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Le foie

Quatrième de couverture

Il y a longtemps que Stéphane n’aime pas comment sa mère lui parle. N’aime pas comment sa mère ne lui parle pas.
Mais ce jour-là est la fois de trop, le fromage de trop. Il va partir. Et ne plus jamais revenir.
Pourquoi tolérerait-il chez elle des travers qu’il ne tolère chez personne d’autre ?
Il va partir et pour l’instant il reste.
Après Le Problème, François Bégaudeau poursuit son exploration des « scènes de la vie familiale », cette fois-ci entre une mère et son fils. Il y affine encore son art du dialogue : humour, provocation, mauvaise foi, crudité et tendresse.

Le 27 février, enregistrement public d’une version écourtée pour diffusion sur France Culture : invitation

Le texte est disponible aux éditions Théâtre Ouvert, il est procurable dans les librairies suivantes :

> -Librairie de Paris (Paris 17 Place Clichy)

> -Librairie théâtrale (Paris 2)

> -Librairie du Rond-Point

> -Librairie L’Atelier rue du Jourdain (Paris 20)

> -La Minoterie (Marseille)

> -Bientôt au Comptoir des mots (place Gambetta Paris 20)

> -Prochainement au Coupe Papier (rue de l’Odéon Paris 6)

26 Commentaires

  1. J’ai vraiment bien aimé, Catherine Hiegel est vraiment une grande interprète, Matthieu Cruciani a les intonations et le phrasé de… François Bégaudeau. A moins que la musique du texte le rende tel. Car il y a une musique.

  2. J’ai écouté ta pièce de théâtre « Le Foie » enregistrée en février dernier, et j’ai beaucoup aimé.

    Je crois que j’ai particulièrement accroché, parce que c’est une situation concrète, tout à fait réaliste, et ce genre de situation conflictuelle (même si elles ne sont pas toutes à 100 % identiques) doit survenir dans beaucoup de familles.

    L’interprétation du rôle de Christiane par Catherine Hiegel est très convaincante, je trouve que le rôle lui va sur mesure, notamment grâce aux intonations de voix. Même en ne voyant pas la pièce sur scène, on s’imagine très bien le contexte, un peu le décor, mais surtout la posture de chacun des personnages, notamment la mère et le fils, qui veut partir, mais, finalement, reste encore un peu, lorsque Françoise arrive, parce que des sujets de conversation sont abordés qui, mine de rien, le poussent à rester encore un peu, alors que, dès le début de la pièce, il a l’impression de n’avoir rien à dire à sa mère. Par exemple, lorsqu’est évoquée la maladie d’une tierce personne, absente de la pièce, tout à coup une partie de la pièce prend pour quelques instants une dimension nouvelle, puisqu’elle n’est plus uniquement centrée sur les personnages se trouvant sur scène.

    Je trouve touchant le moment où Stéphane reproche à sa mère de na pas s’intéresser à ce qu’il fait en dehors du cercle familial, notamment concernant son activité professionnelle, le fait qu’elle ne lise pas ses livres, alors qu’il considère qu’elle pourrait faire l’effort de le faire. De l’autre côté, la mère ne sait comment se justifier, elle dit qu’elle ne les comprend pas, comme pour s’excuser d’avoir un comportement indigne de mère. Elle se rattrape un peu en disant que, comme toute mère, elle est fière de ce que fait son fils, même si ce n’est pas vraiment son domaine d’activité à elle. On est un peu dans un dialogue de sourds, dans une situation insoluble, où mère et fils ne se comprennent pas, parce qu’ils évoluent dans deux univers très différents.

    Je trouve que le fait qu’une tierce personne, Françoise, arrive dans la pièce, donne à la pièce une tournure différente. Sans vraiment jouer le rôle de l’arbitre entre la mère et le fils, elle est témoin de certains comportements du fils quand il était petit. Par exemple, déjà petit, il faisait son original, en réclamant de la meringue au lieu de pains au chocolat. Je crois que si, pendant toute la pièce, il n’y avait eu que la mère et le fils sur scène, certains sujets un peu délicats, notamment pour le fils, n’auraient pas été abordés. Je pense par exemple au sujet de l’éventuelle paternité du fils, lui qui affirme que le problème pour un enfant, ce sont ses parents.

    J’aime bien le fait que soit évoqué le frère de Stéphane, et son mode de vie, visiblement à mille lieues de celui de Stéphane. Cela montre que l’on a tendance à penser que chaque membre d’une fratrie est élevé de la même manière par ses parents, et que donc chaque enfant prendra le même chemin, développera à peu près les mêmes centres d’intérêt, aura le même mode vie, répètera les mêmes principes, etc. En fait, j’entends plus souvent que je ne le croirais autour de moi, que des membres d’une même fratrie ont des personnalités presque opposées, l’un a une vie plus casanière que l’autre. Cela se pressent même dès la plus tendre enfance ou à l’adolescence. Les parents ont élevé leurs enfants de la même façon, leur ont fait découvrir les mêmes loisirs, et pourtant l’un voudra faire du foot, l’autre plutôt de la musique classique, l’un voyagera sûrement autour du monde, alors que l’autre aura une vie plus sédentaire, etc. Ça m’étonne toujours un peu, mais je suis fille unique, donc je ne connais pas cette situation, alors pourquoi pas après tout ? Par contre, je ne crois pas que l’on rejette vraiment en bloc les principes inculqués par nos parents qui, quelque part, ont forgé notre personnalité. A moins d’être vraiment très en conflit avec ses parents, je pense que l’on garde au fond de nous une trace des habitudes de vie prises, ce qui nous pousse à avoir telle ou telle réaction à certains moments de la vie. Par exemple, telle situation de la vie nous met en colère, parce qu’il y a des choses que l’on ne peut pas supporter, alors que d’autres personnes s’en accommodent très bien. On peut avoir une tendance psycho-rigide héritée du contexte familial. On aime que les choses soient carrées dans certaines situations, que les gens soient plutôt sincères au lieu de nous mener en bateau, on s’énerve quand tout n’est pas structuré, alors que d’autres personnes sont plus enclines à arrondir les angles.

    Mais je crois que tu as voulu montrer, dans ta pièce, que chacun fait ce qu’il peut pour échapper au formatage transmis par ses parents (forme d’émancipation, je pense). Dans le meilleur des cas, tout se fait en douceur. Dans d’autres cas, la violence prend le dessus, ne serait-ce que la violence des mots. Ce qui me semble un peu le cas dans cette pièce. Le fils essaye de démontrer à sa mère qu’elle est plus dans le monologue que dans le dialogue, le ton monte, parce qu’ils ne se comprennent plus. La mère s’inquiète pour son fils, pour elle c’est tout naturel, et cela ne fait qu’exaspérer le fils. On pourrait imaginer que la mère finirait par fondre en larmes, heurtée par les propos de son fils. Mais en fait, au fond, ce qui préoccupe la mère, je pense que c’est le bonheur de son fils, peu importe son mode de vie. En le voyant la rejeter, elle doit ressentir comme un sentiment d’échec, et se dire que tant de familles vivent en bons termes, même lorsque les enfants ont pris leur envol, alors pourquoi est-ce aussi conflictuel chez elle ?

    Vraiment, je trouve que cette pièce de théâtre (d’après la partie que j’ai pu écouter) est très réussie.

  3. J’ai cherché à savoir si le passage où il est dit que le foie équivaut au coeur était avéré ou une fantaisie d’écriture. Il semblerait que ce soit avéré. Du coup j’ai repensé à l’expression « avoir le coeur au bord des lèvres » lorsque l’on a une crise de foie ou que l’on est barbouillé.
    Ça me donne une autre version à mon foie sensible (au sens propre).
    L’art source d’émotions mais aussi d’enseignements.

    • @Ph:
      -m’est revenue en tête grâce à l’étal d’un petit commerce où on trouve de tout comme, même l’hiver en France, des chaussures en plastique pour marcher et nager en eaux douces, la scène où Michel assiste aux maladroits mouvements de brasse étriqués de Florence: elle porte des pompes en plastique vertes (mémoire-mémoire dis-moi quelle est la couleur de ses pompes) brassote en rivière et sourit à Michel en disant « je suis liiiibre, je suis liiibre »
      De cette situation observée à distance par un tiers neutre et bienveillant, je ne sais pas ce que ce tiers en dirait mais moi, j’y crois en leurs sentiments à ce moment-là (pourtant à froid, c’eut pu être risible)

      Lui, il la regarde faire, lui sourit, teste l’eau, trop fraîche à son goût, remonte sur la berge et assiste au spectacle de sa belle qui finalement lui fait face, ravissante, épanouie et rien qu’à lui à ce moment précis;
      vraiment, Ph, benh bien sûr que c’est d’l’amour, m’enfin!

      -Et puis, techniquement, j’ai repensé à la L2C de FBegaudeau à N.Lvovsky -qui a fait l’unanimité apparemment à la quinzaine des réal de Cannes avec Camille redouble – et qui racontait, à partir d’un extrait amené par FBegaudeau, comment dans une scène, elle avait eu à faire face à un jeune comédien pour qu’il joue sa scène alors que sa partenaire dans l’histoire n’avait momentanément pas pu lui donner réplique du moins au moins lui faire face, ce que, par un jeu de champ/contre-champ (je crois) N.Lvovsky avait camouflé pour le spectateur..

      De fait, ça m’amuse de penser que peut-être j’ai réfléchi à votre question Ph, alors que dans ce cas aussi A.Jaoui a peut-être joué de sa caméra et Pascale Arbillot est belle car elle pense à la couette qu’elle va s’acheter à La Redoute, quant à Michel, il sourit au palmier qui a perdu une palme quand je crois qu’il est amouraché de Florence avec son coquelicot: Aaaah la magie du cinéma,

  4. Ah bon Monsieur bégaudeau serait auteur de théâtre? ^^ après avoir vu « Le problème » digne d’un téléfilm écouter Le foie confirme que le monsieur ne peut pas s’éparpiller partout en tout cas il ne connaît rien au théâtre et ce n’est pas en engageant des acteurs connus comme Bonaffé ou Emmanuelle Devos qu’il nous convaincra. On ne peut pas être Claudel mais travailler la langue et connaître le théâtre serait quand même le minimum. Sauf que franchement là non!

  5. J’ai écouté « Le foie » et m’est venue en tête immédiatement la chronique de Marcela Iacub « D’amour et de Führer » lue la veille. Les deux textes se complétaient parfaitement même si l’un traite de la relation d’amour entre un fils et sa mère et l’autre de « L’amour et rien d’autre » film de Schomburg (que je n’ai pas vu) sur l’amour fusionnel au sein d’un couple. La chronique de Iacub s’intéresse d’abord à l’idée que « le couple est une expérience fascite » car la volonté des partenaires est de changer les personnes qu’ils aiment pour les façonner selon leur idéal. Calquée sur les personnages du « Foie », l’idée fonctionne très bien et le fils apparait comme un dictateur très crédible. Même si la mère résiste par l’humour et la légèreté, elle finit par entrer dans la danse et, à sa façon, « elle trouve un stratagème pour déjouer la folie fasciste de son fils » en lui imposant de commettre un acte dont il ne se sent pas capable. La chronique de Iacub se termine ainsi : « en échouant à créer des hommes nouveaux, il (le totalitarisme du couple) produit immanquablement soit des cadavres, soit des escrocs. » Il n’y a pas de cadavre à la fin de « Foie ».

    • J’aime bien cette comparaison.
      N’oublions pas quand même que le fascisme est la chose du monde la mieux partagée, et que dans la pièce la mère met en avant un lien a priori, organique, sanguin qui pourrait évoquer le droit du sang fasciste.

  6. j’aime beaucoup le dialogue final avec l’inversion des roles.
    le fils endosse à son tour la responsabilité de la non communication?
    ou/et pirouette qui ajoute de l humour un brin surrealiste ? ou alors super connivence révélée au de la de tous les arguments donnés précedemment?
    seraient pas aussi éloignés l’un de l’autre ces deux la finalement
    Un enorme plus:j’adore cette comédienne.
    le théatre te va bien

  7. pour toutes les autres , , , , , donc:
    au cas où

    http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-fiction-le-foie-de-francois-begaudeau-2012-02-29

    bonne écoute,

    • Hier en milieu d’après midi, j’ai acheté Mégalopolis, je l’ai feuilleté tranquille, lu, feuilleté jusqu’à votre texte inédit titré Une vie périphérique:
      benh comme toujours, ça me parle, ça me touche, ça me plait.

      je venais de manger 2 biscuits et ils sont restés coincés un certain temps tout comme la demi-banane de l’autre jour:
      vous pouvez pas écrire moins bien des textes bien chiants?
      merci d’avance,

      • pas de souci, je vous en mitonne un bien chiant sur le film de Nicolas KLotz

        • La cuisson de votre la cause de l’art est à point
          mais je me demande
          – pour qui ces deux pages pourraient se révéler bien chiantes?
          – puis-je remplacer le terme pro-domo par entre-soi?
          – 3e question: qu’a avalé l’équipe Transfugienne pour écrire son numéro d’avril?
          un contrôle anti-dopage me renseignerait-il?

          merci en tout cas, la lecture du num.09254 devrait accompagner pas mal d’instants de mon existence

          • Je ne comprends pas bien la première question. Ni vraiment la troisième.
            Le film de Klotz ne reste pas dans l’entre-soi, puisque ces jeunes gens vont dans les squats de sans-papiers, en revanche le film ne fait jamais, à travers les sans-papiers, que plaider la cause de l’art, donc sa cause. C’est un plaidoyer pro-domo.

          • « pas de souci, je vous en mitonne un bien chiant sur le film de Nicolas KLotz »:
            juste vous écriviez cela et comme je l’ai lu et pas trouvé chiant

            (question 3)le contenu du num d’avril me semble plus rentre-dedans + caustique -mais tout est toujours argumenté eh- que d’hab’
            la nature du dossier sans doute
            d’où mon pas vers l’expression « d’avoir mangé de la vache enragée » ou d’être dopé
            voilà
            c’est que ça
            des traits d’humour ratés
            IA RIEN A VOIAARRR Circulez!
            N’est pas Florence qui veut
            ni Colucci

            du coup je crains d’accompagner la vieille dame que V.Jaury propose de noyer via un plongeon forcé au travers de la vase de la Seine

            ps:j’ai trouvé l’édito trés beau
            le Monsieur de l’édito aussi
            et la chronique de S.Bozon sur les termes fins et les termes épais bien chiante à comprendre en ce qui me concerne mais intéressante après une lecture appliquée

          • J’avais oublié que j’avais dit ça sur l’article en cours.
            De fait suis pas mécontent de celui-là.
            Faut signaler que Klotz a été assez sport, disant au redac chef qu’il avait apprécié ce pour/contre

            Pas encore lu le Bozon, qui est souvent opaque mais toujours intéressant. Angle de vue très rare sur les films.

  8. Faîtes-lui don’écouter ça au Stéphane

    http://www.youtube.com/watch?v=g0uiY-jDkzs

    • ouch!
      je sors à l’instant de 60’18 d’écoute intense de l’atelier fiction consacré à votre pièce Le foie; comment dire? comment bien écrire le bonheur, le petit lait bus tout au long de ce temps?
      J’essaie, j’attends pas tant pis, pas trop mon genre:
      de pouvoir vérifier en 1 heure que la boîte à outils de pas mal d’émotions fonctionnent encore pas trop mal m’a fait du bien, la rate n’a pas pété mais a été bien chahutée, les glandes lacrymo bien nettoyées, ia juste la demi-banane que j’avais mangé avant qu’est restée un peu coincée.
      Quel beau texte.
      Et puis vos mots, vos expressions, votre façon de raisonner, déjà entendus ou lus, semblent si bien en bouche pour Matthieu Cruciani, troublant.
      Catherine Hiegel en Christiane dit beaucoup et le dit -le vit- bien, quant au tiers, rôle tenu par la copine de yoga, il est efficace tout en douceur, bon:
      bonjour à Sven, je pars en quête de m’ringues originales, Stéphane m’en dira des nouvelles!

      -un grand merci pour ça encore.

      Euh, une dernière chose: comment je fais pour ne pas penser à vous aujourd’hui? vous pouvez m’expliquer le principe?
      allez, un petit lien pour nommer ce que m’inspire votre travail

      http://www.youtube.com/watch?v=WpgsP76VNyo

      • je veux croire que ce sera mieux une fois mis en scène (et dans la version intégrale)
        merci d’avoir écouté, 55 minutes quand même.

        • alors, retour au calme après un atterrissage forcé qui m’a laissé la carlingue un peu cabossée:
          – cette mise en voix de votre texte le raccourcit de combien?
          là j’ai un peu de pépètes consacrables à mon reboisement culturel et j’hésite entre l’achat dudit texte dans son entier et le livre de Guy Bedos sur l’euthanasie (j’attends encore un peu pour Au début)

          .et puis je me suis relue et le lien musical pertinent à propos desdites 55 mns de bonheur, je sais votre précision, ne serait-il pas plutôt -non pas l’avion sans L de Charlélie- mais le duo francobulgare ci-dessous

          http://www.dailymotion.com/video/x44wu7_carlos-et-sylvie-vartan-2-minutes-3_music

          ?

          désolée, je vide mon grenier

          • Je l’ai réduit d’un quart. Avec silences et jeu, la pièce finale devrait faire 1H20, par là.
            Franchement vous pouvez vous passer du texte dans son entier (vous l’achèterez après l’avoir vu sur scène), et moi j’aime bien Guy Bedos, surtout dans les années 70 :
            http://detoutetdureste.blogspot.com/2009/04/guy-bedos-des-filles-comme-des-mouches.html

          • ok comme ça
            et puis Guy a bien raison
            ‘faut jamais oublier de prendre la baguette

  9. Je l’ai pas trouvé dans ma librairie mais je sais maintenant que je pourrais demander à commander… et ce soir j’essaie de veiller.

  10. Juste pour le plaisir de laisser le premier commentaire sur ce génial texte, procurable dans les librairies citées mais également dans toutes les autres sur commande.

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