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Tu seras écrivain mon fils

En librairie le 24 août, éditions Bréal. Essai. 14€90.

NOTE D’INTENTION   par  François  Bégaudeau

Tu veux être écrivain, bon bon. Profession très cotée en France, tu fais bien de parier dessus. Quoique cette exception nationale ne saurait durer. Le Goncourt ne maintient ses ventes qu’au prix de troubles contorsions, et certains de tes futurs pairs semblent ne publier de romans de 124 pages que dans l’attente de s’implanter définitivement à la télévision où ils ont déjà un pied. Mais toi tu ne mangeras pas de ce pain. Tu veux être écrivain total, vivre de plume et d’eau fraîche, bon bon. Permets-moi juste deux ou trois conseils.

Pour être écrivain, commence par écrire un livre. Cela te semble évident ? Tu crois que je me moque ? Tu n’as pas tort, et en même temps si. Le livre écrit et publicisé comme il faut, ce n’est qu’une moitié de boulot de faite. Il reste à adopter la geste de l’écrivain français, sans quoi tu ne seras qu’incomplètement considéré comme tel. Tu vas voir, c’est assez simple.

La base, c’est le parler. Lent, impérativement. L’homme dont les mots déboulent ne mesure pas combien ils sont précieux, et qu’il faut les manier avec la parcimonie que les premiers Néanderthals réservaient au feu. D’ailleurs, les mots, c’est une part du feu, tu n’auras de cesse de le rappeler en interview, et que toute écriture est prométhéenne, et que la littérature nait quand Dieu meurt, et que tout ça. N’oublie jamais que, tout comme la plante est la créature idéale dans la pensée chinoise, le silence est la perfection du langage. C’est pourquoi, les galons d’écrivain se gagnent à proportion inverse de la quantité de mots utilisés. On a connu jadis une émission radiophonique –peut-être existe-t-elle encore- où l’interviewer et son invité plumitif convenaient tacitement de n’échanger que des aphorismes laconiques, assortis de balbutiements mystiques. Cela donnait des choses comme : écrire c’est une autre façon de se taire ?/ heu…oui…/ une autre façon de mourir aussi ?/ voilà..oui, c’est ça…de mourir oui.première de couverture tu seras écrivain mon fils

L’écrivain n’a rien à dire, aie bien ça en tête. Quand on te demandera sur quel sujet porte ton roman, réponds qu’on n’écrit pas sur quelque chose, qu’il n’y a pas de sujet, pas même de référent, bref que la littérature n’a pour objet qu’elle-même. Sur ce point, exceptionnellement, il t’est permis d’être bavard. Ecriture, Livre, Verbe, sont, en tant qu’ils nomment le réceptacle même du Vrai, des vocables dont l’usage ne souille pas les lèvres du littérateur. En dernière instance, tu diras que tu n’es qu’un passeur, une pythie, un voyant –tu mentionneras la lettre du, n’oubliant pas d’omettre que l’auteur s’y moquait de lui-même-, que le livre s’écrit tout seul, que par conséquent il ne faut rien préméditer. On te demandera ce que tu as voulu dire, tu répondras qu’il n’y pas d’intention, que ce serait dénaturer le pur dépôt de l’Etre sur la page. C’est pourquoi, quand il s’agira de parler en public, c’est-à-dire de rendre compte rationnellement du processus hypnotique qui a présidé à l’écriture, tu n’omettras pas d’afficher ta panique. Les deux heures qui précéderont une table ronde au salon du livre, tu prendras des airs de je ne veux pas y aller. Au mieux, fais-toi porter pale, l’absence crée du mythe, et elle est le vrai lieu de la littérature.

Pale, on y vient. L’écrivain doit-il, comme d’autres épris de paillettes recourent au fond de teint, se passer un fond de craie avant toute apparition? Sans aller jusqu’à cette extremité, garde-toi du bronzage, il est à l’écrivain un baume mortel. Dans les grottes que prisent romanciers et poètes, les arpentant à la recherche du secret enfoui de leur identité, point de ce soleil dans quoi baigne les oublieux et les sbires de l’immédiat. Et puis le hale comme la belle gueule dénotent l’harmonie avec la vie, quand l’écrivain n’a de commerce qu’avec les fantômes, le révolu, la mort. Tu te tiendras donc à l’écart de la cacophonie de ton époque, et du même coup de la foule. Quand bien même tu aurais goût à la branloire contemporaine, ne le dis pas, et surtout n’en fais pas matière à livre. D’ailleurs, arrange-toi pour écrire loin du multiple. Dans la mesure du possible, prends une maison à la campagne, où annuellement tu te retireras avec pour seul attribut un Macintosh tout monacal.

De même, au cas où tu n’aurais vis-à-vis de l’existence aucun grief fondamental, tache de t’en trouver un lorsque tu t’asseois à ton bureau. Qu’un écrivain ne soit pas malheureux, passe encore, qu’il se serve des mots comme d’un carburant pour déployer une puissance de vie, voilà ce à quoi les gardiens du temple des livres ne sauraient l’autoriser. Ici n’entrent que les blessés, c’est écrit au fronton. Tu commenceras donc par recenser tes douleurs, chacun pouvant donner lieu à un texte. A ce titre, il serait bon que tu aies eu un père violent, ou alcoolique, ou absent, ou mort précocement. Une sœur suicidée au cœur de son printemps fera également l’affaire, ainsi que des déconvenues sentimentales assez sordides pour conclure à l’inexistence de l’amour. Quoi que tu racontes, n’en tire que la moelle tragique, et laisse le rire aux imbéciles. Corollairement, ne t’avise pas de sourire sur les photos, et encore moins de raconter des blagues dans les micros tendus sous ton menton. Contente-toi d’avoir de l’esprit. L’esprit est un sport français et donc littéraire. L’écrivain ne raconte pas de blagues de cul, il fait des jeux de mots suggestifs. Par exemple, il dit : le style de Catherine Millet est on ne peut plus pénétrant. C’est de l’esprit, c’est français, bientôt tu en feras comme tu respires.

Intarissable sur tes traumatismes, tu seras à l’inverse très évasif sur ta vie concrète, laquelle ne mérite pas qu’on la mentionne dans le champ littéraire. Le statut d’écrivain s’acquiert même au prix de son occultation. On sait bien qu’il mange trois fois par jours et se soulage assis sur une cuvette, mais on aime autant qu’il le taise –à moins que la cuvette en question soit celle d’une villa où un people de Saint-Germain prend ses quartiers d’été. Sur ta vie présente, ne dis rien que ce qui regarde directement l’écriture. Quant à savoir comment tu la gagnes, ta vie, hors de question d’en informer le lecteur, surtout si ta principale source de revenus n’est pas l’écriture. Aussi vrai que le manuscrit de ton premier livre est tombé du ciel sur la tête de ton éditeur, aussi vrai que tu es toi-même tombé du ciel, il va sans dire que tu te nourris de fruits accrochés sur ton chemin par la bonne fée des Lettres -peu de fruits, car entrer dans les ordres littéraires implique un vœu de pauvreté que rien ne résiliera sauf la richesse. Sur ta vie passée, ne livre que ce qui a trait a ta vocation, car c’en est une -même s’il ne faut le suggérer qu’au deuxième degré, car l’époque est mythophile mais peu croyante. Raconte dès que tu le peux que tu lisais en cachette le soir jusqu’à pas d’heure, et ta découverte à onze ans de L’île aux trésors, et les poèmes très « maladroits » -ça c’est toi qui le dira, suggérant que ta plume est désormais mûre comme un homme- qu’adolescent tu couchais en hommage à une certaine Béatrice, ton premier amour platonique et « tragiquement unilatéral » (autre bon mot de toi, lâché souverainement dans une émission du cable).

Surtout, mentionne ta nullité à l’école. C’est évidemment faux : à l’école tu étais bon comme tous ceux qui s’y entendent, l’environnement culturel aidant, pour fabriquer des phrases. Mais le dire laisserait croire que tu es un cérébral, alors que l’écrivain a un rapport non-intellectuel aux choses, l’écrivain use d’abord de ses sens, il en a au moins cinq, et plus sûrement six car c’est un intuitif, c’est pour ça que la littérature est féminine et que l’homme qui s’y adonne révèle ce faisant une part de féminité. Au pire tu diras que tu excellais en rédaction, cela donne crédit à l’hypothèse de la vocation, mais hors de question que tu confesses quelque goût, et encore moins quelque aptitude, pour les mathématiques. Même la philosophie est peu indiquée. L’écrivain ne pense pas, il ressent. Kant je n’y comprends rien, diras-tu en prenant des airs de petit garçon pris en faute, sûr du bénéfice que t’accordera ce douloureux aveu.

Un art à quoi en revanche tu n’hésiteras jamais à faire référence, c’est la musique. Ni thème, ni message, ni pensée, un seul horizon assigné à l’entreprise d’écrire : que les mots se fassent musique –évite quand même de citer Verlaine, c’est un peu scolaire, et il vaut toujours mieux faire référence à la littérature étrangère. Les mots, expliqueras-tu, sont d’abord des sons, et d’ailleurs tu as composé ton dernier roman comme une symphonie. Dans les critiques, tu n’aimeras rien tant que l’on signale la qualité rythmique de ta prose. Quand cela arrivera pour la première fois, tu accourras et diras : lis-moi ça, lis comme désormais c’est sûr je suis écrivain. Oui c’est vrai tu l’es, dirai-je moi qui ne le suis pas.

Critiques intéressantes

Sylvain BOURMEAU, « France Culture »
« Bégaudeau poursuit ce qu’il avait entamé avec L’antimanuel de littérature à savoir un grand travail de démystification de toute la religion littéraire (…) La littérature comme un entre-soi c’est précisément ce que dénonce depuis des années le très démocrate (…) François Bégaudeau qui nous explique dans ce petit livre que tout le monde peut devenir écrivain et que non il n’y a pas trop d’artistes dans ce pays, n’en déplaise à certains (…) Un texte à hurler de rire qui porte en même temps des idées très sérieuses pour la démocratisation de la littérature. »

Ecouter le podcast…

Eric CHEVILLARD, « le Monde »
« un petit livre rapide, incisif et pourtant désinvolte, oscillant entre la blague et le sérieux (…)
Tu seras écrivain mon fils s’en prend avec une ironie qui souvent fait mouche, et les mouche, aux écrivains (…)
Il renvoie dos à dos, comme deux figures du poseur pareillement risibles, l’auteur habité par sa vocation, qui affirme un doigt sur la tempe que l’écriture lui est plus nécessaire que le sang, l’air et le pain réunis, et l’auteur mondain, médiatique, futile, avide de notoriété et de prix littéraires. En somme, l’écrivain ne peut être que spécieux, artificieux, calculateur. Le naturel et la sincérité le fuient. Il est condamné à la caricature, à l’esbroufe, à l’imposture.(…) »

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YVES DURAND, « Presse-Océan« , Pour rire un peu
« A quoi se reconnaît un veritable écrivain ? François Begaudeau, l’auteur de Entre les murs, entreprend de répondre à la question. Goguenard, il dresse la liste des poncifs qui courent : on serait écrivain pour entrer en résistance, on écrirait pour soigner ses blessures, exorciser ses démons, guerir de ses obsessions, obéir a une nécessité. Begaudeau, adepte de l’humour au second degré, fait la chasse aux idées et aux mots à la mode, aux étiquettes qu’on veut a tout prix coller aux auteurs et à leurs livres. Il se moque des medias, des critiques littéraires, des éditeurs, des lecteurs et des écrivains. Et donc un peu de lui-même. Tres réussi »

L. LE TOUZO , « Les communautés miraculeuses »

« (…)ce livre habile et construit, habilement construit, satirise avec un humour décalé et moins anodin qu’il n’y paraît un certain nombre de lieux communs rattachés à cet exercice saugrenu, surchargé d’affects et véritable offense au productivisme, qu’est la littérature. Cette mission sans mandat, ce sacerdoce sans discipline, cette religion sans foi s’avère(nt) en effet étonnamment prodigue(s) en mythologies diverses et variées, toutes d’un comique achevé, et d’une prétention rare, que Bégaudeau dégonfle avec une décontraction iconoclaste bienvenue. Le résultat est aussi salubre que sexy.(…) »

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Gracianne HASTOY, Critica.fr

« (…)le sujet est d’importance : comment, dans une société où le déluge d’écrivants s’est imposé en bousillant des forêts et en collant des ordinateurs dans les mains de tous les scribouillards patentés, reconnaître le « vrai » écrivain ? (…)Une analyse proprement jubilatoire sur ce qui distingue le « vrai » écrivain du « faux ». A hurler de rire bien souvent. Avec, par moments, quelques grincements de dents. Et des formules « pépite » distillées au fil de ce bijou d’écriture(…)« 

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28 Commentaires

  1. je souhaite un bon anniversaire au Tu seras écrivain mon fils de François Bégaudeau:
    il y a un an je suffoquais sur une île où il n’avait pas encore ni débarqué ni atterri et Gregg supportait mon humeur encore plus pénible que d’hab’ avec patience et amour je crois,
    . tiens, aujourd’hui, au monde et dans la Family à Perdry est accueilli Lilian qui est né à 11h12
    ‘faudra que j’offre à ses parents l’Au début de François Bégaudeau tiens,

    bon 1 an Tu seras écrivain mon fils !

  2. bonjour,
    hier j’ai vu deux moyens de Jean Eustache:
    Les mauvaises fréquentations m’a ramené vers votre Tout dire peut-on? et F.Mitterrand

    Ce moyen métrage est désuet et drôle et tellement, à part le noir et blanc et les flippers de café simplets, actuel: les deux écumeurs de Clichy-Saint Lazare et Montparnasse se posent les éternelles questions de comment aller vers l’autre, l’autre sexe, comment occuper son temps,
    Vous l’avez-vu Doc?
    j’ai même fait gaffe aux plans fixes (rares aujourd’hui par contre il me semble) quand le trio d’acteurs amateurs new vibe quitte une terrasse de café et que la caméra immobile ne les suit pas donc, ils sortent du champ un par un on ne part pas avec eux et ça me dérangeait l’oeil; marrant.
    Le trombone et l’accordéon qui scandent souvent un air de train train lancine à bon escient, énervote donc à merveille, ça va avec le thème d’occupationnel pas encore trop dépressif des 2 potes
    (vu aussi un truc articulé en 2 temps La sale affaire toujours de Jean avec Michael Lonsdale parfait pour narrer cette expérience de mateur dans les chiottes des filles, bon.)

    PS: vu sur cette page que vous proposiez une critique de Chevillard mais le lien est caduque (suis pas abonnée au site du Monde, vous l’avez encore en entier vous, Doc?)
    merci,

    • Une Sale histoire est le titre exact.
      Film important, décisif.

      J’aime les Mauvaises fréquentations aussi, et tout Eustache, cinéaste méconnu à cause de son fils qui refuse de céder les droits pour DVD.

      • un exemple de trucs en héritage où là le fils rapetout et passe peut-être un peu à côté d’une certaine idée, motivation qu’avait son père pour son oeuvre (remarques, on sait pas mais j’imagine, le ciné, les oeuvres c’est un jour ou l’autre pour et à tout le monde, yeah!)
        .d’Eustache j’ai pas encore vu La mère et la Putain à partir du new Pariscope que j’achéterai aujourd’hui, je verrai si c’est toujours programmé au Champo et pis iavait l’Enfance nue aussi au Grand Action: pourvu que ce soit encore programmé, on a de la chance d’habiter Paris quand même hein Doc?

        • La maman et la putain

        • cherche plutot La maman et la putain dans le Pariscope
          et en attendant de le voir : http://www.dailymotion.com/video/x5v2kv_clip-sarah-jessica-concert-de-la-ma_music
          un tube

          • un tube x 2 Doc, vous l’aviez déjà posté Gaëlle B., ouais elle show bien

            sinon jusqu’à mercredi, les horaires des cinés concernés sont radicalement incompatibles avec les miens, je crois que je vais plutôt voir avec la collec de films du forum des images,
            quoiqu’en soufflant et en fermant le Pariscope de cette semaine, je viens de tomber en couv. sur l’affiche de Madagascar 3, j’aime bien la voix de Ben Stiller et celles des autres de la v.o
            vous venez avec moi Doc?

  3. Hou, la honte, à Lausanne (pardon, Morges), je croyais que tu étais là pour la blessure (la vraie), déjà lu, pas posé de questions… Alors juste une avant de me précipiter chez un libraire, est-ce « Tu seras un écrivain, mon fils » marche aussi pour les filles ?

    • ça marche pour tous ceux qui veulent
      salut amical à la Suisse

      • Heu, oui, saluons la Suisse même si moi je suis à Paris, souviens-toi, on était ensemble dans le train ! 🙁

        • pardon Murielle je ne t’avais pas identifiée
          tout va bien?

          • Ca va, j’avance sur mon 4ème roman (et ne te demanderai pas ce que tu as pensé du 3ème) en continuant à offrir mes prestations (high level) chez nos amis de Voyages-SNCF… la routine, quoi ! Sinon j’ai lavé toutes mes écharpes, prête à affronter l’hiver.
            A une prochaine !

          • eh bien de ton troisième roman j’ai lu 30 pages que j’aime plutôt beaucoup figure-toi
            tu me diras : pourquoi pas en entier?
            je dirai : je suis un blaireau, mais je me corrige en général assez vite -bientôt

  4. Ton livre m’a donné la pêche.

    A la base, il n’était rien d’autre qu’une tentative stratégique d’un tiers pour mettre fin à ma procrastination.

    Je l’ai lu. D’un trait. Je veux dire, même les Haïku je les lis en plusieurs fois.

    Ce qui j’y ai découvert, outre la pertinence du propos, c’est de l’honnêteté.
    J’ai sentis. Mieux. J’ai su, que t’essayais pas de m’entuber. -J’ai aussi senti qu’on était en phase, mais ça, ça relève plus d’un truc pathologique je pense-

    C’est tellement rare les gens qui essais pas de t’entuber et qui en plus font ce que tu veux faire, qu’il fallait à tout prix que je trouve un mail et qu’on devienne pote…
    Quand j’ai vue que tu te rendais accessible, je me suis même dit que tu pouvais peut être m’aider pour mon bouquin.
    Mais on ne peut pas être pote ! tu préfères RAZ à Ken loach, et moi, j’aime bien Baudelaire. C’est juste pas possible (rires)

    Bien à toi.

    • c’est ballot
      Sut Ken Loach je précise : une fois sur deux je le trouve assez putassier, idéologiquement grossier
      mais à côté de ça il y a des putains de scènes, et quelques films vraiment beaux (Kes, par exemple)
      Un que je n’aime pas du tout du tout c’est le truc avec Cantona : film de vieux con, comme on essayait de le montrer dans Parce que ça nous plait

      • Malheureusement, je suis d’accord… ça pique, mais il est vrai que ses films ne sont pas des plus homogènes.

        Quant à moi je précise également : « Mais on ne peut pas être pote ! tu préfères RAZ à Ken loach, et moi, j’aime bien Baudelaire. C’est juste pas possible (rires) »

        C’était une plaisanterie.

        J’apprécie ton travail et ce que tu continus à mettre en place.
        De mon cotés, les preuves sont faîtes et acquises. Moi, j’ai encore tout à prouver.

        Bien à toi.

  5. p.76 AUTO-FICTION: (j’en suis là)
    Bjr, la petite tranche de vie ci-dessous en est-elle?
    En quoi yes sinon en quoi non, merci

    C…i, le 2/09/11
    – « Mle l’Endive? Librairie n°4 sur le cours à l’appareil, le livre de François Bégaudeau que vous m’avez commandé vous attend
    -OK
    Après une roue, une pirouette arrière-écart et 2 pas de côté, j’ordonne: « toi mon coeur, restes à ta place » (point d’exclamation) Ressembler aux personnages Gotlibesque dont l’enveloppe corporelle ne contient plus mais vraiment plus les organes internes peut rapidement vous mener aux urgences de l’HP même l’été.
    Je pique le tour de c’est toi qui va chercher la Tradigrain today à Honey et gravis les dénivelés qui permettent à la Hte Ville de se la péter, sans avoir oublié d’emprunter ses mollets à Stéphane Diagana.
    Contrairement à l’arrivée d’Irène, ma montée n’a pas été annoncée à la population: découvrir mon diadème Love Bégaudeau tout grésillant et clignotant et m’entendre beugler que le Bégaudeau Nouveau est arrivé en rivalisant de postillons avec la fontaine du village n’a pas dû participer à l’allègement du sac à clichés sur les pinzutu, m’en fous.
    Pas plus que la pelle roulée à la patronne de la Librairie n°4 sur le cours, quand on est content i’a un minimum non?
    Je paye, putain 14,90€ quand même (point d’exclamation)ça fait combien de kebab ça M’sieur (point d’interrogation)puis je passe à la boulange car j’ai promis à Honey la Tradigrain de midi tout en compressant et en fantasmant les 128 pages de mon nouveau livre de chevet (j’ai du coup remisé « Le coeur à l’ouvrage » de J.C.Kaufmann et « Le coup du Père François » de Sana que je lisais en alternance pour patienter; Voilà, je l’ai, yapuka le lire: YOU OUUUH!

    • c’est quoi Tradigrain?

      • Monsieur a l’oeil (et raison) tu laisses vraiment rien passer hein, TRO-FOR! Il est en effet bien plus courant d’entendre, de lire ou de voir: TradigrainE
        Mais qu’as-tu fais de l’indice souvent apporté au lecteur pour une aide à la compréhension? avt la 2e citation du-dit terme il est écrit, je cite: « je passe à la boulange »..
        Tradigrain est donc un des nbrx petits noms marketing visant à aider les artisans boulangers souvent patissiers à valoriser leur travail et à nous faire rêver; Tradigrain c du pain donc -mais du bon, du qui est « source de vie source de vrai source de plaisir » comme c écrit sur un prospectus donné avec: c du pain quoi ou de la baguette avec de la farine à base de céréales, intervention du meunier, puis on y ajoute des graines à l’état plus brut (c joliiiii)
        Prés de chez moi, sont proposées une baguette des près et une baguette au lin: benh ouais je sais où faut vivre moi.
        A C…i, on trouvait aussi le Festigrain: tu les entends les cimbales, les rires des majorettes et les merde! j’ai pris un confetti dans l’oeil?

        Ci-dessous un article que tu vas te régaler à lire sur la guerre ouverte à la Banette:
        http://tiloux.org/spip/spip.php?article1

        Des baguettes Tradigraine, tu en trouveras d’après Qype:
        A Nantes, 1 place Saint Félix à La petite Boulangerie
        A Paris, surtout dans le 10e j’ai l’impression, 34 Rue Yves Toudic chez Du pain et des Idées (au moins là on se déplace pas pour rien!)
        A Chartres, Place Drouaise à La Boulange(RIE)Saint Maurice mais là on nous parle du Fleurysou et de sa Fleuryse; est-ce vraiment la même chose? tu nous diras?
        Voilà.
        Autre chooose?
        Je peux?..ou faut aussi que je te parle des diverses graines à moudre en farine pour faire entre autre du pain? ou du travail du meunier?
        Hésites pas, tu sais où me trouver;

        • voilà du texte précis comme on l’aime
          jusqu’au maniérisme

        • les diverses graines à moudre je suis preneur
          suis en quête d’un sujet de livre

  6. « La base, c’est le parler. Lent, impérativement. »

    Bien sûr, parfois on fait face à une concurrence parfaitement déloyale sur ce point : par exemple quand on participe à une table ronde sur « le roman initiatique » en Suisse…

    Malgré cette légère défaillance, ce fut un plaisir de vous croiser 🙂

    Tranquillement vôtre,
    Anne

    PS Ma fille Léa vous remercie pour vos encouragements. Par contre, je suis au regret de vous informer que le Goncourt la laisse de marbre à ce stade. Vous aurez peut-être plus de chance de récupérer vos 10% s’ils créent d’ici là une catégorie blog (idéalement avec une sous-section David Bowie) 😉

    • si le Goncourt la laisse de marbre, elle a décidément un tempérament littéraire
      je réitère mes encouragements

  7. bonjour, j’ ai bien pris connaissance de tous vos bons conseils ( dit-il en souriant). L’ analyse est fine et le portrait du  » bien paraitre  » de l’ écrivain reconnu est adroitement débroussaillé . » il faut-être connu et reconnu  » me disait un éditeur…Et dès lors , comprenant que seule ma passion de la littérature ne suffirait pas ,je songer , pour aboutir , au nouveau personnage « mystique » , que le monde du livre eût plaisir à reconnaitre en moi .Quelle étrange chose que le monde des lecteurs ! à vouloir que les auteurs soient si différent d’ eux-même . Mais vous l’ avez si bien expliqué . Bon vent ! YVES .

    • Je ne voudrais surtout pas vous avoir découragé, Yves.
      Lisez l’essai, ça vous requinquera.

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