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MISÈRE DE L’INTELLECTUEL, EPISODE 76

Une exclu mondiale begaudeau.info !

Suite au Rebond paru dans Libé sur la BD Male occidental contemporain, la redaction dudit journal nous a proposé, à Clément Oubrerie et moi, un droit de réponse. Nous avons decliné. En effet, ce rebond n’appelle pas de réponse. Répondre, ce serait se situer sur le terrain où s’ébattait cette intervention signée, selon leurs propores termes, par deux “féministes” et un “pro-féministe”. Or c’est précisément ce terrain qui ne va pas.

Ce n’est pas une réponse qu’il faut fournir, mais une analyse. L’analyse du texte livré, de ses carences, de sa pathologie. Occasion de creuser encore ce que Marx eut pu appeler la misère des intellectuels.

Cette analyse eut dérogé dans les pages débats d’un quotidien –puisqu’il ne s’agit pas de débattre, c’est-à-dire en l’occurrence de compter les points féministes. En revanche elle a toute sa place sur le site, où on n’a pas peur de bosser.

On procédera en reportant et commentant le texte. Report en romain, commentaire en italique. C’est un peu scolaire, potentiellement professoral, mais c’est encore le meilleur moyen de parler précisément.

Lien vers le Rebond paru dans Libé : Déboires du mâle contemporain ou les fantasmes de Bégaudeau et Oubrerie

Le Mâle Occidental contemporain (MOC) est une espèce menacée… de domination féminine. C’est en creux ce que suggère

En creux ce que suggère”. La méthode perdante de cet article écrit par trois intellectuels se trouve toute entière dans ces mots. Plutot que d’examiner la lettre, on spécule sur le sous-texte. Plutot que de rendre compte de ce qui se dit, se montre, se fait, on fait de la spéléologie vers le non-dit. L’inanité de la méthode est promise par la méthode meme. Procédant ainsi, on ne brassera que du vide. Occultant ce qui est dit, on peut tout faire dire. Et par exemple que le male est menacé par la domination feminine. Est-il utile de préciser qu’on pense exactement le contraire, à savoir que la société demeure patriarcale et tragiquement dominée par les hommes? Non, ce n’est pas utile. Car ce n’est pas le propos.

la lecture de la BD éponyme publiée quotidiennement dans le Libé de l’été.

Ce feuilleton signé Clément Oubrerie et François Bégaudeau, raconte les tribulations d’un dragueur loser, Thomas, jeune trentenaire

Son âge n’est pas précisé dans l’album. Nous l’avons voulu aussi neutre et schématique que possible. Mais pour un sociologue, un age indéterminé se traduit immédiatement par “trentenaire”.

parisien, ni précaire ni clinquant, blanc, hétéro, plutôt beau gosse et vaguement intello. Une sorte d’antihéros, séducteur pataud régulièrement éconduit mais qui s’enfuit à toutes jambes à la moindre «ouverture».

Comme disait Jean-Claude Dusse. Nos trois intellectuels ont grandi avec les memes films que nous. Et sont restés bloqués sur des lexiques de l’ère glaciaire.

Bref, du léger, du rigolo, du distancié, avec néanmoins quelques prétentions, notamment celle de nous faire réfléchir à la place des hommes dans la société actuelle.

Où s’énoncent ces “prétentions?”? Sur quelle matière se fondent les trois intellectuels pour formuler ce supposé programme de la BD? En réalité, ils ne font que plaquer sur elle les intentions qu’en tant qu’intellectuels ils assignent à toute oeuvre. En tant qu’intellectuels, ils n’appréhendent une oeuvre que par où elle “réfléchit sur la société actuelle”. Ils imposent leur propre mode d’appréhension du réel à tout ce qu’ils touchent. Comme des sociologues ne retiendraient que les elements sociaux d’un film. Le piège est alors parfait : je fais dire à une oeuvre des trucs-sur-la-société, et dans un deuxième temps j’incrimine les trucs que je lui fais dire sur la société. Pardon : sur la “société actuelle”. Les intellectuels, que n’étouffent pas le scrupule du parler juste, ne rechignent pas au pléonasme –voir plus haut “jeune trentenaire”.

Il est vrai qu’ils peuvent légitimement s’autoriser d’un aspect indéniable de l’album : son titre. Là-dessus, je ne peux qu’assumer mon erreur. Non pas d’avoir choisi ce titre, puisque je ne l’ai pas choisi, mais de n’avoir pas insisté auprès des éditeurs pour qu’on lui préfère MOC, étant très conscient que “Male occidental contemporain” légitimerait toutes les vampirisations sociétales, et qu’on lui ferait dire ce que sa lettre ne prétend pas dire. Ca n’a pas loupé. Là-dessus, on ne peut pas en vouloir aux auteurs de cet article. On ne peut pas en vouloir au taureau de se jeter sur le rouge. Tout juste pourrait-on espérer qu’il ne se précipite pas. Mais en general il se précipite. IL ne se tient pas. L’aubaine est trop belle. Cette aubaine, il l’appellera urgence. Il y avait effectivement urgence à délivrer à cette BD un non-certifcat de féminisme deux jours seulement après la parution des dernières pages. Pendant qu’on battait et violait des femmes, pendant qu’on les sous-payait, les privait de parole et d’initiative sur à peu près tous les metres carrés du globe, il fallait s’en prendre à la matrice esthétique de toutes les violences faites aux femmes: cette BD de 80 pages.

Grosso modo,

Voilà. On y va en char. On y va en gros. On y va grosso modo. L’intellectuel ne fait pas dans le detail

Les auteurs tentent de nous faire comprendre

Difficile pour un intellectuel de concevoir qu’un écrivain ou un dessinateur ne sont pas des éditorialistes ou des maitres de conférence. Que leur régime d’intervention n’est pas le “faire comprendre”. Là encore l’intellectuel reconfigure à son image le reel qu’il analyse.

à quel point il est difficile pour les hommes de draguer les femmes d’aujourd’hui. «Thomas est dans la position de quelqu’un qui a pris du retard sur une certaine forme d’émancipation féminine et qui doit du coup se réajuster», confiait récemment François Bégaudeau à Libération.

La méthode analytique est claire et sans surprise. Sur quoi s’appuient en l’occurrence nos intellectuels? Non sur l’album mais sur les propos tenus par les auteurs à propos de l’album. Propos évidemment mal retranscrits par l’intervieweur, comme devraient le savoir les intellectuels toujours intarissables sur les approximations journalistiques. Mais sans aller jusque là, revenons à l’essentiel. Ces propos sont des réponses à des questions. En bons journalistes, ceux-là nous ont essentiellement posé des questions sociétales, alors que ce n’est pas le terrain sur lequel nous serions allés spontanément. Etant polis, nous avons répondu. La question étant, une nouvelle fois, de savoir, s’il ne vaudrait pas mieux refuser ces interviews –ce qui était ici rendu très délicat par le partenariat avec Libé. Du moins pourrait-on espérer compter sur les intellectuels pour ne pas en faire un matériau analytique credible. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Une nouvelle fois a fait fureur l’alliance objective entre journalistes et intellectuels, cimentée par leur sociocentrisme commun. Si l’on n’était pas d’avance convaincu que nos intellectuels ne se donneront pas la peine d’aller lire 30 pages, on les renverrait sur ce point au chapitre 2008 de Deux singes ou ma vie politique.

Et pour ce faire, Thomas se donne du mal. Il arpente Paris à la conquête des femmes,

Quelle drole de façon de parler. “A la conquête”. Dans aucune case de cette BD Thomas n’est en position de “conquete”. Plutot de piéton attentif à des “ouvertures” possibles. Ecart de langage. L’intellectuel n’existe que dans ce genre d’écarts. Sans quoi il écrirait des romans.

un exemplaire de Belle du seigneur sous le bras,

tiens, pourquoi ce livre ? Comment se fait-il que les auteurs ne s’arretent pas là-dessus? Analyser cette BD consisterait à questioner ce genre de details. Mais l’analyse grosso modo l’interdit. Pour info, ce livre a été choisi en tant qu’il m’a toujours paru betement misogyne, tout en bénéficiant de l’aura inverse.

court les vernissages

Il y a une scène de vernissage. Une seule.

et les manifs féministes – par pur opportunisme -,

la manif féministe fonctionne, dans l’immanence de la BD qui n’intéresse pas nos intellectuels transcendants, comme un running gag. Prendre l’album à l’intérieur de lui-même, ce que devrait faire la critique, consisterait à ne le mentionner qu’indossociablement de cette économie narrative. Où l’on entrevoit le grand loupé de ce texte : la non-considération absolue des règles du genre comédie à quoi cette BD appartient explicitement.

écume les boîtes branchées,

Il n’y aucune boite dans l’album, mais une scène dans une fête d’entreprise. Il y a donc encore moins de boites “branchées”. D’ailleurs on ne saura jamais ce que les auteurs entendent par là. Un automatisme de langue, sans doute, collatéral à leur mauvaise humeur. Et d’ailleurs qui dit “branché” aujourd’hui? Ma mère. Ere glaciaire. Mitterrand 85. Décidément la remise à jour de leur lexique intéresse peu ces gens que passionne pourtant la-société-actuelle.

pouponne les nourrissons pour attraper les mères, etc.

Ceux qui ont sous la main la double page en question peuvent la ressortir. Et les autres pourront, en la découvrant en octobre, réaliser l’éhontée imprecision de la lecture qu’en font trois auteurs. On y voit Thomas

-s’asseoir à coté d’une femme sur un banc

-ramer pour lui parler

-se rendre compte qu’elle a un bébé à coté d’elle

-la regarder têter

-hériter malgré lui du bébé sur ses genoux.

Une sorte de gag. Que nos auteurs résument donc en : “pouponne les nourrissons pour attraper les mères”

En vain. On finirait presque par le prendre en pitié car si les auteurs ne sont pas dupes des manœuvres de leur héros et ne prennent jamais officiellement son parti, ils le couvent d’un regard certes ironique mais néanmoins attendri.

Sur quoi s’appuient ces formulations quant aux sentiments des auteurs par rapport à leur creature? Spéculations. A s’en tenir à l’immanence, une chose est sure : ce Thomas devient le foyer d’un comique du ratage. De ce point de vue, il est une marionette, un pantin qu’on fait gesticuler pour créer du burlesque. Voilà le rapport tangible et factuel que nous entretenons avec lui.

Au personnage de Thomas, paumé et ridicule, qui garde en lui ce «doux machisme qu’on a un peu tous»,

D’où sort cette citation? De la BD? Non bien sûr, puisqu’aucune réplique de celle-ci ne sera citée dans le texte. L’interview, encore et toujours. Des petits bouts expurgés du contexte. Ainsi travaillent nos intellectuels.

ils opposent des figures féminines plutôt effrayantes.

Jugement de valeur qui n’engage que les intellectuels. Et nouvelle marque de leur propension à attribuer aux auteurs leurs propres sentiments. Pour ce qui nous concerne, ces filles nous amusent. Mais la question n’est pas là. Pour créer un personage burlesque, il faut bien qu’il soit mis à mal. Il y a donc ici, de la part des intellectuels, psychologisation d’un effet de structure lié au genre.

Et c’est là que le propos se précise.

De meme qu’ils ont decidé qu’il y avait là un “propos”, ils peuvent tout aussi arbitrairement decider du lieu de l’album où il se precise.

Au fil des planches, la femme moderne prend corps.

Le syntagme “femme moderne” n’est pas dans l’album.

Tour à tour vénale (elle s’assoit trois secondes sur ses genoux pour se faire payer trois verres gratis),

A nouveau, le rappel factual de ce qui se joue réellement sur cette page s’impose. Nous sommes dans la fête corpo, Thomas est assis au bar, une fille déjà assez ivre s’asseoit sur ses genoux. Cette fille a bien envie de se jeter encore quelques verres, et, dans l’apesanteur de son euphorie, elle se fait payer trois shots par un Thomas, profitant de la docilité intéressée de celui-ci. Puis elle retourne danser en chantant. Bref cette fille s’amuse, et le pauvre Thomas n’est juste pas dans le trip. Chez nos intellectuels, cette sequence est synthétisée en “femme vénale”

maquée mais toujours disponible pour un «plan cul»,

Déviance bien connue de l’intellectuel : l’élargissement d’une situation singulière en généralité. Dans l’album, UNE femme s’excuse auprès de Thomas de ne pas pouvoir le faire monter chez elle, car son mari y est. Thomas se retire. Et un peu pour s’excuser de lui avoir fait espérer, un peu pour s’amender, elle propose de le sucer. Ce qu’il decline par “non merci t’embêtes pas avec ça”. En écrivant cela, on visait betement la situation comique. C’était sans compter sur la vigilance des typologues, prompt à encager cette furtive creature dessinée dans “maquée mais toujours disponible pour un plan cul”.

adepte du porno, de la sodomie (pour elle comme pour lui !)

Quel drole de point d’exclamation. Pourquoi ne pas analyser vraiment ce qui se joue là, et qui se jouera plus tard : un “trouble dans le genre”, comme disait Judith Butler. Mais ces féministes là n’aiment peut-être pas Judith Butler. Ou s’ils l’aiment, ils refusent de la mêler aux trivialités de cette BD.

et des plans à trois, clitoridienne bruyamment assumée. Après tout pourquoi pas, sauf qu’il s’agit d’une réalité largement fantasmée : toutes les études montrent au contraire une pérennité des rapports dissymétriques entre les hommes et les femmes dans la sphère sexuelle. Dans la France de 2013, les femmes sont loin d’affirmer leurs désirs aussi aisément que les personnages féminins de la BD.

Critique très juste, mea culpa. Mais il faut l’élargir à plein de pages du livre. Ainsi, nos intellectuels auraient fort bien fait de rappeler que “toutes les etudes” montrent que seulement 0,00000001 % des femmes escaladent la Tour Montparanasse à mains nues, comme le fait un des personages de MOC. N’en déplaise à Quentin Tarantino, “toutes les etudes” montrent aussi qu’un pourcentage encore plus infime des femmes sont confrontées à 100 combattants samourais, et, parmi celles-là, pratiquement aucune ne s’en sort aussi bien qu’Uma Thurman.

Au-delà de cette vision déformée, c’est surtout la manière dont sont représentées ces femmes «émancipées» qui pose problème ; sans affects et sans égards, froides et hautaines, en un mot : déshumanisées.

Toujours aucun égard pour le matériau analysé, pour sa forme, pour sa réalité matérielle. Il faut donc rappeler que MOC est une BD, genre où il est assez difficile d’animer les creatures, genre dont les creatures sont toujours structurellement des robots, des figures, ipso facto “déshumanisées”. Cette donnée de base étant redoublée lorsque l’album fonctionne sur des petites unités (une situation par planche) qui font que chacune des femmes a une existence de six cases, rarement plus. Encore une fois, psychologisation et idéologisation d’effets de structure. Les intellectuels se penchent sur une oeuvre, soit. Mais il faudrait qu’ils s’en donnent les moyens. C’est-à-dire qu’ils prennent en compte sa spécificité d’oeuvre.

Nous voici dans la vielle et triste histoire des ravages de blitzkrieg causés par l’intellectuel quand il survole une oeuvre. Le débat se situe là. Pas sur le féminisme. A la mauvaise note attribuée par les intellectuels en dissertation de féminisme, inutile de répondre. La discorde vient de ce qu’ils prennent pour une dissertation ce qui n’en est pas.

Les auteurs pourraient nous objecter qu’elles sont telles que Thomas les perçoit.

Non, pas du tout.

Or, il est toujours dessiné à leurs côtés.

Une consideration formelle, enfin. Mais certes on ne s’y arrête pas très longtemps. Dommage. Elle eut pu établir que justement cette égalité dans le plan relève d’une esthétique de la situation. Ce que nous racontons et dessinons, ce sont de situations engageant des personnages singuliers. L’unité de base de la comédie.

Ces femmes ne sont pas le produit de son imagination, mais constituent son environnement «réel» au sein de la fiction.

Pourquoi reel entre guillemets? Se profile-t-il ici un scrupule des auteurs, qui se rendent bien compte que la logique de grossissement du trait propre à une BD comique fait qu’elle assume volontiers de ne pas pas etre vraiment dans le reel? Par exemple quand elle fait escalader un gratte-ciel. Ou quand elle fait s’envoler le couple final.

Ces représentations révèlent donc davantage les angoisses des auteurs vis-à-vis de ce qu’ils imaginent des femmes contemporaines – ce que François Bégaudeau appelle «la montée en puissance du féminin».

Troisième citation, et toujours tirée de l’interview, non de l’album, où ces mots n’apparaissent pas.

Par ailleurs, speculation psychologique sur les auteurs plutot qu’analyse de la lettre de l’album.

Résultat, ils ne s’interrogent pas vraiment sur les résistances des hommes face à ce mouvement d’émancipation ni sur les rappels à l’ordre que subissent les femmes quand elles affirment leur désir,

Certes, nous ne nous “interrogeons” pas là-dessus. Certes, nous pensons qu’un album de BD comique n’est pas exactement le lieu de s’interroger sur des questions aussi importantes, et qui nécessitent beaucoup de minutie, beaucoup de precision. Cette minutie, cette precision, seuls des textes peuvent l’accueillir. C’est bien pourquoi, quand il s’est agi de croiser la question des femmes, j’ai plutot fait des articles et parfois des livres. Puisque les trois intellectuels sont très inquiets de l’état de ma reflexion sur ces questions, je les renvoie donc à la série pour Muze disponible sur ce site, aux autres textes inscrits dans la niche “féminisme”, à Fin de l’histoire, aux cent dernières pages de Deux singes, aux 200 pages de narrations féminines de AU début, etc. Je mesure bien que c’est trop leur demander, nos intellectuels lettrés préférant s’appuyer sur une BD vite lue vite consommée. On les reverait plus travailleurs que ça, plus scrupuleux, plus honnetes. Au passage, un salut à Sylvie Tissot, croisée dans les années 90, et dont j’aurai donc attendu une quinzaine de livres, quelques pieces, des centaines d’articles, pour enfin avoir quelque signe d’une consideration qu’elle porterait à mon travail. Rien que pour ces tendres retrouvailles, cette BD est justifiée.

mais mettent en scène des rapports de domination inversés dont il est finalement impossible de se réjouir. Car la femme émancipée n’est pas seulement hypersexuée, elle s’incarne dans le personnage de la maîtresse de passage qui l’oblige à repasser ses fringues

Cela se voulait un gag, empruntant au genre “merdes en cascade” ou “loi de Murphy” : le comique par le cauchemar. Visiblement ça n’a pas fait rire nos intellectuels. C’est leur droit. Mais ils seraient beaucoup plus ajustés à leur objet s’ils se contentaient de dire que ça ne les fait pas rire, et, revons un peu, d’analyser ce qui, dans cette mécanique, n’a pas fonctionné sur eux. Revons un peu, car ce n’est évidemment pas le propos, pas leur méthode. La ligne c’est : surtout ne jamais prendre une oeuvre comme une oeuvre, une BD comme une BD.

; de la féministe hystérique et castratrice qui bat le pavé,

Voir plus haut la logique du running gag appliquée à la manif. Mais d’où vient donc ce “hystérique”? Pas de l’album. Drole de réflexe de langue. Deux ou trois filles virulentes, et aux slogans plutot rigolos, sont immédiatement nommées “hystériques” Zemmour n’aurait pas dit mieux.

harnachée d’un gode-ceinture ; de la lesbienne moche et revêche.

Ces qualificatifs n’engagent que les auteurs de l’article. Libres à eux d’interpréter UN dessin comme ça. Mais on aimerait aussi qu’ils qualifient les autres lesbiennes dessinées dans l’album, ni moches ni reveches. Voir le vernissage, par exemple. Mais dans “voir le vernissage”, il y a voir, c’est un obstacle.

Autant de rencontres qui laissent notre mâle occidental contemporain sur le carreau.

Et le final de l’album? Et le fait que le couple formé au final le soit avec une fille grosse et pas spécialement sexy? Là assurément il y a un discours, une intention, et pas “en creux”. Mais nos intellectuels n’en diront rien. Nos intellectuels, étant ce qu’ils sont, ne retiennent que ce qui entre dans leur grille.

Sous les soi-disant nouveautés des expériences masculines, on retrouve la vision traditionnelle d’un homme coincé entre celles qui ne veulent pas et celles qui veulent trop, les chiantes et les putes. Pas de quoi rire.

Si la BD contenait ce propos, il n’y aurait évidemment pas de quoi rire. C’est l’infernale boucle de l’intellectuel, sa forclusion névrogène : il commence par repeindre tout aux couleurs de sa tristesse, puis se plaint des couleurs tristes alentour. Et c’est ainsi qu’il devient un esprit chagrin, dont ce “pas de quoi rire” serait le mantra. L’intellectuel sérieux et responsable pense en dernière instance qu’on ne peut pas rire de tout, voire qu’il ne faudrait rire d’à peu près rien. Blagues misogynes? Pas de quoi rire. Blagues sur les mecs destabilisés par les filles? Pas de quoi rire. Grande rigueur morale, aux pieds de quoi le scénariste de cette sinistre BD phallocrate-en-creux devra bien confesser un gout sans discernement pour les blagues en tant que blagues, qu’elles soient sexistes, racistes, antisémites, anti-profs, anti-écrivains, anti-blancs, anti-arabes, anti-machos, anti-foot, anti-Bégaudeau, anti-yaourt, anti-mites, anti-tout, ou tout simplement des blagues, anti-rien, pro-rien, comme cette BD a taché de l’être. Kiss.

117 Commentaires

  1. A propos du traitement du MOC dans le rebond-libé, je ne trouve pas l’occurrence syndrome de l’échec dans les lignes de courval/tissot&trachman et ça m’étonne drôlement, un fâcheux oubli peut-être,
    En revanche, parce que je les ai récupérés ce w_end et comme proposé par françois, j’ai repris avec joie les MOC en morceaux et plus précisément son number 13/39, paru dans le libé du 24 juillet 2013: c celui où thomas emploie notamment corporate, crochète ses doigts pour déguiser un « si j’ose dire » et s’auto-évalue comme dragueur comme un grand dans sa case de fin.
    Reçois qui veut ce pseudo clin d’oeil alimenté à l’autodérision, moi j’ai pris une deuxième fois.
    Et puis en rab, dans ma mini-collec de ces double-pages, j’ai redécouvert le 3/39:
    on y trouve d’abord cinq cases où thomas s’échauffe juste avant d’approfondir l’idée du sondage avec une passante un peu joueuse qui se laisse accrochouiller; j’y avais oublié le flc en carton à la place du suranné bidon ou de pacotille

    @Helene: le sextiment qui te plaît, il est pour toi, c cadeau; je snife cependant un peu de constater que mon petit emustillée, c moi qui l’était, d’il y quelques jours, est passé à la trappe: ce n’était en aucun cas une liberté de frappe mais un mixte à qui j’avais accordé le privilège de me choper dans l’écriture :- )

    Je repars très prochainement pour du taf agricole, avec le putain d’opaque retour aux vraies valeurs assez ambiant, sure qu’attirée par la facilité et à partir de ces petites expériences récentes, je pourrais gauloiser avec mabille en co-écriture de brèves de comptoir pour roumanoff,
    damned, je suis cuite.

    • @shasheer: relevé en pics de lecture
      MOC en morceaux – bushman
      suranné – j’aurais jamais cru lire ça dans tes lignes
      émustillé – passé incognito, normal j’m pas émoustillé et pas non plus le u français, son typique french (sur le typic french, j’ai lu ce we une BD d’un dessinateur de manga japonais qui raconte son arrivée à Paris et la mignonne friction des deux cultures, j’adore la surexpressivité des perso de manga : J.P. Nishi http://www.journaldujapon.com/2012/04/a-nous-deux-paris-lanti-rastignac-japonais.html)
      putain d’opaque retour aux vraies valeurs j’achète « opaque retour »
      bon lundi shasheer 🙂

      • @Helene: t’imagines pas comme ça va te coûter v’la cher helene ;- )
        à propos de ton top number two
        -> c le suranné de jerem, posté hier soir en une du dismoi de françois, cf. fil de discute sur la poilade à la française
        http://www.youtube.com/watch?v=VdvH3olESmU

        • @shasheer: merci pour E Baer, j’aime bien quand il dit qu’on l’a remplacé par un chien dans un spectacle et que ça peut arriver à tous 😀
          je pourrais te proposer ça : http://www.youtube.com/watch?v=iLglL8IBlH8
          😀

          • @Helene: suis un peu surprise du format du moc de begaudeau/oubrerie, c un peu le format mook plutôt non?
            Sinon, c bien sympa le bonus des crayonnés de procrastination parisienne, qui doivent correspondre à ce que dit clément dans le petit film au café, son travail de préparation avant qu’il décide d’un peu filmer la rue, le tromé, les passants, passantes surtout à qui appartiennent les rues: dans ces pages à la fin, certains visages font presque flipper mais vrai qu’hors bd, les traits et lignes épures, comme dans les planches du moc, c quand même assez rare;
            Thomas-moc me ramènerait presque à edward aux mains d’argent tiens, assez sobre en émotions, doté quand même de l’outil d’expressivité que sont les sourcils mais tout aussi bloqué ou, s’il conclut, c ellipsé, comme avec ludivine l’ex toujours prête à recoucher, montrant bien que l’affaire du moc c tout se qui se passe aussi en dehors/autour de la baise elle-même;

            Et puis le moc1, l’air de rien, laisse notamment traces du gros bazar autour de la loi mariage pour tous (l’ump-iste cauchemardée) et du mobilier urbain contemporain aux auteurs (cf.nouveaux sièges pas fixés au sol sur les quais du métro par exemple)
            je surkiffe et dilate bien oui,
            yeah.

            http://imageshack.us/photo/my-images/842/ahbm.jpg/
            ci-dessus tof bien clean prise ce week-end au bord de l’eau en pensant à toi,
            j’en ai d’autres plus tourmentées
            si jamais,

  2. Suite au Rebond paru dans Libé sur la BD Male occidental contemporain, la redaction dudit journal nous a proposé, à Clément Oubrerie et moi, un droit de réponse. Nous avons decliné. En effet, ce rebond n’appelle pas de réponse. Répondre, ce serait se situer sur le terrain où s’ébattait cette intervention signée, selon leurs propores termes, par deux “féministes” et un “pro-féministe”. Or c’est précisément ce terrain qui ne va pas.

    « proposé à Clément Oubrerie et à moi » me fait penser qu’un droit de réponse aurait pu se faire sous la forme décalée de la BD, à la Plantu en seul dessin ou quelques bulles de plus improvisées sur une double page Libé
    mais bon c’est une idée qui vient longtemps après la bataille, qui aurait pris du temps pour sa réalisation et puis qui aurait été peut-être contreproductive dans le cadre de la promotion de l’album : mieux vaut un malentendu latent qu’un désaccord manifeste dans ce cadre-là, plus intelligent, quitte à s’exprimer ensuite dans une tribune semi-publique (ici)

    • @Helene: bonjour à toi la strasbourge, ici c la parigotte,
      Sur la forme, je suis assez d’accord avec toi: pour toi et moi, au moins, une double page du MOC de Clém et François en plus, ça aurait été plaisant mais, comme tu le poses aussitôt avant et après avoir écrit ton envie, c moins la forme que le fond d’où a lieu le débat qui ne convient pas, un peu le truc « en global, c féministe ou c pas féministe cet humour-là »?
      De dessinable, tu aurais bien vu quoi toi par exemple « en réaction à »?

      C féministe ou c pas féministe cet humour-là » est une
      réflexion qui innerve pas mal d’échanges ici en fait, et on peut lire régulièrement que la communauté sitiste n’arrive pas vraiment à trancher, à écrire assez précisément sur ce thème pour que chacun puisse se positionner confortablement s’il prétend à une provisoire tranquillité.
      Nous avions eu un échange assez musclé à ce sujet dans mon avant-dernier boulot où les postes sont occupés à 95% par des sexes estampillés féminins sur les papiers d’identité et une collègue, assez en vue dans la maison (qui obtient tout ce qu’elle demande, en gros, en très gros) avait pas trop eu le dessus pour une fois dans les échanges, y compris face à des anciennes, sereines, proche de la sortie pro, qui avaient mis en valeur ses côtés bien réacs dans sa façon de se dire féministe.
      Quasi chaque jour, je me demande si le fait d’être juste née nana ne te positionne pas d’emblée à vivre le féminisme, à t’y confronter, à y participer, parfois malgré soi même.
      L’exemple de la grossesse qui est hot-hot, entre autres, pour les féministes qui s’affichent en actions et revendications plus organisées reste assez dingue d’ailleurs;
      As-tu en mémoire des anecdotes dans tes relations avec l’entourage, l’environnement, avec toi-même même, lors de ces périodes helene? – si tu les as vécues (tous les parents ne portant pas leurs enfants je l’ai en tête) –
      Moi, dans le boulot par ex., j’ai souvenir d’avoir eu à me positionner, me repositionner constamment durant cette période où on imaginait constamment pour moi ce qui était mieux, pour moi, pour l’enfant, ce que je pouvais faire et ne devais pas faire, sans que souvent je ne demande rien: 9 mois d’activisme féministe assez sport en fait, où ia pas trop de danger de trop couver, trop penser qu’à ce qui se passe ou va se passer, sauf si tu en as grande envie (tout faire pour penser à marcher, respirer, toi et l’enfant que tu portes) sans trop de parasite en tout genre la journée et passer du temps à glander aux côtés de la personne qui a le projet d’être trois avec toi, ou autre,
      A moins qu’on ne puisse être enceinte et féministe?

      Tes liens musicaux dans le top30000 posts de françois m’ont remis en tête et en joie la magnifique meuf qui a rythmé une de mes nuits cet été, comme j’aurais vraiment aimé te la présenter, je la cherche de nouveau et je reviens,

      • @helene: la voici
        http://www.youtube.com/watch?v=JFrXpZ8mRZs
        pour le coup, en la recherchant, suis retombée sur le rub a rub de fauve que tu avais posté;
        de fauve ia eu quelques titres de posés ici oui, quelqu’un avait parlé d’une de leurs prestations parisiennes j’ai souvenir: ils sont plutôt crânement estomacants oui, y compris dans leur présentation,

        http://fauvecorp.com/

        et on trouve quelques-uns de leur titres dans le compte deezer collectif proposé il y a quelque temps, j’en ai oublié le mot de passe tiens, faut que j’y retourne,

        A propos du MOC, suis un peu restée avec une impression de gars qui tient tellement à son équilibre, un gars qui aurait choisi funambule comme métier par défaut un peu, qu’il avance souvent plus dans le mouvement des autres, de leurs décisions quelqu’un qui profite du courant, un apprenti-vampire en quelque sorte- Thomas ce serait donc pas un saumon non ;- D –
        et les histoires de sextiments ça le ferait vibrer moyen, si elles se présentent, il prend, mais il faut que ça soit surtout pas trop occasionneur de dépense et/ou conso d’énergie, un peu comme s’il aimait que ça vienne plus des autres;
        Thomas serait une sorte d’écolo-sangsue du sextiment.
        Bonne journée helene,

        • @shasheer:

          A propos du MOC, suis un peu restée avec une impression de gars qui tient tellement à son équilibre, un gars qui aurait choisi funambule comme métier par défaut un peu, qu’il avance souvent plus dans le mouvement des autres, de leurs décisions quelqu’un qui profite du courant, un apprenti-vampire en quelque sorte- Thomas ce serait donc pas un saumon non ;- D –
          et les histoires de sextiments ça le ferait vibrer moyen, si elles se présentent, il prend, mais il faut que ça soit surtout pas trop occasionneur de dépense et/ou conso d’énergie, un peu comme s’il aimait que ça vienne plus des autres;
          Thomas serait une sorte d’écolo-sangsue du sextiment.

          shasheer à propos du MOC, post du 20 septembre in begaudeau.info
          beau portrait du MOC
          chaque lecteur doit s’en faire une représentation intime, j’imagine
          j’en suis pas loin, la même légèreté repérée et l’aplomb du gars qui s’étonne, se fait micro-bousculer par les attitudes des autres (beaucoup de filles, masi pas que) mais sait aussi dire oui ou dire non (majorité de non quand même). je trouve ce perso vraiment « légitime ». même si ça a l’air de ne rien vouloir dire, ça veut dire quelque chose
          anecdotique : sur le MOC comme titre éconduit, faudrait quand même signaler que MOC signifie aussi « mouvement des objecteurs de conscience » et « mystérieux objet cosmique, raison pour laquelle les éditeurs ont décliné l’idée. mais on annonce pour la fin de l’année un retour en force de l’utilisation du mot MOC-mâle abrévié via le bouche-à-oreille à partir d’octobre

          • @shasheer: et j’ai encore encore oublié de rebondir sur ton super mot calibré : « sextiment »
            me plait beaucoup
            🙂

          • @Helene: in fine pour ambiancer, faudra choper la playlist sexfriends
            . as-tu remarqué que le morceau choisi pour jack-mickael musicalise une pub depuis peu? – doit être content françois, le même sort avait été réservé à these boots are made for walking, tu te souviens? – mais pas trop grave, perso, la vie en slogans me met pas trop les mauvais nerfs,

            Au fait, le prochain quelque chose de gros paraît que c une famanimale je crois, une de la famille, pas trop seriale plaqueuse j’espère ;- )

            je décide de copiner avec bublé pour te souhaiter un good good day,
            à bientôt,

      • @shasheer: salut shasheer,
        quand je lisais les doubles pages du MOC je ne me suis jamais demandé si c’était féministe telle ou telle réaction, ce qui m’intéressait c’était de lire des situations surprenantes, qui font pousser des sourires, des quarts de sourires, des pfff, des onomatopées joyeuses, voilà
        si on va sur le terrain du féminisme, dans nos vies quotidiennes, sur le terrain pro, rien à noter, quelqu’un a dit un jour que notre service était un « nid de féministes », d’activistes féministes donc, ça continue, moins militant quand même, beaucoup de turn over chez nous, la fibre féministe est supposée partagée par tous ceux qui oeuvrent social. je me rappelle une fois une assistante sociale de la gendarmerie, ancienne du service, dire en réunion que en situation de violence conjugale on peut aussi se demander pourquoi la nana veut absolument parler philo (traduire : prendre la tête) tous les soirs à son mec, il y a eu une belle qualité de silence après son intervention, mais comme elle est repérée féministe militante +++ et qu’elle a une grande gueule, personne n’a moufté, elle a même réussi à faire passer l’idée d’une part de responsabilité de la victime. quand c’est Michel, responsable de l’accueil, qui à la pause déjeuner dit que si une femme est battue elle n’y est pas complètement pour rien, ça passe alors là pas du tout bien, gros macho que plus aucune fille ne supporte. alors comment veux-tu arriver à « trancher », à « écrire assez précisément sur ce thème pour que chacun puisse se positionner confortablement s’il prétend à une provisoire tranquillité » ?
        à propos, j’ai un nouveau N+2, un homme, dont le cv a largement essaimé avant sa venue, à son insu donc. on sait à peu près tout sur lui sauf peut-être la marque de ses sous-vêtements. ça m’éclate de savoir que mon N+2 a fait 5 ans de rock acrobatique et a enseigné au Guatemala 😉 il sera forcément féministe, sinon ça va râper, pour lui

        Quasi chaque jour, je me demande si le fait d’être juste née nana ne te positionne pas d’emblée à vivre le féminisme, à t’y confronter, à y participer, parfois malgré soi même.

        je crois oui, née nana tu es féministe, juste histoire de défendre simplement qui tu es. sur la grossesse, je n’ai pas trop grand chose à dire en lien avec le féminisme (certainement il y a à dire mais ça ne me vient pas spontanément). en revanche vivre au quotidien avec 3 hommes (un grand et deux petits, classiquement ;-)), tu es forcée de gueuler du féminisme en direction des petits-moyens hommes pour les tâches ménagères (tu refuses de mettre la table ? je refuse de faire la cuisine, tu vas maigrir) et la perception des filles du même âge (appeler ta copine de classe « mouton », c’est bad), en direction du moyen-grand homme pour les blagues de couple qui ne me dérangent pas en duo (se faire chambrer en douceur, c’est mignon, ça façon à lui de me dire qu’il m’aime bien) mais qui rentrent dans les oreilles des colocataires petits-moyens pour qui une femme/une fille c’est forcément en sous-capacités par rapport à un homme/un garçon. l’autre jour j’étais énervée de leurs parades masculines, je me suis concentrée pour gagner au scrabble, histoire de marquer le coup, mais gagner ne m’a même pas fait plaisir, ça m’énervait de devoir prouver que je pouvais être forte, même qu’une fois ;-). quand ils ont vu que je faisais un peu la gueule, le grand a compris qu’il fallait changer un peu les façons de faire, il est intelligent, quel bonheur !

        • @Helene: bien d’accord notamment avec tes quatre premières lignes et je me fais sourire rien qu’en repensant à quand je patrouillais dans ma ville de droite pour choper un libé à tout prix :- )

          Je revois sur quelques double que g eues entre les mains ( bien space l’orthographe et les accords ici mais double-pages, ia bien un s qu’à pages non?) les pages où Thomas se retrouvait à porter des banderoles qu’il découvrait après coupet ça m’a fait bien rire, benh ouais,
          Sinon, je vais essayer de prolonger ma loc.du m2kerangal, pas fini mais c pas trop subi, parfois j’y suis et sur d’autres temps moins, une sorte de stress de rentrée malgrè moi qui m’insupporte presque; je n’ai ni vu le largo winch 2 film, ni lu, vais donc regarder si elle est sortable la bd de la bibli;
          mais dis don’, c féministe ça de donner la clé de l’intrigue du film avant que les hommes le voit? ;- /
          ouais, je crois,
          A Paris, parmi tous les gros chantiers repris par Najat B. et tous les autres, on sollicite chacun à insister et veiller et travailler et montrer action et attention à la parité, la mixité,
          mais quel travail encore auprès de chacun d’entre nous dans ce qu’on montre au quotidien;
          Pourquoi ça me dérange quand je te lis au sujet du cv de ton new n+2? sans doute ta précision dans le à son insu – merci pour la confiance virtuelle –
          et sa pratique du rock acrobatique me fait partir en vrille spatiale – tu t’en doutais hein – faut fissa que je vienne à Stras ne serait-ce que pour vérifier qu’il porte bien sûr des dim, des dim-up même peut-être;
          Sinon oui, certaines violences qu’on eut aborder, réfléchir, accompagner peuvent être de vraies mannes pour recueillir les représentations ;- ) y compris des professionnels du social mais ces sujets sont aussi et avant tout des situations dans lesquelles des personnes s’en fourguent et s’enlisent aussi au quotidien,
          avec les hommes parfois victimes eux aussi qui parlent de plus en plus aussi il semblerait,
          2013 quoi.

          • @helene:
            + quand même, toutes mes félicitade pour la partie gangnée de scrabuble :- D

          • @shasheer: petites précisions vraiment nécessaires
            je reviens sur à l’insu de , qui est le résultat d’une manoeuvre remarquable de mon N+1, candidate au poste de N+2 mais qui parlait très mal le guatémaltèque et n’a donc pas été retenue. manoeuvre qui a consisté à indiquer à une personne (une seule, prise au hasard)où on pouvait zieuter le cv détaillé. performance donc du cv propagé pffft
            je rajoute pour le fun qu’on a aperçu à plusieurs reprises notre nouveau, un pan de chemise sortant à son insu du pantalon, je te laisse imaginer l’impact d’un tel détail sur plusieurs dizaines d’unités de femmes entre 20 et 60 ans
            on rit dans le social mais pas que. je ne développe pas le pas que, qui plomberait l’ambiance, de toute façon tu lis les journaux (familles déboutées du droit d’asile, mineurs étrangers isolés)
            autre précision fondamentale (j’ai annoncé précision au pluriel, faut donc que j’en trouve au moins une deuxième):
            je sais c’est moche d’annoncer ce qui va se passer dans un film, quand on le sait, et aussi quand on ne le sait pas mais qu’on voit bien, qu’on imagine, ou qu’on voit trop bien ce qui va arriver. bref je suis chiante devant un écran télé. en fait c’est de bonne guerre, pour toutes les fois où je me fais chambrer sur les 15% (estimation moc) du film que j’aurais compris dans les films géopolitiques souvent. féminin/masculin, un bras de fer doux quand ça se passe bien

      • @shasheer: et j’ai oublié de te répondre sur la double page du MOC imaginée comme rébond à l’article.
        ça aurait pu être mettre en scène les 3 auteurs de l’article en train d’écrire leur article au café et à la table d’à côté le MOC témoin auditif, on l’imagine interrogatif, perplexe face à leur discours (extraits de l’article à mettre dans la bouche des journalistes devenus persos de BD).
        on pourrait faire intervenir le perroquet du MOC qui s’ébrouerait au-dessus des 3 têtes.
        on peut imaginer aussi si on voulait pousser le bouchon plus loin un plan approche par le MOC d’une des femmes-auteures de l’article, à quels échanges et quel épilogue ça pourrait donner lieu
        par exemple

        • @Helene: c pas mal, j’aime bien et ça referait prendre l’air à jacquot qui s’en ait quand même pris une bien bonne – encore eu bardot en pleurs au tél. ce matin à ce propos –
          Il y aurait aussi possible un trio de meufs qui pourrait les forcer, les auteurs, juste un peu à lire le MOC, elles les exposeraient à la bd dans un genre de costumes et situations à la orange mécanique et on s’amuserait avec l’idée de fantasmes et frustrations divers,
          -> le genre oeil pour oeil/dent pour dent c féministe ça?

          • @shasheer: ah oui c plus juteux ta proposition
            tu me trouves des images du trio costumé ? casting
            question : tu gardes le MOC dans ces pages ?

          • @helene:

            un pan de chemise sortant à son insu du pantalon

            un peu style la jupe qui reste coincée dans le slip-culotte?

            – pour thomas moc et la vengeance du trio à plumes, on peut partir du look de shania twain dans son clip du man, i feel like a woman mais en veillant à ce que le chapeau soit bien melon pour le coup,
            est-ce que le moc est de la partie? faut voir ce qu’en pense le perroquet? moc a prouvé que même hors d’une bande, oussé à bout un peu, il est v’là teigneux;
            MOC il pourrait y faire quoi? tenir les pages de la bd? les projeter en power point g?

            nc: pour note de correction les auteurs de l’article sont 2 filles et un gars si g bien pigé, donc le trio mécaniquement orangé peut être constitué par une fille et deux gars plutôt? – ça fera plaisir à najat – dont le MOC tiens, pourquoi pas?

            dans ma voiture je passe raphaël – chanson féministe? –
            http://www.youtube.com/watch?v=kFWNb2F-8qw
            tu roules avec moi?

          • @shasheer: pour le chapeau, et la légèreté, qui va souvent avec la douceur :
            http://www.dailymotion.com/video/xatrmp_vanessa-paradis-il-y-a-2009-hq_music
            bon week-end shasheer 🙂

          • @helene: je vais tâcher merci,
            à toi aussi bon week,

  3. premières pages : on nous parle d’un type qui a 20 ans etait un anarchiste flamboyant, puis nous le trouvons dans une ferme pourrie, dents qui tombent, alors qu’il a trente ans. tu crois franchement que ça fait pas sens, ça?

    faut voir, demander à l’auteur. j’ai pas mal l’habitude de ça, demander à l’auteur 😉

    • avec Flaubert c’est moins pratique
      mais le texte parle
      parfois il parle même à l’insu de son auteur -même si en l’occurrence je doute que le destin dégénérescent de Faber se soit tramé à l’insu de l’auteur

      • @François Bégaudeau: avec Flaubert on pourrait tenter une séance de spiritisme
        ton itw de T Garcia est pour quand ?

      • Merci. Pas vraiment intellectuelle..Mais la forme d’humour y compris dans les échos à Libé donnent envie de lire la BD ! Les néo féministes sont bien loin de nos audaces de pionnières et souvent contradictoires entre pensée et action …j’ai écrit là-dessus.
        Bises

        @François Bégaudeau:

        • je n’arrive pas à ouvrir le lien, s’il y en a un

          • @François Bégaudeau: Pfff mais ce n’est pas un lien, c’ est juste une erreur de technicienne débutante. Ben dis donc, tu as vraiment besoin de soutien, un véritable handicapé.
            (ceci est une blague)

  4. @shasheer: salut shasheer, non je n’ai pas lu naissance d’un pont (Acratie ? Delphine ?). maintenant que tu en parles ça me tente, en plus le titre me parle en lien avec mon quotidien : travaux sur le pont du maire Kuss (http://www.crdp-strasbourg.fr/main2/albums/strasbourg_ill/index.php?img=48&parent=71)jusqu’au marché de Noël, ont emballé le pont avec des échafaudages, il y a quelques années ils avaient carrément détruit un pont proche aussi (http://www.clipimage.net/photos-strasbourg7/slides/quai-turkheim.pont-national.strasbourg.bateau.ill.html) en vue du passage du tram dessus, à Stras c’est truffé de ponts, le plus mignon mais ce n’est pas un pont, la passerelle de l’abreuvoir, a depuis l’été son grillage plein de cadenas avec les initiales des amoureux, les clefs rouillent dans la vase et les poissons ne manqueront pas de fer :
    photo ambiance polar, la passerelle comme je ne l’ai jamais vue :http://www.photos-alsace-lorraine.com/album/1533/Passerelle+de+l%27Abreuvoir
    ce serait sympa de voir tes photos, tu en avais déjà posté ici (je me rappelle d’une borne d’incendie et de cloches), album picasa ?

    • @shasheer: raté l’amarrage du post, c’était plus bas, en réponse à ton post sur naissance d’un pont et tes photos de vacances…

      • @Helene:
        c’est mignon « l’amarrage d’un post »
        nous assistons en direct à la naissance d’un FL ultra contemporain

        • @yeux bleus: les FLUC 🙂
          « amarrage » c’était pour ne pas utiliser de nouveau « garer » ou « créneau », on parle de ponts, après les manoeuvres de post deviennent fluviales/maritimes, maman les ptits bateaux

      • @Helene: tu zieutes un plus bas là où un post avec un @ sans destinataire s’est calé steup?
        v’là pas comme ça glisse sur c’te page,

      • @thierry saunier: ok, je ne savais vraiment plus quoi lire
        je plaisante
        quand j’aurai terminé « la meilleure part des hommes » de Tristan Garcia
        je suis sûre que tu as lu ce livre mais comme il date de 2008 tu n’en as peut-être plus un souvenir précis et ce que tu en avais pensé ?
        j’ai lu les présentations et commentaires sur internet, qui tournent beaucoup autour de : ce roman restitue une tranche d’histoire contemporaine. certainement. mais pas que. pour moi ce livre (j’en suis qu’à environ 45% mais ça m’est apparu comme une évidence)présente au travers des personnages quel sens on peut donner à sa vie quand l’idée de Dieu a été évacuée, ce qui est présenté comme la donne dans le roman.
        sens de la vie pour Doumé, évolutif : d’abord profiter de la vie à fond (la joie), puis quand arrive le sida, se battre pour une cause, celle des homos
        sens de la vie de Leibowitz : résister intellectuellement (résister à un courant de pensée, perçu par lui comme majoritaire, celui des minorités)
        sens de la vie de Will, évolutif : d’abord, vivre dans une sorte de fuite en avant, ensuite ; la haine (en négatif de l’amour, qui donne aussi sens à la vie, mais que T Garcia ne choisit pas d’incarner dans un personnage, ne fait qu’aborder pour mettre en valeur le sens que la haine peut donner à une existence dans un très beau monologue de Will face à Liz la narratrice)
        sens de la vie pour Liz : Liz est narratrice et parle surtout des 3 autres mais on pourrait se dire que ce qui remplit sa vie c’est justement de voir/entendre/cotoyer ses amis/amant et d’écrire à leur sujet (peut-être le sens que T Garcia assigne à sa vie lui-même ?)
        d’autres personnages passent dans le récit avec cette question du sens de leur vie. un jeune médecin avec qui couche Will et qui lui demande de le contaminer parce qu’il ne supporte plus de voir mourir ses patients et que la mort reste une chose abstraite pour lui. sens de la vie : aucun, la vie c’est de la merde, alors faire en sorte que la mort arrive plus vite
        qu’en penses-tu ?

        • @Helene:
          La meilleure part des hommes j’en ai un souvenir très précis, malheureusement. J’ai tout simplement haï ce livre, à un point qui m’arrive pas souvent, même si tu auras remarqué que je m’implique pas mal dans mes lectures.
          C’ets tout ce que je dtatse en liétature : le romnd dintellectuel, le roman à clés, le peti mec quiarrive parès la bateile et qui dsistribue les pioj nts, el ssccsè sda

          • @thierry saunier:
            c’est parti tout seul comme je disais à mon ex

            scusi
            bref je disais :
            C’est tout ce que je déteste en littérature :
            le roman d’intellectuels, – même « Les Rats » sans doute le meilleur du genre – mais c’est le genre qui est mauvais, le roman à clés, le petit mec qui arrive après la bataille et qui distribue bons (pas bcp), et mauvais (surtout)points, le succès de scandale sans le risque. En un mot beurk.
            Faber le destructeur est cent fois meilleur et cent fois plus intéressant que la meilleure part des hommes (et ce titre !)

          • Thierry s’emporte un peu. La meilleure part des hommes était quand même beaucoup plus trouble sur ses intentions. Et tentait un truc assez inédit : le roman de trois intellectuels. Celui inspiré de Finkielkraut me paraissait assez juste sur la dramaturgie d’un glissement réac.

          • @thierry saunier: ah oui, si tu le vois comme ça, ça énerve.
            je n’ai pas trouvé sur le net d’interview de T Garcia qui m’aurait permis peut-être de prendre le pouls de cet auteur, de ses intentions.
            de toute façon, même sans connaître l’auteur, je ne suis pas assez au fait des « clefs » justement de ce « roman à clefs » comme tu dis et comme je l’ai lu, aussi je le lis comme ça vient et j’aime plutôt bien (les phrases hachées, les chapîtres courts, l’oralité, les trois hommes qui bouillonnent tous, chacun à sa façon).
            je pense qu’avec le temps (moins l’époque percevra quel personnage du roman est quel personnage public), le roman gagnera peut-être en valeur par d’autres qualités masquées sur le moment par ce qui énerve(une hypothèse que je fais)
            sinon j’ai jeté un oeil sur sa bibliographie, que je trouve pas mal, assez éclectique, je pense à son livre sur le gorille ou ses nouvelles sur les sportifs par exemple. j’ai lu cet extrait qui m’a plu :
            http://www.babelio.com/livres/Garcia-Faber–Le-destructeur/509146/extraits
            j’ai lu que tu aimes plutôt – plutôt bien – ce livre
            tu ne trouves pas qu’il y a des similitudes entre le premier et le dernier livre de T Garcia (le personnage de William Miller destructeur, le récit via une amie, cette atmosphère « fin des temps », messianique ?)?
            ps : ton avis hotline sur « faber » c’est vraiment du travail soigné, avis de sitiste

          • Tu as raison, Hélène, ce William, comme Faber, porte l’idée, mise en avant aussi par Thierry dans son texte, qu’une certaine radicalité s’ancre fondamentalement dans le nihilisme. C’est le fond puissamment réactionnaire de Garcia, dont j’essaierai de le faire parler bientot.

          • @hélène:
            tu le prends vachement bien, c’est vraiment cool de discuter avec toi
            merci pour les compliments, il est bien ce livre
            je regrette que françois fasse une interview j’aurais bien aimé lire une chronique de lui là-dessus
            Pour les thèmes communs ben j’ai envie de te dire que c’est le même auteur
            Mais pour le coté destructeur je trouve que dans MPDH Miller a un côté assez minable, alors que Faber est plutôt flamboyant dans le genre, par exemple
            Enfin bref je pense que l’un est un livre de « petit malin », qui est tout ce qui me gonfle en littérature (injustement peut-être), et l’autre… ben je sais pas, mais bcp plus anyway
            Je suppose qu’on peut aussi ajouter un gros trousseau avec Faber avec comme clé de douze Julien Coupat.
            Meilleur moyen de rater le livre, m’est avis (comme dirait Pierre Lemaître)

          • Faber finit très minable. Et tue ses parents -plus ou moins symboliquement. Nihiliste comme William, il est par nature sur une pente autodestructrice.
            Faber le destructeur, et tout est dit : le progressisme (l’idée que l’humanité peut se fabriquer un destin, une histoire, un mieux), est noué à une force contradictoire. ET à la fin le progressisme est une régression.

          • @François Bégaudeau: honnêtement je n’ai pas pensé une seconde que « ce William, comme Faber, porte l’idée, mise en avant aussi par Thierry dans son texte, qu’une certaine radicalité s’ancre fondamentalement dans le nihilisme »
            maintenant que tu le dis, oui c’est sûr, T Garcia a choisi pour ses deux personnages cette option nihilisme-radicalité-destruction
            tu ajoutes que choisir cette option c’est être « réactionnaire ». tu peux expliquer pourquoi ? ça ne m’apparait pas avec évidence

          • @thierry saunier:

            Pour les thèmes communs ben j’ai envie de te dire que c’est le même auteur

            😀

            Mais pour le coté destructeur je trouve que dans MPDH Miller a un côté assez minable, alors que Faber est plutôt flamboyant dans le genre, par exemple

            je ne vais pa pouvoir garder ce raccourci pour désigner le livre, MPDH ça ressemble trop à MDPH maison départementale des personnes handicapées
            sinon, Miller destructeur minable on peut le penser, c’est même servi sur un plateau. moi j’ai décidé de ne retenir de ce perso qu’une chose, c’est qu’il est décrit constamment par T Garcia comme un homme qui souffre beaucoup des dents, un homme qui souffre et part en sucette 24h sur 24, les deux étant peut-être liés.
            peut-être qu’on ne fait pas assez la place au physique dans les romans et que quand l’auteur le fait, le lecteur n’y prête pas trop attention en général, c’est considéré comme mineur, un détail. le détail qui devient une clé : si Will Miller est autant radical et destructeur, c’est peut-être – en partie – la faute à ses mauvaises dents ?

            je pense que l’un est un livre de « petit malin », qui est tout ce qui me gonfle en littérature (injustement peut-être), et l’autre… ben je sais pas, mais bcp plus anyway

            je reprends anyway pour le premier livre de T Garcia. comme dit François les intentions de T Garcia sur ce livre sont troubles. son écriture elle-même, si on se recentre là-dessus, est fabuleuse :

            Lorsque la femme est revenue se planter devant moi, j’ai découvert à la lumière du jour la peau asséchée de son visage dont le charme luttait encore pour ne pas devoir la déserter tout à fait. Il est apparu dans son expression quelque chose de si désespéré que je n’ai pu m’empêcher d’être frappée et de marquer un pas de recul. Je tenais à la main la photographie de Faber — qui m’a échappé ; la femme l’a ramassée avant moi.
            « Je le connais. Mais il a changé. »
            Un instant, une idée imbécile m’a traversé l’esprit : Faber couchait avec elle et lui avait pompé toute sa vie, petit à petit. Est-ce que ça avait été sa maîtresse ? S’amorçait peut-être l’une de ces pénibles discussions entre anciennes amantes éplorées d’un même homme. J’ai coupé court.
            « Où est-ce qu’il est ?
            — Vous êtes journaliste ?
            — Sa plus vieille amie. »
            Raide mais lasse, pressée de me voir partir.
            « Si vous êtes une amie, dites-moi quelque chose qui me prouve que vous le connaissez. »
            Je n’ai même pas rélféchi :
            « Lorsqu’il est nu, il bégaie. »
            Elle m’a indiqué le chemin des Airelles, à gauche trois kilomètres après la sortie d’Aulac : la baraque aux ânes. J’avais l’impression d’avoir vaincu une vieille rivale. En observant sa réaction, j’avais acquis la certitude qu’elle ne connaissait pas la réponse avant que je la lui donne, qu’elle ne l’avait pas vu bégayer, donc qu’elle ne l’avait pas vraiment aimé et n’en avait jamais été aimée. Tandis que moi…

            pour un lecteur c’est la caverne d’Ali Baba ce genre de récit

          • @François Bégaudeau:

            Nihiliste comme William, il est par nature sur une pente autodestructrice.
            Faber le destructeur, et tout est dit : le progressisme (l’idée que l’humanité peut se fabriquer un destin, une histoire, un mieux), est noué à une force contradictoire. ET à la fin le progressisme est une régression.

            comme individus, William et Faber sont nihilistes et autodestructeurs. ils rejettent donc toute idée de progressisme, à travers eux le progressisme est mis en critique par l’auteur.
            il me semble que le progressisme est attaqué en tant que courant majoritaire et en tant que, étant majoritaire, il écrase/ne laisse pas la place à ce qu’on peut appeler la liberté individuelle, même si celle-ci aboutit à de l’autodestruction. je crois que T Garcia défend surtout l’individu face à la société, il est peut-être libertaire, tiens ?
            cela dit, j’en parle, en n’ayant lu qu’un livre sur les deux (et encore je n’ai pas fini le premier)

          • Je ne sais pas si le progressisme est majoritaire.
            Je ne crois pas qu’il pèse sur les gens.
            Je ne pense pas du tout que Tristan soit libertaire.

          • @François Bégaudeau: bon moi j’ai dû oublier de peser mes mots, le mot « progressisme » en particulier, que tu avais pourtant précisé : l’idée que l’humanité peut se fabriquer un destin, une histoire, un mieux
            Je ne sais pas du tout où T Garcia se situe par rapport à cette idée, ce que je sais seulement c’est qu’il me semble via ses personnages pas mal en guerre assez remonté contre la société, qu’il aime développer dans ses romans des individualités anti-sociales, à la marge de la société

          • ben non
            Faber se veut à la marge, remonté contre la société, anti-social au possible -et il finit minable
            Pareil pour William

          • @thierry saunier: je viens de relire cet extrait de « Faber » : je trouve que c’est assez transparent comment c’est écrit, agencé. je me disais aussi que ce passage illustre à merveille ce que j’ai lu à propos de T Garcia : qu’il se rattache au courant du réalisme spéculatif. réalisme on voit bien ce qui s’y rattache, spéculatif ce serait tout simplement les spéculations de la narratrice sur la situation qu’elle raconte. mais je ne sais pas si c’est ça

          • @François Bégaudeau: je finis (en réalité je n’en ai jamais fini) par me dire que le fait que les persos (Will-Faber)soient décrits comme des marginaux qui ont leur heure de gloire puis finissent minables gagne peut-être à ne pas être interprété du tout

          • premières pages : on nous parle d’un type qui a 20 ans etait un anarchiste flamboyant, puis nous le trouvons dans une ferme pourrie, dents qui tombent, alors qu’il a trente ans. tu crois franchement que ça fait pas sens, ça?

        • @Helene: Il était à la grande librairie hier soir le gamin dont tu voulais prendre le pouls.
          Je ne l’ai pas encore regardé, je ne sais pas ce qu’il en est.

          • Je l’ai écouté , quel garçon charmant. Me semble pas du tout réac, au contraire.
            Le truc d’aimer ses idoles déchues, d’aimer ses démons, c’est très positif,constructif.
            Peut-être qu’il n’arrive pas à transmettre ses intentions par son écriture, c’ est tout.

            Voilà, c’était ma petite réflexion du matin.

          • oui tu as raison anne-laure
            en lisant cinq livres de lui je ne peux évidemment pas arriver à ton acuité en l’écoutant deux minutes
            par ailleurs j’ai dit « puissamment réactionnaire ». Ce qui n’est pas du tout la même chose que : réac.
            quand je dis puissamment réactionnaire, je pèse mes mots
            oui il m’arrive de peser un peu mes mots

          • @anne-laure: merci anne-laure d’avoir déniché ça 🙂
            je lis que « Faber » est présenté comme un roman générationnel grrrr

          • @anne-laure: comment tu parles du gamin tel qu’il apparait dans cette émission, on dirait Chloé Saint Laurent, psychocriminaliste dans la série policière « Profilage », tu connais ?

          • Tu as bien raison Hélène, on voit la force de Garcia dans ces quelques lignes. il sait raconter ça y a pas de pé.

        • @Helene: Ben j’avais vaguement été mise au courant des romans de la rentré et Faber le destructeur est celui qui m’ avait le plus attirée. J’étais intriguée entre autres par le titre, me disant que puisque c’ était dit ici il en serait tout autrement à l’intérieur. Je suis tordue.
          Maintenant que j’ai l’explication latine du mot faber par françois busnel,ce gentil fayot, je comprends mieux.

          • Ah bah justement,c’ est parce que j’ai regardé profilage que j’ai loupé Tristan et ses ronds yeux noirs.
            Dans la bande annonce il disait qu’un psychiatre avait été massacré alors j’avais envie de voir ça.
            J’ai regardé tous les épisodes. Elle est bien faite cette série. Très inspirée des séries américaines mais on dirait qu’ils ont travaillé à en ôter les éléments lourds.
            J’aime bien quand ils font des effets de caméras, suivre le gamin qui court avec ses cheveux qui sautillent c’ était marrant ça.
            Et puis l’image de Paris est très lumineuse je trouve, ça change. On dirait que c’est pas Paris.
            Le personnage de Chloé est central, je pense qu’il y fait beaucoup sur l’accrochage d’attention.
            Au début elle m’ agaçait, je la trouvais trop maniérée mais en fait c’ est juste qu’elle s’en fout d’avoir l’air d’une folle. Son binôme stoïque fait contrepoids , c’ est intéressant.
            Des fois ils racontent n’importe quoi sur les maladies psys par contre mais bon.

          • @anne-laure: j’adore ton décryptage de « profilage », ça fait du bien de rigoler quand delors il fait moche

          • Oh tu exagères Helene, moi je trouve qu’il est assez beau Jacques Delors. Il est bien coiffé.

  5. Bon c’est pas le top mais enfin c’est fait

    HOT LINE
    Notice 217 – septembre 2013
    Tristan Garcia
    Faber – le destructeur

    L’année dernière, Aurélien Bellanger (né en 1980) a embrasé la rentrée littéraire avec un gros roman au souffle épique, intitulé La théorie de l’information. Cet automne, Tristan Garcia (né en 1981) enflamme la rentrée littéraire avec un gros roman au souffle épique, nommé Faber – le destructeur. Or, il s’agit du même récit, une vaste fresque des trente dernières années en France, simplement écrite depuis un belvédère radicalement inverse : à la success-story (lugubre, comme elles le sont toutes) d’un tycoon de la société de communication, correspond la descente aux enfers d’un petit immigré brillantissime, radical, rebelle, devenu, par sa faute ou par celle de l’époque, peu céleste clochard et damné de la terre.
    Comme tous les récits puissants écrits par un auteur supérieurement intelligent, Faber emporte, convainc et séduit par ce qu’il affirme, et intrigue ou inquiète par ce qu’il sous-entend ; tout commence en 1981, par une scène fondatrice, dans une cour de récréation, qui va sceller pour toujours une grande amitié entre trois enfants, Basile, Madeleine et Mehdi – qui préfère se faire appeler Faber. Charismatique, intelligent, meneur-né, celui-ci a tôt fait de placer sous sa coupe ses deux obligés, et d’en faire son premier cercle – il y en aura d’autres.
    Irrésumable, l’intrigue, qui se déploie sur deux décennies, narre l’ascension de Faber, qui d’enfant prodige devient adolescent virtuose, et rebelle. Plus mature que ses camarades, il est aussi plus insoumis. Cette fresque se déroule, belle idée, dans le cadre très étroit d’une petite ville de province, Mornay. Emancipateur, comme tel immensément séduisant, Faber va peu à peu devenir une sorte de gourou, de légende pour la jeunesse désœuvrée de la cité endormie. Il met au tapis, avec une audace folle, un professeur tyrannique et malfaisant, avant d’humilier un résistant venu faire une allocution au lycée. Le paradoxe de Faber est emblématisé dans cette double postulation simultanée: de libérateur à l’origine, il deviendra destructeur, dans le droit-fil de sa destinée.
    Inattaquable dans ses attendus, ce roman d’une grande force trouve peut-être – peut-être – sa limite dans ses soubassements théoriques et prolongements politiques. Il y a dans ce livre un côté fin des temps, et fin de tout, qui est à la fois un peu court et assez déplaisant. En Garcia le romancier est de première force, et le prophète suspect : si ce livre est si puissant et si réussi, c’est sans doute parce que le premier aura tenu la bride serrée au second. Rien n’est fini, sinon ce que nous considérons tel. Tant de gens pour siffler – complaisamment – la fin de la récré, si peu pour s’intéresser aux libres cavaliers, qui se moquent des coups de sifflet, des murs et des horaires de l’école et d’ailleurs. Dire – et se plaindre – que la société n’a pas tenu ses promesses, ce n’est pas seulement croire au Père Noël. C’est, surtout, croire au social.
    Tristan Garcia, « Faber – le destructeur », Gallimard, 2013.
    DISPONIBLE
    Lecture-loisir

  6. on a tous souri mais oublié d’en parler : le montage MOC face à la grosse pelleteuse (une vraie catastrophe écologique, ces intellectuels ! ;-))est bien fait, bonne illustration du commentaire de François sur l’article de libé
    François a évoqué la fin de la BD dont ne parlent pas du tout les auteurs de l’article et qui est porteuse de sens. personne n’a parlé du début de la BD que je trouve élégante et astucieuse, je remets le lien vers ces premières pages : http://www.oubrerie.net/2013/07/le-soap-de-lete.html
    de la BD on reparlera certainement plus à sa sortie en octobre

    • @Helene:

      « la meilleure part des hommes »

      un fois pigé où elle réside, c magique et first impressions à chaque fois je trouve

      . quant à celle de garcia tristan, je l’ai positionnée juste après un dustan, qui est juste après les gogols de xavier t., qui est juste après la re-lecture de fin de l’histoire, qui est juste avant/après le pont de maylis

      damned, six mille vies pour oim please
      je commande ça à la redoute de suite,

      • @shasheer:

        la meilleure part des hommes, une fois pigé où elle réside, c magique et first impressions à chaque fois je trouve

        voilà
        peut-être qu’on devrait s’abstenir de dire ce qu’on lit, ne le dire éventuellement que si quelqu’un demande un titre faute d’idée ?

        • @Helene: est-ce le six mille vies/jours/nuits qui t’amène à poser cette hypothèse? à proposer de ne plus dire ce qui se lit?
          beaucoup de livres sont cités ici et chacun accroche, ou pas, liste et pose en possible à lire, ou pas, certains d’entre eux
          Sinon, as-tu vraiment le sentiment que quelqu’un peut se retrouver à cours d’id de lectures?
          perso, j’aime vous lire citant vos lectures et si reprendre ou lire vraiment sartre par exemple ne me prend pas au moment où c cité, je passe et vous laisse en disserter,

          . cela pose-t-il problème en fait?

          • @shasheer: non il n’y a pas de problème. simplement les listes de choses à faire, à lire, ça me stresse (un peu, pas trop, faut pas exagérer) mais je vois bien que ça peut être perçu totalement autrement : une liste comme une richesse, un avenir rempli, la promesse de what mlilliards de choses 😉

          • @helene: j’avance doucement avec maylis, j’y reprends goût, pas vraiment le même plaisir qu’avec corniche k. donc mais c’est autrement, ça prend, plus doucement: marrant.
            Me demande si une fois l’équipe de chantier en place, là où j’en suis, ils attendent la fille, ça va pas démarrer d’un coup mon 2e voyage avec maylis,
            à voir,
            Tu l’as lu je crois son naissance d’un pont, et une autre sitiste aussi il me semble, patricia peut-être,
            je chercherais peut-être ce que vous en aviez dit après lecture quand je l’aurai fini.

            J’ai déchargé hier les tofs de mon tél. portable, j’en ai retrouvé certaines que j’ai un peu prises en pensant à ici,
            tant pis,

          • @shasheer: salut shasheer, non je n’ai pas lu naissance d’un pont (Acratie ? Delphine ?). maintenant que tu en parles ça me tente, en plus le titre me parle en lien avec mon quotidien : travaux sur le pont du maire Kuss (http://www.crdp-strasbourg.fr/main2/albums/strasbourg_ill/index.php?img=48&parent=71)jusqu’au marché de Noël, ont emballé le pont avec des échafaudages, il y a quelques années ils avaient carrément détruit un pont proche aussi (http://www.clipimage.net/photos-strasbourg7/slides/quai-turkheim.pont-national.strasbourg.bateau.ill.html) en vue du passage du tram dessus, à Stras c’est truffé de ponts, le plus mignon mais ce n’est pas un pont, la passerelle de l’abreuvoir, a depuis l’été son grillage plein de cadenas avec les initiales des amoureux, les clefs rouillent dans la vase et les poissons ne manqueront pas de fer :
            photo ambiance polar, la passerelle comme je ne l’ai jamais vue :http://www.photos-alsace-lorraine.com/album/1533/Passerelle+de+l%27Abreuvoir
            sinon, d’ordinaire : http://www.linternaute.com/photo_numerique/temoignage/temoignage/372713/la-passerelle-de-l-abreuvoir-strasbourg/
            ce serait sympa de voir tes photos, tu en avais déjà posté ici (je me rappelle d’une borne d’incendie et de cloches), album picasa ?

          • @: il faut dire que ce post était pas si facilement post-au-cul-mettable, hein helene? tu as bien fait de t’y reprendre à 2 fois, en revanche, la chanson en fond: vas-y ma mie c bon, vas-y ma mie c bonbonbonbon c peut-être un peu trop? à voir,
            …/Elle se figera un court instant pour écouter le silence perforé par les rares voitures qui blindent dans son dos, silence minéral où chaque bruit sonne distinctement et pollinise l’espace – un caillou roule, une branche craque, un scorpion gratte le sol -, un vrai silence de chat sauvage, alors la nuit en levier fera monter le jour, étirant l’espace au plus loin, comme un écran qui se tend, et l’horizon sera soudain si proche que Summer avancera son bras pour y porter la main, touchée elle-même, et percevant soudain des bruits de pas humains elle sursautera, le chauffeur sera là, c’est bon miss? Ils retourneront à la voiture, Summer baissera la vitre puis se laissera aller contre la banquette, secouée, ils fileront sur la route jusqu’aux faubourgs de Coca, des effluves s’engouffreront dans l’habitacle, poubelle, gobelets de plastique déformés par la chaleur, viandes avariées, journaux maculés d’essence, fleurs fanées, légumes pourris, linge sale et sueur en abondance sur le tout – voilà, c’est l’odeur de Coca pensera Summer, comme si l’odeur d’une ville était d’abord celle de son ordure./…
            – p.46 de kerangal maylis, naisssance d’un pont,ed.gall,sept.2010 –
            Je crois que c’est ce passage qui m’a ré-amarrée avec la pollinisation de l’espace, les voitures qui blindent, la nuit en levier, l’espace au plus loin qui se tend comme un écran et l’horizon vers lequel Summer porte la main,
            et maintenant j’y suis, youpiiii dansons la cario-caaaa;
            Maylis elle te happe entièrement, tu peux pas trop être un peu avec elle, un peu ailleurs, au champ et à la ville comme je l’ai beaucoup fait en août, c pour ça.

            Et c’est, entre autres, fort bien vu le coup du
            …/Un texte qui tout à la fois requiert l’attention soutenue du lecteur, et l’en récompense./…comme dit dans le blog de la médiathèque de fréjus
            – une ville de droite tiens ça aussi? –

            L’odeur d’une ville…ma ville d’accueil d’été, c’est beaucoup celle des fientes des what milliards de corneilles dans le parc du centre-ville, les exhalaisons des vannes des eaux de sources v’là chargées et bicarbonatées, sodiques, carbo-gazeuses, surtout la nuit,
            pauvre liliane,

          • @shasheer: salut shasheer, les 2 posts quasi identiques c’était un ratage : 4 liens => post en attente de modération, dans le doute j’ai reposté avec seulement 3 liens, reposté au mauvais endroit, une boulette sur une boulette, comme souvent, un suraccident en secourisme (vous débranchez la tronçonneuse avant de vous occuper de la victime), ici c’est moins grave, virtuel, ça fait juste brouillon, le brouillon ça dérange plus ou moins. bref
            merci shasheer pour ce long et beau extrait de naissance d’un pont
            où on apprend que tu vas sur le blog de la médiathèque de Fréjus, c’est qui déjà qui écrit sur ce blog ? 😉
            j’aime bien que tu parles de ta ville d’accueil d’été. hier j’ai pensé à toi, que j’associe désormais à la ville de Vichy : mon père m’a envoyé hier un sms me disant qu’il passait à proximité de cette ville, étape sur son parcours Nevers-Nîmes en vélo électrique

          • @shasheer: mon allusion à la médiathèque de fréjus, c’est avant que je lise le post de thierry avec le lien
            j’écris vraiment n’importe quoi
            misère de sitiste

          • @helene: vraiment aucun souci avec le lien posé par thierry, d’une façon ou d’une autre, dans un sens ou dans l’autre, à l’envers à l’endroit, et vice-versa, je me disais que tu le verrais ou l’avais vu, en tout cas, c’est bien de thierry dont il s’agit, on retombe souvent sur nos pattes de toutes façons.

            Je pense que tu lis les posts à partir de ton cochage de réception des news sur ta boîte mail, moi je continue à préférer entrer dans le magasin et m’y promener, mater, toucher, en essayant d’éviter de trop dire à une hypothétique vendeuse qui s’approcherait, s’accrocherait, s’incrusterait trop rapidement tu sais, un « non non je regarde » souvent trop vite exaspéré en réponse à « je peux vous aider? » juste automatique et pro; j’essaie de faire l’effort d’un « pas pour l’instant mais je n’hésiterai pas à venir vous voir si j’ai besoin » et je souris, enfin j’intentionne un sourire après, côté résultat pour l’interlocuteur, je sais jamais trop ce que ça donne :- / :- {
            Vichy, une ville capable du pire comme du meilleur, une ville qui pourrait récupérer sur un blason ce que sort je crois le marieur religieux ou civil aux personnes qui veulent officialiser une vie commune devant une autorité qu’ils choisissent, ouais.
            Tu m’y associes pour mon côté un peu résistant ou mon côté collabo qui donne le contenu de mails pas publics? pour mon côté sportif ou mon côté soins-beauté-hygiène? pour mon côté eau tiède voire chaude à vertus diverses ou mon côté à prendre à petites doses car aussi puant et moyen buvable? ou encore pour mon côté qui aimerait faire la marquise, une pour qui tout va très bien ou une qui passerait à la postérité pour ses correspondances? :- D
            Quand cette ville me fout les boules j’adore y chanter je bois vichy vichy celestins je me sens belle je me sens bien et plus g les glandes et plus je surchante;
            souvent, ça ne fait rire que moi.
            Mais faudra quand même que je me renseigne à l’usine d’embouteillages et récupère des dividendes si ça leur fait grimper les ventes
            ;- )
            Sinon g au moins deux tofs que ça me démange de partager avec toi,

            – Chouettes les photos de stras, vous aussi vous y avez un pont à espoirs amoureux?
            est-ce que ça manque à vichy tiens ce truc?

            Et ton father est en route pour Nîmes? en périple perso? en fugue?
            J’ai vu ce matin la bande-annonce du film elle s’en va avec deneuve, je me remets doucement d’une des répliques adressée par le perso de la fille à sa mère au sujet de son fils:
            il est comme tout l’monde, i donne quand i reçoit
            bonne journée à toi,

        • @shasheer: comme toi je me promène sur le site, pas de cochage de newsje te propose un extrait qui m’a bien plu :

          Vichy, une ville capable du pire comme du meilleur, une ville qui pourrait récupérer sur un blason ce que sort je crois le marieur religieux ou civil aux personnes qui veulent officialiser une vie commune devant une autorité qu’ils choisissent, ouais.
          Tu m’y associes pour mon côté un peu résistant ou mon côté collabo qui donne le contenu de mails pas publics? pour mon côté sportif ou mon côté soins-beauté-hygiène? pour mon côté eau tiède voire chaude à vertus diverses ou mon côté à prendre à petites doses car aussi puant et moyen buvable? ou encore pour mon côté qui aimerait faire la marquise, une pour qui tout va très bien ou une qui passerait à la postérité pour ses correspondances? :- D

          shasheer, post du 12/09/13 in begaudeau.info
          je ne sais pas tout mais je ne pense pas que mon dada soit en fugue (:-D), je sais juste qu’il continue à être hyperactif, signe particulier : arpenteur de routes
          j’attends tes tofs shasheer, j’essaie d’en trouver de mon côté mais elles seront pas perso

          • @Helene:
            pas de bol j’croyais que le smiley
            c’était pour ouam’
            Caramba, encore raté.
            Ma vie ne serait-elle qu’une faute de frappe ?

          • @Helene:
            …/Il (John Johnson, dit le Boa, il a chopé un mandat de maire de la ville de Coca)se souvient des slogans de sa campagne – des phrases concoctées par des professionnels, formulent puissantes qui claquent comme des étendards dans les stades et sur les places, mots d’ordre à douze pieds qui lui font le verbe haut et un menton d’orateur -, les articule en douce dans la nuit dorée, posté au balcon de la mairie qui est pour lui comme une passerelle qui le révèle au monde, imagine une gestuelle idoine et, galvanisé par ses propres paroles, subjugué par les promesses merveilleuses qu’il a tenu à la foule, le sang lui monte à la tête, son cœur bat à tout rompre: il va devenir celui qu’il a dit être, c’est sûr, voilà qu’il le décide. Désormais, il traite la fortune comme le gadget utile de la respectabilité et ne songe plus qu’à laisser une trace. On se souviendrait de lui, il marquerait son temps./…
            et un peu plus loin, maylis à propos du même boa mais qui est à Dubaï cette fois, me clin-d’oeillise encore comme suit:
            …/La prolifération des tours le sidère, si nombreuses qu’on les croit multipliées par un œil malade, si hautes qu’on se frotte les paupières, craignant d’halluciner, leur fenêtres blanches comme des milliers de pastilles Vichy effervescentes dans la nuit délavée: ici on travaille vingt quatre heures sur vingt quatre, les ouvriers sont logés à l’extérieur de la ville, les rotations se font par navette – /…

            suis impressionnée que tu m’aies aussi facilement gravée-datée sur le web de la postérité :- D
            et as-tu vu comme mes lignes sont un peu comme les styles de fâmes du trio auteur infernal du papier à partir d’un à peine survolage du MOC de clément et françois? binaire, un papier alimenté à l’huile de moteur deux temps, la Motorex 2 Stroke 2 temps
            /// attention ALRTE ALRTE ci-dessus possible référence d’érudite ////

            Et sinon, comment vas-tu toi? c quand que tu montes en famille pour croissanter auprès de miss magguy dame de fer?

            Pam Pa Nam – Oxmo Puccino

          • @Shasheer: salut shasheer, merci pour l’extrait du Boa à Coca puis à Dubaï. ça me fait penser à Largo Winch 2 passé à la télé ces derniers jours. j’avais lu la BD, j’avais de l’avance sur mon moc (la femme en noir va tuer celle en blanc et le vieux est un traître). sans le lyrisme de Maylis de K (les pastilles de Vichy sur les tours de Dubaï).

          • @shasheer: j’ai été coupée dans mon post hier, sorry. je suis à Paris le 19 octobre normalement, je t’en reparle pour qu’on puisse enfin se saluer a minima 🙂

          • @thierry saunier: je lis ton post du 13 aujourd’hui, je parle du post « caramba »
            pour ouat’ j’ai des smileys aussi 🙂
            je reviens d’une primo-lecture des posts que tu as échangé avec François les 12 et 13 septembre. je sais pas où j’étais ces deux jours mais pas au bon endroit, c’est sûr.
            j’ai terminé MPDH. sur les intentions de l’auteur il dit tout dans le dernier chapître. même s’il dit tout, ça reste subtil. il me semble qu’en fin de roman ces personnages, réels au départ, ont fini romancés par ses soins et il en tire une sorte de « morale » perso, qui serait : réhabiliter ceux qui ne laissent rien, en opposition à ceux qui laissent une trace :

            Il y a des êtres humains dont toute la valeur , toute la vis, est à l’intérieur, et il n’y a bien sûr aucun autre moyen de le vérifier, de le mesurer, de savoir s’ils sont potentiellement extraordinaires, ou médiocres, que de vivre en leur compagnie. Absents, lointains, ou morts, il ne reste vu de dehors rien de ce qu’il y avait de meilleur en eux : la possibilité, le doute incessant qu’ils soient bien plus, en fait, qu’ils ne sont.
            Les êtres humains dont toute l’importance est exhibée, sous forme de faits, de réalisations, de discours parce qu’ils parlent, parce qu’ils agissent et qu’ils travaillent – la mort ne leur ôte guère ; et il me semble de plus en plus que tout ce que j’ai pu admirer dans le monde, idées, oeuvres, actes et vies, a dû provenir d’hommes opportunistes, que j’aurais pu côtoyer, dont la plupart m’auraient été indifférents, et dont les occasions, bien saisies, ont fait des sortes de génie, en tout genre.

            suivent des réflexions métaphysiques. oui T Garcia est un métaphysien, qui écrit des romans. j’ai fait une première approche de « mémoires de la jungle », où je retrouve ce même regard, posé sur des objets différents, et la fin qui fait la part belle aux émotions et aux choses simples. maintenant faut que je lise ce livre

          • @Helene: Pardon, je viens m’incruster mais c’ est marrant parce qu’en ce moment je rumine à propos des ambitions humaines (forcément humaines).
            Je bloque sur ce sujet que j’ai déjà ressassé mille et une fois dans ma tête.
            Je me disais que pour moi, la seule ambition louable soit celle d’arriver à se regarder en face. Je me disais qu’on était probablement peu à avoir cette ambition, je m’disais un pourcentage comme celui des schizos, un peu de moins de 1% de la population.
            Et puis je repensais à ma crise de folie ridicule à propos des américains et de la lune (pfff, n’importe quoi moi des fois). L’autre jour j’écoutais des gens qui racontaient des anecdotes sur Salvador Dalí.
            Lorsqu’il invitait du monde dans son jardin et que les gens s’extasiaient devant la beauté de la lune, il leur disait que c’ était nul et les faisait regarder la sculpture d’un lavabo qu’il avait faite sur un mur.
            Comme quoi les créations humaines quoiqu’elles soient, sans hiérarchies sont plus admirables que la nature. Ceci me laisse bien perplexe.

  7. J’ai trouvé poilante votre BD et j’adore ce genre d’échanges de point de vue entre les socio-féministes et vous. La rencontre était inéluctable, non ? Mais je trouve que vous devriez plus assumer votre point de vue : bien-sûr que vous avez envie de parler du « mâle occidental contemporain » et de son rapport avec des femmes difficiles à saisir ! Pourquoi ça serait mal qu’il y ait un soubassement sociétal ou sociologique à tout ça ? Vous n’êtes pas obligé d’être dans la lignée féministe bon teint… Et puis, faut pas déconner, vous êtes un intellectuel, vous aussi !

    • Il y a du vrai dans ce que tu dis : une BD comme ça ne peut etre complètement dénuée d’intentions sociétales. Et j’ai beau rappeler que Male Occidental Contemporain ne me convient pas comme titre, c’est quand même moi qui suis arrivé avec MOC. Il faut donc que je précise : une BD (un livre, un film) peuvent avoir des incidences sociétales, politiques, etc, et ces incidences peuvent etre plus ou moins assumées, retravaillées, par l’auteur. Mais, pour ce qui me concerne en tout cas, il faut bien comprendre que ce n’est jamais mon intention première. Faisant cette BD, l’intention première est de créer… une bonne BD. Et, puisque j’avais envie d’aller vers la comédie : une BD drole. Comme Sophie m’a suggéré la drague comme thème (thème qui au départ ne m’emballe pas, impression d’avoir tout dit dans La blessure, Vers la douceur, et Un deux un deux au théatre), ma réflexion n’est pas : où en est-on de la drague aujourd’hui et des rapport hommes femmes? Mais : quelles situations intéressantes et droles ET DESSINABLES puis-je tirer de ce thème. Puis le tempérament fait le reste : comme j’aime bien les filles qui ont du répondant, comme j’aime bien me foutre de la gueule des mecs, comme une bonne situation comique a besoin de deux personnages forts, j’en viens souvent à des situations qui mettent en scène un Thomas pris de court par ses vis-à-vis féminins. C’est par ce cheminement, esthétique, technique, que la BD finit par dessiner un monde où les filles dominent la situation. Pas du tout par le biais d’une réflexion généralisante qui me rebute d’avance sur « les hommes et les femmes aujourd’hui ».
      Tout ce que je viens de dire là, je l’ai souvent dit, en pure perte, sur Entre les murs. Pas un livre qui prétendrait dire où en est l’école en France, mais un livre qui, de ce lieu, tachait de tirer des situations droles, nouées, complexes, tordues, riches de réel, etc.
      C’est ici que je peux en venir à ta remarque sur le fait que je sois un intellectuel. Parce que c’est justement cet ordre de pensée, cette méthode de travail et de réflexion qui me sépare de l’intellectuel. Lui part des idées, toujours, et du général (ou bien c’est au général qu’il veut en venir). Moi je pars des situations. Alors oui, à l’aune d’un plombier ou de ma soeur puéricultrice, je suis un intellectuel à l’égal d’un BHL ou de nos amis signataires de la tribune libé : nous avons en commun de gagner notre vie en pondant des textes et en maniant des mots et, parfois, des idées. Mais vu de près, on ne fait pas le même métier, nous ne fonctionnons pas pareil. Pour les raisons que j’ai dites. Avec toujours cette donnée que je rappelle et rappellerai mille fois encore parce qu’elle est absolument décisive : ces gens n’écrivent pas de romans. Ni de théatre. Ni de récit jeunesse. J’ai certes commis des essais -et encore il n’a échappé à personne qu’ils sont tous irrémédiablement aimantés vers le récit, le concret, la situation- mais ma base d’écriture c’est le récit, plus ou moins fictionnel, plus ou moins documenté. D’ailleurs les essais que j’ai écrits à ce jour ont été des commandes, je ne les aurais pas écrit de moi-même. Alors que les romans viennent presque tous de mon initiative. Tout ça dit beaucoup de choses sur une certaine façon de fonctionner qui fait que non décidément je ne peux pas me dire intellectuel. Je poste bientot un texte qui permettra d’éclaircir encore ce point.

      • @François Bégaudeau:
        tu charries quand même.
        Non pas bien sûr ce que tu dis de tes propres trajectoire/projet(s) on en a parlé mille fois je t’ai mille fois dit que j’étais d’accord sur tout.
        Mais pourquoi ne pas accorder les mêmes qualités à Garcia ?
        Lui aussi écrit des romans, c’est quand même pas anodin.
        (Et d’ailleurs le Tristan de la fin du livre le dit : « je suis auteur de romans »)
        Et là ton analyse suit quand même dangeureusement ton propre tropisme politique. Quand il dézingue Finky glop glop et quand il critique (en filigrane !!!) la radicalité pas glop. C’est pas si simple.

        Moi je suis, je trouve, quand même bcp plus dans l’objectivation : MPDH est un roman d’intellectuels, ça c’est un fait. L’une des raisons pour lesquelles ça me débecte. Et ça pue la lettre anonyme par-dessus le marché (il couche avec Elisabeth Lévy, non mais tu parles d’un argument !)
        Et Faber est autre : roman de lycée(n) – Bildungsroman si tu veux. Tu aurais aussi une autre manière de lire ça, tout aussi défendable : Faber se clochardise OK, mais enfin justement c’est honorable, alors que Basile et Madeleine ont des vies banales, « normales » (ou normées ?) qui sont juste à crever d’ennui (et d’ailleurs à peine réapparaît-il, ils envoient tout péter)
        Dans mon bafouillage imparfait, ô combien, je me garde bien d’utiliser ce lexique inopératoire, inapproprié et contre productif : réactionnaire. C’est juste pas le problème.
        Le problème c’est que MPDH est un roman d’idées, et Faber un roman. D’ailleurs je l’ai lu deux fois plus vite alors qu’il est deux fois plus long. Ca s’appelle : la preuve par Saunier. Autrement dit : Aristoteles dixit.
        Non mais.

        De toute façon on va en revenir au sartrobook.
        Il y a une pente, presque un tempérament de radicalité qui s’exaspère devant la résistance du réel, si la révolution c’est pas demain ben je lâche celle-ci pour le ciré ou la kippa. Les fins lecteurs auront reconnu la GP.
        Les idéologues s’obsèdent sur celle-ci, soit pour dire je vous l’avais bien dit, soit pour dire meuh non meuh non, et dans les deux cas pour prêcher les convertis.
        Et il y a une autre radicalité, celle de Sartre, mais pas que, où on peut chercher des années sans jamais trouver le moindre lien entre radicalité (ou contestation, pour s’en tenir à un lexique qui était plus de son temps et de sa prose) et nihilisme.

        En un mot : pour moi, la fibre « réac » de Garcia n’est pas avérée. Et tu es sûr à la fois d’aller dans le mur si tu te braques là-dessus, et aussi, sans doute pire, d’être infidèle à ton beau et juste auto-programme : « parler à hauteur de son livre ».

        • Perte d’énegie, puisque tu me fais dire quelque chose que je n’ai pas dit.
          Je n’ai pas dit qu’il dézinguait Finkie. J’ai dit qu’il analysait finement un glissement. Et tu sais quoi? Je crois qu’il l’analyse finement parce que c’est un peu le sien. En somme ce ivre est pas du tout contre Finkie. Par contre je crois que ce livre est pas très sympa avec Dustan. Donc tu te trompes radicalement en suggérant que ce livre m’a intéressé parce qu’il prodigue des idées qui me sont familières. D’ailleurs ce qui m’intéresse chez Garcia est précisément mon désaccord avec lui. Nous ne sommes pas du tout fabriqués pareil, je crois que fondamentalement c’est un métaphysicien anto-progressiste, mais c’est justement ce qui m’intéresse
          Oh oui grosse plantade du vendredi, Thierry. Semaine difficile j’imagine.

          Sur la différence radicale que tu fais entre Faber roman et Meilleure part roman d’intellectuels, je crois que c’est plus compliqué. Mais là j’ai pas le temps.

          • @François Bégaudeau:
            ben on est juste pas d’accord, ça arrive
            je trouve le Finky de MPDH ni très fin(ement vu) ni très sympa.
            Libre à toi de trouver l’inverse.
            Par contre je suis d’accord sur Dustan pas très sympa ; c’est aussi ça qui me gêne dans ce livre ce côté « y en aura pour tout le monde j’arrose ».
            Moi je m’en tiens là : le premier m’a gavé et Faber m’a passionné. D’ailleurs je l’aurais sans doute lu sans toi mais c’est toi qui me l’as « vendu » ; il est remonté en haut de la pile.
            Est-ce que tu comptes lire le Weitzmann?

            NB ma messagerie est down, peux pas te répondre s’il y a lieu.

          • @François Bégaudeau:

            je crois que fondamentalement c’est un métaphysicien anto-progressiste

            Et moi chuis sûr que c’est un auteur de romans. C’était ça le nerf de ma réponse, ce sur quoi tu embrayes n’en est qu’une scorie.

        • J’ajoute, comme précisé à Anne-Laure, que « puissamment réactionnaire » n’est pas réac.
          Je reprécise que j’aime beaucoup Faber, et mieux que La meilleure part des hommes.
          Je reprécise aussi que la pente de Faber, bien que je la trouve un peu sommairement narrée, m’intéresse beaucoup. Du reste l’idée qu’il puisse y avoir du nihilisme au travail dans le progressisme est présente chez Nietzsche (sous le nom de nihilisme socialiste-chrétien) et, très largement, dans Deux singes (chapitre 2001, 2002, 2005)
          Si je devais me braquer à chaque fois que me tombe entre les mains un livre non-progressiste, il ne me resterait plus grand chose à lire. Et j’aurais brulé Balzac. Et je n’aurai pas écrit des chroniques admiratives sur Bergougnioux, Rolin, et tiens Garcia (sur Mémoires de la jungle, qui ne brillait pas non plus par son euphorie pro-moderne)
          Fais-moi donc crédit de ce dont ton Sartre manque parfois : une capacité de distance esthétique pour considérer sereinement des livres traversés par des idées qui ne me sont pas familières.

    • @François Bégaudeau: ta réponse à manonvalla (en quoi ta démarche diffère de celle d’un intellectuel), en t’appuyant sur ta démarche BD ou ta démarche roman, dans deux cas bien précis, donc en situation, est absolument convaincante. d’autant plus convaincante que tu veux bien reconnaître passer pour un intellectuel aux yeux de ceux qui sont loin de l’écrit, n’en vivent pas. dans la sphère littéraire, c’est autre chose, un penseur peut avoir à coeur de préciser qui il est précisément, qui il n’est pas surtout
      j’ai trouvé ton post d’élucidation magistral

  8. Tu cites Marx dans ton préambule, et effectivement, ce qui m’a surtout intéressé dans cet article, c’est la démonstration que leur analyse est complètement idéaliste, elle marche sur le tête, et m’a rappelée le livre « misère de la Philosophie » by Marx en réponse au livre de Proudhon « Philosophie de la misère ». A lire, ne serait-ce que pour la force de la démonstration.
    Mais le Chouchou du collège et lycée devait déjà s’en inspirer.

    Bises à tous les matérialistes et existentialistes !

    • Bien vu, c’est évidemment à ce célèbre renversement lexical que je faisais allusion.

  9. Sur quoi s’appuient en l’occurrence nos intellectuels? Non sur l’album mais sur les propos tenus par les auteurs à propos de l’album. Propos évidemment mal retranscrits par l’intervieweur, comme devraient le savoir les intellectuels toujours intarissables sur les approximations journalistiques. Mais sans aller jusque là, revenons à l’essentiel. Ces propos sont des réponses à des questions. En bons journalistes, ceux-là nous ont essentiellement posé des questions sociétales, alors que ce n’est pas le terrain sur lequel nous serions allés spontanément. Etant polis, nous avons répondu. La question étant, une nouvelle fois, de savoir, s’il ne vaudrait pas mieux refuser ces interviews –ce qui était ici rendu très délicat par le partenariat avec Libé. Du moins pourrait-on espérer compter sur les intellectuels pour ne pas en faire un matériau analytique credible. Ce n’est pas ce qui s’est passé.

    Le triangle infernal auteur-journaliste-intellectuel
    De ta position d’auteur tu fais une analyse précise de comment ça se passe et comment ça ne te convient pas. Ce n’est pas la première fois que tu exprimes ton insatisfaction (euphémisme) face à cette situation : auteur-journaliste, auteur-intellectuel, ici le summum : auteur-journaliste-intellectuel.
    La répétition de tes griefs fait penser à une sorte de « fatalité ». J’ai envie d’interroger cette fatalité. Par exemple le rapport auteur-journaliste : de ta position d’auteur interviewé tu reproches au journaliste intervieweur de mal retranscrire tes propos et de poser des questions essentiellement sociétales. Ce qui serait intéressant ce serait d’inverser les rôles : imaginer une interview où ce serait l’auteur qui poserait des questions au journaliste, une sorte de « vis mon job ». Ainsi tu pourrais recentrer les questions sur ton œuvre. Des réponses du journaliste à tes questions on ne peut pas préjuger, la qualité des réponses dépendant beaucoup de celle des réponses on pourrait se dire que l’interview ne serait pas forcément à la rue. A condition de jouer sérieusement le jeu, de ne pas prendre ça pour un jeu, une farce.

    • Bonne idée
      En attendant, il m’arrive parfois d’etre en position d’interviewer (leçons de cinéma, portrait Transfuge, bientot Tristan Garcia) : voyons ce que ça donne.

      • @François Bégaudeau: Je pense à une émission sur France Culture, La Grande Table,où tu étais interrogé sur Deux Singes ,en compagnie d’un autre auteur, Louis-Henri de La Rochefoucault : tu avais carrément pris la place de l’intervieweuse, pour interroger l’autre invité, et de façon tonique, un peu rentre-dedans. A l’époque j’avais eu envie de t’interroger sur cette émission et ce qui s’était passé, par ex comment la journaliste et l’autre auteur avaient réagi, et je ne l’ai pas fait.
        J’ai retrouvé l’émission, je vais la réécouter.
        http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-rencontre-francois-begaudeau-louis-henri-de-la-rochefoucauld-20

        • La présentatrice, qui peut-etre un jour m’invitera tout seul, s’éreinte pour absolument trouver des ponts entre deux livres qui n’ont rien à voir. Et forcément rate les deux livres. Et rate celui de LHLR. Or moi je l’ai lu, et j’ai beaucoup à en dire parce que c’est de la bonne merde contre-révolutionnaire et pathétiquement bavarde. Et surtout le mec avance masqué avec sa petite tete de fin de race. Alors j’essaie de le faire sortir du bois, comme j’aimerais le faire avec Garcia bientot -sauf qu’avec Garcia je suis admiratif, j’ai envie de le faire parler à la hauteur de son livre.

          • @François Bégaudeau:
            Garcia, tu risques pas de le faire sortir du bois;
            1. parce qu’en fait, tu n’en as pas vraiment envie; tu as plutôt envie, à juste titre, de mieux comprendre pourquoi tu l’admires, tout en coinçant, j’aurais envie de dire : aux mêmes endroits que moi. (mission : écrire le texte de mon blog ce week end pour tirer ça au clair)
            2. parce qu’il est trop malin
            3. parce qu’il est trop bien dans son bois
            4. parce qu’en fait – mon hypothèse préférée, mais ça tu verras bien sur pièces – il y est pas vraiment, dans le bois.

            Ceux qui ont reconnu la citation de Freud détournée ont gagné un chaudron (!) magique.

            Pour les étourdis, ou les distraits :
            Tristan Garcia, « Faber – le destructeur », Gallimard, 2013.

          • @François Bégaudeau: contente d’avoir réécouté cette émission,où tu arrives à dire des choses importantes sur Deux Singes,par ex sur la chronologie/l’année 77,par ex la fin, sur le singe comme anticorps,cf le rock dont tu parles bien aussi. A la réécoute, des mois plus tard, j’entends mieux encore tes explications.
            Et ton appropriation de l’interview de LRF, je me souviens comme j’avais trouvé ça gonflé et bien toi,de ne pas laisser les interstices vides, de t’y glisser, et d’exploiter cette possibilité gagnée en interrogeant vraiment LRF. Sans te départir de ta politesse, sans céder sur la critique,en pointant bien cette attitude sournoise ? faux jeton ? (je réserve la mauvaise foi pour l’ambiguïté interne).Il me semble que tu donnais sa posture pour plus stratégique, ce que précisément tu cherchais à faire ressortir ?
            Bref sur LRF;toi, c’était bien joué. Mais l’interviewer peut-il se permettre la même chose ?En poussant à l’extrême, peut-on inviter un auteur et le coller au mur ?
            Ont-ils réagi après ou vs vs êtes séparés sans autre commentaire?

          • @Patricia, François Bégaudeau: pareil pour moi : contente d’avoir réécouté cette émission,où François arrive à dire des choses importantes sur Deux Singes, j’entends mieux encore les explications de François sur son livre : pas de passage de communiste à socialiste mais passage de radical de gauche à radical de gauche conscient de la nécessité d’être attentif à la réalité, libertaire en un seul mot.
            j’ai réentendu dans l’itw le mot « cristallisation », unité appartenant au lexique de François. je cherche encore quel mot le mot cristallisation remplace. et dans l’itw, François associe rapidement cristallisation à stendhalien, quelqu’un peut m’expliquer l’idée ?

          • c’est une sorte de lieu commun des études de lettres : dans De l’amour, Stendhal (qu’il faut lire, toujours) propose une description précise du phénomène amoureux. Le moment où ça prend, il l’appelle cristallisation.

          • @François Bégaudeau: merci pour l’explication. dans wiki ils parlent de la cristallisation chez Stendhal comme du phénomène d’idéalisation à l’œuvre au début d’une relation amoureuse. est-ce que quand tu parles de cristallisation à propos de « deux singes » ou quand tu écris ce mot dans le livre, il y a cette idée d’idéalisation aussi ?

          • Sur la politique je dirais moins idéalisation que fixation passionnelle. La politique devient le monolithe à partir de quoi tout s’évalue. Comme un sujet amoureux rapport parfois tout à l’etre aimé.
            -On prend le bus?
            -Je t’ai dit que Chantal adorait le bus?
            -Non je crois pas.
            -Tiens c’est marrant Chantal dit souvent : je crois pas.

          • @Thierry saunier:

            Un jour que l’on discutait sur une banquette de cuir, près du bar, en tournant sa grosse montre d’argent, tout en réajustant sa perruque, il éclatait tout le temps de rire, il m’avait expliqué, je m’en souviens :

            comme shasheer ne poste pas en ce moment et qu’elle citait souvent des extraits de livres, je m’y mets. à la différence près que si shasheer met les références, moi pas, à deviner donc, facile, et comme c’est facile ya pas de lot.
            même sans connaître l’auteur ni le titre du roman, cette phrase a une belle gueule je trouve, pourrait candidater à un blogphrase ?

          • drole de phrase en tout cas

          • @helene: avec brice, je te salue mais pas bien bas car j’ai encore des parties de mon corps un peu difficiles à mouvoir sans gémir
            et tiens à t’éviter ce show-là qui, par chance, n’est pas encore mon quotidien.
            Je retrouve mes espaces ultra civilisés-saturés-pollués-bruyantissimes
            avec pour seule et unique preuve presque visible de mes égarements estivaux une putain de cloque que j’ai craqué avec les dents – et oui la belle, je suis un warrior – et qui ne guérit pas bien – la cloque – toute coincetouillée qu’elle est au creux de la 2e phalange de mon index droit.
            adieu donc, raies de maïs, d’échalotes, d’oignons, thomas, les chemins de terre-cailloux-campagne qu’ont niqué un truc sous ma bagnole et que je l’ai pas ‘cor montré au chouchou de shasheer;
            remarques, je viens de m’apercevoir qu’il a cassé un joli plat années 50 avec anse métallique – petit plat à cahouettes assez chic – donc, j’ai argument, si besoin, pour lui prouver qu’on se vaut en connerie.
            Pas mal pensé à toi, à vous, à ici
            mais shasheer ne poste plus car ia quékin qui lui a dit, écrit plutôt, qu’en cette contrée de begaudeau.info, iaurait sitiste qui comprendrait quasi aucun de mes posts: devant autant de désarroi et souffrances, que je me devais d’entendre, j’ai donc goulûment ingurgité des tonneaux d’empathie
            et glou et glou et glou
            – mais putain que c dégeu –
            installé begaudeau françois, comme jadis, dans un coin réservé de ma tetê
            – comme avant begaudeau.info –
            et retenu tout mon être, mon âme, mon oim-même de baragouiner quoique ce soit sur ce site.
            pour quelque temps
            . mais alors, comment je fais pour te parler?
            à toi
            et peut-être à quelques-uns qui
            peut-être
            entravent un peu de sens dans mes posts?
            De retour dans la snobinarde capitale de la france j’ai aussi joui en remisant momentanément miss tablette, sans lui chanter notre famous ce n’est qu’un aurevoir et me suis jetée sur une réinitiazione vite fait à l’ordi portable, avec accent, avec touches, avec écran et souris tous super charmants: je rekiffe, je revis, comme une putain de parisienne qui sait pas ce qu’elle perd en laissant les paysages avec horizon derrière elle
            mais quand même, ah que c bon.

            Après, je te cache pas qu’en plus du déluge météo qui m’a accompagné hier sur la route, j’ai eu des putains de larmes mégacouleuses sur quelques kilomètres en quittant tous ces ploucs.

            – Et toi? comment vas-tu?
            j’ai vu que tu te coltinais pas mal de pose de liens, du site d’oubrerie entre autres,
            ce site est toujours super actif,
            tant mieux.

            Puis-je te soumettre une mini préoccupation shasheeresque helene?
            (incompréhensible et sans gêne comme je serai je considère que oui:)
            . je n’entre pas dans le naissance d’un pont de maylis
            et ça me perturbe
            tombée en amour de cette auteur via son corniche kennedy là, ça l’fait pas, ça cristallise pas
            arrivée pas à pas en p.36 j’ai hésité à le glisser, je l’eus fait délicatement cependant, dans la belle fente de la médiathèque de ma ville de droite, belle fente métallique mais tentante dédiée au retour des trucs empruntés quand la bibli est fermée
            mais je l’ai quand même monté à paris.

            tu m’expliquerais dis, ce qui arrive à oim-même rapport à de kerangal?

          • @shasheer: c’est qui l’ectoplasme qui t’a écrit que ?
            contente de te retrouver shasheer. mon hypothèse sur ton absence c’était que tu avais cassé ta tablette en la laissant tomber par exemple, bon t’a fait d’autres conneries j’étais pas loin 😉
            très contente de te retrouver, tu me sembles en pleine forme (très très drôle comme d’hab), sauf le petit blues à propos de kerangal. que dire ? je ne sais pas, tu as aimé la corniche, pas le pont, c’est des choses qui arrivent. moi j’avais bien aimé « dans les rapides », beaucoup l’histoire, le style aussi mais moins que l’histoire et ce que ça m’évoquait. comme tu refais surface je vais me programmer la lecture de « corniche Kennedy ». sinon en lectures j’ai commencé « la meilleure part des hommes » de Tristan Garcia, que j’aime beaucoup pour le moment.

          • @he-lene ma benne sont des mots qui vont très bien ensemble très bien ensemble:

            tu as aimé la corniche, pas le pont

            arrêtes tes conneries! j’ai failli me pisser dessus,

            c’est qui l’ectoplasme qui t’a écrit que ?

            si dieu reconnaît les siens, euh.., l’ectoplasme devrait se reconnaître aussi,

            ON S’EN CONTREFOUT

            pour maylis, je l’ai posée tranquille à côté du fin de l’histoire de françois qu’anne-laure m’a donné envie de relire
            et de fait, maylis, je vais la lire aussi sur ou sous le pont sans la brusquer
            sure que je vais recraquer,
            j’avais what milliard de trucs en tête et autour
            ça f’sait un peu trop pour une shasheer je crois, un peu,

            . C qui tristan garcia? croisé un six feet under mais…

            qu’est-ce que tu aimes chez lui?

          • Je m’immisce ici dans la discussion sans savoir si mon post va être lu, je suis novice sur le blog.
            J’ai écouté cette émission de France Culture ; LHLR dès le début de l’émission avance masqué mais avec un masque de facture très grossière, en présentant d’emblée son livre comme n’étant pas « une complainte très sérieuse » mais écrit sous le signe de l’humour.
            A la décharge de la présentatrice, il me semble que dès le début elle essaie de le faire « sortir du bois », lorsqu’elle cite 1 phrase de son roman : « Le roman français est mort avec l’aristocratie en 1789 », réponse de LHLR : « C’était un peu une boutade »; la présentatrice renchérit : « non non, c’est très sérieux ». Le duo François Bégaudeau / LHLR sur le plateau de cette émission est très « hérogène », mais vous réussissez à le mettre au profit de l’auditeur, en le poussant cet individu dans ses retranchements, et en donnant tout de même envie de lire votre livre « Deux singes ou Ma vie politique ».
            J’ai lu la plupart de vos romans, avec un coup de foudre littéraire pour « jouer juste » où le travail stylistique d’imbrication du fond et de la forme est novateur, une réussite « architecturale ».

          • Merci pour Jouer juste.
            LHLR avançait masqué ce jour là. Pourquoi les contre-révolutionnaires ne s’assument pas? Je ne lui ai rien dit d’autre. Je ne lui ai pas dit, par exemple, que son livre était consternant. Il devait sans doute se sentir en terrain ennemi sur France Culture, ce qui n’est pas si faux.

      • @François Bégaudeau: j’irai donc lire cette interview 🙂

  10. Très intéressant de cerner comme tu le fais dans le détail les éléments révélateurs du fonctionnement de ces auteurs.
    Je m’y colle, ça me plait.

    Pour moi, cet article est le résultat de deux défauts : l’attrait démagogique pour l’intime,avec valeur ajoutée quand il s’agit de l’intime de gens connus. Et l’enseignement du français.Forme scolaire, raccolage.
    Raccolage : l’article passe après « Le romantisme et les sites de …», et avant « tout homme devrait se faire… ». La suite des « sites de » on peut la reconstituer facilement,et on imagine : rêves et réalité,pas de mal pour trouver des exemples. L’autre suite, plus difficile,mais croustillant à imaginer : se faire quoi ?se faire faire quoi ??
    L’article est présenté comme « tribune », ça fait sérieux, et les 3 noms des auteurs, flanqués de leurs attributs, fait penser au professeur de faculté de dentisterie en blouse blanche qui veut convaincre scientifiquement les téléspectateurs d’acheter du colgate.
    Le titre : « déboires », même principe que le romantisme et les sites : on va voir des gens se casser la gueule, c’est le comique irrésistible et douteux de la peau de banane sur le trottoir.
    « du Mâle » : le mâle dans sa généralité,et on entre dans une catégorie bien connue, le fort/le faible : David va battre Goliath, Jerry va envoyer Tom dans le mur, les filles vont casser du mec : encore plus drôle.
    « ou » : le « ou » équivaut au signe =. La BD = les fantasmes des auteurs : l’homme = l’oeuvre ,l’oeuvre =l’homme.
    « les fantasmes » : le voilà l’intime : à quoi ils pensent, sous la couette ?Qu’est ce qui se passe vraiment, dans leur inconscient ?Qu’est ce qu’ils ne disent à personne et qu’ils vont révéler, là, à leur insu ?
    « de Bégaudeau et Oubrerie » :ça ressemble à « Léa Seydoux, nue dans Lui ».
    L’idée de fantasme est reprise : « réalité largement fantasmée …cette vision déformée…révèlent donc davantage les angoisses des auteurs vis à vis de ce qu’ils imaginent » ; le fantasme auquel s’oppose le sérieux des auteurs de l’article, qui sont, eux, dans la raison : « prétention de nous faire réfléchir…tentent de nous faire comprendre…le propos se précise…toutes les études montrent…une perennité des rapports dissymétriques…qui pose problème…les auteurs pourraient nous objecter..or…ils ne s’interrogent pas vraiment…rapports de domination inversée dont il est finalement impossible de se réjouir …pas de quoi rire »
    Bon, Bégaudeau, Oubrerie, on va vous voir tout nus.

    Forme scolaire :
    Le plan : classique scolaire :
    Introduction :premier paragraphe : la première phrase pose le thème : »Le Mâle occidental contemporain est une espèce menacée…de domination féminine », annonce l’argumentation :1 menacé/2 domination féminine,et donne le ton, par les … qui expriment un doute. Reprise à la fin du paragraphe : »bref du léger,du rigolo, du distancié » cf 1 menacé / »avec néanmoins …la place des hommes »,cf 2 domination ; et « quelques prétentions »,qui éclairent le doute exprimé par les …

    1ère partie (2ème paragraphe) : idée « il est difficile pour les hommes » ,développement de « menacé » . Suivent des exemples qui servent à argumenter. Fin du paragraphe : « Thomas, paumé et ridicule »,cf « du léger, du rigolo ». Puis annonce de la 2ème partie : « ils opposent des figures féminines plutôt effrayantes »

    2ème partie (3ème paragraphe) : a) « la femme moderne prend corps »cf domination. Conclusion « après tout, pourquoi pas ? »
    b) 1- c’est faux : »réalité largement fantasmée…toutes les études montrent au contraire »
    B)2( 4ème paragraphe) –c’est autre chose : « AU DELA de cette vision déformée » :argument « ces femmes constituent son environnement « reel » au sein de la fiction ». Idée : « ces représentations révèlent DONC davantage les angoisses des auteurs »

    3ème partie :(dernier paragraphe) synthèse : «RESULTAT, ils ne s’interrogent pas vraiment sur…mais mettent en scène des rapports de DOMINATION INVERSEE »

    Conclusion : »Sous les soi-disant nouveautés » cf « léger, rigolo, distancié » /on retrouve la vision traditionnelle » cf domination / »d’un homme coincé » (donc qui fantasme) « entre les chiantes et les putes » : voilà la révélation, ce que cachent les fantasmes, cqfd.

    La chute : « pas de quoi rire » :retour du sérieux du prof de dentisterie en blouse blanche.

    Appréciation : très bon plan, bon élève fin de seconde, à Henri IV fin de 3ème. L’organisation est primordiale,et obéit à des règles strictes.

    Autre élément de la formation :l’importance de l’exercice de synthèse : un thème clairement annoncé par un titre,et propre à produire de l’argumentation ; plusieurs textes à balayer pour identifier des opinions différentes ; aller piocher des exemples dans les textes pour nourrir l’argumentation.
    Cela produit des lectures très rapides, et orientées,partant du résultat qu’on veut obtenir. D’où l’importance donnée à un exemple, qu’on extrait du texte pour servir l’idée .

    Je ne veux pas casser l’enseignement du français, qui heureusement ne se limite pas à ce type de contrainte ou d’exercice (qui sont aussi formateurs, mais déformateurs en cas d’exclusivité ou d’excès). Mais je trouve que ces 3 auteurs,en jouant les bons élèves,et en ayant bien assimilé les outils du raccolage, montrent ce qu’ils sont.

  11. les phrases suivantes, un peu dans la même veine, m’ont fait sourire :

    Une nouvelle fois a fait fureur l’alliance objective entre journalistes et intellectuels, cimentée par leur sociocentrisme commun.

    Nous voici dans la vielle et triste histoire des ravages de blitzkrieg causés par l’intellectuel quand il survole une oeuvre.

    la « fureur », « le ciment » et le « sociocentrisme »
    « ravages de blitzkrieg causés par l’intellectuel »

    quant au commentaire portant sur la BD elle-même :

    A s’en tenir à l’immanence, une chose est sure : ce Thomas devient le foyer d’un comique du ratage. De ce point de vue, il est une marionette, un pantin qu’on fait gesticuler pour créer du burlesque. Voilà le rapport tangible et factuel que nous entretenons avec lui.

    j’aime bien cette image du « pantin », le dessin représentant Thomas suggère ça en effet
    j’aime bien aussi que la BD soit située dans le « comique de ratage », ce qui est flagrant je crois(*). ce comique de ratage de Thomas et des filles m’a rappelé le copain du narrateur dans « la blessure la vraie », qui enchaîne les rateaux avec les filles et en fait son mode de drague, un truc fermé. ou dans le même roman le narrateur de 15 ans à la recherche d’une fille avec qui coucher pour la première fois. rien ne ressemble à rien, personne n’est identique à personne mais certaines situations narratives (roman ou BD)en évoquent d’autres

    (*) c’est flagrant pour les auteurs de l’article aussi certainement, mais dans l’article ils ont joué au sociologue ou au journaliste qui a réfléchi, pas au lecteur de BD tout simplement. on peut se demander d’où vient la pression qui aboutit à cet article dont le titre lui-même (pas commenté) est en lui-même assez piteux(« Déboires du mâle contemporain ou les fantasmes de Bégaudeau et Oubrerie »)

    • Une des raisons pour lesquelles je ne commente pas leur titre, c’est que je sais qu’il arrive qu’un titre de tribune ne soit pas choisi par l’auteur de la tribune, mais par le journal. En somme j’ai une précaution qu’eux n’ont pas du tout eu en surinterprétant des propos d’interview, ignorant tactiquement ce qu’ils savent, à savoir qu’une transcription n’est jamais fidèle à ce qui a été dit.

      • @François Bégaudeau: Tu as raison : je mélange ce qui n’est pas du fait des auteurs, les titres des articles qui suivent et précèdent, la présentation des auteurs avec leurs qualités, et peut-être, comme tu dis, le titre-même de leur article, avec l’article lui-même.
        Démagogie perso.Doit progresser.

        • rien de plus beau que l’auto-évaluation, fût-elle injustement sévère

  12. Ravi de ce dépli et de ce que tu sois fidèle à cette rigueur analytique qui se coltine la matière même du texte, quand tes détracteurs ont contourné votre BD sans vergogne. Et merci pour le dernier paragraphe. « Pas de quoi rire » ? Mais si, et plus que jamais.

    • @Jérémy: J’abonde dans ton sens Jérémy et je retiens aussi Zemmour n’aurait pas dit mieuxce que j’ai aussi pensé en lisant cette tribune. Patricia avait bien résumé l’approche totalement oublieuse du principal : c’est une BD, pas une thèse. Je comprends bien ce rebond n’appelle pas de réponse, mais je trouve aussi qu’il est important d’expliquer alors je me demande si ce ne serait pas une bonne idée de donner en réponse aux lecteurs de libé le texte d’intro qui renvoie au site -pas sûr que Libé soit ok, évidemment. C’est une question.

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