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Vers la douceur

Roman-feuilleton, 2009, éditions Verticales

couverture vers la douceur

Présentation de l’éditeur

«Quand on couche pas, même si on est convaincu que ça avance à rien, animal triste et tout, eh bien on est angoissé, assez connement je dois dire mais voilà. Alors on essaie de trouver des plans, avec même de l’amour des fois, ce qui complique les choses, ou au contraire ça les simplifie, enfin faut voir, il y a un peu de tout dans ce dossier-là.»
Selon un subtil désordre chronologique, ce roman à épisodes brouille les pistes de l’existence de Jules, amateur de plans improbables, journaliste sportif et célibataire intermittent. De malentendus jouissifs en gags à répétition, l’auteur tient la chronique de ses aventures et fiascos parmi une dizaine de trentenaires des deux sexes. À moins que ce jeu de rôles archi-contemporain n’implose in extremis, pour s’ouvrir à une fantaisie sentimentale, assumée dans toute sa douceur.

Extrait de la critique  parue dans Lire, avril 2009

Nous sommes à Paris, et gravitent autour de ce grand gamin nombre de personnages (des trentenaires, des quadras et même une femme de cinquante-neuf ans), qui, comme chez Ellis, semblent presque tous interchangeables. Ils s’appellent Gilles, Bruce ou Fabrice; elles se prénomment Jeanne, Cathy, Bulle ou Isabelle. On couche les uns avec les autres, on déprime, on se fait larguer pour un croupier en rollers, etc. Qu’importent toutes ces micro-intrigues, car l’intérêt de Vers la douceur n’est pas là. Cette modeste chronique d’époque à la Dupuy-Berbérian, tour à tour sentimentale, politique ou psychologique, tient essentiellement dans la manière singulière qu’a Bégaudeau de saisir le réel. Un numéro de téléphone, une adresse e-mail, un briquet Star Wars et une station de métro s’ancrent naturellement dans la phrase. Des mots d’argot d’aujourd’hui s’incrustent dans une langue classique et virtuose sans que cela sonne faux. Le suspense procède moins des saynètes de «bobos» que du rythme de la phrase. Car, disons-le: Bégaudeau est avant tout un styliste, qui maîtrise le swing des mots, leur sonorité, la place de la virgule.

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29 Commentaires

  1. J’ai adoré.
    J’ai apprécié que deux historiettes se répondent. En fait elles se répondent toutes et je les ai toutes aimées.
    Je confirme que c’est bien par là qu’il faut aller.

    P.104 j’ai reconnu un chiasme qu’avant begaudeau.info m’aurait été inaperçu.
    J’ai cru voir également dans « Dur » du Fish Tank.
    Et le petit fond sonore de Macy’s Day parade m’a fait penser à du The Verve.

    • merci
      pourquoi Fish tank?

      • @François Bégaudeau:
        J’ai cu. Visiblement je me suis fourvoyée.

        • *cru*

          • mais explique, ça m’intéresse

          • Avez-vous vu le film ? Si oui, je veux bien vous rafraîchir la mémoire* – bien que je la crois très bonne. Sinon toute explication serait absconse.

            *façon de parler puisque il n’y a pas cette référence.

          • oui j’ai vu
            suis pas fan fan d’ailleurs
            mais suis très curieux de l’explication
            (j’ai une petite idée)

          • « Une fois je l’avais trouvée en culotte dans le canapé du salon de sa mère »
            « elle a reporté son irritation sur sa fille en lui rappelant qu’on ne se promenait pas en culotte dans son appartement »
            Il se tape et la mère et la fille. Différence d’âge entre lui et Natacha. Et pour finir: « Elle avait trouvé le numéro dans le répertoire Sagem de sa mère »

          • oui, c’est le rapprochement que j’entrevoyais
            cela dit, livre sorti en 2009 et écrit en 2007

          • Je comprends mieux pourquoi cela vous intéressait.
            Je n’ai pas pensé à la chronologie – j’aurais dû. Je ne cherchais pas de référence cinématographique. J’ai vu le film très récemment et puis lu ces passages.
            Vous vous saviez devin ? Ou connaissez-vous la réalisatrice ? C’est assez bluffant tout de même !

            J’ai omis de signaler un désaccord sur « Les règles ». Flup, je crois, a loupé une occaz’ car s’il faut parler de règles – j’y mettrais bien des réserves – le mode ici est binaire. Elle a rappelé, ils ont pris rencard, la suite a fait flop. La balle était dans son camp à lui.

          • C’est Jules le narrateur de ce chapitre
            Mais peut-être ai-je mal compris
            En tout cas l’idée n’est pas que Jules soit irréprochable.

        • C’est moi qui ai encore tout faux. C’était donc Jules.
          J’ai pris au 1er degré son dédouanement à sa sacro- saint règle qu’il n’avait lui-même pas suivi.
          Par contre j’avais bien saisi qu’il ne se sait pas irréprochable (lettre de Jeanne).

          • Flup ne serait pas si rude

          • C’est vrai que Jules est rude alors que Flup tend à la douceur (quel beau titre).
            Jules aurait pu fredonner cette chanson du temps des perdants: http://www.deezer.com/music/track/4733721

  2. Les trois derniers chapitres me laissent toute bizarre.Je ne sais pas pourquoi.Bizarre dans le genre hébétée vous voyez ?

    • allongez-vous et expliquez-moi ça

        • oui, pour la résilience c’est conseillé

        • si je peux me permettre la chute : « je vais à pizza hut avec une jeune fille » est bien moins bonne qu’une chute qui aurait été « je vais à pizza hut »
          c’est la différence entre un comique pur et un comique signifiant

          • @François Bégaudeau: Faut-il vraiment faire des commentaires sur vos livres? Je me pose la question.Surtout si c’ est un livre qui commence à dater.Vous devez être un peu décalé quand on en parle non ?
            Mais tout de même, allons-y :
            Je l’aime beaucoup celui-ci ,je le mettrais peut-être en numéro deux si j’ étais folle des classements.
            Je ne l’ai plus en mains puisque je l’ai donné à mon beau-frère en échange d’ une boîte métallique pour mettre mes cigarettes.Ce qui a rendu ma soeur jalouse,ce qui m’ a fait sournoisement plaisir.J’en parle donc de mémoire.
            Je trouve que vous êtes très fort pour manipuler le cerveau du lecteur.Joueur.Déjà, le truc du chinois-brocoli-canard-star wars.Cela fait quelque chose d’ étonnant qui me questionne.Prendre en détails ce qui sera toujours les mêmes détails met bizarrement ces détails en valeur.Des points de stabilité dans le récit.Je ne sais pas trop quel effet cela peut avoir.Renforcer la dynamique des histoires ? Nous rappeler comme le monde est petit ? Constater que ce qui ne bouge jamais finalement on s’ en fout ?
            Bon après l’éclat de rire de « fruits encore !! »,j’ai bien apprécié le chapitre du connard où vous avez bien pris soin de mettre des parenthèses de connard (puisque vous n’aimez pas les parenthèses).Ceci peut-être pour vous assurez qu’on ne mélange pas son langage de connard au votre.Sauf qu’ à la fin ,tant de connerie et vous voilà débordé , envahit par le connard.
            Encore un autre style , autre chose qui m’ a troublée, je ne sais pas si vous l’ avez fait exprès.La lettre de Jeanne : je pensais que c’ était une réponse de Natacha à Jules au début.J’ai réalisé au cours de la lecture que c’ était de Jeanne, donc surprise.J’aime bien.
            Pour finir, ce Flup est incroyable.Je pense que cet être n’existe pas.Les Jean-michel n’existent pas non plus.Ils sont son anti-thèse.Des caricatures du réèl.Flup est un rêve.Et voilà comment j’en viens à la fin du livre à être toute hébétée.La seule véritale histoire d’ amour du livre, celle qui dure comme dans les livres de contes de fées est imaginaire.Ceci est fort réaliste.
            Je n’en attendais pas moins de vous.

          • De fait l’existence de Flup n’est pas encore bien avérée.

          • @François Bégaudeau: Je reprends le mot hébétée parce que j’y repense et c’ est ça.Comme lorsque on se sent bête de constater une évidence après avoir perdu son temps à se poser des questions.

          • j’aime beaucoup cette notation
            ça me semble dire quelque chose de très important sur la réception esthétique

  3. What´s the consolation prize?

  4. Je viens de terminer ce livre. Un paradoxe : il se lit très vite, on pourrait penser qu’il s’oublie très vite aussi, mais non, en le refermant je me suis dit que j’aimerais bien y retourner pour me laisser surprendre de nouveau,autrement. J’ai aimé : les dialogues, le récit, la construction, l’équilibre de chaque épisode et du livre plus généralement (l’idée de l’équilibre, je l’ai chipée à Gaëlle Bantegnie – c’est comme ça qu’elle parlait de tes livres dans une interview à 20 minutes), et aussi les personnages. Dernière chose : pourquoi quand je lis ce livre, je pense cinéma ?

    • eh bien je te retourne la question
      et merci d’avoir lu

      • L’idée du cinéma, c’était purement intuitif. Je pense que c’est la forme du roman, (« roman-feuilleton »)et certaines situations qui faisaient revoi à mes propres souvenirs télé ou ciné. Mon épisode préféré : quand Jules est censé remonter le moral à la mère de son copain.

        • quoi qu’on en pense ça donnerait effectivement un court-métrage pas mal
          c’est vrai que c’est très cinéma, parce que c’est une situation
          avis à qui veut

          • Petite parenthèse : »je te retourne la question », c’est une réponse du prof à un élève (p 87) dans « Entre les murs »
            ça surprend de retrouver dans un livre et sur internet une même phrase du même écrivain…

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