d’un concert : écrivain-chanteur quand il chauffe la salle (le contact, l’énergie, l’humour).
        et le fil conducteur du livre : « on dira comment, on dira pourquoi » (comment Mick Jagger a été un chanteur démocrate, pourquoi il ne l’a plus été), répété de façon espacée dans le texte, pour moi c’est comme un refrain : « we’ll say how, we’ll say why » (corriger si ça se dit autrement): écrivain-chanteur quand le fil conducteur du livre sonne comme un refrain.
        bref je trouve joli comment dans une bio sur un chanteur rock le biographe emprunte ça et là des choses ou bien à la scène ou bien à la composition musicale et les intègre à l’écriture.
        pour terminer là-dessus, j’ai dévié pour le plaisir à partir de « on dira comment on dira pourquoi » vers « comment il vécut comment il est mort »,paroles de la chanson de Gainsbourg, « Bonnie and Clyde »: « Vous avez lu l’histoire De Jesse James Comment il vécut Comment il est mort Ca vous a plus hein Vous en d’mandez encore Et bien Ecoutez l’histoire
        De Bonnie and Clyde ». Et vous ? vous avez lu la bio littéraire de Mick Jagger Comment (démocrate) il vécut Comment (démocrate)il est mort Mais vous n’êtes pas attentifs et vous ne connaissez pas les Stones plus grand groupe du monde A leurs plus grands concerts moi j’y étais Et bien lisez ou écoutez la bio « Un démocrate Mick Jagger 1960-1969 »

        • tout est juste dans ce post, Gainsbourg compris (immense chanson, non?)
          ça m’énerve, j’aurais bien aimé exercer mon droit souverain de rectification

          bio littéraire, disions-nous, et on pourrait préciser : des faits objectifs, avérés, passés au filtre d’une subjectivité, c’est-à-dire d’un style
          cette subjectivité participe, entre autres, de la biographie de l’auteur : bien sur que ce livre est aussi nourri de ce que j’ai pu éprouver et comprendre en pratiquant moi-même
          grande forme helenique

          • @François Bégaudeau: donc finalement tu es toujours énervé, soit parce que pas d’accord soit parce que rien à redire. et moi je n’ai pas l’habitude de ça, trop bizarre, alors je vais enchaîner et avec un peu de chance je vais dire une connerie. comme ça je pourrais dire que
            j’aime bien toutes les chansons de Gainsbourg, « Bonnie and Clyde » compris ; je trouve que chacun de ses textes marche sur une trouvaille et du coup on oublie que ces textes sont courts et répétitifs + que ses paroles et sa musique marchent bien ensemble + que c’est super que Gainsbourg ait créé/produit des chansons en allant voir du côté de la musique classique, du jazz, de la BD, du cinéma… ;
            aussi que
            c’est intéressant que tu reprennes le processus de création littéraire en termes d’objectivité-subjectivité-style.
            j’aime bien bien que tu rapproches subjectivité et style, je trouve que c’est une belle façon de parler de la subjectivité, une façon positive : la subjectivité travaillée de façon à ce qu’elle augmente la vie (et ce faisant produise de l’art).
            par exemple, ta subjectivité-style ce serait de déceler dans la posture d’un chanteur-leader de rock une posture démocrate, tenant principalement dans son interaction vertueuse (comme un cycle vertueux : je te donne, tu me donnes, je te redonne etc)avec la foule (requalifiée en peuple)présente au concert.

          • oui, la saisie subjective crée le style
            le premier fait stylistique de ce livre c’est son titre, improbable et voulu tel, et le montage qu’il propose : démocrate/jagger
            on peut dire que ça passe en force -le style c’est toujours un peu discutable- et en même temps j’y crois
            si je n’y crois pas, si c’est pur provoc, ce n’est plus du style, c’est un effet de manche, c’est un bon mot
            le style se tient donc dans la zone ténue où l’improbable éprouve sa crédibilité
            c’est pourquoi le style n’est ni réaliste ni imaginaire, il se forme au point où s’invente le réel, où la langue fait devenir ce qui est
            (je sens bien que ces expressions sont un peu sibyllines, mais je cherche un peu en écrivant)

          • @François Bégaudeau: (je trouve ta parenthèse précédente très courtoise, Mick lui aurait employé le mot « courtesy »)
            ta réflexion sur le style m’intéresse et je crois que je la comprends dans ses grandes lignes (« le style c’est toujours un peu discutable- et en même temps j’y crois/le style se tient donc dans la zone ténue où l’improbable éprouve sa crédibilité »).
            de toute façon à propos de ce qu’est le style, je viens de loin. longtemps j’ai cru que le style se résumait seulement à une écriture particulière, à la seule forme, j’oubliais toute la partie idées particulières (je suis à la peine sur cette formulation) qui fait aussi et beaucoup le style.

          • Le style, c’est quand même essentiellement dans la forme que ça se tient.
            Mais ce n’est jamais loin de la pensée, en effet. On pourrait dire que l’art est ce qui pense par la forme. Et la littérature ce qui pense par le style
            La critique littéraire consistant alors à élucider ce que pense le style.

          • @François Bégaudeau: quel lien tu fais entre le style et la stylisation ? En peinture ou en sculpture, la stylisation serait pour moi une manière de radicaliser, de dévier un peu la forme pour susciter une légère distance entre la chose représentée et son modèle réel. Dans ce décalage permis par la stylisation toute la complexité du réel peut s’engouffrer. L’œuvre y gagne en logique interne et en respiration. Ce qui me frappe c’est que les œuvres qui ont cherché à imiter la réalité avec le plus de précision (la peinture académique du 19ème par exemple) sont paradoxalement celles qui peinent le plus à faire ressentir le réel. Au contraire, quand une œuvre provoque chez moi une émotion liée au réel, je constate qu’il y a toujours stylisation, même chez les artistes réputés les plus « réalistes ». Par exemple, le David de Michel-Ange : sculpture qui pourrait être très kitch, dans son souci de copier à la perfection une anatomie idéale, si elle avait été réalisée à une échelle réaliste. Ici, l’échelle monumentale est une manière de décaler les choses, de styliser, de s’éloigner du réel pour mieux le signifier. Plutôt que de copier le réel, trouver une équivalence formelle. Ainsi, le David gigantesque se tient dans « la zone ténue où l’improbable éprouve sa crédibilité ». Je pose cela ici comme une hypothèse plutôt que comme une certitude.

          • Je crois que le processus que tu décris, c’est tout simplement l’art. Et style suffit, stylisation me semble redondant. A moins que la stylisation désigne un travail de mise en forme du monde qui ne prétend plus le capter mais l’embellir, l’arranger. Et alors le David de M-A procéderait davantage du style.

          • @François Bégaudeau: Je crois que nous sommes d’accord. J’emploie stylisation dans le sens que tu donnes à style. Peut-être parce que style dans les arts plastiques je l’entends plutôt comme la manière particulière d’un peintre : le style de Monet qui n’est pas celui de Renoir. Terme un peu trop vague donc. Stylisation renverrait plutôt à une action, à un choix précis de l’artiste à un moment donné.
            Pour toi, stylisation ce serait par exemple ce que fait Wes Anderson dans ses films ?

          • Je ne déteste pas Wes Anderson, et même quelque chose m’émeut chez lui; mais oui son style n’est jamais loin du stylisme au sens haute couture. L’élégance dandy. Le costume bien coupé. Cinéaste préféré de Frederic Beigbeder.

          • @François Bégaudeau: Je sens bien chez Anderson cette volonté de recomposer le monde, de l’embellir, en supprimant tout ce qui choque son bon goût. On aboutit alors à une belle vison imaginaire, un monde en soi, déconnecté de la réalité. Mais ce que je n’arrive pas à sentir c’est si cette opération de stylisation passe par un travail sur la forme ou si elle n’opère simplement que sur le contenu (le décalage se situerait au niveau du contenu et non de la forme)? Un peu à la manière d’un Gustave Moreau en peinture par exemple. Y a t-il des exemples d’inventions formelles chez Anderson ? Pas très connaisseuse de son cinéma (à part son dernier film), ma question est peut-être un peu naïve. Mais j’avoue que Grand Budapest Hôtel a tout de suite provoqué chez moi cette question, sans que je n’y trouve de réponse.

          • pas vu celui-ci
            auparavant Anderson a plus des trucs formels bien à lui, par exemple la disposition des scènes en vignettes frontales, comme si l’histoire se racontait en tournant les pages d’un album dessiné
            bon, ça va pas très loin
            au passage je te recommande vivement Lessons of harmony, qui va te plaire à plus d’un égard, et qui surtout montre bien ce que peut etre un style en cinéma (cours-y vite, il y a peu de copies en circu)

          • @François Bégaudeau: message reçu !

          • @François Bégaudeau: je reviens deux secondes à Gainsbourg. j’ai entendu « bonnie and clyde » hier à la radio et il aurait fallu que je sois sourde pour ne pas entendre les « ou-ôu-ou » qui ressemblent aux « ôu-ôu » du choeur pourri supervisé par Keith Jarreth sur la chanson « sympathy for the devil ».
            je m’apprêtais à écrire que Gainsbourg a pompé et transposé les Stones (en changeant la rythmique). mais mais je lis que « Bonnie and Clyde » est sorti en juillet 1968 et « sympathy for the devil » en décembre 1968. c’est possible que Gainsbourg ait entendu la chanson avant sa parution ?

          • Penser c’est faire marcher ses yeux et ses oreilles
            Hélène pense.
            Je n’avais jamais fait le rapprochement. C’est quand même pas exactement la même nature de choeur, donc suis pas si sur que truc imite machin. Et puis tu sais des hou hou le rock en est plein. Le hou hou EST le rock.

          • et tu as bien MERITÉ le plus grand hou hou de l’histoire de la musique
            https://www.youtube.com/watch?v=1ajUJNm2oFM 1’10

          • @François Bégaudeau: si on fait pas gaffe, c’est un petit jeu qui peut durer longtemps : http://www.trouvetamusique.com/musique.php?id=174

        • @Helene: J’attendais d’avoir fini le bouquin de François pour lire attentivement ton commentaire. Des éléments autobiographiques en creux, la construction narrative avec des reprises façon refrain, la référence gainsbourienne, tout ça est vraiment très bien vu.

          • @Hélène: A cela s’ajoute une pulsation au niveau de l’écriture qui rejoint la musique des Stones. Je rejoins ce qu’a écrit Thierry à ce sujet : écrire trop lentement sur ce groupe paraît quasiment antinomique.

          • En tous cas, le rock a quelque chose de darwinien : les souffreteux ou les déprimés ont tendance à disparaître plus vite (Brian Jones, Nick Drake, Ian Curtis…). Ceux qui survivent ont foi en la vie.

          • merci Jérémy
            mets ça sur le coup de la chance

  6. Mais c’ est bizarre parce que moi j’ai lu dans sciences et vie que la meilleure chanson du monde était monkey man.
    Ah les scientifiques, quelle bande de guignols.

    • Ils ont dû bâcler le nettoyage d’éprouvettes à mon avis, comme d’hab.

    • Et donc, on va voir si j’ai bien saisi votre théorie cher professeur zèbre.
      Ce que vous dites c’ est que le corps de Mick serait une sorte d’interface d’expression du peuple.
      Que Mick renvoie au peuple sa propre image sa propre énergie, et inversement.
      Leur relation s’arrête lorsqu’ils commencent à prendre peur l’un de l’autre, lorsque la confiance disparait.
      C’est alors que les stones se mettent à produire des chefs d’œuvres.
      De l’Art avec un A.
      Comme quoi l’Art serait une sorte de mise à distance, de barrière pour se protéger du peuple tellement qu’il fait peur , le peuple.

      Aussi ,je te le dis françois bégaudeau, fais bien gaffe à ne pas produire de chef d’œuvre, tu serais bien malheureux.

      • Cette théorie dit que de 1960 à 1969, le peuple fait oui oui oui avec la tête.
        Puis se bloque, dit non et ça on sait pas pourquoi.

        • ça fait toujours oui oui par la suite, mais les années 60 seraient ce moment, étrange, rare, où le majoritaire fait oui
          ensuite les choses redeviennent normales

          • @François Bégaudeau: Pour compléter votre théorie professeur, je me disais que ce qui pouvait expliquer le passage du oui au non était une certaine migration vers Katmandou, recherche du développement d’une vie spirituelle. Quelque chose comme ça.
            Par déduction, le début du oui, c’ est l’inverse.

            Bon ben continue à bien baver en attendant, gilles.

      • je fais super gaffe
        par exemple le livre en cours en est un, eh bien là j’entre dans la phase où je le fais baver pour que la version finale ne soit pas un chef-d’oeuvre

  7. « Rock’n flop », c’est signé qui ? Nelly Kaprièlan, déjà ?

    • non, le premier à tirer fut Pierre Siankowski, qui un mois avant me demandait, et obtenait, un texte gratuit sur l’équipe de france de foot

  8. Ce sera une bonne occasion pour moi de le lire ! Mais les bouquins de François sont très mal rangés à l’Armitière de Rouen. Y’a d' »Ane à zèbre » qui jouxte les livres au programme de l’agrég’. La honte.

  9. Quelle bande de fils à personnes.
    Espérons que les inrock’ mette à nouveau de l’ordre et de la structure dans tout ça. Je pense que je vais tout de même assumer et aller jusqu’au bout de mes goûts de chiottes. Au pire je le vole, ce sera pas la première fois.

  10. On passera au stand Folio ce week-end, ça tombe bien.

  11. j avais adoré!
    a relire

    • @Josefina di la laguna: Absolument. J’ai découvert ce livre la même année que le film Gimme Shelter, je ne connaissais même pas l’épisode du concert d’Alta Monte. Le rôle que lui fait jouer Bégaudeau dans ce livre, le point de vue qu’il prend pour envisager les conséquences du drame sur le rapport de Jagger au public m’a complètement passionnée par les mécanismes qu’il décrit. Analyse sèche et sans concession, un mick jagger ne reviendra pas d’Alta Monte. Genre de livre dont on se dit qu’on en sort plus intelligent qu’on ne l’était avant sa lecture. Je ne comprends pas qu’il soit si peu connu, cité, tous ceux à qui je l’ai conseillé ont adoré.

Laisser un commentaire