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Le métier de parent est-il de droite ?

Ce qui suit n’est pas un palmarès, ni un best-of, encore moins un tableau d’honneur. Juste un condensé, soigneusement anonyme et basé sur la subjectivité non-universelle du compilateur, de dix jours de débat sur la parentalité comme métier de droite. Histoire qu’il en reste une trace, dans quoi puiseront ceux qui auraient l’idée de continuer à cogiter là-dessus. Et de remercier les sitistes qui ont sacrifié un peu de temps à cette question tordue.

 

A-t-on le droit de répondre à une question sur le métier de parent, et peut-on le faire objectivement, si l’on n’a pas d’enfants soi-même, donc pas l’expérience pour y répondre ?

Parent est-il un métier ? Si oui, alors je serais aussi cuisinière , technicienne de surface, prostituée , peintre en bâtiment , psychologue…

Parent, un job de droite : une évidence. Partant du postulat que chaque parent aime le fruit de ses entrailles. C’est son fils, sa bataille.

Je préfère passer sur les broutilles quotidiennes du genre : la nécessité de manger des légumes verts, notamment pour donner l’exemple (beurk).

Si les enfants veulent être fleuriste, croque-mort, saltimbanque, neurochirurgien ou danseuse-étoile, on sera derrière eux et on les soutiendra parce qu’on les aime

Je dis « je fais cuire les brocolis » , je ne dis pas  « je fais blanchir les brocolis  »

Si je ne sors pas les soirs de pleine lune car j’ ai peur de me faire dévorer par un loup-garou , je ne pourrais savoir qu’ en fait il est peu risqué de le faire.Si je sors les soirs de pleine lune je peux faire le constat soit que les loups-garous sont rares soit qu’ils n’ existent pas en réalité ( contrairement à ce qui se disait ce soir au journal de 20 H ).

Si l’on part du principe qu’on est parent afin d’assurer la survie de l’espèce en s’appuyant (consciemment ou non! en fonction de notre « habitus » notre « modelage parental/familial » justement) sur des préceptes religieux, alors dans ce cas oui être parent est en soi de droite.

On me dira « mais mon enfant est homo et je le vis super bien », « oui ok » rétorqué-je alors « mais quand t’étais enceinte de 8 mois et demi, t’imaginais-tu ne serait-ce 5sec qu’il serait homo?

Mais quand vous vous lavez les dents, quand vous mangez, c’est-â-dire quand vous préservez votre vie, vous avez l’impression d’être droite, vous?

Mais on préfèrera adopter un nourrisson en parfaite santé à un marmot borgne de six ans. Peut être un petit asiatique, qui sera le plus souvent une petite asiatique, parce que c’est à la mode et qu’elles sont trop kawaïi.

Il n’y a qu’une seule façon de vivre, et c’est la mienne point.

Pour lui apprendre les valeurs de la vie, je vais lui acheter une poule. Elle deviendra sa meilleure amie.

De toute manière quoi que je fasse, avec les meilleures intentions du monde, à quinze ans (si c’est un garçon) il voudra me buter.

Il vaut mieux oublier tout narcissisme parce que les enfants ca évolue pour son compte souvent en dehors de tout ce qu’il est convenu de croire ou de projeter de la part des parents

Je rentre régulièrement bourrée à 5h du mat, je fume, je roule des pelles, je danse, je chante, je regarde un film par jour, et mon fils mange des frites.

Je suis de droite entre 8h20 et 8h30 sur le chemin de l’école, quand je lui dit qu’il faut traverser dans les clous, et entre 19h et 19h30 quand je l’oblige à faire ses devoirs.
Je suis de droite 40mn par jour. Ca me fait pas autant mal que d’avoir du voter Chirac en 2002.

Nous ne sommes pas forcément destinés à devenir des vieux cons d’adultes parents

Le parent est ravi que l’enfant obtienne son bac avec mention; qu’il sache écrire son prénom sur un tableau véléda à 3 ans

La parentalité semble donc être un exercice hautement démocratique puisqu’accessible à la majorité, mais foncièrement inégalitaire en son sein.

Parent est il un métier à vie où la seule alternative possible est de démissionner ?

10 min de réflexes de droite dans une journée, c’est pas dramatique.

Ceci dit, on en revient toujours à la même chose : le BONHEUR de l’enfant avant tout !

Depuis quand autrui a le droit de se prévaloir et de préjuger de mon bonheur?  Sous couvert d’avoir créer un enfant, on se croit alors autoriser, voire obliger à agir, penser … pour lui. Droite.

Des femmes qui viennent d’accoucher voient leur bébé comme un étranger, un importun et ne leur donnent aucun soin.

Sécuritaire , c‘est la paix sociale. Sécurité c’est la paix intérieure. Ce qui est sécuritaire c’est la recherche de la paix intérieure d’une societé ?

Je ne serai jamais parent. Je songe sérieusement à la vasectomie…

De droite comme de gauche, faire manger du « poulet » à ses enfants ne donnent rien de très constructif, j’imagine.

– fierté d’avoir des enfants bien élevés, qui travaillent bien à l’école, qui sont « parfaits » par rapport aux enfants des autres : principe de droite.
– fierté d’avoir des enfants tolérants : principe de gauche, qui revient à respecter autrui, sans a priori.

La fierté ne devrait pas intervenir, c’est un principe de droite en ce qui concerne ce sujet. En effet, cela suppose que l’on attend quelque chose de l’enfant, et ce selon le modèle, selon le sceau posé par notre divine main

Une société de gauche a notamment comme souci la sécurité, la survie de tous: d’où les impôts, la sécurité sociale, le RMI , etc.

C’est plutôt l’enfant qui est de droite au départ, pas le parent. Ce qui existe pour l’enfant au départ, c’est lui.

Décider de ne pas avoir d’enfants, de ne pas en faire, au-delà de tous les arguments qu’on peut donner, cela peut équivaloir à refuser sa propre mort (les psychalystes – pardon pour ceux pour qui c’est un gros mot- le disent).

« chacun selon ses besoins et pas son mérite, si j’avais du nourrir mes enfants au mérite ils seraient morts de faim

J’ai la fâcheuse habitude de croire en l’ Homme, c’est con hein?

Plus tard, les parents mettent leurs enfants dans de « bonnes écoles », si l’école signifie quelque chose pour eux et s’ils ont les moyens de payer la scolarité.

La démarche des parents est une démarche individualiste, de soutien a minima, de piston a maxima.

Les animaux qui prennent soin de leurs petits, qui sécurisent donc, seraient aussi « de droite » ? Selon moi, on ne peut pas politiser l’exercice de la parentalité dans ce qu’elle est d’assumer la sécurité de ses enfants.

Je crois que les parents transmettent à leurs enfants des valeurs, des principes d’éducation, auxquels les enfants adhèreront plus ou moins. A moins que les parents soient très engagés politiquement, je ne pense pas qu’ils transmettent obligatoirement une conscience politique de gauche ou de droite.

Tous les jours nous sommes dans une relation à nous-mêmes qui nous maintient en vie : nous mangeons, nous dormons, etc. Ce n’est pas « sécuritaire ». C’est la simple condition nécessaire de la vie.

Le « combat » de la parentalité que je me suis infligée est passionnant pas voué à l’échec total mais pas facile. Moi cela m’a ancré dans la vie dans l’interrogation dans l’écoute. Bon j’idéalise peut-être mais j’ai envie de défendre ce pari-là.

20 Commentaires

  1. Je navigue sur ce site depuis quelques semaines, depuis que j’ai « repris contact » avec « l’univers Bégaudeau » à l’occasion de la sortie de « Molécules ». Univers foisonnant, riche de sujets politiques, sociétaux, démocratiques et riches de sujets plus intimes, fruits d’expériences (plus ou moins) personnelles. La personnalité-même de l’auteur est passionnante, elle foisonne de mille choses, mille feux, on ne risque pas l’ennui ni la langue de bois, cette « toujours honnêteté intellectuelle » et recherche d’argumentation fait plaisir à voir à entendre…Je ne sais si cette conversation ancienne fruit de commentaires s’étalant sur quelques années (2011 à 2014) est toujours active, peut-être que seul le webmaster lira ma prose, mais cela était comme une nécessité pour moi, les liens amoureux, la parentalité, la notion de couple, d’attirance physique et/ou intellectuelle, parfois que l’une (pour moi, dans cette aventure maritale, ce n’était qu’une passion physique) avec à l’intérieur : plus ou moins de réciprocité, de compromission, de négociations, de manipulation, de chantage affectif, de tendresse. Comment rester soi, s’accomplir et vivre quelque chose de grand avec et à côté de l’autre ? Il me faudra, bientôt, lire « Le problème », cette pièce écrite par François sur le sujet. Ce sujet, c’est la grande histoire de ma vie j’ai des choses à livrer en tant qu’ancienne amoureuse (c’est affreux d’écrire cela, le reviendrai-je un jour ? Ou alors, il faut redéfinir ce terme), femme mariée à un bourgeois étudiant puis chef d’entreprise devenu très très à droite, moi, professeur de collège, mère de quatre enfants : pourquoi cette aventure-là ? Comment en vient-on là ? Par pêché d’orgueil ? Qu’est ce qui germe dans nos histoires familiales pour que s’accomplisse et s’incarne le « Je veux des enfants avec toi » « Je m’épanouis dans ce rôle sans être un dragon domestique et sans y perdre mon identité » Je m’y suis plongée (« faire des enfants avec toi ») parce que c’était le désir de l’autre plus que le mien, je l’avoue, ce n’est pas courant, souvent c’est la nana qui a un « désir d’enfant » (ma problématique, j’ai compris depuis, (gros travail) c’était lui plaire pour qu’il continue à m’aimer), enfin quelque chose arrivait dans ma vie, moi, la seconde fille de la famille, je ne ressemblais pas physiquement à ma mère (avatar, un peu de la mère de Guillaume Galienne dans « Les garçons et Guillaume, à table ! »), elle n’était pas faite pour avoir (que) des enfants, toutes les femmes n’ont pas la fibre maternelle de façon innée, et elles aspirent de toutes façons, à un épanouissement professionnel et personnel aussi ! Ce n’est pas une tare, une femme se sent tellement coupable dans notre société, on la traite de mauvaise mère si elle ne « s’occupe pas bien de ses enfants », cette formule creuse, idem, ne veut rien dire, chacune s’en occupe de façon différente, qui est le censeur pour dire que cette pratique est bonne ou néfaste ; à moins de ne pas lui donner à manger, ne pas le laver, le frapper, l’humilier, le reste…) Revenons à mon témoignage : Ma mère disait aux personnes qui venaient à la maison, que j’étais la « fille du facteur » en riant, çà me mettait toujours mal à l’aise, sans savoir pourquoi…sa fille, c’était (c’est toujours) ma sœur aînée, brune aux traits méditerranées, cheveux noirs comme elle, alors que j’étais blonde aux yeux verts, portrait de ma grand-mère paternelle. Mon amoureux, était fils d’une femme pharmacienne et d’un père notaire, fille et fils de grandes familles bourgeoises de Caen. A l’époque on était étudiants en école d’ingénieur, il venait de perdre son père, cancer du poumon, et était devenu à l’âge de vingt ans le pilier de la famille, resté proche de sa mère en Normandie, elle l’appelait « mon homme » et l’embrassait sur la bouche : c’est ce que j’avais constaté la première fois qu’il m’avait présentée à elle…Malaise, j’ai trouvé cela un peu bizarre, (il ne le fera plus, parce que je lui demande…) mais à cette époque, j’avais beaucoup de compassion, évidemment, pour lui d’autant plus qu’il s’était relevé d’une péritonite très grave deux ans plus tôt, avant que je le connaisse, trois opérations, six mois d’hosto, anus artificiel pendant quelques mois, 48 kgs à la sortie de l’hôpital (un médecin, avec art et psychologie, lui dira que si son père est tombé malade et en est mort, deux ans plus tard, (cancer du poumon) c’était à cause de lui, qu’il s’était trop inquiété pour son fils lorsqu’il a fait sa péritonite, bref….) On s’installe alors sur la propriété familiale dans la maison où vit mon ex-belle mère (deux hectares) Il commence à monter une première entreprise de tonte et création de parcs et jardins, puis une deuxième entreprise de jardinerie, on a notre premier enfant neuf mois après le mariage, je suis prof à mi-temps, je ne connais pas mes collègues, ne reste jamais en salle des profs, à la maison, une seconde journée commence, je n’ai de copines que les épouses de ses copains commerçants, assureurs, entrepreneurs (« Alors, Steph, encore en vacances ? » Ou bien « t’es à mi-temps ? Ce que tu fais en une semaine (9h) je le fais en un jour, ah, ah, ah »). Au fil des années, je supporte de moins en moins ce qui m’apparaît être une mascarade, c’est un cercle fermé où on s’invite, toujours les mêmes, je m’ennuie ferme même si j’essaye de m’intéresser à leurs problématiques, choix de tel instrument de musique pour tel enfant, choix du lieu de vacances, choix du médecin, car celui-ci a des allergies, des phobies, choix de quel carrelage pour la cuisine ?…) On vivra HUIT ans dans cette grande maison où aucun meuble en marqueterie ne bouge, avec mon ex-belle mère qui me vouvoie et que je vouvoie…Elle habite les trois-quart de la maison, nous un quart, avec trois enfants, je commence à manquer de place, et surtout, j’ai le mauvais rôle lorsque je demande AU BOUT DE DIX ANS après sa mort (en 2000) (et cela fait six ans qu’on est dans la maison, depuis 1994) l’autorisation de donner à Emmaus les vingt costumes, chemises, paires de chaussures du père défunt que mon ex-belle mère avait remisé dans un grand placard à notre étage de la maison (chaque fils gardera ce qu’il veut, une chemise pour l’un, un noeud-papillon pour l’autre, les vingt paires de chaussures en « cuir véritable » iront chausser des pieds qui en ont besoin…Pourquoi toutes ces précisions ? Parce que lorsque François dit que « La vie d’Adèle » c’est un film sur la lutte des classes, j’applaudis je dis « Oui » (surtout qu’une cousine homosexuelle très proche me confirme bien qu’entre deux femmes çà ne se passe pas forcément comme çà, les corps-à-corps, je trouve que c’est du voyeurisme gratuit : trois scènes, je crois me souvenir, très (trop) longues, même si plastiquement, elles sont superbes…) Bref, cette lutte des classes, je l’ai vécu de l’intérieur pendant 14 ans. La bourgeoisie n’a aucune tendresse, compassion, on fait des enfants, on travaille, travaille et travaille encore, les enfants s’élèvent tous seuls, avec des nounous, à d’autres étages de la maison. Je prends un mi-temps tout de suite, car j’aime m’occuper d’eux, être le témoin de leur développement, jouer, dessiner avec eux, sans jamais le faire systématiquement (il ne faut pas que mes dessins soient trop beaux, sinon, çà sape leur créativité, je fais attention), pas forcément les inscrire à mille activités (je résiste mais je perds à ce jeu, mon ex veut qu’ils fassent chacun deux activités, une sportive et une artistique…)…J’aime apprendre à mon fils la notion du « moi » et « toi » je regarde sa bouille ébahie lorsque je dis « quand TU parles de toi, tu dis MOI, et quand tu parles de MOI, ta maman, tu dis TOI » Ah, ah, ah ! De même quand je lui dis, lorsqu’il n’arrive pas à encastrer deux pièces « Essaye tout seul, tu vas y arriver » et qu’il n’y arrive pas, il me répond « j’essaye pas, j’essaye pas ! » Logique implacable puisque je lui disais « essaye », il avait repris ce terme en le mettant à la forme négative. Lorsque je raconte mon émerveillement à mon mari, le soir, aucune réaction. Lorsque je reproche à mon ex de n’être jamais là, que c’est lourd à gérer seule, les enfants, (il part à 6h30 du mat, et revient le soir vers 20h) il s’offusque « C’est pour vous, pour vous payer une belle maison, des vacances…tu parles, c’est pour toi même, ta réalisation professionnelle, tu y mets ta libido » Il promet de m’aider, quelques fois, il donne le bain, c’est vrai, mais aigrie, je lui reproche, par exemple, de ne pas ranger la salle de bain, jouets partout, serviettes humides en boule, çà ne l’encourage pas, évidemment, à recommencer…J’admets que nous avons tous les deux échouer, que la faillite vient des deux côtés (lui, ne l’admettra jamais, encore aujourd’hui, je suis partie, j’ai tous les tords : comment une femme qui un mari qui gagne très bien sa vie, belle maison, terrain de tennis, piscine 5mx10m, chien, quatre enfants, en vient à le quitter, lui, à qui tout réussi, qui s’entoure d’amis-hommes, tous en pâmoison devant lui et sa réussite ? Un jour, je lui dis qu’il y a entre eux une homosexualité refoulée, perceptible, pas assumée qu’il devrait peut-être explorer, il me renvoie dans mes buts, mes bouquins de psychologie me tournent la tête, il faut arrêter…Même dans nos rapports sexuels, de la mécanique, de la rentabilité, (je peux le dire, maintenant que je suis « allée voir ailleurs, trop frustrée) il n’y avait pas ou très peu de préliminaires, de tendresse (ou alors parce que je le demandais, çà ne lui venait pas naturellement) fêter le corps de l’autre, mon corps fêté, je l’ai découvert à 35 ans, deux ans avant de le quitter. Cà faisait cinq ans que je rêvais que je partais, en tout il m’aura fallu sept ans de réflexion, depuis la naissance de notre quatrième enfant et la mort de mon père un an plus tard…A ce moment-là, j’avais perdu le contact avec l’oeuvre de F.Bégaudeau, et d’autres auteurs de fiction, je ne lisais plus que Psychologie Magazine, Jaques Salomé, Boris Cyrulnik et surtout Marie-France Hirigoyen dont le livre me tombait des mains toutes les cinq minutes, je me reconnaissais dans ce qu’elle décrivait : l’emprise psychologique, le pervers narcissique, le viol conjugual… Avec mon ex, on ne faisait l’amour qu’une seule fois dans la nuit, et au début j’avais envie de le faire plus souvent…Les dernières années, j’ai accepté des choses que je n’aurais pas dû, pensant que c’était mon devoir. L’estime de soi, de son corps en prend un coup. Je m’aperçois parmi les amis autour de moi, qu’il y a beaucoup d’hommes hétérosexuels mariés qui ont des enfants, et qui ne sont pas désirants, leur corps se féminise d’ailleurs pour certains, devient gras, s’arrondit. Ils n’aiment pas le corps féminin, ses odeurs, ses rondeurs, ou sa platitude, ses plis et replis, les fortes poitrines dont on a honte, les seins tout plats pour d’autres, qu’elles se font refaire, gonfler (deux amies, au mins, autour de moi)…Des femmes frigides, non désirantes, n’aimant pas le corps et le bel oiseau que chaque homme porte au bas ventre, il y en a aussi. Alors oui, revenons dans ce contexte à la parentalité car je me suis éloignée…On devient peu à peu une maman seulement et uniquement, le couple n’existe plus, on ergote, on s’inquiète pour le petit, on exerce son pauvre pouvoir (de droite) ; et on est plus une « putain sensible, sensuelle » avec ses désirs, pulsions sexuelles. Pourtant, dans ce contexte, s’occuper de ses enfants, c’est gratifiant, émouvant, amour inconditionnel qui grandit, s’épanouit, apprentissage de la marche, l’autonomie dans la propreté, le langage, à chaque âge ils nous apprennent quelque chose, on chemine à côté d’eux, pour peu qu’on les regarde, les écoute avec bienveillance, qu’on les laisse découvrir « le monde » autour d’eux. Lorsqu’il rentrait du boulot, mon ex me reprochait souvent qu’ils ne soient pas en pyjama, ou bien pas déjà couchés, çà le saoulait de monter leur lire une histoire, dès qu’ils faisaient une « bétise » c’était la leçon de morale direct…au moins, Mister Bégaudeau, vous avez cette honnêteté d’avouer que la parentalité, ses gestes, ses postures, dites-vous, ne vous intéressent pas (quitte à ce que femme vous quitte, j’imagine…). Moi, je n’avais pas imaginé que ce serait si dur. Et j’avais un chef d’entreprise (de droite) à la maison aussi. Très exigeant avec lui-même et nous, ses proches. Un jour il a dit à notre petite Mathilde âgée de deux ans « Baisse les yeux quand je te parle » parce que, soi disant, elle avait fait une bêtise et lui tenait tête (elle le regardait simplement dans les yeux) « Tu vas voir, qui c’est le chef ici, qui tu dois respecter)…De plus en plus, ses méthodes éducatives, sa façon de voir le monde, d’amasser de l’argent à la banque, de juger les ouvriers, les chômeurs (« qui foutent rien, préfèrent toucher les indemnités plutôt que de chercher du boulo »t) m’ont inquiétée, on s’engueulait souvent, même devant les enfants, il commençait à me « bousculer » physiquement devant eux…On avait évolué différemment (ou alors il a toujours été comme çà, mais je l’avais mis sur un piedestal, parce que j’avais besoin de croire en ce personnage que j’avais inventé, pour mieux m’attacher à lui. Qu’aime-t-on finalement, dans l’autre, sinon un fantasme si on y prête pas garde, rester dans la réalité de l’autre, accepter ses imperfections, le privilège de l’âge me permet de conseiller, aujourd’hui, mes ami(e)s plus jeunes…) Alors oui, revenons à notre sujet, dans ce contexte c’était une parentalité de droite, mais aujourd’hui, mes enfants voient et mesurent l’extrême différence (et richesse) de nos deux éducations, ils me disent, et je me demande aussi comment on a fait pour tenir ensemble quatorze ans (ma parentalité n’est pas de droite, sauf lorsqu’il s’agit de sécurité des enfants, pas celle qui fait mettre ses enfants dans le privé, non, non, celle qui prévient que monter sur ce mur glissant est dangereux) …Cette longue, très longue missive « brute de décoffrage » s’achève, je ne sais si elle sera profitable à quelqu’un, si elle peut aider à prendre une décision, à pardonner, à accepter, à accueillir une parole avec bienveillance, chacun doit faire son chemin, ceci n’est qu’un témoignage. Merci de m’avoir lue jusqu’au bout !

  2. Je viens d’avoir mon premier enfant, il s’appelle pas Paul, mais il s’en fallut de peu. Il a 6 mois. Je confirme que c’est du boulot, donc un métier.
    Après , effectivement, je trouve la question tordue. Surtout à cette période, de couches, de biberons, de premiers quatre-pattes, premiers rires, sourires craquants…Donner à manger à son enfant qui ne sais pas encore faire cuire des pâtes, est-il un geste de droite? Tordu.
    C’est un grand changement au niveau des habitudes de vie. On peut voir ça comme des contraintes mais si l’enfant est désiré, non, c’est un choix. Je trouve que ça dépasse la notion de droite ou de gauche… Après on peut « donner une éducation » plus ou moins de droite , plus ou moins de gauche…
    Quand le père des sœurs Williams annonce avant la naissance de ses filles qu’elles seront toutes les deux numéro 1 mondiale en tennis, on peut se dire qu’elles ne sont pas allées souvent à la bibliothèque ou au cinéma…
    Jusqu’ici tout va bien. Au premières conneries de mon fiston, je reviendrais peut-être écrire un petit mot…
    Sinon, je pense aussi que le métier de parent est acte d’amour pour l’autre parent (en général on fait ça plutôt à deux)… Et l’amour, plutôt un truc de gauche?
    « Tu sais ce que c’est on est jeunes on y croit encore, y a des frissons qui vous parcourent le corps… »
    Oups, je m’égare.

    • @gregintotheclash: hey jeune papa :- )

      ton fils de bientôt 2 ans a-t-il appris à se faire cuire des pâtes?
      Le mien, un peu plus âgé, a quitté le domicile de son daron et sa daronne à la rentrée, c’est une autre étape, presqu’aussi étrange,

      • @gregintotheclash:
        …/ de bientôt 2 3 ans /…
        – j’ai quelques soucis pour calculer le temps en ce moment –

        à bientôt 3 ans, il doit même en être aux lasagnes maison,

  3. Chouette compile !
    Elle est où la synthèse ?

    • La compile remplace la synthèse

      • @Webmaster: merci de répondre à la question, webmaster. Ce n’était pas une vraie question en fait, tu l’avais compris.
        Les règles du jeu ont changé en cours de jeu. Bon, pas plus grave que ça, puisque ce n’est qu’un jeu, sans enjeu sauf peut-être celui de nous faire réfléchir.

        François, j’aurais bien aimé avoir ton avis sur la question mais en fait je viens juste de comprendre qu’il ne s’agissait (là aussi) pas d’une question (« le métier de parent est-il de droite ? ») mais d’une affirmation de ta part (« parent est un métier de droite »), d’une conviction pour être plus juste et que tu nous lançais sur le sujet seulement par curiosité de ce qui pourrait bien en sortir.

        • C’est entre les deux. Disons que c’est une question qui contient une hypothèse que je trouve intéressante.
          Mon avis serait que la parentalité est de droite, oui, mais finalement comme un tas de trucs dont on tache de s’accommoder en les gauchisant autant que possible. La seule conséquence véritablement grave de la droititude des parents est la sursécurisation des parcours sociaux des enfants de la bourgeoisie et de la classe moyenne, et la surgetthoisation des milieux populaires. Tendance en cours, et irréversible je le crains.

          • @François Bégaudeau: je ne voudrais pas relancer un débat mais il me semble que « irréversible » est peut-être un peu trop pessimiste. Le système éducatif peut encore être réformé,on n’a certainement pas épuisé les solutions pour éviter le décrochage des classes sociales, je pense en particulier à celui classe populaire/classe moyenne, qui se fait très visiblement à l’entrée au collège. Je n’ai pas mis mon fils dans son collège de quartier car 1/3 des élèves qui entrent en 6ème ne savent pas lire ni écrire suffisamment et n’ont pas le niveau en maths.
            L’école de quartier, c’est classe moyenne (1/3)et classe populaire(2/3), pas une ZEP, de bons profs, du soutien scolaire par les profs. J’ai découvert la semaine dernière une chouette initiative au périscolaire : »lire et faire lire » : quand j’ai demandé à mon fils (CE2) s’il avait fait ses devoirs, il m’a dit qu’il avait fait sa lecture et aidé un copain de CP qui ne lisait pas très bien. Lui qui est habituellement « le petit » a adoré « jouer au grand frère ». Les gamins apprennent bien ensemble, ce serait bien si le système scolaire généralisait ça, la « solidarité scolaire ».

          • pardon mais c’est précisément parce que tout le monde sécurise le parcours comme toi -ce que je ne permettrais pas de condamner, quoi que j’en pense-, que le processus est irréversible

          • @François Bégaudeau: eh oui, que des parents réalistes, qui mettent par terre l’idéal d’une société égalitaire ; quand on est dedans, il faut bien faire des choix ; ça fonctionne comme ça ; et je sais que mes enfants seront décrochés à leur tour, à un moment ou à un autre…

          • il ne faut pas confondre le réalisme et la peur
            une vue vraiment réaliste de la situation établirait peut-être que justement pas mal de parents de milieux plutôt privilégiés prennent des précautions inutiles, vu la force des mécanismes de reproduction
            dit autrement : si les parents de la petite moyenne ou grande bourgeoisie étaient plus clairvoyants, ils sauraient que c’est gagné d’avance, et que les performances scolaires ne se jouent pas à l’école

          • @François Bégaudeau: très intéressant malheureusement je ne pense pas que tu puisses développer davantage dans cet espace,dommage… ça donne matière à continuer à réfléchir sur le sujet.
            Ultime question : une famille de 4 personnes avec 3600€ de revenus nets qui n’est pas proprio,elle est concernée par ton propos sur la petite/moyenne/grande bourgeoisie ?

          • Il faut d’autres infos.
            Revenus fixes? Sécurité de l’emploi? Quelle ville quel quartier ? Patrimoine des parents (des parents des parents)?

        • @Hélène: patrimoine des ascendants nul, loyer modéré dans quartier central d’une grosse ville de province, CDI+fonctionnaire

          • ce qui te situe dans la classe moyenne, et donc au-dessus des précaires dont les enfants sont les perdants obligés de la compétition scolaire

          • @Hélène: CQFD

  4. une question pour FB (qui n y échappera pas non mais!)
    Crains tu la parentalité parce qu’elle serait de droite?
    Mouilles la chemise, planquée et du réel s il te plait …
    Good luck and good day

    • oups!
      « planqué »
      c’est FB qui est planqué…pas sa chemise..

    • Josefina, c’est pas en ces termes que les choses se formulent
      Je ne crains pas la parentalité, je ne la désire pas. Une des raisons en est qu’elle le semble générer des gestes et des postures que, sans les trouver indignes, je n’ai pas envie d’accomplir et d’adopter.

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