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Le problème

Pièce de théâtre de François Bégaudeau

illustration le problème

Le problème  (2011)

Texte : François Bégaudeau, disponible aux Editions Théâtre Ouvert

Genre : Drame bourgeois en huis clos

Mise en scène : Arnaud Meunier

Distribution : Jacques Bonnaffé, Anaïs Demoustier, Emmanuelle Devos, Alexandre Lecroc

Coproduction : Compagnie de la Mauvaise Graine, Théâtre du Rond-Point / Le Rond-Point des tournées, Théâtre Marigny, Théâtre de Saint Quentin en Yvelines / Scène Nationale, Théâtre du Nord / Théâtre national Lille Tourcoing – Région Nord Pas-de-Calais.

Pitch : Elle rompt. Annie, la quarantaine, vient chercher ses affaires. Deux adolescents, son fils et sa fille, l’interrogent, la jugent ou la soutiennent. Écrivain, ses cinquante ans scotchés à son canapé, Alban conteste et se contient. Homme tassé, cassé, il fait des phrases pour retrouver un semblant de dignité. Mais Annie part, quitte le salon huppé et le confort acquis. Elle affronte ses enfants et son mari, choisit le plaisir, la légèreté, une nouvelle vie l’attend ailleurs. Et les ados bûchent entre deux engueulades sur un autre problème posé par le prof de philo : la conscience est-elle compatible avec le bonheur ?

En vidéo : François Bégaudeau – Arnaud Meunier, entretien

 

 

 

11 Commentaires

  1. Ce que j’avais lu sur « le problème » ne me donnait pas trop envie, je suis arrivée sur le livre un peu par hasard et c’est un heureux hasard parce que cette pièce est vraiment bien. Et aussi parce qu’elle s’enchaîne bien à ma précédente lecture, celle de « voyage à Bayonne » de G Bantegnie. Le « voyage à Bayonne » met en scène un jeune couple déstabilisé par l’adultère du mari – en ce qu’il questionne la femme sur son idée de vivre dans un couple progressiste – et par la pathologie mentale de la femme mais le couple reste ensemble malgré ces aléas. »Le problème » porte lui sur un couple mûr qui se sépare et l’enjeu est de savoir pourquoi il se sépare, pourquoi elle part, quels reproches lui adressent ses proches.
    Ainsi, elle devrait pas partir pour rester avec ses enfants. Elle ne devrait pas partir pour une simple histoire de sexe. Mais Annie interroge et démonte ces arguments mis en avant par son fils et son mari, unis par une sorte de solidarité masculine semble-t-il, alors que la fille a une attitude gentille et pragmatique vis-à-vis de sa mère. Annie précise bien qu’elle n’abandonne pas un foyer, que les enfants sont grands, et si c’est ce qui gêne qu’elle les financera, ce qui semble lever la dernière résistance à ce sujet. Elle part pour le sexe oui mais le sexe dit le désir qui dit l’attention qui contribue beaucoup à l’amour, face à une conception plus abstraite de l’amour, celle de son mari.
    Je trouve intéressant d’avoir posé cette séparation conjugale dans le cadre de la famille. La parole circule librement, sans tabou et permet à la femme-mère qui part de mettre les membres de la famille hostiles à son projet face à leurs propres insuffisances. Le fils reproche à sa mère de délaisser son foyer mais la promesse par sa mère d’un studio met un terme à la conversation et révèle une certaine hypocrisie de sa part. Le père joue l’offensé, titille le procédé de la lettre puis les mots de la lettre, les mots de sa femme à propos de la lettre, et finalement par son attitude et ses propos apparait comme assez désinvesti de son couple dans les faits, à tel point que la femme en partant vivre avec un autre homme semble prendre simplement acte de l’absence symbolique de son époux, absorbé par son métier d’écrivain.
    A ce moment de la pièce, on mesure le delta qui s’est formé entre les deux conjoints, leur éloignement sans retour possible.
    Poser la séparation du couple dans le cadre de la famille permet aussi d’enrichir l’événement par l’intrusion du fils dans l’histoire conjugale de ses parents, d’abord au titre de fils et de ce qu’il est en droit de revendiquer de sa mère (qu’elle reste à la maison) puis en allant au-delà, trop loin, quand il s’emporte et laisse échapper un jugement sur la vie sexuelle de sa mère.
    La présence des deux enfants permet aussi d’ajouter au sujet du couple et de sa séparation le thème connexe du bonheur, qui se pose dans cette famille de façon purement formelle à l’occasion d’un devoir de philo à rendre par la fille ; le bonheur est traité non sans ironie sur le mode scolaire (thèse/antithèse/synthèse)alors qu’il fait défaut à cette famille, du moins au père, enfermé dans son écriture et à la mère qui part vivre avec un autre home mais se dit que l’amour retrouvé dans son nouveau couple finira par décliner lui aussi avec le temps.

    • @Helene: J’ai trouvé le lien ci-dessous, dans lequel François est interviewé au sujet de sa pièce de théâtre « Le Problème ».

      http://www.evene.fr/theatre/actualite/interview-francois-begaudeau-le-probleme-rond-point-marigny-3133.php

      Les passages suivant ont attiré mon attention :

      « Une autre expérience décisive a été la lecture publique de mon texte ‘Fin de l’histoire’, avec Cécile Backès, au Festival de Bordeaux. Il a fallu couper, monter, réécrire certaines phrases pour qu’elles soient plus orales. J’ai adoré penser les textes en termes de mise en espace. » : J’aime bien le fait de refaire en quelque sorte le travail d’écriture. « Couper », « Monter », « Réécrire », je pense que c’est déjà quelque chose que François fait quand il écrit un livre. « Penser les textes en termes de mise en espace » : Sur le moment, je n’ai pas bien compris ce que cela signifiait. Et puis je me suis dit qu’il s’agissait peut-être de modifier le texte, afin de prendre en compte le ton des interlocuteurs lors de la diction.

      « C’est une famille où l’on se dit tout, où la transparence est tellement absolue qu’elle mène à des obscénités comme la fille de 17 ans qui demande : « Vous couchez plus ensemble avec papa ? » : J’aime beaucoup cette idée de la transparence au sein d’une famille, qui laisse supposer qu’il n’y a pas de hiérarchie dans les rapports familiaux. Chacun est mis sur un pied d’égalité, parents comme enfants, et peut s’exprimer librement. Il n’y a pas, d’un côté, les parents qui ont le droit exclusif de parler de certaines choses sérieuses ou taboues et, de l’autre côté, les enfants, qui ont le droit de parler sur quelques sujets à leur portée, quand on les invite à s’exprimer. Tout le monde peut donner son avis sur tout, c’est un fonctionnement démocratique, et c’est bien comme ça. Cela rejoint un peu ce que tu dis, Hélène, « La parole circule librement, sans tabou et permet à la femme-mère qui part de mettre les membres de la famille hostiles à son projet face à leurs propres insuffisances ». Dans le cas de la pièce, le système de démocratie et de libre-parole familial est poussé à son extrême, puisque la fille se permet d’être trop familière avce sa mère (« Vous couchez plus ensemble avec papa ? »).

      « ‘Le Problème’ est construit autour de l’idée de la dédramatisation. Les personnages auraient toutes les raisons de crier, mais l’atmosphère reste feutrée, c’est cela qui me touche. » : Je pense qu’il s’agit de mettre à rude épreuve les capacités de chaque membre de la famille à garder son calme. L’absence d’éclats de voix ou de pleurs est logique parce que l’énervement ne changera pas les choses. La mère partira quelle que soit la réaction des uns et des autres, la séparation du couple est inéluctable.

    • @Helene: Relecture très tardive de cette analyse qui prend tout son sens après ma très récente lecture de la pièce. Et je souscris à tout ce que tu dis.

  2. Je rappelle que Johnny et Sylvie ont déjà signé pour la musique de la pièce, moi j’dis ça, j’dis rien,

    • Pas la meilleure des Ramones, mais Spread your wings est la première chanson des Queen que j’ai aimée. On trouvera peu de chansons autant que celle-ci provoque ce qu’elle préconise en refrain.
      Quant à la chanson de Goldmann qui ne provoque pas du tout ce qu’elle requiert en refrain.

      • La meilleure des Ramones de quel point de vue François? j’ai bcp de difficultés quand ça parle d’excellence, de meilleure, de préférée sans préciser, ça rejoint un peu le terme de normalité, sans préciser ou repréciser la mesure-étalon ça nous met dans le bourbier ces mots.
        Moi des Ramones, j’aime bien celle que tu as choisi pour ta playlist et dans la mienne chez Deezer, ia ça:

        http://www.deezer.com/fr/search/ramones%20do%20you%20wanna%20dance

        et puis ça:

        http://www.deezer.com/fr/search/ramones%20she's%20a%20sensation

        juste parce que ça me fait m’agiter et plaisir de les écouter, bonne journée,

        • Soyons sincère, ce commentaire m’agace. D’une part parce qu’il ne prend pas acte du fait que je ne suis très clairement pas un grand fan des évaluations et classements, surtout dans le domaine de l’école (j’ai si souvent dit, bravant les insultes, que toute réforme un peu efficace de l’école pose comme préalable la suppression des notes). D’autre part parce que la rhétorique superlative est une constituante bien connue des discussions rocks, saturées de mauvaise foi assumée. Rhétorique superlative dont je m’amusais dans mon livre sur Jagger en décrétant que Sympathy était la meilleure chanson du monde, puis quelques pages plus loin c’était Gimme Shelter, puis Factory girl, etc.
          Donc « la meilleure des Ramones » veut dire, en rock langue : ma préférée. Qui bien sûr changera dans deux jours.
          Cela dit sur les Ramones il y a vraiment toujours eu « Beat on the brat » au-dessus de tout. A mon avis. Selon moi. Si je peux me permettre.

        • et puis dans l’album où figure She s a sensation, le chef-d’oeuvre absolu, le premier de la classe, l’élite des morceaux, l’agregatif, l’aspirant normalien, n’était-il pas plutôt : http://www.youtube.com/watch?v=CxDBfnIXKxE

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