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Interview Foot

entratien réalisé  pour Surface soumis au copyright

 

Enfant, que représentait le football à vos yeux?

Beaucoup de choses ! Première passion, très précoce, à 5 ans je suis déjà à fond.

C’était qui vos idoles?

Platini était l’idole de l’époque, mais j’ai mis du temps à y venir. Parce qu’il jouait à Saint-Etienne, le club ennemi. Betise du chauvinisme. Surtout j’aimais les Anglais, Dalglish par exemple. Après les soviétiques puis les espagnols ont pris le relais. Quand je me suis intéressé au jeu.

Vous êtes passé par la période « figurines Panini »?

Oui, mais pas tant que ça. J’ai du faire l’album en CM1. Faudrait étudier le pouvoir de fascination de ce truc. Les écussons brillants. Les pages qu’on aime davantage à cause de leur couleur (RC Lens, jaune et rouge)

Vous avez grandi à Nantes à la fin des années 70 .Quand vous intéressez-vous au FC Nantes?

Dès le début. C’est le club de la région. Je les soutiens sans rien savoir d’eux, si ce n’est les noms et les visages panini. Je les vois trois fois par an, à Saupin, et je ne perçois pas la spécificité de leur jeu. Régionalisme pur. L’adhésion esthétique est venue à partir des années 85-6. Et puis surtout à partir de la seconde époque Suaudeau.

Vous étiez un fidèle du Stade de la Beaujoire?

A partir des années 92, il y a eu des offres d’abonnement accessibles, alors on s’y est mis avec mes potes de fac. Jusqu’à l’année de gloire en 95 –titre.

Quels souvenirs en gardez-vous?

On rigolait bien. C’était un début de soirée idéal. On était derrière les buts, on voyait pas grand chose, mais l’ambiance assurait une certaine intensité. Ensuite on rentrait à la maison voir les buts qu’on avait juste aperçus.

Quand intégrez-vous le club de football de Mangin Beaulieu à Nantes?

En 83. J’y suis resté cinq ans, ensuite les bitures du samedi soir ont eu raison de ma carrière.

Quel était votre poste sur le terrain?

Milieu droit. Je voulais être dans tous les coups, et pour ça le milieu est idéal. J’avais un jeu de passes pas trop mal, et un bon crochet. Sans plus.

Vous avez connu plusieurs sélections en équipe fédérale.

Non, pas du tout, j’étais bien trop médiocre. C’est une des erreurs qui circulent sur moi, je crois qu’elle vient de Wikipedia. Après tout ce n’est pas la rumeur la plus diffamatoire à mon égard, donc je laisse courir.

Une carrière de footballeur professionnel ne vous a jamais tentée?

Si ! Quand j’étais en primaire, et que mon aura de cour de récré me laissait croire que j’étais un génie. Le passage par la case club m’a fait resdecendre.

Au début des années 80,le FC Nantes avait un jeu vif et attrayant. Une véritable marque de fabrique signée Jean-Claude Suaudeau. En tant qu’entraineur,qu’est-ce qu’il avait de plus que les autres?

Le jeu à la nantaise s’est inventé avant, dans les années 70, sous la houlette d’Arribas. Coco n’a fait que reprendre le flambeau, et y ajouter je crois une dose de réalisme, de rigueur.

En 94/95,les canaris alignaient dans leur équipe entre autre Karembeu,Loko,N ‘Doram ou encore Makelele. On avait l’impression que tous roulaient pour le collectif nantais…

Ils avaient été formés ensemble, comme les barcelonais actuels. C’est la clé. Et quand ça n’a plus été possible, le club a décliné.

Selon vous, quelle est la meilleure période du FC Nantes?

Le débat est vif entre 83 et 95. Mais moi j’ai un faible pour l’équipe de 2001, parce qu’elle reposait complètement sur le collectif, sans individualités marquantes. Et puis à sa tête il y avait Denoueix, qui est un peu l’oublié de la grande aventure du jeu à la nantaise, alors que c’est lui qui a forme la génération 95. Jouer juste a été écrit dans le souffle du titre de 2001

Aujourd’hui, depuis plusieurs saisons le club nantais végète dans le ventre mou de la ligue 2.Quel en est la cause?

Fadela Amara. Je ne vois que ça.

Le FC Nantes peut-il encore rebondir et retrouver l’élite en Ligue 1?

D’une certaine manière je m’en fous. Seul la survivance du jeu de passes m’intéresse, et pour ça on a Lorient, le Barça , Arsenal. Tout chauvinisme ayant disparu en moi, le sort du club de Nantes en soi n’a pas d’intérêt.

Au cours de ces dernières années,vous n’avez jamais eu l’intention de vous investir davantage au sein du FC Nantes?

J’ai proposé d’etre goal, ils n’ont pas voulu.

En France, le football a été peu traité sur grand écran. Hormis l’incontournable « Coup de Tête » de JJ Annaud ,« A Mort L’Arbitre » de Mocky voir « 3 Zéros «  de Fabrice Onteniente, le football semble être une discipline sportive un peu boudée par les réalisateurs français. Comment l’expliques-vous?

Je crois que tous les réalisateurs du monde achoppent sur ce sujet. Pour une raison simple : comment représenter le sport en question ? Faire semblant ? (Dewaere est vraiment nul en foot dans le Annaud, donc il faut construire l’illusion au montage). Convoquer des vrais joueurs comme dans A nous la victoire ? Mais ce sont de piètres acteurs. Bref, beaucoup moins facile à simuler que la boxe, par exemple, surtout quand l’acteur s’entraine (De Niro). Et puis un stade c’est grand, et là encore la reconstitution est souvent pipeau. Au bout du compte les films en question portent surtout sur le milieu du foot, le business, la corruption, etc. Sur le jeu, rien à faire.

Le rôle de tête brulée joue par Dewaere dans « Coup de Tète » est complétement crédible. A quel joueur français vous fait-il penser?

Je pense que vous attendez Cantona comme réponse, mais je n’ai jamais été très fan. Bon joueur, certes, mais caractériel avant d’être rebelle. Moi le mec qui traite le sélectionneur de sac à merde, je lui en veux pas, mais d’une certaine manière ça le regarde. En fait ce n’est pas des tetes brulées que j’attends dans le foot, ce serait juste des personnalités. Un mec drôle, tiens, ce serait bien. Ou un mec qui, juste, dirait des choses en interview. Des choses concrètes, précises, sur son boulot. Je n’en demande pas plus.

Aujourd’hui, selon vous, quel acteur français pourrait interpréter le rôle de Dewaere dans « Coup de Tète »?

Virginie Effira. Je l’adore.

Comparativement, Eddy Mitchell en arbitre dans « A Mort L’arbitre », on y croit un peu moins…

Pas revu récemment. Film assez mauvais je crois. Sur les supporters il y’ aurait un truc bien à faire. Un truc un peu plus subtil que le coup de la meute barbare.

Quel regard portez-vous sur le traitement réservé à Eric Cantona dans le film de Ken Loach « Looking For Eric »?

Je demande encore à être convaincu par Canto comme acteur. Dans ce film il est très raide. Je retiens surtout du film son coté réac de gauche, une espèce en voie de développement. On en parle dans notre essai sur la jeunesse, en le liant à La journée de la jupe. Le coté allons botter le cul aux jeunes qui écoutent du rap et regardent des pornos, nous les bons ouvriers sexagénaires et fans historiques du bon Manchester pré-fric.

On a l’impression que les réalisateurs anglais sont plus à l’aise pour parler de football…

Ah bon ? Qui ? Je crois que ça vaudrait surtout pour la littérature, avec des mecs comme John King, entre autres –même si je ne suis pas très client de ce genre de livres, c’est intéressant. Cela tient sans doute au fait qu’en Angleterre le football est vraiment partie prenante de la culture commune. Chez nous beaucoup moins. C’est pas plus mal, d’ailleurs.

Vous n’ avez jamais jamais songé à adapter votre premier ouvrage « Jouer Juste » au cinéma?

Un type m’avait envoyé un projet de moyen-métrage. J’étais sceptique. C’est un texte très mental, très discursif, tout se passe dans le verbe de l’entraineur. L’adaptation théatrale par Régis Bourgade était beaucoup plus opportune, et très réussie. Un autre comédien m’a récemment contacté pour le faire, d’ailleurs.

4 Commentaires

  1. Je me suis renseigné sur ce garçon. J’ai vu qu’il était fait agresser. J’ai vu également son interview avec Montfort. Je ne le connaissais pas.

  2. Pas beaucoup de footeux dans le coin…

    A propos de mecs drôles en interview, est-ce que tu verrais un footballeur actuel qui se distinguerait des autres, aujourd’hui ?

    • Le seul sportif actuel que je connais qui déconne en interwiew, c’est Pierre-Amboise Bosse
      Un Nantais, tiens.
      En même temps je ne l’ai plus vu à l’oeuvre depuis qu’il s’est fait casser la gueule sur un parking en aout.

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