Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

Pas encore membre ? Enregistrez-vous et simplifiez-vous les commentaires !

Mes 20 ans

Tes 20 ans, c’était quand ?

Je dirais en 1991, rapport à ma naissance vingt ans plus tôt.

Quel genre de garçon étais-tu ?

Comme pas mal de vingtenaires issus de la classe moyenne à cette époque : d’extrême-gauche, littéraire, un peu arrogant, un peu confus, un peu rigolo, très porté sur la déconne à deux euros qu’à l’époque on appelait la déconne à deux francs (et qui donc valait six fois moins cher). Seule spécificité de l’hypokhagneux FB : fan de punk-rock, et notamment des Wampas ; un an plus tard on se lançait, à la fête de la musique.

Ce qui te faisait mourir de rire ?

Les scènes des Affranchis avec Joe Pesci, quelques scènes de Mean Streets de ce même Scorsese, quelques sketchs des Nuls (le professeur Thibaud et la mouche qui pète, deux flics ami-ami), le comique plat des « Héros n’ont pas froid aux oreilles », film de 78 découvert à l’époque, avec des répliques comme :

– arrête Pierre, t’es con là !

– c’est toi qu’est con, pauv’con

Ce qui te mettait en colère ?

Houla, beaucoup de choses. Très en colère, le garçon. Heureusement que la potacherie compensait.

Tes modèles ?

Sartre et Faulkner en littérature, Pialat en cinéma, l’équipe d’URSS en foot, Chabat en comique, Joe Strummer et Iggy pop en musique, et bien sur Michel Drucker en télé.

Ton passe temps favori ?

La discussion de bar.

Sinon tu écoutais quoi ?

Les déjà mentionnés + les Stones, Led Zep, les Sex Pistols, les Pixies. Du rock et du punk-rock, exclusivement.

L’école, tu en gardes quel souvenir ?

Je n’ai plus aimé ça à partir de la sixième. Aujourd’hui j’en garde le souvenir effrayé d’une usine à exclure ou à fabriquer des pathétiques machines à diplômes comme moi.

Ton look à l’époque ?

Rien de spécial. Une affectation de neutralité. Le désir (certes vain) d’être non-identifiable.

Comment tu envisageais ton avenir ?

J’envisageais très nettement que j’aurais le quotidien que j’ai aujourd’hui, fait d’écriture, de lectures, et de beaucoup d’heures consacrées à appréhender les productions artistiques de tous ordres. Je voulais qu’une grande partie de mon temps éveillé soit consacré à ce genre de choses. De ce point de vue c’est réussi.

Avoir 20 ans ressemblait à ce que tu imaginais ?

Je n’avais trop rien imaginé. Mais de fait ça ressemblait assez bien au mixage de plénitude et de frustration qu’on décrit souvent.

Un conseil que tu donnerais à des jeunes filles de 20 ans ?

Je ne me permettrais aucun conseil à des jeunes filles, j’en attendrais plutôt d’elles pour ne pas devenir un connard. Une seule chose, que je dirais aussi à des jeunes garçons : profitez bien de votre santé, de votre corps. On ne mesure le prix de la santé qu’une fois qu’elle commence à nous quitter (NDLR : François ne sait d’ailleurs plus pour qui il a réalisé cet entretien, si vous vous reconnaissez, bah vous nous faites un petit mail)

 

2 Commentaires

  1. En ce qui concerne l’équipe d’URSS, la blessure, la vraie : éliminatoires de l’Euro 88, http://www.youtube.com/watch?v=e1UjAV3kFCQ.

Laisser un commentaire