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Cartographie libertaire : Arno Bertina

couverture je suis une aventure BertinaArno Bertina publie des romans et pas mal d’autres belles choses depuis dix ans. Si jamais on a commis l’impair de louper les épisodes précédents, on se rattrapera en se procurant, par vol ou effraction de l’imprimerie, Je suis une aventure, paru le 5 janvier aux Editions Verticales.

On y trouvera des étourneaux, une moto, un pharmacien en tire-bouchon, et un certain Fédérère y a perdu la grâce, ce qui n’est pas une si mauvaise nouvelle.

On y trouvera des phrases comme :

 

Je me suis souvenu que j’avais de l’eau et je l’ai bue lentement pour faire durer le paysage.

 

Depuis quelques années la perspective du départ s’accompagne toujours d’une paresse qui est la forme aimable que s’est donnée la peur.

 

J’ai 40 ans et toujours pas de cafetière Krupp, quelque chose a merdé mais quoi ?

 

Les raisons de notre voyage étaient magiques d’être idiotes.

 

Est-ce qu’on est encore désorienté quand on ne cherche pas à rentrer ?

 

Je finis ma cigarette en m’interdisant de penser à quoi que ce soit.

 

On pourrait décrire ce bienfait en affirmant que le ragout est l’inventeur du cuisinier

 

Et puis celles-ci, à se mettre en bandoulière pour repartir au-devant de la vie et de la colère nerveuse qui y gronde :

 

Apportant une nouvelle fois la preuve que l’ordre et les interdits n’existent que pour créer la faute et permettre aux correcteurs de corriger

 

Il tente de donner un vernis intellectuel à ce qui n’était qu’humeur -une irritabilité, une peau à vif

 

La vérité la plus anémiée est celle qui ne sort jamais sans son contraire, qui en fait la condition de sa propre consistance.

 

La réaction est une forme si pauvre de la pensée, la contradiction est un mode si caricatural de la pensée.

 

Si j’ai une obsession, dans la vie, c’est bien celle de ne pas m’inventer d’ennemi

 

Je ne suis pas narquois, je vomis les blagues rhétoriques.

 

Fédérère et moi pleurions un certain état du « moi », un état de grâce, qui n’était peut-être pas regrettable.

En vivre plutôt le deuil pleinement, libérer des espaces et fabriquer de la joie.

5 Commentaires

  1. Vise la baleine, Arno !

  2. Pardon, ce message était pour François Bégaudeau…

  3. « Apportant une nouvelle fois la preuve que l’ordre et les interdits n’existent que pour créer la faute et permettre aux correcteurs de corriger »

    Parmi tous ces énoncés, s’il fallait n’en choisir qu’un ce serai celui-ci; On ne peut que l’envier d’avoir été l’auteur de cette phrase si bien tournée.

    C’est un énoncé qui vaut ds tous les domaines. A l’école en tout cas, ça vaudrait le coup de s’en souvenir

    Je ne connaissais pas l’auteur, mais ça donne envie.

    • @Kleo: Bonjour,
      Une petite question : avez-vous reçu le mail que je vous ai adressé via l’Acrif ? Un mail à la fois personnel et collectif, avec une pièce jointe. Je peux vous le renvoyer sinon. Merci !

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