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Fin de l’histoire

Roman, 2007, éditions Verticales

couverture fin de l'histoirePrésentation

Quelqu’un s’avance là et c’est une femme. Mettons qu’on ne fasse que la regarder et l’entendre. Regarder comment elle parle, entendre comment elle raconte. Non pas ce que ça cache mais ce que ça montre. Quelqu’un s’avance là et tout y est. Le monde entier dans sa voix, ses mots, ses mimiques. Pendant que l’Histoire poursuit son chemin héroïque et vain, un précipité de modernité se pose là et c’est une femme.

Autour de « Fin de l’histoire », à lire et à voir

Analyse et entretien vidéo sur rue89 : Bégaudeau et le pied de nez de Florence Aubenas à l’Histoire

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24 Commentaires

  1. Bonsoir François,
    Je reviens sur cet espace car je constate qu’aucun n’a été créé sur Au début (que je viens de commencer psq sur mon cycle Romans de rentrée FB et en attente du dernier commandé chez le libraire, j’ai fait un détour par la Fnac. C’était le seul disponible dans le rayon. Je découvre, du coup, par hasard et sans HDTB. Ici, petite ville de province-qui-vote-à-droite on a que celui là en rayon). Double étonnement : un écrivain consacre un roman à la grossesse (décidément, ce ne sont pas les poètes qui décident du vocabulaire) et l’aborde alors qu’il ne l’a pas connue (ce qui ne surprend jamais sur d’autres sujets. quelques recherches suffisent alors).

  2. Pour finir et après avoir lu votre conclusion, je vous rejoins sur l’évolution globale d’émancipation et apporterai simplement deux réserves. la première est que les femmes sont effectivement moins grégaires si on leurs offre de questionner leurs pratiques (votent rarement extrême droite peut êtreun bon indicateur). Pour le moment, la française me semble plutôt freinée dans son émancipation par des compromissions de séduction et/ou de vocation pro qui ralentisse l’acquisition de savoir-être aujourd’hui encore réservée aux femmes issues de la bourgeoisie telle votre protagoniste ici (fille de diplomate, études sup sauf erreur).

  3. (A François, pour faire suite à votre suspicion de bananophilie), sur Philippe Roth et la tache ici mentionné), je me contenterai là encore de citer une émission récente de France culture accessible en podcast : »Le géant de la littérature américaine Philip Roth est mort à l’âge de 85 ans le mardi 22 mai. Redécouvrez celui qui envisageait l’écriture comme un règlement de comptes, à travers trois œuvres majeures : « Portnoy et son complexe », « Pastorale américaine » et « La Tache ». » le lien : https://www.franceculture.fr/litterature/philip-roth-en-trois-oeuvres-incontournables

    • Et sans vouloir vous offenser, dois-je préciser que, bien que je découvre seulement votre travail, vous faites partie de ce que j’ai lu de meilleur. Vous feriez donc partie de cette bananophilie. Sourire

  4. Bonjour François,
    Là encore, aborder la question du féminin par cette entrée est intelligent. Trop, peut-être, dans une société pressée et hystérique.
    Dois-je avouer qu’après une heure de lecture et avoir eu la volonté de rédiger un premier jet, j’ai dû y renoncer ? Car plus j’avancais dans l’analyse, plus je mesurais l’impossibilité de le faire rapidement, en quelques lignes de temps disponible.
    Je me décide alors de faire un détour par un moteur de recherche pour trouver des travaux ou critiques qui auraient fait le job mais dois bien reconnaître que vous n’avez pas la chance que vous mériteriez et rejoins en cela ce journaliste David Caviglioni qui a l’honnêteté de reconnaître les limites de sa condition de critique face à un écrivain « surdoué et mal aimé » ; il nous faudrait un doctorant sur vos oeuvres pour que vous puissiez enfin travailler dans de bonnes conditions.
    En atendant, inévitablement, c’est la rupture pour vous à la rentrée. Crise qu’un Philippe Roth aurait retenue pour La tache, n son temps, j’imagine.
    Il va vous falloir encore de la patience, je le crains. Ceci dit, intervenir en fac de littérature pourrait être un bon moyen de vous éclater dans des échanges stimulants et d’échanger sur vos oeuvres zappées par bêtise.

    PS : Une seule réserve sur la première partie (chapitre 12′) : la femme est un homme comme les autres qui, depuis 2015, devient plus diplômée de 5% que les hommes (OCDE 2015) soit 35 % pour elles et 30% pour les seconds. Autrement dit, le renversement de l’occupation des postes de direction est en cours pour un changement à la marge dans une société qui banalise l’exclusion.
    NB : Si je vous rejoins sur votre analyse de la société, je trouve dangereux de nier que notre dernire digue reste le vote contre l’extrème droite. En attendant que la gauche se rassemble en reconnaissant qu’il est « petit bourgeois » d’entretenir des querelles de chapelle lorsque l’on prétend être pleinement conscients et représentés ceux qui souffrent vraiment ici et ailleurs.

    • Tout à fait d’accord sur le PS -livre écrit en 2006, beaucoup d’eau sous beaucoup de ponts depuis
      En revanche je ne comprends pas le NB

      • J’ai le souvenir d’une interview où vous relativisiez la nécessité d’un vote utile. pragmatique. contre l’extrême droite. or, au vu de l’état de la situation et à s’en référer à ce que certains pays européens connaissent déjà, nous n’avons pas le choix. Voter l’autre parti s’impose. C’était la france afrique de Chirac en 2002. Puis ca n’a pas arre^té.

      • Quant au PS, une partie de la gauche caviar a rejoint E Macron. Ca devrait faciliter le travail aujourd’hui :- )

        • Et il faut impérativement passer à la VIème République bien su^r. Une simple lecture de la constitution permet à chacun de mesurer combien ce cadre est toxique aujourd’hui.

      • Dernière remarque (la prochaine fois, je vous promets de préparer tout ça) : vous n’avez pas réagi à la première partie de ce message.
        Très bon we,

      • Sur les cent premières pages, difficile de ne pas reconnaître que vous excellez dans le dévoilement de nos compromissions ici. Et en tant que féminisme, je vous en remercie mille fois. Ce livre, là encore, fait du BIEN. Par contre, pour l’ailleurs, un petit détour par l’anthro aurait été idéal Mais je me trompe peut-être. Espérant donc que votre lectorat n’est pas que féminin,
        Seuls deux points m’ont gênée depuis. – Associer le prénom Leila à celui d’une prostituée est étonnant et – la certitude qu’elle a été violée. Si c’est probable, ça n’est pas certain. (Le contexte diffère : elle est journaliste et occidentale donc a une valeur politique et/ou financière) Du coup, par les temps islamophobes qui courent, j’aurais évité. Sourire
        Vous souhaitant une excellente soirée,
        PS : Et regrettant cette tendance à rejeter le socialisme sans pousser l’analyse,

      • PS : Sur la formule « la femme est un homme comme les autres » et psq elle peut porter à confusion, je l’entendais au sens de l’éthique individuelle. Ensuite, les expressions seront évidemment différentes. Belle soirée !

  5. C’est marrant comme tu as envie de dire que j’ai raison. Fais gaffe à ne pas me surestimer tout de même.

    Comme je te le disais,je ne sais pas ce qui me gène, je n’ai pas dit que c’ est le fait de dire les hommes/les femmes. Il faudrait que je relise.
    Tu as raison, ce passage est plein d’excès, si je me souviens bien il commence comme une légende sur l’origine de la différenciation sexuelle, avec des individus tous munis de pleins de sexes masculins et féminins et de toutes les couleurs ( ah non ? pas de toutes les couleurs ? J’sais plus).
    C’est une mythologie démesurée, pas très sérieuse, j’aime bien.
    Et puis cette histoire devient de plus en plus réaliste et absurde.
    L’absurdité de l’ excès les hommes les femmes les hommes…entre autres.
    On se dit forcément qu’ à l’origine, quand on ne différenciait pas les hommes des femmes ,c’ était bien plus sympa.
    Je te soupçonne de penser que c’ est comme à l’origine de ta légende que tu aimerais que soient les hommes et les femmes. Qu’en fait l’origine c’ est l’ avenir espéré, un truc du genre.

    Ceci dit j’ai relu un peu les deux singes quand tu parles des femmes. Je suis un peu gênée que tu fasses de tes relations à Yola et à Isabelle,que tu analyses très bien par ailleurs, une généralité sur les femmes et que tu les différencies alors des hommes.
    L’inconséquence de Yola, les absences au monde et à skissipasse d’Isabelle deviennent des généralités sur comment les femmes sont les plus justes ou j’ai mal compris ?

    La glorieuse faculté de s’en foutre

    n’a pas de sexe il me semble.
    Je me disais qu’on en reparlerai un jour. De ce chaos.

    J’ai hâte de savoir ce que ma sœur pense de ce livre. Ce n’est pas ma sœur qui te déteste parce que tu fais parti des écrivains contemporains qui mènent la littérature à sa décadence, ni celle qui te trouve charmant mais n’a pas la patience de te lire parce que tu t’la pètes trop, mais l’autre, celle qui a l’air de s’en foutre.
    L’autre jour nous faisions le constat elle et moi que nous étions lourdes avec notre perpétuel combat féministe intérieur.Qui mène où ? Je te l’demande.
    C’est pour cela que je lui ai filé le bouquin.

    • Je ne suis pas sûre d’avoir écrit quelque chose de très cohérent ci-dessus, tu m’en excuseras merci, parce qu’il y a une partie que je n’avais pas prévue, où j’ai écrit tout en pensant. C’est nouveau ça. Manquerait plus que je me mettes à parler tout en pensant maintenant et ce sera le pompon sur le gâteau.

    • Tu vas etre contente, je ne suis pas d’accord. Dans Deux singes, il n’y a pas « les hommes les femmes ». Il y a plutot le banquet et sa périphérie. Au banquet c’est vrai qu’il y a essentiellement des hommes -mais aussi des femmes qui tiennent absolument à participer à ce théatre (voir la Anne-Charlotte du chap 77 bis). Mais dans la périphérie il y aussi des hommes. Ainsi tu pourras aller relire les lignes de 98 sur l’armée et un certain Frédéric Auffrais, qui est vraiment affiliable au tropisme « keskisspassdanslmonde ». Grosse faculté de s’en foutre, Frédéric.
      Puis tu feras un petit jeu avec le chap 77 bis, qui est une recension de la famille singe. On y trouve Yola, Isabelle, ma mère, ma soeur, les copines du primaire, les copines d’après. Mais aussi : mon frère, jean-Louis, Iggy, Didier, Stéphane Moreau le déconnant, le punk rock à dominante garçon. Non décidément ce n’est pas : les femmes. Ce serait éventuellement le féminin, mais à condition qu’il se distribue équitablement entre hommes et femmes et en chacun de nous.

      Resterait quand même cette donnée qui n’est pas essentialiste mais culturelle : de par leur position dans la société, les femmes globalement ne vivent pas comme les hommes. Ca leur donne un point de vue légèrement spécifique. Comme Marx disait des prolétaires. Or c’est bien connu la femme est le prolétaire de l’homme. Donc oui on ne peut pas complètement balayer « les femmes ». Dans ma vie, et dans Deux singes je ne parle que de mon périmètre subjectif, ce sont essentiellement des femmes qui, à l’inverse d’autres (par exemple Emmanuelle de Lutte Ouvrière) ont constitué un contrepoint au programme politico-intellectuel -ou phallogocentrique, dirait Derrida.

  6. Tu as un don pour me couper le souffle mon salaud.
    (tiens , personne n’ a jamais écrit ici, comme c’ est bizarre)

    • Oh je m’en veux d’avoir été si familière hier soir. Non mais c’ est vrai quoi, on ne se connait même pas.
      On va dire que c’était la phrase que j’ avais spontanément en tête après avoir fermé le livre et qu’en plus le sens de la vie commençait sur arte, il fallait faire vite.
      Je reprends dans le calme, en écoutant i am.
      Tu sais bien que je ne ferai pas d’ analyse littéraire parce que je suis nulle mais je te raconte quand même le moment qui m’ a coupé le souffle :

      J’ai regardé ,c’ était Hussein, pendant tout ce temps il était à quatre-vingt-dix centimètre de moi et je ne le savais pas Sache donc que j’ai bien compris que je t’ excitais pas mec.

      Je trouve ça trop fort, même pas le temps de chialer sur ce moment qui m’en donnait envie. J’ai un peu ragé puis ravalé ma rage, parce que oui, pas le temps de s’apitoyer sur son sort. C’est ce qu’elle ne voulait pas, qu’on fasse de son histoire une extrapolation romantique teintée de pulsions idéologiques.
      Toute la suite de ce chapitre est par ailleurs très fort, le discours de jeanne qui se mêle à celui de florence est assez étourdissant. Parce qu’en apnée, manque d’oxygène tout ça, au bout d’un moment t’as la tête qui tourne.
      Bon, sinon , évidemment j’ adore quand tu mets ta moustache :

      Prenez un homme, videz-le de ses passions vaines, comme un cochon de ses viscères, n’en gardez que la forme, la silhouette, l’écrin cuirassé. Ça s’appelle la virilité et ça peut servir. Sur leur scène, la scène de la vie entrée en dialectique avec elle-même pour multiplier sa puissance, la femme a importé la virilité.

      Ou encore le truc sur le monde invisible mais je ne le retrouve plus.
      Il faudrait que je relise plus tard le passage ou tu dis les hommes-les femmes-les hommes…parce qu’il y a quelque chose qui me gène mais je ne sais pas quoi encore.

      Autre chose qui me gène mais là c’ est plus précis, c’ est que tu as cité les femmes de la liste finale par ordre alphabétique. Je pense que tu l’as fait par politesse et c’ est mignon mais si nous sommes d’accord pour dire que

      si chacun vaut chacun elle vaut chacun elle est une star, si chacun vaut chacun elle ne vaut pas mieux que chacun elle est un caillou.

      alors il n’y a pas de précautions à prendre sur l’ordre de la liste. Ces femmes là ne peuvent pas se vexer.
      Tu aurais pu l’ écrire comme elles te venaient en tête.
      A moins qu’elles te venaient par ordre alphabétique et du coup j’ai rien à dire.

      • Oui tu as raison sur l’ordre alphabétique, mais en dehors de lui quel ordre adopter? Ca a le mérité d’etre hasardeux et asignifiant.

        • @François Bégaudeau: En lisant que ça a le mérite d’être hasardeux et insignifiant j’ai fait ma tête d’ Arnold d’Arnold et Willy pour penser « mais qu’est-ce que tu me racontes là ».
          Et puis non, en fait c’ était un truc de j’te fous la tête à l’envers pour te la mettre à l’endroit. Sacré toi va.

          • insignifiant au sens de a-signifiant

          • Ah bah asignifiant c’ est ce que tu avais écrit en fait, c’ est moi qui lis de traviole. Quelle tâche.
            Je l’ai filé à ma sœur fin de l’histoire, je ne suis pas prête de relire le passage sur les hommes les femmes les hommes les femmes les hommes…

          • tu as raison sur les hommes les femmes
            c’est l’excès de ce texte
            à lire comme des hypothèses

    • @anne-laure: bonjour,
      …/quelqu’un s’avance là/ sur la page fin de l’histoire du begaudeau.info/ et c’est une femme/…
      et c’est vous, anne-laure

      – personne n’avait écrit avant vous et cela vous semble bizarre, c’est à dire?

      Je me suis demandée récemment si le titre avait à voir avec le cendrillon de bertignac tiens, avec le fin de l’histoire de fin de chanson donc,
      et sinon, je retrouve la structure du jouer juste dans ce bouquin, l’alternance de deux discours, celui d’aubenas/ celui de l’entraîneur
      Vous m’avez donné envie de le redescendre de l’étagère, de le dépoussiérer et de le relire, merci
      – mon mari vous remercie aussi, il préfère quand je relis que quand j’investis dans de nouveaux livres, surtout à la rentrée avec toutes ces charges à payer, vous savez bien –

      bon, je vous laisse sur cette page, tranquilles avec françois,
      je mets la porte contre?

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