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Despues de Lucia

Il y a deux ans, Michel Franco avait livré Daniel y Ana, et on s’était dit, on avait été au moins un à se dire que ce type était un grand cinéaste. Un type qui croit au cadre, très économe de ses angles, tout ce qu’on aime. Un type qui aurait mangé du Hitchcock, du Haneke, et sans doute un peu de Bresson pour la tenue éthique et la neutralisation des minauderies d’acteur.

Comme je ne sais trop comment parler de Despues de Lucia sans le déflorer, je me permets de reporter ici la critique, certes élogieuse, qu’en fait un hebdomadaire de qualité, et de glisser quelques commentaires en gras.

Après avoir remporté le prix Un certain regard, Después de Lucía représentera le Mexique aux oscars (infos capitales, deux lignes perdues pour la précision critique). Ces honneurs sont mérités (bulletin scolaire ?), tant ce film de Michel Franco saisit par son sujet aussi bien que par sa mise en forme. (séparation forme/fond, on en est encore là)

Au début, on ne comprend pas grand-chose (mais on voit beaucoup de choses), même si on ne s’ennuie jamais (pourquoi ? tacher de le dire). Un homme descend de voiture en plein milieu du trafic et continue à pied. (très mal décrit, ce génial prologue en un seul plan mériterait cent lignes) Puis on le voit rouler avec une jeune fille, dormir à l’hôtel, prendre un nouveau job de cuisinier dans un resto chic. La mise en scène de Franco est extrêmement laconique (ça veut dire quoi ?), laissant le spectateur entrer doucement mais profondément dans le film, puis reconstituer seul les pièces du puzzle : (ok, pas mal dit)

je vire les trois lignes qui suivent, elles racontent ce qu’on ne doit pas savoir avant de voir le film, et par ailleurs elles comportent le toxique « faire le deuil »

Mignonne, intelligente, mais rongée de l’intérieur par ce drame (spéculation, rien dans le plan ne permet de l’affirmer), Alejandra devient petit à petit  (je coupe ici, on dévoilerait ce qui gagne à être découvert peu à peu)

je coupe aussi dix lignes inutiles ou le critique répond aux accusations de fascisme adressées au film à Cannes

Thème (?? un film aurait un thème ?) qui n’est certes pas nouveau, mais que Michel Franco traite ( ?? un film traite d’un thème ??) avec clarté (oui) et frontalité (c’est-à-dire ?), sans en rajouter dans le spectaculaire (quel euphémisme), allant jusqu’au fond de son sujet (pour y trouver quoi ?) et d’un dénouement dont on ne dévoilera rien, si ce n’est qu’il nous laisse au bord d’un abîme de réflexion, sonné et songeur. (on est heureux de l’apprendre ; par ailleurs le « songeur » est redondant –et dévaluant- par rapport à l’ « abime de réflexion » -expression figée)

 NB : on voit à l’épreuve que cet exercice un peu méchant ne présente aucun intérêt. Il n’aura pas de suite. Mais au moins on aura parlé du meilleur film de l’année.

9 Commentaires

  1. Il suffit de comparer la scène où Kidman et Cusak se masturbent et la scène dans Killer Joe, vrai film malsain, dans laquelle Gina Gershon administre une pipe à un manchon de poulet figurant le sexe de Matthew Mconaughey

    quand je pense que je ne verrai jamais cela dans ma province..

  2. Meilleur film de l’année, carrément? Mieux que Faust de Sokourov?

    • Je n’ai pas vu Faust
      Meilleur film de l’année est définitivement un superlatif bidon, puisque toujours utilisé par un mec genre moi qui n’a vu que un dixième des films sorti, et encore
      Donc je rectifie : parmi ceux que j’ai vus cette année, mon préféré
      ET Paperboy est dans les dix.

      • @François Bégaudeau: Faust est un film magnifique et c’est l’un des meilleurs que j’ai vus cette année avec Cosmopolis. Par contre faudra m’expliquer pour cette panade de Paper boy.

        • c’est un film nietzschéen, je prends
          en cinéma ça pourrait se traduire par : skolimovskien
          mais je m’expliquerai mieux quand j’aurai un peu de temps

          • @François Bégaudeau:
            C’est surtout un film mal emmanché, fait des scènes provocatrices ratées parce que pas vraiment filmées. Il suffit de comparer la scène où Kidman et Cusak se masturbent et la scène dans Killer Joe, vrai film malsain, dans laquelle Gina Gershon administre une pipe à un manchon de poulet figurant le sexe de Matthew Mconaughey pour voir la différence de talent entre Lee Daniels et le grand Friedkin.

          • le débat pourrait porter sur mal emmanché
            non pas pour nier cet aspect, mais pour la saluer
            vive les films bancals, mal branlés, baveux, crados -à bas la qualité
            ce film est dingue, il se tient mal, il ne tient pas dans ses coutures, pour ça il est constamment inattendu, fébrile, animé

          • @François Bégaudeau:
            Je pourrais saluer cet aspect foutraque si le film était effectivement une suite de scènes folles dont l’ensemble ne serait pas cohérent ou ne tiendrait pas debout, mais je ne vois aucune scène mémorable dans le film mais plutôt une succession de scènes ratées.
            T’as vu le friedkin sinon?

  3. On n’a rien compris. On a évidemment poussé le vice en cherchant qui avait écrit ça et où. On a souri puis on a vite refermé la page de l’article pour se réserver si l’occasion se présente.

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