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Littérature et Histoire

 

  1. Commençons par préciser les termes : qu’entendez-vous par « Histoire » et « mémoire » ? L’Histoire serait-elle une reconstruction toujours emblématique et incomplète de ce qui n’est plus et la mémoire, un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel ?

La mémoire est une affaire officielle. On commémore les armistices, la Révolution, etc., et le seul mot présuppose une entente, une oblitération des antagonismes, une sorte de pacte tacite d’harmonie nationale. A ce titre ça m’intéresse peu

Le travail intéressant commence avec l’Histoire : l’examen des faits, et ce qu’on en tire comme réflexion. Pas forcément pour un usage contemporain, du reste, mais parfois si. La République française a envoyé des centaines de milliers de jeunes hommes se faire déchiqueter dans les tranchées, ça rend perplexe devant l’usage unanimement respectueux et solennel du mot République. C’est un exemple.

Le seul problème de l’Histoire c’est la majuscule. Qui nous fait quitter l’exploration des faits lucide, ironique, allègre, stendhalienne, nietzschéenne, pour basculer dans une sorte de mythologie figée. Avec la majuscule l’Histoire devient objet de culte – en remplacement sans doute des cultes agonisants. L’Histoire, c’est du sérieux. Le grand H indique qu’on est bien chez les Grands Hommes. On ne dit jamais les Grandes Femmes, je le note. H comme Hommes.

Pour en venir à notre fait, la littérature, il est évident qu’adosser un roman à l’Histoire et aux Grands Hommes vous confère tout de suite une certaine crédibilité. Là vous avez une chance de compter parmi les Granzécrivains. Ce H majuscule porte en creux un partage qui est immédiatement une hiérarchie entre les Grands Sujets, les Sujets Nobles (la guerre, ce genre de choses) et les petits sujets pas nobles (l’amour ordinaire, le couple). Je suis toujours surpris de rencontrer un auteur de récits historiques aux bras d’une femme, poussant un landau le long d’un bassin de parc égayé de canards. Je me dis : tiens, comment se fait-il qu’il n’évoque jamais ça dans ses livres : la paternité, la cohabitation, sa compagne ou épouse, les canards. C’est pourtant une drôle d’épopée que la vie à deux (ou la recherche de, ou l’échec de). Mais voilà cet aspect de la vie est décrété sans consistance littéraire. Des histoires de bonnes femmes. Celles qu’on reproche à Angot et à d’autres de faire entrer en littérature.

  1. Quelle(s) différence(s) faites-vous entre un roman historique et un roman sur la mémoire ?

Pas les épaules pour me risquer à ce jeu hautement scientifique. Je note juste que certains romans contemporains consacrent beaucoup de leur énergie à raconter une quête de souvenirs, ses ratés, ses lacunes, et cela prend la place du récit lui-même, du factuel (de l’historique, si l’on veut). C’est devenu un genre en soi, par le fait d’une sorte de modianisation de la littérature, ou alors de conversion générale aux protocoles narratifs du divan. Le genre exige quatre temps : trou dans le passé, intuition d’un refoulement (en général à l’occasion d’un deuil), exploration-rétrospection (à base de photos et lettres retrouvées dans un tiroir), découverte d’un secret (de famille). En l’occurrence on peut dire que les problématiques de mémoire, au sens personnel du terme, créent un glissement de l’histoire à la psychologie. On promet un récit type roman historique, et on se retrouve avec un roman psychanalytique. Ce qui ne serait pas un problème majeur si la tendance n’était pas dominante.

  1. Outre le terreau imaginaire, pourquoi choisit-on de placer un récit dans l’Histoire ? Que peut apporter la littérature (la fiction) à l’Histoire ?

Quand un écrivain s’amarre à une période historique, il peut prétendre que c’est pour dénoncer des choses, en éclairer d’autres, ou contribuer à l’élucidation d’une période historique. Je n’y crois pas, ou plus précisément je crois que ces motivations sont secondes. La première chose, c’est qu’il a envie de circuler dans cette période, qu’elle l’intéresse et le fascine, et donc l’inspire. J’ajoute qu’une situation historique offre une sorte de densification de la vie (comme le faits divers), qui est une mine pour le romancier. L’Histoire est un fournisseur d’histoires inégalable. On critique Tarantino d’avoir dévoyé la vérité historique dans Inglorious basterds, mais au moins chez lui apparaît à nu ce qui pousse tant d’artistes à revenir à la Seconde Guerre : elle est une fantastique pourvoyeuse de bonnes situations, elle rend tout plus aigu, et ramène la vie à des dilemmes élémentaires, fondamentaux : un Français cache des Juifs, un Allemand débarque chez lui, le Français a trois filles, dénonce-t-il les gens qu’il planque au péril de sa famille ? On dit souvent que l’Histoire est complexe, mais elle a aussi un grand pouvoir de simplification. Avec la deuxième guerre, on sait où est le méchant, et c’est un sacré méchant, un méchant qu’aucun romancier n’aurait osé concevoir.

Je passe vite, sur l’humeur charognarde qui oriente certains artistes vers des périodes très généreuses en cadavres, horreurs maximales, lâchetés superlatives.

  1. Les auteurs des deux-trois dernières décennies semblent davantage se tourner vers des périodes sombres, des oublis, des « trous de mémoire ». Pourquoi ? Serait-ce un exercice de conscience ? Et à ce titre, les écrivains seraient-ils des éveilleurs de conscience ?

Houla je me méfie beaucoup de l’écrivain éveilleur de conscience. D’ailleurs on part toujours du principe que l’écrivain détient une vérité qui serait profitable au lecteur. Mais espérerait-on que Céline ait « éveillé les consciences » avec Bagatelles pour un massacre (désolé pour cet exemple éculé) ? Bref un écrivain qui éveille les consciences c’est un écrivain humaniste, et je ne suis pas sûr que ce soit l’humanisme que je cherche dans la littérature, ni, plus généralement, que ce soit des idées que la littérature ait d’abord à nous apporter.

  1. « Contrairement à l’historien, qui ne s’autorise qu’hypothèses sur les pensées non dites des individus, le romancier sonde les subjectivités », déclare Claude Mouchard (Le Monde des Livres, 4 septembre 2009). Qu’en pensez-vous ?

Voilà en effet ce que peut apporter le romancier : subjectiver l’Histoire, tracer des parcours subjectifs ET ORDINAIRES au sein de l’Histoire. Comment les gens vivent une période historique, mais aussi, et j’insisterai là-dessus, comment ils ne la vivent pas. C’est le grand mensonge objectif et sans doute involontaire de tout récit d’historien, et souvent aussi des romanciers historiques : laisser croire qu’en 41, tout le monde est requis 24 sur 24 par l’Occupation. Or ce n’est pas si simple, et je ne veux pas rejouer par là le débat sur les Français qui finalement s’accommodaient bien de l’Occupant. Je veux dire plus précisément qu’en 41, la majorité des gens s’occupent de bouffer, travailler, élever des enfants, se dépuceler, séduire un être aimé, etc. On peut les appeler salauds, ou lâches, ou irresponsables, c’est comme ça, et ça vaut pour toutes les périodes de grande densité événementielle. Une image m’avait frappé au moment de la « libération » de Bagdad en 2003 : un zoom arrière qui, partant de la place où on déboulonnait la statue de Saddam, montrait que les bagnoles continuaient à passer autour. La vie continuait, quoi, bon an mal an. Je pourrais parler aussi du nombre de pièces de théâtre qui se jouaient à Paris pendant la Terreur. On a coutume de rapporter ça à la Situation : ah oui les gens avaient besoin de compenser. Mais peut-être que non. Peut-être que les gens ne pensaient pas qu’à ça. Disons-le plus solennellement : il y a une vie hors de l’Histoire, les existences subjectives ne sont pas réductibles au contexte historique. Si le romancier s’intéresse au vivant, revitalise une période, il doit le signaler, faire la part belle à ça : la vie sans Histoire.

Tiens :que chacun prenne deux minutes dans sa journée pour se demander en quoi sa vie a été infléchie par l’Histoire, mettons depuis quinze ans. Prenons le truc Historique par excellence, le 11 septembre : en quoi a-t-il infléchi le cours de votre vie ? Votre réflexion peut-être, votre vision du terrorisme, de l’Amérique, de tout ça, ok. Mais votre vie ? Avez-vous été un amant ou une amante différente depuis le 11 septembre ? Un boulanger différent ?

  1. Comment vous, écrivain, jugez-vous un événement digne ou non de mémoire ? En quoi votre interrogation diffère-t-elle de celle d’un historien ?

À tout prendre je n’ai écrit qu’un livre qui se replonge dans une période passée : celui sur Mick Jagger, que j’ai toujours appréhendé comme un livre sur les années 60, l’hypothèse étant que Jagger est une sorte d’émanation de l’énergie collective de cette décennie (c’est en cela que je l’appelle, un peu comiquement quand même, un démocrate). Qu’est-ce qui me motivait pour me lancer là-dedans : non pas la révélation de faits jusqu’ici inconnus (je n’ai pas fait de recherches particulières), mais l’envie de soumettre au lecteur une hypothèse un peu inédite sur les événements archi-connus que je visitais. Tout le monde, tous les stoniens en tout cas, connaissent le drame d’Altamont (concert de décembre 69 où un Noir braque son flingue sur Mick et finit poignardé par un Hell’s Angel). Mais je propose de le repasser à l’aune d’une intuition : ce soir-là, Mick a peur ; et c’est la rupture du pacte démocratique avec la foule sixties. En l’occurrence la littérature propose de re-nommer des faits qui appartiennent à l’Histoire patrimoniale du rock. Et elle avance sur un mode hypothétique, voire auto-ironique : je tente ça mais vous n’êtes pas obligés de me croire — c’est là que la rétrospection se nappe de comique.

  1. Vous publiez en 2007, Fin de l’Histoire, une interprétation libre d’un instant précis : la conférence de presse de Florence Aubenas à son retour de captivité. Vous y explorez un moment public, certes, mais un moment appelé à devenir Histoire. S’agissait-il de déceler le « sous-entendu », « le mal entendu », derrière le flot de paroles, le direct ? S’agissait-il de (re)faire du sens au-delà de l’émotion ?

Une femme a croisé l’Histoire récente (l’Irak, le terrorisme), elle en est devenue malgré elle une actrice. Elle revient, on attend d’elle qu’elle nous gratifie d’un bout d’Histoire : qui la détenait, qui l’a libérée, en échange de quoi. Et la présence de Roumains dans sa cellule, ah la la ça c’était la grande affaire, presque aussi importante que le divorce Royal-Hollande. Le livre commence par proclamer une désinvolte indifférence à toute cette quincaillerie journalistique, en le ramenant à l’éternel cirque Pinder de l’Histoire, business sans foi ni loi (les kidnappeurs ne pensent qu’au fric et demandent…le mail de Chirac). Beaucoup plus intéressant : comment quotidiennement elle a vécu là-dedans (ça c’est son récit, que je transcrivais). Et surtout : comment elle le raconte (ça c’était pour moi). L’événement ce jour-là, c’est elle : son verbe, son oralité, son comique, sa ruse. Et c’est cela que j’ai envie de décrire, cela qui me semble historique. Dans trente ans les manuels d’Histoire mentionneront qu’une journaliste a été séquestrée cinq mois, et cette conférence de presse sera passée aux oubliettes (surtout dans la mesure où elle n’y a rien révélé). En somme je substituais à l’Histoire (Orient-Occident, Guerre, Bruit, Fureur, et, pour aller plus loin que Marx, la farce tragique qui se répète indéfiniment en farce tragique), une autre forme de saisie historique, celle qui concerne la vie effective, la vie des gens, l’évolution de leur parler, de leur gestuelle, de leur corps (d’où mon intérêt pour les travaux d’Arlette Farge). Cela revenait aussi à déserter la scène masculine pour me porter sur une scène féminine, en revenant sur l’évolution des femmes occidentales qui a rendu possible une telle prestation d’Aubenas, beaucoup plus historique que les grotesques tractations diplomatico-machin.

Je dois bien constater que ce qui m’a requis jusqu’ici, beaucoup plus que la remise en œuvre de blocs d’Histoire c’est beaucoup plus la saisie d’une certaine modernité (féminine ici, langagière dans Entre les murs, sentimentale et éthique dans Vers la douceur, etc). Au sens où Rimbaud termine une Saison en enfer par : « il faut être absolument moderne ». J’ai cette impression, discutable sans doute, que la littérature n’est moderne dans ce sens que si elle s’émancipe des Grands Récits désuets, en grande partie ringardisés par le contemporain.

  1. « On peut tout dire, mais peut-on tout entendre ? », se demande Pierre Assouline dans La Cliente (Gallimard, 1998), un roman qui médite sur la banalité du mal sous l’Occupation. « Ce récit est celui d’un obsessionnel que la volonté de comprendre a failli faire basculer de l’autre côté du miroir », ajoute-t-il. Ne serait-ce pas là le risque ? Comment des auteurs qui n’ont pas vécu la Seconde Guerre mondiale, par exemple, peuvent-ils replacer les émotions de l’instant dans la longue durée de manière à les éclairer et peut-être à mieux les comprendre ?

Je trouve toujours douteuse l’idée que l’écriture d’un livre comporte quelque risque que ce soit. Sauf lorsque des pouvoirs en prennent ombrage, ce qui n’est pas exactement le cas de nous autres écrivains français veufs d’Histoire et de fascisme. J’ai parfois l’impression que certains le regrettent.

  1. Projetez-vous l’écriture d’un roman qui adopterait comme toile de fond l’Histoire ? Et si oui sur quelle période ? Et si non, pourquoi

Pas dans l’immédiat, mais à terme j’aimerais raconter « le siècle », le vingtième, avec pour enjeu la question que j’évoquais plus haut : jusqu’à quel point les gens sont traversés, conditionnés, infléchis, mus par l’Histoire En poussant le bouchon ce pourrait être l’histoire d’une famille que l’Histoire effleure à peine. Je n’ai pas dans l’idée que ce soit la mienne (je suis beaucoup moins oedipien que la moyenne de mes collègues), et pourtant ça marcherait bien. Quelques morts réglementaires en 14, et puis plus rien ou presque. Un grand-père prisonnier en Allemagne en 40. L’Algérie  : rien vu. 68 : dur de trouver de l’essence en Vendée, mais rien saisi des Beatles, des Hippies, des expériences autogestionnaires. 81 : fête dans les rues de Nantes puis désillusion deux mois plus tard. Sinon ? Juste de la vie. Ce qui n’est pas rien.

12 Commentaires

  1. Merci beaucoup. Je me lance.

  2. Entièrement d’accord avec ce point de vue. Je pensais à Radiguet, en lisant certains passages, à ces gens qui, non seulement, n’ont pas confondu leur destin individuel avec un destin collectif, mais ont profité d’une situation historiquement particulière, pour en tirer un avantage personnel -les républicains circonscriront d’emblée et incarneront la figure du collabo, mais ils oublieront que c’est aussi ce que fait Marthe dans « Le Diable au corps ». Je pense que l’intuition précieuse de ce livre est d’avoir montré une histoire non pas possible, mais réelle, indépendamment du grand roman national où des femmes de soldats sont supposées vivre dans une muette fidélité. Le grand scandale, c’est que cette liaison adultérine s’adosse complètement à une situation favorable. Imaginer qu’on ait une besoin d’une guerre pour vivre une vraie passion amoureuse à deux demeure une configuration subversive. Et d’autant plus subversive qu’une fois existante, cette configuration ne hante pas du tout les échanges des protagonistes, ne provoque aucun sentiment de culpabilité.

    • J’ai un peu revé d’un truc dans ce genre dans Detroit. J’ai pensé un temps que tout ce qui se trame autour du chanteur et de ses potes du groupe montrerait qu’une ville prise dans les émeutes n’est pas totalement épuisée par les émeutes. Qu’eux sont dans un autre trip, une autre vitess, qu’on peut ou non juger traitresse.
      Fausse piste. Super fausse piste. Piste la plus fausse de toute l’histoire des fausses pistes.

      • @François Bégaudeau: je n’ai pas vu « Detroit », j’imagine en effet que tout le monde doit être requis, puisqu’il s’agit d’un film qui éveille les consciences, comme je l’ai lu. Impossible que quiconque manque à l’appel. C’est vraiment le genre de truc qui me fait fuir. Mais je le verrai.

        Même Sartre a jugé qu’en période hostile, nous éprouvions à plus forte intensité la nécessité de notre engagement, conclusion qui me paraît d’une globalité hasardeuse. A cette envolée philosophico-lyrique, on a envie d’opposer du récit, des fragments de vie, des individualités. Sans être forcément lâche, ni petit-bourgeois, un jeune francais de 15 ans qui vit en 42 juge son dépucelage plus important que la collaboration ou la résistance. Ca doit pouvoir se raconter.

        • Tiens je me permets de te conseiller Dossier M, de Gregoire Bouillier, qui, en plus d’etre assez génial, parle souvent de « mon monde à un niveau individuel »
          Bon attention c’est du 2 x 900 pages écrit petit
          le livre que tu ne finiras pas -sauf à plus rien lire d’autre pendant deux mois
          en suis à la 400

        • @Jérémy: En parlant de Sartre, tu as lu « Qu’est-ce que la littérature? »
          Je suis en plein dedans, pas toujours évident mais passionnant.

          • @Charles: en intégralité, jamais. Des bouts seulement, il y a des années, mais oubliés, parce que seulement étudiés pour le concours. Je veux bien croire que c’est passionnant. Tu pourrais me rebalancer un extrait que tu aimes ?

          • @Jérémy: Je t’avoue que j’ai un peu la flemme de recopier un extrait entier, je te mets donc un lien vers le livre en format numérique trouvé au hasard sur internet :

            https://edisciplinas.usp.br/pluginfile.php/27357/mod_resource/content/2/Jean-Paul_Sartre_-_Qu_est-ce_que_la_litterature.pdf

            Je te renvoie au développement commencé à la page 134, à propos de la littérature comme consommation, destruction et in fine néant.

            Je confesse aussi avoir été agréablement surpris par le non-alignement de Sartre au PCF (à partir de la page 254) alors que je pensais qu’il était beaucoup plus militant et aveugle que cela, ayant en tête sa défense de l’URSS et ses formules chocs (‘tout anticommunisme est un chien », ce genre de trucs).

          • @Charles: encore mieux, merci. Je vais le lire en entier. Et on en recause.

          • @Charles: Ça fait longtemps que j’ai pas vraiment remis le nez dans Sartre.

          • @Charles: je viens de relire le passage que tu mentionnes, avant de tout reprendre, parce que c’est passionnant, même si je ne souscris pas par rapport à Flaubert. Ca me paraît chargé de règlement de compte politique, même si je ne connais que vaguement le dossier Flaubert-Sartre (pas lu l’Idiot de la famille). Que la phrase flaubertienne casse les hommes et les pétrifie, c’est très poétique de le dire comme ça, mais complètement spéculatif. Il faudrait des exemples précis d’énoncés pour exemplifier de tels propos. « Souffle de vie », « silence profond », ça veut dire quoi, concrètement, dans la chair de la phrase ? C’est comme ça que Sartre interprète l’immanence du style de Flaubert ?

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