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La bio la vraie

François Bégaudeau, la bio la vraie
Entretien avec JL

 

JL : François, pourquoi cet entretien ?

FB : D’abord, nous sommes en aout, qui est un très bon mois, ensuite je me suis dit que j’étais encore le mieux placé pour rectifier certaines erreurs.

JL : vous pensez à la bio Wikipedia ?

FB : Entre autres. Même si elle est globalement très correcte. Il y a juste quelques approximations.

JL : Par exemple ?

FB : D’abord je ne suis pas né en Vendée, mais à Paris, Boulevard Saint-Germain (voyez la prédestination !). J’ai fait croire à la Vendée pour donner un cachet plus authentique à mon livre La blessure la vraie. Ça a marché. Les gens aiment bien l’authentique. Ils ont raison.

JL : Vous avez bien grandi à Nantes, quand même ?

FB : Oui oui, là-dessus pas de souci. Je n’ai juste jamais joué au foot en équipe fédérale, comme on le raconte.

JL : Vous avez joué à un autre niveau ?

FB : Non, j’étais bien en équipe fédérale, mais de hand-ball, ma vraie passion. Le foot c’est surtout venu au moment de Jouer juste, parce que je me disais qu’un livre tournant autour du foot aurait plus de visibilité. Ça a marché. Les gens aiment bien le foot. Ils ont raison.

JL : Pourtant vous avez aussi écrit pas mal de chroniques sur le foot ?

FB : Quand tout le monde est persuadé de quelque chose vous concernant, vous finissez par en être persuadé vous-même. C’est aussi pour ça que dans ma tête j’ai effectivement été admissible au concours d’entrée à Normale Sup, alors que je ne l’ai jamais passé.

JL : Même pas l’écrit ?

FB : Non, j’ai arrête la khâgne en cours d’année, en février précisément, pour me lancer dans la production de cinéma. Je venais d’hériter d’un oncle sans enfants qui m’avait toujours dit qu’il me laisserait une partie de son fric pour que je puisse financer mon premier film (à l’époque je bricolais avec un caméscope, il y avait vu une vocation). J’ai cherché une idée de film, et comme je n’en avais pas, j’ai plutôt financé des projets. On met toujours en avant mon rôle d’acteur dans Entre les murs, mais on oublie que j‘ai aussi avancé une partie de l’argent pour que ce film existe.

JL : C’est dans cet esprit que vous avez fondé la société Capricci.

FB : Je ne l’ai pas fondée, j’ai juste mis un peu d’argent au début. Je n’ai plus rien à voir avec cette société depuis longtemps.

JL : Il y a eu Litiges, quand même…

FB : Oui mais là nous étions scénaristes. L’argent ne venait pas de nous. D’ailleurs il n’y en avait pas, et c’est pour ça que la série s’est arrêtée

JL : Vous ne produisez plus du tout ?

FB : Non. Il serait temps que Wikipedia s’en rende compte. Le dernier film que j’ai co-produit, c’est Selon Charlie, de Nicole Garcia.

JL : Vous aimez Nicole Garcia ?

FB : Oui, mais pas seulement. J’aime aussi les balades en montagne.

JL : C’est pour ça que beaucoup de vos livres prennent la montagne pour cadre.

FB : L’été mon père était guide, ça marque.

JL : Mais il était bien enseignant, rassurez-moi ?

FB : Principal de collège, essentiellement.

JL : Vous n’avez pas eu envie de le devenir à votre tour ?

FB : J’étais tout près de passer le concours quand j’ai quitté l’enseignement, en 98.

JL : On dit que vous avez arrêté en 2006 !

FB : Non, plus tôt. Quand Voynet m’a demandé de venir l’épauler au Ministère de l’Environnement

JL : Vous l’avez fait ?

FB : Deux ans. Je m’occupais du dossier des maisons passives. J’en ai gardé un certain intérêt pour les maisons en général, qu’on retrouve dans ma première pièce, Le problème.

JL : Ça n’est pas du tout signalé dans les diverses bios…

FB : C’est bien pour ça que nous sommes là aujourd’hui.

JL : Ensuite il y a eu les premières publications.

FB : Sous mon nom, oui. Avant j’avais fait le nègre deux ou trois fois.

JL : Pour qui ?

FB : Secret professionnel. Il faut être logique : moi dont un des livres a été écrit par un nègre, je n’aimerais pas qu’il le révèle.

JL : C’est lequel ?

FB : le quatrième. Vous devriez pourtant le savoir.

JL : Passons. On en arrive en 2004, où vous fondez la revue Inculte, toujours d’après notre source

FB : Erreur. On m’a juste demandé de participer au premier numéro. Et ensuite j’y ai collaboré très régulièrement. De moi-même je n’aurais jamais fondé une revue littéraire, ni une revue tout court

JL : vous étiez pourtant aux Cahiers du Cinéma, à l’époque.

FB : Mais je ne les ai pas fondés, quoi qu’on dise.

JL : Vous n’écrivez plus dans Inculte ?

FB : Non.

JL : Où écrivez-vous ?

FB : Chez moi, face à la mer.

JL : Vous ne pourriez pas écrire ailleurs qu’en Vendée ?

FB : Je n’en aurais même pas l’idée. J’ai tellement besoin de cet air. C’est chez moi, c’est ma terre, celle où je suis né.

JL : On dit que Kechiche va y tourner l’adaptation de La blessure la vraie ?

FB : Plus ou moins. Le tournage, d’après ce que j’ai compris, aura lieu en Belgique.

JL : Vous allez participer à l‘écriture ?

FB : non, je m’occupe surtout de finir mon livre sur le 11 septembre. J’aimerais qu’il soit prêt pour les dix ans de l’événement.

JL : c’est par opportunisme ?

FB : Non, c’est sincère aussi. Quel grand événement quand on y songe.

JL : Quel angle prendra le livre ?

FB : Un bon angle.

JL : D’autres projets ?

FB : Me marier. Le 14 octobre. Anne-Sophie (Lapix, NDLR) tenait absolument à ce que ce soit ce jour-là.

JL : Eh bien tous nos vœux de bonheur, François.

FB : Merci, Jerome.