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Mais pourquoi un poche ?

couv folio la blessure la vraieDécidément la sortie Poche d’ un  roman  n’ est pas une garantie de qualité. La preuve, La blessure la vraie est sortie ce  jeudi en Folio1
Pourquoi certains romans sortent en Poche et pas d’ autres ?
C’ est simple : le Poche est réservé aux livres qui se sont un peu vendus. En somme, n’ ont le droit à une deuxième chance que les livres qui ont déjà eu de la chance au premier coup. Les autres peuvent aller se faire voir au pilon (par exemple Fin d l’ Histoire).
En d’ autres termes :  ici comme ailleurs on ne prête qu’aux riches.

 

NOTES
  1. LA BLESSURE LA VRAIE [2011], 320 pages sous couverture illustrée, 108 x 178 mm. Collection Folio (No 5444) (2012), Gallimard -rom. ISBN 9782070447923 []

25 Commentaires

  1. Bonjour François, bonjour à tous
    J’ai vu sur plusieurs sites qu’il y avait eu un projet d’adaptation de La blessure la vraie par Abdellatif Kechiche, avant La vie d’Adèle. J’ai farfouillé un peu sur le vôtre, mais n’ai rien trouvé. Le film est-il toujours d’actualité ou dans un placard ? Pourquoi ne s’est-il pas fait ?
    j’ai beaucoup aimé le livre (et, je dois l’avouer, Un deux un deux, Entre les murs, ou vos critiques cinémas en général. Bref, votre œuvre me touche et merci pour ça.)(C’était le moment lèche-cul, désolé)
    Et merci d’avance pour votre réponse.

    • Effectivement Kechiche a pris les droits peu après la sortie en 2011. IL voulait tourner tout de suite, s’est engueulé avec le prod, est parti plutot sur Adèle. En mars dernier il a voulu qu’on prenne un café pour me dire qu’il relançait l’affaire et tournerait l’été suivant. Depuis, pas de nouvelles. Tout est possible : qu’il soit en train de le tourner, qu’il ait encore reporté, qu’il ait abandonné l’idée. Voilà tout ce que je sais, Max, homme libre.

      • Merci François le français, et Hervé Cristiani bien sûr, que je ne remercierai jamais assez…)
        Bon, j’imagine que si Kechiche était en train de tourner on le saurait…

        Pour ma part, j’aimerais bien qu’il l’adapte. D’abord parce que artistiquement, il me semble que vous êtes proches ; je veux dire dans une quête pas très éloignée sur l’énergie, l’urgence. Et sa capacité à faire apparaître les conflits sous-jacents dans chacun de ses récits seraient intéressante transposée dans La blessure la vraie. Je pense notamment au conflit de classe entre Joe et la bourge du début (j’ai oublié son nom et pas le bouquin sous la mais), ou aux scènes de potes au café. (à ce propos : énorme les dialogues autour du baby…).
        Bon, bien sûr il est pas nécessaire d’être proche artistiquement pour faire une bonne adaptation cinématographique (il faudrait développer ce que veut dire être « proche artistiquement » ?…). Exemple récent de l’écume des jours adaptée par Gondry. ça fait un discours un peu redondant… alors que Baz Luhrman qui adapte Shakespeare, ça marche (ou Kechiche – Marivaux mais là on peut se dire qu’ils sont proches en fait…)
        D’ailleurs, j’avoue que la fin du roman, qui a un petit parfum de fantastique me pose de toute façon question pour une adaptation par Kechiche. Je ne l’ai jamais vu faire ce genre là et j’ai peur qu’il n’arrive pas à insuffler cette bizarrerie un peu magique (la fin de nuit avec Tipaul, le tir de carabine). ça pourrait être un choix : emmener ce livre vers la réalité et ne pas traiter la fin de la même manière… Mais c’est pur spéculation sur Kechiche et son interprétation. Et d’ailleurs peut-être n’êtes vous pas d’accord sur le fait que la fin de La blessure tire vers le fantastique.

        Bref, vaste débat, mais reste que j’aimerais bien voir ce que Kechiche ferait de La blessure. Ne serait-ce que par curiosité…

        • Eh bien figure-toi, Max, que ce dont m’a parlé Kechiche en priorité, ce qui a motivé sa décision d’adapter ce livre, c’est justement la dernière partie. Ce qui, en fait, ne m’a pas étonné. Il y a chez lui, en appendice à l’évidente base naturaliste-social-vitaliste, un coté barré, et même hallucinatoire. C’est notamment très vrai dans Venus noire, dont certaines scènes relèvent davantage de la fantasmagorie que du réalisme. Pour ultime preuve de ce que j’avance, il faut savoir que Kechiche adore Gaspard Noé, et notamment son dernier, trip techno mental dans une boite de nuit.
          D’ailleurs je constate de plus en plus que les naturalistes lorgnent toujours un peu vers le fatastique. A commencer par Flaubert et Maupassant, mais aussi Pialat (voir Sous le soleil de Satan), Campillo, monteur de Cantet dont on verra bientot le chef-d’oeuvre Eastern boys, et un peu votre serviteur. Liste à compléter

          • (Les naturalistes lorgnent vers le fantastique […] liste à compléter) J’aurais tendance à être d’accord dans le cinéma ou la porosité entre genres est plus grande. Mais pas facile de trouver un vrai naturaliste à tendance fantastique quand même : Bunuel ? oui les deux vraisemblablement. Haneke ? oui les deux aussi vraisemblablement – Amour et Funny Games. Kubrick ? les deux aussi – eyes wide shut par exemple. Lynch ? super fantastique pas du tout naturaliste. Desplechin ? un peu naturaliste un peu fantastique, mais bof. Asghar Farhadi ? oui naturaliste, non pas fantastique. Gondry ? ah ben oui, naturaliste qui s’ignore peut-être dans the We and the I où il épuise en description le sujet de ce bus de banlieue d’une manière géniale et qui rappelle Entre les murs d’ailleurs. (je sais pas pourquoi je parle 2 fois de Gondry en 2 posts, je suis pas fan, mais là ça me semble intéressant.) Bref, il y en a quelques-uns dans le cinéma et c’est une chose possible.
            En revanche en littérature, vous avez cité les rares que j’aurais pu trouver chez les anciens. La frontière est aujourd’hui franchie parcimonieusement par quelques auteurs, mais rares (Easton Ellis dans Lunar Park, vous un peu dans la Blessure, c’est tout pour moi).
            Pourquoi ? J’imagine que si on s’y aventure trop loin, le bouquin tombe dans le trou sans fond du changement de collection avec couverture gris métal, marketing pré-ado et que c’est la fin.
            Je plaisante (et je ne connais pas assez le milieu de l’édition pour juger de ce genre de phénomène). Et d’ailleurs il faut reconnaitre que c’est quand même dangereux pour un auteur (ou un bouquin, selon le point de vue) : les Contes de la peur et de l’angoisse de Maupassant, c’est pas le Horla et surtout vraiment moins bon qu’Une vie, Boule de suif ou Bel ami.
            Mais ça n’explique pas tout. Il y a de très bons fantastiques pas du tout reconnus et je pense que ce genre subit un certain ostracisme culturel (que je n’ai jamais vraiment réussi à expliquer) que je situerais à partir du début du XXème avec Lovecraft (précisément en octobre 1926…). Avant lovecraft c’était bon : Edgar Poe, Théophile Gautier, Oscar Wilde, même Jules Verne (dans sa période punk) ça roule, miam miam, tante Rachel adore… Mais après lovecraft (exclu aussi d’ailleurs), c’est mort, on se pince le nez et on regarde ailleurs. Etonnant.
            Donc je pense que vous ne trouverez pas d’autres naturalistes fantasques à partir de là. A mon avis ils seront l’un ou l’autre, mais pas les deux, c’est transgenre.

        • Un film récent entrerait dans cette catégorie de genre hybride: Artémis, cœur d’artichaut d’Hubert Viel.

          • Je ne l’ai pas vu, Ph, mais je regarderai à l’occasion.
            En revanche, après avoir vu Tonnerre hier, je me dis qu’il rentre tout à fait dans la théorie du naturaliste qui verse vers le fantastique (et que Guillaume Brac, le réal, ferait même un bon adaptateur de La blessure la vraie.)
            Et pardon pour mes élucubrations au dessus, je m’emporte et je dis n’importe quoi… 😉

          • Les frères Larrieu aussi, d’ailleurs.

          • Dernièrement il y a eu développement sur le mot puissance. Faut-il faire de même avec fantastique ? Qu’as-tu trouvé de fantastique dans Tonnerre ?

            Les Larrieu pour la Blessure ça le ferait bien, oui. Et si V. Macaigne pouvait prétendre au rôle (ce qui n’est pas le cas même si on a tous les âges, etc.)je vote pour G. Brac. Tiens ça me fait penser que pour ce transgenre Lvovsky le ferait bien aussi. Cette adaptation pourrait être fait par une femme.

            J’aimerais être capable de telles élucubrations.

          • Merci mais c’était quand même un peu n’importe quoi 😉
            Lvovsky très juste, mais pas très naturaliste en revanche…
            Alors, oui, dans Tonnerre ou dans le dernier Larrieu, je suis d’accord, on est pas dans le fantastique au sens strict avec « intrusion du surnaturel dans le récit ». (là je cite wikipedia, les profs de français qui me lisent vont m’égorger…) Mais dans les 2 cas il y a quand même des moments de folie, de peur, d’angoisse qui sont quasi surnaturelles et le récit bascule dans une suite d’événements peu probables (mais possibles certes). En référence, si je me souviens bien, dans Arthur Gordon Pym de Poe, le récit ne bascule franchement dans un surnaturel assumé qu’à la toute fin. Le reste n’est que suite d’événements peu probables mais possibles. J’ajouterai que dans Tonnerre, tout comme dans l’amour est un crime parfait, la mise en scène présente toujours les choses avec un angle très légèrement bizarre et décalé. Exemple : dans le Larrieu, le jeu d’acteur est volontairement théatral, donc faux et tend à donner un ton un peu surnaturel au film.
            Mais c’est vrai que tout cela est ténu…

          • On est d’accord sur Les Larrieu. Cela dit je le redis je serai bien curieuse de voir ce qu’en ferait Kechiche, et on sera servi côté naturalisme.

  2. Monsieur,
    je lis actuellement un livre intitulé « l’amoureux » – ateliers cinéma – actes sud jeunesse et je lis p. 27 que dans « Quai des brumes » de Marcel Carné, Jean (Jean Gabin) et Nelly (Michèle Morgan) font de l’auto-tamponneuse. Connaissant votre goût pour le cinéma et votre culture cinméatographique, avez-vous pensé à cette scène en particulier au moment de l’écriture de votre livre ? ou bien cette scène a-t-elle simplement été inspirée par des souvenirs de jeunesse ?
    Vous remerciant de votre réponse

    • Le jour où un film de Marcel Carné résonnera dans mes romans, il sera temps d’arrêter d’écrire.
      Cette scène est plutot empruntée à la compétition d’auto-tamponneuse racontée par Virgile, dans l’Enéide

      • @François Bégaudeau: oui ça fait loin Carné et les années 30. je n’étais pas loin quand même puisque tu te serais inspiré des années 30…avant JC
        à la lecture du même livre jeunesse sur le cinéma, je me suis dit qu’Echenoz s’était peut-être inspiré des Demoiselles de Rochefort pour écrire dans ses romans les relations hommes/femmes quand homme et femme sont profilés pour se rencontrer et se plaire mais n’arrêtent pas de se manquer de peu (dans « lac » par exemple, Franck Chopin et Suzy Clair), comme Delphine et Maxence dans le film de Jacques Demy.
        sur l’ensemble de tes oeuvres, est-ce que tu te serais inspiré de films ? peux-tu dire quels films ? peutx-tu dire pourquoi ces films ?

  3. mONSIEUR

    à l ‘avant-dernière page de « la blessure »(édition poche) vous dites que Valdano ouvre le score pour l ‘Argentine à Mexico lors de la finale 1986 Argentine-Allemagne…hé bien c ‘est faux; Valdano a marqué le second mais c ‘est Brown libéro le bras en écharpe qui sur corner et de la tête ouvre le score.
    Cordialement
    James

  4. ça plaît, c’est pas cher, ça tient dans la poche effectivement (tout en le laissant négligemment dépasser), on aime bien les martyriser un peu les poches aussi, et en l’occurrence moi j’aime bien la couverture

  5. François, quel est le titre parmi tes ouvrages qui a le plus de ventes en librairie? Combien en-as tu vendu? A partir de combien de livres vendus un éditeur décide-t-il de l’éditer en poche?

    • Entre les murs, évidemment
      Vendu plus que tous les autres réunis.

      Je ne sais pas à partir de quand on fait le Poche. Vers la douceur j’ai du en vendre 5000 et pourtant c’est en Poche, donc ça commence assez bas
      (quoique 5000 pour un roman est considéré comme un bon score, toujours avoir cette échelle en tête)

    • Le nombre d’Entre les murs : ça doit etre quelque chose comme 250000
      Un peu n’importe quoi, en somme

      • @François Bégaudeau: Merci François de tes réponses. Je me doutais que ton plus grand succès de librairie était « Entre les murs », mais je ne pensais pas que tu en avais vendu autant! Peut être à cause de 3 facteurs : Ecole + Prix (France Culture/Télérama) + Film. Pourquoi dis-tu « un peu n’importe quoi »? Parce que tu estimes que ton livre ne devait pas atteindre un tel score ou qu’à un certain stade, l’écrivain est dépassé par son succès? D’ailleurs, il y a-t-il eu un réel « effet » sur les ventes après la sortie du film? Car, on remarque souvent la réédition de roman avec une première de couverture présentant une photo de l’adaptation cinématographique?

        • Oui, ça eu bien sur un effet, que je ne peux pas quantifier
          N’importe quoi, c’est qu’alors on est dans la pulsion d’achat, où entre tout un tas d’affects sans rapport avec la choucroute
          Mais foin de spéculations.

  6. Parce ce ça nous plaît.

  7. Parce que ça tient dans la poche pardi.C’est plus pratique pour faire du sport.

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