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Deux singes : le premier article !

J-5, la première critique

« C’est un genre singulier qu’invente François Bégaudeau, mêlant événements politiques, théories philosophiques, reférences au cinéma ou à la télé, et son double parcours de littéraire et de rockeur alternatif. »
Sean J Rose – Livres Hebdo

Pour lire la critique complète : téléchargez le pdf en cliquant ici

critique de 2 singes dans livres hebdo

119 Commentaires

  1. Je trouve que « Deux singes » a un côté atemporel, c’est-à-dire qu’il peut être lu et relu plusieurs fois, déjà pour affiner sa compréhension, mais également parce qu’il traite de périodes bien précises et d’événements qui les ont marquées, par exemple le 11 septembre 2001 ou le 21 avril 2002. Pour ces années, comme pour les autres années citées dans le livre, il y a chaque fois la mention d’événements ou de manières de vivre propres à ces périodes. Je me suis dit que, on pourrait le relire dans 10 ans, les faits seront moins frais dans l’esprit du lecteur, mais ça rappellera des souvenirs à chacun. Bien sûr, les analyses présentées dans « Deux Singes » sont le point de vue du narrateur, chacun aura vécu ces périodes différemment, mais le fait d’avoir en quelque sorte ancré le réel de ces années dans « Deux Singes » représente, je pense, un atout du livre et contribue à son charme.

  2. Deux singes : le premier blog-phrases.

    « En 77 j’ai six ans et j’ignore que deux crises pétrolières viennent de secouer le monde. Je n’habite pas le monde, j’habite une maison. »

    Se choisir une date qui fait événement, s’arrimer à elle pour raconter comment on s’est fondu dans la grande histoire, souvent le geste qui anime l’écriture d’une vie politique est prétentieux. Pas de prétention historique dans la première phrase du premier paragraphe de Deux singes ou ma vie politique. Plutôt un constat d’ignorance. François n’écrit pas : en 77 j’ai six ans et deux crises pétrolières viennent de secouer le monde. Il précise qu’il l’ignore et l’ignorant il annule l’événement, un double événement même, puisqu’il n’y a pas eu une crise mais deux cette année-là. Bon double débarras. Beau geste d’écriture que de balayer en une première phrase l’illusion bouffonne qu’un parcours politique peut coïncider avec un événement.

    Le geste est d’autant plus gracieux qu’il permet de restreindre aussitôt le périmètre géographique du récit. Au lieu de placer son doigt entre deux chocs pétroliers inscrits sur la frise des manuels d’Histoire, on va plutôt pointer le lieu où les pieds étaient posés en 77, à savoir dans une maison. En deux phrases, on procède à une découpe du réel. Découpe subjective qui n’en est pas moins vraie : la maison familiale n’ayant pas tremblé- la télé n’est pas tombée du meuble, les verres posés sur la table sont restés entiers sur leur pied – Chouchou ne peut pas savoir, encore moins sentir, que ces crises économiques ont secoué le monde.

    Fragmenter n’est pas tronquer le réel. Avec un champ de vision à 160°, le découper est une manière naturelle et honnête de le regarder dans les yeux. De toute façon, on ne peut pas trahir le réel à l’écrit. La grammaire nous rattrape. Toujours. « Je n’habite pas le monde, j’habite une maison » . Voilà une syntaxe radicale et subtile qui achève la supposée hiérarchie organisant l’univers intellectuel et l’univers matériel – nœud par ailleurs niché et aboli au cœur des mots « vie politique » dans le titre.

    On le saura plus tard, dans ce lieu qu’on appelle banalement une maison, se fabriquent et s’énoncent des idées qui ne circulent pas au-dessus des paroles des groupes de rock qu’écoute Chouchou, qu’il serait même probable que les chants qui ne faisaient pas sens aient autant traversé son corps disposé aux cris et postures simiesques que les paroles politiques qu’il a entendues. François le racontera au chapitre 77 bis. En fait, il avait déjà fixé ce rapport égalitaire entre le sensible et la pensée, entre le singe et l’homme, dans l’écriture des deux premières phrases du livre.

    • @Mina: Ça, c’est de l’analyse. Faudrait envoyer à Naulleau.

      • @Jérémy:
        Merci.
        Merci surtout parce que j’aime bien les phrases qui commencent par « ça, c’est » . ça a de la gueule. Comme quand on dit ça c’est de la bière =on va pouvoir discuter à notre aise.
        J’ai failli placer Naunau dans la présentation du blog-phrase et puis non. On n’écrit pas pour l’ennemi, on écrit pour l’ami.

        • Tout à fait d’accord pour la bière. Disons que Naunau est une façon d’introduire du ludique dans l’analyse. Un peu de blague dans le sérieux, un peu de sérieux dans la blague. Mélange des genres, quoi.

          • Au fait, je voulais dire que je voulais le placer dans la présentation « Deux singes : le premier blog-phrases », pas dans le texte, que j’ai écrit avant de lire ton com. Comme je l’ai dit, on pourrait mal comprendre.

    • @Mina: merci, merci mina, tout est là dans ces deux courtes phrases, suffit d’analyser, mine de rien, et te lire permet d’aller plus loin dans nos propres lectures.

      • le blog-phraseur reve parfois secrètement qu’on le gratifie d’une analyse semblable
        c’est fait, et superbement fait

        • Je m’aperçois qu’il y a une phrase bancale dans ce cadeau. « , qu’il serait même probable que… » N’imp. Faut virer et remplacer la virgule et qu’ par un point.

  3. Le sémillant Eric Naulleau, dont la présence dans Match témoigne d’une défiance envers la surexposition médiatique, a décidé de « se payer » les Deux Singes sur le mode de l’attaque ad hominem. Ca ne vole pas très haut : mis à part des arguments poudreux de « bac à sable » qu’un intertitre belliqueux vient résumer (« Bégaudeau, celui qui arrive après la bataille »… laquelle ? Ah bon, il y avait une guerre ?) et deux références attendues pour justifier sa maîtrise du genre autobiographique (Leiris et Sartre), on va dire que, contrarié par Chouchou, Naunau l’a joué petit bras.

    Bon, on admet que l’espace qui lui est dévolu dans cette revue ne lui permet pas d’étudier un style que visiblement il ne comprend pas. Et d’ailleurs, ce n’est même pas ce qu’on attend de lui. La politesse voudrait qu’on lui expédie un « blog-phrase », tout droit issu d’un des chapitres incriminés, afin de lui montrer une méthode. Enfin, le mode d’emploi d’une vraie critique littéraire.

    On lui apprendrait par exemple que la mention d’un simple extrait n’a pas valeur d’argument. Citer n’est pas expliquer. Il a dû apprendre ça à l’école, quand même. On l’enjoindrait ensuite de ne pas de griser de son propre verbe pour se dégriser de celui des autres.

    Parce que la tendance est là : à la rigueur d’une analyse honnête, qui lui permettrait d’entrer dans la littérature par la grande porte, Naulleau préfère le Vermot. Il fait l’andouille avec des paronymes -« habitable »/ « imbitable »- ou se vautre dans la métaphore facile – « de bourratives tartines à la mélasse intime », pour contourner l’analyse et faire tout simplement son boulot de critique. Un peu seul face à ce qui le dépasse, Naulleau sonne même la charge, réveille la cavalerie des aînés littéraires à grand renfort d’images mortifères : « fantômes », « suaires », « cimetière ». But non avoué : contrarier la vitalité d’un auteur qu’il n’aime pas, n’aimera jamais et dont il s’attachera à démonter le travail, en prenant toujours le biais du réquisitoire. Rien de vraiment grave : l’assaut littéraire confine à la postillonnerie.

    Trop jeune selon Naulleau, le narrateur ne pourrait se prévaloir d’une quelconque légitimité à se raconter. On notera que cette admirable prescription fixe, en creux, un âge canonique et académique à partir duquel une confession devient un brevet de vertu littéraire. Poursuivons : trop vieux, François serait un éternel mécontemporain que le plumitif évoque sur l’air du « Nevermore ». Où a-t-il lu ça ? Sa distraction lui autorise-t-elle un pareil raccourci ? Le narrateur pleure-t-il éternellement d’avoir été trop jeune quand les Clash ont officié ? Ces contresens dessinent finalement les contours d’une oeuvre que Naunau aurait voulu lire et que Chouchou ne lui a pas offerte : une rétrospection où le déchirement tient lieu d’horizon littéraire.

    • Superbe texte, Jérémy. ET pas seulement parce qu’il me défend.

    • @Jérémy: C’est un peu dans l’esprit du bouquin qu’il a commis avec Pierre Jourde, pastiche de la série des Lagarde et Michou.
      Quelle tristesse de faire un livre uniquement pour démonter des auteurs, et limite enfoncer des portes ouvertes, du genre On va vous démontrer par A+B que Marc Lévy est un mauvais écrivain…
      Quel intérêt y a-t-il de démonter pour démonter ?

  4. un rythme particulier, mélange irrégulier,jaillissant, explosé,de longues et de brèves,et, pour courir à travers la langue,vocabulaire et structures,j’ai envie de dire une vivacité, mais je sens autre chose : une agilité : et si le modèle formel de l’écriture, ici, c’était le singe ?

    J’aime bien ce que Patricia a écrit dans « dis-moi » à propos de Deux singes, je partage. Même si cette idée que le modèle formel du livre serait le singe m’a troublée, mais pourquoi pas ?
    C’est vrai ça, le livre aurait pu s’appeler Deux perroquets ou ma vie politique tant le discours, la reproduction du discours, l’imitation du verbe paternel puis le verbe punk sont décisifs dans la vie dont il est question, mais il manquerait là ce que les deux singes, eux, fournissent: le corps. Le corps du singe de 77 qui mime les singeries rudimentaires de Chouchou, le corps du singe de 2012 qui alerte sur la maladie. Alors, à corps agile de Boubou écriture agile de Chouchou ? pourquoi pas ? Osons, puisque le livre finit par réconcilier la part spirituelle et la part animale, les fait coïncider en une touchante fusion de Boubou-Chouchou.
    J’ai refermé le livre, émue, trop émue par de cette belle hybridation et à cause de la toute dernière phrase. Toujours cette histoire définitive de rapport au temps/à la mort, toujours trop. Le livre est fait de ça (du moins pour moi aujourd’hui dimanche 17 février 14h45), fait de cette volonté d’accepter de penser ce que l’on sait: le réel; et le réel et la finitude sont indissociables, surtout quand ils passent par la vérité du corps. Souvent dans le livre revient cette idée qu’on apprend que ce que l’on sait déjà (déjà abordé ici avec la Pluie d’été de Duras), on ne fait que se révéler à soi-même (déjà abordé ici à propos de Au début de Bégaudeau), « l’adhésion à un livre est un aboutissement, pas un début » comme le cite Anne-Laure. Chez d’autres, pour se révéler, on a besoin de « tuer le père » mais Chouchou aime bien son père alors il pourrait tuer le singe, celui de 77, ce serait logique mais Chouchou en a soupé de la logique comme de la pensée totalisante. Décidément, Chouchou ne tuera point, Chouchou fait avec, il a décidé d’avoir ce courage et cette grâce: faire avec, et quand Boubou le rejoint après quelques décennies, Chouchou pardonne et veille sur lui: on continue. J’extrapole mais je crois que si Chouchou n’a pas besoin de cette symbolique des meurtres c’est justement parce qu’il accepte de penser le réel/la finitude et donc de penser la vie, sa grande affaire, sans aucun formalisme, sans lui plaquer une subjectivité, un discours. Tout discours est violence (déjà abordé ici avec Foucault) ou imposture ou les deux, et Chouchou en ayant fait le tour est revenu au chaos (« Il faut beaucoup de chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse » souvent abordé ici).
    C’est difficile de sortir du livre sans être tenté par l’analyse (du livre et de soi), François donne tous les éléments qui permettent au lecteur d’adhérer d’usiner sa propre hypothèse, c’est un livre généreux non au sens moral mais au sens démocratique, il donne propose des clés, met à plat (sic), il explicite jusque dans l’écriture biffée. On revisite les romans de l’auteur et on revient aussi à L’antimanuel comme si une voix se superposait au texte: « toi qui veux écrire tu peux t’arrêter ici un instant ».
    J’ai refermé le livre émue, trop émue, parce que c’est déjà fini, il est lu. J’aimerais bien recevoir des pistes pour le relire, percer un mystère resté pour moi opaque.

    • @Acratie: Ah oui, c’ est bien ça.Comme c’ est bien décrit et bien extrapolé.A peu près comme ça que je l’ai vécu.
      Je trouvais que c’ était bien cette histoire d’ étoile qui danse.J’ai cherché de qui c’ était.Non mais alors moi, pfff, n’importe quoi.

      • @anne-laure: ben oui, c’est pas moi qui suis la spécialiste de Zarathoustra ici.

        • @Acratie: C’est pas moi non plus,d’ ailleurs je ne peux résister à l’envie de vous sortir une phrase du fameux chapitre pourquoi j’écris de si bons livres :
          Bref,personne ne peut trouver dans les choses,sans en excepter les livres,plus qu’il n’en sait déjà.

          • Ah zut , je voulais faire le truc pour citer, j’me suis trompée et c’ est tout éblouissant de noir.

          • @anne-laure: merci anne-laure, je pars bosser avec ça, ça me sera bien utile.

          • Ben j’t’en prie.
            De mon point de vue qui semble proche du tiens, ce que je savais déjà avant de lire le livre, c’ est qu’il est fondamentalement question du rapport de la pensée au réèl.
            Au réèl en tant que choses qui existent.
            Et la mort (que d’une façon très personnelle je nomme la Grande Faucheuse) en tant que tout ce qui n’ existe pas.Mais ça c’ est le corps qui décide.Quand il décide de s’ arrêter, tout s’ arrête.Le réèl en tant que vie donc.
            On m’ appelle joe l’embrouille.

            Non mais ce que raconte généreusement (je suis bien d’ accord) François,c’ est comment nous les zumains nous avons tendance à nous éloigner du réèl pour des concepts, des pensées,des pensées qui ne vivent que pour elle-même, qui se lovent en elle-même.Les pensées sont-elles vivantes d’ailleurs, je me pose la question.Une extension de la vie ?
            C’est le paradoxe du langage,en voulant expliquer le réèl on s’ en éloigne.
            Ce qu’explique Rancière, à propos du Réalisme,c’est un concept, donc loin du réèl.Je re-explique pour ceux qu’auraient pas saisi le concept.
            Le réèl est dans le matériel (dans le sens qui existe,les faits,la vie),ça ne se pense pas.
            En quoi le développement de l’ intellect, car il s’ agit de cela dans l’ histoire de François,n’ a pas grand sens.Et pourtant c’est ce vers quoi la République nous pousse.
            L’école, le savoir , la pensée, maîtrise du langage…L’élite est intellectuelle.
            Une bande de clowns oui.Ceux qui se rendent compte qu’ils le sont ont à leur décharge au moins ce mérite.

          • Attention : que le réel ne soit pas de nature conceptuelle n’empêche pas qu’on puisse le penser. Ou en tout cas le nommer. C’est la difficulté de la littérature : nommer ce qui a priori ne veut pas etre nommé. C’est ainsi que la littérature se tient toujours au bord de son impossibilité, de son extinction. Suis retombé sur Deleuze disant (A comme Animal, again) que la littérature se porte à l’extreme bord de l’humain, là où commence l’animal. cette pensée je ne la comprends pas mais elle ME PARLE. C’est ça le lieu de la littérature : ce qui me parle sans que je le comprenne. Dans la marge entre intelligibilité et silence.

          • Enfin,que dis-je,pas République mais Civilisation.Hier j’écoutais vaguement ce reportage d’ arte ,je ne comprends pas ce que raconte la femme à lunette à la 39ème minute.Avant la civilisation ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Avant l’occidentalisation ?
            Je viens de voir le film Kes de Ken Loach.
            Au début ,à l’ école, le prof se moque du garçon qui raconte je ne sais plus quoi qu’il a entendu à la radio.Un truc qui n’ a rien à voir avec l’ école.Le prof lui dit « c’ est pas comme ça que tu vas nous instruire ».Tous-ensemble-tous-ensemble.
            Il y a un entraineur de foot trop terrible dans ce film.Un qui ne veut pas qu’on lui: sabote son jeu.Je me demande si ce n’ est pas celui de jouer juste (pas lu).

          • Celui de Jouer juste est un poil moins con.
            Beau film.

          • @anne-laure:
            Tu écris : Le réèl est dans le matériel (dans le sens qui existe,les faits,la vie),ça ne se pense pas.
            je crois que le réel est dans les affects aussi ? vraie question.

          • Les a…quoi? Les infectes ? (nan, j’rigole).
            Quand je relis ce que j’ai écrit hier, je me dis que j’ étais encore une fois à fond dans le cogito ergo sum.Je suis fatiguante , avec mes fautes d’ orthographe en plus ,tout ça.Ah la pauv’fille.
            Non les affects ça ne rentre pas dans le réèl je pense.Les affects sont plutôt du côté de la pensée.Le réèl ne pense pas , car le réèl,comme le poisson, sait déjà tout.
            Le réèl est du côté des sensations.Par exemple là j’ai la sensation de l’ appui de mes pieds sur le carrelage.Et j’ai ma cuisse droite qui me gratte (alors je me gratte).
            Le réèl c’ est les faits, je vois que, je sens ceci,j’entends cela.Dans le sens sens , pas dans le sens pensée.
            Après , comme on n’est des zumains on ne peut s’empêcher de faire des liens symboliques,c’ est ce qui se passe à la fin du livre de François.Il ressent le monde du quartier qui l’ entoure et il fait des liens avec des symboles.Il pense lutte des classes.Mais alors pas trop loin du réèl, ce qui me semble être la meilleure façon de marcher.
            Peut-être un truc de la quarantaine.

          • « il ressent le monde du quartier qui l’ entoure et il fait des liens avec des symboles »

            ????????????

          • Les affects ne sont pas de la pensée, pas du tout. Les affects c’est la vie nerveuse, sanguine, organique, viscérale, qui certes parfois peut venir se compliquer du contact de stimulations idéologiques ou conceptuelles.
            Par exemple on pourrait dire que l’affect antisémite est le produit d’une disposition organique (à la paranoia, ou autres phobies très concrètes, cf Céline) et de constructions théoriques qui finissent par faire culture et imprégner un corps.

          • @anne-laure:
            J’entendais « affect » au sens donné en sciences cognitives. Ta réponse me laisse supposer qu’il y a une nuance avec le sens que lui donne ta formation. Les affects désignaient donc ici une sensation qui va faire « bouger » l’individu sans qu’il ait pour autant à penser ce pas de côté. Concrètement, la musique peut produire un désir de vie qui marque le corps et influence le comportement de l’individu Chouchou sans qu’il ait à produire ni discours ni représentation mentale. En cela on pourrait dire que les affects font mécaniquement partie du réel. Mais je crois que l’immédiateté (ou la conscience) du réel surgit après du temps et de la répétition et comme « il n’y a pas de paradoxe » (Deux singes ou ma vie politique) il reste à compter sur les associations entre les états du corps qui a éprouvé les affects et les situations dans lesquelles il les a éprouvés pour réinvestir le réel.

          • pas mal dit, je trouve

          • Ah oui,d’ accord,il faut distinguer l’ affecto de l’ affectus me dit l’autre sur wikipédia.Affecto quand j’ai la puissance de me gratter la cuisse.

          • Et affectus quand Chouchou pleure de voir l’ hyène se tuer en voulant se sauver la vie ?
            Dis-je après quelques fajitas.

          • Connaissais pas cette phrase. Et pourtant je la connaissais. Ce qui est une illustration en abyme de ce qu’elle dit.

          • @ françois: merci de ce pas mal dit

          • @anne-laure: c’est très intéressant cette discussion sur le réel. à lire tes explications anne-laure, je pense que le réel pourrait être le dénominateur commun au genre humain, ce que partagent tous les hommes quels que soient leur place dans la société, leur développement mental (du bébé à l’homme fait) ou culturel. c’est une hypothèse.

          • Merci Hélène , moi aussi je m’ intéresse.
            C’est bien ce que tu racontes avec Delphine sur les minorités visibles.Il faudrait que je passe y mettre deux mots.
            Sinon,effectivement,le réèl comme je l’explique pourrait être comme tu le dis le dénominateur commun de tous les humains.Dans le sens où il n’est pas parasité par la pensée.Des sensations brutes.Seulement, ça ne va pas bien avec les sourds, les aveugles ,les daltoniens…Il faut retravailler cette idée.
            Et même, on n’ a pas tous les mêmes organes.On supporte plus ou moins bien le froid par exemple.C’est plutôt individuel le réèl non ?
            Bon ,sinon il y a les réèl comme l’ explique Acratie mais je n’ai rien compris.Il ne faut pas lui dire Hélène, je comptes sur toi.

            Le sujet du réèl t’intéresse, j’ai vu ça avec mon histoire de Philippe quand on parlait de réalités (qui n’est pas le réèl).Saches que j’ai changé de stratégie avec Philippe : hier il me demande si son père est au paradis, « tu crrrrois ? »,je lui ai répondu « je le sais ».
            Après la croyance je tente le savoir.C’est plus neutre et ça fait plus fiable,plus scientifique.
            Ouai, je me mets à tutoyer tout le monde, j’ai remarqué que j’ étais plus familière d’un coup.Et ouai je ne mets pas de s à la fin de ouai parce que me demande pourquoi on en mettrait.

          • Vu les ??????????, j’ai encore déconné François.
            C’est que j’ai retenu cette phrase au moment où tu analyses les lignes de métro: partout c’ est la lutte des classes ( page 436).
            Pour moi c’ est un symbole mais bon.
            C’est vrai qu’auparavant l’observation de la vie de ton quartier est surtout descriptive.
            Avec quelques amalgames de pensées par-ci par là.Sur les chinois , les roms par exemple.
            Mais ,quand même, j’me demande si ce n’ est pas un hasard un peu étonnant que ce que tu décrives avant d’écrire partout c’ est la lutte des classes sois surtout la vie des pauvres de ton quartier.Il n’ y a pas de riches dans ton arrondissement ?
            Ou alors c’ est peut-être ça le réèl dont vous parlez avec Acratie, celui qu’on capte selon qui on est.
            Quand on a un bout de plastoc dans le foie on ne capte que la misère sociale ?
            J’sais pas…

          • Partout c’est la lutte des classes n’est pas un symbole, c’est un constat.
            Il est vrai que cet énoncé, et ça tu l’as bien vu, n’est pas du tout de même nature que les autres énoncés descriptifs de ce chapitre. Et je le glisse là un peu comme un intrus. Mais il conclut le prélèvement d’une donnée simple : les lignes de métro qui passent par les beaux quartiers sont mieux entretenues. Pourquoi? Parce que les pouvoirs qui allouent l’argent à ces travaux et rénovations ont d’abord pour clients et cibles les riches -ou les touristes qui sont une manne.
            Partout c’est la lutte des classes est une synthèse descriptive. A ce titre elle se discute. Mais ce n’est pas un symbole.

          • Ben la différence d’entretien des lignes de métro est un symbole de la lutte des classes alors.C’est vrai que je précise mal mes pensées.
            Sinon je vais réflechir au truc organique de l’antisémitisme tiens , ça va m’ occuper.

          • mais non, pas un symbole, c’est la lutte des classes elle-meme
            Colombe symbole de la paix.
            Les lignes dans le métro SONT une des mille lignes de front de la lutte des classes

          • en fait le concept de lutte des classes est l’objet d’un séculaire contresens.
            Contrairement aux termes : résilience, se construire, lacher-prise, névrose.

          • tu as réfléchi?

          • Je me disais (j’ai pas bien pensé aux juifs en fait),la phrase partout c’ est la lutte des classes c’ est un peu le naturel qui revient au galop.

          • Non

          • Ah tiens, j’ai écrit que ce que tu décrives et cela ne me semble pas du tout français.N’importe quoi.Oui ,bon, ça va aller comme ça hein.

          • Faudra qu’on reparle de cette histoire de dis moi ce qui te fait pleurer je te dirai qui tu es.Je suis sceptique.
            Quand on aura le temps.

          • C’est vraiment pas la peine de se faire chier à etre précis. La prochaine fois j’écrirai un livre en huit heures, bonne nouvelle pour mon dos.
            Donc l’idée PRECISE dans le livre, c’est, non pas l’idiote banalité que tu lui pretes, mais: « dis moi ce qui ne fait pleurer que toi, et je te dirai etc ».

          • @anne-laure: nous nous intéressons donc. en 2013 anne-laure passe au tutoiement et moi je passe du je au au nous et ça fait genou.
            je suis heureuse que que tu me parles des sourds et des daltoniens et que nous n’avons pas la même réalité (le réel c’est individuel, comme ça rime je m’en rappellerai mieux merci). martine ma collègue atteinte de la maladie de Charcot est passée aux livres audio, je ne sais pas si on peut encore communiquer avec elle par mail ou téléphone (a priori non mais elle m’a quand même répondu, peut-être qu’elle a dicté la réponse), seulement sur place peut-être. j’ai rêvé d’elle, elle faisait un spectacle, elle rayonnait, grande, debout les bras ouverts, on aurait dit Dalida. c’est sûr qu’elle a une réalité propre. j’oublie ce truc de dénominateur commun. je tente autre chose : la réalité est ce qui existe et qui est en relation. « tu crois ? »
            ce qu’Acratie a écrit est remarquable, brillant mais pas assez au ras des pâquerettes pour que je retienne sa belle réflexion et tant pis pour moi. et tu peux me tutoyer vu que tu me blâmes l’air de rien.
            ce que tu écris est également remarquable à ta façon, comme me parler de Philippe Tucrois, forcément tu retiens mon attention (me parler d’un homme retient toujours mon attention) et d’envoyer entre parenthèses : il y a des réalités mais qu’un réel. gauche-droite, elle est là elle est plus là la réalité et d’enchaîner. moi aussi j’enchaîne tiens : ça m’amuse comment tu es gênée par ce « crois », que tu veux prendre au sens littéral alors que c’est un tic de langage et une manière de te demander ton avis en réalité

          • C’est peut-être brillant l’idée d’ Acratie mais ça ne m’ éclaire pas la cervelle.
            Moi la nuit dernière j’ai révé que je me promenais dans une ville la nuit.Une zone était interdite à la circulation pour cause de dangerosité.En fait des mecs, genre punks à chiens avait violé,assassiné et mutilé une jeune femme à cet endroit.J’étais un peu inquiète et puis plus loin je tombe sur une expo artistique policière.Une grande salle avec des portraits robots et des messages inscrits,tout cela pour faire un ensemble assez joli.On cherchait les criminels , enfin surtout un de type européen apparement.
            Des gens regardaient l’ expo, des adultes , des enfants , comme ça , tranquilles.

          • Ah oui bon d’ accord………………….
            Mais cette idée précise donc : « dis moi ce qui ne fait pleurer que toi je te dirais qui tu es » est une vue de l’ esprit.
            D’une part parce que c’ est une bêtise de croire que nous serions les seuls, uniques à être touchés par la même situation.
            Par exemple pendant que Choucou pleurait devant le reportage animalier ,il ne savait pas que Jeannine de Niort pleurait aussi devant son poste de télé ?
            C’est juste l’ impression que cela ne le touche que lui qui importe alors ?
            D’autre part,ce que j’entends derrière cette phrase, c’ est la question du temps.
            La même situation à un moment donné ne fait pas forcément pleurer à un autre moment.
            On apprend ce que l’on est par rapport au moment où les larmes coulent.L’idée serait de comprendre pourquoi à ce moment là et pas à un autre.
            Ce qui fait pleurer c’ est peut-être un problème non résolu avec soi.Je ne sais pas.
            Sachant que les problèmes ça s’en va et ça revient comme dirait Claude.

          • « Ce qui fait pleurer c’ est peut-être un problème non résolu avec soi »
            c’est le bouquet

            faudrait voir sur le site Ruffo.info

          • @anne-laure: merci de m’avoir raconté ton rêve, je prends ça comme un signe d’amitié. moi dans mes rêves je suis très souvent dans les transports, dans le mouvement, et en attendant à la caisse du Leclerc je me suis dis que la vie c’était le mouvement, tous ces regards qui grouillent dans la halle du supermarché, ces paupières et ces coeurs qui battent. bref un truc archi-con et en même temps une belle évidence. la réalité ça pourrait être ce mouvement continu, imperceptible la plupart du temps ou banalisé, neutralisé sans quoi ça donne le vertige.
            les lignes de métro, les colombes et ton lapin Boris (il vient de m’envoyer un texto)regrettent que tu te frites avec François.

          • Oui, moi j’aime bien quand on se raconte nos rêves et des histoires de supermarché.
            Un jour il faudra que je te raconte l’histoire de ma carte fidélité d’intermarché.Preuve de mon mouvement anticapitaliste.
            Oooh, sinon , je ne sais pas si fritage est le mot pour qualifier cet échange avec François.Je pense que je l’ agace oui.
            Parce que je ne comprends pas son livre , parce que je ne comprends pas l’autofiction.
            Ou alors c’ est parce qu’il n’ a pas eu l’occase de m’ embrasser à Saumur vu que j’ y étais pas.Surement qu’il a pleuré en pensant à ma belle bouche.
            Ce matin je lisais des explications sur le narcissisme vu par Christopher Lasch.
            Très intéressant.Si tu as le temps.Il a un point de vue sur l’autofiction qui vaut le détour :

            Le seul fait d’écrire présuppose déjà un détachement envers le moi. De plus, l’objectivation de sa propre expérience, ainsi que l’ont montré les études psychiatriques sur le narcissisme, permet aux « sources profondes du grandiose et de l’exhibitionnisme – après avoir été convenablement inhibées dans leurs projets, apprivoisées et neutralisées – de trouver un accès » à la réalité.Pourtant, l’interpénétration croissante de la fiction, du journalisme et de l’autobiographie montre de façon indéniable que de nombreux écrivains parviennent de plus en plus malaisément à atteindre ce détachement indispensable à l’art »

            Cela me fait penser au bouquin de Marcel Iacub sur dsk.Cela pourrait aussi me faire penser à François (je l’entends qui râle).
            La question de la limite.
            Si de nouvelles questions émergent en toi Helene, je suis dispo :
            anne-laure narcissocultrice
            0 passage des miroirs
            49130 Cité des fleurs.

          • En fait non : il faut que tu crées un site psy.info
            en tout cas épargne à cet espace des jugements de psys sur la littérature, ça nous fera un meilleur week-end

          • l’autofiction est un mot fatigué
            personne ne sait plus bien ce qu’il désigne
            on le confond avec l’autobiographie, qui consiste à raconter sa propre vie sur une temporalité longue voir exhaustive (de la naissance à la période d’écriture) en jouant un pacte de vérité : là je vais essayer de dire le vrai sur moi
            l’autofiction, eh bien ce serait tout le reste, ce serait la littérature, en tout cas la littérature qui dit je, qui fictionne le je
            mais sans doute que l’autobiographie en participe ; sans doute qu’à partir du moment où on se raconte, même en tachant de dire le vrai, on propose une découpe d’une vie qui est une construction -un récit anglé, subjectif, partiel, partial. C’est une proposition de récit sur soi.

          • Ah et au fait il est où Boris ? Qu’est-ce qu’il raconte de beau ? Il est parti du jardin il y a environ un mois, comme ça , sans laissé de message.
            Moi qui aimait tant l’admirer quand il se prenait pour un poney islandais,trônant au milieu du jardin,les yeux mi-clos,les poils scintillants de goutelettes de brume.
            Il me manque.

          • Mais quand même François, sans passer par Ruffo qui est un garçon sympathique mais dont je me fous comme de l’ an 14,
            cette histoire de hyène qui fait pleurer c’est quand même fondamentalement un putain de problème avec la mort.

          • tu peux continuer à le formuler aussi sommairement, sans considération des choses précises que j’essaie de dire dans cette page, les précédentes, les suivantes
            tu peux continuer à banaliser le propos en « problème avec la mort »
            Le « problème avec la mort » est traité ailleurs dans ce chapitre, et dans la Blessure, et partout. Mais ici je dis autre chose, qui n’est certes pas sans rapport puisque je parle de vie

          • Ah et au fait(encore)Helene, je ne t’ai pas raconté le projet de Philippe.Il a prévu de mettre sur la tombe de son père décédé depuis peu la fameuse photo où il pose en soutien-gorge.
            Il m’ a raconté cela sérieusement,premier degré.
            Il est génial Philippe.

          • @anne-Laure, @françois

            Retour au texte :
            1- « …le sursaut de vie mortel de cette saloperie de hyène me fait pleurer »
            2- « … le chirurgien porte la glacière où repose le coeur vivant du défunt. Tout petit bout de viande dans une pauvre glacière, bleue. »

            La vie/la mort, ok.
            1- Je lis que ce qui fait pleurer, c’est le sursaut de vie de la bête, si la hyène mourait sur le coup Chouchou continuerait à bouffer ses chips.

            2- Je lis et je comprends à ma façon. Ce qui fait pleurer ce n’est pas la mort, c’est « la pauvre glacière, bleue », cet objet trivial et plutôt moche qui contient modestement le coeur vivant. C’est la confrontation violente du tout et du rien, du commun et de l’exceptionnel, la conscience que la vie dépend autant de l’un que de l’autre. La puissance de vie serait dans la tension permanente entre l’un et l’autre.

          • voilà qui s’appelle lire

          • et encore

            la hyène ne décide rien, elle n’est pas la chèvre du conte qui lutte jusqu’à l’aube pour voir le soleil se lever une dernère fois, non, c’est bien la pulsion de vie qui est à l’oeuvre.

          • Well well well François.
            Je ne me rends pas compte que ma vision de ton livre est à ce point psychologique.
            Je vais laisser aux autres le soin d’analyser les phrases comme il se doit en littérature.
            Je sors donc du jeu, sans ressentiments.

            J’aime bien ce que tu dis sur la chèvre Acratie.

            Allez, bises et gros calins.

          • ce livre ne cesse de se proclamer psychologique
            l’opération n’est donc pas, comme je crois l’avoir dit souvent, de réfuter la psychologie, mais de promouvoir une psychologie (spinozienne, si on veut) contre une autre, dominante et oedipienne
            qu’il y ait chez moi une angoisse de mortel, c’est une évidence, et je l’exprime ou l’écris souvent. Mais le passage sur la hyène dit autre chose, ou ajoute une subtilité à l’invariant (au lieu commun) de l’angoisse

            par ailleurs, s’il y a vraiment un domaine où la psychologie oedipienne n’a rien à nous dire, c’est l’art

          • @anne-laure: oui friter n’était pas exact mais m’est venu naturellement (mes origines belges)et j’ai laissé faire le naturel
            j’ai lu ton extrait de Christopher Lachs sur le narcissisme. dommage qu’il renvoie à des expériences que je ne connais pas alors je ne peux pas adhérer comme ça à son idée sans faits. des faits. hier j’ai aidé Baptiste à faire un résumé sur le rôle joué par la grenouille dans l’invention de la pile. dans ma première vie je n’étais pas scientifique, j’étais accaparée par les histoires et les mots.dans ma deuxième vie j’ai trouvé une vidéo sur internet qui m’a déroulé le tapis rouge pour traiter le sujet, expériences sur la cuisse de grenouille filmée commentées clairement. c’était génial. des faits, des mots simples. au passage je trouve passionnant que la science ait avancé grâce à des hasards (2 hasards dans cette histoire de la grenouille et la pile). je crois quand même que ma 2ème vie ne sera pas plus scientifique que la 1ère : ce qui me plait fondamentalement, ce sont les hasards et les histoires.
            pour en revenir à l’extrait, je remarque qu’il commence par « le fait d’écrire » et un livre en parle longuement et pas du tout pesamment : « l’antimanuel de littérature » de François, livre incroyable, je te le conseille.et je te conseille aussi de continuer à t’exprimer ici et pas que pour répondre à mes questions. ta singularité nous manquerait

          • @anne-laure: ça me fait plaisir que tu aies aimé la chèvre, c’était un peu pour toi, rapport à Bettelheim et la psy des contes de fée. Ma grand-mère me lisait ce conte en public pour faire rigoler tout le monde de me voir retenir mes larmes puis de ne plus pouvoir. Un jour, ma mère qui avait lu tout Dolto s’est pointée et a haché menu ma pauvre grand-mère qui n’avait rien lu. Sous mes yeux tout larmoyant.

          • Ah c’ est embêtant Helene , tu continues à me parler et moi je n’ose plus rien dire.
            J’aurai aimé explorer encore le point de vue de ce Lasch mais bon.Qui est sociologue et non pas psychanalyste.Qui critique par ailleurs la psychanalyse mais là j’ en ai encore trop dit.Stop.
            Ma singularité ne manquera à personne car comme on dit pour mieux se dérober , nul n’est indispensable.

          • Ce que j’aimais avec ton histoire de chèvre Acratie c’ est que tu touchais du doigt la question de l’anthropocentrisme.Un mot que je connais depuis un bail.Je crois que ce sont les grenouilles qui me l’ont appris.Les grenouilles éléctriques.
            Attribuer aux autres ses propres sentiments.Quelle drôle d’idée quand on y pense.
            Sinon,la chèvre de monsieur seguin a été le premier livre que j’ai lu en entier(bibliothèque rose).Aaah , j’étais fière de le dire à mes parents.Je ne sais plus si j’ai pleuré en le lisant,je me souviens que j’ étais triste oui.
            Un dernier mot, un détail,à propos de bruno bettelheim.Je pourrais te raconter le travail que je faisais en pédospy avec le conte des trois petits cochons.Vachement intéressant.Mais je tiens surtout à t’ expliquer, parce que je crois qu’on se méprend à mon sujet, que mon métier consiste essentiellement à jouer à loup-cache-cache avec ce grand débile de Tony.
            Il fait un peu peur quand il lève les bras comme une mante religieuse le Tony.Il est joueur.
            D’ailleurs il faut que j’y aille: jouer.

          • @anne-laure,Acratie:
            Acratie, tu as vraiment bien expliqué vie/mort et glacière.
            anne-laure : ce qui est indispensable c’est ton esprit primesautier. je crois qu’il m’est contre toute attente indispensable.donc on lance anne-laure la saison 3.
            et j’aime bien le couple que tu formes avec Philippe. me basant sur ce que tu racontes de lui, il m’a renvoyé à l’univers d’Almodovar que j’aime beaucoup.

          • Hum, tu continues à m’ écrire Helene alors que je ne suis plus là.Tu m’ écris je t’ écris tu m’écris et ça continue encore et encore,c’est que le début d’ accord d’accord.
            Primesautière , c’ est ainsi que me qualifiait mon premier chef de service.Le même qui parlait de la fin de vie d’un brave patient, mort au petit matin,en faisant allusion à la lutte de la chèvre de monsieur Seguin.Tu te souviens ?
            D’après ce que me racontaient mes collègues hier , je suis plutôt brutale, pas primesautière.Comme je faisais remarquer à Yann qu’il avait la bouche sale de fromage, il s’ est mis à raconté la première fois qu’il m’ a rencontré où je lui ai fait remarquer qu’il avait de la nourriture dans la barbe.Moi je trouvais ça normal mais lui avait été choqué.Ben ouai, il avait l’ air con, il vallait mieux lui dire, c’est mon point de vue.Comme Lionel l’ autre fois avec sa crotte de nez.Bref.J’ai du mal avec les convenances sociales mais j’aimerais qu’on me previenne quand j’ai de la salade dans les dents.Surtout que je souris tout le temps parait-il.Mais bon,ce n’ est peut-être pas si grave d’avoir l’air ridicule.
            Hier j’ai expliqué à Yann le projet de Philippe pour la tombe de son père.Il n’en revenait,m’ a dit qu’il ne le laissera pas faire.Pourtant il est cool Yann et il connait bien Philippe.Mais il n’est pas convenant de mettre une photo d’un homme barbu en soutien-gorge dans un cimetière.Ah bon ? Bon …
            Ce qui est extraordinaire chez Philippe, Helene,ce n’ est pas que sa façon de penser, c’est son corps.Il est capable de faire ses lacets sans plier les genous par exemple.

          • genoux,merde,comme cailloux, choux…
            C’est marrant ce que je viens de raconter, on peut mettre le fonctionnement de Yann en parallèle de celui de Philippe.
            Yann reconnait qu’il est ridicule d’ avoir de la bouffe dans la barbe mais est choqué qu’on lui fasse remarquer.
            Philippe ne trouve pas ridicule que son père porte des soutiens-gorge.Son père lui-même ne se trouvait pas ridicule.Mais Yann compte bien lui faire comprendre que c’ est ridicule.

          • @anne-laure: bon ça va, le pouls est bon je crois, la pulsion d’écriture est plus forte que celle de se taire à jamais.
            primesautier comme spontané et forcément dans la vitesse il y a des loupés. j’aime bien me mettre dans le sillage des gens spontanés et qui débordent d’énergie, parfois ils disjonctent mais c’est pas grave.
            ça a l’air d’être une grande famille, la psychiatrie. je ne sais pas pourquoi mais je m’imagine que tu travailles avec des gars dans le style de François Damiens (trop drôle dans « l’arnacoeur » passé à la télé dernièrement). je m’attends à tout. et je t’avoue que j’ai suspendu ma respiration quand tu as écrit que ce qui était « extraordianaire » chez Philippe, plus que sa pensée, c’était « son corps ». mais je reconnais qu’il a une façon unique de faire les lacets.
            je te propose que nous nous diffusions les prochains temps dans les autres parties du site si ça te va, et plus seulement ici

          • Moui,tu as raison Helene , on a tendance à s’isoler dans ce coin là.Acratie est d’ailleurs reparti vers le principal j’ai remarqué.
            Mais bon, je doute que ces histoires de psychiatrie fassent parti du principal.
            J’en dis alors juste un dernier mot.
            Je n’ai pas dit que le corps de Philippe était plus extraordinaire que ses pensées.Je mets ça ensemble, à égalité.
            On trouve peut-être des gens qui ressemblent à François Damiens dans l’ arnacoeur en psychiatrie.Je ne sais pas pourquoi tu penses cela.Pour le côté théâtral ?
            On trouve surtout beaucoup de gens comme ceux de vol au dessus d’un nid coucou.Des corps déformés, des idées répétitives (et des miss Ratchett).
            Ce qu’on observe beaucoup c’ est à quel point l’esprit modèle le corps.
            Par exemples : Daniel a souvent ses mains fébriles en extensions,il a peur de ses mains parce qu’elles saignent dit-il.
            Amel quand elle est bien délirante à le dos très raide car elle est persuadée d’ avoir un problème au dos depuis qu’elle est tombé pendant une randonnée quand elle avait 4 ans.
            Arnaud a une démarche très particulière,les jambes très fléxibles,les pieds trainants.Une démarche de fantôme.
            etc…
            On peut alors en revenir à ce qu’on disait du réèl, des daltoniens tout ça.Avec la maladie mentale il y a aussi bien entendu un autre rapport au réèl.Je ne sais pas si je l’ai déjà racontée l’histoire du schizo qui pensait que ses voisins le sodomisaient à distance ? Pour lui c’ était réèllement ressenti,le pauvre,il en pleurait.
            On voit à quel point l’esprit modèle le corps et l’inverse.

          • @anne-laure et qui veut: « les gogols » de Xavier Tresvaux p.67 : « quand il revint elle (la grand-mère du narrateur) était loin dans son coma. Il regarda son corps se débattre des jours durant comme la chèvre de Monsieur Seguin qu’elle lui avait raconté tant de fois à Cavalière en remontant les escaliers le matin après avoir été allée chercher le pain. »
            cette chèvre de M. Seguin c’est vraiment un truc génénérationnel : Xavier Tresvaux, Acratie, toi, moi aussi (j’ai connu cette chèvre par l’école, pas de grands-parents narrateurs ni de chef de service caustique). Gad Elmaleh l’a mise aussi dans un de ses spectacles. figure emblématique qui signifie quelque chose pour notre génération mais plus pour les générations suivantes je crois. personnellement je n’ai pas raconté cette histoire à mes enfants parce qu’elle parle essentiellement de la mort et de l’impuissance face à elle et que je n’aime raconter que les histoires qui finissent bien, à quoi bon parler de la mort aux enfants avant qu’ils y soient confrontés dans la réalité ? de toute façon la mort on ne la comprendra jamais, petit ou grand. X Tresvaux en parle bien. de l’agonie : « le râle, les glaires, le reptilien avaient pris le relais de ses neurones. » de la mort : « son corps avait cessé d’émettre ». comme une étoile qui s’éteint ou toute autre chose qui « émet » un certain temps puis plus.mon grand-père qui avait assisté au dernier souffle de ma grand-mère en parlait ainsi : « elle s’est éteinte comme une bougie », il parlait bien aussi du jour où elle a eu une attaque qui l’a rendue hémiplégique : « c’était comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu ». simple, précis et juste par la grâce de son bon sens terrien. pour moi la mort, c’est cette bascule proprement incroyable de l’animé vers l’inanimé. sans oublier cette « soustraction » au monde de l’individu mort (cf la fin de « jouer juste »)qui s’en va petit à petit, le corps en premier puis ses affaires intimes, matérielles – ça peut prendre beaucoup de temps, derniers vestiges les photos et les souvenirs.

  5. Pour moi c’est J-1, je termine demain.
    Retour de lecture suit, le temps de l’écrire, à chaud.

    Jérémy écrivait que c’était le meilleur, j’ai un peu de mal avec la hiérarchie même pour les livres, mais oui, c’est puissant.

  6. Les posts d’Acratie et de Jérémy en date du 10 février me font penser à mes impressions sur le livre.

    Acratie dit qu’elle sous-sous-titrerait bien le livre « comment je deviens l’homme sans qualités ». Je trouve qu’une qualité indéniable se détache du livre. C’est la sincérité de Chouchou tout au long du livre. François dévoile les événements dont il est fier, dont il a parfois été le héros, qui sont tout à son honneur. Ca va, par exemple, du meilleur élève de la classe au rôle de chanteur / parolier dans le groupe « Zabriskie Point », en passant par le métier d’enseignant qui l’a rendu démocrate, notamment grâce à la découverte de la mixité sociale parmi ses élèves (je crois que ce dernier point de « démocrate » est le point essentiel). Mais il n’hésite pas à s’auto-critiquer, à dévoiler les événements plus malheureux ou moins glorieux de sa vie.

    En voici quelques exemples qui ont attiré mon attention :

    – Un jour, en rentrant de l’école, sa mère l’informe que l’un de ses camarades a eu un accident, Chouchou dit que c’est bien fait pour lui, sa mère lui dit que ce n’est pas une réaction très maline, et le narrateur, donc François, dit que, s’il avait été sa mère, il se serait giflé.

    – François dévoile honnêtement son échec à l’oral du concours d’entrée de Normale Sup.

    – Lorsque Chouchou prépare l’agregation, en 1994, on voit qu’il prend également plaisir à se détendre en écoutant les radios libres telle Fun Radio, on peut même se demander s’il ne préfèrerait pas que le contenu de ces émissions remplace Balzac ou les histoires de preux chevaliers au concours de l’Education Nationale (après tout, une fois enseignant, ce serait une façon de captiver l’attention des élèves).

    – Une fois en poste à Dreux, Chouchou, qui craignait avoir du mal à maîtriser ses élèves, se retrouve devant une classe finalement trop sage à son goût, dont le trop-plein de calme l’angoisse.

    – Lors des manifestations pour la défense des retraites en 2003, il se retrouve « petit-lieutenant » de l’une de ses collègues, active syndicaliste, mais il pressent qu’elle ne l’apprécie pas beaucoup, parce qu’elle le considère « trop blagueur pour être honnête ».

    – Chouchou, pendant son adolescence, n’a pas collectionné les filles (à son plus grand regret, semble-t-il). Les multiples amitiés féminines sont apparues bien plus tard dans sa vie.

    Ainsi, le livre aurait pu s’intituler « Ce que j’ai fait de mieux dans ma vie », mais François a décidé de plutôt faire une synthèse des événements qui ont jalonné sa vie, en tirant une leçon des diverses exepériences, heureuses comme malheureuses.

    Quant à Jérémy, il écrit « j’ai pas envie de penser que c’est le meilleur que j’ai lu de François ». En ce qui me concerne, ce livre m’absorbe totalement dès que je l’ouvre. Tout au long du livre, on y trouve peut-être moins d’émotion que dans « Au début ». Je trouve que dans « Deux Singes ou ma vie politique », l’émotion est surtout présente vers la fin du livre, quand François rend hommage à sa maman et à sa soeur, qui ont été les premières femmes de sa vie à lui témoigner tendresse et protection. Dans l’essentiel du livre, il s’agit plutôt d’un hommage à son papa, puisque la figure paternelle semble être le déclencheur de beaucoup de choses. Dans les passages plus philosophiques, consacrés par Exemple au marxisme, on retrouve le Chouchou survolté, en colère, le rythme du récit s’accélère dans ces passages, comme pour montrer l’énergie contestataire de Chouchou face à des faits de société qui le hérissent.

    Et, chose superbe, je trouve que la fin du livre reste ouverte. D’un côté, Boubou pense encore évoluer. D’un autre côté, le docteur Marc pense que plus rien ne changera. Je trouve que cette fin laisse supposer que des événements inattendus peuvent survenir, puisque personne ne peut vraiment savoir ce que l’avenir lui réserve.

    • c’est très vrai ce que tu dis sur le fin du livre
      un petit erratum : d’avoir échoué à Normale est pas du tout une confidence inavouable
      j’aurais plutot tendance à avoir honte de devoir révéler que je suis allé à l’oral

    • @Delphine: J’ai écrit « J’ai pas envie de penser que c’est le meilleur que j’ai lu de François, donc je vais l’écrire ». C’est une formule. Ca signifie en plaisantant que je préfère ne pas garder pour moi le fait que j’ai beaucoup aimé et que c’est sans doute le livre de François que j’ai préféré parmi tous ceux que j’ai lus (je ne les ai pas tous lus).

      • Je reviens sur « Entre les murs » (livre+film). François s’est heurté à de telles erreurs de réception qu’on comprend sa lassitude. Sur un sujet aussi casse-gueule que l’école, on constate que les passions qui se sont exprimées ont moins concerné des aspects purement formels tenant à la structure même du récit, à des choix stylisques, que les thématiques inhérentes à cette oeuvre. Ca veut dire qu’au sens propre il est impossible de faire de l’école un objet littéraire. On sent que l’incompréhension a été encore plus totale avec le long-métrage. Et je comprends d’autant mieux la réaction de François : « Les débats se passant du film, ils se passeront de moi ». L’honnêteté est de ne pas avoir médiatiquement capitalisé sur ce terrible hiatus. D’autres, moins scrupuleux, auraient allègrement emjambé l’oeuvre pour se saisir de la formidable tribune qu’elle offrait. Mais ces gens-là n’auraient ni écrit, ni tourné « Entre les murs », ni joué dedans. François est resté sur sa ligne et c’est ça que je trouve remarquable, quand d’autres auraient vraiment géré cette soudaine notoriété, mais se seraient dévoyés dans leurs convictions.

        • Concernant « Entre les murs », je devais vivre dans ma bulle, parce que je n’avais jamais entendu parler de François ou du livre avant octobre 2008, quand je suis allée voir le film au cinéma. Personnellement, j’ai adoré ce film, qui m’a captivée du début à la fin parce que très réaliste. J’ai eu cette même impression quand j’ai lu le livre, quelques temps plus tard. Je ne me suis pas demandée si l’école était « un sujet casse-gueule » ou s’il était possible ou « impossible de faire de l’école un objet littéraire ». En 2006, je n’ai jamais entendu parler des réactions qui ont suivi la sortie du livre. Je comprends que l’école soit considérée comme un sujet « casse-gueule ». Mais, concernant « Entre les Murs », je pense que c’est plutôt l’actualité qui a créé la polémique. Le livre se passe dans une classe de ZEP et est sorti en 2006, donc peu après les émeutes de fin 2005 survenues dans les banlieues. Lorsque le film « Entre les Murs » a obtenu la Palme d’Or à Cannes, les défenseurs du film ont salué le fait que le film retraçait la vie quotidienne d’un professeur esneignant dans une classe diificile. Les détracteurs du film se sont dit « évidemment, c’est fait exprès, le film a obtenu la Palme d’Or parce que ça parle des ZEP, et on a encore voulu mettre en avant une classe difficile, souligner les problèmes de discipline récurrents dans ce genre d’établissements ». Parmi les réactions plus modérées que j’ai entendues, des personnes ont dit « le film est bien, mais le prof est bien trop gentil, il manque d’autorité, il semble entretenir une relation « casse-gueule » avec ses élèves, il est à la fois trop copain-copain avec eux, et, d’autres fois, il prend plaisir à les titiller, ce qui peut entraîner des conséquences dangereuses. »

          Je crois vraiment que les retombées qu’a connues « Entre les Murs » étaient liées à l’actualité brûlante des établissements situés en milieux défavorisés, et aux actes de violences qui leur sont automatiquement attrbués (parfois à tort). Encore aujourd’hui, beaucoup de parents décrètent qu’ils ne mettront pas leurs enfants dans tel collège de quartier, parce qu’il y a une majorité d’étrangers, et ça doit être dangereux, c’est sûr.

          Un autre film sur l’école dont il a été question il y a quelques temps dans la partie « Dis-moi » était « Etre et avoir », qui n’avait pas été jugé comme un film « casse-gueule » sur l’école à sa sortie, à la fin des années 90, me semble-t-il. A cette époque, il était plutôt question de la fermeture des écoles dans les campagnes, les classes uniques en milieu rural. Je crois que François n’avait pas trop aimé ce film. J’avais bien aimé ce film à l’époque. Cependant, même si, comme « Entre les murs », il traite de l’école, il est très difficile de comparer ces deux films, « Etre et avoir » ayant été perçu comme un film bon enfant, plein de bons sentiments, alors que « Entre les Murs » a plutôt donné lieu à des débats passionnés.

          Samedi soir, j’ai repensé à « Entre les Murs », notamment aux multiples origines des élèves. J’ai vu une émission à laquelle était invitée Marie Desplechin, parce qu’elle a écrit un livre intitulé « La Classe ». Pour écrire ce livre, elle a travaillé avec des étudiants de Sciences-Po Lille et des élèves d’un collège de ZEP de la région de Lille. Le livre est composé de récits écrits par les étudiants de Sciences-Po, mais dans lesquels ils transcrivent ce que leur ont raconté les élèves du collège de ZEP. Par exemple, un récit écrit par un étudiant de Sciences-Po concerne un collégien originaire de Côte-d’Ivoire, qui donne ses impressions sur sa vie quotidienne en France et ce qu’il ressent quand il va en vacances en Côte d’Ivoire. Marie Desplechin dit, qu’à tout choisir, elle a plus appris au contact des collégiens de ZEP, notamment parce qu’elle s’est rendue compte que, dans une classe, les élèves pouvaient avoir pour langues maternelles plus de 10 langues différentes. En parallèle, elle a récemment réalisé une mission que lui a confiée la Ministre de la culture sur l’accès de la culture aux jeunes, et son rapport, d’après ce que j’ai compris, a fait un peu polémique, parce qu’elle concluait que l’accès à la culture pour les jeunes était difficilement réalisable, voire perdu d’avance.

          • J’explique dans Deux singes l’emballement autour d’Entre les murs.
            Lié à l’actualité, sans doute, mais lié aussi à des choses plus profondes et foncières de la société française : racisme, postcolonialisme, paternalsme républicain, passion de réguler.

    • @Delphine: @Delphine: si je faisais référence à L’homme sans qualités c’est que d’après ce que j’entendais dans les itw avant d’avoir ouvert le livre, 2 singes semblait raconter le parcours d’un homme qui devient disponible, qui s’ouvre, l’homme de tous les possibles. Qualité étant pris au sens de caractéristique propre et non comme le contraire de défaut.

    • @Delphine: excuse, petite erreur de ma part, je te réponds plus bas.

  7. Pas encore commencé le livre mais lu les articles et écouté france inter, deux fois même, car Sylvain Bourmeau en a reparlé vers 9h avec un autre type dont j’ai oublié le nom et qui s’est ennuyé en compagnie les deux singes. C’est marrant de se faire un idée avec quelques indices quand on connait déjà bien un auteur, je suis en train de donner un sous-sous-titre musilien au livre: comment je deviens l’homme sans qualités, en toute modestie bien sûr. Est-ce que c’est une bonne entrée ou j’oublie ?

    • si je comprenais ce que tu veux dire par là, je validerais ou invaliderais

      • @François Bégaudeau:
        A moins que ce soit « comment je ne deviens pas L’homme sans qualités »?
        Putain mais dans quoi je me suis lancée moi ?
        Je tente quelques raisons a priori pour ce rapprochement hasardeux avec L’homme sans qualités de monsieur Musil :
        – le parcours vers un désintérêt pour la politique alors que la politique est omniprésente dans la société
        – la question de l’entre-soi
        – une quête de soi qui ne s’appuie pas d’emblée sur les déterministes sociaux ou psychologiques
        – une quête exigeante de justesse
        – le questionnement sur le possible et le probable : tout est possible mais ce qui se réalise est toujours ce qui est le plus probable. Qu’est-ce qui fait faire le pas de côté ?

        et puis aussi la présence d’animaux mais je ne sais pas encore s’il y a plus de deux singes chez Chouchou.

        • @Acratie: Hééééé bien,elle était longue cette émission de france inter, je sais pas vous mais moi j’arrivais pas à sauter les infos et la musique.C’est beau la fidélité , on en fait des sacrifices putain.Lasagnes à la viande de cheval etc…
          Alors un visage de femme oui, d’enfant aussi, mais juste après une vraie tête de singe.
          Indice numéro 25.

          • @anne-laure:
            juste écouté à partir de 6h30, pas si fidèle que ça…
            putain Anne Laure on dirait qu’on se lâche sur les gros mots le dimanche!

          • @anne-laure:

            oublié le lien

          • @anne-laure:
            désolée ça marche pas

          • le webmestre à la rescousse : http://www.youtube.com/watch?v=lxJlPcCWqOs

          • Alors celle-ci elle est pour toi Jérrr-rrronrrron-rrôme.

          • Enfin ça, j’voulais dire.Deezer c’ est pas clair,c’ est le merdier.J’le referai plus,ça me coupe tous mes effets.

          • Acratie me dit j’ai oublié le lien, elle me le file, je le mets. Pour le reste , pipeau, tout ça, j’ai pas suivi mais merci quand même hein !

          • Ah pardon, je ne voulais pas vous impliquer plus qu’il n’en faut.On fait comme si on n’ avait rien vu,les gros mots,les pipeaux tout ça,allez zou ! On oublie.

        • En tout cas, il y a du beau monde : on y croise la famille de Chouchou, les amis de Chouchou, Aurélie Filippetti, Didier Wampas, la galaxie punk, des chansons des Zabriskie Point (avec dissémination de paroles et exégèses du narrateur), les lycées Branly et Guist’hau (dans le désordre chronologique), Téléphone dans la chambre des garçons, des fêtards nantais… j’ai pas envie de penser que c’est le meilleur que j’ai lu de François, donc je vais l’écrire. Pourquoi ? Parce que ça fait la synthèse. La flemme d’argumenter, je termine d’abord et après j’essaie de retrouver les morceaux de Youtube qui illustrent chaque chapitre/année.

        • je prends la moitié des axes, surtout le dernier

          • Je précise que ma flemme ne va pas durer longtemps, parce que j’ai avalé le récit et que j’ai envie d’en parler.

          • En tout cas, c’est beau Nantes, le soir, avec les futurs potes du collectif Othon.

          • @François Bégaudeau:
            puisqu’il est question d’axes : dans la partie de 2 singes qui va grosso modo de 89 à 98 je retrouve le malaise que j’avais eu avec Dans la diagonale, je m’en souviens bien que n’ayant pas repris le livre. Malaise qui concernait l’insincérité des personnages, et tout bêtement peut-être un manque de « douceur » ?
            Je précise que c’est une impression qui n’enlève rien évidemment au plaisir de te lire, d’ailleurs j’y vais.

    • @Acratie: C’est le mot fidélité qui me fait dire le mot putain.

  8. l’article est d’un journaliste littéraire qui parle du livre d’un écrivain, journaliste également écrivain. ça me semble un gage de qualité qu’un écrivain parle du livre d’un autre écrivain, lui-même chroniqueur par ailleurs (si quelqu’un a compris, c’est qu’il a mal lu)

    • @Helene: Je crois savoir d’où vient cette idée Hélène :

      si quelqu’un a compris, c’est qu’il a mal lu

      Ce n’est pas inspiré d’une réplique de Shutter Island par hasard ?
      Elle me fait rire cette phrase.

      • Ah non pardon,j’ai mal lu,je croyais que c’ était :

        Si quelqu’un n’a pas compris c’ est qu’il a mal lu.

        Je retire mon rire.Mais j’en remets un autre si vous voulez, un peu moins brutal.
        Des fois je ferais mieux de me taire.

  9. Rassurant, j’ai bien compris de quoi allait traiter le livre, et intéressant. A regretter le runing gag, (chouchou) ça peut faire sourire une ou deux fois, mais pas plus.

    J’ai hâte putain ce que j’ai hâte !

  10. Pfff,Chouchou…c’ est un peu la honte non ?
    Moi on m’appellait et on m’ appelle encore Nounouche.Parce que j’avais des couettes qui me faisaient ressembler à une russe parait-il.Du coup : Nanouchka Maia,Nanouchka,nanouche,nouche,nounouche.Je pense que c’était une idée de ma cousine Marie-christine qui était communiste à l’époque.Elle était même allé en URSS au moment des jeux olympiques.
    On a eu le droit à son retour aux traditionnelles poupées russes, mais surtout,pour moi seulement,la mascotte des jeux en caoutchouc,l’ours Michka.

    • Bon ben on m’ appelait Coucouche alors.J’avais pas compris , le truc de l’ auto-fiction ,le réèl tout ça…

  11. Bien intéressant, cet article. . J’aime beaucoup la photo, ça aurait pu faire une chouette couv’ pour le livre.

    • @Jérémy:

      La photo qui est en présentation est très bien pensée pour le livre, en plus d’être jolie. A mon sens, ça colle bien avec ce qu’il s’en dit de parts et d’autres.

      Superposition d’un même portrait d’un visage souriant avec un léger décalage. Une Surimpression des couleurs avec une préférence pour les tons chauds, dominants les tons froids.

      L’interprétation me semble très claire. Ca va poutrer au sein d’une même conscience, dans la bonne humeur et avec un parti pris général soumis sévèrement aux doutes et retourné dans tout les sens. C’est très général comme truc, mais ce furent mes premières impression.

      Après, peut être que je me goure et que François ou la personne chargée de ça s’est juste dit que ce serait cool… Dans tout les cas, ça l’est.

      M’enfin, on verra bien quand je l’aurai lu : )

      • mais qui est ce type sur la photo?

        j’adore « poutrer », ça veut dire quoi au juste?

        • @François Bégaudeau: Ce type sur la photo j’ai pensé que c’était Mick Jagger quand il était gamin mais c’ est n’importe quoi.

          • gamin genre quel age?

          • Un gamin du genre 14 ans.
            Parfois je me dis que vous devez être déçu de voir que ce sont toujours les mêmes qui écrivent ici bas.Au bout du compte ça fait pas grand monde.Et au bout du compte toujours la même lourdeur.
            La vraie réplique de Shutter Island c’ est le psy à l’accent allemand qui le dit à Andrew : si vous n’avez pas compris c’ est que vous n’avez pas écouté.
            Enfin, je crois.

          • J’ai vu que vous alliez écrire à d’autres personnes sur libération.Bon ,c’ est bien, ça me soulage la conscience.

          • Ah ouai, d’accord,le mec qui n’est que de passage.P’tain, je reviens de loin.
            Avec une queue de cheval au cul,bien sûr.

        • @François Bégaudeau:

          Je ne sais pas, et ça me fait chier.

          « Poutrer » est un synonyme néologique de « bagarre » par extension  » je te poutre » je te casse la figure. Usité principalement dans le monde virtuel.

        • @François Bégaudeau:

          En fait, pour la photo, je me dis que ça doit être toi jeune, ça y ressemble en tout cas. Mais ce n’est que pur spéculation… En vrai, je ne sais pas.

      • Mmmh, je vais attendre d’avoir le livre entre les mains. Demain, donc.

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