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Le métier de parent est-il de droite ?

Ce qui suit n’est pas un palmarès, ni un best-of, encore moins un tableau d’honneur. Juste un condensé, soigneusement anonyme et basé sur la subjectivité non-universelle du compilateur, de dix jours de débat sur la parentalité comme métier de droite. Histoire qu’il en reste une trace, dans quoi puiseront ceux qui auraient l’idée de continuer à cogiter là-dessus. Et de remercier les sitistes qui ont sacrifié un peu de temps à cette question tordue.

 

A-t-on le droit de répondre à une question sur le métier de parent, et peut-on le faire objectivement, si l’on n’a pas d’enfants soi-même, donc pas l’expérience pour y répondre ?

Parent est-il un métier ? Si oui, alors je serais aussi cuisinière , technicienne de surface, prostituée , peintre en bâtiment , psychologue…

Parent, un job de droite : une évidence. Partant du postulat que chaque parent aime le fruit de ses entrailles. C’est son fils, sa bataille.

Je préfère passer sur les broutilles quotidiennes du genre : la nécessité de manger des légumes verts, notamment pour donner l’exemple (beurk).

Si les enfants veulent être fleuriste, croque-mort, saltimbanque, neurochirurgien ou danseuse-étoile, on sera derrière eux et on les soutiendra parce qu’on les aime

Je dis « je fais cuire les brocolis » , je ne dis pas  « je fais blanchir les brocolis  »

Si je ne sors pas les soirs de pleine lune car j’ ai peur de me faire dévorer par un loup-garou , je ne pourrais savoir qu’ en fait il est peu risqué de le faire.Si je sors les soirs de pleine lune je peux faire le constat soit que les loups-garous sont rares soit qu’ils n’ existent pas en réalité ( contrairement à ce qui se disait ce soir au journal de 20 H ).

Si l’on part du principe qu’on est parent afin d’assurer la survie de l’espèce en s’appuyant (consciemment ou non! en fonction de notre « habitus » notre « modelage parental/familial » justement) sur des préceptes religieux, alors dans ce cas oui être parent est en soi de droite.

On me dira « mais mon enfant est homo et je le vis super bien », « oui ok » rétorqué-je alors « mais quand t’étais enceinte de 8 mois et demi, t’imaginais-tu ne serait-ce 5sec qu’il serait homo?

Mais quand vous vous lavez les dents, quand vous mangez, c’est-â-dire quand vous préservez votre vie, vous avez l’impression d’être droite, vous?

Mais on préfèrera adopter un nourrisson en parfaite santé à un marmot borgne de six ans. Peut être un petit asiatique, qui sera le plus souvent une petite asiatique, parce que c’est à la mode et qu’elles sont trop kawaïi.

Il n’y a qu’une seule façon de vivre, et c’est la mienne point.

Pour lui apprendre les valeurs de la vie, je vais lui acheter une poule. Elle deviendra sa meilleure amie.

De toute manière quoi que je fasse, avec les meilleures intentions du monde, à quinze ans (si c’est un garçon) il voudra me buter.

Il vaut mieux oublier tout narcissisme parce que les enfants ca évolue pour son compte souvent en dehors de tout ce qu’il est convenu de croire ou de projeter de la part des parents

Je rentre régulièrement bourrée à 5h du mat, je fume, je roule des pelles, je danse, je chante, je regarde un film par jour, et mon fils mange des frites.

Je suis de droite entre 8h20 et 8h30 sur le chemin de l’école, quand je lui dit qu’il faut traverser dans les clous, et entre 19h et 19h30 quand je l’oblige à faire ses devoirs.
Je suis de droite 40mn par jour. Ca me fait pas autant mal que d’avoir du voter Chirac en 2002.

Nous ne sommes pas forcément destinés à devenir des vieux cons d’adultes parents

Le parent est ravi que l’enfant obtienne son bac avec mention; qu’il sache écrire son prénom sur un tableau véléda à 3 ans

La parentalité semble donc être un exercice hautement démocratique puisqu’accessible à la majorité, mais foncièrement inégalitaire en son sein.

Parent est il un métier à vie où la seule alternative possible est de démissionner ?

10 min de réflexes de droite dans une journée, c’est pas dramatique.

Ceci dit, on en revient toujours à la même chose : le BONHEUR de l’enfant avant tout !

Depuis quand autrui a le droit de se prévaloir et de préjuger de mon bonheur?  Sous couvert d’avoir créer un enfant, on se croit alors autoriser, voire obliger à agir, penser … pour lui. Droite.

Des femmes qui viennent d’accoucher voient leur bébé comme un étranger, un importun et ne leur donnent aucun soin.

Sécuritaire , c‘est la paix sociale. Sécurité c’est la paix intérieure. Ce qui est sécuritaire c’est la recherche de la paix intérieure d’une societé ?

Je ne serai jamais parent. Je songe sérieusement à la vasectomie…

De droite comme de gauche, faire manger du « poulet » à ses enfants ne donnent rien de très constructif, j’imagine.

– fierté d’avoir des enfants bien élevés, qui travaillent bien à l’école, qui sont « parfaits » par rapport aux enfants des autres : principe de droite.
– fierté d’avoir des enfants tolérants : principe de gauche, qui revient à respecter autrui, sans a priori.

La fierté ne devrait pas intervenir, c’est un principe de droite en ce qui concerne ce sujet. En effet, cela suppose que l’on attend quelque chose de l’enfant, et ce selon le modèle, selon le sceau posé par notre divine main

Une société de gauche a notamment comme souci la sécurité, la survie de tous: d’où les impôts, la sécurité sociale, le RMI , etc.

C’est plutôt l’enfant qui est de droite au départ, pas le parent. Ce qui existe pour l’enfant au départ, c’est lui.

Décider de ne pas avoir d’enfants, de ne pas en faire, au-delà de tous les arguments qu’on peut donner, cela peut équivaloir à refuser sa propre mort (les psychalystes – pardon pour ceux pour qui c’est un gros mot- le disent).

« chacun selon ses besoins et pas son mérite, si j’avais du nourrir mes enfants au mérite ils seraient morts de faim

J’ai la fâcheuse habitude de croire en l’ Homme, c’est con hein?

Plus tard, les parents mettent leurs enfants dans de « bonnes écoles », si l’école signifie quelque chose pour eux et s’ils ont les moyens de payer la scolarité.

La démarche des parents est une démarche individualiste, de soutien a minima, de piston a maxima.

Les animaux qui prennent soin de leurs petits, qui sécurisent donc, seraient aussi « de droite » ? Selon moi, on ne peut pas politiser l’exercice de la parentalité dans ce qu’elle est d’assumer la sécurité de ses enfants.

Je crois que les parents transmettent à leurs enfants des valeurs, des principes d’éducation, auxquels les enfants adhèreront plus ou moins. A moins que les parents soient très engagés politiquement, je ne pense pas qu’ils transmettent obligatoirement une conscience politique de gauche ou de droite.

Tous les jours nous sommes dans une relation à nous-mêmes qui nous maintient en vie : nous mangeons, nous dormons, etc. Ce n’est pas « sécuritaire ». C’est la simple condition nécessaire de la vie.

Le « combat » de la parentalité que je me suis infligée est passionnant pas voué à l’échec total mais pas facile. Moi cela m’a ancré dans la vie dans l’interrogation dans l’écoute. Bon j’idéalise peut-être mais j’ai envie de défendre ce pari-là.

19 Commentaires

  1. Je viens d’avoir mon premier enfant, il s’appelle pas Paul, mais il s’en fallut de peu. Il a 6 mois. Je confirme que c’est du boulot, donc un métier.
    Après , effectivement, je trouve la question tordue. Surtout à cette période, de couches, de biberons, de premiers quatre-pattes, premiers rires, sourires craquants…Donner à manger à son enfant qui ne sais pas encore faire cuire des pâtes, est-il un geste de droite? Tordu.
    C’est un grand changement au niveau des habitudes de vie. On peut voir ça comme des contraintes mais si l’enfant est désiré, non, c’est un choix. Je trouve que ça dépasse la notion de droite ou de gauche… Après on peut « donner une éducation » plus ou moins de droite , plus ou moins de gauche…
    Quand le père des sœurs Williams annonce avant la naissance de ses filles qu’elles seront toutes les deux numéro 1 mondiale en tennis, on peut se dire qu’elles ne sont pas allées souvent à la bibliothèque ou au cinéma…
    Jusqu’ici tout va bien. Au premières conneries de mon fiston, je reviendrais peut-être écrire un petit mot…
    Sinon, je pense aussi que le métier de parent est acte d’amour pour l’autre parent (en général on fait ça plutôt à deux)… Et l’amour, plutôt un truc de gauche?
    « Tu sais ce que c’est on est jeunes on y croit encore, y a des frissons qui vous parcourent le corps… »
    Oups, je m’égare.

    • @gregintotheclash: hey jeune papa :- )

      ton fils de bientôt 2 ans a-t-il appris à se faire cuire des pâtes?
      Le mien, un peu plus âgé, a quitté le domicile de son daron et sa daronne à la rentrée, c’est une autre étape, presqu’aussi étrange,

      • @gregintotheclash:
        …/ de bientôt 2 3 ans /…
        – j’ai quelques soucis pour calculer le temps en ce moment –

        à bientôt 3 ans, il doit même en être aux lasagnes maison,

  2. Chouette compile !
    Elle est où la synthèse ?

    • La compile remplace la synthèse

      • @Webmaster: merci de répondre à la question, webmaster. Ce n’était pas une vraie question en fait, tu l’avais compris.
        Les règles du jeu ont changé en cours de jeu. Bon, pas plus grave que ça, puisque ce n’est qu’un jeu, sans enjeu sauf peut-être celui de nous faire réfléchir.

        François, j’aurais bien aimé avoir ton avis sur la question mais en fait je viens juste de comprendre qu’il ne s’agissait (là aussi) pas d’une question (« le métier de parent est-il de droite ? ») mais d’une affirmation de ta part (« parent est un métier de droite »), d’une conviction pour être plus juste et que tu nous lançais sur le sujet seulement par curiosité de ce qui pourrait bien en sortir.

        • C’est entre les deux. Disons que c’est une question qui contient une hypothèse que je trouve intéressante.
          Mon avis serait que la parentalité est de droite, oui, mais finalement comme un tas de trucs dont on tache de s’accommoder en les gauchisant autant que possible. La seule conséquence véritablement grave de la droititude des parents est la sursécurisation des parcours sociaux des enfants de la bourgeoisie et de la classe moyenne, et la surgetthoisation des milieux populaires. Tendance en cours, et irréversible je le crains.

          • @François Bégaudeau: je ne voudrais pas relancer un débat mais il me semble que « irréversible » est peut-être un peu trop pessimiste. Le système éducatif peut encore être réformé,on n’a certainement pas épuisé les solutions pour éviter le décrochage des classes sociales, je pense en particulier à celui classe populaire/classe moyenne, qui se fait très visiblement à l’entrée au collège. Je n’ai pas mis mon fils dans son collège de quartier car 1/3 des élèves qui entrent en 6ème ne savent pas lire ni écrire suffisamment et n’ont pas le niveau en maths.
            L’école de quartier, c’est classe moyenne (1/3)et classe populaire(2/3), pas une ZEP, de bons profs, du soutien scolaire par les profs. J’ai découvert la semaine dernière une chouette initiative au périscolaire : »lire et faire lire » : quand j’ai demandé à mon fils (CE2) s’il avait fait ses devoirs, il m’a dit qu’il avait fait sa lecture et aidé un copain de CP qui ne lisait pas très bien. Lui qui est habituellement « le petit » a adoré « jouer au grand frère ». Les gamins apprennent bien ensemble, ce serait bien si le système scolaire généralisait ça, la « solidarité scolaire ».

          • pardon mais c’est précisément parce que tout le monde sécurise le parcours comme toi -ce que je ne permettrais pas de condamner, quoi que j’en pense-, que le processus est irréversible

          • @François Bégaudeau: eh oui, que des parents réalistes, qui mettent par terre l’idéal d’une société égalitaire ; quand on est dedans, il faut bien faire des choix ; ça fonctionne comme ça ; et je sais que mes enfants seront décrochés à leur tour, à un moment ou à un autre…

          • il ne faut pas confondre le réalisme et la peur
            une vue vraiment réaliste de la situation établirait peut-être que justement pas mal de parents de milieux plutôt privilégiés prennent des précautions inutiles, vu la force des mécanismes de reproduction
            dit autrement : si les parents de la petite moyenne ou grande bourgeoisie étaient plus clairvoyants, ils sauraient que c’est gagné d’avance, et que les performances scolaires ne se jouent pas à l’école

          • @François Bégaudeau: très intéressant malheureusement je ne pense pas que tu puisses développer davantage dans cet espace,dommage… ça donne matière à continuer à réfléchir sur le sujet.
            Ultime question : une famille de 4 personnes avec 3600€ de revenus nets qui n’est pas proprio,elle est concernée par ton propos sur la petite/moyenne/grande bourgeoisie ?

          • Il faut d’autres infos.
            Revenus fixes? Sécurité de l’emploi? Quelle ville quel quartier ? Patrimoine des parents (des parents des parents)?

        • @Hélène: patrimoine des ascendants nul, loyer modéré dans quartier central d’une grosse ville de province, CDI+fonctionnaire

          • ce qui te situe dans la classe moyenne, et donc au-dessus des précaires dont les enfants sont les perdants obligés de la compétition scolaire

          • @Hélène: CQFD

  3. une question pour FB (qui n y échappera pas non mais!)
    Crains tu la parentalité parce qu’elle serait de droite?
    Mouilles la chemise, planquée et du réel s il te plait …
    Good luck and good day

    • oups!
      « planqué »
      c’est FB qui est planqué…pas sa chemise..

    • Josefina, c’est pas en ces termes que les choses se formulent
      Je ne crains pas la parentalité, je ne la désire pas. Une des raisons en est qu’elle le semble générer des gestes et des postures que, sans les trouver indignes, je n’ai pas envie d’accomplir et d’adopter.

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