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Le Problème, édition numéro 2

Est-il utile de publier les pièces de théâtre ? Pas indispensable en tout cas. Mais pas nuisible. Pour Le Problème, cela ne s’est pas posé, puisqu’elle a été publiée avant d’être jouée, aux éditions de Théâtre Ouvert –comme Le foie. Depuis septembre, elle l’est aussi chez Magnard. Livre disponible en librairie, mais qui a d’abord vocation à inviter les profs à l’étudier en classe, s’ils tiennent vraiment à punir leurs élèves. Le texte est donc étoffé d’annotations, au demeurant très pertinentes. Et suivi d’un entretien où je clarifie un peu la démarche. Puis de quelques extraits de presse au moment de la tournée du spectacle en 2011 :

« Roboratif ! » Pariscope

« Emmanuelle Devos est vraiment digne de son père Raymond ! » Grazia

« Jacques Bonaffé est originaire du Nord ! » Libération

« Plus qu’un classique : un classique » Voile et voiliers

 

edition maganrd du problème

53 Commentaires

  1. « Annie. Allez. » (l.1137)

    On a connu des départs plus fracassants, des claquements de porte, des pleurs, des gifles (morales ou physiques). Le théâtre en est plein, en veux-tu, en voilà. Cette douce impulsion d’Annie serre le coeur. On l’a en tête, longtemps. On se souvient qu’elle est précédée d’un échange qui paraît insignifiant a priori : combien de clopes pour Adam ?

    Mais on parle de clopes au moment de se quitter. La conversation injecte de la quotidienneté dans un événement qui la brise. Et c’est justement cette hybridation qui travaille le lecteur en profondeur. Cette concision qui interpelle en creux, ce choix d’un traitement non dramatique.

    • tu as bien pigé le projet de cette pièce
      et crois-moi, dé-dramatiser l’art dramatique ne va pas de soi pour beaucoup de spectateurs de théatre

  2. Lu la semaine dernière et adoré. Le théâtre vous va bien.

    • merci PH
      vous c’est le rouge à lèvres

      • J’aimerais vraiment comprendre cette réponse. Je n’ai pas encore écrit au Père Noël, je vais lui demander ça.

        • fais le bon choix

          • Dialogue de sourds (j’comprends que dalle). Que vous êtes énigmatique.

          • c’est pour faire peur aux enfants

          • Ah oui. Vous aimez faire peur j’ai remarqué. Prenez garde ça pourrait fonctionner. Mais enfin si c’est l’effet escompté, tout va bien.

          • je suis si crédible en effrayant que ça me frustre

          • si peu crédible

      • Hum, en parti compris. Pas saisi de suite car je n’en mets pas.

  3. Je n’ai pas envie d’écrire mais je m’oblige parce que j’ai truc important à dire et il vaut mieux que je le fasse avant qu’il ne soit trop tard. Sait-on jamais, si je meurs d’une fièvre typhoïde dans la nuit.
    J’ai lu le problème édition numéro deux hier soir, avant de dormir.
    Je parlerai peut-être plus tard de l’humour des quatre personnages parce que cela m’ a interpellée.
    Mais sinon, pour le truc important, je cite :

    Julie: Moi je veux juste que tu sois heureuse.
    ( un temps, puis Annie éclate en sanglot)
    Ah non, c’ est trop là.
    Annie: Pardon. C’est cette bonté parfois.
    (un temps )
    On dit que ceci cela, les hommes ceci cela…les humains…mais cette bonté quand même…on a pas rêvé.

    A la fin du bouquin, interview exclusive, tu dis « je dois confesser que chaque fois que j’ai vu Anaïs Demoustier (julie) dire cela à Emmanuelle Devos (annie), ma gorge s’ est nouée. »
    Et alors c’ est marrant mais moi c’ est la réplique d’Annie qui me noue la gorge et qui me fait comprendre pourquoi je t’aime françois bégaudeau.
    La réplique de Julie je la trouve neutre , je l’ai entendu des milliers de fois, n’y ayant jamais vraiment constaté de convictions, sachant ce que qu’il en devient avec le temps.Elle ne me fait pas grand chose. J’y crois pas. J’ai un doute.
    Mais la réaction d’Annie qui s’effondre parce qu’elle pense trouver devant elle la bonté de l’humain, que le monde s’efforce d’étouffer, de renier (parce que les humains ceci les humains cela les pires créatures que la terre ait jamais portée), alors oui ça j’y crois et je trouve que c’ est beau.
    C’est tout juste si je n’ai pas eu une illumination quasi-religieuse.
    Et ça m’fout la tête à l’envers parce que je pense que c’ est ça la bonté plutôt, de croire en la bonté des autres.
    Enfin, je crois que c’ est ce truc qu’on appelle l’amour.
    J’aurai dû être bonne sœur en fait…qu’en pensez-vous frère françois ?

    • Ben j’aime bien cette réplique aussi. Ce qui fait craquer Annie, ce n’est pas le drame et l’agressivité alentour, mais le contraire. Ce qui fait pleurer ce n’est pas la routinière horreur du monde, mais l’incongruité de la bonté dans le désastre.
      La réplique de Julie peut sembler banale, prise en soi. Mais il faut la resituer dans le mouvement de la pièce, et notamment dans la partition de Julie. Depuis le début, elle ne produit aucun discours. Et là d’un coup elle sort ça, ex-abrupto. Et ne dira plus rien d’autre du même genre.

      • @François Bégaudeau:

        Ce qui fait pleurer ce n’est pas la routinière horreur du monde, mais l’incongruité de la bonté dans le désastre.

        Ah oui voilà, comme c’ est bien dit, tu devrais écrire des livres.
        Tu as raison pour la réplique de Julie, je n’avais pas pris assez de recul.
        Mais si je prends du recul comment veux-tu.

  4. Cher Thierry, c’était juste dit en passant par la vallée de l’Andelle qui n’est pas si mal. Mais Romilly est un peu mieux. Ca fait bien plaisir de te relire.

    • Et je ne vois pas pourquoi mon post remonte, alors que je voulais le planquer tout en bas.

  5. c’est à cause de républicain

    Rien à voir mais j’le raconte quand même : pour les néophytes, quand je raconterais pu que des choses qui ont à voir ben j’m’appelerais pu Saunier, ni même Thierry d’ailleurs.

    J’ai mis Begaudeau.info dans les favoris sur Google chrome, ça me prenait trop la tête sur Internet Explorer. Hé ben premier résultat : le petit cadre dans lequel je suis en train d’écrire ces conneries, il a un angle (pasqu’inetrnet explorer il est trop bête pour mettre les angles, m’a expliqué Greg le webmaster de la Médiathèque)

  6. Interview de Jacques Bonnaffé : http://www.youtube.com/watch?v=xuAnhSod1AQ.
    Interview d’Emmanuelle Devos : http://www.youtube.com/watch?v=yWB3_EtUYFk
    Interview d’Anaïs Demoustier : http://www.youtube.com/watch?v=a27hoPgzdvA

    • Mais bon… à quand une interview de fond, qui ne dérive pas sur la personnalité de l’acteur, son parcours, qui parle vraiment de l’oeuvre théâtrale en tant que telle ?

  7. envie face à la couverture de prendre un peu de cheveux d’elle pour en donner à lui
    maudite pulsion d’égalité et de redistribution

      • @Hélène: L’égalité est rétablie par l’échange entre les protagonistes. Annie finit par se faire comprendre.

        • @Jérémy: je n’ai pas vu la pièce (non plus) mais il me semble qu’à la fin de la pièce l’égalité n’est pas rétablie. peut-être préciser que je parle de l’égalité capillaire entre les deux comédiens ?

          • @Helene: Oui, j’avais compris. C’est simplement parce que tu parlais d’égalité. Après, il faudrait s’entendre sur la nature de celle-ci. J’évoquais le fait qu’il y avait apaisement, après les réactions outrées d’Alban et Adam. De ce point de vue, le mot d’égalité n’est peut-être pas le bon. Apaisement, conciliation, plutôt.

          • @Jérémy: oui, ça s’apaise à la fin. parce qu’elle le vaut bien

          • @Helene: Yep, loréalissime.

          • @Jérémy: oh yep
            pourquoi j’ai envie de rire de tout ?
            je demande : pourquoi dans « le problème » on ne rit pas plus ?
            et : est-ce que le rire ne peut pas s’infiltrer et contaminer une oeuvre « grave » ?
            et : on ne pourrait pas imaginer une fin plus « rieuse » qu’une salade de riz préparée en famille ?

          • C’est quand même un comble de demander ceci à cette oeuvre là, qui justement infiltre du rire dans du grave, là où 99 % du théatre ne le fait pas.

            C’est quand même un comble de demander, sur begaudeau.info, « est-ce que le rire ne peut pas s’infiltrer et contaminer une oeuvre « grave » ?

            Rien ne sert à rien.

          • @François Bégaudeau: blurp un post blanc
            le nez dans le texte de la pièce

            ALBAN Arrête, tu vas nous faire rire là
            ANNIE C’est pas le but
            ALBAN Tu me rassures. Parce que nous on était pas loin d’éclater de rire

            retour sur ma question,plutôt idiote : comment peut-il y avoir du rire (rire comme vitalité et joie) dans cette situation de séparation conjugale et d’éloignement maternel ? ce n’est pas dit mais le problème c’est ce sentiment d’échec avec lequel chaque personnage essaie de composer. ombre de l’échec, exit le rire.
            toi tu arrives à faire entrer le sourire, le sourire qui naît d’appréciations d’autodérision souvent.
            je crois qu’on ne peut pas faire beaucoup plus.

          • quand c’était joué, ça riait souvent, et par exemple aux endroits où j’avais taché d’etre drole

          • @François Bégaudeau : sourire en lecture solo donne certainement rire dans l’enceinte d’un théâtre. c’est bizarre que cet échange prenne ce tournant factuel
            du rire/sourire/humour il y en a dans ta pièce, je pensais plutôt qu’il n’y a pas dans tes pièces de théâtre de rire mélangé à de la trivialité : les dialogues de théâtre sont toujours inscrits dans un cercle de politesse, ceux de tes romans pas forcément. comment tu expliques cette différence ?

          • La pièce a parfois été trouvée triviale
            Le fils : j’apprends que ma mère a le feu au cul, ça fait drole
            Beaucoup ont trouvé inconfortable qu’il soit question de sexe assez frontalement entre parents et enfants. Aurais-je du leur en faire dire plus? Ca n’aurait pas été juste.
            Sur ce sujet, voir les autres pièces.

          • @François Bégaudeau: certains spectateurs rient,d’autres sont gênés, ça me rappelle qu’on est en pleine subjectivité.
            ce que je constate (la subjectivité) pour ma pomme à la relecture rapide hier de la pièce. à la recherche d’une réplique en particulier, j’ai traversé la pièce en ne lisant que les répliques d’Alban. et je l’ai trouvé bien plus sympathique cette fois qu’à ma première lecture, où je me disais grosso modo que c’était bien fait pour lui que sa femme le quitte, qu’il n’avait pas été suffisamment attentionné pour la garder et qu’avec une telle attitude il n’arriverait à garder aucune femme auprès de lui ; à la relecture, je pense plutôt qu’Alban et Annie ont simplement dérivé l’un vis-à-vis de l’autre, qu’Alban n’est pas inapte à fnoder un foyer et à rendre une femme heureuse, qu’il peut très bien refaire sa vie avec une autre compagne qui aurait d’autres attentes vis-à-vis d’un homme qu’Annie, des attentes moins affectives et sexuelles, qu’il n’y a pas que les couples amoureux qui sont viables et harmonieux.

  8. Ah bah ça tombe bien parce que toute nue dans ma serviette qui me servait de pagne je me disais que celui-ci serait le suivant.

  9. Est-ce que la pièce a été filmée ? Est-ce qu’on peut se la procurer en DVD ? J’aimerais la voir.

  10. Par ailleurs, pour en revenir à la pièce que je viens de lire, j’aime beaucoup cette idée d’un départ sans violence. Annie quittera la scène non pas dans un fracas, mais de manière feutrée, sur une impulsion très douce : « Allez ». Je pense qu’une des originalités de cette oeuvre est d’éviter le schéma stéréotypé d’une famille qui se déchire jusqu’au bout, où les portes claquent régulièrement. Annie a décidé de partir, elle le fera, parce que c’est son désir. Elle affronte une incompréhension qui est largement masculine (l’onomastique réunit d’ailleurs Alban et Adam) et qui se cristallise dans le rapprochement Phèdre/Annie (propos d’Alban – « Elle a raison Julie, tu es Phèdre »). Or, les deux personnages n’ont rien à voir. Là où Phèdre est dévorée par l’impossible conciliation entre son désir et la morale, Annie parvient à accompagner le mouvement de sa volonté et à convaincre son entourage qu’il s’agit là de la meilleure solution. Les derniers gestes des protagonistes valident d’ailleurs cette hypothèse, puisque la vie à trois se réorganise, en l’absence de la mère : « Ils s’affairent pour le dîner. L’un débarrasse la table de salon, l’autre met le couvert, le troisième sort du frigo la salade préparée par Julie, etc. »

    • Beau commentaire.
      Le meilleur compromis, disons. Eventuellement le moindre mal.

  11. J’ai lu l’article sur l’intervention à la librairie L’Esperluète et effectivement ça m’a fait sourire (la périphrase régionaliste, entre autres, m’amuse toujours dans les quotidiens de province : « l’ancien professeur au lycée Branly de Dreux ». Un peu le genre : « Il est de chez nous »). Je croisais beaucoup de journalistes de l’Echo Républicain quand je faisais des piges à Dreux, parallèlement à mes études de lettres (moi je bossais à « La République du Centre », c’était le grand match dans la ville : La Rép’ contre l’Echo). Est-ce que tu peux préciser comment s’est passée la rencontre avec le journaliste ?

    • Longue histoire
      Et plutot triste
      Passons

    • @Jérémy: Moi aussi j’ai connu un lycée Branly ( Edouard ?)sauf qu’il était à Nogent sur marne.
      Michel Drucker , pavillon Baltard ,ah le petit vin blanc et mec qui court dans la rue avec un flingue à la main.
      J’avais un pseudo-amoureux de Dreux sinon. Comme il avait l’air de se faire chier dans sa ville dis donc, il rêvait de partir en errance sur les routes de France.
      Faut dire qu’il était fan de Jimi Hendrix, ça n’aide pas.

      • Dreux est une ville où il ne fait pas bon être amoureux. C’est pour ça que j’ai attendu de la quitter pour penser à le devenir. Où vous retrouviez-vous avec ton amant durocasse ? Devant le Beffroi ? Près de la Chapelle Royale ?

        • @Jérémy: Je ne connais pas Dreux hélas, c’ est peut-être la ville de ma vie en fait ?
          On se voyait à Tours, c’ est à dire que nous retrouvions place plumereau, ou bien place plumereau ou encore sur la place plumereau.

  12. D’autres commentaires lus dans la presse ou ailleurs, au moment de la sortie de la pièce :

    – « Grand concours de pétanque à Fleury-sur-Andelle » (Paris-Normandie)
    – « François Bégaudeau, qui enseigna à Dreux » (L’Echo Républicain)
    – « Je passe » (Naulleau Magazine)
    – « A envisager dans le cadre d’un objet d’étude en première, sur la base de quatre lectures analytiques » (Inspection académique de Pondichéry).

    • Tu ne crois pas si bien dire pour l’Echo Répubicain
      Ils sont été impayables la dernière fois

    • – « Begaudeau ne dit jamais tout, ses persos taisent l’ingrédient clé et le budget du plat familial » (Cyril Lignac dans fournomag)
      – « Quand j’pense que c’est avec Jacques Bonnafé qu’on a eu l’accident pendant l’carnaval! » (ma tante eliane)
      – « Le problème oui, benh je suis prêt moi, j’attends toujours qu’on me dicte clairement les consignes » (lionel toujours le premier au taquet en cours de maths)
      -« Peut-on savoir pourquoi cette famille ne met pas de chou dans sa salade? » (La montagne)

    • @Jérémy:
      la bonne nouvelle :
      quelqu’un qui écrit Fleury-sur-Andelle dans son post mérite d’avoir ce point souligné

      la mauvaise nouvelle :
      ça ne peut être, hélas, que par sau(li)nier

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