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T’as pas fini de m’ entendre parler

Début 2008, les producteurs des ateliers radiophoniques de France Culture me proposent d’en concevoir un. Ils mettent à ma disposition les archives de Radio France, et une monteuse pour fabriquer l’objet sonore. Comme on est à quelques mois des 40 ans de mai 68, ils me suggèrent que ça pourrait être une piste. Je dis : bonne piste. Le résultat sera diffusé à la fin du mois de mai de cette année là (je pèse mes dates), dans l’indifférence générale, comme tout ce qui se fait en matière de fiction radio. Le site continue donc son travail de sauvetage d’orphelins.

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26 Commentaires

  1. Un vrai syncrétisme radiophonique (musiques, reportages journalistiques, bruitages…) dont je retiens -entre autres- un motif : la circularité. A travers le dialogue initial, très vif -façon stichomythie-, qui achoppe sur le signifiant : « 68 », rembobine, rejoue la scène, affine la perception de l’événement. « Qu’est-ce que tu vois ? » insiste François.

    On entendra surtout, mais ce ruban sonore déroule aussi un film mental où ce qui innerve mai 68 parfois bien en amont-jusqu’aux années 30, le blues qui sonne la révolte- et ce qui le prolonge en aval forment un continuum, le refus d’une clôture, comme un processus sans cesse recommencé de joyeux bordel à travers ses différents avatars : « L’histoire d’un mec », les radios libres… pour dire que mai 68 ne se dilapide pas, ne s’étiole pas, se réactive même par la simple mise en scène discursive de ce qui le constitue : énergie, désordre, désir. Et du discursif, il y en a dans cette oeuvre radiophonique : une proposition en appelle une autre et la fiction prend très joliment le relais : l’ouvrière insurgée qui ne veut pas retourner au travail bondit sur le sautoir de Mexico. D’ailleurs, François nous le dit : « elle s’est envolée ». Comprendre, elle n’est jamais retombée.

    Insaisissable comme cet éternel mois de mai.

  2. L’ACR par François Bégaudeau : « 68, tu vois »?
    Belle création sonore, un peu pédagogique, envers du décor, la radio ça se fabrique, ça s’écrit, ça s’écoute et on voit. Comme disait Yann Parantoën la radio c’est peinture. La radio n’est pas un endroit où l’on vient parler. François, grande gueule, professoral, styliste, drôle, rock, féministe, sportif, politique, poétique, son ACR aussi, son 68 aussi.
    Ca m’a évoqué un autoportrait de François en émission de radio et en révolte. La forme ça compte. T’as pas fini de m’entendre parler, disent 68, le son et François. Tant mieux.
    Bien aussi, le logo France Culture détourné avec modestie.

    L’indifférence générale mentionnée en introduction, elle se mesure comment? Un regret? Des formes d’expression valent-elles plus le coup? la fiction radio, pas rentable, beaucoup de boulot peu d’effet. En tout cas l’effet sur l’auditeur, balèze. Je me souviens de cet ACR, 68 quoi 68 quoi 68.

    Et Reprise, le film documentaire, est un grand souvenir de cinéma puis de 68.

    • Merci d’avoir écouté.
      Indifférence générale, parce que je crois que ce genre de programme est très peu écouté. En tout cas je ne me souviens d’aucun retour, à part deux trois amis que j’avais branché dessus. Ca faisait un ratio boulot/réception très défavorable. Parce que ça prend beaucoup de temps à faire cette connerie. (des heures à écouter des archives, puis l’écriture du dialogue, puis la structure dialogue-archive, puis les longues séances de montage avec une technicienne). J’ai beaucoup aimé faire ça, et j’aime bien le résultat, donc tout va bien. Mais c’était savoureux de voir, exactement au même moment, le bordel national autour d’Entre les murs film, qui finalement m’avait occupé à peine plus longtemps.
      Ce qui fait le plus de bruit est rarement à proportion de ce qui vous tient le plus à coeur, that’s life.

      • @François Bégaudeau:
        ça donne envie, d’être là au milieu; juste basiquement ça fait envie d’être au milieu de ce bruit et de cette énergie. ça fait un peu mal de pas y être au moment où on les entend

        le son sans l’image c’est mieux parfois: l’ouvrière de chez wonder, je la préfère sans l’image, on la voit mieux

        putain c’est quand même désespéranr de voir comme ce média, la radio, est sous-exploité en général, asservi.

  3. l’été ça lâche rien:

    http://www.lalibre.be/actu/international/article/754208/espagne-des-militants-de-gauche-jouent-les-robin-des-bois-contre-la-crise.html
    +
    http://www.rototomsunsplash.com/fr/news/236-social-forum-2012/3031-nuove-conferme-del-social-forum

    NOUS SOMMES TOUS DES INDESIRABLES

    LA REVOLUTION FAIT BANDER MIEUX QUE LE VIAGRA (d’un certain gui-toto qui contemporainise les slogans)

  4. mes oreilles vous remercient,

    http://www.youtube.com/watch?v=tAtY1hStmlM

    http://www.deezer.com/fr/music/track/537698

    DÉBOUTONNEZ VOTRE CERVEAU AUSSI SOUVENT QUE VOTRE BRAGUETTE

  5. Comme cela manquait d’ animation en d’ autres lieux,je sautais évasivement de branche en branche et voilà que j’atterris ici.
    J’aime bien quand ça vire au slam vers la 27ème minute.C’est oppressant étourdissant.J’aime bien l’ambiance de ferme (je suis fascinée par les poules dans la vie en générale).
    Pour ce qui est de l’idée que mai 68 ne s’ est jamais fini,hasard,le matin même j’avais lu l’histoire de la révolution russe de 17.Parce que je suis comme ça moi,je me lève le matin et je me demande:mais c’ est quoi un bolchevik ? (anne-laure découvre le monde).Là où les ouvriers, les paysans ( les soviets ) devaient enfin avoir leur mot à dire sur leurs conditions de vie,de travail ,au final ce sont les bolcheviks qui ont décidé pour eux.Effectivement 68 avait commencé bien avant et tragiquement ce n’ est pas fini.

  6. On a écouté. On a reconnu un extrait de Fin de l’histoire.
    On s’interroge sur l’échange-dialogue de sourds du début.
    On retiendra la voix de la jeune ouvrière en colère.

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