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Les Inrocks enfin !

On commençait à désespérer, regardant passer les mercredis sans jamais voir venir le papier coutumier de notre plus fidèle soutien. Mais une fois de plus il est apparu qu’on pouvait compter sur elle. Nelly Kapriélian propose, dans les Inrocks de ce début février, un papier sur D’âne à zèbre, sorti il y a un mois. Dans le désert journalistique qui accueille ce livre, cela fait chaud au cœur.
Comment la remercier dûment ? En reportant in extenso cet article.
Comme il est long et étayé, cela a pris un peu de temps aux copistes de l’atelier begaudeau.info. Mais cela valait le coup, et quelques commentaires en italiques.

 

Le texte :

Pour son abécédaire, Bégaudeau tire à la ligne. Paresseux.
La collection s’intitule vingt-six, comme les lettres de l’alphabet. Il s’agira de demander régulièrement à un auteur de se plier à l’exercice de l’abécédaire. Une excellente idée si l’on a en mémoire ce grand modèle du genre que furent les entretiens de Gilles Deleuze avec Claire Parnet. Hélas, même s’il s’acharne à prendre la pose de « l’intellectuel de gauche », Bégaudeau n’est pas Deleuze.
Nelly fait bien de le rappeler, parce que souvent les gens confondent, à cause des ongles.
L’acteur, scénariste, auteur de BD, critique cinéma, chroniqueur littéraire, se rappelle ici qu’il est aussi romancier
Ici Nelly met amicalement en garde l’auteur contre la dispersion qui le menace. Et effectivement les faits parlent d’eux-mêmes. J’ai publié La blessure la vraie en 2011, Au début en 2012, Deux singes ou ma vie politique en 2013, et maintenant D’âne à zèbre C’est à dire qu’une année d’au moins douze mois s’est écoulée depuis la publication précédente. Qu’ai-je donc fait pendant tout ce temps où le romancier en moi s’était absenté ? Nelly le suggère : j’ai fait l’acteur. Une fois. En 2008.
Par ailleurs dans mes trop multiples casquettes, Nelly a la gentillesse de ne pas mentionner l’écriture de théâtre. En effet, c’est une activité littéraire. Or son idée c’est que je me l’éloigne inéluctablement de ma base littéraire. Il est donc logique de ne pas mentionner les travaux littéraires.

et livre pour chaque entrée un petit récit qu’il voudrait signifiant mais sombre dans une accumulation de phrases creuses : « L’idée lui en vint comme vient une idée, d’on ne sait où ».
Il y avait des phrases plus creuses dans le livre, mais oui celle-ci est assez creuse. Sans le dire, Nelly suggère pourquoi : le mot idée, creux ; le verbe venir redoublé ; le « on », indéfini et fumeux. Et encore, élégamment sortie de son contexte, cette phrase apparaît moins creuse qu’elle n’est.
Un peu court ? « Bien que n’ayant jamais lu Kundera, je peux parier qu’il aime le punk-rock ». Ah, bon.
À la réflexion on doit bien reconnaître que cette phrase ne veut rien dire.
Les choses arrivent comme ça chez Bégaudeau, sans qu’il y réfléchisse vraiment. « Voici un zèbre. Aussi bien c’eut pu être une mouche, introduite par son zézaiement. Aussi bien un zébu, qu’une redondance aurait campé au zimbabwé ». Comme ça aurait pu être un livre. Ou rien du tout.

La démonstration est implacable.
Ajoutons que les critiques littéraires se plaignent souvent de manquer de place pour déplier leurs pensées. Ici, Nelly démontre en acte qu’on peut dire beaucoup en très peu de signes, du moment qu’on soit dense et qu’on élucide le nœud conceptuel de la problématique intrinsèque du livre analysé.
Sans compter que ce papier, qui semble très court, l’est encore plus qu’il ne le semble. Ainsi une décomposition mathématique établit que :
-le tout fait 1140 signes, c’est à dire deux-tiers d’un feuillet, taille usuelle des textes les plus courts.

-sur ces 1140, 455 présentent le principe de la collection et rappellent Deleuze
-sur les 700 signes restants consacrés au livre en tant que tel, 300 sont assurés par des citations dudit livre
-Nelly a donc rédigé 400 signes sur le livre à proprement parler. C’est-à-dire 50 mots.
Un modèle de concision.

 Pour finir de lui donner raison, quelques « récits signifiants » ouvrant les chapitre de D’Âne à zèbre.

Début B 

Ça rumine, ça travaille de la mâchoire, ça s’active du foie, ça fait durer, j’aime manger.
Beaucoup aiment manger, mais deux qui disent j’aime manger disent-ils pareil ? Eric aime les saveurs ; alors que moi j’aime : manger.
J’aime le manger, le mâcher, l’avaler, j’aime la manducation. Aliments élus non pour leur goût mais s’ils offrent quelque chose à me mettre sous la dent. Bourrative sera la pitance du bourrin. Viande plutôt que poisson car elle résiste. Steak coriace plutôt qu’hâché. Riz qui épaissit plutôt que soupe qui dilue. Concombre à croquer plutôt que tomate qui presque se suce comme pastille —la voici dans le gosier et je ne l’ai pas senti passer.

Début C

De la bouche s’échappent des sons. C’est miracle, c’est dangereux. Les sons lui échappent, elle ne les tient plus, ils deviennent des mots qui prétendent dire.
Les mots, c’est le danger, ont toujours l’air de dire.
Une suite de sons XPRTO assurément ne dit rien. Aucun malentendu possible. Alors que la suite TIMIDITÉ veut dire. Elle le veut et nous l’entendons ainsi. Pour chacun c’est entendu elle signifie.

Début H :

Dieu eut pu faire que le H vînt après le E. Un coup de dés y aurait suffi, ponctué d’un rire car Dieu est rieur.
Dieu se moque du monde.
On connaît la confidence du professeur Bettinger à une de ses étudiantes : « J’échangerais vingt prix Nobel de chimie contre un prix d’humour ». A quoi fit écho la formule d’un inconnu dans une file d’Eurodisney : « Je préfère qu’on me dise drôle plutôt qu’intelligent ».
Cette paire de citations appelle deux remarques et un constat en forme de question.
Première remarque : Goran Bettinger n’est pas chimiste mais botaniste.
Seconde remarque : Eurodisney est implanté à Marne-la-Vallée, ville nouvelle dont les premières fondations datent d’avant la naissance de Gus.

Début F, un récit particulièrement signifiant :

Le 13 mai 2006 il y eut un dîner au Grand Hôtel Saint-Michel situé au 19 de la rue Cujas adjacente à la rue Saint-Jacques. Parmi les invités, le chanteur Yannick Noah, le centriste Jean-Louis Borloo, l’huissier Safet N’Zongo, Artémis, Goran Bettinger, Didier l’anguille, la comédienne Valérie Bonneton se distinguaient par certains détails. En revanche Tony Moreau trinqua un Porto avec deux francophones qui m’entreprirent sur un sujet avant qu’on ne servît les verrines et que Jeanne ne tapât dans ses mains.

Début R

Vers les années 2009-10, on vit les pages livre des Inrocks commencer à défendre quelques auteurs, comme Sollers, et surtout BHL, qu’elles avaient copieusement allumés depuis toujours. Etait-ce que ces auteurs avaient radicalement changé de style, de forme, de contenu ? Non, Philippe Sollers écrivait le même livre depuis vingt ans, et BHL continuait à être le symbole de l’intellectuel de gauche que des émergents comme Bégaudeau s’acharnaient en vain à devenir. Donc quelle était la vraie raison ? La vraie raison fut fournie un soir par un rédacteur du magazine : le magazine allait mal, il ne ferait pas long feu, et sans doute que les pages littéraires ne seraient pas les dernières à couler en cas de naufrage. C’est pourquoi ses rédactrices assuraient déjà leurs arrières, comme font les ministres en fin de mandat. Déjà pigiste à Vogue, journal de la gauche dandy qui demeurait sa famille métabolique, Nelly Kaprielian savait que, la géographie des rapports de force étant ce qu’elle était dans le champ littéraire, des gens comme BHL ou Sollers comptaient parmi la dizaine avec qui il fallait se mettre bien pour espérer quelques opportunités. D’où ce revirement littéraire.
Ecoutant cette explication fournie par un informateur de première main, on ne le crut pas. C’était impossible. Une des critiques littéraires les plus brillantes de sa génération –on se souvient de son magnifique éloge du Cœur intelligent, d’Alain Finkielkraut- ne pouvait avoir sombré dans de si vils calculs.
Et effectivement une enquête prouva que franchement on n’avait pas toujours raison de penser ce qu’on pense.

Début I

En temps normal, je ne crie, ne suffoque, ne dramatise, ne noie mon regard dans le lointain a travers une baie vitrée pluvieuse. 95% de l’art est plein pot, 95% de mon quotidien est demi-teinte, demi-mesure, affectivité pastel, émotion hybride, relations feutrées, mots couverts, basse montagne, faux plat, aigre douceur.
Le temps normal c’est presque tout le temps.

Fin K

Dès lors la voie est libre, le terrain du rock nettoyé, désencrassé, deprolétarisé, décharné, spiritualisé. Le balancier dialectique qui avait aspiré la jeune bourgeoisie des sixties dans une sphère à fort TEM, le rock, engage le mouvement inverse. Ayant d’abord par mimétisme adopté la guitare, le costumé Jacno peut dissoudre les crados Stinky Toys et se poser derrière un clavier, s’amputant de son cœur électrique, éviscérant sa musique, aimantant des gosses de riche que le kit cuir-bruit-bière rebutait, permettant qu’ils récupèrent le nom rock en le vidant de son sang et qu’une revue versaillaise s’appelle Inrockuptibles sous le parrainage des Smiths, guitare fluette, voix profonde, âme en peine, mine sombre, iconographie vintage, photos glamour, peau lisse, classe dandy, bourgeoisie.

 

 

 

31 Commentaires

  1. Salut à toutes les deux.
    quel chantier, patricia, difficile à dire en fait. dispersion est un autre de mes pseudos. touche à tout, touche à rien, comme disait une de mes ex.
    Chalandon et Garcia, c’est marrant, pasqu’au rythme où je vais c’est déjà de l’histoire ancienne, ce qui d’ailleurs est tout sauf une bonne chose.
    disons qu’il y a un chantier qui s’appelle le sartrobook, mais alors un peu en friche là; tjs dans un coin de ma tête quand même.
    Sinon je fais de la radio, un ciné club,et je gribouille, en plus du taf, bref je lutte contre le désoeuvrement existentiel . Un pacte de responsabilité envers soi-même, en somme.
    Rouaud c’est pas mal; le portrait de Lindon de la troisième partie est vraiment chouette.
    mais mon vrai conseil ça seraye plutôt ça.
    Je vous mets le texte entier puisque comme c’est pour un quatrième support, y sera pas sur le blog – en tout cas pas sous cette forme.
    Je vous embrasse les filles.

    avanti !

    Bah alors ? Janvier 2014
    Ian Mac Ewan
    Opération Sweet tooth

    « Une ambition dont n’a pas les moyens est un crime », disait Chateaubriand, portant ainsi sentence contre quelques-uns de ses successeurs putatifs en littérature, ainsi que, c’est l’ironie de l’histoire, contre lui-même en politique. Mais de ces déconvenues naîtront des merveilles, dont Sartre a tout dit d’un mot : « Il a eu raison d’oser. » Si décriée partout ailleurs, sous le vilain mot d’arrivisme, l’ambition demeure en littérature un facteur décisif, un élément essentiel des grands accomplissements. Ainsi, lorsqu’un écrivain déjà doué, reconnu et célébré, ajoute à son savoir-faire un zeste d’ampleur supplémentaire, alors on s’approche des zones thermiques du chef-d’œuvre. Le mot n’a rien d’usurpé dans le cas du dernier-né de Ian Mac Ewan, écrivain-star de l’inimitable insularité britannique.
    Amsterdam (1998) ou Solaire (2012), pour ne citer qu’eux, étaient déjà de très bons livres, l’un dans le registre dramatique qui est celui de Mac Ewan, l’autre dans une veine comique plaisamment inattendue, mais Opération Sweet tooth sort du lot. Il s’agit d’un récit d’espionnage, labyrinthique et d’une acuité psychologique stupéfiante, qui n’est pas sans évoquer Graham Greene, cet as de la faute et du rachat. C’est aussi le roman des stratégies déjouées et des promesses non tenues : en somme, du temps qui passe.
    Serena Frome est, en 1973, une belle jeune femme décidée, intelligente et très littéraire. Subjuguée par Soljenitsyne, cette étudiante brillante est également une anti-communiste résolue. Cette panoplie, peu fréquente dans son milieu, la conduit à être recrutée par le MI5 – l’espionnage britannique. Sa mission, nommée Sweet tooth, est en phase avec ses aptitudes : il s’agit de financer des écrivains prometteurs, afin qu’ils participent – du bon côté, of course – à la guerre froide dans la sphère culturelle. Mais la cuirasse de Serena a un défaut : elle aime des « hommes intelligents, amoraux, inventifs, destructeurs, déterminés, égoïstes, séduisants par leur froideur même. » Tel était Tony Canning, son mentor, qui l’a mené vers le MI5; tel sera Tom Haley, qu’elle est chargée de recruter, et auquel elle succombe – condamnée à l’amour, mais aussi au silence.
    S’il ne fallait qu’un argument pour témoigner de la maestria littéraire de Mac Ewan, le voici : la liaison, tout à la fois politique, charnelle, intellectuelle, exaltée de Serena et de Tom Haley constitue le centre apparent du livre, mais son pivot caché, ce sont les nouvelles de Tom, lues et décryptées par Serena, qui ne le connaît pas encore, et le devine cependant, mais par amour et par admiration préfère s’aveugler. Tisser le synopsis de ces nouvelles dans le flux du roman, dévoiler sans déflorer, c’est vraiment du grand art littéraire. Si Mac Ewan est un prince, c’est parce qu’il sait être machiavélique sans jamais cesser d’être merveilleux. Une définition, possible et en tout cas plausible, de la littérature à son meilleur.

    Ian Mac Ewan, « Opération Sweet Tooth », Gallimard, 2014.

    Thierry Saunier

    • @thierry saunier: Ah merci !tu donnes envie de le lire !Je ne sais pas où ira cette critique mais elle vaut la peine que tu en fasses quelque chose !
      De Ian Mc Ewan je n’ai lu que Sur la plage de Chesil, l’année de sa sortie : court, fort et fin, dans mon souvenir. Je retrouve une phrase que j’avais recopiée : »Ils se connaissaient à peine,et ne pourraient jamais se connaître,à cause de ce manteau de silence complice, rarement interrompu, qui étouffait leurs différences et les aveuglait autant qu’il les unissait. »
      Je vois dans mon cahier que juste après j’avais lu de Mo Yan La Mélopée de l’ail paradisiaque, et Chaos calme, de Sandro Veronesi : pour moi deux livres importants. Du deuxième, j’avais retenu l’expression utilisée par un personnage pour parler de sa relation avec une autre : « marcher sur de la neige fraîche ». ça m’avait semblé une sorte de viatique.
      Souvenirs de 2008.

      • @patricia:
        Sur la plage de Chesil, je l’ai pas lu.
        J’en ai lu cinq ou six autres, mes préférés c’était Amsterdam et Solaire.

        Sur ce, je vais me pendre à un réverbère, pasque Manchester United, cette année c’est la cata.
        « Ce soir je ne rentrerai pas car la nuit sera noire et blanche. »

      • @patricia:
        en fait, Patricia, elle ira dans un gratuit qui vient de paraître, fait par deux potes, et qui s’appelle bah alors ?

    • @thierry saunier: J’ai souvent feuilleté des livres de Mac Ewan en librairie sans jamais en acheter, s’il faut faire un choix Mac Ewan en fait toujours les frais. La prochaine fois.

      • @Acratie:
        y a des gens comme ça, dans la vie y z’ont pas de bol.
        Samir Nasri en bleu, c’est un peu ça ; pas (si) loin, mais jamais vraiment dedans.
        Mais celui-là, de Mac Ewan, est vraiment bien.

        • @thierry saunier: Deux mois plus tard, je ne sais pas si tu es encore là thierry ? Ce matin je suis allée chez mon libraire nantais bien décidée cette fois-ci à m’offrir le Mac Ewan. Je descends au rayon des livres étrangers, je vois le livre, je le prends, ça dure 20 secondes. Je croise le libraire qui me demande ce que j’ai pris. « Ah oui, il est bien, mais un peu mou au milieu et puis ça repart vers la fin. Mais dans le genre, je te conseille le Coe, beaucoup d’humour, il est vraiment mieux que le Mac Ewan ». Tu devines la suite ?

  2. D’un autre côté tout le monde n’a pas la chance d’avoir comme Harry Potter une vraie ennemie journaliste style Rita Skeeter l’auteur aurait pu se contenter de s’engueuler franchement avec Éric Zemmour et ça franchement c’est beaucoup plus commun

  3. « même s’il s’acharne à prendre la pose de « l’intellectuel de gauche » » : Oui, tout à fait, il revendique absolument cette étiquette, il ne s’en est jamais méfié dans aucun livre ni aucune itw.
    Cette critique est vraiment affligeante en ce qu’elle relève plus du plaisir du dézingage que d’une analyse d’un livre vraiment lu. Je ne vois vraiment pas l’intérêt de faire une critique aussi lapidaire d’un livre dont très peu de gens parlent. Elle l’a lu et n’a pas aimé, tant pis pour elle, mais pourquoi en faire une recension aussi peu constructive? On peut faire une critique négative utile quand c’est une façon d’opposer deux visions de l’art, deux positions fortes. Là c’est juste du fiel, sans le talent qui va avec (la méchanceté peut être un art).

    Du coup je me dis qu’il doit y avoir autre chose, que c’est peut-être personnel. Que lui as-tu fait François hein? Tu l’as pas rappelé? (pardon c’est le moment un peu beauf de ce post)

    • @Charles: je suis complètement d’accord avec ce que tu dis. ça ressemble vraiment à une attaque personnelle.

    • @patricia: @Charles: Oui, et c’est pas nouveau de la part de K, je me souviens d’une pauvre attaque contre Vers la douceur assez semblable à celle-ci. Elle casse le métier, elle travaille contre elle-même.
      En passant, j’ai lu le Nez dans le texte sur Le désordre azerty (c’est sympa d’écrire ce mot) et tout du long je me disais : « mais qui va écrire comme ça pour d’Âne à zèbre » ?

      • le texte dans Elle est pas mal du tout
        mais je vais te faire une confidence Acratie : en ecrivant cette chronique fin décembre, je me disais un peu pareil

      • @Acratie: Ta question montre que les critiques littéraires qui font vraiment leur boulot ne sont pas si nombreux.

        • @Jérémy: Mais je ne sais pas trop quel est le boulot réel des critiques. Je veux dire : est-ce qu’ils veulent faire vendre le livre dont ils parlent ? le « défendre » comme ils disent sans qu’on sache bien contre qui ou quoi, de quelle compèt il s’agit ? est-ce qu’ils veulent dezinguer l’auteur ? Ou bien le critique retire-t-il une certaine fierté à être le premier à sortir une pépite ? est-ce qu’ils pissent de la copie pour un salaire ? Ils ont un autre métier ou pas ? Pour qui prennent-ils les lecteurs ? pourquoi si peu de confiance ? Ont-ils trop de livres à lire ? sont-ils soumis à des obligations dont les lecteurs ignorent tout ?

        • @Jérémy: Dominique Conil dans médiapart. Je viens de lire sa critique sur En finir avec Eddy Bellegueule, deux pages bien denses, tout est dit.
          Après on peut discuter des choix. Pourquoi tant d’articles sur un seul livre.

      • @Acratie:
        ben, y a moi. OK, je sors.

        • @thierry saunier: où peut-on te lire en ce moment? Tu n’es plus à la médiathèque de Fréjus?

          • @patricia:
            là.
            http://rien-perdu-pour-attendre-20.over-blog.com/
            L’adresse du blog a changé, mais pas la mienne.
            Par contre j’ai été un peu booké dernièrement.
            Je te raconterai.

          • @patricia: @Thierry: merci pour le lien. pas mal de choses à lire en retard. Pour l’instant, j’ai lu ta critique du Quatrième Mur, que je viens de lire.
             » Les pages à la fois les plus dures et les plus fortes sont celles qui expriment ce déracinement radical et sauvage : un bobo sous les bombes. Elles suivent l’expérience dédoublée de Chalandon, journaliste raffiné à « Libération », et grand reporter plongé dans le fracas du monde, à Beyrouth ou, comme dans ses livres précédents, Belfast. L’intérêt de ce livre, c’est de rendre compte avec une humilité inédite de ce contraste saisissant. »
            C’est aussi une sorte de Candide, sans l’ironie. Et dans une violence difficilement supportable.C’est quand même étonnant que les lycéens l’aient choisi pour leur Goncourt. Sauf qu’ils sont habitués au malheur en littérature : Mon bel Oranger en 6ème et c’est parti.(j’avoue, pur préjugé, je ne l’ai jamais lu, mais rien que le sujet, à 10 ou 11 ans…)
            Et toi,tu es sur quel chantier en ce moment?

        • @thierry saunier:
          Très bonne nouvelle !
          Je viens de lire avec intérêt ta claire critique de Faber,livre, comme tu dis, qu’on ne peut pas raconter. J’ai encore essayé hier soir en le prêtant à des amis mais là je vais leur envoyer ton lien.
          Tu me donnerais presque envie de lire Rouaud que j’ai abandonné depuis Des hommes illustres, ça fait longtemps.

    • c’est fou, parce que depuis le temps que Nelly me colle au cul à chaque livre (depuis 2008), eh bien on me demande systématiquement ce que je lui ai fait, puis blague du genre : ou pas fait!
      a force ça pourrait m’énerver, mais en même temps tous ces gens, dont toi aujourd’hui Charles, ont parfaitement compris ce dont il était question : surement pas d’un livre, bien sur, surement pas de littérature, mais bien de sexe
      alors ce n’est pas factuellement sexuel (Nelly et moi n’avons rien fait, ni fait rien), mais sexuel quand même
      c’est un bon cas d’école de psychologie nietzschéenne, ceux qui n’ont que ça à foutre peuvent tenter des hypothèses

      • @François Bégaudeau: Enfin François un effort ! Pour la littérature !

        • @patricia: désolée, j’aurais pas du. Mais le mauvais goût, c’est comme la grossièreté,ça soulage un peu.

          • Ca me fait bien rire en tout cas.

      • La réponse est peut-être dans l’entrée « Jalousie » : « Un écrivain connu et vivant est un homme à abattre. A fortiori s’il a du talent. Aussi serai-je ravi de le découvrir médiocre en le lisant, et doublement aigre s’il s’avère doué. Manquerait plus qu’il soit beau ».

  4. encore oublié de cliquer

  5. Ce que je trouve triste dans cette histoire c’ est l’effet que peut avoir ce genre d’article sur les lecteurs potentiels de l’abécédaire.
    Toute cette masse de copains qu’on a perdu en quelques lignes.
    Déjà qu’on n’était pas nombreux.

  6. Elle a piochée dans le chapeau bleu des mots magiques, pour les tournures, c’est le rouge.

  7. bah t’en fais pas Patricia, Nelly ne crache pas bien loin. Moi le texte introductif m’a amusée, c’est vrai qu’on l’a connue plus réactive et une telle constance prête à sourire. D’habitude elle fait au moins semblant d’avoir lu le livre, triste fille.

  8. je viens d’apprendre ce matin une information politique locale effrayante et vomitive, et en rentrant , allant me faire sourire un peu sur mon site favori,vlan, je glisse sur les crachats de Nelly Kaprielian. Jusqu’ici tout va mal . Je crois que je vais forcer sur le vin blanc ce midi (ben oui, avec le poisson) (ben oui, c’est vendredi).

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