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Une histoire d’homme

Article pour la Nouvelle Revue Française (si c’est vrai) soumis au copyright

C’est au sein d’une logique globale qu’un homme de gauche en vient à prêter l’oreille aux questions soulevées par les mouvements féministes. Puisqu’il souhaite l’égalité de tous, bourgeois et ouvriers, blancs et noirs, jeunes et vieux, il souhaite que les hommes et les femmes soient égaux devant la loi ou le travail.

Matrice efficace pour fabriquer du féminisme, la pensée de gauche est donc quelque peu castratrice, du moins neutralisante. L’intégration de la question des sexes au paradigme très large de l’égalité se fait au risque de son absorption, d’une mise sous tutelle qui l’escamote. Version gauche radicale : si la femme est le prolétaire de l’homme, abolissons d’abord les classes et le problème ne se posera plus. Version gauche républicaine : si la République est une et indivisible, la revendication féministe est une revendication à l’indifférence ; la femme aspire à être un homme comme les autres. Dans les deux cas, la question des sexes n’est appréhendée que par la négative : dans une République digne de ce nom ou dans une société communiste, elle ne se poserait pas. Le féminisme est une cause à promouvoir autant qu’un mauvais symptôme, un pis-aller, une petite concession minoritaire dans un ensemble théorique qui dénie à toute minorité une puissance positive. Pas une question en soi, en tout cas.

Un adolescent plongé dans ce bain est féministe sans y prendre garde. Ça fait partie du lot idéologique dont il échoit, qui comprend la sympathie a priori pour les grévistes, le soutien aux Palestiniens et plein d’autres jolis cadeaux humanistes déposés au pied du sapin sans même qu’il les ait commandés –et sans qu’il y ait eu propagande. Fils de communistes par ailleurs peu prosélytes, rendons-leur cette grâce, j’ai inhalé le féminisme à l’insu de mon plein gré. On ne perçoit vite plus l’odeur d’une maison où l’on habite. C’était dans l’air, dans les faits. Mon père qui débarrassait la table, s’occupait du lave-vaisselle, et partageait le volant avec ma mère sur les longs trajets. Ma sœur qui faisait beaucoup de sport et qu’on a laissé sortir assez tôt. Les couples amis dont le membre féminin travaillait invariablement et n’attendait pas que l’autre membre l’y autorise pour prendre la parole, loin s’en faut. Mimi Gindreau, Renée Mercier, Claude Seize.

Lorsque j’adviens à la parole politique, du côté des années 83-4, ça ressort tout seul. Par le nez, presque. Bien sûr que je trouve scandaleux que la rémunération des femmes soit inférieure à celle des hommes à travail égal, et qu’on ait attendu 1946 pour leur accorder le droit de vote ; bien sûr que je ne verrais aucun inconvénient à ce qu’une femme soit élue Présidente de la République – la femme est un homme comme les autres, m’entends-je encore clamer au milieu de la cour du lycée Jules Verne de Nantes.

Ça va sans dire, à force ça va même sans penser.

Pendant ces années de militantisme écolier, je suis féministe par principe. Abstraitement. Mathématiquement. Je ne me demande ni si je suis macho (je ne le suis pas, ça va sans dire et sans penser), ni si les femmes sont des chiennes (elles ne le sont pas, ça va sans dire et sans penser). J’égoutte la question du bouillon de chair, de sperme et de sang menstruel dans lequel elle trempe.

Je ne me demande même pas quel intérêt personnel je peux avoir au féminisme. Après tout, en tant qu’homme, je ne devrais pas désirer que des femmes puissent rivaliser avec moi dans le monde du travail, ou à l’école, ou dans les conversations. Je devrais m’accrocher à des prérogatives de dominant qui faciliteront ma réussite et mon aisance sociales. Or, selon l’ADN de gauche toujours, un principe n’a rien à voir avec un intérêt. Il est même d’autant plus un principe, il est d’autant plus noble et humaniste, qu’il est contradictoire avec l’intérêt personnel, dont la pensée communiste est une sorte d’exorcisme. L’engagement politique, a fortiori celui d’un petit bourgeois (les prolétaires ont le droit de lutter pour leurs intérêts, eux, c’est normal ils sont pauvres et faibles), a à voir avec la vertu, et la vertu se mesure à la capacité à réprimer notre satisfaction immédiate.

En poussant : je suis d’autant plus féministe que je n’ai pas intérêt à l’être. Se poser la question de l’intérêt personnel que j’aurais au féminisme serait incongru, inopportun, attentatoire à la morale et à la rigueur chrétiennes de ma famille la gauche.

Aujourd’hui que toute délibération morale est articulée voire ordonnée à ce système d’affects et de sensations et de pensées qui s’appelle le corps, aujourd’hui qu’on aime la vie davantage que la vertu ou que le souci de la première tient lieu de l’autre, que le reversement des valeurs nietzschéen a établi qu’il est moins immoral d’écouter un désir que d’y résister, et qu’à tout prendre le corps est un conseiller au moins aussi fiable, juste et constant que l’esprit, la question de mon intérêt au féminisme est devenue urgente. Si mon féminisme est un sacerdoce, au mieux un compagnonnage lointain et abstrait, il ne vaut rien. Il est exsangue, dévitalisé – et peut à ce titre facilement se renverser en son contraire, comme tout principe.

En quoi le féminisme est-il bon pour l’hominidé de sexe masculin que je suis ? En quoi puis-je le désirer ? On dit bien : le désirer.

Une première réponse, qui peut-être englobe les autres : le féminisme m’intéresse dans une perspective vitaliste. Les femmes sont séquestrées, assignées à des taches inférieures, , opprimées, étouffées, corsetées, entravées ; leur cerveau, leur cul, leurs sens ; en se libérant elles libèrent de la vie. Elles multiplient par deux l’énergie vitale libérée et consommée par l’espèce humaine. Le monde gagne en talent, j’en profite, comme je profiterai d’une nouvelle vague en cinéma ou d’un mouvement de rock émergent. Nouveaux arrivages, on se précipite au port voir les poissons inédits. Mon quotidien s’enrichit, se densifie, s’embellit, et pas seulement au sens où je peux profiter des jambes dénudées par les jupes courtes ou des culs galbés par les pantalons. Les femmes accédant à la parole et actualisant publiquement leur intelligence et leur humour, cela double le matériau comique et intellectuel dont je peux jouir. Avant Coluche seul m’augmentait (au sens spinozien), aujourd’hui c’est Coluche + Foresti. Le calcul vitaliste est un calcul élémentaire.

Si élémentaire qu’on se demande pourquoi si peu d’hommes le formulent.

La raison en est pourtant toute bête : la majorité des hommes ne se sent pas augmenté par l’existence de Foresti, de Sarraute, de Bidgelow, de toutes mes copines émancipées. Au contraire ils sentent, sans se l’avouer ou en se l’avouant, en le clamant même parfois, que dans l’opération leur puissance s’est divisée par deux ; que leur vie s’en est trouvée moins intense, agréable, exaltante. Sans compter ceux qui pensent que l’art, l’humour, la politique, la vie publique se sont dégradés en accueillant en leur sein des femmes. Ils existent et se reconnaîtront.

Le féministe vitaliste implique une certaine femmophilie, alors que le féminisme de principe évacue l’examen de l’estime et de l’amour qu’il porte au sexe aliéné Au contraire il y a un certain engagement féministe, minoritaire au sein de cette constellation complexe, qui semble vouloir abolir le féminin, le neutraliser, lui régler son compte. Et s’empresser, par noble scrupule intellectuel dira-t-on mais est-ce bien cela ?, de recouvrir sous le nom d’essentialisme, toute tentative de faire droit à quelque chose qui s’appellerait le féminin.

On en arrive à du simple : un homme a intérêt à être féministe s’il aime les femmes.

Mais aimer les femmes, qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Outre qu’il y a de tout au Bazar de l’Hotel des Femmes (il y a Britney Spears ET Fadela Amara) et que cette généralité se dissout dans le multiple au nom de quoi l’on parlait il y a trois lignes, beaucoup d’hommes disent aimer les femmes (Julio Iglésias, Jacques Dutronc, plein d’autres) sans être du tout féministes (Julio Iglésias, Jacques Dutronc, plein d’autres). Aimer les femmes : romans et chansons sont emplis de ce refrain où culmine une ode à leur grâce muette, à leur ténébreuse fatalité, à leur émouvante fragilité de petit chiot au poil court. La vieille mainmisogyne continuée par les moyens retors de l’hommage.

Je peux aussi aimer les femmes pour la promesse érotique que leur corps formule muettement. Ici aimer les femmes signifiera aimer baiser. Ça n’est pas aussi déconnecté du féminisme qu’on pourrait le croire ; on se demande même ce que vaudrait, pour un homme, un féminisme sans épaisseur érotique, et aussi désincarné qu’une pensée démocrate qui ne s’infèrerait pas d’un goût pour la foule, le nombre, le grouillement. Mais en ce point s’ouvre une boite de nouvelles questions difficiles, brûlantes, nouées, qui font du vitalisme le féminisme le plus fertile et le plus sulfureux pour la pensée, et à l’occasion pour l’art : si j’aime dominer dans le sexe, si c’est une certaine soumission de ma partenaire qui m’excite, jusqu’à quel point cela entache-t-il mes options égalitaristes ? Par extension : puisque le vitalisme ne va pas sans un certain goût pour la virilité, jusqu’à quel point est-il compatible avec la femmophilie où s’originerait mon féminisme ?

Le Scum Manifesto de Valérie Solnas propose une résolution tonitruante, et pas si folle, de l’aporie : le féminisme est apologie des femmes et de la virilité puisque ce sont les femmes qui sont viriles.

Dans le définitif King-Kong Théorie, Virginie Despentes propose une résolution symétrique. Non pas faire passer la virilité du côté des hommes, mais les en délester. Le féminisme se destine aussi à l’homme que la phallocratie accable. Il le libère de la nécessité de faire le mâle, jouer les durs, bomber le torse. Il lui accorde le droit d’être petit, pas musclé, tendre, pleurnicheur, de ne pas aimer le sport, d’avoir peur de se prendre des coups au rugby comme le raconte Guillaume Galienne dans son spectacle, de ne pas assurer au pieu, et bien sûr de se maquiller peinturlurer habiller en rose (ou jaune) –ou comme sa mère (Galienne toujours). Beaucoup d’hommes sont las d’avoir à chanter comme un coq. L’avènement d’une société profondément mixte, dans ses structures autant que dans sa stylistique générale, leur fera l’effet d’un bon débarras.

Rassérénés, ils s’assiéront face à une rivière et repenseront à quel cauchemar ce fut.

Par ailleurs un homme peut aimer faire le cow-boy avec sa bagnole sans pour autant priser et cautionner le concours de bite à grande échelle à quoi se résume parfois la vie publique, la politique, l’Histoire. À ce titre il ne se contente plus de n’être pas embarrassé par la perspective qu’une femme dirige son pays : il la souhaite et vote Ségolène aussi pour ça en 2007. Ça n’est pas une garantie sociale ni rien (oui, ok, Thatcher tout ça), et il arrive qu’une femme au pouvoir, comme une femme flic, compense son déficit de légitimité en surjouant la comédie de gourdin (oui, ok, Thatcher tout ça). Mais d’un coup l’air qu’on respire n’est plus tout à fait le même. Il est désormais un peu moins vrai que le monde adulte perpétue les sottes bastons de cour de récré. Il est un peu moins vrai que le Président s’appelle Phallus Premier. Les pays à parité parfaite en politique sont aussi ceux (Suède et Norvège bien sûr) où les ministres vont au boulot à vélo. Le spectacle a changé de teneur, le théâtre joué n’est plus de la même espèce. Et moi l’homme repu de grotesque viril je me sens mieux.

Je suis féministe parce qu’en tout je cherche : à me sentir mieux.

La vingtième siècle en aura vu des choses, et parmi ces choses il aura vu la massive pénétration du champ esthétique par les femmes. Un viol collectif, on dirait. Combien de femmes écrivains connues avant 1900 ? De femmes peintres ? De compositrices ? Les exceptions rendent plus douloureuse la règle. Depuis cent ans, on est sur la voie de l’équilibre. Un nombre sans cesse croissant de noms d’écrivaines circule dans l’espace littéraire français, pour ne parler que de lui. Ça ne signifie pas qu’on les considère avec autant de déférence que leurs collègues hommes, mais tout de même.

Féministe de principe, féminisme par métonymie de mes convictions de gauche, je me réjouis. Si une femme veut écrire, rien ni personne ne peut désormais l’en empêcher. C’est ce qu’on appelle une avancée. La cause de l’égalité a progressé. Mais quel intérêt substantiel, tangible, sexuel, tirer de ce rééquilibrage ? Au contraire, écrivain mâle, la féminisation de ce qui fut longtemps une place forte masculine devrait m’inquiéter. Il y a déjà peu de lecteurs pour beaucoup de livres, si les femmes s’y mettent ça va devenir très compliqué de vendre. Mon petit business d’écrivain va souffrir, souffre déjà d’une telle concurrence.

Mais si le substitue aux petites crispations narcissiques (qui sont, ici comme ailleurs, un mauvais calcul de puissance), l’intérêt bien compris de ma vitalité, alors je ne peux que m’enthousiasmer de voir celle-ci s’augmenter d’auteurs femmes, si du moins l’on admet que la littérature soit un surcroît de vie. Nous étions 10000 à écrire, nous voici 20000, bonne nouvelle. Plus on est de fous – de folles.

Par ailleurs, lecteur et/ou écrivain, je suis intéressé à ce que la littérature soit meilleure, plus diverse, etc. Mais l’arrivée des femmes dans le jeu entraîne-t-elle un changement qualitatif de la littérature – aux deux sens du terme : à la fois changement et gain de qualité ? Question difficile, risquée, de celles qui foutent en l’air une rencontre en librairie. On marche sur des œufs. S’il y a une écriture féminine, la littérature se diversifie en faisant une place aux femmes et j’ai de quoi me réjouir. À moins de considérer que cette nouvelle composante dégrade l’ensemble. Certains ne se gênent pas pour le penser : l’écriture féminine ayant bien sûr à voir avec l’intimité, la littérature serait en train de se vendre au bidet, etc. À ce titre les écrivaines ont raison de mettre un casque à l’approche de la vieille et savonneuse problématique de l’écriture féminine. Ça commence comme une question universitaire, inoffensive et appliquée, ça finit en assignation à résidence : une femme est prisonnière de son sexe, elle ne peut donc accéder à l’universel comme c’est la marque de fabrique du grantécrivain (nom masculin singulier). CQFD : on ne comptera jamais d’écrivaines parmi les génies (nom masculin pluriel) de la littérature.

Un féministe-friendly fera bien d’esquiver aussi. Il se contentera de dire de sa lecture de Virginia Woolf ce que disait en gros Nietzsche de celle de Montaigne : la vie (et donc la mienne) s’en trouve meilleure.

Il pourra ajouter qu’il attend toujours avec impatience les livres de Véronique Ovaldé, Olivia Rosenthal, quelques autres.

Et finir par deux remarques.

La première, c’est que, écriture féminine ou pas, une femme ne vit jamais exactement comme un homme. Par suite, les femmes font entrer en littérature de nouveaux points de vue, au sens le plus spatial du terme. Je ne dis pas qu’elles sentent ou pensent différemment. Je dis qu’elle vivent différemment. Comme un habitant de Mulhouse vit différemment d’un habitant de Dijon.

Je finis à l’instant le nouveau roman de Nicolas Rey, où l’auteur chronique ses premiers pas dans la paternité. Ne craignons pas d’être tautologique : si son épouse Marion prenait la plume pour conter la même période, ça ne donnerait pas le même texte. Un accouchement depuis la table ou depuis le couloir, c’est pas pareil. Donner le sein ou regarder sa femme donner le sein, c’est pas pareil. Une épouse de soldat envoyé en Afghanistan sécrète une mixture de faits, d’affects et de pensées différente de celle sécrétée par son combattant de mari.

Je pourrais en dire autant de ce manuscrit lu la semaine dernière où la narratrice raconte les sept jours qui précèdent un avortement. Mais ça laisserait croire que je pointe des différences organiques –même si comme dirait mon amie Joy au bout du compte on a quand même un utérus et merde c’est pas rien quoi.

Alors que je ne parle que de données factuelles.

J’ai peu de copines qui ne m’aient dit que marcher dans Paris signifiait se faire siffler ou interpeller, ou insulter tous les cinquante mètres par des mecs plus ou moins offensifs. Voilà une chose que j’aurais été bien en peine de constater, et que je ne serais pas le mieux placé pour raconter – moi mon truc ce serait plutôt raconter comment je siffle ou interpelle ou insulte les filles que je croise dans Paris.

Il n’y a ni essence ni nature féminine ? Soit. Mais factuellement la journée d’une femme ne ressemble pas à celle d’un homme. Attendu que le réel demeure la matière première de la littérature, quelque transformation qu’elle lui fasse subir, la littérature gagne à s’alimenter à de nouvelles sources existentielles (de même qu’elle gagne à convier à son banquet des ingénieurs, des Arabes, des sportifs, des chiens doués de parole). Et moi lecteur et/ou écrivain, je gagne à fréquenter une littérature qui a enrichi, étendu, raffiné le réel qu’elle traverse, absorbe, saisit, brasse, triture, transforme, détourne, mythifie.

La seconde remarque concerne, non plus les textes, mais le contexte. L’évaluation de l’apport des femmes dépend aussi, surtout, de l’estime dans laquelle on tient le champ littéraire tel qu’il s’est configuré depuis quatre ou cinq siècles. Si l’on aime que les batailles littéraires aient succédé aux batailles tout court dans un monde occidental pacifié, que les écrivains s’invectivent à coup de bons mots, de calembours, d’aphorismes et d’éditoriaux paf dans ta gueule, comme on se donnait rendez-vous le lendemain à l’aube pour ferrailler devant témoins, alors les femmes ne sont pas les bienvenues. Si l’écrivain entend user de sa plume comme d’une épée, si le jet d’encre sur la feuille s’amalgame dans en son esprit à un jaillissement spermatique, il ne voit pas d’un bon œil que des créatures dénuées de testicules y fassent irruption. Une activité où les femmes brillent ne vaut plus comme étalon de votre virilité.

Si à l’inverse vous trouvez ridicule, pathétique, poussiéreuse la parodie de roman de chevalerie que persiste à donner le milieu littéraire, si vous êtes las de porter l’épée et avez chaud sous la cape, l’entrée des femmes dans le jeu vous est une occasion salutaire d’enterrer l’une et de tomber l’autre. Il en va de leur présence en littérature comme de leur arrivée en politique : cela ne garantit rien quant à la qualité des productions, mais soudain la pièce de théâtre rend des accents plus doux à vos oreilles.

Vous avez eu chaud. C’était moins une. Il était grand temps que la cavalerie des femmes vienne vous libérer du mortifère entre-soi masculin

L’occasion est belle, pour vous prédestiné à mêler votre son de cloche à la fanfare des plumitifs fanfarons, d’entonner une autre partition. Désormais vous ne jouerez plus la comédie des courants, des écoles, des revues. Vous ne vous mêlerez d’aucune polémique. Vous formerez des équipes mixtes. Vous tisserez, avec des femmes, des liens qui ne visent pas à former réseau mais à nouer des compagnonnages discrets, subtils, rigolards, studieux, et dont la pratique même, indépendamment de l’audience qu’elle recevra, vous emplira de joie.

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