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Sport et femmes

En 2009 paraissait Femmes et sport, livre collectif sous la direction de Joy Sorman, dite « la blondasse », et de Maylis De Kerangal, dite « la baronne ». Implorées par moi à genoux, elles acceptèrent que j’y livre 5 textes dont un très bon et les autres bof. Maintenant que le livre a fait le plein de lecteurs (3,3 millions en Europe francophone), je peux les reporter ici, dans l’espace dévolu aux travaux féministes.

Le livre :

http://nouvelles-des-livres-helium.blogspot.fr/2009/10/femmes-et-sport.html

Le proverbe :

Crépuscule n’attend pas.

L’âge :

26

MICHÈLE POUR RIEN

Michèle Mouton est la première femme à remporter une manche du championnat du monde des rallyes, à San Remo, en 1981. L’année suivante elle en gagne trois autres (Grèce, Brésil, Portugal) et passe tout près du titre (perturbée dit-on par le décès de son père la veille de la dernière course, bref). Sa réussite à une époque où les Français sont plutôt abonnés à la lose fait d’elle une des figures du sport national, assez pour que l’enfant de dix ans qu’on est à alors la connaisse et trouve qu’elle ressemble à maman. Sa tignasse noire de fille née à Grasse apparaît souvent à Stade 2, jusqu’à sa retraite en 86 (pour se consacrer à « des choses plus familiales », bref).

Aujourd’hui : totalement oubliée.

Certes peu de gens s’intéressent aux rallyes, condamnés à une relative confidentialité du fait qu’ils sont peu télévisés – ou peu télévisés à cause de leur confidentialité. Tout de même : qu’une femme ait rivalisé avec les meilleurs dans un sport radicalement étiqueté masculin, qu’une femme ait conduit avec un tel talent un engin aussi canoniquement phallique, voilà qui devrait rester dans toutes les mémoires, surtout qu’on n’a plus vu depuis lors une femme se distinguer dans cette compétition. La plupart des gens ignorent même qu’elle est mixte.

Raison de plus pour se souvenir ? Plutôt raison de moins. Le parcours de Michèle Mouton est exceptionnel, c’est son problème. Car l’exception ne prouve rien. Même davantage connu, cet épisode est si atypique (qu’est-ce qui donc a poussé la Mouton à signer pour un sport que pourrait sponsoriser une marque de testostérone ?) qu’il n’empêchera personne de croire que femme au volant mort au tournant ; n’empêchera pas que dans la plupart des couples c’est papa qui conduit et maman qui regarde la carte et qui comprend rien parce que lire une carte les femmes savent pas, Michèle Mouton avait sans doute un copilote mec.

Ainsi s’explique que, d’un point de vue féministe, l’exemplarité du sport soit quasi nulle. Une championne est une femme pas comme les autres ; ce qu’elle démontre de bravoure, de rigueur, d’intelligence, et autres qualités que les représentations dominantes décrètent masculines, n’a pas valeur d’exemple pour les femmes lambda. Sans parler bien sûr du soupçon d’hormones mâles plus ou moins naturelles qui entoure toute performance dans le sport féminin. Non seulement les sportives ne sont pas des femmes normales, mais en plus ce ne sont pas des femmes. En résumé : Felicia Bellanger a remporté cinquante médailles en cyclisme sur piste, mais Felicia Bellanger a de gros mollets et elle vient de l’espace.

En voile, autre sport étonnamment mixte vu qu’en général c’est l’homme qui prend la mer, n’en parlons pas. Les marins sont des gens à part, dit-on. Ce qui vaut pour eux ne vaut pas pour le commun des mortels. Ellen MacArthur pourra remporter quarante-sept Route du rhum, cela ne fera pas que les femmes décident de prendre la barre.

VERS ESTELLE

Côté journalistes sportifs, le credo progressiste (le temps file vers du mieux) trouve une validation dans des faits bruts. On est passé des sarcasmes dubitatifs du gauchiste Thierry Roland à propos de Marianne Mako, première femme à apparaître dans Téléfoot il y a vingt ans, à Estelle Denis ou Nathalie Ianetta présentant avec autorité, l’une 100% foot, l’autre Les décrypteurs ou L’équipe du dimanche.

Mais côté mentalités ? De voir ces deux-là et d’autres largement aussi pointues que les experts auxquels elles sont supposées passer les plats, a-t-il changé la distribution de la parole entre hommes et femmes, lorsque vient sur la table dominicale la question de l’arbitrage vidéo ou du PSG comme définitif club de baltringues ? Plutôt pas. Les filles qui tiennent le micro sont (perçues comme) des exceptions. Peu de femmes caressent le rêve d’une carrière de commentatrice de rugby. Tout simplement parce qu’elles sont peu à s’y intéresser et encore moins à le pratiquer. Et si elles le pratiquent ou regardent, ce n’est jamais comme si le sort du monde dût en dépendre. Ça, une femme ne le ressentira que si elle entre dans la grande compète virtuelle et symbolique, c’est-à- dire si elle devient un homme, et ça personne ne le souhaite. Donc après tout on peut en rester là. Les mecs continuent à surinvestir narcissiquement une finale de Wimbledon, les filles à regarder et s’enthousiasmer tranquillement, passant à autre chose dès le match fini.

Tant qu’à faire, ce serait aux hommes de féminiser leur pratique du sport, en la dédramatisant. Un soir de juin 2008, le sélectionneur Domenech sembla aller complètement à l’inverse de ce mouvement, en demandant en mariage, devant les caméras, sa femme qui prendrait l’antenne deux minutes après pour 100% euro ; ce faisant, il reterritorialisait la spécialiste de foot émancipée en femme de. Mais si l’on regarde le geste sans considérer sa réceptrice, quelle subversion des codes en vigueur ! Le sélectionneur résorbait le verbiage historico-dramatique des soirs de défaite en lexique sentimental. Il disait : le foot c’est important, mais le plus important c’est que j’aime Estelle.

En matière de féminisme, on se demande toujours en quoi une société donnée peut consentir à offrir ses places aux femmes, beaucoup moins ce qu’une société aurait à apprendre d’elles telles qu’elles occupent leur place imposée. Version sport, ça donne : cessons de rêver au moment où les femmes s’intéresseront aux compétitions avec autant de passion que les mecs, et tachons de nous convertir à leur désinvolture par rapport à ces choses. Tachons de trouver soudain lumineux l’enrageante expression de ma soeur quand je chialais les jours d’élimination du FC Nantes en coupe d’Europe : « ça va, y’a pas mort d’hommes ». Ça a l’air tout con, mais pour un garçon il est compliqué d’admettre que oui, bêtement, le foot c’est pas la guerre.

LA JUPE DE MARTINA

En sport comme partout les moches subissent la double peine de la laideur et des disqualifications afférentes. Lors des duels réguliers entre Navratilova et Christ-Evert Loyd, dans les années 80, le contraste esthétique était le premier critère de plébiscite de la seconde. Certes, jouaient aussi beaucoup  l’homosexualité affichée et la possible stimulation hormonale pratiquée par la tchèque à une époque où le bloc de l’est était un bloc de dopage ; au bout du compte le talent d’Evert-Loyd semblait doublement pur : féminin et propre, sans mélange. Il n’empêche que si vous opposez une très jolie lesbienne visiblement dopée à un laideron hétéro clean, vous verrez qui gagne à l’applaudimètre.

En plus des médailles, le minois de Manaudou a beaucoup fait pour son aura médiatique. De même que les jambes de Perec, divine compensation de ses dents avancées et de sa connerie. De ce primat de la beauté, les loseuses bombesques sont la preuve irréfutable. Merlène Ottey infoutue de gagner un titre olympique en quatre participations, Gabriella Sabatini qui n’aura pas gagné grand chose, Kournikova classe mannequin ont toutes fait parler d’elles au-delà des proportions de leurs mérites sportifs.

Rien de très original en somme. On préfère avoir sous les yeux les fesses bombées d’Ottey que le cul de Marie-Christine Boutin. On se rappelle même s’être masturbé devant un match d’Hingis du temps de sa splendeur de petite peste bien foutue. La vraie question est plutôt : est-ce que Hingis m’exciterait autant si je la croisais dans la rue ou est-ce que, la posture sportive crée une plus-value érotique ? À priori l’inverse semble plus viable. Je préfère Hingis en culotte alanguie sur un lit que grimaçant pour réaliser un coup droit lifté, même en jupette. Même lorsqu’il vise la grâce (gym au sol, plongeon, etc), le sport balise une zone neutre de la vie érotique, où le corps n’est plus que muscles, puissance, forme, lignes. D’où qu’une fille soit particulièrement érotique lorsqu’elle loupe, lorsque son corps ne coïncide pas avec sa perfection glaçante. Au foot rien de plus bandant qu’un gros pointard de fille, au foot, rien de plus bandant. À ce moment, la vibration érotique d’un corps, par ailleurs recouverte par la beauté du geste, se rappelle à l’observateur.

Cependant la désérotisation induite par la perfection sportive peut provoquer, en son creux, une excitation particulière. Quelque chose qui aurait avoir avec l’air de pas y toucher. Une basketteuse évacue l’existence de son vagin au moment où elle joue, mais alors le sentiment que le vagin persiste, bien que nié, qui provoque une déflagration érotique assez proche de celle qui naît de la manifestation du désirable par sa dissimulation. La façon qu’avait Hingis de ne pas penser à ses petits seins qui ballotaient faisait qu’on ne voyait qu’eux, qu’on ne les voyait jamais aussi bien qu’à ce moment –plaisir en somme de les regarder presque à son insu. Sans compter que cette façon d’être complètement requise par le match excitait bien sûr en moi le mâle soucieux d’attirer l’attention sur lui. Or Martina ne répondit à aucune de mes lettres, cette petite pute.

SAUVER STÉPHANIE

En quatrième je me pique d’être bon au basket. Je ne le pratique pas en club, raison de plus pour m’investir à fond dans les matchs de dix minutes du cours d’EPS. Hélas les équipes sont formées par le prof, selon un savant et péniblement égalitaire dosage bons-mauvais, dominants-dominés. Dans chacune figurent un mec pale et malingre qu’en 84 on ne nomme pas encore nerd et une fille boulet. Moi dans l’équipe dont je me bombarde capitaine -foulards jaunes-, j’ai à me coltiner Stéphanie Demoureaux.

Stéphanie Demoureaux est une bourge blonde avec un tout petit corps très pratique pour la prendre dans tous les sens en masturbation mais pas pratique du tout pour le basket. Une subtile tactique s’impose si on ne veut pas compromettre nos chances de victoire : ne jamais passer le ballon à Demoureaux. Juste construire les actions avec Sébastien Croix qui joue en club et Rodolphe Olliéric de niveau passable. Demoureaux on lui demandera juste de se planter à un angle de la raquette en défense histoire de boucher un trou.

Deux minutes par match je me retrouve sur le banc, comme l’impose le système de remplacement vu qu’on est six pour cinq places. Là, irritation. Ca m’emmerde de ne plus jouer ; notre niveau de jeu va s’en ressentir. Depuis la touche mes yeux ne lâchent pas la menue silhouette de Stéphanie perdue au milieu d’une nuée de bras tendus désordonnées. Si elle n’existait pas je serais sur le terrain. Je lui en veux. Et pourtant une compassion me gagne. Un subit scrupule, un furtif moment d’élévation morale pendant lequel m’apparaît l’indignité de la laisser courir derrière un ballon qu’on ne lui donne jamais, ou se positionner bien sagement sur l’aile en attaque pour réceptionner une passe qu’on ne lui fera pas et que de toute façon elle annihilerait en se protégeant du gros ballon orange qui pourrait défoncer sa petite tête de jolie bourge.

Est-ce que j’essaie de la faire jouer davantage une fois revenu sur le lino vert bouteille du terrain ? Peut-être. Une ou deux passes super douces. Et puis retour à la normale, à la norme masculine. Les enjeux urgents de la grande compétition en cours l’exigent.

La seule solution serait qu’on fasse durer éternellement les moments où elle est sur le banc. En somme qu’on la dispense de jouer Mais c’est impossible. Monsieur Berthier, syndiqué au SGEN, veille à ce que tout le monde joue, les nuls autant que les bons. Si jamais on fait semblant de ne pas voir que les deux minutes se sont écoulées au bout desquelles Ollieric doit sortir pour laisser place à Stéphanie, il nous rappelle à l’ordre d’un coup de sifflet en plastique orange. Et moi j’ai envie de lui dire que vraiment vous faites fausse route monsieur Berthier, que non seulement vous risquez de nous faire perdre mais que du strict point de vue de la justice aussi vous vous trompez ; que Stéphanie quand vous sifflez pour qu’elle rentre elle a comme une torsion d’estomac, comme un soupir grimaçant ; qu’elle serait la première à accepter de cirer le banc avec ses petites fesses fermes pendant tout le cours, pendant toute la vie, sans jamais plus se mêler de cette saloperie de basket qui ne lui donnera qu’une entorse au doigt ; que le sport-co mixte c’est sans doute une grande idée de gauche, mais là de cette manière non merci ; qu’il vaudrait beaucoup mieux que les filles restent de leur côté, elle s’amuseraient et progresseraient bien plus, comme au temps du féminisme seventies elles se donnèrent des lieux pour causer entre elles, enfin soustraites à la surveillance et à la vanité des petits mâles qui ne veulent jamais passer la parole ou le ballon.

CE CON DE BASTIEN

À la base on se dit qu’un type qui aime le sport se réjouit que les filles en général et sa concubine en particulier l’aiment aussi. Ce sera plus facile pour négocier un regardage de match contre un épisode d’Urgences. On pourra aussi joindre l’utile du sport à l’agréable du couple (on fait un tennis chérie ?), joindre l’agréable du sport à l’utile du couple (on fait un tennis chéri ?). Or c’est plus complexe.

Entre les hommes et les femmes, l’écart n’est certes pas de pratique. Les études montrent que les unes font au moins autant de sport que les uns. C’est le type de pratique qui fait différer les sexes. Comme dit Woody Allen à un personnage féminin assidue à la danse : c’est pas un sport y’a pas de ballons. Le trait d’humour n’est pas de pure mauvaise foi, un imaginaire le sous-tend : s’il y a ballon il y a équipe, et s’il y a équipe il y a score, il y a compétition. Alors que le top 3 des pratiques féminines (danse, natation, jogging et autres activités d’entretien physique) implique rarement l’affrontement. C’est contre soi-même, la raideur, la fatigue, les kilos, qu’on lutte. À tout casser on jalouse le cul de Sophie à l’aquagym mais c’est tout.

Il en va donc du sport pour les hommes comme de l’attrapage de balle pour un chien. Il s’agit bien plus que de sport, bien plus que d’une baballe à son chienchien : il s’agit de s’entraîner à chasser, à faire la guerre. Il s’agit d’éprouver sa virilité –à tout le moins de lui donner une contenance. Finalement c’est les femmes qui aiment le sport pour lui-même. Les hommes l’aiment d’abord en tant qu’il est subsumé par l’enjeu intemporel de qui aura la plus grosse. Qu’un homme regarde, discute ou pratique le foot, c’est ce même enjeu qui le tient –la composante de plaisir en soi existe mais minoritaire (il n’y a qu’à voir dans quel état la tension d’un match ou la défaite met le supporter).

Plutôt qu’une contrariété, une femme qui ne s’intéresse pas au foot corrobore aux yeux du mec le fort coefficient de virilité de ce sport. A l’inverse, si elle s’invite dans l’arène du combat de coqs, elle le dénature. Comme une femme soldat qui accomplirait avec talent les gestes de guerre, les dévaluant sur le marché des valeurs mâles. Le foot se regarde, se pratique, se discute entre hommes, ou sinon ce n’est plus exactement le foot comme on l’aime, le foot comme il me gonfle les couilles.

Exclura-t-on pour autant les filles des soirées foot ? Le fait qu’elles le pratiquent, regardent, discutent de plus en plus va-t-il inciter les hommes à déporter le théâtre de la virilité vers un sport que les femmes n’auraient pas encore massivement investi ? Ce serait là un bon exemple de ce que Bourdieu nomme une stratégie de distinction : de même que le bon goût délaisse un objet d’art quand le peuple s’en entiche, de même que les bourgeois se mirent à faire du monoski quand la classe ouvrière débarqua aux sports d’hiver, les hommes se tourneraient par exemple vers le rugby, terre encore peu foulée par les femmes (dont la pratique se limite quasiment à l’achat annuel du calendrier du stade français). Pourtant ce n’est pas ce qui se passe, car il y a un arrangement possible, déjà en usage. Les filles regardent le match avec nous et elles aiment ça, mais sans tout piger. Tout bénef : on est entre mecs avec en plus des filles dont la relative incompréhension de ce qui se passe à l’écran atteste, davantage que ne le ferait leur absence, qu’on est en terrain masculin. Scène parfaite : Julie me pose une question sur le match, et je lui réponds en termes semi-sibyllins pour qu’elle ne comprenne qu’à moitié. Le mieux pour ça c’est le hors-jeu, dont un exposé clair nécessiterait des arrêts sur images qu’on se garde bien de faire. Le must absolu : le hors-jeu de rugby. En fait le mec ne le comprend pas lui-même, mais peu importe, il faut juste avoir l’air de savoir. La virilité est toujours une comédie. Paternité, adultité, masculinité : donner l’impression mensongère que tout est under control.

23 Commentaires

  1. C’est loin d’être facile d’évoluer dans des univers masculins. Il y a encore aujourd’hui de nombreux sports où le nombre de licenciées est dérisoire. J’ai moi-même souvent été obligée d’accepter d’être la seule fille dans une équipe masculine (au waterpolo ou en m’engageant chez les sapeurs-pompiers volontaires en 1994…).

    J’ai souvent eu l’impression d’être une extra-terrestre mais le principal c’est d’être bien sa peau et de savoir vite faire ses preuves pour être estimée…

    • Oui, il reste ça.
      Mais ce qu’il faut bien voir, c’est qu’aux yeux de beaucoup de mâles, le sport se disqualifie en se féminisant. Un peu comme certains métiers. Tiens par exemple l’enseignement.

      • @François Bégaudeau:

        Il y a encore aujourd’hui de nombreux métiers qui sont effectivement discrédités quand ils sont féminisés. L’enseignement, oui, sûrement: Les chefs d’établissement préfèrent les enseignants masculins pour éviter d’avoir à gérer les absences pour maternité, enfant malade… 🙂

        A contrario, une sage-femme qui est un homme. Des hommes peuvent exercer ce métier avec de riches compétences. (« Ma » sage-femme était un homme).

        L’être humain se méfie à partir de clichés totalement idiots. Même la langue française les cultive car sage-femme au masculin tout comme sapeur-pompier n’existe pas dans le dictionnaire…

        Pour autant, ce qui compte, c’est le résultat (sportif), la compétence (professionnelle)…

  2. cf. le Monde, 25 mai 2013

    Sacré lascar, qu’est-ce qu’il ferait pas pour débaucher/amener des supporters au FC Nantes…
    Nous Red Devils – till I die – on n’a pas besoin de grosses ficelles sophistiques de ce genre. Vient qui veut, et il en vient du monde.

  3. moi j’ai bien aimé « sauver Stéphanie ». parce que ça raconte bien comment ça se passe à la base partout en France. si je devais refaire ma vie, à 10 ans je demanderais à ma mère de me désinscrire de la danse classique et de m’inscrire en basket. aujourd’hui ça fait 7 ans que je squatte les gradins de gymnase les mercredis et les week-ends pour assister aux entraînements et aux matchs de mes fils. je trouve ce sport génial. quand j’étais en 5ème deux filles dans ma classe ont commencé le basket, très vite elles ont eu un bon niveau et avaient leur place dans les équipes de sport co au collège.pour ne pas embêter ma mère j’ai continué mes cours de danse, pourtant je n’aimais pas ça, j’oubliais tout le temps les enchaînements et le prof me faisait peur, il ressemblait à un gros insecte. mais comme j’étais l’aînée d’une famille nombreuse, je n’ai pas voulu faire de vagues. pourtant,avec le recul, je n’ai pas perdu sur toute la ligne. moi j’étais dans un collège où le prof laissait les 2 plus forts faire leur équipe et tout le monde sait comment ça se passe. je crois que je suis féministe depuis cette époque.

    • C’est un sujet riche le sport, ça m’ inspire.
      En te lisant Hélène , je pense aux activités sportives de mes enfants et au fait étrange qu’aucun des deux n’ ai développé l’ esprit de compèt.
      Mon fils , mon pauvre fils , a été inscrit à un tas de sport ( tennis ,natation, équitation,foot…).Il avait fait la collec de cartes de licence de fédération de tout ce que tu veux.
      C’était un petit gars sociable,locace et joueur mais dès qu’il s’ agissait de compèt il était bloqué.
      Je me souviens de la natation ,il devait avoir 6 ans et nageait déjà bien , il avait appris tout seul (en Nouvelle-calédonie il y a de l’eau partout).Il se retrouve dans un cours d’essai mené par une prof genre 3ème Reich.Il a paniqué, n’ arrivait pas à suivre, buvait la tasse.Je ne l’ai pas inscrit.
      Au foot il y était vers l’ age de 10 ans.Jeu collectif où se trouvaient aussi quelques potes de l’école, il était largué,pas motivé.Le but du jeu ne l’intéressait pas je pense.L’un de ses copains avait particulièrement le sens du winnage,il ne s’est jamais bien entendu avec lui.
      Ma fille, pareil : danse, équitation, judo, basket.
      Elle ne s’ est attachée qu’ à l’ équitation.
      Quand elle faisait du basket,elle était dans une équipe de bon niveau,c’ était assez ludique mais elle s’ennuyait à mourir.Le truc de marquer des points ne la stimulait pas du tout.
      Le judo,elle trouvait ça marrant au début et lorsqu’il est apparu qu’il fallait faire des vraies compèts ça ne l’intéressait plus du tout.
      Bizarre.
      Mon neveu de 13 ans est dans une équipe régionale de basket.C’est le genre de petit gars sérieux, très réglo, un tantinet obsessionnel.Quand il commence à s’investir dans un truc , il va jusqu’ au bout.Il faut le calmer pour l’ empêcher de s’entrainer au basket.Il n’ a pas l’ air spécialement touché par la gagne, j’ai vu quelques matchs.Il est juste super appliqué.Il applique les règles du jeu et les ordres de l’entraineur à fond.C’ est ça son défi je pense.C’est un bon joueur, bien collectif.

      Je me faisais la réflexion , pour mes enfants, qu’ils ne devaient pas distinguer le jeu de la relation humaine.Que les histoires de compétition leur évoquaient une relation de dominant-dominé dont ils préferaient s’ écarter.Parce que ce genre de relation bouscule trop l’amour-propre peut-être.

      • Ah non, ça doit être départemental plutôt le niveau de l’ équipe de mon neveu.M’enfin ,c’ est pareil.

      • Le post de Anne-Laure sur l’esprit de compétition, la mention de l’équitation, et la phrase « Je me faisais la réflexion, pour mes enfants, qu’ils ne devaient pas distinguer le jeu de la relation humaine. Que les histoires de compétition leur évoquaient une relation de dominant-dominé dont ils préferaient s’écarter » me fait penser au film « Jappeloup » (peut-être des sitites l’ont-il vu), sorti récemment au cinéma. Dans ce film, qui se déroule dans le milieu de l’équitation, il me semble que le personnage principal, incarné par Guillaume Canet, est animé exclusivement par l’esprit de compétition, au détriment de la qualité de ses relations humaines avec son épouse, par exemple, incarnée par Marina Hands, mais également avec le cheval Jappeloup, qu’il se doit d’amadouer et de traiter avec douceur pour arriver à ses fins.

        • @Delphine: Que ce que je raconte te fasse penser à un film fait que lorsque je regarde un film qui parle de compétition je pense à ce que tu écris.
          De bon matin je me suis mise à regarder la chambre du fils, un film italien que j’avais toujours évité jusqu’ alors de regarder.Le thème mort du fils m’angoissait quelques peu.
          A un moment où il regarde son fils perdre un match de tennis, le père, un sympathique psychanalyste, lui demande pourquoi il n’ a pas l’ esprit de compétition : tu joues pour jouer , pas pour gagner lui reproche-t-il.
          Il ne comprend pas que son fils ne soit pas comme lui.Comme un homme doit l’être.
          Le fils à l’air de s’en foutre.
          Il a une soeur qui joue au basket.Elle, par contre , est plutôt compétitive, voire violente.
          Elle devient violente pendant un match en particulier,après la mort de son frère.Un besoin de se défouler.
          Bon , ce n’était pas une bonne idée de mater ce film, ça plombe un peu mon début de journée.
          Cela me fait penser qu’il faut que j’écrive à mon fils pour vérifier s’il n’est pas mort.

          • @anne-laure: Ton post m’incite à me demander si l’esprit de compétition se transmet de parents à enfants, et si cet esprit s’accompagne obligatoirement d’agressivité.

            L’exemple que tu donnes, à savoir le fils qui ne semble pas être animé par cet esprit, alors que la fille est aussi compétitive que son père, pourrait faire penser qu’il s’agit plutôt d’une question de personnalité. Le père semble avoir encouragé ses enfants à avoir l’esprit de compétition pour atteindre l’excellence, mais il leur a laissé le choix de ne pas suivre cette voie, même si cela le contrarie un peu.

            Quant à la violence de la fille, cela me fait penser à l’esprit de compétition, pas seulement dans le domaine du sport, mais dans le domaine professionnel en général. Dans une entreprise, par exemple, l’esprit de compétition est souvent à rapprocher du carriérisme. On constate que certaines personnes font preuve de hargne pour arriver à leurs fins, quitte à marcher sur les plate-bandes des autres, à mettre des bâtons dans les roues de leurs compétiteurs, en laissant complètement de côté le critère humain, c’est-à-dire sans jamais se demander s’ils ne risquent pas de blesser leurs adversaires au-delà du cadre professionnel. A l’inverse, d’autres personnes, tout aussi carriéristes, ont un esprit de compétition plus modéré. Elles développent plutôt une personnalité calculatrice, c’est-à-dire qu’elles vont grimper les échelons tout en douceur, mais en sachant quelles personnes côtoyer pour évoluer.

            A part ça, je n’ai pas vu « La Chambre du Fils », mais j’espère que le visonnage de ce film ne gâchera pas ton week-end pascal.

          • Pascal est un prénom bien commun ma foi.

  4. Dès le premier texte j’ai pensé à Gabriella Sabatini puis elle arrive dans la jupe de Martina. On peut se réjouir que cela évolue. Je pense à Sharapova, Leïla Bekhti qui joue au foot dans Mauvaise foi et il y a même des retransmissions de matches de foot féminin.

    Domenech a fait des émules, du moins un.

    Ce con de Bastien me parle mais il ne se prénommait pas Bastien.

  5. j’aime bien « vers Estelle » qui me rappelle la grande leçon de « deux singes » : apprendre à s’en foutre !

  6. L’histoire de Stéphanie Démoureaux me plonge dans les souvenirs de cours d’éducation physique et sportive.
    Je revois comment ces David et ces Christophe, éventuellement les Nicolas, étaient haineux et violents.
    Les smashs de volley superviolents surtout, ça me tétanisait.J’comprenais pas.Je ne comprends toujours pas.
    Par contre qu’est-ce qu’on s’était déchainées quand on a fait un match de rugby entre filles.Je revois le visage rougi d’effort de Candice.Candice et ses boucles blondes.Ou alors non,les boucles elles appartenaient à ma poupée qui portait le même prénom.Enfin , blonde en tous les cas.
    J’ai aimé mon prof à ce moment là , je me souviens.

    Ce matin alors que j’accompagnais un patient pour écouter les oiseaux,je devais en même temps transporter trois gros sacs de couvertures vers l’ étage inférieur ( ouai, j’fais des trucs comme ça au boulot).Il me voit attraper les gros sacs et me dit : qu’est-ce tu fais ? Tu veux que j’t’aide ? Il attrape deux sacs et je lui dis que un ça suffit.Réponse du gars : J’en prends deux parce que toi tu es une femme.
    Et il porte fièrement les sacs à bout de bras alors que le mien je le déplace en le trainant, tranquille.Il me fait rire ce fou mais il est superfou.

  7. Le préféré de Chouchou est « Michèle pour rien » bien évidemment.
    Car il part d’une thèse intéressante sur l’amnésie de l’histoire du sport pour cette Michèle, qui a pourtant dépassé beaucoup d’hommes dans la compétition de rallye, et qui démarre ainsi son raisonnement « Raison de plus pour se souvenir ? Plutôt raison de moins », suit une très belle argumentation, précise et concise, et qui finit sur une synthèse, teintée d’émotion en forme d’ouverture, et qui traduit une vrai implication personnelle, ce qui fait qu’un texte se rapproche du chef-d’œuvre (comme dit Le Touzo) : « cela ne fera pas que les femmes décident de prendre la barre ».

    La révolution de la femme passe par là, assurément…

    • le bel horizon de la mixité passe peut-etre par la possibilité occasionnelle de la non-mixité (pas à l’école, hein)

  8. Dans le texte « La jupe de Martinea » : « Je préfère Hingis en culotte alanguie sur un lit que grimaçant pour réaliser un coup droit lifté, même en jupette » : Pendant les internationaux de Roland-Garros, par exemple, les grimaces des tennis women sont souvent alliées à des cris perçants, de plus en plus aigus au fur et à mesure que la fatigue les gagne pendant le match. Tous les ans, on se dit que les tennis men sont moins bruyants, et, à ma connaissance, on n’a jamais trouvé d’explication à cette différence hommes / femmes.

  9. L’amorce joueuse incite donc le sitiste à trouver lequel des cinq textes a les faveurs de Chouchou. Je viens d’écrire que je n’allais plus la ramener, donc je laisse les autres deviner.

    • @fleur parmi les fleurs: Le texte qui aurait les faveurs de Chouchou serait peut-être le dernier « Ce con de Bastien ». On y retrouve la Julie de « Jouer Juste ». Et puis, on y trouve une sorte d’embrouille masculine :
      « Scène parfaite : Julie me pose une question sur le match, et je lui réponds en termes semi-sibyllins pour qu’elle ne comprenne qu’à moitié. En fait le mec ne le comprend pas lui-même, mais peu importe, il faut juste avoir l’air de savoir. »

      J’aime bien aussi le texte « Sauver Stéphanie ». Ca fait penser à certains passages de « Deux Singes », quand le narrateur met au point une « subtile tactique » avec ses condisciples bourgeois de Jules-Verne, dont Rodolphe Olliéric, pour débattre avec eux, ou alors les périodes de sa vie où il avait l’esprit de compétition et cherchait à atteindre l’excellence scolaire (« Ca m’emmerde de ne plus jouer ; notre niveau de jeu va s’en ressentir. »)

    • @fleur parmi les fleurs: je ne sais pas lequel François préfère (n’ayant pas encore lu les singes je n’ai pas le droit de l’appeler Chouchou) mais le mien de préféré c’est le premier avec Michele Mouton et Ellen Mac Arthur, deux femmes mythiques pour moi

      • @yeux bleus: je n’ai pas compris ce que venaient faire le proverbe et l’âge, François s’est il laissé aller à son goût de l’absurde ou faut il chercher un sens profond ?

  10. Pourquoi avoir changé le titre des textes de départ? se demande Fleur, qui décidément n’écrit des posts que pour la ramener, va falloir qu’elle diversifie un peu.

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