Begaudeau.info, le site officiel de François Bégaudeau

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Le Collectif Othon

Signalétique

nom : collectif Othon (Ocabillaud sonnait moins bien)

qui : une quinzaine de copains dont François Bégaudeau

quoi : du cinéma

genre : fiction ou documentaire

thèmes : sociaux et politique

tendance : gauche verdoyante

comment : tous ensemble, séparément ou chacun son tour

adresse : 10, rue Louis Blanc 44200 Nantes

email : collectifothon@free.fr

facebook : http://www.facebook.com/pages/Collectif-Othon/353545325092

président : Xavier Esnault

Autoportrait vidéo

 

 

Filmographie

2001 – Louisa (Fiction, DV, 35′)

2002 – To be a star (Fiction, DVCam, 95′)

2004 – La Santé (Fiction, DVCam, couleur, 140′)

2007 – Jacques (Fiction, HDV, couleur, 50′)

2008 – Jeunes, Militants et Sarkozystes (Documentaire, DVCam, couleur, 108′)

2010 – On est en démocratie (Documentaire, HDV, couleur, 105′)

Quelques réalisations

Le collectif Othon interroge 7 jeunes militants sarkozystes juste après l’élection puis leur redonne la parole un an plus tard le documentaire monté sous les yeux.

 

 

En 2009, des associations demandent à quelques collectifs de réaliser un film sensibilisant à la diminution des subventions alloués aux festivals de cinéma.
Le collectif Othon rend sa copie, ça s’appelle C’est quoi le problème?

 

 

31 Commentaires

  1. @Helene: quand tu veux, je suis ton homme
    (là j’ai une motivation de droite non?)

    • @Mam’: Les membres du collectif Othon interviewant 7 sympathisants de l’UMP en 2012, ce sont les rejetons de Socrate interrogeant les gens dans les rues d’Athènes au Vème siècle avant JC. Qui posait des questions sur la justice, la politique. Questions pas innocentes. Socrate qui voulait que ces questions interpellent et fassent réfléchir et remettre en cause la tradition. La tradition, le conservatisme, l’UMP.
      A la nuance près que Socrate questionnait son interlocuteur en vue de le convaincre de changer sa façon de voir. Les othoniens par cette vidéo ne souhaitent pas convaincre les 7 sympathisants UMP de changer leur opinion politique. Celui qu’il faut convaincre, c’est celui qui regarde/voit la vidéo.
      Convaincre indirectement. L’objectif premier étant de démonter les rouages de la pensée de gens qui se reconnaissent dans le camp politique de l’UMP. Et de pointer les lacunes de leur pensée parfois (sur l’histoire récente par exemple) – mais on n’oublie pas que les intervieweurs ont le pouvoir de choisir les thèmes et les questions, avantage. Ce qui ressort le plus c’est que finalement à droite on a d’abord des convictions, qui comme telles sont hermétiques à toute remise en cause (échange avec le jeune étudiant en droit sur le mérite par exemple).
      Et de se demander si à gauche ce n’est pas pareil. Et si cette démarche intellectuelle de penser et de réfléchir n’était pas circonscrite par des convictions – de gauche cette fois ?

      • « mais on n’oublie pas que les intervieweurs ont le pouvoir de choisir les thèmes et les questions, avantage »
        sur ce point, je renvoie au dernier quart d’heure du film

        • @François Bégaudeau: oui, j’ai entendu ce qu’ont dit les interviewés un an après : s’ils reconnaissent que certains thèmes n’ont pas été abordés comme l’Europe ou l’écologie…ou l’Europe…ou l’écologie = peu de thèmes en fait ou s’ils ont repéré qu’ils étaient « mauvais sur certains thèmes choisis = la culture par exemple,ils disent aussi qu’ils ont pu en répondant aux questions exprimer leurs idées = travail, famille, patrie, mérite.
          quand même les questions sur « la France » ont abouti à de jolis fiascos individuels (« les belles montagnes de France » par exemple) qui étaient prévisibles.
          dommage qu’aucun militant UMP interviewé n’ait eu l’idée de reprendre la démarche du collectif Othon à son compte et d’interviewer en 2012 maintenant que la gauche est au pouvoir les membres du collectif Othon, en choisissant ses thèmes et ses questions.

          • Je trouve que tu passes un peu vite sur ce dernier quart d’heure. Ok un des types dit que nous n’avons pas abordé certains sujets, mais c’est une réserve à l’endroit des interviews, pas du montage. Sur le montage, TOUS disent qu’ils le trouvent fidèle à leur pensée. Ce qui, je crois, lève ton objection précédente.

            Quant au dispositif inverse, nous serions ravis qu’on nous le propose. Mais on ne nous le propose pas. Commet se fait-ce?

          • @françois: je n’ai rien à dire sur le montage. « Tous le disent fidèle à leur pensée ». Ils sont surtout très contents d’avoir pu exprimer leurs idées, et l’essentiel est là finalement, peu importe les questions et le montage.
            d’ailleurs c’est peut-être parce qu’ils pensent surtout à parler de leurs propres convictions qu’ils ne vous ont pas proposé le même exercice en retour. aussi parce que ce ne sont pas des intellectuels (un des participant vous qualifie ainsi vers la fin de la vidéo), parce qu’ils ne sont pas organisés en collectif. parce que ça ne les intéresse pas de se demander ce que peuvent penser des gens de gauche-vert, sauf peut-être l’homme en binôme avec Xavier Trévaux (quand il demande en miroir à Xavier s’il pourrait être en couple avec une personne d’opinion politique différente de la sienne), je le trouve assez ouvert et différent des autres, même si ancré à droite manifestement.

          • Bon, ok, tu ne veux absolument pas dire les choses en mes termes. Ils disent pourtant bien que le montage est fidèle à leur pensée. Je trouve que c’est assez exceptionnel pour etre noté, et que ça abolit tout soupçon sur la partialité du montage. Mais si tu veux absolument minimiser l’honneteté du collectif, libre à toi.
            S’ils ne nous ont pas proposé le dispositif symétrique, c’est qu’ils n’y ont pensé à aucun moment, qu’ils ne savent pas ce qu’est un documentaire, qu’ils n’en voient jamais, qu’avant d’etre des non-intellectuels ils sont surtout des gens dénués de tout corpus critique. C’est comme ça.

          • @françois bégaudeau: c’est de la critique homéopathique de ma part. l’idée de gens de gauche-vert de proposer à des gens de droite d’exprimer leur point de vue sur des thèmes de société est formidable. le fait d’avoir abouti à réaliser cette idée formidable aussi. cela permet d’entendre dans la bouche d’individus sans liens entre eux si ce n’est l’adhésion à l’UMP de Sarkozy des prises de position sur des thèmes de société. belle entreprise.je ne mets absolument pas en cause la volonté affichée et réelle du collectif d’être aussi impartial que possible dans la conduite du documentaire.il en va de la qualité et de la crédibilité du résultat, non ?
            tu as la dent un peu dure avec « ceux d’en face », tu ne trouves pas ? « des gens dénués de tout corpus critique ». ce n’est pas un peu radical, expéditif ?

          • Notre but n’était pas d’etre impartial, puisqu’au contraire nous mettons en scène notre partialité, nous l’affichons (cela se fait peu)
            en revanche nous avons essayé d’etre honnete avec ce qu’ils nous ont dit, et d’en proposer un montage juste
            qu’ils aient validé ce montage a comme validé notre travail

            Quand je dis « des gens dénués de tout corpus critique », je ne fais que rendre compte de ce qui s’impose d’évidence dans les 20h de rushs que nous avons vus et revus: aucune mention, chez eux, d’un livre, d’un essai, d’un philosophe. Et bien sur absolument aucune connaissance de ce que la pensée critique de gauche a pu déplier depuis cent ans. Bourdieu, ils connaissent mais seraient incapables d’en dire quoi que ce soit. Je ne parle évidemment pas de Rancière, Deleuze. Ne parlons pas de Marx, dont ils ne savent rien.
            En soi ce n’est pas un problème. On peut parfaitement vivre sans. Mais dès lors qu’on leur demande de penser, ils bloquent très vite.
            Ils pourraient s’en sortir par le concret, par l’analyse précise de situations, mais il apparait aussi qu’ils ne sont jamais concrets.

      • @Helene & François: eh! z’avez commencé sans oim! j’arrive à l’arrache du coup:

        -il y a aussi les réponses à la question c’est quoi la France pour toi/vous? qui sont intéressantes aussi: on peut entendre c’est mon pays, j’y suis né, ia mes ancêtres, c’est porteur de valeurs dont je suis fier, ronron-ronron- mais on entend peu, il me semble, que c’est aussi et surtout le nom d’un territoire administratif géo-politique qui induit que quand on s’y trouve, dessus, on accède aux droits accessibles sur ce territoire (droit du sol>< droit du sang) et pas uniquement selon des racines, son sang ou je ne sais quoi d’autre.
        Intéressante aussi la comparaison amenant à se différencier ou pas de l’extrême-droite:
        on rit aigre car goût de vomi en bouche avec la citation-image du soleil jaune non, vert- mais d’où est donc parti Nicolas S.: quelle couleur déjà le soleil en France?- et j’ai plutôt entendu de la défense effarouchée à pouvoir avoir quelque chose d’extrême beuh..euh..j’aime pas les extrêmes, tout ce qui est dans les extrêmes, je peux pas et puis la personnalité de Le Pen, sa pointe de racisme mais de bonnes idées, ien a au centre-droit, comme ien a aussi à l’extrême-droite, à gauche aussi (ça s’ajoute en dernier presqu’un peu dur à prononcer non?)
        C’est surtout en propositions économiques que ça ne tient pas la route l’extrême-droite : et là, parmi les 7 confrontations, il y en a des propals économiques? je ne m’en souviens plus,
        mince,

        • @m’man rococum: oui je me demandais où tu étais passée. en attendant, ça m’a permis de clarifier la démarche du collectif othon sur le projet (cf message de François du 15/11 ci-dessus).
          sur la France, tu nous donnes ta définition : »il me semble, que c’est aussi et surtout le nom d’un territoire administratif géo-politique qui induit que quand on s’y trouve, dessus, on accède aux droits accessibles sur ce territoire ».
          je me suis posée la question de savoir comment j’aurais parlé de la France si j’avais été dans cette vidéo. ce qui est venu de suite ressemble à ce que tu dis : un lieu délimité par des frontières et sur lequel existe un ensemble de règles politiques votées par une représentation nationale. en toute honêteté j’ajoute que je perçois aussi la France comme une maison. j’ai conscience d’avoir ainsi un coude ou les deux dans la soupe mythique.essayons d’assumer. je pense à la France comme à une maison au regard des spécificités françaises telles que nous les renvoient les autres pays ou telles que nous en avons conscience nous-mêmes. il me semble que se cantonner à une définition administrative de la France ne rend pas compte de ce qu’est la France dans sa réalité et sa vitalité.
          ce qui peut me différencier de gens de droite sur cette question, c’est que je fais rentrer dans cette maison, certes l’histoire de France, le patrimoine pour faire court, mais aussi la diversité culturelle qui permet de renouveler cet héritage. au passage je trouve les militants UMP interviewés sur la culture énormément passéistes.

  2. Bonjour,
    je suis étudiante dans une école d’ingénieur en aménagement du territoire, et je réalise mon mémoire de fin d’étude sur un projet de rénovation urbaine à Montreuil. J’aimerais notamment étudier la place accordée à la participation des habitants du quartiers concerné par ce genre de projet.
    Mon maître de mémoire, chercheur en urbanisme, m’a conseillé de regarder « On est en démocratie » du collectif Othon.
    Est-il possible de se procurer quelque part une copie du film ou de le télécharger ?
    Merci pour votre aide.

  3. Et tiens je vous raconte mon aventure du jour à propos du travail ( famille patrie).Ce matin j’ étais censée arriver au boulot à 6h50 sauf que je ne sais pas ce que j’ ai bidouillé avec mon réveil-portable mais je me suis réveillée à 9h30 avec un grand choc quand j’ ai vu le jour par la fenêtre.Je me suis levé dans un état second de panique , j’ai appelé les collègues, je me suis lavé les dents ( parce que bonjour l’haleine de chacal), j’ai pris ma dose de nicotine pour androïde et j’ai filé comme un robot pour reprendre mon poste.Plus tard,après l’ épisode de la honte sur moi,nous avions une réunion qu’ on appelle analyse de la pratique.C’ est pour parler du boulot quoi, avec un psychologue.Je commence donc par raconter mon évenement extraordinaire du matin.Evidemment je n’ explique pas que j’avais eu tort de me coucher la veille à 1 heure du mat,que j’ avais eu tort de boire une bière ,que j’ avais eu tort d’ aller écouter les beegees chez mon amant (il a une chaîne de trois tonnes , vous verriez ça, vous seriez fou),que j’avais eu tort de passer mes deux jours de repos à pratiquer l’observation lourde de François Bégaudeau…Je n’ai pas été très honnête , j’ ai juste dis que pendant mes deux jours de repos j’ étais comme une merde et que si le travail nous bouffait l’ energie au point où on n’ arrivait même plus à avoir de l’ energie pour notre vraie vie,la vie n’était pas très interessante.Et là , ma collègue-anti-thèse dit : « les jours de repos c ‘est pour se reposer , c’est le moment où on est vraiment libre de ne rien faire et ceci pour avoir plus d’ energie au travail ».J’ai pas compris le concept.

    • Suis à moitié d’accord avec la collègue. Le jour de repos comme jour « où on est libre de ne rien faire », ok, parfait. (et libre aussi de faire trois footings, hein. Libre, quoi)
      Mais ceci « pour avoir plus d’énergie au travail », alors là on a envie de dire : la pauvre. Du workocentrisme de base. Le travail comme l’épicentre d’une vie.
      Si la gauche devait n’avoir qu’une idée, ce serait celle-ci, nécessaire et suffisante puisque tout le reste en découle : que le travail (salarial, du moins), ne soit pas le centre : qualitatitvement et quantitativement. Et d’un point de vue pragmatique, c’est le quantitatif qui déterminera le qualitatif: en tendant à un système où le travail n’occupe plus la majorité des heures diurnes d’une journée (ce qui n’est pas le cas actuellement, ou alors c’est du « poorjobing » vécu comme une tare), le travail finira pas n’etre plus qualitativement central. On y tend, on y vient, pas le moment de lacher. Prochaine étape : les 28h. Qui n’est pas pour n’est pas de gauche.

      • @François Bégaudeau: Oui moi aussi j’ étais assez d’ accord avec cette idée de liberté en dehors du travail ,sauf que je sens qu’il y a un piège.Par exemple, quand je sors du boulot il est vrai que j’ai l’impression d’ aller vers la liberté, la légèreté de ma vraie vie à moi.Mais boum , comme une chape de plomb , ça me tombe sur la gueule : la fatigue.Comme le psychasthénique de Vol au dessus d’ un nid de coucou ( « fatigué , je suis fatigué… »).Le travail, ça nous poursuit même lorsqu’ on n’ y est plus.J’ai lu une phrase de Boris Vian dans le monde libertaire de la fédération anarchiste ( ben oui): »le paradoxe du travail,c’ est que l’on travaille en fin de compte pour le supprimer ».En d’ autres termes ,la nature humaine n’est pas faite pour les efforts mais fait des efforts pour en faire le moins possible.Ceci dit il y a une forme de liberté dans le travail.Je pense que c ‘est ce que voulait signifier ma collègue.Pourvu qu’ on ait le choix d’ exercer le métier qu’ on aime.Et quand bien même on peut s’ arranger avec un métier imposé,on peut voir aussi une certaine liberté dans le sens où le travail émancipe de la vie de famille.J’ai récemment entendu plusieurs de mes collègues dirent qu’ elles avaient horreur d’être en arrêt maladie,qu’elles préféraient être au travail.J’ai trouvé que c ‘était un raisonnement de dingue.Mais je pense que cela à voir avec la solitude.Cela a certainement à voir aussi avec le fameux truc existentiel de « bon dieu , il faut bien que je trouve un sens à ma vie, que je serve à quelque chose… ».Est-ce un mouvement naturel de l’ humain ou est-ce pour répondre à l’ injonction de la societé ? Il y a deux ans,j’ai vu mon père tomber dans l’angoisse de mort lorsqu’ il a pris sa retraite.Par bon sens je me dis qu’ il vaudrait mieux trouver autre chose à faire dans la vie que de n’ être qu’un travailleur.Je dis oui aux 28 heures.

        • tu as tout dit
          et je ne crois pas que ce soit naturel
          ces réflexes d’auto-aliénation sont largement conditionnés par l’organisation de la société
          qu’un enfant naisse dans un monde où on travaille deux heures par semaine, et tu verras qu’il ne ressentira aucun vide à la retraite
          quant aux affaires du sens et de l’utilité, la liberté consisterait à s’en débarrasser
          faire une chose, non parce que ça a du sens, ou parce que ça fait sens, mais parce qu’on y trouve du plaisir

          qu’on puisse trouver de la joie dans le travail, of course
          mais vérifions bien que ce discours (j’y prends du plaisir) n’est pas une sorte de justification a posteriori d’un fait qu’on subit (devoir manger et donc travailler)

          • @François Bégaudeau: Waow , je n’en reviens pas , comme vous écrivez vite (comme vous avez de grandes dents), j’ ai juste eu le temps de passer le balai sur 45 m2.Aaah ,c ‘est un métier , j’ admire.Moi il me faut sans cesse rectifier,reprendre,pinailler,comme si j’avais du mal à penser.Je mets trois plombes pour écrire trois lignes.

          • Comme Flaubert

          • @François Bégaudeau: Bon, ça tombe bien que vous parliez de la liberté et du plaisir parce que j’ avais envie de vous parler d’ Albert Camus.Je n’avais jamais rien lu de lui jusqu’à ce que je tombe sur le point où Michel Onfray parle de lui.Le point c ‘est celui de mon père , il a toujours le nez dedans tant il est vrai qu’il est nécessaire d’ avoir ce genre de lecture lorsqu’on est sur le point de tomber dans la mélancolie parce qu’ on ne travaille plus (et là je recommence à faire mon Flaubert).Michel Onfray ,je le connais un peu pour avoir acheté l’ un de ses bouquins ,le traité d’ athéologie.J’avais du mal à le lire, c ‘était plein de références historiques, trop complexe pour moi.En gros il me faisait si bien chier qu’ un jour il est tombé dans les chiottes et a fini à la poubelle.Mais , trève de fioritures, j’ai lu l’ étranger de Camus.J’ai été scotchée par un passage , lorsqu’ il raconte sa vie en prison « ensuite je n’ avais que des pensées de prisonnier…j’ai souvent pensé alors que si l’on m ‘avait fait vivre dans un tronc d’ arbre sec, sans autre occupation que de regarder la fleur du ciel au dessus de ma tête,je m’ y serais peu à peu habitué.J’aurais attendu des passages d’ oiseaux ou des rencontres de nuages… ».J’imagine alors le plaisir du mec quand il voit passer un oiseau,un nuage.Puissant.Quand j’y repense il ne serait pas un peu épicurien ce moment là ?

      • Euh … les 28 heures, cela me paraît utopique, dans le sens où elles seraient (certainement) difficilement respectées de manière effective.

        28 heures sur 5 jours, cela fait 5,6 heures par jour, disons 6 heures, donc, par exemple, si une personne commence à 9h00, en comptant l’heure du déjeuner, elle pourrait terminer son travail à 16h00. Je sais que certaines personnes commencent à travailler (très) tôt le matin, et terminent à 16h00. Mais, si on prend le cas d’emplois de bureau, je ne suis pas sûre que beaucoup d’employeurs apprécieraient que leurs employés désertent l’entreprise à 16h00.

        Une autre solution serait 28 heures sur 4 jours, donc 7 heures par jour (peut-être plus envisageable) mais, là encore, cela plairait-il à beaucoup d’employeurs que leurs employés bénéficient automatiquement d’une journée RTT chaque semaine ?

        Concernant la fatigue liée au travail, je ne crois pas qu’il faille incriminer uniquement le travail que l’on fait. Personnellement, une journée de travail commence quand je pars de chez moi, et se termine quand je rentre chez moi, c’est-à-dire le travail en soi (plus ou moins trépidant, selon les jours) + transports (ce n’est pas la faute de l’employeur, mais il s’agit, je crois, d’une fatigue qui s’accumule insidieusement, au fil des jours – et encore, je ne me plains pas, parce que, dans ma situation, ce n’est pas un drame si je loupe un train parce que j’ai été retenue un peu plus au travail ou autre – c’est donc une source de stress en moins).

        Quand on occupe un emploi de bureau, je crois qu’il arrive parfois, pendant certaines périodes creuses, que l’on vienne au bureau uniquement pour faire acte de présence. A la longue, cela peut paraître bizarre, mais ça peut lasser et fatiguer, d’autant plus que l’on part de chez soi à la même heure, et on rentre à la même heure, que l’on soit occupés dans la journée, ou pas.

        A l’inverse, il peut y avoir des journées calmes, et puis, trois ou quatre jours plus tard, la charge de travail est multipliée (un peu tout en même temps, trois en un).

        Je crois que ce qui peut fatiguer, c’est le manque de régularité dans l’activité professionnelle (un jour, c’est trop calme, le lendemain, c’est tout en même temps, plus gérable du tout).

        Ce week-end, ils parlaient dans les médias de la Suisse, où il a été demandé aux Suisses s’ils souhaiteraient bénéficier de deux semaines de congés supplémentaires. Les Suisses ont refusé ces deux semaines de congés supplémentaires à une large majorité. Je pense que beaucoup de Français, en entendant cela, ont dû se dire « Mais ils sont fous ! Pourquoi refusent-ils ? ». J’ai même entendu un imprimeur Suisse dire qu’il travaillait 45 heures (je crois que c’est la durée légale du travail en Suisse), que c’était bien comme cela, et qu’il était dans la mentalité suisse de travailler toujours plus, en gros le travail est majoritairement considéré comme un plaisir là-bas, visiblement plus qu’en France où, me semble-t-il, d’après ce que j’entends autour de moi, une minorité ou une très petite majorité de personnes s’épanouissent vraiment dans leur travail. Sauf les personnes qui peuvent vivre de leur passion. En fait, je me suis dit que les Suisses étaient peut-être attachés à la qualité de leur rythme de vie professionnel, dans le sens où la régularité quotidienne de leur travail leur permettait d’avoir un rythme de vie stable, certainement moins fatiguant pour les organismes humains qu’un rythme en dents de scie. Personnellement, je trouve toujours que la régularité dans le temps est moins usant qu’une altrenance entre des périodes creuses, donc censées être reposantes, et des périodes chargées, complètement épuisantes, tellement épuisantes que la fatigue se fait ressentir pendant les périodes creuses, quand le corps se détend et que l’on se traîne, en essyant de récupérer. Après, s’il reste du temps, et lorsque l’on a refait le plein d’énergie, on peut essayer de se consacrer à des loisirs. Sans vouloir vraiment dire qu’il faudrait se demander s’il ne serait pas préférable de travailler moins au quotidien (mais vraiment moins longtemps, c’est-à-dire que les heures de travail seraient respectées, et pas un jour oui, un jour non) et d’avoir moins de congés, mais cela ne va pas plaîre à tout le monde, et ce n’est pas facile à mettre en place.

        Le problème, en France, et ce qui est regrettable, c’est qu’il est vrai qu’après une journée de travail, l’énergie est souvent au plus bas, et l’on n’a qu’une idée : se reposer, recharger les batteries, pour affronter la journée de travail suivante. Pourtant, certaines personnes, peut-être plus motivées que d’autres, se consacrent à des loisirs (sports, activités culturelles, …) le soir, après le travail. C’est un rythme à prendre, un équilibre à atteindre. Personnellement, je suis admirative, quand j’entends des personnes dire qu’elles vont faire du sport après une journée de travail, mais chacun son truc.

        Et puis, en France, on peut dire que le problème des journées trop chargées commence dès l’enfance, puisque les rythmes scolaires sont réputés être trop fatigants pour les enfants, les journées d’école trop longues et finalement peu profitables pour un bon apprentissage. Et on tourne en rond, parce que, si on allège les journées d’école, qui s’occupera des enfants dont les parents travaillent ? Dans ce cas, il faudrait effectivement alléger simultanément les journées de travail et d’école.

        Peut-être envisageable …

        • Utopistes ont été nommés tous les progrès sociaux avant qu’ils ne prennent effet. Comment crois-tu qu’un citoyen de 1910 aurait appelé l’idée qu’un jour les gens travailleront 35h? utopistes bien sur, puisque lui ne se basait que sur la norme des 60h qu’il donnait chaque semaine à son patron.
          Celui qui dit « utopiste » à propos d’un progrès a, comme dit Rancière, un réel de retard. Etre de gauche c’est avoir un réel d’avance. Dans cinquante ans les gens trouveront étonnant que des gens aient pu accepter de bosser 35 heures.
          Tes arguments contre les 28h n’adoptent que le point de vue des employeurs, c’est en cela que tu bloques. Un employeur voudra toujours que ça bosse plus. Mais ce ne sont pas les employeurs qui font avancer le progrès social.
          On reparlera une autre fois de la possibilité réelle de travailler 28h, et même 22, et même moins.

          • @François Bégaudeau:

            Le problème est que je perçois les choses en fonction de ma situation professionnelle, à savoir travailler dans une structure équivalente à une entreprise (taille + fonctionnement). Je comprends bien que des personnes évoluant dans un autre milieu professionnel aura une autre viison des choses. Quand je dis « autre milieu professionnel », je pense en fait à tout ce qui n’est pas le travail en entreprise ou dans une administration, en gros tout ce qui n’est pas un emploi de bureau. Ca peut être prof, ou écrivain, ou toute autre carrière artistique. Dans ces métiers, le temps de travail me semble être plus fexible, dans le sens où il y a une plus grande latitude dans l’emploi du temps quotidien. Ce qui ne veut pas dire qu’un prof, par exemple, effectuera moins d’heures de travail effectif qu’un employé en entreprise, sous prétexte qu’il passe moins de 35 heures à l’école. Je suis bien d’accord que, pour un prof, par exemple, quand il fait une heure de cours, il ne peut rien faire d’autre pendant une heure. Il doit faire cours, s’occuper de sa classe. En entreprise, quand on occupe un emploi de bureau, il est (très) possible que l’on passe, par exemple, 8 heures par jour dans l’entreprise, mais que l’on ne fait pas 8 heures de travail effectif, dans le sens où il peut y avoir des temps morts, des pertes de temps.

            Quand je dis que les 28 heures sont utopistes, je veux dire qu’il ne me paraît pas très judicieux de faire miroiter à des employés la possibilité de travailler moins, par le biais d’une loi, par exemple, et que, dans la réalité, cette loi sera (souvent) contournée par bon nombre d’entreprises. Dans mon esprit, ce n’est pas une question de droite / gauche / opposition au progrès social. C’est plutôt que c’est la réaction que m’inspire ce que j’observe autour de moi, dans le milieu professionnel dans lequel je travaille. Malheureusement, si, admettons, une loi rendait le temps légal de travail égal à 28 heures, ou moins, je pense que la réalité dans beaucoup d’entreprises serait la suivante :

            – soit l’employeur encouragerait ses employés à effectuer des heures supplémentaires, ce qui leur permettrait de gagner plus. Mais, pour un employé qui pensait utiliser le temps de travail en moins pour se reposer, s’adonner à des loisirs, ou autres activités extra-professionnelles, je ne vois pas en quoi il y gagnerait ;

            – soit le critère d’être prêt à travailler plus que le temps réglementaire deviendrait un critère de sélection. A l’embauche, l’employeur choisira un candidat prêt à travailler plus pour gagner plus.

            Et l’employé qui ne demandera rien, qui souhaitera faire ses heures et rien de plus, sera mal considéré, ou considéré comme faisant du temps partiel.

            Je travaille dans une structure similaire à une entreprise, dont les « chefs », pour la plupart, sont en statut libéral. Libéral = pas d’heures fixes, plus ils travaillent, plus ça rapporte, mieux c’est. Il m’est arrivé de travailler avec une personne n’admettant pas que je fasse valoir le fait de pouvoir partir à l’heure, à tel point que ça n’a pas arrangé nos relations de travail. C’est un critère que j’ai trouvé totalement hallucinant pendant toute la période pendant laquelle j’ai travaillé pour elle, d’autant plus qu’il était insoluble d’essayer de trouver une solution. Une sorte de bras de fer. J’ai regretté le fait qu’il n’exitait pas de pointeuse dans l’entreprise (ça peut être perçu comme un inconvénient, un fil à la patte, mais ça peut être utile pour faire valoir ses droits « horaires »).

            Heureusement, cette situation n’est pas ultra courante.

            Mais c’est ce qui explique que je peux paraître « n’adopter que le point de vue des employeurs ». Je me projette peut-être un peu trop dans ce qui me paraît être une (malheureuse) réalité professionnelle. Je suis d’accord que « ce ne sont pas les employeurs qui font avancer le progrès social » mais, quand on travaille en entreprise, on est un peu dépendant d’eux.

          • S’il s’agit de penser le travail, le temps de travail, la condition humaine dans le travail, il faut absolument prendre de la hauteur, les considérations que tu exprimes sont trop administratives, l’enjeu est ailleurs.
            L’enjeu, le vrai, est double :
            -considère-t-on que le progrès de l’humanité consiste à tendre vers moins de travail? vers 2h de travail?
            -est-ce possible?

            Pour ce qui me concerne je réponds oui aux deux.

          • @François Bégaudeau:

            Utopistes ont été nommés tous les progrès sociaux avant qu’ils ne prennent effet.

            Je suis entièrement d’accord avec cette phrase et totalement en désaccord avec le fait qu’elle ne serve que pour le dossier temps de travail.

  4. Je viens de regarder le film sur les jeunes militants.C’ est très intéressant même si des fois j’ai décroché ( plutôt ma faute , ma très grande faute).Je reste bien perplexe sur leurs réponses à propos de la France.C’est assez vague, pas très convaincant alors qu’ils soulignaient auparavant pour certain l’ importance d’aimer la France.Du coup , je me pose la question à moi-même.Qu’est-ce que la France? J’imagine que c ‘est une question de droit non? Je ne m’ y connais pas dans ce domaine , mais bon , à partir du moment où on met un pied sur un territoire on est soumis à des lois propres a ce territoire.Et je pense alors que c ‘est seulement ça qui la définit, la différencie des autres pays.Les belles montagnes,la culture,le patrimoine,tout ça , est-ce que cela n’ appartient pas plutôt au monde ?

    • Parfaitement d’accord. Etre de gauche ça devrait etre ça : ne fonctionner que sur des entités juridiques et administratives. La France est juste un ensemble de gens soumis à la même législation, qu’ils décident plus ou moins, peuvent plus ou moins infléchir.
      On peut ensuite trouver le littoral français très beau, mais, sauf bêtise dont nos militants offrent une vertigineuse démonstration, en aucun cas ça peut façonner une politique, un système moral, des options juridiques. Quant à la fierté, cette notion, en tous domaines me laissera toujours reveur.
      Ce pourraient etre de bons sujets de débat ici : en quoi vous sentez-vous français ; en quoi la notion de fierté peut-elle etre opératoire

      • @François Bégaudeau: Tenez http://youtu.be/wc9ysuSfYjc ,j’avais envie de vous donner ça.Je ne savais pas trop où le mettre.Sur le dis moi, ça aurait fait tâche en ce moment.Ici, ça fait lien avec la liberté,la patrie, l’ immigration, le travail.Plutôt bien vu , je me félicite.Sur ce, je vous ficherai la paix pendant au moins 2 jours puisque je pars pour Montreuil-sous-bois.Allez,ciao,à plus,bisous ( pfff,n’importe quoi ).

  5. pédagogique simplement.les « chaises musicales » ça brouille bien les pistes du coup et la tentation de sympathie vers l un ou l autre des personnages.en plus j’ai la sensation que ça un double effet: celui qui ne sait pas n’est pas ridicule celui qui sait ne s’empare pas du pouvoir dans la relation.c’est juste de l info qui circule

  6. Pour info:
    Noël Godin porte une santé, comme il l’écrit, aux éditions Capricci dans le Psikopat 235 d’octobre 2011 et ce dans sa chronique de l’Entarteur Littéraire pour-La Saga Cinéastes, de notre temps d’André S.Labarthe avec Dvd en renfort-où l’on participe à des entretiens conduits par E.Burdeau avec Monte Hellman et Judd Apatow (c’est un petit encart de 20 cm2 mais je le tiens à dispo si ça intéresse)

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