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Quentin Libellule

L’an dernier, Gwen nous avait gratifiés de ses Chroniques de la pampa. Il revient avec L’incroyable destin de Quentin libellule, toujours chez Hélium. En lisant ce docuroman, on s’est remémoré les lignes livrées par William Will dans son treizième ouvrage, D’âne à zèbre :

« On distingue entre la vie et les romans, entre documentaire et fiction, mais alors comment classer le célèbre court-métrage serbe où une fourmi portant mie enjambe une brindille ? Documentaire ? Oui, animalier. Mais n’est-ce pas fantastique ce qu’on y voit ? Qu’une fourmi existe n’est-ce pas fantastique ? Même sans brindille, même sans mie. Ses pattes au travail, cette sûre science de la survie, c’est fantastique. Certains ont besoin de rhinocéros ou d’aigles royaux pour glorifier l’animal, mais on ne glorifie bien l’animal en tant qu’animal que si on l’appréhende par son plus ordinaire, son plus anodin, son minimum vital. Par l’âne. Par la libellule, sa petite vie, sa grande vie. On parle d’animaux de légende, de licornes ou que sais-je, mais tous les animaux sont légendaires. On distingue animaux de fable et animaux réels, mais les animaux réels sont fabuleux. »

 

P 97, Edition des deux bouts.

* * *

Gwennaël David, l’incroyable destin de Quentin libellule, chez Hélium

La couv en pdf

Couverture quentin libellule

7 Commentaires

  1. je suis un peu déçue que ma mère se tourne vers ma nièce de 8 ans pour lui montrer le livre quand je lui passe dans le train. ce serait un livre pour les enfants parce que ce serait illustré et que ça porterait sur une libellule et ce serait comme une fantaisie de le lire à l’âge adulte.
    pas du tout. mais il faut l’avoir lu pour le comprendre.
    livre extra. j’ai accroché dès le début (quand Quentin ne sait pas encore qu’il s’appelle Quentin et manque de se faire becqueter par un canard alors qu’il est encore à l’état de larve au fond de l’eau).
    je me suis rendu compte que la vie de la libellule et son environnement sont décrits au plus juste. c’est sérieux. et discret.
    sinon : il existe forcément une part d’anthropomorphisme (l’auteur n’est pas une libellule, remplit les zones d’ombre à sa façon)mais au lieu d’être un défaut, c’est un bonus : la vie de la libellule est dépliée comme pourrait l’être celle d’un humain : apprendre les fonctions élémentaires, à ne pas se mettre en danger, se faire un ami,puis un autre, différent, rechercher la libellule femelle qui existe mais qu’il n’a jamais vu (de mémoire – belle périphrase), vivre des aventures, tester ses limites (mangera-t-il un insecte sur la branche comme l’ont fait d’autres quand la pluie ne cesse de tomber, plusieurs jours de suite), prendre acte de la mort d’un ami, ed la mutation de son environnement, acquérir de l’expérience et décliner en même temps, se rendre compte qu’on s’est trompé sur des individus. jolie conclusion sur le retour cyclique de la vie, au-delà de la mort de la troupe des insectes qui ont animé le livre, et sur la magie de l’espèce qui passe le cap de l’hiver et porte la mémoire du groupe. je ne peux pas dire si cette dernière anecdote est réelle ou imaginaire. cette incertitude apporte une touche de magie à la fin du livre.
    j’ai fait la pub de ce livre sur le site de la médiathèque de Strasbourg, où on peut écrire des avis sur les livres et mettre des notes si on veut.

  2. et moi ces lignes m’amènent à me remémorer ce que Deleuze disait de la tique (autre animal fabuleux !) :
    http://www.youtube.com/watch?v=_v1CkAdgdSw

    Je viens d’acheter l’histoire de Quentin, hâte de me pencher sur la mare !

  3. vu cette courte présentation sur le blog d’un libraire : http://quiliravivra.canalblog.com/archives/2013/08/21/27870470.html
    G David est-il vraiment entomologiste ?
    mis à part le gros respect que j’ai pour les scientifiques, ça me plait bien qu’ils « fassent de la littérature ». je trouve – mais j’ai cette idée peut-être par ignorance – qu’il n’y a pas assez de scientifiques qui vont vers la littérature et aussi vers la philosophie (question : existe-t-il actuellement quelqu’un qui est à jour des dernières avancées scientifiques, sur le cerveau, l’origine du monde ou autres, et qui avec ces connaissances revisite la métaphysique ?)

    • @Helene: un peu l’impression que le titre du prochain bouquin de François traîne par ici, pas toi?

      • va savoir

      • @shasheer: moi ça me plairait bien que ça soit en lien avec « les chroniques de la pampa » du même
        retrouvé ça en commentaire de ce livre : « Lire ce livre, revoir le Marsupillami de Chabat, les doublages de Bouchitey, et élucider quel type d’enfance se survit là, quelle qualité d’immaturité, quel battement vitaliste. On le fera. »
        c’est pas un indice ça, ce verbe au futur ? 😉

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